All language subtitles for Charlotte.Gray.(2001).Z2.C00LdUdE

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Original subtitles

En y repensant, tout semble simple.

C'�tait la guerre.

Les Nazis �taient les ennemis. Les bons doivent vaincre les m�chants...

alors nous allions les vaincre.

On ne pouvait pas savoir que la guerre n�est pas une science exacte.

Puisque rien n�est impensable...

tout peut �tre vrai.

M�me un mensonge.

- Ce si�ge est occup� ? - Non.

Un instant, j'ai cru que j'allais devoir voyager debout.

Avec l'arm�e de l'air et le g�nie civil. C'est bien, mais...

- Tenez. Prenez le mien. - C'est bon, merci.

D�sol�. Cannerley.

- Richard Cannerley. - Charlotte Gray.

Alors... vous rentrez ou vous partez ?

- Je travaille � Londres. - Laissez-moi deviner.

- Vous �tes dans l'arm�e de l'air ? - Je travaille dans une clinique.

F�licitations.

Pourquoi ?

- Londres, c'est risqu�. - C'est notre devoir.

Absolument.

Je suis fonctionnaire. On vient de nulle part.

Les Allemands pr�tendent que nous n'existons pas.

Vous parlez fran�ais ?

Oui.

Vous avez v�cu en France ?

- J'y ai �tudi�. - A Paris ?

La meilleure ville au monde ! M�me si ce n'est plus le cas en ce moment.

�a grouille d'Allemands. On ne sert plus que de la choucroute.

Ce que les Allemands ont fait � la France n'a rien de dr�le.

Non.

Bien s�r que non.

D�gagez les portes ! R�cup�rez les bagages � la sortie.

Sortie d'un livre : vendredi. Venez si vous pouvez.

- D�tends-toi. On va s'amuser. - Tu vas t'amuser.

Je vais devoir parler de Tennyson avec un �ne.

- Ce n'est que la sortie d�un livre. - On peut picoler !

Tu devrais �tre dans l'�dition.

Ne sois pas si pantouflarde. Tu ne sors jamais.

Je me fiche qu'ils soient laids du moment qu'ils ont de belles dents.

L'auteur.

Excusez-moi.

- D�sol�. - Non...

- C'est un peu bruyant l�-bas. - Oui.

- Peter Gregory. - Charlotte Gray.

�a alors !

Ces femmes de lettres... D�sol�.

Sous-lieutenant Borowski, Mlle Gray. C'est un ami.

Ravi de vous rencontrer, Mlle Gray.

Je te laisse.

Alors...

Vous venez d�Ecosse ?

- De quel coin ? - Saint Andrews.

Pr�s d�Edimbourg. Charmant. Rien � voir avec ici, hein ?

- Vous ne connaissez pas les ceilidh. - En fait, si.

Et c'�tait vraiment bruyant.

Ils ne servent pas de gin chaud. Comment faites-vous pour boire �a ?

- Je n'arrose pas les plantes avec. - Vous n'�tiez pas cens� voir �a.

Mlle Gray ! Je savais bien que c'�tait vous.

Merci d'�tre l�. Comment allez-vous ?

Je vais vous pr�senter � des amis. On est l�-bas.

Morris, voici Mlle Gray. Elle lit Stendhal, en fran�ais.

Commander � d�ner, c'est facile. Mais c'est autre chose...

de se faire passer pour un serveur.

On a toujours besoin de francophones en ces temps de guerre.

- Prenez-moi. - La visite m�dicale vous pi�gera.

Ils ont �tudi�, mais en v�rit�...

- on est bilingue ou on ne l'est pas. - Je suppose.

Pas facile de passer pour un Fran�ais. Il faut plus que conna�tre les mots.

Il faut en avoir envie.

Il faut compatir � ce que les Nazis ont fait � la France.

Excusez-moi. Je vous ai donn� mon num�ro, n'est-ce pas ?

- Oui. - Appelez-moi, s'il vous pla�t.

Levons nos verres.

A la guerre.

Rebonjour.

Bonjour.

Ce foutu soldat a encore mang� mes rations ?

Et les miennes !

Continue.

C'est affreux. Tu n'essaies m�me pas.

Punis-moi.

Je me rends !

Les plans d'invasion sont dans ma jambe de bois.

Tu es l�.

En effet.

Que dirais-tu si j'allais en France ?

Pourquoi ? On te l'a demand� ?

Pour quoi faire ?

Je serais une sorte d'agent ou de messager.

- Je suis pas s�re. - C'est bien trop dangereux.

- Tu voles. C'est dangereux. - Parce que je ne sais faire que �a.

�a va, oui ?

Tu n'as m�me pas dit "a�e". Tu es courageux. Tu peux �tre fier.

- J'ai peur de toi, c'est tout. - Je veux �tre courageuse...

comme toi.

Sois toi-m�me.

Si j'�tais moi, je ne te laisserais pas partir.

Crois-tu au destin ? Enfin, pas tout � fait au destin, je veux dire...

si on te dit... Si tu as un don, tu as le devoir de t'en servir.

Il faut y aller...

- �tre courageux. - Charlotte...

je ne suis pas courageux.

C'est juste que...

la guerre nous r�v�le � nous-m�mes.

Regarde.

J'ai perdu tous mes amis. Sans exception.

Je ne me sens pas courageux d'�tre vivant alors qu'ils sont morts.

Ce n'est pas du courage...

c'est le hasard.

Ma permission s'ach�ve.

Quand ?

Demain.

J'ai une mission en France. C'est...

Combien de temps ?

Trois semaines.

Je rentrerai � Londres le 18.

Attends-moi ici.

- Guerre. - Paix.

- Guerre. - Fleurs.

France.

Les yeux ferm�s, s'il vous pla�t.

- France. - Amour.

