All language subtitles for Papillon [1973] 720pPapillon [1973] 720p

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Original subtitles

Tous pr�sents et recens�s.

Merci, Capitaine.

� partir de maintenant...

vous d�pendez de l'Administration P�nitentiaire de la Guyane fran�aise.

Apr�s avoir purg� votre peine au bagne...

ceux d'entre vous qui ont �t� condamn�s...

� huit ans de travaux forc�s ou davantage...

resteront en Guyane...

en tant que travailleurs libres,

et ce pour une dur�e �gale � celle de leur condamnation initiale.

Quant � la France,

elle vous a reni�s.

La France s'est d�barrass�e de vous.

Oubliez la France... et habillez-vous.

Tu reviendras, Papillon !

T'en fais pas, tu reviendras !

N'y compte pas.

Toi, par ici.

Toi aussi, tu descends.

Au suivant. Allons, pressons.

Allez, toi aussi...

et toi.

Par l�...

L�-dedans.

Dire qu'on en est r�duits

� se fourrer un tube dans le train pour cacher son fric !

La premi�re fois que j'en ai mis un,

�a s'est infect� et le toubib a d� m'op�rer.

Il n'avait pas d'�ther.

Il m'a assomm� en me saoulant au rhum.

Et apr�s �a...

Il te l'a piqu�.

Ce tatouage...

Tu es Papillon ?

Ils t'ont condamn� � vie ?

Oui, � perp�te, c'est ce qu'ils pensent.

�a pourrait durer moins longtemps que tu crois.

40 % des bagnards

cr�vent la premi�re ann�e.

Lui aussi, � perp�te.

Un m�me de 18 ans.

Pas �tonnant qu'il ait des cauchemars.

Il s'en sortira pas,

mais toi tu peux t'en tirer,

si t'as assez de pognon.

Combien t'es rest� ?

Neuf ans au bagne

et neuf ans comme doublard.

Tu bossais hors du camp, pourquoi tu t'es pas tir� ?

Pour aller o� ?

C'est rien que des mar�cages.

Avec du pognon, c'est pas pareil.

Prends un type comme Dega, par exemple.

Louis Dega, le roi des faussaires.

Celui des Bons de la D�fense Nationale.

S�rie 1928 !

Dega, avec le pognon qu'il a, il a une chance d'acheter une cavale,

� moins qu'un salopard lui fasse une boutonni�re pour s'emparer du magot.

Debout, l�-dedans !

Allez, magnez-vous.

J'peux m'asseoir l� ?

Comme tu voudras.

Tu es Louis Dega ?

D�sol� de te voir ici.

J'ai fait ce qu'il faut pour �tre du voyage.

Et toi tu es Papillon ; tu as tu� un souteneur...

et cri� au procureur que tu t'�vaderais pour venir te venger.

Mais je suis innocent !

Personne n'est innocent.

J'ai jamais tu� de barbeau !

J'suis perceur de coffres-forts !

Profession que je d�sapprouve fortement.

J'avais plac� mon fric dans les Bons de la D�fense...

S�rie 1928 !

1928 ?

Ton instinct �tait bon. Combien as-tu perdu ?

J'suis pas fou ! J'ai pas mis plus que toi.

�a me rassure.

Mais alors, pourquoi ce petit entretien ?

Ils savent tous qui tu es.

Pas un d'eux n'h�siterait � t'ouvrir le ventre pour prendre ce qu'il y a dedans.

La solution ?

Un ange gardien.

Toi, sans doute ?

Sais-tu ce que la poule a dit au renard ?

Si le renard avait faim, elle n'aura pas eu le temps de dire ouf !

Penses-y !

� la douche !

Allez, d�p�chez, � la douche !

Viens, tu as la fi�vre.

� ton avis,

pour acheter un bateau en arrivant l�-bas...

�a co�terait combien ?

J'sais pas... 3 500... 4 500... �a d�pend.

Si j'peux trouver l'argent ?

Ben, t'ach�tes ton rafiot.

Tu connais le pays, on pourrait se tirer ensemble.

Non. Je n'ai rien contre toi, mais j'te dis non.

Si je dois me taper le mitard pour avoir rat� mon coup,

ce sera ma faute, pas celle d'un autre.

C'est non.

�a t'a fait du bien, fiston ?

