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Ruy Blas
Allons, hue! Tu as pourtant bien dormi!
Comment peux-tu me faire une chose pareille...!
Tu n'as donc pas de coeur!
H�! h�! ma mule! Arr�tez! arr�tez!
Arr�tez ma mule!
Arr�tez!
- O� allez-vous? - A Madrid.
- Diable! Et d'o� venez-vous? - De mon coll�ge.
- Montez en croupe. - Je ne veux pas quitter ma mule. C'est tout ce que j'ai.
Va pour la mule! Nous prendrons le pas.
Je suis enchant�, cher Monsieur, de notre rencontre.
Nous allons faire route ensemble.
- Vous vous appelez? - Ruy Blas.
Je suis le duc d'Albe.
Nous voil� presque � Madrid. Vous comptez y poursuivre vos �tudes?
Non, Monseigneur. Je m'�tais cru, h�las, plus que je n'�tais.
J'y renonce.
Plus que vous n'�tiez?
Je me croyais po�te. Je ne l'�tais pas.
Qu'est-ce que vous comptez faire?
Je prendrai le premier petit emploi qui s'offre.
Venez me voir � l'h�tel d'Albe. Je m'en charge.
Merci, Monseigneur.
Vous avez une ma�tresse?
Non, Monseigneur.
Diable! Vous serez bien la seule personne � Madrid � vivre sans amour!
La seule... avec la Reine.
Mais...
le Roi?
Le Roi? Ah!... le Roi ... le Roi... C'est une ombre.
Il habite l'Escurial. Il ne s'occupe pas plus de la Reine que du royaume...
L'Espagne se porte mal, cher Monsieur, tr�s mal.
A Roi malade, pays malade. Il n'y a plus...
Ne bougez pas. Levez les mains.
Monseigneur, nous nous excusons de surgir ainsi � l'improviste...
Aux portes de Madrid? ...Je vous f�licite.
C'est un grand honneur que vous me faites, Monseigneur.
Je suppose qu'il faut vous donner l'or que j'ai sur moi...
Pour qui me prend Votre Altesse? Non, non,
je prierai seulement Votre Altesse de nous suivre.
Ah! la ran�on.
Votre Altesse ne manque pas de grands seigneurs qui peuvent r�pondre d'elle.
Bien, tr�s bien. Puis-je envoyer ce jeune homme � Madrid?
Je suppose, cher Monsieur, que vous consentirez � me rendre ce service?
- Vous montez � cheval? - Je monte aussi � cheval, Monseigneur.
Qui �tes-vous?
Un pauvre �tudiant que M. le Duc a rencontr� sur sa route.
Mon nom est Ruy Blas.
- ��a par exemple! - Je n'ai rien dans mes poches.
Je vous pr�viens.
Parfait, la mule, parfait!
Si Votre Seigneurie a confiance en ce jeune homme, j'accepte.
Je lui indiquerai o� Votre Seigneurie attendra son retour.
Chef, mille ducats?
Adressez-vous � Monseigneur.
C'est lui qui commande.
Que Monseigneur d�cide lui-m�me la somme.
Mille ducats?
Mille ducats vous suffisent?
Votre chiffre sera le n�tre, Monseigneur. Nous ne discutons jamais.
Mille ducats. Vous irez au Palais Royal.
Vous demandererz le marquis don Salluste de Bazan.
Portez-lui ma Toison d'Or.
Elle vous servira de preuve.
Ecris:
Remettez mille ducats...
Remettez mille ducats � Ruy Blas...
le jeune homme qui vous apporte cette lettre...
On te donnerait le Bon Dieu sans confession.
Tu es formidable!
Nous t'attendons o� tu sais.
Je vous le recommand.
N'exercez contre lui aucun s�vice.
Il est de mes amis.
Les choses sont-elles en ordre?
Il est bien entendu, Monseigneur, que le jeune homme reviendra seul.
Je ne voudrais pas qu'il arrive malheur � Votre Seigneurie.
Vous avez ma promesse.
Vous avez entendu? Prenez le cheval de mon �cuyer.
- Je me porte garant de votre mule. - Merci, Monseigneur.
Et o� m'attendrez-vous?
On vous guettera sur la route.
En marche!
Monseigneur!
Bon chance! Et galopez!
Messieurs.
Par ici, Monseigneur.
Vous enfermerez l'�cuyer dans l'�curie.
Surveillez-le.
O� vais-je?
L�-haut, dans la chambre du chef.
Nous la r�servons aux h�tes de marque.
Vous avez plus de soldats que Sa Majest�.
Nous payons mieux qu'elle.
Excusez-moi, Monseigneur.
Bravo pour la mule, Monsieur l'�tudiant!
Entrez, Monseigneur.
Goulatromba.
- Chef? - Lassez nous.
Lassez nous!
- Mais... - Il n'y a pas de mais! Laissez nous!
Excusez-moi, Monsieur le Duc.
Il n'y a plus de discipline en Espagne.
Ne vous d�rangez pas. Soupez.
Vous devez avoir soif apr�s cette longue route en plein soleil.
C'est vous qui devez avoir soif, Monseigneur.
Puis-je vous offrir un peu de X�r�s?
Moi, je ne suis gu�re � plaindre, je n'ai pas quitt� cette pi�ce.
Je connaissais votre itin�raire, j'ai envoy� ma troupe � votre rencontre.
Je me suis content� de vous attendre ici.
Je serai donc beau joueur, car l'aventure m'amuse.
Quel est votre vrai nom?
Vous m'en demandez trop, Monsieur le Duc!
Appelez-moi Zafari,
comme tout le monde.
A votre sant�!
A votre sant�, Zafari.
Et � la sant� de Ruy Blas!
- Vous connaissez Ruy Blas? - Autant que vous.
Par exemple!
Oh!
Oh ! Monsieur le Duc, voil� une grande merveille.
Imaginez que je le cherche depuis un an!
Mais o� est-il?
Il devrait galoper vers Madrid.
Il devrait y �tre.
Il devrait demander ma ran�on � don Salluste de Bazan...
A don Salluste de Bazan ?
Vous avouerai-je, cher Monsieur Zafari,
que je m'�tonnais un peu de voir vos camarades accepter si vite
que j'envoyasse le premier venu chez le ministre de la Police?
Alors, la Police sera l� aujourd'hui...
et Goulatromba est un imb�cile!
Il a �t� au m�me titre que vous, Monsieur le Duc, victime d'une ressemblance.
- On ne saurait mieux dire.... - Je ne plaisante pas. Ruy Blas existe.
Nous nous sommes li�s tr�s jeunes au coll�ge � cause de cette ressemblance �tonnante.
- On nous prenait l'un pour l'autre. - Difficile � croire.
Repr�sentez-vous, Monseigneur, les services que cette ressemblance pourrait nous rendre!
Quels alibis!
J'aime ce qui est incroyable.
Je vous crois.
Si vous me laissez partir, je t�cherai d'atteindre don Salluste avant que votre sosie ne puisse le voir.
Un service en vaut un autre.
Mais...
vous me retrouverez Ruy Blas?
Vous lui direz de me rejoindre...
� la messe de ce soir, �glise Santa-Mayor.
Puisque Ruy Blas il y a, je verrai votre Ruy Blas, et je le lui dirai,
- foi de gentilhomme. Suis-je libre? - Une minute, Monsieur le Duc.
Je m'excuse...
nous devons changer de costume...
si j'ose dire.
C'est que ... le pourpoint que je porte me pla�t beaucoup.
A moi aussi.
Il soit.
