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LES TROIS MOUSQUETAIRES
En 1625, Shakespeare est mort.
L'Am�rique n'est pas encore fond�e.
La France conna�t un calme pr�caire.
Un jeune nobliau gascon s'appr�te
� bouleverser le monde de fond en comble.
Si tu es un peu rustaud,
tu es aussi gentilhomme.
Souviens-t'en � Paris.
Notre nom est aussi noble qu'un autre.
- Sinon plus. - Oui, p�re.
Porte ceci � M. de Tr�ville, un Gascon.
C'est le capitaine des mousquetaires.
Je ne te donne que des conseils,
quelques �cus,
- une monture... - Un cheval !
- Un grand cheval noir ? - Une monture.
Fi du cheval, seule la lettre compte.
Souviens-toi, tu es un d'Artagnan.
Ton honneur est pr�cieux. D�fends-le.
Je t'ai appris l'escrime. Au moindre quolibet,
� la moindre raillerie...
Mon fils...
P�re !
Je ne souffrirai rien, Monsieur, de quiconque.
Maraud !
Mon cheval !
Maraud !
Mon cheval !
Suis-je si dr�le ?
Mon �p�e vous amuserait mieux.
Moins que votre cheval, je le crains.
Je ne souffre pas les railleries.
- Tonnerre ! - Monsieur...
Milady, le temps d'exp�dier...
ce manant !
Qui compte le plus, Richelieu ou vos querelles ?
Un espion du roi ?
Mais, Milady...
Quand il vous plaira...
Dois-je rem�dier � tout ? D�truisez ses papiers.
Oui, Milady.
Quartier des mousquetaires
M. de Tr�ville, capitaine des mousquetaires ?
Montez l'escalier.
Que vais-je faire de vous ?
Aramis, c'est du propre pour un abb�.
Vous, Porthos, faites un assez beau portemanteau.
- O� est Athos ? - � l'article de la mort.
Il cuve, oui ! Que voulez-vous ?
D'Artagnan. Sans lettre.
- Et vous m'importunez ? - C'est un Gascon.
Qu'il entre !
Vous vous laissez arr�ter par les gardes de Richelieu !
� nombre �gal, encore. Le roi est humili� !
Pardonnez-moi mon retard.
Bless� ?
Qui a parl� de nombre �gal, que je le taille en pi�ces ?
Richelieu, qui a cont� l'affaire au roi.
Mes excuses, Messieurs. Rompez.
Je demande une faveur, mon capitaine.
Laissez-moi venger ces Messieurs !
Je m'�trangle.
Ce sont les 3 meilleures lames de Paris.
Ils n'ont besoin de personne.
Que voulez-vous ?
Devenir mousquetaire.
Et vous venez sans m�me une lettre ?
J'en avais une. On me l'a vol�e. Le gredin...
Du calme ! O� cela s'est-il pass� ?
� Bayzac. Un homme grand et laid avec une cicatrice...
Seul ?
Non, avec une tr�s belle femme.
Son nom ?
- Milady. Vous les connaissez ? - Elle est donc de retour !
Leurs noms !
Je vais chez le roi. Vos ennemis vous servent de garant.
Vous appartiendrez aux cadets.
Et le temps venu, peut-�tre, aux mousquetaires.
Monsieur !
Capitaine ! Ma gratitude...
Empot�, rustre en sabots !
Vous parlez � un futur mousquetaire.
Un futur mousquetaire !
Avec votre plume de faisan et vos mani�res de gueux ?
Vous m'offensez.
Je vous donnerai satisfaction derri�re le Luxembourg � midi.
Volontiers, Monsieur.
Et l�, la duchesse d�faillit � mes pieds...
Je la pris dans ma cape...
Ma cape !
Pardon ! Comment sort-on de l� ?
� coups de botte !
Je ne souffre cela de personne.
Venez aux Carmes Deschaux.
- Quand ? - � une heure.
Midi !
Une heure !
Tu me g�nes.
Aucune femme dans ta vie ?
L'�me m'importe et non la chair.
J'ai l'habit du mousquetaire. Pas les habitudes.
- Moi ? - Oui, vous.
Attendez !
Je m'adressais � vous.
Vous �tes si press� ?
Nullement.
Voil� qui est mieux. Dites-moi, ai-je l'air
d'un homme � femmes ?
Sans doute, sinon Paris retentirait de leurs soupirs.
Vous biaisez.
Ils disent que je perds mon temps avec elles.
En compagnie des femmes, on ne perd jamais son temps.
Faquin, fuis avant que je ne t'�gorge.
Mesurez vos propos...
Nous nous mesurerons
derri�re le Louvre � 1 h.
Serviteur.
� 2 h, est-ce possible ?
Le diable ratiocine !
Vous �tes ponctuel. O� sont vos seconds ?
Je n'en ai pas. Je suis arriv� � Paris hier soir.
Sort funeste. Arriver � Paris et se faire tuer le lendemain !
Rien ne presse. Mes seconds ne sont pas l�.
Vous si�rait-il de ne point tarder ?
J'ai le m�me rendez-vous dans une heure.
Si je survis � celui-ci, veux-je dire.
Comme vous voulez.
N'ayez crainte, vous ne survivrez pas.
Quel ph�nom�ne ! Un jour � Paris et deux duels.
Trois ! J'en ai un autre, l'heure d'apr�s.
Vos seconds, peut-�tre ?
Tu te bats avec lui ?
- Moi aussi. - Et moi, � 2 h.
� 2 h ? C'est de la folie pure !
Vous m'inspirez de l'affection.
Oui, toi, tu l'as vivant.
- Tu te plains ? - Moi ?
Messieurs !
Vous avez querelle avec moi, pas entre vous.
Si bien parler et mourir si jeune !
J'en �prouve un regret sinc�re.
Vous �tes bless� !
Ma main gauche va vous g�ner. En garde.
Pr�t ?
Athos ! Jussac ! Les gardes de Richelieu !
Cinq !
Rengainez. Je vous arr�te.
Trois contre cinq ?
Non, quatre.
Voil� qui me fait plaisir. Le duel est interdit.
Au nom du cardinal, je vous arr�te.
Surpassez-vous, au nom du roi.
Votre main droite ?
Je la garde pour boire.
Prudence, c'est Jussac !
Porthos !
Laisse-le fuir.
- Messieurs ! - Non, venez admirer.
Est-ce le paysan que tu voulais affronter de la main gauche ?
Qui es-tu ?
Dis � Richelieu que je me nomme d'Artagnan.
