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Mon Dieu, on n'y voit rien du tout.
Par o� je dois aller ?
Madame a raison, je devrais acheter des lunettes.
Mais �a ne me va pas. Ca me vieillit.
Je vais devoir demander de la lumi�re � madame.
Comme tu es joli.
Les papillons te mettent-ils en joie, Medoro ?
Donner de la joie est la plus belle chose au monde, non ?
Ce qui voit le jour sans rendre la vie plus agr�able,
pourrait aussi bien ne pas na�tre du tout.
Combien de temps vit un papillon ? - Il ne conna�t pas la douleur.
Il vit un jour heureux pour ensuite mourir � tout jamais.
Ce que je n'aime pas dans la mort, c'est qu'elle dure trop longtemps.
L'inverse serait pr�f�rable. - C'est-�-dire ?
Mourir une journ�e et �tre heureux � tout jamais.
Es-tu d�j� mort, Medoro ?
Je n'ai pas encore fini de na�tre.
Et puis, le temps n'existe m�me pas, madame la F�e.
Tu as raison, Medoro. Le temps n'existe pas.
Nous devons y aller. Il est d�j� tard.
En fait, je ne me souviens plus tr�s bien du chemin.
Un trou de m�moire ou un probl�me oculaire ?
C'est la derni�re fois que je vous le demande,
mais pourrions-nous avoir un trait de lumi�re ?
Juste un peu. - Tr�s bien, Medoro.
Merci, madame la F�e.
Allez, hue, les petites souris !
Qui a fait �a ? - Attrapez-le ! Saisissez-le !
Qu'est-ce que... ?
Le revoil� ! Emparons-nous-en ! Je le tiens.
Poussez-vous !
Qui est-ce ? - Mes kakis !
Le voil�, je l'ai vu, c'�tait lui. Il arrive par ici.
Attrapez-le ! Prenez-le !
Emparez-vous-en ! - Attrapez-le !
Tu es vraiment un bel encadrement.
Maintenant, tu sais ce que je vais faire ?
Je te sculpte une jolie rose, l�.
Tu n'aimes pas les roses ? Je m'en doutais.
Je ferai une marguerite, alors.
Mais enfin, qui est l� ? En voil� des mani�res !
Qui que tu sois, tu es tr�s mal �lev�...
Qu'est-ce que c'est que �a ?
A qui est ceci ?
A qui est-ce ?
Enfin... En voil� un beau morceau de bois.
Oui, vraiment tr�s beau.
J'en ferai un beau pantin.
Un pantin qui sache danser et faire des sauts p�rilleux...
...mais qui soit bien �lev� et ob�issant.
Je vais me mettre au travail. Ce sera le plus beau du monde.
Viens... Tu seras mon b�ton de vieillesse.
C'est en train de devenir un bien beau pantin.
On dirait qu'il se fait tout seul.
Je ne te fais pas mal, hein ?
Je n'ai quasiment rien � faire.
Tu vois comme tu deviens beau ?
Je t'ai fait deux beaux yeux, de beaux cheveux noirs,
et une jolie bouche avec une petite langue.
Je peux essayer ta perruquejaune, papa ?
Je t'ai d�j� dit de rester tranquille !
Oui...
Il vaut mieux que je te fasse la langue en dernier.
Et puis, qui t'a dit que c'�tait une perruque ?
Ca se voit ? - Tu l'as dit !
Elle est � mourirde rire, ta perruque. On dirait de la polenta.
Tais-toi, impertinent.
Non, mais... Tu n'es pas fini et tu manques d�j� de respect � ton papa.
D'accord... - Tu commences mal, mon gar�on.
Et puis, reste tranquille.
Je reste tranquille ! Je ne parle plus. Parce que mon...
Qu'est-ce qu'ily a ?
Par tous les saints...
Il parle. Oui, oui, il parle.
En tout cas, j'ai bien cru l'entendre parler.
Essayons un truc.
Comment �a va ? - Bien, Geppetto. Et vous ?
Tr�s bien, merci.
Dieu merci, il ne parle pas.
C'est bien ce que je disais, c'est impossible.
Ferme la porte, papa. Je suis nu etily a un de ces courants d'air.
Un pantin qui sait aussi parler !
Arr�te de me chatouiller, papa !
Arr�te !
Mesdames et messieurs, devant vous...
C'est moi... - Mais quel nom te donner ?
Tu viens du pin. Je t'appellerai donc Pinocchio.
Ca me pla�t. - Quel merveilleux pantin !
De jolies chaussures et un beau pantalon. Derni�re touche :
un chapeau en mie de pain que j'ai peint moi-m�me.
Attends. - C'est �a que je pr�f�re.
Papa ! C'est quoi �a ? Et �a ? - Qu'est-ce que tu fais ?
Oh ! un lit ! - Rends-moi mes cheveux !
Personne ne sait que je porte une perruque !
Tu vas te faire mal ! Mes cheveux...
Je grimpe l�-dessus...
La chaise de mon papa, la table de mon papa. Ca c'est quoi, papa ?
Te voil� ! On voit quoi, � la fen�tre ?
Je peux y aller, hein ? - O� tu vas ? Descends de l� !
Regarde, papa, le saut de mon papa ! Ciao, papa. Je sors.
J'aurais d� y penser avant. Viens ici.
C'est magnifique ! Viens voir ! - C'est dangereux ! Reviens !
Qui est-ce ? - Un pantin !
Un pantin ? - Eh oui...
Oh, non !
Pinocchio !
Mon vin !
Qui c'est ?
D�gagez le passage !
A qui est ce pantin ? - Tu vas me payer mon vin !
Je te tiens !
Te voil� enfin !
A qui est ce pantin ?
On va voir tous les d�g�ts que tu as faits.
A qui est ce pantin ? J'ai pos� une question !
Elle est � moi. Merci.
Papa, si tu savais. Une oie... - Silence, pantin !
Pinocchio, fiston...
Vous en faites un beau p�re ! Ce pantin est une peste !
J'ai tellement su� pour en faire un pantin bien.
Bien ? Il a mis la ville sens dessus dessous !
C'est de votre faute !
Il s'est �chapp� de la maison. - C'est mal.
Soyez plus attentif. Qui laisserait s'�chapper un pantin ?
Bon maintenant, nous le conduisons en prison.
Qui �tes-vous ? - Pinocchio, o� vas-tu ? Attends !
Vous cherchez � vous �chapper, vous aussi ?
Vous venez avec nous. Il faut rembourser les d�g�ts.
Allons-y. - Enfant de malheur...
Un petit oiseau ! Je t'ai vu ! Viens ici !
Combien y en a-t-il ? Un nid ! Un nid !
Il est vide. Oh ! un �cureuil !
Comme c'est beau d'�tre au monde. C'est �a, la vie !
Je vais me r�chauffer. Il fait froid.
Quelle belle journ�e j'ai pass�e.
Maintenant, j'ai une faim de loup.
Il doit y avoir un endroit o�... - Pinocchio...
Qui est l� ? - C'est moi, le grillon parlant.
C'est pas vrai ! Grillon, tu ne sais pas o� mon papa met les g�teaux ?
Gare aux enfants qui se rebellent et s'�chappent de la maison.
Ils n'apporteront rien de bon au monde.
C'est � moi que tu parles ? - Oui, � toi. Gare !
Ecoute bien. Moi, je m'en vais d'ici.
Si je reste ici, je devrai faire comme les autres enfants.
C'est-�-dire aller � l'�cole. Et moi, j'aime pas l'�cole !
Mon pauvre imb�cile.
Sache qu'en faisant cela, tu deviendras un �ne.
Et tout le monde se moquera de toi.
Tais-toi, Grillon. En plus tu as une voix d�sagr�able.
Je ne la supporte pas. Elle est d�sagr�able, quoi.
Si tu ne vas pas � l'�cole, va au moins travailler.
Travailler ? Moi ?
Il doit bien y avoir un m�tier qui te pla�t.
Oui, il y en a un qui me pla�t vraiment beaucoup.
Bravo, Pinocchio. Tu vois ? Et quel est ce m�tier ?
Celui de manger, boire, m'amuser du matin au soir. C'est ce m�tier-l� !
