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D'APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE

EN CONCERT

S'il vous plaît.

Vous m'entendez ?

Répondez...

Va-t'en !

- Dean, restez avec nous. - Six boîtes de cachets.

Putain, réponds.

SORTIE

Son pouls est très faible.

Non !

Ouvre les yeux. Reste avec moi. Regarde-moi.

S'il te plaît.

Elle s'est scarifiée. Envoyez les secours.

Mon Dieu ! J'en sais rien ! S'il vous plaît !

- Vous regardez ? - Ouvrez les yeux !

Non...

Reste avec moi.

Garde les yeux ouverts.

- Debout ! - C'est le moment...

Debout !

Ne meurs pas.

...où tout finit...

Ne meurs pas, Dean.

Pars pas.

- ...par ma faute. - S'il te plaît.

Un, deux, trois...

Encore une fois. Un, deux, trois.

Elle est dans l'ambulance.

Mlle Rose ?

Je peux vous appeler Dean ?

Ouais.

Je suis le Dr Texiera.

Appelez-moi Janet.

- Je suis chargée de... - Je sais qui vous êtes.

Bien. Donc vous savez pourquoi je suis là ?

Comment vous sentez-vous ?

J'ai lu le compte-rendu toxicologique.

Vous aviez un niveau élevé de benzodiazépines et de sertraline

dans le sang.

Un taux d'alcoolémie de 0,25 %.

De la cocaïne.

Il a fallu 42 points de suture pour vous recoudre le bras.

Vous avez de la chance d'être en vie.

Pourquoi avez-vous tenté de mettre fin à votre vie ?

C'est pas... J'ai...

J'ai pas voulu mourir.

C'était donc un mardi comme les autres ?

Jackson m'a informé que ce n'était pas la première fois.

- Il y en a eu d'autres. - C'est...

C'est pas vrai. J'ai...

C'est faux.

On a vu les cicatrices sur vos bras et vos jambes.

Mettez pas ça dans mon dossier.

Ça va me suivre pour toujours.

Alors expliquez-moi.

Je ne suis un danger ni pour moi-même ni pour personne.

Je ne ferais de mal à personne.

Je veux juste...

Je veux rentrer chez moi et...

dormir.

Je veux juste dormir...

J'ai fait une erreur.

Comment je pourrais le croire ?

Quand on se scarifie aussi profondément,

on est une menace pour soi-même.

Ouais...

Votre décision est déjà prise.

Alors tirez-vous de ma chambre.

- J'en veux un ! Juste un ! - Je peux pas vous en donner.

- Connasse ! - Michael !

- Arrête ! - Je suis là.

Pas ma femme !

Donnez-moi le cachet ! Pas de piqûre !

- Ça va vous calmer, Michael. - Non, non, non, non, non !

- Michael. Bien. - Putain...

Ils pensent tous que je suis fou.

Je veux juste être heureux.

Le bonheur est un choix.

C'est ça. J'ai choisi d'être comme ça.

C'est comme un virus dans mon cerveau. Je veux juste que ça s'arrête.

Vous m'enfermez, mais c'est quoi, le remède ?

Malheureusement, il n'y a pas de remède à proprement parlé,

mais on a des outils pour vous aider à gérer.

Parler de nos sentiments

nous aide à aller mieux.

Merci d'avoir partagé.

Votre obstination à ne pas manger

rend les choses d'autant plus difficiles, Dean.

Alors, s'il vous plaît,

levez-vous et venez à la cafétéria.

Non, non, non ! Non, non, non ! Non ! Non !

Non ! Lâchez-moi !

Non ! Non !

Allez chercher Edwards.

Lâchez-moi ! Lâchez-moi !

Tout va bien.

Je prends des médicaments depuis très longtemps.

- Non, Dean ! - Et je n'arrêterai jamais.

Mes souvenirs sont comme un putain de virus.

Non !

Médicaments.

Tu devrais manger. C'est plus simple.

Et tu devrais plus prendre les médocs qu'ils te filent.

Ils te rendront folle.

Ils reçoivent de l'argent à chaque médicament qu'ils nous donnent.

Les antipsychotiques, les barbituriques, les opioïdes,

ça leur rapporte de l'argent.

C'est pourquoi il y a un cachet

littéralement pour tout.

Regarde autour de toi.

Regarde combien on est.

Disons qu'ils reçoivent 15 dollars par jour et par personne.

Multiplie ça par la cinquantaine qu'on est en ce moment.

Certains d'entre nous sommes là pour 30 jours ou plus.

Ça fait 22 500 dollars rien que pour les médicaments.

Sans parler de la chambre, des repas, des séances de thérapie,

des procédures médicales.

Combien ils facturent pour te nourrir de force ?

Au moins 10 000.

Et dès notre sortie, quelqu'un d'autre prend notre place.

Tu veux savoir le pire ?

La plupart des patients ici viennent chercher de l'aide.

Au lieu de ça, on les enferme, on les gave de cachets

et on leur facture leur... "psychothérapie".

Imagine les addictions avec lesquelles ressortent les gens.

Une putain d'épidémie.

C'est une putain de blague.

T'as déjà vu les pubs qu'ils font ?

Soyez heureux.

Soyez meilleur.

Aimez de nouveaux vos enfants.

Peut causer des fuites anales, rendre votre bite molle,

ou accidentellement trop grosse,

et provoquer une fasciite nécrosante.

C'est ridicule. Putain que c'est ridicule.

Alors ça sert à quoi, tout ça ?

À rien.

Merci, je me sens beaucoup mieux.

Bien. Ça me fait plaisir. C'est quand tu veux.

Je suis un vrai rayon de soleil.

Je m'appelle Bria.

Je vais devoir les prendre.

Dean.

Tu te scarifies ?

Mais non, putain.

