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- Tous présents ! - Merci, capitaine.
Désormais...
vous dépendez de l'Administration Pénitentiaire...
de la Guyane Française.
Après avoir purgé votre peine...
ceux d'entre vous qui ont été condamnés...
à 8 ans ou plus...
resteront en Guyane...
comme travailleurs libres...
pour une durée égale à celle de leur peine.
Quant à la France, elle vous a reniés.
Elle s'est débarrassée de vous.
Oubliez la France !
Habillez-vous !
Papillon ! Papi !
Tu reviendras, Papillon !
Tu reviendras !
N'y compte pas.
Dire qu'on en est réduits à cacher son fric dans son cul.
La première fois que j'en ai mis un, on a du m'opérer.
Le toubib avait pas d'éther, il m'a saoulé au rhum.
- Et après ça... - Il te l'a piqué.
Ce tatouage... tu es Papilllon ?
Oui.
Ils t'ont condamné à vie ?
A perpète. C'est ce qu'ils pensent.
Ça pourrait durer moins que tu crois.
40 % des bagnards crèvent la première année.
Lui aussi a eu perpète. Un gamin de 18 ans !
Pas étonnant qu'il fasse des cauchemards.
Il s'en sortira pas.
Toi, tu pourrais si t'as assez de pognon.
Combien t'es resté ?
9 ans au bagne et 9 comme doublard.
Pourquoi tu t'es pas tiré ?
Pour aller où ?
C'est que des marécages.
Avec du pognon, c'est différent.
Prend un type comme Dega.
Louis Dega, le roi des faussaires.
- Les bons de la Défense ? - Série 1928 !
Dega, il peut acheter une cavale.
A moins qu'on l'ouvre pour lui piquer son magot.
Debout !
Grouillez-vous !
Je peux m'assoir là ?
Si tu veux.
Tu es Louis Dega ? Désolé que tu sois ici.
J'ai fait ce qu'il fallait pour.
Tu es Papillon, tu as tué un maquereau...
et dit au procureur que tu t'évaderais pour te venger.
- Mais je suis innocent. - Personne ne l'est.
J'ai jamais tué de maquereau. Je suis perceur de coffres-forts.
Profession que je désapprouve.
J'avais tout placé dans les bons de la Défense...
série 1928.
1928 ?
Ton instinct était bon. Tu as perdu combien ?
Je suis pas fou, j'ai pas mis plus que toi.
Ça me rassure.
Alors, pourquoi cet entretien ?
Ils savent tous qui tu es.
Ils t'ouvrieraient bien le ventre pour te voler.
- La solution ? - Un ange gardien.
Toi ?
Sais-tu ce que la poule dit au renard ?
Si le renard avait faim, elle n'aurait pas eu le temps.
Réfléchis !
A la douche !
Tu as de la fièvre !
Julot !
Acheter un bateau en arrivant là-bas, combien ça couterait ?
Entre 3 500 et 4 000 francs.
- Si je trouve l'argent... - Tu l'achètes.
Tu connais le pays, on pourrait se tirer ensemble.
J'ai rien contre toi, mais c'est non.
Si je dois me taper le mitard pour avoir raté mon coup...
ça sera ma faute et pas celle d'un autre. Tu comprends ?
C'est non !
Ça t'a fait du bien, fiston ?
- Tu veux me parler ? - Insoutenable, non ?
Quoi ?
- La chaleur. - Ça peut aller.
T'a eu plus chaud que moi.
Tu fais sans doute allusion à hier soir ?
Pas toi ?
Je peux te dire 2 mots ?
Au premier abord, tu m'as inspiré une méfiance... disons imméritée.
- Je suis clair ? - Non.
Jusqu'à ce qu'on arrive dans une prison convenable...
avec des gardiens corrompus...
j'aurais besoin d'une protection physique.
Tu comptes vivre longtemps ?
Oui.
Alors ?
Tu dois bien désirer quelque chose ?
Quelque chose d'important ?
Tu peux me le dire ?
- Pourquoi ? - Quoi donc ?
- M'évader. - Très bien.
Tu me gardes en vie jusqu'en Guyane...
et je financerai l'évasion.
Je compte m'évader seul.
Bien entendu.
Je ne veux pas m'évader.
D'accord.
Merci.
Fous-lui la paix ou je te taille !
C'est Saint-Joseph.
Et là l'Ile Royale. Et à droite l'Ile du Diable.