Aucune mesure !
Qui eut le front de fendre la culotte de Jussac ?
Moi, Monsieur.
Vous, d'Artagnan !
Tout Paris va parler de vous. Mais vous �tes loin du compte.
Si Richelieu est impopulaire, c'est un homme tr�s puissant.
Il ambitionne de faire la guerre � l'Angleterre
et, plus grave, de ruiner le pouvoir du roi.
Situation d�licate. Ne la rendons pas impossible.
Trucidez, mais ne faites plus choir de culotte.
Comprenez-vous ?
Le roi veut voir sur-le-champ le capitaine Tr�ville,
Athos, Aramis et Porthos.
Et un nomm� d'Artagnan.
Des brutes �cervel�es !
Oui, Majest�.
Des imb�ciles, �videmment. Qui est-ce ?
D'Artagnan, Majest�.
En voil� une tenue !
Comment affronter Richelieu avec ces gens mal fagot�s ?
Qui me mit dans l'embarras ?
D'Artagnan.
L'imb�cile ! Ne savent-ils pas
que Richelieu est mon ami, mon bouclier ?
Si fait.
Et que l'honneur d'un ministre, c'est celui de la France ?
Ils sont fougueux.
Ne m'interrompez pas quand je parle d'or !
- Que disiez-vous ? - Qu'ils sont fougueux.
De fougueux imb�ciles !
Cinq cents francs.
Tenez.
Voil�.
Retirez-vous. Et t�chez de v�tir celui-ci d�cemment.
Un habit, un valet, un cheval.
Manque la riche veuve.
Planchet, mon cheval.
Messieurs, voici mes quartiers.
Bienvenue chez toi, d'Artagnan.
Sortez-le, il se dit propri�taire.
Il l'est. C'est M. Bonacieux.
Je savais qu'il disait vrai.
Sortez-le. Leur engeance m'insupporte.
Accordez-moi un instant. Par piti�, Monsieur.
J'habite au-dessous de vous. Je pars pour un long voyage.
J'ai une filleule
nomm�e Constance, qui est en danger.
Quel danger ?
Suivante de la reine, elle est suivie par les gens du cardinal.
Ils ont tous mauvais go�t. Ce coup-ci, je vous crois.
Pardonnez-moi, mais leur but est politique.
La reine a confiance en elle.
Je vous en supplie. Ce ne sera pas un grand tracas.
Elle rentre rarement du palais.
Jetez un �il par la fen�tre.
Et d'ici,
vous avez vue sur nos appartements.
Porthos !
Bien pratiques, ce plancher, sa filleule, le danger...
Et mon ami qui s'est distingu�
comme un d�fenseur du tr�ne !
Je renifle Richelieu l�-dessous.
- Sortez. - Attendez !
Planchet ! Qu'il sorte !
Je vous jure que non, Monsieur...
Belle roulade !
Planchet, des clous et un marteau !
Si je les empruntais au propri�taire ?
Monsieur, vous tombez du ciel !
Non, juste de l'�tage au-dessus.
Au nom de la reine, je vous remercie.
� pr�sent, veuillez m'excuser un instant.
Permettez.
Vous �tes touch� !
Mortellement. Fatalement.
Au c�ur.
- Un m�decin ! - Jamais je ne gu�rirai.
Veille ! J'�uvre pour la reine.
Pardonnez ma h�te.
La mienne est double. Je vous aime !
Quoi ?
Je vous aime !
En moi, la temp�te fait rage
depuis que je vous vis. Au fait, votre nom ?
Constance.
� moi, toute � moi.
Mon sang bout. Mon c�ur bat la chamade.
Du bout du monde...
Vous veniez d'au-dessus !
� 3 pas de vous, je suis au bout du monde.
Vous �tes fou.
Tenez, lacez-moi, tandis que vous parlez.
Je suis votre valet, votre esclave.
Votre plaisir est ma vie, votre volont�, ma loi.
Ma vie est � vous, mon c�ur, mon �p�e.
Tout ce que vous exigerez.
Ma derni�re goutte de sang.
Pourquoi faut-il commencer par l� ?
Je ne m'en tire pas tr�s bien.
C'�tait une fa�on de vous dire que je vous aime.
Dites-moi plut�t votre nom, d'abord.
D'Artagnan.
Le c�l�bre duelliste ?
Le c�l�bre nigaud.
J'arrive tout juste de ma province.
Ces habits datent d'aujourd'hui.
Le c�l�bre d'Artagnan...
Pardon, je m'en vais...
Je suis aussi simple que vous.
Je travaille au palais. Cet amour me prend au d�pourvu.
Ciel !
Je suis en retard !
Tr�s en retard...
Ne me suivez pas.
Vous sortez seule ?
Faites-moi confiance. Je vous en supplie.
O� allez-vous ?
Si vous m'aimez, de gr�ce, ne me suivez pas !
- Comment me fier � vous ? - D'Artagnan !
Vous aviez rendez-vous dans la rue !
C'est le duc de Buckingham, 1er ministre d'Angleterre !
D�sol�, mais il en sait trop. Il faut que je le tue.
Il est loyal envers la reine et en outre, je... l'aime.
�chapper aux sbires de Richelieu et p�rir sur l'�p�e d'un amant !
Triste fin pour Albion ! Venez.
Veuillez attendre ici.
Un messager d'Espagne, l'un de vos cousins.
Sa Majest� la reine.
Anne !
Ma petite !
Mille fois j'ai dit non.
Et mille fois je reviendrai.
Dieu du ciel, ne comprenez-vous pas ?
Je comprends que je vous aime,
et qu'ici-bas, rien ne doit nous s�parer.
Ma ch�rie ! Avouez-moi que vous m'aimez encore !
Vos larmes le prouvent.
Je pleure sur moi, sur mon mari, mon pays.
Votre pays, soit. Mais votre mari est idiot.
Richelieu a plac� ses espions partout.
- � qui se fier ? - A moi.
Croyez-vous ?
Quel espion a su que vous veniez en France, avant votre d�part ?
La comtesse de Winter ?
Par quel moyen intime l'a-t-elle su ?
Anne !
Ne puis-je me fier � vous ?
Mais je vous aime. C'est plus fort que moi.
M'accusez-vous d'infid�lit� ?
Je l'accepte.
George, je vous aime.
Mais je vous interdis de revenir � Paris,
seul, � la merci des gens de Richelieu.
Lui-m�me me l'a d�fendu.
Je ne vous verrai plus.
En mendiant je ne puis,
en ambassadeur, non plus. Je vous conquerrai.
