All language subtitles for Le.Temps.des.Aveux.2014.FRENCH.720p.BluRay.x264-FiDO

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Original subtitles

...

Des gens discutent en khmer.

Sir�nes de bateau.

- Je l'ai jamais ouvert.

Je pouvais pas.

Je dois la vie � un homme, Douch,

qui en a ex�cut� des milliers d'autres.

Mon sauveur est un bourreau.

Un assassin.

Je ne sais pas s'il a des remords.

Moi, j'en ai.

De n'avoir pu sauver que moi-m�me.

Je me souviens des paroles de Douch, quand il m'a lib�r�.

"Gr�ce � moi, ta fille aura un p�re qui la verra grandir."

Chant religieux.

J'avais 24 ans quand je suis arriv� au Cambodge,

qui faisait partie de l'Indochine fran�aise

et qui avait obtenu son ind�pendance depuis peu.

J'ai �t� engag� � l'EFEO,

l'�cole fran�aise d'Extr�me-Orient,

qui dirigeait la restauration de la cit� m�di�vale d'Angkor.

- Neang!

Ta grand-m�re va bien?

- Oui.

- D'o� tu viens?

- J'ai �t� chercher des herbes.

� bient�t, Lay.

Chant traditionnel.

- Je suis tr�s fier

d'�tre ton t�moin

et ton ami.

Je serai toujours aupr�s de toi

par mes pens�es.

Chant traditionnel.

- Je te souhaite du bonheur

dans ta nouvelle vie d'�pouse.

- La guerre �tait toute proche.

De l'autre c�t� de la fronti�re, au Vietnam.

Nous pensions qu'elle n'atteindrait jamais le Cambodge.

Jusqu'au jour o� des rebelles communistes,

les Khmers rouges,

sont pass�s � la lutte arm�e contre le gouvernement.

- Grand-m�re...

- H�l�ne?

�a va? - Oui.

- Ma ch�rie, �a va?

Allez, viens.

IIs discutent en khmer.

- Lay!

Pour mes recherches,

j'allais dans les zones conquises par les rebelles.

II ne m'�tait jamais rien arriv�.

- Lay!

- Narang, nous n'avons pas de travail pour toi.

- Lok Bizot! Lok Bizot!

- Tu te d�brouilles bien.

- Je peux venir avec vous?

- Allez, monte! Allez!

Vrombissement du moteur.

Nous sommes juste venus consulter les archives.

- Le grand moine ne vous recevra pas.

II est tr�s inquiet.

Les rebelles

sont d�j� venus, ils nous ont menac�s.

Quelqu'un crie.

Cris.

Ne restez pas ici.

Lok Bizot!

Ce sont des Khmers rouges?

On fait demi-tour?

Moi, j'ai peur!

Si t'as peur, planque-toi. Vas-y. Allez! Lay!

Vrombissement du moteur.

Cris des Khmers rouges.

Qu'est-ce qui vous prend? Laissez-nous!

Pourquoi vous faites �a?

L�chez-moi!

L�chez-nous! - Plus vite!

Fouillez-les bien!

- C'est toi, le chef?

T'es un gamin! Emm�ne-moi au vrai chef!

- D�p�chons-nous!

Cris des Khmers rouges.

Murmures en khmer.

- �tez ses liens!

Le tribunal r�volutionnaire

est r�uni

pour juger l'accus� de ses crimes d'espionnage

contre le peuple du Kampuchea.

Ce proc�s

sera �quitable,

et la justice populaire sans faiblesse.

Applaudissements.

La s�ance est ouverte!

En anglais. - Quel est ton nom?

D'o� tu viens?

En khmer. - Je suis fran�ais

et nous sommes au Cambodge,

parle-moi en khmer.

- Camarade.

Tu parles bien le khmer. O� l'as-tu appris?

- Au village de Srah Srang o� je vis avec ma femme

et ma fille.

- Qui te paie?

- L'�cole fran�aise d'Extr�me-Orient.

- Je t'ai vu � Saigon. Tu travailles pour les Am�ricains.

- J'y suis pas all�. Je peux te prouver que...

- Tais-toi!

Nous savons qui tu es!

Maintenant...

ex�cutez l'espion!

C'est bon, par ici!

C'est comme �a...

Lay!

Occupe-toi de Neang.

- Armez!

- Arr�tez!

- Camarade! - D�tachez-le.

- L'espion fran�ais a �t� condamn�.

II faut le fusiller!

- Non. Les tra�tres ont des informations capitales.

La r�volution a besoin de leur confession compl�te.

Grincements des arbres.

Stop!

D�chargez les sacs!

Emm�ne le Fran�ais � la rivi�re.

IIs parlent en khmer.

Le soldat crie.

Plus loin!

C'est bon, stop!

