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Original subtitles

Tu manges pas ?

J'ai pas faim.

T'es tendu ?

- Et le parti ? - �a discute.

Normal, chez les d�mocrates. Mais on a rien � dire.

Chez toi, �a va ?

Tout un po�me. Ma femme a des h�morro�des.

- J'ai une super cr�me. - C'est quoi ?

- Prastoden ? - Je sais plus.

Ma femme met de la Prastoden.

J'ai un trou de m�moire.

Y en a une autre...

�a y est !

Les voil�.

Rocco, pour cette histoire de march� des cantines scolaires...

Suis la proc�dure, Sergio.

Si je la suis, c'est foutu pour moi.

Arr�te.

Moira !

Approche, que je t'amarre.

Monte.

Bienvenue � bord, Candida.

- Pr�sente-toi. - Enchant�e, je suis Candida. Et toi ?

Assieds-toi avec nous.

Candida,

si tu retirais ton maillot ?

Je parlais du bas.

Montre � ce grand homme ce que tu sais faire.

Grand homme, non...

C'est bon, merci.

Pourquoi ?

C'est un 25 chevaux ?

Il est d�brid�, 75.

T'en as pas marre d'�tre � Tarente ?

Montre-moi tes loches.

Rocco,

tout va bien ?

Pour l'histoire des cantines scolaires,

je vais voir.

Merci, Rocco. T'es un chef.

Bouge pas.

Attention, c'est chaud.

Papa !

On a le march�.

Et t'es pas content ?

Pas du tout.

- Tu les as pay�s ? - Je ferais jamais �a.

- J'ai jamais arros� personne. - Moi non plus.

Alors comment on a d�croch� le march� en une demi-journ�e ?

- Je me suis donn�. - Tu es un porc.

F�licite-le. Il a assur�.

Vous �tes deux porcs.

Oui, mais on s'adore.

Montre-moi tes loches.

- Quoi ? - Tes loches.

Margot !

Tu connais Fabrizio Sala ?

Le g�rant du Margot sur la Costa Smeralda ?

Il �crit aussi une rubrique people et d�niche des talents.

Il recrute starlettes, bimbos et bombasses

pour les lui emmener.

� lui ? Lui ?

Lui-m�me. Il en cherche � Tarente.

Il pense en trouver dans ce trou ?

Tu d�connes ?

Dans le coin, on p�che du lourd.

Y a vraiment de la pute.

On m'a demand� de passer le casting de Sala.

Tu vois ?

- Mais quel con ! - Je rigole.

J'en peux plus, de ce bled.

Qu'est-ce qu'on fout encore l� ?

On m�rite mieux, Tamara.

Qu'est-ce que tu racontes ?

J'ai pris une d�cision.

On se tire � Rome.

� Rome ? Et t'as d�cid� �a quand ?

Devant un tatouage, j'ai eu une r�v�lation.

Je veux l'atteindre.

Lui ?

Lui-m�me.

Je sais, je suis un peu en retard.

Bonsoir. Candida Pasci�.

Pour Sala. Je suis son manager.

Aucun manager. Y a qu'elle qui entre.

D'accord. J'attends dehors.

Vas-y.

OK, y a qui ? Sonia ? Qui d'autre ?

Vous �tes o� ?

Au Timone d'Oro ?

�a marche.

Dans 20 minutes. Le temps que Sergio boucle son taf.

Tu me commandes un tartare de thon ?

Avec de l'avocat, hein ?

Tu t'appelles comment ?

Tu ris tout le temps ?

Va t'amuser.

� toi, ma ch�rie.

- T'as un nom ? - Candida.

Et tu es candide ?

Pas du tout.

Tu fais quoi ?

Je faisais de la gym, je me suis bless�e, j'ai arr�t�.

Tu nous montrerais des acrobaties ?

Je peux essayer.

T'es vraiment trop bonne !

La Dolce Vita.

Cadeau.

Tu vas d�barquer en Sardaigne � la villa Morena ?

C'est vrai. Mes f�tes vont te vider le Margot.

T'es un bon, toi.

Tu t'entoures de tra�n�es en filant de la coke gratis.

Tu penses l'atteindre avec elles, mais c'est mon job.

Je suis un lib�ral. Les monopoles, c'est surfait.

Il te manque deux choses :

�tre classe et le conna�tre, lui.

Deux d�tails que je r�gle, Fabrizio.

Tu vas perdre tout ton fric, Sergio.

Tu rentreras � Tarente compl�tement � poil.

- Alors prends une ligne, d�tends-toi. - C'est d�mod�.

J'ai pas touch� � la coke depuis au moins dix ans.

Casse pas l'ambiance,

les filles adorent ces f�tes d�mod�es.

Oui, je comprends.

T'as entendu quoi ?

Rien. Tu ne parlais pas.

Tr�s bien,

Sergio Morra.

Tu me connais ?

Tu fais tout pour te faire remarquer.

Du coup, je t'ai observ� de loin.

Disons que j'aime bien �tre actif.

C'�tait qui, ce con au t�l�phone ?

Personne ne joue au con avec moi, ne l'oublie jamais.

C'est important.

Parce qu'aucun homme au monde ne me r�siste.

Toi...

tu me r�sisterais ?

En fait...

maintenant que j'y pense,

je ne vois aucun obstacle.

Pourtant, il y a un obstacle.

Ah oui ?

C'est moi, l'obstacle.

Tu ne baiseras jamais une fille comme moi.

Ne t'en fais pas,

t'es assez vaillant pour te taper toutes les autres.

Pourquoi ?

Tu baises avec qui ?

Avec lui ?

Je veux le rencontrer.

Si tu m'es d�vou� et serviable, je te le pr�senterai peut-�tre un jour.

Ce con d'Attilio d�croche jamais.

Cette f�te m'a pris la t�te.

- Vous en voulez ? - Laisse tomber.

Je bosse demain, pas comme toi qui te tournes les pouces.

M�fie-toi de Kira.

- Elle est pire que Poutine. - J'imagine.

Mais quelle classe.

De la classe... Maintenant, oui.

Y a 10 ans, en arrivant d'Albanie, elle s'est tap� tout Rome.

Toi y compris ?

Tu me prends pour un con ?

Laisse tomber, Riccardo.

Raconte.

Le top du top.

� peine tu ramasses ton slip

qu'elle te la met profond.

C'est Rome.

Comme l'Albanie quand ils crevaient la dalle.

Mon Dieu,

quelle surprise ! O� tu t'�tais cach� ?

- Aux toilettes. - On attend depuis une heure.

Riccardo, on doit se revoir.

Moins on se voit, mieux c'est.

Salut, mon grand.

Le maquillage lui monte au cerveau.

Au sommet sur la faim dans le monde, il a sorti :

"Abr�geons les d�bats.

"C'est moins dramatique, mais nous aussi, on a faim."

Quand il parle, je ne sais pas si je vais rire ou pleurer.

On pleure d�j�, Cupa,

m�me quand il nous fait rire.

Il nous a apport� deux choses qu'on n'avait pas sans lui :

la force �conomique et l'enthousiasme.

�a ne suffit plus.

Je ne te suis pas, Santino.

Occupe-toi du petit,

on parle s�rieusement.

Si tu allais plus loin ?

Je t'emmerde.

On a perdu parce que les gens,

au fil des ann�es,

ont compris inconsciemment la somme de toutes ses conneries,

et si on fait les comptes,

il faut avouer qu'il a compl�tement merd�.

Sois plus explicite.

Les proc�s auxquels il doit faire face,

et les lois ad personam pour s'en sortir.

T'as beau contr�ler toutes les cha�nes nationales,

les gens finissent toujours par savoir

et se ferment.

Toutes les promesses non tenues.

Les gens le voient.

Son collaborateur qui a pris 9 ans pour association mafieuse.

Les gens s'�nervent.

� l'�tranger, c'est : "Mourez chez nous, on a aboli les droits de succession."

�a, c'est plut�t bien.

C'est intelligent d'affirmer � la t�l�

que le spectateur italien moyen

a le niveau d'un coll�gien qui ne s'asseyait pas au premier rang ?

Il faut que je lui parle.

- C'est pas la r�alit� ? - Si !

Pense ce que tu veux, mais ne le dis pas.

Cupa, il a 70 ans,

le c�ur et la prostate fatigu�s, m�me s'il en abuse,

ce qui ne fait qu'amplifier les ragots.

Je vois o� tu veux en venir.

Mais aie le courage de lui parler, ne me le demande pas.

Cupa,

tu me soutiendrais ?

C'est-�-dire ?

Pour que je devienne

le prochain leader du centre droit.

Un pr�sident du Conseil avec de telles chemises ?

Je ne les porte que pour promouvoir le made in Italy.

Cupa, tu as toujours �t� directe.

Je veux entendre ta r�ponse.

Je suis de ton c�t�.

