All language subtitles for Imma Tataranni - S01E03

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Original subtitles

Penelope !

Tu continues la lecture ?

Même si comme Tityre, tu m'as l'air bien endormie.

- Oui, madame. - Vas-y.

C'est bien.

Taccardi, vous m'accompagnez ?

Non, le saut à l'élastique, c'est pas pour moi.

Elle est vraiment unique.

Elle a confiance en personne.

Et quand elle a une idée en tête...

C'est tout à son honneur.

C'est surtout sa manière de s'habiller.

- C'est vrai. - Attention aux branches.

T'en fais pas, Calogiuri.

Non, Diana, c'est vraiment pas le moment.

Désolé, madame,

- la corde est restée bloquée. - J'ai vu.

Imma ! Giuseppe m'a dit qu'il l'a quittée.

Il a demandé un transfert près de Matera.

A mon avis, il m'aime encore ! T'en penses quoi ?

- Madame Diana ? - C'est qui ?

La substitute n'est pas disponible.

Très bien, je lui dirai.

Comme vous avez pu entendre, c'était une urgence vitale.

Je suis au bon niveau ?

- Vous devriez bientôt le voir. - OK.

Tout va bien ? Vous l'avez vu ?

Oui, il est devant mes yeux.

Aujourd'hui, c'est cours d'alpinisme.

C'est le moment de faire des blagues ?

Sinon, on a trouvé quelque chose d'intéressant ?

Oui, on a eu de la chance.

La victime avait ses papiers sur elle.

Un certain Domenico Bruno, né à Matera,

le 2 mars 1950.

Domenico Bruno ?

L'architecte disparu il y a 15 ans ? On l'a enfin retrouvé.

C'est incroyable.

Avec vous, plus besoin d'archives informatiques.

C'est magnifique.

Comme il était suspendu, les tissus se sont déshydratés.

Comme quand on égoutte quelque chose.

C'est le processus utilisé pour la momification

au sein de l'église de San Pietro Barisano.

Cette technique est aussi utilisée pour la charcuterie.

Taccardi, les causes du décès ?

Cause du décès... Il est tombé.

J'aurai quand le rapport d'autopsie ?

Madame,

l'architecte, ça fait plus de 15 ans qu'il attend ça.

Mais je vais faire de mon mieux.

Quel endroit magnifique.

Dommage qu'on assiste à une bétonisation de tout.

- C'est vous qui l'avez trouvé ? - Oui.

Je peux en savoir plus ?

C'est pas le genre d'endroit où on passe par hasard.

Je suivais un loup pour le recensement.

Je suis chercheur en biologie à l'université de Basilicate.

Vous êtes un cerveau importé.

- Oui, enfin... - Oui, c'est le contraire.

Voilà la parmigiana.

Super, maman.

Valentina s'excuse, elle est restée chez une amie.

C'est fort dommage.

C'est pas grave.

On aurait pas pu faire pareil ?

Ta mère veut que voir sa petite-fille.

Elle est avec la fille du notaire ?

Non, elles se sont disputées.

Elle a une nouvelle priorité.

Elle s'appelle Penelope.

Vous vous êtes renseignés sur elle ?

On croise les doigts.

Comment ça ?

Vous avez entendu parler de Domenico Bruno ?

Le pauvre, quelle mort tragique.

Un collègue du génie civil

dit qu'on a retrouvé ses archives avec ses projets.

Des beaux projets.

Il venait souvent au centre de Rocco Scotellaro.

C'était un gars un peu aigri.

Il disait toujours qu'à Matera, on construisait trop et mal.

Même s'il était aigri, il était très beau.

Il était très charmant.

Demain, au palais Lanfranchi,

une cérémonie de commémoration sera organisée.

Bref...

Papa, monte le son.

Nous avons réussi...

Regardez !

Veuillez m'excuser.

Pardon.

Beaucoup ont espéré qu'il se soit réfugié en Argentine.

Mais...

Comme j'ai dit à sa famille, il n'est pas avec moi.

Vous vivez en Argentine depuis plus de 30 ans, n'est-ce pas ?

Tout à fait.

Quand vous vous êtes revus, vous l'avez trouvé fatigué ? Abattu ?

Absolument pas.

Il était très énergique, comme à son habitude.

Il est probable qu'au moment où il donnait cette interview,

l'architecte était déjà mort.

