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(Transcrito por TurboScribe.ai. Actualizar a Ilimitado para eliminar este mensaje.) Soudain, un immense fracas.
Il est 9h09.
Affolés, tous les passants appellent les secours.
Comme un séisme en plein cœur de Marseille.
Deux bâtiments de cinq étages réduits à un
tas de gravats en quelques secondes.
Pendant cinq jours, Marseille vit au rythme du
décompte macabre des victimes.
Huit corps sont finalement découverts.
Huit locataires morts, ensevelis sous leur immeuble.
Marseille s'effondre.
Et ses habitants s'indignent.
Honte, colère, rage.
Les mots sont forts.
Contre la mairie, contre les propriétaires.
Tous dénoncent l'insalubrité dans laquelle vivaient Simona,
Barry Emmanuel, Bouloum, Chérif, Fabien, Julien, Papé et
Taher.
Vers les docks, où le poids et l
'ennui m'accoublent le dos.
Ils arrivent, le vent, à l'ourine, fuient
les bateaux.
Soutien, soutien, soutien.
Il faut que tu soutiennes avec le ventre.
Il faut que ton air remplisse toute la
pièce là, sinon on n'entend pas.
Il faut que tu soutiennes.
Et quand t'as plus de souffle, tu
lâches.
Faut pas que la note se déléte.
On recommence ?
Ils viennent de bout en bout, portant avec
eux des idées vacables.
Tu te planques derrière la guitare là.
On peut l'entendre tout seul, juste deux
secondes, tout seul, vas-y.
Ils viennent du bout du monde, portant avec
eux des idées vacables.
C'est timide là, c'est timide.
Tu faisais beaucoup moins le timide tout à
l'heure.
Tu te planques derrière la guitare, tout seul.
Pourquoi tu me mets en sol dièse mineur
?
Tu t'entends pas ?
Emmenez-moi au pays des merveilles.
Il me semble que la rivière serait moins
pénible au soleil.
Ça va, ça va.
On prend toujours le refrain.
Il faut que tu ouvres bien grand les
yeux, parce que le soleil il est dans
tes yeux en fait.
C'est dans tes yeux qu'il faut
que je le voie, ok ?
Ça va ?
Ouais ?
J'aimerais bien qu'on travaille le dernier
couplet, il était un peu limite la dernière
fois.
Un beau jour sur un rafio craquant.
C'est ça les paroles.
Ça va aller ?
Un beau jour sur un rafio craquant de
la coque au pont.
Pour partir, le travailleur est dans la soupe
à charbon.
J'en ai encore pour une bonne heure.
Va faire un tour.
Je peux t'attendre ?
Non.
Non, ça les gêne.
Ça les gêne.
Merci.
Je te rejoins.
Allez, s'il vous plaît.
S'il vous plaît, venez par ici.
On va se rassembler, on va essayer tous
ensemble.
Mon cher Homer.
Il est temps de passer à l'attaque.
Tchéri, tchéri, tchéri.
Elle n'a jamais.
Oui, Sarkis.
Maman adorée ?
Comment ?
Rien que ça ?
Des pâtes aux noix et aux anchois ?
Il faut que j'aille à Pingo les
jours pour les trouver tes anchois.
Oui, d'accord.
Bisous.
Ils vont me tuer.
Ils vont me tuer ?
Suivant.
Bienvenue.
Oui, Sarkis ?
Dimanche, tu viens ?
Attends, elle est arménienne, au moins ?
Non, elle n'est pas arménienne, mais elle
est jolie.
Je ne peux pas savoir comment elle est
jolie.
Décommande, décommande.
Je les emmènerai un autre jour au siège.
Je te jure, ce sera la mère de
mes enfants.
Sûr et certain.
Marie !
Tu as mes anchois ?
Oui, je te les ai mis de côté,
ils sont là.
Et vous croyez que cette fois-ci, on
va les remporter, les élections ?
Ça ne dépend que de vous, madame.
Je vous retourne la question.
Tiens, ma belle.
Tu peux payer la prochaine fois à fil.
Merci, merci.
Deux minutes !
Maman ?
Maman ?
Tu les as ?
Ils sont à côté de moi, Sarkis.
Ils me regardent, tes anchois.
T'es géniale.
Seulement, tu ne t'es pas demandé si
j'étais libre.
J'en ai assez que tu penses que
je suis à ton service.
J'ai une vie, moi aussi.
