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Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Permettez-moi de me présenter
Je suis un homme riche, un homme de goût
Voilà longtemps que je rôde,
j'ai volé à plus d'un son âme et sa foi
J'étais là quand Jésus-Christ
douta et souffrit,
quand Pilate s'en lava les mains
Ravi de vous rencontrer
J'espère que vous devinez mon nom
Mais vous aimeriez bien savoir
à quel jeu je joue
Arrivé à Londres, je me cachai dans les toilettes.
J'y vis un film de Warhol sur le derrière d'Elisabeth.
J'en avais marre et j'avais peur.
Londres grouillait d'espions américains.
Pour tuer le temps, j'ouvris un roman politique.
Page 12.
J'étais à Saint-Pétersbourg
quand je vis que les temps allaient changer
J'ai tué le tsar et ses ministres
Anastasia cria, mais en vain
Je conduisis un char, je fus général
sous le blitz et dans la puanteur des cadavres
Ravi de vous rencontrer
J'espère que vous devinez mon nom
Mais vous aimeriez bien savoir
à quel jeu je joue
Page 34.
Nixon examina les corps de Dubcek et de Guevara.
Ils respiraient encore. L'incident était fâcheux.
C'était pire qu'un crime. C'était une erreur.
Il regrettait de ne pas être en uniforme d'amiral de l'Espace,
cela lui aurait épargné les sbires du Politburo.
Il risquait d'être descendu,
aussi lui fallait-il trouver ce salaud de Tito.
Page 219.
Patakos savait que Marylin et lui devaient fuir.
Les routes étaient infestées de trotskistes.
Les paysans avaient vu un avion décoller.
Dès que Ben Barka découvrirait l'avion,
il enverrait des troupes.
Patakos trafiqua son passeport et celui de Marylin.
Il était à présent biafrais, 70 ans, et big boss de la BBC.
La blonde à ses côtés était sa secrétaire et infirmière.
Ils arrivèrent en avance à l'aéroport de Da Nang.
Page 79.
"T'es mon type de femme, Pepita, dit le pape Paul.
Mais je ne te prendrai pas de force."
"Caballero, tu es bête.
Serais-je là si je ne t'aimais pas?"
Paul glissa sa paluche sous son adorable poncho trempé.
"Je t'ai à la bonne, dit Pepita".
"J'ai encore jamais dit ça à un homme, t'es le premier".
Brutalement elle embrassa le soi-disant apôtre de la non-violence.
Dehors, une chouette hulula lugubrement.
Ils arrivèrent tard à l'arsenal. Trujillo était furieux.
"Pour l'essence, câblez à la Standard Oil !"
"Ne t'emballe pas, Rafael", dit le pape Paul. "Je serai loyal avec Pepita."
"Il fait assez sombre, filons", dit Trujillo, impatient.
"OK", grommela le pape Paul, qui pelotait l'ambassadrice.
"On prendra le vieux Sherman. Pepita nous pilotera."
"Non !" gueula Trujillo. "C'est pas un travail de gonzesse."
Le blues a été la résultante de différences
tant sociales que musicales.
Musicalement parlant, il combinait
de nombreux éléments de la musique populaire américaine.
Surtout celle en rapport avec le théâtre populaire.
Les instruments de musique du blues reflétaient ses origines
mais les musiciens noirs acquirent un style plus instrumental
qui convenait mieux à cette musique naturellement primitive.
Le blues apparut en même temps que le ragtime,
la plus instrumentale des musiques non vocales pour Noirs...
Page 1012.
"Alors?" dit De Gaulle. "Quoi?" répondit Kissinger.
"Où est l'or?"
"Pas un mot devant Wilson, ce mouchard."
"Et alors," hurla De Gaulle, "on vous paie, non !"
...jusqu'à exterminer complètement le Blanc.
Et il le fit.
"Comment répandrez-vous le virus à l'échelle mondiale?"
"J'ai trouvé le porteur à Los Angeles", répondit Souslov.
"Il se nourrit de "drive-in", un mélange de films et de voitures".
"Les spores seront transportés par vent d'ouest."
"Pas un rouge n'en réchappera".
C'est notre mode de vie,
on danse au son du tambour.