- Non, non! - A qui la botte?
Voleurs! Sales voleurs!
Assassins!
Pas mes chausses!
D�crochez-moi!
D�crochez-moi!
On te d�croche, Monseigneur!
Et les billets doux? J'en ai plein mes poches.
Laissez-les moi, Monsieur le Duc. Ils me tiendront chaud l'hiver.
Vous �tes un dr�le de voleur.
Vous m'envoyez Ruy Blas? Chose promise?
Chose promise: messe du soir, Santa-Mayor.
Vous permettez?
Je vais vous montrer un secret que mes coll�gues ignorent.
Suivez-moi...
Vous vous m�fiez, Monseigneur.
C'est mal.
O� sont-ils?
Le Majordome de Sa Majest� la Reine!
Je vous d�range?
Je vous attendais, Guritan.
Je sais que la Reine vous charge de toutes ses commissions d�sagr�ables...
et, en outre, je n'�tais pas convoqu� � l'audience.
- La Reine m'exile? - Quel grand mot, Salluste!
La Reine aimerait vous voir faire un long s�jour dans vos terres.
Pour une suivante que j'ai s�duite et que je refuse d'�pouser,
qui a �t� se tra�ner avec son enfant chez le Roi, moi,
marquis de Finlas, chef de la Maison de Bazan,
ministre de la Police, vingt ans de charge,
on me chasse comme un domestique!
La Reine me hait.
Elle a trouv� ce pr�texte.
La Reine ne hait personne, don Salluste.
Mais cette fille est venue avec elle de Neubourg.
Mon nom seul effrayait l'Espagne.
Et je m'�croulerai au milieu d'un �clat de rire.
Non, non, non, non!
Sa Majest� ne veut surtout pas de scandale...
Elle vous conseille...
Elle vous prie...
de rester encore une huitaine � la Cour
et d'annoncer que vous faites un voyage.
Je suis � ses ordres!
La Reine est si bonne.
Elle oubliera.
Il y a des choses, Guritan,
qu'on n'oublie jamais.
Et voil�!
Vous avez entendu, Santa-Cruz?
Je ne croyais pas qu'elle oserait.
Vous conn~ssez mal cette petite Allemande.
Et pourtant, vous ne l'aimez pas plus que moi.
Qu'est-ce que vous comptez faire?
Ob�ir, vous laisser ma charge,
et me venger.
- De la Reine? - Pourquoi pas?
J'aurai besoin de vous � la Cour, Santa-Cruz.
Je reviendrai au pouvoir, songez-y.
- Monseigneur! - Qu'est-ce que c'est?
Un envoy� du duc d'Albe.
Recevez-le...
Parti du Roi.
Quoi? ...Vous osez venir au Palais de Madrid! Chez moi!
Quel est ce pr�texte du duc d'Albe
et ce d�guisement ridicule?
- Mais Monseigneur! - Taisez-vous!
Approchez.
Je suis l'envoy� du...
O� avez-vous vol� cette Toison d'Or?
- Cette Toison d'Or... - Silence!
J'en ai assez!
Voil� une liasse de dossiers de police qui vous concerne.
- Monsieur le Marquis, Je... - Silence!
Je parle et je vous d�fends de m'interrompre!
Vous �tes un bandit de grand chemin,
vous ran�onnez les voyageurs sur les routes d'Espagne!
En France, on vous accuse entre autres
d'avoir forc� la caisse des gabelles!
Dans les Flandres, vous avez fait main basse sur l'argent du clerg�
que transportait don Paul Barth�l�my!
Vous tra�nez avec des filles!
Et vous �tes un Bazan!
Et vous vous appelez don C�sar!
Et vous �tes mon cousin!
Et ce scandale est suspendu sur ma t�te!
J'en ai assez! M'entendez-vous? Assez!
Mais, Monseigneur, je crois que vous vous trompez d'adresse... Je ne suis pas...
Vous tairez-vous?
Ne prenez pas cet air ahuri qui vous convient aussi mal que possible!
Le duc d'Albe! le duc d'Albe!
Qu'avez-vous � faire avec le duc d'Albe?
Sait-il seulement qui vous �tes?
Mais oui.
Comment "mais oui"? Ne bougez pas! Attendez.
Santa-Cruz!
Santa-Cruz!
Approchez.
Emmenez ce personnage chez vous et veillez � ce qu'il y reste.
Et ne lui laissez pas ouvrir la bouche. C'est un bavard terrible!
J'avais une lettre pour Votre...
Son Altesse le duc d'Albe.
Alors, Salluste! On pille les gens en plein jour, aux portes m�me de Madrid?
On les pille, on les enl�ve, on les rel�che?
Que me contez-vous l�, Monsieur le Duc?
- Faites l'�tonn�! O� est mon petit Ruy Blas? - Ruy Blas?
Mon messager?
Voil� le message, le messager ne peut �tre loin!
Un de mes hommes venait de me remettre cette Toison d'Or
que j'ignorais �tre la v�tre...
et ce message que je m'appr�tais � lire lorsque vous �tes entr� chez moi.
Il est timide et on lui a barr� la porte. Tant mieux.
Salluste, je cr�ve de fatigue.
J'ai galop� bride abattue � cause d'un scrupule.
Je vous ai d�p�ch� mon jeune Ruy Blas avant de savoir que le chef de bande
lui ressemblait d'une fa�on si incroyable qu'on pouvait les prendre l'un pour l'autre.
Voil� une histoire bien romanesque, Monsieur le Duc.
- Mettriez-vous ma parole en doute? - Votre Altesse plaisante!
R�sumons-nous:
vous avez craint que je ne connusse votre ravisseur, que je ne le confondisse avec...
Ruy... Ruy Blas.
Oui ...Avec Ruy Blas, et
que je ne coffrasse votre jeune ami sans autre forme de proc�s!
Monsieur le Duc, vous vous faites une �trange id�e...
de ma police.
Je m'en fais l'id�e d'un homme qui arrive � Madrid et qu'on ran�onne.
D�brouillez-vous. Ruy Blas, Zafari, moi je m'y perds!
Zafari?
- Vous connaissez mon filou? - Il est sur mes listes.
Dr�le d'�poque o� les bandits ont l'air de Grands d'Espagne.
Votre Zafari n'a gard� de moi que mon costume.
Voil� le sien.
Ma Toison d'Or n'y fait pas si mal.
Monsieur le Duc, je vous ai menti.
Vous mentez donc quelquefois, Salluste?
Le moins possible.
Votre jeune messager se nomme don C�sar de Bazan
et il est mon cousin.
Je r�ve!
Sous le nom de Ruy Blas, Je l'ai envoy� faire ses �tudes en province.
Me voil� donc jou� sur toute la ligne!
Je connaissais cette ressemblance regrettable...
Je crains toujours que ce Zafari n'en profite...
Il ne s'est pas vant� devant vous d'�tre noble?
Non, mais il m�rite de l'�tre:
il m'a rel�ch�.
Je cacherai C�sar jusqu'� ce qu'il puisse tenir son rang � la Cour.
Nous rirons ensemble de tout cela.
Au fait,
Zafari conna�t votre cousin...
Qu'avez-vous?
Rien,
on �touffe.
Vous devriez prendre du repos...
Je vais en prendre.
Ah, j'ai oubli�, Zafari cherche Ruy Blas...
Sans doute vous d�pla�rait-il maintenant qu'ils se rencontrassent...
Zafari m'avait charg� de lui transmettre un rendez-vous � la messe de ce soir,
�glise Santa-Mayor.
