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Original subtitles

- Oh, putain !

Putain !

Merde !

Merde ! Merde !

Oh, pardon ! Excusez-moi.

Il manifeste son mécontentement dans sa langue.

Pardon !

Ouais, Gilou ?

*-La Poste dit que c'est pas un gars de chez eux.

- OK. Je suis à Aubervilliers. Le mec a déposé le fric

dans une boutique qui s'appelle Street Fashion. OK ?

Générique de début

Le métro passe.

- Vous avez pas choppé Nasser ?

- Parle sur un autre ton ! - Lâche-moi !

- Il n'est jamais sorti avec les tunes. Tu as menti.

- C'est quoi, cette histoire ? - On n'a pas réussi. On va réitérer.

- Informe-nous du prochain comptage. - Non.

Je ne peux plus vous rencarder. Nasser a l'œil sur moi.

Depuis la mort du flic, il est devenu parano.

- Il a parlé de la mort d'un flic ? - Oui.

C'est pour ça que vous êtes sur lui ? Vous êtes sérieux ?

Nasser n'a rien à voir là-dedans. Il veut péter la gueule au coupable.

Vous ne me croyez pas ?

Nasser a repris le terrain il y a 1 mois. Il ne buterait pas un flic.

Il est trop malin pour ça.

Il s'est fait barber par des jeunes. Il veut ses tunes.

- Comment il a su que les petits l'avaient carotté ?

- Je lui ai dit. Je vous ai vus embarquer Rayan.

J'ai mené mon enquête.

Vu que les jeunes, c'est Merco cabriolet...

Ils ne sont pas discrets, c'est pas difficile.

On fait quoi ? - On te tient au courant.

Si t'as des news, tu nous appelles.

- Comment ça, "je vous appelle"?

Oh!

Sonnerie

- C'est pour ton audience chez le juge ?

- A ton avis ? - Ouah !

- Merde !

Merde ! Putain...

- Attends ! Je peux te prêter ça si tu veux.

- Ca ?

- C'est pas assez classe ?

- Mes collègues vont se foutre de ma gueule quand ils vont me voir.

- Ben, ça claque.

T'as rien à te reprocher.

Profil bas, c'est pour les coupables.

Rires

- Escoffier !

Que s'est-il passé ?

- Nasser n'a pas tué Herville. - On regrette pas de l'avoir loupé.

- Il se plaint de la mort d'Herville. Ca gêne son business.

On fait fausse route avec les dealers.

- Non.

Le mec a déposé la recette des dealers chez un grossiste.

J'ai fait des photos.

Là, Street Fashion, une marque de fringues qui se vend bien.

- J'ai eu des affaires comme ça à la financière.

Il achète des fringues avec l'argent de la drogue.

Il les revend en banlieue, à Clignancourt ou ailleurs.

Son argent devient propre comme un sweat tout neuf.

- Herville fait quoi là-dedans ?

- Il est mort dans un resto chinois, avec Wang, son tonton chinois.

L'argent de la drogue est déposé chez des Chinois.

- Il y a une convergence.

Qui est le patron de la boutique ? - Un certain...

Wei Xu, il a 48 ans.

- Wei Xu ? Je viens de voir son nom.

Wei Xu...

Ils faisaient du business ensemble.

Il a la moitié des parts du restaurant.

- Et ça nous mène où ?

- Wang devait rencarder Herville sur le lien

entre les grossistes et les dealers.

C'était sur son secteur.

- Oui, ça se tient.

Montez un dispo sur cette boutique.

Regardez ce qui rentre et sort.

Bien vu, Berthaud.

- Ca va, Romy ?

- Ouais. Elle a été opérée en urgence.

Son canal artériel était mal refermé.

- C'est pas trop grave ?

- C'est fréquent chez les prématurés.

- Si tu veux du temps pour t'occuper d'elle, n'hésite pas.