Stop!

N'avance pas ou je tire!

Je comprends pas pourquoi on m'a enlev�.

Je te demande de lib�rer le jeune Khmer qui est avec moi.

- Depuis quand travailles-tu pour la CIA?

- Je travaille pas pour la CIA.

Je suis un chercheur fran�ais.

Je sors du monast�re... - Que faisais-tu l�?

- Consulter un manuscrit.

Un tr�sor de la culture khm�re.

- Vous �tiez tous les deux?

II n'y avait personne d'autre?

- Non.

- L'organisation n'agit pas au hasard, camarade Bizot.

- Tu connais mon nom? - Tu es surveill� depuis longtemps.

Maintenant, �cris tes aveux.

- J'ai pas d'aveux � faire.

Si tu me surveilles, tu sais que je suis innocent.

- Alors, �cris une d�claration d'innocence.

Un oiseau chante.

Petit fr�re.

Que fais-tu?

- Ce sont les ordres!

De Ta Douch!

Je ne suis pas ton "petit fr�re",

appelle-moi "grand-p�re" Miet!

Un homme crie.

Narang!

Narang!

Les soldats parlent entre eux.

- Le prisonnier, silence!

- O� est ton bol?

- J'en ai pas.

- Avant la R�volution, les enfants �taient mis�reux

Sans ressources et oblig�s de mendier

Aujourd'hui L'ANGKAR est notre famille

Et veille sur nous

- C'est celle de la femme morte hier.

Ne la perds pas.

Je t'ai demand� d'�crire ta confession.

Pas ce roman colonial avec ta femme, ta fille, la vie au village...

- Je t'ai �crit la v�rit�.

- Tu m'as menti, hier.

Tu es seul, ici.

Les paysans sont avec nous.

IIs nous ont livr� Narang,

ton complice.

Ton complice, oui.

On ne se cache pas si on n'a rien � cacher.

- II avait peur, c'est tout.

- Ceux qui n'ont rien fait n'ont rien � craindre.

Ici, tu d�pends de moi.

Et de moi seulement!

Je veux les noms

de ceux qui te paient et tous tes renseignements.

Tu finiras bien par me les dire.

- J'ai rien de plus � �crire!

Si tu veux ma confession, �cris-la.

- T'as chang� d'avis?

Tu es pr�t � �crire?

Ensuite, on desserre

et l�, on arme.

- Apr�s,

on �te la culasse. - Ta Miet!

- Ensuite, c'est le ressort. Ta Miet!

- Une fois fini, on remonte tout.

- Quoi?

- La rivi�re...

C'est l'heure pour la rivi�re.

- Non! Ce sont les ordres.

Des enfants jouent.

- Je suis la femme du Fran�ais qui a �t� jug�!

Je veux savoir s'il est vivant.

- Jeunes filles!

Tu ne dois pas crier comme �a. C'est dangereux.

- Mon oncle...

tu sais o� sont d�tenus mon mari et ses amis?

- Oui, je livre le riz l�-bas.

J'ai vu ton mari, il va bien.

- Et les autres?

- IIs vont bien aussi.

- C'est loin? Tu peux m'emmener?

- Non, ma fille, c'est tr�s risqu�.

- Mon oncle, j'ai des choses pour vous.

- Non, je ne peux pas accepter.

C'est dangereux.

II faut rentrer chez vous.

- Papa, tu l'as pas vu?

Elle chante une berceuse.

Grondement du tonnerre.

Douch appelle en khmer.

- Assieds-toi!

Je sais que tu as �t� arr�t� par erreur.

Ne t'inqui�te pas.

Nous sommes tous khmers,

on n'a pas besoin des Fran�ais.

Parle-moi de l'espion fran�ais,

et je pourrai te lib�rer vite.

Alors?

- II n'est pas un espion.

- Ne mens pas. Sinon,

c'est la preuve que tu es un espion.

- Lok Bizot s'int�resse au bouddhisme...

Aux traditions

et � la civilisation khm�re.

- Tu n'as rien d'autre � me dire?

- Non, rien d'autre.

Quelqu'un l'appelle.

- Tu as dessin� tout �a?

- Oui.

- Tu sais ce que tu risques si tu mens?

- Oui.

Tu dessinais des ruines.

Maintenant, tu vas dessiner pour la r�volution.

Tu dois faire de grands efforts,

compris?

- Oui.

Mart�lement.

- Camarade fr�re, je suis pas soldat!

Je suis un paysan.

- Silence!

Pourquoi tu as �t� pris avec eux?

- IIs sont de mon village.

IIs avaient faim.

- Tu nourris des soldats ennemis?

- J'ai travaill� avec eux dans la rizi�re.

IIs sont comme des fr�res.

