All language subtitles for Et la fête continue ! - Guédiguian, Ascaride, Darroussin [2023] FR

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Original subtitles

(Transcrito por TurboScribe.ai. Actualizar a Ilimitado para eliminar este mensaje.) Soudain, un immense fracas.

Il est 9h09.

Affolés, tous les passants appellent les secours.

Comme un séisme en plein cœur de Marseille.

Deux bâtiments de cinq étages réduits à un

tas de gravats en quelques secondes.

Pendant cinq jours, Marseille vit au rythme du

décompte macabre des victimes.

Huit corps sont finalement découverts.

Huit locataires morts, ensevelis sous leur immeuble.

Marseille s'effondre.

Et ses habitants s'indignent.

Honte, colère, rage.

Les mots sont forts.

Contre la mairie, contre les propriétaires.

Tous dénoncent l'insalubrité dans laquelle vivaient Simona,

Barry Emmanuel, Bouloum, Chérif, Fabien, Julien, Papé et

Taher.

Vers les docks, où le poids et l

'ennui m'accoublent le dos.

Ils arrivent, le vent, à l'ourine, fuient

les bateaux.

Soutien, soutien, soutien.

Il faut que tu soutiennes avec le ventre.

Il faut que ton air remplisse toute la

pièce là, sinon on n'entend pas.

Il faut que tu soutiennes.

Et quand t'as plus de souffle, tu

lâches.

Faut pas que la note se déléte.

On recommence ?

Ils viennent de bout en bout, portant avec

eux des idées vacables.

Tu te planques derrière la guitare là.

On peut l'entendre tout seul, juste deux

secondes, tout seul, vas-y.

Ils viennent du bout du monde, portant avec

eux des idées vacables.

C'est timide là, c'est timide.

Tu faisais beaucoup moins le timide tout à

l'heure.

Tu te planques derrière la guitare, tout seul.

Pourquoi tu me mets en sol dièse mineur

?

Tu t'entends pas ?

Emmenez-moi au pays des merveilles.

Il me semble que la rivière serait moins

pénible au soleil.

Ça va, ça va.

On prend toujours le refrain.

Il faut que tu ouvres bien grand les

yeux, parce que le soleil il est dans

tes yeux en fait.

C'est dans tes yeux qu'il faut

que je le voie, ok ?

Ça va ?

Ouais ?

J'aimerais bien qu'on travaille le dernier

couplet, il était un peu limite la dernière

fois.

Un beau jour sur un rafio craquant.

C'est ça les paroles.

Ça va aller ?

Un beau jour sur un rafio craquant de

la coque au pont.

Pour partir, le travailleur est dans la soupe

à charbon.

J'en ai encore pour une bonne heure.

Va faire un tour.

Je peux t'attendre ?

Non.

Non, ça les gêne.

Ça les gêne.

Merci.

Je te rejoins.

Allez, s'il vous plaît.

S'il vous plaît, venez par ici.

On va se rassembler, on va essayer tous

ensemble.

Mon cher Homer.

Il est temps de passer à l'attaque.

Tchéri, tchéri, tchéri.

Elle n'a jamais.

Oui, Sarkis.

Maman adorée ?

Comment ?

Rien que ça ?

Des pâtes aux noix et aux anchois ?

Il faut que j'aille à Pingo les

jours pour les trouver tes anchois.

Oui, d'accord.

Bisous.

Ils vont me tuer.

Ils vont me tuer ?

Suivant.

Bienvenue.

Oui, Sarkis ?

Dimanche, tu viens ?

Attends, elle est arménienne, au moins ?

Non, elle n'est pas arménienne, mais elle

est jolie.

Je ne peux pas savoir comment elle est

jolie.

Décommande, décommande.

Je les emmènerai un autre jour au siège.

Je te jure, ce sera la mère de

mes enfants.

Sûr et certain.

Marie !

Tu as mes anchois ?

Oui, je te les ai mis de côté,

ils sont là.

Et vous croyez que cette fois-ci, on

va les remporter, les élections ?

Ça ne dépend que de vous, madame.

Je vous retourne la question.

Tiens, ma belle.

Tu peux payer la prochaine fois à fil.

Merci, merci.

Deux minutes !

Maman ?

Maman ?

Tu les as ?

Ils sont à côté de moi, Sarkis.

Ils me regardent, tes anchois.

T'es géniale.

Seulement, tu ne t'es pas demandé si

j'étais libre.

