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Original subtitles

AVEC LE SOUTIEN DE

Une production HOPE PRODUCTION

Un film d'ANASTASIA MIKOVA et de YANN ARTHUS-BERTRAND

À nos mères.

Merci aux 2000 femmes qui ont témoigné courageusement

dans plus de 50 pays.

FEMME(S) existe pour que leurs paroles soient entendues.

La chose la plus courageuse que j'ai faite

a été de me tenir face à un public

et de dire :

"J'ai survécu à des violences sexuelles et au trafic humain."

Pourtant, j'ai escaladé des montagnes.

J'ai couru dans le désert.

J'ai battu le record Guinness du plus long triathlon.

Soit 193 km à la nage,

4 719 km à vélo,

et 1 183 km à pied.

Mais je n'ai jamais été plus terrorisée

qu'au moment d'en parler pour la première fois.

J'ai tellement hésité !

Dès que les mots sont sortis, j'ai voulu les ravaler.

Parce que j'étais morte de peur.

Mais j'y suis arrivée.

Ça m'a rendue plus forte, meilleure.

Ce que je voulais, c'était briser le silence.

Car je sais aujourd'hui que c'est le silence

qui a rendu tout ça possible.

La violence s'épanouit dans le silence.

Quand on n'en parle pas.

On reproche aux victimes de ne pas parler.

On fait entendre notre voix, mais personne ne nous écoute.

On nous réduit au silence.

FEMME(S)

J'adore être une femme.

J'ai toujours adoré être une femme.

Et j'étais une jolie petite fille !

J'aimais porter de jolies robes.

J'aimais enfiler les talons hauts de ma mère

et utiliser son maquillage en cachette.

J'aime la tendresse,

la sensibilité,

le caractère unique de ce que ça signifie

d'être une femme.

Je suis une femme

bien que je ne sois pas née femme.

Pour beaucoup, être femme est un don de la nature.

Moi, c'est un cadeau que je me suis fait.

Être en fauteuil roulant ne m'a pas empêchée

de vivre mon désir de danser,

de me sentir heureuse et libre.

Je suis une femme joyeuse, forte, et déjantée.

Je me dis que je suis une vraie femme.

Je trouve que je mérite cette appellation.

Je me sens bien.

Il me faudrait toute une journée

pour vous énumérer la moitié de mes qualités.

Les femmes ne sont pas faibles.

Elles sont très fortes.

On les croit faibles car ce sont des femmes,

mais non, elles ne sont pas faibles.

On est fortes par notre biologie.

On est fortes parce que,

chaque mois, on saigne !

Parce qu'on est capables de porter des enfants,

et ça n'est pas rien.

On est fortes parce que, émotionnellement,

on encaisse beaucoup de choses.

Quand il y a un problème,

si j'étais un homme, je le réglerais moi-même.

Les femmes ont beaucoup de tâches quotidiennes.

Alors quand je vois les hommes qui en font moins,

je me dis : "Si j'étais un homme, je me reposerais aussi."

La journée typique d'une femme

équivaut à un emploi du temps de ministre.

Il faut penser à 20 000 petites choses

auxquelles on ne pense même plus parce que c'est tellement automatique.

"Est-ce que je suis épilée pour voir le mec ce soir ?

"Mais si je m'épile en rentrant, je vais avoir des rougeurs.

"J'aurais dû le faire hier soir.

"J'aurais dû laver mes cheveux hier soir aussi."

On ouvre son placard : "Je mets quoi, aujourd'hui ?

"Il faut que ce soit bien pour le travail

"et que je me sente bien dans ma peau

"pour avoir confiance en moi.

"Est-ce que le soutien-gorge va avec la culotte ?"

Jamais ! Jamais c'est de la même couleur !

Dans le métro : "Faut pas que ce mec me regarde.

"Est-ce qu'on me touche les fesses ? Non, c'est bon."

Rebelote dans la rue. Toujours la même chose.

Au travail quelques réflexions sexistes, voilà...

Le soir, le rendez-vous. Il faut se maquiller, repasser chez soi.

Faire genre : "J'ai pas eu une journée horrible.

"Je sors de mon bain comme ça."

Alors que c'est pas le cas.

C'est tout un travail.

La première fois que j'ai eu mes règles,

j'étais très heureuse.

Toutes mes copines les avaient eues deux ans plus tôt.

Je les ai eues très tard.

Je les ai eues à 15 ans.

Alors...

J'ai vu l'eau de la cuvette virer au rouge carmin

et folle de joie, j'ai crié à ma mère : "Maman ! Maman !

"J'ai eu mes règles !"

Je me rappelle, j'avais commencé à saigner un soir.

Je n'ai rien dit.

Et le lendemain, au réveil...

Partout !

Je me rappelle, mon père m'a dit :

"Hé ! Tu as tué une vache ?"

Dans le sens : "On a tué un animal ?"

Parce qu'il y en avait partout.

Et c'étaient des choses un peu taboues

dont on ne parlait pas à l'époque.

Les serviettes hygiéniques,

on appelait ça des "biscuits".

Tout simplement, c'était un honneur pour mon père

de me donner un paquet de biscuits.

D'un coup, j'ai eu de la poitrine.

C'était vraiment nul.

Je supportais très mal cette sexualisation

et je trouvais ça très désagréable.

À l'époque,

ma propre sexualité n'était pas si développée,

donc je sentais qu'il y avait

un déséquilibre.

Mon corps était très sexualisé

dans le regard des autres.

Je ne me sentais pas prête.

Je pense qu'encore aujourd'hui,

cette expérience reste un peu traumatisante pour moi.

Quand j'avais 10 ans, mon corps a commencé à se développer,

et j'ai détesté ça.

Les regards de mon père sont devenus plus appuyés.

J'ai remarqué qu'à mesure que je me développais,

il s'intéressait davantage à moi.

Alors, j'essayais de m'aplatir les seins.

J'ai coupé mes très longs cheveux,

coupés courts comme Madonna à l'époque.

J'avais 10 ans.

Ma mère a pleuré au salon de coiffure.

Mais je voulais qu'ils disparaissent.

Avec le recul, je pense que je voulais

me débarrasser de tous mes attributs féminins.

Mais mes seins, mes formes ont continué à pousser.

Arrivée à 13 ans, mon père me traitait comme sa petite amie.

Entre mes 13 et 18 ans,

pas un jour ne s'est écoulé sans qu'il ne m'agresse sexuellement.

Au moins une fois par jour.

Il m'emmenait toujours en voiture avec lui.

Partout où il allait, je devais l'accompagner.

Quand ma mère travaillait, j'étais privée de sortie.

Mes amis se demandaient ce qui se passait.

Toute excuse était bonne pour me garder à la maison.

J'ai gardé les cheveux courts jusqu'à...

Jusqu'à mes 30 ans passés.

J'ai tout essayé pour le rebuter.

J'avais 5 ans. J'étais une petite fille joyeuse.

Mes parents sont contre l'excision.

Mes parents ont toujours été contre l'excision.

Donc cette dame est venue me prendre

à l'insu de mes parents.

Nous sommes entrées dans la pièce.

Et il y avait des petites filles par terre,

qui hurlaient.

Et il y avait des femmes âgées.

Trois femmes âgées étaient là.

Avant que je comprenne ce qui se passait,

elles s'étaient saisies de moi et elles m'avaient jetée par terre,

poussée par terre près des autres petites filles.