Lance-toi.

Putain !

Maintenant, les filles, c'est � nous.

La jeunesse est �ph�m�re. Ne l�chons rien.

Sergio...

Qu'est-ce que t'attends ?

Tu me piques mon mari ?

Mais toi, tu l'aimais plus !

70 % de sa valeur...

�a marche, Sergio.

Embrasse-le.

Maintenant.

Coupez !

Connards,

vous m'avez drogu�e. Vous m'avez recouverte de chats.

Je d�teste les chats.

�a suffit, maintenant.

�a suffit.

T'es qui, toi ?

Moi ?

Un d�couvreur de talents.

J'ai dit que j'allais voir le pape.

Lory del Santo est super.

Jamais vu de faucon ?

Il m'envoie sa bite en photo.

Ils voulaient me pl�trer l'orteil, j'ai refus�.

On me pr�dit que des trucs bien.

L'avocat est naze.

Je sais pas nager.

Je fais semblant de boire.

Je voulais me tuer.

Je peux chier que chez moi.

Milan, �a booste.

Mais c'est tellement beau...

J'angoisse. Y aura des gambas ?

OK, les filles !

Vous sentez ce parfum d'�t� qui flotte ?

On ne sent rien, on en a plein les narines.

Mes beaut�s,

merci d'avoir accept� cette invitation � d�ner.

Je voulais vous annoncer que j'avais r�serv�

la villa Morena,

et que vous �tes mes invit�es en Sardaigne.

On fera une f�te incroyable !

Sant� !

T'as assur�.

Vraiment assur�.

Il va craquer devant tous ces canons. Elles sont parfaites.

Pour moi, elles sont pas dingues.

C'est toi qui es parfaite.

�a ne marche pas comme �a,

jamais comme �a avec moi.

Je l'ai vu � un meeting de Forza Italia, il est pas si petit.

Je te le pr�senterai au Bagaglino. Il est �lanc�.

- On se conna�t pas ? - Non.

Je suis une amie de Palmira.

La r�alisatrice.

Toi, tu fais quoi ?

Figurante. Et j'�tudie les lettres.

- Tu veux faire quoi, plus tard ? - Actrice.

Cin� ou t�l� ?

C'est pas pareil ?

�coute...

- Tu viens � ma f�te en Sardaigne ? - Je sais pas.

Je serais pas � ma place.

Je bois pas, je me drogue pas.

Ce que je peux te promettre,

c'est que dans ma villa en Sardaigne,

les producteurs de t�l�films vont d�filer.

- Non, arr�te ! - Pourquoi ?

- J'ai jamais tromp� Sergio. - Il serait temps. Il est fou.

C'est faux, et tu l'as jamais aid�.

Il est pas pr�sentable.

Je me mouillerai pas pour recommander un merdeux coca�nomane.

Va te faire foutre !

D�gage ! Je trompe pas mon mec !

Bordel !

T'as 13 ans ou quoi ?

J'ai jamais tromp� Sergio.

Tu viens de le faire, ch�rie.

T'es vraiment qu'un enfoir�.

Tu voulais pas te mouiller ?

Je vais tout balancer.

Tout. Esp�ce d'enfoir� de mes couilles !

Tu as des r�ves, Sergio ?

J'en ai r�alis� quelques-uns.

Quitter ce trou de Tarente

et mon p�re.

Pourquoi ton p�re ?

Il est honn�te et coh�rent.

Pour lui, la vie est un labeur. Je devrais trimer aussi.

Je pense que ton p�re a raison.

Parce que ta vie est difficile ?

� mort.

C'est dur, la vie, quand on sait rien faire.

Quand tout sera fini, il ne restera qu'un miroir.

Nous, on ne pourra m�me pas l'approcher.

Ton p�re se regardera fi�rement

et dira : "J'ai �t� honn�te

"et coh�rent."

Arr�te, Kira, tu me d�primes.

Moi aussi, je me d�prime !

- Tu crois en Dieu ? - Bien s�r.

Juste le lundi.

- Il veut quoi ? - � ton avis ?

Des ann�es qu'il me so�le...

J'aurais d� coucher avec lui il y a 10 ans, il m'aurait l�ch�e.

Et toi, tu as des r�ves ?

Vaut mieux pas.

Les filles comme moi sont b�tes quand elles r�vent.

Avec la coke que les filles prennent et la villa en Sardaigne,

je claque tout.

Faut que je me renfloue.

Cette f�te en Sardaigne sera le meilleur investissement de ta vie.

Villa Morena est face � sa propri�t�.

Il verra tes meufs d�filer et t'en sera reconnaissant.

Faut esp�rer.

Quand on parle du loup...

Je bande quand il t'appelle.

Bon � savoir.

Mon amour !

Moi, bien.

Je suis chez moi avec un ami que je dois te pr�senter.

Un type tr�s en forme.

Il s'appelle Sergio Morra.

G�nial ! Tu viens au Bagaglino ?

Oui, je sais bien, mais en fait,

c'est des incapables.

Ils croient quoi, avec cette majorit� � deux balles ?

� mon avis, avec un peu de patience,

tu reviendras au gouvernement bient�t.

Je t'ennuie, mon ch�ri ?

Ton bras ne va pas tomber juste parce qu'il te fait mal !

On fait quoi, apr�s le Bagaglino ?

Dommage que tu doives partir.

Oui, Geri �tait vraiment ravie.

Le Bagaglino, c'est trop pourri.

On a m�me pas vu ce con.

Parle pas de lui comme �a.

Une robe � 300 pour rien.

Il a pas le temps de venir.

Comme si une robe suffisait � le s�duire.

Tu m'as bien regard�e ?

Vivement que �a se termine.

�a y est, �a recommence.

Santino, c'est moi.

Ton ch�que est sans provision. 10 000, �a me suffit pas.

La ferme, Santino. Tais-toi, connard.

C'est 40 000 ou je parle � ta femme.

Et demain, je vais faire un test de grossesse.

Si c'est positif, pr�pare-toi � vendre ta maison place d'Espagne.

� plus.

On pouvait pas aller au resto en taxi ?

T'as raison.

Se promener pour voir Rome.

Genre, on conna�t pas.

Y a que Confalonieri qui le tutoie.

- Galliani aussi. - Non. Pas lui.

- Qui t'a dit �a ? - Je le sais.

- T'aurais pas d� le faire. - Quoi ?

T'as tout g�ch�. T'aurais pas d� le faire.

C'est lui !

C'est lui et son escorte !

La m�thyl�nedioxy-N-m�thylamph�tamine, commun�ment appel�e

MDMA,

stimule le syst�me nerveux

et a des propri�t�s entactog�nes.

Elle poss�de les effets d'une onde de chaleur agr�able

qui vient du bas.

Cette phase s'exprime avec le verbe "monter".

C'est mont� !

On dit : "�a monte."

- �a monte pas. - Non, �a monte pas.

Contrairement � la coca�ne,

elle provoque un �tat d'excitation douce appel� :

le velours.

Le d�sir sexuel n'est ni pr�dateur ni vorace,

mais v�hicul� par un sentiment d'amour universel,

dirig� vers les autres

et les objets inanim�s.

On note une r�duction du jugement,

une augmentation de la d�sinhibition sentimentale.

D'o� son surnom de drogue de l'amour.

L'un de ses effets le plus visible

est la crispation de la m�choire.

Putain, t'es o�, Silvio ?

On devrait rester comme �a pour toujours.

On devrait tous rester comme �a pour toujours.

Je t'aime, Sergio.

Je meurs, voil�.

Joyeux anniversaire, madame.

Tu ne m'as m�me pas fait sourire.

Je pr�f�rais quand tu m'offrais des chaussons ou un plaid en cachemire,

car tu savais que j'�tais frileuse.

Puis j'ai d�couvert que les femmes aimaient aussi les diamants.

Et les petits papillons.

Tu ne le prends pas ?

J'essaie, mais...

j'y arrive pas, je m'�loigne.

J'arr�te pas de m'�loigner.

�a m'a pein� pour ta belle-s�ur.

�a va, monsieur ?

Je m'emmerde un peu, pour tout dire.

Y a quoi, l�-dedans ?

- D'Alema, le pr�sident du Conseil. - Bonne blague.

Mon cher Fabrizio, �a va ?

J'irais bien au Margot,

mais je dois rester sagement � la maison.

J'essaie de reconqu�rir ma Veronica.

Mamie dit que tu connais les noms latins des plantes.

Oui, j'�tais chez les sal�siens.

Ils prenaient le grec et le latin tr�s au s�rieux.

- �a, c'est quoi ? - Caryopteris.

- Tu en es s�r ? - �videmment.

Quand vous nettoyez l'�tang, o� vont les cygnes ?

- Ils se suicident. - C'est vrai ?

Je plaisante. On les met dans l'autre �tang.

Le volcan, il marche ?