T'es vraiment un pantin et tu resteras un pantin.
Et toi, t'es un grillon de mauvais augure et tu le resteras.
Pour ta gouverne, mon cher, ceux qui agissent comme toi,
finissent en prison ou � l'h�pital.
T'es vraiment un sale grillon de mauvais augure, hein ?
Les gens comme moi finissent en prison ou � l'h�pital, c'est �a ?
Et les gens comme toi,
tu sais o� ils finissent ? - Non, o� �a ?
Au cimeti�re !
Je t'ai eu !
Mais qu'est-ce que tu fais ?
Je t'ai eu ! - Pinocchio !
O� t'es, Grillon ? Je rigolais, je ne voulais pas te faire de mal.
O� t'es, Grillon ? - Tr�s bien. J'ai confiance.
Je peux avoir confiance ? - Je n'entends rien.
Ca r�sonne, o� tu es. Tu pourrais te rapprocher ?
O� �a ? - Par exemple... ici, pr�cis�ment.
L� o� je te le dis. Comme �a, on parlera.
Je viens, Pinocchio, parce que je dois te dire une grande v�rit�.
Ceux comme toi... - Je t'ai eu !
Tu t'es fait avoir. J'aime pas ta voix, et je ne te supporte pas.
Grillon, o� tu es ?
Grillon, je n'ai plus envie de jouer. J'ai faim,
je suis fatigu�, j'ai sommeil, j'ai froid, j'ai faim, Grillon.
Qu'il est moche ce village...
Qu'il est moche...
Mon Dieu !
Quoi ? Papa ! Mon petit papa ! - Mon petit Pinocchio.
Tu �tais en train de br�ler.
Si tu savais tout ce qui m'est arriv�...
Que t'est-il arriv� ?
Il pleuvait, il neigeait et tu n'�tais pas l�. Et j'avais faim.
Le grillon a dit que je le m�ritais, que j'�tais m�chant.
Et moi, je lui ai donn� un coup de marteau pour lui apprendre.
Et puis j'avais faim, j'avais sommeil et tu n'�tais pas l�, papa.
Mon papa n'�tait pas l�. Je me suis mis sur le feu pour me r�chauffer.
Le feu m'a br�l�. Mais j'ai toujours faim.
Mais mon habit, je ne l'ai plus. Je n'ai plus mon habit.
Tu me feras un v�tement tout neuf, papa ?
Et pourquoi je t'en referais un ?
Pour que tu t'�chappes encore et que je finisse en prison ?
Papa, je te promets
que je serai sage, j'irai � l'�cole etje me ferai honneur.
Tu me le promets ? - Je te le promets beaucoup.
Je te le promets de tout mon coeur.
Mon fils.
Tiens, regarde ce que j'ai pour toi.
Une poire.
C'�tait mon petit-d�jeuner, mais mange-la et grand bien te fasse.
Quelle belle poire ! Tu pourrais me l'�plucher ?
L'�plucher ?
Parce que moi je ne supporte pas la peau. Vraiment, �a me pla�t pas.
Ca ne te pla�t pas ?
Papa ! O� �tais-tu ?
Je t'ai achet� un ab�c�daire tout neuf pour que tu �tudies.
Comme il est beau... Et ta veste ?
Je l'ai vendue. - Pourquoi ?
Parce qu'elle me donnait chaud.
Papa... - Oui ?
Je ne l'oublierai jamais. - Oui... Maintenant, � l'�cole.
Et fais-toi honneur, je t'en prie. - Je te le promets.
Pinocchio ? Attends. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Le chapeau en mie de pain.
Non ? - Si, si... Voil�...
Comment il me va, papa ? - Il te va tr�s bien.
Ciao, je vais � l'�cole. - Ciao, je t'attendrai.
Ciao, papa.
Aujourd'hui, je veux apprendre � lire,
demain � �crire, apr�s-demain � calculer, voil�.
C'est quoi, cette musique ?
Excuse-moi, c'est l'�cole, �a ? - Non, c'est � l'oppos�.
Et �a, c'est quoi ? - C'est �crit, tu n'as qu'� lire.
Je le lirais volontiers, mais aujourd'hui, je ne sais pas lire.
Andouille, je vais te le lire : 'Grand th��tre de pantins'. Ciao.
Excuse-moi.
Moi, �a ne m'int�resse pas. Mais si on veut entrer, c'est combien ?
Quatre sous.
Pour quatre sous, tu ach�terais... mes chaussures ?
Et mon chapeau pour quatre sous ? - Non plus. Ciao.
Et mon ab�c�daire tout neuf. Papa a vendu sa veste pour l'acheter.
Non. Tu vas me mettre en retard � l'�cole.
Moi, je te l'ach�te pour quatre sous.
Merci !
Pulcinella !
Qu'y a-t-il ? - Aurais-tu pris le saucisson ?
Non, non, non ! Je n'ai pas pris de saucisson, patron.
Je t'ai vu, c'est toi qui l'as pris.
Mensonges ! Ce n'est pas vrai !
Au nom de la loi, qui est le voleur ?
Le voil�. - C'est lui !
Voleur ! Menteur ! Mouchard ! Saucisson !
Silence ! Au nom du firmament...
Je r�ve ou quoi ? Mais l�-bas, il me semble voir un pantin.
C'est lui ! Le pantin qui a provoqu� une h�catombe hier au march�.
Attendez... Comment s'appelle-t-il ? - C'est lui. C'est Pinocchio.
Pinocchio ! - Ma�tre, faisons-lui une f�te.
Allez, Pinocchio, viens avec nous, viens embrasser tes fr�res pantins.
Oui, j'arrive, mes amis de coeur !
C'est quoi, ce boucan ! - Il s'est cass�...
Toi, l�, qui es-tu ? Qui es-tu ?
Pourquoi viens-tu semer la pagaille dans mon th��tre ?
Croyez-moi, monseigneur, ce n'�tait pas de ma faute. J'ai...
Ca suffit ! Nous r�glerons �a au d�jeuner.
Je demande pardon au public, le spectacle reprendra demain.
Rideau !
Arlequin ! Pulcinella ! L'eau bout.
Allez chercher le pantin qui pend au clou.
Aujourd'hui, c'est lui que je mangerai.
Ob�issez ! J'ai faim !
Me manger ?
Piti�, monseigneur Mangefeu.
Je n'aime pas �tre mang�, je n'aime pas �a !
Papa ! Je voulais aller � l'�cole, vraiment !
Pauvre papa. Si je meurs, tu mourras aussi, mon petit papa !
Tr�s bien, Pinocchio, Mangefeu a �ternu�.
Et quand il �ternue, �a veut dire qu'il est �mu.
Et alors ? - C'est bien.
Quand il est �mu, son estomac se ferme. Tu es sauv� !
Fais-le s'�mouvoir ! Fais-le �ternuer !
Que disais-tu � propos de ton pauvre p�re ?
Tes parents sont en vie ?
Mon papa, oui. Ma maman, je ne sais pas. Je ne l'ai pas connue.
Quel m�tier exerce ton p�re ? Combien gagne-t-il ?
Moi, �a me fait pleurer. Il ne fait rien, le pauvre.
Monseigneur le grand Mangefeu...
Mon papa, le pauvre, il est pauvre, tr�s, tr�s, tr�s pauvre.
Hier il a mang� une perruque parce qu'elle ressemblait � de la polenta.
Vous �tes bien malheureux. As-tu des fr�res et soeurs ?
Non... Si, un. - Et comment va-t-il ?
Bien... Pourtant, il va mal.
Il va tr�s mal. Il est malade, tr�s malade.
Il est mort ! Je viens de m'en souvenir.
Il est mort...
Il est 'remort', une deuxi�me fois. Mon fr�re meurt continuellement.
Mon papa a fait un enterrement,
mais il est tellement pauvre,
qu'il n'y avait rien, ni gens ni fleurs ni m�me le mort...
Une famille riche � c�t� de nous avait sept ou huit morts.
Parce qu'ils sont riches.
Et mon papa, il n'en avait pas un.
Pinocchio, tu es un grand gar�on tr�s gentil.
Viens ici et fais-moi un bisou.