Allez, magnez-vous.

Pressons ! En avant !

Tu veux me parler ?

Insoutenable, n'est-ce pas ?

Quoi donc ?

La chaleur.

�a peut aller.

Tu as d� avoir plus chaud que moi.

Oui... Tu fais sans doute allusion � hier soir ?

Pas toi ?

Puis-je te dire deux mots ?

Au premier abord, je crains d'avoir eu � ton �gard

une certaine m�fiance, disons, imm�rit�e.

Suis-je bien clair ?

Non.

Jusqu'� ce qu'on arrive dans une prison convenable,

avec des gardiens qu'on puisse soudoyer, je pourrais avoir besoin...

d'une protection physique efficace.

Tu comptes vivre longtemps ?

Tr�s longtemps.

Alors t'as un probl�me.

Tu dois bien avoir quelque... euh...

d�sir particulier...

des plus importants ?

Que veux-tu ? Dis-le-moi.

De l'argent.

Pour quoi faire ?

M'�vader.

Parfait.

Tu me gardes en vie

jusqu'� ce qu'on d�barque en Guyane, et je financerai l'�vasion.

Mon �vasion, pas la n�tre.

Cela va de soi.

Je n'ai pas la moindre intention de tenter de m'�vader.

D'accord.

Merci.

L'emmerde pas,

ou j'te fends la gueule.

Planque �a.

L�, c'est St-Joseph.

L'autre �le, c'est Royale.

� droite : l'�le du Diable.

Julot, pourquoi c'est si dur de s'en �vader ?

On pourrait se tirer � la nage ?

Il doit y avoir un meilleur moyen.

� la nage, c'est impossible.

Le courant est trop fort. Il te ram�ne au point de d�part.

Quand tu es sur les �les, tu y restes.

Et nous, on va o� ?

Nous remontons le Maroni,

nous d�barquons � St-Laurent,

puis ils nous envoient aux camps, ou bien dans les �les.

Tu vois ces deux types, l�-bas, avec leurs flingues ?

C'est des doublards...

devenus chasseurs d'hommes.

Chasseurs d'hommes ?

Tu t'�vades... ils chassent.

Ils sont pay�s, je pr�sume ?

Salauds !

Mettez-vous en file indienne pour d�barquer.

Je vais avoir un accident en descendant. Faut que �a fasse vrai.

File-moi ton couteau.

Pourquoi tu fais �a ?

J'ai rien � perdre.

Ils m'enverront aux �les par le prochain bateau.

Faut que j'me fasse envoyer � l'hosto.

T'es fou, Julot !

L'un derri�re l'autre. Allez-y.

Arr�tez !

Allez-y.

Un par un.

Amenez un brancard.

Emmenez-le.

En avant, vous autres !

Pressons !

En avant, marche !

Relevez-le, vite !

Garde-�-vous !

Vous �tes � la Colonie P�nitentiaire

de la Guyane fran�aise.

Je vous pr�viens :

s'�vader de St-Laurent est impossible.

Premi�re tentative d'�vasion :

Deux ans de suppl�ment de peine, en r�clusion.

Deuxi�me tentative : cinq ans suppl�mentaires.

Quant aux infractions plus graves,

elles seront punies de la fa�on suivante.

Acceptez votre sort. Vous souffrirez moins que vous ne le m�ritez.

Rompez.

Prisonniers, dispersez-vous.

Monsieur Dega ?

Je sais qui vous �tes. Un monsieur...

tr�s intelligent.

Il semble que je sois connu partout o� il ne faut pas.

J'ai un ami qui est gardien.

Continue.

Pour tr�s peu d'argent, il s'arrangera pour que vous restiez ici,

au lieu d'�tre exp�di� dans une des �les.

Trouve-nous un boulot o� on bouge.

Pr�sente-nous une s�lection, on choisira.

Je pense que mon ami pourrait arranger �a.

Si tu prends notre pognon, il y va de ta vie.

Bien entendu.

�a co�tera combien ?

Mon ami a une tr�s grande famille, beaucoup, beaucoup d'enfants.

Sa vieille maman est cardiaque.

On s'en fout. Combien ?

Laisse-moi le soin de n�gocier.

Combien veux-tu ?

Pour vous, cinq cents francs. Pour lui, quinze cents.

Il a eu des histoires � bord.

