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Original subtitles

Voici le village. Voici notre petit monde.

En haut de l'Italie, entre le fleuve et la montagne.

L'hiver c'est le royaume des eaux, l'�t� celui du soleil.

Il exasp�re les passions,

mais sous sa lumi�re, les plus graves conflits

gardent un air de gentillesse.

On s'en veut, mais on reste des hommes.

Il se passe ici des choses qui ne se passent nulle part ailleurs.

Nous sommes � la fin du printemps de 1946.

Le village a vot� pour �lire son conseil municipal.

Le parti rouge contre le parti noir.

Les rouges, communistes en t�te, ont remport� la majorit�.

Fanfare

J�sus, voyez o� nous en sommes, ils d�filent.

Ils vont venir dans votre maison vous marcher sur la figure.

Je leur ai dit ce que je pensais d'eux.

Y en a un qui m'a saut� dessus la nuit et donn� des coups de b�ton.

Tu t'es laiss� faire ? Tu as raison.

J'avais des �ufs dans la main et je cherchais � les pr�server.

Il faisait nuit, j'ai pas pu voir qui c'�tait.

Mais si je le sais un jour...

On pardonne � ceux qui nous ont offens�s.

Et une petite racl�e ne te fait pas de mal.

Il vaut mieux ne pas faire de politique chez moi.

Sans vous critiquer, � votre place,

j'aurais pas laiss� Peppone devenir maire.

Ses conseillers ne savent ni lire ni �crire couramment.

Des illettr�s pour diriger la commune !

Ils n'ont pas pu aller � l'�cole.

Ils �taient aux champs. Le pays est dur.

A qui la faute ?

Ce qui compte, c'est ce qu'il y a dans le c�ur et dans la t�te.

Avec vous, on peut pas discuter.

Fanfare

Ecoutez ! Et c'est moi qui leur ai appris la musique !

L'Internationale

Bravo ! Alors, tu applaudis?

Vive Peppone ! - Vive Peppone !

Bravo !

Celui-ci, c'est l'avocat Spiletti, le seul �lu de l'opposition.

Et voici Mme Cristina, l'ancienne institutrice.

A 85 ans, elle vit de souvenirs et de l'air du temps.

Ce qu'ils regardent, c'est pour eux le d�but de la fin du monde.

Attendre pour rentrer ? Mais elle n'a pas peur !

Elle les conna�t ces vauriens. Elle leur a, il y a longtemps,

tir� les oreilles.

Brouhaha

All�. C'est pas assez fort, mets-y de la sauce !

Faut qu'on entende !

All� ! All�, all� !

C'est la lutte finale.

All�, all� !

Vous entendez, Seigneur?

Ils l'ont tourn� de l'autre c�t� expr�s.

Violation de domicile.

Que veux-tu qu'on y fasse, c'est le progr�s.

All�, all�, c'est la lutte finale.

Bonjour, Mme Cristina.

Qui es-tu ? - Gina Filotti.

Vous ne me reconnaissez pas ?

Gina !

Par exemple.

Maintenant, c'est moi qui l�ve la t�te pour te voir.

Je me fais petite.

Vous �tes toujours pareille. - �a va...

Tu as bien travaill� en pension? - Oui.

Tu reviens un bien mauvais jour.

Camarades !

Avant de donner la parole aux camarades de la ville...

Pour c�l�brer avec nous le triomphe du peuple et de la d�mocratie.

Acclamations, applaudissements

Je tiens � vous annoncer une bonne nouvelle.

Dans quelques jours, nous commencerons � construire

la maison du peuple !

Acclamations

Elle contiendra une biblioth�que avec des vrais livres !

Une salle des f�tes, de cin�ma, et de repos.

Et encore bien d'autres choses, et ce sera votre maison !

Une maison du peuple ? O� prendra-t-il l'argent ?

Et maintenant, je passe la parole

au camarade d�l�gu� !

Camarades !

Je n'ai pas � vous f�liciter.