Les pansements, c'est...

une nouvelle mode ?

Je l'ai fait une fois. Mais ça fait pas de moi...

Je suis pas une adepte.

OK.

T'es quoi, alors ?

Déprimée.

C'est ce qu'ils disent.

Et toi ?

Junkie.

C'est ce qu'ils disent.

Ta drogue préférée ?

Tout ce qui me fait planer.

Mais j'adore l'héroïne.

Ouais.

J'ai toujours préféré les stimulants.

Je suis assez déprimée comme ça.

Dis-moi,

comment une junkie

atterrit ici ?

Quand on s'enfile une dose d'héroïne qui pourrait tuer un cheval,

ils pensent que ça cache autre chose.

Et me faire gauler avec assez de came pour fournir tout un village

ne m'a pas aidée.

Et donc, ça cache autre chose ?

J'ai fait une TS.

Sacré trauma.

C'est ce qu'ils disent.

Et aujourd'hui ?

Affaire à suivre.

Alors, comment ça va ?

Il est mignon.

Vous pouvez parler et sortir un jour d'ici,

ou on peut rester muettes à chaque séance.

Si ça ne vous dérange pas, je vais profiter du silence

pour faire ma paperasse.

Votre sœur vient voir le juge demain.

Je tenais à vous le dire.

Tu devrais y aller. C'est Bennett.

Tout va bien.

J'y vais.

J'ai déjà parlé au juge.

Je peux rien faire pour l'annotation dans ton dossier,

mais je ferai au mieux.

Pardon.

- J'ai pas réfléchi. - Si, tu as bien réfléchi.

Et tu n'as pensé qu'à toi.

Je t'ai suppliée de venir vivre avec moi

mais tu m'as rejetée.

J'étais censée faire quoi ?

J'en peux plus.

Tu veux te suicider ?

Je vais pas te regarder faire.

Tu sais pas ce que c'est.

Ça fait 11 ans que je suis sous Prozac.

Ça dure depuis toujours ! C'est génétique, Dean !

Je sais très bien ce que c'est qu'être déprimée,

se sentir minable et abandonnée !

Moi aussi, j'étais là !

Je t'aime.

J'espère vraiment que tu resteras parmi nous.

Vous savez que les chambres des autres patients sont interdites.

Allez.

Elle va pas bien.

Vous connaissez les règles. Sortez de sa chambre, Bria.

Merci.

De la chair fraîche.

Et ouais.

C'est sa première fois ?

Clairement pas.

Elle se scarifie ?

Problèmes avec son père ?

- C'est toujours le cas. - C'est clair.

Je parierais sur le petit ami.

Le petit ami ?

C'est plausible.

T'as pas une cigarette ?

Bon,

je dois encore réfléchir aux détails,

mais je dirais...

que t'as de sérieux problèmes avec ton père.

T'es ouverte sexuellement, seulement pour le faire chier.

Tes origines ethniques

apportent un...

côté victime et déglingos.

T'as probablement un dent contre ton propre peuple.

Mais le cœur de tout ça, c'est les hommes.

Ton problème, c'est les hommes. Ils te rendent complètement dingue.

Ouais.

C'est un peu raciste, mais...

ça résume bien la chose.

Gagné !

Mais j'en ai rien à foutre de mon peuple.

Je suis métisse, eux, ils sont niqués.

Et c'est pas les hommes.

Putain, c'était ma première impression.

- J'aurais dû parier là-dessus. - C'est ça.

- J'aurais dû me faire confiance. - Désolée de te décevoir, mais...

mon problème, c'est les femmes.

Tu marques un point quand même.

T'écris quoi ?

Rien.

Je peux voir ?

C'est de la merde...

C'est pas grave.

Moi...

Moi, je fais ça.

Je peux lire ?

S'il te plaît.

C'est les paroles d'une chanson ?

D'une mauvaise chanson.

Tu veux bien me la chanter ?

Tu délires !

- Allez. - Non.

Quoi, tu te dégonfles ?

Carrément.

T'es dans un hôpital psychiatrique

enfermée contre ton gré avec une lesbienne déglinguée

qui a voulu défoncer la maîtresse de sa copine.

On peut pas faire pire.

Eh bien.

On dirait une lesbienne dans une confiserie.

Comment t'as atterri ici ?

Tu me prends pour qui, la vérité incarnée ?

Je veux pas me mettre entre toi et un clitoris.

C'est vraiment bien.

Merci de me les avoir montrées.

Si t'arrêtes de faire ce que tu aimes, t'es foutue.

Je supporterais pas qu'on me dise non.

Mais t'es pas obligée de chanter pour les autres.

Je bosse dans un resto italien.

C'est minuscule.

Et le couple à qui il appartient

accroche mes créations au mur avec un prix accroché dessus,

comme si quelqu'un allait les acheter.

Mais ils pensent que c'est bien, alors je peins.

C'est la motivation dont j'ai besoin.

Pas besoin de devenir une chanteuse célèbre.

Si t'aimes chanter, tu dois chanter.

T'as réussi.

Connasse.

Ouvre.

Vise au moins un peu juste.

C'est quoi, ça ?

- Code bleu ! - Oh mon Dieu.

Prends son pouls.

Putain, je sens rien !

Aide-moi à le détacher. Allez.

Apportez de quoi couper le drap !

Allez chercher de quoi couper le drap !

Mon Dieu !

C'est pas possible.

Coupez le drap !

Non ! Non, non, non !

Non ! Non, non, non, non !

Non !

- Respire. Respire. - Tout le monde dans le réfectoire !

Qui a laissé ça arriver ? Vous devriez être dans votre chambre !

Voilà, c'est bien. Respire.

Taryn, dans votre chambre.

Taryn.

Que se passe-t-il ?

Je l'ai emmenée ici pour pas qu'elle voie ça.

D'accord.

