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Zulu
Silence, messieurs.
Dans ce d�bat,
c'est avec une singuli�re
tension th�ologique,
apr�s l'expos� de l'abb� Oretti,
que je passe la parole
� M. Benito Mussolini,
syndicaliste
et membre du Parti socialiste.
Bien que ses opinions
divergent compl�tement,
il me semble juste
d'�couter son expos�
et de le laisser s'exprimer librement.
Je serai bref.
Quelqu'un a une montre ?
Ne vous inqui�tez pas,
je ne suis pas un voleur.
Il est cinq heures dix.
Je d�fie Dieu !
Je Lui donne cinq minutes pour me foudroyer.
S'Il ne me foudroie pas,
cela prouvera qu'Il n'existe pas.
Je suis pr�t.
Le temps est �coul�, Dieu n'existe pas.
VAINCRE
MILAN 1914
Que fais-tu ? Tu te trompes.
Laisse-moi m'habiller !
Vive la R�publique !
Un monde de fraternit�, dans la paix et la libert� !
Vive le socialisme !
Ne croyez plus aux boniments du Vatican.
TRENTE 1907
La justice sur Terre,
nous la voulons ici, maintenant !
Il n'y a pas de victoire sans action,
sans r�bellion, sans violence.
Aide-moi !
Non � la guerre entre les peuples !
Vive la R�publique, vive le socialisme !
Les gouvernements des patrons pr�parent la guerre.
Nous voulons la paix et la justice.
Vive le socialisme !
Victor-Emmanuel, fils d'assassin !
� bas le roi !
Fils de parasites !
� bas le roi !
Avec les tripes du dernier Pape,
nous �tranglerons le dernier roi.
Vive la R�publique !
Laissez-le, bande de salauds !
Tu te souviens ?
Mon amour !
Je t'aime !
GUERRE !
Guerre !
Guerre !
O� vas-tu ?
Je dois y aller.
Je t'accompagne !
Je dois te revoir !
Oui...
Tes lacets sont d�faits.
... d�clenchera une r�volution nationale
et la couronne ensanglant�e de Victor-Emmanuel, le nain,
tombera !
Vous ne pouvez pas entrer.
Tu t'es vendu aux Fran�ais !
Combien ils t'ont donn� ?
L'Histoire me donnera raison.
Je serai � vos c�t�s malgr� vos insultes,
parce qu'un r�volutionnaire va droit au but, co�te que co�te.
Rends ta carte, tu n'es pas digne du parti des travailleurs.
Ce n'est pas une assembl�e, c'est une ex�cution capitale.
Le Parti a choisi la neutralit� absolue.
Le Parti c'est le peuple, et tu l'as trahi.
La neutralit� c'est pour les femmelettes !
�coutez-moi !
Toi aussi, �coute, Benito.
Le prol�tariat
ne veut pas faire cette guerre, il ne veut pas
se faire massacrer pour la bourgeoisie.
Pour lui, la guerre est un suicide.
C'est de la paix
que nous vient le pain.
Cette guerre tuera la guerre.
Valet de la bourgeoisie !
En juillet tu disais : "� bas la guerre".
J'ai chang� d'avis !
Seuls les mulets ne changent jamais de route.
Et puis la bourgeoisie n'aime pas mon interventionnisme,
elle grogne, m'accuse d'�tre t�m�raire,
elle craint que le prol�tariat arm� ne se r�volte contre elle.
Cette guerre, dans laquelle l'Italie
ne peut absolument pas rester neutre,
fera, par le sang, tourner la roue de l'Histoire.
Ce sera une guerre r�volutionnaire.
C'est la paix qui est r�volutionnaire.
N'oubliez pas Blanqui : "Qui a du fer a du pain".
Ni Napol�on.
Ne soyez pas horrifi�s par ce nom.
"La r�volution est une id�e qui a trouv� des ba�onnettes".
Vous me d�testez car vous m'aimez encore.
Prends mon bras.
Guerre !
LA GUERRE, LA SEULE HYGI�NE DU MONDE
MARCHONS POUR NE PAS MOISIR
Quand j'�tais jeune, je voulais devenir musicien ou �crivain.
Mais j'ai compris que j'allais rester m�diocre
et le temps qui passe me terrorise.