Il a pris l'or, ils nous a réduits en esclavage,
maintenant c'est le patron de l'Afrique.
Les Chinois leur ont tout montré.
Page 109. La nuit.
"Vous êtes fou", dit la princesse Grace.
"J'ai participé à des concours de tir, mais pas comme ça".
"Le miroir de votre coiffeuse," dit Salazar,
servez-vous-en pour viser. J'en prends le risque."
Je hais les Négresses.
Elles ont horreur qu'on ait confiance en elles,
ça les déroute,
autant essayer de sucer un cobra.
Page 287.
"Si tu épouses Khrouchtchev, tu seras la femme d'un mangeur de blé".
"Je ne comprends pas".
"Je sais, mais je t'aime, Barbarella, et je joue franc jeu avec toi",
murmura Roosevelt.
Il n'y a pas d'amour entre un Noir et une Noire.
Moi, par exemple,
j'aime les Blanches et hais les Noires.
C'est tellement ancré en moi que je n'essaie plus de me changer.
Je donne dix Noires pour une Blanche.
A genoux!
Les Chinois leur ont tout montré.
Ils leur ont fait connaître la poudre.
Ce n'est pas tant le fait qu'elle soit une femme que j'aime,
j'aime sa peau,
sa douce peau blanche.
J'aimerais lécher sa peau,
comme si la chair sortait des pores
et toucher ses longs cheveux soyeux.
Il y a chez une Blanche
une douceur, une telle délicatesse,
mais cette pute de Négresse est d'acier, dure, résistante
et non pas tendre et docile comme la femme blanche.
Rien n'est plus beau qu'une chevelure de Blanche dans le vent.
La Blanche est pour moi plus qu'une femme, c'est une déesse.
Je lui voue un amour religieux,
je l'adore.
J'aime ses dessous sales.
Parfois, je me dis que ce sentiment pour la Blanche,
j'ai dû l'hériter de mon père
et de ses ancêtres
et du fond des temps de l'esclavage.
J'ai dû hériter du désir de tous ces Noirs,
car j'ai pour elles un tel amour!
Je désire toutes les Blanches que mes aïeux ont désirées
sans jamais les avoir.
Ils ont dû me transmettre leur désir.
Ce désir est un cancer qui me ronge le cur et l'âme.
Dans mes rêves, les Blanches cabriolent comme des agneaux.
Blondes! Rousses! Brunes!
Blondes un peu rousses! Blondes filasse!
Blondes oxygénées! Blondes platine!
Page 91.
"Du calme. C'est pas la première fois
qu'un fou se prend pour Peter O'Tole ou Franco".
Le jazz cool était une forme blanche, dégénérée, du be-bop.
Les Blancs d'Amérique étaient à court d'imagination,
la télé s'empara de ce style
pour faire acheter aux gens des cigarettes et des déodorants
ou pour animer leurs histoires de détectives.
Puis les jeunes Blancs s'en emparèrent
pour jouer "leur musique", la prétendue pop,
qui est une version dégénérée du rock'n'roll
et du "Motown Sound" de Détroit,
mâtinée de vibrations be-bop.
N'importe quel Blanc qui ne va jamais chez le coiffeur
et qui est homo,
peut former un groupe pop. Voilà ce qu'est la pop.
Pareil que le cool et le dixieland,
avec en prime des chapeaux et des noms à la con.
Les jeunes Blancs ont pu ainsi développer leur passion à la con.
Nous n'avons jamais parlé l'anglais correctement.
Jamais nous n'avons parlé anglais correctement.
Jamais! Jamais!
C'est parce que nous résistons à un langage qui n'est pas le nôtre,
qui ne l'a jamais été et ne le sera jamais.
On a beau essayer de nous en gaver, rien à faire.
Rien à faire.
Comprenez que c'est pour nous une forme de résistance.
N'importe qui peut parler le langage simplet du Blanc.
N'importe qui.
Nous, nous avons résisté.
Résisté.
Nous devons identifier notre ennemi.
Notre ennemi n'est pas notre frère de sang,
la chair de notre chair, le sang de notre sang,
l'ennemi, c'est le Blanc,
ses institutions racistes,
voilà l'ennemi principal.
Et chaque fois que se prépare la lutte révolutionnaire,
nous nous concentrons sur l'ennemi principal.