Tom ! Tu me fais les réquises sur le portable de Wei Xu

et sur la ligne de la boutique.

- Ca marche. - Pour la planque, c'est compliqué.

Y a des boutiques partout, on peut pas se poser.

Dès que tu arrives, tout le monde te mate.

- On peut mettre un soum ? - Oui.

A condition que Nico conduise

et que vous restiez dedans toute la journée.

- Pourquoi tu dis "vous"? Tu viens avec nous.

- OK. - Nico, à toi de jouer.

Tu dois évoluer et bouger sans te faire repérer.

- OK. - Y a des manutentionnaires partout.

Tu pourrais te faire engager. Tu connais pas des gens ?

- Ma cousine.

- Super ! - Elle fait quoi, ta cousine ?

- Bon...

L'affaire de mon père a fait faillite. La honte pour les Wen.

On est les moutons noirs.

- Excuse-moi, c'est quoi, les Wen ?

- Il y a 3 communautés chinoises.

A Aubervilliers, c'est les Wen. Ils parlent le wenzhou.

- Toi, tu parles le wenzhou ? - Non, juste quelques mots.

Je suis né en France, Gilou. J'ai appris le français.

- En fait, tu sers à rien.

Faut trouver un traducteur pour les écoutes.

- Prends-le dans le 13e. A Belleville, c'est chaud.

La communauté est soudée. Tout se sait vite.

- A Belleville, c'est les Wen ?

- En majorité.

- D'accord. Y a plus qu'à. On y va ? Allez, c'est parti !

Musique de suspense

Là. - Là ?

- Bonjour.

Je peux vous aider ? - Commandant Escoffier, 2e DPJ.

On cherche un traducteur. - Un traducteur ?

Tiamé, enchantée. - Bonjour.

- On a pas mal de traducteurs.

Ils bossent à l'œil pour aider les migrants,

mais ils cherchent du boulot. C'est pour du mandarin ou du cantonnais ?

- C'est du wenzhou.

Elle le prononce correctement. - C'est ça.

- Attendez.

Ils parlent en wenzhou.

C'est Bao Sun.

C'est sa langue maternelle. - Bonjour.

- Bao Sun ? - Oui.

On traduit au fur et à mesure ou je traduis d'un coup ?

- Ca change quoi?

- Ca change mon salaire. Si ça dure 24 ou 48 h, c'est intéressant.

Traduire 3 pages, ça m'intéresse pas.

- Au moins, c'est clair.

- Ma famille arrive dans 3 mois. Je prépare leur arrivée.

- On va écouter en permanence. Ca va chiffrer.

- D'habitude, vous bossez pour qui ? - Des entreprises.

Je peux tout faire. Vous enquêtez sur quoi?

- On peut pas vous dire. - Il va falloir prêter serment.

C'est confidentiel.

- J'aurai pas d'emmerdes ? - Quel genre ?

- Vous enquêtez sur des Wen.

- Ne vous inquiétez pas. Vous serez derrière l'ordinateur, incognito.

Vous risquez rien. D'accord ?

- Par là.

A droite.

C'est dans ce bureau.

Bip

Mme Adler, ces messieurs veulent vous voir.

- Vous êtes la directrice de l'hôpital?

- Oui, que se passe-t-il ? - Je m'occupe de l'affaire Vouters.

Je viens procéder à une perquisition.

- J'ai du mal à comprendre l'acharnement de la partie civile.

Plus ils retardent l'instruction, plus ils retardent leurs indemnités.

- Tout n'est pas qu'une question d'argent.

J'appelle notre avocat. - Je vous en prie.

Où se trouve votre bureau ?

Bien. Il va juste procéder à la copie de votre disque dur.

Suivez madame.

Dr Micaleff, je vais avoir besoin d'accéder à votre bureau.

Ce ne sera pas long. - Suivez-moi.

Vous rassurez toujours les gens que vous malmenez ?