- Usez-en comme bon vous semble. - Merci.
Une �glise est lieu d'asile, Salluste. Prenez-y garde!
Je n'aimerais pas que par ma faute, il arriv�t malheur � mon filou.
Santa-Cruz!
Votre prisonnier n'a pas cherch� � fuir?
Il est doux comme un mouton.
Mes gens le surveillent.
Conduisez-ce jeune homme � ma petite maison en ville
- et confiez-le � mes noirs.. - Bien.
Don C�sar de Bazan?
On vous ferait facilement vous trahir, mon cousin.
Que faites-vous sous ce capuchon?
Venez.
On nous observe.
Vous attendiez votre ami Ruy Blas.
Je le remplace.
Oh! Oh!
C'est un crime d'avoir la m�me figure que moi.
Vous l'avez mis sous les verrous?
Pas le moins du monde,
il est � mon service.
Il sait que je veux votre bien.
Mon bien?
Quel bien?
Prenez garde!
Agenouillez-vous.
C�sar!
- Vous avez vol� le pourpoint du duc d'Albe... - Moi?
Il m'en a fait cadeau...
Je veux vous tirer des ennuis o� vous �tes.
Dieu soit lou�!
Prenez d�j� ma bourse.
Dieu vous la rende...
Je ne mets � vous sortir de cette boue qu'une condition.
Parlez.
La qu�te...
Filons.
Entrez, mon fils.
L�?
L�.
Vos conditions?
- Vous connaissez tous les gueux de Madrid? - Je m'en vante.
- Vous pourriez soulever une �meute? - Au besoin.
Et travailler � c�t� de moi dans l'ombre?
- Je ne vous crois pas un homme scrupuleux. - De quoi s'agit-il?
De me venger.
- De qui? - D'une femme.
Oh �a! Non!
- C�sar! - Cherchez ailleurs, cousin. Je vole, je pille, je tue,
Je vole, je pille, je tue,
je ne m'attaque pas aux femmes!
Bravo, C�sar!
Je voulais savoir si vous �tiez digne de reprendre votre rang � la Cour.
Vrai?
Vrai.
Vous paierez les dettes qui m'ont forc� � quitter Madrid?
On vous portera la somme demain, � cette heure et � cette place.
Vous vous �quiperez et vous vous pr�senterez chez moi.
Vous revenez des Indes.
Riche?
Rich.
Allez. Je reste.
Il ne faut pas qu'on puisse nous voir sortir ensemble.
L�-haute.
Un voleur!
Pas dans l'�glise! Droit d'asile!
Descendez le lustre! Vite!
Il fait s'echapper sur les toits. Faites l'entour! Vite!
A qui le tour?
- A qui le tour? - A moi!
Bon pour les gal�res!
Je vous ai fait peur?
Le courrier est fini, Monseigneur.
Ecriture excellente.
La mienne est celle d'un chat.
Je vous f�licite.
Vous voil� mon secr�taire.
Ruy Blas, mon jeune ami,
nous n'en resterons pas l�.
Je vous emm�ne � la Cour.
- Mais, Monseigneur, je... - Qu'avez-vous?
Vous �tes de ma suite.
Et il faut qu'un jeune homme de 1695 connaisse le Palais de Charles-Quint.
H�las,
sous Charles II, c'est presque une ruine.
Il vous int�ressera tout de m�me.
- Je ne puis d�cemment suivre Votre Excellence... - Ah! C'est cela!
Accompagnez Monsieur. Qu'on le coiffe. Qu'on l'habille.
Ob�issez-moi. Le duc d'Albe voulait vous trouver un emploi: je vous le trouve.
Laissez-vous mener. Je ferai votre fortune.
O� est don Salluste?
Il part en voyage. Nous l'attendons, il vient faire ses adieux � la Cour.
- Un long voyage? - Plus long qu'il ne le voudrait...
Salluste a des ennuis, Santa Cruz?
Des ennuis de famille, my Lord, et de succession. Rien d'autre.
- En Andalousie? - En Andalousie. Il y part demain.
Tout le monde ait des ennuis.
Tout le monde ait des ennuis!
J'y vais demain besoin d'avoir � la Roi � la chasse � l'Aranjuez.
Oui. Sa Majest� se fatigue!
Il tue peu, il dort beaucoup.
Sa Majest� laisse une charge � la Reine bien lourd.
Elle vous at! Vous doivez porter-le pour elle.
Son Excellence don Salluste de Bazan!
Don C�sar! Embrassons-nous!
Nous sommes de vieux amis!
Marquis, souffrez que je pr�sente � Votre Gr�ce le comte de Garofa,
don C�sar, mon cousin.
Vous �tes le portrait de Madame votre M�re...
que j'aimais fort.
Dix ans d'absence...
On le croyait mort!
Et le voil�! Don C�sar. Alvar de Bazan y Benavides, marquis de Santa-Cruz
- Monseigneur... - Appelez-moi cousin.
Nous le sommes: vous �tes Aragon, je suis Portugal.
A la Cour, vous serez le cousin de tout le monde. Vous n'avez pas fini de rire.
- Vous le reconnaissez? - Je l'ai vu na�tre...
Vous y pouvez tout. Je paye ses dettes. Il arrive des Indes.
Sur une mule?
Je l'ai fait voyager incognito et commun � parcourir-lui en route aucun appareils.
Votre Altesse doit comprendre pourquoi, mieux que quiconque...
Et moi qui ai cru vous l'envoyer!
Si je ne quittais pas Madrid, nous organiserions des f�tes sensationnelles.
Il faut qu'il retrouverait un rapproche avec la Reine, Santa-Cruz.
J'en parlerai en counseille de Castile, n'est pas, Arrias?
C'est un dadais.
La Reine!
Couvrez-vous.
Don C�sar, votre chapeau...
Vous �tes Grand d'Espagne.
Casilda! Casilda! Casilda!
Du calme, Madame.
Du calme.
Je n'en peux plus, je n'en peux plus!
Don Salluste me hait, don Guritan m'assomme,
tous ces vieillards m'�crasent!
Je n'en peux plus, je n'en peux plus!
Le Roi ne restera pas toujours � l'Escurial, Madame.
Le Roi se moque du tr�ne et de sa femme.
Il chasse ou il est malade.
Quel roi! Quel mari!
Je n'en peux plus!
Vous �tes la Reine d'Espagne.
Je ne l'ai pas demand�!
On est m'apreuve de Neubourg. J'etais une enfante.
Je ne comprenais rien. J'etais gai, j'etais libre...
et je meurs.
Que faire, Casilda?
Que faire?
- Attendre. - Attendre quoi?
Non, non, ce palais de Madrid, cette poussi�re, ces intrigues...
ce c�r�monial absurde, ces vieillards...
Je deviens folle! je deviens folle!
Mon Dieu, Madame, ne vous mettez pas dans un �tat pareil!
Laisse-moi, Casilda, laisse-moi.
Je n'en sortirai jamais,
jamais.
Le Conseil des Ministres attend Votre Majest�.
Tu vois.
Essuyez vos yeux.
Mouchez-vous.
Tenez-vous droite.
J'y vais.
A qui la faute?
Si le duc cl' Albe ne vous avait pas appel� don C�sar, vous restiez Ruy Blas, mon secr�taire.
Vous b�n�ficiez d'une ressemblance.
Vous voil� mon cousin.
Asseyez-vous.
Je regrette, Monseigneur. Il m'est impossible de jouer ce r�le.
Je vous croyais � mes ordres?
Je vous demande ma libert�.
Je dois quitter Madrid...
