All language subtitles for The.Wizard.Of.Lies.2017.720p.BluRay.x264-[YTS.AG]

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Original subtitles

Je m'appelle Diana Henriques.

Journaliste d'investigation pour le New York Times,

j'ai couvert le scandale Madoff depuis le 1er jour.

Apr�s des mois de correspondance,

j'ai fini par pouvoir interviewer Bernie Madoff

le 24 ao�t 2010.

Jusqu'� aujourd'hui,

la seule personne qui lui rendait visite

�tait sa femme.

Il n'a jamais r�pondu aux questions concernant son crime,

sauf au tribunal,

face au juge.

Devant la cour,

il restait impassible, r�citant son texte.

Mais lors de nos �changes,

il semblait plus d�tendu,

sinc�re,

s�rieux et digne de confiance.

C'�tait l� son don et sa mal�diction.

C'est ce qui lui a permis de mettre en place sa vaste pyramide de Ponzi.

65 milliards de dollars.

Bernard L. Madoff.

D�tenu num�ro 61727054.

Sur les march�s �trangers, le Nikkei perd 8 %

et l'ASX enregistre �galement une baisse.

La crise n'est pas pr�s de finir

NEW YORK CITY 10 D�CEMBRE 2008

avec un Dow Jones qui chute � Wall Street.

Main Street

est au c�ur d'une crise

qui n'est pas sans rappeler la Grande D�pression.

Les investisseurs gardent leurs liquidit�s

en attendant que le march� se stabilise.

Retrouvons � pr�sent Bob Summers

qui se trouve dans une autre ville frapp�e par la crise des subprimes.

Sept millions de dollars

Je suis � Fresno, en Californie...

BERNARD L. MADOFF Investissements

Tu me laisses parler.

C'est de la folie, bordel. On doit pas c�der.

On c�dera pas. On tiendra bon.

On ne dit plus bonjour ?

Papa ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Tu vas offrir 175 millions de dollars en bonus ?

- Exact. - En d�cembre ?

On a eu une tr�s bonne ann�e.

Mais elle est pas termin�e.

Je veux r�compenser les employ�s pour leur travail.

Vu la situation, il vaut mieux attendre f�vrier.

Je r�p�te :

je veux les r�compenser.

Il vaut mieux rester prudent

et garder les dividendes.

Je veux leur verser les bonus maintenant.

Mais c'est de la folie.

Peter.

Bernie, je t'en prie.

Ma d�cision est prise.

Je veux pas attendre pour distribuer les bonus.

Tout va bien, papa ?

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je vais tr�s bien.

Tu es s�r ?

Dis-leur, Bernie.

Nous dire quoi ?

Qu'est-ce qui se passe, papa ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Il faut qu'on parle.

Bien s�r. Tu peux tout nous dire.

Je sais.

On se croirait dans un aquarium.

Putain d'aquarium.

Tout le monde nous voit. Pourquoi on a jamais mis de stores ?

All� ?

- Ruth ? - Salut.

- Les gar�ons et moi, on rentre. - Pourquoi ?

Je dois vous parler � tous.

- On ne va pas tarder. - D'accord.

C'est un probl�me de sant� ?

Non.

On va aller dans mon bureau.

Je vais pas tourner autour du pot.

Tout ceci est faux.

- Ce truc, c'est un gros mensonge. - Quel truc ?

Le fonds d'investissement. C'est une escroquerie.

Il y a aucun investissement.

Tu d�lires. Bien s�r qu'il y en a.

J'ai tout invent�.

- Ils sont sur tous les relev�s. - J'ai tout invent�.

- Et les transactions ? - Elles sont fausses.

Tout est faux. C'est une vaste pyramide de Ponzi.

C'est quoi, une pyramide de Ponzi ?

Je prends l'argent d'un type,

je le distribue � d'autres et ainsi de suite.

Il devrait y avoir 50 milliards. Il n'y a plus rien.

J'ai dit � Peter que j'allais me rendre � la police.

Comment t'as pu faire �a ?

Je ne pouvais plus m'arr�ter. �a avait pris trop d'ampleur.

Mon cul.

Je voulais pas en arriver l�.

Tu peux pas faire �a � ton fils.

Papa.

Comment t'as pu faire �a ?

Vous serez � l'abri.

Je vais tout arranger.

Il reste quelques centaines de millions de c�t�.

Je vais m'occuper de vous,

de la famille et de nos principaux salari�s.

J'ai juste besoin d'une semaine.

Nous mettre � l'abri avec quoi ? De l'argent vol� ?

C'est un criminel ! Il va finir sa vie en prison !

- Comment t'as pu faire �a ? - T'es pas mon p�re !

Je leur ai expliqu�

que c'�tait pas malintentionn�.

Quand j'ai commenc� cette aventure...

Cette escroquerie...

Je pensais que j'allais pouvoir facilement arr�ter.

Mais j'ai tr�s vite �t� d�pass�.

Plus je m'acharnais, plus je m'enfon�ais.

Le vrai probl�me

est que je refusais d'accepter

que pour la 1re fois de ma vie, j'avais �chou�.

Je refusais d'admettre mon �chec.

De quel �chec vous parlez ?

Peu apr�s,

je suis retourn� au bureau.

J'ai vu Andy, qui �tait l�.

Vous lui avez parl� ?

Il m'a dit...

que Mark et lui avaient consult� un avocat.

Il �tait all� voir Martin London,

un grand avocat � la retraite.

C'est le beau-p�re de Mark.

Il avait investi beaucoup d'argent chez vous.

Plus que certains, moins que d'autres.

Bordel de Dieu !

50 millions ?

50 milliards. Avec 3 z�ros en plus.

Bordel de Dieu !

Je suis � Hartford. On se retrouve � 15 h.

Son activit� de gestion se faisait dans un petit bureau.

Situ� au 17e �tage. �a marchait tr�s bien.

Il avait tellement de clients qu'il �tait oblig� d'en refuser.

- Pour les transactions... - Il passait par l'Europe.

D'o� le bureau � Londres.

- Il faisait �a depuis le 19e �tage. - L� o� on travaille.

Tout ceci importe peu, pour l'instant.

Par contre, s'il compte passer la semaine

� distribuer ses biens mal acquis

� ses proches, � ses employ�s et � ses amis,

alors tout ceci n'est pas termin�.

Il s'agit d'un crime en cours.

On devrait donc le d�noncer ?

Si vous le faites pas, vous �tes complices.

LE LENDEMAIN

D'accord, qu'ils montent.

C'est qui ?

Le FBI est l�.

Je sais pourquoi vous venez.

Nous voudrions savoir

si vous avez une justification � nous fournir.

Je n'ai aucune justification � fournir.

Est-ce qu'on pourrait parler en priv� ?

Par ici.

Son syst�me de Ponzi est en place depuis les ann�es 70.

Il n'a pas tourn� autour du pot.

Il n'�tait ni stress�, ni effray�.

Il �tait tout � fait naturel.

Il affirme avoir agi seul.

Oui, monsieur.

Je vous l'am�ne.

Salut, c'est Ruth. Les gar�ons sont l� ?

Ils sont pas l�.

Il sera absent, aujourd'hui.

Retirez votre ceinture, vos lacets, votre cravate

et tous vos bijoux.

�a aussi ?

Carte de cr�dit, liquide

et le contenu de vos poches.

Tournez-vous.

Mains derri�re le dos.

L'une contre l'autre.

Range mes affaires

et appelle Ike Sorkin.

Que s'est-il pass� le 9 d�cembre 2008 au soir ?

Mon fr�re m'a dit que son entreprise de gestion

�tait une pyramide de Ponzi.

Comment avez-vous r�agi en apprenant cette nouvelle ?

J'�tais sous le choc.

Vous avez d�clar� au gouvernement que vous id�alisiez votre fr�re.

C'est bien �a.

Pourquoi l'id�alisiez-vous ?

Parce que c'�tait un g�nie.

Tout le monde ne parlait que de lui.

C'�tait un vrai pionnier.

Tous les gens du milieu, m�me les haut plac�s de la SEC,

pensaient que mon fr�re

�tait un trader honn�te dont la r�ussite avait �t� exemplaire.

J'en �tais moi-m�me convaincu.

Je le v�n�rais.

J'avais une confiance totale en lui.

Ici Sorkin.

Salut, c'est Bernie.

Je suis dans les bureaux du FBI, menott� au mur.

Bernie, ne dis pas un mot de plus.

On l'a arr�t� ce matin.

Est-ce qu'il va bien ?

C'est moi qui l'ai menott�.

Il a oppos� aucune r�sistance.

Pour tout vous dire,

il avait l'air soulag�.

Vous avez fait ce qu'il fallait.

Tournez-vous � droite.

Le FBI vient de l'arr�ter.

Ils vont le transf�rer � Pearl Street.

Oui, on y va, l�.

Vous vous serviez sur les transactions.

Il y avait aucune transaction.

- Comment �a ? - C'�tait du pipeau.

- Et les relev�s ? - Ils �taient faux.

Les dates d'achat �taient fausses, tout comme les actions

et les rendements.

� quand remonte votre derni�re transaction ?

Il y a 15 ans.

Qui d'autre �tait au courant ?

J'ai agi seul.

Quand a-t-il commenc� cette fraude de Ponzi ?

Il nous l'a pas dit.

Durant tout ce temps, il ne vous en a jamais parl� ?

Non, jamais.

Quel est votre poste ?

Je g�rais le bureau NASDAQ de la firme, dans les ann�es 90.

En 2001, j'�tais teneur de march�

et en 2003, je g�rais les n�gociations pour comptes...

�a r�pond pas � ma question. Quel est votre r�le exact ?

Je viens rarement au bureau.

Je suis en train de cr�er ma propre entreprise...

Quel est votre poste exact au sein de BLM ?

Responsable de la n�gociation pour comptes propres

et codirecteur du trading.

D'o� venait l'argent de ces pr�ts ?

Les pr�ts qui vous ont permis d'acheter

votre loft � Soho, vos maisons � Greenwich

et � Nantucket.

J'imagine qu'il venait de ses investissements.

Gr�ce � ses activit�s de conseiller financier ?

Qui se d�roulaient au 17e �tage ?

Vous n'avez jamais demand� ce qui se passait au 17e �tage ?

Bien s�r que si.

Vraiment ?

Mais...

Mais quoi ?

Il disait toujours :

"Chacun g�re ses affaires."

Et vous n'avez jamais eu envie

d'en savoir un peu plus ?

- Vous comprenez pas... - En effet, je ne comprends pas.

Vous avez travaill� dans le m�me bureau que votre p�re pendant 20 ans

sans jamais avoir le moindre soup�on.

Jamais.

Qui �taient les clients de votre p�re ?

Je ne les connais pas tous.

Je sais que Jeffry Picower �tait un gros client.

Il y avait Fred Wilpon et Saul Katz.

HSBC, la Royal Bank of Scotland,

des amis de la famille, Marty...

Mais il refusait de dire ce qu'il faisait pour eux.

On lui a aussi confi� notre argent.

