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(Daniel): On peut-tu se sauver?
Se pousser loin et faire comme si rien s'était passé?
Tout effacer puis recommencer?
Moi, j'y crois pas.
On est ce qu'on est, avec nos bibittes,
icitte ou à l'autre bout de la planète.
Il faut faire avec.
(toc-toc!)
(Vincent): Béa?
Ca va pas?
Béatrice?
Est-ce que je peux entrer?
OK, Béa, je vais rentrer. - Non!
(grincement)
Va-t'en!
Laisse-moi tranquille!
(sanglots)
- Voyons, ma belle...
- Sacre-moi la paix!
C'est mes affaires! - Bien oui...
Bien oui.
Oui. Hé, hé...
Bé...
je voulais juste te dire bonne nuit.
(pleurs)
- Papa...
Papa...
(Daniel): On dit souvent que tout arrive pour une raison.
J'aimerais bien ça qu'on me l'explique, cet accident-là.
C'est quoi la logique en arrière de ça?
Faites-moi un dessin quelqu'un.
Tu peux pas me faire ça, Vincent, pas là.
- J'ai pas le choix.
Ca va pas.
Pas pantoute.
- Julie n'est plus là, Pierre non plus.
Le carnet de commandes est plein.
La Ville a besoin de nous autres.
Nos employés ont des familles eux autres avec.
Le train leur est entré dedans eux autres avec.
- Esti, Dan.
Je suis allé prendre une marche dans le bois.
- Hé.
Wô, wô, wô, toi là.
Maxime, Béatrice; tu les vois-tu sans leur père?
Puis nous autres, ta famille?
- Je l'ai pas fait.
- Si t'as besoin d'aide, on va t'en trouver.
- C'est pas d'aide que j'ai besoin,
c'est d'un break. Les petits avec.
Il faut qu'on...
qu'on voie d'autre monde.
Il faut qu'on aille ailleurs.
Il faut qu'on lâche Mégantic pour un bout, c'est toxique icitte.
- Va-t'en, si tu penses que ça peut t'aider.
Je vais m'arranger.
- Voyons, Dan.
T'es pas mieux que nous autres.
Toi avec, tu vas casser.
- Ouais, c'est ça, on verra bien.
Pour le moment, avec 80 employés qui dépendent de moi,
ça me garde tout d'un morceau.
- Prends soin de toi.
Hé, le frère...
oublie-toi pas là-dedans, OK?
(reniflement)
- Ouais.
Je lui en ai voulu.
Je l'ai trouvé lâche de faire ça.
Passer si proche.
(Claire): Perdre sa femme, son frère, sa belle-soeur, ses amis...
Tout ça d'un coup.
- Je le sais. C'est facile juger.
J'avais pas d'affaire, mais regarde...
Je pensais à ses petits.
Liane puis moi, ça a tellement été dur.
Cinq ans de clinique de fertilité, jamais rien.
Il fallait mettre une croix là-dessus.
L'année passée...
la femme de Jérôme a eu sa deuxième.
Il y a eu des complications; ils nous ont demandé
de garder le bébé, le temps qu'elle se remette.
On s'en est occupé pendant 10 jours.
Puis...
tout de suite après ça...
ma femme est tombée enceinte.
De même. Pas d'hormones, rien.
Hé...
c'est pas juste un hasard, ça.
Ouais...
Leur bébé, ça a été un miracle pour nous autres.
Puis y a personne qui va m'enlever ça de la tête.
- Puis... ton frère Vincent...
sais-tu ce qui l'a retenu de passer à l'acte?
- Oui, oui.
Un signe sur un arbre.
- Un signe sur un arbre? - Ouais.
Ca l'a ramené.
Comme si la vie reprenait son sens,
comme si ses enfants lui disaient:
< On t'aime, papa. Rentre à la maison. >
(Claire): C'était quoi, ce signe-là?
(Daniel): D'après lui, c'était les deux premières lettres
des prénoms de ses deux jeunes.
Maxime et Béatrice.
(indicatif musical)
♪ ... entre deux joints tu pourrais te grouiller le cul ♪
(acclamations)
♪ Yeah yeah yeah yeah ♪
- Ahou! - Rock'n'roll!
- Rick, c'était écoeurant! Je te pensais pas bon de même!
