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Non, Weston !

Va au diable, Weston !

Va au...

Lâchez votre arme.

Exécution, M. Jeffries.

Rendez-vous !

Excusez-moi, shérif.

Je voulais vous rendre visite depuis longtemps.

J'ai appris que Vivienne s'affaiblissait.

J'ignorais à quel point.

Mes condoléances à vous.

Et à votre petit.

Un grand malheur s'est abattu sur notre ville.

Ed Wilkins s'en est mis une bonne

et a tué six hommes.

Carl Ferguson, Ed Watson,

Claudio, le pianiste,

un type du Missouri,

puis Kendall.

Votre adjoint a tenté de l'appréhender.

Il s'est fait abattre.

Alfred Jeffries et ses hommes ont trouvé Wilkins sous un peuplier

à la sortie de la ville.

Ivre mort.

On vous l'a mis à l'ombre.

Il prétend ne se souvenir de rien.

Il sera présenté au juge Blagden sous peu.

Nous espérons un procès expéditif et une condamnation.

Qui l'a vu ?

Vu ?

Des témoins ?

Les hommes de Jeffries.

Et Tom Blanchard, là-bas.

Ils étaient aux écuries.

Il y a eu des coups de feu.

En sortant, ils ont vu Wilkins quitter la ville au galop.

Quelqu'un d'autre a vu ?

Je ne crois pas.

Voulez-vous que le pasteur vienne prononcer un éloge ?

C'est bien.

Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures,

car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu,

et toutes celles qui existent

sont constituées par Dieu.

Faites entrer.

Ce procès est pas équitable !

Il est innocent !

Je réclame de l'ordre dans mon tribunal !

Les jurés sont-ils tombés d'accord ?

C'est le fils à Jeffries qui l'a fait.

Je rêve !

Y a des gens qui l'ont vu à cheval en ville.

C'est une accusation scandaleuse !

Une calomnie éhontée sans fondement.

Mon fils est en Californie depuis des mois.

M. Jeffries.

N'écoutez pas cette femme.

- Rasseyez-vous. - Bon Dieu !

- Menteur. - C'est de la diffamation !

Si Mme Gilkyson dit un mot de plus,

j'exigerai réparation.

Et si un homme ouvre la bouche pour proférer des calomnies,

je lui casse la gueule,

ici et maintenant.

La loi du plus fort n'est pas la loi, M. Jeffries.

Vous ne pouvez pas faire ça !

Rasseyez-vous, Fergus.

Foutaises.

Avez-vous un verdict ?

Oui, M. le juge.

Donnez-le-nous.

Apportez-le ici.

Je vous écoute.

- Nous, les jurés... - Non !

Pas tout haut, imbécile.

Nous, les jurés, déclarons l'accusé...

Ne vous y trompez pas.

On ne se moque pas de Dieu.

Car ce que l'on sème, on le récolte.

Les lâches,

les renégats,

les dépravés,

les assassins,

les idolâtres et tous les menteurs,

leur lot se trouve dans l'étang brûlant de feu et de soufre.

C'est la seconde mort.

Ed Wilkins,

vous êtes déclaré à l'unanimité

coupable du meurtre de sang-froid de six hommes

dans la ville d'Elk Flats.

Je suis au regret

de vous condamner

à la mort par pendaison...

demain à midi.

L'audience est levée.

J'en ai terminé, M. le maire.

Merci, M. le juge.

Mesdames et messieurs,

merci de bien vouloir sortir.

Faites sortir cet homme immédiatement.

Brave Ed.

Tu es brave.

Qui aura versé le sang de l'homme,

par l'homme

son sang sera versé.

Car c'est à Son image

que Dieu a créé l'homme.

Par la justice,

Sa volonté sera faite.

Amen.

Un dernier mot, mon fils ?

Je...

Je n'ai...

Je n'ai pas...

Je n'ai pas...

pas moi...

Quel cirque !

Aidez-le !

- Reculez. - Aidez-le !

"Que le diable m'emporte si je touche à ce blanc de baleine !",

ai-je crié à ce coquin.

"Votre vénération pour ce déchet putride ne m'émeut point."

Ce satané basané s'est mis à hurler telle une sorcière qu'on étripe,

en brandissant son harpon barbelé pour m'empaler

sur le mur glacé de sa bicoque répugnante.

J'ai roué de coups de crosse

ce barbare poilu à face de phoque.