Vous n'avez jamais eu aucun soup�on sur votre p�re ?

Jamais ?

Vous savez qui est mon p�re ?

On a tous compris qui est vraiment votre p�re.

Ce n'�tait pas seulement mon p�re.

Il �tait idol�tr�, putain.

C'est le p�re du march� moderne.

Il a cr�� le NASDAQ.

Il �tait pr�sident du NASDAQ,

de la National Securities Clearing Corporation,

de l'International Securities Clearing Corporation,

de la National Association of Securities Dealers,

c'�tait la Finra avant l'heure.

Pr�sident de la SIA...

- C'est bon, on a compris. - Non, justement.

Pr�sident du Comit� ind�pendant du code de conduite...

On a compris.

- Pr�sident... - �a suffit.

... du Comit� de la NASD.

C'est � moi de vous demander comment vous avez pu ne rien voir.

C'est vous, le FBI et la SEC. Vous aviez enqu�t� sur lui.

C'est � moi de vous poser la question !

Comment se fait-il que vous ne sachiez rien ?

C'est � vous de vous expliquer, pas � nous !

Vous dites que vous n'�tes jamais all� au 17e �tage.

Pourquoi ?

LE 17E �TAGE

Que s'est-il pass� le 11 d�cembre 2008 au matin ?

J'�tais dans mon bureau

et j'ai re�u un coup de fil.

C'�tait qui ?

Bernie Madoff.

Qu'est-ce qu'il vous a dit ?

"Frank, mon fr�re est dans les bureaux avec le FBI."

C'est quoi, ce bordel ?

� quel �ge avez-vous commenc� � travailler pour Madoff ?

� 19 ans.

Quels rapports entreteniez-vous ?

C'�tait mon patron.

Quel genre de t�ches vous faisiez pour lui ?

De tout :

des simples courses � la gestion du service de conseils en investissements.

Saviez-vous ce que le FBI faisait dans ses bureaux ?

Oui, je le savais.

Et qu'avez-vous pens� ?

Que j'allais finir en prison.

Pourquoi avez-vous pens� cela ?

Parce que je connaissais la nature de ses activit�s.

Et quelle �tait la nature de ses activit�s ?

C'�tait une escroquerie.

Tout simplement.

J'ai toujours cru que Bernie r�ussirait � s'en tirer.

Il avait plac� de l'argent partout et transf�rait sans cesse des sommes.

Je me voilais peut-�tre la face.

Je pensais vraiment que tout �tait sous contr�le.

C'est quoi, ce cirque ?

Bernie a �t� arr�t� pour fraude.

La SEC va obtenir un mandat pour fermer les bureaux.

Sans enqu�te ? D'o� ils tiennent leurs infos ?

De Bernie.

Monsieur, qui est cet homme ?

Il travaille ici.

O� ?

Au 17e �tage.

Il y a un 17e �tage ?

Annette,

Bernie a �t� arr�t� pour fraude.

La SEC et le FBI sont d�j� l�.

Quoi ?

On fait quoi, alors ?

On a besoin de votre pass.

Allez !

Allez, vite !

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Entrer le code

Ouvrez.

FBI ! Ne touchez plus � rien !

Ne touchez plus � rien !

Vidage de la poubelle

C'est un ordre !

�loignez-vous des ordinateurs !

FBI. Ne touchez pas � cet ordinateur.

�loignez-vous de cet ordinateur !

Le cabinet de conseil �tait une entreprise � part,

une entit� distincte.

Ces deux mondes ont toujours exist� ind�pendamment.

C'�tait une priorit�, pour moi.

Et votre fr�re ? Il risque gros.

Parce qu'il vous a fait confiance.

Il vous a ob�i.

Vous lui avez dit de faire des choses qui l'ont plac� sous la menace

de poursuites judiciaires.

Comment justifiez-vous ceci, Bernie ?

Comment arrivez-vous � vivre avec �a ?

J'arrive � vivre avec �a

parce que je sais que Peter n'�tait au courant de rien.

Il ne savait pas qu'en m'ob�issant, il participait � un acte...

criminel.

Bernie harcelait sans cesse les gens.

Il trouvait votre point faible et s'acharnait dessus.

Il se comportait parfois comme un vrai salaud.

Mais il aurait pas fait �a.

Il aurait jamais vol� de l'argent.

Au d�but,

je me suis dit : "Ils ont d� kidnapper un de ses petits-enfants

"et exiger une ran�on de 10 millions."

De quoi vous parlez ?

Des 10 millions que Ruth

a retir�s du compte de Cohmad

pour les placer sur son compte � la Wachovia.

Enfin bref, j'en sais rien. J'adore les s�ries polici�res,

mais je m'endors toujours devant.

Donc, le 10 d�cembre,

Ruth Madoff a retir� 10 millions du compte de Cohmad

pour les d�poser sur un compte personnel ?

Oui, mais �a n'a rien d'inhabituel.

C'est comme si vous aviez un distributeur dans votre salon.

Mais vu la situation, on peut se poser des questions.

T'as oubli� ta balle !

On va aller dans le Connecticut !

Il va peut-�tre neiger.

Il y a rien sur son arrestation.

C'est ma m�re.

Ne d�croche pas.

Suis le conseil de Flumenbaum : aucun contact.

C'est pas le moment de merder.

Salut, maman.

Salut, Mark.

Ch�ri, je suis avec ton p�re.

Il a besoin de quatre signatures pour �tre lib�r� sous caution.

La caution est de 10 millions.

Quoi ?

Je sais, c'est incroyable.

Tu peux nous rejoindre ? Je t'envoie l'adresse.

Maman...

tu r�alises ce qu'il a fait ?

Mark, je sais que tu lui en veux, mais �a reste ton p�re.

Je signerai pas. Fin de la discussion.

Mark...

Je vais demander � Andy.

Quel malentendu ?

Vos fils ne veulent pas signer.

Ils ne veulent pas signer ?

Je suis d�sol�e, M. Madoff.

Ils ne veulent pas signer la caution ?

Je suis vraiment d�sol�e.

C'est vous qui leur avez parl� ?

Votre femme les a appel�s.

Leur m�re leur a demand�...

Je ne leur demande pas de payer. Ils l'ont compris, �a ?

Marc, c'est Daniel Horwitz.

On n'a pas les 4 signatures,

mais je peux t'avoir celles de Ruth et de Peter Madoff.

D'accord, attends.

Acceptes-tu d'�tre plac� en r�sidence surveill�e

avec bracelet �lectronique ?

Tes trois maisons seront mises en garantie.

Ton passeport et celui de Ruth seront confisqu�s.

Tu acceptes ces conditions ?

Il est d'accord.

Parfait.

Un article vient d'�tre publi� sur Internet.

La presse sera l� dans 20 minutes.

C'est parti.

Une nouvelle inqui�tante de Wall Street.

L'ex-pr�sident du NASDAQ, Bernard Madoff,

Un grand courtier accus� d'avoir d�tourn� 50 milliards de dollars

a �t� lib�r� sous caution.

Cet homme, respect� de tous,

PAS D'EMBELLIE, PAS DE CADEAU. ARNAQUE � WALL STREET

aurait plum� beaucoup de personnes.

Ils avaient confi� leur argent

NOUVEAUX D�VELOPPEMENTS

� l'homme qui dirigeait le NASDAQ.

Celui-ci vient de reconna�tre leur avoir vol� des milliards de dollars.

Beaucoup d'investisseurs se demandent

comment Bernie a pu les berner.

Qu'est-ce qui va se passer, Bernie ?

- Je sais pas. - Tu vas aller en prison ?

Sans doute.

Combien de temps ?

- Je sais pas. - Pour un long ou un court s�jour ?

Je sais pas.

- Alors ? - Je sais pas.

Ils vont prendre cet appartement ?

Je sais pas.

Et nos maisons ? Nos gar�ons ? Nos petits-enfants ?

- Je veux juste savoir... - Arr�te.

D�sol�e si j'ai plein de questions � te poser.

D�sol�e si j'ai un peu peur.

Tu ne me dis jamais rien.

Pour te prot�ger.

�a n'a plus aucun sens, maintenant.

Je veux juste savoir ce qui se passe.

Piti�, arr�te de me cacher des choses. Dis-moi.

Dis-moi !

Te dire quoi, Ruth ?

Je ne sais pas...

Ce que t'as fait...

Quand j'ai rencontr� Ruth, elle avait 13 ans et j'en avais 16.

Un ami organisait une f�te.

Il avait cass� le juke-box en le d�pla�ant.

La seule chanson qui marchait �tait Sh-Boom.

Elle passait en boucle.

J'ai vu cette petite blonde aux grands yeux bleus.

Elle �tait superbe.

Et tr�s marrante.

- Vous voyez qui est Goldie Hawn ? - Oui, bien s�r.

Ruth �tait pareille.

Toujours insouciante, d�s le r�veil.

Plein de vie.

Toujours p�tillante.

Elle �tait tr�s populaire.

Vous �tiez populaire, aussi ?

Oui, j'�tais ma�tre-nageur, � l'�poque.

Un boulot de r�ve.

Pourquoi bronzer comme un couillon

quand on peut �tre admir� et pay� ?

Ruth n'�tait pas jalouse ?

Elle venait tous les jours se poser pr�s de la cabane o� j'�tais.

Parfois, je m'amusais � la regarder et � l'appeler en sifflant.

J'�tais content de l'avoir pr�s de moi.

On a jamais �t� s�par�s depuis notre rencontre.

C'est bient�t notre 51e anniversaire.

�tait-ce dur de mener cette double vie ?

Pendant 16 ans, je n'ai rien dit

� ma femme, � mon fr�re

et � mes enfants.

Je ne sais pas comment j'ai r�ussi � faire �a

sans perdre la t�te.

C'est plut�t inqui�tant, d'ailleurs.

MONTAUK BEACH �T� 2008

- Ils sont frais ? - Oui, monsieur.

Vraiment frais ?

- P�ch�s ce matin. - C'est pas du surgel� ?

Non, monsieur. Ils sont frais.

V�rifiez bien les assiettes.

Je veux pas que mes invit�s mangent dans des assiettes sales.

Je veux pas qu'ils prennent leur serviette

et qu'ils voient ce genre de salet�.

Pas d'assiettes sales. V�rifiez-les toutes.

Quel �tait votre poste au sein

de BLM Investment Securities ?

Responsable de la conformit�.

J'avais aucun int�r�t financier dans la firme.

Bernie m'a clairement dit

que je ne serais jamais associ�.

Eleanor.

Qui est le plus beau ?

- Lui ou moi ? - Tu lui as d�j� pos� la question.

- Tu veux le savoir ? - Sois honn�te.

Il est plus s�duisant que toi.

T'aimes les chauves enrob�s ?

Je t'emmerde !

Tu sais, Bernie,

quand j'ai rencontr� Peter, je me suis dit :

"On dirait Lee Majors !"

- Beau gosse ! - Merci.

C'�tait il y a 25 ans. M�me toi tu �tais s�duisante, Eleanor.

Arr�te, Bernie.