Bien s�r. Un jour, je te montrerai. Regarde la mer.

- Poutine... - C'est qui ?

Le chef de la Russie.

Quand Poutine est venu, il �tait en mer,

avec deux navires de guerre et le lance-missiles Moskva.

Tu parles d'un spectacle !

Je te crois pas.

Tu es bien sceptique.

Ta grand-m�re d�teint sur toi.

Papi,

12 camarades de classe disent que tu dois aller en prison.

- Vous �tes combien ? - 30.

C'est coh�rent.

D'apr�s un sondage,

30 % des Italiens souhaiteraient me voir incarc�r�.

Pourquoi ?

On m'accuse de fraude fiscale, faux en bilan, corruption.

Les crimes des autres, pas de ton papi.

- Tu iras ? - Non. Moi, je suis sain.

Les juges sont d�s�quilibr�s et nous d�testent tous les deux.

Mamie aussi ?

Non, elle est belle et lit des livres intelligents.

Personne devrait aller en prison.

Les garanties constitutionnelles ! Je suis de ton avis.

Le monde de mes r�ves n'a pas de prison.

- Tu as march� sur une crotte. - J'ai pas march� dessus.

Si, tu viens de l'�craser.

Tu sais ce que disait le grand savant anglais Isaac Newton ?

"Les apparences, aux m�diocres."

Tu n'es pas m�diocre, comprends ce qu'il en est.

Papi n'a pas �cras� une crotte.

�a ne lui est pas arriv� et �a ne lui arrivera jamais.

Les jardiniers ont d�frich� le terrain et, assez souvent,

des mottes de terre semblables � des crottes ressortent.

- Compris ? - On aurait dit une crotte.

Mais ce n'en est pas.

- La morale de l'histoire ? - Y a des fausses crottes.

Non, la morale, c'est que la v�rit�

d�pend de la force de persuasion dont on se sert.

Peut-�tre que c'en �tait.

Peut-�tre que Newton n'a jamais dit �a.

�a a de l'importance ? Non.

La seule chose qui compte, c'est que tu m'as cru.

Madame, pourquoi toujours le m�me tableau ?

Quand mon mari aime une chose, il la multiplie.

�a vaut aussi pour les femmes.

Qui est ce monsieur, toujours avec votre mari ?

Paolo Spagnolo.

Un de ses amis ?

Je ne crois pas.

Mon mari n'aime pas �tre seul

et tr�s rarement �tre � deux.

Paolo Spagnolo est le troisi�me.

- On va diffuser �a. - Tr�s bien.

Mais sur cette prise,

vous ne parlez pas du r�f�rendum constitutionnel.

Aucune importance.

En voyant �a, les m�nag�res vont se dire :

"Je le baiserais bien."

Tu me vois revenir au pouvoir ?

J'ai 70 ans.

Si la gauche s'accroche, �a durera cinq ans.

� ce moment-l�, j'aurai 75 ans.

L'�ge importe peu.

Un ami de mon beau-p�re a 92 ans et continue encore le judo.

Ma ch�rie, pas encore. Je suis avec lui.

J'ai compris, je te rappelle. Je te rappelle !

Pardon, ma femme me pousse � faire de la t�l�r�alit�.

Elle pense que �a boosterait ma carri�re.

- C'est moi, ta carri�re. - Je le lui ai dit.

Tu sais jouer Domenica Bestiale de Concato ?

Je l'aime pas, celle-l�.

Moi, si. C'est notre chanson, avec Veronica.

C'est pas mal, �a. Continue.

J'ai tu� ma jalousie il y a un bail.

Comment �tre jalouse avec toi ?

- Alors quel est le probl�me ? - Ma dignit�.

�a, tu ne dois pas y toucher.

- Je ne me permettrais pas. - Au contraire.

Te voir te cacher derri�re un bosquet

pour r�gler le probl�me Violetta Saba

est une atteinte de plus � ma dignit�.

Et n'essaie pas d'enjoliver la r�alit�.

Tu fascines les Italiens, pas moi. Je te connais depuis 26 ans.

C'est pour �a que tu es si glaciale ?

Oui.

"On ne devrait jamais mettre de c�t� argent, pens�es et sentiments

"parce qu'apr�s, on ne s'en sert plus."

C'est de Natalia Ginzburg.

C'est l'unique citation d'un communiste

que je partage pleinement.

Veronica, je dois partir � Rome pour deux jours.

Pour mes cheveux.

Papounet !

Michel Martinez !

L'h�ritier de Maradona, enfin te voil� !

- Je te fais visiter ? - Avec plaisir, monsieur.

- Qu'est-ce que tu lis ? - Saramago.

Il t'insulte.

C'est toujours flatteur de susciter l'int�r�t d'un prix Nobel.

J'ai beaucoup aim� L'Aveuglement.

Je suis d'accord, un chef-d'�uvre.

�a te pla�t ? C'est beau, hein ?

Si tu signes au Milan, on fera une f�te avec le volcan.

- C'est � couper le souffle ! - J'imagine.

La Juventus m'a fait une offre.

Refuse, s'il te pla�t. Ou je meurs.

Je suis tr�s tent�.

J'estimais M. Agnelli, il avait de la classe.

� la Juventus, tu seras avant-centre.

Au Milan, tu seras n� 10.

Comme ceux qui gagnent le Ballon d'or. Les autres sont des figurants.

Tu es meilleur que Maradona.

Personne l'a compris, sauf moi.

J'ai souvent chang� la feuille de match � raison.

Je ne suis pas s�r de vouloir un pr�sident dans les vestiaires.

Et les bimbos, les danseuses

qui te suivront ?

C'est pas ma priorit�.

T'es gay ? J'ai rien contre.

Et m�me, un quart de moi est gay.

Mais lesbien.

Je vis avec ma m�re, mais je ne suis pas gay.

Les bimbos ne m'int�ressent pas.

- Elles sont frivoles, exhibo... - Bravo, Michel.

En plus, �a d�tourne de l'essentiel.

Mais une m�re, �a compte.

C'est qui, ton idole ?

Gullit. Et vous ?

Mon p�re.

J'aurais dit Agnelli.

Agnelli a h�rit� de sa fortune. J'ai b�ti la mienne.

�cris un chiffre.

Tu vois, au Milan, tu peux vraiment tout avoir.

Tout, �a suffit pas.

� ton avis,

c'est normal que je sois encore dans l'opposition ?

Pas pour moi.

Je le re�ois aux cactus.

Mon cher ministre !

M. le pr�sident !

- Comment vas-tu ? - Comme un riche retrait�.

Les communistes ont le gouvernement, mes enfants ont les soci�t�s.

Il me reste Veronica qui me voit comme l'origine du mal.

Quoi de neuf ?

T'as l'air soucieux.

C'est pas la politique, mais une fille.

- Comment tu le sais ? - Je ne sais rien.

Je comprends.

Un s�ducteur de ma trempe comprend

quand un autre souffre d'amour.

C'est cela dont je voulais te parler.

Par contre, dis-moi son nom.

Sinon, je vais chercher de qui on parle,

et je ne serai ni attentif ni utile.

Tamara Morra, tu la connais ?

De vue.

Une belle femme.

Galbiati l'entretenait.

Je m'en rappelle, parce qu'un jour, il a parl� d'elle

d'une mani�re qui m'a d�plu.

Il a dit : "C'est ma pute."

La mienne aussi.

Maintenant, elle me fait chanter. Je suis terroris�.

Terroris�.

Je vois ma brillante r�putation se d�sagr�ger en un clin d'�il.

Une minable, de toute �vidence.

C'est l� mon probl�me.

Je ne m'amourache que de salopes.

Tu sais pourquoi, Santino ?

Parce que toi aussi, t'es une salope.

- Mais j'essaierai de t'aider. - Merci, Silvio.

Maintenant, r�cite une po�sie en mon honneur.

Oui.

Pens�e nouvelle,

g�n�rosit� orientale,

sourire persuasif...

Fou pr�somptueux,

judas mal�fique,

ridicule bestiole...

Moi aussi, je d�clame. C'est pour toi.

Silvio, je ne comprends pas.

Tu as trois choses � comprendre.

Un :

je suis jeune.

Deux :

tu es vieux.

Trois :

si tu veux prendre ma place, viens d'abord m'en parler.

Sans comploter dans mon dos.

- Qui te l'a dit ? - Cupa.

Elle joue un double-jeu.

Elle m'a pouss� � �tre ton h�ritier. Maintenant, elle me dit ambitieux ?

Elle m'a tendu un pi�ge.

�coute-moi bien.

On est avec moi ou contre moi.

Exclu du parti, on est mort politiquement.

Tu �tais dans la lumi�re,

tu vas entrer dans les t�n�bres.

Enferm� dans une pi�ce sombre.

La t�l� ne te sollicitera plus.

Nos alli�s d�truiront ta r�putation.