Continue de respirer. Continue de respirer.

Vous connaissiez Carter ?

Janet...

je suis prête à sortir.

Que feriez-vous si on vous laissait partir ?

Je devrais d'abord retrouver mes affaires.

Trouver un logement.

Ma sœur m'a redonné l'usage de mon trust.

Probablement pour ne plus avoir à me parler.

Laissez-lui du temps.

Certaines personnes prennent ces choses personnellement.

Elle vous croit prête à sortir.

Ça me surprend.

Qu'en pensez-vous ?

Je suis d'accord avec elle.

Pourquoi devrais-je vous laisser sortir ?

Je sais pas.

Vous pouvez me garder autant que...

vous le voudrez...

mais si c'est ce que je veux vraiment...

je trouverai un moyen.

Vous ne pouvez pas me protéger.

Regardez ce qui est arrivé à Carter.

J'ai des merdes à régler.

Mais je veux plus voir...

Je veux plus voir ce genre de trucs...

Je peux faire comme si le voir comme ça ne m'avait rien fait...

mais c'est faux.

J'en ai marre que les infirmières...

me surveillent.

J'ai pas...

J'ai pas ma place ici.

Je suis pas folle.

Je suis juste triste.

Et la prochaine fois ?

J'ai pas envie de mourir.

C'est juste que, parfois, je n'aime pas ma vie.

C'est dur de constamment trainer ces casseroles.

Mais je veux apprendre.

Et je crois...

que c'est un premier pas.

Je vais lancer la procédure pour vous faire sortir.

Merci.

Faites que je ne le regrette pas.

Tu m'as fait flipper.

J'ai froid.

Tu vas me manquer.

Toi aussi.

T'as aucune idée du bien que ça me fait d'avoir quelqu'un comme toi dans ma vie.

Ça faisait très très longtemps.

Ouais...

Et ça me terrifie.

Je veux pas te perdre, toi aussi.

Je te lâcherai pas.

Mes parents...

étaient tout ce que j'avais.

Et un jour, ils ont disparu.

Et personne...

ne s'est soucié de savoir si j'étais vivante

ou morte.

Des gens vraiment pourris vivent leur vie tranquilles...

Mais mes parents...

sont morts parce qu'une fille voulait répondre à un texto.

Et tous les jours, je me demande ce qu'il disait.

Quels mots

et quelles phrases

étaient plus importants

que tout le reste.

Qu'est-ce qui pouvait être si important ?

Parce que ça a bousillé ma put...

Ils t'aimaient.

Ils ne voulaient pas t'abandonner.

Ça doit être fantastique de savoir...

qu'ils seraient encore avec toi s'ils le pouvaient.

Les gens t'aiment tellement.

Je vous crois, mais au cas où... 310-555-3325 Janet

MESSAGE, APPEL, FACETIME, E-MAIL

APPEL PORTABLE...

Vous êtes sur le portable de Bennett.

Laissez un message

et je vous rappellerai. Merci.

Salut !

Putain, t'étais où ? J'ai essayé de t'appeler.

Tu me manques.

T'es partie, Taryn est partie. Je deviens dingue.

- Ouais. - Ça va ?

Je viens de me réveiller. Pardon.

T'es sûre ?

Quoi de neuf ?

T'es dingue.

Oh mon Dieu !

Bennett me rappelle enfin.

Je peux te rappeler ?

T'as intérêt.

Promis, je te rappelle.

Rappelle-moi ! Je t'aime ! Salut !

Salut.

- Salut. - Salut.

J'ai pris une commande pour toi.

Les mecs ont l'air con.

Alors fais ton plus beau sourire.

Génial.

Je vous sers quelque chose ?

Regarde-moi ça.

Tu es une vraie bombe.

Sam, regarde-moi ces lèvres.

T'en as déjà vu d'aussi belles ?

Je m'appelle Ray. J'aimerais un whisky-coca

et te voir à genoux d'ici la fin de la soirée.

Très drôle.

Ça suffit.

Calmez-vous et asseyez-vous !

Vous allez bien, monsieur ?

- Ça va ? - Oui.

- Oui. - Ça va, vous êtes pas mort.

- Bien. - Dean, viens voir !

Si ça peut te rassurer,

il l'avait mérité.

T'as perdu ton boulot ?

Désolé.

Trenton.

Dean.

Elle est partie où ?

Ça allait pas le faire.

C'était avant ou après avoir explosé un mec pour une autre fille ?

Je me suis dit qu'on se ferait coffrer pour agression

et que je pourrais te revoir.

On va se mettre minables ?

Tu vis ici depuis quand ?

Trois ans.

- Santé. - Santé.

T'es venu pour quoi faire ?

De la musique.

Et je devais me barrer.

Brooklyn est si nul que ça ?

Ça a perdu de son charme.

Tu viens d'où ?

Nashville.

J'ai toujours voulu y aller.

Quelle ironie !

Moi, j'ai toujours voulu en partir.

Tu veux développer ?

Trop de mauvais souvenirs.

Tu vois ? Ça a perdu de son charme.

Chaque coin de rue me rappelait ce que j'avais perdu.

T'as perdu quoi ?

Tout.

Mon père. Mes grands-parents.

Je comprends.

Ouais.

Il te reste de la famille ?

Personne que je fréquente.

Et toi ?

J'ai une sœur.

Elle vit à San Francisco, mais on se parle peu.

C'est étrange.

Ceux à qui je parle pas vivent à deux pas d'ici.

Walnut Creek.

Étrange.

Un peu, ouais.

La musique, donc ?

- La musique. - Tu fais quoi ? Tu chantes ? Tu produis ?

Un peu de tout.

Pour l'instant, je fais des bandes originales.

Tu écris ?

Pas vraiment.

Je suis plutôt superviseur musical.