- Amour. - Cl�.

- Serrure. - Sombre.

- Mort. - Vieux.

Homme.

Un seul mot.

- Homme. - Chauve.

- Homme. - Chauve. D�sol�e.

Plus vite ! Allez ! Bien.

Des petits pas ! Rappelez-vous ce que disait votre m�re :

les jambes serr�es en sautant !

La France, comme vous le savez, est s�par�e en deux zones.

La zone nord, comprenant Paris, est occup�e par les Allemands.

La zone sud...

ou "zone libre" est occup�e et dirig�e par les Fran�ais depuis Vichy.

En collaborant avec le 3�me Reich...

le gouvernement de Vichy peut s'autog�rer.

C'est dans la zone libre que l'essentiel de la r�sistance agit.

Les personnes qui seront choisies travailleront l�-bas.

Une fois en territoire ennemi, m�fiez-vous de tout le monde.

Le marchant, la police locale, m�me vos coll�gues de la r�sistance.

" Dans l'attente de vous revoir. Merci beaucoup. "

Quand vous �mettez, les Boches peuvent vous entendre...

alors �vitez le bla-bla habituel.

Pied droit ! Encore, pied droit !

Poitrine ! Epaule gauche ! �il droit !

Les mesures de s�curit� sont assez simples.

Si vous �tes arr�t�s et tortur�s...

on esp�re qu'ils d�couvriront seulement vos noms.

Il va de soi que vous serez prot�g�s par votre fausse identit�.

Les semaines suivantes, vous apprendrez � vous transformer...

en des personnes compl�tement diff�rentes.

Je vais bien, maman.

Si une bombe me tombe dessus, eh bien, qu'elle me tombe dessus.

- Je suis l�. - Je reste � Londres.

- Oh, Charlotte, bonjour. - Au revoir.

- A quel cours �tais-tu ? - Au FANY, les cours d'infirmi�re.

Je sais ce que c'est. Vas-tu devenir chauffeur ?

J'esp�re bien.

Alors pourquoi prends-tu des cours ?

Je ne suis pas cens�e en parler. On pourrait nous entendre.

Menteuse.

Tu ne sais pas conduire.

Tu m'as eue.

- Lieutenant Borowski ? - Oui.

- C'est Mlle Gray. De la soir�e. - Oh, Mlle Gray.

Je cherche Peter. On devait se voir la nuit derni�re.

Je vois. Peter, oui.

Ecoutez, je suis d�sol�.

Il est port� disparu en France.

Ne perdez pas espoir. Vous le connaissez, c�est un battant.

On en saura plus dans quelques jours.

Vous pouvez me rappeler ?

Mlle Gray, est-ce que �a va ?

Vous voulez aller en France ? Seul 1 personne sur 3 en revient.

Je veux aider � gagner la guerre.

Trouvez-vous qu'�tre un messager soit glamour ?

- Ce serait idiot de penser �a. - Beaucoup de femmes le pensent.

Y a-t-il quelque chose de mal � �a ?

Votre p�re s'est battu pendant la Grande Guerre ?

Cherchez-vous � l'impressionner ?

Pourquoi ferais-je �a ?

Mais votre p�re vous a sensibilis�e � la France.

- Il vous a montr� les tombes. - Oui.

- Et votre m�re ? - Vous savez. Pourquoi...

me poser des questions dont vous connaissez la r�ponse ?

Vous liez-vous facilement aux gens ?

- Plus ou moins. - Etes-vous d�j� tomb�e amoureuse ?

Oui.

Parmi les mots suivants, lequel est le plus important ?

Foi, espoir ou amour.

L'espoir.

Au pas de course, et que �a saute !

Un peu de nerfs ! Allez !

Allez, les filles ! La derni�re est une moins que rien !

Allez, les filles ! C'est la ligne d'arriv�e.

- Mlle Gray ? J'ai des nouvelles. - Vraiment ?

Ils nous ont joints par radio la nuit derni�re.

O� �tait-ce ?

- Je ne devrais pas... - S'il vous pla�t. Je ne dirai rien.

D�accord, �coutez.

C'est un endroit appel� Gillesse.

- Ne le dites surtout � personne. - Je sais.

- S�il y a une fuite... - Non, je sais.

- Merci de me l'avoir dit. - De rien.

Merci.

- Quelqu�un arrive, je dois y aller. - D'accord.

Carte d'identit�. Carte de rationnement.

Certificat de non-appartenance � la race juive. La photo du mari...

et des amis.

Rouge � l�vres. Serviettes hygi�niques... fran�aises.

- Briquet. Il est plein ? - Oui.

Cigarettes.

Parfum pr�f�r�.

Ne demandez pas de caf� cr�me. �a n'existe plus. Alliance.

- Dominique. - C'est bon.

Pour votre agent de liaison :

- Mirabel. - Mirabel.

G�lules de cyanure.

Venez.

J'ai un colis pour vous : des lampes de radio.

Votre contact sera au Caf� du Sport jeudi matin, � 10 h.

Elle aura un manteau bleu et vous demandera le temps qu'il fait � Paris.

Dites-lui qu'il fait bon pour la saison.

�a fait tr�s anglais, je sais, mais c'est facile � retenir.

- Vous vous d�brouillez bien. - Merci.

Le plus important est de ne pas paniquer.

Ce n'est qu�un test, pour vous mettre dans le bain.

Ce n'est qu�un petit voyage.

N'oubliez pas votre fausse identit�.

Depuis votre d�part, jusqu�� votre retour...

vous �tes Dominique Guilbert de Paris.

Vous imaginez ? Ils m'ont conseill� de dormir.

Vous venez travailler dans le sud car votre mari est prisonnier.

Sans enfant. Vous n�avez pas d'avis sur le gouvernement de Vichy.