Et je comprenais pas ce qu'on allait faire.

Et elles m'ont mise devant un trou

de la profondeur d'une tasse de café, d'un gobelet.

Elles ont relevé ma robe,

m'ont maintenue avec beaucoup de force par terre

et m'ont écarté les jambes.

J'ai dit à la dame :

"S'il te plaît, ne me fais pas de mal.

"S'il vous plaît, ne me faites pas de mal."

Elles ne m'ont pas écoutée.

Elles ne m'ont pas écoutée.

Je me souviens des hurlements des autres petites filles.

Et je me souviens aussi

de l'odeur du sang.

De l'odeur de la terre mouillée par le sang.

Et puis, une des dames a pris une lame

et elle m'a coupée.

J'ai vécu la douleur la plus intense de ma vie.

J'ai pas compris ce qu'elle coupait.

Après, c'était fini.

Beaucoup de sang. Beaucoup de silence.

Beaucoup de tabous.

Énormément d'indifférence.

Elles ne m'ont pas lâchée. Elles ont été jusqu'au bout.

Elles ont arraché, pris

ce qu'elles devaient prendre.

Cette...

Ce bout

de ma chair.

J'ai demandé pourquoi

à la seule personne à qui on pouvait parler sans tabou, mon oncle,

quelques jours plus tard, et il m'a dit :

"Parce que tu es une fille."

On dirait qu'une fille, c'est pas comme un garçon.

Une fille...

Je sais pas.

C'est peut-être parce que j'ai eu deux filles.

Mais...

il faut qu'elles soient bien outillées

pour passer à travers tout ce qui va leur arriver.

Oui. Être une femme, c'est...

Je pense que c'est des étapes

plus nombreuses à passer que pour un garçon.

En tant que femme,

ce que j'ai pu ressentir parfois, c'est cette vulnérabilité que j'avais,

cette faiblesse que j'avais, physique,

par rapport à un homme...

qui peut...

qui peut m'agresser, qui peut...

me suivre dans le métro,

qui peut me parler comme si j'étais moins que rien.

Cette faiblesse physique m'effraie parfois.

Si je prends un taxi, je dois compter les femmes à bord,

pour m'assurer qu'on est assez nombreuses.

S'il y a au moins autant de femmes que d'hommes,

alors, je suis en sécurité.

S'il y a plus d'hommes que de femmes,

alors potentiellement, je suis en danger.

Si je marche dans la rue,

je dois adapter ma démarche,

parce que si je marche de façon trop sexy,

ça risque d'attirer quelqu'un qui voudra s'emparer de ma sensualité.

Le plus difficile pour moi, en ce moment,

est d'avoir un corps de femme.

Je ne recommanderais qu'une chose

à toutes les femmes

et à leurs filles également :

qu'elles apprennent qu'elles sont capables

de se défendre physiquement.

Je me souviens avoir amené mes petites-filles, ma fille,

à un exercice de boxe lors d'une de mes séances.

Je leur disais, devant le sac :

"Là, vous allez frapper.

"Imaginez une situation où vous devez vous défendre."

Et là, elles faisaient...

Je leur disais : "Non.

"On frappe !"

Souvent, on juge l'homme à tort.

On le blâme pour le résultat qu'on voit en lui,

sans se demander d'où ça vient.

On oublie que derrière cet homme-là,

il y a une femme qui l'a élevé

en lui disant qu'il est le roi du monde et que la femme doit le servir.

Encore maintenant, on éduque les enfants comme ça.

On oublie que derrière cet homme,

il y a un père qui l'a élevé

en lui permettant de crier sur sa mère, de mal lui parler

et de lui manquer de respect.

Pour lui, c'est un comportement normal.

Je ne blâme pas seulement la femme.

Je blâme cette société machiste

qui me rappelle constamment que je suis une femme,

qui ne me laisse pas l'oublier

et qui rappelle sans arrêt à l'homme qu'il est un homme

et qu'il doit le prouver à tous ceux qui l'entourent.

Si j'étais un homme, voilà ce que je ferais :

je rédigerais des bibles,

je vous empêcherais de trouver du travail,

je vous empêcherais de lire des livres,

de voter.

De vous faire avorter,

d'avoir un bébé sans ma permission.

De vous occuper du bébé une fois qu'il est né.

Vous pouvez rien faire.

Si j'étais un homme, voilà ce que je ferais.

Afin de contrôler ce qui a plus de pouvoir que moi

et que je n'arrive pas à comprendre.

Moi, Anita, je viens d'une famille de huit enfants.

Je suis la sixième.

Mon père nous disait, il me disait,

qu'il n'avait rien à me léguer comme héritage.

Il me disait : "Ton héritage, ce sont tes études.

"Si tu les négliges, rien d'autre ne t'aidera plus tard."

Je pensais que c'était une blague,

mais si je vis aujourd'hui, si je suis comme ça

et que je me trouve devant ce micro,

devant vous qui m'écoutez, c'est parce que j'ai étudié.

Sans les études, je ne serais pas la même.

Quand j'ai appris à écrire mon nom,

j'étais très heureuse.

Je me suis jetée par terre de joie, j'ai dansé, j'ai ri.

J'ai poussé des cris de joie. "Seigneur ! Je sais écrire mon nom !"

J'étais si heureuse, ce jour-là.

Je n'ai même pas mangé,

tellement la joie m'avait envahie.

Dans ma chambre, j'écrivais sur un papier "Jeanne".

Puis à nouveau : "Jeanne", "Jeanne", "Jeanne"...

À chaque fois, j'écrivais mon nom sur un papier.

La deuxième chose que j'ai appris à écrire, c'était : "Maman".

J'étais si heureuse

que je voulais mourir de joie.

J'écrivais tout le temps : "Jeanne", "maman".

J'étais très heureuse.

Il n'y avait pas d'école maternelle à la campagne.

J'ai donc commencé en primaire, vers 6 ou 7 ans.

Et j'adorais les études.

En 6e, comme ma famille n'était pas aisée

et que les 9 années d'école n'étaient pas encore obligatoires,

on n'avait pas de ressources suffisantes.

Puis un jour, ma mère a laissé entendre

que si mon frère réussissait à entrer au lycée,

je ne pourrais pas continuer mes études.

Et puis...

Si j'avais pleuré ou crié pour continuer à aller à l'école,

ma mère aurait peut-être été d'accord.

J'ai déjà raconté cette histoire plusieurs fois,

mais à chaque fois, je suis émue et triste.

Le plus beau jour de ma vie a été quand j'ai reçu mon diplôme de Harvard.

Mon Dieu ! J'ai reçu mon diplôme.

Je voulais avoir mon mari et ma famille sur scène à mes côtés,

et le président de l'université l'a autorisé.

Ce que j'ai ressenti en recevant ce diplôme

de l'école d'administration publique de Harvard,

c'était fou !

J'étais là, moi,

une femme afro-américaine.

Nous n'étions que cinq femmes noires dans ma promotion.

Dont notre sœur du Kenya !

Nous n'étions que cinq.

Toutes avec des enfants.

Et nous avons toutes reçu notre diplôme.

Un grand moment.

Juste après, j'ai dit : "Et je ne tape pas à la machine."

Parce qu'à 14 ans, quand j'ai eu mon premier boulot,

puis quand j'ai travaillé pour soutenir mon mari dans ses études,

on m'a toujours demandé :

"Vous tapez à la machine ?"