L'Angleterre est � moi. La France et vous, serez � moi.
Il faut partir.
Tenez.
Je vous fais ce cadeau d'adieu. Nous ne devons plus nous voir.
Je les ch�rirai comme je ch�ris les souvenirs que j'ai de vous
et la joie que je me fais de vous revoir.
La comtesse de Winter.
Excellence.
Milady, jamais vous n'avez �t� aussi bienvenue qu'� pr�sent.
Vous m'aviez promis un cong�. Je le prends.
Soit. Et quel est le nom de ce cong� ?
Le comte de Wardes ?
Vous savez tout ce qui se trame ici ?
Je sais que j'ai form� un grand projet.
Et que vous, Milady, vous en faites partie.
J'ai besoin de vous.
Buckingham poss�de des ferrets de diamants. Douze ferrets.
Je vous saurai gr� d'aller en Angleterre, en voler deux.
En voler deux ? Ne serais-je qu'une voleuse ?
Je ne confierais pas cette mission � une voleuse.
Ces bijoux ont �t� remis hier soir � Buckingham, par la reine.
Il a pu approcher la reine ?
Fi ! Malgr� vos pr�cautions.
Rochefort s'en expliquera.
Et il ne manque pas d'imagination.
Selon lui, un monstre nomm� d'Artagnan
a tu� mes gens.
Une catastrophe !
Il faut un as pour s'en garder
et un g�nie pour utiliser l'as.
Vous et moi sommes neufs
dans ce vieux monde de gens impulsifs.
Notre raison nous sert � penser.
Face � la pens�e, nos impulsifs ennemis sont sans d�fense.
Le roi refuse mon projet d'attaquer l'Angleterre.
Or, Buckingham est l'amant de la reine.
Si je le prouve, le roi s'opposera moins � mon projet.
Vous me t�moignez une confiance extr�me !
Si je refusais de partir ?
� qui me fier,
sinon � une femme ambitieuse
qui a un pass� ?
Oui, je sais tout ce qui se trame
ou tout ce qui s'est tram� en France.
Que d'espions ! Iriez-vous en Angleterre ?
Seule la reine sait que je vous vois. La pauvre !
Constance !
Richelieu organise un banquet pour forcer la reine � porter
douze ferrets qu'elle a re�us pour son anniversaire.
Elle les a donn�s � Buckingham.
Richelieu veut que le roi le sache.
Elle devra les porter, sinon... Il ne reste que neuf jours.
Je vous aime.
Il vous faudra cette lettre.
Dites � la reine qu'elle aura ses bijoux avant neuf jours.
Que ferais-je sans vous ?
� mon retour.
� votre retour.
Ce pli doit lui �tre remis et les bijoux rendus avant le 1er.
Seul avantage, Richelieu n'en sait rien.
Mon ami, mon bon ami,
mon provincial ami, quand conna�tras-tu Paris ?
Richelieu sait d�j� tout.
M�me la couleur de tes sous-v�tements.
C'est mon affaire.
Si nous y allions tous, l'un de nous rentrerait � Paris.
Mourir entre amis...
Peut-on demander plus ? Le monde offre-t-il moins ?
Qui vivrait sans vider la derni�re bouteille ?
Tous pour un, d'Artagnan. Et un pour tous !
- Va ! - 4 contre 1 !
Pour la reine !
Reste avec ton ma�tre !
Cr�vec�ur est juste l�.
J'y ai connu une femme.
C'est tout moi !
Mes plus beaux souvenirs sont li�s � cette route.
Aramis, tu n'as rien ?
Pars par l� !
Ta dame puisse-t-elle vivre !
C'�tait il y a longtemps. Tr�s longtemps !
S�parons-nous. On leur coupera la route.
Ma�tre !
Jussac !
On se retrouve !
� cheval, pour la reine !
Planchet !
- Un bateau pour l'Angleterre. - Le port est ferm�.
- Sur ordre de qui ? - De notre bien-aim� Richelieu.
Un bateau !
Le port est ferm�.
Comte de Wardes, mandat� par Richelieu.
Voyez le gouverneur.
O� loge cet individu ?
Derni�re maison.
Quel homme �l�gant... c'�tait !
Tais-toi, il n'est pas mort.
Plut�t la mort que l'�tat de passoire !
Autant mourir de suite.
Quel homme !
Je dis : quel homme !
Des lettres de la comtesse de Winter.
Au fait, Planchet, n'oublie pas mon nom.
Je suis le comte de Wardes.
Le comte de...
Je ne les confierais qu'� vous. H�las, vous n'�tes pas anglais.
Un Anglais porterait ce coffret � Paris sans l'ouvrir.
Moi, je suis fran�ais.
Donc sceptique...
Valet !
R�pugnants voleurs ! Qui a pris ces bijoux ?
Vous serez pendus haut et court !
Tr�ve de mensonges. Nul n'est entr�...
Appelez mon joaillier. Sur-le-champ !
- Il vous reste 5 jours ? - Sans les ferrets...
Si vous chevauchiez le vent, combien de temps jusqu'� Paris ?
- 3 jours. - Vous �tes seul ?
J'avais des amis.
J'esp�re que l'un d'eux a surv�cu et m'aidera.
Rochefort, versez 100 000 francs � la comtesse.
Qu'est devenu ce d�mon de d'Artagnan ?
- Il est mort. - Parfait.
Pourquoi cet air chagrin ?
Cinq de mes gens assurent l'avoir tu�.
Chacun en un lieu diff�rent.
Qu'on garde les routes.
Qu'on ferme Paris tant que son cadavre ne me sera pas livr�,
ou qu'il ne sera pas embastill�.
Nobles paroles.
Vous qui �galez les catastrophes et les monarques,
vous serez un jour l'�gal de cet apprenti mousquetaire.
- D'Artagnan ! - Porthos !
Bless�, para�t-il ?
Sans gravit�. Les bijoux ?
Ils sont l�. Quel homme, ce Buckingham !
On en avait vol� deux. En 2 jours, ils �taient refaits.
� cheval !
J'ai besoin de toi.
Ta blessure te rend impotent ?
H�las, celle-ci se situe entre moi et mon cheval.
Je n'ai pas fui. Je luttais comme un lion quand j'ai vu...
une cr�ature de r�ve !
J'ai d�tourn� les yeux et vlan !
Je suis humili�.
�tre bless� en un endroit si impossible � d�signer !
Tu en doutes ?
Non, je suis press�. O� est Aramis ?
Dans un monast�re.
Il renonce � la chair.