Julot...
pourquoi est-ce si dur de s'évader ?
On pourrait se tirer à la nage ?
C'est pas la solution.
C'est impossible.
Le courant te ramène au point de départ.
Quand t'es sur les iles, t'y restes.
On va où ?
On remonte le Maroni et on débarque à Saint-Laurent.
Puis ils nous envoient dans les camps ou dans les iles.
Tu vois ces 2 types avec leurs flingues ?
C'est d'anciens bagnards.
- Devenus chasseurs d'hommes. - Chasseurs d'hommes ?
Tu t'évades, ils te chassent.
Pour de l'argent ?
Salauds.
En file pour débarquer !
Je vais avoir un accident, faut que ça fasse vrai, file-moi ton couteau.
Pourquoi tu fais ça ?
J'ai rien à perdre, ils m'enverront aux iles par le prochain bateau.
Faut que j'aille à l'hosto.
T'es fou, Julot !
En file, marche !
Avancez !
Avancez !
Avancez !
Garde-à-vous !
Vous êtes à la Colonie Pénitentiaire de Guyane.
Il est impossible de s'évader.
A la première tentative...
2 ans de supplément de peine en réclusion.
A la seconde, 5 ans.
Les infractions plus graves...
seront réprimées ainsi.
Acceptez votre sort, vous souffrirez moins que mérité.
Rompez !
Monsieur Dega ?
Je sais que vous êtes un monsieur...
- très intelligent. - Merci.
On me connait partout où il ne faut pas.
J'ai un ami gardien.
Continue.
Pour un peu d'argent, vous resterez ici...
au lieu d'aller dans les camps ou les iles.
Trouve-nous quelque chose où on bouge.
Propose, on va choisir.
Mon ami peut arranger ça.
Si tu voles notre pognon, il y va de ta vie.
Je sais.
Combien ?
Mon ami a une grande famille, des enfants...
sa vieille maman est cardiaque...
On s'en fout, combien ?
Laisse-moi négocier.
Combien ?
500 francs pour vous, 1 500 pour lui.
Il a eu des histoires à bord.
Je te propose 1 250 pour nous 2.
A prendre ou à laisser.
- Essaye encore. - D'accord.
Si tu nous trouves en plus des bonnes chaussures...
tu auras tes 2 000 francs.
Tu devrais peut-être...
Oui, excusez-moi.
Ça n'est pas pressé, monsieur Dega.
Je reviens demain.
Debout !
Garde-à-vous ! Présentez armes !
Monsieur Dega, vous avez l'argent ?
Un détenu s'est évadé de l'infirmerie.
Julot !
Il ira pas loin.
Suivant !
Suivant !
Apte. Suivant !
Je me porte mieux que je n'aurais cru.
En pleine forme !
Je me sens pas très bien.
Suivant !
Numéro 7751.
Dega ?
Oui, monsieur, Louis Dega. On m'a conseillé de vous parler.
C'est arrangé, vous restez ici dans l'équipe de nettoyage.
Merci. Et mon ami ?
- Vous êtes Louis Dega ? - Oui, et voici mon ami Papillon.
Nous avons beaucoup en commun, ravi de vous voir.
Merci, si ce n'étaient les circonstances.
Ma famille a tout perdu dans les faux bons de la Défense.
J'en suis navré, monsieur.
Mais ce placement est une belle preuve de patriotisme.
Vous êtes l'ami de monsieur Dega ?
Il est d'usage à Saint-Laurent de ne pas séparer les vieux amis.
Km 40 pour les 2.
C'est quoi, km 40 ?
Allez chercher ce caïman !
Toi, désigne un autre homme.
Il est pas mort, ce salaud.
Attrappe la queue !
- Elle est où, la queue ? - Là-bas.
- T'es prêt ? - Oui.
Avancez !
Mains en l'air !
Posez-le là !
Partez !
Jolie bête, sa peau doit valoir un bon prix.
Dégagez ! Qu'est-ce que vous regardez ?
- T'es Louis Dega ? - Oui.
Je m'appelle Clousiot.
Comment t'as échoué ici ?
Favoritisme.
- Ton copain est pas bavard. - Il est mort.
Il s'est étouffé en avalant un bout de bois.
On partage en 3 ? C'est régulier ?
De la quinine. C'est plein de malaria ici.
Tenez !
Il m'en reste.
Bon, si je veux dormir un peu...
faut que j'emmène ce mec.
Un brave mec.
Dega...
les chasseurs d'hommes.