Je sais que je te fais craquer.

Tu as raison.

Viens l�.

Tu sais que je t'aime.

Je vais faire le tour.

Ne te laisse pas faire, mon grand.

J'ai l'habitude.

Tu regardes quoi ?

Si t'as une crise cardiaque, je te ferai pas de bouche-�-bouche.

Sache-le.

Faut pas passer apr�s toi.

Le total des comptes de Madoff Securities atteignait 50 millions,

c'est bien �a ?

C'est �a.

Vous ne trouviez pas cela �trange

qu'une personne n'ayant pas fait d'�tudes

g�re une telle somme ?

Non, j'ai eu beaucoup de chance.

C'�tait comme gagner le gros lot ?

C'�tait un peu �a, oui.

Vous ne vous �tes pas dit

qu'ils vous avaient confi� ce gros compte rempli d'argent

parce qu'il �tait peut-�tre frauduleux ?

Non, le mot "frauduleux" ne m'est jamais venu � l'esprit.

D'apr�s mon exp�rience,

il y a que 4 types de chattes.

Je rigole pas.

Je vais vous montrer...

Voil�, l�-bas. La chatte Honda Civic.

Elle est en parfait �tat de marche.

Elle est fiable, rien � dire.

Sauf que c'est pas tr�s glorieux de rouler dedans.

Mais j'ai rien contre elle.

Il se passe quoi ?

Frankie fait son petit num�ro.

Vous voyez celle-ci ?

C'est la chatte Buick Regal. Un cran au-dessus de la Honda.

Elle est plus propre, plus spacieuse. On rentre � plusieurs dedans.

Il y a du pour

et du contre.

C'est une belle chatte. Mais c'est pas une Mercedes.

J'ai pas raison ?

Merci.

Les apparences sont trompeuses. Andrew ne vient pas d'une famille ais�e.

Il est pas ais�.

Non, je...

Il a l'air riche, mais c'est pas le cas.

On est partis de rien. Mon p�re �tait fauch�.

On est des gens humbles.

D'accord ?

Je vais calmer ses ardeurs avec un tuyau d'arrosage.

Ensuite,

ma pr�f�r�e... Je l'ai vue passer.

L�-bas.

Regardez-la discr�tement.

La chatte Lincoln Continental.

Magnifique ! Comme il faut !

Elle est entre le chic et le banal.

On est bien, dedans.

C'est comme des bonnes pantoufles,

sauf qu'on y met la bite dedans.

Tu as une fille, c'est �a ?

Oui, Sophie.

J'ai h�te de vous la pr�senter.

Qui est le p�re, d�j� ?

John, mon ancien partenaire chez Urban Angler.

Vous n'�tiez pas mari�s ?

Si j'avais accouch� hors mariage, mon p�re m'aurait descendue.

Je rigole pas, il m'aurait tu�e.

Laisse-moi finir. Tu poseras tes questions � la fin.

Celle-l�.

Sortez vos mouchoirs. C'est la chatte Mercedes.

Regardez-moi �a.

C'est beau ! Le top de la technologie vaginale.

Elle est maniable, luisante, fine,

elle est belle, elle sent bon...

Mais il faut l'entretenir tous les jours.

Les frais sont co�teux,

il faut la cirer, la polir,

il faut lui parler, l'�couter...

Et en plus, il faut la surveiller

pour que personne ne vous la pique.

T'inqui�te pas, t'auras jamais une caisse comme �a.

T'as pas de souci � te faire.

Peut-on dire que vous vous �tes enrichi gr�ce � tous ces mensonges ?

J'�tais pas pay� au mensonge, madame.

La fraude organis�e au sein de Madoff Securities vous a rapport� gros.

Oui, en effet.

Vous avez construit une "luxueuse maison"

dans le New Jersey, c'est �a ?

Je dirais pas luxueuse.

Il y avait combien de chambres ?

- Cinq. - De salles de bain ?

Sept.

- Combien d'hectares ? - Trois.

- Il y avait une piscine ? - Oui.

- Un court de tennis ? - Non.

- Un bassin ? - Il y en avait un.

Peut-on qualifier une maison avec 3 hectares, 7 salles de bains,

5 chambres, une piscine et un bassin

de luxueuse ?

Je dirais que oui.

Approche.

Au fait,

Stephanie et moi sommes all�s voir la maison � Nantucket...

Tu devrais essayer le homard.

Fais-moi confiance. Go�te-le.

Papa, j'ai l'estomac fragile...

Apportez un homard � mon fils.

- Un homard. - Vous voulez un homard ?

Ne lui posez pas la question. Contentez-vous de lui en ramener un.

Elle est � combien, cette maison ?

6 500 000.

- Mais c'est n�gociable. - C'est le prix ?

Elle est particuli�re.

Il y a une piscine qui donne sur l'oc�an.

C'est magnifique.

Je pense qu'on peut faire baisser le prix.

Attendez.

C'est comme �a que vous servez le homard ?

Excusez-moi, monsieur.

Reprenez-le, �tez les pinces et ouvrez-le.

Au prix que je vous paye, vous pouvez bien faire �a.

- D�sol�. - Faites �a bien.

Je r�ve.

Tu veux venir la voir ?

Oui, et on n�gociera le prix.

On peut proposer 5 millions.

On peut y aller en bateau.

On arriverait au port...

Ne mange pas �a. Go�te le homard.

- J'aime pas le homard. - Fallait pas commander �a.

�a va me d�truire l'estomac.

Retirez-lui son assiette.

Oui, monsieur.

Il mangera le homard.

D�sol�, monsieur.

Il sait rien faire � part dire pardon.

Mais s'il t'arrive malheur ?

On y conna�t rien, en conseils financiers.

- Frank prendrait la rel�ve. - T'es s�rieux ?

D�sol�, mais Frank est...

Frank est quoi ?

Frank est un abruti.

Il n'a pas fait d'�tudes.

Il compara�t les vagins � des voitures,

tout � l'heure.

Je m'en fous que vous n'ayez pas d'atomes crochus.

Il est bon dans ce qu'il fait et s'il m'arrive malheur,

il vous dira tout ce que vous devez savoir.

Et s'il d�cide de te baiser la gueule ?

On sait m�me pas combien vaut la bo�te. Un, deux ou trois milliards ?

S'il d�cide de garder un milliard ?

Du calme.

J'ai tout not� et d�pos� dans un coffre.

S'il m'arrive malheur,

nos avocats vous contacteront et vous expliqueront tout.

Tout ?

- Oui, tout. - Tout...

Bonne chance. Cette discussion m�ne nulle part.

Qu'est-ce qui ne te pla�t pas dans ma r�ponse ?

� chaque fois qu'on aborde ce sujet,

tu t'arranges pour pas donner de r�ponse.

�vitez ce sujet, alors.

- On pense � l'avenir. - Suffit d'�viter ce sujet.

J'essaye de comprendre comment...

Il y a rien � comprendre, Mark.

Absolument rien � comprendre.

J'aime pas parler de ce sujet.

�coute-moi.

Je veux comprendre...

Putain, mais t'es con ? R�ponds !

Je veux comprendre !

Il y a rien � comprendre !

Tu veux devenir conseiller financier ?

Commence par suivre ma consigne : ferme-la !

Tu peux pas comprendre.

Tu peux pas comprendre.

Oublie �a.

D�sol�.

Bonne nuit.

- Je t'aime, papa. - Je t'aime aussi.

On me demande souvent pourquoi j'ai pas fui.

En r�alit�, j'y ai jamais pens�.

� mes yeux, ce que je faisais n'�tait pas du vol.

On parle d'une pyramide de Ponzi � 65 milliards.

Certains ont perdu leurs �conomies, leur maison.

Des vies ont �t� d�truites.

Mais pour vous, c'�tait pas du vol ?

Les gens vous ont fait confiance.

Mais �a ne vous a pas emp�ch� de tous les trahir.

Ces gens �taient plut�t avides.

Ils �taient un peu...

Et ils se voilaient la face.

Ils voulaient pas se poser trop de questions.

Quelque part, ils �taient complices.

Parce qu'ils vous faisaient confiance ?

Vous vous faisiez passer pour un homme digne de confiance.

Ils n'ont pas �t� honn�tes.

Ils refusaient d'assumer leur part de responsabilit�.

Vos investisseurs ?

Vous avez un sacr� culot de dire �a.

Vous savez...

En y r�fl�chissant...

Ma plus grande erreur, ma plus grande faiblesse,

est d'avoir toujours voulu faire plaisir aux autres.

C'est le genre de d�faut

qui peut vous causer des ennuis.

J'en ai marre d'attendre ! Je veux monter !

15 D�CEMBRE 2008

L'acc�s aux �tages est interdit.

Je veux parler � un responsable.

- Je suis le responsable. Reculez ! - Qui prot�gez-vous ?

Je veux r�cup�rer mes �conomies !

- Vous comprenez ? - Reculez, monsieur !

Bureau de Madoff.

Je suis � l'accueil ! Je veux monter !

Je n'ai pas le droit de vous laisser monter, monsieur.

O� est mon fric, putain ?

Vous devez contacter la branche des investissements.

Va te faire foutre, sale voleuse !

Mon Dieu...

Pour Bernie, il n'y a pas de "situation particuli�re".

Le 11-Septembre,

quand les avions se sont �cras�s sur les tours,

tous les employ�s du bureau

�taient devant la t�l�.

Certains pleuraient, d'autres hurlaient...

Mais pas Bernie.

Il n'a pas lev� le nez et a continu� � travailler.

Pourtant, Dieu sait qu'il connaissait des gens

dans ces tours.

Comme dans toute situation traumatisante,

les victimes se souvenaient o� elles �taient

et ce qu'elles faisaient quand elles ont su qu'elles �taient ruin�es.

Une feuille sortit du t�l�copieur de Mary Thomajan.

Le fax venait d'un petit fonds nourricier

qui g�rait son argent depuis 18 ans.

Il l'informait que son argent avait �t� investi chez Madoff

et que ce dernier avait �t� arr�t�.

Elle d�clara plus tard : "Apr�s les 50 secondes pass�es � lire ce fax,

"je n'�tais plus milliardaire.

"J'avais perdu toutes mes �conomies

"et ma vie n'allait plus jamais �tre la m�me."

Le fils de Robert Halio appela son p�re � la maison de retraite

pour lui annoncer la nouvelle.

Il y a plus rien.

Je ne sais pas quoi faire.

95 % de sa fortune avait �t� confi�e � Madoff.

Il ne restait plus rien.

Monsieur de La Villehuchet

�crit une lettre � son fr�re :

"Quand tu ruines tes amis,

"tes clients,

"tu dois assumer les cons�quences."

Puis il approcha la poubelle pour ne pas tacher le tapis

et s'ouvrit les veines avec un cutter.

Tim Murray, gestionnaire de biens immobiliers,

a fr�l� la mort dans sa voiture...

Va falloir rembourser, Bernie !

Si possible...

Sans piquer les �conomies d'un autre.