Vous y �tes venu...
Ce n'�tait pas pareil, Monseigneur.
Vous avez un secret?
Oui, Monseigneur.
J'ai un secret...
et il m'emp�che de vous ob�ir.
Un secret...
Un refus d'ob�ir...
C'est beaucoup chez le ministre de la Police.
Mon Dieu!
H�l�, h�l�...
Ne me prenez pas pour un ogre.
Je suis votre protector.
Ce secret... ne pouvez-vous me le dire?
Non, Monseigneur.
- Jamais! - Jamais?
Il faudra donc que je devine.
C'est de ma charge.
Cherchons ensemble...
Il n'y a qu'une affaire d'amour qui puisse mettre un jeune homme dans l'�tat o� vous �tes...
J'ai touch� juste!
Ruy Blas, Ruy Blas, n'avez-vous pas confiance en moi?
- Si, Monseigneur. - Alors?
Voyons un peu:
une affaire d'amour. .. que votre nouveau personnage complique?
Vous me tortuez.
Dieu m'en garde!
Donc, vous �tes amoureux.
De qui?
De qui?
De...
qui?
De qui...
Vous voulez le savoir?
Peu m'importe apr�s tout.
De la Reine.
De la Reine!
Mais Ruy Blas, vous l'avez vue ce matin pour la premi�re fois... une minute.
Non, Monseigneur. Je connais la Reine depuis toujours.
Vous voulez dire que vous nourrissez pour elle, depuis toujours, le sentiment
qui exalte toute la jeunesse d'Espagne?
Allons! Relevez la t�te!
L�. Regardez-moi.
Expliquez-vous.
- Je suis n� � Neubourg. - Vous �tes Allemand?
Non, Monseigneur. J'ai pass� mon enfance � Neubourg.
Mon p�re y �tait garde-chasse...
J'ai jou� avec la Reine...
Et quand elle a quitt� Neubourg pour �pouser le Roi Charles II...
Vous ne pouviez vivre qu'en Espagne.
Parfait.
Et vous vous plaignez de pouvoir, gr�ce � moi, approcher la Reine?
- Je serai d�masqu�, chass�. - Par qui?
Le r�gne s'effondre.
Chacun pille, intrigue, se d�prave, vole � ses int�r�ts...
Je vous pousse. La Reine s'ennuie.
C'est une femme, Ruy Blas,
et une femme tr�s jeune.
- Vous �tes beau. Courez votre chance! - Monseigneur...!
- Monseigneur... - Que feriez-vous pour la Reine?
Je me damnerais.
On ne vous en demande pas tant. On vous demande de relever l'honneur d'une famille.
Je pars pour l'Andalousie,
Je m'efface.
Je vous donne ma maison, mon personnel.
je laisse un Bazan � la Cour.
C'est impossible!
C'est vous qui �tes impossible.
N'en parlons plus.
Asseyez-vous.
Je vais vous dicter une lettre...
fort courte.
"Au secours" point d'exclamation.
C'est tout.
Je n'ai plus votre �ge, ni votre mine,
et les dames aiment assez qu'un homme de ma puissance les appelle au secours.
Vous signez, Monseigneur?
Signez pour moi:
"C�sar".
C�sar?
Tous les Bazan se nomment C�sar.
Vous avez encore beaucoup de choses � apprendre.
Parfait...
Une derni�re formalit�.
Je dicte:
"Moi, Ruy Blas...
je m'engage � servir le marquis de Bazan...
comme un bon domestique".
"Domestique" vous �tonne?
C'est le terme de cour...
Nous sommes tous les domestiques de Sa Majest�.
La date....
Signez...
Nous sommes en r�gle.
Etes-vous bon nageur?
Oui...
Il pousse dans les gorges de Caramanchel des fleurs bleues d'Allemagne.
Elles ne sont pas faciles � atteindre.
La Reine les adore.
Monseigneur... par piti�...
- Je suis un l�che. - Il me faut vous aider malgr� vous.
Et puisque vous m'arrachez des ordres,
je vous en donne.
- Vous m'�coutez? - Oui, Monseigneur.
- M'ob�irez-vous? - Oui, Monseigneur.
Le voil� raisonnable.
Et vous en aurez la r�compense...
Vous vous attendez au pire...
Quel enfant!
Voulez-vous savoir quel est cet ordre que je vous donne?
J'ob�irai.
Je vous donne l'ordre de vous faire aimer de la Reine
et de devenir son amant.
Les fleurs bleues de Caramanchel!
C'�tait trop beau!
On sait que nous venons l� toutes les nuits.
A Madrid, tout le monde ignore que j'aime ces fleurs.
Tout le monde, sauf l'homme qui les a mises sur ce banc...
Le jeune homme, Casilda,
regarde!
Du sang?
Un de nos vieillards n'aurait pas risqu� sa vie pour cueillir des fleurs.
Risqu� sa vie?
Il faut traverser le torrent de Caramanchel...
Mais c'est merveilleux!
Un jeune homme inconnu, sans rien esp�rer,
a risqu� sa vie pour apporter les fleurs qu'elle aime � la Reine d'Espagne.
Je donnerais cher pour savoir qui c'est.
Laisse-moi croire ce que je veux.
Habitants de Madrid,
il est minuit.
Dormez en paix.
Que le sommeil vous soit propice...
- Bonsoir, Sereno! - Bonsoir.
Adorez le Seigneur.
V�n�rez le Roi et la Reine.
Que le Diable s'�carte de votre route.
Soyez heureux.
Dites-le, Madame, dites-le...
Mesdames, apportez-moi une table, un lansquenet:
Jouais.
Ne bougez pas, Mesdames.
Sa Majest� sait bien qu'elle ne peut jouer qu'avec des parents du Roi.
Qu'on en fasse venir.
Dieu, Madame, n'en a pas donn� au Roi Charles II.
C'est � crever de rage!
Casilda, mets-moi de ces fleurs dans les cheveux.
Seules, les marquises del Basto et de Santa-Cruz
ont le droit de toucher aux cheveux de la Reine.
Si la Reine est � la chasse, qu'elle tombe de cheval...
et que son cheval emball� la tire par l'�trier,
personne n'a le droit de voler � son secours.
C'est arriv� � une Reine d'Espagne, Madame.
Elle en est morte.
Je voudrais �tre morte.
Qu'est-ce que cela?
Une Reine d'Espagne ne regarde pas par la fen�tre.
Madame!
Madame, je suis Camerera Mayor. Je remplis ma charge.
Une lettre du Roi!
Madame, l'usage veut que je lise d'abord.
Eh bien, soit! Lisez.
Aranjuez, ce mardi.
"Madame, il fait grand vent, j'ai tu� six loups...
Sign�: "Carlos".
C'est tout?
Oui, Seigneur Comte.
- Si Sa Majest� veut lire... - Non.
C'est vous, Monsieur, qui m'apportez cette lettre?
C'est le Seigneur C�sar de Bazan, comte de Garofa,
un nouvel �cuyer que le Roi donne � la Reine,
et que M. de Santa Cruz me recommande.
Approchez, Monsieur.
Approchez.
Soyez le bienvenu au Palais de Madrid.
J'esp�re que...
Il est bless�!
Bless�?
Mais Monsieur, vous allez vous trouver mal!
Il ne tient pas debout.
Oh mon Dieu!
C'est atroce...
Ne restez pas stupides!
Apportez-moi un linge, un mouchoir, n'importe quoi!
Emportez-le.
- On ne s'�vanouit pas devant la Reine. - Eh bien, ce linge?