Sacrebleu, Vivienne,

j'en ai eu par-dessus la tête,

alors je l'ai emmené au pas de charge,

dans la nuit glaciale, jusqu'au poste armé local,

où un splendide Cosaque,

arborant de volumineuses moustaches, a mis ce vaurien aux fers.

C'est...

cette immensité indescriptible des étendues sauvages de l'Alaska

qui fait bouillir le sang et l'imaginaire de l'homme visionnaire.

Une fois que nous aurons éliminé les bandes de maraudeurs

impies et bons à rien...

Je suis prêt.

Notre destinée manifeste est d'apprivoiser ce territoire sauvage

et de civiliser ses barbares, pour peu qu'ils soient capables

d'apprécier notre bienveillance.

Qu'y a-t-il, ma chère ?

Vous ne voulez pas goûter la mousse au chocolat

ou le millefeuille vanille ?

Le chef Lalanne a un talent sans égal. Vivienne !

Vivienne !

Viens, mon grand.

En route.

Je suis convaincu que la consternation

de certains habitants de notre belle ville

se dissipera lorsque les choses se seront tassées.

Si vous le dites.

Cela dit,

mieux vaut que Weston ne revienne pas de sitôt à Elk Flats.

Il a jamais été là, comment il pourrait revenir ?

Exactement.

Néanmoins...

Assez palabré, parlons affaires.

Si vous voulez, Alfred.

Concernant le saloon de Kendall,

après un examen attentif de la situation,

et puisque Kendall n'avait aucun acte notarié

de l'établissement,

je ne vois aucun obstacle pour vous.

J'espère bien.

Les gens vous croyaient déjà propriétaire.

Le saloon sera à vous

dès que ce document sera signé par toutes les parties.

- Un cigare ? - Non.

Toutes les parties ?

La grosse veuve Kendall ?

Elle a pas intérêt à faire des problèmes.

Pour une somme modique, elle s'effacera certainement.

Elle n'a ni les moyens de vous affronter en justice

ni le sens des affaires.

Tant mieux.

Comme ma banque est propriétaire des immeubles

jouxtant le saloon, et en tant que maire,

j'ai le pouvoir d'élargir vos activités de jeu

et de créer des maisons closes dans ces immeubles,

comme vous le souhaitez de longue date.

Je peux contre un pourcentage de vos bénéfices mensuels,

vous louer mes immeubles à un prix négocié

et vous garantir la tenue

de vos affaires sans interférence de la mairie ou du shérif.

Vous sortez l'artillerie lourde, Rudy.

J'ai rarement vu

un charognard plus éhonté.

Qui se ressemble, Alfred,

s'assemble.

Veuillez m'excuser.

Holger, je ne vous attendais pas aussi tôt.

Bonjour, Vincent.

Je vous en prie, asseyez-vous.

Un café ?

Vous nous abandonnez ?

Non, pas d'inquiétude pour le loyer

de ce mois-ci.

C'est avec plaisir que je le baisserai,

vu vos difficultés récentes...

au prorata de votre occupation.

Il va poser problème, M. Schiller ?

Je ne pense pas, Alfred.

Ça vaudrait mieux.

Finalisons notre accord.

Je peux ?

Oui, ils sont à 25.

Vos poissons sont atrocement chers.

Vivienne !

Bon Dieu, que fabriquez-vous ? Je vous cherchais dans tout le port.

Je vous rejoins.

Permettez que mon valet, Johnson, achète ces marchandises pour vous,

si vous les désirez.

Allons prendre un thé.

Laissez-moi, je suis occupée.

Ce comportement doit cesser.

Ne me parlez pas ainsi.

Allez-vous-en, alors.

À votre guise.

Ne revenez pas implorer mon pardon,

ou un repas, après avoir mangé ce poisson rance,

quand vous aurez le ventre vide.

Je n'ai pas la patience de Job,

et vous n'êtes pas la seule jolie fille en ville.

Ni la plus fraîche.

Crétin !

Ne l'écoutez pas. Votre poisson a l'air très bon.

Merci.

C'est bon ?

Olsen.

Olsen tout court ?

Olsen tout court.

Vivienne.

Vivienne tout court ?

Vivienne Le Coudy.

Non.

Vous n'êtes pas américaine.

Si.

Ça ne s'entend pas.

Pour vous non plus.