MORT AU PARASITE

La plus grosse arnaque en pyramide... Depuis les pyramides �gyptiennes !

Ruth adore manger au resto italien.

Son plat pr�f�r� serait la scalo-Ponzi de veau.

J'ai un truc important � te dire. J'ai ton fric, je peux te rembourser !

Dommage, tu dois pas �tre l�.

Ils voient tout.

- Ils voient tout. - Quoi ?

On a pas de rideaux.

Ils voient tout.

Je te rappelle.

�a va aller.

On est bloqu�s ici et ils nous observent.

Ils vont finir par s'ennuyer, � force de tra�ner ici.

Je les int�resse pas.

Il nous faut vite des rideaux.

LA VEILLE DE NO�L 2008

Merde.

Bonjour. Comment �a va ?

Tr�s bien.

Et vous ?

J'ai connu mieux.

J'imagine.

- Maman. - Quoi ?

- C'est elle, Ruth Madoff ? - Tais-toi.

Ce n'est pas grave.

Si, justement. C'est tr�s grave.

- Salut, Sarah. - Salut !

Giselle est l� ? Elle peut me prendre, aujourd'hui ?

Je n'ai pas fait de teinture depuis des si�cles.

- Je crois... - Je vais aller la voir.

�a fait 15 ans que je viens ici, Pierre.

Je sais.

Votre mari a fait perdre beaucoup d'argent � mes clients.

Tu es le seul en qui j'ai confiance.

Je suis d�sol�.

J'ai une r�putation � pr�server.

Et une coiffure � domicile ? Je paierai ce qu'il faut.

Je suis d�sol�.

Je vais devoir vous demander de partir.

Je suis d�sol�.

- Merde. - Ruth, qu'est-ce que tu fais ?

Rien !

Qu'est-ce que tu fais ? Tu cherches un truc ?

Mon briquet.

On a des allumettes.

Il y en a toujours dans le tiroir.

Il n'y en a plus.

Tu l'avais pos� o� ?

Si je savais o� je l'ai pos�, je le chercherais pas.

Je suis trop conne.

Comment j'ai pu passer ma vie � ne rien faire ?

Qu'est-ce que tu racontes ?

J'ai jamais rien fait.

Strictement rien.

Pas de carri�re, pas de r�putation, pas d'amis...

Je n'ai que des regrets.

C'est tout ce que j'ai r�ussi � avoir.

Des regrets et encore des regrets.

Tu veux vraiment parler de �a ? J'ai plein de trucs en t�te.

Je vais partir et je reviendrai peut-�tre pas.

Pourquoi tu dis �a ?

C'est pas s�r, mais...

Ike a dit que...

Oublie ce que j'ai dit.

Tu peux pas me faire �a.

Je suis pas pr�te. Je veux pas me retrouver seule.

Tu es tout ce que j'ai.

Les gar�ons... Les gens ne me parlent plus.

Je vais devenir folle.

Je vais devenir folle si je reste seule.

Je vais vraiment devenir folle.

Bonjour, laissez un message apr�s le bip.

Bernie ! Bernie, t'es l� ?

Allez, Bernie. D�croche.

Je sais que tu planques ces 50 milliards, encul�.

J'esp�re que tu te feras p�ter le cul tous les soirs, en taule.

Adieu, sale fils de pute.

Tu fais quoi ?

Je peux pas vivre comme �a,

en me tra�nassant comme une mis�rable.

� quoi bon ?

Je pensais � un truc, tout � l'heure...

Ce n'est pas moi qu'ils veulent.

Les Am�ricains veulent juste un bouc �missaire.

�a les aide � mieux accepter le syst�me.

J'en ai rien � faire, Bernie.

Tout s'arrangera quand je serai en prison.

Tu fais quoi avec les bijoux ?

Le tribunal ne les a pas saisis.

Je vais les emballer,

les donner � la famille

avant de me suicider.

Pourquoi te suicider ?

J'en peux plus d'�tre ha�e.

Je n'arrive pas � comprendre.

J'ai rien � voir avec tes histoires.

Les gens me d�testent.

Ils me consid�rent comme un g�nie du mal.

C'est un compliment.

Ils affirment des choses horribles sur moi.

Ils disent que j'�tais ta comptable.

T'�tais pas ma comptable.

Je l'ai �t�, la premi�re ann�e.

En 1960, il n'y avait que nous deux.

Tu t'�tais improvis�e comptable.

Mais je t'ai quand m�me aid�. � plusieurs reprises.

Puis on a embauch� un vrai comptable.

Dans ce cas, pourquoi ils veulent m'impliquer dans cette affaire ?

Parce qu'ils veulent d�signer un coupable.

Tout le monde sait que t'es pas un cerveau, dans cette histoire.

Merci, j'ai encore plus envie de me suicider, maintenant.

Mais je...

Tu veux vraiment te suicider ?

Avec quoi ?

J'y ai pas encore r�fl�chi.

Avec des somnif�res, peut-�tre.

On a beaucoup de somnif�res ?

Assez pour ouvrir une pharmacie.

Et ceux-l� ?

"Klonopin".

C'est pareil. Mets-les l�-dedans.

Have Yourself A Merry Little Christmas, une superbe chanson de Judy Garland.

On pourrait pas mourir en silence ?

Je peux pas m'endormir sans t�l�.

Tu viens d'avaler tout un flacon de somnif�res.

Crois-moi, tu arriveras � t'endormir.

Je r�fl�chis trop.

D'accord.

Passons notre dernier jour sur Terre avec Judy Garland.

Comme c'est romantique.

Arr�te, Ruth.

On a eu une belle vie, non ?

Jusqu'au jour o� tu l'as g�ch�e.

Papy !

Papy !

Il y a quelqu'un ?

Papy !

Mark ! Andy !

Ravi de vous voir.

J'ai tant de choses � vous dire.

Tant de choses � vous dire...

Je ne voulais pas que...

que l'un de vous deux...

Enfin, je ne voulais pas que l'un de vous...

Mais parfois, on ne contr�le pas...

Il y a beaucoup de choses que... je voulais pas vous dire.

Merci d'�tre venus.

Bonjour, c'est un jour qui restera dans les livres d'histoire.

Le lundi noir.

Le 19 octobre 1987,

quand le march� d'actions s'est effondr�,

LUNDI NOIR

enregistrant une baisse plus importante que celle du jeudi noir, en 1929.

On se fait baiser.

Les plus petits se font baiser.

Je peux compter sur toi ?

Bien s�r.

Je peux compter sur toi ?

�a a �t� dur, aujourd'hui.

On a perdu un milliard et des poussi�res.

Avec une strat�gie de conversion split-strike,

on r�duit les pertes.

Comme une assurance.

Un bordel comme celui-ci nous aurait rapport� gros si on avait...

Pas de "si".

Pas de "si".

Et on en parle � personne.

On en parle � personne.

En gros, on choisit les vainqueurs de la course d'hier.

Et si quelqu'un v�rifie nos transactions,

il verra que tout le monde est gagnant.

Tr�s bien.

Veille � ce que les transactions passent par nos bureaux � Londres.

Personne, pas m�me mon fr�re ou mes fils, ne doit �tre impliqu�.

C'est compris ?

Oui, bien s�r.

Personne.

Les derniers mots d'Erwin �taient :

"Bernie va s'occuper de tout."

Il n'est plus l�.

Je ne sais pas quoi faire.

Ne vous inqui�tez pas.

Videz les comptes d'Erwin,

ses �conomies, son assurance-vie et placez la totalit� sur ce compte.

Dieu vous b�nisse, Bernie.

Papy, tu vas mourir en prison ?

Ruth.

Il me faut plus de somnif�res.

Tu n'as pas honte ?

Qui est l� ?

Tu n'as pas honte ?

Pas de remords ?

Tu n'as pas de conscience ?

Tu as vol� des veuves !

Des associations caritatives !

Tu as vol� Elie Wiesel, le survivant de l'Holocauste !

Tu t'en es pris aux tiens !

Tu as vol� les tiens !

Tu n'as pas honte ?

Bon, on est toujours vivants.

M. Markopolos, � vous la parole.

Merci, monsieur le pr�sident.

Mon �quipe et moi avons tout fait

pour que la SEC enqu�te

et mette un terme � cette arnaque.

Enqu�teur Ind�pendant des Fraudes Financi�res et Analyste

Nous l'avons alert�e � plusieurs reprises

et ce, depuis mai 2000.

Ruth !

Quoi ?

Tu veux �couter le t�moignage de Harry ?

De qui ?

Le type qui a un nom impronon�able.

Il t�moigne contre qui ?

Contre moi.

Une fraude � 50 milliards devrait �tre la priorit� num�ro 1 de la SEC.

Comment avez-vous su

que Madoff �tait un escroc ?

En 5 min, j'ai compris que c'�tait une escroquerie.

Voil� � quoi ressemblait la courbe des performances :

une ligne droite ascendante.

Dans un march�, les rendements sont variables.

Qui est ce type ?

Il avait alert� la SEC � mon sujet.

Et ?

Ils ne l'ont pas �cout�.

- Mais c'est quoi, son but ? - Son but ?

Pourquoi il fait �a ?

En gros, il a fourni des preuves � la SEC qui n'en a pas tenu compte.

Donc cette agence gouvernementale est incomp�tente.

C'est pas un scoop.

�a fait des ann�es que je le dis. Et je sais de quoi je parle.

�T� 2005

Cet encul� entre et sort de mon bureau avec cette veste ?

Il est con ou quoi ?

Il a pos� des questions au sujet d'un compte ouvert � la DTC.

M�me les types de la SEC se pointent pas ici habill�s comme �a.

Il se prend pour qui ?

Si on lui donne pas le num�ro de compte, il va trouver �a louche.

Regarde comme il se pavane dans son d�guisement.

- Je sais... - Quelle arrogance.

Je sais, c'est chiant. Mais �coute-moi.

Si on lui donne le num�ro,

il appellera la DTC et on sera foutus.

C'est un contr�le de routine. Le dernier date de 10 ans.

- Vous �tes pass�s r�cemment. - Pas nous.

- Si, les inspecteurs de Washington. - C'est un autre service.

Parlez-nous de cet article.

Il m'avait profond�ment d�plu.

J'ai l'air gros.

Pardon ?

Regardez ma t�te et mes joues. J'ai l'air d'une baleine.

Et concernant les all�gations ?

Quoi ?

J'ai d�j� envoy� toutes les infos � Lori Richards.

On communique peu entre les diff�rents services.

- Vous communiquez pas avec Washington ? - Non...

C'est �a, le probl�me de la SEC.

Il faut communiquer entre services.

On peut pas bosser si on a pas toutes les infos.

On essaye de collecter toutes les infos.

Alors commencez par parler � vos coll�gues.

Tout le monde ici nous regarde.

L'inscription sur votre veste fait paniquer tout le monde.

Vous venez me montrer un dessin qui date de 4 ans

et vous m'interrogez sur ce vieil article.

Vous avez m�me pas parl� � vos coll�gues.

On attend vos avocats ?