Nous, on ne fait rien sans prévenir les patients.

- La recherche de la vérité exige l'effet de surprise.

Ne vous inquiétez pas, ça n'a rien de personnel.

- Vous êtes sûr ?

Par là.

- Bonjour, je vais chez Lane Boutique.

Super, merci.

C'est passé, les gars.

- L'enseigne violette.

T'as vu, Nico ? Street Fashion avec un petit cœur.

Il claque des doigts.

Quelqu'un frappe.

- Fais attention !

- Il nous a pas vus. T'inquiète pas.

- Soum en place. J'y vais. - OK.

- Connard !

- Bao, pousse-toi !

C'est le néon violet?

- Ouais, Street Fashion.

- Salut, Anne. - Ca va, Nico ?

- Oui, et toi ? - Oui.

On s'y met direct. Je suis débordée.

- Ouais, on y va.

- J'ai pas dit à mon père que tu venais.

Il veut pas d'emmerdes avec les Wen. - Ah...

Tu lui as dit quoi ? - Que tu cherchais un petit boulot.

- OK. Bon, ça, c'est fait.

- Viens, je te montre.

- Ca va ? - T'es tout seul ?

- Ils vont arriver. Tu veux pas t'asseoir ?

Ils arrivent !

- Bonjour.

- Monsieur le Juge. - Vous pouvez démenotter.

- Tu parles ! Mes confrères veulent pas se compromettre avec moi.

- Madame, c'est votre 1er interrogatoire sur le fond

concernant la tentative d'homicide sur Me Vern.

-"Me" Vern ?

- Oui, Me Vern.

- Je souligne, car vous avez dit "madame" pour ma consœur.

- Madame,

l'examen du dossier amène des questions.

Maintenez-vous les déclarations faites à la police

concernant le lieu où vous étiez au moment des faits ?

- Oui, j'étais dans mon bureau. - Aucun témoin ne l'a confirmé.

Me Vern vous a vue conduire la voiture qui l'a percuté.

- Il croit l'avoir vue, c'est son imagination.

- Pourquoi inventer cette fable ?

- Pour se venger. Vous savez bien que M. Vern

a été accusé de harcèlement sexuel

par des collaboratrices. Ma cliente en a été victime.

Il lui a fait plusieurs avances, en vain.

Il n'aura pas supporté la frustration.

- En garde-à-vue, on vous a interrogée sur ce point.

Vous avez dit ne pas avoir été victime du harcèlement sexuel.

- Elle pensait que cela pourrait lui nuire en constituant un mobile.

J'ai procédé à une reconstitution.

Je vous apporte

les nouveaux éléments

à verser au dossier.

Ces photos ont été prises par un expert dans les mêmes conditions

que le jour de la tentative de meurtre.

Avec les reflets, on ne voit rien.

En 1 s, dans ces conditions, M. Vern n'a pas pu distinguer

qui était derrière le volant.

- S'il vous plaît.

- On ne peut pas la soupçonner

et la garder en détention provisoire

sur la foi d'un témoignage aussi improbable.

- Vous avez raison.

Je vais procéder

à une reconstitution. Nous en aurons le cœur net.

- Fallait tenter le coup. T'as fait ce que t'as pu.

- Alors ? - Écoute,

rien d'anormal. Des commandes de fringues.

Des jeans, des sweats...

Avec des quantités et des tailles variables.

Et toi ?

- Rien d'incroyable. Ca rentre, ça sort.

Il me fait envie avec son maïs. Bip

Langue wenzhou

- Y a rien d'autre ? - Rien.

-"Salut, tu me mets 6 colis de jeans pour tout de suite. Code BA-73."

- Fais voir un truc.

C'est bizarre. Une commande de jeans sans taille ni modèle.

- Oui, c'est chelou.

- Normalement, c'est pas le client qui donne le numéro de commande.

C'est le magasin.

- Mmh.