- Il joue juste du top 50, Rick. - Je sais, c'est niaiseux,
j'imaginais pas qu'il pouvait jouer des affaires de même.
- Des affaires de même? - Bien, ça.
- Des affaires, genre...
(musique de guitare)
(encouragement)
- Hé, mon Jérôme, un petit shooter? Je commence à me refroidir.
- Laisse faire les shooters deux minutes.
J'ai mieux que ça. - Wow! Wouhou!
- Ciboire, tu prends ça au sérieux la fête du Canada.
- Mets-en. Vive la reine. (rires)
- Non, mais sérieusement...
on a une couple de choses à souligner à soir.
- Oui? - Tout d'abord...
c'est officiel, Lamarre et fils
a décroché le plus gros contrat de son existence:
la réfection complète de la rue Principale au centre-ville!
(cris de joie)
- Bravo! - Félicitations.
- Aussi, aussi...
Daniel ici présent...
aurait une... une grosse nouvelle à nous annoncer.
- Oh...
- Il paraît que c'est bien important.
D'ailleurs, le champagne, ça vient de lui.
- Merci! - Ca prenait ça, vous allez voir.
- C'est-tu pour les 40 ans de notre belle Julie?
- Non. Pour ses 40 ans, ça prendrait une bouteille de fort.
(rires) Non, Julie, là, c'est vendredi.
On va lui laisser savourer ses derniers jours dans la trentaine, en fait.
Non, non...
La bonne nouvelle, c'est que...
Euh... Vas-y donc, toi.
J'ai comme un petit moment, là, esti.
- Moi avec j'ai le motton, maudine.
- Voyons, Dan, accouche avant qu'on perde nos bulles.
- Pas moi, elle!
- Ah, t'es enceinte?! - Yes!
- Ah bien, crisse!
- Yes, sir!
- Il est jamais trop tard, mon chum.
- Je suis content.
- Garrochez le champagne, esti!
Cinq ans d'efforts!
(musique intrigante)
A la vie, hein! (en choeur): A la vie!
- Hé, à la vie, yes, sir! - Yes!
- Wow!
♪ Qui est cette belle inconnue ♪
♪ La dame en bleu seule à sa table... ♪
- Tiens, la belle-soeur.
Qu'est-ce qu'il y a? - Rien, je suis juste fatiguée.
- Bien, voyons, je te regarde depuis tantôt.
- Je vais avoir 40 ans, Katy. - Puis ça?
J'en ai 42, moi. C'est pas la fin du monde.
- Non, c'est pas pareil.
- Julie, t'es super belle, t'as de l'argent,
t'as une belle maison. Ca va là.
- Une belle grande maison vide. Je suis toute seule dedans.
- T'es bien mieux toute seule qu'avec Robert, je vais te dire.
- OK, ça me tente pas de parler de Robert.
40 ans, pas de chum, pas d'enfants.
Je regardais Dan puis Liane tantôt...
Je suis contente pour eux, ils méritent ce petit-là.
- Bien oui. - Oui, ils le méritent.
Tu peux pas comprendre. Moi, ça me fait mal.
Toi puis tes enfants, Jérôme, c'est pareil.
On dirait que tout va trop bien pour vous autres.
C'est méchant ce que je vais dire, mais des fois,
j'aimerais ça qu'il vous arrive du malheur.
Ca me ferait du bien.
- Ah non, Julie, moi, j'embarque pas là-dedans.
Tu penses pas ce que tu dis.
Envoye, viens chanter là. Hein?
T'es juste trop bu. Viens-t'en.
- Bien oui, c'est ça, je suis saoule raide.
- Oui, t'es saoule. Envoye, viens chanter.
♪ ... tu m'attires tu me charmes ♪
♪ Tu m'as rendu amoureux ♪
♪ De la dame en bleu ♪
- Hé, la belle-soeur! Envoye!
♪ A cause d'un regard ♪
♪ Maintenant plus rien ne nous sépare ♪
♪ Je suis amoureux ♪
♪ De la dame en bleu ♪
♪ Toi ma belle belle inconnue ♪
♪ Tu m'attires et tu me charmes ♪
♪ Tu m'as rendu amoureux ♪ - Oh oui!
♪ De la dame en bleu ♪
♪ Oh oh oui ♪
- Hé, cha-cha-cha!