Maman a adoré, je veux lui faire une
surprise.
Je sais très bien que tu seras toujours
libre pour moi.
C'est pas vrai ?
Je m'appelle Rosa.
C'est mon père qui a choisi mon
prénom.
Il admirait Rosa Luxembourg, qui adorait les maisons
charbonnières.
Moi aussi, j'adore les maisons charbonnières, pour
leur beauté et leur bienveillance.
J'ai passé ma vie à vouloir que
notre monde ressemble à leur.
J'ai passé tout mon temps à courir
contre la montre.
J'ai rempli ma vie arabe.
Minas.
Paula.
Mes chères nièces.
Ma maman a adoré.
Je voulais vous présenter Alice.
Mon Alice.
Parce que je l'aime.
Arrête.
Voilà.
Soyons directs.
On va se marier, tout est déjà programmé.
On aura neuf enfants.
C'est pour ça...
Sarkis.
C'est pour ça que j'ai réclamé
notre plat emblématique.
Sarkis, s'il te plaît.
Après avoir partagé notre repas rituel familial, elle
ne pourra plus rien me refuser.
Arrête.
Quatre ou cinq, juste quatre ou cinq, pour
faire un petit orchestre.
C'était très touchant.
Bienvenue chez nous, Alice.
Donnez-moi votre assiette, les pâtes n'attendent
pas.
Un jour, je te raconterai l'histoire de
ces pâtes.
Tiens, attends.
Regarde, on va se marier.
Qu'est-ce que tu fais ?
C'est une nouvelle appli.
Tu prends la photo et ça te donne
le nom du plat.
Et après, ça te donne la recette ?
Je m'étonnerais, il n'y avait que
ma mère qui faisait ça dans tout Marseille.
Linguine alla puttanesca.
Alla puttanesca, n'importe quoi.
Il y a quelque chose qui ne va
pas, Alice ?
Il y a des anchois dans la sauce
?
Oui, on sait.
Des noix, de l'ail.
Je suis désolée, je suis allergique aux anchois.
Quoi ?
Non, c'est pas possible.
Sortez immédiatement, jamais vous n'épouserez mon frère.
Je vous l'interdis.
Voilà.
Vous entendez ?
Je vous l'interdis.
Mais non, c'est une blague.
Je vais vous faire les meilleures pâtes au
beurre que vous ayez jamais mangées.
Salut.
Vous avez pu nous attendre.
Salut, Lucien.
Bienvenue.
Vous savez que je travaille sur les toulous
coquaz et pour des linguines et aux noix,
j'ai fait un choix de ma petite
serveuse.
Donne-moi ton assiette.
Oui, tiens, serre-moi.
Bonjour.
Ça va mieux, ma chérie ?
Je viens tout juste de finir.
Depuis hier soir, dix heures, t'imagines ?
Tu te rends compte, là ?
Dites-moi, vous êtes ensemble ?
Non.
Non.
Non, parce que je le connais, mon oncle.
Attention, nous sommes d'authentiques colocataires déclarés devant
Madame la propriétaire.
Tout est en ordre, OK ?
Eh bien, tant mieux.
Voilà.
Ça, c'est...
Alors...
C'est vous, l'heureuse élue ?
Il paraît.
Eh bien, bravo.
Bon courage.
Alice, mon oncle.
Antonio.
Cormo Gramsci, le fondateur du Parti communiste italien.
Mon frère.
Chauffeur de taxi, communiste et perpétuel amoureux.
Permanent, pas perpétuel.
Comme on dit, permanent du Parti.
Je suis un permanent de l'amour.
Et voilà.
Ils sont partis comme une volée de moineaux.
Je t'assure, Laetitia, des fois, je les
supporte plus.
J'aurais dû être plus méchante avec eux.
Tu crois que les gens plus méchants sont
plus heureux que les autres ?
Ah, sûrement.
Sûrement.
Moi, je crois pas.
Je crois pas.
Tu sais, j'aimerais tellement que tu sois
élue.
Une seule fois.
Qu'une seule fois, tu sois élue.
Et comme ça, je déverserais mon amour sur
le peuple.
Eh, ce serait beau, non ?
Un rêve.
T'imagines ?
Si tout le monde était comme toi, il
y aurait sûrement moins d'abstentions.
Eh ben, on n'y est pas, hein.
Je te le dis.
On n'y est pas.
Ça se passe bien, la cohabitation ?