- Un mot de moi, et c'est fini. - Je ne m�rite pas �a.

Je me suis fait tout seul.

De la merde, Santino !

En Italie,

le seul qui s'est fait tout seul, c'est moi.

T'es qu'un vulgaire parasite de la politique.

- Tu m'as cass� les couilles. - Je t'en supplie !

Monsieur,

vous avez laiss� votre portable chez vous.

Une id�e brillante de Veronica : la journ�e sans portable.

Jumelles.

C'est quoi, cette horreur ?

C'est de moi.

En fait, �a ne me d�pla�t pas.

Tu sais que tu deviens dou�e en sculpture ?

O� est Mariano ?

� la villa, monsieur. Il a le mal de mer.

Tu te sens seul ?

Non, ma ch�rie. Le bruit de la mer m'agace.

De la musique m'aurait apais�.

Sur son bateau, Agnelli avait un portrait de lui par Bacon.

Nous, on a Apicella.

Et on a aussi ta fantastique sculpture.

Pourquoi tu n'as jamais diffus� de programme culturel ?

Je l'ai fait.

- J'avais Mike. - Bongiorno ?

C'�tait des quiz.

De culture g�n�rale.

Pourquoi tu l'as vir� sans m�me un coup de fil ?

Sa femme m'a appel�e. Il ne s'en est pas remis.

Ce n'�tait pas ma d�cision.

Mike t'a tout donn� pendant 30 ans.

Il attend juste ton appel.

Je le ferais, si j'avais mon portable.

Antonellina, tu en as un ?

Oui, monsieur.

Et le num�ro de Mike Bongiorno ?

Non, monsieur.

Tu vois ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Myst�re. J'y connais rien, aux moteurs.

On fait quoi ?

Tu vois l'utilit� des portables ?

Attendons et profitons de la mer.

- T'as pas peur du vide ? - Non, je le regarde de loin.

� mes 8 ans, j'ai d�cid� de ne pas faire ma premi�re communion.

Et il en a �t� ainsi.

Une femme de caract�re.

C'est pour �a que je te voulais.

Surtout parce que j'avais 24 ans et que j'�tais belle.

Veronica, tu n'es pas pr�cise.

Tu n'�tais pas belle,

tu �tais d'une beaut�

renversante.

J'�tais utile.

Maintenant, j'ai 50 ans et je ne sers plus � rien.

Je te comprends. C'est l'impression d'�tre superflu.

Moi, �a me tue.

Martinez va � la Juve et gagnera moins, moi, je ne suis plus au gouvernement.

Je suis un homme d'action.

Il me faut des projets.

Pourquoi je n'en r�alise plus, ne serait-ce qu'un ?

Je d�sesp�re. Je vais m'offrir une grande maison.

On en a d�j� vingt.

On a tout.

Tout, �a suffit pas.

- C'est de qui, �a ? - De moi.

Si tu veux me reconqu�rir, faisons le Cambodge � pied,

pour voir les temples d'Angkor.

Tu as besoin d'un rendez-vous chez Maltese ?

C'est un tr�s bon neurologue.

Tu te rappelles que deux ans avant qu'on soit ensemble,

tu m'as courtis�e toute une soir�e.

Tu me l'as d�j� dit, mais je ne m'en souviens pas.

Tu te rappelles au moins la chanson de notre premier baiser ?

Je te jure que je ne m'en rappelle pas.

Tu te rappelles le nom des domestiques,

mais pas notre chanson ?

L'amour est aussi fait de d�tails.

C'est cette chanson-l� ?

Manfredi, tu so�les !

Silvio, j'ai un patrimoine de 1,7 milliard de dollars.

Je suis 882e du classement Forbes des fortunes mondiales,

le 19e homme le plus riche d'Italie.

Je suis devenu immens�ment riche gr�ce � deux facteurs.

Primo : on est associ�s depuis des ann�es.

Deuzio : je n'ai pas renonc� � mes principes.

Et m�me, je les ai suivis.

Maintenant...

apr�s des ann�es de b�n�fices,

nos clients ont perdu gros � cause d'un mauvais placement.

C'est ma faute, c'est ma faute,

c'est ma tr�s grande faute.

J'ai une proposition un peu folle � te faire.

Remboursons-les, Silvio.

Remboursons-les.

Aucune soci�t� financi�re ne le ferait, alors on doit le faire.

Remboursons-les, ils nous en seront reconnaissants.

�a nous co�tera 160 millions d'euros et une part du dividende,

mais je sais qu'apr�s ce geste,

la quantit� d'investissements augmentera.

Faisons-le, Silvio. Faisons-le !

Il faut �tre g�n�reux par les temps qui courent.

L'altruisme est le meilleur moyen d'�tre �go�ste.

Un autre de mes principes.

D'accord, Ennio, faisons-le.

Tu es un g�nie.

- C'est ton id�e. - Justement !

Seul un g�nie offrirait au pied lev� 160 millions d'euros

gr�ce � l'id�e d'un autre. Qu'est-ce qui te tracasse ?

25 000 personnes.

- Si peu ? - Oui.

Si peu.

Tu imagines que j'ai perdu les �lections de 25 000 voix ?

Si je fais la conversion, �a repr�sente six s�nateurs de moins ?

Exactement.

Et �a te d�courage ? Je ne te reconnais pas.

- Je devrais faire quoi ? - C'est simple.

Convaincre six s�nateurs de passer dans ton camp.

� la premi�re d�stabilisation, le gouvernement tombe.

Il y a des �lections, tu les gagnes et � toi le gouvernement.

Convaincre six s�nateurs ?

Qu'est-ce qu'on a fait toute notre vie ?

On a vendu.

On est des vendeurs et on est les meilleurs.

C'est quoi, un vendeur, Silvio ?

Deux choses. Un vendeur est un homme seul.

L�, ce n'est pas le sujet, �a nous d�primerait.

Mettons �a de c�t�, mais souvenons-nous-en.

Un vendeur, c'est peut-�tre l'homme le plus seul au monde,

car il parle et n'�coute jamais.

Ce qui nous int�resse, c'est l'autre chose.

Un vendeur sait persuader.

On convainc les autres.

Les gens ne veulent pas acheter. Ils ont peur.

C'est l� qu'on intervient.

On les convainc. Et de quoi les convainquons-nous ?

On les convainc de la qualit� de nos r�ves.

On ne se l�ve pas de la table des n�gociations,

tant que nos r�ves ne sont pas devenus les leurs.

Et l�, ils ach�tent.

Et nous, on est heureux.

C'est toi qui me l'as enseign�.

Parce que tu es le plus grand vendeur que j'aie jamais vu.

C'�tait dans une autre vie.

Je ne saurais m�me plus faire.

Personne ne change, Silvio.

Personne ne peut sortir de lui-m�me.

Tu te souviens de tout.

Quand tu �tais promoteur, tu as cr�� une ville.

En pleine crise de l'immobilier, tu as vendu tous tes logements.

Tu as fait modifier le trajet des avions qui passaient au-dessus de Milano 2

parce que sa valeur baissait en fl�che.

En partant d'une t�l� locale � circuit ferm�,

tu as mont� un empire t�l�vis� priv� et tu l'as vendu aux Italiens.

Je continue ?

En r�sum�...

tu dis que je devrais convaincre six s�nateurs

de passer dans mon camp ?

C'est bien ce que je dis.

Tu les convoques, tu les convaincs,

tu leur vends le r�ve d'avenir.

Offre-toi compl�tement, Silvio.

L'altruisme est le meilleur moyen d'�tre �go�ste.

Ennio,

la meilleure affaire de ma vie,

c'est de m'�tre associ� avec toi.

Pour moi aussi, Silvio.

Pour moi aussi.

All� ?

Bonsoir, Elide.

Qui �tes-vous ?

Augusto Pallotta,

chef des ventes immobili�res de la soci�t� Pallotta.

�a vous semble normal d'appeler si tard pour un appartement ?

Oui, madame. Parce que c'est le soir qu'on cultive ses r�ves.

Je n'ai pas de temps � perdre.

Moi non plus, madame.

Si je vous appelle, c'est qu'on ne perd pas notre temps,

mais qu'on l'am�liore.

Je ne veux pas d'appartement.

Tout le monde r�ve d'�tre propri�taire.

Quand on l'est, on r�ve d'une maison plus grande.

Ou pour un enfant qui va se marier. Vous avez des enfants ?

Oui, une fille. �coutez...

Vous ne voudriez pas

revoir la joie qu'elle avait � 8 ans en r�citant une po�sie ?

Vous ne voudriez pas la g�ter pour lui faire oublier le jour

o� vous pleuriez sur le canap�

et qu'elle vous a dit, d'une voix triste :

"Maman, je suis l� et je t'aime." ?

Qui �tes-vous ?

Je suis Augusto Pallotta, madame.