- Le fr�re

qui s'engage avec les fantoches, c'est un tra�tre!

- Le gouvernement les a enr�l�s de force.

Je t'en supplie...

Je t'en supplie...

Je t'en supplie...

- Toi, emm�ne la fille!

La petite fille proteste.

Bizot l'interpelle en khmer.

Comment s'appelle ta fille?

- Savannah...

- Allez, avance!

- Je voulais donner mon �charpe � ma fille.

- Le chemin n'est pas long, t'inqui�te pas.

Va porter �a

� la petite.

- Je n'ai pas le droit!

- II faut qu'elle se nourrisse!

- Camarades,

nous nous r�unissons aujourd'hui

pour examiner

les fautes de chacun.

- J'ai oubli� de tendre les fils pour le linge.

- En ce moment, je chante sans ardeur.

- C'est bien, Ly!

L'ANGKAR vous f�licite

pour votre honn�tet�.

Aidons nos camarades

qui n'ont pas avou� leurs fautes.

Qui veut parler?

- L'autre jour, Sophan a port� du lait � Savannah sans autorisation.

- Le Fran�ais m'a demand� de le faire.

- Tu ob�is � l'espion fran�ais!

- Je n'aurais pas d�,

c'est une faute grave.

- Nous d�ciderons

quelle peine tu m�rites!

II lui parle dans sa langue.

- Savannah!

"Suor sdei."

Savannah!

J'ai une lettre pour vous.

- Douch m'accordait une faveur.

Une seule.

Le droit d'aller � la rivi�re.

II organisait mon isolement,

il m'ignorait pendant des jours.

Je savais que ma vie d�pendait de lui.

Je me suis remis � �crire.

C'�tait lui que je devais convaincre.

Un soldat crie.

- Le voil�.

- Faites en sorte que �a se passe correctement.

- M. le consul, 2 jeunes femmes vous attendent.

- Nous sommes tr�s inqui�tes.

Nous n'avons aucune nouvelle depuis 2 mois.

C'est mademoiselle Phuong,

la fianc�e de monsieur Lay,

l'assistant de mon mari.

- Madame, nous comprenons votre inqui�tude.

M. Bizot est un citoyen fran�ais �minent.

Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir...

- Monsieur le consul, les hommes du village savent

o� ils ont �t� emmen�s.

- Madame, la France est un pays neutre.

Nous ne sommes pas l'arm�e gouvernementale du Cambodge.

Je suis venu de Phnom Penh �vacuer tous les Fran�ais.

Vous devez partir.

Je ne peux pas partir,

je veux attendre mon mari.

- Vous risquez d'attendre longtemps.

II grelotte.

- Ordres de Ta Douch.

- Laisse-nous.

J'ai lu ton cahier.

Ta comparaison entre le bouddhisme et la r�volution,

tu es dans l'erreur.

- II y a des points communs entre les moines et vous.

L'organisation,

la hi�rarchie, m�me le costume.

- Sais-tu pourquoi nous portons ce v�tement noir?

Nous nous couchons sur le sol et vus du ciel,

nous ressemblons � des b�ches.

L'ennemi qui nous bombarde ne peut pas nous voir.

Aucun rapport avec le bouddhisme.

- Vos s�ances d'�ducation, on dirait des cours de discipline bouddhique.

Renoncer aux attaches mat�rielles, � la famille

pour servir la r�volution,

suivre les 10 commandements nomm�s Sila comme les abstentions...

- C'est absurde!

Le bouddhisme abrutit les paysans.

Nous, nous voulons les lib�rer.

Notre ceuvre ne sera pas �difi�e sur le dos du peuple, mais avec lui

et pour lui!

"Neang, je reste en vie pour vous retrouver,

"H�l�ne et toi."

Tu croyais que ce paysan allait nous trahir?

Tu connais la sanction pour ta faute?

- La m�me que pour le p�re de Savannah?

- Ce n'est pas moi qui d�cide.

- O� est le p�re de Savannah?

- II a �t� transf�r� dans un autre camp.

- C'est la v�rit�?

Que diras-tu � ma femme quand elle demandera

ce que t'as fait de moi? C'�tait la proc�dure?

Pourquoi es-tu en retard?

On allait commencer sans toi.

- Pourquoi prot�ges-tu le Fran�ais?

- Je ne le prot�ge pas.

Je crois qu'il n'est pas un espion.

- Tu as des preuves?

- Je n'ai pas de preuves.

Je l'ai interrog�...

et nous avons interrog� ses assistants.

Je pense qu'il dit la v�rit�.

- Le Fran�ais a une biographie d'espion!

II faut l'ex�cuter!

- Ta Mok a raison.

- Vous avez l'exp�rience et la sagesse

pour prendre la bonne d�cision.

Mais...