Madame!
Emportez ce jeune homme!
Qu'on laisse ce jeune homme se reposer seul ici. Je l'exige.
J'irai dans mon oratoire.
Alors, jeune homme, vous voil� remis?
Vous avez fait une entr�e sensationnelle.
C'est ridicule...
J'ai galop�,
galop� au soleil...
Je m'�tais bless� � la chasse
et ma blessure s'est rouverte.
J'ai d� perdre pas mal de sang.
Je n'aime pas beaucoup les godelureaux qui feignent de s'�vanouir pour une �gratignure,
devant les femmes.
Monsieur!
Vous m'avez compris...
On vous nomme, je crois, C�sar?
Je m'appelle don Gaspar Guritan y Guerera,
Comte d'Onate, Majordome de Sa Majest� la Reine!
A vos ordres.
R�gulerons cette affaire tout suite.
Attrape-moi Guritan au passage.
Don Guritan.
Don Guritan!
Sa Majest� vous r�clame.
Madame.
Je vous cherchais.
Sa Majest� me comble...
Vous �tes-vous occup� de ce petit Bazan? Il n'a pas l'air solide.
On s'en occupe, Madame, on s'en occupe...
C'est une g�n�ration de femmelettes.
Guritan, vous avez raison, le moindre voyage les tue.
Vous, Guritan, que feriez-vous pour moi?
J'irais, Madame, jusqu'au bout du monde.
C'est presque ce que j'attends de vous.
Je voudrais vous envoyer � Neubourg porter une cassette � mon p�re.
Je n'ai confiance en personne.
A Neubourg!
600 lieues!
Vous reculez?
Demain?
Tout de suite!
Casilda, ma cassette!
C'est que....
Madame...
une affaire... une affaire...
Avez-vous d'autres affaires que les miennes?
- Madame, je pourrais... - Chut!
Taisez-vous une minute don Guritan.
Sa Majest� a une chose tr�s importante � �crire.
"Gardez ce vieux fou le plus longtemps possible" Maria
Voil�.
Mon p�re poss�de l'autre clef � Neubourg.
Sa Majest� croit-elle...
Guritan, voulez-vous que je vous embrasse?
Madame.
je suis vaincu...
Je l'esp�re bien.
Bon voyage.
Je vous donne les meilleurs chevaux des �curies du Roi.
Ce n'est pas vous qui vous trouverez mal sur les routes!
C'est un vieux tueur �pouvantable!
Il vous adore, Madame.
Il ne faut pas qu'il assassine ce jeune homme.
Votre inconnu n'est plus un inconnu.
La Reine m'envoie en mission. Vous avez de la chance...
Partie remise...
Ne vous blessez plus aux mains, jeune homme...
Et faites des armes!
Que c'est bon de d�sob�ir.
Madame de Santa Cruz m'a racont� qu'il arrivait des Indes.
Il est plus beau que le duc d'Albe.
C'est autre chose.
Que dirait notre exquise Camerera Mayor...
si elle savait que vous allez recevoir ce jeune homme sans qu'elle y assiste?
Le comte de Bazan appartient � ma suite.
Une reine d'Espagne n'a pas le droit de recevoir seule un des gentilshommes de sa suite,
surtout s'il est jeune et beau.
Coiffe-moi vite!
Il n'est pas de ma charge de toucher aux cheveux de la Reine...
sauf quand je lui gratte la t�te.
Tu refuses de me coiffer?
Regardez-vous...
Il est l�.
Bonjour, Monsieur.
Je voulais savoir de vos nouvelles...
C'est un bien grand honneur que me fait Votre Majest�.
C'est � moi de m'excuser aupr�s d'elle de lui avoir manqu� de respect.
Laissons cela.
Tout est d�fendu dans cette cour,
et je suis heureuse que votre nouveau poste
m'autorise presque � vous donner l'audience.
Je ne vois que de vieilles figures du matin au soir.
C'est au duc d'Albe que je dois cette chance?
La Reine est trop bonne...
Au duc d'Albe.
Il est charmant. Il rit toujours et nous oblige � rire.
Il sait que je suis tr�s � plaindre...
S'il vivait � Madrid, il voudrait organiser des bals...
et que je danse...
Mais ce n'est pas tout.
Sans doute la charge de Votre Majest� r�gente...
est-elle lourde pour ses �paules.
Elle regrette son enfance � Neubourg...
o� elle pouvait parler aux paysans qui passent,
aux vendangeurs,
aux gitans...
Comment savez-vous qu'il y avait des gitans � Neubourg?
Je le devine...
Il en campe un peu partout...
et j'en parle parce que...
la Reine s'estime prisonni�re.
Les gitans repr�sentent la libert�.
Vous m'avez comprise...
Il y avait des gitans � Neubourg
et m�me dans notre parc.
J'�tais libre...
Madame!
Je sais seule au monde, Don C�sar.
Vous �tes le premier homme � qui je m'adresse et je m'en excuse
car un jeune Espagnol doit me trouver bien sentimentale...
bien...
Allemande.
On voudrait n'�tre pas le dernier des Seigneurs du royaume...
et pouvoir venir en aide � Votre Majest�.
Vous �tes Grand d'Espagne, don C�sar, ne l'oubliez pas!
Ma vie est aux pieds de la Reine.
Si vous saviez combien une pauvre Reine d'Espagne est peu difficile!
Un bouquet de fleurs bleues qui me rappellent Neubourg
est plus pour moi que toutes les richesses des Indes..
Et comment se porte votre blessure?
Et comment vous l'�tiezvous faite, don C�sar?
A la chasse?
Vous m'avez l'air de souffrir encore des suites de votre vertige...
Retirez-vous. Reposez-vous...
et soyons amis.
Je n'ai pas d'amis, Don C�sar.
Sachez-le.
Je vous salue, Monsieur le Secr�taire Universel.
Je vous salue, Marquis. Quel est ce titre?
Le v�tre depuis ce matin.
- Vous n'avez pas vu Sa Majest�? - Si.
J'avais une audience.
Et elle ne vous a rien dit?
Ma foi non...
Diable!
Il fallait qu'elle e�t des choses passionnantes � vous dire
pour oublier de vous apprendre qu'elle en avait d�cid� ainsi au Conseil des Ministres, ce matin.
Mais je...
Je ne suis pas digne de ce poste...
Il para�t que Sa Majest� en juge autrement.
Je suis heureux de vous annoncer une bonne nouvelle:
Vous si�gerez au Conseil des Ministres.
Au fait, mon cher,
vous aurez des charges
le personnel de votre cousin Salluste est rest� l�,
� votre disposition.
Adieu.
Que est-ce? - No idea.
Chasses-tu un petit peu brule.
- Qui est-ce? - Ce n'est pas un page.
- Alors qui? Devine! Qui? Qui? - C'est quelqu'un qui passait dans le couloir.
- On te demande qui! - Un domestique!
Un laquais de don Salluste!
Le travail se fait tout seul, Salluste.
Bravo. I'm listening.
Ecuyer de la Reine, un.
Deux, secr�taire universel.
- Longtemps apr�s? - Huit jours.
Superbe. Allez, allez...
Ministre, trois.
Quatre: duc d'Olmedo.
Toison d'Or!
Voil� qui d�passe mes esp�rances.
Vous avez aid�?
De mon mieux...
Mais en toute franchise, c'�tait inutile, je n'avais qu'� suivre le train.
Alors, la Reine s'est d�couverte...
- compromise? - Non.
M�me ma femme trouve cela naturel, et ne soup�onne rien.