J'ai vendu plus de 15 000 appartements.

V�rifiez demain. Pourquoi je vous appelle si tard ?

Parce que je vends des appartements, mais surtout un r�ve.

Il est trop tard pour r�ver.

Qui a dit �a ? Moi, je n'ai rien dit.

Je ne vous ai pas parl� de nos cr�dits � taux 0,

je ne vous ai pas racont� mon r�ve et vous ne m'avez pas dit le v�tre.

Je vais raccrocher, je regarde mon feuilleton sur Canale 5,

je veux conna�tre la fin.

Je vais vous la dire, moi.

�a se finit bien.

Loretta et Flavio ont un autre enfant et se remettent ensemble.

Vous n'aimeriez pas que votre vie

ressemble � la s�rie que vous regardez ?

Je peux le faire.

Je peux le faire !

Moi non plus, je n'ai pas de temps � perdre.

J'aurais d�j� raccroch�

si on ne construisait pas pr�s de chez vous.

Mes hommes font la liste des habitants et m'ont donn� votre fiche.

Je ne veux pas vendre au premier venu,

je veux vendre � quelqu'un comme vous, distingu�, honn�te,

qui porte une douleur.

Je sens, dans votre voix, une douleur qui remonte � loin.

Je sais que vous devez laisser derri�re vous cette douleur,

vous le m�ritez bien.

Vous comprenez, madame ?

Vous m�ritez d'enterrer cette douleur

parce que ce n'est pas votre faute.

J'y peux rien si ce con s'est tir� avec une esth�ticienne de 24 ans.

�coutez-moi, madame. Je suis un homme.

Pour moi, ce serait facile et naturel de d�fendre votre mari.

On me respecte dans mon travail parce que je dis la v�rit�.

La v�rit�, c'est que les hommes sont des �tres limit�s,

esclaves de tentations pu�riles.

Ils ne voient pas l'avenir, puis s'en mordent les doigts.

Je sais que votre mari a voulu regagner le foyer

parce qu'il ne suivait pas la jeunette

et que vous l'avez envoy� pa�tre.

Au premier hic, la fille en a eu marre.

Il a voulu revenir � coups d'excuses et de promesses.

Mais pour vous, ces excuses et ces promesses

avaient un air de d�j�-vu !

Alors que vous, � pr�sent, vous d�sirez de la nouveaut�.

Je suis l'ange de la nuit venu vous offrir cette nouveaut�.

Comment vous savez tout �a sur moi ?

Je connais le sc�nario de la vie.

On ne devient pas le plus grand vendeur d'Italie

sans conna�tre les douleurs et les d�sirs des clients.

Et ce soir, je n'ai choisi qu'un seul client.

Vous.

Vous �tes trop envahissant, je n'ai pas confiance.

� mon avis, vous �tes un escroc.

Vous m'entendez ?

Je vous ai vex� ?

Pardon de vous avoir trait� d'escroc, mais je ne vous connais pas.

Tr�s bien.

Alors, au revoir.

120 m�tres carr�s expos�s plein sud,

� un kilom�tre

de chez vous, 21 rue Manzoni, dans une r�sidence ultra-moderne.

Le salon ? Je mesure 1,70 m�tre.

Imaginez-moi allong�, multipliez par 7, et vous aurez la longueur des murs.

Balcons larges de 3,50 m�tres tout autour de l'appartement,

air conditionn� partout, stores �lectriques.

On fournit le frigo contr�lable depuis votre portable.

On fournit m�me le portable, un technicien vous expliquera.

L'appartement est beau, mais la r�sidence est �blouissante :

voiturettes de golf � disposition pour rejoindre vos nouveaux amis,

�tang avec des cygnes, deux piscines dont une couverte,

sauna, salle de massage, canap�s dans le hall, gardien 24 h/24,

aires de jeux pour les visites des neveux,

arbres fruitiers, salle d'exposition,

amphith��tre pour des repr�sentations, la culture est essentielle,

vrai volcan avec feux d'artifice pour les anniversaires de vos proches,

les f�tes aussi sont essentielles,

tennis, foot, gymnase, glacier, pizz�ria,

deux restaurants, un de poisson, un de viande

et enfin, un carrousel d'�poque au centre de la place.

Dites-moi, n'ai-je pas pens� � tout ?

Vous avez vraiment pens� � tout.

C'est vraiment � 1 km de chez moi ? Je n'ai rien vu.

Les travaux commencent dans un mois. Les livraisons, dans six.

Par contre...

il y a un petit probl�me.

Lequel ?

C'est un peu plus cher que les prix du march�.

Ce n'est peut-�tre pas un probl�me.

Je dois vendre le commerce de ma m�re, dans le centre.

Vous m'entendez ?

Vous �tes encore l�, monsieur ?

Je serai toujours l� pour vous.

Tout � l'heure, vous m'avez demand�

si vous m'aviez vex�.

Je ne me vexe jamais.

On dirait un dieu grec.

Merveilleux !

Le meilleur !

Veronica...

Silvio,

je suis tomb�e amoureuse de toi.

Assainissement.

Silvio, merci de m'avoir pardonn�.

�coute,

j'ai parl� avec mon oncle.

D'o� mon pardon. Qu'a-t-il dit ?

Que ton id�e de convaincre six s�nateurs est belle,

po�tique, mais inutile.

Il faut autre chose, quelque chose de plus,

de plus concret, mat�riel, a-t-il dit.

J'ai compris.

S�nateur, vous �tes servi ?

Oui, de la limonade Arnone.

Vous en avez, alors que je n'en trouve jamais.

On a tout, ici.

Un tour de la propri�t�, �a vous dit ?

Avec joie, merci.

- Vous avez fait bon vol ? - Oui.

Merci de m'avoir fourni un jet priv�.

Et votre fils ? Michele, c'est �a ?

Il vient d'�tre dipl�m� et cherche du travail.

Il a trouv�. Il y a forc�ment un poste pour lui dans mes soci�t�s.

Mais vous n'avez jamais de conflit d'int�r�t ?

Mon cher s�nateur,

je vais vous parler d'un r�ve.

Permettez que cette fois,

vous �coutiez et je parle.

Vous aimeriez que je passe dans votre camp

et que je contribue,

avec le vote de cinq autres s�nateurs, � faire tomber la majorit�

dont je fais partie.

Vous me demandez de trahir.

Mais en politique, on change d'avis.

Parole d'�vangile !

Je doute de changer d'avis. Vous savez pourquoi ?

Pas parce que vous voyez les juges comme des subversifs

ou que vous avez employ� un gar�on d'�curie mafieux.

Les lois ad personam pour les avantages �conomiques

ou �viter la prison

ne sont pas le probl�me non plus.

Comme le fait d'�tre riche, � la t�te de cha�nes nationales

et �galement chef du gouvernement.

Ni parce que votre politique n'est que de la propagande populiste

sur le dos des pauvres.

Si ces all�gations

ne me sont pas dommageables...

Pardon,

mais pourquoi �tre venu jusqu'ici pour me dire que vous refusez ?

Je comptais accepter.

Pendant que je vous attendais,

je me suis rappel� une chose.

Ce qu'a �crit Javier Marias.

Mon Dieu, �a recommence ! Qu'est-ce qu'il a dit ?

Que dans les sommets internationaux, vous �tes chez vous.

Vous faites des blagues, des pitreries

� cause d'un gigantesque complexe d'inf�riorit�.

Voil� pourquoi je ne peux pas vous rejoindre.

Votre complexe d'inf�riorit� me met dans l'embarras.

�tre dans l'embarras, � mon �ge, je ne peux pas me le permettre.

S�nateur, vous savez ce qui se passe

quand les autres essaient

de faire de la psychologie sur moi ?

Non. Quoi ?

Rien.

Il ne se passe rien.

Vous savez ce qui se passe quand, moi,

je fais de la psychologie sur les autres ?

Non. Quoi ?

Le compte-tours se met en route.

Je commence � faire de l'argent.

Comment va ta fondation culturelle, Rizzo ?

Endett�e de deux millions d'euros, mais...

Voil�.

20 s : le temps qu'il faut � mes soci�t�s

pour facturer 2 millions.

�a te dirait, au prochain vote, d'�tre de notre c�t� ?

On pourrait donner le r�le de la chanceli�re � Barletta ?

Le r�al voulait une actrice allemande de 60 ans.

Allez, c'est pas pour moi.

Elle est proche d'un s�nateur

que je veux convaincre de me rallier.

Je vais m'en occuper. Barletta conviendra parfaitement.

Martino, tu es le meilleur.

Tu pourrais m'aider avec Gardin ?

En ce qui concerne Gardin,

on l'a vue pour le r�le de Marietta, mais elle est un peu trop...

moderne.

Tu trouves ?

Maintenant que tu le dis, Gardin �tait tr�s bien. Soyons francs.