J'en ai assez que tu penses que

je suis à ton service.

J'ai une vie, moi aussi.

Maman a adoré, je veux lui faire une

surprise.

Je sais très bien que tu seras toujours

libre pour moi.

C'est pas vrai ?

Je m'appelle Rosa.

C'est mon père qui a choisi mon

prénom.

Il admirait Rosa Luxembourg, qui adorait les maisons

charbonnières.

Moi aussi, j'adore les maisons charbonnières, pour

leur beauté et leur bienveillance.

J'ai passé ma vie à vouloir que

notre monde ressemble à leur.

J'ai passé tout mon temps à courir

contre la montre.

J'ai rempli ma vie arabe.

Minas.

Paula.

Mes chères nièces.

Ma maman a adoré.

Je voulais vous présenter Alice.

Mon Alice.

Parce que je l'aime.

Arrête.

Voilà.

Soyons directs.

On va se marier, tout est déjà programmé.

On aura neuf enfants.

C'est pour ça...

Sarkis.

C'est pour ça que j'ai réclamé

notre plat emblématique.

Sarkis, s'il te plaît.

Après avoir partagé notre repas rituel familial, elle

ne pourra plus rien me refuser.

Arrête.

Quatre ou cinq, juste quatre ou cinq, pour

faire un petit orchestre.

C'était très touchant.

Bienvenue chez nous, Alice.

Donnez-moi votre assiette, les pâtes n'attendent

pas.

Un jour, je te raconterai l'histoire de

ces pâtes.

Tiens, attends.

Regarde, on va se marier.

Qu'est-ce que tu fais ?

C'est une nouvelle appli.

Tu prends la photo et ça te donne

le nom du plat.

Et après, ça te donne la recette ?

Je m'étonnerais, il n'y avait que

ma mère qui faisait ça dans tout Marseille.

Linguine alla puttanesca.

Alla puttanesca, n'importe quoi.

Il y a quelque chose qui ne va

pas, Alice ?

Il y a des anchois dans la sauce

?

Oui, on sait.

Des noix, de l'ail.

Je suis désolée, je suis allergique aux anchois.

Quoi ?

Non, c'est pas possible.

Sortez immédiatement, jamais vous n'épouserez mon frère.

Je vous l'interdis.

Voilà.

Vous entendez ?

Je vous l'interdis.

Mais non, c'est une blague.

Je vais vous faire les meilleures pâtes au

beurre que vous ayez jamais mangées.

Salut.

Vous avez pu nous attendre.

Salut, Lucien.

Bienvenue.

Vous savez que je travaille sur les toulous

coquaz et pour des linguines et aux noix,

j'ai fait un choix de ma petite

serveuse.

Donne-moi ton assiette.

Oui, tiens, serre-moi.

Bonjour.

Ça va mieux, ma chérie ?

Je viens tout juste de finir.

Depuis hier soir, dix heures, t'imagines ?

Tu te rends compte, là ?

Dites-moi, vous êtes ensemble ?

Non.

Non.

Non, parce que je le connais, mon oncle.

Attention, nous sommes d'authentiques colocataires déclarés devant

Madame la propriétaire.

Tout est en ordre, OK ?

Eh bien, tant mieux.

Voilà.

Ça, c'est...

Alors...

C'est vous, l'heureuse élue ?

Il paraît.

Eh bien, bravo.

Bon courage.

Alice, mon oncle.

Antonio.

Cormo Gramsci, le fondateur du Parti communiste italien.

Mon frère.

Chauffeur de taxi, communiste et perpétuel amoureux.

Permanent, pas perpétuel.

Comme on dit, permanent du Parti.

Je suis un permanent de l'amour.

Et voilà.

Ils sont partis comme une volée de moineaux.

Je t'assure, Laetitia, des fois, je les

supporte plus.

J'aurais dû être plus méchante avec eux.

Tu crois que les gens plus méchants sont

plus heureux que les autres ?

Ah, sûrement.

Sûrement.

Moi, je crois pas.

Je crois pas.

Tu sais, j'aimerais tellement que tu sois

élue.

Une seule fois.

Qu'une seule fois, tu sois élue.

Et comme ça, je déverserais mon amour sur

le peuple.

Eh, ce serait beau, non ?

Un rêve.

T'imagines ?

Si tout le monde était comme toi, il

y aurait sûrement moins d'abstentions.

Eh ben, on n'y est pas, hein.

Je te le dis.

On n'y est pas.