Tu es le directeur de l'Avanti.
- Tu devrais �tre content. - Je ne serai jamais content.
Jamais !
Je dois monter plus haut.
Je sens que j'ai le devoir d'�tre diff�rent
de tous ceux qui acceptent leur propre m�diocrit�.
L'arm�e des bons, qui ne parviennent m�me pas � imaginer
combien cette soci�t� pourrait �tre chang�e, r�volutionn�e
si l'on s'affranchissait de la morale.
Voil� la morale � laquelle je me sens pr�destin�.
- Comme Napol�on. - Plus que Napol�on !
Au fond ce n'�tait qu'un g�n�ral ! Napol�on...
J'ai d�missionn� de l'Avanti, mais ils voulaient me retenir.
�videmment, j'ai tripl� les tirages,
ils ne veulent pas me laisser partir.
Je vais fonder un journal.
J'ai d�j� le titre :
Il Popolo d'Italia.
Comment vas-tu faire ?
La chance passe devant la porte de chaque homme au moins une fois.
Il faut lui ouvrir � ce moment-l� et la laisser entrer.
Quand je vois un pr�tre, je ressens le besoin de me laver les mains.
Vive l'Italie !
� bas l'Allemagne !
Guerre ! � bas les tyrans !
Vive la r�volution nationale !
Quitte l'Italie,
dehors, il est temps...
Dehors �tranger.
Ida ?
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
J'ai tout vendu.
Qu'est-ce que �a veut dire ?
J'ai tout vendu.
L'appartement, l'atelier, mes meubles, mes bijoux.
Pour ton journal.
Prends-les.
Non.
Maintenant c'est fait,
tu dois les prendre.
Ce n'est pas un sacrifice,
c'est une joie, je t'aime.
C'est un pr�t.
Oui... un pr�t.
Je te fais un re�u.
- Plus tard. - Maintenant.
"Je soussign�,
Benito Mussolini,
d�clare recevoir
de Madame
Ida Dalser
la somme de..."
Je laisse un blanc.
Alors je dois t'�pouser.
Dis-moi une fois "je t'aime".
DE L'AUDACE !
Vive la guerre !
� bas le neutralisme !
En garde !
Docteur !
Le combat est termin�.
- �tes-vous satisfaits ? - Non.
Il faut te soigner.
Je veux d'abord lire le proc�s-verbal.
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Un duel.
Il faut que je te parle, c'est urgent.
- �a ne peut pas attendre ? - Non.
C'est urgent.
Il faut que je te parle, tout de suite.
Je suis enceinte.
Mieux vaut un bapt�me qu'un enterrement.
Attends.
Un duel acharn�, ils voulaient se tuer.
Ils ont commenc� avant que le juge ne donne le signal.
Un coup � l'oreille, un � l'avant-bras...
Mussolini voulait le tuer.
C'�tait un massacre !
Voil� le texte :
"Duel Mussolini-Treves". Mettez bien "Mussolini" en premier.
Allons-y, Rachele est l�.
- Qui c'est ? - Allez !
Va voir papa.
Edda !
Tout ce sang !
Voil� une chemise propre.
Qu'est-ce que vous avez fait ?
Tu as voulu jouer au h�ros.
Fais-moi un bisou.
Un autre...
L'ITALIE A D�CLAR� LA GUERRE
� L'AUTRICHE-HONGRIE
IL FAUT VAINCRE !
Vive l'Italie !
Vive la guerre !
Guerre !
Paix !
La guerre est la seule hygi�ne pour ce monde.
- La paix est la seule solution. - Tais-toi, esp�ce de planqu� !
Quitte l'Italie...
Vive la neutralit�, vive le socialisme !
Vive les pauvres gens !
L�ches, nous sommes bien plus socialistes que vous.
Nous, nous sommes pr�ts � mourir pour l'Italie.
L'Italie veut aller en guerre.
L'Italie veut la paix.
Vous vous �tes vendus � l'Allemagne et � l'Autriche.
Tu t'es vendu � la France.
- L'Italie meurt de faim ! - Judas !
- Vive la classe ouvri�re ! - Bouffons !
Vendu !
Derni�re nouvelle !
Il Popolo d'Italia !
Mussolini a �t� bless� au front du Carso.