Y a un mec qui sort.

Un jeune mec.

Clic de l'appareil photo

Peut-être le patron.

Je l'ai pas déjà vu, lui?

Si, ça fait deux fois qu'il sort.

Avec un petit sac sous le bras.

Regarde s'il y a une commande de passée vers 15h40.

- Oui, 15h36. 5 colis de jeans sans précision avec un seul code client,

BA-65.

- Ca fait 2 fois que ce mec sort avec un colis.

C'est peut-être pas une coïncidence.

- Faut savoir ce qu'il y a dans ces colis.

BA-65, BA-73.

- Alors, on en est où ?

Lenoir m'a parlé d'un dispositif de surveillance à Aubervilliers.

Racontez-moi.

- Les trafiquants de drogue sont hors de cause.

On a une nouvelle piste qui s'ouvre à Aubervilliers,

dans le Sentier chinois.

- Bien, vous allez vite. - Ce sont des suppositions.

On se demande si Wang ne rencardait pas Herville

sur la façon dont les dealers blanchissent leur argent

avec un grossiste chinois.

- Rien de très étayé pour l'instant. - C'est le début.

Le Sentier chinois d'Aubervilliers, c'est compliqué.

- Et surtout très sensible.

D'un côté, vous avez la misère.

39 % de la population sous le seuil de pauvreté.

De l'autre, le business florissant des grossistes chinois,

1er centre d'import-export de confection en Europe.

Ca fait des envieux.

- On a une grosse problématique de vols avec violence.

On a eu un mort récemment. Un couturier, père de famille.

- Les manifestations à République. J'ai suivi.

- La communauté chinoise est à fleur de peau.

Ils veulent plus de sécurité, plus d'effectifs de police.

Même l'ambassadeur s'en est mêlé. - Ce que le préfet veut dire,

c'est que les Chinois d'Aubervilliers comptent.

Il ne faut pas ajouter de la tension à un climat orageux.

- J'avais compris.

Mais si des Chinois sont mêlés à la mort d'Herville,

il faut creuser cette piste. - Vous craignez quoi?

On ne va pas entraver votre enquête.

Tout le monde veut les assassins d'Herville.

C'est une question de...

manière, de doigté, disons.

Tenez au courant Lenoir de toutes vos avancées.

Aucune opération sur le terrain,

aucune interpellation sans l'aval de votre directeur.

Vous avez toute ma confiance.

- Je vous raccompagne.

- Monsieur le Préfet.

Sonnerie

- Madame Berthaud ?

- Oui. - Ludovic Brun, huissier de justice.

Voici la convocation de Mme Martin,

juge aux affaires familiales.

Je vous demande de signer le reçu. Là.

Merci beaucoup.

Tenez. - Merci.

- Bonne journée !

- Salut, Laure. - T'as mal dormi, toi.

T'étais à l'hosto avec la petite ? - Oui.

Salut. - C'est bon.

- C'est une idée de Gilou. - Il est pas beau

en vendeur de maïs chaud ?

Pratique pour les filoches !

- Dr Micaleff a admis son entière responsabilité

dans le décès de M. Vouters. Que faisons-nous ici ?

- L'analyse des disques durs de votre ordinateur s'est révélée

très instructive. Pouvez-vous m'expliquer

ce qu'est un conseil de bloc opératoire ?

- C'est une instance qui réunit

les représentants des personnels du bloc opératoire.

- A quelle fréquence ?

- Une fois par mois. - l'objectif ?

- On s'égare.

- Définir l'organisation du service.

- Et encore ?

"Veiller à ce que l'organisation du service soit compatible

"avec le respect des règles de sécurité anesthésiques."

Notre sujet. C'est une circulaire du 19 mai 2000.

C'est votre responsabilité de veiller

à la mise en place du conseil de bloc opératoire.