Nous ne pouvons à la fois nous déchirer et le combattre.
Nous ne nous déchirerons pas.
Il n'y aura pas de lutte au sein de la communauté noire.
Nous serons tous unis.
Il n'y aura pas de lutte. Il n'y aura pas de scission,
nous serons unis.
La question noire est peut-être une question de couleur
et non de géographie et de territoire,
et non de territoire et de géographie.
Nous n'avons pas d'autre choix que de lutter.
A tous les niveaux les Noirs doivent lutter.
Il faut qu'ils luttent,
il le faut.
Une des façons de les en convaincre
est de faire usage de la patience, de l'amour,
de la fraternité et de l'unité
et non de la force.
Amour, patience, fraternité et unité.
Nous nous y efforçons.
Si on les oppresse, nous sommes avec eux.
Nous sommes solidaires.
Nous devons être solidaires pour notre survie.
Un front uni, voilà ce que nous essayons de construire.
Vous êtes chez vous,
le Blanc vient chez vous, il vous frappe,
viole votre femme, frappe votre enfant.
N'attendez pas ses coups pour lui dire que vous le haïssez.
Voyez combien nous sommes déshumanisés,
au point que nous sommes incapables de dire:
"Nous te haïssons pour ce que tu nous as fait."
Nous en sommes incapables.
Ce n'est pas une question de droite ou de gauche,
c'est une question de couleur.
Page 42. "Mlles Kossyguine et Gromiko,
voulez-vous être mes demoiselles d'honneur?"
"Mlle Nasser, nous ne pouvons accepter. Mais voyez Mlle Gomulka".
Page 72. Quand Kennedy retira le drap, elle poussa un cri.
Elle avait reconnu Régis Debray.
Elle se jeta sur son cadavre en sanglotant.
"Vanessa, dit Kennedy, qui a tué cet homme?"
"C'est vous".
Permettez-moi de me présenter
Je suis un homme riche, un homme de goût
Voilà longtemps que je rôde,
j'ai volé à plus d'un son âme et sa foi
J'étais là quand Jésus-Christ
douta et souffrit
Je me suis assuré que Pilate
se lave les mains et scelle son destin
Tu entres sur l'autre temps, Charlie!
La salle était comble et la musique douce.
Johnny disparut.
Les gens étaient à demi nus ou en tenue de soirée,
l'orchestre jouait en sourdine,
parfois m'arrivait le bruit d'un plongeon dans la piscine
et même cela était apaisant.
Joue-le plus vivant, c'est un peu mort.
Ça manque de vie.
Cela me fit un choc.
Je ne voulais pas interrompre leurs ébats,
je n'étais pas sûr qu'elle m'ait vu
car ses yeux, bien que grands ouverts, étaient fixes.
L'homme se pencha lentement sur elle.
Elle détourna la tête, ployant le cou.
Ne regardant ni lui, ni moi, elle leva les yeux.
Il s'approcha davantage, hésita,
puis d'un coup de reins, la pénétra
comme s'il était tombé sur elle.
Elle l'enlaça.
Il était en elle. Elle remonta ses cuisses,
il les caressa par en dessous.
Puis ils restèrent un moment immobiles.
C'est lui qui commença à bouger en faisant aller et venir ses hanches.
Elle commença à l'aider en s'agrippant à sa taille,
le plaquant contre elle.
Elle se tordait comme blessée.
Une frénésie les prit. Ils poussèrent des cris en frissonnant.
Il continua à lui porter des coups,
puis un spasme la jeta contre lui de tout son corps.
Il ne veut pas répondre?
Non.
Vous appeliez Leroy Jones?
Oui.
Ou Cassius Clay?
Ou Ralph Brown?
Ou Pierre Malone?
Ou Stokely Carmichael?
Ou Elridge Cleaver?
Ou Malcolm X?
Ou Patrice Lumumba?
Et il ne répond pas.
Vous vous prénommez Ophélie?
Cordélia?
Eve?
Où êtes-vous née? A Stalingrad?
Trafalgar?
El Alamein?
Budapest?
Et votre nom de famille? C'est République?
Totalitarisme?
Libéralisme?
Syndicalisme?
Démocratie?