Sa mort semble être accidentelle.

Ils ont oublié la moitié des informations.

Sa voiture avait été retrouvée à Contrada Passarelli.

Rien à voir avec le lieu où on a trouvé le corps.

Si tu veux te promener de ce côté des Gravine,

- tu te gares pas là-bas, non ? - Bien sûr.

- C'est nouveau ? - Il te plaît ?

C'est Penelope qui l'a fait.

Magnifique.

C'était la sienne, elle me l'a offerte.

Elle fume cette Penelope ?

Papa !

On s'est partagé une cigarette.

C'était pour essayer.

Le dis pas à maman.

C'est notre petit secret, OK ?

J'ai trouvé ça dégueulasse. Je fumerai jamais.

Bonne nuit, papounet.

Qu'est-ce que vous complotiez ?

Valentina me parlait de sa copine, de Penelope.

Je sais pas si c'est une bonne fréquentation.

Tu l'as déjà rencontrée ?

- Non. - Et alors ?

Alors, rien.

J'ai l'impression qu'elle n'a rien à voir avec Valentina.

Elle est complètement différente.

Elle est bizarre.

Moi, tant qu'elle est différente de Bea, tout me va.

Vraiment tout ?

T'en fais pas un peu trop ?

On la connaît pas.

Quand on l'aura rencontrée, on avisera.

En attendant, je vais dormir.

Bonne nuit.

Bonjour.

Bonjour.

Salut, Imma.

Je me suis assoupie quelques secondes.

T'as dormi ici ?

Non, j'ai pas dormi de la nuit.

A mon avis, mon enfoiré de mari me raconte des bobards.

T'y crois que son transfert à Matera est acté,

mais faut attendre l'aval du ministère ?

Une femme aussi cosmopolite que toi devrait savoir que la bureaucratie,

c'est le mal de ce pays.

Mais faut pas perdre espoir.

Il est où, le dossier sur Domenico Bruno ?

T'énerve pas, j'y suis pour rien.

Ils sont en train de réorganiser les archives,

- on ne trouve plus rien. - Comment ça ?

Mon Dieu !

Imma !

Je te cherchais.

T'as le dossier de M. Bruno ?

Non, personne sait où il a été mis.

Je voulais t'inviter à dîner.

M. Vitali sera présent. Il est impatient.

C'est une bonne idée pour souder l'équipe.

Oui, il manquerait plus que ça.

- Madame... - Ne bougez pas.

On m'informe qu'une révolution est en cours aux archives

et qu'on ne trouve plus rien.

Comment ça ? Je ne comprends pas.

Qu'est-ce que vous cherchez ?

Le dossier sur la disparition de M. Bruno.

Donc on trouve des choses,

mais pas les dossiers de plus de 15 ans.

Il a disparu pour toujours alors ?

La digitalisation des archives est en cours.

Dans quelques mois,

l'accès sera plus simple et sécurisé.

Rien n'est perdu.

C'est dur, mais faut être patient.

D'après ce qu'on m'a dit, sa mort était un accident.

C'est pas le moment de poser des questions.

Ralentissez un peu.

Mon père a participé au premier concours

pour la requalification des Sassi de Matera.

Un projet qui a fait parler de lui,

au cours d'une période

où on pensait raser ces anciens bâtiments.

Ce quartier

rimait avec saleté, avec maladie et avec délinquance.

Ce fut l'un des premiers à demander une requalification.

Mais malheureusement pour lui et pour Matera,

le projet n'a pas abouti.

Ses idées lui ont valu

la chaire professorale au sein de l'université d'architecture de Bari,

où j'enseigne depuis des années.

Ce n'est pas le seul secteur

dans lequel j'ai assumé l'honneur

et la charge

de transposer la vision de mon père dans le monde actuel.

Sans vouloir manquer de modestie,

aussi dans le monde de demain.

Malgré les belles paroles de Giulio Bruno,

il ne s'entendait pas avec son père.

Qu'est-ce que t'en sais ?

Rosy m'a dit qu'il détestait son père. Il pouvait pas le voir.

C'est qui, Rosy ?

Rosy, ma coiffeuse.

Ca fait des années qu'elle coiffe la veuve Bruno à domicile.

D'ailleurs, la pauvre, elle a complètement perdu la tête.

Don Mariano.