- Oui. - Vous avez sous les yeux

un mail du Dr Micaleff vous signalant, je cite,

"un manque chronique de personnel pouvant entraîner

"un risque pour les patients." En revanche,

je n'ai pas trace de votre réponse.

- Je ne m'en souviens plus.

- Dans d'autres mails, le Dr Micaleff vous demande vos disponibilités

pour une réunion du conseil de bloc

pour élaborer une charte de fonctionnement de votre service.

Là encore, ses demandes sont restées sans réponse.

- Je lui ai répondu à l'oral.

- Ah...

Qu'avez-vous dit? - C'était il y a plus d'un an.

- Certes.

Si la mémoire ne vous revient pas,

nous poserons la question au Dr Micaleff.

Peut-être a-t-elle des souvenirs plus frais.

- Demain, c'est l'enterrement d'Herville.

Il aura pas d'hommage officiel à Beauvau.

On sait pas pourquoi il est mort, pas de drapeau tricolore.

- C'est le flic qui a été tué dans le 13e avec un Chinois ?

Vous enquêtez là-dessus ?

Bip Appel entrant.

- Des jeans code BA-90. Une commande à code. Notre ami va sortir.

- Nico ! Nico !

- Gilou ? *-Va devant Street Fashion.

On a une commande à code. - J'arrive.

- Tu fais quoi?

- J'ai oublié un colis dans le camion.

- Je te vois. Dès que le patron sort, tu le filoches.

- OK, reçu.

- Faut qu'il rentre. - Il va se faire détroncher.

- Non, il invente un truc...

Il doit rentrer dedans. - Non!

- On va pas le filocher, on sait pas ce qu'il transporte !

- T'as raison. - Du maïs grillé ?

- Non, merci. *-Tu rentres à l'intérieur.

Observe le patron.

- Et je dis quoi? *-Démerde-toi. Invente un truc.

- Putain... Fais chier...

*-Nico ? Il faisait quoi ?

- Gilou ? Il emballait un gros paquet de pognon.

- C'est-à-dire ?

- Dur à dire. Y avait 8 tas de billets.

Dans les 80000 euros.

-8 gros tas de billets. (-C'est les 8 colis.)

(Les commandes de jeans, c'est le cash.)

(Le cash est livré par le facteur.)

- Fais demi-tour et filoche le patron.

- Je peux pas, je suis cramé. *-Putain...

Ca sort !

*Ali, prends la relève. Suis le patron.

- OK.

Il descend. Il prend les escaliers.

*-Suis-le !

- Il fait quoi ? - T'en es où, là ?

- Il vient de rentrer dans la boutique Agathe Passion.

Sûrement la même qu'hier.

- Il rentre chez Agathe Passion.

- D'accord.

Après Wei Xu, vous avez vu plusieurs personnes

aller vers la 2e boutique, Agathe...

- Passion.

Agathe Passion. - Donc on s'est plantés.

Nasser n'achète pas de fringues aux Chinois.

C'est du blanchiment classique.

- J'entrave que tchi. - C'est pas compliqué.

Ca, c'est Street Fashion à Aubervilliers.

Ca, c'est la cité Curial.

L'argent de la drogue de Nasser arrive chez Street Fashion en vélo.

C'est un point d'entrée

du cash.

D'autres grossistes reçoivent du cash,

d'autres sources ont du cash à blanchir.

Le quartier est un énorme coffre à billets.

Ensuite, les grossistes rassemblent le cash.

Les gars convergent vers la 2e boutique,

Agathe Passion. Et de là, l'argent ressort vers la Chine.

- Vous avez bossé à la financière ?

- C'est pas fini.

- Et l'argent du dealer, il est passé où ?

- J'y viens. Une fois que l'argent est en Chine,

il approvisionne des comptes bancaires.

L'argent devient complètement intraçable.

De là, il repart vers les dealers sur des comptes à l'étranger.

Dans notre affaire,

Street Fashion, l'entrée, Agathe Passion, la sortie.