Vous sentez-vous exploitée quand vous faites une interview?
Vous pensez qu'il y a une bonne manière de mener une interview?
Est-ce une question de technique?
Si avant toute interview vous êtes réticente,
n'est-ce pas un besoin profond d'avoir les idées claires?
Vous êtes économe des mots
car cette économie est la forme même de l'interview?
Pas de temps à passer à réfléchir?
Pour vous, la culture c'est l'ordre?
Mettez-vous un peu par là.
Suis-la de près.
Vous avez pris de la marijuana,
de la benzédrine,
des somnifères?
Du Seconal également?
Un homme de culture est aussi loin de l'art
qu'un historien l'est de l'action?
Pensez-vous que la drogue est un jeu de l'esprit?
La culture a-t-elle diminué le pouvoir créateur?
La drogue est-elle une équation poétique
qui va jusqu'au bout de sa métaphore?
Est-ce parce que la culture est si bien admise
qu'elle survit toujours à la révolution?
La marijuana change-t-elle la notion du temps?
Elle l'accélère?
Elle vous ouvre à votre inconscient?
Venez...
Et le LSD?
Le LSD, c'est mourir un peu?
Et ainsi vous atteignez le sentiment extraordinaire d'une révélation?
Peut-être recevez-vous l'ordre de votre mort, lors de ce voyage?
Est-il urgent de remplacer le mot culture par un autre?
Le Diable, c'est peut-être Dieu en exil?
Savez-vous qui a tué Kennedy?
Il est impossible à l'Amérique d'en finir avec le Viêtnam?
Psychologiquement impossible?
L'Amérique veut-elle vraiment se battre?
Veut-elle vraiment une guerre?
Fait-elle la plus grande guerre de professionnels de l'Histoire?
Et l'Amérique fait-elle au Viêtnam exactement ce qu'elle veut:
Un carnage, une guerre en direct pour la télévision en couleur?
Et il n'y a qu'une façon d'être un intellectuel révolutionnaire,
c'est de cesser d'être un intellectuel?
Ne faudrait-il pas construire des écoles de "déculturisation"?
Ce serait long?
Ce serait une tâche difficile d'accomplir cette opération?
Bien sûr.
Coupez!
Revenez.
L'orgasme est-il le seul moment où l'on ne puisse tricher avec la vie?
L'Occident lutte-t-il contre le communisme
parce que l'Occident, c'est Faust?
Et l'ironie tragique, c'est qu'en luttant contre le communisme,
nous créons son équivalent dans notre société?
Et quand le sexe devient problématique,
le totalitarisme s'installe?
Toutes ces années vous auront appris
à ne faire l'amour que si vous en avez envie?
Quand le roman sera mort, la société technologique
nous dominera complètement?
Pensez-vous
que la femme au foyer est malheureuse?
Le prolétariat a-t-il plus de vitalité sexuelle
que la bourgeoisie?
La fille de John Birch écarta les jambes
et s'enfonça profondément et fermement la queue de Brejnev.
Elle fit travailler ses muscles d'avant en arrière.
D'avant en arrière, sa puissante queue investissait le con détendu.
Leurs culs se déhanchaient sous les coups de la queue de Brejnev.
Pensez-vous que pour être un intellectuel révolutionnaire
il faille cesser d'être un intellectuel?
Le pensez-vous vraiment?
Page 90. Staline s'approcha.
Soraya tremblait, évitait son regard.
"Je te quitte, Joseph. Adieu !"
"Eh baby, on dirait un roman porno, tu vas me faire chialer !"
Page 41. Quand Brejnev entendit les explosions, il sourit:
"Frankie a fait du bon boulot.
Sinatra est l'homme qu'il me faut".
Page 42.
"Je garderai votre revolver". Brejnev poussa un bouton.
Suis-le, je donnerai l'alarme".
Deux mois plus tard, Douglas Bravo fut abattu.
On fait un essai pour le groupe.
C'était quoi, le rythme qu'on faisait avant?
Celui qu'on avait trouvé à la répétition précédente?
C'était quoi, déjà?
C'était pas du tout ça.
Vous êtes prêts?
Moi, je suis prêt.
Commence.
Si tu ne réponds pas, je te tuerai.