Le probl�me, Silvio,

c'est qu'elles veulent jouer Jeanne d'Arc, Mata Hari,

Rita Levi-Montalcini.

Ce sont des cruches qui ne savent pas jouer, je le sais.

- Comment �a va avec les s�nateurs ? - Plut�t bien.

- Tu as lu ? - Quoi ?

Les journaux. Ils ont publi� tes communications avec Martino.

Je suis cit�e. Les journalistes arrivent.

Je fais quoi ?

D�j�, ne m'appelle pas. Ton t�l�phone est s�rement sur �coute.

Au revoir.

- Attends ! Et nous ? - Quoi, nous ?

Pourquoi tu deviens distant ?

Je ne suis pas distant, je suis sur �coute.

Et mon r�le de sainte Th�r�se d'Avila ? J'ai tant travaill�.

Et mon r�le politique ?

Et ma r�putation sur la sc�ne internationale ?

Et la r�action de mes enfants quand ils liront �a ?

Et la dignit� bafou�e de ma femme ?

Ne m'appelle plus, Manuela.

O� tu vas ?

Faire le Cambodge � pied pour voir les temples.

- Tu es en col�re contre moi ? - Non.

Contre moi.

- Vous quittez le centre droit ? - Oui.

Et avec bien des regrets. Je rejoins le groupe mixte.

La teneur de ces communications est inacceptable.

Je suis navr�e pour mes relations avec M. Berlusconi,

mais honn�tement, j'ignorais tout de son c�t� sombre.

Je me sens bless�e en tant que parlementaire,

mais surtout en tant que femme.

Gaia, fais-lui Mille Lire Al Mese.

- Tu as vu le talent ? - J'ai �tudi� le sifflement � Duba�.

Et en plus, elle est belle.

Elle mourait d'envie de te rencontrer.

Tr�s bien. Reprends-la avec toi et va-t'en aussi.

Ch�re Veronica,

moi aussi, je lis.

Moi aussi, j'ai un auteur pr�f�r�.

C'est Dino Buzzati.

J'en ai appris un passage par c�ur.

Tandis que tu es � un cocktail

et que tu effleures le dos des jeunes femmes

ou que tu danses, leurs seins contre ta poitrine,

� ce moment pr�cis,

dans une petite pi�ce emplie de fum�e,

un jeune homme travaille.

Peut-�tre peste-t-il

alors qu'il fait ce que tu dois faire.

Voil�.

Le jeune homme dans la petite pi�ce, c'�tait moi.

Mais je ne suis plus celui-l�.

Joyeux anniversaire !

J'ai fait mon v�u !

Mon amour, 30 ans, c'est que dalle !

C'est que dalle !

Tu ne peux pas entrer.

Tu plaisantes ? Je dirige ce lieu.

Mais tu ne peux pas entrer.

En plus,

petite pr�cision :

je ne plaisante jamais.

Silvio, tu connais Sergio Morra ?

J'en ai entendu parler.

En bien, j'esp�re, M. le pr�sident.

Avez-vous re�u le pull que je vous ai envoy� ?

J'imagine que oui.

Vous avez organis� une f�te avec des filles.

Oui, on s'est bien amus�s.

Passez chez moi demain, y a trop de bordel ici.

Avec grand plaisir.

Puis-je vous pr�senter Tamara, ma compagne ?

Enchant�e.

Vous dansez, M. le pr�sident ?

Pourquoi pas ?

Mon Dieu, merci.

Tu viens d'o�, Tamara ?

De Rome.

Puis j'ai rencontr� Sergio et je l'ai suivi � Tarente.

� ce sujet,

Santino est encore amoureux de toi.

Je me sens fatigu�.

Je ne vais pas tarder.

Salut !

Bonjour, M. le pr�sident.

Tamara vous a fait un tiramisu pour le splendide collier.

Tu as lou� cette maison

et l'as remplie de jolies filles pour que je te remarque.

Bravo, tu as r�ussi.

F�licitations.

- Pour quoi ? - La chute du gouvernement.

G�nial, le coup des six s�nateurs.

Apr�s les �lections, vous gouvernerez.

J'organiserai le premier Conseil � Naples,

ville que j'aime, couverte d'ordures.

Je ferai grandir le Sud : cr�ation d'emplois,

lib�ralisations, baisse d'imp�ts, et relance de la croissance.

Et un pont jusqu'� Messine.

- Et Cupa Caiafa... - A fait la connerie de sa vie.

Elle me croyait incapable de renverser le gouvernement. Erreur n� 1.

Elle pensait brouiller les cartes avec le groupe mixte. Erreur n� 2.

L�, elle monte un parti de droite pour m'extorquer quelques si�ges.

Erreur n� 3. Elle n'aura rien.

Toi, tu voudrais quoi ?

Mon r�ve, c'est de devenir d�put� europ�en.

Ou bien les march�s publics, pourquoi pas avec des soutiens.

J'aime m'investir.

Je te pr�senterai des gens.

Je veux faire une f�te avec des filles. Tu en as combien ?

28, monsieur le pr�sident.

- �a fait peu. - Je peux en trouver plus.

Elles doivent �tre fiables.

J'autorise les portables ici, mais pas les vid�os de moi.

Rappelle-toi que c'est une r�sidence d'�tat.

C'est �vident.

Dis-leur d'�tre naturelles, maquillage l�ger, pas de talons.

On n'est pas grands.

Pas de professionnelles. Je ne paie jamais, j'aime s�duire.

� quoi bon ? Elles vous aiment toutes.

Elles r�vent tant de vous conna�tre.

Quand j'ai �t� 1er du sondage Playboy sur les politiques les plus sexy,

j'ai �t� harcel�.

Une fille m'a appel� :

"Que dois-je faire pour coucher avec vous ?"

Je lui ai dit d'appeler ma secr�taire.

Pour le repas, je pensais pizza et champagne. �a irait ?

Et Michele fera des glaces maison pour tout le monde.

Attention, je ne tol�re pas la drogue.

Bien s�r. Je vous pr�pare une petite surprise...

C'est possible de dormir ici.

D'accord.

Viens, et ram�ne ta copine.

Que des belles, pas de thons.

T'as un Master, toi ?

Mets des lunettes de vue et viens avec un journal.

Il aime ce genre-l�.

Livia, ne me d��ois pas.

Alors tu viens ?

�a va �tre la totale, mais tu t'en fous.

Les filles, allez manger, apr�s, on r�p�te la chor�.

C'est chiant !

Pourquoi vous voulez me voir ?

Pour t'offrir une opportunit�.

- � moi ? - � toi.

Les filles, c'est ton rayon. J'en ai besoin.

Beaucoup sont en vacances.

D�brouille-toi. Tu croules sous les dettes.

Am�ne des filles, je le persuaderai de t'aider.

Toutes les merdes

finissent aux chiottes.

Mon amour,

c'est reparti.

Tu as vu combien de livres

ils ont pris la peine d'�crire contre moi ?

La gauche n'arrive pas � me cerner.

Ils pensent que tout est toujours complexe.

Alors que tout est �l�mentaire.

Vous poss�dez le charisme du ruisseau.

Vous apportez � la vall�e fra�cheur et bien-�tre,

et �tanchez la soif.

C'est tout.

�coutez-moi, les filles.

Je poss�de le charisme du ruisseau.

Il a des mains royales, il devrait porter une bague.

Mon fils �tudiera des ouvrages sur lui � l'�cole.

Il emploie au moins 10 000 domestiques.

Tu crois qu'il pleure ?

Sa femme est folle.

Il n'est pas si petit.

Ses yeux ont le charme de l'Orient.

J'aimerais vivre dans sa t�te.

Avec sa veste d'amiral, il me rend dingue.

Dis-moi que c'est vrai.

C'est vrai.

Combien de jolies demoiselles avons-nous ce soir !

Merci !

Je vais vous raconter une blague.

Silence !

Vous savez quelle est la diff�rence

entre le christianisme et le communisme ?

Le premier

pr�che la pauvret�.

Le second

la r�alise.

Si vous le souhaitez,

vous pouvez aller danser.

Chez Michele,

il y a des glaces maison pour tout le monde.

Vous pouvez faire un tour de man�ge.

Soyez libres, les filles. Amusez-vous.

Amusez-vous.

�a suffit.

Monsieur le pr�sident,

pardonnez-moi.

Concernant mon d�sir de devenir d�put� europ�en,

je voulais vous partager mon opinion sur la G�orgie...

Pourquoi tu veux tout g�cher ?

Stella,

viens t'asseoir � c�t� de moi.

Peut-�tre tout � l'heure.

Je dois aller aux toilettes.

Kira, excuse-moi une minute.

Tu veux quoi ?

Va te faire foutre.

Voyons, les filles...

Tu sais pourquoi �a arrive ?

Parce que pour lui, je suis quelque chose d'accessible.

Et Stella a dix ans de moins que moi.