Les grossistes qui participent sont un système de blanchiment.

- Si Wang rencardait Herville là-dessus, y avait un mobile

pour les éliminer. - C'est clair.

- On monte un flag avant que le pognon se barre.

- Non, j'ai vu le préfet. Les Chinois, c'est compliqué.

Faut l'accord de Lenoir.

- Non... - Si !

- On peut pas rater cette occasion !

Ca se représentera pas.

- Vous avez du mal avec la notion de hiérarchie, je sais !

- Y a le courage aussi.

- Vous avez dit quoi ?

- Il y a le courage aussi.

- Je parlerai à Lenoir à l'enterrement.

Aucune interpel' sans mon accord.

On met Agathe Passion sur écoute, c'est tout.

Il frappe sur la table.

- On va gratter sur Agathe Passion.

- Je m'y ferai jamais.

- J'ai l'impression que Bao nous cache un truc.

- Pourquoi ?

- Je viens de discuter avec lui, il est pas net.

Je voudrais essayer quelque chose. - Oui.

- Bao, tu peux venir, s'il te plaît?

Viens, assieds-toi.

- Bonjour, Bao. - Bonjour.

- Demain, on va interpeller à Aubervilliers.

Tu nous aideras avec les interrogatoires.

S'ils nous baratinent, tu seras avec nous.

- Je peux pas faire ça.

- Pourquoi ?

Tu les connais pas, tu t'en fous.

Bao, t'as prêté serment. Tu sais ce que ça veut dire ?

Si tu connais quelqu'un, dis-le-nous.

- Si c'est ça,

on arrête. On veut pas te faire de tort.

- Le patron d'Agathe Passion, M. Chen, a plusieurs boutiques,

il est puissant.

Il préside l'Association d'amitié franco-chinoise. J'y travaille.

- C'est bien de nous le dire.

On va te trouver un remplaçant.

Par contre, tu parles à personne de notre enquête.

Si c'est le cas, si tu joues à ça,

tu peux dire adieu à la venue de ta famille.

- Ca va, j'ai compris.

- Tu le raccompagnes ? Merci, Bao. - Viens.

Attends-nous là-bas.

- J'ai trouvé des trucs sur M. Chen.

Effectivement, il a plusieurs boutiques à Aubervilliers.

Grosse fortune, c'est un membre important de la communauté Wen.

Il est président d'association.

- Beckriche ne nous laissera pas intervenir.

Fais un portrait du gars.

- Faut que j'y aille !

J'ai un rencard.

- On attend 5 min et sinon, on ajourne.

On frappe.

- Excusez-moi.

- Tout va bien. Asseyez-vous.

Je vous reçois à la demande de M. Brémont, le père de Romy.

Quelle est la raison de votre démarche ?

- Oui... J'ai fait cette demande suite à un incident.

Notre petit fille Romy est née très prématurée.

Sa santé est fragile.

Elle a fait l'objet d'une intervention d'urgence.

L'absence de réaction

de sa mère a aggravé la situation.

Ce que je veux dire, c'est qu'il faut...

clarifier la situation pour que ça ne se reproduise pas.

- Depuis la naissance de Romy, c'est son père

et sa belle-mère qui s'occupent d'elle au quotidien

alors que madame se soustrait à toute responsabilité.

- Vous avez été dans un centre de repos pour les forces de l'ordre.

- Oui.

- Elle était à Paris pendant les faits.

Elle a été appelée par la compagne de mon client,

car n'étant pas la mère biologique,

elle ne pouvait pas autoriser l'opération,

sans aucune réponse. On est près de la mise en danger.

- Pourquoi vous n'avez pas répondu ?

- Je travaillais.

- Je précise,

si je peux me permettre,

que le papa aussi est policier à la criminelle.

Lui, il a couru à l'hôpital.

- Il ne s'agit pas d'accabler Laure.