Vous voulez juste survivre � la guerre.

D�s � pr�sent, Charlotte Gray est morte.

Qu'est-ce que c'est ?

Les Allemands.

Au secours !

Maman !

Viens vite !

Jacob, attends !

- Vous avez soif ? - Merci.

�a va ?

Oui.

- C'est pas le bon endroit. - J'ai vu des lumi�res.

Quelles lumi�res ?

Je me suis tromp�e.

Merci.

- Vous �tes ? - Dominique Guilbert.

Bienvenue en France, Dominique.

- Octave ! - Auguste !

Idiot.

- Attention � toi. - Bonne nuit.

- N'oubliez pas �a, madame. - Merci.

Vos papiers ?

- Vous en voulez une ? - Non, merci.

Vous connaissez cet homme ?

- Il travaille avec vous ? - Il �tait dans l'avion.

On nous a dit que ce qu'on devait savoir.

Qu'est-ce qu'on vous dit exactement sur nous ?

On est communistes. Ils vous l'ont dit ?

- Non. - �a vous d�range.

Pourquoi �a ?

Vous �tes tous gaullistes � Londres. Vous envoyez ces armes...

car vous n'avez que nous. Mais apr�s la guerre, vous verrez...

- les choses changeront ici. - Il faudrait d�j� gagner.

C'est le point de rendez-vous.

Demandez Octave.

A part �a...

- on ne se conna�t pas. - D'accord.

Merci d'�tre venue.

On vous est reconnaissant.

Maman ? Papa ?

Attends-moi !

- Tu crois que c'�tait un ange ? - Qui ?

La femme tomb�e du ciel.

- Je ne crois pas. - Elle pourrait. T'en sais rien.

Ils nous m�prisent depuis des ann�es, gardant les meilleurs postes pour eux.

Le jour o� les Juifs n'ont plus eu le droit d'enseigner fut un �v�nement.

Je ne savais pas que le p�re �tait l'un d'entre eux. Il avait l'air bien.

Non, il fr�quente quelqu�un d'autre. Je lui ai dit.

Num�ro, s'il vous pla�t ? Je vous le passe.

Commande tes p�tisseries chez Galliot, et tes hors-d��uvre chez Albert.

Ou tu te retrouveras avec de la viande de cheval. Num�ro, s'il vous pla�t ?

Les gar�ons ?

Vous ne devriez pas �tre � l'�cole ?

- O� sont vos parents ? - On ne sait pas.

- Bonjour, madame. - Bonjour.

Les lignes sont en d�rangement. D�sol�e, je n'y suis pour rien.

On ne tra�ne pas. Restez en rang.

Attendez !

Apr�s vous, madame.

Je sais ce que tu manigances, B�atrice. Avancez !

Madame.

Un caf�, s'il vous pla�t.

Vous n'�tes pas du coin ?

Non.

Paris.

- Quel temps fait-il � Paris ? - Bon, pour la saison.

Ne me donnez rien, on me suit. Restez un moment puis partez.

Attendez. J'ai peu de temps.

- J'ai un ami � Gillesse... - Demandez � votre sup�rieur.

Je dois y aller.

Excusez-moi, messieurs, dames. Vos papiers, s'il vous pla�t.

Papiers ?

Donnez-les-moi. Sous la table. Vite !

Eloignez-vous.

Les affaires vont bien ?

Le froid n'aide pas.

- J'attends l'�t� avec impatience. - Comme tout le monde.

Bonjour, madame. Vos papiers, s'il vous pla�t.

Levez-vous.

Videz vos poches.

Qu'est-ce que c'est ?

Un cadeau.

Ouvrez-le, s'il vous pla�t.

D�sol�e.

Merci.

- �a sert � quoi ? - C'est un cadeau pour mon fr�re.

Vous �tes ensemble ?

Non.

Suivez-moi, s'il vous pla�t.

Non, elle le quitte pour cet instituteur de Toulouse.

Je te l'ai dit la semaine derni�re : Philippe.

Je vous le passe.

Tu le connais... Didier.

Celui au charmant sourire.

Tout va bien, monsieur ?

Tr�s bien. Merci, Sophie.

- Vous devriez pas... - Il y a une femme...

On doit faire quelque chose. On s'est vues au caf�. La police l'a emmen�e.

- Il y a eu un contr�le de papiers... - Attendez ! Un moment.

- Quelle femme ? - J'avais un colis � livrer.

- Des lampes. Ils l'ont fouill�e. - Vous les lui avez donn�es ?

Et ?

Ils lui ont demand� � quoi �a servait et ils l'ont emmen�e.

- Et vous ? - Non.

- Que vont-ils lui faire ? - Qui vous a vues ensemble ?

- Le barman m'a parl�. - C'est pas un probl�me. Qui d'autre ?

Je ne sais pas. �a s'est pass� tr�s vite.

- Comment l'ont-ils eue ? - Ils l'ont suivie.

Et elle est entr�e dans le caf� ?

Elle voulait me pr�venir.

�a ne prend qu�une seconde.

On a parl� un moment.

Elle n'aurait pas d� entrer.

- Elle craignait qu'ils m'arr�tent. - Arr�tez...

de parler.

- Que vont-ils lui faire ? - Je n'en sais rien.

On ne peut rien faire maintenant.

Pourquoi ne pas avoir parl� � votre contact anglais ?

Parce que je ne l'ai pas encore vu.

- Vous avez un point de rendez-vous ? - Oui.

Je suis d�sol�e. Je devrais partir.

Non !

Attendez. Il vous faut une autre planque.

Mon p�re vit en dehors de L�zignac. Il loue des chambres.

Si on vous demande, dites que vous �tes une amie, de Paris.

Vous �tes de Paris ?

Avant la guerre, oui.

Attendez ici une heure. Je vais parler � mon p�re.