Cela prouve que votre femme est une honn�te femme, Santa Cruz.
Comment la Reine proc�dait-elle?
Elle avait l'air de r�compenser des services.
Le personnage en rend beaucoup.
Expliquez.
Il surveille, il contr�le, il met de l'ordre.
De mieux en mieux ... Et le Roi?
Enchant�.
Il estime qu'il y a enfin un homme de poigne qui lui permette de vivre � sa guise.
Qu'il dorme, je veille.
Qu'il chasse, ma chasse vaut la sienne et se jugera au tableau.
Je retourne � Madrid.
Demain, Santa Cruz. Nous avons le temps.
Vous allez vous reposer une bonne nuit et partager mon exil...
Je vais vous mener � votre appartement et donner des ordres pour votre escorte.
Je partirai demain matin.
Il ne vous soup�onne pas?
Au contraire, il se confie.
Vous serez r�compens� de vos services.
Jusqu'o� montera-t-il?
Laissez-le monter, Santa-Cruz.
Il doit �craser quelqu'un dans sa chute, et je veux qu'il tombe de haut.
- Ce n'est pas clair. - C'est tr�s clair.
La Reine?
Le Roi vit dans l'Escurial avec le tombeau de sa premi�re femme.
La Reine r�gne sur nous et C�sar sur elle!
Il habite une petite maison en ville, gard�e par des muets.
- Des muets? - Des noirs, muets.
Ils auraient, je crois, beaucoup � dire.
Il est de grande race, Messieurs.
Santa Cruz le pousse.
On l'a connu comme un dr�le, jadis � Madrid.
L'�ge l'a rendu probe.
Vous �tes candide!
La Maison de la Reine co�te par an six cent soixante-quatre mille ducats.
C'est un pactole. Il y p�che.
H�l�! h�l�! Feu mon grand-p�re disait: "Mordez le Roi, flattez le favori."
Messieurs, messieurs!
Occupons-nous de nos affaires!
Je vous ai demand� de quoi payer sur la caisse aux Reliques,
un emploi d'Alcade � mon neveu.
VOUS m'aviez promis de nommer mon cousin d'Elva bailli de l'Ebre.
Nous avons dot� votre ni�ce!
Va pour l'Alcade!
Va pour le bailli!
Messieurs les Conseillers de Castille...
R�glons bien nos droits... et faisons nos parts.
Ubilla, vous avez la ferme du tabac.
Priego, l'ambre et le musc sont � vous.
Camporeal per�oit l'imp�t des huit mille hommes, le sel, le quint du cent de l'or...
Ne prenez pas cet air inquiet, Montazgo...
vous avez l'arsenic, les cartes, le laiton, la d�me de la mer, le bois de rose...
Et moi, je n'ai rien!
Rien! ...sauf les Indies!
Je vous r�p�te que je n'ai rien!
Vous avez les n�gres!
I want the forests.
Vous avez les n�gres si vous me c�dez l'arsenic.
Bon app�tit.
Messieurs.
Voil� donc l'heure que vous choisissez
to fill your pockets.
Monsieur le Duc!
Ayez quelque pudeur!
Regardez l'Espagne qui tombe...
Nous avons, depuis Philippe IV,
perdu le Portugal, le Br�sil, Brisach en Alsace,
au Luxembourg Steinfort, le Roussillon, Ormuz, Pernambouc, Milan, les Flandres,
cinq mille lieues de c�tes,
trois cents vaisseaux
et autant de gal�res!
L'Europe vous regarde...
et elle �clate de rire!
L'�glise vous d�sapprouve...
et vous en pr�vient!
Dieu m'approuve...
La Grande-Bretagne et la Hollande se partagent le royaume.
Rome nous dupe.
La France et l'Autriche nous guettent.
A l'int�rieur, guerre des princes, guerre des couvents,
guerre d'affam�s sur une �pave!
Le peuple, Messieurs, pour vos seuls plaisirs,
a su� en vingt ans, quatre cent huit millions d'or!
Provez-le!
J'ai les comptes.
Et vous osez!
Monsieur le Duc, je n'admets pas...
Occupez-vous de votre musc et de votre ambre, Priego!
- Je n'admets pas que... - Je parle!
Les imp�ts �cras~nt ceux qui travaillent.
Ne peut vivre que l'escroquerie ...et elle s'en donne! Pourquoi pas?
Les voleurs sont � votre solde.
Ils ont plus de troupes que le Roi d'Espagne,
sur le carrosse duquel les paysans crachent au passage.
Je d�missionne!
Je d�missionne!
J'en prends bonne note.
Mais vous entendrez ce que j'ai � vous dire.
Messieurs,
la grande Espagne est un lion malade,
d�vor� par les poux.
Qui sont ces poux?
Qui?
Je vous le demande!
Vous vous taisez!
Et Charles-Quint vous regarde vendre son sceptre au poids.
N'avez-vous pas honte?
Et l'Aigle Imp�rial, Messieurs, qu'en avez-vous fait?
Messieurs! Qu'avez-vous fait de l'Aigle Imp�rial...
qui couvrait le monde entier de ses ailes?
Il est l�, sur cette table,
d�plum�,
dans votre marmite!
- Notre d�mission, Monsieur le Duc. - Je l'accepte.
Vous vous retirerez avec les v�tres.
vous, Priego, en Andalousie,
vous, Camporeal, en Castille.
Si vous refusez de me suivre, suivez ces messieurs.
- Nous aurons un ma�tre. - S'il en a le temps.
Sa Seigneurie don Gaspar Guritan, comte d'Oiiate,
demande � voir Votre Excellence. Il arrive de Neubourg.
Qu'il vienne ce soir � ma maison en ville. J'y serai.
Messieurs!
Nous allons d�sormais...
Sa Seigneurie ne peut pas vous recevoir.
Pas me recevoir!
Elle vous attendra ce soir dans sa maison en ville.
C'est incroyable!
Santa-Cruz!
On refuse de me recevoir.
Voil� comment on traite le Majordome de la Reine!
Guritan, il faut renoncer � ce duel.
Jamais!
Il le faut, �coutez bien:
si vous tuez don C�sar,
vous lui �vitez un scandale, vous nous le soufflez,
vous l'enlevez � don Salluste... qui s'en charge.
Diable!
Et si vous vous ent�tez � ce duel, je vous ferai suivre.
- J'enverrai la police. Je vous en pr�viens. - La police?
Vous aimez la Reine, Guritan...
Vous n'allez pas nous mettre de b�tons dans les roues...
emp�cher qu'on la sauve?
Hein?
Allons, soyez sage.
C'est promis.
Messieurs, je ne vous apprendrai pas, je suppose,
quelles intrigues vont se nouer contre ma personne.
Je vous remercie de votre confiance.
Nous devons refaire l'Empire de Charles-Quint.
Vous �tre libres.
Merci.
Tu �tais l�?
Philippe II a fait creuser cette niche.
Voil� mon secret.
Voil� o� j'en suis r�duite quand je veux �tre toute seule.
C'est de ce trou que j'�coutais Charles II pendant qu'on lui volait ses provinces.
Que disait-il?
Rien.
Pourquoi es-tu si fort, C�sar?
Pourquoi sais-tu tant de choses?
Pourquoi es-tu habit� par cette foudre?
Parce que je t'aime...
C�sar...
C�sar...
Et mes mains touchent la Reine d'Espagne.
Ne pense plus � la pauvre Reine d'Espagne,
� ce qu'elle peut faire et ne pas faire...
Tes mains sont tes mains, C�sar...
