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Original subtitles

SABOTEUR SANS GLOIRE

Jean Picard.

Jean Picard.

Debout.

Votre appel a �t� rejet�.

Votre demande n'a pas �t� accept�e. L'heure est venue.

- Voici vos v�tements. - Le barbier va vous raser le cou.

Ma t�te tombera telle qu'elle est.

Aucune importance.

Habillez-le et conduisez-le � mon bureau.

- Mon fils, �tes-vous pr�t ? - Gardez �a pour un autre.

Picard, c'est un dur.

La mort est plus p�nible au petit jour.

R�veiller un homme pour lui dire...

Vous croyez qu'il vaudrait mieux

le pr�venir la veille ?

- Bonet. - Bonjour, directeur.

A l'heure, comme d'habitude.

Comment allez-vous ?

Vous connaissez Bonet ?

Seulement de r�putation.

- Enchant�. - Merci.

Il lui a fallu des mois pour prendre Picard.

Du bon travail d'inspecteur. Remarquable.

C'est le m�tier. Vous dira-t-il la v�rit� ?

Pensez-vous pouvoir obtenir ses aveux ?

Non. Je suis ici par pure formalit�.

- Il a un pass� charg�. - Oui. Il a tout fait.

Je l'ai suivi depuis 15 ans.

Faux, chantages, cambriolages.

Mais c'est un malin, commissaire.

Je n'ai jamais pu le tenir sous les verrous plus de six mois.

- Jusqu'� cet assassinat. - Oui.

L'inspecteur Bonet veut vous interroger.

- Encore ? - Oui, encore.

Voyons la journ�e du 7 f�vrier.

A 3h30, vous �tiez rue de la Paix.

Pr�s de la bijouterie Rousseau.

- Est-ce exact ? - Il para�t.

Entr� par effraction, vous avez vol�

pour 400 000 francs de bijoux.

C'est tout ?

Mais vous avez �t� interrompu par le gardien de nuit.

Il vous a attaqu� avec son arme que vous lui avez prise.

Vous l'avez ligot� et b�illonn�, mais quand il s'est mit � s'agiter,

vous l'avez frapp� avec un instrument non coupant.

Il a succomb�.

- C'est exact ? - Oui, je...

Je l'ai lu dans les journaux.

Vous n'avez jamais dit

quel instrument c'�tait.

C'�tait le plancher. C'est coupant ?

Vous n'avez rien � ajouter ?

Si. Mais ce n'est pas nouveau.

- Oui ? - Vous �tes un cr�tin.

Pourquoi dirais-je autre chose ?

On perd notre temps. Allons.

Cela doit pleinement vous satisfaire.

En effet.

On en a fait du chemin.

Oui, mais on arrive au but.

- Une alerte ! - Les anglais se l�vent trop t�t

� mon go�t.

Ils se rapprochent. Doit-on se mettre � l'abri ?

- Non, ils nous survolent. - L'usine de munitions est derri�re.

Proc�dons � l'ex�cution.

Je n'ai rien dit car je savais que tu t'�nerverais,

mais, quand nous �tions dans l'abri, quelqu'un m'a pinc�e.

Ah, ch�rie, c'�tait moi.

Je n'ai pas reconnu ton toucher.

- Qui cela peut-il �tre ? - Je ne sais pas.

Va voir, mon ch�ri.

Tu as peut-�tre pinc� quelqu'un d'autre.

Jean.

Ferme la porte.

Mais je croyais que...

- Ce matin, tu... - Il y a eu un contretemps.

Je me suis �clips�.

- Que veux-tu de moi ? - Je ne veux pas grand-chose.

De l'argent, un "ausweis" et un passeport.

- Tu es fou ? - Tu peux me les obtenir.

Tout le monde dort � cette heure.

Va me les chercher.

Je peux compter sur toi. Je suis press�.

Pourquoi es-tu venu chez moi ?

Parce que je crois � l'amiti�, Henri.

Je te fais confiance comme tu peux me faire confiance.

Ne t�l�phone pas.

Tu as d�j� rat� la guillotine,

mais, si on m'arr�te encore, tu ne seras pas si chanceux.

Est-ce que je ne vous ai pas d�j� vue ?

Je ne crois pas.

Si. J'ai bonne m�moire.

Vous vous appelez...

Louise, n'est-ce pas ?

Je ne vous ai jamais vu.

Non ?

Henri sera de retour dans 1 heure.

Vous �tiez sous le bombardement.

Croyez-vous ?

- Vous gardez les secrets ? - Oui.

J'�tais l'informateur pour ce bombardement.

J'ai indiqu� l'objectif � la R.A. F. C'est pour �a que je me cache.

Vous �tes dans la R�sistance ?

Jusqu'au cou.

Si on vous trouve ?

Je suis bon pour 12 balles dans la peau.

Ma vie ne vaudra pas un claquement de doigts.

Vous �tes courageux.

Une bouff�e ?

Vite, d�p�chez-vous.

Jean, Jean.

Quoi ?

- As-tu r�ussi ? - Tiens.

Bien. Et l'argent ?

C'est mon meilleur costume.

On est des copains.

Henri.

Merci.

Merci pour tout.

Ton �cole a �t� bombard�e ?

Ce n'est pas dans le journal.

De nombreux b�timents ont �t� bombard�s.

Des usines, oui.

Notre �cole ressemble un peu � une usine.

J'esp�rais qu'elle ait �t� touch�e.

Je vois �a.

Les anglais l'ont manqu�e.

Ils ont vis� Renault

et la prison.

C'est du propre, un petit gar�on qui esp�re que son �cole a explos�.

- Et si tu allais v�rifier ? - Dis au revoir � ton p�re.

- Au revoir. - Au revoir.

- Sois sage. - Au revoir.

- Au revoir. - Au revoir.

- Au revoir. - Au revoir.

- Au revoir, maman. - Sois sage.

Qu'est-ce que c'est ?

Il y a �crit "caf�" sur le paquet. C'est bon ?

Je te le dirai apr�s...

Domicile de l'inspecteur Bonet. Oui, commissaire.

Il est l�.

Je vais lui dire. Au revoir, monsieur.

Le Commissaire est furieux que tu sois encore l�.

C'est la troisi�me fois qu'il appelle et tu es encore l�.

La Gestapo doit le talonner.

Tu auras des ennuis si on ne retrouve pas Picard.

Comment peux-tu �tre si calme et indiff�rent ?

Mais je le tiens, Picard.

Tu sais o� il se cache ?

C'est comme si je l'avais � port�e de ma main.

Explique-toi. L'un de nous est stupide.

Exactement.

J'ai bien �tudi� Picard.

Je le connais.

Ses habitudes, ses amis, ses pens�es.

Tout est l�.

C'est la m�thode Bonet.

Elle nous m�nera sur la paille.

M. Duval vous demande.

Duval ? Qu'est-ce qu'il veut ?

Je ne lui ai pas demand�. C'est important.

Attendez.

Duval.

Oui.

Entrez, Duval.

Asseyez-vous, Henri.

O� est-il ?

Pour la fronti�re espagnole,

changement � Bordeaux.

C'est magnifique.

�a existe encore, du Laffitte 24...

Il y en a toujours pour les connaisseurs.

Merci.