Quand vous partirez, demandez qu'on vous indique Le Domaine.

Vous serez la nouvelle gouvernante. Les murs ont des oreilles ici.

L�-bas, il y a deux gar�ons juifs. Leurs parents ont disparu. Aidez-les.

Si je s�journe chez votre p�re, pourrais-je conna�tre votre vrai nom ?

Julien.

Excusez-moi.

Monsieur.

Je suis Madame Guilbert.

- Votre fils... - Je sais, il m'a dit. Je suis Levade.

Vous pouvez commencer par donner le bain aux gamins. Ils puent.

C'est ouvert.

Il y a quelqu�un ?

Il y a quelqu�un ?

Maman ?

Chut ! Cache-toi !

Je suis Dominique.

Je travaille pour M. Levade. Il m'a demand� de vous donner le bain.

Voulez-vous que je...

J'attendrai dehors.

- C'est la femme tomb�e du ciel. - Qu'est-ce qu'elle fait l� ?

Le m�nage.

Et vos serviettes ?

On rentre � la maison.

Non. Attendez, s'il vous pla�t.

Vous �tes tremp�s. Attendez, s�chez-vous.

On rentre. On n'aime pas rester ici. M. Levade n'est pas gentil.

- Moi non plus, je l'aime pas. - Je suis s�re qu'il...

O� sont nos parents ?

Je suis s�re qu'ils ne voudraient pas que vous preniez froid.

Voil�.

Les gar�ons vont bien ?

Ils sont couch�s.

Ils m'ont pos� des questions sur leur m�re. Que s'est-il pass� ?

Ils ont �t� arr�t�s hier soir par notre police.

On les a emmen�s dans un camp � Drancy.

Les gar�ons n'ont pas �t� emmen�s car ils �taient sortis en cachette.

J'ai un agent l�-bas. Il fait ce qu'il peut pour les lib�rer.

La m�re doit devenir folle.

- Il ne fallait pas les amener ici ! - Avec toutes tes chambres libres !

- Les chambres te suffisent pas. - Il est pas habitu� aux visites.

- Ai-je le choix ? - Je vous en prie, asseyez-vous.

- Asseyez-vous. - Merci.

Je connais M. Duguay. Il enseignait � Toulouse.

J'ai travaill� pour l�universit�.

Ce sont de gentils gar�ons.

- Vous avez faim ? - Non, merci.

Comme tu veux, c'est du civet de lapin.

- Vous aimez le civet, madame ? - D�licieux.

Elle aime �a, et elle y a m�me pas go�t�.

Il trouve que je ne sais pas cuisiner.

Si votre agent vous fait signe, dites-le-moi.

Bien s�r.

Je vais dire bonsoir aux enfants avant de partir.

Vous pouvez servir.

- Excusez-moi, puis-je... - Ne me dites pas votre nom.

- Je n'allais pas... - 12 semaines de cours...

et vous commencez par me dire votre nom.

Essayons de faire vite.

Les Allemands utilisent la route pour transporter munitions et v�hicules.

Il y a un train pour L�zignac lundi, � 1h30 du matin.

Ce sont des wagons, des pi�ces pour tanks et des pi�ces d'artillerie.

D'accord. Je transmets �a � Octave.

A qui vouliez-vous le transmettre ? A la gendarmerie ?

Je ne faisais que... D�sol�e.

J'ai rencontr� un agent, nom de code : Fran�oise. On l'a emmen�e.

- Savez-vous ce qui lui est arriv� ? - Elle est morte.

Il se trouve que je l'aimais beaucoup.

Elle n'a pas eu de chance, vous si.

On ne peut pas se permettre de s'attacher.

Maintenant !

Allez-y !

Auguste ? Claire est assez folle pour �pouser un aveugle ?

Elle dit que mes lunettes sont mon meilleur atout.

- Pas de quoi �tre fier. - Elle ne parlait que du haut.

Menteur.

- Combien de temps ? - Deux minutes.

- Pr�te ? - Deux secondes.

�a y est.

Allons-y.

Baissez-vous !

- Les gardes ont ouvert le feu ! - Salauds !

- G�rard, non ! - G�rard !

Reste l� !

Allez ! Restez pas l� !

Venez !

Allez avec lui.

Dominique, ici.

Quelque chose � boire ?

Merci.

Ce que vous venez de faire...

Vos mains.

�a fait toujours un choc la premi�re fois.

Je dis toujours � Julien qu'il mourra en combattant les Allemands.

Nous, les vieux, on se souvient.

- Vous avez fait... - J'�tais m�canicien.

La guerre adore les m�caniciens.

On r�pare les machines en panne.

Julien dit que vous venez de Paris.

Et votre mari ?

Il est prisonnier. A Bonn.

D�sol�.

Pourquoi votre fils ne vit pas avec vous ?

Vous ne vous entendez pas ?

Mon fils est communiste.

- Et vous ? - La politique ne m'int�resse pas.

Pourquoi risquez-vous votre vie ?

Pour votre pays.

Les gens ne se battent pas pour un pays, mais pour leur famille.

Pour quelqu'un qu'ils aiment.

Quelle importance ?

Tout d�pend si vous �tes de notre c�t�.

Je suis de votre c�t�.

Oui. Je le crois, en effet.

Bonjour, madame.

Bonjour.

C'est une jolie jupe que vous avez.

- On attend. - Oui, tout de suite.

Souriez ! Un, deux, trois...

Merci.

- Madame ? - Gillesse, s'il vous pla�t.

Deux francs.

Ne sortez jamais sans �tre accompagn�s.

- On ne savait pas o� vous �tiez. - Je suis d�sol�e.

Vous devez rester au Domaine. D'accord ?

C'est tr�s important.

Par terre ! T'es mort ! Le plus loin a gagn� !

