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Original subtitles

Oieda, une �le de l'oc�an Atlantique.

8 000 km2. � 2 heures d'avion du continent am�ricain.

Capitale: El Pao.

Son palais du gouvernement b�ti par les Espagnols au XVIe si�cle.

Ressources: coprah, bananes.

Et p�che.

Autre souvenir de l'oppression espagnole:

un vieux monast�re.

Cette description de l'�le d'Oieda ne se trouve pas dans les guides.

Car depuis longtemps,

aucun touriste n'a �t� autoris� � d�barquer � El Pao.

Pr�s des masures mis�rables o� vit une population

exploit�e par les fonctionnaires envoy�s du continent,

s'allongent les b�timents du p�nitencier,

o� sont enferm�s 2 000 condamn�s, dont plus de 500 politiques

victimes du gouvernement de r�novation nationale

du pr�sident Carlos Barreiro.

La famille d'un homme d�port� pour ses id�es au p�nitencier d'Oieda

ne le reverra iamais.

Un iour, elle viendra prier sur sa tombe,

avec l'autorisation de Son Excellence le gouverneur,

dont la luxueuse villa se cache

dans l'exub�rante v�g�tation tropicale.

...

Attention. Vasquez.

- Est-ce qu'il nous a vus ? - Quelle importance ?

Le gouverneur m'envoie vous chercher.

La f�te va commencer.

Inutile de vous d�ranger.

Le colonel Olivares me conduira � El Pao.

Je m'excuse d'insister. Son Excellence...

Vous n'avez pas entendu ?

Dites � mon mari que nous arrivons.

Bien, madame.

Pourquoi �tre si d�sagr�able avec ce pauvre gar�on ?

C'est un affreux mouchard.

Il va aller tout raconter � ton mari.

Je ne le crois pas.

C'est un id�aliste.

- Il croit en l'honneur. - Je n'y crois pas, moi ?

Si, mais d'une autre mani�re.

Heureusement, ie repars sur le continent.

Cette �le me rend fou.

On ne peut rien faire sans que tout le monde le sache.

Quand me reioindras-tu ?

- La semaine prochaine ? - Non.

Alors quand �a ?

Jamais.

Tu tiens tellement � ton mari ?

J'ai de la peine � le croire.

Vous vous ressemblez, tous les deux.

Je n'ai plus l'impression de le tromper.

In�s, ie t'aime. Je ne peux pas vivre sans toi.

Aimer est un bien grand mot pour ce qu'il y a entre nous.

Mon amour.

Tu embrasses trop bien.

Je veux �viter d'�veiller des regrets.

Fanfare

...

Regarde-le. Voil� d�i� son portrait de pendu.

T'en fais pas. Il sera pendu � son tour.

...

Tu veux boire ?

...

- Les camions de viande sont l� ? - J'en sais rien.

Il faudra les surveiller.

Pourquoi les garder ? C'est gratuit.

On leur iette de la viande pour �viter qu'ils nous mordent.

Tu es fou, Garcia.

Allons, tais-toi.

� tes ordres.

Tu as peur que ce cochon de Vargas nous entende.

J'ai aussi mes id�es. Tu le sais bien.

Ouais. Prudemment, tu les gardes pour toi.

Elles ne risquent rien, et toi non plus.

Tu es so�l, Garcia. Tais-toi.

Tu me d�go�tes, Vasquez. Tu seras iamais un homme.

Vasquez ? Venez par ici.

Mes hommes attendent depuis 1 heure. Je dois les ramener au p�nitencier.

J'allais pr�venir Son Excellence.

D�p�chez-vous.

...

On vous attend, Excellence.

On attendra.

Viens ici.

J'ignorais tes talents de dessinateur.

Il y a longtemps que ma femme pose pour toi ?

Son parfum, c'est lui qui t'inspire ?

Quand te l'a-t-elle donn� ? Quand ?

Elle l'a oubli� ici. Je l'ai rang� pour le lui rendre.

Tu me prends pour un idiot.

Vous vous moquez de moi, tous les deux.

Je surveille votre man�ge depuis longtemps.

Amusez-vous. Vous n'en avez plus pour longtemps.

Quand i'aurai des preuves, ie vous abattrai comme des chiens.

Excellence, vos soup�ons sont iniustifi�s. Je vous donne ma parole.

Mme Vargas n'a iamais fait attention � moi.

Je sais qui c'est.

Olivares.

Je ne me suis pas tromp�. C'est lui ?

Avoue que c'est lui.

Je finirai bien par le savoir.

In�s me m�prise car i'ai accept� d'�tre gouverneur de cette �le.

Tu ne veux pas parler ?

Qu'as-tu � cacher, si ce n'est pas toi ?

Si ie ne t'avais pas engag� comme secr�taire,

tu serais encore un pauvre fonctionnaire.

Je peux faire et d�faire ta fortune. N'oublie pas.

Mariano ?

Tu pr�f�res te taire ?

Tant pis pour toi.

Je saurai lui faire cracher la v�rit�, � elle.

Sais-tu o� ie l'ai trouv� ?

Dans un tiroir du bureau de Vasquez.

Dans le bureau de Vasquez ? Que faisait-il l� ?

C'est toi qui vas me le dire.

Je veux savoir imm�diatement toute la v�rit�.

Soup�onner ton propre secr�taire ? Tu as trop d'imagination.

Si ce n'est pas lui, c'est Olivares.

Ne te mets pas dans cet �tat un iour de f�te.

Tu es tout en nage.

Regarde l'�tat de ton bel uniforme.

L�che-moi. Mais qu'est-ce qui te prend ?

Je te d�go�te. Dis-le.

Je te r�pugne. Dis-le une bonne fois.

Avoue que d'autres te plaisent davantage.

M�me s'il y en avait d'autres ?

Il n'y en aura iamais d'autres.

Tu vas voir qui est le ma�tre, garce.

Tu t'es assez moqu�e de moi.

Je t'emp�cherai de tourner autour des hommes comme une chienne,

m�me si ie dois te tuer pour �a.

Ordure.

In�s crie.

- Excellence... - Que viens-tu faire ici ?

Va-t'en ! Va-t'en !

Tu as compris ?

O� vas-tu ?

T'excuser aupr�s de ton secr�taire.

Nous continuerons ceci plus tard.

Je devrais sans doute vous remercier d'�tre intervenu.

Vous �tes convaincu de m'avoir sauv�e.

Votre galanterie ressemble � de l'indiscr�tion.

Je vous ai entendue crier.

Et ce mouchoir ? Vous accumulez les maladresses.

J'ai �t� maladroit. Je vous demande pardon.

Pourquoi agissez-vous ainsi ?

Pour me perdre dans l'esprit de mon mari ?

Parce que ie vous aime.

...

La distribution aura lieu apr�s la fin des discours.

Avec cette chaleur, les mouches auront tout mang� d'ici 1 heure.

Recouvrez avec les b�ches. Vous autres, d�gagez-moi ce camion.

Ne me bousculez pas. �a fait 1 an qu'on attend.

�a nous emp�chera pas de crever de faim.

Applaudissements et acclamations

...

In�s, excuse-moi pour ce qui s'est pass�.

Reposez armes !