Je mets en lumière des groupes ou chansons indé que personne ne connaît.

Ma façon de réaliser le rêve des autres.

De les aider à mon tour.

Pourquoi ne pas utiliser ta musique ?

C'est pas encore au point.

Mais ça viendra.

Un jour.

C'est quoi, ton truc, Nashville ? Qu'est-ce qui te branche ?

J'ai pas de truc.

Vraiment ? Rien du tout ?

- J'aime la musique. - OK.

J'ai un peu chanté.

J'ai fait plein de choses.

C'est parfait.

Je te ferai écouter mes trucs et toi, les tiens.

Ça n'arrivera jamais.

C'est ce qu'on verra.

Espère pas trop longtemps.

D'accord.

Ton voyage de rêve ?

L'Italie.

Anniversaire ?

28 octobre.

Tu déconnes ?

Quoi, le 28-10 ?

Le 28 octobre, oui.

C'est flippant.

Ces chiffres ont une signification pour moi.

Comment ça ?

C'est le titre d'une chanson que j'essaie de finir.

Je comprends pas. La chanson s'appelle 28-10 ?

Elle n'a pas encore de titre officiel.

Ça doit être le jour où elle m'est venue.

Mais je l'ai jamais finie, donc elle s'appelle "28-10" sur mon ordi.

Elle parle de quoi ?

Je sais pas vraiment.

J'ai vu une fille dans un café.

Elle avait l'air triste.

Elle était magnifique.

Alors que je la regardais, les gens venaient lui parler

et elle souriait.

Mais dès qu'ils partaient, c'était fini.

C'était dur à voir.

Elle se forçait. Elle avait l'air...

tellement triste.

Puis un tempo m'est venu, avec quelques phrases,

alors je suis rentré l'écrire pour elle.

Mais je n'ai jamais trouvé l'inspiration pour la terminer.

Peut-être qu'elle ne devait pas exister.

Peut-être...

Les paroles ne font que huit mots.

C'est peut-être suffisant.

Peut-être.

On peut aller l'écouter ?

- Maintenant ? - Ouais.

Je veux l'écouter.

Elle est parfaite.

Juste comme elle est.

Ne change rien, pas même le titre.

Ah ouais ?

Promets.

Je promets.

Elle déchire.

Merci.

C'est ta grand-mère ?

Ouais.

C'est ma babushka. Elle...

Elle est comme une mère. C'est elle qui m'a élevé.

Et tes parents ?

Tu as dit que ton père était mort.

Ouais, mon vieux est...

Il est plus là. Ma mère est...

dans le coin.

À Walnut Creek ?

Ouais.

- Oui. - C'est noté.

Ma baba était tout pour moi : mon amie,

ma mère, mentor, enseignante.

Plutôt comme une tutrice. Elle me faisait mes devoirs.

Elle est très belle.

On voit qu'elle t'aime.

C'est vrai...

elle était incroyable.

Attends.

Attends.

Je sais pas si on devrait aller jusqu'au bout.

- Si on devrait... - "Aller jusqu'au bout" ?

- Ouais. - On est au collège ou quoi ?

Non, c'est juste que...

Je t'aime beaucoup et je veux pas tout gâcher...

en allant jusqu'au bout.

Je pense que...

Je pense qu'on devrait juste...

Se tenir la main ? Sortir ensemble ?

Ouais. On pourrait parler.

Je pourrais te serrer dans mes bras,

on pourrait s'embrasser...

Je veux pas...

tout foutre en l'air, tu vois ?

Ouais.

Ça te va ?

C'est pas que je veux pas...

Boucle-la.

Je suis déjà assez mal comme ça.

C'est quoi, ça ?

C'est juste des pensées, des idées, des chansons.

Dont "28-10".

Tu peux l'effacer.

C'est vrai, mais je pourrais la laisser

pour me souvenir de toi.

Comme un petit souvenir.

Je peux régler ça.

Ah ouais ? Tu proposes quoi ?

Je suis une vraie artiste...

- OK. - ...si je puis dire.

J'ai hâte.

Il faut faire les cheveux.

Des petits cœurs.

C'est quoi, exactement ?

- Quoi ? - Je vois pas...

- C'est nous. - Merde.

Quelle insulte.

- Non, non, je vois. - Attends un peu, attends.

Elle est toute petite. Voilà...

Maintenant, c'est clair.

- Oui ! - Je vois mieux.

- Les proportions semblent justes. - C'est raccord.

- Je l'ai sentie. - Ouais.

- Et oui. - OK.

- Un petit zizi. - Un petit pénis,

- mains dans la main. - C'est moi.

- Comme... - Oui.

- C'est ça. - Très fidèle.

Carrément.

T'es une vraie artiste.

- Vraiment ? - Merci pour le dessin.

Tu penses vraiment que mon truc ressemble à ça ?

Monsieur "Je veux juste parler car j'ai un petit pénis".

Putain !

Putain, je suis grave en retard !

Merde !

Je suis désolée.

Je suis vraiment désolée.

Pardon.

Allez.

Bria, ça a pas été facile.

Si tu pouvais laisser couler pour cette fois...

ça me ferait plaisir.

Je suis vraiment désolée.

Pardon.

Il s'est passé quoi ?

Pour commencer, j'ai perdu mon boulot.

Qu'ils aillent chier !

T'as de l'argent. Pas besoin de travailler.

Ouais.

T'as raison.

Exactement ce dont j'ai besoin :

beaucoup de temps libre...

pour me retrouver face à moi-même.

Super idée. J'adore.

J'y avais pas réfléchi.

- En effet. - Non.

T'as parlé à ta sœur ?

Elle répond pas.

L'autre jour, t'as dit qu'elle te rappelait.

Tu devrais lui écrire.

Comme ça, tu pourras lui dire tout ce que tu veux lui dire.

Ouais.