- Entendu. - Je veux gagner !

En rang ! Jacob sera en premier. Jacob, t'es l�. Un !

Bien haut. Deux, trois !

Bravo !

A toi, Andr�.

Un, deux !

Trois, c'est parti !

- Bien ! - Oui !

Allez, encore une fois. Prenez le mien aussi.

Je t'ai eu, Jacob. Je t'ai eu.

- Vous avez entendu les nouvelles ? - Oui.

Qu'est-ce que Vichy esp�rait ? Les Allemands agissent � leur guise.

Vous devriez �tre fier.

Ils ont besoin d'une arm�e pour vous battre.

Merci.

- C'est agr�able de les voir rire. - Oui.

Il faut �tre prudent.

Vous avez des nouvelles de leurs parents ?

Pas encore.

C'�tait ma seule tenue propre.

- Les gar�ons ont l'air bien. - C'est vrai.

- Vous contacterez... - Quand je recevrai des instructions.

Bien.

Vous vous �tes bien d�brouill�e hier.

Je devrais faire partie des services essentiels.

J'avais une entreprise � Birmingham, un sous-traitant de Ford.

Putain de guerre !

Vous avez quelque chose pour moi ?

Bon Dieu, je d�teste cet endroit.

Vous n'imaginez pas � quel point.

Il y a un parachutage, demain soir.

Voici le point de rendez-vous. Faites-le savoir aux fran�ais.

C'est d�licieux.

J'ai une faveur � vous demander.

- Allez-y. - Je voudrais contacter un coll�gue.

Je pense qu'il se cache dans un refuge � Gillesse.

Quel est le nom de votre ami ?

Peter Gregory.

- C'est un pilote. Son avion... - Je me renseignerai.

- C'est tr�s important. - J'ai dit que je me renseignerais.

Non !

Arr�te !

Laisse-moi tranquille !

- Va-t'en ! - C'est rien.

Tout va bien.

Ce n'�tait qu�un r�ve. Tu r�vais.

Jacob dit que vous �tes un ange car vous �tes tomb�e du ciel. C'est vrai ?

Non.

- Tout est de ma faute ? - Quoi ?

- Si maman et papa sont partis. - Non.

Non, tu n'y es pour rien. C'est la guerre.

- Tout ira bien pour eux ? - Oui, tout ira bien.

Monsieur Foray, disparu !

Fran�oise Guilleme, disparue !

Philippe Le Gentil, disparu !

Jean Sauvier, disparu !

Martine Perrault, disparue !

Monsieur et Madame Duguay, disparus !

Claire Ribi�re, disparue !

- Julien ! - Arnaud L�vy, disparu !

Robert Daladier, disparu !

Pierre Rouss�, disparu !

Pierre Vallat, disparu !

Julien !

Il faut partir !

Tais-toi !

Robert Daladier, dispa...

Il faut qu'on parte, tu m'entends ?

- On a des nouvelles des parents. - Bonnes ?

Ils ont �t� d�port�s en Pologne.

Qu'est-ce... Dans un autre camp de travail ?

Je ne sais pas.

- D�sol� que vous ayez eu � faire �a. - Je travaille pour votre p�re.

On devait forc�ment faire connaissance.

- Que dit-on aux enfants ? - Rien, pour l'instant.

J'ai parl� � un des gendarmes qui les a emmen�s.

Il a dit qu'il avait laiss� la m�re �crire un mot, mais...

elle avait mis trop longtemps. Il a d� partir.

- Dans l�urgence, le mot a �t� perdu. - Seigneur.

Vous avez parl� � votre agent ?

- Oui. - Et ?

- Parachutage confirm�. M�me heure. - On se voit au carrefour � 19 h.

J'ai trouv� �a sous la porte d'entr�e. C'est pour vous.

Merci.

Ce soir, 18h30. Route de Toulouse. Nouvelles de Gillesse.

- Bonne nouvelle ? - Peut-�tre.

Je ne sais pas.

Je dois sortir.

Si Julien appelle, dites-lui que je serai au rendez-vous.

- Je me d�p�che. - N'oubliez pas le couvre-feu !

Papa, viens, d�p�che-toi.

Au revoir, maman.

Merde !

Fait chier ! Maudit v�lo !

J'ai une envie pressante !

Bordel !

Bon Dieu, �a fait du bien ! Un bien fou !

Son avion...

Quoi ?

- O� est Julien ? - Il devrait �tre l�.

En place, vite !

Jean-Paul ! Claire !

Allumez !

Ses papiers ont �t� retrouv�s pr�s de son corps.

Je ne devrais pas �tre l�. Ma place est � Birmingham.

Ce n'est pas moi.

D'ici quelques jours, vous serez chez vous, ch�rie.

Vous n'avez rien � faire ici.

Les gens d�noncent leurs voisins � la Gestapo s'ils sont trop bruyants.

Plus personne ne passe inaper�u.

Je vous contacterai avant que votre avion n'arrive.

Ne sortez pas, sauf si n�cessaire.

Dominique, j'ai faim.

Les assiettes, s'il te pla�t, Andr�.

- Je veux de la confiture ! - C'est pas un h�tel ici.

- Maman a toujours de la confiture. - Je ne suis pas ta m�re !

Finissez de manger !

Venez.

- J'aurais pas d� les effrayer. - Ils s'en remettront.

Qu'est-ce que je vais leur dire ? Ils ne me feront plus confiance.

Mais si. Les enfants pardonnent presque tout.

- Julien ne vous pardonne pas. - Il est si en col�re que �a ?

C'est triste... la fa�on dont on est prisonnier du pass�.

Il est en col�re car il n'a plus que moi. Sa m�re est morte.

J'ai �t� nul comme p�re.

Trop absorb� par mon travail... par les femmes.