- Vous, ici ? - Madame la Substitute.

Vous connaissiez l'architecte ?

Entre utopistes, on se connaît tous.

Que pouvez-vous me dire sur lui ?

Tous les deux, on voulait créer un paradis sur Terre.

Mais contrairement au pauvre Domenico,

je pense avoir trouvé un plan B.

- Le paradis au Ciel ? - Non.

La lutte des classes.

Vous avez rien à me dire ?

Même une rumeur, peut-être sur sa femme.

C'est vrai que Giulio détestait son père ?

Domenico a quitté sa femme. Ils ont divorcé.

A mon avis, son fils l'a très mal pris, c'est tout.

Venez, je vais vous montrer quelque chose.

Ca, c'est la maquette de son projet.

Regardez ces jardins ! C'est magnifique.

Une superbe et gigantesque utopie.

Il avait remporté l'appel d'offres

pour transformer le Vallone della Femmina

en un grand parc public.

Il y a travaillé pendant des années.

Le Vallone della Femmina,

c'est l'endroit où on a retrouvé son corps ?

Mais le conseil municipal a tout arrêté.

C'est là qu'il a commencé à...

s'isoler.

Je l'ai déjà vu dans les Murge,

en train d'errer comme une âme en peine.

J'espère qu'il a trouvé la paix.

Portez-vous bien.

Bonne journée.

Si je peux me permettre, madame la Substitute.

Regardez ses chaussures.

Qu'est-ce qu'elles ont ?

Madame Tataranni.

On se connaît depuis longtemps, non ?

Et vous n'avez toujours pas compris

que si je dis que je vous appelle,

ça veut dire que vous devez attendre mon appel.

Sauf si vous voulez assister à l'autopsie.

Pardon, on était en train de parler.

Tu disais ?

Je disais que...

Je mettrais jamais ce genre de chaussures

pour faire une promenade de quatre heures.

T'as raison, j'y avais pas pensé.

Si j'ai bien compris, vous pensez à un meurtre

car sa voiture était garée loin.

Pas que.

Il y a aussi cette histoire de chaussures

et un autre détail

- qui peut avoir son importance. - Quoi ?

C'était un visionnaire écologiste. Il a bloqué des investissements.

Donc, il a forcément dû se faire tuer.

J'ai pas dit ça.

Mais c'est une possibilité.

Mme Tataranni qui suit les rumeurs. C'est nouveau.

Si la science m'apporte pas de réponse...

A quoi vous vous attendez ?

Un cadavre qui a subi les intempéries depuis des années,

les animaux qui le mangent.

Je vous parie que j'en tirerai rien.

C'est bon, j'ai compris.

Je commence et je vous envoie les résultats rapidement.

Y avait une note dans son portefeuille.

La Scientifique s'en occupe.

Ils vont peut-être déchiffrer quelque chose.

Allez, on s'en va. Il est énervé.

On vous laisse en bonne compagnie.

- Au revoir, M. Taccardi. - Au revoir.

Dites-lui au revoir.

T'as eu la police scientifique ?

Les bonnes manières ont disparu ?

Je veux savoir ce qu'il y a d'écrit sur ce message.

Bonjour, madame.

Qu'est-ce que tu faisais ?

J'ai appelé l'ambassade italienne à Buenos Aires

pour notifier la découverte du corps à son frère.

Il va essayer de venir pour l'enterrement,

même s'il voit rarement sa famille.

J'ai cherché parmi tous les dossiers

depuis 1950...

Du nouveau ?

- Non. - Quelle surprise.

C'est la police scientifique.

"Arrête de m'appeler.

"On pourrait être vus.

"Oublie-moi, ça sera mieux pour nous deux",

signé A.

Une femme ?

Tu mets beaucoup de parfum.

C'est toi qui décides de la quantité qu'il faut mettre ?

Je veux une expertise graphologique.

Je te laisse imaginer les délais.

- Allô ? - Bonjour.

Si on avait parié, vous auriez gagné.

Il a subi un choc à la tête avec un objet contondant.

Il était probablement en fer.

- Vous êtes sûr ? - A 100 %.

Merci, docteur.

Bonjour.

M. Calogiuri, enchanté.

- Bonjour, M. Bruno. - Bonjour, madame la Substitute.

- Vous allez bien ? - Oui, merci.

Ma mère est sur la terrasse.