J'ai entendu dire que la France est une amie de notre r�volution.

Dans ce cas, n'est-ce pas dangereux

d'ex�cuter un citoyen fran�ais?

- Douch, tu n'appartiens pas au comit� central.

Retourne au camp,

nous d�lib�rerons plus tard.

Nous t'informerons de notre d�cision.

- Miet,

am�ne le Fran�ais.

- Assis!

- Au travail!

(-Faut qu'on foute le camp.)

(-On est attach�s presque tout le temps.)

(-Si je m'�chappe, je viendrai vous chercher.)

(-IIs contr�lent la zone. Personne ne peut s'�vader.)

- Silence! Emm�ne-le!

- C'est moi.

Cris. Sors-le!

Sophan, d�tache-le!

C'est pas Narang... - Emm�ne-le l�-bas!

II donne des ordres.

G�missements de lutte.

- Enl�ve ta chemise!

- Tu sais ce qu'on fait aux espions?

- D�p�che-toi!

Claquement de la canne.

- Le Fran�ais te demandait quoi?

- Je sais rien...

je le connais pas bien.

Cris de douleur.

II continue de hurler.

Douch!

Mit Douch.

Mit Douch.

Mit Douch!

O� est Narang?

Dis-moi o� est Narang!

- Je suis all� voir Narang.

IIs l'ont ab�m�.

IIs l'ont mis dans la baraque des malades.

Fracas m�tallique.

- Que lui avez-vous fait?

- J'ai appliqu� la proc�dure.

II a fait des aveux.

- Qu'a-t-il avou�? J'avouerai la m�me chose.

On gagnera du temps.

- Je dois �tre s�r de la v�rit�.

- Ce gar�on dessinait au temple de Baph�on.

Je l'avais jamais vu avant. II voulait juste venir avec nous.

- Tu peux le prouver?

- Demande � Lay. Renseigne-toi dans les villages.

- Je dois obtenir des aveux.

M�me avec 30 % de v�rit� dedans, �a peut sauver la r�volution.

- S'il y a 20 % de vrai?

Ou z�ro?

S'il parle pour ne plus souffrir?

- II y a des tra�tres partout.

Nous devons nous d�fendre.

Je sais ce que tu penses.

Je ne fais pas �a par cruaut�.

C'est juste que je dois le faire.

Tu te souviens de "La Mort du loup", d'Alfred de Vigny?

"G�mir, pleurer, prier est �galement l�che.

"Fais �nergiquement ta longue et lourde t�che

"Dans la voie o� le sort a voulu t'appeler...

- "Puis apr�s, comme moi,

"Souffre et meurs sans parler."

Pour moi, fais ce que tu dois.

Ta longue et lourde t�che.

Mais fais-la vite.

Cliquetis des cha�nes.

- Le chemin n'est pas long, t'inqui�te pas.

Ta Miet!

Emm�ne-moi � la rivi�re.

C'est l'heure pour la rivi�re.

Ordre de Ta Douch!

Tu n'ob�is pas � Ta Douch?

- Regarde, il y a des araign�es.

- J'en ai jamais trouv� l�.

Je vais la faire griller.

II n'est plus l�!

- Venez!

Allez � la rivi�re.

Vous deux, vers le temple.

Stop!

Tu as mis en danger la r�volution,

va dans la cabane!

Chant des oiseaux.

Cris des Khmers rouges.

II faut le trouver.

Venez!

Par l�-bas!

Cris des soldats.

Bourdonnement des mouches.

Caqu�tements.

Le b�b� gazouille.

Cris des Khmers rouges.

- Avance, l'espion!

- Regardez, vous tous!

Voici le Fran�ais qui s'est enfui.

- Emmenez-le!

Respiration haletante.

�a va...

Ne t'inqui�te pas.

Couinement du m�tal.

Les soldats entonnent un chant.

- Apr�s une �vasion,

la r�gle, c'est l'ex�cution imm�diate.

- La r�gle, c'est d'abord

que je d�nonce ta faute.

Mais il faut avoir

confiance en l'ANGKAR.

Et si nos fr�res demandent � l'interroger?

Comment ferons-nous?

On ne peut pas le tuer!

On attend I'ordre des grands fr�res.

Camarade Bizot.

Nous partons.

- Douch, assieds-toi.

Camarade.

L'Organisation a tenu � te voir

pour te donner ses conclusions irr�vocables.

Tu es d�masqu�.

Tes activit�s d'espionnage

ont �t� reconnues.

Qu'as-tu � d�clarer?

- Je ne suis pas un espion.

Je ne suis pas un espion!

Douch...

Que leur as-tu dit?

- Tu m'as cru?

II commente en khmer.

Rires.

Le camarade Douch avait raison.

Tu n'es pas comme les autres colonialistes fran�ais.