Pinocchio, j'�prouve de la compassion pour ton papa.
Voici cinq sequins d'or.
Am�ne-les � ton p�re et salue-le bien de ma part.
Cinq sequins ! Merci, monseigneur. Mais alors, vous ne me mangez pas ?
Non, aujourd'hui, je ne mange pas.
Silence, ou je fais un pot-au-feu !
Bonjour, Pinocchio. - Pinocchio...
Comment connaissez-vous mon nom ? - On a vu ton p�re devant chez vous.
Il �tait en maillot de corps et il tremblait de froid.
Le pauvre vieux. - Pauvre vieux...
Alors, je cours le voir. Mais dor�navant, il ne tremblera plus.
Et pourquoi ? - Pourquoi ?
Parce que je suis devenu un grand monsieur.
Un grand monsieur... - Il n'y a pas de quoi rire.
Parce que je vous ferais dire que j'ai cinq sequins d'or !
Cinq... sequins... d'or !
Cinq sequins d'or ! - Cinq...
Cinq sequins d'or. - Je l'assomme et on prend sa bourse.
Arr�te ! Attends. - Je lui jette une pierre...
Monsieur Pinocchio, excusez-nous, nous ne nous sommes pas pr�sent�s.
Moi, je suis le Renard et voici le Chat.
Enchant�. - De m�me...
Nous sommes r�put�s pour �tre deux personnes comme il faut.
Ca se voit.
Et toi qui es un brave pantin, que vas-tu faire de tes pi�ces d'or.
Tu veux tout garder pour toi ? - Pour toi ?
D'abord, je veux acheter une nouvelle veste � mon papa.
Ensuite, un ab�c�daire pour moi. - Pour moi.
Pour moi ! Parce que je veux aller � l'�cole �tudier
pour gagner ma vie honn�tement par l'�tude et le travail.
L'�tude et le travail !
Pinocchio, tu es vraiment un pantin.
Dire que tes cinq pi�ces peuvent devenir mille ou deux mille.
Dix mille !
Dix mille ! Comment ?
Nous allons te le dire.
Au lieu de rentrer chez toi, tu viens avec nous.
Avec vous ? Et o� �a ?
Au pays o� les pi�ces d'or se multiplient.
Et comment s'appelle cet endroit ? - Le pays des Nigauds. Viens.
Viens.
Au pays des Nigauds, il y a un champ b�ni : le champ des miracles.
Quel bel endroit !
On fait un trou, on met une pi�ce et on obtient un arbre plein de pi�ces.
Ne l'�bruite pas. C'est un secret, garde-le pour toi.
Pour toi. - D'accord, je le garde pour moi.
Pour moi. - Pour toi ?
Pour toi. - Pour moi ?
Pour moi. - Pour toi ?
Pour toi... - Ca suffit !
Je ne m'adressais pas � vous. Posez �a, je vous en prie.
La viande est d�licieuse. Bravo ! - Bravo !
Merci, les amis.
Pinocchio, tu n'as touch� � rien. Mange ta noix.
Je n'ai pas faim ! Pourquoi n'y allons-nous pas tout de suite ?
Non, mais bient�t. Il faut nous reposer un peu.
Aubergiste ! - ...giste !
Accompagnez monsieur Pinocchio dans sa chambre.
Et n'oubliez pas de tous nous r�veiller � minuit.
Ce fut une bonne soir�e. Repose-toi. - Repose-toi.
Au lit, hein ? - Oui.
Bonne nuit, alors. - Bonne nuit.
Vous savez quoi ? J'ai r�fl�chi. - Non ?
Si. Quand on aura r�colt� tous les sequins,
au lieu de tout garder pour moi,
je me contenterai de deux mille.
Et le reste, je vous en fais cadeau. - Mais non...
Je t'en prie, Pinocchio. Tu nous offenses.
Tu dois donner les sous � ton papa qui en a besoin.
Et avec le reste, tu ach�tes un bel ab�c�daire. Bonne nuit !
...c�daire. Bonne nuit !
Bonne nuit.
De bien braves gens. - Vous l'avez dit.
Une noix !
Voil�, il est minuit.
Et mes amis, o� sont-ils ?
Ils sont partis il y a deux heures. - Pourquoi ?
J'ai un message :
'Dites � M. Pinocchio
que nous l'attendrons sous le grand ch�ne au lever du jour.'
Et le repas, ils l'ont pay� ?
Ils ne vous auraient pas fait un tel affront.
Dommage, cet affront m'aurait fait tr�s tr�s plaisir.
Tenez. - Merci.
Qui est l� ? Qui est-ce ?
Pinocchio... - Qui est l� ?
C'est moi, l'esprit du grillon parlant.
La barbe ! Tu m'as fichu un coup. Tu n'es pas mort ? Que veux-tu ?
Ne te fie pas � ceux quipromettent de te rendre riche en unjour.
Ce sont des fous ou des filous. Fais marche arri�re.
Et moi, je veux y aller. - Il se fait tard.
Je veux y aller. - Il fait nuit noire.
Je veux y aller. - Les chemins sont dangereux.
Je veux y aller.
Les petits gar�ons qui n'en font qu'� leurt�te s'en repentissent.
Toujours la m�me rengaine. Bonne nuit.
Bonne nuit. Que le Ciel te prot�ge de la ros�e et des assassins.
Quels malheurs vont m'arriver maintenant ? Des assassins...
Heureusement que je ne crois pas aux assassins,
et que je n'y ai jamais cru.
Alors, moi, les assassins...
La bourse ou la vie ! - Les assassins !
Poursuivons-le ! - Etranglons-le !
Au secours !
L'argent ou �a ira mal pour toi ! - Pour toi !
L'argent ou tu es un homme mort. - Homme mort.
Prends ces brindilles s�ches et faisons-le r�tir !
Br�lons-le ! - Mets-les ici, pas l� !
Ici ! - Ici, alors ?
Mets-y le feu. - Comme elles br�lent.
Jette tes sous, pantin ! - O� est-il ?
Tu l'as vu ? - Je l'ai vu.
Turlututu, messieurs les assassins.
O� vas-tu ? Viens ici. - Attrapons-le !
Tu br�les. - Toi aussi. A l'eau ! Toi par l�.
Moi par l�. - Non, toi par l�, et moi l�.
Ils vont m'attraper. Aidez-moi, je vais mourir.
Qu'est-ce que c'est ? Si je peux atteindre cette maisonnette...
Je n'ai pas compris. Par ici, ou par l� ?
Jette-toi � l'eau ! - Par l� ?
Oh� !
Il y a quelqu'un ?
Ouvrez ! Ouvrez tout de suite !
Debout ! Je vous en prie, r�veillez-vous !
Dieu du Ciel... Il y a quelqu'un. Ouvrez !
Il n'y a personne dans cette maison. - Ouvre-moi, toi !
Moi non plus, je ne suis pas l�.
Mais alors, qu'est-ce que tu fais � la fen�tre ?
Non, ne t'en va pas, jolie dame aux cheveux bleus.
Il y a des assassins qui...
Le voil� ! On va s'amuser ! - S'amuser !
Ayez piti� d'un pauvre pantin poursuivi par des assassins.
Tu ne t'�chapperas plus. L'argent ou �a ira mal pour toi.
Belle dame, au secours ! - L'argent !
Dans la bouche. - Ouvre la bouche !
Jamais. - T'es un dur, toi.
Adieu, pantin !
Quand nous reviendrons demain,
j'esp�re qu'on aura le plaisir de te trouver la bouche ouverte,
et surtout mort ! - ...tout mort !
Papa...
Mon papa � moi...
Si tu �tais l�...
C'est dommage, c'�tait un beau pantin.
C'est vrai. Bonne nuit, madame. - Bonne nuit, Medoro.
Madame la F�e, il y a un vieux, l�.
Parle... - C'est toi. C'est un miroir.
Les miroirs ne sont plus ce qu'ils �taient.
Il est vivant ou mort ? - Je crois qu'il est mort.
D'apr�s moi, le pantin est bel et bien mort.
Mais si par malheur, il n'�tait pas mort,
nous aurions un indice fiable qu'il est vivant.