Wou! (rires)
- C'est quand même du Julie, ça. - Bien oui.
- Elle est faite solide. Elle va s'en remettre.
- Ouais, on dit ça, mais je suis pas si sûre.
Je la sens bien fragile.
- Je l'ai jamais aimé, le Robert, comme les autres.
Je l'ai dit à Julie.
Avec sa tête de cochon, qu'est-ce tu penses?
Elle m'a envoyé promener. Astheure, qu'elle assume.
Quoi?
Viens voir.
Ils sont-tu beaux, hein?
- On en profite-tu pour monter en haut?
- Attends un peu, regarde là.
C'est toi qui as fait ça. - Oui.
Tu m'as aidé un peu, quand même.
- Tu travailles trop.
Il faut prendre le temps un peu, les vraies affaires.
Réalises-tu comme on est chanceux?
- Bien oui.
Certain que je réalise.
Envoye.
Je prends Béa, tu prends Max.
- Attends, attends. - Quoi?
- Viens-t'en. On en profite?
Envoye. - Toi là...
c'est non, c'est oui... (rire)
Ca me prend la 320, la 325 d'ici la fin de la journée.
Denis est en train d'ajuster les chenilles sur la petite.
Ca fait que toi, commence sur la grosse.
Si y a un problème, tu m'appelles. OK.
On devrait avoir creusé jusqu'à Laviolette
au milieu de la semaine prochaine.
- Hé, Marco! - Qu'est-ce tu veux?
- Je vais aller checker l'inventaire de l'aqueduc après-midi.
- Quelle heure? - 3, 4 h. - Je vais être là.
- Hé, Julie vous l'a dit? Les conduits, c'est back order.
- Ouais, six jours. C'est bien correct.
- Parlant de Julie, le cadeau, c'est-tu réglé?
- Ouais, il fallait que je passe à la bijouterie,
mais c'est l'écho de Liane après-midi; irais-tu à ma place?
- Je vais y aller. - Ca doit être emballé.
T'as juste à ramasser puis payer ça.
- Hé! - Parlant de bague,
toi, ta bague de mariage... as-tu choisi ça?
- Ah, man, je me lance dans les dépenses.
Elle est bonne vendeuse, Anabelle, hein.
- Il hésitait entre deux bagues;
une belle grosse et une petite laide.
- T'es un petit comique, toé. (rires)
Vous autres, les frères, allez-vous vous lâcher lousses
un peu pour votre soeur ou rester cheaps?
- Pour moi, c'est... - Je me mêle pas de ça, moi.
- Je sais pas de quoi tu parles.
- C'est stressant pareil pour les hommes, une échographie.
- Ah. C'est pas à toi qu'ils vont la faire, ça va aller.
(rires) Ca va bien aller, man.
- Fait que, oui, je vais faire la fermeture
puis je vais continuer l'inventaire.
(Anabelle): Oui, ça fait deux fois que tu me le dis. - Oui, je sais, je suis...
Je suis stressée. (rire)
- OK. Là, concentre-toi sur ton studio.
Montre-leur ce que t'es capable de faire, OK?
- Ouais. Oui, oui, oui, oui.
- Parfait. - OK.
- Faut que je te laisse, le grand Vincent vient d'arriver. Bye.
Salut. - Salut, ça va?
- Ca va. Toi? - Oui. Je viens chercher ça.
- Oui, oui, c'est prêt. Voilà.
Est-ce que l'emballage, c'est à ton goût? - Hein?
- L'emballage. - Oui, c'est numéro un.
- Ecoute, j'avais comme montré ma nouvelle collection à ton frère,
mais je l'ai pas convaincu, faut croire.
- Moi, je connais rien là-dedans mais ce qu'il a choisi, Daniel,
d'après moi, ça va être parfait. - Oui, c'est pas si mal.
Mais ça, c'est plus dans les cordes de Julie, il me semble.
Elle est passée la semaine dernière, elle arrêtait pas de le regarder.
Il est un peu cher, je te le fais à 20 %.
- Toi, t'es une vendeuse.
- Non, c'est juste que je la connais, Julie.
- Regarde... Daniel a géré tout ça,
fait que je veux pas me mêler de ça.
- OK. - OK?
- Je vais quand même te le mettre de côté. - Ha! Toi!
- Non, mais...
40 ans, c'est un one-shot deal dans la vie, Vincent.