Nous regrettons l'inconfort que tu as subi

en �tant notre h�te.

Mais le Kampuchea est en guerre contre l'oppresseur imp�rialiste.

II ne peut se permettre aucune faiblesse.

Aujourd'hui, nous te disons:

Tu es libre.

Rentre chez toi, camarade fran�ais.

Va.

- � tous les grands-p�res ici pr�sents, merci.

De jeunes gens innocents sont rest�s dans le camp.

L'un d'eux est gravement malade.

Je ne peux pas accepter la libert� que vous me donnez

si elle ne leur est pas rendue. - Camarade Bizot.

Tu es fran�ais.

Et ils sont khmers.

Leur place est avec nous dans l'�dification de la r�volution.

- Je n'ai pas le droit de partir sans eux.

Comment me pr�senter devant leurs m�res,

leurs sceurs,

devant la fianc�e qui attend son �poux?

- II est g�n�reux de penser � leur famille.

IIs les retrouveront plus tard.

Mais si tu refuses de partir,

quand reverras-tu ta femme et ta fille?

- Nous te confions des documents confidentiels pour ton ambassade.

Peux-tu te charger d'une telle mission?

C'est trop dangereux pour nous.

- Tu pars?

Fais attention � toi, Lok Bizot.

- IIs me lib�rent. Vous serez lib�r�s aussi.

Quelqu'un tousse.

Narang...

Narang.

Narang.

- Lok Bizot...

Lok Bizot...

- Allez, camarade.

Grand-m�re...

Grand-m�re!

O� sont Neang et H�l�ne?

- Les soldats gouvernementaux...

les ont forc�es � partir.

- Et toi?

- Je me suis cach�e,

je suis rest�e.

- Les Khmers rouges avaient progress� dans leur conqu�te

pendant ces 4 mois de d�tention.

IIs contr�laient un tiers du Cambodge.

Vrombissement du moteur.

Les gens quittaient les combats et allaient au sud,

vers la capitale.

Klaxons.

- Lok Bizot?

Lok Bizot!

Cliquetis de la cha�ne.

Elle sanglote.

Lay est vivant.

II reviendra.

- Programme politique du front uni national du Kampuchea.

Vous avez travers� la moiti� du Cambodge avec ce document?

Vous r�alisez les risques encourus?

Si les gouvernementaux avaient trouv� �a en votre possession...

- Les Khmers rouges m'ont laiss� la vie sauve.

IIs m'ont demand� de porter �a.

J'ai accept�.

- Vous �tes leur messager?

- Vous croyez qu'ils m'ont lav� le cerveau?

- Nous recommandons votre retour en France.

La direction de l'EFEO aussi.

Apr�s un tel choc, il vous faut du repos.

- Je reste.

Je continue mon travail ici. Sauver les textes des monast�res,

avant que les pagodes soient pill�es.

- Vous comptez repartir dans les campagnes?

Vous faire arr�ter encore?

En attendant, vous pouvez le traduire?

Je ferai suivre � Paris.

- Dans l'ancien r�gime,

comme ceux des colonies,

les hommes exploitaient d'autres hommes.

- Tout leur programme �tait d�j� l�.

�vacuation des villes, r��ducation dans les campagnes.

Merci.

Population meilleure et r�duite.

J'ai transmis notre traduction aux autorit�s fran�aises.

Je ne sais pas ce qu'elle est devenue.

Je pensais chaque jour � Lay et Narang.

Je les attendais.

J'esp�rais encore.

Phuong aussi les attendait.

Un chien aboie.

II a fallu 4 ans aux Khmers rouges pour conqu�rir le pays.

Phnom Penh est tomb�e le 17 avril 1975.

En 3 jours, ils ont vid� la ville de ses 2 millions d'habitants.

Ceux qui �taient rest�s malgr� la guerre,

les expatri�s, les journalistes,

les citoyens cambodgiens recherch�s par les Khmers rouges,

tous avaient trouv� refuge � l'ambassade de France.

Que foutez-vous l�, encore?

Venez, je vous emm�ne � l'ambassade.

- On n'a rien � craindre. On s'est battus pour la r�volution.

- �a suffit, maintenant.

D�merdez-vous!

Tu la connais pas?

Madame Fradin et son �poux,

deux universitaires,

des Mao purs et durs.

IIs refusent de rejoindre l'ambassade

parce que ces connards veulent rien rater de la f�te.

Cris des soldats.

- Avancez!

Plus vite!

- II faut partir.

- IIs doivent respecter les conventions, le droit d'asile!

� nous de les imposer, au lieu de leur livrer...

- Nous n'avons livr� personne!

Nous avons expliqu� la situation aux r�fugi�s cambodgiens.

IIs ont d�cid� de partir.