J'appelle pas mes avocats quand je parle aux r�gulateurs

car j'ai rien � me reprocher

et parce que je connais les r�gles, vu que je les ai �crites.

On se conna�t pas, mais je connais beaucoup de monde.

Et j'ai failli devenir directeur de la SEC.

Oui, on le sait.

En cas de besoin, je suis dans mon bureau.

N'h�sitez surtout pas.

Je suis l�.

Vos titres sont bien conserv�s sur un compte � la DTC ?

Bien s�r.

Il nous faut le num�ro

pour v�rifier le compte.

Bernie, tu vas finir par me tuer.

646.

646 ? Merci.

Pourriez-vous retirer votre veste avant de sortir ?

Bien s�r.

Il suffisait que la SEC passe un coup de fil

pour d�couvrir qu'il n'y avait rien sur ce compte.

Mais ils n'ont jamais appel�.

Vous avez accept� de prendre ce risque ?

C'�tait plus qu'un risque.

C'�tait un acte de foi.

Vous avez attendu patiemment,

sachant qu'ils risquaient de tout d�couvrir ?

- �a devait �tre insupportable. - C'�tait...

C'�tait atrocement difficile.

Puis vous avez compris...

J'ai compris qu'ils avaient pas appel�.

Ils ne sont pas all�s plus loin.

Vous ne comptiez pas vous suicider ou prendre la fuite.

Quelle porte de sortie aviez-vous pr�vue ?

Ce que je vais dire va vous para�tre horrible,

mais je voulais juste que ce monde disparaisse.

Apr�s le 11-Septembre, je pensais qu'il n'y aurait pas d'alternative.

Le monde allait dispara�tre et j'allais mourir.

Mais j'aurais pu continuer longtemps.

M�me apr�s la crise de 2008, d'autres clients m'avaient contact�.

J'aurais vraiment pu...

Mais j'en avais marre.

En novembre, j'avais d�j� pris la d�cision de tout arr�ter.

Un v�ritable chaos financier.

Une crise...

Alerte � Wall Street.

La fin officielle de Bear Stearns...

Une crise bancaire g�ante...

Sans pr�c�dent...

Wall Street, au bord du gouffre.

Mis�re et ch�mage...

L'�conomie fait face � de nouveaux d�fis.

Des cons�quences d�sastreuses pour les actions.

Une chute vertigineuse.

PALM BEACH FLORIDE OCTOBRE 2008

D�sol� de te d�ranger. J'ai re�u un autre appel.

Je t'�coute.

La Bank Medici

veut r�cup�rer 450 millions. Stanley Chais a fait des retraits

toute l'ann�e, sans parler de Fairfield.

Je les ai chouchout�s pendant des ann�es et maintenant, ils se font la malle.

On ne peut plus suivre la cadence. On doit trouver un moyen

de garder du fric.

Il faut diminuer les rendements.

Non, �a les ferait paniquer. Tout le monde essayerait de se barrer.

Il faut trouver une solution.

On fait du surplace comme des parapl�giques.

Attends, je vais d�gager ce con.

On dit que Bernie adore les obligations z�ro-coupon des Juifs.

- Tr�s dr�le. Je suis au t�l�phone. - C'est moins risqu�.

Je te le pr�senterai plus tard.

Il va t'adorer.

Essaye d'asticoter Fairfield. Je vais r�fl�chir � une solution.

Fairfield ?

D'accord.

Pas en maillot de bain !

Moi non plus.

H�, petit !

C'est toi qui as r�cup�r� les penny stocks

dans ton petit bureau minable ?

Oui, c'est bien moi.

Tu te rends compte ? Je le connais depuis 50 ans.

Carl, il faut qu'on parle.

Pas maintenant.

Il y a des occasions � saisir sur le march�

et je tiens � t'en faire part.

- Pas maintenant, Bernie. - Je sais...

Je t'en parle car c'est une occasion en or.

Tu vas m'en vouloir si tu la laisses filer.

- Tu veux que je mette combien ? - 250 millions.

En plus des 300 millions que j'ai d�j� investis avec toi ?

Le march� est chamboul�, non ?

Il est en chute libre, mais...

Je suis tellement � d�couvert

qu'on va m'arr�ter pour exhibitionnisme.

J'en parle pas � tout le monde.

D'accord. �a suffit.

- Je te consid�re comme un fr�re. - �coute.

- Je vais y r�fl�chir. - OK, mais pas trop longtemps.

Je ne rigole pas. N'attends pas trop longtemps.

Je t'ai dit que j'allais y r�fl�chir.

Aucun souci.

Merci beaucoup.

Putain de riches. C'est des parasites.

T'es de bonne humeur.

Je dois r�pondre.

J'ai eu ce connard de chez Kingate au t�l�phone.

Il veut retirer 260 millions.

Ces cons ne savent pas comment marche un split-strike ?

Attends, Fairfield me rappelle.

Attends.

Rick Jarvis, on s'est rencontr�s au club.

Tant que je vous ai sous la main,

je viens de sortir d'un capital non cot�.

Je cherche � faire fructifier mon argent ce trimestre.

Malheureusement, je peux rien faire.

- J'ai pas dit la somme. - Peu importe.

100 millions de dollars.

D�sol�, mais il est trop tard pour souscrire � ce fonds.

M�me dans ce march� ?

Mes clients me font confiance. Je sais �viter les pi�ges.

Je veux investir ce trimestre. Quelles que soient les restrictions.

Je laisserai cet argent chez vous pendant longtemps.

C'est pas une question d'argent. Je veux pas sacrifier quelqu'un,

un client fid�le, pour vous faire entrer.

Sauf si �a vaut vraiment le coup.

Je viens de vous proposer 100 millions de dollars.

Ce n'est pas suffisant.

Il vous faut combien ?

Je dois agir selon mon �thique. Pas de favoritisme.

Disons 150 millions.

Je suis d�sol�...

- 175. - Il y a pas de place.

200.

Si �a ne tenait qu'� moi...

225 ?

250.

275.

300 millions de dollars.

Jusqu'o� je dois aller ?

Si vous allez au-del� de 400, on peut discuter.

400 millions.

C'est faisable.

March� conclu.

Je dois r�pondre.

J'ai parl� � un type. S'il paye, on aura r�gl� une partie du probl�me.

On est vraiment dans la merde. J'ai Fairfield-Greenwich au t�l�phone.

T'es dispo ?

Vas-y.

Bernie, je te d�range ?

Si tu savais comme j'ai mal au dos. Qu'est-ce qui se passe ?

Rien qu'une minute.

Je veux te pr�senter un ami.

�coute,

ton fonds est le seul � avoir surv�cu.

C'est normal que tes clients retirent des liquidit�s.

C'est la mal�diction du vainqueur.

Je dois prendre �a comme un compliment ?

T'as retir� un milliard et demi.

Je te conseille d'arr�ter si tu veux pas perdre ta place.

- C'est une menace ? - Prends-le comme tu veux.

Regarde comme t'es classe,

perdu au milieu de tout ce monde.

Salut, Jeffry.

Allons, Bernie. D�tends-toi.

Je n'ai pas retir� beaucoup d'argent.

Mais c'est un sujet que j'aimerais aborder avec toi.

Il y a de v�ritables aubaines actuellement, sur le march�.

Si �a t'int�resse...

T'en dis quoi ?

Mme Madoff !

M. Picower.

Votre mari est tout p�le.

Vous devriez vous occuper de lui.

Tout va bien ?

Qu'est-ce qui tourne pas rond chez ce putain de d�traqu� ?

Au fait, ma s�ur est inqui�te

et aimerait investir ses �conomies chez toi.

Oui, bien s�r.

NEW YORK NOVEMBRE 2008

Walter, je suis pas le fonds du march� mon�taire !

Si tu continues � retirer ton argent,

je te d�gage !

Je fermerai le compte Fairfield !

Tu m'entends ?

Putain de...

- Tout va bien ? - Oui.

T'as fait rouler ta valise dans le couloir ?

Pourquoi ?

Tu l'as fait rouler dans le couloir ?

En tout cas, je suis pas pass�e par la fen�tre.

Ta valise � roulettes a laiss� une marque sur le mur.

Dans ce cas, pends-moi et livre-moi aux chiens.

D�sol�e d'avoir tach� le mur.

Emily me parlait de Wall Street.

Oui, comment va Wall Street ?

- Elle pr�pare sa ma�trise de gestion. - Papa.

- La future pr�sident de Madoff. - Oui, m�fiez-vous.

Alors, comment va Wall Street ?

Wall Street va bien.

Papa dit qu'il y a un probl�me.

Il se trompe. Tout va bien.

C'est quoi, le probl�me ?

Tu m'as pas �cout� ?

Dis-moi, c'est quoi le probl�me ?

Je t'ai r�pondu.

Tout va bien. Mange.

Alors pourquoi ils parlent de crise ?

� toi de me le dire.

- Je sais pas. - Tu lis le Barron's ?

Le Wall Street Journal ? Vas-y, explique-moi.

C'�tait juste une question.

Tu es ma petite-fille et tu as 8 ans.

T'as pas � demander �a.

J'ai pas envie de parler de Wall Street. Je veux pas en parler.

Papa !

- Je suis en train de d�ner. - Arr�te.

Calme-toi ! Elle a juste pos� une question.

Elle sait pas de quoi elle parle. Elle a 8 ans.

Elle va pas m'apprendre...

Qu'est-ce qui te prend ?

J'ai plein de soucis avec Wall Street et elle me demande si �a va !

- Ferme-la et mange ! - Papa !

C'est rien, ma ch�rie. �a va pas, Bernie ?

Fais-moi passer pour le m�chant.

C'est rien, ma puce.

Prends sa d�fense.

- Je peux manger ? - Elle est curieuse.

Elle a 8 ans. C'est quoi, ton probl�me ?

T'es trop intelligente.

C'est rien.

Qu'est-ce qui te prend ?

C'est le gros bordel, � Wall Street.

Bon Dieu.

Doucement, papa.

Saloperie !

Qu'est-ce qui se passe ?

�a va ?

Les m�docs pour ma pression art�rielle me filent des vertiges.

- Fais une pause. - Je peux pas.

J'ai un rendez-vous, demain matin. Avec le fondateur de Home Depot.

Reporte-le.

- Tu sais... - Putain !

Si tu acceptes de me faire confiance,

je peux g�rer ce genre de choses.

C'est mon boulot, pas le tien.

Et quand tu seras plus l� ?

On va pas remettre �a sur la table.

Pourquoi ? Tu penses que j'y arriverais pas ?

- Je t'ai dit... - Sois honn�te.

Tu sais combien de merdes je dois g�rer au quotidien ?

Non, justement.

T'imagines pas � quel point ils veulent me baiser,

me voler !

Tu penses que tu saurais quoi faire ?

- Oui, je le saurais. - Mon cul. T'y arriverais pas.

Tu tiendrais pas le coup.

Andy, oui. Mais pas toi.

Quoi ?

T'es en train de me dire qu'Andy...

Qu'Andy bosse...

mieux que moi ?