Je veux juste qu'elle reprenne sa place auprès de Romy.

- Ca fait plusieurs semaines

que vous n'avez aucun contact avec Romy ?

- Oui. - Que se passe-t-il ?

Vous êtes insérée socialement,

autonome financièrement.

Cette responsabilité vous fait peur ?

Il faut clarifier vos intentions.

On ne peut pas rester dans l'incertitude.

Quel mode de garde souhaitez-vous ?

- On n'en est pas là.

- En tant que mère,

si vous n'assumez pas vos devoirs, vous perdez vos droits.

Si vous n'acceptez pas de prendre vos responsabilités,

je confierai l'autorité parentale à son père.

- Je comprends.

- Bien.

Je vais rendre mes conclusions dans ce sens.

- Votre horaire de RDV est dépassé.

- C'est pas ma faute. - J'y peux rien.

- Écoutez-moi ! - Baissez d'un ton.

- Je me suis perdue dans l'échangeur de la Défense.

Je dois absolument voir ma cliente.

- Votre cliente est partie en promenade.

Les parloirs ferment dans 10 min.

- Vous allez pas me faire ça. J'ai perdu du temps.

- Désolée...

On frappe fortement à une porte.

- Ca fait 1 h que je frappe ! Mon avocate est venue ?

- Non.

- Elle fait quoi, cette salope ? - Vous mentez.

- Quoi ?

- C'est quoi, ce délire ?

Elle est venue ?

- Tu sais quoi?

Ton avocate est arrivée en retard.

Si tu vas au parloir, le temps de l'entretien,

elle va perdre sa pause déjeuner. - Salope !

- Vous réintégrez ! Je vais faire un rapport d'incident.

- J'écrirai une belle lettre au contrôleur des prisons.

- Réintégrez !

Cris

Renforts !

Bouge pas !

Passe-lui les menottes !

Ca suffit ! - J'ai mal !

Lâche-moi !

- Quartier disciplinaire !

- Laisse-moi ! - Debout !

- Tu me fais mal, putain !

T'es vraiment une connasse ! Une connasse !

- Laissez partir...

- Que fais-tu là ?

- Je veux que tu m'expliques. - Quoi ?

Tu vas pouvoir élever ta fille avec Nathalie.

- Non.

Comment peux-tu me balancer ça ?

Tu crois que c'est ce que je voulais ?

Tu te poses pas la question. Tu te fous de ce que je veux.

Non... - Arrête !

- Tu restes là !

Tu vas me parler !

Tu m'as demandé mon avis quand t'es tombée enceinte ?

Quand tu t'es barrée en me laissant Romy, tu m'as demandé mon avis ?

T'as pensé à ce que ça me fait?

Depuis le début, tu décides de tout, toute seule, et tu te débines.

Tu te défiles. - Je suis pas capable.

- C'est quoi, ces conneries ?

Tu peux poursuivre des tueurs, mais pas donner un biberon ?

- Je suis pas en état de m'occuper d'elle.

C'est pas bon pour elle.

- C'est ta fille, Laure.

C'est ta fille !

- On attend quoi, exactement?

- Le préfet. Il devait prendre la parole.

- Quelqu'un doit se dévouer. Ca fait désordre.

- J'y vais.

Je ne suis pas le préfet, je suis le commissaire Beckriche.

J'ai succédé au commissaire Herville à la tête du 2e DPJ de Paris.

Je l'ai peu connu.

L'image que j'en ai, c'est...

à travers le regard de ses hommes.

C'est dans le respect, dans l'admiration,

dans l'affection que j'ai pu voir chez eux,

que je devine qui il était.

Tout commissaire rêve d'inspirer de tels sentiments à ses effectifs.

Il avait choisi de pratiquer la police à Cléry.

Sur un territoire difficile.

Loin des postes prestigieux.

Il exerçait son métier avec panache

et pouvait entrer en conflit avec sa hiérarchie.