Oui, c'est vrai. Je t'offre douze cent cinquante pour nous deux.

� prendre ou � laisser.

Essaye encore.

Trouve-nous en plus deux paires de bonnes chaussures.

Tu auras tes deux mille francs.

Tu ferais peut-�tre bien de...

Mais oui, bien s�r ! Excusez-moi un instant...

C'est pas press�, M. Dega, � moins que vous y teniez.

Je repasserai demain.

Allez, remuez-vous !

Garde-�-vous ! Pr�sentez armes !

M. Dega, vous avez apport� l'argent ?

Allez ! Avancez ! Plus vite !

Qu'est-ce qui se passe ?

Un qui s'est �vad� de l'h�pital.

Julot...

Allez, dispersez ! Il ira pas loin !

Au suivant.

Au suivant.

�a va bien. Au suivant.

J'me porte mieux que je n'aurais cru.

En pleine forme.

Que fait-on pour rater cet examen ?

Au suivant.

Num�ro 7551.

Dega.

Oui. Louis Dega.

On m'a conseill� de vous parler...

En effet. Vous resterez ici, dans l'�quipe de nettoyage.

Merci. Il y a aussi mon ami...

Louis Dega ?

Oui, c'est moi... et voici mon ami Papillon.

Nous avons beaucoup en commun.

Ravi de vous voir.

Oh, merci, si ce n'�taient les circonstances...

Ma famille a tout perdu dans les faux Bons de la D�fense.

J'en suis sinc�rement d�sol�, monsieur.

Mais ce placement est cependant une belle preuve de patriotisme.

Vous �tes l'ami de M. Dega ?

Une chose vous plaira, � St-Laurent.

Nous ne s�parons jamais les vieux amis.

Km 40. Les deux. Par le convoi de ce matin.

C'est quoi, km 40 ?

Laisse-le ou il va te cogner dessus.

Allez ! Avancez !

Baissez-vous !

Debout, tas de fain�ants !

Attrape ce ca�man, et toi, am�ne-le.

D�signe un autre type et attrape ce ca�man.

Allez, avancez !

Il n'est pas mort, ce salaud !

Attrape-lui la queue !

- O� est-elle, sa queue ? - Par l�-bas.

- Tu es pr�t ? - Oui.

- Moi aussi. - Vas-y alors !

Tu es pr�t ?

Tu as la queue ?

Je pr�f�re passer de ce c�t�.

Attrape la t�te !

La t�te ?

Essaye par la queue.

Bon, maintenant par la t�te.

Attrape-le !

Il est mort.

Il en a pas l'air !

Il est mort.

Avancez.

Mains en l'air.

Amenez-le par ici.

Posez-le l�.

L�chez-le. Bon, �a va.

Allez, avancez.

Une belle pi�ce.

Sa peau doit valoir cher.

Avancez !

Qu'est-ce que vous regardez ?

Tu es Louis Dega ?

Oui.

Je m'appelle Clousiot.

Comment as-tu fait pour �chouer ici ?

Favoritisme.

Ton copain n'est pas bavard.

Il est mort.

Il a aval� un bout de bois pour s'�touffer.

On fait part � trois.

C'est r�gulier, non ?

De la quinine.

C'est plein de malaria dans ce bled.

Tenez, avalez-les.

Il m'en reste encore.

Si je veux dormir,

va falloir que j'emm�ne ce pauvre mec avec moi.

Un brave type.

Les chasseurs d'hommes...

Oui, les salopards.

Des papillons !

Oui, c'est un certain Richter...

qui fait tous les camps le long du fleuve pour acheter ces bestioles.

On les attrape, il les ach�te et les gardes empochent le pognon.

C'est le Morpho bleu qu'on utilise...

pour la teinture des billets de banque am�ricains.

Il vient souvent ?

Deux fois par mois.

En bateau ?

C'est le seul moyen.

- Pourquoi ? - Oh, je r�fl�chis.

Je sais naviguer, tu sais.

T'es suppos� les attraper, pauvre connard.

- O� les exp�diez-vous ? - En Am�rique.

Combien pour exp�dier celui-ci � Panama ?

Garde, venez par ici !

Me donnez pas ! Voil� mille francs.

Je t'entends pas.

J'ai deux mille francs sur moi.