Je suis ta reine et tu es mon roi.
Tes mains, tes belles mains...
Elles te prot�gent.
Les tiennes d�moliront le catafalque o� je vivais morte,
entour�e de morts.
Je t'aime.
Tu les chasseras tous.
Je vais peut-�tre leur chasser trop vite.
Non, C�sar.
Les hommes chass�s. Se vengent.
Ils ne reculeront devant rien pour nous perdre.
Tu r�gnes.
Que peuvent-ils contre toi?
Tu m'as peut-�tre fait monter trop haut.
Je t'ai mis o� Dieu aurait d� te mettre.
Gardez les chevaux.
Je ne serai pas long,
j'ai un compte � r�gler avec l'homme qui m'a envoy� aux gal�res.
Tu nous laisses-l�?
L'�glise est lieu d'asile...
Je ne vous conseille pas de vous en �loigner beaucoup!
Si Zafari se fait reprendre, son lieu d'asile est s�r...
On ne s'�chappe pas deux fois des gal�res.
Ah! �a! D'o� sortez-vous?
Des gal�res.
Vous vous moquez de moi!
- Je cherche don Salluste. - Et moi, je vous cherche...
Par exemple?
Vous �tes fou!
Je ne viens pas chez vous pour me battre.
On me l'a d�fendu.
Qui? Une femme?
Monsieur!
Quel rubans! Vous devez plaire aux dames, vieux coquin!
On ne m'insulte pas deux fois, Monsieur le Duc!
Monsieur le Duc?
En garde!
Vous �tes trop vieux...
Trop vieux? J'en ai tu� de plus jeunes que vous.
Ma liste est longue...
En garde!
Si �a vous amuse.
Mais d�p�chons-nous. J'ai autre chose � faire.
J'ai fait six cents lieues pour ce duel...
et je ne me suis jamais senti autant en forme!
Vos rubans sont exquis...
Mis�rable!
Je vais vous les d�faire!
Que pensez-vous de cette botte?
Pas mal!
Et de cette autre?
Pas mal! pas mal!
Je vous �tonne!
Oui.
vous avez l'air d'un vieux moulin � vent!
Canaille!
Vous m'�chappez...
Don C�sar.
mais vous n'�chapperez pas...
� Salluste!
Excusez-nous, Monsieur le Duc, de forcer votre porte.
On nous a signal� un homme qui escaladait les toits. Nous sommes � sa recherche...
Cherchez, Messieurs, cherchez,
vous �tes chez vous...
Trop aimables, Messieurs, trop aimables!
Ruy Blas!
Ruy Blas!
Excusez-moi.
Don C�sar. Voil� plus d'un an que je te cours apr�s...
- �coute... - Laisse-moi parler.
J'arrive de chez toi, Je vais t'expliquer...
Ne m'explique rien, j'y compris
Je n'aimerais pas �tre � ta place. Il n'y a pas du temps...
Il faut que je te mette au courant d'une sale histoire...
Attention!
Il etait trop du monde...
Nous parlerons plus tarde.
Zafari!
Zafari!
M�fie-toi de Salluste!
Je vous le r�p�te pour la vingti�me fois:
le Roi ne lit rien, le Roi n'�coute rien, le Roi ne sait rien...
Et du reste, si les personnes que vous craignez cherchaient � vous nuire aupr�s du Roi,
c'est moi qui l'apprendrais d'abord.
Sa Majest� ne sait m�me pas que vous �tes premier ministre!
Salluste est un homme f�roce.
Il veut perdre la Reine...
et par moi.
Vous �tes un Bazan, C�sar.
Vous imaginez don Salluste provoquant un scandale dans sa famille?
Ah! si vous n'�tiez pas un Bazan...
Il y a quelque chose qu'il faut que je vous dise.
Un aveu si difficile � faire...
que vous �tes le seul � pouvoir l'entendre.
Pas de confidences de coeur, C�sar, on les regrette toujours.
Je ne veux savoir de vous qu'une chose:
c'est que je vous ai connu sur une mule, et que votre carrosse vous attend.
Je voudrais avoir votre joie de vivre.
Vous �tes aim�, vous �tes jeune.
Rentrez chez vous.
Dormez tranquille.
Je vous verrai � l'audience de la Reine, demain matin!
Il a d�pass� les limites, Monseigneur.
Et je ne suppose pas que l'�glise approuve qu'apr�s avoir exil� ceux qui lui d�plaisent,
il puisse assassiner dans sa maison ceux qui le d�rangent.
L'�glise condamne les duels, Monsieur de Santa Cruz...
mais la Cour les tol�re.
Pardon, pardon, Monseigneur. Un duel exige des t�moins.
Il ne s'agit plus d'un duel.
C'est un meurtre.
Voice les faits:
on retrouve chez le duc d'Olmedo le cadavre de don Guritan.
Le duc d'Olmedo nargue la police et dispara�t avant qu'on ne l'interroge.
Le duc d'Olmedo est un bien grand personnage...
Il se croit tout permis,
et c'est ce qui doit le perdre.
Comment Sa Majest� a-t-elle re�u la nouvelle de la mort de son Majordome?
La Reine ne conna�t pas encore cette nouvelle.
Nous avons estim� qu'il �tait utile de la tenir secr�te jusqu'� nouvel ordre.
Je vous f�licite de votre silence.
Le coeur de la Reine l'expose � bien des faiblesses.
Nous pouvons donc compter sur l'�glise?
L'�glise se doit d'aider les hommes � vaincre les monstres d'orgueil.
Nous le tenons, Monseigneur.
Dieu ait son �me...
Habitants de Madrid,
il est onze heures.
Dormez en paix.
Que le sommeil vous soit propice.
Adorez le Seigneur.
V�n�rez le... - Qu'est-ce que tu as?
Il m'�tait impossible d'attendre � demain.
C�sar!
Maria...
une machine de haine est mont�e contre nous.
C'est donc cela...
Je les connais.
On veut te perdre...
et me perdre.
Tout m'est �gal, C�sar.
Qu'ils nous tuent, qu'ils nous assassinent.
Qu'ils nous br�lent ensemble sur leur b�cher.
Ma petite fille de Neubourg.
C�sar...
Il faut lutter,
les �craser, les vaincre.
Maria, nous sommes coupables
Coupables! Coupables de quoi?
Nous sommes coupables, Maria. Et ils le savent.
J'ai chass� Camporeal... Priego...
La belle affaire! J'ai bien chass� Salluste.
C'est lui qui m�ne l'intrigue.
Ils iront jusqu'au scandale, jusqu'au Roi.
Qu'ils l'osent! Je suis la Reine d'Espagne.
Ils l'oseront.
Tu es triste?
Triste...
d'�tre incapable de te d�livrer, de t'arracher � cette Cour,
de t'emporter au bout du monde...
J'aimerais te suivre au bout du monde
Il faut d'abord sauver le royaume.
Ils ne veulent pas te tuer? Tu ne me caches rien?
Me tuer? Pourquoi? Ils veulent un scandale.
N'abandon jamais le pouvoir.
Tu me l'as donn�.
Tu me d�fendras?
Contre tous.
Comme l'Espagne.
Bonsoir.
Je parie que vous ne pensiez plus � moi...
Il s'en passe de belles � Madrid.
Alors? vous exilez Priego, vous chassez Camporeal.
M. de Priego aggravait les charges de l'Espagne.
J'ai un peu froid ... Faites-moi le plaisir de fermer cette fen�tre.
Merci.
Il importe don Salluste, de sauver le peuple.
Il faudra vous gu�rir de ces grandes phrases creuses.