Je suis navr� de contredire mon illustre coll�gue,
mais pour moi, il est vivant.
Moi, je sais quelle maladie il a, ce polisson de pantin.
Il ne sera jamais un vrai gar�on. Il restera un pantin.
C'est un fameux gredin.
Il fera mourir de chagrin son pauvre papa qui s'est sacrifi� pour lui.
Et lui ne l'aime pas.
Papa... Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas vrai !
Moi, je l'aime, mon papa.
Messieurs, s'il est vivant, il n'est pas mort et vous n'�tes plus utiles.
Merci pour vos lumi�res. Au revoir. - Au revoir, F�e.
C'est le premier mort qui pleure... - Au revoir, F�e.
Il faudra tout revoir...
Du petit-lait.
Bois-le et dans quelques jours, tu seras gu�ri.
C'est sucr� ou amer ? - Amer, mais �a te fera du bien.
Si c'est amer, je n'en veux pas. - Crois-moi, bois-le.
Moi, je n'aime pas ce qui est amer. Ca ne me pla�t pas.
Bois et apr�s je te donnerai un sucre pour faire passer le go�t.
Alors, je veux d'abord le sucre, en premier.
Et ensuite, je boirai ce m�dicament amer.
Tiens.
C'est d�licieux.
Ce liquide amer, je ne veux pas le boire. Non, non et non !
Mon gar�on, tu le regretteras. - Je m'en fiche.
Ta maladie est grave. - Je m'en fiche.
Si tu ne bois pas, tu mourras. - Je m'en fiche.
Tu n'as pas peur de la mort ?
Pas peur. Plut�t mourir que boire ce sale m�dicament.
Je veux mourir !
Qu'est-ce que c'est ?
Nous sommes venus te prendre. - Mais je ne suis m�me pas mort.
Pas encore. Mais �a ne tardera pas si tu ne bois pas le m�dicament.
Je voulais le boire mais elle voulait pas me le donner.
Petite F�e, le m�dicament, par piti� !
Tr�s bien. Cette fois, on a fait le voyage � l'oeil.
Patience, ce sera pour une autre fois.
Il rebondit dr�lement bien, ce lit.
Je vois que le m�dicament t'a fait du bien.
Oui, la prochaine fois, je le prendrai tout de suite.
J'ai quelque chose de tr�s important � faire. Mon chapeau...
Petite F�e, merci de m'avoir 'd�s�trangl�'. Ciao.
Pinocchio, attends.
Dis-moi... Pourquoi voulaient-ils t'�trangler ?
Pour les pi�ces d'or.
Et les pi�ces, o� ont-elle termin� ?
Je les ai perdues.
O� �a ?
Dans le bois, juste � c�t�.
Si tu les as perdues � c�t�, allons les chercher.
Maintenant que je me souviens vraiment bien...
...les pi�ces, je ne les ai pas perdues.
Bravo, Pinocchio.
Je les ai aval�es avec votre m�dicament amer.
Pourquoi riez-vous ?
A cause de ton mensonge.
Comment savez-vous que c'en est un ?
Parce que les mensonges sont de deux esp�ces.
Ceux qui ne vont pas loin,
et ceux qui ont un long nez.
Et les miens sont de quelle esp�ce ?
Madame la F�e, vous avez vu mon nez !
Mon nez s'est allong�, allong�...
Tout le monde va rire.
Comment je vais faire pour sortir avec un nez pareil ?
Ca ne me pla�t pas. Je n'en veux pas ! La barbe, alors.
Les pi�ces... Je ne les ai pas aval�es.
Les voil�. - Bravo, Pinocchio.
Il ne faut jamais mentir. Ce n'est pas bien.
�, F�e, comme je vous aime bien.
Moi aussi, je t'aime beaucoup, Pinocchio.
Je voulais acheter une veste � mon papa parce qu'il a vendu la sienne.
Mais c'est mieux de le faire venir ici. Ciao.
Ciao, Pinocchio, reviens vite. Je t'attends.
Comment a-t-il fait ? On lui a peut-�tre coup� la corde.
Coup� la corde. - Oui.
Les amis ! - C'est lui ! Pinocchio !
Laisse-moi faire. - Amis de coeur !
Les amis, c'estjustement vous que je cherchais.
Nous t'avons attendu si longtemps. - Longtemps.
Je sais. Mais si vous saviez ce qui m'est arriv�.
Quoi ? - J'ai rencontr� des assassins !
Quelle horreur ! - Horreur !
Ils ont vol� tes sous ? - Non.
Non. Les voil�, j'ai encore les quatre.
Il est encore temps pour le champ des Miracles ?
Le champ des miracles ? - Mais oui, le champ des miracles.
Allons-y. Par o� est-ce ? - Par l�.
Par l� ! - C'est par l�.
Finalement, nous y voil�. - Ah oui ?
Le champ des miracles ! - Comme c'est beau !
Et les arbres ? - Ils ont tout ramass�.
On est en retard. D�p�che-toi, creuse un trou.
Mais o� �a ? - L�.
L�. - Ici.
Ici, hein ?
Quand je serai riche, non seulement j'ach�terai une veste pour mon papa,
mais j'en offrirai aussi � la f�e. Je lui en ach�terai dix.
Parce que c'est la plus belle f�e et la plus gentille.
Ca suffit. - Maintenant, enterre les pi�ces.
Les voil�.
Il faut de l'eau pour les arroser.
Ca pousse en combien de temps ? - Une demi-heure.
Fais un tour. Tu vois, l�-bas ? C'est le pays des Attrape-Nigauds.
Va te balader et dans une demi-heure tu trouveras...
Toutes pour toi. - Pour toi.
Sois heureux, Pinocchio. Au revoir.
Au revoir. - Au revoir.
Excusez-moi, monsieur, elle est pass�e la demi-heure ?
Il en est pass� des demi-heures. - J'esp�re ne pas �tre en retard.
Pourquoi tu ris, Grillon ? Tu ne vois pas que je suis �nerv� ?
C'est de moi que tu ris ? - Oui, c'est de toi.
L'argent ne pousse pas comme les haricots et les courges.
Il faut le gagner honn�tement.
La barbe avec tes discours ! Je n'y comprends rien.
Sache qu'en ton absence,
Ie Renard et le Chat ont pris les sous enterr�s,
et ils se sont enfuis.
Le Renard et le Chat ont...
Deux braves gens comme eux... Je n'y crois pas !
C'est pour �a que je ne les trouve pas. Les voleurs !
Les voleurs ! Je m'en vais les d�noncer.
Je trouverai un juge au pays des Attrape-Nigauds.
J'ai les pr�noms et les noms. Ils vont m'entendre.
Mon pauvre Pinocchio.
L'un s'appelait le Chat et l'autre le Renard.
Des voleurs. Le Grillon les a vus en train de prendre mes pi�ces d'or,
avant de s'enfuir.
Deux voleurs. Et du coup, l'arbre n'a pas pu pousser.
C'est tout ?
Oui. Non. Ils m'ont vol� une autre pi�ce � l'auberge du Homard.
Parce que j'ai mang� une noix etj'ai d� payer une pi�ce d'or.
Un peu cher pour une noix.
En vertu de l'article un
du code d'Attrape-Nigauds,
attrapez ce nigaud etjetez-le en prison.
Cinq ans !
Mais je suis celui qu'on a vol� !
Entre, nigaud.
Je le m�rite, voil�. Bien fait pour moi.
Le grillon me l'avait dit.
Mais je suis un pantin t�tu et susceptible.
La barbe ! Mais dor�navant, je fais la r�solution de changer de vie.
Je veux devenir un gar�on gentil, comme il faut, ob�issant, honn�te,
etje veux aller � l'�cole et travailler.
Bravo, le pigeon.
Qui es-tu ?
Ils t'ont dompt�, hein, pantin ?
Comment tu t'appelles ?
Je m'appelle Pinocchio.
Tu as pris combien ? - Cinq ans.
Ca passe en combien de temps ? - Il faut des ann�es.
Combien ? - Cinq.
Petite F�e... Et toi, tu restes combien de temps ?
Je sors aujourd'hui.
Tout est � toi etje te laisse m�me mon ab�c�daire.