Ça se passe bien, la cohabitation ?

Ouais.

Il est gentil.

Il m'apporte le café le matin, et

puis même des croissants.

Il est adorable.

Ouais.

Il m'a fait attention.

Mais j'y dois.

Pourquoi j'ai accepté de me présenter à

cette élection municipale ?

Est-ce que sur ma table de chevet,

avant mon dernier souffle, je signerais encore une

pétition ?

C'est étrange de ne pas savoir dire

non, de se sentir coupable de refuser.

C'est peut-être lié à la pauvreté.

On se dit qu'un refus, quel qu

'il soit, pourrait nous rendre encore plus fragiles.

Encore plus pauvres.

Pourquoi tu le retires jamais, ton chapeau ?

Va te coucher, là.

Tu t'es lave-tout, demain.

Laetitia.

Tu sais ce que j'ai rêvé, cette

nuit ?

Quoi ?

Que tu étais ma fille.

Je t'amenais à l'école et j

'étais...

Bonne nuit, papa.

Qu'est-ce qui t'a pris de

venir me voir ?

J'ai cédé la librairie aux employés.

Ils ont créé une coopérative.

Ça leur a permis de racheter mes parts

et de continuer comme avant.

T'as de la chance.

J'y ai pas mal travaillé aussi.

Peut-être trop.

Je sais bien que j'ai pas été

très présent.

Mais je voudrais enfin prendre du temps et...

Ça me ferait plaisir de passer un peu

plus de moments avec toi.

Je t'achèterais un bateau, tu viendrais avec

moi pêcher.

Désolée, j'ai le mal de mer.

Faut que j'y aille.

Tu m'appelles ?

Oui.

Avec toi, Jonas, pour que le jasmin fleurisse.

Emmenez-moi au bout de la terre Emmenez

-moi au pays d'une erreur Il me

semble que la misère Serait moins pénible au

soleil À nous.

Voilà.

Alors...

Qu'est-ce qu'on fait ?

Les racines, comme d'habitude ?

On change rien.

Même couleur, même coupe.

Et si on les coupait très courts ?

J'ai peur que ça me vieillisse.

Non, je serais vous, je les couperais courts

et tout blanc.

Avec votre épaisseur de cheveux, ça serait très

beau.

Et surtout, ça serait nouveau.

Et ça compte, ça pourrait être élu.

Je sais pas si ça suffirait.

Je pense que ce qu'il faudrait, c

'était une nouvelle tête.

Il faudrait surtout un nouveau cerveau.

Pour gagner, il faut trois choses.

Un, le programme.

Deux, le programme.

Et trois, le programme.

Sinon, ça n'en finira jamais.

Définissons clairement notre programme, et les électeurs nous

rejoindront.

Et si on s'y met tout de

suite, dans une heure, on a fini.

Après, le reste, mon Dieu, le reste...

Telle femme ou tel homme, peu importe.

Avec la catastrophe sanitaire, la situation tragique des

logements, des écoles, le fruit est mûr.

Ça peut changer.

C'est historique.

Il n'y aura pas une autre fois.

Ce serait atroce de perdre, parce qu'on

n'est pas arrivés à se mettre d

'accord sur la tête de liste.

Vous voulez quoi ?

Décevoir tous ces gens qui comptent sur nous

?

Tous ces pauvres gens ?

Vous n'y pensez pas ?

Dites-moi que vous n'y pensez pas.

Bonsoir.

J'en vais encore se planter.

Mais qu'est-ce que tu fous encore

avec les écologistes ?

Où veux-tu que je sois ?

Avec nous.

Avec vous, ou quoi ?

Il n'y en a plus, de communistes.

Il y en a une douzaine, et encore,

je suis gentille.

Mon but, c'est de convaincre les écolos

qu'il faut rompre avec le capitalisme.

Et alors ?

Tu pourrais le faire en étant chez nous.

Tu pourrais être chez moi.

Bientôt, tu seras le dernier.

Le dernier communiste.

Tu ne seras pas le dernier communiste.

C'est méchant, tu sais, comme tu parles

à ton frère.

C'est même très, très, très méchant.

Allez, démarre, je vais être en retard à

l'hôpital.

Tu pars sur les mâts, avec un beau

A, avec le poil du palais bien enroulé.

C'est bien ?

Mâchoire bien détendue.

Tu es sûre qu'il n'a jamais

voté à droite ?

Évidemment.