Je vous les donne.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Il m'a apport� le plus beau Morpho...

que j'aie jamais vu.

Donnez-lui donc un filet.

Bien, monsieur.

Il me faut un bateau.

�a te co�tera 4 000 francs, moiti� comptant, le reste � la livraison.

Pour quand ?

Dans une semaine.

O� sera le bateau ?

� 400 m�tres en aval,

de ce c�t�-ci,

tu verras un arbre �norme.

Tu peux pas le manquer.

Je t'attendrai l�.

Apporte-moi le solde.

Je te m�nerai au bateau.

T'es un sacr� voleur.

En voil� la preuve.

Tu dors ?

Non.

J'ai r�fl�chi.

Quand tu d�cideras de partir...

je te serais reconnaissant de m'emmener.

Quoi ?

- Tu sais te servir d'un bateau ? - Non.

Sans tes b�sicles, tu le verrais m�me pas !

Je peux �tre utile.

Mais c'est toi qui ne voulais pas t'�vader !

C'est vrai,

mais je n'ai plus le choix.

Si je reste ici, dans ce camp,

je mourrai.

C'est ton pognon.

Vous deux, j'ai un boulot pour vous.

Chargez-moi ce macchab�e. Mettez-le dans le bateau.

Julot !

Soul�ve-le.

Dega.

Eh, garde !

Il ne le fait pas expr�s !

Je vais m'occuper de lui.

Arr�te �a, esp�ce de porc !

Il ne l'a pas fait expr�s !

Je vais m'occuper de lui.

Arr�te, fumier.

Sais-tu que le premier homme qui a taill� une roue dans la pierre...

s'en est servi comme ornement ?

C'est digne d'admiration.

Ceux-l� abandonnent les recherches.

Au lieu d'ajuster la monture au verre,

j'ajuste le verre � la monture.

Tu crois qu'il a r�ussi � filer ?

Ses chances me paraissent minces...

Ben merde ! C'est tout ce que tu trouves � dire ?

Que veux-tu que je dise ?

Il a risqu� sa vie pour sauver la mienne.

�a ne m'�tait jamais arriv�...

Je vais pouvoir m'en servir.

C'est bien ici.

Le seul ennui, c'est que tu arrives une semaine trop t�t.

� toi de choisir.

Mort ou vif, tu vaux le m�me prix.

La r�gle ici, c'est le silence absolu.

Vous �tes irr�cup�rables.

Nous ne sommes pas des pr�tres.

Notre r�le se borne � vous mater,

� rendre inoffensifs des hommes dangereux.

Nous y parvenons en vous brisant,

physiquement, moralement, et... l�.

D'�tranges pressions agissent sur le cerveau. Renonce � tout espoir.

Masturbe-toi le moins possible. �a affaiblit.

Ce sera tout. Emmenez-le.

Un, deux...

trois, quatre, cinq.

Un, deux... trois, quatre, cinq.

Quelle merde !

Non. Il faut que tu manges tout ce qu'ils te donnent.

Je m'en sortirai...

Je m'en sortirai...

Un, deux, trois, quatre, cinq.

Je m'appelle Jojo.

De quoi j'ai l'air ?

J'me sens pas mal...

mais j'ai besoin qu'on me dise comment je suis.

Bien. Tu es tr�s bien.

M�che bien la noix de coco,

puis avale la pulpe

pour garder tes forces.

Ma pens�e est avec toi.

Le Bigleux.

Dega ! Alors �a ! Il y a pens� !

J'suis pas encore mort, bande de salauds !

Prisonnier, montrez-vous.

Tu as re�u des noix de coco.

Dis-moi qui les envoie ou je r�duis ta ration de moiti�.

J'peux pas dire qui m'envoie

une chose que j'ai jamais re�ue.

Quelle chose ?

Ben... je sais pas.

Vous avez dit noix de coco.

Je veux le nom, et tout de suite.

Demi-ration. Et au noir, pendant six mois.

L'obscurit� fait des miracles pour la m�moire.

Tu sais de quoi tu es accus� ?

Je suis innocent !

Je n'ai pas tu� ce souteneur.

Je n'ai rien avou�. On m'a condamn� sur de fausses preuves !

Ce que tu dis est vrai.

Mais ton v�ritable crime n'a rien � voir avec la mort d'un souteneur.

Mais alors ?