Si vite ?
Il dit qu'un rien peut vous changer la vie. Je soup�onne...
Sa dame de Cr�vec�ur l'avait oubli�.
Pourvu qu'Athos soit en vie !
- Du vin ! - Je n'en ai pas.
Va � la cave !
Je ne peux pas.
Pourquoi ?
Piti� ! Un fou s'y est enferm�.
Un fou ! Voil� une semaine qu'il y est.
En huit jours, il m'a tout mang� et tout bu.
Dans 3 jours, je serai ruin�.
Athos, ouvre-moi ! C'est d'Artagnan.
C'est moi, d'Artagnan !
Mon ami, bonjour !
Sois le bienvenu !
Mon beau, mon superbe ami !
Grimaud ! Du vin pour Monsieur d'Artagnan.
Le meilleur qui soit pour mon cher...
Monsieur d'Artagnan.
Il faut �tre � Paris ce soir.
Attends un peu. Tu n'as pas bu !
D�grise-toi, je t'en prie.
Quel puritain ! Sa dulcin�e n'appr�cie pas qu'il boive.
Tu sais, les femmes...
J'en ai connu une nagu�re...
Non, disons que j'avais un ami.
Un jeune aristocrate qui connaissait une femme...
As-tu oubli� que nous servons la reine ?
Je te parle des femmes.
�conomise ton souffle !
As-tu oubli� notre devise : tous pour un et un pour tous ?
Voyez un peu le pompeux butor !
Voyez le h�ros !
Que sais-tu, sinon jouer de la rapi�re ?
Je parlais des femmes.
Cet ami... Cet ami aristocrate...
s'est �pris d'une fille de la campagne.
Il l'a �pous�e et couch�e sur le lit de ses a�eux.
Elle �tait belle. Il l'adorait
comme on v�n�re l'autel.
Elle �tait pure, elle �tait bonne.
Un ange de lumi�re !
Mais en une semaine, cet ange de lumi�re
a d�voy� un voisin, un jeune ermite.
Il a reni� sa chastet�. Ils ont pill� l'�glise locale.
Mon ami l'a forc�e � avouer
et l'a livr�e au bourreau de Lille
qui lui a marqu� l'�paule d'une fleur de lis.
Il l'a chass�e de chez lui,
il a renonc� � ses droits ancestraux et il a fui.
Il a chang� de nom et rejoint les arm�es du roi.
Il n'a jamais revu cette femme...
et n'a jamais cess� de l'aimer.
Je parle des femmes.
En route pour Paris.
Avancez.
Planchet, rentre les chevaux !
Qui va l� ?
Arr�tez ou je fais feu !
Gardes, cernez-les !
Au grenier !
Rendez-vous !
J'ai trop bu.
A�e, ma t�te.
On va br�ler la grange.
Cessez le feu !
D'Artagnan, si jamais on se revoit,
sache que j'ai trop bu.
J'invente des contes de f�es quand je bois.
- Souviens-t'en. - On se rend ?
Non, tu seras bient�t libre
et Paris sera � toi.
Planchet !
Viens, ils te prendront pour d'Artagnan.
On passera la nuit � la Bastille.
Et la reine ?
Elle ne se sent pas bien. La seule vue de ces mets...
Le souper s'ach�ve.
Lors du bal...
Quel dommage !
J'ai un cadeau pour elle.
Quand elle para�tra
sans les 12 ferrets que vous lui avez donn�s,
demandez-lui qui les lui a vol�s.
Je suis pr�te.
Mais, Majest�, sans vos bijoux...
Les ferrets, Madame !
Ils vous manqueraient, je le savais. Si bien que...
Navr�e, Louis. Je n'ai pas eu le temps d'arborer ces joyaux.
Ma couturi�re a tard�.
Votre couturi�re ! "Madame d'Artagnan", plut�t.
C'est insens� ! D'o� viennent ces deux ferrets ?
Il les disait vol�s.
Notre grand ministre, r�duit � voler ?
Mieux vaudrait l'augmenter.
Donnez-les n�anmoins.
Mes compliments. Faites-en ce que vous voudrez.
O� aller ?
Je ne peux quitter le palais.
Demain ? Quelque part ?
Toute ma gratitude !
La main de la reine !
Tu n'ambitionnes rien de plus ?
Demain soir, � huit heures, � Saint-Cloud.
L'Auberge des Fleurs.
J'en endure pour vous, ma�tre.
� peine sorti de la Bastille, je dois porter vos habits.
Je pr�f�re la Bastille.
Prudence ! Richelieu va se venger.
On va te prendre pour moi.
C'est bien vrai...
Que dites-vous l� ?
Auberge des Fleurs
Pendez-moi, mais soyez t�moin
que je me rends librement et volontairement
car je ne supporte pas qu'on s'en prenne � la femme.
Il surpasse votre description. C'est incroyable.
Rel�chez Mlle Bonacieux. Ma vie contre la sienne.
Qu'en ferais-je ?
Vous refusez ?
Je veux faire de vous le lieutenant
de ma garde.
Je ne peux vous avoir comme ennemi.
Vous bloquez les affaires de l'�tat.
Mais vous pendre ? Quel g�chis !
Vous ne suscitez en moi qu'un instinct,
celui de l'acquisition.
L'ambition vous a fait monter � Paris.
Mais en servant le tr�ne,
vous avez choisi le d�clin.
Je suis venu vous parler... de cette jeune femme.
Il est vrai. Si nous y revenions plus tard ?
Quand vous aurez accept� ma nomination.
La comtesse de Winter.
Au fait, vous ne vous connaissez pas !
Se conna�t-on ?
Ce jeune homme m'int�resse vivement.
Auriez-vous l'extr�me bont�
de lui montrer le genre de soci�t�
qu'il fr�quenterait en tant que lieutenant ?
Doucement, notre ami Porthos a le c�ur tendre !
Et ce s�jour au monast�re ?
Il n'a dur� que quelques jours ?
Cela suffit pour changer la vie d'un homme.
Je ne suis pas m�r pour la vie spirituelle.
Je m'attendais � te voir me rejoindre � la Bastille.
Richelieu a enlev� Constance.
O� est-elle ?
Je l'ignore. Richelieu le sait,
Rochefort et la comtesse de Winter.
La c�l�bre comtesse ! Vous l'avez vue ?
Oui, moi et de pr�s, il y a peu.
Ne vous m�prenez pas ! C'est Constance que j'aime.
Dieu sait ! Avec Milady, je ne fis que converser.
Vous ne me croyez pas ?