Tu es un gar�on d�sob�issant ?
Oui... Moi, personne ne me dompte, mon cher Pinocchio.
Je vais te montrer un truc.
L'autre jour, au lieu d'aller � l'�cole, je me suis enfui.
Tu sais ce que j'ai fait ? - Non.
Je suis entr� dans une p�tisserie,
et j'ai vol� toutes les sucettes qu'il y avait.
Non ? - Si.
Et tu les as toutes mang�es ? - J'allais m'attaquer � la premi�re,
quand j'ai entendu les carabiniers :
'Rentre ta langue, voleur, et sors les 28 sucettes que tu as vol�es.'
Ils me les ont confisqu�es pour les rendre au propri�taire.
Mais d'apr�s moi, ils les ont toutes mang�es eux-m�mes.
Mais il y a une erreur. Les sucettes...
...il n'y en avait pas vingt-huit, mais vingt-neuf.
Fais voir.
Tu sais quel parfum c'est ? - Non.
Sensationnel... Sens.
Non ! - Si ! A la mandarine !
Ecoute...
Tu me laisses donner un coup de langue, un seul ?
Toi, ici, et moi, ici. Vas-y.
C'est bon.
Mais dis-moi...
Quand tu rentreras chez toi,
tes parents...
Miam, c'est bon... ils t'enverront � l'�cole ?
Souviens-toi d'une chose, pantin.
Ce que je dois faire, il n'y a que Lucignolo qui en d�cide.
Et qui c'est Lucignolo ? - C'est moi ! Moi !
C'est toi ? - Oui.
Allez, Lucignolo !
Sors de l�, d�linquant.
Tu as bien saisi la le�on ? Et va � l'�cole !
Ciao, Pinocchio, on se voit dans cinq ans.
Ciao, Lucignolo !
Tiens, c'est pour toi. - Qu'est-ce que c'est ?
Ton repas. Des pelures de poire.
Pinocchio !
A, B, C, D, H... Au moins, je connais les premi�res.
E, cheval, les...
E font...
Qu'est-ce que c'est ?
Papa... Ma F�e...
Qui est l� ?
Ca fait d�j� cinq ans ? - Non, �a fait quatre mois.
Le roi d'Attrape-Nigauds a eu un fils.
En signe de joie, on fait la f�te et les d�linquants sont lib�r�s.
Mais moi aussi, je suis un d�linquant.
Qu'est-ce que tu as dit ? - Je suis un d�linquant, moi aussi.
Alors, dans ce cas, je t'en prie.
Vive le roi ! Vive le roi d'Attrape-Nigauds !
Tout ce qui m'est arriv� !
Et mon papa m'aura attendu. Je vais le retrouver chez la F�e.
Depuis le temps, je meurs d'envie de lui faire des c�lins et des bisous.
Et la f�e ? Me pardonnera-t-elle mon acte ?
Esp�rons que oui ! Esp�rons que oui !
Ci-g�t la F�e...
Ci-g�t la F�e aux cheveux bleus,
morte de douleur � cause de Pinocchio. Pinocchio ?
Mais Pinocchio, c'est moi !
Petite F�e, pourquoi es-tu morte ?
Pourquoi ce n'est pas moi qui suis mort ?
Je suis si m�chant, et toi tu es si bonne.
Petite F�e, comment fait-on pour mourir ? Comment fait-on ?
Si tu m'aimes vraiment, si tu aimes bien ton Pinocchio,
reviens vivante comme tu �tais avant.
Comme quand tu �tais vivante et que je te regardais vivante.
Petite F�e, revis !
Revis, petite F�e.
Revis !
Dis-moi, mon gar�on, que fais-tu l� ?
Ca se voit, non ? Je pleure.
Tu ne conna�trais pas, par hasard, un pantin du nom de Pinocchio ?
Tu as dit Pinocchio ? C'est moi. - Alors tu connais Geppetto ?
Si je le connais ? C'est mon pauvre papa !
Il t'a parl� de moi ? R�ponds-moi, o� est-il ?
Le pauvre, cela fait quatre mois qu'il est � ta recherche.
Est-il loin ? Je t'en prie, m�ne-moi � lui.
Suis-moi. - Merci, ma ch�re Colombe.
Finalement, je vais revoir mon papa. J'arrive, papa !
Que s'est-il pass� ?
A cause de son fils qu'il ne trouvait plus, un pauvre papa
a pris une barque pour aller le chercher au-del� de la mer.
Mais cet homme para�t... il ressemble...
Mais, c'est mon papa !
Papa...
C'est moi, ton fils, papa !
Pinocchio ! - Il m'a vu !
Je suis l�, papa. Je ne te quitterai plus jamais.
Reviens, mon petit papa.
Papa...
Je veux sauver mon papa !
Papa !
Et maintenant ?
Je l'ai �chapp� belle. Mon Dieu...
O� suis-je ? Y aurait-il un village dans cet endroit, avec la mer ?
Je veux aller voir, juste pour voir.
Oh, petite F�e, maintenant que je vous ai perdus, toi et papa,
o� je vais dormir, la nuit ?
Il vaudrait mieux, bien mieux, que je meure moi aussi. Je veux mourir.
La barbe ! Et puis, j'ai une de ces faims.
Excusez-moi, brave dame.
Vous me donneriez � manger si je porte votre broc ?
Pantin, comment es-tu arriv� ici ? - Il m'en est arriv� des choses.
J'en ai assez d'�tre un pantin, je veux �tre comme les autres.
Tu deviendras comme les autres si tu sais le m�riter.
Ah oui, et comment ? - Les bons gar�ons sont ob�issants.
Mais toi... - Moi, je n'ob�is jamais.
Les bons gar�ons disent toujours la v�rit�.
Je mens toujours.
Les bons gar�ons vont volontiers � l'�cole.
Moi, l'�cole, �a me donne des douleurs. L'�cole, �a ne me...
Excusez-moi, brave dame,
comment savez-vous que je... ?
Mais c'est toi !
Petite F�e, petite F�e !
Si tu savais comme j'ai souffert.
Ma gorge �tait si nou�e quand j'ai lu : 'Ci-g�t...'
Je le sais et c'est pour cela que je t'ai pardonn�.
La sinc�rit� de ta douleur m'a d�montr� que tu avais bon coeur.
Je peux donc peut-�tre esp�rer que tu retrouveras le droit chemin.
Oui, je veux le retrouver. - Alors, tu dois m'ob�ir.
Oui, j'�tudierai, je travaillerai, je ferai tout ce que tu me diras.
Je te dis que demain, tu dois aller � l'�cole.
Et tu iras, parce que tu me l'as promis.
Oui, j'irai.
Petite F�e, la maison des bois !
Les gars, regardez comme il est beau !
Il est � moi. - Il est � moi, ce chapeau !
Non, je l'ai trouv� sur la plage, il est � moi.
Il est � moi, je l'ai perdu. - Alors, viens le chercher.
C'est mon papa qui l'a fait. Merci.
Les gars, rendez-moi mon chapeau ou �a va mal finir !
J'ai peur... - Regardez comment il est habill� !
Va � l'�cole, pantin, il est tard. - Que j'aille � l'�cole ?
Ce que je fais, il n'y a que Pinocchio qui en d�cide.
Qui est ce Pinocchio ? - C'est moi.
Il s'appelle Pinocchio ! - Oui, et je veux mon chapeau.
Bisque, bisque, rage !
Tu m'as fait bisque, bisque rage, � moi ? Je vous aurai tous !
Une bagarre comme je les aime ! Ca, c'est la vie !
Prends �a, pantin !
Maman... Aidez-moi.
Je ne me sens pas bien.
Je meurs... - Eugenio ?
Qu'est-ce que tu fais ? Il est mort ?
Allons-nous-en.
Eugenio !
Eugenio ! Ce n'�tait pas moi.
Respire ! Ouvre les yeux, Eugenio !
Rel�ve-toi, Eugenio. - Qu'as-tu fait � ce gar�on ?
Les carabiniers...
On jouait avec des camarades d'�cole et � un moment il s'est senti mal.
Plus que se sentir mal, ce gar�on a �t� bless� � la tempe.