Mussolini a �t� bless� au front du Carso.
Allumez la lumi�re !
Silence !
Je vous en prie, Majest�.
Comment allez-vous, Mussolini ?
Vous souffrez sans doute beaucoup.
C'est un supplice.
Mais il faut tenir bon.
Le g�n�ral Olmi m'a dit beaucoup de bien de vous.
Je vous remercie, Votre Majest�...
mais je n'ai fait que mon devoir.
L'Italie et la Maison de Savoie
vous sont reconnaissants.
Qu'est-ce que tu fais l� ? Rentre chez toi, espionne !
Je suis sa femme.
Qu'est-ce que tu dis ? Tra�n�e !
C'est moi sa femme. Toi tu ne dis rien ?
Tais-toi.
Dis-lui que je suis ta femme.
N'oublie pas ton fils,
ne nous abandonne pas.
- Va-t'en. - Ne nous abandonne pas.
Folle !
Restez allong�.
Je vais bien.
Je vais la tuer,
je vais lui arracher les oreilles !
C'est toi ma femme.
Ma femme ch�rie.
Alors tais-toi.
Mon petit lapin.
Les enfants, soyez sages ou on ne reviendra plus.
Assis !
Asseyez-vous � vos places.
EXPOSITION FUTURISTE 1917
Bienvenue, monsieur le directeur.
Je suis honor� et guerri�rement heureux de votre pr�sence.
Vive le h�ros de Doberd� !
Quel bonheur que le "tatatatata" des mitrailleuses.
L'Italie a besoin de gens dispos�s � risquer leur vie,
� donner leur sang pour la victoire.
C'est le prix du changement.
Le Futurisme est l'�tincelle
qui fera sauter la moisissure de notre �poque.
- Vive la guerre ! - Vive le Futurisme !
Vous avez compris que pour notre salut,
il nous faut vaincre ou mourir.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Une �uvre de charit�.
Benito, regarde-moi.
Je suis pr�te � te pardonner.
Fais ce que tu veux, mais garde-moi.
Laisse-moi.
R�VOLUTION EN RUSSIE
LE POUVOIR AUX SOVIETS
L�NINE DICTATEUR
"Chaos en Russie"...
ou "L�nine dictateur" ?
Montre-toi, voleur !
Tu as laiss� ta femme et ton fils
dans la mis�re noire !
J'ai �crit au Pape.
Au Pr�sident du Conseil,
au tribunal de Milan,
au directeur du Corriere della Sera !
Pour qu'on te jette en prison.
Voleur !
NOUS AVONS GAGN� LA GUERRE !
NOS MARTYRS SONT TOUS RESSUSCIT�S !
TRENTE, TRIESTE ET UDINE LIB�R�ES
NOUS AVONS ATTEINT NOTRE ID�AL !
HAUT LES C�URS ET LES DRAPEAUX !
Minist�re de l'Int�rieur,
13 f�vrier 1920. Ida Dalser
et son fils Benito Albino Mussolini
ont �t� raccompagn�s
chez Adele, s�ur d'Ida,
femme de R. Paicher,
comptable � Trente.
Bien que momentan�ment tranquille,
au vu de sa propension � la fuite,
Ida Dalser est maintenue
sous surveillance jour et nuit.
Merci, madame.
Madame la pr�sidente, bonjour !
Bonjour, madame la pr�sidente...
�a suffit maintenant !
- Tu sais faire le salut fasciste ? - Oui.
- Avec quelle main on le fait ? - Avec la gauche.
Avec la droite ! C'est important !
LE GOUVERNEMENT DIRIG� PAR MUSSOLINI
A PRIS SES FONCTIONS HIER
Tu t'es tromp�e de route, c'est par ici.
Tu as froid ?
J'ai vu Mussolini.
Au cin�ma.
Il a chang�,
on dirait un g�ant.
Il a perdu beaucoup de cheveux, mais il a les m�mes yeux.
Je lui ai encore �crit, t�t ou tard il me r�pondra.
Tu as �crit � Mussolini...
au Pape, au Roi, � l'�v�que, au pr�fet.
As-tu eu une seule r�ponse ?
Il veut encore me punir, mais de quoi ?
M�me le dernier des secr�taires ne te r�pond pas.