- Mark... - Je vais au bureau tous les jours.

Je fais le m�me boulot que lui.

Je t'ai confi� une entreprise � g�rer.

T'es pas content ?

�a te suffit pas ?

Si, c'est largement suffisant.

Alors ferme-la et apprends � dire merci !

C'est trop dur ?

Le monde ne te fera pas de cadeaux.

Il faut trimer pour m�riter ce qu'on a. On te l'a toujours dit.

Les gens friqu�s ne comprennent pas �a.

Rien n'est acquis !

Si tu veux un truc, tu dois bosser pour l'obtenir !

C'est pas ce que je fais ?

Pendant que t'installais des syst�mes Sprinkler, je creusais des tranch�es.

J'aurais jamais lanc� Home Depot si j'avais pas v�cu �a.

Ken, je te respecte, alors je vais �tre direct.

Je lance un fonds exclusif

avec 5 investisseurs.

C'est la m�me strat�gie de conversion split-strike,

qui a si bien march�.

Mais les rendements de ce fonds seront plus importants.

Mais comme il d�pend des variations du march�,

je dois investir au plus vite.

Ton fonds actuel existe toujours.

Bien s�r.

Il rapporte gros depuis des ann�es.

Et ce nouveau fonds rapportera encore plus ?

C'est une occasion en or, Ken.

J'aimerais te poser une question.

Si j'�tais un client de longue date,

comment je r�agirais en voyant que je passe apr�s les nouveaux clients ?

Je cr�e des fonds avec d'autres personnes.

Mais je veux pas leur proposer celui-ci...

Attends...

J'ai du mal � suivre. Tu me parles de plusieurs fonds...

Et tes anciens clients, dans tout �a ?

Je m'occupe d�j� d'eux. On a d'autres fonds...

J'ai vraiment du mal � te suivre.

Je comprends rien.

- Ton nouveau fonds est prioritaire ? - J'ai pas dit �a.

C'est ce que t'as dit.

Non, j'ai dit que je m'occupais d�j� d'eux.

- J'ai d'autres arrangements avec eux. - C'est louche, tout �a.

Il y a rien de louche.

C'est tr�s louche. C'est un ramassis de conneries.

Il y a un truc que je sens pas dans cette histoire.

Je pense que t'es un putain de menteur.

Je me tire d'ici.

Il est partant ?

Tu rigoles ?

Entre Medici, Kingate

et les putain d'Espingouins,

on est � moins 1 500 000 000.

Gr�ce � Fairfield, on a perdu 980 millions en novembre.

Pour d�cembre, on peut soustraire au minimum 580 millions.

Si on remplit ce ch�que, il sera refus�.

Il nous reste que 300 millions.

On fait quoi ?

Carl,

c'est une tr�s bonne nouvelle.

Tant mieux. � bient�t.

Oui, on s'appelle bient�t.

Merci.

Il est OK pour 250.

C'est mieux que rien.

Mais c'est pas assez.

Non, c'est vraiment pas assez.

Et l'autre blaireau de Palm Beach ?

Non, il posait trop de questions.

Il veut savoir pourquoi notre contr�leur est bas� aux Bermudes,

pourquoi notre audit est compos� d'un seul homme, vivant au nord.

Il cassait trop les couilles.

C'est un sujet d�licat.

Ta d�cision est d�j� prise et tu ne vas presque plus au boulot.

- Je veux dire... - Andrew.

T'as pas besoin de son aval. Ta d�cision est d�j� prise.

- Il faut que tu penses � toi. - Je sais.

Mais je sais qu'il sera d��u.

Moi, je ne le suis pas.

Je suis tr�s fi�re de toi.

Merci.

OK, on se voit � la maison.

Je t'aime.

Papa ?

�a va pas ?

Mon putain de dos est bloqu�. Il y a que cette position qui me soulage.

- Tu veux quelque chose ? - J'ai pris des m�docs.

Tu voulais quoi ?

Rien. On parlera plus tard.

Non, dis-moi.

Laisse tomber.

Crache le morceau, putain.

- Je voulais te parler d'un truc. - Crache le morceau !

�coute...

J'ai pens� ouvrir un bureau ailleurs.

Tu veux quitter la bo�te ?

Je veux lancer mon entreprise.

�a m'apprendra � embaucher mon fils.

J'ai mes propres objectifs de carri�re.

J'ai envie de diriger ma bo�te, �a arrivera s�rement pas ici.

T'es vraiment qu'un sale �go�ste.

Aucune reconnaissance.

T'as jamais voulu faire de moi ton associ�.

C'est ton "nom qui est sur la porte", comme tu dis.

Ton �go�sme est hallucinant.

Tu sais combien d'offres de rachat j'ai re�ues ?

- Tu le sais ? - Non.

Goldman �tait le dernier en date. Un milliard.

Quoi ?

- Pourquoi t'as refus� ? - Parce que j'ai pas besoin de son fric.

Et parce que j'ai pens� � mes fils.

Un jour, c'est vos noms qui seront sur cette porte.

Sinon, j'aurais accept� son offre.

De rien.

De rien !

J'ai entendu !

Le scandale Madoff s'amplifie

Ceux qui ont suivi l'affaire nous ont dit

que les enqu�teurs mettent � jour

20 ann�es de fraude au sein de la firme de Madoff.

En plus de Bernie, l'enqu�te s'int�resse � ses deux fils

qui g�raient les transactions

et � son fr�re Peter, responsable de la conformit�.

Qu'est-ce qu'il y a ?

�a sert peut-�tre � rien, mais j'avais envie d'�crire.

D'�crire quoi ?

Un livre.

Je sais, c'est d�bile.

Non, ce n'est pas du tout d�bile.

C'est peut-�tre nul...

C'est juste le d�but.

- Tu veux que je te le lise ? - Avec plaisir.

"Jusqu'au 10 d�cembre 2008,

"j'ai toujours eu une profonde admiration pour mon p�re.

"Je comparais toujours mes r�ussites et mes �checs,

"professionnels et personnels,

"� la vie qu'il a men�e.

"Je cherchais toujours son approbation. Un peu trop.

"J'ai travaill� dur toute ma vie pour qu'il soit fier de moi.

"Puis, un jour, j'ai d�couvert qu'il n'�tait pas celui que je croyais.

"C'�tait un criminel qui ne m�ritait pas mon respect.

"Pourtant, c'est cet homme, mon p�re,

"qui m'a appris � distinguer le bien du mal,

"� �tre juste et honn�te.

"Il m'a expliqu� l'importance du caract�re,

"ce que �a signifie d'�tre un bon mari

"et, surtout, d'�tre un bon p�re.

"Je suis le fils de Bernie Madoff.

"Avant, porter ce nom �tait difficile. Maintenant, c'est devenu une fatalit�.

"Ses proches ne pouvaient pas savoir que c'�tait un criminel.

"Son fils ne pouvait pas savoir qu'il �tait capable de faire du mal.

"Quand je regarde mon fils Nick,

"je pense au jour o� il me demandera

"comment �tait son grand-p�re,

"quel genre d'homme il �tait.

"Si je lui dis qu'il �tait mauvais,

"je ne pourrai pas lui expliquer..."

C'est bien �crit.

Vraiment bien �crit.

Si tu le dis...

Ils ont n�goci� ?

Non, il va plaider coupable.

O� �tait le SEC ? S. S�curit� - E. Excuses - C. Comm

Il va plaider coupable pour tous les chefs d'inculpation ?

On dirait bien.

Pas de proc�s ?

Tu as vu ce qu'ils ont �crit sur nous ?

Tous les jours, ils r�clament nos t�tes.

Tous les journaux, tous les blogs...

Comment prouver notre innocence s'il y a pas de proc�s ?

- Comment ? - Quand il sera en taule...

Mon cul !

�a va nous suivre toute notre vie !

Les questions, les soup�ons... Les putain de paparazzi !

Ils l'inculperont pas pour complot ?

Non, il plaidera pas coupable pour complot.

Ils devraient l'inculper et ouvrir un proc�s.

R�fl�chis, Mark. � quoi ressemblerait ce proc�s ?

Les plus riches et puissants du monde se retrouveraient sur ce banc.

Il y aurait J.P. Morgan,

Chase,

HSBC, les banques suisses.

Ce serait le proc�s du syst�me financier mondial.

Je suis pas partisan des th�ories du complot,

mais un tel proc�s n'aura jamais lieu.

Alors non, il y aura pas de proc�s.

Les gens ne conna�tront pas la v�rit�

et on devra se d�brouiller comme des grands.

Je comprends pas, Mark.

Tu veux qu'il y ait un proc�s ?

Tu veux quoi, alors ?

Reprendre une vie normale.

On est absents. Laissez un message.

C'est encore maman.

Salut, c'est encore moi.

Ta m�re.

Je ne sais pas pourquoi...

j'appelle.

Je me sens...

tellement b�te � laisser tous ces messages,

pour te supplier.

Je sais pas...

Vous me manquez. Stephanie et Audrey me manquent.

Je n'ai m�me pas vu Nick, mon petit-fils.

Qu'est-ce que tu attends de moi, Mark ?

Je suis coinc�e.

Je suis d�sol�e pour ce qu'il a fait.

Je sais pas ce qu'il lui a pris. Je le comprends pas.

Mais pourquoi vous m'en voulez � moi ?

Vous voulez que je le quitte, mais je peux pas l'abandonner.

Je peux pas jeter 50 ans de mariage aux oubliettes.

Il est tout pour moi.

J'ai tout partag� avec lui.

Je ne connais rien d'autre � part lui.

Je n'ai jamais �t� seule.

Je ne suis pas aussi forte que vous deux.

Rappelle-moi.

Que plaidez-vous pour le chef d'accusation n� 1,

fraude boursi�re.

Coupable ou non coupable ?

Coupable.

Que plaidez-vous pour le chef d'accusation n� 2, fraude sur les titres financiers ?

- Coupable ou non coupable ? - Coupable.

Que plaidez-vous pour le chef d'accusation n� 3,

fraude aux courriers �lectroniques ?

- Coupable ou non coupable ? - Coupable.

Que plaidez-vous pour le chef d'accusation n� 4...

Coupable.

- Pour le chef d'accusation n� 5 ? - Coupable.

Pour le chef d'accusation n� 6 ?

Coupable.

- Pour le chef d'accusation n� 7 ? - Coupable.

Coupable.

Coupable.

M. Madoff ayant plaid� coupable,

il n'a plus droit � la pr�somption d'innocence.

Le risque de le voir prendre la fuite est r�el.

Il en a les moyens.

Par cons�quent, il n'y aura pas de remise en libert� sous caution.

M. le juge, j'aimerais demander le sursis...

La requ�te de sursis est rejet�e.

M. Madoff, nous nous reverrons lors de la lecture de la condamnation.

CENTRE CORRECTIONNEL DE MANHATTAN

Si le prisonnier est dans le quartier de haute s�curit�,

vous devez former une file � droite.

On s'arr�te l�.

Les cl�s.

Demi-tour.

On �carte les jambes.

Mon voisin de cellule est un terroriste.