Qui l'a bless� ? - Pas moi.
Avec quoi a-t-il �t� bless� ?
Avec ce livre. - Et � qui appartient ce livre ?
A moi... - Ca suffit, ne parle plus !
Ce gar�on pourrait mourir. - Eugenio...
Vous, amenez ce gar�on � l'h�pital.
Et toi, pantin, nous te conduisons en prison.
Mettez-lui les fers.
Messieurs, les carabiniers,
je pourrais me couvrir avec votre cape ? J'ai honte.
Il fallait y penser avant.
Messieurs les carabiniers, on pourrait prendre un autre chemin ?
C'est ce chemin, avance !
Halte ! Arr�tez-le !
Par l�, plus vite !
Quelle �trange fouine...
Que fais-tu chez moi ? Tu voulais voler mon raisin ?
Non, je suis un bon gar�on.
J'allais � l'�cole. - Tu y vas avec des menottes ?
Belle �cole !
Tu t'es �chapp� de prison. Tu es dangereux.
Je te laisse le pi�ge au pied. Etje vais te donner une le�on.
Comme mon chien de garde est mort, ce pauvre Melampo,
tu vas prendre sa place.
Je n'ai jamais fait le chien de garde.
C'est facile : si des voleurs arrivent, tu aboies.
Comment on fait ? - Ouaf ! Ouaf ! Allez-vous-en !
Ouaf ! Ouaf ! - Plus fort !
Encore !
J'ai peur, il fait noir !
Ouaf ! Ouaf !
Mais c'est bien fait pour moi !
Si je pouvais rena�tre...
Mais il est tard, et il faut de la patience.
Des voleurs ! Ouaf ! Ouaf !
Chut, Melampo. C'est moi.
T'es idiot, ou quoi ? Sois gentil, le chien.
Pardon, mais je ne suis pas un chien.
Je suis un pantin. - Un pantin ?
J'ai des doutes. Si tu es un pantin, r�ponds � cette question :
quel est le meilleur parfum de sucette ?
Je le sais, c'est la mandarine.
Pourquoi ? - Parce que...
Parce que...
Parce que c'est sensationnel !
Lucignolo ! - Pinocchio...
Ce grand coeur... Lucignolo, comme je suis content de te voir.
Que fais-tu ici ? - Si tu savais ce qui m'est arriv�.
Mais, toi, que fais-tu ici ?
L�-dedans, il y a les plus belles poules de la r�gion.
Avec huit poules, j'aurai deux chevaux � bascule.
Aide-moi. - Oui. Non, mais...
Tu sais que ce n'est pas beau de voler ?
Lib�re-moi plut�t, et demain, on ira � l'�cole ensemble.
Quel horrible discours, Pinocchio.
Ils t'ont dompt�, hein ? Je te lib�re.
Mais apr�s, je vole quand m�me quatre poules.
Je vous tiens ! Nous allons r�gler nos comptes !
Je vous tiens, voleurs ! - Merci pour ton grand coeur !
Voleurs !
Pinocchio ?
Oui ? - Viens, entre.
Mais, il est tard...
Je ne voudrais pas d�ranger.
Tu ne me d�ranges pas. Allez, viens ici.
Ah bon ? Je ne d�range pas...
D'accord...
Alors, raconte-moi ta journ�e � l'�cole.
Eh bien...
C'�tait bien... On a...
On a appris les fleuves.
Puis les chiffres, les lettres, presque toutes.
A, B, C, H, L... Je ne m'en souviens pas.
Ensuite, le ma�tre m'a interrog� et m'a mis...
...dix.
Combien il t'a mis ?
Il m'a mis dix...
Ce n'est pas vrai.
Je voulais vraiment aller � l'�cole. Mais il m'est arriv� tant de choses.
Et en rentrant, je me disais :
'Comment je fais pour me pr�senter devant ma F�e comme �a ?
Que dira-t-elle en me voyant ? Elle voudra me pardonner,
mais il faudra qu'elle soit tr�s gentille pour me pardonner.
Sera-t-elle assez gentille pour me pardonner ?'
Je me suis dit que non et ensuite que c'�tait possible,
parce qu'elle est gentille et belle.
J'ai pens� que si elle pardonnait, c'est que c'est la meilleure f�e.
Sinon, c'est pas la meilleure. D'apr�s moi, c'est elle.
Alors elle devrait me pardonner.
Je verrais bien en rentrant.
Parce que dans ma vie, il n'y a pas eu un quart d'heure de bien.
Un quart d'heure !
Tu vois ce qui arrive quand on ne tient pas ses promesses ?
Etje m�rite une punition, �a, je la m�rite.
Non, Pinocchio, personne ne te punira plus.
Maintenant que tu as vraiment compris, je veux te faire un cadeau.
Ton souhait va devenir r�alit� : tu seras un petit gar�on ordinaire.
Tu acceptes ?
Petite F�e, je le veux plus que tout au monde.
Tu seras gentil ? - Oui, mais je le suis d�j�.
Parce que j'ai compris, petite F�e, cette fois, j'ai compris !
Je te crois, Pinocchio, je te sens sinc�re.
Aujourd'hui, en ton honneur, Pinocchio, c'est la f�te.
La F�e a voulu r�unir dans cette belle maison
tous tes futurs compagnons de classe
et ton ma�tre, c'est-�-dire moi.
Merci, merci � tous !
En coupant ce g�teau, j'officialise l'entr�e de Pinocchio
dans le monde des bons gar�ons.
Tu peux choisir ton voisin de table. - D'accord. Mon voisin...
Et un... - ...sera...
Arr�tez !
Qu'y a-t-il ? - Il manque Lucignolo.
Lucignolo ?
Nous sommes tous l�.
Lucignolo est dernier de la classe, j'ai d�cid� de le renvoyer.
C'est mieux qu'il ne soit pas l�.
Alors, un ! - Non !
C'est mon ami de coeur, je l'aime bien.
Ca lui fera plaisir de venir. Je vais le chercher.
Tu devrais commencer � ob�ir.
Tu fais une erreur parce que Lucignolo...
Bravo, Pinocchio. Cela te fait honneur.
C'est bien de vouloir partager son grand jour avec son ami de coeur.
C'est tr�s beau. Bravo !
Reviens vite. Nous t'attendons. - Ciao, je ne serai pas long.
Lucignolo !
Pinocchio...
Lucignolo ! Qu'est-ce que tu fais ?
Ca fait trois heures que je te cherche.
Tu connais la nouvelle ? La chance qui m'arrive ?
J'arr�te d'�tre un pantin etje deviens un gar�on comme toi.
Grand bien te fasse.
Mais, Lucignolo, il y a une f�te � la maison.
Il ne manque que toi. Allez, on y va.
Je ne peux pas, je m'en vais ce soir.
Pour partir tr�s, tr�s loin.
O� vas-tu ? - Je vais vivre dans un pays...
...le plus beau pays du monde.
Comment il s'appelle ? - Il s'appelle :
Ie pays des Jeux.
Quel joli nom...
Tu peux venir, toi aussi. Allons-y. - Non !
Je reste ici avec ma F�e.
Pauvre niais. Tu fais erreur.
Je ne fais jamais erreur. Je n'aime pas...
C'est quoi, ce pays ?
Je te dis seulement deux choses.
Dans ce pays, personne ne te demandera de travailler.
Il n'y a ni ma�tres ni livres.
Et le dimanche, il n'y a pas �cole.
Quel beau pays !
Mais ici non plus, il n'y a pas �cole le dimanche.
Oui, mais dans ce pays, la semaine est faite de sept dimanches.
Imagine... Les vacances commencent le 1erjanvier
et finissent le dernierjour de d�cembre.
Un dimanche ? - Exact !
Mais qu'est-ce qu'on fait dans ce pays ?
On joue, on fait ce qu'on veut du matin au soir.
Alors ? Tu viens ou pas ? - Non !
J'ai promis � la F�e de rentrer rapidement.
Ciao ! Bon voyage, Lucignolo.
Ciao, pantin.
Un endroit o� il n'y a pas d'�cole...
Une derni�re chose.
Mais tu es vraiment s�r et certain
que les vacances commencent le 1erjanvier
et finissent le 31 d�cembre. Tu en es s�r ?