Ni � f�liciter le camarade Giuseppe Bottazzi,

notre ami Peppone !

Acclamations

Avec l'�crasante victoire sur les ennemis du peuple !

Cette victoire �tait fatale !

Reste ici, ce n'est pas ton affaire.

Ici seulement, tu fais ce que tu veux.

Ici, je peux?

Naturellement, tu es chez toi.

Il va rester dans la l�galit�.

Et nous y resterons !

Suite du discours

Cloches

C'est quoi ?

C'est Don Camillo.

Il faut le faire taire. - Suffit de bombarder le clocher.

Avec de l'artillerie lourde.

Il faut tirer sur lui � travers le campanile.

Il faudrait �tre s�r de l'avoir du 1er coup.

Sinon, il va tirer aussi, �a fera du vilain.

Pourquoi s'arr�te-t-il ? Il va le laisser parler.

J'ai toujours dit que c'�tait un pr�tre bolchevik.

Celui qui porte le drapeau, c'est pas Mariolino?

Le drapeau ? Mais oui, c'est lui.

Un rouge des rouges. Son p�re est l� aussi !

Une jolie famille de sanguinaires.

Vous avez entendu ?

Nous ne tol�rerons pas de telles incartades

� la libert� de parole !

Ceux qui se cachent

et qui cherchent � tromper le peuple...

Cloches

Fanfare

Ils vont prendre l'�glise d'assaut !

Ah, je ne verrai pas �a !

Musique vive

Oh, Gina, c'est toi?

Comme tu es devenue ! Une femme !

Qu'est-ce que tu crois que je suis, une ch�vre ?

Tu en avais l'air d'une.

On se revoit ce soir?

Tu parles ! Va rejoindre ta bande d'assassins !

Va rejoindre ton capelan, dans son nid de chouettes !

Musique vive

Camarades...

Un camarade de plus !

Acclamations

Il est beau ! Il te ressemble !

Musique joyeuse

Il est heureux de cette joie qui vient d'arriver

� son vieil ennemi Peppone.

Les deux veulent faire le bonheur des habitants.

La mani�re est diff�rente.

Ensemble � la guerre, ensemble au maquis,

mais ils ne manquent jamais une occasion de s'affronter.

Carillon

Une nuit, une vieille cahute, "la maison vieille",

se mit � flamber.

Tout le village accourut voir br�ler ce tas de pierres

o� il n'y avait rien � br�ler.

Y a personne dedans !

Brouhaha

Je veux savoir pourquoi ces pierres br�lent.

Don Camillo !

N'allez pas plus loin.

De quoi tu te m�les ? - C'est idiot, c'est dangereux.

Mais c'est des pierres !

Il peut y avoir autre chose.

Et quoi ?

J'en sais rien. - Tu crois?

Je crois rien.

�a t'emb�te que tes r�volutionnaires

voient que le pr�tre r�actionnaire est courageux.

Arr�te, Peppone.

On va voir qui a peur.

Explosion

J'aurais mieux fait de vous laisser avancer.

J'aurais vu sauter le plus noir des r�actionnaires.

Je savais que dans la cave de la maison,

il y avait 6 bidons d'essence, 95 fusils,

300 grenades, 2 caisses de munitions,

7 mitraillettes et 3 quintaux d'explosifs.

�a t'�tonne?

J'ai fait l'inventaire de ton d�p�t et mis le feu � l'essence.

Je devrais vous assommer.

Oui, mais m'assommer,

c'est pas facile.

Au fond, vous m'avez rendu service.

Cette marchandise me pesait sur la conscience.

Vous avez dit qu'il y avait 7 mitraillettes. Il y en avait 8.

Qui a pris la 8e?

C'est moi.

Quand la r�volution prol�tarienne �clatera,

tiens-toi loin du presbyt�re.

Nous nous retrouverons en enfer.

Cela durait depuis des ann�es.

Si Camillo ne pouvait dig�rer son attaque par un myst�rieux agresseur,

Peppone n'oubliait pas les cloches qui avaient salu� son �lection.

