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Je dois dire une chose...
Cela fait partie de la cr�ation.
Cela me d�passe, et de loin.
Mais sans moi nul n'en saurait rien.
Car cela n'existerait pas.
Personne ne saurait qui �tait Lajos Balatony,
d'o� il venait, o� il allait, qui �taient son p�re ou son grand-p�re.
C'est important, car nous assistons ici � la fin de quelque chose.
Or, s'il y a une fin, le d�but importe tout autant.
TAXIDERMIE
Morosgov�nyi !
� vos ordres !
Quel jour sommes-nous aujourd'hui, Morosgov�nyi ?
Samedi, mon lieutenant.
Le deuxi�me samedi du mois.
Samedi du bain, mon lieutenant.
Quelles sont les obligations d'une ordonnance
un samedi de bain, Morosgov�nyi ?
L'ordonnance a l'obligation
d'installer dans la cuisine bien chauff�e
l'auge faisant office de baignoire,
de la stabiliser par quatre ou six cales selon les besoins,
puis, � l'aide de seaux d�di�s � cette fin,
de la remplir d'eau bouillie, � la temp�rature voulue
selon les d�sirs et la personne.
Qu'est-ce qui fait bouillir l'eau, Morosgov�nyi ?
C'est le feu, mon lieutenant.
C'est dans le coin est-sud-est de la cour
� l'emplacement dit du feu, que le feu
doit �tre install�.
Apr�s ?
Apr�s avoir coup� du bois aux dimensions voulues.
Les dimensions voulues ?
Vingt sur cinq sur cinq.
Centim�tres.
Apr�s ?
Apr�s vous avoir accompagn�...
Apr�s ?
Apr�s avoir gonfl� les pneus du v�lo.
- Apr�s ? - La corv�e de chiottes.
- Apr�s ? - Le fumier sorti.
Apr�s ?
La paille rentr�e.
� l'envers, Morosgov�nyi, � l'envers.
� vos ordres !
Apr�s ?
Les boutons du capitaine astiqu�s.
Apr�s ?
L'ex�cution des man�uvres du jour.
Apr�s ?
Le cochon nourri.
Correct.
Et ?
Que ne doit pas faire l'ordonnance, Morosgov�nyi ?
Mon lieutenant, en aucune circonstance il ne doit �pier.
Et s'il �pie ?
Une balle dans son sale bec !
Dans son bec de li�vre, Morosgov�nyi !
� vos ordres, mon lieutenant !
Attends, pas si vite !
C'est trop, c'est trop.
Attends, pas si vite !
Encore un peu.
Bon, bon ! C'est trop !
Allez, sors d'ici !
T'as rien de mieux � faire ? Allez, sors !
Qu'as-tu � sourire ?
C'est �a, l'essentiel.
Il a raison, le po�te.
�a sert � quoi une bite qui se dresse ?
Qui peut savoir ?
N'est-ce pas, Morosgov�nyi ?
Oui, mon lieutenant.
En outre, je demande, Morosgov�nyi,
carr�ment, directement,
existe-t-il plus important
que le con d'une femme ?
Vous appelez �a comme vous voulez,
c'est tout de m�me le con
qui est le d�nominateur commun.
Pas vrai ?
Et si c'est pas le cas,
c'est parce que c'est non,
ou parce que c'est laid.
C'est �a, oui.
Mal lav�.
Disons,
d�gueulasse.
� vos ordres.
Je suis d'accord pour dire
que sous la plume des po�tes
c'est le calice de l'amour
ou un lys couvert de ros�e...
Ou, disons...
la minette.
Aucun doute l�-dessus.
Ou, comme c'est dans la chanson...
Comment c'est d�j� ?
Si tu �tais bouton de rose,
je serais l'abeille...
Je volerais vers toi en bourdonnant.
Mais ce ne sont que des mots.
Pour s�r !
Par courtoisie, par politesse.
Car le plus souvent, on n'entend
que bel et bien le con,
c'est � �a qu'on pense.