C'est la terrasse avec vue sur Sasso Baritano ?

- Vous êtes déjà venue ? - Y a longtemps.

Elle appartenait encore aux Venusio.

- Vous voulez boire quelque chose ? - Non, merci.

Ma mère ne va pas pouvoir vous aider.

Après le divorce, son état a nettement empiré.

Même moi, je voyais rarement mon père avant sa disparition.

Donc, je peux pas vraiment vous aider.

Lors de la commémoration, vous avez eu des mots tendres.

La commémoration ?

C'était un discours circonstanciel.

- Qu'est-ce qui vous a éloignés ? - Le divorce.

C'était soudain et injustifié.

Je suis persuadé que l'état de ma mère, c'est lié à ça.

Vous savez,

le temps permet de prendre du recul.

Mon père était un grand homme.

Et c'est bien connu,

les grands font passer leurs objectifs avant tout.

Un grand homme dont les projets échouaient.

Je vous l'ai pas dit, mais on enquête

pour meurtre.

C'est vrai ?

Je pensais que c'était un accident.

Je peux pas vous en dire plus, secret d'instruction.

- Je peux ? - Allez-y.

Bonjour, madame.

Imma Tataranni, substitute du procureur de Matera.

- Enchantée. - Tout le plaisir est pour moi.

On peut discuter ?

- Si c'est nécessaire. - Merci.

Avant de me quitter, mon mari était heureux.

Il était peut-être amoureux.

Moi, il ne m'a jamais aimée.

Excusez mon indiscrétion.

A-t-il été infidèle durant votre mariage ?

Vous voulez savoir si c'était un coureur de jupons ?

Il plaisait beaucoup.

Le charme de l'intellectuel.

Quelque chose ne va pas ?

Non, rien.

Je prépare le concours de maréchal.

J'ai suivi vos conseils.

Mais ça me crée des problèmes avec Maria Luisa.

Elle aime pas ton ambition ?

Si, mais là, on est officiellement fiancés.

Avec la bague, le repas et tout ce qui s'en suit.

J'étais pas au courant.

- Je vous l'ai pas dit ? - Non.

Désolé, ça m'est sorti de la tête.

Selon elle, ça sert à rien de réviser tous les jours.

Elle dit que j'y arriverai jamais.

Elle veut que je déménage pour pouvoir aider son père.

Il a que des filles

et il sait pas à qui laisser son exploitation.

Ca serait vraiment dommage.

Au moins, t'auras un beau mariage au milieu des oliviers.

Mets-moi de côté des dragées.

Tu vas pas oublier ?

Comment pourrais-je vous oublier ?

Vous rigolez ? Vous serez la première...

Promets-moi que je serai la première avertie de ton départ.

Ce genre de chose ça n'arrive qu'à Matera !

Y a qu'ici qu'une responsable des archives

arrive à perdre des dossiers.

Par contre, pour organiser des dîners, elle sait faire.

Mais son mari,

c'est le Préfet, donc elle est intouchable ?

Ici, y en a pas un qui est capable de faire son travail.

Ici, ils dorment, ils mangent et j'en dirai pas plus.

J'ai tort ?

T'as fait quoi depuis ce matin ?

Tu peux me le dire ?

Moi ? Tu sais bien, je fais jamais rien.

J'ai couru partout pour toi et à 20 h, je suis encore au bureau.

L'expertise graphologique.

"Instabilité émotionnelle liée à l'identité de genre.

"Age : jeune."

Diana ?

Et si la personne qui a signé "A"

n'était pas une femme ?

Il était peut-être gay.

Il faut interroger quelqu'un...

Convoque Giulio Bruno demain.

Le fils de la victime. Il sait peut-être quelque chose.

Tu vas où ?

Je vais où ?

Je vais dormir, manger et je t'en dis pas plus.

Pour cette expertise, j'ai fait 3 heures supplémentaires,

l'expert a raté l'anniversaire de son fils

et les gars de la Scientifique n'ont pas déjeuné.

Bonne soirée, madame la Substitute.

Ca en valait la peine, non ?

On a obtenu

un très bon résultat.

C'était fondamental pour notre enquête.

C'est un travail d'équipe, M. le Président.

Un vrai travail d'équipe.

Cette...

Cette affaire privée qui concerne mon père...

Peut-on faire en sorte qu'elle le reste ?