Et un beau matin que le sacristain...

Cloche

Explosion

Qu'est-ce que c'est ? - Je crois...

Hier, j'ai vu... - Qui ?

Le, le, le... Peppone !

C'est comme �a qu'il prend soin des �difices publics ?

Au lieu de r�parer la l�zarde du clocher,

il d�truit !

En le voyant sortir,

je croyais qu'il venait de se confesser.

Se confesser ? - Oui !

Je vais lui donner l'absolution, moi !

Explosions

Camillo, jette �a.

Comment ? - Jette �a.

C'est du peuplier. C'est l�ger, souple.

Va jeter �a, ne pense plus � Peppone.

Comment ne plus y penser ? Si on m'envoyait sa femme...

Qu'est-ce que c'est ?

C'est pour un bapt�me, M. le cur�.

Qui l'a fait ? - Moi !

Avec votre mari ? - Naturellement !

Avec qui d'autre ? Vous ?

Dans votre parti, on est pour l'amour libre !

Oh !

Comment on va l'appeler ?

L�nine Liberio Antonio.

Alors, allez le faire baptiser chez les Cosaques.

Allons.

Cette fois, je les ai pas manqu�s.

Rappelle-la, et baptise son enfant !

Mais le bapt�me, c'est pas une plaisanterie.

Je sais, c'est moi qui l'ai invent�.

Si l'enfant mourait, par ta faute il n'irait pas au paradis.

Mais il est rose et frais comme une fleur.

Bon, �a va, j'ai toujours tort. Je vais arranger �a.

Je sortirai quand mon fils

sera baptis� avec le nom que j'ai choisi.

La mairie c'est en face. Ici, c'est l'�glise.

J'ai le ventre d�licat, hein.

Depuis la balle re�ue quand on �tait au maquis.

Pas de coups bas.

N'aie crainte, je les passerai � l'�tage sup�rieur.

Cloches

Quelle heure il est ? - J'en sais rien.

Comment te sens-tu ?

�a va, vous avez gagn�.

�a, c'�tait pour le bapt�me, celui-l� pour les p�tards.

Les p�tards ? - Fais l'innocent !

Vous �tes juste bon � d�truire.

Et �a parle de construire une maison du peuple.

Pleurs de b�b�

Tais-toi, graine de bolchevik.

Guili, guili, guili.

Tiens, il sera plus intelligent que son p�re.

O� prendras-tu l'argent pour construire la maison du peuple ?

On le trouvera.

C'est pas le village qui va t'aider.

Depuis 10 ans que je veux cr�er cette cit� jardin...

Vous les promesses, �a vous co�te rien.

Alors, on le baptise, ce tr�sor?

Comment on va l'appeler ?

Liberio Antonio Camillo.

Camillo ?

Oui.

Tu peux ajouter L�nine.

Avec Camillo � c�t�, ces gens-l� n'existent plus.

Veuillez pr�senter l'enfant.

Le parrain, c'est le vieux Giro, de la Bruciatta,

le grand-p�re de Mariolino.

Leur domaine est plus pel� que le cr�ne d'un mort.

Si on y semait de la dynamite, elle pousserait.

Mais le vieux Giro et son fils s'obstinent � y semer du grain.

Mariolino !

De l'autre c�t� du mur,

chez les Filotti, les parents de Gina, la terre

est belle, il suffit de la caresser pour que le bl� pousse.

La pauvret�, la richesse, le soleil,

la politique, il n'en faut pas plus pour se ha�r.

Alors, ils ont construit le mur, pour �viter des malheurs.

En plein jour !

Mon p�re va m'�trangler.

T'es pas venu, l'autre jour. Je suis venue tous les soirs.

Lundi, tu m'as envoy� promener.

Oh, c'�tait rien, c'�tait la col�re.

Tu es beau.

Tu as de la barbe, maintenant.

Tu as couru? Tu es chaude comme une braise.