Voudriez-vous devenir populaire? Ce serait fort dr�le!
Mon mouchoir...
- L'Espagne se meurt! - Mon mouchoir, s'il vous pla�t!
Merci.
Ruy Blas.
Vous parlez au duc d'Olmedo!
Comment dites-vous cela?
Vous �tes en exil, Salluste.
Il m'appelle Salluste!
Passons aux choses s�rieuses.
Vous quittez Madrid demain.
- A qui donnez-vous cet ordre? - A mon domestique.
Vous l'�tes. Vous l'avez �crit.
On d�truira ce papier ridicule.
Il est en bonnes mains.
Que cherchez-vous?
Vous �tes fantastique!
Alors vous avez cru que je quittais le pouvoir, enchant� de vous le remettre!
Vous avez cru que je m'attendrissais sur vos amours!
- Vous oseriez toucher � la Reine? - Je me g�nerais.
Vous vous �tes servi de moi comme d'un pi�ge.
Mais, cher Monsieur, quel autre int�r�t vouliez-vous que je vous portasse?
- Je vais vous faire arr�ter. - D'accord. Je dirai qui vous �tes.
Je me trouve en position de tout nier et qu'on me croie.
Ruy Blas... le papier!
...le papier!
Vous avez la m�moire courte.
Monsieur,
je vous ob�irai
si la Reine reste en dehors de toute cette atroce affaire.
- De quoi vous m�lez-vous? - Prenez garde!
Si vous n'ob�issez pas, mon bonhomme, la dame sera diffam�e, perdue.
En outre, elle recevra en une minute
- le document qui lui apprendra qui vous �tes. - Je vous tuerai!
Alors vous irez aux gal�res rejoindre don C�sar
que j'y ai fait envoyer parce qu'il m'avait d�sob�i.
Casilda!
Au secours! C�sar - Mon Dieu!
- Qui t'a donn� cette lettre? - Une du�gne.
Ils vont le tuer!
- Ils vont le tuer! - Madame... madame...
Le coucher de la Reine.
Ne me quitte pas.
On me dit que la Reine est souffrante?
Non, Madame. Je suis tr�s lasse.
Eh bien, Madame? Que se passe-t-il?
Le bruit court que don Guritan a �t� tu� en duel dans la maison de don C�sar.
Je croyais que ni l'un ni l'autre ne donnerait suite � ce duel ridicule.
Oh. C'est atroce!
Sa Majest� a l'air vraiment malade. Veut-elle son m�decin?
Je veux dormir, voil� tout.
Qu'on me laisse.
Bon nuit, Mesdames.
Casilda!
Casilda!
Donne-moi la lettre.
Vite!
Casilda, il faut que je sorte!
Mais, Madame, vous savez bien que c'est impossible!
Il le faut, Casilda. Le duc d'Olmedo m'appelle au secours
- Madame! - Aide-moi!
Je m'habille.
Plus vite,
plus vite!
Va faire le guet.
Mais Sa Majest� ne sait pas s'habiller seille?
Moi?
Allons! Vas!
La Duchesse!
Casilda!
Sa Majest� sait-elle o� elle va?
Ne sois pas stupide. Il ne m'appellerait pas s'il �tait au palais.
Il est dans sa maison, en danger de mort.
S'il m'appelle, c'est qu'il sait que j'irai,
que je traverserai les murailles.
Tu vas me faire sortir!
Je vais essayer. Dieu nous aide...
Regarde si la route est libre!
Voil� qui simplifie les choses.
Qu'ils s'endorment, tous.
Prenez garde aux marches.
Les b�timents de service sont en ruines.
Pauvre Espagne!
Attendez...
Vous vous appelez...
In�s.
Vite.
Qui va l�?
La Reine d'Espagne.
C'est la quatri�me fois ce soir qu'on recommence cette petite plaisanterie.
O� allez-vous?
O� allaient les autres.
Vous finirez par m'attirer des histoires.
Je me paie en nature!
Allez, In�s, filez!
Il est enrag�!
Je suis morte de peur!
Ils sont jeunes et ils s'ennuient. Vite.
Et surtout rentrez avant que le jour se l�ve.
Ne remuez pas comme un fauve en cage. Vous me faites mal au coeur!
Je vous admire presque...
de rester en face de moi dans cette maison vide.
J'ai �loign� mes noirs mais j'ai pris toutes pr�cautions
pour que la moindre menace contre moi se retourne contre vous.
Je ne suis pas seul dans cette entreprise.
La Reine se m�fiera.
De votre �criture? De votre signature? D'un appel au secours!
C'est qu'elle ne vous aime pas, mon cher.
Mon Dieu!
Si mes calculs sont exacts...
la Reine ne tardera plus.
Vous ne m'emp�cherez pas d'aller � sa rencontre.
Pr�vu! Le pi�ge n'est point seulement ici.
Le principal, c'est que la Reine sorte.
Du calme, du calme.
Je ne vous veux aucun mal, au contraire.
La voil�.
J'ai du poison dans cette bague.
Tuez-vous, cher Monsieur. Le scandale n'en sera que meilleur.
- O� est le duc d'Olmedo? - Il vous attend, Madame.
- N'entrez pas, Madame. Sauvez-vous. - Mais vous craignez pour moi!
Je suis-l�.
Vous vous perdez...
Vous m'avez �crit!
Je ne peux pas vous expliquer.
Je l'exige.
C'est votre Reine qui parle.
Non, Madame de Neubourg.
- Vous n'�tes plus Reine d'Espagne. - Pla�t-il?
Vous �tes li�e pour toujours � cet homme. Je vous tiens.
- Sir! - Je suis sans col�re.
La Reine � minuit, seule avec le duc d'Olmedo, chez-lui...
c'est l'annulation en Cour de Rome.
C�sar?
quelle menace a pu vous convaincre de m'�crire cette lettre?
Le duc n'est pas fautif, Madame. C'est une tr�s vieille lettre...
qui ne s'adressait pas � vous
A qui?
Les femmes jalouses sont admirables!
Mais Madame, je ne veux pas vous retirer le duc, au contraire...
toute est prete.
Signez cela. Une voiture pleine d'or vous emm�nera au Portugal.
Vous aurez fait un duc pour �tre duchesse.
Je ne suis ni don C�sar de Bazan,
ni le duc d'Olmedo, Madame.
Je suis un domestique.
Quoi?
Je suis un domestique de don Salluste.
C'est vrai, Madame. Cet homme s'appelle Ruy Blas. Il est mon domestique..
Madrid va rire!
Vous avez cru que je ne me vengerais pas... Vous �tiez folle!.
- Vous insultez la Reine. - Vous voulez vous battre ?
On ne se bat pas avec son domestique.
C�sar!
Au secours!
C�sar!
Non, Madame.
Ruy Blas.
Me pardonnerez-vous?
Jamais!
Jamais?
Non!
C�sar!
Ruy Blas!
Ruy Blas!
Je t'aime.
Ruy Blas.
Je te pardonne..
Merci.
Madame!
Madame!
C'est trop �pouvantable!
Venez!
Fuyons!
Laisse-moi... laisse moi.
Que je supplie... venez!
Don C�sar est mort.
R�veillez Madame.
Il le faut.
Habitants de Madrid
il est minuit.
Dormez en paix.
Que le sommeil vous soit propice.
Adorez le Seigneur.
V�n�rez le Roi et la Reine.
Que le Diable s'�carte de votre route.
Soyez heureux.
The End
subtitles: serdar202, cinephage & depositio @ KG
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