Il en aime une pour avoir l'autre.
Non, de Milady, je ne veux que sa confiance.
On a parl� chevaux, Gascogne...
Il voit la plus c�l�bre beaut� qui s�duit Buckingham lui-m�me,
et du p�ril, de la fascination, de la tentation incarn�e,
il ne veut que la confiance !
Je la vois pour savoir o� est Constance.
La pauvre ! 50 francs qu'il succombe � Milady.
Goujat ! Il ignore ce qu'est l'amour.
L'amour prot�ge de toutes tentations.
Quel paysan ! Pour un peu, je le croirais.
50 francs, c'est dit ?
Je le crois, mais pas � ce point-l�.
Mis�rables corrompus !
Vous verrez... Elle ne me tente pas du tout.
Si je la tentais, je saurais peut-�tre o� est Constance.
Mais Milady me m�prise. Elle me prend pour un rustre.
Pire, elle en aime un autre. D�sesp�r�ment :
"O� est-il ? Pourquoi ne vient-il pas ?"
Pour l'heure, j'en suis r�duit � sa suivante.
� qui tu fais l'amour ?
D�licieux, vraiment.
Je n'ai flirt� avec elle que pour intercepter
sa correspondance.
Tu fr�quentes toutes ces femmes
et tu n'en aimes qu'une ?
Pauvres amis volages, vous ne comprendrez jamais.
Si tu n'aimes que Constance, va trouver celui � qui Milady
se confie.
Bien dit, sauf que celui-ci est un certain comte de Wardes
que j'ai laiss� � Calais,
lard� de quatre coups d'�p�e.
Que le sort est cruel !
Kitty !
Bien cruel, ma foi !
Vous ne m'embrassez pas ?
Kitty, mon tr�sor,
mon aim�e, ma colombe, mon tout.
Je vous laisse de glace.
Vous n'en avez que pour ma ma�tresse.
Elle s'en fiche. Elle l'aime, lui.
Le comte de Wardes.
Je dois lui porter ceci.
J'ai beau lui en porter, il ne r�pond jamais.
Bien s�r. Il n'est pas chez lui.
- Qu'en savez-vous ? - C'est un ami.
Voyons un peu.
Rendez-la-moi. Je suis perdue !
"Mon �ternel amour" !
Tu as raison, elle l'aime.
Morbleu !
"Vous ne r�pondez pas ? Venez !"
Je me demande...
R�ussirai-je ?
Rendez-la-moi !
Kitty, ce de Wardes, a-t-elle confiance en lui ?
Sans doute.
Cesse de bramer ! Je ne fais que t'aider.
Dis que la lettre a �t� remise.
C'est faux !
Et que le comte regrette, mais qu'il se cache,
f�ch� avec Richelieu. Il a aid� d'Artagnan � partir
et Richelieu veut l'arr�ter.
Est-ce vrai ?
Plus ou moins. Dis que de Wardes
viendra souper � minuit,
� condition qu'il n'y ait aucune lumi�re.
Aucune ?
Si on le reconna�t, il est perdu.
Il craint trop de croiser le terrible d'Artagnan.
Je n'y comprends rien !
S'il renonce, elle m'en voudra.
Voyons, Kitty, rassure-toi. Il viendra, c'est un ami � moi.
Mais vous avez dit qu'il craint...
Kitty, ma ch�rie.
Mon tr�sor, ma colombe, voyons !
Cours, � pr�sent et n'oublie pas :
ce soir, � minuit. Et sans lumi�res !
�teins tout, vite !
Oui.
C'est insens� ! Autant tirer les rideaux.
- Avait-il l'air fou ? - Non.
Peu importe. �teins tout.
S'il ne vient pas, si tu as fait une erreur...
Le feu a chauff� le vin. Va le rafra�chir !
R�chauffe le chocolat.
- Sans lumi�re ? - Fais ce que je te dis !
�teins cette bougie !
- O� est Milady ? - Dans le salon.
Et le comte de Wardes ?
Il fait sombre ?
Nous avons fait du feu.
Malgr� mes ordres ?
Un petit feu. On n'y voit goutte.
Je l'esp�re pour toi.
Je n'y comprends rien. Mais rien du tout !
Va annoncer le comte de Wardes.
Ce n'est pas le moment de flancher.
Allez, va.
Le comte de Wardes.
Constance, je t'en conjure, comprends-moi !
Je ne viens faire que la conversation.
De Wardes !
De Wardes, enfin !
Quel plaisir de te voir !
Un souper !
- C'est exquis ! - Laissons cela.
L'app�tit vient en mangeant, Milady.
Embrasse-moi. Embrasse-moi !
Je vais finir par r�tir, assis si pr�s du feu.
Vas-tu m'embrasser ?
Va pour un petit baiser.
Je crois que nous ferions mieux de souper.
Debout, Athos, r�veille-toi !
Allez, debout !
R�digeons une lettre.
Tu me r�veilles, il n'est m�me pas midi.
Ce n'est pas une heure
pour r�diger une lettre, ni pour �tre heureux.
Quitte cet air b�at.
Athos, nous l'avons mal jug�e !
Comment la d�crire ? Sa chevelure...
Laquelle ?
- Ses l�vres... - Lesquelles ?
- Sa gorge... - Ouvre les yeux et dis-moi qui.
Milady.
Il faisait tr�s sombre. Elle m'a m�me donn� une bague.
Voyez le mis�rable !
Change de ton, Athos.
Tu es amoureux.
Nous l'avons mal jug�e.
Tu sais, cette bague m'embarrasse quelque peu.
Elle a cru l'offrir � de Wardes.
On veut �tre aim� pour soi.
Tu vas donc m'aider � r�diger une lettre.
Donne-la-moi.
Qu'y a-t-il ?
Qu'as-tu, Athos ?
Je ne comprends pas. Elle est belle.
Elle fut � moi.
C'est une mauvaise plaisanterie.
On ne plaisante pas sur ces choses-l�.
Je la reconna�trais entre mille. C'est une bague de famille.
Je l'offris � ma femme.
- Ta femme ? - La comtesse de Winter.
Pourquoi le Ciel se joue-t-il de moi ?
Tu te joues bien de moi !
Sur son �paule, marqu�e au fer, il y a une fleur de lis.
Tu l'ignorais.
Monstrueux ! Est-ce un d�lire d'ivrogne ?
C'est ma femme. Je t'ai cont� l'histoire.
- De ton ami. - Non, c'est la mienne !
J'ai menti.
Fuis-la comme la v�role.