Il n'y a plus beaucoup de connaisseurs.

Si on m'avait dit que je suivrais un homme � travers la France,

je lui aurais ri au visage.

Alors ris � mon visage, ma ch�rie.

Je l'ai su d�s que je t'ai vue.

Pourquoi aller � Bordeaux ?

J'attends des nouvelles de deux amis.

Demain soir, ils me feront passer la fronti�re espagnole.

- A tous les deux ? - Non, mais...

Je les enverrai te chercher. J'ai beaucoup d'argent.

Gr�ce � notre ami commun, Henri.

A Henri.

- Qui est-ce ? - Le serveur, j'ai un message.

Quoi ?

Du calme, Picard.

Je n'aime gu�re la mani�re forte.

Jean.

Combien t'ont-ils pay�e pour �a ?

Je ne comprends pas.

- Que lui voulez-vous ? - C'est un assassin.

Il sera guillotin�.

Vous avez deux faiblesses : les femmes et moi.

Allez au diable !

C'est � vous d'y aller.

Prenez votre chapeau.

�a ne prend pas avec moi.

Venez.

Changement de train pour Paris.

Je croyais que c'�tait direct.

Pas aujourd'hui.

On a fait sauter un pont sur la ligne.

- Du sabotage ? - Oui.

On ne pourra bient�t plus rouler.

- Il y eu des morts ? - Heureusement, ce fut terrible.

Le gars attendait qu'un convoi allemand passe.

�a a d� �tre un beau spectacle.

Lequel d'entre vous est le prisonnier ?

Bien s�r. Le mauvais genre.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? - J'ai tu� un contr�leur

qui �tait trop curieux.

Cent otages !

"Cent otages seront fusill�s si le saboteur n'est pas arr�t�."

C'est affreux.

Des innocents.

Des innocents qui seront fusill�s dans 5 jours...

- On arr�tera le saboteur. - Non.

Les saboteurs ne sont pas des criminels comme vous.

Ils sont intelligents. Ils ont des chefs.

Ils font beaucoup pour la France.

Que feraient les allemands de ce saboteur ?

Bon pour le peloton.

Combien d'hommes au peloton ? Six ?

Huit.

Les mains li�es derri�re le dos ?

C'est la tradition.

Les yeux band�s ?

Au choix.

Ce n'est pas si mal.

�a vaut mieux que la guillotine.

Quand est-ce qu'on arrive � la prison ?

Ce soir.

Bonet ?

Bonet ?

Bonet, il me vient une id�e.

Que se passerait-il...

Qu'arriverait-il si je disais � la Gestapo

que j'ai fait sauter le pont ?

Non, attendez.

�a vaut la peine d'y r�fl�chir.

La vie de cent hommes.

Cent innocents pour un coupable !

Cette id�e va prendre racine dans votre esprit.

Et vous ne pourrez plus vous en d�barrasser.

Je sais d'o� cette id�e vous est venue.

Vous le savez ? Dites-le moi.

Je ne le sais pas moi-m�me.

Vous voulez gagner du temps.

Vous vous moquez des otages.

C'est vrai.

Ils ne comptent pas pour moi.

Mais pour vous, si.

Pas vrai ?

Et quel...

Quel beau geste !

Personne ne l'apprendra jamais. N'est-ce pas ?

Venez.

On jouerait un bon tour aux allemands.

J'en ai assez de vos tours. Taisez-vous.

C'est le policier qui est en vous. Vous avez peur.

Peur d'enfreindre la loi, m�me pour une bonne cause.

Ecoutez, Bonet.

Pour une fois que je peux me rendre utile !

C'est l'occasion.

Vous en aurez l'occasion.

Le nouveau bourreau a une famille nombreuse.

Vous lui ferez gagner 500 francs.

Le type m�me du bourgeois.

Cela suffit � arracher le c�ur d'un homme.

Quel c�ur ?

Ce qui vous fait agir, c'est la peur.

J'ai eu un pied dans la tombe.

Quand on a d�j� v�cu �a...

Quand ils viennent couper le col de votre chemise.

C'est l� qu'on meurt. Pas quand le couteau s'abat.

- Vous pr�f�rez le peloton ? - Oui.

Je vais �tre sinc�re.

Je n'aime pas la guillotine.

Mais je suis condamn� � mort.

Vous serez d�barrass�.

On tirera une salve en mon honneur.

En votre honneur !

Vous m'amusez, Picard.

- Qu'avez-vous trouv� ? - Rien.

Nous avons cherch� dans toutes les fermes.

Sans r�sultat.

Je vous donne un bon conseil.

- Oui ? - La Gestapo se m�fie

de la Garde Mobile.

Vous �tes fran�ais comme ce saboteur.

Si on ne le retrouve pas, vous en serez tenu pour responsable.

Vous, personnellement.

Pensez-vous ces saboteurs assez b�tes pour attendre d'�tre pris ?

- D�brouillez-vous. - Oui, colonel.

Que se passe-t-il ?

La Gestapo vous tourmente-t-elle ?

Ou est-ce votre conscience ?

Mangeons. J'ai assez de vos discours.

Mon offre vous travaille toujours.

Elle vous tracassera longtemps. Jusqu'� votre mort.

Cent hommes !

Et vous ne faites rien pour les sauver.

Je ne vous envie pas, Bonet.

Cent fran�ais !

Regardez-les.

Voyageurs pour Tours, Orl�ans, Paris.

Votre train va continuer jusqu'au pont de la Gartempe

o� les bateaux vous feront traverser.

Le train part.

Ecoutez-moi bien, Picard.

Je suis � la S�ret� depuis 25 ans.

Je vais commettre un grave d�lit qui m�rite la prison.

J'ai une femme et des enfants.

Et je vais tout risquer sur la parole d'un assassin.

Soit. J'accepte votre proposition.

Merci.

Que fait-on maintenant ?

Pr�s d'ici, il y a un pont d�truit.

Ou ce qu'il en reste.

On va aller le voir.

Avancez.

Restez devant moi. N'essayez pas de fuir.

Il ne faut pas se faire prendre.

- Il a bien travaill�. - Pas lui.

"J'ai fait du bon boulot."

C'est "je". Enfoncez-vous �a dans le cr�ne.

C'est vous maintenant. Vous �tes le saboteur.

Bon. J'ai fait du beau travail.

C'est mieux.

Retenez bien tous les d�tails des lieux.

Photographiez tout ce que vous voyez. Tout.

La Gestapo vous interrogera.

Tournez-vous. Qu'avez-vous vu ?

D'accord.

Derri�re la colline, la voie tourne � gauche.

Il y a des arbres pr�s du pont.

Oui. Des ormes.

- Des ormes. - Bien. Et ensuite ?

De l'autre c�t�, une route, une maison.

Oui.

Quoi encore ?

D'autres arbres, en rang�es.

Des peupliers.

Dites-le.

- Des peupliers. - D'accord.

Dans la vall�e, il y a un village. J'ignore son nom.

On va descendre voir.

Il faut qu'on s'arr�te quelque part pour la nuit.

On ne va pas � Paris, ce soir ?

Non, demain.

Nous avons � faire, d'ici l�.

- Ils se couchent t�t ici. - Personne ne dort.

Ils sont dans l'obscurit�, les yeux grands ouverts.