D'où venez-vous,

Vivienne Le Coudy ?

C'est une très longue histoire.

J'ai tout mon temps.

Vous en avez, de la chance.

Il s'appelle Nuit.

Enchantée.

Attention.

Petit déjeuner au lit.

Tu me gâtes.

Pas du tout.

Debout.

Le type avec qui tu te disputais au marché aux poissons...

que dirait-il de ma présence ici ?

Je ne lui appartiens pas.

Et ça ne te regarde pas.

Assieds-toi, mange.

Merci.

Très bon "omlet".

Oui, des œufs.

Où pars-tu, maintenant ?

Où je pars ?

Qui dit que je pars ?

Délicieux.

Alors, tu as de la famille ici ?

Ils sont tous morts.

Condoléances.

Tu aimes les tableaux de peinture ?

Oui...

Tant mieux.

C'est moi !

Et les chênes rouges.

Les bouleaux, les caryers.

Les rivières sont différentes là-bas. Le ciel aussi.

Tout est différent.

Ça te manque.

Non.

Vivienne !

Je ne m'attendais pas à vous voir.

Je vous présente mon...

ami, Olsen.

Lewis Cartwright.

Bienvenue chez moi, M. Olsen.

Si des tableaux vous plaisent,

dites-le-moi.

Ils se vendent comme des petits pains.

Vous avez un prénom ?

Non, c'est Olsen tout court.

Bonne exposition.

On en a vu assez ?

Plus qu'assez.

Viens.

Tu es une coquine.

C'est ce que tu aimes chez moi.

Merci.

Mlle Vivienne...

M. Szeto.

Merci.

Pourrez-vous en rapporter d'autres jeudi prochain ?

Oui, Mlle Vivienne, j'en rapporterai.

Merci.

Combien pour une rose ?

Ça dépend laquelle.

Une jaune.

Je croyais que tu ne partais pas.

Maintenant, si.

Cadeau de la maison.

C'est très gentil.

Tu lui plais.

Ce canard...

Il volait très haut et vite.

Où as-tu appris à tirer comme ça ?

J'ai tué mon premier lapin à cinq ans.

Toute seule ?

Avec une flèche.

Mon père était là mais ne m'a pas aidée.

Je l'ai aussi vidé et fait cuire.

Tu es douée de tes mains, décidément.

Douée de mes mains ?

Habile.

Capable.

Douée de mes mains ?

Très.

Il n'est pas trop tard pour faire demi-tour.

C'est là ?

Oui.

L'endroit qui t'a plu par-dessus tout ?

Oui.

Pourquoi ?

C'est tranquille.

Pourquoi es-tu allé à San Francisco ?

Pour voir le bout du monde.

On dirait un repaire de bandits.

Et ça sent le rat crevé. D'ailleurs, il y en a.

C'est triste. Pas un arbre.

Il y a plein d'arbres.

Pas ici.

Pas de fleurs, pas de jardin. C'est trop triste.

Tu vis comme un chien.

Un chien heureux.

Tu fais quoi, ici ?

Le moins de choses possible.

C'est beau.

Tu as déjà été marié ?

Il y a douze ans,

notre pays a été envahi.

Je suis parti au combat, comme tant d'autres.

Ce fut une guerre longue et terrible.

Mais nous l'avons gagnée.

Quand je suis enfin rentré chez moi,

elle était partie.

Je n'arrive pas à lire.

C'est normal.

C'est du danois.

Mais je peux te traduire ce que ça dit.

J'aimerais beaucoup.

Tu m'as réveillée.

Tu ne peux pas passer ta vie à rêver.

Pourquoi ?

C'est pour les fleurs.

Tu en penses quoi ?

Tu me diras où tu veux que je plante tes arbres.

Ça sent la merde.

C'est de la merde.

De l'excellente merde de vache.

Pas dans cette merde, Olsen !

Où as-tu trouvé ces arbres et ces fleurs ?

Comment as-tu payé ?

Je vais faire une grange au fournisseur.

Une grande grange ?

Pas très grande.

Mais elle sera belle.

Combien il te paiera ?

Suffisamment.

Il a un gros ranch.

Tu es quand même un chien.

Tu pourrais nous construire une grange, un jour.

Une petite.

C'est faisable.

Je pourrais t'aider.

Ah oui ?

- C'est de travers. - Mais non.

Tu vois ?

Merde.