Je ne l'ai jamais tromp�, pas m�me en pens�e.
Erreur, trouve-toi un autre homme.
Lui ou personne d'autre.
Je vais me coucher.
Re�oit-il mes lettres ? Sait-il que je suis en vie ?
Que son fils fr�quente une �cole de paysans au lieu du coll�ge royal ?
Ton fils a besoin d'une vie normale,
tu dois trouver la paix.
Ils le traitent de b�tard.
Il est distrait, a de mauvaises notes, et pas � cause de l'�cole.
La ma�tresse le d�teste.
La ma�tresse n'est pas le probl�me.
Nous sommes surveill�s jour et nuit comme des criminels.
Tu penses que c'est une escorte pour la femme de Mussolini ?
Si je donnais la lettre � l'adjudant, ce serait diff�rent.
Les Carabinieri jurent fid�lit� au roi.
On te prendra ton fils.
Aujourd'hui j'ai emp�ch� par miracle qu'on me retire sa tutelle.
Le juge me conna�t, mais la prochaine fois ?
Ils veulent le confier � un autre.
� qui ?
- � un fasciste, un d'entre eux. - Qui ?
Giulio Bernardi, le podestat.
Cette ordure !
Calme-toi, tout le monde devient fasciste.
Ils ont menac� de me renvoyer de la banque.
Qu'allons-nous faire, mendier ?
C'est une bataille perdue, ils sont plus forts.
- R�signe-toi ! - Je ne peux pas me r�signer.
Je suis sa femme.
Comment est-ce que je pourrais m'adapter � une vie normale ?
Je suis la seule qui le comprend vraiment, parce que je l'aime.
Je suis s�re qu'il m'aime encore,
parce que nous avons les m�mes id�es,
les m�mes principes.
J'ai �t� la premi�re � croire en lui.
S'il est qui il est, c'est aussi gr�ce � moi.
Je suis la m�re de son fils a�n�,
de son h�ritier naturel
qui ne doit pas subir le sort du roi de Rome, de l'Aiglon.
Tu ne connais m�me pas le fran�ais.
Riccardo, aide-moi.
Benito, il n'y a qu'une seule balle, elle est pour le c�ur de ton p�re.
Ida...
C'est l'heure.
Benito Mussolini, veux-tu prendre
Ida Dalser pour �pouse...
Oui, je le veux.
Laisse-moi, je dois jouer !
Attendez-moi !
Bonjour, madame.
LE MINISTRE FEDELE EST AUJOURD'HUI � TRENTE
O� vas-tu ?
... au centre se trouve l'autel en porphyre
avec la tombe de notre h�ros,
r�alis�e par le sculpteur Eraldo Fozzer, de Trente.
Elle est folle.
Nous pourrions �crire "Parano�a".
Elle a un fils.
Tant pis.
Le certificat de mariage ?
Il n'y est pas.
Je le savais !
Bernardi, il n'y est pas.
Comment �a va ?
O� suis-je ?
� l'h�pital de Pergine.
� l'asile de fous !
"Vous qui entrez ici, laissez toute esp�rance".
Tais-toi !
O� sont mes v�tements, mes papiers ?
La police les a gard�s.
Je dois rentrer chez moi,
mon fils m'attend.
Vous �tes sourds ?
Mon fils est le fils a�n� de Benito Mussolini.
Benito Albino Mussolini.
Je suis la femme de Benito Mussolini.
Et moi de Napol�on !
Silence ou je vous fais attacher.
On est d�j� attach�es !
Je vous fais mettre la camisole de force.
Fasciste !
Aux armes...
�a suffit !
Arr�tez !
Je ne plaisante pas,
je vous envoie en isolement.
Tu connais Tatiana Pavlova,
la danseuse ?
C'�tait mon professeur,
c'est une amie du Duce.
�cris-lui.
Du calme !
Sages !
Ne m'obligez pas � �tre m�chante.
Non, reste couch�e,
sinon ils te mettront la camisole de force.
C'est bien.
Tu es belle.
C'est vrai que tu es la femme du Duce ?
Comment il baise, le Duce ?
Pardon...
"Gazouillant et s'amusant, tels �taient", virgule,
"dans la tranquillit� dor�e de l'avenue ombrag�e..."
