All language subtitles for 2011

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranรฎ)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

L'amour existe autour de moi. Ca grouille de partout.

Mais tout ca existe sans moi.

Et pourtant, il y a plein d'amour au fond de moi.

J'ai vraiment de l'amour pour les autres,

un amour tres fort, tres sincere.

Mais personne n'entend cet amour.

Ce monde n'a tout simplement pas besoin de moi.

Bon. C'est tres bien.

Il faut essayer de comprendre pourquoi vous ressentez ca.

Ca va, merci.

- Allez, au revoir, madame Thomas. - A la semaine prochaine.

Bonjour, Helene.

Bonjour.

Comment allez-vous, cette semaine, Helene ?

Depuis plus d'un mois, ca va beaucoup mieux.

Ca va... Ca va tres bien.

Oui ?

Depuis 3 ans que je suis en therapie avec vous, j'ai l'impression de...

d'avoir appris a me connaitre. Je suis moins angoissee.

Je suis plus sereine.

Oui. Il me semble que vous allez beaucoup mieux.

Alors je ne sais pas ce que vous en pensez,

mais vous m'avez vraiment aidee...

Je pensais qu'il serait peut-etre temps que...

que...

"Que" ?

Que je...

Que vous arretiez les seances ?

Oui.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? - Eh bien, je trouve que...

que mes relations avec ma fille vont tres bien,

que je culpabilise plus du tout.

J'ai l'impression d'avoir digere mon divorce.

Alors je pense que je peux arreter, oui.

Si vous le sentez, vous avez raison.

- Alors on arrete la. - Oui.

J'avoue, ca va me faire bizarre de plus vous revoir, mais c'est ainsi.

- Mais n'hesitez pas... - Et... Pardon.

Allez-y.

Qu'alliez-vous dire ?

N'hesitez pas a me rappeler, a reprendre contact.

Bien sur.

On arrete la pour aujourd'hui.

Je... Enfin...

Vous etes quelqu'un de...

tres attachant.

Bon. Ben, merci.

Et peut-etre qu'on se reverra, Helene, non ?

Euh, oui.

Alors a bientot, peut-etre.

Oui, peut-etre.

Au revoir.

Jeff !

- Ca va ? - Moyen, moyen.

J'ai l'impression que j'ai le crane qui gonfle pendant que je dors.

Et les yeux qui se rapetissent, tu sais...

Comme ca.

J'ai les bras qui s'allongent, comme ca.

Ce sont des sensations qui m'angoissent vraiment.

J'ai l'impression de faire partie de mon lit.

Tu veux que je te dise un truc, Jeff ?

Je crois que le medicament que tu m'as prescrit

me fait un effet bizarre. - Ne le prends plus.

Arrete ce medoc.

Ne le prends plus.

D'accord. D'accord.

Je le prends plus. Parce que dans la journee, ca va.

Mais alors la nuit, je deviens dingue.

Ca va, toi ?

Oh, t'es tout palot !

J'ai un peu de mal, en ce moment.

Ah ?

J'avoue que... les problemes des gens, ca me passe au-dessus.

Merci.

Je suis vraiment amoureux. J'y pense tout le temps.

- Ca me bouffe. - Pourquoi tu vas pas consulter ?

Mais va consulter.

Attends... Non, tu sais, les psys...

Moi, y a un moment, j'ai envie d'aller pecher au large.

On court un peu, la ?

Allez !

- Tout va bien ? - Oui. Une autre, s'il vous plait.

Euh, non. En fait, non.

Oh, et puis si. Je prends la meme chose.

Pas de probleme.

- Tiens ! - Bonjour.

Bonjour, Helene. Ca va ?

Et vous ?

J'etais dans le quartier pour mon dentiste. Il est pas loin.

Vous voulez boire un verre ?

Oui, mais alors 5 minutes. Je dois recuperer ma fille

a son cours de tennis.

Si vous voulez, on peut se mettre la.

Tres bien. Parfait.

Ca me fait plaisir de vous voir... de te revoir.

On se tutoie ? Comme vous voulez.

Non, d'accord. Tutoyons-nous.

Ca fait 3 ans qu'on se connait. On a le droit, apres tout.

Oui.

Tu bois quoi ?

Je sais pas. Un cafe.

S'il vous plait !

- Un cafe. - J'apporte votre biere.

- Elle vous attendait. - Ah. Ben oui. Bonjour.

- Un cafe et une biere. - D'accord.

Et... Et la boutique, ca marche ?

Oui, ca marche. Ca marche tres bien.

- Et toi, ca marche ? - Oui. Ben...

Moi, tu sais...

Les gens ont des problemes, ils adorent en parler. C'est eternel.

C'est du vent dans mes oreilles. Tant qu'on ecoute...

Ah bon ?

Enfin, je plaisante. Je dis ca... Je fais un travail serieux avec eux.

Le cafe pour Mademoiselle.

La biere de Monsieur.

Merci, jeune homme.

Mais ton metier, c'est une vocation ?

Non. Je suis parti de Saint-Malo a 19 ans.

Je suis monte ici pour les etudes et pour fuir ma famille.

Je me suis interesse a la psychologie car ma soeur avait des problemes.

La pauvre avait deux personnalites.

On l'avait crue autiste, mais elle avait une maladie rare et grave.

C'est surement pour ca que je me suis interesse a la psychologie.

Mais maintenant, elle est heureuse.

Avec les medicaments, elle sait plus qui elle est. On l'a enfermee.

Oui.

T'as des enfants ?

Non. Mais je pourrais en avoir, je crois.

Je ne sais pas. Enfin, j'espere.

Et j'aimerais bien en avoir. Je crois que je peux.

- Avec une femme, certainement. - Et sinon, tu fais quoi ?

Oh, ben, plein de choses.

J'aime la photo, le velo...

Et toi ?

Moi, j'adore le cheval.

Tu sais, les courses hippiques, les promenades, le polo...

Ah oui, moi aussi, tiens.

Meme le tierce. J'aime bien le tierce.

- Je joue tous les dimanches. - C'est beau, les chevaux.

Je suis jamais monte sur un dada, mais...

Un jour, pourquoi pas ? C'est un reve.

Bon. Il faudrait que j'y aille.

Et sinon ?

Tes sentiments, tu arrives mieux a les exprimer, maintenant ?

Oui. Mais je me sens moins spontanee qu'avant.

Je sais pas. C'est beaucoup plus complique. Dommage.

Oui, pourtant... Pourtant, on peut t'aimer.

Il faut juste

que tu trouves la bonne personne,

quelqu'un qui soit a l'ecoute...

Oui.

C'est vrai.