Les salopards.
- Des papillons ! - Oui.
Un certain Richter fait tous les camps pour les acheter.
On les attrappe, il les achète, les gardes empochent le pognon.
On utilise le Morpho bleue...
pour la teinture des billets américains.
- Il vient souvent ? - 2 fois par mois.
- En bateau ? - C'est le seul moyen.
- Pourquoi ? - Je réfléchis.
Je sais naviguer.
- Oui ? - Oui.
Tu dois les attraper, connard !
- Vous les envoyez où ? - Aux USA.
Combien pour expédier celui-ci au Panama ?
Garde, par ici !
Me dénonce pas ! 1 000 francs !
- Comment ? - 2 000 francs.
- Pour toi. - Oui, quoi ?
Cet homme m'a apporté le plus beau Morpho que j'ai jamais vu.
- Donnez-lui un filet. - D'accord.
Il me faut une embarcation.
4 000 francs, la moitié en acompte, l'autre à la livraison.
- Pour quand ? - Dans une semaine.
Il sera où, le bateau ?
A 400 m en aval, tu verras un arbre énorme, tu peux pas le manquer.
Je t'attendrai. Apporte l'argent.
Je t'amènerai au bateau.
T'es un beau voleur ! La preuve !
- Tu dors ? - Non.
J'ai réfléchi.
Quand tu partiras...
emmène-moi.
Quoi ?
- Tu sais naviguer ? - Non.
Sans tes lunettes, t'y vois rien !
- Je peux t'aider. - Tu voulais pas t'évader !
C'est vrai, mais j'ai plus le choix.
Si je reste dans ce camp...
j'y crêverai.
C'est ton pognon.
Vous 2, j'ai un travail pour vous.
Mettez ce cadavre dans le bateau.
Julot !
Aide-moi !
Dega !
Garde !
Garde !
- Il le fait pas exprès ! - Je vais m'en occuper !
Sais-tu que le premier homme qui a taillé une roue dans la pierre...
l'a utilisée comme décoration ?
Juste pour l'admirer.
Ils abandonnent les recherches.
Au lieu d'ajuster la monture au verre...
j'ajuste le verre à la monture.
Il a pu filer ?
Ses chances sont minces.
C'est tout ce que tu trouves à dire ?
Tu veux que je dises quoi ?
Il a risqué sa vie pour moi.
Ça ne m'était jamais arrivé.
C'est réparé !
Le seul ennui...
c'est que tu viens une semaine trop tôt.
Tu vaux le même prix mort ou vivant.
Ici, c'est la règle du silence absolu.
Nous devons mater des irrécupérables...
rendre inoffensifs des hommes dangereux...
en les brisant.
Nous allons te briser physiquement et moralement.
Renonce à tout espoir.
Masturbe-toi le minimum, ça affaiblit.
Emmenez-le !
1, 2, 3, 4, 5 !
1, 2, 3, 4, 5 !
Quelle merde !
Non, tu dois tout manger.
Je m'en sortirai !
Je m'en sortirai !
1, 2, 3, 4, 5 !
- Je m'appelle Jojo. - Papillon.
Je ressemble à quoi ? Je me sens bien...
mais il faut qu'on me le dise.
Au top.
Mâche bien la noix de coco...
puis avale la pulpe pour garder tes forces.
Ma pensée est avec toi.
Dega !
Il a pensé à moi !
Je suis pas encore mort, salauds !
Prisonnier, sors ta tête !
T'as reçu des noix de coco.
Dis-moi d'où ça vient, ou c'est demi-ration.
Je peux pas le dire.
- J'ai jamais reçu. - T'es certain ?
Je sais pas.
Vous avez dit "noix de coco" ?
Combien ? Qui ?
Demi-ration et dans le noir 6 mois.
L'obscurité stimule la mémoire.
- Tu sais de quoi on t'accuse ? - Je suis innocent !
Je n'ai tué aucun maquereau. On m'accuse injustement !
J'ai été condamné sur des mensonges !
C'est vrai.
Ton vrai crime n'est pas la mort d'un maquereau.
On m'accuse de quoi ?
Du plus horrible des crimes...
qu'un humain puisse perpétrer.
On t'accuse...
d'avoir gâché ta vie.
Coupable !
Tu es condamné à mort.
Coupable !
Coupable !
Coupable !
Ils le savent.
Comment tu l'as su ?
Par un type du bateau qui fait la liaison avec Saint-Joseph.