Doucement.
Virgule.
"... les deux enfants."
Point.
"Leurs jeux" virgule,
"s�rieux comme un travail..."
Bonjour.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Nous venons pour une perquisition.
Qui vous envoie ?
Le procureur du roi.
Commen�ons par l'�tage au-dessus.
- O� est ma belle-s�ur ? - Vous posez de ces questions !
Bernardi, vous n'en savez rien ?
Adelina, emm�ne le petit.
Tata !
Laissez-le ! Benitino !
- Benito, reste calme. - C'est dans votre int�r�t.
Tonton, au secours !
Bernardi, arr�tez !
Vous n'avez pas le droit, j'ai la garde de cet enfant.
C'est nous qui faisons la loi, vous n'avez aucun pouvoir.
Ne t'inqui�te pas, elle l'a cach�.
Voil� le nouveau.
Viens.
Mets-toi ici.
Tu vas dormir ici.
Tout seul ?
L'�cole est finie, les autres sont rentr�s chez eux.
Il y a une lumi�re allum�e toute la nuit.
Et moi je dors l�,
tu vois cette porte ?
Quand est-ce que maman va venir me chercher ?
Elle doit d'abord gu�rir.
Elle est malade ?
- Qu'est-ce qu'elle a ? - Elle est trop nerveuse.
Et mon p�re ?
Il doit sauver l'Italie, ne sois pas �go�ste.
Souviens-toi,
nous faisons tout ceci pour ton bien.
Merci.
Je t'en prie,
ne les donne pas � la M�re sup�rieure,
poste-les toi-m�me.
Je ne peux pas.
Je t'en prie !
Il me met � l'�preuve.
Qui ?
Le Duce.
Il veut �tre certain que je suis pr�te � tout,
m�me � sacrifier ma vie pour lui.
Quand j'aurai surmont� cette �preuve, il m'appellera
et il me pr�sentera � l'Italie comme son �pouse l�gitime.
J'entrerai au Palazzo Chigi avec mon fils Benito,
son fils a�n�.
Et Rachele ?
Il lui ouvrira un restaurant.
Elle �tait serveuse quand il l'a rencontr�e.
Quand on en sera l�, tout le monde aura eu sa part.
Je ne peux pas t'aider,
si je perds mon travail, je mourrai de faim.
Mon fils...
Arr�te de lui l�cher les pieds, � cette fasciste !
Tu es dou�e.
Merci !
Tu ne t'arr�tes jamais ?
Je dois toujours m'entra�ner.
O� tu vas ? Ne sors pas !
Venez ici tout de suite !
Les enfants !
�coutez-moi !
Je suis la femme du Duce.
Il ne sait pas que je suis enferm�e dans un asile,
ni qu'on m'emp�che de voir son fils,
qui est aussi mon fils, il s'appelle Benito.
Pr�venez le tribunal, le pr�fet,
mais pas le secr�taire Bernardi, c'est une fripouille,
il est la cause de tous mes malheurs.
L'�il du Duce brille, vif, dans ses Balilla.
Nous sommes l'�tincelle d'amour
qui de son c�ur sortit un jour.
Duce, de tes Balilla
la foi r�sonne.
Rien n'est plus doux que ton nom.
Pour toi, Duce.
Tu t'es regard�e ?
Mussolina, rentre, c'est mieux.
Viens avec moi.
Venise
H�pital psychiatrique de San Clemente
Arr�tez-vous !
O� l'emmenez-vous ?
Au 6.
Pourquoi ?
� Pergine, elle �tait avec les agit�es.
Elle va en observation.
On ne dirait pas, mais elle avance.
Qui �tes-vous ?
Un psychiatre.
Alors vous pouvez me dire pourquoi je suis ici.
Contarini,
Garbin,
Pezze.
Pourquoi fais-tu semblant de savoir lire ?
Je vais te la lire.
Madame Dalser,
M. Bernardi, que vous connaissez bien,
a une lettre de votre fils.
- Elle n'est pas dans sa chambre ? - Ce n'est pas n�cessaire.
On la lui a dict�e.
Pourquoi devrait-il dire :
"Ici on est bien, je suis toujours content" ?
Pourquoi signe-t-il "Benito Dalser" ?