Et maintenant ?

Je suis trop vieux pour me mentir. Je suis comme je suis.

Ma seule honte est d'avoir vu mon pays se trahir.

Julien !

Fais rentrer les gar�ons !

Venez, vite !

- Que faites-vous ? - Vous leur avez dit !

Vous avez dit aux Allemands qu'on arrivait !

- Je jure... - Vous leur avez dit !

- Je n'ai rien dit ! - La ferme !

- L�chez-moi ! - Je n'ai pas pu les pr�venir...

- car j'attendais que vous veniez. - Je suis d�sol�e.

Vous savez combien de personnes sont mortes ? Auguste, Claire. Tous !

Et je n'ai rien pu faire ! Je n'ai pas pu crier. Les Allemands...

Je ne pouvais que regarder !

Je n'ai pas pu...

O� �tiez-vous ?

Je devais voir mon agent. Je n'ai pas eu le temps de vous pr�venir.

Je vous jure, je n'ai rien dit.

La seule personne qui �tait au courant, c'est vous.

C'est jur�.

Quelqu�un leur a dit.

Ils connaissaient l'endroit exact : le champ, la route.

Ils avaient des cartes indiquant jusqu'aux arbres !

Elle dit la v�rit�. Elle a re�u un mot, je l'ai vu.

Elle ne ferait pas �a.

Contre le mur.

- Ce sont vos papiers ? - Oui.

Selon cette carte, vous avez pass� la ligne de d�marcation ill�galement.

Le cachet est faux. Dans la voiture, s'il vous pla�t.

Etant instituteur, je les connais, enfants, parents, grands-parents.

Je connais tout le monde.

Tiens.

Il faut qu'on parle.

Excusez-moi.

Dehors.

Les cartes, d'o� venaient-elles ?

Ne m'abordez pas en public. Je n'ai pas envie de mourir.

Il y a eu des fuites.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez. - Il y a eu des fuites.

Les Allemands savaient. On n'avait aucune chance.

�a n'a rien � voir avec moi. Je fais que transmettre les infos.

- Alors comment ont-ils su ? - Qui sait ?

- Saviez-vous ce qui allait arriver ? - Bien s�r que non !

Je ne fais que suivre les instructions.

De qui viennent-elles ? De Londres ?

Londres sait tout.

Je suis l� que pour �viter les taxes.

Ma m�re �tait fran�aise. C'�tait �a ou la taule. Mea-culpa.

Quand les avez-vous rencontr�s ? Vous �tes all� vers eux ?

C'est eux qui sont all�s vers vous ?

Bien s�r. O� �tait-ce ? Dans un bar ? Un train ?

Vous a-t-on demand� de m'�loigner ?

Alors ?

Les Boches sont descendus dans le sud pour prot�ger la c�te.

L'Afrique du nord est fichue. Ils perdent, tout le monde le sait.

Londres, les Fran�ais.

Les choses changent. On ne combat pas que les Allemands.

Vous insinuez qu'ils font �a juste pour attraper six communistes ?

Vous voulez savoir qui a vendu la m�che ?

�a pourrait �tre n'importe qui : un interm�diaire, un londonien...

�a pourrait �tre moi ou vous.

Si j'�tais vous, je ferais attention et je tiendrais ma langue.

Vous saisissez ?

Je pense que j'ai compris.

Vous devez partir d'ici. Mercredi, � 2h50 du matin.

A l'endroit o� vous avez atterri. Vous devriez vous rappeler.

Si vous restez, vous devrez vous d�brouiller toute seule.

Puis-je vous aider ?

Excusez-moi, je suis Monsieur Renech.

Vous vous demandez ce que je fais l�. Voyez-vous...

je vous observe depuis quelque temps.

C'est pu�ril, je sais, mais vous �tes si jolie.

Que voulez-vous ?

J'ai pens� qu'il �tait de mon devoir de vous avertir.

- M'avertir ? - Un homme est arriv� de Paris...

pour aider les Allemands � trouver leur quota de Juifs.

J'ai eu la chance, en tant que notable de L�zignac...

de rencontrer cet homme.

Il m'a dit que le gouvernement de Vichy...

a donn� des instructions pour la d�portation des enfants juifs.

- Pourquoi me dites-vous �a ? - Votre ami, Julien...

h�berge les enfants Duguay.

Je les ai entendus.

- Qui vous a dit de venir ici ? - Je vous en prie...

Personne ne sait que je suis l�. Je suis venu parce que...

je veux �tre votre ami.

- Je dois y aller. - Non, attendez. S'il vous pla�t !

Attendez ! Arr�tez-vous !

Arr�tez !

Tournez-vous.

Restez polie. J'ai de l'importance. Je connais des gens importants.

Alors vous serez mon amie...

et les gar�ons seront en s�curit�.

Embrassez-moi.

Demain. Je suis sale. On sera ensemble demain, quand je serai propre.

- Si vous partez, je vous tue. - Demain.

Vous viendrez. Je connais beaucoup de monde.

Vous comprenez ? Beaucoup de monde.

Je comprends.

- On est suivis ? - Je ne crois pas.

- On aurait d� pr�venir Julien. - Ils vont le surveiller.

- Ah, madame. - Tout va bien ?

- Venez. - Sortez.

Venez voir, j'ai des chatons n�s il y a deux jours.

Voil� mon lit !

Touch� !

J'ai gagn�.

Dominique !

Je dois y aller.

Ecoutez-moi bien, tous les deux.

Vous devrez rester ici, dans le grenier.

Vous ne devez surtout pas descendre sauf si Mme Cariteau vous le permet.

Vous comprenez ?

Et pour manger ?

Madame fera � manger, M. J'aime La Confiture.

Vous devez rester ici. Et essayez de rester silencieux.

- Pourquoi vous ne restez pas ? - Restez.