C'est tout ce qu'il a dit ?
Il finira par parler.
- Tu crois. - Il ne tiendra pas en demi-ration.
A choisir entre mourir et parler, tu ferais quoi ?
Il ne s'agit pas de moi. Et toi ?
Je parlerais.
On s'affaiblit, on délire, on perd le contrôle...
et on parle.
Tu lui reprocheras pas ?
C'est l'affaire du Bon Dieu.
Je mange des cafards !
Je ne suis même pas capable d'éviter de me faire mouiller.
Prisonnier, montre-toi !
Dis-moi son nom et tu auras ta ration complète.
Juste son nom.
Je n'ai pas faim à ce point.
Tu vas mourir de faim. Si tu te voyais !
J'ai toujours été maigre.
Tu es foutu.
- Je suis Papillon. - François.
J'ai l'air de quoi ?
Magnifique.
Ça te vaudra 30 jours de plus !
Je veux voir le directeur ! J'ai quelque chose à lui dire.
Qui t'a apporté à manger ?
Je...
je voudrais le dire...
je vous le jure...
je savais son nom...
c'est ma tête, je sais plus...
j'ai perdu la mémoire... je me souviens plus...
je le jure... j'y arrive pas...
je me souviens plus, monsieur le Procureur. Je peux pas.
Il va mourir.
Tu es mort.
Ta peine est finie.
1, 2, 3, 4...
5.
6 !
Saloperie !
Salut, Papi !
Profite pas de l'occasion !
De la soupe avec de la viande !
De la part de Dega !
Je m'appelle Maturette.
Tu vas bien ?
Ça va.
Tu irais mieux si tu avais dit mon nom.
J'ai failli.
La force de caractère, c'est de savoir résister à la tentation.
Comment t'es sorti du km 40 ?
La corruption.
Le directeur s'est fait construire une maison...
et je suis son intendant.
Papi, ma femme et mon avocat...
ont convaincu des gens du Ministère de la Justice...
que ma peine était trop sévère.
On va examiner aussi ton dossier.
Ça se présente bien.
Le principal témoin à charge...
pourrait modifier son témoignage moyennant finances.
Dans ce cas, je serais libéré quand ?
- Dans 3 ans. - C'est trop long !
Mais non !
Occupe-toi, le temps passera vite.
Louis, tu me dois rien.
- Dis-moi ce que tu veux. - Un bateau.
Evidemment...
Papi, tu te souviens de moi ?
- Clousiot ! - Oui.
Tes yeux ?
J'y ai mis des graines de ricin pour pouvoir rentrer ici.
- Pourquoi ? - Je pars avec toi.
- Quoi ? - Oui, écoute !
Demain, tu vas à la radio.
Le radiologue est un bagnard, une sorte d'hindou.
Il connait un bateau à vendre.
Il te dira le prix.
On part quand, Papi ?
Je parlerai au toubib demain.
Le dernier bateau était pour un meurtrier sadique.
Ils l'ont massacré à 6 km en aval...
mais le bateau a résisté.
T'as un cœur d'acier.
Quel genre de bateau ?
4 m 50, entièrement équipé.
Avec générateur, place à la science !
Les rayons X valent rien. Couche-toi sur le dos !
Ça coutera combien ?
3 000 d'avance, je les donnerai à Pascal, il s'occupera de tout.
Inspire, bouge pas !
Puis 3 000 à Pascal à la livraison du bateau.
Expire et retourne-toi !
Si j'accepte, on s'organise comment ?
On trouvera un moyen, fais-moi confiance.
Confiance ? La dernière fois, j'ai pris 2 ans de réclusion !
On t'a bien eu !
Je me fous de l'argent.
J'espère beaucoup plus ! Inspire !
J'ai tué toute ma famille...
ma femme et mes 4 enfants.
Expire !
Si tu me trahis, je te tue !
Evidemment.
Tu me rendrais service. Un très grand service.
Un de ces soirs, emmène le geôlier aux toilettes...
et lui donne-lui du bon temps.
Pourquoi ?
Ça me regarde. Tu l'amuses 10 mn.
Tu auras 1 000 francs.
- Il est répugnant. - Il le sera moins pour 2 000 ?
- Tu me prends pour une pute ? - Doucement !
Tu te trompes.
Suivant !
Je ferai ce que tu me demandes.
Si tu m'emmènes, tu gardes ton pognon.
Non.
Moi seul peux te sortir d'ici.