Vos conventions, les Khmers rouges s'en foutent!

IIs �taient pr�ts � lancer un assaut contre l'ambassade!

J'ai en charge la s�curit� de 800 personnes.

Tous les �trangers de Phnom Penh.

II faut trouver un accord sur les conditions de notre rapatriement.

J'ai eu un appel du pr�sident Giscard d'Estaing.

II m'a dit que des avions �taient pr�ts pour notre �vacuation.

Paris attend juste l'autorisation de survol.

On frappe.

- M. Bizot, il y en a un qui vous demande.

- Un quoi?

- Un d'eux, l�-bas. II vous attend � la grille.

- Tu n'es pas rentr�?

- Je t'avais dit que je resterais.

- Alors, camarade fran�ais?

Tu as toujours des doutes sur notre r�volution?

- La destruction et l'exode pour commencer.

Oui, j'ai des doutes.

- C'est un enfant de la R�volution fran�aise qui tient

ces propos sentimentaux?

- Tu connais cette pr�diction dans le Theravada,

qui annonce des ann�es noires o� des vandales prendront le pouvoir.

IIs sont d�crits comme des hommes-corbeaux.

- Je n'ai jamais accord� aucune foi � ces superstitions.

Personne ne peut pr�dire l'avenir.

C'est � nous de le construire.

J'esp�re qu'il n'y a plus de tra�tres ici.

- Je ne suis pas responsable de qui vient se r�fugier ici.

IIs n'ont peut-�tre pas entendu l'appel pour cette aventure.

- Tu te moques toujours.

Tu ne r�ponds pas!

- Vous voulez p�n�trer dans l'ambassade?

Violer le territoire fran�ais?

Ce n'est pas le territoire fran�ais! C'est le sol du Kampuchea.

Mes sup�rieurs m'ont charg� de r�gler votre d�part.

Tout doit se passer sans aucun probl�me.

Je compte sur toi.

Mit Douch.

Je veux savoir ce que sont devenus Lay et Narang.

- Tes assistants...

IIs travaillent au service de la r�volution.

- Douch.

Je te demande de me dire la v�rit�.

- C'est la v�rit�.

Je t'informerai de mes d�cisions pour votre �vacuation.

� demain, camarade Bizot.

- Que fais-tu l�? - Je t'attends.

- Allez, viens.

Je l'emm�ne.

II m'a assur� que Lay et Narang �taient en vie.

- Tu le crois?

- Je sais pas.

Non.

- Dans son cceur, Phuong sait que Lay est mort,

mais elle l'attend encore.

Si toi, tu n'�tais pas revenu,

moi aussi,

je continuerais � t'attendre.

- Le gouvernement royal d'union nationale du Kampuchea

d�cide d'acheminer tous les �trangers jusqu'� la ville de Poipet,

sur la fronti�re tha�landaise,

par la voie routi�re.

- Par la route?

Des avions du gouvernement fran�ais attendent...

- Vous n'�tes plus en position de refuser

quoi que ce soit.

Les camions seront l� demain matin.

Nous contr�lerons tous les passeports et les listes des �trangers.

S'il reste des citoyens cambodgiens dans les locaux de l'ambassade,

votre devoir est de nous les remettre.

Ta famille est bien en r�gle?

Tu sais qu'il ne peut pas y avoir d'exception.

- Je sais, c'est la proc�dure.

- Bizot!

Moi aussi, je suis mari�, maintenant.

Ma femme attend un enfant.

- Vous �tes sur la liste. Aucun probl�me.

- Merci.

- Suivant, s'il vous pla�t.

Allez.

Ren�.

IIs ont �t� mari�s par le consul

il y a un an, mais par une anomalie inexplicable,

toute trace a disparu.

- Ah! L'administration fran�aise!

- Votre nom?

- Bizot Choeug Neang.

- Vous avez une photo de votre femme? - Oui.

IIs parlent en khmer.

- Voil�.

- II faut aussi des papiers pour Phuong.

- Ah non, d�sol�.

Nous ne trafiquons pas de faux papiers.

- M. Bizot, vous avez perdu la t�te?

- Fran�ois, Neang?

Un petit sourire?

- Laissez ouvert.

- Pourquoi vous faites �a?

- La France s'absente, elle ne ferme pas.

- �a me rappelle ce que disait ma grand-m�re.

Grands genres, petits moyens.

- Vive la r�volution!

- Allez, emm�ne-les dedans!

- Merci.

Mademoiselle Barrere.

- Yann Defont,

Baptiste Chenau,

Anton Lon�,

�ric Elule,

R�gis et Marie Binard...

- Genevi�ve!

- Virginie Martin...

- On dirait l'inauguration d'un monument aux morts. Vite.

Allez, les noms, plus vite.