C'est plus s�r ainsi, mon ch�ri.

Je reviendrai demain.

Pas de dispute.

Pourrait-on s'arr�ter un moment ?

Croyez-vous qu�une personne puisse commettre un crime...

- sans le savoir ? - Non.

On peut y prendre part, mais on n'est pas responsable.

Pour �tre responsable, il faut savoir ce qu'on fait.

Pourriez-vous vous pardonner...

si vous aviez pris part � quelque chose de terrible sans le savoir ?

Bien s�r. Sinon, je ne serais plus utile � personne.

Je crois que je ne sais plus ce que je fais ici.

- Tu as emmen� les gar�ons ? - Oui.

- Ils sont en s�curit� ? - Pour le moment.

Tu veux de la soupe ?

Elle est encore chaude.

- O� est Dominique ? - Elle se repose.

Merci d'avoir surveill� les gar�ons. C'est pas facile.

Tous les enfants sont enquiquinants. Je le savais d�j�.

Mange.

C'est ta solution � tout.

Manger.

Reste ici, ce soir. Tu es fatigu�.

Qui est l� ?

Pichon.

On est de la Mairie. On voudrait vous parler.

Des hommes de la mairie sont l�. Sortez des chaises.

Monsieur ?

D�sol� pour l'humidit�. On n'utilise jamais cette pi�ce.

Boirez-vous quelque chose ?

Asseyez-vous, monsieur.

Monsieur Levade.

Mon nom est Paul Pichon.

Je suis du service de renseignement du gouvernement de Vichy.

- �a sonne tr�s bien. - On assure certaines fonctions...

de la police pour les affaires juives.

Le mois dernier, notre gouvernement a recens�...

tous les Juifs connus de la zone libre. Votre nom n'appara�t pas.

Avez-vous un certificat de non-appartenance � la race juive ?

- Pourquoi... - Vos papiers.

- Pardon ? - Vos documents.

Votre carte d'identit�, carte de rationnement, permis de travail.

- Tout ? - Tout, s'il vous pla�t.

Je vais vous expliquer ce qu'est la collaboration.

Le but de la collaboration est, et a toujours �t�...

de sauvegarder l'ind�pendance des citoyens fran�ais.

On est convaincus qu'en coop�rant avec l'occupant...

on offre � la France sa plus grande chance de suivre son destin.

Ainsi, j'affirme que la collaboration est le plus grand acte patriotique.

- Ces papiers n'ont pas le bon cachet. - Je ne comprends pas.

Tous les papiers importants devraient porter la mention "Juif. "

- Vous savez �a ! - Je ne suis au courant de rien.

Vous n'avez pas amen� ces gens juste pour des papiers.

Excusez-moi ? Et vous �tes ?

- C'est mon... - Je suis son fils.

Ah, oui, le fils ! Asseyez-vous.

Selon nos registres, l�h�ritage de M. Levade n'est pas que fran�ais.

Pour notre enqu�te, on doit �tablir l'origine de ses grands-parents.

- Ils �taient fran�ais. - �a n'a rien � voir !

Comment �a ? Il est fran�ais, je suis fran�ais.

- Et vous ? - Julien !

Il s'est battu � Verdun.

4 ans dans les tranch�es. On ne lui a jamais rien demand�.

Monsieur, je peux peut-�tre vous aider...

Allez-y.

Julien ?

J'ai un mot � vous dire.

Julien !

Je vous �coute.

Je suis au courant pour les Duguay. Vous les avez d�plac�s, non ?

Un instituteur doit toujours savoir o� se trouvent ses �l�ves.

Voyez-vous, on a un probl�me.

Monsieur Pichon doit remplir son quota.

Et pour �a, il doit prendre soit votre p�re...

soit les gar�ons.

Bien s�r, il ne le sait pas encore.

�a d�pend de vous.

Vous avez besoin d'y r�fl�chir ?

Je comprends.

Vous avez quelque chose � dire ?

Ses grands-parents �taient juifs.

Et si �a fait de mon p�re un Juif...

alors je suis juif aussi.

En fait, non.

Selon les r�gles en vigueur, vous n'�tes juif que d�1/8�me...

vous n'�tes donc pas juif.

Cependant, il y a quelques questions qu'on devra aborder.

Veuillez rester dans la maison. Le vieil homme, s'il vous pla�t.

Ne le prenez pas comme �a. Il a besoin de v�tements.

Vite.

Monsieur, s'il vous pla�t.

�a va aller.

Je n'ai pas oubli�.

Voici vos v�tements propres.

Julien.

Il faut qu'on rejoigne les enfants avant Renech.

- Julien, il faut partir d'ici. - Que proposez-vous ?

Que je leur dise que, tout d�un coup...

je me sens plus juif que mon p�re ?

- Vous avez fait de votre mieux. - Pour quoi ?

Pour deux enfants qui mourront de toute fa�on.

Vous voudriez qu'on renonce ?

Pourquoi �tes-vous venue ici ?

Pour la France, le devoir, je ne sais pas. Je pensais...

J'aimais un homme.

Vous vous �tes engag�e pour lui ?

Oui.

- Que s'est-il pass� ? - Il est mort.

- Je suis d�sol�. - Il n'y a aucune raison.

Vous l'aimiez.

On devrait pas parler. On n'est pas en lieu s�r.

Votre p�re est bon. Il comprendra que vous n'aviez pas le choix.

Non, il ne comprendra pas.

Embrassez-moi.

Approchez.

H� !

Ouvrez mon chemisier.

H� !

- Courez ! - A l'�glise !

R�veille-toi. Il y a quelqu�un en bas. Ecoute.

Il n'y a rien l�-haut.

Non ! Il n'y a rien !

Laissez-les.

Laissez-les, malotrus ! Laissez-les !