- Bien oui. - Bien oui.
(musique intrigante)
(conversation indistincte)
- Julie, arrête.
Julie, arrête, je te dis.
Esti que je suis tanné. - T'es tanné?
T'avais juste à me dire la vérité au lieu de me mentir.
- Te mentir? - Essaie pas, Robert Danneau!
- Inquiète-toi pas, j'essaierai même pas.
Parce que là, c'est... c'est fini, Julie.
C'est quoi là? Tu penses qu'il y a quelqu'un d'autre, c'est ça?
- J'ai lu tes textos puis tes courriels.
Mais c'est beau, je pense que j'ai compris. C'est clair.
- Non, t'as rien compris. Réveille!
Elle a 25 ans, câline.
Elle est bien sweet, bien compétente pour m'entraîner,
mais c'est tout. - Non, c'est pas tout!
- Arrête.
Ca fait tellement ton affaire de me pogner avec quelqu'un d'autre, hein?
Ca dédouane toute ta mauvaise foi,
toute la frustration que t'as envers toi-même.
La vérité, c'est pas que j'ai une aventure, Julie.
C'est que tu ne m'aimes plus.
Mais t'as tellement peur de te retrouver toute seule,
tu veux tellement te décharger émotivement
que t'as tout inventé ça dans ta tête.
Puis là, bien, t'as réussi.
Ca va être toi la victime aux yeux de tout le monde.
Dans le fond, c'est toi que t'hais, Julie.
C'est toi qui vis dans le mensonge, pas moi.
Tiens.
Regarde-les comme il faut, les courriels puis les textos.
Tu vas voir que tu t'es amenée aux vues.
Y a pas d'histoires de couchette.
La vraie histoire est bien plus triste que ça.
Puis là, tu vas me dire que...
t'es tellement malheureuse.
Mais ça aussi, c'est du mensonge.
Parce que le vrai malheur...
tu sais même pas ce que c'est.
(Maxime): Plus de chocolat!
(Béatrice): Content, là? (Maxime): Oh oui.
- C'est sa fête, C'est pas à elle de nous recevoir.
- Tu connais tante Juju, son côté contrôlant.
- Moi, j'aime ça aller chez elle.
- C'est pas elle qui reçoit. On fait tout, on amène ça chez elle.
- Doucement. - Fuck!
- Maudit épais! - Mais voyons donc!
- Câline, mon dessert!
- Regarde, ça va être aussi bon. - Montre donc ça, voir. - Dan.
- Maudit, mononc! - Ecoeurant, votre affaire.
OK, la belle, let's go puis dans le char. Enlève ça.
- T'es trois quarts d'heure en avance. - C'est ça, let's go.
- L'hôpital est à côté.
On a pas fini. - Bien oui.
Hé, tu vas avoir le temps de finir ça, hein, Kat? - Oui, oui.
Sors-moi ça d'ici, ce fou-là, toi.
- Hé, je pense que ça va être une fille.
- Ah oui? - Oui, j'ai rêvé à ça hier.
- On oublie ça d'abord, l'échographie?
- As-tu le poids puis la couleur des cheveux, un coup parti? - Oui, oui.
Hé, Liane, tu m'appelles, hein!
- Promis! - OK, bye.
- Nous autres, le ciel au grand complet nous est tombé dessus.
La vie simple, notre vie de tous les jours,
les petites affaires...
perdue dans la boucane.
Pendant des mois.
Tout ce qu'on sentait, tout ce qu'on voyait, c'est...
le drame qu'on avait vécu.
Ca a pris toute la place.
Même encore aujourd'hui, il y a des bouts que...
(raclement de gorge)
- Il faut donner le temps au temps. - Ha!
C'est une belle, celle-là, hein?
- Oui.
- Maudite belle phrase, ça. (reniflement)
Pourquoi lui puis pas moi?
Tu dois te la faire souvent poser, celle-là.
- Hum.
- Ils ont trouvé...
un de mes souliers dans les cendres du Musi-Café.
Un bout de ceinture aussi, la buckle.
On avait eu une fuite sur un chantier, ce soir-là.
Ca nous a mis en retard pour la fête à ma soeur.
Jérôme, il habite à un bout, fait que je lui ai passé des vêtements.
On a la même grandeur, même poids, même taille.