Quand les nations luttent pour leur existence sur cette terre,
quand la question "être ou ne pas être" doit trouver une réponse,
les considérations humaines et esthétiques doivent être écartées,
car elles n'existent pas par elles-mêmes
mais sont le produit de l'imagination de l'homme
et disparaissent avec lui.
La nature les ignore.
Elles ne sont particulières qu'à un nombre limité de nations,
ou plutôt de races,
et varient selon leur origine.
La propagande ne convient pas.
L'exposition scientifique est indispensable.
La propagande est aussi peu de la science
qu'une affiche publicitaire est de l'art.
Paix au Viêtnam!
C'est la forme qu'elle donne à son message qui importe.
L'art de l'affiche consiste dans l'aptitude du dessinateur
à attirer l'attention de la foule par ses formes et ses couleurs.
Page 99. Les maoïstes à côté de Dulles
contemplèrent, stupéfaits, l'étrange apparition.
Dulles commanda un cocktail Molotov pour la princesse Béatrice.
Elle le vida d'un trait.
Ses grosses pupilles se dilatèrent encore plus.
Elle resta silencieuse, puis, presque sans bouger les lèvres, elle dit:
"- Je vous invite. - Vous m'invitez?"
"Nous donnons un petit souper de 20 couverts.
Ma mère accepte. Vous êtes américain?"
Foster Dulles faillit mentir, mais cela aurait été dangereux.
"Non, je suis russe." Béatrice haussa les épaules:
"Au bout de trois mois, vous ferez tout pour arrêter de penser".
"Je ne serai plus là, répondit Dulles. Je suis pressé".
Cette impression n'est pas complexe, mais simple et bornée.
Ici, point de nuance. Seules les notions positives ou négatives
d'amour et de haine, de bien et de mal, de vérité ou de mensonge.
Il n'y a pas de demi-sentiments.
La propagande anglaise a très bien compris cela.
Seul le faible peut trouver cruel ce principe.
Si c'est le cas,
cela n'est dû qu'à son étroitesse d'esprit.
Car si une telle loi ne présidait pas à l'évolution,
un développement accru de la vie organique serait inconcevable.
Les civilisations passées sont devenues décadentes
parce que la race originelle
avait contaminé son sang.
La cause profonde réside dans le fait
que le peuple ignorait que la culture dépend de l'homme
et non l'inverse.
Pour préserver une certaine culture,
le type d'humanité qui l'a créée doit être préservé.
Mais cette préservation entraîne une loi inexorable:
Les plus forts et les meilleurs doivent triompher,
ils ont le droit de blesser.
Page 137. Liu Shaoqi remonta dans sa Falcon.
A 100 m finissait la 52e rue dominant East River.
Une volée de marches reliait les 2 niveaux.
C'était un endroit chic. Sutton Place était à deux pas.
Liu gara la Falcon et rebroussa chemin.
Il s'arrêta devant le n°425.
L'immeuble était très sélect.
Il était gardé jour et nuit.
Les représentants en aspirateurs n'y pénétraient pas.
On ne s'élève pas sans avoir franchi les échelons inférieurs.
Donc, l'Aryen
a dû parcourir le chemin que lui traçait la réalité
et non celui dont rêve le pacifiste moderne.
Le chemin de la réalité est dur et pénible
mais il conduit finalement au but
dont rêve le pacifiste pour l'homme.
Mais ses rêves l'en éloignent
plus qu'ils ne l'en rapprochent.
Ce n'est pas par hasard que les premières civilisations naquirent
là où l'Aryen rencontra des peuples inférieurs,
les subjugua et les plia à sa volonté.
Il fut le premier instrument technique
au service de la civilisation naissante.
Dans tous les partis bourgeois,
la politique se résume
à une lutte pour quelques sièges au Parlement.
A partir du moment où leurs principes deviennent
inutiles dans cette lutte,
ils sont jetés par-dessus bord comme du lest.
Leurs programmes s'en ressentent.
Ces pratiques ont un effet affaiblissant
sur la puissance de ces partis.
Il leur manque cette attraction magnétique qui attire les masses.
Car les masses sont toujours sensibles à la force,
à une conviction que donne, seule, la foi et les principes
et la résolution fanatique de les faire triompher.