C'est un homme comme ca qu'il me faut.

Pardon.

- C'est pas grave. - Excuse-moi, j'ai voulu rattraper...

le verre.

- Tu veux une serviette ? - Tout va bien.

Ca va secher, c'est rien. Je dois aller chercher ma fille.

Mais il faudrait qu'on ait plus de temps pour parler.

Tu voudrais venir diner a la maison, jeudi soir ?

- Oui, avec plaisir. - Jeudi 23 ? Tu peux ?

- Oui. - Au revoir, Jean-Francois.

- A jeudi, Helene. - Ouais !

Jean-Francois...

Avant, Sylvia, je la trompais parfois avec Carole.

Mais depuis que j'ai rencontre Clara,

j'ai peur de faire de la peine a Sylvia.

Elle est fragile, Sylvia.

On se voit moins, mais quand on se voit, c'est la fete.

Si ca se trouve, elle me trompe, mais je m'en fous.

- Oui ? - Carole est hyper bonne au pieu.

C'est pas simple, de gerer 3 nanas. Je les aime toutes les 3.

A un moment donne, vous allez devoir faire un choix.

J'aimerais eviter les conflits, qu'elles partent en me remerciant.

Mais pourquoi avoir commence une relation avec... Clara ?

Comment ca s'est passe ? Racontez-moi.

Dans un bar branche, un soir ou je trainais.

Vous savez, j'ai pris des cours, des cours de seduction.

Ah oui ?

Il y a 3 ans, j'etais hyper timide et mal dans ma peau.

- C'etait juste apres l'accident. - Oui ?

J'ai pris des cours avec un coach. Ca m'a vraiment fait du bien.

Aujourd'hui, c'est une habitude.

Quand une femme me plait, je la drague.

C'est une facon d'etre.

C'est un vrai plaisir addictif. J'en ai besoin, comme de respirer.

J'adore les premiers moments de decouverte.

Ces moments d'approche, quand vous sentez qu'une femme s'interesse.

C'est excitant.

Par exemple, quand une femme rougit, c'est unique.

C'est jouissif, de sentir qu'elle mord a l'hamecon.

Ca me redonne vraiment une vraie envie de vivre.

Excusez-moi, je...

Je peux vous poser une question un peu en dehors de la seance ?

Oui.

Je sais que ca se fait pas, normalement, mais c'est important.

Oui ?

J'aurais besoin de conseils, de conseils personnels, entre hommes.

Oui ?

Voila : je suis tres amoureux d'une femme.

Ca fait un certain temps qu'on se connait,

mais quand on est ensemble,

je n'arrive pas a lui faire comprendre qu'elle compte.

Ouais ?

Avec elle, des que je dis quelque chose,

la seconde d'apres, je me dis : "Quel con !"

Et j'enchaine sur des considerations stupides, sans interet.

Je perds le fil de mes pensees.

- Je suis plus moi-meme. - Ouais ?

Oui. Bref, je dois la voir demain, on doit diner ensemble.

J'ai peur de tout foirer. Vous pourriez me conseiller ?

Oui, mais on est bon en seduction quand on s'entraine.

C'est comme un sport. Il faut vous entrainer.

Comment m'entrainer ?

Entrainez-vous sur d'autres femmes, n'importe lesquelles.

Meme dans la rue.

Ca vous permettra d'acquerir une certaine aisance

et un savoir-faire pour maitriser votre talent devant elle.

Vous pourriez me donner des trucs,

ou des astuces ? Il doit bien y avoir des regles.

Oui, mais le mieux, ce serait que je vous suive,

que je sois derriere vous pour vous coacher.

Vous pourriez, aujourd'hui ?

Les femmes ont besoin d'etre aimees.

Le but est de leur faire croire qu'elles nous choisissent.

Un psy doit pouvoir reperer ce qui est unique chez une femme.

Oui, plus ou moins.

Par exemple, si elle fait des efforts de coiffure,

si elle aime la mode, les beaux vetements, le sport...

Essayez de trouver son truc a elle. Parlez-en, mais de facon detournee.

Il faut la surprendre sur un domaine qui la touche.

Lui parler d'elle, mais indirectement.

Exactement. Il faut l'accrocher. La faire rire, c'est bien.

Par exemple, si une femme passe avec un petit chien en laisse...

vous dites : "Attention, il y a un tigre !" et vous sautez.

Vous riez avec elle et vous enchainez.

Je vois.

C'est la 1re fois, que c'est difficile.

Il faut etre tres naturel, tres decontracte...

Vous lancez des sujets de conversation surprenants, sympas.

OK ? On y va ?

- On y va. - Allez.

Lancez-vous, je vous regarde.

Bonjour.

He, bonjour, jeune homme !

Alors, ca va ? La vie, les etudes, tout ca ?

Tes parents sont cool ? T'as une copine ?

Que voulez-vous ?

Il est mignon, il a l'air super eveille.

- Comme sa mere. - Vous la connaissez ?

Non, comme vous. Vous etes sa grande soeur ? Sa baby-sitter ?

Non. Une amie de sa mere. Y a un probleme ?

Non. Je voulais dire : "Il est mignon, comme vous."

- Vous etes eveillee. - Oui, d'accord.

Erreur de preoccupation. Elle se fout de l'enfant.

Ah oui. Ben, c'est pas simple.

Sur des personnes agees, c'est plus facile ?

Ah non ! Pas les vieilles. Elles vous prennent la tete. On enchaine.

- Elle ? - Oui.

Vas-y, attaque.

Ah, une belle femme...

Oh, un gros con.

C'est pas mal. Avec de la finesse, ce sera mieux.

Celle-la. Il faudrait tenter le contact physique,

genre "je vous prends le bras".

Essayez de la bloquer un instant avec votre corps. Foncez.

Attends, mais c'est incroyable.

Faites attention, la !

Ca va ? Sportive ?

Ca va ?

Oui, ca va beaucoup mieux. Des que je vous vois, j'ai plus mal.

Y a un mec qui s'est jete a mes pieds.

- Alors ? - J'ai mal.

On continue, vous commencez a etre chaud.

- Hein ? On y va. - Je veux une pharmacie.

- Bonjour. - Bonjour, monsieur.

Je suis tombe sur le genou. Vous auriez

une creme genre arnica ?

Bien sur. Mais vous saignez ?

- Vous avez desinfecte ? - Non, ca saigne pas.

C'est juste un petit coup, quoi.

D'accord. Arnica.

Oups ! Pardon.

Et vous, vous auriez une creme pour le charme ?

Pardon ?

Une creme qui donne du charme, de la beaute ?

Comme vous etes tres jolie, j'ai pense que vous en mettiez.