Ouais.
Il est gentil.
Il m'apporte le café le matin, et
puis même des croissants.
Il est adorable.
Ouais.
Il m'a fait attention.
Mais j'y dois.
Pourquoi j'ai accepté de me présenter à
cette élection municipale ?
Est-ce que sur ma table de chevet,
avant mon dernier souffle, je signerais encore une
pétition ?
C'est étrange de ne pas savoir dire
non, de se sentir coupable de refuser.
C'est peut-être lié à la pauvreté.
On se dit qu'un refus, quel qu
'il soit, pourrait nous rendre encore plus fragiles.
Encore plus pauvres.
Pourquoi tu le retires jamais, ton chapeau ?
Va te coucher, là.
Tu t'es lave-tout, demain.
Laetitia.
Tu sais ce que j'ai rêvé, cette
nuit ?
Quoi ?
Que tu étais ma fille.
Je t'amenais à l'école et j
'étais...
Bonne nuit, papa.
Qu'est-ce qui t'a pris de
venir me voir ?
J'ai cédé la librairie aux employés.
Ils ont créé une coopérative.
Ça leur a permis de racheter mes parts
et de continuer comme avant.
T'as de la chance.
J'y ai pas mal travaillé aussi.
Peut-être trop.
Je sais bien que j'ai pas été
très présent.
Mais je voudrais enfin prendre du temps et...
Ça me ferait plaisir de passer un peu
plus de moments avec toi.
Je t'achèterais un bateau, tu viendrais avec
moi pêcher.
Désolée, j'ai le mal de mer.
Faut que j'y aille.
Tu m'appelles ?
Oui.
Avec toi, Jonas, pour que le jasmin fleurisse.
Emmenez-moi au bout de la terre Emmenez
-moi au pays d'une erreur Il me
semble que la misère Serait moins pénible au
soleil À nous.
Voilà.
Alors...
Qu'est-ce qu'on fait ?
Les racines, comme d'habitude ?
On change rien.
Même couleur, même coupe.
Et si on les coupait très courts ?
J'ai peur que ça me vieillisse.
Non, je serais vous, je les couperais courts
et tout blanc.
Avec votre épaisseur de cheveux, ça serait très
beau.
Et surtout, ça serait nouveau.
Et ça compte, ça pourrait être élu.
Je sais pas si ça suffirait.
Je pense que ce qu'il faudrait, c
'était une nouvelle tête.
Il faudrait surtout un nouveau cerveau.
Pour gagner, il faut trois choses.
Un, le programme.
Deux, le programme.
Et trois, le programme.
Sinon, ça n'en finira jamais.
Définissons clairement notre programme, et les électeurs nous
rejoindront.
Et si on s'y met tout de
suite, dans une heure, on a fini.
Après, le reste, mon Dieu, le reste...
Telle femme ou tel homme, peu importe.
Avec la catastrophe sanitaire, la situation tragique des
logements, des écoles, le fruit est mûr.
Ça peut changer.
C'est historique.
Il n'y aura pas une autre fois.
Ce serait atroce de perdre, parce qu'on
n'est pas arrivés à se mettre d
'accord sur la tête de liste.
Vous voulez quoi ?
Décevoir tous ces gens qui comptent sur nous
?
Tous ces pauvres gens ?
Vous n'y pensez pas ?
Dites-moi que vous n'y pensez pas.
Bonsoir.
J'en vais encore se planter.
Mais qu'est-ce que tu fous encore
avec les écologistes ?
Où veux-tu que je sois ?
Avec nous.
Avec vous, ou quoi ?
Il n'y en a plus, de communistes.
Il y en a une douzaine, et encore,
je suis gentille.
Mon but, c'est de convaincre les écolos
qu'il faut rompre avec le capitalisme.
Et alors ?
Tu pourrais le faire en étant chez nous.
Tu pourrais être chez moi.
Bientôt, tu seras le dernier.
Le dernier communiste.
Tu ne seras pas le dernier communiste.
C'est méchant, tu sais, comme tu parles
à ton frère.
C'est même très, très, très méchant.
Allez, démarre, je vais être en retard à
l'hôpital.
Tu pars sur les mâts, avec un beau
A, avec le poil du palais bien enroulé.
C'est bien ?
Mâchoire bien détendue.
Tu es sûre qu'il n'a jamais
voté à droite ?
Évidemment.