En recevant mon diplôme de Harvard,

j'ai dit :

"On ne tape pas à la machine."

La première fois que j'ai eu une carte avec mon nom dessus,

j'étais tellement contente.

La première fois que j'ai fait un retrait,

je n'en revenais pas.

J'ai tout retiré, j'ai bien regardé mon argent,

puis je suis entrée dans la banque

et je l'ai redéposé sur mon compte !

Je peux vous parler de mon premier jour de travail ?

Mon mari vivait encore à la maison, faute de mieux.

Mais nous étions déjà séparés.

Le jour où j'ai commencé à travailler,

il s'est levé en même temps que moi.

Il m'a vue et il a dit : "Où tu vas ?"

"D'abord, ça ne te regarde pas.

"Je vais au travail."

Je lui ai dit que j'allais travailler.

Mon mari était tout étonné.

"Qui t'a donné du travail ?"

Pas "Où as-tu trouvé du travail ?"

Non. "Qui t'a donné du travail ?"

Il pensait que personne ne m'engagerait.

J'ai dit : "Je vais travailler avec Mme Sarah.

"Je vais décorer des gâteaux."

De voir la stupeur sur son visage...

Rien que pour ça, ça valait la peine.

J'étais contente qu'il soit là rien que pour ça.

Quand je suis partie en Espagne pour travailler,

loin de ma famille...

C'est dingue. Le mois passe,

et on n'a presque aucune nouvelle des siens.

À la fin du mois, par contre, le téléphone sonne.

Ton époux t'appelle parce qu'il a besoin d'argent.

Il a beau te dire de ne pas envoyer tout ton salaire,

tu le fais quand même.

Car tu veux que tes enfants ne manquent de rien.

Au moins, avec l'argent, on trompe le manque,

l'absence.

Alors, on l'envoie.

Mes filles demandent pas des baskets, mais des yaourts.

Des yaourts, une baguette...

C'est compliqué à gérer.

Il y a un moment qui m'avait touchée

il y a deux, trois mois de ça.

C'était en voiture, avec ma grande à côté de moi.

Elle voit une larme couler sur ma joue.

"Maman, qu'est-ce qu'il y a ?"

Je lui dis : "J'y arrive pas. Je me bats tous les jours.

"J'ai fait plein de métiers dans ma vie. Je me suis battue chaque jour.

"Là, je me bats contre une maladie. Pour acheter à manger.

"J'y arrive pas."

Elle m'a serrée fort : "Je crois en toi, tu vas y arriver."

C'est vraiment elle qui me fait tenir.

Les sacrifices que j'ai faits

pour travailler à Wall Street, écrire un livre,

animer des ateliers, sont considérables.

J'ai renoncé aux spectacles de l'école, aux pique-niques en famille,

aux devoirs à la maison avec mes fils,

aux visites de campus universitaires.

J'ai renoncé à me connaître.

J'ai renoncé à ce dont j'avais envie

au profit des envies des autres.

J'ai renoncé aux relations à long terme

au profit de celles qui durent une nuit ou un week-end.

J'ai renoncé

à profiter du jardin,

à avoir un chien comme j'en mourais d'envie.

Aux soirées à me prélasser dans le bain.

Et j'ai...

J'ai renoncé à créer des souvenirs avec beaucoup de personnes,

et je le regrette.

J'aime tout dans le sexe.

J'aime les baisers,

j'aime les caresses,

j'aime les pénétrations.

J'aime justement la possibilité

de faire des tas de connexions différentes

à chaque fois.

J'aime, donc, la créativité que ça dégage.

Et ça me rend vivante.

Quand je suis pénétrée, par exemple,

je me sens en pleine possession de mes moyens.

Je me sens devenir une femme animale.

Je me sens

la louve, la lionne.

Je me sens très, très puissante.

Ce que j'aime le plus, c'est quand on couche ensemble

et qu'il y a cette chose qui sort de son sexe

et qui entre dans mon corps.

C'est comme si c'était la vitamine de ma vie.

Je me sens satisfaite quand cette chose agréable me pilonne.

C'est comme si j'étais au paradis.

Il n'y a aucun blocage parce qu'on s'aime.

Et moi, je suis très amoureuse.

C'est vraiment le paradis.

Avec des collègues...

femmes, bien sûr.

Je parle pas avec un homme de ma sexualité.

Mais j'ai eu ces paroles.

J'ai dit mon ressenti.

"Mais toi, tu t'en fous. Tu rentres chez toi, t'as un homme !"

Attention ! Je suis pas une obsédée sexuelle !

Je dis pas ça !

Mais c'est important

de se sentir femme, de se sentir aimée quand même.

Je vais vous dire franchement :

plus je vieillis, plus je trouve que ça me manque.

Il y a un moment... Est-ce que c'est...

Ça doit être pour toutes les mères comme ça.

On est ancrées dans l'éducation de nos enfants,

de les former à la vie.

Et après, quand ils commencent à prendre leur envol,

c'est là qu'on se rend compte qu'on est seules.

Et c'est là que ce manque revient.

Pour faire l'amour,

c'est lui qui commence.

Toujours.

Il me fait des bisous,

il me caresse,

il m'embrasse le front...

Parfois, il m'embrasse par ici.

Parfois, il essaye de me mordiller,

mais je lui dis d'y aller doucement, je suis trop vieille

pour me balader avec un suçon dans le cou.

Je ne vous le dirai pas.

Oh, non...

Pas ça !

Bon, la première fois que j'ai couché...

Je me rappelle pas son nom.

Je sais, ça craint ! Mais j'ai oublié.

On avait genre 16 ans.

Il était super maladroit.

Moi, aujourd'hui, je coucherais jamais avec lui.

Mais à l'époque, je me disais : "Il faut bien y passer tôt ou tard !"

Il me dit : "On se mate un porno ?"

Il ouvre une bière et je réponds : "Ça me dit rien."

On boit chacun une demi-bière,

il me dit qu'il est bourré, et il se met à m'embrasser.

Je suis dégoûtée, je me dis : "C'est ça, le sexe ?"

Donc bref, on commence à coucher.

Et là, je ne comprends pas du tout

pourquoi tout le monde dit que ça fait super mal.

J'ai compris plus tard qu'il avait un tout petit pénis.

On vous dit...

que faire l'amour, ça se passe comme ça.

Mais quand vous voyez le sexe...

énorme de l'homme qui vous...

qui est perpendiculaire au corps de l'homme,

ça fait un peu peur. Tu te dis : "Mais tout ça va rentrer

"dans mon organe ?"

Selon moi, le porno nuit beaucoup.

À cause de lui, les gens sont convaincus

que s'ils te touchent à toute bombe

ou s'ils te lèchent le clitoris, genre...

tu vas jouir dans la seconde. Mais non !

Il faut une progression dans l'érotisme

avant que ça fasse du bien.

Direct, ils te disent :

"Ah oui ! T'aimes ça, hein ?"

Et moi, je...

"Tu peux ralentir un peu ?"

Ils se croient dans un film porno,

où tout va vite, c'est hyper intense.

Sauf que pour moi, ça marche pas du tout comme ça.

Moi, j'aime quand ça va doucement,

et petit à petit, le mouvement s'accélère,

puis ça ralentit, puis ça accélère à nouveau...

C'est pas : "Je vais te défoncer, tu vas trop kiffer !"

Je crois que beaucoup de gens, quand ils couchent,

ils ont un film porno en tête.

Mais ces nanas sont actrices !