- Quel est leur probl�me ? - Ils vivent trop pr�s du pont.

La plupart des otages sont de ce village.

Bonsoir, mon p�re.

Bonsoir, mon fils.

O� se trouve l'h�tel ?

Certainement. De l'autre c�t� de la place.

Merci.

- Bonsoir, Mme Maret. - Bonsoir.

Entrez, P�re Le Clerc.

La femme du Maire est courageuse.

Mme Vincent a tent� de s'empoisonner.

Je l'ai vue. Elle va mieux.

Que vont-ils faire � mon fils ?

Ayons confiance en Dieu.

Je l'ai toujours fait.

Il n'y a pas de meilleure chr�tienne que moi.

Mon fils unique a �t� pris.

Ils disent qu'il sera fusill� dans cinq jours.

Est-ce excessif de demander pourquoi ?

Non.

Gardons notre foi.

Dieu nous donnera la r�ponse.

�a ne me console pas.

Je remuerais ciel et terre pour mon petit.

Ce sont des martyrs ?

Les martyrs sont volontaires.

Mon fils veut vivre.

Bonsoir, P�re Le Clerc.

Bonsoir, Marianne.

As-tu mis un cierge pour le petit ?

Oui et pour les autres aussi.

Marianne vous sera d'une grande consolation.

C'est une enfant et elle n'est pas de la famille.

Lui, c'est un homme. Il est de mon sang.

Je pars. J'ai d'autres familles � voir.

- Je dois y aller aussi. - Non, ne partez pas d�j�.

Nous n'avons rien d�cid�.

Que faire ?

Ce r�sistant a fait �a pour la France.

- Doit-il avouer ? - Vaut-il cent vies humaines ?

Ce qui sauve l'esprit vaut plus que la vie.

Bonsoir. Bonsoir.

- Bonsoir, mon p�re. - Bonsoir, mon p�re.

Nous en sommes au m�me point.

Les mains li�es, nous attendons le miracle.

Voil� de quoi souffre notre pays.

Pourquoi ?

Faut-il �tre � la merci d'un saboteur ?

Personne ne peut prendre sa place ?

Vous �tes vieux, sans lien. Votre vie ne compte plus.

Vous sauveriez cent des n�tres.

Votre fr�re est parmi eux.

On vous �l�vera un monument.

Qui voudrait d'une statue ?

Ce serait inutile. Les allemands ne me croiraient pas.

Ni aucun d'entre nous.

Les saboteurs ne sont pas d'ici. Les allemands le savent.

Qui est-ce ?

Mme Morin veut que vous rentriez, M. Morin.

- De nouveaux clients sont � l'h�tel. - Des clients ?

- Qui sont-ils ? - Je ne sais pas, deux �trangers.

Bonsoir.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Bonsoir. - Bonsoir, Mme Maret.

Bonsoir, madame.

Marianne.

- C'est incroyable. - Qu'ai-je fait, madame ?

Tu as le c�ur � chanter ?

Oh, madame.

- J'avais oubli�. - Alors que cent des n�tres

vont mourir ?

J'ignore ce qui m'a pris. Pardonnez-moi, s'il vous pla�t.

Il est difficile de ne pas chanter � ton �ge.

Je vous poserai les questions que la Gestapo vous posera.

Et vous devez bien r�pondre.

La plus petite erreur et notre histoire ne tient pas.

Vous �tes pr�t ?

- Votre nom ? - Jean Picard.

Vous avez tout faux d�s le d�part.

Les allemands connaissent trop bien ce nom.

Vous reverrez la guillotine en un rien de temps.

Il nous faut un nouveau nom.

Un nom qu'ils ne retrouveront pas dans les dossiers de l'arm�e.

L'arm�e.

Attendez un peu.

Il y avait un autre voleur dans mon r�giment. Jean Dupont.

On se ressemblait, mais il �tait idiot.

La ressemblance sera convaincante.

Que lui est-il arriv� ?

Il venait de la Martinique.

Il y est retourn�.

Bien.

La Gestapo ne le retrouvera jamais.

- C'est parfait. - Pas tant que �a.

Je me souviens de son 2e pr�nom : Emile.

Qu'y a-t-il de mal ?

Ce qui ne va pas avec Emile ?

Vous voyez �a sur une tombe ? On dirait le nom d'un coiffeur.

- Vous �tes Jean Emile Dupont. - D'accord.

O� se trouve la Martinique ?

Evidemment que je le sais.

- Au large de la Chine. - Au large de la Chine ?

Quel Fran�ais !

La Martinique est une �le des Antilles.

Le climat est tr�s chaud, on y produit surtout du rhum.

Du rhum ?

- Quoi d'autre ? - La capitale est Fort-de-France.

Berceau de l'Imp�ratrice Jos�phine.

Du rhum et des jolies filles.

J'ai eu tort de partir de l�-bas.

O� avez-vous d�barqu� ?

Au Havre.

- A Marseille. - A Marseille.

Vous �tiez sur un cargo et avez quitt� le navire.

D'o� teniez-vous la dynamite ?

Du p�re No�l.

- Qui �taient vos complices ? - Je ne sais plus.

Qui vous a donn� l'ordre ?

Un pigeon voyageur. J'ignore son nom.

C'est �a. Vous avez tout oubli�.

Ne r�pondez pas.

Ils vont vous en faire baver, mais vous ne r�pondez pas.

M'en faire baver ?

Vous devez vous pr�parer. Les allemands vont vous cuisiner.

Me cuisiner ?

Ce n'�tait pas pr�vu.

Vous ne me l'aviez pas dit.

L'id�e vient de vous.

Il vous reste toujours la guillotine.

Continuez.

Ensuite...

Nous avons oubli� quelque chose.

Une question d�licate.

Tant pis.

Nous reverrons tout �a demain dans le train.

Vous n'allez pas dormir ? Dans un instant.

Vous avez des craintes.

C'est normal.

- Vous ne prenez jamais de risques. - Pas avec ceux de votre esp�ce.

Je tiens � ma retraite.

Vous �tes toujours le policier.

Je creuse ma tombe et vous ne me faites pas confiance.

All�.

Un appel de Paris ?

Il doit y avoir erreur.

Un instant.

C'est pour moi.

Merci.

All� ?

La S�ret� ? Je voudrais parler au Directeur.

Oui. Ici Lafarge.

- Bonet ? - Le prisonnier �vad�, Jean Picard,

a �t� retrouv� ce matin � 2 h 15 pr�s du village de Chauvigny.

Apr�s une poursuite � pied, j'ai �t� forc� de l'abattre.

Il a ignor� mon ordre de s'arr�ter

et a voulu s'�chapper en traversant la Vienne � la nage.

On n'a pas retrouv� le corps.

Je vais demander � la police de Poitiers de surveiller la rivi�re.

F�licitations.

Duchamps, envoyez une d�p�che, l'affaire Picard est class�e.

Prenez un peu de repos.

Merci, LaFarge.

Au revoir.

Dr�le d'id�e.

C'est tr�s simple.

Bient�t, tous les journaux de France

publieront la nouvelle de la mort de Picard.

On ne recherchera que votre cadavre.

On ne me demandera pas de renseignements.

Vous seriez flamb� si on savait.

Oui.

Quand faut-il que je me livre ?