Je ne dis pas ça pour moi,

mais pour ma pauvre mère.

Très bien.

Vous saviez que votre père était homosexuel,

au moment de sa disparition ?

Mais vous n'avez rien dit.

Mon père adorait se prendre pour un idéaliste.

Mais il n'a jamais eu le courage

d'admettre la vérité.

Je l'ai découvert par hasard.

J'ai surpris un coup de fil entre mon père et son amant.

Vous n'avez jamais pensé que son orientation sexuelle

pouvait être liée à sa disparition ?

Honnêtement, non.

A un moment,

vous vous êtes détaché professionnellement de lui ?

Vous avez ouvert votre propre cabinet.

C'est dû à son homosexualité ?

Ce n'était pas la seule raison.

Mais oui.

Oui.

Cet appel m'a choqué.

- Que voulez-vous savoir d'autre ? - Rien.

Pour le moment, ça suffit. Au revoir.

Merci, au revoir.

- Imma ? - Oui.

Ca va pas te plaire.

"Moi, entrepreneur philanthrope victime d'une erreur judiciaire."

On a une preuve irréfutable contre lui

et il parle d'erreur judiciaire ?

Vous montez pas la tête, laissez-le parler.

Il ment.

Il va y avoir un procès

et là, il pourra pas mentir.

Vous savez que l'audience a été fixée à mi-mars ?

La divine lenteur de la justice italienne.

Dommage que les peines ne soient pas divines.

Vous êtes en faveur de la loi du talion ?

Non, mais je me contenterais d'une peine certaine.

Je peux lui répondre ?

Non, ça nous mettrait dans l'embarras.

Vous pensez que ça, ça redore notre image ?

C'est où, la rubrique sport ?

Bon sang !

On a frôlé le drame.

Tout va bien.

J'avais des talons de 12 centimètres

et je vois un gars s'enfuir après un vol à la tire.

Il allait rejoindre son ami qui était en scooter.

Malgré mes talons,

je l'ai poursuivi, je l'ai mis à terre

et je pointe mon arme sur lui.

Son ami a pris la fuite et lui, il arrivait plus à parler.

C'est déjà impossible de marcher avec des talons

et toi, tu cours ?

Ca s'est passé exactement comme ça.

Il est encore là-bas en train de trembler.

Abus de pouvoir et menaces aggravées.

Madame la Substitute.

Selon le règlement,

les talons de plus de 8 centimètres sont interdits.

J'étais pas en service.

C'est la nouvelle, Jessica Matarazzo.

C'est vrai qu'on attendait du renfort.

Matarazzo. Vous venez de Sicile ?

Oui, de Catane.

Vous avez déjà entendu parler du règlement intérieur ?

Oubliez le règlement.

C'est la 2e dauphine de Miss Sicile.

Et alors ? Ca va pas lui donner des points.

Allez, dépêchez-vous.

On a déjà perdu trop de temps. Au travail.

- Calogiuri n'est pas là ? - Il arrive.

On va commencer sans lui.

Domenico Bruno était homosexuel,

mais il vivait sa sexualité en secret.

Retrouver son amant pourrait faire avancer l'enquête.

Ne tirez pas de conclusions hâtives.

L'assassin n'est pas forcément son amant.

C'est sûrement un délit survenu dans le monde homosexuel.

Je viens de vous dire le contraire.

Evitons de penser que le monde criminel

est lié au monde homosexuel.

Que sait-on du milieu gay dans la région ?

Que sait-on du milieu gay ?

- Ca se trouve, y en a pas. - Pardon ?

Y a pas d'homosexuels à Matera ?

C'est statistiquement impossible, vous croyez pas ?

Et à Bari ?

J'y ai bossé pendant 6 mois

et les bars gay, c'est pas ce qui manque.

Il les fréquentait peut-être.

Je note que votre collègue est plus réveillée que vous.

N'est-ce pas, Capozza ?

L'architecte

avait une chaire à l'université de Bari.

J'aimerais que deux d'entre vous

aillent à Bari pour se renseigner sur le milieu gay.

Ca se trouve,

il était connu là-bas.

Bonjour.

Désolé, j'étais en procès.

Vous avez terminé ?

Messieurs,

voilà le candidat idéal.

Vous en pensez quoi ?

Je peux l'accompagner ?