Ou alors en pilules, peut-etre ?

Pour le charme ?

Oui. Le charme, c'est comme la beaute avec un petit plus.

Ah oui, j'en ai.

Approchez.

Pardon ?

Vous voulez quoi, hein ?

C'est ma poitrine, c'est ca ? Ca vous excite ?

- Ah non, non. - Si, je le vois dans vos yeux.

Pas du tout !

Vous pouvez pas penser a autre chose ? Ca pense qu'au cul !

Merde, c'est pas possible !

On est des etres humains. J'ai un cerveau !

Je suis pas qu'une paire de seins, et vous, une paire de couilles !

- Obsede ! Allez-vous-en ! - Excusez-moi.

Allez-vous-en ! Laissez-moi tranquille !

Va voir un psy, obsede ! Va te faire soigner !

Qu'est-ce qui se passe ?

On va se tutoyer, ce sera plus simple. J'ai une idee.

Je vais te faire faire un exercice impose.

Tu m'entends, la ? Ca va ?

Ouais... J'ai essaye un truc, avec la pharmacienne.

Ce que tu me proposes, tes techniques,

c'est pas un peu con ?

Tu rigoles ? C'est pas con du tout.

Et c'est une question d'entrainement.

C'est le vecu, qui compte. Tu dois le savoir, t'es psy.

Il faut vivre les choses. Il faut vivre pour comprendre.

Il faut pas analyser, il faut vivre, plaire.

Le ressenti de ton vecu.

Ah ouais. T'es un specialiste.

OK.

Tu lui achetes un bouquet et tu lui offres.

Vas-y, je te regarde. Elle est belle, cette fleuriste.

Vas-y. Essaie d'avoir son numero. Vas-y, sinon j'y vais.

- Bonjour. - Bonjour.

- Je peux vous aider ? - Bonjour.

Oui. Je voudrais un beau bouquet de...

de roses, tiens ! Les roses, c'est bien.

Voila. Des roses. C'est pour...

Pour faire en salade ?

Non. C'est pour offrir.

- Vous me conseillez ? - Une histoire d'amour ? Les rouges.

Je sais pas encore. C'est platonique.

Alors peut-etre plutot des roses.

Plutot des roses roses.

Celles-la, plutot.

Je m'appelle pas Pluto, je m'appelle Sophie.

Oui, Sophie.

C'est joli, comme prenom. Moi, c'est Jean-Francois.

Alors je vais prendre 11 roses roses.

Pas les rouges, hein, les roses.

Ma grand-mere s'appelait Rose. Elle etait belle, comme vous.

Merci.

Vous allez voir, ca va lui plaire.

J'espere que ca va marcher, votre rendez-vous. C'est mignon.

C'est pour une amie de ma mere.

On va l'amputer d'une jambe. La gangrene.

- C'est affreux. - Oui.

Non, c'est une blague. C'est pour une femme qui a tous ses membres.

D'accord, je vois.

Voila. Ca fera 44 euros, s'il vous plait.

Bon rendez-vous, alors.

Et en fait, c'est pour vous, Sophie.

Je vous les offre.

J'aime les femmes.

Elle est bonne, celle-la.

C'est pas drole, c'est vrai.

- Au revoir. - Au revoir.

Alors ?

Sympa, homo, avec un drole d'humour.

Ca peut plaire a certains.

- Ca va ? - Oui, oui, ca va.

Je suis mort.

Je suis creve. C'est pas fait pour moi, c'est pas mon truc.

Me faire jeter toute la journee, ca m'amuse pas.

Je suis passe par bien des echecs, avant d'y arriver.

C'est l'entrainement qui compte. Il faut pas avoir peur des rateaux.

Oui, mais moi, j'en veux une, une seule.

Et vous... toi, t'en as plein.

Tu dois maitriser l'art de seduire. Il faut pratiquer pour y arriver.

Le talent, c'est d'abord du travail.

Oui...

OK ?

Allez, je vais y aller.

On refait une seance quand tu veux. Tu m'appelles, tu viens diner. OK ?

Non, non. Tu rigoles ? Range ca.

Ca m'a fait super plaisir de t'aider.

Allez, c'est cool. Je t'embrasse.

Oh la.

Regarde-moi et prends-en de la graine.

Dans 2 minutes, j'ai son telephone.

Mademoiselle...

Excusez-moi.

Je peux vous poser une question ? Bonjour.

Vous savez que le gouvernement va lancer un impot sur la beaute ?

- Non. - Non ?

La TVB, taxe sur la valeur de la beaute, et vous en paierez un max.

Mon ami est specialiste en fiscalite de la beaute.

- On va boire un cafe ? - D'accord.

Je pense qu'il pourra vous aider. Ca vous dit ?

Excusez-moi.

J'ai un bouquet, je sais pas quoi en faire. Je vous le donne ?

Je vous l'offre.

- Vous etes sur ? - Oui. Je vous l'offre.

Ben, merci.

Merci, merci beaucoup.

Pssst.

- Je suis en plein polar. - Pardon ?

Je suis en train de lire un polar norvegien.

Ca fait peur, c'est terrible.

Ca doit etre beau, la Norvege.

Et j'ecris, aussi.

- Ah oui, vous ecrivez ? - Oui.

Pour mon plaisir.

Qu'est-ce que vous ecrivez ?

Tout un tas de petites choses.

Mon reve, ce serait d'ecrire un vrai bon livre

qui fasse peur ou un polar captivant.

Par exemple, quelqu'un trouve un homme dans la rue, allonge,

tout seul, sur des paves mouilles.

Et... il a une fourchette plantee dans le dos. Voila.

Et il y a un bout d'oreille par terre.

Dans sa main droite, il tient un morceau de robe de mariee.

Les inspecteurs arrivent et il dit une derniere phrase avant de mourir :

"Mon chien fait des reves premonitoires. Il sait qui m'a tue."

Voila.

Oui, c'est bien. Vous avez de l'imagination.

Oui.

Ben, rapprochez-vous.

Oui. Merci.

Que buvez-vous ?

C'est un perroquet. Je m'appelle Estelle.

Jean-Francois. Enchante.

Enchantee aussi.

- Il prend quoi, le petit monsieur ? - Un perroquet.

S'il y a pas de perroquet, un pigeon ou un moineau.

- Vous faites quoi, dans la vie ? - Psychotherapeute.

C'est bien, ca, psy.

- Enfin, "c'est bien"... - Moi, je suis kine.

Je m'occupe du corps, vous, de l'esprit. C'est marrant.

Le perroquet de Monsieur. Y avait plus de pigeons.

Ca fait des annees que j'avais pas bu ca.