On ne peut plus s�r.
Il reviendra. - Je m'en vais.
Je m'en vais, Lucignolo, adieu pour de vrai.
D'accord. Ciao, Pinocchio.
Le voil� ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
Le chariot qui vient me chercher.
Qu'il est beau !
Alors, Lucignolo,
je reste deux minutes pour le voir. Apr�s, je m'en vais.
Bonsoir, mon mignon.
Malheureusement, le chariot est plein.
Il est plein � l'int�rieur, je me mets l�.
Et toi, mon ch�ri, qu'as-tu l'intention de faire ?
Tu viens avec nous ou tu restes ?
Pinocchio !
Lucignolo !
Qu'est-ce que je t'avais dit ? - C'est le paradis !
Ciao, Pinocchio ! - Ciao, Lucignolo !
Pinocchio !
Mon Dieu, c'est l'enfer !
Il faut que je le trouve vite ou il sera trop tard. Pinocchio !
Amis de coeur, je suis l�, au-dessus de vous !
Au secours ! Au secours !
Pinocchio, o� es-tu ? Je dois le trouver.
Stop !
Un peu de paix...
Fuyez, vous allez tous devenir des �nes !
Pinocchio ! O� es-tu ?
Doux J�sus !
Je ne le trouverai jamais. Et vous, quittez cet endroit !
Comment dois-je vous le dire ? Partez !
Vous deviendrez tous des �nes ! Aidez-moi, je suffoque.
Je n'y arriverai pas. Lib�rez-moi !
Au secours !
Doux J�sus !
Mon Dieu !
C'est l'enfer !
Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
On va se coucher. - Non.
J'ai envie de faire plein de choses.
Je le sais mais demain matin on remet �a.
J'ai h�te, Lucignolo ! - Ca te pla�t, hein ?
Beaucoup. - Et tu ne voulais pas venir...
Oui. Aujourd'hui, je suis un gar�on heureux et le m�rite te revient.
Ne me remercie pas, je l'ai fait de bon coeur.
Grand coeur !
Lucignolo...
Le ma�tre voulait te renvoyer. Il l'a dit � la maison, j'ai entendu.
Je le sais, mais je lui pardonne.
Grand coeur !
Bonne nuit, mon ami. - Bonne nuit, mon ami.
Heureusement que c'est fini.
Ils se transforment en �nes. Il me faut un bon prix.
Ce sont des fourrures toutes jeunes et toutes fra�ches.
Celui-ci est pr�t. - Je le prends !
Combien en veux-tu cette ann�e ? - Une cinquantaine...
...qui sachent encaisser les coups ! - Ils encaissent.
Il est beau, celui-l�. - Oui, combien en veux-tu ?
Une cinquantaine aussi. Quand les emmenons-nous ?
C'est une question de minutes.
Et il n'y en aurait pas un... - Il y en a des tas.
Nous en avons de tous les genres.
Tous les enfants se transforment en �nes.
D'abord, les oreilles, puis, la queue et enfin...
Comme celui-ci.
J'en prends 100. - Regardez le nez de celui-ci.
Que pensiez-vous devenir ? M�decins ? Professeurs ?
Tous des baudets !
Il fait jour. J'ai h�te de reprendre. On y va, Lucignolo ?
Allons-y !
Mais... ce sont...
Ce sont deux oreilles d'�ne toutes poilues.
Regarde...
Je n'en veux pas.
Qu'est-ce que je vais faire ? J'ai honte de sortir comme �a.
Ca doit �tre une blague de Lucignolo.
C'est de sa faute !
J'y vais !
Je vais le voir pour lui dire ses quatre v�rit�s.
Lucignolo, c'est moi, Pinocchio. - Viens, entre.
Bonjour, Lucignolo, comment �a va ?
Ca va.
Dis-moi, pourquoi tu portes ce drap qui te couvre la t�te ?
Ordre du m�decin
parce que j'ai mal... au genou.
Mon pauvre Lucignolo.
Et toi ?
Moi... Moi, je me suis fait mal au coude et le m�me m�decin...
Mon pauvre Pinocchio. - Eh oui...
Mais... Lucignolo, tu me ferais plaisir, s'il te pla�t ?
Volontiers. Avec tout mon coeur.
Tu me fais voir tes oreilles ?
Volontiers. Mais d'abord, je veux voir les tiennes, mon cher Pinocchio.
Non... Mais faisons comme �a :
je compte jusque...
Tu sais compter ? - Oui.
Tu comptes jusqu'� trois et on les enl�ve tous les trois ensemble.
D'accord. - Vas-y.
Un... et trois !
T'as de ces oreilles, Lucignolo !
Fais voir...
Quelles oreilles tu as !
Tu as... Luci...
Tu as une...
Lucignolo...
Qu'est-ce que c'est que �a ?
Mon Dieu, mon Dieu !
C'est une queue. Il t'est pouss� une queue.
Et moi, j'en ai une ? - Pas encore.
Comment �a, pas encore ? Je vais en avoir une ?
Je ne sais pas, mais j'ai peur. - Quelle horreur !
Qu'est-ce qui m'arrive ? Qu'est-ce qui m'arrive ?
Lucignolo ! - Qu'est-ce qui m'arrive ?
Pinocchio, aide-moi !
Pinocchio !
Lucignolo ! - Pinocchio !
Tu es l�... - Il se transforme en baudet.
Au secours, j'ai une queue !
F�e, aide-moi, j'ai une queue. - Tu l'as m�rit�e, Pinocchio.
Grillon, je suis content que tu sois l�.
Si j'avais �cout� ma F�e, je serais d�j� un vrai gar�on comme il faut.
Mais dor�navant, je te promets...
Que veux-tu promettre ? C'est trop tard.
Tu n'as pas r�ussi � devenir un gar�on comme les autres.
Qu'est-ce qui va m'arriver ? - Tu vas devenir un baudet,
comme ton ami.
Vous serez bons pour tirer un chariot.
Tes pleurs sont maintenant inutiles. Adieu, Pinocchio.
Grand coeur...
Ne t'en va pas, Grillon. Je promets de travailler, d'�tudier et tout !
Ne t'en va pas !
C'�tait moi, �a ?
C'�tait moi, �a ?
Et maintenant, respectables spectateurs,
votre humble serviteur a le plaisir de vous pr�senter
Ie baudet le plus c�l�bre du monde :
Ie baudet Pinocchio.
Observez, je vous prie, le caract�re sauvage qui �mane de ce mammif�re.
Admirez-le...
...puis jugez-le.
Bravo, Pinocchio, fais le mort.
Et ce n'est pas fini.
J'ai aussi dress� cette b�te sauvage � danser
et � sauter � travers des cerceaux en feu...
�, ma F�e...
On ne brait pas devant le public, bourrique !
Excusez-le. Je promets d'enseigner la grammaire et les bonnes mani�res
� ce mammif�re poilu � sabots.
Allez, Pinocchio, bouge-toi.
Montre � la foule affol�e commentje t'ai appris � sauter.
Allez, bouge, Pinocchio !
Allez, Pinocchio, allez.
Quelle belle chute, Pinocchio.
Une belle chute...
Qu'est-ce que tu fais, bourrique ? Allez, rel�ve-toi.
Musique, maestro ! C'est parti pour les clowns.
Il s'est cass� une patte.
Jetez-le � la mer. Noyez-le !
Le baudet Pinocchio !
La F�e ! C'est toi qui m'as sauv�.
Je le savais ! Je le savais !
Si tu savais tout ce qui m'est arriv�...
Mais je te promets que dor�navant, je serai un bon gar�on honn�te...
Vite, Pinocchio ! Nage vite !
Je ne peux pas nager plus vite que �a. Mais j'essaie.
Plus vite !
Allez ! - Alors, tu m'aimes bien, la F�e ?
Pinocchio ! - Il ne m'arrivera plus rien.
Pinocchio ! Attention !
Qu'est-ce qu'il y a ? Petite F�e !
Petite F�e, au secours ! Il m'a mang�, ce monstre de poisson !
J'esp�re ne pas �tre digeste.
C'est injuste... Juste au moment o� j'allais embrasser ma F�e.