Où ça ?

- Bonjour, police judiciaire. - Bonjour.

On a rendez-vous avec Paolo Calandra.

Oui, suivez-moi.

Paolo ?

La police judiciaire est là.

- Merci, fais-les entrer. - Allez-y.

C'est moi qui parle.

Bonjour.

- Paolo Calandra, enchanté. - Calogiuri et l'agent Matarazzo.

Enchantée.

- Installez-vous, je vous en prie. - Merci.

Alors...

Que puis-je faire pour vous ?

Vous connaissiez l'architecte Domenico Bruno ?

C'est celui qui a été retrouvé mort à Matera ?

Tout à fait.

On sait qu'il était...

- Homosexuel. - OK.

Le professeur Bruno enseignait ici, à Bari.

Vous savez, on est nombreux, on se connaît pas tous.

Peut-être que vous pourriez nous aider

à trouver des personnes

liées au milieu architectural de l'époque.

Il sortait avec un homme,

donc ce dernier est forcément coupable ?

Si vous croyez au stéréotype du gigolo qui tue son client,

personne n'acceptera de vous aider.

C'est pas ce que j'ai voulu dire.

On cherche une personne qui aurait des informations.

Je ne sais pas comment vous aider.

J'ai compris, merci.

Allez, on y va.

Ippazio ?

Désolée de te dire ça, mais même en voiture,

quand on a abordé le sujet, t'as pété les plombs.

Qu'est-ce que tu racontes ?

C'est à cause de Renato ?

C'est qui lui ? Mais de quoi tu parles ?

Ecoutez, j'ai terminé.

Merci et bon travail.

De rien.

Merci.

Allez, Jessica, on y va.

- Il a des soucis ? - Jessica !

J'arrive.

Il traverse une phase compliquée.

Cette enquête lui tombe sur les bras...

Mais c'est bien connu, ainsi va la vie.

Vous voulez dire...

- Il est gay ? - Bien sûr.

T'avais pas deviné ?

Il ne l'assume pas encore entièrement,

mais il m'a craché le morceau.

C'est absurde ! Je m'en doutais pas du tout.

Tu l'as jamais vu avec sa mère. Il l'accapare.

Il est pareil avec toutes les femmes.

Même...

- Avec une certaine magistrate. - C'est vrai ?

C'est typique, non ?

C'est qui ce Renato ?

Je t'ai fait passer pour un gay refoulé.

T'es folle.

Rends-moi mon carnet.

On sait jamais, ça se trouve...

Tu l'as attendri et il va t'appeler.

Oui, bien sûr.

En attendant, on rentre bredouilles, Matarazzo.

Faut qu'on trouve une autre association.

Le dossier sur la disparition de M. Bruno, il y a 15 ans.

J'ai déjà vérifié les relevés téléphoniques.

Mme Moliterni m'a dit qu'elle avait retourné les archives.

Parfois, crier, ça porte ses fruits.

C'est vraiment dommage.

Si j'ai bien compris, tu vas aller dîner chez elle.

Sauf si je trouve une bonne excuse. Tu veux ma place ?

Non, si seulement. Non...

Je me demandais si...

Alors...

Vu que ma tendre moitié

continue de se cacher derrière l'excuse du délai de son transfert,

je me suis demandée si toi,

au cours d'une discussion avec le Préfet...

T'as perdu la tête ?

Tu veux que je le pistonne ?

Je vais faire comme si t'avais rien dit.

Mais non.

C'est pas un piston. C'est...

C'est juste...

Le transfert a déjà été acté.

C'est uniquement

pour accélérer le processus.

- J'entends rien. - Y a pas mieux placé...

Je ne t'écoute pas.

- Ca te coûte quoi ? - Rien.

Mis à part renier tous mes principes.

Ne me demande plus jamais quelque chose de la sorte.

T'as besoin d'aide ?

Sur le communisme platonicien.

- Je t'explique ? - Oui.

- OK. - Bonsoir.

- Je te présente Penelope. - Bonsoir.

Pietro, enchanté.

Tout le plaisir est pour moi.

Vale m'a dit que mon t-shirt vous a plu.

C'est vrai.

Si vous voulez, je vous en fais un.

Merci, c'est très gentil.

Je vous laisse.

- On disait quoi ? - Je te l'explique ?

- Chéri. - Bonsoir.