De quoi m'accuse-t-on ?

Du pire des crimes que puisse commettre un �tre humain.

Je t'accuse

d'avoir g�ch� ta vie.

Coupable.

Je te condamne � la peine de mort.

Coupable...

Ils savent.

Comment tu l'as su ?

Par un type du bateau qui fait la liaison avec St-Joseph.

C'est tout ce qu'il a dit ?

Il finira par parler.

Tu crois ?

En demi-ration, il n'a aucune chance.

S'il fallait choisir entre mourir ou parler, que ferais-tu ?

Il ne s'agit pas de moi. Que ferais-tu, toi ?

Je parlerais. Je dirais tout.

On s'affaiblit, on d�lire, on perd le contr�le...

et on parle.

Tu ne le bl�meras pas ?

Je laisserai ce soin au Bon Dieu !

Regardez ! Je mange des cafards !

Je ne suis m�me pas capable d'�viter de me faire mouiller.

Prisonnier, montrez-vous !

Le nom et je te rends ta ration normale.

Donne-moi le nom.

Je n'ai pas faim � ce point-l�.

Tu mourras de faim. Si tu te voyais...

J'suis maigre de nature.

Alors tu mourras.

De quoi j'ai l'air ?

J'ai l'air bien ?

Tr�s bien.

Tu feras trente jours de plus,

assassin !

J'veux voir le directeur !

Je veux lui parler !

J'ai quelque chose � lui dire !

Qui t'a envoy� � manger ?

Monsieur le Directeur...

Je l'avais, le nom,

je l'avais... Je vous le jure.

C'est ma t�te...

J'dois avoir la t�te vide...

J'sais plus...

J'ai beau essayer...

Je m'rappelle plus qui c'�tait.

Je vous le jure...

j'y arrive pas...

J'me rappelle plus, M. le Procureur...

J'peux pas... j'peux pas...

Il est mourant.

Tu es mort.

Tu as fini ta peine.

Un, deux, trois, quatre...

cinq...

six...

Saloperie...

Vous �tes � la Colonie P�nitentiaire

de la Guyane fran�aise.

Je vous pr�viens :

s'�vader de St-Laurent est impossible.

Premi�re tentative d'�vasion :

Deux ans de suppl�ment de peine, en r�clusion.

Deuxi�me tentative : cinq ans suppl�mentaires.

Quant aux infractions plus graves,

elles seront punies de la fa�on suivante.

Bonjour Papi !

Profite pas de l'occasion ! J'ai les menottes.

De la soupe, avec de la vraie viande.

De la part de Dega.

Je m'appelle Maturette.

Comment vas-tu ?

Je m'sens bien.

Tu serais mieux si tu avais donn� mon nom.

J'ai bien failli.

La force de caract�re d'un homme,

c'est de savoir r�sister � la tentation.

Comment tu t'es sorti du km 40 ?

Gr�ce � la plus basse forme de corruption.

Sache seulement que le directeur s'est fait b�tir une maison,

et que je suis son intendant.

�coute, Papi.

Ma femme et mon avocat

ont convaincu des gens du minist�re de la Justice

que ma peine �tait trop s�v�re.

J'ai demand� qu'on examine

aussi ton dossier.

Le r�sultat est encourageant.

Le principal t�moin � charge

accepterait de modifier son t�moignage

moyennant finance.

Dans ce cas, je serais lib�r� quand ?

Il faut compter trois ans.

- C'est trop long. - Mais non.

Si tu es occup�, le temps passera tr�s vite.

�coute, Louis.

Tu ne me dois rien.

Dis-moi ce que tu veux.

Un bateau.

J'aurais d� m'en douter.

Tu ne te souviens plus de moi ?

Clousiot...

Qu'est-ce que tu as aux yeux ?

J'y ai mis des graines de ricin pour me faire admettre ici.

Pourquoi ?

Je pars avec toi.

Quoi ?

Oui. �coute bien.

Demain, Dega t'envoie � la radio.

Le toubib-radio est un for�at, un esp�ce d'hindou.

Il conna�t un type qui te vendra un bateau.

Il te dira le prix.

Quand c'est qu'on part, Papi ?

Je parlerai au toubib demain.

Le dernier, c'�tait pour un meurtrier sadique.

Ils l'ont r�duit en bouillie � 6 km en aval,

mais le bateau a r�sist�.