Et sinon, vous vivez en couple ?

Non.

Il y a deux ans, mon futur mari s'est barre avec une strip-teaseuse.

- Vous avez deja voulu vous marier ? - Non.

Aucune strip-teaseuse n'a voulu se marier avec moi.

Ca, c'etait pour qui ? Vous aviez rendez-vous ?

Ca n'a plus aucune importance, maintenant.

- Votre tete me dit quelque chose. - Ah bon ?

On dirait cet ecrivain canadien

qui est parti vivre en Alaska tout seul.

Qui ca ?

Ah, je sais plus. En tout cas,

il a ecrit des livres sur l'amour de la nature,

les grands espaces. Il a fini

bouffe par un ours. Vous voyez ? - Non.

En tout cas, vous avez un petit cote artiste tourmente,

un peu inquiet.

C'est vrai que j'ai un fond de velleite artistique en moi.

Ca me travaille, alors je prends des photos.

Quel genre de photos ?

Je les montre a personne, mais c'est principalement des poissons.

Vous faites de la plongee ?

Non, non.

Je prends des photos de poissons que je trouve chez mon poissonnier.

C'est tordu, comme idee.

Oui, totalement, en effet.

Et on peut les voir ?

- Elles sont chez moi. - C'est loin ?

Vous savez, c'est assez particulier. Ce sont des gros plans de poissons.

Ben oui, mais ca m'interesse.

Une autre fois, peut-etre. Il faut que je retourne bosser.

D'accord. J'ai pas le temps non plus. Je paie, a cause des fleurs.

Et sinon...

on pourrait...

Se revoir ? Eventuellement.

Mais... Ah bon ? Oui.

- Je vous donne mon numero ? - Oui. Donnez-le-moi.

Non, je prends le votre.

06 23...

92 95 47.

- JF. - Votre nom ?

Villaire. V, i, l, l, a, i, r, e.

Monsieur Villaire, psy, comme ca, vous aurez le mien.

Bon. Ben, on se rappelle, comme on dit.

Faites pas attention, je suis pompette.

Excusez-moi. Vous semblez tres franche...

- J'aime bien la franchise. - Dans notre rencontre...

ce que je vous ai dit, ca vous a convenu ?

Ma maniere de vous aborder... Rien ne vous a choquee ?

"Choquee" ? Non.

Comment vous me percevez, en si peu de temps ?

Je sais pas. Peut-etre qu'on est faits pour vivre ensemble

et avoir plein d'enfants partout.

Peut-etre bien, oui.

C'est toi qui vois.

- Au revoir, Jean-Francois. - Salut, Estelle.

J'ai oublie les fleurs. Ciao!

Jean-Francois...

Bonsoir. Entre.

- Tiens. - Merci.

- T'as 7 minutes de retard. - Ah bon ? Mince.

Je disais ca parce que je regardais l'heure.

Tu sais, je suis tres precise.

Et voila. Bienvenue chez moi.

C'est bien, chez toi.

Je ne m'attendais pas a ca.

Pourquoi ?

Non, je m'attendais a plus... plus moderne.

- "Moderne" ? - Par rapport a tes vetements.

Je sais pas pourquoi. Non, mais j'adore les meubles anciens.

Non, mais c'est du faux ancien.

Je prends souvent des faux vieux meubles.

- C'est beaucoup plus solide. - Ah oui.

Ca vieillit mieux. Et c'est tout aussi beau, quand on aime...

- T'aimes pas ? - Si, si.

C'est tres... chaleureux.

C'est chaleureux.

Sauf la.

En fait, je cherchais des tableaux de 27 cm de large pour ce mur,

et un jour,

j'ai trouve la taille exacte.

Et comme ca, ca couvre parfaitement le mur.

Interessant.

Je me balade toujours avec un metre dans la poche.

J'aime bien celui-la.

Ah oui.

C'est toujours tres beau, un cheval qui... paisse.

- On dit "paisse" ? - J'adore les chevaux.

A un moment, certaines civilisations humaines

ont evolue grace aux chevaux.

Ah oui.

Si on n'avait pas pu les apprivoiser, le monde aurait ete different.

T'imagines, si on n'avait pu dresser que des cochons ?

Les westerns auraient ete bizarres. John Wayne sur un cochon !

T'imagines ?

Oui, j'imagine.

Qu'est-ce que tu bois ?

Oui, pardon, je plaisante. Je veux bien un petit pastaga.

- Oh, j'en ai pas ! - Ben, ce que tu veux, ce que tu as.

Ben, j'ai du pastis, ou de la biere, ou du jus d'orange.

- Alors un pastis. - Non, mais je plaisante. Humour.

Tu sais, au debut, j'etais tout a fait contre...

les psys.

Mais...

Maintenant, je vois votre utilite.

La therapie m'a beaucoup apporte.

Oui... Ne me considere plus comme ton psy, s'il te plait.

Je suis certaine qu'avec l'habitude, tu percois les problemes des gens.

Il y a des comportements que je sais analyser...

Justement.

Je voulais ton avis sur quelqu'un.

Ah oui ? C'est qui ?

Ma fille prend des cours de tennis avec un prof.

Il s'appelle Philippe et...

Il me tourne autour depuis un moment.

Et il est tres sympa. C'est un sportif.

Vraiment pas mal.

Il me fait des avances...

Et...?

Et il doit passer.

Il va arriver dans une minute. Je voudrais avoir ton sentiment,

ton impression sur lui.

Mais... on ne devait pas...?

Apres, on dinera tous les deux tranquilles. Il va rester 5 minutes.

Et si ca t'ennuie pas, on dira pas que t'es psy.

Que veux-tu que je dise ?

Que t'es brocanteur dans le Val de Loire. T'inventes un truc.

Mais si je dis que t'es psy, il va se douter que t'es le mien.

Non, mais excuse-moi, c'est pas...

Enfin, c'est pas tres...

Comment dire ?

C'est lui !

T'inquiete, il va rester 5 minutes.

- Ah, salut. - Salut, Helene.

Ca va ?

- Tu rentres 2 minutes ? - Oui.

Ah oui. Je l'ai charge, il y a une cassette.

Oh, merci beaucoup. Merci. C'est super.

Salut.

Bonsoir.

- Philippe. - Jean-Francois.

Voila. Jean-Francois est un ami de longue date,

qui passe de temps en temps a Paris.

Tres bien, tres bien.

Tu bois quelque chose ?

J'ai pas beaucoup de temps, mais OK.

- Un pastaga? - Oui, merci.

Merci, hein, pour la camera.

Je vais pouvoir filmer Chloe.

Elle monte a cheval pour la premiere fois demain.