Tu me comprends ?
Le con !
Car, �coute-moi, Vendel.
Moi, j'ai une th�orie...
C'est pas le con qui tourne autour du monde,
c'est le monde qui tourne autour du con.
Erno ! Le d�jeuner !
Vous �tes bien bavard !
D�guerpissez !
Leona, pas maintenant !
Attrape-moi !
Allez, viens vite !
Viens, lance, allez !
Les filles !
Allez-vous coucher !
Les filles !
Au lit !
Mademoiselle !
Dors tranquille !
Ne crains rien pour ta ligne,
je veux te voir bien grosse.
Fais de beaux r�ves.
Une pauvre petite
orpheline,
elle n'a pas de p�re ni de m�re
pour l'aimer.
Elle n'a qu'une seule amie,
la solitude.
Elle lave son linge au ruisseau
matin et soir.
Sa mar�tre
la rabroue sans cesse.
La pauvre orpheline
a une triste existence.
Au petit ruisseau
la jeune fille
son linge blanc
lave, lave.
La petite fille aux allumettes
N'aie pas peur de moi !
Mais tu trembles.
Veux-tu que pour toi je pars�me le ciel d'�toiles ?
Oui.
Tu aimerais ?
Oui.
Tu aimerais vraiment ?
- Oui. - Des �toiles par millions...
Mais alors tu dois m'aider.
Donne-moi ta main.
Oui, l�.
Je vole !
Sant� !
Messieurs !
� nous ! � la victoire finale !
Alors, �a vient ?
La provision de chandelles,
Morosgov�nyi.
Morosgov�nyi !
Madame ne va pas attraper froid en sortant du lit comme �a ?
Le froid d�pendra de vous, Vendel,
si vous �tes adroit.
Grattez, Morosgov�nyi,
grattez !
Grattez donc !
Grattez donc !
Grattez !
Vous me d�shabillez, b�ta ?
C'est l'hiver.
Faut pas exposer
l'attirail d'une femme au froid,
Morosgov�nyi, il faut lui donner de la chaleur.
� vos ordres.
Toi.
Attends, je vais vomir mes tripes !
Je vais te baiser, Irma !
Tu en dis des choses !
Et comment ! Nom de Dieu !
Baise mon con, enfonce ta pine dedans � fond.
Baise mon con, enfonce ta pine dedans � fond.
Ma truie engraiss�e, ma mignonne.
Ma truie � moi.
Ma truie,
ma cochonne,
mon porcelet.
Ma mignonne !
Dis-moi, Leona, Vilma !
Dis-moi Irma,
dis-moi, ma petite Irma !
Toi !
Crions !
Ensemble !
Et rigolons !
Ensemble !
Et grognons ! La vie est trop courte !
Et enfonce-la !
Enfonce-la !
Enfonce !
Autant que tu peux !
Morosgov�nyi !
� vos ordres !
Mon petit K�lm�n, mon enfant !
� l'instant m�me,
si on en croit la balance,
en 2e position, devant Hristo Mehmedov,
talonnant le champion sovi�tique Douharine,
se place notre jeune K�lm�n Balatony,
juste derri�re...
Vas-y, la seconde place est d�j� s�re...
B�la Miszl�nyi est � la 4e place.
L'athl�te du 12e r�giment du front de lib�ration bulgare
tient le rythme dict� par les 2 Hongrois,
� cet instant on ne peut pas pr�voir le r�sultat.
La 1re place est d�j� d�finitive, mais
l'incertitude persiste quant aux 2e, 3e et 4e places.
Voici la situation � pr�sent :
Premier Ivan Douharine, suivi de K�lm�n Balatony pour Honv�d !
Allez, K�lm�n ! Allez, Honv�d ! Puis Mehmedov, puis B�la Miszl�nyi.
Allez, les Hongrois !
Allez, Balatony ! Allez, Miszl�nyi !
Allez, les Hongrois !
Balatony pourra-t-il tenir cette d�licate 2e place ?