Mardi.

Dans trois jours. Pourquoi ?

Qu'est-ce qui vous prend ?

Je suis un cadavre.

Vous �tes Jean Emile Dupont.

Oui, mais le criminel, Jean Picard, est mort.

Plus de chasse � l'homme.

Je peux regarder les gens en face.

Tout est chang�. Cette chambre, m�me vous.

Je suis le m�me homme.

Ne l'oubliez pas.

Jusqu'� mardi.

Trois jours � vivre !

Je m'y attendais.

Non, Picard.

Vous avez rendez-vous � Paris.

Ce soir.

Si les allemands peuvent attendre, pourquoi tant de h�te ?

- Taisez-vous, Picard. - Pourquoi ?

Je suis Dupont, pas Picard.

Personne n'a rien � y perdre.

Pourquoi me g�cher les trois jours qui me restent � vivre ?

Pensez aux innocents qui attendent ce mardi.

- En tremblant � chaque seconde ? - Laissez-les trembler.

Tout le monde dans la vie tremble pour quelque chose.

Je tiens � ces 3 jours.

Est-ce une menace ? Non.

Je vous le demande d'homme � homme.

Quand il ne nous reste � vivre que quelques jours...

Ne comprenez-vous pas ?

Je go�te chaque respiration, je compte chaque pas.

Je vais mourir, je le sais.

Vous avez eu plus de chance ?

On a battu les bois.

Pour trouver des champignons ?

Si le saboteur �tait ici, on l'aurait trouv�.

La Garde Mobile ne trouve jamais rien.

Les allemands font mieux avec 300 hommes ?

- Non. - Pourquoi ?

Parce que cet homme a fui sur un avion anglais.

En avion ? Comment le savez-vous ?

Il y a des traces d'atterrissage.

Dans une prairie, � moins d'une heure de marche du pont.

Puis-je vous aider, messieurs ?

Non, merci. On jette simplement un coup d'�il.

Je voudrais une chemise.

Avez-vous ma taille ? Du 40.

Je pense que oui.

Nous n'avons pas beaucoup de choix actuellement.

Oui, je comprends.

C'est tr�s bien.

- C'est une belle canne � p�che. - Oui.

- Vous aimez la p�che ? - On en parlait justement.

- La p�che est bonne par ici ? - Il para�t que oui.

Bien, on va prendre deux cannes.

- Mais... - Et des hame�ons et des lignes.

- On n'a pas le temps. - Comment �a, pas le temps ?

On est l� pour �a.

Je vais prendre ce journal.

Oui.

Je voudrais le convaincre

qu'il faut profiter des vacances.

On a trois jours devant nous.

- Ce sera tout ? - Oui, c'est tout.

- Avec quoi amorce-t-on, par ici ? - A la sauterelle.

Faut les attraper.

Mon copain sait tout attraper.

- O� est la rivi�re ? - A environ deux kilom�tres.

- Ce n'est qu'un ruisseau. - Je vois.

Quel est le chemin ?

Montez la route.

Le deuxi�me sentier � votre gauche.

Suivez-le jusqu'� ce que vous trouviez une ferme.

- Apr�s le pont, tournez � gauche... - Gauche, droite, gauche, droite.

On ne trouvera jamais. On va se perdre.

- Vous ne voulez pas nous accompagner ? - Je...

Je reviens tout de suite.

Qu'est-ce qui vous prend ?

Elle n'est pas mal, non ?

Je n'ai jamais rencontr� de fille aussi fra�che.

C'est bien le moment !

Au contraire, Bonet. Que voulez-vous dire ?

Comment pourrais-je mieux employer mes derniers jours ?

Qu'y a-t-il, madame ?

- Qui sont ces hommes ? - Je ne les avais jamais vus.

- D'o� viennent-ils ? - Je n'ai pas demand�.

Ils disent qu'ils ont trois jours de cong�.

- Que t'ont-ils dit d'autre ? - Ils vont p�cher.

Le plus jeune m'a demand� de les conduire au ruisseau.

Pourquoi n'y vas-tu pas ?

Ce sont des �trangers, madame.

- Ont-ils achet� quelque chose ? - Oui.

Raison de plus d'�tre hospitaliers.

Allez-y, mon enfant. Vous m�ritez aussi un peu de repos.

- Je garde la boutique. - Merci, madame.

Je vais p�cher par ici.

Attendez un peu.

Et voil�.

Votre �pingle.

Laissez-la-moi.

- En souvenir de vous. - D'accord.

Vous n'�tes que vous deux � la boutique ?

Pour l'instant.

Le fils de Mme Maret s'en occupait.

Mais hier, les allemands l'ont emmen� comme otage.

Sur cent, ils en ont pris vingt-cinq du village.

Oui, on me l'a dit.

Je les connais tous. Depuis ma plus tendre enfance.

On ne sait plus o� se tourner.

Tournez-vous par ici.

Voil�, c'est mieux.

- S'inqui�ter ne sert � rien. - Je sais.

Faisons comme si on n'avait pas de soucis.

C'est un jour de juin comme n'importe quel jour de juin.

Parlons d'autre chose. De quelque chose de nouveau.

- Comme quoi ? - Comme vous et moi.

Je ne sais m�me pas votre nom.

Jean. Jean Pi...

Jean Dupont.

Et votre ami ?

Lui ? Il s'appelle Alphonse.

Vous ne restez que trois jours ?

Peut-�tre moins.

Je n'aurai pas le temps de vous ennuyer.

Vous ne m'ennuyez pas.

Parlez-moi de vos soupirants.

Une jolie fille comme vous a beaucoup de soupirants.

- Non. - Les hommes sont aveugles ?

Non, mais je n'ai rencontr� personne de cette fa�on.

On ne vous a jamais embrass�e ?

Ce n'est pas juste les baisers.

Mais parfois, on se sent un peu seule.

J'aimerais faire des projets d'avenir.

A qui appartenir.

M�me si ce n'est que pour trois jours ?

- Vous vous moquez de moi. - Non.

- Votre peau est douce. - Merci.

A quoi pensez-vous, Jean ?

Je regarde une veine qui bat sur votre cou.

Elle tape comme une horloge rare et d�licate.

Je l'imagine prenant un rythme passionn�, fr�n�tique.

O� conduit cette route ?

Celle-ci.

Elle m�ne � la vigne de Barraut.

Et c'est loin ?

Pas tr�s loin.

Nous allons nous promener par l�, le dimanche.

C'est un endroit charmant.

J'aimerais que vous le voyiez.

Oui, j'aimerais aussi.

Venez. On s'en va.

D�j� ?

On a assez p�ch�.

L'un comme l'autre.

Pourquoi repartez-vous mardi ?

Nous avons un rendez-vous � Paris.

Vous ne pouvez pas le remettre ?

Ces gens n'attendront pas.

Nous nous reverrons demain ?

- A quelle heure ? - C'est dimanche.

Je dois aller � la messe avec Mme Maret le matin.

Mais juste apr�s ?

Je vous attendrai.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Bonne nuit. A demain.

Vous me pi�gez. Vous vous entichez de la premi�re fille venue.

- Qui sait ce que vous lui avez dit ? - Vous seriez surpris.

- Avez-vous vu son regard ? - Non, j'ai vu le v�tre.