A la votre.

A la tienne.

Comment vous vous etes rencontres ?

- Je suis le prof de tennis de Chloe. - Oui.

- La fille d'Helene. - Oui, oui.

La petite Chloe.

J'ai connu Jean-Francois il y a tres longtemps.

Il tient... Il tenait une boutique, une brocante pres de Tours.

C'est un bon ami,

un vieil ami.

Brocanteur ? C'est super sympa.

Oui.

C'est super interessant.

Oui. Un petit peu antiquaire, aussi, mais j'en parle pas trop.

C'est pas passionnant.

Pourquoi ? C'est sympa, comme metier.

Oui, mais j'aime pas trop en parler.

Ben, pourquoi ?

Ben, si vous voulez savoir, dernierement,

une vieille dame s'est fait ecraser par une armoire dans ma boutique.

Elle est tombee, elle avait les pieds vermoulus. L'armoire.

- Alors vous comprenez... - Je suis desole.

Mais... elle est morte ?

Son petit chien a survecu. Je dois m'occuper de lui.

Il tremble tout le temps. Il a vu sa memere se faire aplatir.

Oui.

Non, je plaisante !

Le chien est mort aussi.

- Qu'est-ce que tu racontes ? - Du coup, j'aime pas en parler.

Vous, Philippe, vous etes prof de sport ?

Comment vous y etes arrive ?

Ben, j'adore le sport. J'ai commence le tennis vers 7 ans.

J'ai fait tous les sports, mais surtout le tennis.

J'ai passe mon Capes et me voila prof.

Je pratique le karate et la boxe thai.

Ah oui, les... sports de combat.

- Pourquoi ? Vous aimez vous battre ? - J'aime bien, oui.

J'ai fait quelques combats. C'est excitant.

Et j'aime pas qu'on me fasse chier...

Et... vous etes marie ?

Non.

- Des enfants ? - Non. Et vous ?

Non.

Vous etes gay ?

Pourquoi ?

Je sais pas. Les antiquaires sont souvent homos.

Comme les coiffeurs.

Non. J'ai rien contre les homos. Je les aime bien. Vous l'etes ?

Ben, merci, Philippe.

Bon. Jean-Francois doit prendre son train.

- Hein ? - Oui. 22 h 42, je crois.

- Je te rends la camera lundi ? - Oui.

Je vais y aller tout seul.

Bon. Ben...

Salut.

Bon. Voila. Et la paella, ca t'interesse ?

Hein ? "Ca m'interesse", tu veux dire ?

- C'est ce que j'ai cuisine. - Bien.

J'ai pas ete trop agressif ? C'etait pour le tester.

OK.

Calme.

Voila.

C'est superbe. Ca sent tres bon.

- Je te sers ? - Oui, merci.

En fait, la paella, ca me rappelle toujours un patient.

Oui. Un homme d'affaires, un banquier.

Il me racontait ses reves recurrents mais sans les comprendre.

Il revait qu'il etait a la banque ou au lit avec une femme,

et a chaque fois, quelqu'un arrivait avec un enorme plat de paella.

Il se reveillait un hurlant. C'etait un cauchemar,

l'apparition de cette paella.

Un jour, on a compris qu'il criait : "Papa est la ! Papa est la !"

"Papa est la."

"Pas paella."

Et alors ?

Du coup,

chaque fois que je vois une paella, je pense a lui. C'est drole.

Tu peux me passer le vin ?

Non, t'as... un drole d'humour.

- Je peux etre un peu caustique. - Oui.

Meme sarcastique. C'est pas grave, il faut le savoir, c'est tout.

T'es tres different, en fait, en dehors de ton cabinet.

T'etais bizarre, tout a l'heure, avec Philippe. Enfin, lui aussi.

S'il aime les sports de combat,

c'est un homme qui peut avoir une certaine violence en lui.

- Ah oui ? - Plus ou moins refoulee.

C'est possible.

Je peux pas t'en dire plus.

Il te convient pas.

Pourquoi ?

Je sais pas. Une intuition.

Tu vois, toi, t'es intelligente, t'as une certaine culture.

T'es fine dans ta maniere de voir les choses

et t'as besoin d'harmonie,

d'equilibre,

et tu merites d'etre heureuse.

J'aimerais que tu sois heureuse.

Merci.

Enfin, c'est toi qui vois. C'est ta vie.

J'ai pas de conseils a te donner.

Pourquoi ?

On est amis, et tu me connais bien.

J'ai chaud.

J'ai des frissons.

Excuse-moi.

J'ai peut-etre trop bu.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Excuse-moi, j'ai du manger trop vite ou...

boire trop, je sais pas...

Ca va pas ?

Tu te sens pas bien ?

C'est rien, ca va aller.

T'es tout pale.

Je suis pale ?

C'est rien.

Les calamars etaient decongeles. Ca doit etre ca.

Ca doit etre ca, oui. Les calamars.

Je suis desole, je t'abandonne, ca va moyen.

J'ai des medicaments, si tu veux. De l'Oxyboldine ou du charbon.

Desole de passer a l'improviste, mais j'avais besoin de te parler.

Pas de probleme.

- Je te derange pas ? - Non.

Carole dort, elle va a la fac demain. Entre.

Je sors de mon rendez-vous, la, avec Helene.

Au debut, ca a pas trop mal commence. Tu vois ? J'ai...

J'ai reussi a mettre de l'humour sans etre trop lourd.

Je l'ai surprise. Elle etait receptive et tout.

Mais en fait...

Elle voulait avoir mon impression sur un type qu'elle avait invite.

Mon impression en tant que psy. Tu vois ?

Un type qui la drague, en plus.

Apres, on a dine tous les deux, mais j'etais mal, j'etais jaloux,

j'etais furieux... - C'est un test.

Elle fait ca pour voir ta reaction.

Il faut pas qu'elle te voie comme un ami.

La, je vois qu'une solution, parce que tu cours a la catastrophe :

fais l'amour avec une autre.

T'as pas une nana que tu sens open ?

Sinon drague tout ce qui bouge.

Trouves-en une, une seule, et tu concretises.

Surtout pas une pute.

Ca n'a rien a voir.

Oh la la, t'es hyper crispe.

Ce sont mes parents, la.

La, c'est mon frere.

Tu sais, Julien...

Cet accident, faudrait que t'en parles...

Tu veux boire quoi ?

Un jus d'orange ? Un jus de ginseng ?

Non, rien, merci.

- On se revoit quand, au bureau ? - Mercredi.

Allez, viens.

Ca me fait plaisir qu'on soit potes.

Jean-Francois...