Il peut ! 58 secondes avant la fin,
Balatony entame un finish incroyable.
Miszl�nyi fait de m�me.
Miszl�nyi est 3e.
Bouffez, les gars !
Balatony n'est plus qu'� 1 centi�me de Douharine !
Mais le Bulgare l'emporte.
Elle te pla�t, hein ?
Laisse-la tomber.
T'as pas arr�t� de la reluquer.
Je suis quand m�me 2e.
C'est un peu gr�ce � moi.
Petit poussin !
La comp�te est bien plus importante.
Elle sera ma femme.
T'es dingue ?
Tu la connais m�me pas.
Tu fixes quoi, connard ?
T'as oubli� o� t'es, poussin ?
Alors ouvre les yeux !
T'as enfin tes chances, tu vas pas tout foirer !
Qu'est-ce qui compte, hein ?
Le 2e va � Oslo !
T'es cingl� ?
- Je suis 2e. - Comment ?
De justesse ! D�conne pas, regarde ton plat et bouffe !
Ta bouche,
elle te sert � manger, pas � rouler des pelles.
Compris ?
Oui, compris.
J'esp�re !
Les lipides c'est sec, dangereux,
truff� de cochonneries, de gaze, de coton.
Du lubrifiant seulement pour 3 vidanges.
Compris ?
B�la !
B�la, tu soutiens K�lm�n.
Aie l'�il sur le Russe. T'as int�r�t.
Le Sovi�tique premier, nous seconds !
Allez Honv�d ! Allez les Hongrois !
Le Bulgare a tout fait ! Le coup de Vassiliev, le Garmeyer...
Qu'est-ce qui cloche ?
Le Garmeyer ? Pour une soupe de fayots ?
-T'as pas remarqu� ? - Non.
Et pourquoi ?
L'arbitre aussi reluque la nana !
Mais je vais te dire, moi,
tu ne pourras �tre que 3e, or la championne sera au champion.
D'accord.
La championne au champion !
Solide !
Plus solide que l'acier l
� la Spartakiade des arm�es amies, nous saluons
la camarade Gizella Acz�l, de la fili�re viande,
vainqueur en haricots-saucisses � la Rencontre Mondiale de la Jeunesse,
ainsi qu'une autre c�l�brit� de la bouffe sportive,
la camarade mongole Bulgana Bat m�daille d'or � P�kin en �uf dur.
� vos marques !
Pr�ts !
Partez !
Les gars se lancent pour la 2e reprise.
La star du Spartacus est talonn�e par les deux Hongrois.
L'issue de la 2e reprise est incertaine,
avec la v�ronaise de cheval des Sovi�tiques...
Allez, les Hongrois !
Tempo, c'est bon.
T'es premier, vas-y !
Pas possible !
La balance de Balatony montre 23,5 g
ou m�me 23,7 g en moins que celle de Douharine.
Balatony � la 1re place, un moment historique !
Il fait bon �tre Hongrois !
Un tournant dans la bouffe sportive !
Allez Balatony ! Allez Miszl�nyi !
Allez Balatony !
La cuiller !
K�lm�n a la bouche bloqu�e !
Les autres mangent, car le chrono tourne.
Balatony ! K�lm�n !
Camarade !
Que fais-tu ? C'est pas encore perdu ! Allons !
C'est grave. La bouche est bloqu�e.
Je crains m�me que...
Cuba, c'est le paradis socialiste !
Ya des oranges partout,
on fait pas la queue, elles tombent des arbres.
Salut, salut !
Alors fiston, comment tu vas ?
Tu reprends des couleurs...
Salut, tricheur !
Des fraises au sirop.
Tes pr�f�r�es.
B�la Miszl�nyi.
Gizella Acz�l. F�licitations.
Nous vous connaissons, camarade Acz�l.
Vous �tes brillante, or ce qui compte c'est les r�sultats.
B�la a fini second, derri�re Douharine.
Et ceci n'est pas sans cons�quence.
La Norv�ge, c'est �a ?