Mais t'es...
Un pédé, une lope, une pédale, tout ce que tu veux.
T’oublies une chose...
on t'a peut-être condamné à tort...
mais pas moi.
J'ai tué un mec.
Pas toi.
OK.
Ce soir, au concert...
je servirai les rafraichissements.
Viens avec nous, Louis !
Merci.
Ma femme me fera libérer. Sa lettre va arriver.
Ecoute...
si ta femme était ici, tu donnerais combien pour qu'elle en sorte ?
Tout ce que j'ai.
Et elle, tu crois qu'elle payerait pour te récupérer ?
Tu devrais t'évader.
Tant qu'il te reste une chance.
Je partirai sans m'évader.
Je risque ma vie. Toi, tu finiras ici.
Adieu. Bonne chance.
Clousiot !
Clousiot !
Dega, espèce de saligaud !
Gardes !
- Où est Clousiot ? - Le garde l'a eu.
Tirons-nous !
Par ici ! Où est le troisième ?
J'arrive, j'ai une entorse.
Dépêchez-vous !
Le bateau est là. T'as mes 3 000 francs ?
Il ne manque rien à bord.
Vite, je suis pressé.
Pas de coups de feu, vous attireriez les chasseurs de prime.
Il y a 2 bidons de rhum à bord.
Envoyez-moi une carte postale du Honduras !
Goûtons le rhum !
Ce bateau est pourri !
Je vais tuer ce fumier ! C'est de la merde !
Ma jambe !
C'est pas une entorse, c'est une fracture !
Une fracture ? Et t'as rien dit ?
J'ai pensé que tu me laisserais tomber.
- Et comment ! - Il va falloir la réduire.
- Aide moi. - Ça va faire mal ?
Oui !
Je te rappelle que c'est mon argent qui coule...
et que c'est mon héroïsme qui a empêché le garde de te tirer dessus.
Il m'aurait raté.
Relaxe-toi !
Ça ira vite !
Prend-le au-dessus du genou !
Prêt ?
- Ça y est ! - Comment t'as fait ?
Chacun a son point sensible.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Il a trouvé ton point sensible.
Bouge plus, ou t'es mort !
Tourne-toi !
Jette ce fusil !
On m'en donne 200 francs.
Je les veux. Tourne-toi !
T'es en cavale de Saint-Laurent avec 2 autres mecs ?
- Exact. - Les autres sont au bateau ?
Exact.
- Le bateau est pourri. - Une saloperie.
Je vous attendais.
Viens !
Ne tirez pas, tout va bien !
Je les ai surpris pendant leur sommeil.
Ils vous guettaient depuis 2 jours.
Son bateau, il l'a vendu plusieurs fois.
- T'aimes ? - Enormément.
Quand je l'ai fait, j'étais bourré.
Tiens !
Coupez des bambous et faites un radeau.
Je reviendrai ce soir.
Je vous mènerai à l'Ile aux Pigeons.
Avec du fric, vous aurez un bateau.
Mais ils peuvent vous tuer, ils s'en foutent, ils sont tous lépreux.
- T'en fais du bruit ! - Les chiens transmettent la lèpre ?
Va !
Prend ton flingue.
Je veux pas me battre.
Je veux juste un bateau.
Qui va là ?
Papillon, un forçat en cavale.
- Et les 2 autres ? - Sur la plage.
Un a la cheville cassée.
Entre !
Vous avez 2 fusils.
- Oui. - Vous cherchez un bateau ?
- Oui. - Vous manquez d'argent ?
Oui.
Pourquoi tu me regardes pas en face ?
On est des contrebandiers. On vole sur le continent.
Un étranger qui vient ici...
on le tue par précaution.
C'est logique.
T’es un homme compréhensif.
- Tu fumes le cigare ? - Quand j'en ai.
Goûte celui-ci.
Tu savais que j'avais la lèpre sèche qui n'est pas contagieuse ?
Je ne le savais pas.
Vous rejoindrez le Honduras en un mois au plus.
Il vous faudra de l'argent là-bas.
On a fait une collecte.
Prend. Il est pas contagieux !
Si tu dois attraper la lèpre, autant que ça soit par l'argent.
Prend !
Il ne sert que pour jouer...
ou faire venir des lépreuses d'Albina.
Il en reste bien assez pour ça.
Embarquez, il ne faut pas rater la marée.
Adieu !
Au Honduras !
Ma jambe !