Non !

- Andr� ! Jacob ! - Dominique !

Je vous retrouverai !

- A bient�t. - Oui, j'esp�re bien. Merci.

Bonsoir, les petits.

Mon humble demeure. Vous prendrez un dernier verre ?

Merci.

- C'est un beau quartier. - Un peu d�labr�, mais je m'y plais.

Attendez.

Je suis arriv�e trop tard.

On va les emmener par le train. C'est tout ce que je sais.

Seigneur, dites quelque chose !

- Il faut partir. - Non !

Dominique.

Renech est mort. On m'a vu. Vous ne pouvez rien faire de plus.

- Je ne partirai pas. - Ils vous tueront.

C'est ce que vous voulez ? Partez avec moi.

Un chauffeur nous conduira � Toulouse et on rejoindra les Pyr�n�es.

- Dominique... - Je ne partirai pas.

Ecoutez-moi. Si vous restez, vous mourrez.

Avant de mourir, ils vous tortureront. Et vous parlerez.

- Vous croyez que �a nous aidera ? - Comment osez-vous ?

- Quoi ? Vous voulez mourir ? - Non.

Pourquoi ?

Car vous ne supportez pas de vivre quand d'autres sont condamn�s ?

Vous croyez que �a ne me touche pas qu'on prenne mon p�re ?

De savoir que je ne peux rien faire, ni m'excuser ?

Vous croyez que �a ne fait pas mal ?

Je ne peux rien faire. C'est comme �a.

A part survivre. On en est l�.

Non, �a ne suffit pas !

- Dominique. - C'est pas suffisant.

- Vous avez fait votre possible. - Taisez-vous !

Mon possible ?

Comment pouvez-vous dire �a ?

Vous ne savez pas ce que j'ai fait. Vous ne savez pas qui je suis.

Vous ne connaissez pas mon nom.

Oui !

J'ai une chose � faire.

Il doit bien y avoir quelque chose � faire contre tout �a.

Vous devez partir.

D�sol�e. Tout ira bien. Mon agent m'aidera.

Partez !

Par �gard pour votre p�re, partez.

Partez !

Police ! Ouvrez !

Ouvrez !

Allez voir en haut.

Alors ?

Rien.

Monsieur, s'il vous pla�t.

Aucun bagage.

Andr� ! Jacob !

Andr� ! Jacob !

Jacob !

Duguay ?

- Dominique ! - Dominique !

Jacob !

Dominique !

- Andr� ! - Ici !

Monsieur Levade.

Monsieur Levade, tenez !

J'ai une lettre de la m�re des enfants.

Prenez-la !

" Mes chers petits.

J'esp�re que quelqu�un vous lira cette lettre.

Papa et moi nous portons bien.

D�sol�e de ne pas vous avoir dit au revoir, ni �crit plus t�t...

mais on a d� partir pr�cipitamment et on travaille tr�s dur depuis.

On fait des travaux forc�s en Allemagne.

Quand tout sera fini, on reviendra.

Mais d'ici l�, vous devrez �tre forts et veiller l�un sur l'autre.

Mangez, autant que vous pouvez.

M�me si, parfois, vous n'en avez pas envie.

Ne vous chamaillez pas.

Et si vous voyagez, je veux que vous vous teniez la main.

Comme pour traverser la route.

On vous embrasse de tout notre c�ur.

Votre maman et papa qui vous aiment. "

Votre maman et papa qui vous aiment.

Il s'est fait tuer en Afrique du nord.

LONDRES, SIX MOIS PLUS TARD

Si vous allez par-l�...

vous trouverez la femme de la Croix Rouge. Merci. Suivant ?

- Mme Baxter, combien � charge ? - Trois.

Quatre.

Vous voyez le type des logements ?

- Il vous trouvera quelque chose. - Merci.

Tu viens au cin�ma ? C'est I Walked With a Zombie.

Non, merci.

- Tom Conway joue dedans. - Je voudrais me coucher t�t.

Comme tu voudras. C'est arriv� ce matin pour toi.

- �a va ? Tu as l'air patraque. - Daisy...

Je m'en vais, je m'en vais.

Amuse-toi bien.

Tu as eu ma lettre ?

Oui, �videmment.

D�sol� de te prendre de court. Je n'ai pas pu me lib�rer plus t�t.

Depuis quand es-tu en Angleterre ?

Quelques mois.

Je n'allais pas bien quand je suis rentr�.

On...

- m'a dit que tu �tais mort. - C'est ce que je pensais aussi.

On m'a montr� des photos. Il y avait un corps.

C'�tait le navigateur.

On me cachait en France. Je ne pouvais pas bouger. Je devenais fou.

- �a va ? - Oui. D�sol�e, mais je...

Je ne sais pas...

C'est bien que tu sois rentr�.

Et toi ? Que t'est-il arriv� ?

Je suis all�e en France.

Tu vois, tu n'as pas r�ussi � m'en emp�cher.

Pourquoi ?

J'ai cru que je pourrais te retrouver.

- Oh, Peter... - Que s'est-il pass� ?

- Charlotte ? - Tu avais raison pour la guerre.

Elle nous dupe tous. Ou elle nous tue.

Il faut du temps pour s'en remettre. Tout est sens dessus dessous.

Tu sais...

je n'ai jamais cess� de penser � toi.

On pourrait partir quelque part. N'importe o�.

- Peter. - J'ai une permission. On...

Je peux pas revenir en arri�re.

Je suis d�sol�e.

Tu aurais d� m'�couter.

Je n'aurais pas �t� moi-m�me.

FRANCE 1945, PAIX

Bonjour.

Bonjour.

Je ne pensais pas...

Non.

Il y a quelque chose que je voulais vous dire.

Quoi ?

Je m'appelle...

Charlotte Gray.

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