La Norv�ge. J'irai au championnat d'Europe.
L'essentiel est de te voir entier.
C'est le champion qui dit �a
� la championne.
Pas vrai, K�lm�n ?
Voici des bananes.
Bien m�res,
tr�s bonnes.
- Pour vous, camarade ? - Non, merci.
Je vous d�pose ?
J'ai une voiture.
On peut partir.
Ou vous discutez encore un peu, K�lm�n ?
Allez fiston, ne te laisse pas aller.
Alors, au revoir, K�lm�n.
Gu�rissez bien.
La mari�e est � vendre !
Acc�l�rez, acc�l�rez, Messieurs !
Soyez pas radins !
Souris, Mathias, c'est des noces, pas un enterrement !
La mari�e est � vendre !
Plus vite, Mathias !
Tu tra�nes ! Tu vas prendre racine !
Merci, Juliska.
H�, Laci, crache-le ton argent !
C'est �a, on en prend pas, on en met !
La mari�e est � vendre !
Sauvons-nous !
D'accord.
La mari�e se sauve !
- B�la ? - B�la !
Putain, le sale menteur !
- O� elle est ? - Pas si vite, il faut la m�riter !
Premi�re �preuve : le chant.
Tout doux, fiston !
En Norv�ge,
mais viens avec moi.
Je te d�sire, Gizi !
Je veux vivre avec toi.
Je t'aime, Gizi.
C'est trop t�t pour se quitter,
Je n'ai eu personne d'autre que toi,
Tu m'as pris le sommeil,
Je revois ton visage,
Je suis toujours hant� par une pens�e douloureuse :
Penseras-tu � moi une fois la nuit pass�e ?
Notre sommeil...
Gizi, nous partons pour la Norv�ge !
Gizi, tu es � moi, Gizi !
Je t'ai gagn�e, Gizi !
En Norv�ge !
... que tu n'as aim� personne d'autre autant que moi.
Penseras-tu � moi une fois la nuit pass�e ?
Ne d�truis pas nos r�ves,
Mens, dis que �a te fait mal aussi...
Pista, J�zsi, allons !
Pali, tra�ne pas, � la machine !
Comment tu tiens ce tuyau, toi ?
Excusez-moi.
Bonjour.
Le camarade Szak�cs m'a dit...
C'�tait convenu...
Mets-toi l�.
Menu, dessert, semoule au lait.
Vous aurez du cacao dessus.
Tiens-toi droit !
Cuiller en l'air !
Toi aussi, c'est �a.
Ta cuiller ?
attention, � vos marques !
Semoule,
�paisse,
aux grumeaux.
On fait travailler ses coudes,
on avale pas de travers.
Allons, il reste dix secondes,
neuf,
huit, sept, six, cinq...
J'ai fini !
Je peux pas le croire !
Kirill Gottmann.
Kzystof Dihar.
Jan BeherKekes.
B�la Miszl�nyi.
J'peux pas !
C'est plus le m�me monde !
C'est plus pour des gens comme moi !
�couter ci, �couter �a, tant�t ci, tant�t �a !
La Bulgarie et l'URSS raflent tout.
- Et B�la Miszl�nyi. - Je l'emmerde !
On lui a toujours torch� le cul.
"Mister Miszl�nyi, please !"
Dilatation de l'�sophage.
On est loin de �a !
Petit poussin...
Vous vous rappelez ?
Avec le chocolat Inota,
encore � l'�tat liquide,
ni moul�e ni d�coup�e, et encore chaude...
Je devais �tre en sixi�me.
Un ouvrier nous a dit qu'on pouvait en manger � sati�t�,
mais rien dans les poches ou le cartable.
Il y avait une fille, Ibolya,
je voulais l'impressionner,
lui montrer ce que je valais,
qu'il n'y avait pas que le solf�ge ou la gym.
"Vous avez une cuiller et du soda ?"
J'ai compt� dans ma t�te.
Au premier coup, j'ai d� faire 2,20 kg.
J'ai eu l� ma premi�re ivresse.