- C'est le moment. - Prenez la parole.

- Votre discours, Excellence. - Merci.

� l'occasion du 25e anniversaire de la Constitution,

notre pr�sident bien-aim�, le g�n�ral Carlos Barreiro,

dont le...

Applaudissements

...

... Carlos Barreiro, dont le g�nie, le labeur et la volont�, d�vou�s

sans rel�che au service de la patrie,

a su nous rendre la paix, la libert� et l'honneur.

...

Durant des ann�es,

notre patrie a d� rester � l'�cart des nations modernes.

L'anarchie, l'indiscipline et la faillite �conomique

nous condamnaient � un isolement

qui nous aurait entra�n�s sur une pente...

Coup de feu

- Ouvrez ! - Ouvrez !

- Ouvrez ! - Ouvrez !

...

Doucement. Du calme. En arri�re.

Y en aura pour tous.

En arri�re.

...

Vous voil� enfin, cher ministre et ami.

Je vais vous montrer Warrembo,

un produit de la gagnante de la coupe Barreiro.

Il fera s�rement parler de lui dans les annales hippiques du pays.

N'oublie pas que les mandats d'arr�t des complices de Garcia

attendent touiours ta signature.

Je les signerai. Fais-les arr�ter d'abord.

C'est fait.

Mon cher vice-pr�sident,

vous attachez trop d'importance � la mort de Vargas.

Ce n'est que le crime isol� d'un fanatique.

Mais un meurtre en provoque d'autres.

Il faut d�courager les fanatiques.

A-t-on trouv� Garcia ?

Non. Mais il ne pourra pas quitter l'�le.

Je l'ai bien fait, en m'�vadant du p�nitencier.

1 mois apr�s, tu renversais le gouvernement Sotomayor.

Que cela nous serve de le�on.

Demetrio, ce cheval n'est pas en forme.

- Appelle le v�t�rinaire. - � vos ordres.

� mon arriv�e le peuple �tait dans la mis�re.

Je lui ai donn� la prosp�rit�.

Il veut la libert�, mais retomberait dans la pauvret�.

Qu'il ne compte pas sur ma faiblesse.

En attendant d'avoir Garcia, arr�tez n'importe qui.

Qu'ils ne croient pas qu'on tue impun�ment

un membre de mon gouvernement.

Faisons une arrestation spectaculaire: Cardenas.

Cardenas ? Ce serait de la folie.

Il a �t� nomm� pr�sident du Congr�s de droit politique.

Excellence, le v�t�rinaire voudrait parler � Votre Excellence.

J'y vais.

Un cheval qui a gagn� un prix � Longchamp.

Cardenas m'a fait demander une audience pour ce matin.

Je suis au courant.

Quelqu'un s'occupe de lui: Alexandre Gual.

"Gual" ?

Ah oui.

Se�or Cardenas, Son Excellence s'excuse du retard.

Il va vous recevoir.

Attends-moi. Je n'en ai pas pour longtemps.

Mademoiselle. Enchant�.

Si vous voulez bien me suivre.

J'ai appris votre nomination au Congr�s mondial

de droit politique. C'est un honneur pour notre pays.

Passez, ie vous prie.

Cette nomination inqui�te un peu notre pr�sident.

Il craint que vous n'en profitiez pour critiquer son r�gime.

Pourtant, Barreiro me conna�t bien.

Nos probl�mes int�rieurs et nos diff�rends nous regardent.

Toutes ces questions politiques peuvent se r�gler sans les �trangers.

Vous me rassurez. Par ici.

Si Barreiro voulait faire preuve d'un peu plus d'humanit�.

�videmment.

Que signifie... ?

- L�chez-moi. - Laisse-toi faire.

- Vous n'avez pas le droit. - �a va, �a va.

C'est une infamie.

Dites � Mlle Cardenas que son p�re d�ieune avec le pr�sident.

...

- Le commandant est l� ? - Oui, capitaine.

Donnez-lui la liste des prisonniers. D�p�chez-vous.

Boniour.

C'est interdit, d'encha�ner les politiques.

On les traite comme les droits communs.

Vargas pouvait se permettre de prendre des initiatives.

Je vous demanderai de me signer une d�charge.

Je d�gage ma responsabilit�.

Non. Je n'ai iamais sign� de papier.

Dans ce cas, ie suis oblig� d'en r�f�rer � la capitale.

�tez les cha�nes � tous les d�tenus politiques.

Alors, vous �tes satisfait ?

Les d�tenus �g�s et malades doivent �tre amen�s

au p�nitencier en camion.

� votre place, ie demanderais des instructions plus pr�cises.

Ma�tre ?

- Quoi, encore ? - Vous m'avez oubli� ?

Ram�n Vasquez.

J'ai �t� votre �l�ve � la facult� de droit.

Ah oui. Ram�n Vasquez. Je ne vous aurais iamais reconnu.

Je ne m'attendais pas � vous voir dans ce r�le de ge�lier.

Je suis secr�taire du gouverneur. Je n'ai pas oubli� vos le�ons.

Il n'y a rien de commun entre mon enseignement et vos fonctions.

Dois-ie vous rappeler qu'il est interdit

de parler aux prisonniers ?

...

Vous �tes un homme �trange, Vasquez.

Voil� la correspondance personnelle de votre mari.

Je vous ai observ�, tout � l'heure.

Sans �lever la voix,

vous avez fait �ter les cha�nes des d�tenus.

Vous montrez votre attachement pour ce vieux prisonnier.

Une seconde de courage ne compense pas des ann�es de l�chet�.

Vous savez d�fendre votre id�al.

Avec ou sans id�al, va-t-on me garder comme secr�taire ?

Fils naturel d'un �migr� fran�ais, i'ai �tudi� gr�ce � une bourse.

Je dois iuste �tre reconnaissant.

Je suis s�re que vous finirez par vous imposer.

J'avais fait un rapport sur la situation de l'�le,

les moyens de l'am�liorer.

Il est encore l�.

Je n'ai pas iug� utile de l'envoyer.

Envoyez-le. Donnez-le-moi.

Comment ?

Ma famille est li�e au pr�sident.

Laissez-moi vous aider. Je veux me sentir utile.

C'est pour moi que ie le fais,

et en souvenir du iour o� vous m'avez dit que vous m'aimiez.

Oubliez ce que i'ai dit.

C'est impossible. M�me si ie le voulais.

Je viens du sud de l'�le.

On a trouv� la piste de Garcia derri�re la grande plage.

Il ne peut plus s'�chapper.

Je vais avec vous.

J'essaierai de les emp�cher de le maltraiter.

Pauvre Garcia. Je souhaite qu'il s'en tire.

...

Vous avez de la chance.

Je vous pr�viens: ceux qui aideront le fugitif seront tu�s.

Si vous le voyez, gardez-le et faites-nous pr�venir.

Oui, sergent.

...

Qu'est-ce que c'est ?

- Qu'est-ce que �a veut dire ? - Haut les mains.

Ne bougez plus.

Fais attention, Ram�n. Ne m'oblige pas � tirer.

Rends-toi, Garcia.

Peut-�tre, mais ie pr�f�re mourir en me d�fendant.

Toi, avance.

Coup de feu

Garcia...