Ca fait drôle de penser à ça.
Le plafond du Musi-Café est...
tombé sur eux autres, Jérôme...
puis Magalie.
C'est ça qui a protégé leurs corps du feu.
(raclement de gorge)
Ils... (reniflement)
(raclement de gorge)
Ils les ont retrouvés comme soudés, collés ensemble.
Ils s'étaient retrouvés.
Ils se sont retrouvés.
Je vais te dire, ça prend pas grand-chose
pour virer la vie bout par bout.
Nous autres, ça a été une fuite d'eau.
- Moi, ça compte jamais, ça passe tout le temps en dernier.
- Hé, change de disque, Julie, on est fatigués.
- Bien oui, on est là. - Il est passé 9 h!
- C'est le temps que ça a pris pour réparer la fuite.
- Je suis même pas retourné chez nous. Je porte le linge de Daniel.
- On s'était dit 5 h 30, 6!
- C'est-tu notre faute? Le tuyau a pété! Tu connais ça, les fuites d'eau!
- T'aurais pu envoyer Harvey! OK, quelqu'un d'autre!
T'aurais pu lui dire que t'avais quelque chose d'important!
- Appeler Harvey! Je vais être obligé-- - Dan, OK, ta yeule.
Julie... Julie, OK... c'est de notre faute.
On s'excuse. - Laisse faire, toi!
- Voyons donc, toi!
- Dans le fond, vous avez rien d'important.
C'est juste la soeur qui a 40 ans...
qui vient de se faire larguer, mais on s'en fout.
- On t'entend pas surtout.
- Va chier! Vous me faites chier!
- Minute, Julie, les enfants! - Excusez-moi, les moucs,
mais ma tante, c'est de même qu'elle le sent à soir.
- On est pas des bébés, franchement.
- Hé, Bé, ta yeule. - Bien voyons, Vincent!
- Excuse-moi. Regarde-- - Lâche-moi.
- C'est quoi ça? - Ciboire!
- Bon, on baisse-tu le drama de trois, quatre coches?
- Ouais! On se fait un tchin, tout le monde!
- Un tchin, let's go. Tchin, Julie. Envoye.
- Hé, hé!
- Hé!!!
- Calvasse, Julie! Tu vas-tu rester accrochée toute la soirée?!
Si tu veux qu'on s'en aille, décide, on va y aller!
- Bien, c'est ça, bye.
- Julie...
- Bien oui, c'est ça! Bye! Allez-y!
Envoyez!
Dépêchez-vous! J'ai pas besoin de vous autres rendu là! - OK, c'est beau.
- Si c'est pas plus important pour toi, ma fête, dégage!
- Je vais-tu pouvoir avoir un gâteau?
- Je vais les fêter toute seule, mes 40 ans, moi!
- Maudite belle soirée.
- Elle va se calmer, on fera ça comme du monde demain.
- Ouais...
Hé, t'as-tu son cadeau?
- Shit, je l'ai oublié chez vous.
Il est sur le meuble dans l'entrée. Excuse-moi.
- Hé, c'est une maudite belle soirée.
Il fait beau, il fait chaud.
On n'est pas sortis depuis la naissance de la petite, on pourrait faire de quoi.
- Hé, y a Rick et Bob au Musi. Moi, ça me tente. Les filles!
- Ca me tente! - On y va? - Wouhou!
- Je pourrais vous rejoindre pour un verre.
Béa, t'es-tu assez grande pour garder pour un verre?
Alright. Je vous rejoins. Un verre. - Parfait.
- Hein? Allez, hop. Oups!
- Le dernier arrivé, c'est une poule mouillée!
- Bien, là... - OK, wouhou!
(rires)
(musique dramatique)
- Ca, c'est sûr!
Wouh!
- Ah bien, les Lamarre! - Hé!
(♪)
(sanglots)
- Vincent!
Réveille!
Tout le monde est mort!
- Qu'est-ce que tu fais chez nous?
- La ville est en feu! Le train a déraillé!
- Hé, hé! T'es-tu saoule, toi?!
- On s'en fout! Le train a foncé dans le centre-ville!
Tout le monde y a passé!
Katy, tes frères, Mario...
- Le party est fini. On va chercher les autres.
- Il n'y a plus personne, tout le monde est mort.
- Anabelle, je sais pas ce que t'as pris! - Papa?