Ce vibrant bien-�tre
d'avoir un volume plus grand que ma taille.
Tu te dilates sans cesse du dedans,
sans cesse tu grandis,
s'ouvrent des cavernes inconnues et je...
Un m�me haut comme trois pommes
qui touche � l'essentiel !
Je voulais parier 200 cerises au rhum,
c'�tait chose rare � l'�poque,
m�me � No�l, �a partait � l'exportation.
Mais il m'a dit, fini, fallait partir.
T'es qu'un putain de menteur, j'ai dit.
Il a pas os� me taper,
il est parti appeler le vigile.
Et moi, j'ai dit ?
De laisser tomber ces minus de la fili�re viande.
Apr�s les entra�nements, ticket de tram
et go�ter, pain au salami, sirop apr�s les comp�tes.
Je redis pareil.
Et on ne conteste pas.
Travailler dur, s'exercer !
Quand la vitesse comptera de nouveau,
quand le CIO nous aura enfin reconnus,
nous montrerons au monde entier
que K�lm�n Balatony
vaut de l'or !
Ch�re camarade, bienvenue � l'h�pital,
la salle porte le nom de l'�pouse du martyr Szamueli,
voici le cabinet de gyn�cologie,
nos m�decins sont patients et leurs examens sans douleur.
Gr�ce � l'excellence de nos travailleurs...
Alors, camarade Gizella,
on se fait transf�rer aux l�gumes.
On pisse un coup et on fait une prise de sang,
d'accord ?
Je vous f�licite !
Docteur, il y a un hic.
Les l�gumes.
Gizi est chez les viandes.
Les l�gumes.
- C'est la 2e division. - Sans prime de calories.
J'y peux rien. Une femme enceinte est transf�r�e.
Kyste ou myome ?
- Kyste. - Myome.
Tibor.
Ilonka.
J�nos.
Ou Piroska.
Ou Mikl�s.
Lajos.
Madame Acz�l !
Gizike !
On nous a dit � l'h�tel qu'on vous trouverait ici.
Le camarade Svigadourine invite la c�l�bre championne et son mari
pour une croisi�re.
Et puis,
il a annonc� que vous donneriez
une petite d�monstration.
45 kg de caviar rouge
en 20 minutes
en l'honneur du 20e anniversaire de notre lib�ration !
On en est � une minute.
Donc 45 kg en 20 minutes, d'accord ?
J'ai l'estomac compl�tement barbouill�.
Normal, tu viens de vomir.
Je suis aussi en sueur qu'Ili Fibinger � l'Op�ra.
Pas de b�tises, c'�tait diff�rent.
Le foie gras s'�tait bloqu� dans sa gorge.
Je sais pas, mais �a ne va pas du tout.
Tu vas quand m�me pas pleurer, toi, la championne des viandes ?
�coute,
comment c'�tait les fayots chez Fidel Castro ?
Ce grand homme a applaudi
si fort qu'il a failli tomber de l'estrade.
Je vais dire au m�decin de tout arr�ter.
La sant� avant tout.
Alors, c'est fichu pour le voyage � Sotchi !
Courage ! Attends, je vais te souffler dedans.
Chers camarades !
Aujourd'hui, alors que nous avons besoin
d'encore plus de bras
pour �tayer les superstructures du communisme...
... le plus important, c'est la vraie amiti� et la sinc�re fraternit�,
et je vous remercie vivement
Pour cette f�te comm�morative.
Tu te sens mal, ch�rie ?
Bois un peu de cognac !
Depuis les juniors, j'ai pas �t� si mal.
Celui-l�, en haut.
C'est lui, Lajos ?
Oui. Un beau b�b�.
- Un peu ch�tif. - Tant pis.
Il est comme il est.
Nous l'�l�verons, ch�rie.
Lajos Balatony - TAXIDERMISTE
30 kg de margarine,
800 barres de chocolat.
Et une sucette.
- Vous terminez � quelle heure ? - 38526 forints.