Ne parlez plus aux �trangers.

On vous interrogera et tout sera fichu.

A quoi rime tout cela ?

Tous les �trangers ont re�u l'ordre hier

d'aller au poste de police pour �tre identifier.

- Pourquoi n'y �tes-vous pas all�s ? - On n'en savait rien.

On est venu pour p�cher.

Il y a eu du grabuge ?

Vous l'ignorez ?

Il y a trois nuits, un avion a atterri pr�s d'ici.

Trois hommes en sont sortis.

Puis, le pont de Gartempe a saut�.

Les saboteurs ne travaillent pas seuls ?

- Pas vous ? - C'�tait trop pour un seul homme.

Deux d'entre eux se sont enfuis. Le troisi�me a eu moins de chance.

- Vous avez arr�t� l'un d'eux ? - Oui.

- Beau travail. - Et ce n'est pas fini.

Amenez le prisonnier.

Montrez-moi vos papiers, tous les deux.

Capitaine, je...

Ne vous f�chez pas.

Il fait son devoir.

On ne reconna�t pas le c�l�bre inspecteur ?

Marcel Bonet.

Bien s�r. Quel idiot.

- Toutes mes excuses. - Ce n'est rien.

On peut tous faire de petites erreurs.

Quand on est de la S�ret�, on ne le crie pas sur les toits.

Bien entendu. Vous savez, Bonet ?

Cet homme ob�it aux ordres !

Nous manquons d'hommes comme lui.

Je vais leur parler de vous � Paris, capitaine.

Merci.

L'homme qu'on a arr�t� refuse de parler.

On a...

Beau travail.

�a, c'est dr�le !

Avoue donc que tu es de la S�ret�.

Vous connaissez les ordres.

J'avais dit secret total, oui.

Discr�tions et non silence. Tu risquais d'�tre fusill�.

C'est l'un de vos hommes ?

Oui. Un bleu.

Nous courons le m�me li�vre.

On voulait rester sous couverture,

mais elle n'�tait pas assez �paisse pour Durand.

Je suis vraiment d�sol� pour toute cette confusion.

- On ne peut pas prendre de risques. - Evidemment.

Je suis � votre disposition.

Merci. Je n'h�siterai pas.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Bande d'idiots.

- Qui �tes-vous, mon ami ? - J'allais vous le demander.

Mon geste se passe de commentaires.

Lieutenant Andr� Varrene, des Forces Fran�aises Libres

stationn�es en Angleterre.

- C'est vous le saboteur ? - Bien s�r.

Vous m'avez sauv� la vie. Pardon de vous avoir mis en danger.

Ne vous en faites pas.

- Comment allez-vous vous enfuir ? - Tout est arrang�.

A minuit. J'attendais dans les bois quand ils m'ont pris.

Tr�s bien. On vous y ram�nera.

Que peut-on faire pour vous ?

Rien. J'aimerais me d�barbouiller.

L�-bas. Je vous en prie.

Vous �tes tr�s aimable. Merci.

Quand on est entr�s dans la chambre, j'�tais abasourdi.

Vous n'avez pas perdu le nord, vous.

Oui, n'est-ce pas ?

Et pourquoi ?

Je suis idiot.

Si je m'�tais tu, vous auriez �t� arr�t�.

Et lui aussi.

Moi, j'aurais �t� libre.

Libre ?

Qu'est-ce qui vous fait croire �a ?

Jean Picard est mort.

Bonet lui-m�me l'a dit.

Les journaux et la radio l'ont annonc�.

Vous n'auriez pas pu d�noncer Picard sans vous d�noncer vous-m�me.

Donc,

si je n'avais rien dit, le vrai saboteur serait mort.

- Et cela vous aura plu. - Cela m'aurait enchant�.

Je suis le roi des imb�ciles.

J'�tais libre. Rien n'aurait pu m'arr�ter.

Rien ? Vous oubliez une chose, Picard.

Si vous aviez tent� une sortie, je vous aurais tu�.

J'aurais tout expliqu�.

Croyez-moi sur parole, un seul geste, un seul son...

Une arme donne du courage aux hommes petits.

Et elle rend petits les plus grands l�ches.

Vos amis sont en retard.

Ils ne se rep�rent pas.

Je ne pense pas.

Le pilote est fran�ais. Il conna�t la r�gion.

Il en conna�t chaque centim�tre carr�.

Ce que je vous demande, ce n'est pas par curiosit�.

On risque d'avoir besoin de ces informations.

C'est tr�s important pour de nombreux gens en France.

Tr�s bien.

Tout a �t� planifi� en Angleterre il y a plusieurs semaines.

On a atterri peu apr�s minuit,

trois hommes, comme l'a dit le Garde Mobile.

Les allemands gardaient le pont aux deux extr�mit�s.

Ils �taient trop nombreux pour qu'on les ma�trise.

A 1 h 15, un train de marchandises nous d�posait sur le pont,

on �tait � bord, entre les wagons.

On a saut� au milieu du pont et on a pos� la bombe.

La bombe ? Pas de la dynamite ?

Une bombe � retardement.

Petite, mais tr�s puissante.

Une bombe. Retiens bien �a.

Puis on s'est cach�s sous le pont jusqu'� 3 h 17

avant de monter dans un autre train allant vers le nord.

On a repass� les gardes.

Puis on a saut� � 4 km au nord du pont et on s'est dispers�s

en attendant cette nuit.

Et vous connaissez la suite.

Un plan brillant.

Je n'ai qu'un seul regret,

que cent fran�ais doivent mourir pour ce que j'ai fait.

Le voici.

Au revoir, Bonet.

J'�tais bon pour le peloton, si vous n'�tiez pas venus.

Bonne chance, lieutenant.

Et vous, mon ami.

- Je ne connais m�me pas votre nom. - C'est sans importance.

J'esp�re qu'on se reverra.

- C'est peu probable. - Allez-y, lieutenant.

On se retrouve.

- Des nouvelles des saboteurs ? - Vous le sauriez si c'�tait le cas.

Peut-�tre, mais peut-�tre pas.

On suspecte deux hommes, un d'�ge m�r et l'autre plus jeune.

Avez-vous vu des �trangers correspondant ?

Oui, mais on les a identifi�s.

- Qui sont-ils ? - Des membres de la S�ret�.

- Avez-vous d'autres suggestions ? - Une seule.

Avant 18 h mardi, je veux voir votre rapport

concernant l'arrestation des saboteurs.

Sinon, il y aura cent un otages.

Bonet.

Vous feriez mieux de dormir.

- Vous avez cru pouvoir m'�chapper. - Quoi ?

Vous avez forc� la serrure et fil� en douce.

Vous �tes un ingrat.

Comment �a ?

Je suis sorti pour vous rendre service.

Vous toussiez si fort que j'ai cru que vous alliez r�veiller le village.

�a gu�rit une fi�vre de cheval, para�t-il.

J'en ai pris une douzaine.

Vous croyez que je vais les avaler ? Ils sont s�rement empoisonn�s.

Empoisonn�s.

D'accord.

Regardez. En voici six.

Vous �tes satisfait ?

Je vais attendre pour voir.

Doucement.

Vous �tes mal en point. Asseyez-vous ici.

Posez-vous. Respirez.

Vous �tes malade.