En élevant l'homme au-dessus de l'animalité,
la foi contribue...
la foi contribue à sauvegarder son existence.
Considérons l'humanité de nos jours
et le fait
que les croyances religieuses qui sont siennes
ont été consolidées par son éducation
au point de nous servir de morale pratique.
Si on abolissait l'enseignement religieux
sans le remplacer par autre chose d'égale valeur,
le choc serait terrible.
Vive Mao!
L'homme ne vit pas que pour servir un idéal,
mais cet idéal lui fournit
ces conditions d'existence en tant qu'être humain
et ainsi le cercle se referme.
Victoire au F.L.N.!
Le titre de citoyen sera accordé à tout jeune homme
déclaré sain et de bonne réputation.
La remise de ce titre s'accompagnera d'une cérémonie
et ce titre sera conservé par le jeune homme
comme le document le plus précieux de son existence.
Il lui donnera tous les droits du citoyen
et tous les privilèges.
Mais l'Etat doit faire une nette différence
entre les citoyens, soutiens et défenseurs
de son existence et de sa grandeur
et ceux qui le considèrent comme leur gagne-pain.
N'oubliez jamais que tout ce qui est grand
n'a pas été obtenu par la coalition,
mais par le triomphe d'un vainqueur unique.
Page 69. Tout se passa incroyablement vite.
J'étouffai un cri, puis réveillai Kossyguine.
Il pouvait reprendre ses esprits en un dixième de seconde.
"Ça alors, dit-il". Puis il se tut.
Victoria recula jusqu'à toucher le placard.
Elle regardait, très calme,
les 3 Borlis qui avançaient avec leurs armes terrifiantes.
Elles crachèrent de petites flammes bleues.
"Ils vont la tuer !"
J'entendis Kossyguine dire: "Regardez".
J'ouvris les yeux, pensant voir Victoria à terre,
mais elle était debout
et un sourire étrange flottait sur ses lèvres.
"Extraordinaire, dit Kossyguine". Les 3 Borlis n'en revenaient pas.
Ils rentrèrent leurs armes et s'avancèrent vers elle.
"Ils vont l'avoir. Intervenons."
"Ne nous en mêlons pas, dit Kossyguine. Regardons seulement".
Elle avait dû voir qu'elle manquait de temps.
J'avais la gorge serrée par l'excitation et la peur.
Tout alla très vite.
La fille s'avança et fit une prise mystérieuse
à son énorme adversaire qui atterrit inanimé.
Puis elle sauta sur le placard, plongea sur un autre Borlis.
On entendit des craquements, des bruits d'étouffement.
Le plus petit des Borlis songea à s'échapper,
mais déjà Victoria était sur lui.
Elle le saisit par les parties et le balança contre le coin de la table.
Apparemment, il était mort.
Cette scène nous avait laissés haletants.
Victoria était moins essoufflée que nous.
Je n'avais jamais vu ça.
Je tire mon chapeau à cette fille.
Nous examinâmes la porte brisée,
qui devait provenir de son appartement.
Puis elle examina les Borlis qui gisaient par terre.
Elle se saisit d'un objet rond qu'elle porta à ses lèvres
et parla brièvement:
"Venez vite, amenez le Serkol".
Elle appelait quelqu'un.
Puis elle s'assit et resta immobile, le regard vague.
Un homme et une femme arrivèrent.
Ils appartenaient à une troupe d'acrobates.
"Beau travail, dit l'homme,
sans doute venaient-ils reprendre leurs papiers."
- "Ils sont morts?" - "Je n'avais pas le choix".
"Si j'avais su qu'ils étaient deux, je les aurais épargnés,
mais ils voulaient me tuer".
"Bon, nous opérons maintenant?"
L'homme ouvrit une petite mallette
et en sortit un tapis brillant qu'il étendit par terre,
puis une sorte d'aspirateur,
un aspirateur d'un genre très particulier.
Un Borlis fut placé sur le tapis, puis l'appareil le désintégra.
Les deux autres Borlis subirent le même traitement.
Il replia le tapis, le remit dans sa mallette avec l'appareil,
puis s'en alla avec la femme.
"Beau matériel, me dit Kossyguine.
Nous n'avons pas d'aspirateur désintégrateur.