Vous revenez demain ?
10 petits pains ?
Allons, qu'est-ce que tu tra�nasses ?
Ils y sont les 15 kg ?
Tu vas pas les priver !
Margarine. Adh�rente, grasse, v�g�tale.
Allez-y, vous pouvez bouffer.
Allez, Gr�ta, d�p�chons !
M�che plus vite, avale pas de travers.
Il faudrait d�j� avoir mang�...
les 15 kg.
Pour lui �a valait la peine,
il grossit bien.
Il profite bien de tout le travail.
Le travail... de certains.
Te fatigue pas, je supporte pas de te voir.
- Alors ne me regarde pas. - C'est �a.
C'est eux la fiert� de mes yeux !
J'aimerais tant gratouiller Leur ventre poilu.
T'es superbe, toi !
Permets-le-moi.
Juste un peu.
Pas question.
Plus tard,
je l'ouvrirai. Tu verras.
Quand �a se d�chirera,
quand je verrai que �a se d�chire,
je me laverai, je me mettrai propre,
j'ouvrirai la porte pour la Gizi.
Pour �a il faudra te lever.
Tu verras.
Encore cette merde ?
Les moins que rien.
Crains rien, j'y suis.
Tu me crois ?
C'est probable.
Des merdes.
Des moins que rien.
Ils bouffent.
Des merdes.
Moi, je le serais d�j� devenu.
Devenu quoi ?
Vedette internationale !
Vous ne ferez pas de moi un clown.
Qui �a ?
- Je sers le gibier ? - Los Angeles ?
- J'y suis jamais all�. - Tu n'iras pas.
Les Roumains y sont all�s, Pour s�r !
Regarde l�, maintenant.
- Vous d�sirez ? - Bonjour.
Vous m'avez �t� recommand� pour �a.
Sauvage ou domestique ?
Je ne sais pas,
domestique ?
� quel nom ?
Reg�czy.
Andor Reg�czy.
Professeur Reg�czy.
Combien ?
Ce n'est pas � vendre.
38526.
Quand vous respecterez le plan d'entra�nement,
vous aurez de la viande.
Chaque chose en son temps.
Vous aurez du fromage de t�te
ou du lard industriel,
sauf si vous bouffez ce Lajos,
encore qu'il y a pas beaucoup � bouffer.
Mes petits chatons ch�ris !
Soyez braves.
Grandissez bien.
C'est vous mon num�ro mondial !
On pourrait �tre � la t�l�.
Eh oui !
S'il y avait quelqu'un
pour s'en occuper,
pas vrai ?
Tu es intelligente, Gizi.
Moi aussi, j'ai commenc� par le gras.
Dans le temps.
C'est comme �a qu'il fallait.
Alors, petit chaton,
mange bien tout.
Si tu �tais le papier !
Bon, alors
regarde bien.
Tu vois ?
M�me le papier alu ?
�a descend.
D�ball�es, 400 barres � l'heure,
mais avec l'alu,
570.
Et �a ressort ?
�a s'int�gre.
Chez moi, c'est jamais arriv�
que quelque chose refuse de s'int�grer.
�a trouve son r�le dans l'organisme.
Bon, regarde.
Chronom�tre.
C'est peine perdue.
Esp�ce de kyste !
T'as dit quoi ?
Papa !
Pige que j'ai honte de toi.
De moi ?
Moi, tu me fais vomir.
J'ai rien fait d'autre que te...
Tu viens pourquoi ?
Pas besoin de me servir !
�corcheur de charogne !
Entendu.
C'est tout. � ton avis,
comment tu t'en tirerais sans moi ?
Tu cr�verais de faim
tout comme tes cons de chats sportifs.
Ta merde te boufferait. T'irais m�me pas chier tout seul.
Je me d�brouille.
Pas besoin de me rendre service.
Comment tu ferais ? Sous toi ?
Fous le camp !
Tu vois bien que tu as fait fuir tout le monde !
Je suis le seul pauvre con � venir.
Je viendrai plus.