Tu te sens vieille ?

Je me sens idiote.

Pourquoi tu le fais ?

� moi, �a ne me co�te rien.

Et les hommes adorent �a.

Non, tu l'aimes.

Peut-�tre.

Monsieur le pr�sident,

que faites-vous ici ?

Je veux te montrer quelque chose.

C'est marrant, non ?

Tu as...

une tr�s belle peau.

Tu ne sors pas ?

Il y a des petits vieux tr�s importants

qui d�cident du destin des acteurs de t�l�.

On m'a dit que tu voulais �tre actrice.

Je n'en suis pas si s�re.

De la politique, alors ?

J'ai vraiment besoin de jeunes femmes belles et intelligentes comme toi

pour les prochaines Europ�ennes.

Je veux rajeunir l'h�micycle parlementaire.

Sauf vous.

Tu as vraiment une tr�s belle peau.

Et une bouche

encore plus belle.

Tu n'appr�cies pas la soir�e ?

Je peux parler librement ?

Tu es dans la Maison des Libert�s.

Non, �a ne me pla�t pas.

Pourquoi ?

Qu'est-ce qui cloche ? Il y a la musique, la joie,

un bon repas.

Et apr�s ?

�a...

il n'y a que toi qui peux le d�cider.

Tu es f�ch�e contre moi ?

Si je t'ai manqu� de respect, je te demande pardon.

Vous ne m'avez pas manqu� de respect.

� votre fa�on, vous �tes gentil et galant.

Alors qu'est-ce qui cloche ?

Vous avez l'haleine de mon grand-p�re.

Elle n'est ni forte ni d�sagr�able.

Comment, alors ?

C'est juste l'haleine d'un vieux.

Je ne voulais pas vous vexer.

Je ne me vexe jamais.

C'est que je me sens mal � l'aise.

�a me navre. Mais pourquoi ?

Parce que j'ai 20 ans

et vous en avez 70.

Parce que je suis path�tique d'�tre ici

et vous �tes path�tique

quand vous me faites des compliments ou des excuses.

Path�tique de vous �tre d�chauss�,

de vous �tre assis en tailleur

pour faire jeune...

Tout est si path�tique, monsieur le pr�sident.

Et triste.

Et on ne construit rien avec la tristesse.

M�me pas un coup d'un soir.

� ton �ge, la joie devrait �tre un devoir civique.

� mon �ge, la joie n'est qu'un d�sir.

Qu'est-ce que tu fais ?

Il vaut mieux que je m'en aille.

L'�t� est fini pour moi.

Reste. On va peut-�tre lancer le volcan. C'est � couper le souffle !

On s'est plant�s o� ?

Quand on a pens� �tre plus malins qu'eux.

Tu es enceinte ?

Je l'ai �t�.

Saute !

Je jure d'�tre fid�le � la R�publique,

d'en observer loyalement la constitution et les lois

et d'exercer mes fonctions dans l'int�r�t exclusif de la nation.

Qu'est-ce qui se passe, madame ?

J'ai perdu mon dentier en courant.

Je vais vous en faire envoyer un nouveau.

Merci.

Je fais 1,70 m.

Imaginez-moi allong� par terre, multipliez par 4,

ce sera votre salon.

Vous aurez tous un logement antisismique

dans un temps record.

L'Aquila aura une New Town

parce que je tiens toujours mes promesses.

J�sus-Christ !

Rendez-nous J�sus-Christ !

Appelle Mike, il souffre.

Beaucoup de voix affirment

que gouverner ne m'int�resse plus,

que je ne me consacre qu'aux filles, que...

Les voix seront d'autant plus nombreuses

si tu ne parles pas � l'ONU la semaine prochaine.

Je souffre du dos.

L'ONU consent que tu t'exprimes avec un mal de dos.

- Envoie Santino. - C'est toi qu'ils veulent, pas lui.

Je les comprends.

Il y a un autre point, c'est d�licat et ennuyeux.

Il para�t qu'a �t� r�dig� un genre de d�calogue,

approuv� par des ministres des Affaires �trang�res,

sur la fa�on dont tu devrais te comporter

dans les sommets internationaux.

Pas de bise, d'embrassade,

de tape sur l'�paule, de blague, d'oreilles de lapin, de coucou.

Je fais comme bon me semble.

Mon �lectorat appr�cie mon comportement avec les chefs d'�tat.

Essaie au moins d'�viter les blagues.

En quoi �a les d�range ?

Et Churchill ?

Ses blagues ont marqu� l'histoire.

Churchill devait exorciser une guerre mondiale.

Tout est pr�t pour le massage.

Paolo,

�a aurait un sens

un mus�e sur moi ?

Pas encore, monsieur.

New York ?

Non, Naples.

Tu es le meilleur !

Bienvenue � la maison, mon amour.

Le temple te pla�t ?

Je l'ai fait construire pour toi.

�a te dit, un week-end � Portofino ?

Tu sais pourquoi je suis revenue ?

Pour l'op�ra. Et le Cambodge, � la longue, c'est fatigant.

Je suis rentr�e pour divorcer.

Tu ne vas pas croire la presse de gauche ?

Ce n'est qu'un complot pour me d�truire.

La gauche t'a graci�, c'est sa plus grande erreur.

Essaie d'�tre un homme,

pas un clown.

Tu n'es pas � la t�l�, il n'y a que nous.

L'�pouse et le mari dans un moment douloureux, celui de l'�chec.

Je rentre pour clore le chapitre de ma vie conjugale avec toi.

Pourquoi ?

Tu es malade.

- Voyons... - Tu as besoin d'un psy.

Va au but, tu tombes dans le m�lo.

- Je vais me surveiller. - Y avait pas un coquillage ?

Un homme,

un p�re de famille avec des mineures, c'est quoi ?

Le chef d'un gouvernement qui remplit sa maison de putes, c'est quoi ?

Un leader qui pr�sente des bimbos aux Europ�ennes, c'est quoi ?

Un cingl�.

Voil� ce que c'est.

C'�tait moins m�lo ?

Tu te rappelles ce qu'a dit Borboni quand tu jouais au th��tre ?

"Tu �tais bien, ma petite, mais je n'ai rien entendu."

Ne m'insulte pas.

Je n'ai jamais �t� une bonne actrice.

Tu n'�tais pas une actrice, tu �tais surtout une bimbo.

M�me si ce terme n'existait pas.

Tr�s bien.

Alors rappelle-toi que cette bimbo

est devenue la m�re de tes enfants.

Regarde-toi.

Normal que j'aie eu besoin de compagnie.

Tu me sors les th�ories de tes hommes de main ?

"Elle n�glige son mari qui se console avec des mineures et des putes."

Quelle mineure ? Noemi est la fille d'un socialiste que je connais.

Elio Letizia !

Alors, qui c'est ?

- Le chauffeur de Craxi. - Non, son chauffeur s'appelle Nicola.

Personne ne conna�t de Letizia.

Je devais lui parler des candidatures � Naples.

Un n�gociant en parfums.

Un chef de parti aborderait un tel sujet avec un parfumeur ?

Veronica,

ne sois pas ridicule.

Je ne le suis pas. Tu es ridicule.

Et path�tique.

Tu es un homme malade.

Pas � cause des femmes, tu avais de grandes choses � faire.

Tu avais une opportunit� :

t'occuper des Italiens et tu ne l'as pas fait.

Parce que tu t'en fiches, tu ne t'int�resses qu'� toi.

C'est �a qui te rend malade.

Et s'il y a un Dieu quelque part, Il ne te pardonnera jamais tes actes.

Tu voulais �tre un homme d'�tat

et m�me pr�sident de la R�publique.

Mais tu n'es qu'un repr�sentant.

Avant, au moins, tu �tais vendeur.

Au gouvernement, tu as tout brad� :

la culture, l'espoir des gens,

la dignit� des femmes et tu m'as brad�e moi.

Moi, je t'ai brad�e ?

Je t'ai plac�e au centre du monde,

un monde qui aurait oubli� ton nom avant m�me de le conna�tre.

De quel droit tu me dis ces horreurs ?

Qu'est-ce que tu as accompli dans la vie

pour te permettre des accusations aussi s�v�res ?

Vu que tu as �lev� trois enfants,

tu penses avoir ce droit.

Tu as fait mon portrait, c'est � mon tour.

Tu n'as aucune vitalit�, tu es froide, formelle.

Tu as b�ti un monde bourr� de r�gles insupportables.

Tu r�fl�chis avant de rire.

Je ne m'impose peut-�tre pas de r�gles, mais je suis vivant, dynamique.

Je pourrai me vanter d'avoir profit� de la vie.

Alors que toi, tu penses

que la vie est un long calvaire remplie de responsabilit�s.

�a, c'est triste. Plus que mes agissements !

Rien ne te fait vibrer.