Tu as un c�ur d'acier.

Quel genre de bateau ?

4 m 50, tout �quip�, avec boussole, compas, voiles, outils et v�tements.

La dynamo d�marre. Place � la science !

Les rayons X, �a ne vaut rien, �a n'a jamais rien valu.

Couche-toi sur le dos.

�a co�tera combien ?

Trois mille francs d'avance. Tu me les payes...

et je les remets � Pascal qui s'occupe de tout...

Inspire � fond et ne bouge plus.

... puis 3 000 � Pascal directement quand il te livrera le bateau.

Expire et retourne-toi.

Si je d�cide d'accepter, comment va-t-on s'organiser ?

Nous trouverons un moyen.

Fais-moi confiance.

Confiance ! La derni�re fois, �a m'a co�t� deux ans de mitard !

Tu t'es fait poss�der.

Moi, l'argent, je m'en moque.

Je poursuis un plus gros gibier. Inspire.

Vois-tu,

j'ai tu� toute ma famille.

Ma femme et mes quatre enfants.

Expire... si ce n'est pas d�j� fait.

Si tu me doubles, je te tuerai.

Cela va de soi.

Tu me rendrais un service.

Un tr�s grand service.

Un de ces soirs, tu m'emm�nes le porte-clefs aux toilettes...

histoire de lui donner du bon temps.

Pour quoi faire ?

�a me regarde. Amuse-le pendant dix minutes.

Tu auras mille francs.

Il est r�pugnant.

Avec 2 000, il serait plus � ton go�t ?

Tu m'prends pour une pute ?

Doucement !

Tu te trompes.

Au suivant.

Je ferai ce que tu me demandes � une condition :

garde ton pognon mais emm�ne-moi.

Non.

Moi seul peux te sortir d'ici.

- Mais t'es... - ... un p�d�.

J'suis une lope, une p�dale, une tante, tout ce que tu voudras.

Y a une chose que t'oublies.

On t'a peut-�tre condamn� � tort.

Mais pas moi.

De nous deux,

c'est moi qui ai descendu un mec, pas toi.

Ce soir, pendant le concert.

J'y serai. C'est moi qui sers les rafra�chissements.

Tu devrais venir, Louis.

- Pars avec nous. - Non merci.

Ma femme me fera lib�rer.

Sa lettre tarde � arriver.

�coute.

Si c'�tait ta femme qui �tait ici,

tu donnerais quoi pour la faire revenir ?

Tout ce que je poss�de.

Et elle, crois-tu qu'elle payerait pour te r�cup�rer ?

Il faut te tirer, Louis,

tant qu'il te reste une chance.

Je partirai sans m'�vader.

Moi, je risque d'�tre tu�.

Toi, tu finiras ici.

Adieu.

Bonne chance.

Clousiot !

Halte !

Dega ! Esp�ce de saligaud !

Gardes !

Gardes !

Accroche-toi.

Tirons-nous.

O� est Clousiot ?

Le garde l'a eu.

Allons-y.

Par ici.

- O� est le troisi�me ? - Voil�, j'arrive.

J'ai une petite entorse.

D�p�chons-nous.

Voil�, le bateau est l�.

T'as mes 3 000 francs ?

V�rifiez s'il manque rien � bord. Faites vite.

Je suis press�.

Tirez pas. Vous auriez les chasseurs de primes sur le dos.

Vous trouverez deux bidons de rhum � bord.

Envoyez-moi une carte du Honduras.

Go�tons ce tafia.

Ce putain de bateau est pourri !

Je le tuerai, ce fumier !

C'est du vrai bois d'allumettes !

Ma jambe aussi.

Ce n'est pas une entorse, elle est cass�e.

Comment, cass�e ?

Et tu n'as rien dit ?

Le soup�on m'a effleur� que tu me plaquerais.

Et comment que je t'aurais plaqu� !

Une fracture.

Il va falloir la r�duire.

Viens m'aider.

Ce sera douloureux ?

�a tu peux y compter !

N'oublie pas, c'est mon argent qui coule...

et c'est mon h�ro�sme contre nature...

qui a emp�ch� le garde de te tirer dessus.

Il m'aurait probablement manqu�.

Laisse-toi aller.

Tu n'es pas du bon c�t�.