C'est pas réel !

En fait,

j'ai eu l'occasion d'explorer vraiment ma sexualité

avec les femmes.

Avec les hommes, ça va,

on explore aussi,

mais c'est nous qui devons leur expliquer.

Ils n'ont pas la même sensibilité, ils ne sont pas curieux.

Peu d'hommes ont envie

d'en savoir plus sur le corps des femmes.

Quand je suis avec une femme,

mon corps est comme un livre ouvert.

Seule une femme sait le lire à la perfection.

Physiquement,

au début,

j'ai été surprise que ça marche.

J'ai exploré des choses,

comme mon clitoris.

J'ai découvert comment il fonctionne quand on l'excite.

Je n'arrivais pas toujours à l'orgasme

avec un pénis.

Il n'y a pas que le pénis,

il y a aussi les doigts,

la langue, le vagin.

Tout est possible.

C'est comme ça

que j'ai appris à mieux connaître mon corps,

quand j'ai commencé à avoir

des relations sexuelles avec des femmes.

Un beau jour, il me fait l'amour.

Et il a touché le clitoris avec son pénis.

Et là, j'ai crié.

J'ai dit : "Je sens des choses dans la tête.

"Je me sens dans un autre monde."

Et il m'a dit : "Mais non, tu as atteint l'orgasme."

Et là, j'étais heureuse.

Les jours qui ont suivi, pendant les rapports sexuels,

il s'arrangeait pour que j'atteigne l'orgasme.

Même aujourd'hui, je ne fais pas de rapports sexuels...

Il ne respire pas avant que je n'aie atteint l'orgasme.

Je ne sais pas ce que c'est.

Une fois, ils en ont parlé à la télévision.

Je n'ai pas compris. Ils parlaient de l'orgasme.

Une femme disait :

"J'ai des enfants, mais je ne sais pas ce que c'est."

Elle n'en avait jamais eu.

Ils faisaient l'amour, sans avoir de plaisir.

C'est ce que j'ai compris.

Si on me demandait

quel a été le plus beau moment de ma vie...

Il y en a eu plusieurs.

Mais le plus beau de tous

a été mon premier orgasme.

J'ai vraiment cru

que ma tête allait se détacher de mon corps.

Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.

J'ai couru à la salIe de bain,

je me suis assise.

Je croyais que je faisais un AVC,

tellement ça faisait...

Maintenant, j'ai compris,

mais sur le coup, ce n'était pas drôle.

Je ne soupçonnais pas

ce que j'avais raté

pendant toutes ces années !

Vous voyez... Mais c'est la vie.

L'ignorance, c'est terrible.

Mais c'était merveilleux !

Je me suis fiancée hier soir

et ça me remplit de joie.

Parce que...

J'ai 58 ans

et j'avais dit : "Les hommes, plus jamais.

"Je n'ai pas besoin d'un homme.

"Je n'en ai pas besoin.

"Je n'en ai pas envie.

"C'est terminé.

"Au diable l'amour. Ce n'est pas pour moi.

"Je serai rancher toute ma vie. Soit."

Eh bien, ça a changé.

On trouve quelqu'un qui nous correspond,

on tombe amoureux,

et tout se passe naturellement.

Comme je disais, c'est naturel,

tout marche bien, tout est facile.

Même le travail ! Tout se passe à merveille.

Il m'a fait sa demande. D'abord, il en a parlé à mon père,

puis il m'a demandé de l'épouser.

Et j'ai dit oui.

On dit qu'il y a des coups de foudre.

Je ne sais pas si c'en était un,

mais la première fois que j'ai vu Rachel,

je me suis dit que je voulais passer ma vie avec elle.

Je n'avais jamais ressenti cela auparavant.

J'étais vraiment amoureuse d'elle.

Ce que je veux dire,

c'est qu'il y avait là une personne

qui était passionnée, attentionnée,

parfois un peu folle

et si belle...

Le courant est passé. On peut parler de choses

que je n'avais jamais pu aborder avec personne.

J'ai le sentiment

de ne faire plus qu'un avec elle,

tout en étant moi-même.

Il n'existe pas de plus beau sentiment au monde.

Il m'a fallu 48 ans pour le découvrir.

Le jour de mon mariage,

je portais une robe à...

On disait alors "à volants".

J'ai mis un corsage et, au-dessous de ma taille,

on m'a cousu une jupe avec des volants.

J'étais comme une image :

aux formes généreuses, belle...

Pas vraiment belle,

mais c'était assez pour moi.

Les gens disaient : "Quelle beauté Guéna a trouvée !"

Et moi, de joie, je ne savais plus si j'étais de ce monde,

avec un si bel homme à mes côtés,

aux cheveux bruns, aux sourcils noirs arqués.

Il était si beau

que je ne voyais plus personne,

même pas mes parents.

Voilà combien je l'aimais.

Impossible d'exprimer mon amour par des mots.

Il est mort il y a 13 ans, mais je l'aime toujours.

Je me souviens de lui et je vis de ça.

Voilà comme je l'aimais.

Je ne sais pas s'il est permis d'aimer comme ça.

Je ne peux pas vous dire comme je l'aimais.

Je l'aimais beaucoup.

Les hommes mariés...

Les hommes mariés se croient tout permis.

Généralement, ils nourrissent la famille,

et pensent donc mériter un petit dessert, à côté,

à l'insu de leur femme.

Et ils se l'accordent.

Et le fait de payer leur sert de justification.

Je suppose que...

comme ça leur coûte financièrement,

ça rachète la culpabilité

qu'ils ressentent en trompant leur conjointe.

Mais ils le font et n'ont pas le cran de le leur avouer.

Un homme marié m'a expliqué récemment :

"Je pourrais lui dire. Je pense qu'elle comprendrait.

"Mais elle pourrait partir avec la moitié de notre fortune.

"Et je préfère en conserver la totalité."

En tant que travailleuse du sexe, ça me convient.

Tant qu'on me respecte et qu'on passe du bon temps, soit.

Mais je ne me fais plus aucune illusion

quant à l'institution du mariage.

Ça ne m'intéresse pas du tout.

Je ne me marierai jamais.

Jamais !

J'ai appris qu'il...

En fait, je me suis doutée fortement qu'il...

que mon conjoint à l'époque fréquentait des prostituées.

J'avais trouvé une carte de visite de prostituée

dans son portefeuille !

Je savais même pas qu'elles avaient des cartes de visite.

Donc déjà là, c'était assez marquant !

Quand je lui en ai parlé,

il m'a dit que c'était pour un ami.

Alors là, vraiment...

Franchement !

Franchement !

Donc voilà.

Ouais, ça a été dur. Je me souviens...

C'est comme si mon monde s'écroulait...

Comme si j'avais perdu la force dans mes jambes.

Je savais que la prostitution en Thaïlande,

c'était une réalité...

enfin... culturellement acceptée.

Mais que ça m'arrive, à moi ?

Pourquoi ça nous arrive à nous ? Impossible !

Mais oui. On n'est pas spécial.

On est juste ordinaire.

Donc ça m'est arrivé.

Ce qui inquiète ma mère,

c'est que si je ne me marie pas, si je n'ai pas d'enfant,

il n'y aura personne pour veiller sur moi.

Si mes parents meurent, je serai toute seule.

Elle a peur que personne

ne puisse s'occuper de moi.

Mais dans l'avenir,

dans cette société...

En fait, je ne m'inquiète pas vraiment.