Bougrement efficace, je vais faire un rapport".
J'étais encore secoué par ce que j'avais vu,
mais heureux que Victoria soit saine et sauve.
"J'avais raison. Votre petite amie hippie est de nos agents.
Pour une débutante, chapeau !
Vous l'avez vue à l'uvre?
C'est une acrobate aux muscles d'acier."
"N'empêche qu'elle ne se serait pas tirée d'affaire
sans son coup mortel.
Je connais toutes les méthodes de judo au napalm,
mais comment s'y est-elle prise pour neutraliser ces lasers?
Elle a dû leur opposer un écran vraiment puissant.
Mais d'où le sortait-elle?
Et ces papiers qu'elle avait volés aux Borlis?
Je doute que ce soient ceux signés devant nous.
Tchaïkovski a dû les emporter."
Sur notre écran-vidéo, Victoria était toujours assise comme une statue.
L'étrange fille ! Kossyguine la regardait avec respect.
Page 297.
Je m'assis près de la femme immobile.
Je glissai une cigarette entre ses lèvres.
Je me penchai sur elle et défis les boutons de sa robe.
Je la lui ôtai, elle n'avait rien dessous.
Prenant conscience de ce qui arrivait,
elle inclina la tête vers la poitrine et ramena ses bras.
Une poitrine lourde, forte et douce.
Je lui caressai la taille, les cuisses, et le sexe.
Elle commença à rouler d'un côté à l'autre.
Une lueur de conscience s'éveilla en elle.
Je la soulevai et l'étendis sur la table.
"Venez, nous allons nous promener" lui dis-je.
Nous passâmes par l'Arc de Triomphe marxiste.
La piscine était déserte.
Les voix semblaient s'évanouir dans le lointain.
L'orchestre jouait toujours.
Je conduisis un char, je fus général
sous le blitz et dans la puanteur des cadavres
J'ai regardé avec joie vos rois et vos reines
se battre pour leurs dieux
J'ai crié: "Qui a tué Kennedy?"
Finalement, c'était vous et moi
J'ai tendu des pièges aux troubadours
qui se sont fait tuer avant d'arriver à Bombay...
- Salut, frère! - Baby, comment tu vas?
Je travaille pour "Panther Magazine".
Super! Tu veux savoir quoi?
Que penses-tu de la première étape de la révolution?
La révolution noire a vraiment commencé.
Nous travaillons pour que le Blanc reconsidère ses idées
sur le Noir.
Quel est le lien entre communisme et Black power?
Toujours la même question!
L'existence du Black power pose une question similaire
à celle qui a opposé Staline à Mao.
Qui conduira cette révolution?
La question, c'est...
Ou bien le Noir conduit cette révolution,
ou bien il attend que l'ouvrier blanc le fasse.
Quel est le plus important, la ville ou la campagne?
75% des Noirs sont concentrés dans les ghettos,
en ville.
C'est pourquoi les villes sont très importantes.
Quelle est l'attitude des progressistes?
Les progressistes!
Ils sont stupéfiés par le Black power.
C'est parce qu'ils n'ont pas étudié
leur situation historique,
comme Marx l'a fait
quand il a étudié l'oppression des travailleurs
par les capitalistes et les impérialistes.
Les Noirs vont devenir révolutionnaires?
Les Noirs qui furent les damnés de la terre...
se rendent compte que ce ne sont pas les différences ethniques...
Le mot magique!
Le mot magique!
Propagande!
Propagez-le.
Guerre!
Hold-up!
Brisons les vitrines!
N'importe quand... ensemble.
Brisons les vitrines!
Pas de chèques,
pas d'argent, pas le temps de payer!
Prenez ce que vous voulez!
C'est la danse magique.
Courez dans les rues.
Prenez ce que vous voulez! Prenez leurs vies!
C'est ce que vous voulez, ce qu'il vous faut.
Mettez très fort la musique. Courez dans les rues!
La musique, les belles rousses!
Non! Non!
Il ne veut pas te parler!
Oui... je m'occupe de quelque chose.
Magnez-vous! Frères, on a à faire!
Prenez leurs vies!
Prenez leurs vies!
C'est ce que vous voulez!
Prenez ce que vous voulez!