Qu'est-ce que c'est ?
Mon Dieu, j'ai une de ces peurs. Il doit �tre plein de monstres.
Mais o� je suis ?
Qui est l� ? - Mon Dieu ?
Qui est-ce ? - J'ai une de ces peurs.
Il y a quelqu'un ?
Je suis... un thon. Glouglou !
Et vous, quel poisson �tes-vous ?
Je ne suis pas un poisson, je suis un pauvre vieux.
Je m'appelle Geppetto. - Mon papa !
...mon fils, que je ne veux plus voir !
Parce qu'il n'est pas gentil. Et si je le voyais, je le tuerais !
Il est m�chant ! - Ah oui ? Glouglou...
Il a �t� si m�chant que �a, votre fils ?
J'ai mis tant d'amour pour en faire un bon gar�on.
Je suis all� en prison pour lui, vous savez, M. Ie Thon.
C'est un gar�on m�chant, ingrat... - Ce n'est pas vrai.
...sans coeur !
Parce que pendant que je suis l� � souffrir,
Iui doit �tre en train de s'amuser... - Pauvre papa.
...qui sait o�.
Vous voyez, M. Ie Thon, comme il est mauvais mon fils ?
M. Ie Thon...
Mais vous pleurez...
Nous, les thons, on a les larmes faciles.
De toute fa�on, c'en est fini de moi, M. Ie Thon.
Etje ne reverrai jamais mon fils.
Mais, glouglou, si vous le revoyiez � l'instant m�me,
que feriez-vous ? - Que devrais-je faire ?
Je suis un papa et c'est mon fils.
Et malgr� tout, je l'aime.
Et s'il �tait l�, je l'embrasserais tr�s fort.
Je l'embrasserais, etje mourrais de joie.
Mais, patience...
Papa ! - Pinocchio !
Je ne suis pas un thon, je suis Pinocchio, le pantin !
Ton fils unique !
Pinocchio, mon fils !
Mais je ne sais pas nager. Sauve-toi, mon fils.
Je ne pars pas sans mon papa.
Regarde, papa.
Il prend son souffle pour �ternuer et �a nous conduira chez nous.
Allez, papa, viens, allons-y.
On y va ! - Rends-moi ma perruque !
Tu n'as pas chang� ! - Viens la prendre.
Papa !
Papa ! - Ma perruque !
C'est moi qui l'ai, ta perruque. - Rends-la-moi !
Viens, je t'emm�ne � la maison.
J'ai vraiment besoin d'un verre de lait.
Sinon, je vais mourir.
Il y a un paysan � c�t� d'ici...
Il s'appelle Giangio et il a une belle vache.
Essaie d'�changer tes services contre un peu de lait pour moi.
Giangio, c'est �a ?
D'abord, je te mets au lit. Ensuite, je vais le voir pour travailler.
Mais tu ne sais rien faire.
Bravo, Pinocchio.
Tu sais, aujourd'hui j'ai travaill� 2 heures de plus,
et M. Giangio m'a donn� un sou.
Et avec ce sou, je me suis achet� cette sucette.
Une sucette ?
Oui, mais c'est pour le d�ner...
Et pas tout pour ce soir. La moiti� ce soir, l'autre moiti� demain.
Bravo ! - Ce soir, je l�che trois fois l�,
et demain soir, trois fois l�. Je peux ?
Et une... et deux...
...et trois.
Trois. C'est tr�s bon.
Regarde-moi �a : les plus belles carottes et aubergines du march�.
Bravo, Pinocchio. Encore deux petites heures...
M. Giangio, je veux allerjusqu'� ce soir.
Je veux gagner un verre de lait de plus.
Mon papa n'en attend qu'un, avec deux, ce sera la surprise !
Bravo, tu es un vrai travailleur.
M�me ma bourrique travaille moins bien.
Pourquoi ? Vous avez une bourrique ?
Oui, mais elle est malade.
Je l'ai trop fait travailler. Elle est en fin de vie, la pauvre.
Quelles carottes ! On dirait des biscuits.
Ciao, Pinocchio. Allons-y, Cenerina.
Allez, viens.
Tu en boirais bien un autre, hein, papa ?
Evidemment que j'en boirais bien un autre.
Mais il faudra attendre demain.
Papa ? - Oui...
Pinocchio...
Quel joli baudet.
Comment vas-tu ?
Ca ne va pas, mon petit �ne ?
Allez...
Je suis d�sol� que tu ailles mal.
Tu es beau...
Petit �ne...
Tu sais...
Pourtant...
Tu sais que j'ai l'impression de t'avoir d�j� vu...
Pinocchio...
Grand coeur ! Grand coeur ! C'est toi !
C'est toi ! Reste l�, Lucignolo ! Reste l�.
Allez, Lucignolo !
Regarde qui est l�, Lucignolo.
Lucignolo, je suis si content de te revoir.
Lucignolo, �a ne va pas bien...
Allez, Lucignolo. Tiens, regarde !
Regarde ce que j'ai...
Elle est � la mandarine.
C'est � la mandarine, Lucignolo, � la mandarine.
Tiens.
Sensationnelle...
Encore !
Lucignolo...
Elle est � la mandarine, Lucignolo, � la mandarine.
Il est mort ?
Tu es tr�s pein� pour un �ne...
C'est que... C'�tait mon ami.
Mon camarade de classe. - Belle �cole !
Tu avais un �ne comme voisin de classe.
Oui. - Tu as d� faire de belles �tudes.
Allez, va travailler. - Oui.
C'est bien !
Je me sens vraiment mieux maintenant.
Mais, toi, tu devrais dormir quelques heures. Tu es fatigu�.
Moi, papa ? Mais non.
Je suis un pantin fort. Tu m'as bien b�ti, papa.
Je dormirai plus tard. Je dois faire des corbeilles en osier.
Apr�s, je les vends, et avec les sous, je t'ach�te une veste neuve.
Merci, mon brave Pinocchio.
Oui, j'ai bien besoin d'une nouvelle veste.
Si tu en trouves une avec les lignes noires, j'aime bien �a.
Que fais-tu, Pinocchio ?
Mais tu dors ? Et tes corbeilles, alors ?
Oui, j'y vais.
Je vais les faire dehors, pour ne pas te d�ranger.
J'y vais.
Tu as vraiment tout bu. - Tout !
C'est bien.
Bravo. Ciao.
C'est bien.
La F�e...
Petite F�e...
Bravo, Pinocchio !
Pour ton bon coeur, tu m�rites des compliments et de la joie.
Tu as r�ussi.
Ma F�e, tu m'as appris tant de choses.
Je n'oublierai jamais.
Continue sur ce chemin et tu seras heureux.
Ciao, Pinocchio. - Ciao, petite F�e. Ciao...
Au revoir, M. Pinocchio. - Ciao, Medoro, au revoir.
Esp�ce de fripon, ciao. - Grillon ! Tu t'en vas toi aussi ?
Eh oui. Mais si tu veux, je reste.
Non, je disais �a comme �a. Tu dois avoir des choses � faire.
Ciao. - Ciao, Pinocchio.
Allez, les souris.
Encore, Medoro !
C'est la derni�re fois que je le fais.
Demain, tu viens avec moi et on va acheter des lunettes.
C'�tait quand m�me un beau pantin.
Papa !
Tu as vu ?
Et regarde �a... Vas-y, touche.
Tire dessus...
Ils sont vrais. - Papa...
Dis-moi, papa, comment tous ces changements sont-ils arriv�s ?
C'est gr�ce � toi, Pinocchio. - Ah ? Et pourquoi ?
Parce que quand les mauvais gar�ons deviennent bons,
ils ont le don d'offrir un aspect souriant et serein aux choses.
Et le pantin, o� est-il ? - Le voil�. Tu le vois ?
J'�tais dr�le en pantin. Mais je suis content d'�tre un bon gar�on.
Pinocchio ? - Oui ?
Viens.
Tiens...
Qu'est-ce que c'est ? - Des livres. Va � l'�cole.
Merci, ciao, papa. - Ciao, Pinocchio.
Ciao, Pinocchio.
Bonjour. - Je t'en prie.
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