Je sais plus comment il s'appelle. G�nial, non ?

Je sais pas pourquoi ils t'ont plac� dans le quartier de haute s�curit�.

T'as fini de faire les cartons ?

Pour ce qu'il y a � emballer...

Ils ont tout pris.

Ils m'ont m�me demand� mes sous-v�tements et mes nuisettes.

Qui t'a demand� �a ?

Les Marshals.

Pour en faire quoi ?

Pour les vendre aux ench�res.

C'est dingue.

Rien ne les arr�te.

Je veux pas y penser.

�a me donne... la chair de poule.

T'as parl� aux gar�ons ?

Personne ne veut me parler.

Sauf ma s�ur.

Elle a m�me propos� de m'h�berger.

C'est ta s�ur.

Je sais,

mais vu que Bob et elle ont tout perdu...

� cause de toi.

�a m'a touch� qu'elle me propose.

Oui, c'est triste.

J'avais juste besoin de quelques jours pour vous mettre � l'abri.

Je me sens tellement b�te...

J'�tais au courant de rien,

je ne savais pas quoi leur dire.

Comment expliquer les retraits du compte de Cohmad ?

Tu m'as demand� de faire un transfert d'argent

et je l'ai fait.

Juste apr�s, tu m'as annonc� que c'�tait une escroquerie.

Toutes ces questions auxquelles je n'ai aucune r�ponse...

M�me si tu m'avais tout avou�, je ne t'aurais peut-�tre pas d�nonc�.

�a en dit long, sur moi.

C'est �a, le plus triste.

M. Madoff, allez-vous perdre votre maison ?

Qu'avez-vous � dire aux gens...

Laissez-nous.

- ... qui n'ont plus rien... - Laissez-nous.

Coupez cette cam�ra !

Vous avez des remords ?

Vous avez peur ?

Vous sentez-vous...

�a suffit !

Vous traquez ma famille !

- Je peux vous faire un proc�s ! - Je t'emmerde !

J'en reviens pas, Mark.

De quoi ?

Ton 1er r�flexe a �t� de nous abandonner.

- Je t'attendais ici. - T'as laiss� la poussette !

- Sur le trottoir. - Quand m�me !

Tu m'as laiss�e me d�merder.

C'est mon probl�me. C'est moi qu'ils veulent.

C'est notre probl�me.

Arr�te de le nier.

Tu veux quoi ? Tu veux divorcer ?

Juste un peu de reconnaissance.

Affaire Bernie : Est-ce que les fils savaient ? Auraient-ils d� savoir ?

Oui, ils savaient. Mais paieront-ils ?

Moi je dis perp�tuit� pour eux et leur m�re.

Mark t'envoie tous les jours des articles qu'il a lus, qui l'ont �nerv�.

C'est pas juste.

C'est pas juste envers toi

et envers moi.

Je sais, �a l'obs�de.

Il passe son temps � lire des blogs. �a lui fait du mal.

Je peux rien y faire.

Prends tes distances.

C'est le seul membre de la famille qu'il me reste.

� MORT LES PRIVIL�GES DE BLANCS HEDGE FUNDS CONNARDS

Les fils Madoff doivent compara�tre.

Ex�cutez les fils !

FRAUDE

ABRUTIS

TROUS DU CUL

ENFOIR�S DE MENTEURS

Putain, Andrew Madoff !

Comment tu vas, Reed ?

Je nage en plein bonheur depuis que ton p�re nous a bais� la gueule !

Personne ne veut m'embaucher.

J'ai boss� 7 ans pour ton p�re. Je suis grill�.

On en a tous bav�.

Mais t'es un bon trader. Tu finiras par trouver.

On me pose beaucoup de questions sur ton fr�re et toi.

"Ses fils �taient au courant, non ?"

Quand j'ai appris la nouvelle, j'en revenais pas.

- Chut ! T'as entendu ? - Quoi ?

On dirait que quelqu'un joue du pipeau.

- Je sais, t'es �nerv�. - Aide-moi � me calmer !

On m'avait promis un bonus de 450 000 $.

Il avait promis des bonus � tout le monde.

On s'est tous fait baiser la gueule.

Vous disiez : "La famille d'abord." J'en fais partie, non ?

O� t'as planqu� le fric ?

On sait que tu l'as vol� !

T'es un voleur !

Je me suis fait baiser par mon propre p�re !

C'est ta pute ? Je te vois !

Arr�tez !

Andy ! Monte !

Bon Dieu ! Monte dans la voiture !

- Connard. - Oublie pas ta putain de bouffe kasher !

Encul� !

Je sais que t'es complice !

La grande question est : o� est pass� l'argent ?

Irving Picard, le liquidateur nomm� par la Cour,

est � la recherche des milliards disparus

et tente de r�cup�rer un maximum d'argent

en vendant les biens de Madoff.

S'il a des complices,

c'est forc�ment son fr�re et ses fils qui travaillaient avec lui.

Ils devaient savoir.

C'est possible.

�taient-ils au courant ?

Je pense qu'ils �taient au courant.

Ils devaient

forc�ment savoir ce qui se passait.

Comment on aurait pu le savoir ?

On �tait teneurs de march�, il �tait conseiller financier.

Comment on aurait pu le savoir ?

Vous comptez les mettre en faillite personnelle ?

J'ignore s'il y a eu d�lit,

mais nous ne les l�cherons pas et nous irons jusqu'au bout.

Si nous devons les mettre en faillite pour cela,

alors nous le ferons.

L'homme assis sur le banc des accus�s m'a vol�e.

Il m'a d�pouill�e comme un charognard.

Il n'y a rien de bon � dire sur Madoff.

Il est tomb� tellement bas

qu'il a m�me vol� Elie Wiesel.

Comme si Wiesel n'avait pas assez souffert dans sa vie.

Ma femme et moi ne sommes pas millionnaires.

Nous avons travaill� dur toute notre vie.

Il a pris toutes nos �conomies.

En plus d'avoir escroqu� des milliers d'investisseurs,

M. Madoff a r�ussi � berner notre gouvernement.

L'argent qu'on avait mis de c�t� et que Madoff a vol�

�tait destin� � aider mon fr�re qui a besoin d'assistance m�dicale.

Si son but est de prot�ger sa famille,

nous ne devons pas le laisser faire.

Car nous, ses victimes,

n'avons pas pu prot�ger la n�tre.

Vous avez jet� la honte sur toute votre famille.

Votre mariage �tait un enfer

et c'est en enfer que vous irez finir votre vie.

J'esp�re que sa cellule de prison deviendra son tombeau.

J'esp�re que Dieu ne sera pas mis�ricordieux.

Je suis responsable de tant de souffrances et de peines.

J'en suis conscient.

Il m'est insupportable de vivre

sachant tous les torts que j'ai caus�s.

Ce fardeau me poursuivra toute ma vie.

On m'a accus� de ne pas avoir �t� compatissant.

Ceci est faux.

Je m'excuse aupr�s de mes victimes.

Je vais vous regarder dans les yeux.

Je suis d�sol�.

Je sais que c'est peu.

M. le juge,

merci de m'avoir �cout�.

Nous devons envoyer un message.

Les crimes de M. Madoff

�taient diaboliques.

Ce type de manipulation irresponsable du syst�me

marquera � jamais nos esprits.

M. Madoff purgera la peine qu'il m�rite.

Il sera puni en accord avec ses capacit�s morales.

M. Madoff, levez-vous.

La cour condamne l'accus�, Bernard L. Madoff,

reconnu coupable,

� une peine d'emprisonnement de 150 ans.

Et notre fric, Bernie ? O� est notre fric ?

La loi exige

que la sentence soit exprim�e en mois.

150 ans �quivalent � 1 800 mois.

La s�ance est lev�e.

Nous sommes devant la prison de Butner, en Caroline du Nord,

o� Bernie Madoff vient � peine d'arriver.

M. Madoff est arriv� en bus, avec d'autres d�tenus.

C'est ici qu'il purgera sa peine de 150 ans de prison.

Il sera surveill� de pr�s afin qu'il ne porte pas atteinte � sa vie

durant son tr�s long s�jour.

BOCA RATON FLORIDE

La vie est meilleure � la plage

Les cr�neaux de visite sont tr�s flexibles.

Certains disent que Ruth Madoff pourrait venir ici

pour �tre plus pr�s de son mari.

Va te faire foutre. Je suis en Floride.

... aussi amoureuse que l'�tait Bonnie de Clyde.

Bonnie braquait des banques et tuait des gens.

J'ai rien � voir avec Bonnie.

Bonnie �tait une meurtri�re et ils me comparent � elle...

Pendant 16 ans, j'ai cach� �a � ma femme, � mon fr�re

et � mes fils.

J'ai r�ussi � le faire sans perdre la t�te.

C'est �a qui est inqui�tant.

Vous l'avez d�j� dit.

- C'est vrai. - � ce propos...

- Vous vouliez prot�ger votre famille ? - C'est �a.

J'aimerais savoir...

Que se serait-il pass� si, avant la crise de 2008,

un bus vous avait renvers� ?

Mark et Andrew auraient h�rit� d'une entreprise

ou plut�t de la plus grosse escroquerie de Ponzi au monde.

Mon d�partement �tait une entit� � part.

Ce n'�tait pas leur branche.

Mais si vous �tiez mort,

Frank aurait sans doute tout fait pour sauver sa peau.

Je pense que c'est les dirigeants de l'entreprise

qui seraient all�s en prison.

Vos fils seraient assis � votre place.

Non, je les aurais prot�g�s.

Vous n'auriez pas pu les prot�ger depuis l'Au-del�.

Qui aurait-on accus� ?

Moi.

Eux, Bernie.

C'est eux qu'on aurait accus�s.

De deux choses l'une :

soit ils �taient complices

et donc pr�ts � assumer les cons�quences,

soit vous auriez laiss� vos fils aller en prison pour votre d�lit.

Alors, Bernie ?

J'adore vos provocations.

Je ne cherche pas � vous provoquer.

J'ai l'impression...

que vous...

refusez d'admettre

que vous avez fait courir un danger � votre famille.

Pas seulement quand on vous a arr�t�.

Ils vivaient, sans le savoir, sous cette menace

durant toute la p�riode o� vous avez profit� de cette arnaque.

Ils auraient fini par �tre innocent�s.

Comment pouvez-vous en �tre si s�r ?

Parce qu'ils n'ont jamais �t� impliqu�s l�-dedans.

Ils en ont bav�, je sais,

mais ils n'auraient jamais �t� inculp�s

puisqu'ils n'ont rien fait de mal.

Ma femme n'a rien fait.

Rien du tout.

Mais ce que vous avez fait...

a d�truit votre famille.

J'en assume l'enti�re responsabilit�

et �a me rongera jusqu'� la fin de mes jours.

Durant l'�t� et l'automne 2009,

le gouvernement a vendu aux ench�res les biens des Madoff.

La maison de vacances � Montauk :

9 millions de dollars.

Le penthouse � Manhattan :

8 millions de dollars.