Mussolini l'a reconnu, il s'appelle Mussolini,
Benito Albino Mussolini, comme son p�re.
Quand le Duce le saura, vous finirez en prison.
O� est mon fils ?
Je vous plains, car vous n'avez pas tous vos esprits.
Pour le bien de votre fils, vous devriez signer...
Quoi ?
Votre refus ne changera rien, j'ai la tutelle du tribunal.
Quelle tutelle ?
Le juge de Trente lui a donn� la garde de votre fils.
Vous ne devez pas signer la tutelle, mais une autorisation,
une procuration sur la part de votre patrimoine
qui appartient aussi � votre fils.
Voleur !
Voleur !
Vous vous �tes tous mis d'accord pour me voler.
Ne me regardez pas avec piti� si c'est pour me voler et me tuer,
moi et mon fils, s'ils ne l'ont pas d�j� tu�.
Madame Dalser,
vous devez m'�couter.
Vous avez tort.
Allez vous coucher.
Je vais vous dire ce que je pense, ne m'interrompez pas.
Asseyons-nous.
Vous partez � l'assaut,
vous sortez des tranch�es et partez � l'assaut.
J'ai fait la guerre aussi, mais il y avait deux arm�es,
qui se massacraient mutuellement,
� armes �gales.
Alors que vous �tes seule contre tous :
Carabinieri, milices, arm�e, garde royale...
C'est trop.
Donc vous avez tort de continuer � hurler la v�rit�.
Non qu'il ne faille hurler la v�rit�.
Mais c'est la mani�re,
la m�thode,
le moment, qui ne sont pas les bons.
Maintenant il faut se taire et jouer la com�die.
Moi je suis m�decin, je soigne les patients.
M'avez-vous entendu dire "� bas le Duce" ?
Aujourd'hui,
je ne dis pas pour toujours,
nous devons �tre de bons com�diens.
Mais le r�le
que vous devez interpr�ter pour vous sauver
n'est pas celui de la rebelle toujours agit�e,
mais celui de la femme normale,
la m�nag�re, ob�issante, docile, taciturne,
qui aime l'ordre.
La femme fasciste, qui sait rester � sa place : � la maison.
M�me chose pour votre fils.
Mon fils ?
Benito Albino Dalser et c'est tout.
Vous m'avez compris ?
Mais si je meurs, qui se souviendra de nous ?
Si personne ne m'�coute, je dois continuer � crier.
Pourquoi devriez-vous mourir ?
Vous �tes jeune, en bonne sant�, belle.
Pourquoi continuer � penser au pass�
et ne pas vous tourner vers le futur, le pr�sent ?
Quel futur ?
L'homme que j'ai ador�, auquel j'ai tout donn�, m'a effac�e,
comme si je n'avais jamais exist�, comme un fant�me.
Moins qu'un fant�me !
Mais vous �tes ici, vous me parlez.
Vous croyez que le fascisme durera toujours ?
Je veux vous faire sortir d'ici.
Dans quelque temps. Tout de suite ce serait dangereux.
En attendant, allez � l'�glise,
confessez-vous.
Lisez Pascoli, apprenez ses �uvres par c�ur,
la M�re sup�rieure l'adore.
L'�glise est la seule m�re que les fascistes craignent encore.
H�PITAL DE PERGINE
Alors ?
Donc, mademoiselle...
Madame.
Madame.
Mademoiselle, �a va aussi.
Alors...
Combien de doigts a une main ?
Cinq.
Bien.
Un homme, ou une femme,
a combien d'yeux ?
Deux.
� part Polyph�me, mais c'�tait un cyclope.
Bien, derni�re question.
Sommes-nous le jour ou la nuit ?
Un jour inclut aussi la nuit.
Nous sommes le matin.
Le matin ! Savez-vous quel jour nous sommes ?
Le 18 janvier 1927.
Exact.
Et vous vous appelez ?
Je m'appelle Ida Dalser.
C'est bien.
N�e � Sopramonte le 20 ao�t 1880.
Tr�s bien.
De Dalser Albino et Corradino Caterina, d�c�d�s.
Bien.
Et j'ajoute...
et je ne le dis pas pour vous f�cher,
m�re de Benito Albino Mussolini,
n� � Milan le 11 novembre 1915
et reconnu
par son excellence Benito Mussolini,
le 11 janvier 1916.