C'est moi qui m'occuperai des plantes. Tu les arroses trop, tu les maltraites.

Ça me paraît sensé.

Je suis très sensée.

Pas sensible, sensée.

Excusez-moi.

Cadeau de M. Jeffries.

Compliments pour ta charmante compagnie, Holger.

Ogre ?

Holger.

Ça te gêne si je t'appelle Olsen, Olsen ?

Ça me va.

C'est le fils du type de la grange.

Votre attention, s'il vous plaît.

Sergent Webb, du 5e régiment d'infanterie de Californie,

envoyé par le lieutenant Henry Stevens.

Il nous faut des volontaires pour les troupes de Californie.

Nous cherchons des hommes d'honneur, valeureux,

qui veulent se battre pour l'Union.

Il nous faut des fantassins et des cavaliers,

des chevaux, des fusils et des hommes qui savent les manier.

Tu frappes à la mauvaise porte, l'ami.

Vous recevrez une prime immédiate,

de 100 dollars, si vous vous engagez.

Nous partons au Nouveau-Mexique en fin de semaine.

Nous campons à la sortie de la ville,

si certains veulent servir notre nation.

Bonne soirée à tous.

Bonjour, M. Kendall.

Bonjour, mademoiselle...

Vivienne.

Vivienne.

Oui, vous êtes la...

charmante compagne de M. Olsen.

Holger nous a fabriqué ces rangements.

- Oui, c'est un bon charpentier. - En effet.

Doué de ses mains.

Comme vous dites.

Que puis-je pour vous ?

Je cherche un emploi.

Il vous faut peut-être quelqu'un pour le service ?

Je peux aussi rester au bar et ranger.

C'est très gentil à vous, mais nous ne manquons pas

de personnel au quotidien.

Quelle riche idée !

Ça égaierait considérablement cet endroit lugubre.

Je ferai n'importe quoi.

N'importe quoi ?

Quoi ?

Vous êtes engagée, chérie.

Je parlais à M. Kendall.

Le poste est à vous, Mlle Vivienne.

Finalement, vous avez besoin d'aide ?

On en a tous besoin.

M. Jeffries a des parts dans mon... notre établissement.

Il a donc naturellement le pouvoir...

Un peu, mon neveu.

Bienvenue, mademoiselle.

Nous pouvons commencer par le week-end.

Vendredi prochain serait parfait.

C'est réglé !

Ça mérite des félicitations.

On arrose ça ?

Non, merci. J'ai d'autres choses à faire.

Quelle heure, vendredi ?

D'autres choses ?

Pauvre de moi, éconduit et esseulé !

À trois heures, si ça vous convient ?

Pour prendre vos marques avant que ça se remplisse.

Merci, M. Kendall.

La grange de M. Jeffries avance bien ?

Oui, j'ai presque fini.

D'ici deux ou trois jours. Il reste quelques détails,

et la peinture extérieure.

J'ai engagé un ouvrier.

Tu vas gagner moins.

Oui, mais...

j'ai envie de finir vite.

Pourquoi ?

Il est temps.

Une fois que ce sera terminé,

M. Jeffries veut faire une petite soirée pour fêter ça.

Nous sommes invités.

Ce sera une soirée habillée ?

Je ne sais pas.

Je ne crois pas.

Je n'ai pas de jolies tenues.

Bien sûr que si.

Tu es toujours belle,

quoi que tu portes.

Tu es aveugle.

Il aime tellement ma grange

qu'il veut que j'en fasse une autre.

Bien plus grande.

Il lui en faut deux ?

Non, c'est pour un homme qui vit sur l'autre versant.

Il veut aussi des écuries.

C'est un gros chantier.

Et notre grange à nous ?

Moi aussi, j'ai un travail.

Comment ça ?

J'ai trouvé un emploi en ville, au saloon.

Pourquoi ?

Tu en as besoin ?

J'ai envie de faire des choses, moi aussi.

Tu ne m'as rien dit, je ne t'ai rien dit.

J'aime travailler et être indépendante financièrement.

Oui, bien sûr.

Je vais refuser l'autre boulot.

À cause du mien ?

Parce que j'envisage de m'engager.

Tu l'envisages ?

Je vais prendre la prime de 100 dollars et me porter volontaire, oui.

Ils me paieront peut-être plus, vu mon expérience militaire.

Pourquoi ?

Ce n'est pas ton problème, pas ton pays.