- Je sais pas ce que je veux lui dire. - Bien sûr que si.

Si, en fait, je sais.

Arrête.

Merde.

- Papa ? - Tu t'es scarifiée ?

- J'ai besoin d'aide... - Papa ?

Papa !

Non !

Je veux pas te perdre.

Je ne te quitterai jamais.

Tu veux te suicider ? Je vais pas te regarder faire.

- ...depuis toujours. C'est génétique ! - Et personne ne s'est soucié

- de savoir si j'étais vivante. - Non, Dean !

Non ! Non.

Non.

APPELLE-MOI.

Qu'est-ce que t'as toujours rêvé de faire ?

Voyager.

Mon grand rêve.

Tu veux aller où ?

Partout.

Je suis jamais allée nulle part.

- Tu fais quoi ? - Debout !

- Allez. - Quoi ?

- Viens. - On va où ?

On part à l'aventure... partout.

Je me demande toujours ce qui se passe dans ta tête.

Tu veux savoir à quoi je pensais ?

Oui.

C'est flippant.

De t'aimer autant que je t'aime.

Parce que tu risques de ne pas m'aimer, moi.

Eh bien,

je t'ai aimée dès que j'ai posé les yeux sur toi.

Tu me connais pas.

Je suis pas facile à vivre.

Je suis lunatique et méchante.

Et j'ai développé un réel talent pour tout foutre en l'air.

Tu me connais pas non plus.

J'ai une putain de résilience.

On va faire un petit jeu.

C'est le jeu de la sincérité.

On doit se dire

les trucs les plus honteux qu'on a faits dans nos vies.

Des trucs qu'on cache, normalement.

Je passe mon tour.

Non, écoute. C'est drôle !

Écoute, on va s'épargner les conneries habituelles.

Et si on est toujours là à la fin,

on peut se donner une chance.

Pour de bon.

Je t'écoute.

- Qu'est-il arrivé à tes parents ? - C'est drôle,

je me disais que tu devrais commencer,

parce que c'est ton jeu.

Oh, bien vu !

Pourquoi...

tu ne parles plus à ta mère ?

Bien choisi.

Mes parents ont été mariés et heureux pendant 19 ans.

Et quand j'avais 11 ans, mon père a eu le cancer du poumon.

Il est mort.

Et ma mère a perdu les pédales.

Elle était toujours triste.

Et puis... elle a rencontré Dan.

Il se surnommait "Dan le putain de gentleman".

Dan aimait pas grand chose.

Il aimait pas les enfants.

Mais il aimait frapper les femmes.

Quand j'ai commencé à le confronter, ils sont partis.

Et j'ai emménagé avec ma grand-mère.

Ma mère a préféré la violence à moi.

Elle essaie de reprendre contact,

mais j'ai rien à lui dire.

Donc...

quand mon père est mort, j'ai perdu mes deux parents.

Je suis navrée.

Ça va.

Mes deux parents sont morts.

Ma mère est morte d'une overdose d'héroïne quand j'avais cinq ans.

Je sais pas si c'était voulu ou pas.

Mon père savait, mais...

il n'a pas jugé nécessaire de me le dire

avant de se suicider il y a dix ans.

C'est ça que tu avais peur de me dire ?

Non.

C'est que je suis comme lui.

Tu as tenté de te suicider ?

Ouep.

Pourquoi ?

Je sais pas.

Je venais de rompre avec mon ex.

Ça a été compliqué.

Mais je voulais le faire depuis bien avant ça.

Qu'est-ce qui te rendait si malheureuse ?

Avant, je disais que c'était...

parce que je suis une artiste.

Et je devais me complaire

dans le malheur pour créer.

Mais je ne crée plus rien, donc...

je pense que c'était des conneries.

Tout ça, c'est peut-être simplement lié à mes parents.

Retrouver mon père dans cet état ne m'a pas aidée.

C'est toi qui as trouvé ton père ?

Une balle dans la tête.

J'étais à l'étage.

Il savait que je le trouverais.

J'étais pieds nus quand j'ai accouru.

Je n'oublierai jamais la sensation sous mes pieds.

Ouah, je...

suis vraiment désolé, Dean.

C'est marrant...

une fois que l'idée entre dans ta tête,

elle ne te quitte plus.

Comme les alcooliques. Ils ont toujours envie de boire.

Ou comme une boulimique qui ne pense qu'à courir aux toilettes

après un bon dîner.

Mais la tristesse...

s'immisce dans tout,

même dans les plus petites choses.

Tu passes une mauvaise journée ?

Suicide-toi.

T'as le cœur brisé ?

Suicide-toi.

T'as eu une contravention ?

Suicide-toi.

Putain.

J'ai tellement de contraventions. Tu crois que je vais...

Ils t'ont gardée à l'hôpital après ?

Oui.

La vie m'a réservé des surprises depuis.

Ça aura eu ce mérite.

Mais...

très honnêtement...

j'ai encore vraiment honte.

C'est comme quand tu fais une connerie

et que tu dois regarder ceux que tu as blessés dans les yeux.

Et je sais pas quoi leur dire.

Faut juste leur dire...

la vérité.

Comme tu l'as fait avec moi.

Il n'y a pas de quoi avoir honte.

Certaines personnes...

ressentent les choses plus intensément.

Alors, j'ai gagné ?

Ouais. Un point... deux points...

Ouais, t'as gagné la partie.

- Bravo, championne. - J'ai gagné !

Ouais...

C'est pour ça que je voulais que ça soit différent.

C'est ce que des tas de mecs veulent de toi...

mais c'est toi que je veux.

Tout ce qui te constitue.

Bennett, je n'ai jamais su comment

C'est qui, les bombasses ? C'est qui, les bombasses ?

Liberté !

- Ma chérie ! - Oh mon Dieu.