Ma jambe est bousillée !
Saloperie !
Encore un petit coup.
Je suis bourré.
C'est ce qu'il faut.
Serre ça entre tes dents.
Tu vas déguster, Louis !
Si t'as envie de gueuler, va-y.
Tu peux y compter.
Un instant ! - Que voulez-vous ?
Vos papiers d'identité ! Qui êtes-vous ?
Des pêcheurs. Notre ami est très...
Vous n'allez pas me laisser là ? Merde !
Par ici !
Viens !
Détache-moi !
Ils m'ont ficelé comme un porc...
j'en ai tué 4.
Je les veux morts ou vifs !
Vous 2, descendez !
Je les veux morts ou vifs.
Ils nous cherchent.
Vos papiers, s'il vous plait !
Pour l'amour de Dieu, une pièce pour nos pauvres !
S'il vous plait !
S'il vous plait !
On vous a condamné pour quoi ?
Meurtre.
Mais je n'avais tué personne.
Si vous retrouviez la liberté, qu'en feriez-vous ?
Je n'ai guère eu le temps d'y penser.
Si vous êtes un voleur ou un assassin...
vous pouvez tout nous prendre.
Elles sont à moi, on me les a données...
gardez-les jusqu'à mon départ.
- Etes-vous réveillé ? - Oui, ma Mère.
Si vous êtes coupable, votre don ira aux pauvres de Santa Marta.
Si vous êtes innocent, soyez sans crainte...
Dieu vous viendra en aide.
Tes 5 ans de réclusion sont finis.
Tu as payé en partie ta dette à la France.
Papi !
Je suis libre !
C'est le seul moyen de quitter l'Ile du Diable.
Ici, c'est moins dur.
Les requins sont de bons gardiens.
On te foutra la paix...
si tu te tiens tranquille.
Prend cette cabane.
Ne rode pas autour des autres, tu pourrais te faire descendre.
Dega ?
Dega !
Dega !
Dega !
Louis !
Louis !
Tu n'aurais pas dû venir ici.
Tu aimes les langoustes ?
Oui.
Vraiment ?
J'ai rien mangé d'aussi bon depuis des années.
Tu as su pour ma femme ?
Elle a épousé mon avocat, ou l'inverse.
Quelle importance, au fond ?
Ça revient au même, tu ne crois pas ?
Je n'ai plus de ses nouvelles depuis longtemps.
Tu aimes ma cabane ?
Tu l'as bien arrangée.
Très agréable.
C'est étrange...
qu'on se retrouve ici.
On est les seuls qui restent.
- Tu y penses parfois ? - Non.
Moi, oui.
Allez-vous-en !
Allez-vous-en !
Ça suffit !
Ils viennent piller mon jardin !
Qui ?
- Je vais m'en aller. - Oui.
Je connais ta cabane, il n'y a pas de fantômes.
Louis ! Louis !
Les graines de Santini ont germé, ce sont des carottes.
En 4 semaines au lieu de 6 !
Si je peux m'évader, tu viens avec moi ?
Oh oui ! Freddy, dégage !
Ils m'ont pris tout mon argent.
- L'argent ne nous sortira pas d'ici. - Alors quoi ?
- Je sais pas. - Alors, n'en parle pas.
Tu aimes les tomates ? J'ai des graines, fais-toi un jardin.
Regarde, c'est un fer à cheval, les vagues se brisent...
et repartent au large.
Impossible de mettre un bateau à l'eau ici.
Ni nulle part sur l'ile.
On peut utiliser des sacs de noix de coco. On se laisse dériver.
Et ensuite ?
Le continent n'est qu'à 45 km.
Le courant t'entraîne.
Il faut 2 jours.
- Tu es certain ? - Oui.
C'est désespéré.
Oui.
Ça peut marcher ?
Quelle importance ?
C'est pas pour vous !
C'est pas la vague la plus forte.
Oui.
Elles viennent par série de 7.
Seule la septième peut nous emmener au large.
- Tu es certain ? - Oui.
Parfait !
T'es prêt ?
Je veux te dire une chose.
Louis, t'as pas besoin de me le dire.
Je reste.
Je suis navré.
Je le sais.
Tu vas te tuer, tu le sais ?
Peut-être.
Fais pas ça !
Salauds, je suis pas encore mort !
Papillon put s'évader...
et vécut libre le reste de sa vie.
Le système pénitentiaire de la Guyane Française...
fut définitivement aboli en 1946.
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