Elle est le mal, la mort, le poison !
Menteur !
Pourquoi veux-tu me monter contre elle ?
Tes propos te trahissent.
Quand tu t'es confi�, tu as dit l'aimer encore.
Sont-ce les sentiments d'un homme qui est �pris ?
Ivrogne ! Si tu les hais toutes, dois-je en faire autant ?
L'�criture du comte ?
Oui. J'ai intercept� ce pli aujourd'hui.
Aramis, comme tu �cris bien !
"Milady, je ne pourrai pas venir
"ce soir comme promis.
"Depuis mon retour d'Angleterre, je croule sous les invitations.
"Je suis forc� d'y r�pondre un peu.
"Quand votre tour viendra, je vous en informerai.
"Je vous baise les mains." � pr�sent, signe : de Wardes.
Gageons qu'elle sera moins folle de lui.
Mais qu'est-ce qui la rendra folle de moi ?
Sors d'ici !
M. d'Artagnan attend au salon.
Qu'il sorte !
Attends.
Monsieur d'Artagnan...
le c�l�bre duelliste...
Kitty, pr�pare-moi.
Que vous �tes �l�gant !
Milady, � c�t� de vous, je ne suis qu'un moineau.
Charmant.
Je suis subjugu�... Les mots me manquent.
Un homme d'action a-t-il besoin de mots ?
Quelle main vigoureuse !
Elle est � vous.
Il fait un peu clair ici, non ?
J'ai encore la lumi�re dans les yeux.
Vous trouver dans mes bras ! Dans mes bras !
Au reste...
Dites-moi que vous m'aimez.
Si mon c�ur �tait libre !
Je veux dire sans col�re, ni peur.
Peur ?
De qui avez-vous peur ?
Je ne vis que pour vous servir.
Que feriez-vous d'un homme
qui m'asservit, qui me pers�cute
qui m'insulte,
qui me d�shonore et s'en vante ?
Son nom !
Le nommer, c'est le condamner � mort.
Le comte de Wardes.
Qui ?
- De Wardes ! - Vous avez peur de lui.
Si vous m'aimiez...
L� n'est pas la question. Vous, m'aimez-vous ?
Tuer un homme, malgr� ma r�putation,
je ne le fais pas � la l�g�re.
Hier encore, vous �tiez un peu froide.
Envers vous ?
Ce fut un vrai martyre de rester de marbre,
quand vous parliez chevaux.
Je br�lais de me jeter dans vos bras.
Est-ce possible ?
Apr�s, je dus recevoir ce r�pugnant de Wardes
et feindre la peur...
Si je vous aime ?
Comme les �toiles, le soleil, le jour.
Aujourd'hui, demain, toujours.
Mon c�ur est � vous, �ternellement, irr�vocablement.
Et � vous seul.
Quelle que soit ma r�putation,
je ne prends pas l'amour � la l�g�re.
Si seulement j'avais su !
Milady, je suis indigne de vous.
Vu ce que j'ai d� faire, c'est moi qui suis indigne de vous.
Non, Milady, laissez-moi vous rassurer.
Ce n'est pas le comte de Wardes qui est venu hier soir.
Pardonnez-moi, de gr�ce. Je sais que vous le ferez.
Il fait un peu clair ici, non ?
Fourbe !
Jouir si peu en empoignant une femme !
Vous tuer !
Malheur d'�tre femme, de n'avoir pas la force !
C'en est fini de vous !
Garde ! Au voleur !
Tuez-le !
Joli pour un gar�on de ferme.
On appelle �a une conversation � b�tons rompus.
Nous immis�ons-nous ?
Elle a promis de te tuer. Elle le fera.
M�fie-toi des inconnus,
de l'obscurit� et des routes d�sertes.
Cette femme t'an�antira car elle le doit.
Tu sais qu'elle porte la marque des criminelles.
La fleur de lis.
Je sais. Je suis inqualifiable.
Jeune, plut�t.
Ce pourrait �tre pire.
Si c'�tait ta femme.
Ce n'est pas un miracle. La reine m'a trouv�e.
Mon amour !
Parle-moi. J'ai si peu de temps.
Mon ange de bont� !
Veux-tu m'�pouser, tout de suite ?
- Je n'ai pas le temps. - Il le faut !
Le carrosse de la reine vient me prendre
pour que j'�chappe � Richelieu.
Je te suivrai.
Je ne sais o� elle m'envoie.
Qu'on ait le temps ou pas, fais-le, pour moi !
Je dois partir t�t.
O� je serai, je l'ignore.
Qu'adviendra-t-il de toi ? Nous ne le savons pas.
Tu as peur, n'est-ce pas ?
Je ne savais pas que tu connaissais la peur.
� pr�sent, tu sais tout de moi.
Parfois je me sens tr�s jeune
et devant les �preuves qui m'attendent,
je tremble...
Je peux faire des erreurs qui me suivront
jusqu'� la fin de mes jours.
Milady !
Si je peux te pardonner, elle aussi.
Tu ne la connais pas.
Mon ch�ri !
Ce n'est que le soleil.
Votre carrosse est l�.
O� que tu sois...
O� que je sois...
Votre Gr�ce.
Bienvenue. Vous serez en s�curit� ici.
Un puissant obstacle vous s�parera de Richelieu.
La guerre.
Va dire au roi de changer de route. Nous tiendrons.
Sortez !
Ce n'est pas un Anglais. On est fran�ais !
Sortez !
Qui �tes-vous ?
Des mousquetaires du roi.
Que faites-vous dans ces parages ?
Richelieu !
Je vais bient�t avoir affaire au roi.
Si je les laisse partir, le roi apprendra notre exp�dition.
Mousquetaires,
je suis, ce soir, sans escorte suffisante.
Mais Sa Majest� a...
� vos ordres.
Bien. L'auberge du Dragon Rouge n'est pas loin.
Un devant, deux derri�re !
Mes hommes montent la garde.
Logez mes amis et faites-leur un bon feu.
Logez chez moi. J'y ai mis un nouveau po�le.
Bien. Aubergiste, enfermez-les.
N'ouvrez qu'en cas d'ennuis.
Auriez-vous la bont�
de m'expliquer pourquoi cette r�union secr�te.
Nul ne doit savoir que je suis m�l� � votre fuite.
J'ai pr�vu qu'apr�s mon d�part d'ici,
des gens vous enl�veront.
Ils ignorent que vous partez de plein gr�. Ne r�sistez pas.
Par bateau, demain vous serez en Angleterre.