Qui paierait toute cette bouffe Pour toi et tes chats ?
Putain de ta m�re !
Maman avait raison.
Elle a eu raison de te laisser tomber et de filer.
De pas vouloir rester
dans le trou de ton gros cul,
et pourrir avec toi.
Ici tout pourrit.
Tout. Mais moi, j'ai pas envie !
Mets-toi �a dans la t�te, moins que rien !
Je t'aplatis la gueule, petit con. Pour qui tu te prends ?
Viens donc, tu veux me gifler ?
Vas-y, gifle-moi !
Mieux vaut tard que jamais.
Une gifle du p�re.
Pour une fois.
Vas-y !
Gifle-moi, je te permets.
Tu m�rites m�me pas une gifle.
- Petit con ! - Sac de merde.
Tu parles � une vedette internationale.
Juste pour que tu comprennes :
Igor Voxtongonov a fait 3 minutes 21...
Toi, ferme ta gueule !
�corcheur de charogne !
Tu sais pas qui je suis ! Ce que j'ai endur� !
J'ai travaill� dur !
J'ai travaill� pour r�ussir.
Tu sais � qui tu parles, avorton ?
Un vomi porte mon nom !
Cr�ve !
Petit poussin !
Cabine infrarouge,
sauna et turbo solarium au sous-sol,
recreation-room pr�s de la salle d'a�robic,
massage dorsal de d�sintoxication,
massage ayurv�dique de la t�te,
massage sportif de musculation su�dois et tha�,
en outre personnalis�...
On pr�conise donc d'ex�cuter cet exercice 20 fois.
Tu peux en faire moins.
Si tu te sens fatigu�, offre-toi une petite pause.
Ne force pas au d�but, observe tes muscles,
suis ta respiration.
Inspiration, expiration.
C'est �a.
Tr�s bien.
Ne force pas, reste souple.
Tu peux ralentir un peu.
Sens ton corps et tes muscles.
C'est pour les pectoraux, �a fait des merveilles.
Tu constateras la diff�rence.
Tout � l'heure, dans les vestiaires, tu verras.
Encore 5 fois et on arr�te.
Bien, tr�s bien.
Moins vite.
Garde l'�cartement entre les bras.
C'est bien.
Assez pour aujourd'hui.
Arr�te.
Stop !
38526.
Je rends 1474.
Voici le ticket.
Au revoir.
Papa !
C'est moi !
Je suis l� !
Colombe, qu'as-tu fait, salope ?
Papa, tu vas �tre beau.
Excusez-moi.
Ya quelqu'un ?
Excusez-moi.
Je suis arriv� � la cave...
Des bras l'entouraient, une araign�e de fer.
Il s'�tait d�pec�.
Seule la machine le maintenait en vie. Elle qui l'avait d�truit...
Elle le refaisait vivre.
J'ai vu
la m�canique se mettre en branle,
le bras qui tenait le c�ur
se retourner sous son propre poids,
puis atteindre le verrou � bascule
qui rel�chait la lame retenue jusque-l�.
Et la t�te s'est s�par�e du corps,
et juste l'instant d'apr�s
le bras qui avant travaillait encore
est tomb� de l'�paule.
Bien s�r il y a toujours des imperfections,
deux en l'occurrence :
la t�te et le bras.
Il �tait un torse.
Archa�que.
Si on peut dire,
il y a quand m�me une lacune.
Il existe des choses
que l'on ne peut conserver
dans aucune solution.
On peut empailler son p�re,
symboliquement toute sa famille,
mais pas ce qu'on a ressenti en voyant la lame s'approcher de sa t�te.
C'est une sensation
qu'on ne peut pas empailler.
Cela fait partie de l'histoire authentique
de Lajos Balatony,
et c'est m�me l'essentiel.
Bien s�r, chacun a son id�e de ce qui est important.
Pour certains, c'est l'espace,
pour d'autres, c'est le temps.
Sous-titres : Judith Karinthy
Sous-titrage Titra Film Paris
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