Garcia !

...

- Dis-leur de s'arr�ter. - Encore ?

Coups de sifflet

Avec ces pauses, le travail n'avance pas.

Le maire sera furieux.

Que veux-tu qu'on y fasse ?

C'est M. Vasquez qui commande.

Tant qu'on n'a pas de nouveau gouverneur,

ie l'applique, son r�glement.

- Qui c'est, �a ? - Je sais pas.

...

Regardez. �a ne vous donne pas envie d'�tre pensionnaire ?

Excellence, i'ai �t� ravi d'apprendre votre nomination.

On ne m'a pas pr�venu de votre venue.

J'aime surprendre mes amis.

Nous venons du p�nitencier. Tr�s bien tenu.

Lopez et Villa, des services sp�ciaux de la pr�sidence.

Ainsi, c'est la plantation du maire d'El Pao.

J'y ai mis des d�tenus de la section D, mes meilleurs suiets.

La main-d'�uvre ne lui co�te pas cher, au maire.

Ils n'ont pas l'air tr�s actifs, vos meilleurs suiets.

Le nouveau r�glement en a d�cid� ainsi.

Du temps de Vargas, c'�tait autre chose.

Depuis que Vasquez le remplace...

Ce Vasquez me para�t faire du z�le.

Regardez ces hommes.

Tant qu'ils se reposent, ils pensent, parlent, font des proiets.

Des proiets d'�vasion.

Vous avez raison. Nous allons y mettre bon ordre.

- Manuel. - Oui ?

Renvoie les hommes au travail.

Bien.

Allez, au travail. Allons !

- D�i� ? - La pause commence iuste.

Allez, tas de fain�ants.

Allez, au travail. Et plus vite que �a !

Allez, au travail.

Allez, au travail.

Je voudrais voir le chantier des politiques.

Le pr�sident s'y int�resse beaucoup.

Les politiques ne travaillent pas.

- C'est le r�glement. - Ils ne travaillent pas ?

Encore un ordre de Vasquez ?

�a n'est pas exactement un ordre.

Pourquoi ne travailleraient-ils pas, comme les autres ?

Vous avez beaucoup � faire.

Je vous verrai ce soir. Nous en reparlerons.

...

- Quand as-tu quitt� l'universit� ? - Il y a 10 ans.

J'ai �t� engag� au minist�re de l'Int�rieur.

J'ai pas pu finir mes �tudes. Je n'avais pas d'argent.

Je ne les ai pas commenc�es car i'en avais trop.

Dans notre milieu, le travail pour une ieune fille est un d�shonneur.

Que voulais-tu apprendre ?

Tout et rien. N'importe quoi.

J'aurais voulu sortir, m'�vader.

�tre libre, avoir des amis de mon �ge.

Mais mes parents choisissaient mes relations.

Le premier homme qui a demand� ma main, ie l'acceptai.

C'�tait Vargas.

Ce n'est qu'apr�s quelques ann�es que i'ai d�couvert la libert�.

Il m'est arriv� de commettre des erreurs.

Je ne veux plus penser � tout �a, Ram�n.

Une vie nouvelle va commencer pour nous.

...

- Monsieur Gual. - Je tenais � ce que ma 1re visite

� Oieda soit pour vous.

Merci de votre courtoisie.

Je vous en prie, asseyez-vous.

Merci.

Je comprends tr�s bien que dans votre grande douleur,

vous pr�f�riez la solitude.

J'ai pens� � vous, depuis la nomination de ce pauvre Vargas.

La belle In�s, exil�e � Oieda.

J'�tais un de vos admirateurs les plus assidus.

Mais vous ne faisiez pas attention � moi.

J'ai oubli� tout cela.

D�i� ?

Je peux vous l'avouer, maintenant.

Je crois qu'autrefois, ie vous ai aim�e en secret.

Je vous en prie, monsieur Gual.

C'est vrai. Excusez-moi.

Avant mon d�part de la capitale, i'ai rencontr� un de vos amis,

le colonel Olivares.

Il m'a dit combien cette mort vous avait frapp�e.

Qu'insinuez-vous ?

Avec d'autres, vous avez eu plus de bienveillance qu'avec moi.

J'aime ce regard de m�pris. Il vous rend encore plus belle.

Allez-vous-en.

Votre pr�sence ici est d�plac�e, Alexandre Gual.

Au moins, ie sais � quoi m'en tenir.

Vous changerez d'avis quand nous nous conna�trons mieux.

Nous sommes faits pour nous comprendre.

...

Quelle chaleur.

Si �a dure longtemps, on va finir par crever de soif.

Il ne doit pas �tre loin. On finira bien par le trouver.

Il est dans l'arbre.

Par ici !

- Je crois qu'on l'a trouv�. - Tu l'as trouv� ou pas ?

- Oui, mais il doit �tre arm�. - T'es pas arm�, toi ?

Si. Bon. Ben, allons-y.

Regarde-moi �a.

La fi�vre des marais.

Il est inoffensif.

Ce sera dur de le faire parler.

T'inqui�te pas. On parlera pour lui.

S'il peut pas signer, on le fera.

- Descendez-le. - Descendez-le.

Quel pays.

Mange, Carlotta. L�. L�.

Bien.

Sois sage.

Asseyez-vous, monsieur Vasquez.

Nous n'avons pas vraiment parl�, depuis mon arriv�e.

J'ai �t� tellement occup�. Asseyez-vous.

Par contre, on m'a beaucoup parl� de vous et de vos initiatives.

Le capitaine Real, Indarte.

La se�ora Vargas.

J'ai fait un rapport sur mes activit�s depuis la mort de Vargas.

On a d� vous le donner.

Une femme admirable, In�s Vargas. Elle vous estime beaucoup.

La belle In�s.

On l'appelait ainsi. Tous les hommes l'aimaient.

Moi aussi, comme les autres.

Vargas mort, ie me suis demand�

si sa beaut� n'avait pas provoqu� un drame passionnel.

Vous me comprenez ?

En lisant mon rapport, vous verrez que c'est bien plus simple.

Je le lirai.

Je le lirai.

Cette lumi�re est aveuglante. J'ai horreur du soleil.

Ce lieutenant Garcia �tait un de vos amis, ie crois ?

C'�tait un bon officier.

Il avait des id�es subversives.

Dommage que vous ne l'ayez pas arr�t�.

Nous n'aurions pas perdu ce malheureux policier.

Fort heureusement, Garcia vous a �pargn�, vous.

Tous les d�tails sont dans mon rapport.

On en rediscutera quand vous l'aurez lu.

Vous aimez faire des rapports.

Vous en avez envoy� un au ministre d'�tat, qui l'a lu avec int�r�t.

Il vous a nomm� directeur des services de s�curit� de l'�le.

Ravie d'�tre le 1er � vous f�liciter.

Vous �tes ambitieux. J'aime �a.

Nous allons faire du bon travail.

Excellence.

Eh bien ?

Nous avons arr�t� l'assassin.

- Vivant ? - Il n'�tait pas encore mort.

On l'a laiss� avec le m�decin.

J'arrive.

Vous ne voyez pas d'inconv�nient � ce que ie m'en occupe,

mon cher directeur ?

...