Je veux te poser une question, mais j'ai peur de ta reaction.

Je te la pose ?

Non, tu la poses pas.

Ne la pose pas.

T'en es ou, la, de tes amours ?

Avec ta miss ?

Ecoute, ca va. Sinon, t'as pas des copines nymphomanes ?

- Quoi ? - Des copines nymphomanes, quoi.

Qui couchent avec tout le monde. T'en connais ?

Non, parce que j'en ai jamais rencontre parmi mes patientes,

et ce sont des cas interessants. Je lis un bouquin sur ces femmes.

Je me demandais si t'en connaissais.

- Va voir les putes. - Non, mais ca n'a rien a voir.

Sinon, je te demande de but en blanc :

est-ce que tu ferais l'amour avec moi, la ?

Toi et moi ?

Je dirais rien a Francis. On peut aller chez moi...

Ecoute, tu me les brises. Stop.

T'es psychotherapeute.

Hein ? T'es psychotherapeute, quand meme. Enfin !

Enfin... je sais pas, moi. Un peu de tenue !

Y a des gens que tu soignes, qui ont besoin que tu les guerisses,

pour qui t'es une reference. Oui, t'es une reference pour eux !

Comme pour moi.

Et qui comptent sur toi, dans leur detresse.

Et la, t'es en train de partir en couilles !

Excuse-moi, je voulais pas te choquer.

La, ca va. Je rentre chez moi, parce que la, j'ai eu ma dose.

T'es completement en train de partir en couille !

Bonjour. Ca va ?

Pas chic, hein. Pas classe du tout.

- Bonjour. Ca va ? - Bonjour. Ca va.

- Il fait beau, pour un dimanche. - On est samedi.

Ah oui, c'est vrai. Ca vous dirait, de boire un cafe ?

Parce que... ca me dit. Aussi.

Courage !

- Il fait beau, pour un dimanche. - Attends.

- On n'est pas dimanche, non ? - Non. On est samedi.

Et ca vous dit, de boire un coup, avant qu'il pleuve ?

Non.

Mademoiselle ! Mademoiselle ! Bonjour.

Bonjour.

- Au revoir. - Au revoir.

Mademoiselle ! Attendez !

- Allo ? - Estelle ? C'est Jean-Francois.

On s'est vus l'autre jour, je vous ai offert des fleurs.

- Qui ? - On a bu un perroquet.

- Ah oui ! Bonjour. Ca y est. - Bonjour.

Je voulais vous proposer qu'on se revoie.

Ouais, je sais pas. Quand ? Ou ca ?

Eh bien, a la peniche de l'autre fois.

- Super. - Demain ou un autre jour.

D'accord. Demain, 18 h, a la peniche.

Je vous aime.

Jean-Francois...

- Bonjour. - Bonjour !

- C'est pour toi. - Non !

Tu m'en as offert. C'est mon tour.

Merci.

Merci, c'est gentil.

Ca va ?

Si tu me parlais de toi ?

Qu'est-ce que tu peux me dire sur ta vie ?

Par exemple, en ce moment, j'ecris des poemes d'une ligne.

Des haiku.

Ah, des haiku.

Merci.

Et tu en as un en tete ? Tu t'en souviens d'un ?

Par exemple...

"Les vapeurs bleues de notre sueur

"forment des vagues d'emotion au milieu du ciel

"situees entre les tristes nuages et l'horizon plein d'espoir."

Ah ouais, c'est... C'est pas mal.

Pas mal.

Si tu trouves ca nul et sans interet, c'est pas grave.

- Non. - Ce qu'il faut, c'est essayer.

Oui. Oui, oui. Ce qu'il faut, c'est essayer...

et vivre. - Oui. De vivre.

De se sentir vivre.

Vivre avec. Avec, c'est mieux.

Oui, avec.

Bon. Et tes photos, tu me les montres ? Je veux les voir.

Elles sont chez moi.

On y va ?

Pourquoi pas ?

Les tetes des poissons,

je trouve ca extraordinaire.

Ils sont beaux et monstrueux, bizarres et normaux.

Ils ont une certaine humanite, je trouve.

J'invente rien, c'est la nature.

Je trouve que la nature imite l'art. Ca, ca m'interesse.

La beaute de la nature existe pas en soi.

Le beau ou le laid ne peuvent etre percus que par les humains.

Et comme l'art fait evoluer notre vision du monde,

ca change notre perception de la nature.

Ouais, je vois.

Et puis c'est ton point de vue.

Tu les manges ?

Non.

J'en ai plein mon congelateur. Je finis par m'attacher.

C'est drole. Cette histoire de poissons, j'y croyais pas.

Je pensais que tu racontais ca pour te rendre interessant.

J'aime bien.

- T'as pas quelque chose a boire ? - Oui.

Ca, c'est quoi ?

C'est rien. Parfois, je me prends en photo tout seul, chez moi

ou dans la ville. - Tu te sens seul ?

- Si tu me parlais de toi ? - Mais quoi ?

Je sais pas, ce que t'aimes, ce que t'aimes pas...

Ce qui te rend heureuse ou malheureuse...

Et si tu me prenais en photo ?

Oui. OK.

Tu pourrais me suspendre au plafond

et je fais le poisson qui nage.

Non, attends. On peut...

On va faire autre chose. Regarde.

Voila. Mets-toi la.

Tu t'assois sur cette chaise. Hop.

Et juste, tu regardes devant toi, tout simplement.

Comme ca ?

Alors...

Attends.

Bouge pas.

Une seconde.

Regarde vers moi. N'aie aucune expression.

Tu cherches le calme,

le vide, relax, tranquille.

Mets ton visage un peu...

Un poil...

Attends.

Comme ca.

Alors la, bien joue !

Excuse-moi, c'etait...

une envie, comme ca, un besoin.

Ah oui ? Un besoin, comme ca. Une envie.

Comme ca ?

Excuse-moi.

C'est qui ?

Oui, allo.

C'est Helene. Ca va ? Tu vas mieux ?

Bonjour. Je suis desole, pour la derniere fois.

J'etais vraiment mal, desole.

C'etait ma paella. Le chorizo etait mauvais, j'ai ete malade.

"Le chorizo"...

Dans ce cas-la, je comprends, oui.

Je voulais qu'on se revoie rapidement. Ce soir, tu peux ?

- Oui. Pourquoi pas ? - Dans une heure ou deux ?

- Eventuellement. - Dans une heure chez moi.

D'accord ?

- Entendu. On fait comme ca. - A tout a l'heure. Je t'attends.

A tout a l'heure.

Au revoir.

Ben, qu'est-ce qui se passe ?

Je suis desole. C'est un client, un patient a moi...