O� faut-il envoyer votre corps si vous mourez ?

- O� enverrais-je le corps ? - Allez au diable !

Vous m'y suivriez s�rement, par la force de l'habitude.

Je vous accompagnerais jusqu'� sa porte, pour s�r.

On ne devrait pas entrer dans l'�glise ?

- Pourquoi ? - Comment �a "pourquoi" ?

Vous n'allez jamais � l'�glise ?

A l'�glise ? Si, bien s�r.

Une fois, quand j'�tais gamin.

Ma m�re m'y a emmen� pour me faire baptiser.

J'y suis retourn� une fois.

On m'avait dit qu'on ne pouvait pas

m'arr�ter dans une �glise.

Mais c'�tait faux.

Je pense que vous devriez voir le pr�tre.

Pour mettre � jour votre compte.

La seule aide que j'aie re�ue, c'�tait une bombe.

D'accord. Mais n'oubliez pas.

Quand on vous collera au mur, il n'y aura pas de pr�tre.

Il n'y aura que vous.

Vous vous tiendrez seul, � quelques secondes de Dieu.

Ecoutez, Bonet.

Dans cette �glise, il y a un brave cur� de village.

Quels p�ch�s a-t-il l'habitude d'entendre ? Du menu fretin.

Jurer, boire, battre sa femme. Des choses comme �a.

S'il entendait ma liste, il s'�vanouirait.

Il me faudrait au moins un �v�que.

Pour vous les m�res dont les fils vont donner leurs �mes � Dieu,

sachez que leur sacrifice ne sera pas vain, ni ne sera oubli�.

Tout comme le fils de Marie est mort sur la croix pour les hommes,

le monde entier conna�t la v�ritable raison de leur martyre.

C'est la volont� de Dieu, mes enfants.

Nous ne l'avons pas suivi.

Nous avons plac� le plaisir et la vanit� avant son amour.

Nous avons p�ch�, mes enfants, les hommes comme les nations.

A cause de nos p�ch�s, nous sommes les t�moins de cette trag�die.

Tant qu'il est encore temps, agenouillons-nous

et implorons le pardon et la piti� de Dieu.

Au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit.

Amen.

Monsieur. Bonjour, Jean.

- Bonjour. - Bonjour.

- Pr�te ? - Je vais chercher le d�jeuner

et je reviens tout de suite.

Visitez notre �glise en attendant.

- Elle est ancienne et tr�s belle. - Oui.

J'ai assist� � la premi�re messe. Magnifique.

Je reviens bient�t.

D'accord.

Quel d�jeuner pr�pare-t-elle ?

Je ne vous ai rien dit ? On va pique-niquer, tous les trois.

Encore un de vos tours.

Ecoutez, Picard...

Il y a un coussin sur celui-ci.

Bonet.

A propos de confession...

Je...

J'aurais des choses � dire.

Bien.

Allez voir le pr�tre.

C'est � vous que je veux parler.

- Vous ne pouvez pas. - Pourquoi ?

Je ne suis pas autoris� � �couter.

Oubliez les r�gles. C'est juste entre nous.

Ce ne sera pas long. Je vais r�sumer.

En 1932, je crois, rue St-Honor�, il y a eu...

Vous m'�coutez ?

Bien malgr� moi.

D'accord.

En 1932, il y a eu un important braquage de banque.

Une branche de Lazard.

Vous l'aviez organis� ?

Du travail propre, pas vrai ?

Je n'ai laiss� aucune trace.

Aucune trace ? Vous n'avez rien laiss� du tout.

Vous travailliez seul ?

Le pr�tre m'aurait-il demand� cela ?

Continuez. Quoi d'autre ?

Vous souvenez-vous du c�l�bre tableau de Fra Angelico

qui a disparu du Louvre ?

Oui.

J'ai aid� Legros � le voler.

Legros travaillait seul.

Je lui ai rendu service.

Il n'avait pas de relations dans le milieu de l'art.

Vous dites la v�rit� ?

Bien s�r.

C'est un miracle.

�a �claircira bien des points rest�s obscurs.

C'est vous qui avez tu� Legros ?

En quelque sorte.

Il lui est arriv� une chose bizarre.

On n'a jamais retrouv� son corps.

Qu'en aviez-vous fait ?

C'�tait un ivrogne.

Un jour, soudainement,

ce pauvre Legros a explos�.

- Quoi ? - Combustion spontan�e.

La minute d'avant, il riait aux �clats, et celle d'apr�s...

Il y a eu une explosion soudaine

et Legros est parti en fum�e.

Il n'est rest� de lui qu'une poign�e de cendres et quelques dents en or.

En voici une.

Comment, vous...

Confession !

Un ramassis de mensonges.

Fermez la porte.

- Vous nous aiderez, Vitrac ? - Oui.

Bien. Asseyez-vous.

Vous connaissez tous le pont et les routes qui y m�nent ?

Oui.

Voici vos instructions.

N'oubliez rien.

Aucun d�tail.

Vous partez vraiment demain ?

Nous avons peu de temps.

Vous ne reviendrez plus ?

Il y a quelqu'un d'autre ?

Une autre femme ?

Il n'y a pas d'autre femme.

�a ne vous fait rien ?

Je tiens � vous.

Alors pourquoi, Jean ?

C'est difficile � dire.

Il y a trop de choses.

Apr�s mon d�part, vous m'oublierez.

Je connais un vieux dicton.

"L'amour fait passer le temps et le temps fait passer l'amour."

- Alors... - Vous n'y croyez pas.

Le temps ne peut pas nous s�parer.

Nous nous retrouverons un jour. Ailleurs.

Non.

Pas apr�s demain, Marianne.

Nous ne nous reverrons plus.

R�p�tez encore ce que je vous ai dit.

Vitrac, vous commencez.

La nuit o� le pont a saut�, jeudi dernier,

je revenais de Clairval avec Latour et Razeau.

- Quelle heure �tait-il ? - Environ 21 h.

On se d�p�chait � cause du couvre-feu.

A une centaine de m�tres, � l'ouest du pont,

on a vu ce Dupont en train d'escalader la berge

menant sous le pont.

On ne le connaissait pas.

On l'a rep�r� plus tard.

Il �tait seul. Il portait un paquet.

C'est exact.

En nous voyant, il s'est arr�t�, surpris.

Puis, il s'est sauv� dans les bois.

La Garde Mobile et la Gestapo vont vous demander

pourquoi vous ne l'avez pas signal� plus t�t.

Que r�pondrez-vous ?

On a pens� que c'�tait juste un type

qui essayait de rentrer avant le couvre-feu, comme nous.

Puis on a oubli�.

Vous confirmez ses dires ?

Oui, c'�tait Dupont.

�a ne fait pas un pli.

Je l'ai vu en plein clair de lune.

Ce n'est pas vrai, Latour.

Vous �tiez avec moi ce soir-l�.

On a jou� aux �checs jusqu'� l'heure du couvre-feu.

Que se passe-t-il, ici ?

Ces hommes ont reconnu le saboteur.

C'est vrai, mon p�re.

Nous soup�onnions Dupont depuis deux jours.

- Et on s'est concert�s. - Oui, en effet.

Dieu a entendu nos pri�res.

Nos hommes seront sauv�s.