Ma�tre ?

C'est encore vous ?

Je n'ai plus le droit de parler � quiconque.

J'ai re�u des nouvelles.

Votre famille va bien et n'a pas �t� inqui�t�e.

Je suis tr�s touch� de votre int�r�t.

On les a pr�venus que vous auriez un travail moins dur.

Je m'en occupe.

Inutile. Je pr�f�re encore partager le destin de mes camarades.

D'o� vous vient cet int�r�t pour moi ?

Un iour, vous comprendrez que vous pouvez me faire confiance.

Il me faut 2 sections de plus pour ici et pour les chantiers.

- C'est vraiment n�cessaire ? - Oui.

20 ans de m�tier. J'ai de l'exp�rience.

Je les sens nerveux. Ils complotent quelque chose.

Arr�tez la distribution d'eau.

Ce r�gime est dur � supporter.

J'applique les instructions du nouveau gouverneur.

Qu'on les renvoie au travail.

- Ils n'ont pas bu de la matin�e. - Je m'en passe bien, moi.

Suspendez la distribution.

�a fait perdre trop de temps.

Pas d'eau entre les repas.

On n'a rien bu.

On peut pas travailler sans boire.

Coups de feu

Qu'est-ce que ie vous disais ? Trois heures au poteau.

Sauf si cela choque votre indulgence.

La discipline du p�nitencier vous regarde,

tant qu'elle ne compromet pas la s�curit� de l'�le.

...

Jamais ie ne pourrai oublier ce que i'ai vu.

J'�tais l�, devant eux, et ie ne pouvais rien faire.

Non, tu ne peux rien faire.

Tu ne peux encore rien faire, pour l'instant.

J'ai accept� ce poste pour pouvoir appliquer mes id�es.

Je commence d�i� � les trahir.

Tu ne les trahis pas. Tu es trop press�.

Pour d�fendre ton id�al, tu ne seras pas toute ta vie

le directeur de la s�curit� de l'�le.

Tous tes proiets, c'est �a, l'important.

Ce que ie veux, c'est t'aider � les r�aliser.

Si tu penses � ta conscience et tes scrupules,

tu n'arriveras � rien.

Ne perds pas de vue ton but, sinon tu es fini.

Le 1er de tous les obstacles � surmonter, c'est Gual.

Tu le vaincras en employant les m�mes armes que lui.

Tu en verras, des hommes maltrait�s et condamn�s iniustement.

Tu ne devras pas t'indigner.

Songe � ceux que tu pourras sauver quand tu r�ussiras.

Dis-toi que ie suis touiours pr�s de toi

et que ie t'aime.

On frappe � la porte.

Entrez.

Le se�or Gual vous attend au salon.

- Dis-lui que ie ne peux pas le voir. - Bien.

Fais attention. Tu vas en faire un ennemi.

- Il veut te demander quelque chose. - Comme ce matin, s�rement.

Sais-tu quel �tait l'obiet de sa visite ?

Savoir si tu es mon amant.

Non ? Mais que cherche-t-il ?

Je lui ai dit que ma vie priv�e ne le concernait pas.

Je lui ai interdit de revenir, mais il insiste.

Il ne se d�courage pas.

La se�ora s'excuse, elle ne peut recevoir en ce moment.

- Je la verrai au palais. - Par ici, se�or.

...

...

Allez, descends.

- Pourquoi vous arr�tez-vous ? - Parce qu'on ne va pas plus loin.

Le camion du p�nitencier t'emm�nera.

Bois un coup. �a te remontera.

- Qu'allez-vous me faire ? - Rien du tout, voyons.

On te veut pas de mal.

Tu as r�pondu � nos questions. C'est bien, c'est ce qu'on voulait.

Le camion va pas tarder.

Tu peux te d�gourdir les iambes.

Allez, vas-y.

Coups de feu

...

Que faites-vous ici ?

Son Excellence le gouverneur veut vous voir pour l'enqu�te

- sur la mort de votre mari. - Voici la lettre de convocation.

Tr�s bien.

Dites � M. le gouverneur que i'irai plus tard.

Quoi, encore ?

Son Excellence nous a dit de ne pas revenir sans vous.

Pour l'instant, c'est impossible.

Nous attendrons. Nous ne sommes pas press�s.

Attendez-moi. Je reviens.

Gentille. L�.

La se�ora Vargas est arriv�e.

Qu'attends-tu pour la faire entrer ?

Je vous remercie d'�tre venue, se�ora Vargas.

- Je ne pouvais faire autrement. - Asseyez-vous.

Qu'on ne me d�range pas.

Dites � Lopez de m'attendre. J'aurai besoin de lui.

J'aurais pr�f�r� un t�te-�-t�te moins officiel mais...

Vous dites que Vasquez est votre amant

depuis la mort de votre mari.

Vous m'avez menti. Je sais maintenant pourquoi.

Ne voyez dans mes questions aucune curiosit� malsaine.

Si vos relations n'avaient pas �t� plus anciennes,

Vasquez n'aurait pas eu d'int�r�t � �liminer votre mari.

Vasquez n'y est pour rien. O� voulez-vous en venir ?

Garcia a sign� sa d�position.

Il accuse Vasquez de l'avoir encourag�

� commettre ce meurtre et d'avoir facilit� sa fuite.

Si les mobiles de Vasquez avaient �t� passionnels,

on aurait pu �tre indulgents.

Mais Barreiro ne lui pardonnera pas les raisons politiques

qui l'ont pouss� � agir.

C'est un tissu de mensonges.

Vos amis Villa et Lopez peuvent faire avouer n'importe quoi

� n'importe qui.

Devant le tribunal, Garcia dira la v�rit�.

H�las, Garcia n'assistera pas � son proc�s.

Il a essay� de s'enfuir. Mes hommes l'ont abattu.

Je me vois dans la p�nible obligation de faire arr�ter

votre amant.

Vous n'oserez pas.

Vraiment ?

Pourquoi vous acharnez-vous contre Ram�n ?

Vous me croyez ialoux ? La nature m'a �pargn� ce ridicule.

Elle ne m'a laiss� qu'un moyen d'obtenir ce que ie veux:

le prendre.

C'est peut-�tre une chance de prouver votre amour � Vasquez.

La situation n'est pas nouvelle.

Quelques minutes d'abandon contre la vie de votre amant.

�a, iamais, vous entendez ? Jamais.

Vous �tes encore plus ignoble que ce que i'imaginais.

M�me si ie voulais, ie ne pourrais pas.

Vous �tes odieux, r�pugnant, vil et m�prisable.

Vous renoncez � Vasquez ?

Renoncer � lui, moi ?

�coutez-moi bien, Alexandre Gual.

Vous vous croyez le ma�tre absolu ici.

Mais si vous osez toucher � un cheveu de Vasquez,

i'ai assez d'influence pour vous le faire regretter.

� votre place, ie ne le laisserais pas courir ce risque.

Il est ieune, impulsif.

Il pourrait ne pas attendre votre d�marche

et essayer de s'�vader, comme Garcia.

Non. Vous n'irez pas iusque-l�.

Lopez ?

Un mandat d'arr�t. Vasquez. Tu le trouveras au p�nitencier.

Attendez.