L'intelligence artificielle sera sans doute très développée.

Quand je serai âgée, un robot s'occupera peut-être de moi.

Nonni avait un an et huit mois

quand j'ai commencé à m'occuper d'elle.

À ce moment-là, je savais

que c'était l'enfant

que je n'avais pas pu avoir.

Je m'en suis occupé, je l'ai câlinée, dorlotée.

Je lui ai donné tout mon amour,

tout ce que j'avais en moi,

parce que Dieu m'avait donné un enfant

dont je pouvais m'occuper.

Je peux vivre sans homme.

Mais pas sans ces enfants.

Parce que je voulais

à tout prix devenir mère et ce n'était plus possible.

Mais maintenant, j'ai ces deux enfants.

Je prendrai toujours soin d'eux.

Même si c'est dur, je le ferai.

La vision que t'as quand tu lèves les jambes,

c'est effrayant.

Et le médecin, en face de toi,

qui voit tous tes organes en bas.

Vraiment, c'est trop dégoûtant.

On te dit : "Écarte les jambes. Allez."

Et toi : "Comment ça ?"

"Quand tu sens un coup, crie et pousse."

Quand ma première est née, Emily,

je me suis dit : "C'est dingue !

"J'ai créé un être humain, je suis Wonder Woman !

"Après avoir eu un bébé, je peux tout faire !"

Ça n'a pas duré.

C'était sûrement l'effet du pic d'hormones

après l'accouchement.

J'aurais voulu me sentir invincible pour toujours,

mais hélas, c'est reparti avec les hormones.

Sérieusement, quand elle est née,

j'aurais pu conquérir le monde.

Après avoir accouché de mon enfant,

mes beaux-parents et mon mari ont changé.

C'était notre 1er enfant, et le 1er petit-fils de mon côté.

Toute l'attention s'est focalisée sur mon fils

et ils ont commencé à m'appeler "Coquille vide".

Ils me disaient de nourrir mon enfant.

J'ai commencé à douter du rôle de mon existence.

Pourquoi avoir étudié si mon rôle était de procréer ?

J'étais comme une passeuse d'ADN.

Du coup, cette période était à la fois joyeuse et triste.

Avoir un enfant handicapé, c'est la preuve, pour moi,

de l'amour infini des mères.

Cet enfant-là m'a fait comprendre

à quel point l'amour d'une mère

est quelque chose de...

C'est là.

En général, quand on aime quelqu'un,

il nous le renvoie.

Il y a sans doute une satisfaction, une recherche de ça.

Je sais que cet enfant, je l'aime viscéralement depuis le début.

Et j'aime quelqu'un qui me regarde pas souvent,

qui m'embrasse pas. qui me parle pas.

Qui me câline pas, qui me caresse pas.

Et je l'aime.

Jour et nuit, où qu'on se trouve, quoi qu'on fasse,

on s'inquiète pour ses enfants.

Et on s'efforce de maintenir un lien,

de rester présente dans leur vie.

Et parfois, ils ne veulent pas qu'on soit aussi présente dans leur vie.

On doit alors se battre pour occuper cet espace

et rester à leurs côtés.

Le travail d'une mère n'est jamais terminé.

C'est un poste qu'on occupe à vie.

Il faut être : distributeur automatique, assistante sociale, avocate,

punching-ball, parfois.

Une infinité de rôles accompagnent celui de mère.

Et en même temps, il faut être un leader fort et fiable,

tel que son emploi l'exige.

Bref, il faut être multitâche !

J'ai des amies

qui désirent ardemment,

depuis qu'elles sont jeunes,

avoir un bébé, des enfants.

Une amie m'a dit un jour :

"Je préférerais mourir que de ne pas avoir d'enfants.

"Si je ne peux pas être mère,

"je ne pense pas pouvoir avoir une belle vie."

Je n'ai jamais ressenti ça. Je n'ai jamais eu ce désir profond.

J'ai donc pris cette décision tôt dans ma vie.

À mesure que...

ma "date d'expiration" approchait,

du milieu de la trentaine à la quarantaine,

je n'ai jamais cessé d'y penser.

Quand je me suis mariée,

bien sûr, j'y pensais aussi.

Encore aujourd'hui, j'y pense, je me dis :

"J'y vais, j'y vais pas ?

"Comment ma vie en serait-elle transformée ?"

Mon mari a exprimé le souhait

d'avoir un enfant.

On ne sait jamais.

À 15 ans, je me suis mariée.

Enfin, je me suis mariée...

Façon de parler.

À 16 ans, j'ai eu ma première fille.

À 17 ans, j'ai eu la deuxième.

À 18 ans, j'ai eu encore une fille.

À 18, non, 19 ans...

À 20 ans, j'ai eu mon quatrième, un garçon.

Et à 23 ans, j'ai eu ma cinquième, une fille.

Pourquoi autant d'enfants d'affilée ?

Car mes parents ne m'ont jamais parlé de contraception.

Ma mère m'a appris

que si un homme me touchait, je tombais enceinte.

Mon mari, lui, m'interdisait toute contraception.

Il disait que c'était à lui de décider

quand je tomberais enceinte ou non.

Si je me suis déjà fait avorter ? Non.

Si. J'ai subi un avortement à 24 ans.

Je me suis rendue à Manchester

pour subir l'avortement,

parce que c'était illégal.

Ce n'était pas légal en Irlande.

Et notre gouvernement refusait de le légaliser

pour des raisons religieuses.

Le 8e amendement, censé protéger les droits des fœtus

et des femmes,

nous privait de la liberté de choisir.

À cause de cette loi (abolie en 2018),

j'ai été forcée de quitter mon pays

et partir à l'étranger pour me faire avorter.

Je ne regrette pas l'avortement.

C'était la bonne décision pour moi à l'époque.

Si je n'avais pas pris cette décision, ma vie serait totalement différente.

Je suis tombée enceinte pour la quatrième fois en 1995.

Les règles du planning familial étaient très strictes.

J'ai dû me faire avorter.

J'avais mal et j'étais triste.

Je n'avais pas le choix, je me suis fait avorter.

C'est mon mari qui m'a accompagnée.

J'ai été hospitalisée

pendant un mois.

J'étais plutôt en bonne santé,

mais intérieurement, j'étais affligée,

en tant que mère,

de me faire avorter à huit mois de grossesse.

Les autorités supérieures et locales

m'ont forcée à me faire avorter.

C'est très bizarre, de perdre ce statut,

de ne plus être mère, de ne plus former une famille.

Putain ! Je trouve ça hyper dur.

Au final, on est qui ?

On est qui, du coup ?

C'est une grosse question.

Je suis qui ? Plus d'enfant,

plus de famille dont m'occuper.

Je suis qui, moi, en tant que femme ?

J'ai plus qu'à trouver la réponse.

Mon premier congé maternité, je l'ai vécu en toute candeur.

Je ne me préoccupais absolument pas

d'un éventuel effet sur ma vie professionnelle.

J'étais un super élément. Ça allait très bien.

Pourquoi me serais-je inquiétée ?

C'est au retour que je suis tombée de l'armoire.

Un de mes patrons m'a dit très clairement :

"Tu es un bon élément, mais tu ne mesures pas

"à quel point ce bébé va changer ta vie. Tu vas voir."

Il m'annonçait déjà quelque chose que je ne vivais pas.

"On aimerait pouvoir compter sur toi, mais on veut des preuves."