Non, je n'ai pas couru.

Ces deux-l�, c'est Rom�o et Juliette.

D�s leurs amours d'enfants, leurs familles

se sont mises en travers. Le mur n'�tait pas construit.

La querelle des m�res s'�tendait � la querelle des p�res,

celle des p�res, � toute la domesticit�,

et culminait par la querelle des grands-p�res, tr�s acharn�s.

Ton Peppone est un bandit !

Ton cur� donne envie de se faire musulman !

Tu l'es d�j� ! Pirate, barbaresque !

Gina !

Ouille, mon grand-p�re. Il va m'arracher les cheveux !

A ce soir ? - A ce soir.

Gina ! - Oui !

Gina !

Qu'est-ce que tu fais ?

Je suis all�e voir les pommes.

Les pommes ne te feront pas passer ton examen. Va travailler !

Ce vieux fada a encore l�ch� ses pigeons.

Coup de feu

Assassin !

Dis, il te g�nait,

� passer au-dessus de ta terre ?

Il m'enl�ve le soleil.

Le soleil n�est pas fait pour les sauvages.

Quand il te voit, il se fait une �clipse.

Tire encore et je br�le ta baraque.

Ce qui vient de chez toi, je tire dessus !

Va le faire cuire avec les cailloux de ta terre maudite !

Garde ta victime, assassin !

Mange-la, et qu'elle t'empoisonne !

Crapule ! - Voyou, profiteur, bandit !

Tu me l�ches? Tu me l�ches?

Le pigeon n'a pas �t� perdu pour tout le monde.

Gina l'a port� � Mme Cristina, qui lui a fait un sort.

Mme Cristina a enseign� 50 ans � l'�cole du village.

A sa retraite, le village lui a offert un r�veil.

Depuis, elle �coute le r�veil en attendant que le gouvernement

veuille bien lui faire une pension.

On frappe � la porte.

Qui est l� ?

C'est moi.

Et ceux-l�, qui c'est ?

Des amis.

On vient parler de choses importantes.

Ah.

Entrez.

Et alors ?

On a fait les �lections, les rouges ont gagn�.

Je sais.

Vilaines gens.

C'est nous !

Vilaines gens quand m�me.

On sait ce qu'on veut. Pas besoin de formules.

Mais il faut �crire � l'administration,

c'est pour �a que nous sommes venus.

Il n'y a qu'� vous que nous pouvons le confier.

Bien s�r on vous paiera.

Me payer?

Nous venons le soir, en passant par les champs,

et vous nous faites faire des r�visions,

vous corrigez nos fautes.

Il est bien temps. Vous n'avez pas honte?

Au lieu de travailler quand c'�tait le moment.

A qui la faute ? Vous le savez bien.

On allait plus souvent aux champs, �a ne nous amusait pas.

Qui es-tu, toi ?

Le Brusco de la Bruciatta.

Un supp�t de Satan !

Mais tu as raison. Ce n'�tait pas votre faute.

Coups secs

Assis.

Et le petit Jos�, il a fini de faire ses dents?

Oh oui, Mme Cristina. Il va se marier !

Et Bertrand, ta belle-s�ur, toujours aussi mauvaise ?

Encore plus en vieillissant !

Coups secs

Toi, va-t'en.

Tu m'en as fait trop voir.

Moi ? - Oui, toi !

Vous ne pouvez pas, Mme Cristina.

Un bandit qui venait � l'�cole des grenouilles plein les poches !

Il est m�me arriv� sur une vache !

Mais Mme Cristina, c'est le maire !

Maire ou pas maire, va-t'en !

Ou je te peigne le cr�ne � coups de r�gle.

Dehors !

Je lui en ai fait trop voir.

Ne reviens pas, m�me si tu deviens ministre de l'instruction publique !

Bonsoir, Mme Cristina.

Peppone est un �ne.

Cloches

Peppone veut que j'en tire quinze affiches.

Ecoutez ce charabia.