Tous ces trucs : la philosophie fumeuse, les temples, la sculpture,

c'est du vent.

Du vent !

�a trompe ceux qui ont peur d'affronter la vie.

Tu as �vit� d'affronter une vie de merde,

pleine d'humiliations,

gr�ce � mon argent.

Moi, je me suis sali les mains pour toi et nos enfants.

Et je l'ai fait mieux que quiconque dans ce pays.

J'ai cr�� un empire �conomique et politique.

Tr�s bien, Silvio.

Tu es en boucle sur ton talent. On n'en peut plus.

Tu veux savoir la v�rit� ? C'est faux.

Si tu es un grand entrepreneur, c'est parce que tu as toujours trich�.

Tu es tellement na�ve.

� ton avis, ils font quoi, les autres entrepreneurs dans le monde ?

Tu penses qu'ils sont tous droits comme la justice, sauf moi ?

Je vais te r�v�ler une chose qui n'est pas arriv�e jusqu'� ta serre :

ils agissent tous comme moi,

ils sont pr�ts � contourner ou abattre les obstacles.

Mais moi, je l'ai fait mieux qu'eux parce que je suis le meilleur.

Tu n'es qu'un gosse qui a peur de mourir.

Mais je dois �tre honn�te jusqu'au bout avec toi.

Tu n'es pas bon,

tu as surv�cu gr�ce � Craxi

et aux criminels qui faisaient le sale boulot.

D'ailleurs, ils ont fini en prison.

Et tes cha�nes de t�l� ?

D�sol�e de te d�cevoir, mais tu n'as rien invent�.

Tu as juste bourr� la grille de pubs,

de messages promotionnels, de soaps, de vari�t�s,

de vieux films vulgaires et de quiz idiots.

Tu te vantes, mais tu vaux moins que �a.

Donc, depuis des ann�es, tu penses que je n'ai aucune qualit�.

Pourquoi tu es rest�e avec moi ?

Toi et tes comp�res, vous avez dirig� ce pays

suivant vos pulsions sexuelles, votre vanit�

et la sauvegarde du pactole.

Maintenant que tu divorces, tu te fiches du pactole ?

Je ne pense qu'� mes enfants.

Le grand alibi de toutes les femmes en proc�dure de s�paration.

- R�ponds-moi. - Tu me fais piti�.

Toi et tes amis,

vous �tes un film de Tot� et Peppino.

Des provinciaux avec vos bas de laine, une voix idiote,

la langue pendue devant les danseuses de revue.

Une caricature d'un vieux film comique qui se veut moderne !

Tu n'as pas r�pondu, ma ch�re.

Pourquoi tu es rest�e avec moi tout ce temps,

si tu as toujours pens� que je n'avais pas la moindre qualit� ?

R�ponds-moi.

Toi, r�ponds, pour une fois, � ce que tout le monde te demande :

quelle est l'origine de ta fortune ?

Mon p�re m'a pr�t� 30 millions de lires pour me lancer.

C'est faux. C'�tait 113 milliards de lires.

Personne ne sait d'o� �a sort. R�ponds !

J'exerce mon droit � garder le silence.

Je ne suis pas juge.

C'est comme si tu avais r�pondu.

Toi, tu n'as pas r�pondu.

Tu ne te d�voiles jamais.

M�me pas � moi.

Tu es

une immense

mise en sc�ne ininterrompue.

Et toi,

tu n'es pas aussi une immense mise en sc�ne ?

Je suis tomb� amoureux d'une jolie fille d'�milie.

Tu avais ce bel accent de Bologne.

Que reste-t-il de cette fille sens�e, intelligente et gaie,

avec des r�ves plein la t�te ?

Tu te donnes des airs qui m'�chappent.

Tu ne cesses d'�tre antipathique,

�nervante, rigide.

Je ne me d�voile jamais, mais toi non plus...

je ne te reconnais pas.

Tu sais ce qui reste de cette fille ?

Rien.

Il n'en reste rien.

J'ai vieilli.

J'ai mal vieilli.

- Et c'est ma faute. - J'ai pas dit �a.

S'il te pla�t, r�ponds.

Pourquoi tu es rest�e avec moi tout ce temps,

si tu as toujours pens� que je n'avais aucune qualit� ?

Parce que j'�tais amoureuse.

C'�tait �a, ta qualit�.

Tu m'as rendue amoureuse.

Appelle Mike,

tu l'as bless�.

Monsieur,

je vais y aller.

- Tu vas o� ? - Comment �a ?

La t�l�r�alit� !

Avec deux valises ?

T'as m�me pas droit � une brosse � dents.

Je les cacherai.

Y a quoi dedans ?

Mozzarella, provolone,

cafeti�re.

Il reviendra vite.

Si je tarde, c'est que j'ai gagn�.

Alors reviens vite.

Pourquoi on ne me laisse pas gouverner,

diriger le pays comme mes entreprises ?

Au lieu de �a, les juges de gauche me pers�cutent avec leurs proc�s,

mes adversaires politiques m'attaquent chaque jour

et tout le monde s'immisce dans ma vie priv�e.

Je ne comprends pas.

Tu esp�rais quoi ?

Pouvoir �tre l'homme le plus riche du pays,

Premier ministre

et que tout le monde t'adore ?

Oui.

J'esp�rais exactement �a.

Tu n'es jamais descendu du bateau de croisi�re o� on chantait.

Ou je n'y suis jamais mont�.

Tu sais quoi ?

L'autre jour, je suis tomb� sur un journal.

Ils avaient publi� toutes les photos de tes fianc�es pr�sum�es.

Et j'ai remarqu�

qu'elles ressemblaient toutes � Veronica.

Pourquoi tu ne r�essaies pas ?

Un jour, il y avait une fille, ici.

Elle s'appelle Stella.

Je me suis approch� d'elle et elle m'a dit :

"Vous avez l'haleine de mon grand-p�re.

"Elle n'est ni forte

"ni d�sagr�able.

"C'est juste l'haleine d'un vieux."

Je n'ai pas eu le courage de lui dire la v�rit�.

De toute �vidence,

son grand-p�re et moi utilisons

la m�me marque de nettoyant

pour dentiers.

Il est trop tard pour reconqu�rir Veronica.

Fedele, il est trop tard.

J'avais de grands r�ves.

Ils se sont transform�s en cauchemars.

Daniela �tait inqui�te

quand j'ai �t� licenci�.

Elle pensait que je le vivrais mal.

Et je l'ai mal v�cu

parce que ce n'est pas toi qui m'as licenci�.

Daniela me disait :

"Pourquoi Silvio n'appelle-t-il pas ?

"Vous avez partag� une vie enti�re de travail."

Moi, je lui r�pondais :

"Tu verras, Silvio va m'appeler,

"d�s qu'il aura un petit moment."

C'est moi qui avais raison.

Tu es triste, Silvio.

C'est la premi�re fois que je te vois triste.

Je ne m'amusais qu'en vendant des maisons.

Comme l'a sous-entendu Enzo Biagi,

je suis entr� en politique pour �viter la prison,

sauver les meubles et contr�ler la t�l�vision.

Mais je voulais vraiment faire quelque chose pour mon pays.

Comme on dit en tombant au combat :

l'Italie est vraiment le pays que j'aime.

Personne ne m'a cru, Mike.

Personne.

Ils disent que je n'ai pas tenu la moindre promesse,

qu'apr�s tous ces scandales, ma vie politique touche � sa fin.

C'est vrai, selon toi ?

Je ne sais pas, je ne suis pas la politique.

Un jour, dans un refuge,

quand je skiais encore,

une dame m'a demand� :

"Bongiorno,

"qui �tes-vous vraiment ?"

J'en suis rest� bouche b�e

car je n'en savais rien.

Tu connais la diff�rence entre nous deux ?

L�-dedans, il y a des souvenirs. Moi, j'ai des projets.

Tu as eu un m�tier �trange.

Pr�senter un quiz toute ta vie.

Si on y r�fl�chit, c'est un peu d�bile.

- Comment ? - Tu peux rester dormir ici.

Merci, Silvio, mais Daniela sera plus rassur�e

si je rentre � Milan ce soir.

D'accord.

La prochaine fois que tu viens, on mettra le volcan.

Des millions de matelas de qualit�...

... et ses parents.

Giorgia, 32 ans...

Tu vois ?

C'est nouveau

et encore plus complet !

... des milliers d'euros.

Monte.

Monte doucement.

Comme �a. Doucement.

�a descend.

Monte encore.

Monte.

Monte la corde encore un peu.

Continue.

Le voil�.

Le voil� qui arrive.

Donne du lest.

Descends.

Encore.

Parfait.

Attends, ils vont l'attraper.

Baisse.

Baisse doucement.

Descends.

Doucement, �a va toucher.

Il est au sol. Parfait.

SILVIO ET LES AUTRES

Adaptation : C�line Merlin

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