Et là,

au lieu d'être brave,

j'ai été paralysée.

Mais paralysée, abasourdie.

Je ne savais plus quoi dire.

Silencieusement, je me disais :

"C'est donc comme ça qu'elles savent que c'est fini."

Ce qui m'a permis de rebondir, c'est un collègue,

qui a vu que j'étais blême,

à qui je me suis confiée en sortant de cet entretien.

Et il a été choqué.

Moi, j'étais paralysée, mais il a été choqué.

Et lui, il me l'a dit. Il m'a dit :

"C'est n'importe quoi ! C'est révoltant."

C'est cet homme-là, ce collègue-là, finalement,

qui m'a remise dans la colère et dans le "C'est pas juste".

Sinon moi, j'étais... J'avais reçu mon verdict.

Ce que j'ai trouvé difficile dans ma carrière, étant plus jeune,

c'était de voir que, très souvent,

des hommes moins compétents que moi, en toute humilité,

accédaient à des postes supérieurs au mien.

Au début, je trouvais ça un peu décourageant...

et injuste.

Finalement, j'ai décidé de simplement foncer,

de les observer, aussi.

Qu'est-ce qu'ils faisaient, eux, pour réussir comme ça ?

Et sans adopter des comportements masculins pour autant,

j'ai fait quelques changements.

Dans ma façon de me comporter face à un patron,

face à des collègues, etc.,

d'apprendre à m'imposer,

à avoir une voix autour de la table, à faire passer mes idées,

de manière à ce qu'elles soient retenues,

à ce que je puisse diriger des projets importants.

Et finalement, à ce qu'on ne voie plus que je suis une femme

et que donc, peut-être, je n'ai pas tout ce qu'il faut.

Trop souvent, les femmes doivent se prouver doublement

avant de réussir à obtenir le poste.

Une de mes plus grandes fiertés,

c'est quand j'ai quitté la vice-présidence

du leader de l'expertise médicale au Canada.

Le chef des finances, qui partait en même temps que moi,

a dévoilé mon salaire au comité exécutif.

Et le plus drôle, c'est que,

tous ces hommes ont découvert que j'étais la mieux payée.

Scandale épouvantable.

Il faut bien que quelqu'un soit le mieux payé !

Mais là, c'était la femme qui était la mieux payée.

Finalement, j'avais bien réussi à jouer mes cartes.

Et j'étais heureuse d'apprendre ça en partant.

J'étais à Casablanca, une grande ville de 3,5 millions d'habitants,

et j'ai décidé de me présenter aux élections législatives.

J'ai vu des scènes extraordinaires

quand j'allais dans les quartiers populaires.

Les gens me regardaient avec des yeux abasourdis.

Ils couraient. "Viens voir ! Viens voir !

"C'est une femme ! Elle est candidate !"

C'était vraiment casser un tabou.

Ensuite, j'ai continué à me présenter.

Je n'ai pas été élue, il y avait zéro femme au Parlement.

Je me suis présentée aux troisièmes élections, aux quatrièmes,

aux cinquièmes, aux sixièmes...

C'est au bout de la septième, en 1997,

donc 21 ans après,

que j'ai pu être élue municipale

parmi 0,34 % de femmes dans les conseils municipaux.

Il fallait être têtue, et je le suis.

Quand j'ai été nommée ministre...

La plupart des réunions où se prennent les grandes décisions

se tiennent la nuit.

Et en tant que mère de famille,

en tant que femme mariée,

c'est compliqué

pour que la femme arrive à venir plus tard la nuit

pour siéger et donner sa contribution

dans la gestion du pays.

Mais moi, j'ai voulu prouver à tout le monde,

d'abord aux femmes, une façon de les encourager,

que ce n'est pas un miracle.

Nous, femmes, nous pouvons. Aux côtés des hommes, nous pouvons.

Ou les hommes aux côtés des femmes, nous pouvons, nous tous.

Ça, je l'ai fait. J'y suis arrivée avec les autres dames.

On était quatre femmes ministres.

Et nous toutes quatre, nous étions là,

même si la réunion se tenait à 1h du matin,

on restait là.

Et pour plus de conviction,

je faisais la porte-parole.

C'est-à-dire, après la réunion,

je devais faire la synthèse de tout ce qui avait été dit,

dégager l'essentiel,

et aller le diffuser à la radio comme à la télévision

au nom de tout le gouvernement.

J'ai pris le goût de faire de la politique

parce que je sens que, en tant que femme,

je peux faire quelque chose

pour que le monde change demain.

Quand j'ai eu 18 ans, mes parents m'ont mariée à un homme de 52 ans.

Moi, bien sûr, je ne voulais pas.

Donc sous menace, c'était :

ou je me marie avec lui, ou je meurs.

Ou mes parents me tuent, ou je me tue.

Ma mère m'avait dit :

"Bois de l'eau de Javel, comme ça, tu mourras."

Moi, au bout de quelques jours, j'ai fini par accepter,

parce que de toute façon,

le choix, il était limité.

Leur choix était limité.

Donc du coup...

La première nuit, j'ai pas voulu coucher avec lui.

À la deuxième nuit,

je me suis obligée à coucher avec lui,

puisque ma mère

est venue regarder derrière les persiennes.

Et en fait...

En fait, je me suis laissé faire,

avec un oreiller sur le visage.

C'était comme un viol.

Enfin, pas "comme". Je me suis sentie violée.

Je me suis sentie...

J'avais l'impression que, non seulement, cet homme-là...

me pénétrait...

sans mon consentement,

mais que ma famille entière me pénétrait en même temps.

Parce que j'avais l'impression, et j'avais raison,

que tout le monde était de connivence.

Tout le monde était... Tout le monde savait.

Donc pour moi, tout le monde était en train de me pénétrer.

Certaines filles se suicident ou se jettent dans la rivière.

J'ai voulu me noyer dans la rivière. Elle était si profonde.

Des gens sont venus me chercher à la nage

et m'ont sortie de la rivière.

Je voulais que les choses changent.

Je voulais me marier par choix.

Je voulais une alternative au mariage forcé.

J'ai été mariée à l'âge de 2 ans.

Ma vie a été détruite.

Regardez mon mari.

Je ne l'ai pas choisi. Je ne l'aimais pas.

Je ne connaissais rien au mariage.

Je n'ai ressenti aucune joie lors des noces.

Je ne connaissais pas les rituels.

Je ne savais rien sur rien.

Alors pourquoi se marier est-il si important ?

J'aurais pu rester ici et vivre ma vie.

Je voudrais demander au monde : pourquoi nous marie-t-on ?

Un mari qui jette de l'acide sur sa femme ?

Quel pays a une culture pareille ?

D'où vient cette justice ?

D'où vient cette tradition ?

Se faire brûler à l'acide...

Et pendant son sommeil, en plus !

Brûler quelqu'un à l'acide pour une dot incomplète,

c'est mal !

Ça se produit ici toutes les heures, tous les jours.

Pourquoi n'y met-on pas un terme ?

Une dot incomplète, c'est une raison pour brûler quelqu'un ?

Les maris ont-ils une mentalité aussi peu évoluée ?

Il n'y a eu aucun signe

qui aurait pu m'avertir

de ce qui allait venir :

c'est-à-dire un énorme coup sur le visage.

Il a arrêté la voiture et m'a collé

un énorme coup sur le visage.

J'étais sous le choc !

C'était la première fois de ma vie !