Vous irez trouver Buckingham dans son ch�teau de Cranstogen.
Apr�s les ferrets, impossible.
Depuis lors, Buckingham sait que vous avez ma confiance.
Vous serez, Milady,
ma n�gociatrice.
Le grand Richelieu n�gocierait-il la paix ?
En effet.
Buckingham veut s'allier avec l'Espagne et l'Autriche.
S'il r�ussit, mes beaux jours et les v�tres...
sont compt�s.
S'il refuse de n�gocier ?
Vous me d�cevez.
On ne joue pas aux quatre coins.
Bien s�r qu'il refusera.
Et alors ?
O� est votre imagination ?
Vous sugg�rez l'assassinat ?
Je ne sugg�re rien.
Je me fie � votre imagination.
Vos conditions ?
Il me faut un gage.
�crit. Carte blanche.
Vous avez ma parole !
Je la veux par �crit.
"C'est sur mon ordre expr�s
"que le porteur a agi.
"Richelieu."
Ceci me satisfait.
- �coute ! - Ce sont des marchandages.
Mes conditions :
d'abord, il existe un domaine pr�s de Lille,
une baronnie.
Le propri�taire y a renonc�.
Elle appartient au tr�ne.
Je la veux avec le titre.
Ais�. Ensuite ?
Enfin et pour finir,
je veux la t�te de M. d'Artagnan embaum�e et en bo�te.
Oh non ! Je ne d�sesp�re pas
de l'avoir.
Eh bien, d�sesp�rez.
Il a dit "en cas d'ennuis".
Les ennuis, c'est nous.
Messieurs ! Du grabuge !
March� conclu. Si elle r�ussit, elle a la t�te de d'Artagnan.
Attends.
Allez rejoindre Richelieu.
Trouvez d'Artagnan et ramenez-le.
Laissez-moi la femme.
Je pars en �claireur.
O� est le 3�me mousquetaire ?
Je l'ignore, Monsieur. Il est parti en �claireur.
Des as !
J'ai un message de Richelieu. Vous n'avez rien � redouter.
Bien.
Rassure-toi, Charlotte.
Je ne te tuerai ni ne t'enl�verai.
Tes ravisseurs signaleraient ton cadavre ou ta disparition.
Chez toi, l'�vanouissement n'est ni seyant ni cr�dible.
Richelieu t'a donn� carte blanche.
Faute de te tuer, je veux ce papier.
Ou tu me le donnes ou je le prends.
Au secours ! Je suis l'aubergiste.
� l'aide !
Au secours !
La dame est en haut.
Mais ne la menez pas au bateau.
De l'eau !
Vous auriez pu utiliser du vin.
Avec les compliments et les excuses de la maison.
Les compliments et les excuses
d'un homme r�solument anti-propri�taire.
Ils t'ont dit ?
On ne peut aller en Angleterre. Pris l�-bas, on y serait pendus.
Planchet ira voir Buckingham.
Tu vas en Angleterre.
Oui, ma�tre.
- On me tuera ! - J'en doute.
Le mal de mer !
Tu l'auras.
Tu crois que Planchet saura...
Je me fie � Planchet comme � un ami.
J'irai.
Pour t'assurer un voyage paisible,
Richelieu te donne sa b�n�diction.
Sois de retour dans une semaine. Il se peut que je me cache.
Si tu �choues, Richelieu voudra ma t�te.
Dis � Buckingham...
Cette femme � qui on a promis la t�te de mon ma�tre,
ne vient pas ici assassiner...
Non, ne vient pas ici n�gocier la paix, mais vous assassiner.
Il faut l'emprisonner.
C'est une ruse de Richelieu. Encha�nez-la.
Entourez-la de gardes s�rs.
C'est le mal incarn�. Je peux partir ?
Si tu �tais un s�ide de Richelieu ?
Qui se porte garant de toi ?
Personne.
Selon mon ma�tre, vous connaissez ceci.
Cet homme poss�de un ferret que vous m'aviez vol�.
Bien entendu, il me l'a vol�.
Il a �t� � mon service.
O� �tais-tu, Duval ? Tu m�rites la corde.
La corde ?
"Duval" ?
Je m'appelle Planchet.
Mon ma�tre est d'Artagnan.
Pourriez-vous pendre cet individu ?
Planchet !
Mon bon Planchet ! Comment va-t-il ?
Je vous arr�te.
Voici votre ge�li�re,
Mlle Bonacieux.
Vous aurez des gardes
mais vous serez responsable d'elle.
En tant que femme, vous �chapperez � ses attraits.
Si elle s'�vade, elle me tuera.
Et d'Artagnan, ensuite.
Vous la garderez mieux que tout Anglais.
Emmenez la prisonni�re.
J'ai gard� le meilleur pour la fin.
Mademoiselle...
la dame que vous avez �pous�e, est en Angleterre.
- Tu l'as vue ? - Au ch�teau.
Fut�, ce Buckingham ! Je prenais les Anglais pour des sots.
Pour la ge�li�re de Milady...
Qu'importe ! Ma femme ?
Justement.
Il a fait d'elle sa ge�li�re.
C'est pourtant dr�le !
J'ai d� gaffer.
Il a confi� Madame � Mademoiselle toute seule ?
Avec des soldats.
Autant confier Satan � un ange.
Va seller mon cheval.
- Tu seras pendu. - Buckingham m'aidera.
Ici, tu seras d�serteur !
Et moi aussi.
Vous �tes malade ? Laissez-moi vous d�faire.
- J'appelle le m�decin. - Pas question !
Priez pour moi, vous �tes bonne. Il vous �coutera. Moi, pas.
Priez pour que je meure.
Vous priez pour cela ? Pour mourir ?
Le m�decin...
Priez, c'est tout.
Si vous saviez, vous prieriez.
Laissez-moi !
Il faut appeler le m�decin.
Elle refusera. Elle n'a rien. Elle fait semblant.
Elle sait que le m�decin le verra bien.
Albert, de la garde. Milady vous demande.
Piti� !
Laissez-moi mourir !
Acceptez que le m�decin vous examine.
Vous voulez qu'il me voie ?
Que Buckingham sache ?
Il me pendra demain. Aujourd'hui, m�me.
Mais j'ai confiance en vous.
Pendue, comme une criminelle de droit commun !
Un gibet anglais !
Vous ai-je menti ?
Ai-je feint de n'�tre pas ce que je suis ?
Votre d'Artagnan...
Je le tuerais imm�diatement !
Et Buckingham, ce porc, je le...
Je suis ainsi.