Premier et dernier avis.

Une main anonyme a �crit une insulte

sur notre journal mural.

Que ce malotru se le tienne pour dit.

S'il ne cesse pas, il se repentira trop tard.

Toute patience a ses limites.

Le maire, secr�taire de la section, Giuseppe Bottazzi, dit Peppone.

Quelle provocation ?

Tu sais de quoi il s'agit ?

Quand il placarde quelque chose, comme c'est plein de fautes,

quelqu'un �crit: "Peppone est un �ne".

Evidemment, c'est la v�rit�.

Quand on est un �ne, on ne fait pas afficher de proclamation.

Celle-l� va faire encore bien rigoler.

Je me sauve, je dois aller les tirer.

Bonne nuit, M. l'archipr�tre.

Bonne nuit.

Peppone est un �ne.

Et toi, qu'est-ce que tu es ?

Ce que je suis ? Comment �a, Seigneur ?

Quand tu es all� chercher ce cigare dont il te reste une moiti�,

tu ne t'es pas arr�t� pour lire le journal mural?

Pour lire, non.

Jeter un coup d'�il.

Tu n'as rien lu d'extraordinaire?

Non, il n'y avait rien.

Excusez-moi J�sus, on me demande au presbyt�re.

Reste ici. Quand tu t'es arr�t�, il n'y avait rien.

Mais quand tu es parti...

Il me semble que quand je suis parti,

il y avait quelque chose de griffonn� en bas � droite.

Je vous assure qu'on m'attend.

Te moquer d'un homme qui n'a que son certificat,

parce que tu sais 4 mots de latin.

Tout le village va se moquer de lui, maintenant.

Tiens, �coute ce que tu as fait.

Rires, exclamations

Peppone est un �ne, ha ha !

Peppone est un �ne !

Peppone est un �ne !

J�sus, j'ai pas voulu �a, qu'est-ce que je dois faire?

Que celui qui a p�ch� fasse p�nitence.

Sainte Vierge, aidez-moi. - C'est du ressort de mon fils.

Mais vous �tes sa m�re.

Bon... Eh bien, je vais essayer.

Vous me jugez mal, J�sus. Tenez, ce demi-cigare,

je n'ai pas de quoi en acheter un autre.

Eh bien, regardez.

Tr�s bien, Camillo

j'accepte ta p�nitence.

mais fais dispara�tre les morceaux. Tu les fumerais dans ta pipe...

Bonsoir, M. l'archipr�tre. - M. le maire, bonsoir.

Pas le maire, le chr�tien. Je viens me confesser.

Dieu soit avec vous, mon fils.

Vous avez besoin de sa sainte b�n�diction.

Depuis quand vous �tes-vous confess� ?

Euh, depuis 1918.

1918.

Imaginez le nombre de p�ch�s que vous avez d� commettre.

H�las...

Venez, mon fils.

Peppone eut vite fait de vider son sac.

Le dernier p�ch� fut difficile � passer.

Il y a 2 mois, quand vous portiez des �ufs,

je vous ai battu avec un b�ton.

C'�tait vous, mon fils? - C'�tait moi.

Le b�ton �tait de ch�ne vert, tout frais coup�.

Dix Pater et dix Ave.

Latin

Amen.

J�sus, je le pulv�rise.

Pas question.

Tu dois lui pardonner.

Laissez-moi lui casser ce cierge sur le dos.

Tes mains sont faites pour b�nir, non pour frapper.

Les mains sont faites pour b�nir, mais les pieds ?

Bon, nous sommes quittes. N'en parlons plus.

Je ne vous ai pas tout confess�.

Et moi qui t'ai donn� l'absolution !

Ce sont des petites fautes.

Ne devez-vous pas corriger les erreurs de vos p�nitents ?

C'est notre devoir. - Alors, voil�.

Citoyens ! - Chut.

Dans le moment que nous saluons la gloire de notre liste,

il importe...

Je r�ponds plus de mes actes. - Moi, si.