Maintenant, si.

Ce n'est pas que pour l'argent.

C'est le bon choix.

Il faut lutter contre l'esclavage, si on le peut.

Foutaises, Olsen !

Ce ne sera pas long.

Les hommes sont vraiment trop bêtes.

Et si je ne t'attends pas ?

Je suis un bon soldat. Ils ont besoin de moi.

Tu es trop vieux pour faire la guerre !

Oui, peut-être.

Oui.

Mais je dois y aller, voir de mes yeux de quoi il retourne.

- De quoi il retourne ? - Oui.

Sale égoïste !

Nous avons une vie ensemble.

Elle ne fait que commencer.

Vivienne...

Deviens ma femme.

S'il te plaît.

Ça ne se réglera pas avec un lot de consolation.

Non.

Tu es tout.

Tu es la mer, pour moi.

La mer, mon cul.

Elle n'appartient à personne.

Je ne me marierai jamais, ni avec toi ni avec personne.

Du pain pour le voyage.

Merci.

Je reviens le plus vite possible.

Bien.

Tu vas me manquer.

J'espère bien.

Non. Les morts n'ont pas mal.

Viens, allons le faire cuire.

Il est encore chaud.

Ça suffit.

C'est un loup, fiston.

Beau temps pour jardiner.

Je sais

que Holger nous a acheté du fumier, une fois.

Je vous en rapporte d'autre.

Merci, Weston. Je vous dois combien ?

Rien du tout.

Nous en avons trop. Je vous en donne autant que vous voulez.

Je vous aide ?

C'est gentil.

Je le ferai ce soir, il fera moins chaud.

Vous devriez clôturer vos rosiers.

Ou les cerfs les boufferont.

Je peux envoyer quelqu'un vous le faire.

Je peux me débrouiller.

Bien sûr.

Un thé glacé à la menthe ?

C'est très tentant, Mlle Vivienne.

Range ça, Ed. Y a pas de cheval à débourrer ici.

Arrête.

C'est pas vrai !

Connard !

Fiston !

Arrête.

Je t'ai dit de pas jouer ce morceau, gros con.

- Sale... - Ta gueule, Ed.

Fiston, laisse-le tranquille.

Il a dû oublier.

Pas de musique yankee ici.

Le titre, c'est "Nos généraux".

- Ceux de tout le monde. - Sauf que non.

Tu en sais quoi ?

C'est pas une chanson confédérée.

Bon, Kendall...

Puisque mes hommes et moi, on te maintient à flot,

tu vas quand même pas embêter le monde

pour cette peccadille.

Pas vrai ?

Non, M. Jeffries.

Voilà qui devrait couvrir les frais.

Pour accorder cette casserole.

Ramasse-le.

Qu'il joue un morceau acceptable.

Allez !

- Allez ! - Ta gueule !

Joue un joli morceau, Claudio.

Un joli morceau.

C'est bien.

Très joli.

Continue comme ça.

Viens !

Marre de rattraper tes bêtises.

- Lâche-moi. - Assis !

Allez, jouez !

Fin du spectacle.

Je suis entouré de demeurés.

Bonne nuit.

Je m'assure que vous êtes bien rentrée.

Comme vous voyez.

Je me comporte en bon voisin.

Inutile de tirer.

J'ai tout ce qu'il faut, M. Jeffries.

Là où il faut.

C'est dommage de rester seule un soir pareil.

Pas plus qu'un autre soir.

C'est là...

C'est là que tu te trompes, ma belle.

Je ne suis pas votre belle.

Car ce soir,

tu fais plus que me taper dans l'œil.

Tu enflammes mon désir.

Allez !

Salope !

La ponctualité est une vertu.

Je ne pensais pas avoir à vous le dire.

Mais...

considérez ceci comme un rappel...

Que s'est-il passé ?

- Bonjour, Billy. - Bonjour.

Encore une lettre pour vous.

Arrivée en diligence le mois dernier.

Merci.

Tu veux quelque chose à manger, un café ?

Merci, madame, mais il m'en reste quelques-unes à livrer.

Je dois vous laisser.

Bien sûr. Merci, Billy.

Peut-être un peu moins vite.

On réessaie.

C'est mieux.

Viens là.

Elle traînait dans les rues.

Ne laissez pas votre fille déambuler

toute seule.

Bonjour, papa. Je vais le ramener.