- Tu m'as manqué ! - Toi aussi.

T'es amoureux de mon amie ?

Je suis très amoureux, oui.

Et tu sais d'où je sors à l'instant ?

- Oui. - OK.

Et on t'a expliqué que Taryn était résidente

de cette belle institution ?

Tout à fait.

Donc tu comprends que si tu lui fais du mal, on te fera la peau.

Putain.

En effet.

Sers-moi dans tes bras. J'ai pas senti un homme depuis des mois !

- Ça fait du bien. - C'est chouette.

Ouais.

Un, deux...

Chouette !

Super.

Oh oui.

...deux, hé !

- Merci ! - Tu profites juste

de ma cuisine et de mes cunnilingus.

Et de ton argent, surtout. C'est chouette

- de jamais rien payer. - Ouah !

- Tu sais que je t'aime. - Je te crois pas.

- Tu me crois pas ? - Non.

D'accord.

Excusez-moi !

Je veux que vous sachiez tous

à quel point j'aime cet homme merveilleux !

Avec un membre absolument...

J'étais brisée

Cassée

Ni voix ni choix pour m'apaiser

L'espoir, ce mensonge,

Faisait couler mes larmes

J'étais perdue

Inutile tout au plus

Pas de lumière pour éclairer mes ténèbres

Et pour seul désir la fin

Mais tout est différent

Quand on sort de la nuit

Avec toi, j'ai vu que toucher le fond était un bon début.

Tu es tellement belle.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Salut.

Nom de Dieu.

Contente de voir que tu aies trouvé Dieu dans ces moments difficiles.

J'allais répondre à ta lettre mais je suis montée dans un avion.

Je passe mes journées...

figée par la peur.

Je maintiens le statut quo parce que c'est mon rôle.

Je suis censée être la plus équilibrée.

Mais ce n'est pas le cas.

J'ai tellement envie d'un enfant.

C'est mon seul désir.

Mais j'ai...

L'idée du postpartum.

Et si je foutais tout en l'air ?

Et si j'étais pas une bonne mère ?

Je suis déjà pas une bonne sœur.

Comment être une bonne mère ?

C'est faux.

Je t'ai déçue, Dean.

C'est faux.

Quand j'étais allongée dans la salle de bain, je ne pensais qu'à toi.

Je priais.

Je voulais...

m'en sortir, tout réparer.

Dans mes derniers instants, je n'ai éprouvé que du regret.

Et c'était terrifiant.

Je ne peux pas revivre ça.

Je suis terrifiée.

Ça me...

Si tu meurs, je ne survivrai pas.

Ce n'est pas mon intention.

Tu sais...

j'ai oublié le visage de maman.

J'essaie de me rappeler les détails, mais...

tout ce dont je me souviens, c'est ce que tu m'as raconté.

Et quand je repense à lui,

je le revois comme cette nuit-là...

J'ai parfois l'impression qu'ils n'ont jamais existé.

Je la vois

à chaque fois que je te regarde.

Tu lui ressembles tant.

À moi aussi, ils me manquent.

Mais c'est toi qui me manques le plus.

Et si je déménageais ?

À San Francisco.

Mais tu as ta vie ici.

Je suis prête à partir... si tu veux bien.

Jackson, arrête-toi !

Jackson !

S'il te plaît !

Je comprends ce que ça a dû te faire.

De me trouver comme ça.

Tu...

es l'homme le plus doux,

le plus gentil que je connaisse.

Et je sais que ça a dû te détruire.

Je suis désolée.

Je sais pourquoi t'es venue.

Tu veux tourner la page, être pardonnée. Mais je peux pas.

- Je peux pas. - Je sais

que tu n'as aucune raison de me croire.

Mais j'ai changé.

Vraiment.

J'ai des amis.

Et...

une famille.

Je pars vivre près de ma sœur et...

j'ai une relation saine.

Pour la première fois de ma vie, je fous pas tout en l'air.

Je vais mieux.

Je vais beaucoup mieux.

Combien de fois on a pris cet ascenseur émotionnel ?

Tu me convainquais que tu allais mieux,

que tu allais changer.

Et tu me donnais l'espoir que les choses allaient changer.

Et puis tu me déversais tout ton malheur !

J'ai essayé. J'ai essayé.

Même quand tu avais arrêté d'essayer, j'essayais pour toi.

Vraiment.

Alors j'espère que c'est différent cette fois.

Je l'espère vraiment.

Sinon, tu dois le quitter.

Parce qu'après toi,

rien n'est plus comme avant.

Plus jamais.

Chérie ?

Qu'est-ce que tu fous là ?

Ça va ? Que se passe-t-il ?

Dean ?

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je t'avais dit que je passerais après le travail.

Ça va ?

Barre-toi de chez moi.

Pardon ?

- Barre-toi de chez moi, putain ! - Que se passe-t-il ?

Barre-toi de chez moi !

Pourquoi tu...

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Calme-toi, chérie.

Putain, qu'est-ce qu'il y a ?

- Casse-toi ! - Que se passe-t-il ?

- Sors de chez moi ! - Pourquoi ?

Je veux pas te voir !

- Il s'est passé quoi ? - Je veux pas te voir !

Qui t'a dit de venir ?

- Chérie, ça va. Calme-toi. - Me touche pas !

- Casse-toi d'ici ! - D'accord. Chérie.

- Je veux pas te voir ici, putain ! - J'ai entendu !

- Que se passe-t-il ? - Qu'est-ce que tu fous encore là ?

Quoi, ça t'excite ?

- Chérie, explique-moi. - Tu veux quoi ?

Tu veux que je me scarifie devant toi ? Ça t'excite ?

- Chérie, non. - Espèce de malade !

Personne ne veut de toi ici !

Personne !

Va-t'en !

Va te faire foutre. Pars !