Je travaille pour la r�volution !

Tu travailles pour l'orthographe et la syntaxe.

Bon. Venez par ici, avec votre litt�rature.

Voil�.

Euh...

Il y a qu'une chose que je comprends pas.

"Nous voulons faire agrandir les �coles".

Vous avez rajout�:

"Et de faire r�parer le clocher de l'�glise".

C'est une question de r�gle grammaticale.

Votre clocher a de la chance !

Nous devons renoncer � l'espoir qu'il vous tombe sur la t�te.

On s'incline devant la volont� de Dieu.

A la bonne v�tre.

Tu sais, celui... Enfin, le vaurien

qui �crit ces insanit�s, je sais qui c'est. �a n'arrivera plus.

Tant mieux pour lui.

Car le b�ton de ch�ne vert... Je l'ai conserv�.

Bonne nuit, M. l'archipr�tre. - Bonne nuit.

Cette maison du peuple, �a marche? - Oh, �a va...

Il a m�me pas de quoi acheter la premi�re pierre.

D'o� sors-tu ce cigare, Camillo ?

Peppone en avait deux dans la poche...

Il est partisan du partage des richesses.

Don Camillo put enfin r�ver en paix � sa cit� jardin.

Terrain de sport, man�ges, balan�oires.

Et peut-�tre une jolie piscine.

Le maire prie l'archipr�tre d'honorer de sa pr�sence

la c�r�monie sociale, demain � 10 h

place de la Libert�. Voil�.

Quelle c�r�monie ?

Je sais pas.

J'irai pas. Va dire au camarade maire

que je veux plus entendre ses sornettes.

Je les connais par c�ur.

Y aura pas de politique, mais de l'action sociale.

Vous ne connaissez rien � la d�mocratie.

Dans ces conditions j'irai.

Le chef a dit de venir avec vos outils.

Mes outils ? - Oui, y aura des trucs � b�nir.

Une c�r�monie de caract�re social ?

Fanfare

Camarades, chers concitoyens,

je suis heureux de poser la 1re pierre de cette maison du peuple,

qui dressera bient�t au c�ur du village

le symbole de notre volont� d'action et de progr�s social.

Acclamations

Latin

Amen.

Notre bien-aim� archipr�tre va nous faire l'honneur

de dire quelques mots.

Mes chers amis, je voudrais pouvoir vous faire conna�tre exactement

le bonheur que j'�prouve, la joie que je dois � M. le maire

de m'avoir convi� � cette c�r�monie.

Merci.

Applaudissements

Musique joyeuse

Don Camillo perdit le sommeil.

O� Peppone avait-il trouv� l'argent ?

Enfin une nuit, il crut avoir devin�, et le lendemain...

Coups m�talliques

Ces pieds ont-ils l'honneur d'appartenir � M. le maire ?

�a vous ferait mal, de laisser tranquille les gens qui travaillent.

Je suis venu vous f�liciter pour la maison du peuple.

ciel, je n�ai pas pu, il y avait trop de monde.

On peut pas tout dire.

Ce qui se dit pas se devine. - Pas tout...

Tu vas revoir le devis de ta maison du peuple. C'est trop cher.

Y a une autre d�pense aussi urgente.

Vous �tes malade?

Non. Tu te rappelles cette vieille histoire au maquis?

Quand on a attaqu� la colonne qui s'enfuyait.

Ce camion qu'on a captur�, qui contenait le tr�sor de guerre

et de pillage de la division ?

Le lendemain, on a envoy� Brusco et Smilzo

conduire le camion en ville pour le remettre aux autorit�s.

Rappelle-toi comment ils sont revenus.

Et dans quel �tat !

Trois auto-mitrailleuses qui leur ont pris le camion.

Vous insinuez quoi ?

Cette nuit j'ai r�v� qu'il y avait pas d'auto-mitrailleuse

et que le tr�sor �tait pas perdu.

C'est toujours pareil !

Vous essayez de nous d�shonorer !