- Ton cours s'est bien passé ? - Oui.

Je pensais être plus rouillé que ça.

T'as vu qui est là ?

Y a la copine de Valentina.

Penelope, celle qui est bizarre.

Elle m'a l'air tout à fait normale.

Elle a un piercing.

Elles en ont toutes un.

Pas Valentina.

Et si elle en veut un ?

Attendons de voir.

Depuis quand t'es si laxiste ?

J'ai toujours été très laxiste.

Alors, pour commencer...

T'es prête ?

L'abolition de la propriété privée.

- Deux... - Vous étudiez quoi ?

La philosophie.

Super.

Ca me rappelle des souvenirs.

On continue ?

Alors...

Le concept d'école comme lieu physique est dépassé.

Comme disait Kierkegaard, "les vraies choses de la vie

"ne s'étudient pas, ne s'apprennent pas,

"mais elles se rencontrent."

C'est beau.

C'est un beau concept.

Kierkegaard.

C'est celui qui jouait à l'Atalanta ?

C'est un philosophe danois du 19e siècle.

Oui, je sais.

Il disait quoi ?

Kierkegaard, il disait beaucoup de choses.

Il a voulu faire une blague.

C'était pour rire, c'était une blague.

C'est un rigolo.

D'ailleurs, cette citation, c'est d'Oscar Wilde,

pas de Kierkegaard.

Immacolata.

Toujours en vadrouille. Tu tiens pas en place.

Quand on a pas de tête, on a des jambes.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Y a pas plus intelligent que toi.

- Madame la Substitute. - Calogiuri.

C'est l'heure de la récréation ?

Non, excusez-moi.

J'ai les relevés téléphoniques.

La semaine avant sa disparition,

Domenico Bruno a communiqué avec un numéro fixe à Matera

qui n'existe plus.

Contacte l'opérateur

pour savoir à qui appartenait cette ligne.

- OK ? - Oui.

Il y a aussi un don de 100 000 euros à son frère.

Comme s'il savait qu'il allait lui arriver quelque chose.

C'est étrange.

Allô ?

Que se passe-t-il ?

Je crois que c'est une bonne nouvelle.

Tu me passes un...

Oui.

J'ai compris.

Paolo, je sais pas comment te remercier.

T'as fait un vrai travail d'enquête.

Ippazio...

Comme on se tutoie,

je veux te dire quelque chose.

Si t'as besoin de quoi que ce soit ou simplement de parler,

notre association est là pour ça.

Désolé pour hier, on s'est mal compris.

T'inquiète pas, c'est déjà oublié.

A propos de Jessica...

Garde-la à tes côtés.

Elle a l'air extravertie, mais au fond, elle a une âme.

Mais tu le sais, vous êtes amis.

Effectivement, elle m'a surpris.

Très bien...

Merci encore pour ton aide.

Vous avez compris ?

J'ai parlé avec ce Paolo et il a contacté un de ses amis

qui fréquentait la fac d'architecture.

Il lui a dit que M. Bruno

enseignait aussi dans une école privée à Bari.

L'institut...

L'institut artistique Levante.

Il devait y avoir moins d'étudiants.

Très bien.

Essayons de trouver cette école.

Ensuite, espérons qu'ils aient des documents manuscrits

pour comparer avec l'écriture du mot.

Très bien, je m'en occupe.

Tu as fait du très bon boulot.

Merci, même si Matarazzo m'a beaucoup aidé.

Travail d'équipe.

Elle est pas mal ta prof. C'est elle ?

Non, c'est elle, la mienne.

La tienne ?

Mon professeur.

Elle joue bien, non ?

Je trouve que l'autre joue mieux.

T'as raison, l'autre est meilleure.

Si la réalité ressemble à des rubans qui défilent devant un objectif,

pour en capturer une image, il faut une prise rapide.

Le calque de l'image d'une toile

est idéal pour la fixer.

Et, en la dématérialisant, conserver sa légèreté.

Dans ce cas, le cinéma,

c'est disposer d'un objectif qui suit le défilement

du monde

et élargir sa participation à une pluralité d'images.

Ton portable !

Désolé, c'est pour le travail.

C'est son outil de travail.

Allô, Diana ?

T'as oublié que j'étais à un concert ?

Attends deux secondes.