Lui, l�...
c'est le p�re de mon fils...
et mon mari.
Madame...
je veux vous aider.
Je suis ici pour vous aider.
- Mais vous continuez � affirmer... - Parce que c'est vrai.
Laissez-moi parler.
Vous dites �tre la femme
de son excellence Benito Mussolini
qui est mari� avec Rachele Guidi,
de laquelle il a eu quatre enfants.
Ils sont unis par un mariage civil,
r�cemment suivi
du mariage religieux.
Il s'est mari� � l'�glise ?
De plus...
il n'existe aucune trace de votre pr�tendu mariage
avec Benito Mussolini.
Je dis "pr�tendu"
parce qu'aucun document n'en atteste.
Nous n'avons rien trouv�
dans aucune mairie,
pr�fecture, chez aucun notaire,
prouvant que vous ayez �t� mari�s,
malgr� de m�ticuleuses recherches dans tout le pays.
Je serais dispos� � vous croire,
mais il me faudrait une preuve.
Le certificat de mariage
prouverait que vous dites la v�rit�,
que vous n'�tes ni un escroc, ni une d�s�quilibr�e.
Les papiers ont �t� d�truits.
Vol�s.
Vous avez fait dispara�tre les registres paroissiaux.
Et pourquoi vous le donner,
ce certificat de mariage,
m�me si je l'avais ?
Vous l'avez ?
Oui ou non ?
Je l'ai,
mais je ne vais pas vous le donner.
J'ai m�me fait une rime.
Reconnaissez que vous avez menti,
que vous n'�tes pas la femme de Mussolini,
que vous �tiez d�sesp�r�e,
que vous vous sentiez abandonn�e,
que vous vouliez prot�ger votre enfant.
Vous �viterez ainsi l'interdiction judiciaire.
Vous comprenez ?
Admettez seulement d'avoir menti !
D'avoir invent� ce mariage.
La reconnaissance de l'enfant,
c'est une autre question.
Il faut avancer par �tapes.
Apr�s...
je pourrai sortir ?
Chaque chose en son temps.
Donc je ne pourrai pas sortir ?
Pas tout de suite.
Cet interrogatoire...
est une farce.
Tout a d�j�
�t� d�cid�.
� ce point,
autant...
Dalser Ida fut frapp�e d'interdiction
judiciaire pour maladie mentale.
M. Bernardi fut nomm� son tuteur.
POUR LE PEUPLE
Joyeux no�l, Benito Dalser.
Dalser, sors de l�, il ne va rien t'arriver.
Je ne m'appelle pas Dalser, mais Mussolini.
Dalser, tu vas prendre froid.
- Ne sois pas sot. - Je m'appelle Mussolini.
Benito, viens ici.
Sois gentil.
Ob�is, sors de l�.
Ob�is, sors tout de suite de l�.
Comment je m'appelle ?
- Comment je m'appelle ? - Benito.
- Et puis ? - �a suffit, sors de l� !
Je m'appelle Benito Mussolini !
Place Saint-Jean-de-Latran,
la foule immobile,
silencieuse, disciplin�e, sous une pluie battante,
attend le signal qui lui apportera une certitude.
Parmi la foule, j'aper�ois des princes et des princesses...
- Arr�te donc ! - Je dois m'entra�ner.
Mais que se passe-t-il ?
La foule semble parcourue par un frisson,
illumin�e par une invisible lumi�re, elle bouge, ondule.
Les cloches sonnent.
Les entendez-vous ?
Il est midi vingt,
en ce 11 f�vrier 1929,
la signature a eu lieu !
Vive le Pape !
Vive le Duce, homme de la providence !
L'Italie a reconnu l'�tat pontifical...
Non merci, je dois faire attention.
Prends-en un.
Aidez-moi � voir mon fils, je suis d�sesp�r�e.
De quoi te plains-tu ?
Tu as un fils de l'homme que toute femme voudrait pour mari.
Ou pour amant.
Estime-toi heureuse.
Tu as de bons souvenirs.
M�re Sup�rieure,
au nom du Christ mis�ricordieux, de la tr�s sainte Vierge,
laissez-moi voir mon fils,
cela fait trois ans que je ne l'ai pas vu.