Marie Pierressiala,

Julie Talbot,

Sarah Bonafia... - Bien.

- Dany Allen,

Albrech M�lisse,

Kurt Harisson,

Gilles Simon, Daniel Bouterra,

R�mi...

Fracas.

- What are you doing?

- Allez, venez, venez.

...

Esp�ce de salopard! Charognard!

Vous n'avez pas honte?

La secr�taire continue � �noncer les noms.

Messieurs.

II appelle.

Ouvrez en grand.

Grincement du portail.

Vrombissement des moteurs.

Merci.

- Allez, creusez!

Plus vite!

- Regardez, ils sont l�!

IIs vont nous zigouiller!

J'ai vu le commandant, il vient. - Ferme-la.

- IIs vont nous flinguer.

Faut se tirer! - Tais-toi!

Ferme ta gueule! - Qu'est-ce que t'as?

- Ferme-la. On arrivera demain � la fronti�re.

S'ils voulaient nous tuer, ce serait d�j� fait.

- Oui, �a va.

II est avec eux! II est avec la r�volution!

- Qu'est-ce que tu dis? - Faut se tirer d'ici.

- Allez, c'est bon.

On va faire un tour.

- La r�volution... - Taisez-vous, s'il vous pla�t.

IIs recommencent les contr�les.

- T'inqui�te pas.

- Je vais voir comment �a se pr�sente.

- Allez.

Cris des soldats.

Chauvel, presse, presse.

Cam�ra. Chauvel. Chauvel.

Presse.

- Toi!

- Qu'y a-t-il, camarade?

- Vous avez la famille en France?

Mademoiselle?

- C'est nous, sa famille.

- Elle est fran�aise?

Alors elle peut me r�pondre.

- Ma jeune cousine est tr�s timide.

- Tais-toi!

Nationalit� fran�aise?

Tu es khm�re!

Tu restes avec la r�volution! - C'est ma femme.

Ta femme a faux passeport.

- Je veux voir le camarade Douch.

- II y a pas le camarade ici.

- Occupez-vous d'elles!

Allez, d�p�che-toi!

- Attends!

- Viens avec moi, H�l�ne.

- Je reste avec toi.

- Non, emm�ne-la! Sauve-la!

Tu diras � H�l�ne que je vais ramener Phuong au village.

Et que je vous rejoins tr�s vite.

- Marsac!

Chauvel! Viens ici, mon vieux!

Approche!

Plus pr�s! Shoote, mon vieux!

On y va, cours!

Ne tirez pas! On va les rattraper!

G�missement. - Neang!

Neang!

- Vous n'avez pas le droit!

Sauve-la!

- Laissez-les passer!

H�l�ne! Viens l�. Occupe-toi d'elle.

Exclamations en khmer.

C'est ma femme!

C'est ma femme!

- Je suis d�sol�, Bizot.

Je suis vraiment d�sol�.

Les journalistes interviewent les r�fugi�s.

Croassements.

- La suite, H�l�ne, tu la connais.

J'ai retrouv� ta m�re 4 ans plus tard

quand l'arm�e vietnamienne a envahi le Cambodge

et renvers� le r�gime des Khmers rouges.

- Et Douch?

- Enfui dans les montagnes avec la gu�rilla.

Je ne savais pas encore quel r�le il avait jou�.

Je l'ai su tr�s vite.

Quand je me suis rendu � Tuol Sleng,

l'�cole que les Khmers rouges avaient transform�e en prison

et qu'ils avaient nomm�e S21.

Les Cambodgiens l'avaient choisie pour en faire un lieu de m�moire.

Douch avait dirig� S21 durant les 4 ans o� ils ont �t� au pouvoir.

Interrogatoires, torture, ex�cutions.

Moi, je n'avais rien pu faire.

Juste sauver ma peau.

J'ai d�cid� de quitter le Cambodge.

C'�tait il y a 15 ans.

Mais � No�l dernier,

Marsac a d�barqu� � la maison, sans pr�venir.

- IIs ne savaient pas o� te trouver.

C'est pour �a qu'ils m'ont contact�.

- IIs sont s�rs que c'est lui?

On m'a dit qu'il �tait mort.

- Oui, ils n'ont aucun doute.

Rappelle-toi, ils �taient avec nous jusqu'� la fin.

Chauvel et Mac Kenzie.

- Comment ils l'ont retrouv�?

- C'�tait devenu une obsession pour Chauvel.

II avait toujours une photo sur lui.

Celle de S21.

- IIs l'ont retrouv� o�?

- Dans une mission humanitaire dirig�e par des �vang�listes.

II �tait charg� de l'�ducation religieuse des enfants.

II s'est converti au christianisme.

- II a essay� de s'enfuir?

II s'est d�fendu?

- Je peux? - Oui.