�a ira vite.

- Bon Dieu ! - Tiens-le ferme.

T'es pr�t ?

C'est fini.

Comment t'as fait ?

Chacun a son point sensible.

Qu'est-ce qui s'est pass� ?

Il a trouv� ton point sensible.

Bouge plus ou t'es mort.

Tourne-toi.

Jette ce fusil.

On m'en donne 200 F pi�ce.

Je ne veux pas le perdre.

Retourne-toi.

T'es en cavale de St-Laurent avec deux autres mecs ?

Exact.

Les autres sont au bateau.

Exact.

Le bateau est pourri.

C'est une saloperie.

Je vous attendais.

Allons-y.

Ne tirez pas, tout va bien.

Je les ai surpris pendant leur sommeil.

Ils vous guettaient depuis deux jours.

Il l'a vendu plus d'une fois, son bateau, Pascal.

Tu aimes mon tatouage ?

�norm�ment.

Moi aussi, quand je l'ai fait... mais j'�tais saoul !

Attrape �a !

Coupez les bambous et attachez-les...

pour faire un radeau. Je reviendrai ce soir.

Je vous remorquerai � l'�le aux Pigeons.

Avec du fric, vous aurez un bateau.

Mais ils peuvent aussi vous tuer.

Ils s'en foutent : ils sont tous l�preux.

T'en fais du bruit, vilaine b�te.

Un chien, �a transmet la l�pre ?

Allez...

�-Dieu-vat.

Prends ton flingue.

J'veux pas me battre avec eux,

je veux juste leur demander un bateau.

Qui est l� ?

Un for�at �vad�. Papillon.

Et les deux autres ?

Ils sont sur la plage.

L'un a la cheville cass�e.

Entre.

Vous avez deux fusils.

Oui.

Vous voulez un bateau.

Exact.

L'argent vous manque.

C'est exact aussi.

Pourquoi tu ne me regardes pas en face quand tu me parles ?

Nous faisons de la contrebande, nous volons des bateaux sur le continent.

Un �tranger qui vient ici,

on doit le tuer par mesure de s�curit�.

�a para�t logique.

Tu es un homme compr�hensif.

Tu aimes les cigares ?

Quand j'en ai.

Go�te celui-ci.

Tu savais que j'avais la l�pre s�che ? Et que �a n'est pas contagieux ?

J'le savais pas.

Vous devriez �tre en vue du Honduras dans quatre semaines au plus.

Vous aurez besoin d'argent, l�-bas.

On a fait la qu�te.

Prends-le. Il est d�sinfect�.

Si tu dois attraper la l�pre, autant que ce soit par l'argent.

Accepte.

Il ne sert que pour jouer...

ou faire venir des l�preuses d'Albina.

Il en reste bien assez pour �a.

D�p�chez-vous d'embarquer. Vous allez manquer la mar�e.

Adieu.

Honduras !

Nom de Dieu, ma jambe !

Saloperie.

Allez, encore un petit coup.

J'arrive d�j� plus � penser.

C'est ce qu'il faut, justement.

Mets-toi �a entre les dents.

Tu vas d�guster, Louis.

Si t'as envie de gueuler, vas-y.

Tu peux y compter.

- Je vais bien, docteur. - Quoi ?

Tu vois, j'ai m�me pas cri�.

Un instant, messieurs.

Que voulez-vous ?

Vos papiers d'identit�. Qui �tes-vous ?

Des p�cheurs. Notre ami est tr�s...

Nous avons r�ussi...

D�tache-moi.

Ils m'ont ficel� comme un porc...

parce que j'en avais tu� quatre, ces salopards.

Rattrapons-les, morts ou vifs.

Tous les deux !

Il me les faut, morts ou vifs.

Ils nous cherchent.

Papiers, s'il vous pla�t.

Pour l'amour de Dieu,

une petite pi�ce pour nos pauvres.

Condamn� pour... ?

Meurtre.

Mais j'�tais innocent. Je n'ai tu� personne.

Si vous retrouviez la libert�, qu'en feriez-vous ?

Je n'ai gu�re eu le temps d'y penser.

Si vous �tes un voleur ou un assassin

d'ici demain, vous pouvez tout nous prendre.

Elles sont � moi. On me les a donn�es.

Gardez-les jusqu'� ce que je parte.