Vous acceptez ?

Lopez. Le mandat d'arr�t. J'ai chang� d'avis.

Ne vous �loignez pas.

Qui me prouve que vous tiendrez parole ?

Il faut me faire confiance.

- Ici ? - Ici.

...

Non. Gardez les souliers et les bas.

J'attends ce moment depuis longtemps:

vous voir non plus hautaine et m�prisante,

mais soumise et consentante.

Je pourrais vous obliger � vous tra�ner � mes pieds.

In�s crie.

Vous l'avez appel�. Vous avez sonn�, ie l'ai vu.

Vous voulez iuste m'humilier.

Vous m'avez propos� un march�. Payez-vous.

Rhabillez-vous.

Comment ?

Rhabillez-vous. J'ai chang� d'avis.

Vous �tiez pr�te � aller iusqu'au bout ?

Vous croyez que �a aurait suffi ?

Attendre 5 ans pour quelques minutes de plaisir.

Croyez-vous que ie n'ai pas d'orgueil ?

Il me manque le charme du ieune Vasquez.

Mais ie peux briser des volont�s plus fortes que la v�tre.

Vous pouvez partir. Je n'ai plus besoin de vous.

Et Ram�n ?

Il est libre... pour le moment.

Ce papier m'assure de votre empressement

� vous rendre � mes convocations.

Accompagnez la se�ora Vargas.

Allez-vous-en.

...

Un, deux, trois, quatre, cinq, six...

- C'est termin� ? - Presque.

O� avez-vous trouv� ces munitions ?

Dans les baraques des prisonniers.

- On continue � chercher. - Fouillez la cuisine et les ateliers.

Oui. Ils sont capables de toutes les ruses.

- Je le sentais. - Vous savez d'o� �a vient ?

Non. Je vous ai appel� pour �a.

- Il n'y a rien d'autre, chef. - Mets les meneurs au cachot.

Quant aux autres, prive-les d'eau.

Bien, chef.

Qu'on les punisse ou non, �a ne leur fait aucun effet.

Cette semaine, plus de 20 malades sont d�i� morts.

Ils sont pr�ts � tout.

J'ai fait pr�parer un bureau.

Voulez-vous des gardiens pour les interroger ?

Non. Si ie suis seul, ils parleront mieux.

Je voudrais vous parler.

Par ici, monsieur le directeur.

Par qui commencerez-vous ?

Faites venir les chefs de section.

En attendant, envoyez-moi le vieux, l�.

Laissez-nous. Fermez la porte.

Vasquez, ce que ie veux vous dire est extr�mement grave.

Vous �tes le seul � qui ie peux parler.

Comptez sur moi.

C'est l'int�r�t que vous me t�moignez

qui m'a d�cid� � vous parler.

Asseyez-vous.

Les prisonniers de droit commun pr�parent une mutinerie.

Ils ont des armes.

Ils ont propos� aux politiques de les reioindre.

Jusqu'� pr�sent, nous avons refus�.

Ils n'ont aucune chance.

Je n'en suis pas si s�r que vous.

Le r�gime qu'on leur impose les a transform�s en b�tes f�roces.

Non. Je ne suis pas un d�lateur.

Si ie r�v�le les proiets des prisonniers,

c'est que ie sais les cons�quences qu'aurait une r�volte.

Ce serait l'occasion pour Barreiro et son gouvernement de reieter

toute la responsabilit� sur nous, politiques.

Voil� pourquoi ie le dis � vous, et non � Gual.

Si Gual apprend qu'une mutinerie se pr�pare,

il la laissera �clater, en prenant ses pr�cautions pour la r�primer.

Pas un seul d'entre vous n'en sortira vivant.

Ce qu'il faut, c'est d�sorganiser le complot.

Je le pense aussi.

Pour cela, il faut que ie connaisse leur plan et le nom des chefs.

Je vous promets qu'ils ne seront pas punis.

Je veux iuste les emp�cher d'agir.

Asseyez-vous. Je vais vous expliquer.

Un bout de papier, s'il vous pla�t.

Voici le r�fectoire.

Les ateliers.

Et ici, la chapelle.

Tout est pr�t pour dimanche prochain, durant la messe.

Il ne reste que la moiti� des gardiens dans le p�nitencier.

Il leur suffit de d�sarmer les gardiens, de passer par la sacristie.

Ils sont � 10 m�tres de l'armurerie.

C'est un plan id�al.

Ce iour-l�, la caserne est presque d�serte.

Les officiers, la moiti� des soldats sont en permission � El Pao.

Il y avait eu une mutinerie avant l'arriv�e de mon mari.

Le gouverneur �tait all� sur le continent

et a �t� condamn� � mort.

Ram�n, tu ne vois pas que nous avons une chance inesp�r�e

de nous d�barrasser de Gual ?

Il faut qu'il quitte l'�le. Laisse �clater la mutinerie.

Tu es folle ?

Tu sais ce que �a signifierait ?

Le nombre de morts que �a repr�sente ?

Comment as-tu pu avoir cette id�e ?

Qui d�ciderait Gual � partir ?

Le faire aller dans la capitale, ie m'en charge.

Tu as tellement d'influence sur lui ?

Dis-moi la v�rit�.

Qu'y a-t-il entre Gual et toi ?

- Tu veux la v�rit� ? - Oui. Dis-la-moi.

Gual a accumul� des preuves contre toi

pour t'accuser d'�tre le complice de Garcia.

Il peut te faire abattre durant une tentative de fuite.

Pourquoi il ne l'a pas fait ?

En �change de ta vie, il veut que ie me donne � lui.

Nous sommes les esclaves de Gual.

Il lui suffit de donner un ordre pour que nous ob�issions.

Nous ne serons iamais ses esclaves.

Non, iamais. Je pr�f�re le tuer.

Oui, Ram�n. D�barrassons-nous de Gual.

Il faut qu'il meure, mais pas par toi.

Si tu le tues, il aura eu ce qu'il voulait:

nous s�parer.

Nous n'avons qu'un moyen pour �a:

laisser �clater la mutinerie en son absence.

Je ne peux pas faire �a.

Tu ne r�alises pas ce que tu dis.

Une mutinerie met tous les prisonniers politiques en danger.

Je dois l'emp�cher � n'importe quel prix.

Il n'y aura pas de mutinerie.

Il n'y en aura pas.

On frappe � la porte.

Entrez.

- Vous n'avez besoin de rien ? - Je croyais vous avoir dit de partir.

Tous les autres sont d�i� partis.

Je n'ai besoin de personne.

...

On frappe � la porte.

D�i� ?

Vous �tes en avance.

Vous �tes si press�e de venir � mes convocations ?

Je sais �tre exacte quand il le faut.

Vous voyez ?

Tout est pr�t pour le sacrifice.

Vous avez l'intention de mettre votre menace � ex�cution ?

Ce n'est pas une intention.

C'est une d�cision.

Cette mise en sc�ne �tait inutile. Je ne c�derai pas au chantage.

Vous avez h�te de vous d�barrasser de votre ami Vasquez ?

Assez d'ironie.

Il sait tout. Je lui ai tout racont�.

Il veut vous tuer.

S'il le fait, ie le perdrai. Je refuse.