La villa � Palm Beach :

disponible pour 7 250 000 $.

La Mercedes E320 break,

le hors-bord, la veste des Mets, ses affaires personnelles...

� l'automne 2009,

Picard avait r�colt� 1 500 000 000 $

gr�ce aux comptes bancaires de l'entreprise, aux actifs

et autres arrangements.

Nous portons plainte contre Ruth Madoff et r�clamons 44 millions.

Nous portons �galement plainte contre Mark et Andrew Madoff

et leur r�clamons 127 500 000 $.

Je te confie le ch�teau.

ORLANDO FLORIDE

Je te confie les robes.

J'h�rite des robes ?

J'adore sa perruque.

Picard a d�pos� plainte contre Audrey.

Il la poursuit � hauteur des 11 000 donn�s par Bernie et Ruth.

Je peux te la laisser ?

D�s qu'on sort un peu la t�te de l'eau,

Bernie nous tire vers le fond.

J'en ai marre.

Je suis d�sol�. Tu pr�f�res que j'arr�te de tout te raconter ?

Je sais pas...

Il est tar�, ce Picard ! Il porte plainte contre notre fille !

Je suis d�sol�.

� chaque fois que les choses redeviennent normales,

il se passe un truc.

Tu as lu tes textos ?

Il est trop mignon.

Je t'aime.

Je t'aime aussi.

LE FBI SURVEILLE LES DOLLARS DES FILS MADOFF

La lign�e Madoff examin�e, l'enqu�te avance.

Salut, Marty.

T'as re�u l'article ?

Bref, rappelle-moi.

Salut, c'est moi.

T'es en voyage ?

Je t'ai appel�, aujourd'hui. �a r�pondait pas.

Marty ne r�pond pas non plus.

J'ai l'impression que tout le monde est parti.

Je te laisse un �ni�me message, Andrew !

J'arrive � joindre ni Stephanie ni personne !

Je vais vraiment devenir fou.

Je suis coinc� ici.

Devine qui c'est ? C'est encore moi !

T'es parti en voyage avec Catherine ?

Vous �tes o� ? Vous �tes all�s p�cher ?

Depuis que vous �tes ensemble, t'es devenu injoignable !

Je peux jamais te parler ! T'es tout le temps en vadrouille !

Bon, je viens de te laisser un message de 20 min et �a a coup�.

Andy... Marty... Je sais m�me plus qui j'appelle.

Je parle qu'aux r�pondeurs.

Tu veux qu'on reste l�, � se branler les couilles ?

�a fait deux ans que �a dure !

Deux ans !

Je peux pas continuer comme �a !

Je dois faire une grosse d�claration !

Je peux pas continuer comme �a.

Au secours. S'il te pla�t, envoie quelqu'un s'occuper de Nick.

Je t'aime. Ce message est vide

On est absents. Laissez un message.

Mark, tu es l� ?

Mark, d�croche.

Votre appel a �t� transf�r� vers un r�pondeur automatique.

Apr�s le bip, laissez un message.

Mark, je viens d'appeler sur le fixe. Rappelle-moi.

Entrez.

Maman.

�a va ?

J'ai re�u plusieurs messages de Mark.

J'ai essay� de le rappeler, mais il r�pond pas.

C'est bon, je viens d'arriver.

Je vais entrer.

Je te rappelle.

Mark ?

Salut, Nicky !

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu viens avec papy ?

Tu veux qu'on aille dehors ?

Grouper !

Ta couverture...

Grouper, reviens ici !

On va jouer � cache-cache, Nicky. Grouper, viens ici !

Grouper ! Viens l� !

Allons-y.

All� ?

C'est Marty.

Mark est mort.

Stephanie !

- Il s'est pendu. - Il est mort !

Ma m�re est au courant ?

Je dois appeler ma m�re.

Andy ?

�a me fait tellement plaisir d'entendre ta voix.

J'ai �crit une lettre � Bernie une semaine apr�s le suicide de Mark.

Je ne la lui ai jamais envoy�e, car ils surveillent son courrier

et j'�tais convaincu qu'ils ne la lui remettraient pas.

Lisez-la, il doit nous regarder.

Voil� ce que je lui ai �crit :

"Bernie,

"je ne t'enverrai pas de photos de tes petits-enfants

"mais il y a une image que j'aimerais que tu visualises.

"Celle de ton fils Mark.

"Tu dois bien �a

"� sa veuve, � ses enfants

"� son fr�re et � sa m�re.

"Voil� ce que je te souhaite, Bernie : � chaque fois que tu te mettras � table,

"quand tu prendras ta fourchette en plastique,

"je veux que tu penses au cadavre de ton fils,

"pendu au-dessus de ta table,

"en face de toi, Bernie.

"Ainsi, � chaque repas, tu verras ton fils Mark.

LONDON A TROUV� LE CORPS DE SON BEAU-FILS, MARK MADOFF,

"Tu verras ses chaussettes blanches se balancer devant tes yeux,

APR�S LE SUICIDE DE CELUI-CI.

"juste au-dessus de ton assiette.

"En levant la t�te, Bernie, tu verras...

"Tu verras ton fils a�n� pendu.

"Sa t�te sera pench�e sur la gauche

"et ses yeux te fixeront,

"te demandant comment tu as pu faire �a � ton fils

"qui, deux ans avant sa mort,

"te comblait avec le plus beau des cadeaux :

"un amour inconditionnel pour son p�re."

J'esp�re qu'il vous a entendu.

Il a acc�s gratuitement � la t�l�. Il m'a forc�ment entendu.

Il devrait �tre dans un trou.

Il d�clare �tre plus heureux...

- Des repas gratuits ! - ... que jamais.

Ses victimes mangent de la p�t�e pour chats !

Il dit qu'il a pas vol� les pauvres, mais juste aid� les riches � s'enrichir.

C'est faux !

Mark a laiss� un mot.

Il a �crit :

"Bernie, voil� ce qui arrive

"quand tu d�truis la vie de tes fils en menant une vie de voleur !

"Va te faire foutre, Bernie !"

C'est la lettre de suicide qu'il a laiss�e.

Je ne peux pas continuer � venir ici.

Je veux me rapprocher d'Andy.

Il refuse de me voir si je continue � venir ici.

Je peux pas tout avoir.

Je comprends.

Et je ne dois plus te parler.

Ne m'�cris plus, ne m'appelle plus.

Ce serait trop dur.

Je veux juste ton bonheur et celui des gar�ons.

Du gar�on.

Au singulier.

Tu �tais mon ma�tre-nageur.

Je pensais que tu me prot�gerais toujours.

Un boulot de r�ve.

J'ai jamais eu � sauver quelqu'un.

Je ne sais pas si cette situation s'am�liorera un jour.

Je pense que quand on perd un enfant,

les choses...

ne redeviennent jamais comme avant.

J'ai fait une croix sur mon avenir.

Franchement, ce n'est pas grave.

Ce qui m'attend est trop dur.

J'ai �t� d�sol� de voir

que le magazine People avait publi� une photo de Mark et de toi.

Je ne te pardonnerai jamais, Bernie.

Pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas f�ch�e.

Je suis vide, � l'int�rieur.

Et m'�nerver ne servirait � rien.

Je sais pas combien je gagnais quand j'�tais ma�tre-nageur.

L'argent ne m'a jamais int�ress�.

En 2013,

Andrew est venu faire une intervention lors de mon s�minaire d'�criture.

Le th�me �tait : "�crire sur les escrocs".

Andy avait commenc� une chimioth�rapie

pour son cancer du syst�me lymphatique.

Le sujet que je lui ai propos� de d�velopper

�tait la couverture m�diatique de l'affaire Madoff

et l'impact qu'elle a eu sur sa vie.

J'aimerais savoir...

pourquoi vous n'�tes pas all� t�moigner � la t�l� ?

La principale raison

pour laquelle je n'ai jamais voulu raconter ma vie � la t�l�

est que j'aurais peut-�tre pas inspir� la compassion.

J'ai quand m�me v�cu dans le luxe et j'�tais un enfant privil�gi�.

J'ai parcouru le monde,

je ne manquais de rien.

Tout ceci, gr�ce � l'argent des victimes de mon p�re.

Ce n'est pas facile

de raconter notre vie.

Celle de Mark, de ma m�re ou m�me la mienne.

Il y a tant d'autres histoires.

Mon fr�re s'est suicid�.

Ma m�re a perdu le seul homme qu'elle a jamais aim�,

qui n'�tait, au final, qu'un escroc.

Mais...

Nous n'�tions que trois.

Il y a eu des milliers de victimes.

D'autres questions ?

La relation p�re-fils est essentielle dans chaque famille.

Vous devez sans doute ressentir encore des choses pour lui,

malgr� tout ce qui s'est pass�.

Pensez-vous qu'un jour, vous reprendrez contact avec lui ?

� mes yeux, mon p�re est mort.

Le 3 septembre 2014,

Andrew Madoff d�c�de, emport� par un "lymphome de manteau".

Bonjour, c'est Ruth.

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Ruth, je voulais juste te...

Je sais que je dois pas t'appeler, mais...

Repas � domicile pour seniors

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Le num�ro demand� n'est plus en service.

Si vous vouliez joindre un contact,

veuillez v�rifier le num�ro...

Je suis all� sur Internet lire d'anciens documents sur mon cas

et je suis tomb� sur cet article...

C'�tait n'importe quoi.

Que disait cet article ?

C'�tait l'interview d'un psychologue m�dico-l�gal

qui avait boss� sur l'affaire Ted Bundy.

Ce rigolo, que je connais ni d'Adam ni d'�ve,

que j'ai jamais rencontr�,

trouvait des point communs entre Ted Bundy et moi.

J'imagine que ce parall�le vous a mis mal � l'aise.

Comment on peut me comparer � un mec qui collectionnait des t�tes coup�es ?

C'est l'�uvre d'un homme profond�ment diabolique.

�a n'a strictement rien � voir avec moi.

Pourtant, le grand New York Times,

qui ne publie que "ce qui m�rite d'�tre imprim�",

n'a pas trouv� cet article grotesque, surtout pour la rubrique "�conomie".

D'apr�s vous, pourquoi a-t-il fait ce parall�le ?

- Quand je me suis rendu... - Vos fils vous ont d�nonc�.

C'�tait une question de jours. J'allais me rendre.

Bref, quand je me suis rendu � la police,

tout le monde en avait apr�s Wall Street.

Ils avaient besoin d'un bouc �missaire.

Ils ont d�cid� de me jeter dans la fosse aux lions.

C'est vraiment...

J'ai m�me pas envie d'y penser.

De penser � quoi ?

Bundy a tu� des innocents.

Moi, j'ai dit � tout le monde :

"Ne me confiez pas votre argent. Il y a toujours un risque."

C'est un fait : l'Homme est cupide.

C'est un fait : vous n'avez pas essay� de les dissuader.

Vous avez pris leur argent.

Je peux vous poser une question ?

Vous pensez que je suis un sociopathe ?

Adaptation : Mahdi Benfeghoul

Sous-titrage : HIVENTY

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