Peu m'importe votre morale imb�cile !
Mais dois-je abdiquer tout orgueil ?
Finir sur un gibet anglais !
Je ne dirai rien, jur�.
Un couteau !
La bont� vous est-elle �trang�re ?
Avez-vous de la piti�, oui ou non ?
Sauvez-moi !
Donnez-moi un couteau, que j'en finisse !
Comment pouvez-vous rester l�, � me torturer ?
Je ne le supporte plus. C'est trop !
Voil� l'Angleterre !
Je suis Mlle Bonacieux, en charge d'une prisonni�re.
Je suis malade. Je ne puis la garder.
Sa Gr�ce ne re�oit pas.
- Je dois le voir ! - Demain. Je transmettrai.
Elle g�t par terre, toute recroquevill�e.
Madame, j'ob�is � vos ordres.
Mais laissez-moi vous dire ceci.
Aucun chien, ici, ne serait trait� ainsi.
J'appelle le m�decin.
Y a-t-il d'autres gardes ?
Renvoyez-les. Gardez sa porte.
Fermez le guichet.
J'arrive dans quelques minutes.
D�fense de regarder. Je ne veux personne.
Vous appelez le m�decin ?
Je n'en vois pas la n�cessit�.
Je vous ai apport� un livre.
Halte !
Lieutenant Sinclair. J'ai une d�p�che urgente.
Menez-moi chez Buckingham.
Allons voir le capitaine. Suivez-moi.
Halte !
Gardes ! Des Fran�ais dans le ch�teau !
Sus aux espions !
Mlle Bonacieux, vous �tes venue tant�t.
Sa Gr�ce m'a charg� de vous prier d'entrer.
Cette porte.
Des Fran�ais ! Alerte !
- La prison ? - L�-haut.
On a assassin� Sa gr�ce ! Assassin� !
Des Fran�ais dans le ch�teau !
Athos !
Ma Constance !
Ma femme !
Ma Constance !
Aurons-nous jamais le temps ?
Tu souris !
Oui, nous aurons le temps. Bien s�r. Regarde-moi.
Regarde-moi.
Garde les yeux fix�s sur moi.
Toi et moi...
nous aurons tout... le temps de nous aimer.
�treins-moi.
Dieu, donne-moi assez de force pour nous deux !
Dans quelques secondes, ils entreront.
Buckingham ne nous prot�gera plus.
Viens, tu ne peux plus rien faire.
�coute-moi ! De Winter est toujours en vie.
Les Fran�ais !
Prenez la route de l'Espagne.
Richelieu vous recherche.
- La femme, oubliez-la. - C'est impossible.
Elle a tu� Buckingham et la femme de d'Artagnan.
- Que voulez-vous faire ? - La trouver.
On l'a perdue vers Lille. L'a-t-on vue � Paris ?
Richelieu la prot�ge.
Si vous la touchez, savez-vous ce qui vous arrivera, � tous ?
Oui.
Renoncez, de gr�ce. Laissez faire la justice.
Quand l'�tat manque � ses devoirs...
Elle n'est pas rentr�e � Paris.
La route de Lille...
Tu te souviens, quand tu as dit que c'�tait des marchandages ?
Lille... un domaine... Une baronnie.
Elle a exig� le domaine et le titre.
Est-ce plus beau
que la Gascogne ? Je ne sais pas.
Ici, j'ai grandi.
Ces bois, ces collines...
tout �tait � moi. Et bien davantage, d'Artagnan.
Ici, j'ai connu l'amour.
Elle ?
Oui. D'ici quelques heures,
nous galoperons vers l'Espagne, nos t�tes mises � prix.
On a r�ussi � revoir la France.
Verra-t-on l'Espagne ?
C'�tait ma chapelle de famille, Charlotte.
Ici, nous avons prononc� nos v�ux.
Je t'aimais. Je t'aime encore.
Je t'aime comme la guerre et comme l'ivrognerie.
Comme on aime ce qu'il y a de pire.
Pardonne-moi. Devant Dieu, je le jure,
je le jure...
Le bourreau de Lille.
Piti� ! Vous ne pouvez pas...
Piti� !
Combien de fois as-tu �t� pardonn�e
et a-t-on �t� repay�s en sang ?
Combien de fois as-tu pris l'amour,
les aspirations...
et la vie des hommes ?
Tu es donc le mal incarn�
pour feindre la bont� ?
Nous ne te pardonnons pas. Impossible.
Nous n'oserions pas.
Ma femme...
Ici, on doit se souvenir de toi.
De mon app�tit, en tout cas.
� manger !
Et � boire, au nom du roi !
Les mousquetaires du roi ? Oui, Monsieur Athos.
Soignez Monsieur.
C'est un pi�ge.
� la rescousse !
D'Artagnan, Porthos, venez !
Athos, vite !
La paix revient, Majest�.
Les Anglais sont partis. La guerre est finie.
Nous pleurons nos morts et nous pardonnons.
Pardonnez � ces hommes.
J'ai leur lettre de d�mission.
Aramis embrassera la vie spirituelle.
Porthos, que voici, a l'intention...
ou l'ambition d'�pouser une riche veuve.
D'Artagnan rejoint sa Gascogne, Athos, sa province natale.
Accordez-leur la paix et votre pardon.
C'est moi qui ai pardonn� la trahison et la fourberie.
J'admire les honn�tes crapules.
Mais en tuant Milady, ils ont bafou� l'�tat.
Elle a tu� Buckingham. Nous le savons.
Une abomination, quel qu'en soit l'auteur.
L'�tat, c'est moi.
Je vous le dis en priv� pour �viter un d�bat public.
Je suis la France, je suis l'�tat.
Ces hommes m'ont bafou�. C'est donc moi
et non vous, qui jugerai.
Je rendrai mon verdict.
Qu'avez-vous l� ?
"C'est sur mon ordre et pour le bien de l'�tat
"que le porteur de la pr�sente a agi."
Sign�, Richelieu.
C'est un faux !
- C'est du vol. - Je l'ai donn�...
� qui, Richelieu ?
J'ai cru comprendre que vous alliez
rendre un jugement royal ?
En tant que votre humble ministre, Majest�,
j'allais vous offrir mes suggestions.
Laissons Aramis entrer au monast�re.
Trouvons, si possible, une riche veuve pour Porthos.
Restituons au baron de la F�re,
ses terres et son titre.
Mais Monsieur d'Artagnan... ne retournera pas en Gascogne.
Il ira en mission de paix, en Angleterre.
La vie y est si morne !
Disposez !
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