On chante avec le cœur, comme d'habitude.
Elle est merveilleuse, non ?
C'est bon, juste.
C'est la fiancée de Bruce.
Vous savez, c'est ma fille.
Il parle de mariage.
Ah bon ?
Je ne le savais pas, mais ça m
'a réjoui.
Vous connaissez mon fils ?
C'est le garçon qui m'accompagnait.
Je fuirai les armes à m'enfasser Sans
aucun remord Sans bataille, j'ai le cœur
libéré En chantant très fort Emmenez-moi au
bout de la terre Emmenez-moi au pays
des merveilles Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil Et
devant tous ces grains de poivre Éparpillés sur
le carreau de ma cuisine, J'ai presque
eu envie que ma vie soit ainsi.
Libérée du bocal dans lequel je m'étais
moi aussi enfermée, J'ai eu envie de
partir dans tous les sens.
Alors j'ai entendu une petite voix à
l'intérieur de moi qui me chuchotait.
Rosa, il va t'arriver quelque chose de
bouleversant.
Es-tu prête ?
Es-tu prête à être bouleversée ?
Clarisse, tu te rends compte, ça fait la
troisième fois ce mois-ci que tu me
réveilles en pleine nuit ?
Cette fois, c'est la dernière.
Oui, mais tu me dis toujours ça.
Non, mais là, je te promets, Tonio, là,
vraiment, je n'en peux plus.
De toute façon, je te préviens, la prochaine
fois que tu m'appelles, je viens me
prendre.
Voilà, allez.
Voilà, ici, tu es à la voye.
Où tu vas ?
Reste dormir avec moi.
Mais non, Clarisse, non.
Tu m'emmerdes suffisamment comme ça.
Il me tape sur les fesses pour pas
que ça se voie.
Tu veux voir ?
Regarde.
Pardon, on t'a réveillé, mais c'est
rien.
Rendors-toi, vite.
Je prête juste ma chambre à une vieille
amie, et après, je vais dormir chez Rosa.
Bon, bonne nuit, Tonio.
Qui c'est, elle ?
Tu vas avec une femme, ici ?
C'est ma fille.
Et demain, on le travaille tôt, alors que
tu fais pas de bruit.
Et si jamais tu me mets un pied
dehors, c'est moi qui vais te frapper,
et pas que sur les fesses.
Bonne nuit.
Bien.
Allez, vas-y, Rosa.
Ça s'annonce bien.
Salut.
Putain, Tonio, c'est 3h du matin !
Je sais.
Je viens habiter chez toi quelques temps.
Tu sais, j'ai laissé ma chambre à
Clarisse.
C'est une de tes histoires d'amour,
je suppose.
C'est compliqué.
Je te raconterai demain.
Je suis crevé, il faut que je dorme.
Ah oui, parce que moi, il faut pas
que je dorme.
J'ai réveillé papa.
Il va bien ?
26 ans.
C'est l'âge que j'avais quand
mon mari est mort.
Il voulait aller en Arménie.
C'est une promesse qu'il avait faite
à ses parents.
Il n'a pas pu la tenir.
Depuis toujours, mes deux fils veulent honorer cette
promesse.
Il faudrait avoir deux vies.
La première, pour s'aider soi-même.
Et la deuxième, pour aider les autres.
Elles sont pas belles, mes nièces ?
Regardez comme elles sont sages.
Elles apprennent.
C'est bien, mes petites, c'est bien.
C'est quoi ?
Histoire.
C'est bien, ça, histoire.
Je peux ?
La fondation de Marseille.
Posant le pied à l'extrémité d'une
immense calanque, les fosséens, découvrir une source d
'eau claire, Marseille était fondée.
Et pas un seul mot des Arméniens.
Tout le monde sait que c'est les
Arméniens qui ont fondé Marseille.
C'était même mardi matin.
C'était un jeudi.
J'ai toujours entendu dire que c'était
un jeudi.
Ils ont été sages ?
De vraies images.
Tu me sers un verre de Sarké ?
Bien sûr, ma chérie.
Ils ont bien travaillé ?
Oui.
Ils veulent pas dire que c'est les
Arméniens qui ont fondé Marseille.
Vous en avez déjà vu, des fosséens ?
Jamais quelqu'un m'a dit qu'il
était fosséen.
Je voudrais une Montalô.
A quoi ça peut ressembler un fosséen ?
A la télé, t'en as déjà vu
?
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