- Non, il para�t qu'il n'a oppos� aucune r�sistance.

II a eu...

une demande, une seule.

- Laquelle?

- II a juste dit: "Je ne parlerai qu'� mon ami fran�ais."

Tu vas y aller?

- J'ai choisi de revenir ici, � Phnom Penh,

et de revoir Douch.

Sans lui, je ne t'aurais pas vue grandir.

Ordres en khmer.

Quelles sont les charges retenues contre lui?

- La d�tention ill�gale, la torture

et l'ex�cution de 12 780 personnes.

Toutes celles dont les dossiers sont dans les archives de S21.

Peu l'ont connu comme jeune r�volutionnaire id�aliste.

- Un jeune r�volutionnaire id�aliste

qui proc�dait d�j� � des ex�cutions.

Claquement de la grille.

- Le Seigneur a voulu que nous nous revoyions.

Comment va ta fille?

- Elle va bien.

Elle vit ici.

� Phnom Penh.

- Elle est mari�e? Elle a des enfants?

Et sa m�re?

- Elle a travers� la guerre.

Elle a surv�cu.

- Gr�ce � Dieu.

Je ne pouvais rien faire pour elle, ce jour-l�.

- Nous ne vivons plus ensemble, mais c'est ma femme.

Elle est revenue ici.

Elle est au village.

- Et... Et la jeune paysanne?

Je me souviens bien de ce qui te concerne.

- Phuong s'est occup�e d'H�l�ne

pendant toute la guerre.

Elle l'a �lev�e avec moi.

- J'ai une fille, comme toi.

Elle a �t� r�pudi�e par son mari quand on m'a arr�t�.

Elle ne veut plus me voir.

C'est comme �a...

Le temps des repr�sailles est venu pour moi.

- Pendant des ann�es, j'ai cru que tu �tais mort.

Je l'ai souhait�.

Pour pouvoir t'oublier.

- Mais tu es l�.

Tu es venu me voir.

- Pourquoi m'avoir sauv�, moi?

- J'�tais charg� d'�liminer les tra�tres.

Toi, tu n'�tais pas un tra�tre. Ni mon ennemi.

J'ai cru � ton innocence.

- Lay et Narang �taient innocents. Pourquoi ne pas les �pargner?

Si tu croyais en mon innocence,

tu devais aussi croire mes paroles.

C'est toi qui as donn� I'ordre?

- Non.

C'est Ta Mok.

II les a fait transf�rer dans un autre camp.

Et ils ont �t� ex�cut�s.

Je suis tr�s coupable vis-�-vis de toi et de leur famille.

Je te demande pardon.

- J'aimerais rester seul avec le prisonnier.

La porte claque.

Et les autres? Tous les autres?

Les milliers d'autres. Pourquoi les ex�cuter?

- Nous avions rassembl� des preuves.

IIs ont tous avou�. - Sous la torture, comme Narang.

- Nous avions d�j� eu une discussion semblable, toi et moi.

Nous n'�tions pas d'accord.

La 1re condition pour le succ�s de la r�volution,

c'est l'ob�issance.

J'ai respect� les ordres de mes chefs.

J'ai ob�i avec discipline

comme le pilote de l'avion qui bombarde nos villages.

Mes subordonn�s, � leur tour, ont respect� mes ordres.

- Et la pr�diction du Theravada s'est r�alis�e,

qui disait que les Cambodgiens seraient priv�s

de tout, leur famille, leurs biens,

de leur vie, m�me!

Vos r�ves de soci�t� communiste utopique

ont laiss� la place � la pourriture, � la famine,

aux ex�cutions!

- Tu connais ces vers?

"P�re, avez-vous d�j� tu� quelqu'un?

"Oui, mon fils.

"Et qu'avez-vous ressenti?

"C'�tait un ennemi, je n'ai rien ressenti."

Tu as de la chance, Bizot.

Tu n'as pas fait les guerres

que ton pays a men�es au si�cle dernier.

- Certains refusent de faire la guerre.

- Et ils deviennent des tra�tres!

Je vais �tre jug�.

Par un tribunal.

Mais c'est ton jugement que je veux conna�tre.

Tu es la seule personne en qui j'ai confiance.

Aujourd'hui encore,

je crois en ta parole.

Je veux savoir ce que tu penses.

Quelle serait la peine juste, pour moi?

- Une peine � la hauteur de la souffrance des victimes.

Sir�nes de bateau.

- Tu vas t�moigner, alors?

- Je ne sais pas.

La d�fense me l'a demand�, j'ai refus�.

C'est la Cour qui d�cidera.

- Tu dois le faire, papa. C'est comme �a.

Clapotis.

Chant traditionnel.

Chanson m�lancolique en khmer.

Sous-titrage: Eclair Group

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