Il est completement cingle. On l'a enferme, il a fait une crise.

Et je dois passer le voir, ce soir, a l'hopital.

Je suis desole.

Bon. Ben...

En fait, il faudrait que j'y aille maintenant, le voir, a l'hopital.

Tu te fous de moi ? C'est ta mere ou ta femme ?

Non, mais...

Prends-moi pour la reine des billes !

Mais pas du tout, Estelle. J'ai un rendez-vous important.

Il faut que j'aille voir ce type.

- T'as une autre nana ? - Pas du tout.

- C'est vrai ? - Oui.

Entre.

Ben non, il fallait pas !

Pour m'excuser de mon depart precipite. J'etais malade.

Ma paella avait tourne. On oublie ?

Ben...

Assieds-toi.

Ca va ?

Ca va.

Bon.

La derniere fois, il m'a semble comprendre...

une chose a laquelle j'avais pas pense.

Quand on a commence ma therapie, il y a 3 ans,

une bonne amie a moi m'a conseille de ne pas tomber amoureuse de mon psy.

Tu vois,

le transfert ?

De mon cote, il y a le contre-transfert, mais j'ai reflechi.

Moi, quand j'ai senti que ca m'arrivait, c'etait il y a 5 mois.

Je me suis forcee a ne pas t'aimer.

Je me suis dit que t'etais

un sale type sans interet, morne, froid, ennuyeux,

qui avait des mauvaises pensees, limite pervers.

Un sinistre con, quoi.

Non, mais ne le prends pas mal, c'etait une technique.

Oui, je comprends.

Et ca a marche.

Apres, quand je t'ai revu,

je te voyais juste comme un ami, c'est tout.

Puis, la derniere fois... j'ai compris.

J'aurais pas du te presenter Philippe.

Je sais ce que c'est

que d'aimer quelqu'un et de pas etre aime en retour.

Oui, je suis amoureux de toi.

Philippe, je l'aime physiquement.

Physiquement, il me plait,

mais pour l'esprit et pour le reste, c'est toi.

Je te plais mentalement ?

Oui, tu me plais mentalement.

Et alors,

je pense que la seule solution pour resoudre le probleme,

enfin, pour qu'on avance, pour qu'on fasse pas d'erreurs,

pour que personne ne souffre inutilement...

c'est qu'on fasse l'amour.

Ah bon ?

Tu serais partant, la ?

Oui, je suis partant.

Sinon, on peut pas savoir.

Avec Philippe, on l'a deja fait, mais comme je ne sais pas

si je prefere lui ou toi...

Par contre, il faut que je te previenne, je suis un peu tendue,

alors si tu pouvais y aller doucement...

Je vais mettre de la musique.

Wagner, ca te va ?

Parfait. Ca donne envie de se jeter par la fenetre, mais...

Ah, Carmen !

J'adore l'opera.

Ca me detend, ca...

Si tu veux prendre une douche... J'en ai pris une.

Je suis desolee, je suis pas detendue.

Prends une douche. Y a tout ce qu'il faut, meme des peignoirs.

- Tu veux que je sois en peignoir ? - Ben, ouais. Non ?

T'es tres belle, tu sais.

T'as beaucoup de charme. J'adore ton visage. J'adore...

la forme de tes yeux.

Ca t'ennuie si, pendant que tu te douches, je fume un petard ?

Tu me stresses, avec tes belles paroles.

C'est la deuxieme a gauche.

Wouah ! Sexy !

Hein ?

- T'en veux ? - Non, merci.

Mon psy en peignoir dans mon salon !

Non, non, je suis pas ton psy.

Viens.

Oh non.

Deshabille-moi.

Je t'aime. T'es vraiment belle.

Ne parle pas trop, s'il te plait.

Oui.

Ne dis pas "oui" sur ce ton. Ca me rappelle que t'es mon psy.

Attends. Commence par la, plutot, c'est mieux.

Bon. Euh... je prends les choses en main, si ca te derange pas.

Oh, regarde, je suis a cheval !

Ca doit avoir une signification, j'adore etre a cheval.

Regarde, je domine.

J'adore dominer.

Helene...

- Je t'aime serieusement. - T'es muscle.

T'es poilu et muscle.

Je fais quoi, la ?

Je sais pas, caresse-moi, fais-moi rever.

Si tu me faisais jouir pendant les preliminaires, ce serait genial.

Attends, il faut que je change la musique. L'opera, j'en peux plus.

Ah non ! Je commencais a me decontracter.

Bon. Ben, si on allait dans ma chambre ?

Non. Pas cette musique, Philippe.

Quoi, "Philippe" ?

Oh, pardon !

JF. Pardon.

- JF. - Jean-Francois.

Oui, oui, pardon.

Pardon.

Jean-Francois.

Je suis desolee. C'est parce que j'ai fume beaucoup de petards.

Faut que j'oublie que t'es mon psy.

- Je suis pas ton psy ! - Si, t'es mon psy.

Je suis un homme, c'est tout.

Alors si t'es un homme, prends garde a toi.

Toreador...

Merci.

Ah, juste... Mon mari depose ma fille a 23 h. Faut avoir fini pour 23 h.

Helene, c'est pas possible. Voila.

Un autre jour, peut-etre, mais la, c'est pas possible.

Jean-Francois.

Tu pars ? Ah non, tu peux pas me faire ca.

S'il te plait. Je suis prete.

Vas-y, fais pas le trouillard. Assume.

Helene...

Helene, il est presque 23 h.

Ah oui. C'etait bien.

Oui, mais il est 22 h 45, la. Ta fille...

Quelle note tu me donnes ? Moi, je sais pas.

16 ? 17 ?

19 sur 20 ?

C'est ridicule.

T'es dans un autre monde. T'as plane a fond.

Pas du tout, non. J'ai apprecie ce qu'on vient de faire.

- Tu sais, Jean-Philippe... - C'est "Jean-Francois".

Oh, pardon.

Pardon.

En fait, il faudrait qu'on reessaie pour que je puisse...

Pour comparer.

Je vais te dire un truc, Helene.

T'es une fille super. T'es tres belle,

t'es merveilleuse. T'es la femme parfaite, la femme de mes reves.

C'est gentil.

Je pense que c'est Philippe, qui te convient. Choisis Philippe.

Moi, je jette l'eponge.

- Allo ? - C'est Julien.

Qu'est-ce que tu fous ? T'as baise ? Raconte !

- Je rentre chez moi. - J'y suis. Je t'attends.

Jean-Francois !

- Jean-Francois ! - Qu'est-ce que tu fous la ?

J'etais inquiet. Tu me rappelles pas. Je voulais savoir.