Quoi, ça t'excite ? Casse-toi de chez moi, putain !

Personne veut de toi ici, tu entends ?

Même ta putain de maman !

T'étais juste un bon coup.

Casse-toi de chez...

moi !

Si c'est ce que tu veux vraiment, alors sois un peu crédible !

Sois un peu crédible !

Va-t'en !

Je te connais.

Je te connais bien.

Tu veux te détruire ? Tu veux plus de moi ?

Alors dis-le.

Dis-le, Dean.

Va-t'en.

Va-t'en.

Et ferme la porte, connard.

Ferme la putain de porte !

Casse-toi !

Putain, casse-toi !

Dégage !

Non, non. Non, non, non.

Non, non. Non.

J'ai besoin d'aide.

Je veux pas...

Je veux pas tout foutre en l'air.

Comme d'habitude.

Tenez.

Merci.

J'espère que j'ai réveillé personne d'autre.

Je suis seule.

Que s'est-il passé ?

- Vous avez arrêté de boire ? - Oui.

Ça fait trois ans.

Ça fait moins longtemps que j'aurais imaginé.

Pourquoi être venue ici ce soir ?

Bonne question.

Tout ce temps,

j'avais pensé qu'ils s'étaient suicidés.

Et puis j'ai trouvé ça.

"Je n'ai jamais su comment vous parler d'elle, et vous méritez la vérité.

Elle voulait arrêter mais n'y arrivait pas.

Elle était plus douée que moi pour parler.

Elle était née pour être mère.

Désolé que ça se soit passé ainsi.

Si je pouvais, je prendrais sa place.

J'aimerais avoir le courage de continuer,

et j'espère que vous en aurez la force.

Je vous aime toutes les deux."

Vous savez combien de temps je l'ai cherchée ?

Dans chaque veste,

chaque tiroir, dans tous nos endroits familiers,

même les plus improbables.

Je pouvais pas accepter qu'il parte sans dire au revoir.

Vous auriez préféré ne pas la trouver ?

Non, je...

J'aurais préféré avoir une mère

ici avec moi.

J'aurais préféré que mon père

me dise ça de son vivant.

Ce que je veux pas...

c'est de ce mot au dos d'une photo qui ne veut rien dire.

Pas de fin mot de l'histoire, pas d'explication.

Rien.

Je sais que ça fait mal,

mais c'est ce que vous vouliez.

Ce que je voulais ?

C'est ce que je voulais ?

Non !

En fait, ce que je voulais, c'est des parents !

Me sentir normale.

Vous savez ce que je donnerais pour me sentir normale ?

Ce que je ne veux pas, c'est un mot

à l'arrière d'une photo qui est mon seul souvenir de ma mère.

La seule chose qui me rappelle à quoi elle ressemblait.

Parce qu'il est trop lâche pour me le dire !

Il pouvait pas me dire ça en face et se buter ensuite ?

Dean, vous êtes forte.

Pourquoi vous êtes convaincue que je suis forte ?

Vous me connaissez pas !

Je sais que vous êtes le produit de votre environnement.

Aucun de vos problèmes ne vous appartient.

Vous allez vous en sortir.

Vous devez lâcher prise et vous pardonner.

Vous ne pouviez rien pour lui, Dean.

Vous êtes là, dans votre belle petite maison,

à vivre votre belle petite vie, entourée de vos belles petites choses.

Vous n'avez aucune idée de ce que je ressens !

Vous pensez être la seule à avoir perdu quelqu'un, hein ?

Mon fils est mort à l'âge de 15 ans.

Il s'est suicidé en avalant mes cachets.

Je lui ai donné le moyen de mettre fin à ses jours.

Je suis la seule coupable.

Et je n'avais rien vu.

C'est mon putain de boulot

et je n'ai rien détecté chez mon propre fils.

Alors me dites pas que je sais pas ce que c'est.

J'ai bu à en crever pendant des années avant de pouvoir envisager

de vivre un jour sans lui, sans alcool.

J'ai perdu mon mari, ma famille, je me suis perdue.

Pourquoi il a fait ça ?

Ça n'a pas d'importance.

On ne pourra jamais leur demander pourquoi.

Ils ne sont plus là.

J'aime mon petit garçon plus que la vie.

Et chaque jour passé sur cette planète, à respirer sans lui, me fait mal.

Je le sens à chaque respiration.

Mais je refuse d'abandonner, car je suis une survivante.

Je me bats et je sauve qui je peux au passage.

Et vous, vous êtes quoi ?

Je sais pas.

- Bien sûr que si. - Non.

- Je sais pas ! - Bien sûr que si.

Je sais pas.

Je sais ce que je dois dire.

Je suis censée dire "désolée", mais le mot est trop faible.

J'ai tellement merdé.

J'arrive pas à me pardonner ce que j'ai dit...

sur ta mère.

Bien sûr, je le pensais pas.

Je suis vraiment désolée.

D'accord.

Je sais.

Ma mère...

est mourante.

Et...

je suis pas prêt à lui pardonner.

Mais le temps presse.

Et je sais pas quoi faire.

Une fois qu'ils sont plus là,

on veut leur dire un million de choses.

Tellement de fois, j'ai pris le téléphone sans savoir qui appeler

pour annoncer une bonne ou une mauvaise nouvelle.

Et j'aimerais pas...

que ça t'arrive à toi.

T'as encore une putain de chance.

Et je tuerais pour ça.

Je suis désolée.

Les mains parfaites pour se masturber.

J'essayais de la protéger de sa propre perversion.

Je...

je m'installe à San Francisco.

Et...

je sais que vous avez votre vie ici

et je m'attends pas à ce que vous quittiez tout, mais...

j'aimerais beaucoup.

Parce que je pense qu'on pourrait...

être heureux tous ensemble.

J'irai où tu iras.