Je n'en revenais pas, et ma seule réaction

a été de me tourner vers lui et de dire : "Quoi ?"

Et au moment où je me suis tournée vers lui...

"Tu m'as frappée, là ?"

J'ai juste hurlé : "Quoi ?"

Et le deuxième coup est tombé,

en plein dans l'œil droit.

Et là, j'ai vu tout noir du côté droit.

Un jour, une baffe.

Première baffe.

Bien sûr, je lui ai rendue, parce que...

J'ai été une femme battue pendant huit ans,

mais il en a eu aussi. Enfin, je me suis défendue.

De la première baffe, ça a été à deux baffes, puis de là...

à une baffe et il me pousse,

et ensuite, au coup de poing.

Je pense qu'une fois qu'on a franchi le coup de poing,

il y a plus de limites.

Le moment où j'ai dit : "Ça suffit.

"C'est plus possible de continuer comme ça",

c'est quand je l'ai vu étrangler ma fille.

C'est là que j'ai dit : "Stop !

"Je ne suis pas venue au monde pour ça.

"Je ne peux pas accepter ça.

"Je ne peux pas le laisser détruire la vie de mes enfants."

Il avait déjà détruit la mienne.

Il avait détruit mon rêve d'être mère,

d'être une épouse,

d'avoir une famille.

C'était tout ce dont je rêvais, et il l'avait détruit.

Je ne pouvais plus accepter ça.

Quand je suis allée au commissariat,

la police a cru les mensonges de mon mari

à propos de mes prétendus amants. Ils ont donc inspecté mon portable.

L'agent de police m'a dit :

"Madame, vous avez beaucoup d'amants."

J'ai répondu : "Ah bon ? Où ça ?"

Il a pointé les numéros d'hommes.

Un charpentier, un plombier, un électricien, un peintre,

des architectes... Quoi d'autre ?

Je suis architecte d'intérieur.

Je suis entrepreneuse.

Ce ne sont pas mes amants.

Le policier m'a demandé depuis combien de temps on était mariés.

J'ai répondu : "21 ans."

Il m'a dit :

"Madame, faites un effort.

"Il faut faire des sacrifices."

J'ai répondu : "Je ne peux pas faire de sacrifice.

"Ma vie et celle de mes enfants sont en danger."

Je n'ai jamais eu ni fracture ni bleu.

Il s'y prenait autrement, depuis le début.

Il plantait son poing dans le mur,

il brisait une vitre ou un objet, il lançait des choses sur moi,

il me bousculait.

En voiture, c'est toujours lui qui conduisait.

Il accélérait jusqu'à 170 km/h,

et freinait d'un coup pour me projeter en avant.

Je vivais dans la peur.

J'étais certaine qu'il finirait par me tuer.

Malheureusement,

quand j'en ai parlé à ma famille, à la sienne,

aux rabbins et à notre communauté juive orthodoxe,

pour demander de l'aide, ils ont récusé toute violence domestique.

Ils m'ont demandé : "Il t'a fait mal ? Il t'a frappée ?

"Il ne t'a pas frappée ? Alors, de quoi tu te plains ?

"Où est le problème ?"

Jusqu'à hier, je n'étais connue

que de l'homme qui m'a attaquée,

mais aujourd'hui, le monde entier me connaît.

Je n'y aurais jamais cru,

mais cette société,

qui accordait une grande importance au visage,

j'ai réussi à lui faire changer de regard.

Parce que j'ai commencé à aimer mon visage.

Et j'ai compris

que le visage n'est pas si important.

S'il l'était, je ne serais pas là aujourd'hui.

J'ai commencé à m'aimer.

J'ai reconstruit ma vie toute seule.

J'ai appris à vivre avec ce visage.

Ma mère m'a expliqué,

et je l'ai fait, pour être belle.

Je me suis fait percer les lèvres.

On fait ça parce qu'on est des femmes.

Les hommes n'ont pas besoin de s'embellir.

Nous, les femmes,

perçons le coin de nos lèvres

pour être plus belles.

Je suis comme je suis et pas autrement.

Chacun a une croyance, dans la vie.

Certaines personnes aiment les apparences et la beauté.

Moi, j'aime être naturelle.

C'est pour ça que je n'ai pas mis de rouge à lèvres.

Pas de maquillage. Un peu de crayon. C'est tout.

Je suis fière de moi. Je me regarde, je dis : "Je suis belle !

"Pourquoi est-ce que je doute ?"

Quand je m'habille, je me sens femme.

Je me fais plaire.

Et j'aime qu'on me regarde.

J'aime qu'on me regarde, et qu'on me dise quand je suis belle.

J'aime être rassurée.

Par exemple, moi, je me suis fait refaire les seins.

J'ai des fils tenseurs dans le visage

pour rendre les contours plus beaux.

Je me suis fait repulper

les pommettes et les lèvres

et j'ai du Botox dans le front.

Je me sens parfaitement bien.

Et je suis fière

d'avoir obtenu tout ça

grâce à mon travail.

Maintenant, je peux me créer telle que je veux être

et avoir une apparence qui me plaît à moi et non aux autres.

Je pense que quand on est en harmonie avec soi-même,

l'essentiel est fait.

Je peux simultanément entrer dans une pièce

sûre de moi professionnellement,

mais en me demandant si tout le monde me regarde

et me trouve terriblement laide,

ou me trouve grosse et boudinée dans ma robe.

Je passe mon temps à me comparer physiquement

aux autres femmes,

et à me demander si on me respecterait davantage,

si on prendrait plus de plaisir à me voir parler

si mon apparence était différente.

C'est une part sombre

de mon rapport à mon apparence.

Maintenant que mon mari n'est plus là, alors qu'il aimait mon corps,

il m'aimait telle que j'étais, il m'a toujours désirée, il me l'a...

Pendant 25 ans passés ensemble,

il a manifesté ce désir,

cet amour qu'il avait pour ce que j'étais.

Et ce que j'étais physiquement... Tout ce que j'étais.

Vraiment tout ce que j'étais.

Maintenant qu'il est plus là, la grande difficulté,

je dois pas être la première,

c'est de savoir comment je vais pouvoir m'aimer moi-même.

C'est ça. Comment s'aimer soi-même sans passer par le regard des autres ?

C'est très compliqué.

Depuis qu'il est mort, je me retrouve moche.

C'est incroyable !

J'avais délégué à cet homme,

parce que je l'aimais et qu'on était si bien,

j'avais délégué...

Le regard qu'on pouvait avoir sur moi, c'est à lui que je le confiais.

Et le regard que je pouvais avoir sur moi.

Mais je ne le savais pas.

C'est maintenant qu'il est parti que je me rends compte. Je savais pas.

Quand j'ai eu un cancer, l'année dernière,

j'ai perdu tous mes cheveux au bout de 15 jours.

On vous dit J+16, c'est J+16.

J'ai perdu tous mes cheveux, tous mes poils, partout.

Après, j'ai perdu mes sourcils et mes cils.

Et quand on se retrouve dans la salle de bain,

même en étant prévenue, et qu'on fait ça...

et que là...

vous avez

toute votre chevelure dans vos mains !

Il vous reste trois poils sur la tête.

C'est atroce !

J'ai vite été chez le coiffeur

pour faire raser tout le reste.

Et ce qui est très paradoxal,

c'est que j'ai retrouvé ma féminité grâce à ça.

Le cancer m'a permis de prendre soin de moi.

De me crémer.