Qu'est-ce qui se passe?
- Je le sais pas, Béa.
- Il y a eu un accident. - Hé, ça va faire!
Là, Béa, OK? Toi puis Max, vous bougez pas d'ici.
Je reviens tout de suite, OK? Envoye, on y va.
Envoye. Vas-y, envoye.
- Maman?
(déflagration, sirènes, alarmes de voiture, klaxons)
(musique dramatique)
- Un feu ou? - Au centre-ville.
Un accident de train. Max dort-tu?
- Le système d'alarme part, il se réveille pas. - OK.
S'il se réveille, tu t'en occupes. - Ouais.
- Julie? - Julie s'en vient. Elle va rester avec les enfants.
Moi, je vais aller à la poly, ou ils accueillent le monde.
- OK. Mes bottes? - Il y a-tu des blessés?
- Je sais pas. Je sais rien. C'est pour ça que j'y vais, mon amour.
- Vincent?
- Maman est ou? - Je le sais pas.
- As-tu essayé de l'appeler? - Oui, ça répond pas.
- Papa-- - Ca veut rien dire. OK?
- Non, c'est vrai. Les lignes sont toutes croches, ça a l'air.
- Papa...
- Mon amour, je vais te ramener ta mère, OK?
Je te le promets, OK?
Je reviens.
Envoye!
(ouverture de porte, sirène)
(claquement de porte)
- On allume-tu la télé?
(déflagrations)
(sanglots)
(sonnerie de téléphone)
- Dan. - Julie, c'est moi!
- Qu'est-ce qui se passe? - Le centre-ville est en feu!
Le Musi-Café, tout, tout... tout a passé au feu!
Jérôme est resté là, je pense!
- De quoi, < resté là >? - Maman est ou?
- Avec Magalie! Kat est là!
Jérôme est resté là. - Attends. Dan...
qu'est-ce que tu dis? Je comprends pas!
- Avec Magalie puis Kat-- - Non!
- Allô? - Dan!
Dan, es-tu là? - Oui, je suis là!
- OK.
Explique-moi. Attends... - Je suis sûr de rien!
Je suis trop sur les nerfs!
Viens nous chercher au Esso!
Passe par la voie de contournement parce que le centre-ville...
tout est bloqué.
- OK. - Attention à toi!
- Parfait. Oui, OK. Oui, OK, j'arrive!
(déflagration)
(voix paniquées)
(musique douce)
- Reculez! - Je m'en viens voir Luc.
- Thibodeau, vers Fatima!
Tabarouette. Hé!
Hé!
Ca prend une ligne de défense le long de Champlain
à partir de Villeneuve!
- Non, oublie ça. Il n'y a plus de trucks de disponibles.
Ca va prendre des back-ups! - Ceux de la caserne 2?
- Les portes ouvrent pas, c'est collé sur le mur de feu!
Il y a pas d'électricité!
- Qu'ils défoncent les baptême de portes!
(déflagration)
- Luc!
Luc! (klaxon)
Luc, c'est assez.
Ressaisis-toi. Il faut faire quelque chose.
- Je le sais pas. Je ne sais plus.
Mes hommes arrosent entre Laval puis Frontenac,
un peu partout autour du foyer. Une ligne de défense,
c'est tout ce qu'on peut faire pour l'instant.
- Il nous manque du monde, Luc. Il faut les retrouver.
- T'es-tu aveugle? Y a personne de vivant là-dedans.
- Tu le sais pas, ça!
Y a peut-être des survivants! Faut faire une percée!
- Je marcherai pas dans le feu pour ramasser des cadavres, esti.
- Tabarnak, faut faire de quoi!
- Faudrait creuser des tranchées pour arrêter le feu.
Faudrait mettre des maisons à terre.
- Je vais te fournir ce que t'as besoin
pour crisser la ville à terre. C'est-tu clair?
Bouge pas. - Parfait.
(musique rythmée)
- Maman?
(soupir de soulagement)
Je suis tellement contente de te voir.
(sirène au loin)
Ou c'est qu'elle est, maman? - Je le sais pas, Bé.
Je sais pas. J'ai pas eu le temps de rien voir.
Ca courait partout. Ca allait trop vite.
- Qu'est-ce que tu penses? Elle a-tu une chance?