�tes-vous r�veill� ?

Oui, ma m�re.

La police vous a d�couvert chez nous, mon fils. C'est tr�s grave.

Mais si vous �tes innocent, soyez sans crainte.

Dieu vous viendra en aide.

Tes cinq ans de r�clusion sont termin�s.

Tu as pay� en partie ta dette � la France.

Papi.

Je suis libre...

Le seul moyen de quitter l'�le du Diable.

La vie est moins dure ici.

Les requins sont de bons gardiens.

On te foutra la paix...

si tu te tiens tranquille.

Celle-l� est vide. Tu peux la prendre.

Ne r�de pas autour des autres, tu risques de te faire descendre.

Comment oses-tu t'asseoir ici !

Ce banc appartient au Capitaine Dreyfus !

Qui es-tu pour t'asseoir ici ?

Personne.

C'est �a ! Personne !

Sais-tu qui je suis ?

T'aurais pas d� venir ici.

Tu aimes les langoustes ?

C'est bon.

Tu le penses vraiment ?

J'ai rien mang� d'aussi bon depuis des ann�es.

Tu as su, pour ma femme ?

Elle a �pous� mon avocat, ou c'est plut�t lui qui l'a �pous�e.

Au fond, �a n'a pas d'importance.

�a revient au m�me, tu ne crois pas ?

�a fait longtemps que je n'ai pas de ses nouvelles.

C'est agr�able ici, tu ne trouves pas ?

C'est toi qui l'as bien arrang�.

Tr�s agr�able.

C'est dr�le...

qu'on se retrouve ici, toi et moi,

les seuls qui restent.

Y penses-tu quelquefois ?

Moi, oui.

Allez-vous-en !

Fichez le camp !

�a suffit.

Ils viennent piller mon jardin.

Qui �a ?

Je vais m'en aller.

Je connais ta maison. Il n'y a pas de fant�mes.

Viens voir. Les graines que Santini m'avait donn�es,

elles ont germ�.

Ce sont des carottes.

Elles ont germ� en quatre semaines au lieu de six.

Si je peux m'�vader d'ici, tu viens avec moi ?

Mais oui, certainement.

Allons, Freddy, tu ne dois pas venir ici.

J'ai plus d'argent. Ils m'ont tout pris.

C'est pas l'argent...

qui nous sortira d'ici.

Alors quoi ?

J'sais pas encore.

Inutile d'en parler dans ce cas. Tu aimes les tomates ?

Il me reste des graines. Tu pourrais te faire un jardin.

Regarde. C'est un fer � cheval.

Les vagues se brisent ici,

et repartent vers le large.

On ne peut pas lancer un bateau d'ici.

Il n'y a pas un endroit sur l'�le o� lancer un bateau.

Des sacs de noix de coco. On les jette, puis on plonge,

et on se laisse d�river.

Et ensuite, qu'est-ce qui se passe ?

Le continent n'est qu'� 45 km. Le courant t'entra�ne.

En deux jours, on y est.

Tu es s�r ?

�a para�t tellement... d�sesp�r�.

�a peut marcher ?

�a a de l'importance ?

Allez-vous-en ! C'est pas pour vous.

Voil�, voil�.

Freddy, voyons, c'est pour Adam.

Tu viens ?

Certainement. C'est pas un petit peu petit ?

- C'est pour un essai. - Certainement.

Je pensais construire un porche.

Aucune maison dans l'�le n'en a.

M�me le sergent Santini n'en a pas.

C'�tait pas la bonne vague.

Elles viennent par s�ries de sept.

Seule la septi�me est assez forte...

pour nous emmener assez loin.

Tu en es s�r ?

Excellent.

Si nous partons, je ferais bien d'arracher les carottes.

Tu es pr�t ?

J'ai quelque chose � te dire.

Tu n'as pas besoin de le dire, Louis.

J'�tais d'accord.

Je suis d�sol�.

Je sais.

Tu vas te tuer,

tu le sais ?

Peut-�tre pas.

Fais pas �a, je t'en prie.

Eh, bande de salauds ! J'suis pas encore mort !

Papillon r�ussit � s'�vader...

et v�cut en homme libre jusqu'� la fin de ses jours.

Le syst�me p�nitentiaire de la Guyane fran�aise

fut d�finitivement aboli en 1946.

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