T'en es ou ? Dis-moi, ca m'interesse.

- Tu veux quoi ? - T'as bien debarque chez moi.

J'ai envie de discuter, savoir si je t'ai aide.

T'as baise l'autre ? Ca avance, avec Helene ?

T'as baise ou pas ?

Fait l'amour ? C'est pas vulgaire, c'est naturel.

Mais je cherche pas a "baiser". Je veux pas "baiser".

T'as rien a faire, la ? Elles sont ou, les nanas que tu niques ?

C'est pas si simple. Elles vivent leur vie.

Parfois, elles se barrent.

Je discute pas trop avec elles. Je prefere parler a un pote.

- T'as pas un autre pote ? - Non.

T'as pas d'amis ?

J'en ai plus. A cause de leurs femmes.

Parfois, j'ai essaye de... Tu vois, quoi.

Avec toi, c'est pas pareil. Ta femme, j'y toucherai pas.

Surtout si je t'ai aide. Je serai ton temoin.

- Ecoute, Julien... - Qu'est-ce qu'il y a ?

T'es un mec super, mais t'as besoin d'aide.

Il faut que t'arrives a parler

de cet accident, que tu fasses le deuil de ta famille.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Excuse-moi, il faut que je te laisse.

Jean-Francois...

Quelle semaine formidable !

Je me suis inscrite a un club de bowling, j'ai retrouve un ami.

Il est un peu alcoolique mais vraiment gentil.

Et le dimanche, comme ca...

- C'est une urgence ! - Attendez...

J'ai un rendez-vous, madame.

Madame Thomas, je peux vous demander d'attendre 5 minutes ?

C'est un peu fort !

Merci, madame.

Merci.

Excusez-moi.

Oui, j'ai... besoin de voir un psy.

Estelle, on peut discuter, mais ce n'est pas une consultation.

Si, je veux une consultation. Comment se passe la psychanalyse ?

La psychanalyse, on raconte sa vie.

On parle de tout, de ce qu'on a envie de dire ou besoin de dire.

C'est tres complique. Ca peut prendre des annees.

Bon, tres bien. Je commence maintenant. Alors...

Quand j'etais petite, j'habitais dans les Vosges avec mes 4 freres.

Je me suis enormement ennuyee.

Mon pere est mort, j'avais 6 ans. Je vis avec ma mere de 82 ans.

Elle est chez moi, depuis qu'elle est malade.

Elle me traite comme si j'avais 10 ans.

Je me sens vraiment seule.

Du coup, j'aime m'inventer des vies vis-a-vis des autres.

J'ai pas beaucoup d'amis,

et je suis jalouse de toutes mes copines qui sont en couple.

Du coup, je me force a rencontrer des hommes.

Parfois, meme...

je drague mes clients, quand je les masse, mais ca mene a rien.

Parce qu'ils sont ou moches, ou cons, ou maries, ou fideles...

Non, je suis vraiment insatisfaite de ma vie.

J'ai du mal a...

a imaginer qu'on puisse m'aimer telle que je suis.

Alors je mens tout le temps, je raconte n'importe quoi, je brode.

Et puis la semaine derniere, dans la rue,

j'ai rencontre un homme avec un bouquet de roses.

Il etait particulier, il tenait son bouquet n'importe comment.

Il avait l'air perdu, comme s'il s'etait fait larguer.

Alors je l'ai suivi sans qu'il le voie,

et je suis allee m'asseoir dans un cafe a cote de lui.

Et j'ai fait semblant de lire.

Et la... il m'a offert son bouquet.

Ca m'a fait plaisir, vraiment.

J'ai commence a dire n'importe quoi, a inventer des trucs.

J'ai brode pour que ca dure.

Lui, il etait mauvais, dans la discussion, maladroit.

Vraiment.

Mais il m'ecoutait, c'etait sympa.

Tout a coup, je me suis dit :

"Ma petite, pars. Il va te prendre pour une fille facile."

J'ai laisse mon numero et je suis partie.

J'ai attendu qu'il me rappelle.

Et il m'a rappelee, 3 jours apres.

Et on s'est revus, et la, j'ai insiste pour aller chez lui.

J'ai dit que je voulais voir ses photos.

Une fois chez lui, il m'a pose des questions sur ma vie.

J'aime pas ca du tout.

Elles sont vraiment jolies, ses photos. Interessantes.

Alors du coup, je lui ai propose de me photographier.

Et la, sans que je m'en rende compte,

il m'a embrassee tres gentiment.

C'etait mignon, vraiment.

Comme j'etais desesperee, ce jour-la, je me suis jetee dans ses bras.

Son portable a sonne.

Il a continue de m'embrasser un peu...

Et il m'a rejetee tout d'un coup.

- Ca m'a blessee, vraiment. - Estelle...

J'ai pas bien...

J'ai pas bien vecu ce rejet soudain.

Ca m'a fait de la peine pour moi.

Alors je suis partie.

J'ai voulu rentrer, puis j'ai fait demi-tour

parce que je voulais verifier s'il se foutait de ma gueule.

J'ai attendu,

puis il est rentre assez tard.

Un type est venu lui parler. Un fou, un malade, j'en sais rien.

Je me suis approchee pour ecouter. J'entendais "baiser",

"pas baiser"...

Je sais pas, je comprenais rien. Il m'a vue, je suis partie tres vite.

J'avais honte d'avoir attendu.

Estelle, je suis desole.

Ma mere m'a dit : "Pourquoi tu choisis toujours des tares ?

"C'est peut-etre toi qui as un probleme. Tu devrais voir un psy."

J'en ai pas dormi de la nuit.

Le lendemain, je me suis dit : "Avant de travailler, va le voir."

Apres tout, c'est moi qui suis folle ou lui qui est malade ?

C'est pas Brad Pitt, non plus, hein !

Donc j'ai voulu aller le voir

pour voir la tete qu'il ferait quand je lui raconterais.

Alors je suis rentree sans frapper et je me suis assise.

Et j'ai commence a raconter mon histoire.

Et il etait la a m'ecouter betement sans rien dire,

comme un con.

Et puis j'ai parle, j'ai parle, et apres, je sais plus quoi raconter.

Estelle...

Mais c'est quoi - je m'en fous -, la psychanalyse, hein ?

J'en ai rien a foutre, de la psychanalyse.

C'est quoi, le probleme ? Je suis bizarre ?

Eh ben, c'est comme ca. Je suis comme ca. C'est moi.

Regarde-toi, la.

T'es comme ton poisson dans le bocal.

T'es ferme, t'es inaccessible.

Estelle, attends.

Sous-titrage : Eclair Media

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.