- Si eux ont réussi, c'est bon signe.
- OK.
- Il faut que tu te reposes.
Veux-tu de l'eau ou une tisane? Veux-tu manger?
- Non, ça va. - T'es sûre?
OK. - T'inquiète.
Il est bien accroché ce coup-ci. - OK.
- Je vais faire du café? - Oui, OK, café.
(reniflement)
- Bon bien... Moi, j'y retourne. Faut que j'aille aider, je sais pas comment.
Je peux pas rester icitte, je vais virer fou.
- Je t'avertis, sois prudent.
- Fais-toi-z'en pas.
- Non, je m'en fais.
Je vais continuer à m'en faire tant que tu seras pas revenu.
- Fais-toi-z'en pas.
(ouverture de porte, aboiement)
(claquement de porte)
(démarrage de voiture)
(crissement de pneus)
(brouhaha)
- C'est Vincent. Il est là.
- J'ai deux pelles qui s'en viennent, plus ma grosse excavatrice!
T'as rien qu'à nous dire ou tu veux tes tranchées!
- Good. On va faire une faille sur Champlain, les maisons du bout.
Mes hommes vont te dire jusqu'ou tu peux démolir.
(sonnerie) - Ca va me prendre trois gars
et un qui est capable de dépiner un wagon!
- Dis-lui que je m'en occupe.
- Vincent s'en occupe.
- Je suis content de te revoir. - Super, moi aussi.
Je suis content d'être là, esti. - T'es-tu tout seul?
Les autres... Il y a... Il y a...
Il y a-tu des chances?
- Je pense pas, esti.
C'est une question de secondes, Vincent.
J'ai été chanceux, mais c'est un miracle.
Regarde...
- Là, il y a...
Là, il y a... Denis puis Harvey
qui s'en viennent avec la machinerie.
- OK. - Faut faire des tranchées.
Faut démolir. Demande à Dorion quoi faire.
J'ai croisé Marco.
Il a besoin d'un truck de terre pour boucher les égouts.
Appelle-les. Moi, il faut que j'aille de l'autre bord.
- Pour quoi faire? - Ils ont besoin d'aide là-bas.
- Qui ça? - Pose pas de question, OK?
Faut que j'y aile. - OK, OK.
Hé, le frère!
- Oui.
(musique rythmée)
(déflagration)
(haut-le-coeur)
- Roger!
Roger, t'es-tu correct?
(cris indistincts)
- J'ai entendu que vous avez des wagons à déplacer!
J'ai mes machines qui sont là!
- Ca, c'était avant que ça pète de même!
Qu'est-ce que c'était, ça?!
(en anglais)
- On y va? - Oui! Les machines sont là!
- Non, oublie ça, Vincent! Tu vas brûler habillé de même!
- Hé! J'ai ma femme!
J'ai mon frère, j'ai ma belle-soeur,
j'ai mes amis qui sont là!
Je vais pas rester les bras croisés certain! Envoye!
- On y va, let's go!
(musique dramatique)
Go, go, go! - Go!
(sanglots)
(cris de rage)
- Tim Richards?
- Hé, je veux juste que vous sachiez.
On n'aurait jamais pu faire ça sans lui.
- T'as fait quelque chose d'héroique,
quelque chose d'exceptionnel, mais que t'aurais jamais dû faire.
- C'est rien, ça.
Le pire s'en vient.
- C'est de nous trois.
De Dan, moi puis...
puis Jérôme.
- C'est de ma faute. - Julie, arrête.
(musique douce)
- Merci beaucoup.
Je suis chanceuse de... de vous avoir.
(Daniel): Le dernier survivant du Musi-Café,
il est né deux mois en avance.
Notre petit Jérémie pesait même pas 3 lb quand il est sorti.
Le médecin était un petit peu inquiet au début, mais pas moi.
Il était là, dans le ventre de sa mère, le soir du 6 juillet.
Il s'accrochait pour rester avec nous autres.
Je savais que ce petit gars-là était fort, qu'il lâcherait pas
une fois rendu avec nous autres.
La naissance de notre fils a donné un peu d'oxygène à toute notre gang.
C'est comme si le petit...
il nous montrait le chemin à suivre.
On dira bien ce qu'on voudra, mais...
c'est fort la vie, pareil.
(musique orchestrale)
Sous-titrage: difuze
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