Merci.

Maman dit que tu devrais

inviter Vivienne à dîner demain.

Invite-la.

Allez, ne sois pas timide.

Je peux commander, bordel ?

Je viendrai te chercher bientôt.

Isabel ?

Une citronnade avant de partir ?

Non merci, Mlle Vivienne.

Allez, invite-la.

On veut vous inviter.

Ma mère vous propose de revenir dîner

demain soir.

Je te taquine, aucune obligation. Lis-le quand ça te fera plaisir.

Au revoir, maman.

Elles deviennent plus mignonnes chaque année, pas vrai ?

Mais faut qu'elle apprenne l'anglais.

J'en peux plus d'entendre ce baragouin mexicain.

C'est du français.

Pardon ?

Je joue.

Bonjour.

Tu as reçu mes lettres ?

J'ai reçu sept lettres.

La dernière était trempée, je n'ai pas pu la lire.

Tu as reçu les miennes ?

Oui.

J'en ai reçu une l'an dernier, au Nouveau-Mexique.

J'ai changé d'endroit trop souvent pour en avoir d'autres.

Tu m'as écrit que tu travaillais moins au saloon, maintenant.

Forcément.

Et la vente du cheval de somme.

Mais tu ne m'as pas parlé de lui.

Je voulais te le dire en face.

Comment était ta guerre ?

Quoi ?

Comment était ta guerre ?

Trop longue.

Pas ce que j'imaginais.

Et la tienne ?

Pas pour moi.

Il est de qui ?

De moi.

De Weston Jeffries.

Contre ma volonté.

Non ! Il est parti.

Il y a deux mois.

Il a tué un vacher mexicain de son père

et son fils de 12 ans.

M. Jeffries lui a fait quitter la ville avant l'arrivée du marshal.

Donc son père est au courant ?

Peut-être.

Peut-être pas.

Les gens parlent beaucoup.

Certains croient que Claudio est le père.

Claudio ?

Le pianiste du saloon.

C'est mon ami. Sa famille m'a beaucoup aidée.

- Donc il pourrait être de Claudio ? - Non.

Claudio est un homme bien.

Pourquoi Vincent ?

Pourquoi ?

Ce prénom.

Mon père.

Je suis allé me baigner.

Longue baignade.

Comment était l'eau ?

Bonne.

Froide.

Vous êtes respecté du fait de votre carrière militaire,

et vous avez l'air d'un homme honnête.

Il n'y a pas beaucoup besoin de faire la police, pour l'instant.

Mais avec la nouvelle activité minière, Elk Flats va grandir.

Nous voulons que la ville reste tranquille,

prospère, respectable.

Vous serez payé un vendredi sur deux.

M. Crossley sera votre adjoint, c'est approuvé.

Je peux viser l'œil d'un crotale à 20 mètres.

Je doute que cela nous serve, M. Crossley.

Il plaisante.

Pas vrai, Billy ?

Il sera payé sur vos rentrées.

Bien, monsieur.

Le travail m'attend, messieurs.

Je vous laisse vous installer.

En plus du bureau et des chaises, nous vous fournissons deux fusils,

trois paires de menottes

et les clés de l'entrée et de la cellule.

Veuillez signer cet inventaire et me le retourner.

Bonne journée.

Merci.

Merci, M. le maire.

Mets ça.

Merci, Holger.

Tu veux m'aider ?

Viens.

J'ai travaillé tout seul pendant longtemps.

J'ai besoin d'un bon apprenti.

Tu as le marteau ?

Allez, monte !

Bonsoir, Alan.

C'est une bien belle soirée.

Un peu calme, peut-être.

Un verre ?

Je ne suis plus en service, après tout.

Pas de mineurs, ce soir ?

Non.

Ils vont tous débarquer vendredi, jour de paie.

Le filon au nord de Ferris Canyon est prometteur, paraît-il.

Le maire et M. Jeffries

contrôlent toutes les concessions de la crête occidentale.

Ils font venir une société de l'est.

De gros investisseurs.

Ah oui ?

Ça va vous faire de l'activité.

La seule ville de la région avec un magasin, et j'ai le seul saloon.

En effet.

Au progrès.

Bonsoir.

Servez-moi.

Bonsoir, Billy.

Bonsoir, shérif.

Tu n'as rien à faire ici, Weston.

On devait venir te chercher à un moment propice.

J'ai le droit.