Coup de feu

In�s crie.

Garce.

...

Belle mise � mort. Plus r�ussie que la mienne.

J'aurais regrett� de manquer cette corrida.

Vous vouliez vraiment me tuer ?

Je pourrais touiours le faire.

...

Si ie m'�tais conduit avec vous d'une fa�on moins brutale,

ie n'aurais pas d�couvert la femme que vous �tes.

C'est une d�claration d'amour ?

Nous ne donnons pas le m�me sens � ce mot.

Pourtant, nous nous ressemblons beaucoup.

Rien n'aurait pu me d�cider � quitter l'�le pour une corrida.

Comment vous avez fait ?

Vous �tes l� uniquement pour la corrida ?

Vous savez bien que non.

Je sens que derri�re votre passion, il y a autre chose

que ie voudrais d�couvrir.

Que dira Vasquez en s'apercevant de votre absence ?

Vous m'aviez promis de ne plus parler de lui.

Il faudra bien que vous le revoyiez.

...

*-Attention. Message urgent.

Le gouverneur Alexandre Gual doit aller au minist�re de l'Int�rieur

pour une affaire tr�s importante.

Comment ont-ils su ?

*-Je r�p�te: Son Excellence Alexandre Gual

est attendu au minist�re de l'Int�rieur

pour une affaire tr�s importante.

On vous aura reconnu.

Ce n'est pas une raison pour me convoquer.

Nous partons. D�p�chons-nous.

...

...

J'esp�rais vous trouver. Vite, � la d�l�gation.

Qu'y a-t-il ?

Qu'est-ce qui vous prend ?

D�sol�. On a re�u l'ordre de vous arr�ter.

Je donne les ordres, ici.

Maintenant, les ordres, c'est le d�l�gu� g�n�ral.

- L'�le est en �tat de si�ge. - Quel "d�l�gu� g�n�ral" ?

Son Excellence Ram�n Vasquez.

Mes f�licitations.

Vous �tes plus remarquable que ie ne pensais.

Allez, venez.

Faites pas de difficult�s. On est d�i� assez ennuy�s.

C'est dommage.

Se�ora.

Son Excellence le d�l�gu� g�n�ral m'envoie vous chercher.

Que se passe-t-il ?

C'est � cause de la r�volte du p�nitencier.

- Ce n'est pas fini ? - �a ne fait que commencer.

Ils se sont empar�s de la caserne. Ils ont trouv� des armes.

Le d�l�gu� g�n�ral a r�ussi � les retenir

derri�re le monast�re.

S'ils le forcent, rien ne les emp�chera d'arriver � El Pao.

...

Mon p�re.

Un camion vient chercher les bless�s. On va les transporter.

Ils ont cess� de tirer. Ils ne feront rien avant le iour.

Tenez vos hommes en alerte.

Real ?

Combien de temps vous pouvez tenir ?

On a 2 minutes de tir pour chaque mitrailleuse

et 30 cartouches par fusil.

Apr�s la 1re attaque, on n'aura plus de munitions.

Vous avez des prisonniers ?

Oui. Ils sont l�.

Allons les voir.

Qu'allez-vous faire ?

- Les fusiller ? - Oh non.

Leur parler.

Il n'y a que 300 rebelles qui sont arm�s.

Plus de 1 500 ont les mains vides. C'est sur eux que ie compte.

Allons, l�ve-toi. Allons.

Vous entendez ?

Levez-vous !

Laissez-les.

Vous connaissez le ch�timent pour les d�tenus qui se r�voltent.

La loi sera s�v�rement appliqu�e � ceux qui ont pris les armes

et qui tirent sur nos soldats.

J'ai d�cid� de pardonner aux autres.

� condition que le combat ait cess� avant 8 h du matin.

� 8 h, l'aviation et la marine entrent en action.

Je ne pourrai plus intervenir en votre faveur.

M�me si vos camarades franchissaient le d�fil�,

s'ils s'emparaient des barques de p�che,

ils seraient perdus.

Et vous aussi.

Vous tous.

Les bateaux seraient coul�s, l'�le, nettoy�e par l'arm�e.

Vous n'avez plus aucune chance de vous en tirer.

Aucune.

Sauf celle que ie vous offre.

Vous �tes libres.

Vous avez entendu ? Vous �tes libres.

Rappelez-vous: � 8 h, ceux qui sont en armes seront extermin�s.

Les autres auront la vie sauve.

Pr�venez vos camarades.

Je retourne � El Pao ioindre le ministre.

Je donne des ordres pour les ramener au d�fil�.

J'avertis nos soldats de ne pas tirer sur eux.

Tr�s bien.

S'il y a du nouveau, t�l�phonez-moi.

On ouvre la porte.

Ram�n !

Mon amour.

Oh, In�s.

Ce que ie viens de vivre est horrible.

J'avais si peur qu'on vienne m'annoncer ta mort.

Nous sommes perdus, In�s. On frappe � la porte.

Entrez.

Le ministre de l'Int�rieur sur la 2nde ligne.

All� ? Oui, ici le d�l�gu� g�n�ral.

Oui.

Nous tiendrons aussi longtemps que nous pourrons.

Mais il nous faut vite des renforts, sinon...

J'ai d�i� fait mon possible.

All� ?

All� ?

Que se passe-t-il ?

Les rebelles seront bient�t � El Pao.

Il me demande de faire l'impossible sans renforts.

Faire l'impossible.

Pour emp�cher le vice-pr�sident d'intervenir,

Saenz a dit que ie viendrais � bout des rebelles, comme �a...

par mes propres moyens.

Ici, on meurt. L�-bas, on fait des intrigues.

Ils n'oseront pas. C'est criminel.

Ce que i'ai fait, ce n'est pas criminel ?

C'est pire que tout ce que i'imaginais.

La plupart des politiques ont �t� tu�s pour avoir refus� la r�bellion.

Des gardiens se sont �chapp�s et nous ont racont�.

Le Pr Cardenas est mort.

Oui, lui aussi.

Nous sommes responsables de tout.

Comme si nous les avions tu�s de nos mains,

les uns apr�s les autres.

On frappe � la porte.

Une vie enti�re ne suffirait pas

� r�parer le mal que nous avons fait.

Entrez.

Excusez-moi, Excellence.

On a r�uni toutes les armes qu'on a pu trouver,

mais il n'y a pas de munitions pour tous les calibres.

R�unissez les hommes restants

et mettez-les en position � l'entr�e de la ville.

Pr�parez-vous � couler les barques de p�che,

au cas o� ils arrivent � El Pao.

Tu r�alises tout ce que nous avons fait

simplement pour nous d�barrasser de Gual ?

Nous n'avions pas le choix. Et �a ?

Tu oublies la d�position de Garcia.

Tu as raison.

Et toi ?

Durant les combats, ie pensais � vous deux, � Gual.

Que s'est-il pass� entre toi et lui ?

Rien. Je te le iure.

J'avais promis de passer la nuit avec lui,

pour l'�loigner de l'�le. Il est tomb� dans le pi�ge.

C'est toi qui le tiens, Ram�n.

� quel prix ?

Il l'a voulu.

Qu'il paye.

Je n'ai plus rien, Carlotta. Plus rien.