T'es sûr ?

Je suis sûr.

On pourrait passer à Walnut Creek.

Je sais.

C'est un plan du style Histoire d'une famille polygame ?

- Plutôt du style Vivre à trois. - Bon sang.

Je vais fumer.

San Francisco.

T'y es déjà allée ?

Taryn sait ?

Je l'ai appelée 30 fois.

Je vais lui demander, à elle aussi.

Comment on va payer tout ça ?

Laisse-moi m'occuper de ça.

D'accord...

Donc tu vas dépenser l'argent.

Mon Dieu.

L'argent.

- Tu sais pourquoi j'ai cet argent ? - Parce que t'es blindée de thunes.

Je suis une bitch blindée.

En fait, j'ai eu une enfance pauvre.

Bennett et moi avons toujours partagé une chambre.

Mais mon père

a souscrit une assurance décès de dingue.

Et trois jours après l'expiration de la clause suicide,

il s'est donné la mort.

Donc au lieu de me parler, de demander de l'aide,

ou d'agir en père...

il a attendu le bon moment.

Alors je veux pas de cet argent sale.

Mais je pourrais m'en servir

si ça me permet d'être avec toi

et qu'on soit heureux tous ensemble.

Toi et moi, on fait

comme si on n'avait besoin de personne, mais c'est des conneries.

Parce que...

j'ai besoin de toi.

Et j'ai pas peur de le dire. J'ai vraiment besoin de toi.

Et je pense que tu as besoin de moi.

Mets les mains en l'air.

- Oh mon Dieu. - Tu t'envoles.

- Je vole ! - Je suis Jack. T'avais compris ?

Ta cigarette ! Merde ! Oh putain !

Et si je fais tout foirer ?

Je le ferai avant toi.

Tu sais que tu vas merder.

Et moi aussi, c'est sûr.

C'est mon talent.

Bria, putain, il se passe quoi ?

Comment elle a fait ?

J'ai regardé autour de moi.

Et je n'ai vu que des gens qui l'aimaient.

On est tous persuadés que tout le monde s'en fout,

mais chaque personne autour de moi était brisée.

Le suicide détruit chaque vie autour de nous, pas nous.

Nous, on est plus là.

La personne qui l'a retrouvée morte était sûrement là aujourd'hui.

C'est un cercle vicieux et à chaque fois qu'on fait ça,

on rend la chose de plus en plus acceptable, mais ça ne l'est pas.

C'est pas acceptable.

Comment y remédier ?

En restant vivante.

En souffrant.

En ayant

des boulots de merde

pour vivre une vie moyenne

et normale.

Puis on devient vieille et grosse.

On passe par la ménopause.

Mais au moins, on est en vie

et tous ensemble.

Au moins, on n'a pas baissé les bras.

Ça fait bien plus peur

de choisir de vivre.

C'est facile d'abandonner.

Putain, ça fait pas envie.

J'en suis.

Parfois, je pense

au mariage, aux bébés,

à l'avenir.

À toutes ces choses...

que je pensais ne jamais voir un jour.

Vous voir mère...

me ferait plaisir.

Je voulais vous dire

que vous m'avez sauvé la vie.

J'ignorais à quel point je voulais qu'on fasse ça pour moi.

Que quelqu'un tienne assez à moi pour vouloir m'aider.

Même si je détestais vous voir essayer.

Je ne vous ai pas facilité la tâche.

Je ne serais pas là sans vous.

Heureuse.

Évidemment,

pas tout le temps, pas tous les jours...

La vie n'est pas parfaite,

mais elle le devient.

Si vous m'aviez dit que ma vie ressemblerait à ça

il y a un an...

je vous aurais dit d'arrêter de boire.

Je suis tellement

amoureuse

de ma vie.

C'est le seul mot qui me vient à l'esprit.

L'amour, l'amour.

Je suis reconnaissante.

Je suis vraiment

reconnaissante d'avoir échoué cette nuit-là.

Mais je n'en serais pas là si je ne l'avais pas vécue.

Je suis reconnaissante d'être en vie.

Alors merci.

Je peux vous prendre dans mes bras ?

Bien sûr.

Dans mes bras.

Prête ?

Et toi ?

Bonjour, maman.

Tout va bien.

Tout va bien.

J'étais jamais venue ici.

On a fait le voyage en famille une fois.

Mon père n'avait jamais visité San Francisco...

alors on lui a offert le voyage.

Je l'imagine ici même quand je pense à lui,

ou à ma famille, surtout aujourd'hui.

Putain de merde.

Tu es la femme de ma vie.

C'est la bague de ma grand-mère.

Elle l'a portée pendant 72 ans.

Si tu veux bien de moi, je te l'offre.

Veux-tu m'épouser ?

- Oui. - Oui ?

- Elle a dit oui ! - Elle a dit oui !

Oui.

Oui !

Veux-tu m'épouser ?

C'est juste que, parfois, je n'aime pas ma vie.

Je suis pas folle, juste triste.

Si tu meurs, je ne survivrai pas.

Je veux pas te perdre.

Non !

SORTIE

Heureuse.

Évidemment,

pas tout le temps, pas tous les jours...

La vie n'est pas parfaite,

mais elle le devient.

Si vous m'aviez dit que ma vie ressemblerait à ça

il y a un an...

je vous aurais dit d'arrêter de boire.

Je suis tellement

amoureuse

de ma vie.

C'est le seul mot qui me vient à l'esprit.

Pas morte !

L'amour, l'amour.

Je suis reconnaissante.

Je suis...

vraiment reconnaissante d'avoir échoué cette nuit-là.

Je n'en serais pas là si je ne l'avais pas vécue.

Non !

Je suis reconnaissante d'être en vie.

Alors merci.

J'ai tout vu.

Les possibilités.

Et cette fois...

je choisis la vie.

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