Tu devais rester à distance jusqu'à nouvel ordre.

Je veux ma part.

Tu l'auras.

Ne vous inquiétez pas, Rudy.

Il va rester là le temps qu'on s'organise. Fiston...

Quand on sera prêts,

tu pourras te débarrasser de Kendall

et on pourra faire ce qui nous plaît.

Mais planque-toi, d'ici là. Personne n'a oublié

le meurtre des Mexicains.

Ils m'ont braqué !

Ce n'est pas la rumeur.

J'emmerde la rumeur ! Et ce trou à rats.

T'es un homme mort.

On a besoin de ce trou à rats, mon garçon.

C'est notre poule aux œufs d'or.

Tu crois que tu peux me traiter comme tous les ratés d'ici ?

Je suis pas un de tes laquais.

Je reste comme deux ronds de flanc

en voyant l'être abject que tu es devenu.

Je vais t'exploser la rondelle.

Tu es fou à lier.

Viens, fiston. On va s'en coller une bonne.

Vous aussi, M. le maire.

Je gardais du bon whiskey irlandais pour le retour de ce fêlé.

Attends-moi là.

Vincent !

Merde...

Vincent !

Sacrés bois.

Couche-toi !

Merci, mon grand.

C'est pour moi ?

Assieds-toi.

Où je pourrais les mettre ?

À l'intérieur.

Je peux les poser là pour les admirer ?

C'est gentil d'aider ta mère.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ça ne va pas ?

Allez-y.

Ça va aller.

L'hémorragie interne semble récente.

Elle est peut-être due à un ulcère.

Je l'ai jugulée pour le moment.

Il y a autre chose.

Elle a la syphilis.

On l'appelle aussi vérole

ou maladie vénérienne.

Je sais ce que c'est.

Tant mieux.

Je dois vous demander de me dire franchement

si vous avez détecté des symptômes chez vous.

Lesquels ? Non.

Je ne crois pas.

Des éruptions cutanées

sur le torse,

sur les parties intimes.

Surtout là.

Non, je n'ai jamais rien eu de tel.

Vivienne

a ces symptômes.

Je dirais

qu'elle est à un stade avancé de la maladie.

Vous-même, vous êtes à risque.

Si vous n'êtes pas encore contaminé, vous allez l'être.

Elle a aussi pu le transmettre

à l'enfant.

Vincent va être malade aussi ?

Pas forcément. Le temps le dira.

Demain...

je vous donnerai un flacon de chlorure mercureux.

Il permet d'enrayer la maladie,

pour un temps.

Mais il n'empêchera pas sa progression indéfiniment.

À son réveil,

essayez de lui donner de la soupe.

Je le ferai.

Je vous dois combien, docteur ?

Le prix du chlorure mercureux, demain.

Rien pour la visite, Holger.

Merci.

Ma mère,

elle m'a toujours ouvert la fenêtre

pour que je m'envole.

Elle me faisait confiance pour rentrer avant la nuit.

Je n'aurais pas dû partir.

Tu avais besoin de partir.

Tu en avais envie.

N'oublie jamais.

Une partie de nous

vit en Vincent.

Mais il est lui-même avant tout.

Je ne suis pas son père.

Laisse-moi dormir un peu.

Tiens, tiens.

Ma parole, Holger Olsen.

Bien le bonjour.

Je vais vous éjecter de la selle, ton môme et toi.

Rien ne t'y oblige.

Je ne te suis pas.

Ça y ressemble, pourtant.

On voyage, c'est tout.

Vers l'ouest.

Envoie tes armes.

Toutes tes armes.

Pourquoi ?

Donne !

Tout doux.

Fais pas de bêtise.

Le surin aussi.

Viens !

Attends là.

Viens, mon grand.

Pute...

Fils de pute.

Bonjour, Little Man.

Commence ici.

En haut. Donne-moi ta main.

Tu pars du haut et tu descends comme ça.

Comme ça.

À toi de jouer.

Pars du haut.

Extérieur, intérieur,

tu tournes et tu reviens.

Très bien. J'aime celui-ci, il est excellent.

Réessaie.

Refais-en un comme ça.

Peut-être un peu plus gros.

Tu tournes...

Parfait.

De l'eau, et encore de l'eau.

De celui-ci.

Adaptation : Anaïs Duchet

Sous-titrage : TRANSPERFECT MEDIA

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