On chante avec le cœur, comme d'habitude.

Elle est merveilleuse, non ?

C'est bon, juste.

C'est la fiancée de Bruce.

Vous savez, c'est ma fille.

Il parle de mariage.

Ah bon ?

Je ne le savais pas, mais ça m

'a réjoui.

Vous connaissez mon fils ?

C'est le garçon qui m'accompagnait.

Je fuirai les armes à m'enfasser Sans

aucun remord Sans bataille, j'ai le cœur

libéré En chantant très fort Emmenez-moi au

bout de la terre Emmenez-moi au pays

des merveilles Il me semble que la misère

Serait moins pénible au soleil Et

devant tous ces grains de poivre Éparpillés sur

le carreau de ma cuisine, J'ai presque

eu envie que ma vie soit ainsi.

Libérée du bocal dans lequel je m'étais

moi aussi enfermée, J'ai eu envie de

partir dans tous les sens.

Alors j'ai entendu une petite voix à

l'intérieur de moi qui me chuchotait.

Rosa, il va t'arriver quelque chose de

bouleversant.

Es-tu prête ?

Es-tu prête à être bouleversée ?

Clarisse, tu te rends compte, ça fait la

troisième fois ce mois-ci que tu me

réveilles en pleine nuit ?

Cette fois, c'est la dernière.

Oui, mais tu me dis toujours ça.

Non, mais là, je te promets, Tonio, là,

vraiment, je n'en peux plus.

De toute façon, je te préviens, la prochaine

fois que tu m'appelles, je viens me

prendre.

Voilà, allez.

Voilà, ici, tu es à la voye.

Où tu vas ?

Reste dormir avec moi.

Mais non, Clarisse, non.

Tu m'emmerdes suffisamment comme ça.

Il me tape sur les fesses pour pas

que ça se voie.

Tu veux voir ?

Regarde.

Pardon, on t'a réveillé, mais c'est

rien.

Rendors-toi, vite.

Je prête juste ma chambre à une vieille

amie, et après, je vais dormir chez Rosa.

Bon, bonne nuit, Tonio.

Qui c'est, elle ?

Tu vas avec une femme, ici ?

C'est ma fille.

Et demain, on le travaille tôt, alors que

tu fais pas de bruit.

Et si jamais tu me mets un pied

dehors, c'est moi qui vais te frapper,

et pas que sur les fesses.

Bonne nuit.

Bien.

Allez, vas-y, Rosa.

Ça s'annonce bien.

Salut.

Putain, Tonio, c'est 3h du matin !

Je sais.

Je viens habiter chez toi quelques temps.

Tu sais, j'ai laissé ma chambre à

Clarisse.

C'est une de tes histoires d'amour,

je suppose.

C'est compliqué.

Je te raconterai demain.

Je suis crevé, il faut que je dorme.

Ah oui, parce que moi, il faut pas

que je dorme.

J'ai réveillé papa.

Il va bien ?

26 ans.

C'est l'âge que j'avais quand

mon mari est mort.

Il voulait aller en Arménie.

C'est une promesse qu'il avait faite

à ses parents.

Il n'a pas pu la tenir.

Depuis toujours, mes deux fils veulent honorer cette

promesse.

Il faudrait avoir deux vies.

La première, pour s'aider soi-même.

Et la deuxième, pour aider les autres.

Elles sont pas belles, mes nièces ?

Regardez comme elles sont sages.

Elles apprennent.

C'est bien, mes petites, c'est bien.

C'est quoi ?

Histoire.

C'est bien, ça, histoire.

Je peux ?

La fondation de Marseille.

Posant le pied à l'extrémité d'une

immense calanque, les fosséens, découvrir une source d

'eau claire, Marseille était fondée.

Et pas un seul mot des Arméniens.

Tout le monde sait que c'est les

Arméniens qui ont fondé Marseille.

C'était même mardi matin.

C'était un jeudi.

J'ai toujours entendu dire que c'était

un jeudi.

Ils ont été sages ?

De vraies images.

Tu me sers un verre de Sarké ?

Bien sûr, ma chérie.

Ils ont bien travaillé ?

Oui.

Ils veulent pas dire que c'est les

Arméniens qui ont fondé Marseille.

Vous en avez déjà vu, des fosséens ?

Jamais quelqu'un m'a dit qu'il

était fosséen.

Je voudrais une Montalô.

A quoi ça peut ressembler un fosséen ?

A la télé, t'en as déjà vu

?

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