De passer du temps dans la salle de bain

à me mettre de la crème, à me maquiller.

Je ne le faisais pas forcément, avant.

J'étais préoccupée par le travail,

le transport, les enfants,

le ci, les activités, les ça, etc.

Je prenais pas le temps de me maquiller le matin,

de m'occuper de moi. Je prenais le temps de rien !

Et là, j'avais mes journées entières pour ça.

Pour changer de perruque,

me faire blonde, brune, changer de foulard,

me mettre du mascara, quand j'avais encore des cils,

ou des faux cils,

me maquiller les sourcils, mettre de la crème, du rouge à lèvres.

Et j'étais belle !

La vieillesse est dure. Elle avance à pas de loup.

On se croit jeune, on saute, on court,

mais on remarque que nos jambes sont plus lentes.

Un jour, on se réveille, on lève le bras

et on voit que la peau...

Non qu'elle s'affaisse,

mais elle est plissée comme un accordéon.

On se passerait bien de cette musique

et de cet accordéon.

Un matin, j'ai été frappée en voyant la peau de mon bras.

J'ai fondu en larmes. Je suis devenue vieille.

Je ne veux pas vieillir.

Je ne veux pas. Je veux être belle.

Je me demandais : "Suis-je belle ?"

Les jeunes sont belles.

Mes joues sont ridées,

mes yeux ne voient plus clair

et ma peau est devenue toute flasque.

Il n'y a plus rien dedans.

Mes cheveux sont tout blancs.

Je n'ai plus de dents.

Je suis édentée.

J'ai perdu toute ma beauté.

Et pourtant, tout le monde m'appelle "jolie grand-mère".

Dieu m'a donné le droit

d'arriver à l'âge que j'ai pour me voir vieille,

pour voir l'expression physique de la vieillesse.

C'est un cadeau.

J'ai vu la beauté de mes 15 ans,

la beauté de mes 30 ans,

et je vois la beauté de mes 60 ans.

C'est très bien.

Moi, je ne me trouve pas vieille.

Je suis défraîchie, mais vieille, pas encore.

Quand je me remémore le moment

où j'étais entre les mains de Daech,

ça me fait beaucoup de mal et je n'arrive pas à y croire.

Je me dis toujours que c'était un cauchemar,

que c'est quelque chose qui est arrivé et passé.

Je n'arrive pas à réaliser qu'à cette époque,

qu'au 21e siècle, une telle chose,

la vente de femmes et de filles, le massacre d'hommes,

me soit arrivée.

À cette époque, cette année-là,

on était en 2014,

comment cela a-t-il pu se produire ?

Comment a-t-on pu être vendues ? Je n'arrive vraiment pas à le croire.

Qu'est-il arrivé à l'humanité pour qu'on fasse ça à des femmes,

pour qu'on me fasse ça à moi ?

La première fois que j'ai été vendue,

je n'avais pas idée de ce que cela représentait.

Ils nous ont toutes regroupées

et ont sélectionné les vierges.

Ceux qui en voulaient une la prenaient par la main et l'emmenaient.

On ne connaissait pas notre prix.

On était exposées dans une salle, dehors.

Ils nous échangeaient contre 5 dollars,

un paquet de cigarettes,

ou on était offertes.

C'était très difficile à comprendre.

J'ignorais où ils m'emmèneraient, ce qu'ils feraient.

Je ne savais rien.

Je n'avais jamais entendu de ma vie

qu'une fille puisse être vendue, achetée ou offerte.

Un jour,

les gardiens sont venus.

Enfin, l'un des gardiens de Daech.

Il a pris une petite fille de 9 ans.

Il l'a emmenée

au premier étage.

Il s'est mis à la violer.

Elle criait.

Que faire face à ça ?

On était 30 femmes

à écouter les cris d'une enfant de 9 ans

et on ne pouvait rien dire.

J'avais dix-neuf ans.

Un soir, en revenant du marché,

vers dix-sept heures,

j'ai croisé des rebelles armés

de la milice Raia Mutomboki.

Ils nous ont prises et nous ont emmenées dans la forêt.

Ils ont commencé à tuer

celles qui refusaient de coucher avec eux.

J'étais terrifiée.

Ils m'ont violée,

mais ils ne se sont pas arrêtés là.

Ils ont pris un couteau et me l'ont introduit dans le vagin.

Ils m'ont même enfoncé le couteau ici.

Ensuite, ils m'ont mis des herbes dans l'anus.

Je me suis sentie très mal.

Par peur, moi, j'ai pas dit que j'avais été violée.

Un mois après, j'étais enceinte.

J'ai pu avorter.

Malheureusement,

les conséquences de cet avortement-là

me suivent même quatre ans après.

Nous sommes des femmes respectables, mais ils nous ont souillées.

Maintenant, plus personne ne nous épousera.

Qui épouserait une femme violée ?

Alors, on reste célibataires. Personne ne veut nous épouser.

Ils disent : "Les militaires les ont violées".

Nous devenons de la pourriture, c'est ma plus grande souffrance.

Est-ce que je dois

titiller vos capteurs empathiques

pour que vous compreniez

la violence de ce que je vis ?

Est-ce que je dois pleurer

ou me suicider pour vous faire entrevoir

les atrocités qui tourmentent mon esprit ?

Est-ce que je dois...

ménager vos oreilles sensibles

parce que vous seriez choqués d'entendre ce que j'ai enduré ?

Ce que nous endurons ?

Ce que nous continuons à endurer ?

Je dois parler ouvertement.

Ce n'est pas seulement ma réalité.

C'est la réalité de millions de femmes.

Partout.

Et on devrait faire preuve de tact pour en parler ?

"C'est honteux. Ne le dites à personne."

Je suis là pour vous dire à tous

que je ne me draperai plus dans la honte.

Je ne me tairai plus sous prétexte que c'est déshonorant

ou que c'est dangereux.

Non.

Respect absolu envers toutes les femmes.

Peu importe leur race, leur couleur, leur ethnicité,

que leurs cheveux soient crépus ou lisses,

les femmes méritent le respect.

Les femmes.

Elles sont fortes.

Toujours.

Je suis très fière d'être une femme.

Je suis une femme forte.

Je suis une femme déterminée.

Décidée et super sympathique.

Je suis une femme volontaire.

Une femme qui fait le travail des hommes.

Une femme pleine d'espoir.

Une femme ordinaire.

Je suis une femme persévérante.

Une femme courageuse.

Une grand-mère maligne !

Je suis une femme puissante.

Je suis une femme guerrière.

Une avant-gardiste.

Une féministe.

Une femme d'action.

Une battante.

Sans peur.

Exigeante.

Qui aime la vie.

Dynamique.

Joyeuse.

Héroïque.

Libre.

Parfois, je dérange. Je dis que même Dieu

devrait être une femme.

Et ce sont les femmes

qui doivent se bouger et prendre leur place.

Pourquoi elles doivent attendre qu'on nous donne ?

On dit toujours : "Donne-nous une place !"

Je dis : "Mais pourquoi vous demandez qu'on vous la donne ?"

Pourquoi vous attendez

qu'on vous donne des places au Parlement ?

"Donne-nous !"

Je dis : "Prenez-les !"

Moi, j'ai pris ma place,

et personne ne pourra me prendre cette place.

Les bénéfices de ce film seront reversés à

WOMAN(s)

Notre association qui aide à former des femmes du monde entier

aux métiers des médias.

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