Vous m'avez demand� de venir ? Pourquoi cela ?

Vous avez gagn�, In�s.

Je vous f�licite.

Votre com�die a �t� parfaite.

C'�tait pour me dire �a ?

Je suis condamn�, mais pas encore mort.

Quand le vice-pr�sident entendra parler de ce proc�s,

- ce verdict ridicule... - Il sera trop tard pour intervenir.

La sentence aura �t� ex�cut�e depuis longtemps.

Vasquez n'osera iamais.

Il ne peut pas me fusiller sans l'accord du gouvernement.

Vous nous avez appris � prendre des risques.

�tes-vous s�re d'avoir tout pr�vu ?

Vous pouvez me tuer, vous ne vous d�barrasserez pas de moi.

Vous parlez de la d�position de Garcia ?

Menacez-moi tant que vous voulez.

Peu importe ce que l'avenir nous r�serve, vous, vous aurez pay�.

In�s...

Je n'ai pas su m'y prendre avec vous.

Nous �tions faits l'un pour l'autre.

C'est dommage.

...

...

Tu me d�go�tes. Tu n'as pas honte de faire �a ?

Ou alors on partage.

Si �a peut te faire plaisir. �a ne sortira pas de la famille.

Coup de feu

Au fond, on �tait ses seuls amis.

Eh oui.

...

Le t�l�phone sonne.

...

All� ?

Oui.

Qui est l� ?

Capitaine Real ?

Oui, c'est moi. J'�coute.

Quoi ?

R�p�tez. Je n'entends pas bien.

Non !

C'est pas possible.

Combien sont-ils ?

Vous �tes s�r ? Ce n'est pas un pi�ge ?

Je vous f�licite, capitaine.

Merci.

Dites-moi comment �a s'est pass�.

Je serai au couvent dans moins d'une heure.

Je vous envoie tous les hommes disponibles.

Appelez la capitale.

Je dois parler d'urgence au ministre de l'Int�rieur.

Comme ie suis heureuse.

Cette nuit �tait interminable.

Je n'osais pas te t�l�phoner.

Dieu merci, tu es l�.

Que se passe-t-il ?

Il n'y a plus de danger, In�s.

Comment ?

C'est vrai, ce que tu dis ?

La lutte est finie. Les rebelles se sont rendus.

Sauf quelques groupes r�fugi�s dans la montagne.

C'est l'affaire de 2, 3 iours.

C'est un magnifique succ�s. Tu dis �a comme si c'�tait naturel.

Qu'est-ce que tu as, Ram�n ? C'est un triomphe, voyons.

Une vie nouvelle commence pour nous.

Tu crois ?

Nous avons abattu Gual. Il n'a pas pu nous s�parer,

mais il a fait de nous des assassins.

Je voudrais vous dire quelques mots, mon cher Vasquez.

Encore toutes nos f�licitations.

Ils ont raison, vous �tes le h�ros du iour.

Vous avez r�ussi � briser la r�volte du p�nitencier.

Plus important encore, par votre courage,

votre initiative et votre habilet�,

vous avez �vit� � notre pays une r�volution sanglante.

Ce sont souvent les hommes comme vous, partis de rien,

qui s'�l�vent aux plus hautes destin�es.

Je n'�tais qu'un simple ouvrier.

Je suis touiours rest� fier de mes origines.

Vasquez,

vous avez su ramener la paix et l'ordre.

Vous avez bien m�rit� de la patrie, et nous sommes fiers de vous.

Toutes mes f�licitations.

Excellence, n'aurons-nous pas le plaisir de voir

notre cher vice-pr�sident ?

Non.

- Qu'y a-t-il ? - Je vous expliquerai.

Je vous attends � 4 h dans mon bureau au minist�re.

Je vous prie de m'excuser.

C'est la 1re fois que ie vois le pr�sident aussi cordial

envers un de ses collaborateurs. Je vous en f�licite.

Vous avez fait tout ce qu'il fallait pour m�riter sa confiance.

Mais vous n'�tes pas au bout de votre t�che.

Je suis � votre disposition.

- Whisky ? - Oui, merci.

Barreiro a �loign� son fr�re

mais a d� lui garder son titre et sa charge.

L'ambition du vice-pr�sident est de lui succ�der rapidement.

� peine s'il dissimule son impatience.

Pour l'emp�cher de reprendre sa n�faste influence,

ie veux prouver que le vice-pr�sident avait complot�

pour destituer le pr�sident actuel.

Et que Gual �tait complice. Il a caus� la r�volte du p�nitencier.

C'�tait le point de d�part de la man�uvre qu'il pr�parait,

et que vous avez fait �chouer.

- Mais pourquoi... - Je dois �tablir

que Gual a agi avec le vice-pr�sident

en allant � la capitale le iour de la mutinerie.

Pour �a, il n'y a qu'un seul moyen.

Tout le monde sait que la se�ora Vargas accompagnait Gual

et qu'elle �tait sa ma�tresse.

C'est faux,

ie vous l'assure.

J'en suis aussi persuad�.

Mais elle s'est compromise avec lui en public.

La faveur que ie lui demanderai para�tra d�licate.

Vous �tes le seul capable de l'obtenir.

Une d�claration dans laquelle elle avoue que Gual

l'avait inform�e des proiets du vice-pr�sident.

Je l'ai r�dig�e.

Lisez-la.

Elle aurait �t� la ma�tresse de Gual ?

Jamais elle ne voudra signer �a.

Je refuse de lui demander.

Je m'attendais � cette r�action. Je ne peux que vous f�liciter.

J'ai besoin d'hommes droits

qui ne transigent pas avec leur honneur.

Mais si la se�ora Vargas acceptait,

elle rendrait � notre pays, un service inestimable.

Je veillerai � ce qu'elle parte � l'�tranger en toute s�curit�.

J'ai quelque chose � vous montrer.

Voil� pourquoi i'�tais s�r de compter sur vous.

Je n'ai iamais accord� d'importance � la d�position du lieutenant Garcia.

Gual l'avait envoy�e au vice-pr�sident.

Heureusement, mes agents ont intercept� ce document g�nant.

Comment est-ce...

Vous croyiez l'avoir d�truit. Gual en avait fait signer 2 � Garcia.

Ce sont des mensonges.

J'en suis tout � fait certain.

Si nous voulons qu'une �re de iustice s'ouvre pour le pays,

il faut que vous m'aidiez � neutraliser le vice-pr�sident.

Vous serez nomm� gouverneur d'Oieda.

Il est de votre devoir de iouer le ieu du pr�sident Barreiro

et d'intervenir aupr�s d'ln�s Vargas pour qu'elle accepte

mes conditions.

Jamais ie n'exigerai �a d'une femme qui m'a soutenu, aid�, et que i'aime.

Non. Jamais. Je lui dois tout.

Si ie m'adresse � vous,

c'est que vous seul pouvez la d�cider � signer.

Je vous la confie. Je sais que vous agirez au mieux.

Tu as attendu 4 iours avant de m'en parler ?

Tu sais ce que signifie ma signature sur ce papier:

scandale, exil, et surtout, notre s�paration.

Ne signe pas.

Ils peuvent m'arr�ter, me condamner.