Je comprends votre peine,

mais c'est un mauvais conseiller.

La vie d'un innocent ne peut pas sauver celle de votre fils.

Dupont n'est pas le saboteur.

C'est le diable qui est venu vous tenter.

Et m�me si Dupont est innocent ?

Nos hommes sont aussi innocents que Dupont.

Mon fr�re est-il coupable ?

Jules Maret m�rite-t-il de mourir ?

Que vaut la vie d'un bon � rien contre celles de cent hommes ?

R�pondez-nous.

S'ils meurent,

les allemands r�pondront de ce crime.

Mais si nos mains sont souill�es de sang,

nous en r�pondrons devant Dieu.

Je vous d�fends de commettre ce p�ch� mortel.

Un meurtre. Je vous l'interdis.

De quel droit d�cide-t-il ?

Si cela peut sauver nos enfants, agissons.

Oubliez ses paroles.

Pr�venez la Garde Mobile.

Vous �tes tr�s malade.

�a ne fait aucun doute.

Je dois �tre demain � Paris.

Demain ?

Impossible.

Je vous le dis sans d�tours.

Avec de la chance, vous pourrez partir dans trois jours.

Couvrez-vous bien. Vous allez transpirer.

Qu'il ne se l�ve pas !

Je reviendrai vers minuit.

Nous ne nous y attendions pas.

Non. Mais vous ne me prendrez pas au d�pourvu.

Que voulez-vous dire ?

Quand vous m'avez d�shabill�, j'ai pris mon arme.

Elle est juste l�, dans ma main.

Je ne songeais pas � m'�chapper.

Vous ne pensez qu'� �a, jour et nuit.

Non.

Il y a autre chose que je voudrais faire.

Vous ne sortirez pas sans moi.

Je suis d�j� parti. Je suis revenu.

Je ne veux pas parler.

D'accord, laissez-moi parler.

Je n'irais pas loin sans papiers.

Ils m'attraperaient avant le matin et je retrouverais la guillotine.

- Ce n'est pas ce que je voulais. - Alors que vouliez-vous ?

Et bien, je...

Je ne m'attends pas � ce que vous me croyiez, Bonet,

mais ce matin, dans l'�glise, j'ai essay� de vous ridiculiser.

Mais c'est moi que j'ai ridiculis�.

Je n'ai jamais �t� port� sur la religion,

mais maintenant qu'il ne me reste que quelques heures,

et que je repense � ce que vous avez dit

sur le fait de se tenir seul, demain,

contre ce mur, sans un pr�tre vers qui se tourner,

j'ai peur.

C'est la seule fois o� un homme comme moi se tourne vers Dieu.

Je ne peux pas le faire sans vous.

Comment �a ?

- Quand ? - Tout de suite.

Je veux aller trouver le cur�. Et me confesser.

Essayer de sauver mon �me, si possible.

Vous me l'avez sugg�r�.

Et je veux voir Marianne

pour lui dire adieu.

Voil� tout.

Vous ne pouvez pas croire que je mens.

Je sais que c'est la fi�vre.

Pour la premi�re fois de votre vie, vous dites peut-�tre la v�rit�.

Je dis la v�rit�.

Ecoutez.

Il est 19 h 45.

Je serai revenu � 22h pr�cises.

Je le jure sur la t�te de ma m�re.

A 22h pr�cises.

Merci.

Restez bien couvert.

Jean !

Jean !

On vous a d�nonc� � la Garde Mobile.

- Pourquoi ? - Ils vous accusent du sabotage.

Ils sont pr�ts � jurer qu'ils vous ont vu au pont.

Ils mentent, mais ils sont d�sesp�r�s.

Ils feraient n'importe quoi.

Vous connaissez une route � travers les bois.

- Oui. - O� est-elle ?

Vous ne trouverez pas.

Venez, je vais vous montrer.

Dupr�, Robinette.

Nous avons trouv� le saboteur. Venez.

Sortez. Ils viennent chercher votre ami Dupont.

- Pourquoi ? - Ils disent qu'il est le saboteur.

On ne va pas attendre la Garde Mobile.

- On va le chercher. - Oui.

Latour, Vitrac, Razeau. Revenez.

Le Seigneur a dit � ceux qui violent ses commandements :

"Je tournerai ma face contre vous, vous tomberez devant vos ennemis.

Et vous serez assujettis � ceux qui vous ha�ssent."

Ce sont des menteurs.

Ils feront de vous des assassins.

C'est une man�uvre pour sauver les otages.

Dupont n'est pas le saboteur.

Vous persistez dans votre p�ch�.

Le seul crime plus grand que le leur aurait �t� de les croire

et d'envoyer un homme innocent � sa mort.

- Que signifie tout cela ? - On vit des temps troubl�s.

Ils font na�tre des pens�es troubles, mais ils ont retrouv� la paix.

Ils vont rentrer chez eux et se repentir.

Ils y vont tout de suite.

Pourquoi ce rassemblement ?

C'est notre affaire, mon capitaine.

- O� sont-ils ? - "Ils" ?

- De qui parlez-vous ? - De Marianne.

Et votre ami, Dupont.

Ils sont ensemble ?

Je ne suis pas dupe. Ils sont partis tous les deux.

O� sont-ils ?

- Je ne sais pas. - Vous mentez.

Vous le prot�gez.

Il est coupable d'un crime pour lequel il y a un nom.

Non, madame.

Son crime n'a pas de nom.

Et c'est moi le coupable.

Voici votre chemin.

Merci. Je trouverai tout seul.

Au revoir, Marianne.

Merci pour tout. Vous �tes un ange.

Jean, je veux venir avec vous.

Non. �a n'irait pas, pour aucun de nous deux.

- Pourquoi ? - �a n'irait pas, c'est tout.

Je fuis bien plus

que ces villageois, bien plus que la Garde mobile.

- Je ne peux rien vous dire. - Jean, qu'avez-vous fait ?

Vous...

Vous n'�tes pas le saboteur.

Non.

Ne posez plus de questions.

Au revoir.

Je ne poserai aucune question. C'est sans importance.

Nous nous aimons. Rien d'autre ne compte.

Je ne rien � vous offrir.

- Juste la peur et les ennuis. - Peu m'importe.

Je serai avec vous.

Peut-�tre pas pour longtemps.

Emmenez-moi, Jean.

Pourquoi ne vous ai-je pas rencontr�e plus t�t... Maintenant il est trop tard.

Venez.

15 kms

Elle dort profond�ment.

Je n'habite pas loin d'ici.

Je peux vous offrir un petit d�jeuner.

Merci.

- On ne peut pas aller plus vite ? - Pas avec C�leste.

Elle est comme le pays...

Trop vieille pour foncer, trop coriace pour mourir.

Qu'est-ce qui la fait avancer ?

Le courage.

C'est mon fils qui a fait ce fromage.

On en a mang� la moiti� avec lui il y a seulement quelques jours.

Et maintenant il va mourir.

Mourir ?

Il labourait pr�s du pont quand �a a saut�.

Il a �t� pris comme otage.

Tiens, les cloches sonnent.

Elles sonnent toute la journ�e.

Pour notre fils et ses camarades.

On va aller prier avec les autres.

Viens, Gabrielle.

Que faites-vous ?

J'allume une bougie pour lui.