Tout ce que vous voulez!
Tuez-les!
Descendez-les!
N'oubliez pas!
Courez!
Dans les rues!
La nuit!
Les Noirs, bien que déshérités,
deviennent révolutionnaires.
Ils se rendent compte
que le sous-développement ne vient pas des différences ethniques,
mais du déclin de l'économie impérialiste.
On parle d'une scission. Est-ce vrai?
Dans tout mouvement il y a scission.
Il y en a une légère chez nous
entre "intégrationnistes", "africanistes", "réalistes".
Quelle en est la cause?
La même que celle qui provoqua dans les années 20
la scission entre bolcheviks et mencheviks.
Peux-tu développer?
Les intégrationnistes, les romantiques
pensent qu'en parlant aux Noirs,
ceux-ci se révolteront spontanément.
Alors que les "activistes" pensent
que communiquer avec eux,
leur parler,
les encourager à utiliser d'autres méthodes
pour obtenir leur liberté,
est la meilleure manière d'aborder ces problèmes.
Quel est l'objectif du Black power?
La prise du pouvoir politique.
Pourquoi politique?
Parce que le pouvoir politique...
Parce que le pouvoir politique doit décider
du vrai concept économique
qui conviendrait aux Noirs.
Ne craignez-vous pas la défaite?
Il faut savoir qu'on peut échouer,
mais aussi être convaincu
que la victoire est inévitable.
Page 74.
"Cap. Rockefeller ne les tue pas parce qu'ils n'ont pas d'argent !"
"Du calme ! Cela ne vous concerne pas".
"Je suis Castro le Rebelle et je vais mettre le holà !"
"Castro, vous voilà enfin coincé !"
"C'est Castro, emparez-vous de lui !"
"Plus facile à dire qu'à faire !"
"Nous l'aurons ! Essayez toujours - Aaah !"
La prochaine étape consistera...
à réinstituer
des relations nationales et internationales.
Et puis, l'industrie...
Il nous faudra conquérir l'industrie, une nouvelle armée,
décider dans quelles villes seront les bases de cette armée.
Et surtout,
il faudra nous méfier de nos soi-disant amis
qui sont en fait des ennemis.
- Et la paix? - Pour le moment...
Pas de paix, impossible.
Nous essaierons d'atteindre nos objectifs.
Pas de paix, à moins de garder le plus grand secret,
de ne pas faire de publicité.
La paix, c'est le langage des intégrationnistes.
Mais il ne peut y avoir de paix
tant que les Noirs ne sont pas libres.
Mais qui dit liberté, dit unité?
Qui dit liberté dit unité des cerveaux noirs,
coordination des pensées et du travail noirs.
Mais comment faire comprendre cela aux Blancs?
C'est là le problème,
car bien qu'il n'ait jamais appris notre langue,
nous avons appris la sienne.
Mais quand il est parti,
il a emporté les dictionnaires.
Ainsi, avec les mêmes mots, nous parlons deux langages différents.
Et malheureusement,
il nous faudra bien abattre cette barrière,
sinon toute communication sera impossible.
Merci beaucoup.
Merci à toi. C'est ça, la vérité.
"Que foutez-vous là, Walt?"
"Je vous protège."
"- Je ne me sentais pas suivi. - Normal, on utilise un hélicoptère".
McNamara était sidéré.
"Qui est ce type qui me file?"
"On vous l'a dit, c'est King Kong,
le privé le plus vicieux que j'aie jamais rencontré."
Sur ces mots, le général Walt Disney remonte en voiture.
Page 49. Prince Constantin. Page 128. Elvis Presley.
Page 52. Hassan II. Page 28. Tarzan.
Page 72. Doris Day.
J'en avais marre de ce roman politique.
Je n'avais tué qu'une heure et demie.
Je soulevai la lunette et balançai le bouquin.
Quelle perte de temps ! J'allais avoir 5 ans.
L'âge des gardes rouges, l'âge de la Révolution.
Je câblerai à Pékin.
J'attendais maintenant sur la plage le Yellow Submarine de Mao.
A côté de moi, des guignols couraient dans tous les sens.
Ça devait être ce qu'on appelle un film.
Oui, il était temps d'agir et d'en sortir. Salut !
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