La prescription acquisitive,

c'est l'acquisition de la propriété des biens immeubles

et des autres droits de jouissance

sur ces mêmes biens

après 20 ans de possession continue.

- Allô, madame ? - Calogiuri, écoute-moi bien.

Diana vient de m'appeler.

En comparant avec le formulaire d'inscription,

le graphologue a identifié notre étudiant.

Andrea Saponaro, né à Matera.

Tu peux me rendre un service ?

Découvre où il habite.

Ca correspond aussi à la signature "A".

Attendez, je regarde en ligne.

- Madame ? - Oui, je t'écoute.

J'ai trouvé, il habite à Matera.

Il a un studio graphique rue Bixio.

Demain, on le convoque au Parquet.

Par contre,

il est marié depuis 2009.

Et il a une fille de 8 ans.

Marié depuis 2009... Soit il est plus gay

soit il le cache pour se libérer d'un passé gênant.

J'y ai pensé et c'est un mobile possible.

Parfait, très bon travail. Merci.

Enchantée.

Sa femme, Imma Tataranni.

- Ma femme. - Enchantée.

C'était votre portable ?

Vous avez été géniales.

Désolée, c'était un appel du travail.

Avec son travail, elle est absente jour et nuit.

- Vous êtes médecin ? - Non, substitute du procureur.

Imma Tataranni.

Bonjour, adjoint Calogiuri.

Vous êtes Andrea Saponaro ?

Vous pouvez me suivre ?

Y a un problème ?

Non, on a quelques questions à vous poser.

Tout va bien.

- Je prends ma veste. - Je vous en prie.

Après vous.

Pour commencer, je ne suis pas homosexuel.

J'ai une femme et une fille.

Vous pouvez demander, on est très heureux.

A 20 ans, j'ai eu un moment d'égarement.

Quand je fréquentais l'institut à Bari, j'ai eu...

une aventure avec le professeur.

Souvent, il me ramenait à Matera.

Il a déjà été violent ?

Le professeur ? Non, jamais.

Absolument pas.

Il était à l'écoute.

C'était la 1re fois qu'il tombait amoureux.

Au début, tout s'est fait très naturellement.

Ensuite, j'ai commencé à douter.

D'un côté, j'avais ma famille qui est très traditionnelle,

très simple.

Et de l'autre, le professeur qui me parlait d'art,

de voyages, de musique.

Que s'est-il passé ?

J'ai demandé à ma famille de finir mes études à Milan.

C'était un prétexte pour m'enfuir d'ici.

Et j'ai rompu avec Domenico.

Quand je suis rentré à Matera,

j'ai rencontré Rosaria.

C'est ma femme et la mère de ma fille.

M. Bruno n'a pas essayé d'entrer en contact ?

Environ un an après mon retour,

il m'a appelé pour prendre des nouvelles.

Il voulait reprendre votre relation ?

J'ai toujours refusé.

J'avais changé. On peut dire que j'étais guéri.

Vous savez, c'est pas une maladie.

Essayez de dire ça à mon père.

Les jours précédents sa disparition, il était plus insistant ?

Non, j'ai pas l'impression.

Alors...

Quelques jours avant sa mort, le professeur a appelé

un magasin d'alimentation.

A cette époque, il appartenait à votre tante.

Regardez.

- Etrange coïncidence. - C'est pas ce que vous croyez.

Il voulait me parler.

C'était plus sûr de lui donner le numéro du magasin.

Mais je ne l'ai jamais revu.

Le mot atteste du contraire.

Je sais même plus ce que j'ai écrit.

Je l'ai peut-être écrit pour me libérer de lui.

Tout ça, c'est un cauchemar.

Laissez-moi rentrer auprès de ma famille.

Très bien. Vous pouvez y aller.

- Vous allez bien ? - Oui, merci.

Excuse-moi.

Il était avec Mme Tataranni ?

Qu'est-ce que j'en sais ?

Excuse-moi.

Le gars qui est sorti, il était avec Tataranni ?

- Elle est encore là ? - Oui, je crois.

C'est parfait.

Demain matin, je t'envoie tout et tu me dis ce...

Pardon, je vais devoir te rappeler.

J'ai une femme et une fille.

Vous pouvez demander, on est très heureux.

C'est pas une maladie.

Essayez de dire ça à mon père.

Adaptation : Alice Régis

Sous-titrage : HIVENTY

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