J'ai fait pire que tuer Vargas.

Il est normal que ie sois puni.

Nous n'avons qu'une solution. Tu la connais.

Signer la d�claration et nous enfuir tous les deux.

Cardenas et ses amis seraient morts pour rien.

Je ne peux pas.

Quand Gual nous tenait � sa merci, nous aurions d� partir.

Maintenant, il est trop tard.

Tu crois qu'au service de Saenz,

tu auras l'occasion d'apaiser ta conscience ?

Ses m�thodes sont les m�mes que celles de Gual.

Cette lettre nous le prouve.

En quelques heures, tu as vu leurs intrigues.

Tu voudrais y rester m�l� toute ta vie ?

Va d�fendre tes id�es ailleurs.

Regarde Cardenas. Le monde est assez grand.

Tiens, Ram�n.

Envoie-le � Saenz et demain, nous prendrons l'avion.

- Boniour, Excellence. - Boniour.

Le courrier est pr�t pour la signature.

Bien. Merci.

Il y a eu un arrivage de 30 prisonniers.

Ils ont h�te de remplir les trous laiss�s par les morts.

J'ai tri� le courrier officiel. Il y a des instructions du pr�sident

concernant les prisonniers.

- Je prends l'avion de 14 h. - Quand revenez-vous ?

�a d�pend.

La fille du Pr Cardenas est l�.

Elle a demand� � vous voir.

O� est-elle ?

Elle est au cimeti�re. Elle doit revenir.

Et pour ces instructions... ?

Plus tard.

Mademoiselle Cardenas ?

Je me pr�sente.

Ram�n Vasquez, gouverneur de l'�le.

Vous avez demand� � me voir ?

Je voulais qu'on me rende les affaires appartenant � mon p�re.

On en a retrouv� quelques-unes.

Mon secr�taire vous les remettra. Je vous conduis au palais.

C'est vous qui �criviez pour donner de ses nouvelles ?

Oui. C'est tout ce que ie pouvais faire.

J'�tais son �l�ve � l'universit�.

Je ne me rappelle pas vous avoir vu � la maison.

Je n'y suis iamais all�.

Je n'osais pas.

Vous pouvez rentrer au village.

Vous �tes seule, maintenant.

Qu'est-ce que cela peut faire ?

Le plus grave, c'est que les responsables de sa mort

ne se rendent pas compte du mal qu'ils ont fait � leur pays.

Ils s'en rendent s�rement compte.

Peut-�tre ont-ils assez de remords

pour consacrer leur vie � r�parer le mal qu'ils ont fait.

...

Tu n'es pas encore pr�t ?

- L'avion part � 14 h. - Je ne pars pas.

Comment ?

Tu m'avais convaincu. L�, ie sais qu'il faut que ie reste.

- Ram�n... - Je ne changerai pas d'avis.

Tr�s bien. Nous ne partirons pas.

Qu'importe ce que fera Saenz.

Tu as raison. Advienne que pourra.

Rien ni personne ne pourra nous s�parer.

- Il n'y a pas d'autre moyen. - Non.

D�truisons ma d�claration.

Nous n'avons pas le droit, In�s.

Que dis-tu ?

Avec ta signature, nous abattons le vice-pr�sident.

Tes aveux ne nous appartiennent plus.

Tu penses vraiment ce que tu dis ?

Oui.

Tu as fait des progr�s, Ram�n.

Si Gual �tait l�, il serait fier de toi.

Tu d�couvres que le devoir peut permettre toute l�chet�.

Comprends-moi, In�s. Je ne peux pas faire autrement.

Accepte en souvenir de nous.

Je n'accepte rien. J'ai d'autres souvenirs.

Les souvenirs des humiliations que i'ai subies pour toi,

et que tu ignores.

Je ne supporterai pas une autre humiliation.

Encore moins venant de toi.

Pourquoi nous faire du mal inutilement ?

Rien n'effacera ce qu'on a fait. Il faut payer.

Ton id�al, ta carri�re... Tu ne penses qu'� toi.

Tu n'as trouv� que �a pour te d�barrasser de moi ?

Pourquoi ne pas me tuer ? C'est ce qu'aurait fait Gual.

Tu me cong�dies comme une vulgaire domestique.

Jamais ie ne c�derai au chantage de Saenz.

Tu ne veux plus comprendre.

Je pars seule � Mexico.

Si dans 15 iours, tu ne m'as pas reiointe, ie te d�noncerai.

Ne fais pas �a.

Si. Je dirai tout.

Tes responsabilit�s dans la r�bellion, les faux aveux, tout.

Tu es pr�venu, Ram�n.

Moi non plus, ie ne reviendrai pas sur ma d�cision.

...

D�p�chez-vous. Je ne serai iamais � l'heure.

D�p�chez-vous.

On approche du poste de Miranda.

Vous arr�tez pas. Ils connaissent la voiture.

Votre sauf-conduit, se�ora ?

Je n'en ai pas.

Le r�glement, c'est le r�glement.

C'est absurde. Je suis la veuve de l'ancien gouverneur.

Ces instructions ne sont pas valables pour moi.

Je t�l�phone au palais pour des instructions plus pr�cises.

- Passez. Je ne peux attendre. - Se�ora...

J'en prends la responsabilit�. Le temps presse.

- Arr�tez ! - Arr�tez !

Arr�tez-les ! Arr�tez-les !

Qu'attendez-vous pour tirer ? Feu !

...

Le palais ?

Ici le chef du poste de Miranda. Passez-moi le gouverneur.

Il y a eu un malheur, Excellence.

Une voiture officielle a forc� le barrage.

On a tir�. La voiture a pris feu. Les occupants sont morts.

Oui, Excellence.

All� ?

Le d�barquement des prisonniers est termin�.

Il y a une dizaine de prisonniers politiques.

On n'attend plus que votre signature.

Qu'est-ce que c'est ?

Les prisonniers.

- Les politiques sont l� ? - Oui, Excellence.

- Ils sont encha�n�s ? - Oui, Excellence.

Pourquoi ? Qui a d�sob�i � mes ordres ?

Ce matin, vous n'avez pas lu les instructions du pr�sident.

Lisez-les. Cet ordre r�tablit

l'usage des cha�nes pour les prisonniers politiques.

- Juan Garcia ? - Juan Garcia.

Attendez.

Garde � vous !

Les politiques sont tous l� ?

Oui, Excellence.

S�parez-les.

Les politiques, avancez de deux pas.

Enlevez les cha�nes.

- C'est que... - Ob�issez.

Enlevez les cha�nes de tous les politiques.

...

- J'ai fait ex�cuter vos ordres. - Bien. Allez.

Qu'est-ce que vous attendez ?

Demi-tour � droite.

En avant. Marche.

...

Allons, d�p�chez.

Demi-tour � droite, droite. Halte !

Il avait d�i� tout sacrifi� � son id�al

tout ce qu'il d�testait, ce qu'il admirait et ce qu'il aimait.

Mais il voulait aller plus loin.

Ce papier d�chir�,

ce refus formel d'accepter un ordre inacceptable,

c'est � la fois le signe de sa mort et celui de sa libert�.

Le destin de Ram�n Vasquez est accompli.

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