Au nom de l'habit que vous portez,
vous ne pouvez pas permettre que l'on commette un tel p�ch�.
Donnez-lui ma lettre.
Mon enfant,
je te comprends, il faudrait �tre sans c�ur pour ne pas comprendre.
Mais pense aux souffrances de la Madone au pied de la croix.
Offre tes souffrances � Dieu comme le fit sainte Catherine.
Pense � ce que la Madone dit � Bernadette :
"Je ne promets pas de te rendre heureuse dans ce monde,
mais dans l'autre."
Ma s�ur, elle s'�chappe !
Silvia, reviens !
VILLA TORLONIA
R�SIDENCE DU DUCE
Tu es bien la plus laide, toi !
Ida, tu m'aides ?
Chemises noires, saluez le Duce !
Chemises noires,
vous avez
l'honneur
et le privil�ge
d'accueillir
en votre mer,
les forces navales de l'Italie fasciste.
Nous atteign�mes
notre grandeur
lorsque nous domin�mes la mer.
Rome ne put �tablir son Empire
avant d'avoir �cras�
la puissance maritime de Carthage.
Afin que la M�diterran�e,
qui n'est pas un oc�an,
ne devienne pas une prison
qui humilie notre ardeur vitale,
nous devons...
Lorsque sonnera le tocsin,
il est certain
que tout le peuple italien
sera pr�t
� faire les sacrifices n�cessaires.
Et souvenez-vous, chemises noires,
que lorsqu'il en sera ainsi,
je serai � votre t�te.
Benito, imite-nous le Duce.
Dux, parle � ton peuple.
Chemises noires,
vous avez l'honneur
et le privil�ge
d'accueillir en votre mer,
les forces navales de l'Italie fasciste.
Ce privil�ge
implique de vous plier � certains devoirs.
Duce !
Rome ne put �tablir son Empire
avant d'avoir �cras�
la puissance de Carthage.
Et lorsque sonnera le tocsin,
il est certain que tout le peuple italien
r�parera l'outrage subi.
Et lorsqu'il en sera ainsi,
je serai � votre t�te.
Je suis Benito Mussolini.
M�me si � pr�sent je ne m'appelle plus Mussolini, mais Bernardi.
Je sais.
Vous pouvez remettre cette lettre � ma m�re ?
Entre.
J'ai quelque chose pour toi.
Quoi ?
Cache-la, qu'on ne te voie pas.
"Ch�re maman, imagine quelle joie ce fut de rencontrer oncle Riccardo.
Je veux te rassurer, je vais bien
et j'esp�re que nous pourrons bient�t longuement nous �treindre,
car depuis longtemps je r�ve de ton visage.
J'ai pri� la Madone, qui m'a enfin accord� sa gr�ce.
Je te serre et t'embrasse tr�s fort. Ton fils aim�, Benitino."
O� est Benito ?
Nous le demanderons au pr�fet.
Il est � Trente ?
O� est mon fils ?
Il est � La Spezia, � l'�cole de radiot�l�graphistes.
C'est un marin.
J'ai t�l�phon� pour qu'il rentre � temps.
Pourquoi riez-vous ?
Je vous en prie, ne me renvoyez pas � Pergine mais � San Clemente,
j'en ai un souvenir plus humain.
Sur le crucifix, sur mes enfants, je vous jure...
Je vous fais tant rire que �a ?
Il y a beaucoup de gens ?
- Combien ? - Tout le village.
Ne m'accompagnez pas.
Lib�rez-la, assassins !
Vous devriez avoir honte !
Ne m'oubliez pas.
Assassins !
Vaincre.
Et nous vaincrons.
Ida Dalser meurt le 3 d�cembre 1937 d'h�morragie c�r�brale.
Elle est enterr�e dans une fosse commune.
Le certificat de mariage avec Mussolini n'a jamais �t� trouv�.
Benito Albino meurt � 26 ans dans un h�pital psychiatrique.
Lui aussi est enterr� dans une fosse commune.
Le 25 avril 1945, l'Italie est lib�r�e du fascisme.
Le 28 avril 1945, Mussolini est fusill� par la r�sistance.
VAINCRE
Sous-titres : Brune Seban
Sous-titrage : C.M.C.
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