Il doit �tre le fils dont ils nous ont parl�.

Vous vous tourmentez pour eux ?

Je ne peux pas m'en emp�cher.

Je vois toujours leurs visages.

Je prie Dieu pour que le saboteur se rende.

Pour qu'il se rende ?

Pourquoi devrait-il se rendre ?

Vous �tes bien trop sentimentale.

C'est la guerre. Que sont cent vies de plus ou de moins ?

Ce saboteur a agi pour la France, pour 40 millions de vies.

Tous ces gens qui pleurent et qui prient au dehors...

Qu'ont-ils fait pour la France ?

Cracher quand un allemand passe, le maudire.

�a ne veut rien dire.

Mais faire sauter un pont et tuer un train d'allemands, �a compte.

Une poign�e de paysans n'est pas cher pay�.

�a vous brise le c�ur car vous en connaissez.

Jean.

Mais supposons que vous connaissiez le saboteur.

Supposons que c'�tait quelqu'un que vous aimez.

- Cela changerait tout, non ? - Je ne sais pas.

Je ne comprends pas ces choses.

Jean, ne soyez pas f�ch� contre moi.

F�ch� ?

Je ne suis pas f�ch�.

Comment pourrais-je l'�tre ?

J'ai tout ce dont un homme a besoin pour �tre heureux.

Je vous ai vous.

Mais il faut qu'on parte d'ici.

Il y a s�rement quelque part o� aller, un endroit lointain...

- La Martinique. - La Martinique ?

Mais c'est au bout du monde, Jean.

C'est l� toute sa beaut�.

C'est un endroit charmant. Ensoleill� et paisible.

On y serait heureux, en s�curit�.

On commencerait une vie nouvelle.

Je n'ai rien fait de la mienne, mais avec vous, je pourrais.

Mais peut-on y aller ? Peut-on sortir de France ?

On peut aller partout si on a assez d'argent.

- On en a assez ? - Non.

Je peux en trouver

chez des amis � Paris.

Paris ne serait pas s�r pour nous.

Non.

J'irai seul.

Je trouverai de l'argent. Je serai de retour demain soir.

Attendez-moi ici.

Je serai de retour demain.

Je vous attendrai.

- A demain. - A demain.

Je vous aime de tout mon c�ur.

De tout votre c�ur. Je veux qu'il en soit toujours ainsi.

- Au revoir, Marianne. - Au revoir.

Pourquoi ne m'as-tu pas appel�e comme tu le fais toujours ?

J'�tais si inqui�te, je n'ai pas dormi.

�a m'a fichu un coup quand j'ai lu le journal,

j'ai failli m'�vanouir.

- Si seulement... - Je n'ai pas envie de parler.

J'aimerais �tre un peu seul.

- Quelque chose ne va pas ? - Non, tout va bien.

Bien entendu.

Tu repenses � cet homme que tu as d� tuer.

- Oui. - C'est d�plorable, bien s�r.

Mais il n'�tait bon pour personne.

Il aurait pu l'�tre.

Tu m'as dit toi-m�me qu'il n'�tait qu'un meurtrier de plus.

Oui, c'est vrai.

Il n'�tait qu'un meurtrier de plus.

Essaye de l'oublier.

Tu as fait ton devoir, c'est tout ce qui compte.

Quelle heure est-il ?

- Il est 17 h juste. - 17 h ?

Tu as quelque chose � faire ?

Je ne sais pas.

Il faut que je r�fl�chisse.

Laisse-moi, je t'en prie.

Mon ch�ri.

- Je peux t'aider ? - Non.

Personne ne peut m'aider pour prendre cette d�cision.

- Qui dois-je annoncer ? - Dupont.

Jean Emile Dupont.

Monsieur m'attend.

Qu'avez-vous ?

Vous m'aviez d�j� oubli� ?

Jean.

Vous �tes venu !

Evidemment.

Vous en aviez dout� ?

O� faut-il que j'aille me rendre ?

Le quartier g�n�ral de la Gestapo, � l'h�tel Rothshield.

J'ai jusqu'� 18 h, c'est �a ?

Oui, dans moins d'une heure.

Je ferais mieux de me h�ter.

Les montres de la Gestapo tournent peut-�tre plus vite.

Je vous accompagne ?

Oui. Je voudrais vous demander un service.

Paris est la plus belle ville du monde.

C'est vrai.

C'est encore plus beau juste avant la tomb�e de la nuit.

Vous connaissez Ch�teau Lechet pr�s de Poitiers ?

Oui, je connais.

Elle m'y attend demain apr�s-midi

dans une vieille ferme au sud du village.

Le hameau s'appelle Bazac.

- Le chauffeur du bus conna�tra. - J'y serai.

Que voulez-vous que je lui dise ?

Dites-lui que je...

Vous trouverez quelque chose.

Et bien,

nous y sommes.

Il n'y a qu'une question que j'aimerais vous poser.

Pourquoi �tes-vous revenu ?

Me croirez-vous ?

Maintenant, oui.

Je ne sais pas.

J'y ai r�fl�chi mais je ne sais pas.

C'est peut-�tre le regard de Marianne quand elle a allum� une bougie.

Mais ce n'est pas tout.

Il y a trop de choses, je n'ai pas de mot.

Je pense qu'il y a, dans la vie de chacun, des moments,

o� m�me un homme tel que moi �prouve un sentiment

pour lequel il est pr�t � mourir sans discuter.

Sans se poser de questions.

Presque... Presque avec joie.

Oui, Jean. Je sais.

Quand vont-ils me fusiller ? Ce soir ?

Non.

Pas avant demain.

La route a �t� longue, Jean.

N'est-ce pas ?

Oui, mais elle aboutit au bon endroit.

Qu'y a-t-il ?

Il pr�tend �tre le saboteur du pont de Gartempe.

Le troisi�me en trois jours.

Le quatri�me, Herr Major.

L'aptitude fran�aise � l'h�ro�sme m'a toujours fait mourir d'ennui.

- Quel est votre nom ? - Dupont.

Jean Emile Dupont.

Il m'est facile de vous prouver que vous mentez.

Vos pr�d�cesseurs n'ont pas su r�pondre

� une petite question tr�s int�ressante :

comment avez-vous fait pour passer les postes de garde ?

Vous voyez ?

Vous avez oubli� de r�p�ter cette partie.

Partez. Nous avons � faire.

J'ai attendu jusqu'� 1 h 15 le passage d'un train de marchandises.

Je me suis cach� sous le train.

A la moiti� du pont, j'ai saut�

et j'ai pos� une petite bombe sous la traverse du milieu.

J'ai attendu jusqu'� 3 h 17 le passage d'un autre train allant vers le nord.

J'ai saut� � bord.

Je suis repass� devant les gardes et j'ai saut� � 3 km au nord du pont.

Herr General.

Nous avons trouv� le saboteur du pont de Gartempe.

O� est Jean ?

Viendra-t-il ?

Non, ma ch�re.

Jamais ?

Il ne voulait pas que je pose de questions.

Qui il est,

ou ce qu'il a fait.

Dites-moi seulement une chose.

Vous �tes son ami. Vous savez.

Quel homme est-ce ?

Au fond de lui-m�me ?

C'�tait un fran�ais.

[FRENCH]

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