Il était sacrément chiant.

Dans ces temps où les pires compromis avec la morale

passent pour de l'intelligence,

il faisait figure d'exception.

M. le Préfet.

- A la vie ! - A la vie.

- Ca va, Gilou ? Tu bois un coup ? - Non.

- Le préfet m'a dit "pas d'interpel' sans l'accord du directeur..."

- Monsieur le Juge.

Salut.

Le patron vous a fait un sale coup.

C'est vous qui êtes dessus ? Ca avance ?

- Pas aussi vite qu'on voudrait.

- Vous avez l'air bien, tous les 2.

- Tu veux dire Tom et moi ?

- Et Romy, ça va ?

- Elle a eu une alerte, mais ça va mieux.

- Elle va à la crèche ? Elle a une nounou ?

- Une nounou.

Et toi ?

- Heureusement qu'il y a le taf.

J'ai voulu te rappeler,

mais j'y arrivais pas. - T'inquiète pas.

Mon couple qui se pète la gueule,

vous deux qui vous mettez ensemble, c'est raide pour moi.

Vous foirez pas, hein ?

- On monte un dispo sur un gars de Passion. On y va. On interpelle.

Je peux avoir quelque chose de fort? Un whisky ou... Merci.

- Eh !

Pas trop dur ?

- Ca va.

- On a une commande à code

chez Agathe Passion. - Tu parles chinois ?

- Très drôle ! La commande a été passée en français d'un portable.

Écoutez.

*-Ouais ? *-Il me faut 20 colis de jeans.

Tu mets pas de violets, pas de jaunes.

-"Pas de violets, pas de jaunes."

Ca veut dire pas de billets de 500, pas de billets de 200.

- Fais réécouter.

*-Ouais ? *-Il me faut 20 colis de jeans.

Pas de violets, pas de jaunes.

- Il a pas d'accent, le mec.

C'est un Français, pas un Chinois. - Nico n'a pas d'accent.

L'argent ne repart pas forcément en Chine.

Si l'argent sort, suivez le mec et regardez où ça va.

- Mmh.

Ali, poste-toi devant la boutique.

On prend le soum. On y va.

Jo!

Jo!

Joséphine, tu m'entends ?

- Oui.

- Tu tiens le choc ?

- Ca va.

- C'est pas bien pour ton dossier.

Une avocate au mitard, ça le fait pas.

- De toute façon, je suis foutue.

- Pourquoi ?

- Ils vont faire une reconstitution.

- C'est mauvais pour toi ? - Je suis bonne pour les Assises.

- Qu'est-ce que t'as fait?

- J'ai écrasé un mec.

- Pourquoi ?

- Parce que c'était une merde.

- Ah ouais ? T'es comme ça, toi ?

T'écrases un mec parce que c'est une merde.

- Tiens, chef. Il est un peu grillé.

Hop ! Merci. Salut, chef.

- Tu as shooté le petit?

Clics de l'appareil photo

Il a un gros paquet sous le bras.

*-T'as le mec qui est rentré ? - On l'a eu.

- Maïs chaud ! Maïs chaud !

*Gilou ? - Ouais ?

- Un type va rentrer.

*Genre coursier. - Je vois.

Je vois.

- Excusez-moi.

- Non, je fume pas.

- C'est juste du feu.

- Non, mais je...

- Que fait-il ?

- Y a une embrouille.

*-Il arrache son sac. - Il arrache son sac.

*-Que fait-on ? - Rien.

- Je fais quoi?

- T'interviens pas !

Un mec arrive.

- Ah...

- T'es pas sérieux, Gilou !

Elle souffle.

*-Ca sort.

- C'est Fouad.

Clics de l'appareil photo

*-Casse-toi !

- Pff...

J'hallucine. - C'est Fouad.

Générique de fin

Sous-titrage : Isabel Fournier pour Lylo Media Group

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