Crie pas, tu vas te faire p�ter une veine.

Ta m�moire fiche le camp, t�che de la rattraper.

C'est un re�u

et une attestation.

En trouvant les camions, on a r�cup�r� 10 millions.

Ils seront pour le peuple. Nous n'avons rien touch�.

Si certains en doutent, je sais comment m'y prendre avec eux.

Vous pensez?

Il y a pas lieu de se disputer.

Peut-�tre qu'au fond, nous sommes d'accord.

10 millions de r�cup�r�s, donc 7 pour la maison du peuple,

3 pour la cit� jardin des enfants du peuple.

Laissez venir � moi les petits enfants.

7 et 3, total 10 millions.

Je r�clame que ce qui me revient.

Don Camillo put lui aussi poser sa 1re pierre.

Mais les 2 chantiers ne donn�rent pas de travail � tous.

La terre italienne ne peut nourrir ses enfants.

La s�cheresse n'arrangea rien.

Les ch�meurs attendaient des solutions de Peppone.

Il avait convoqu� les propri�taires terriens et les riches fermiers.

Mais ils invoquaient la loi.

Ils n'y �taient pour rien.

Et ce qu'on doit reconstruire !

Les 20 kms de canal d'irrigation � creuser !

�a fait du travail pour tous.

La commune n'a pas d'argent pour commencer.

Alors, voil� ce que j'ai d�cid�.

Une taxe sur la terre de 1000 lires par hectare

pour financer les travaux.

Si vous refusez, expliquez-vous avec ceux qui ont faim !

Pour chacun d'eux, c'�tait une forte somme.

Pour Filotti, �a ferait 200 000 lires.

Son refus entra�na celui des autres propri�taires.

Du coup, j'ordonne la gr�ve des ouvriers agricoles.

On verra bien qui travaillera votre terre.

Et le travail s'arr�ta sur tout le territoire de la commune.

Musique oppressante

Le 3e jour de gr�ve, on entendait les vaches de Filotti � 1 km.

Les piquets de gr�ve interdisaient de s'occuper des b�tes.

H� !

O� vas-tu ?

Chercher du lait de mes vaches pour cuisiner.

Pas la peine.

Tu ne pourras pas entrer.

Tu es fier de ce que tu fais?

Ecoute-les, �a te fend le c�ur ces pauvres b�tes.

Leurs mamelles doivent �tre dures comme la pierre.

T'as pas honte?

La femme de Castaldi n'a plus de lait.

Elle mange rien, son mari est sans travail.

Elle a d� mettre le petit Francesco � l'hospice.

D'autres gens ont faim. Y a pas d'autres moyens.

Si les vaches doivent crever, qu'elles cr�vent !

H�, toi !

H� !

H� !

O� tu vas ?

Doucement, attention avec ton machin.

C'est d�fendu d'aller plus loin.

Il faut bien que j'y aille.

La rousse a besoin de moi.

Elle va faire son petit, je dois l'aider.

Elle doit le faire aujourd'hui, laisse-moi passer.

Le fils de Gisela m'a dit que le raisin �tait tout pourri !

Oui, Brusco l'a dit � mon mari.

Peppone a demand� des renforts de la ville !

Ils vont venir avec des mitrailleuses !

C'est le comble !

Il n'a pas pu entrer. Mariolino a voulu tirer.

Sur qui ? - Giacomo.

Le vacher des Filotti.

Et la rousse qui va faire son veau, elle va crever !

Elles ont des mamelles comme �a !

Il y a des limites.

Les bandits ! - Dieu les punisse !

Oui !

Vieilles folles ! Les responsables, c'est les propri�taires.

Ces �go�stes ! Ce Filotti de malheur !

Qu'ils flambent en enfer comme du bois sec !

Pardonnez-moi, J�sus.

Je me suis �nerv�, je sais que vous n'envoyez personne en enfer.

Mais on va pas laisser crever des vaches !

Oh !

Meuglements

Seigneur, faites que quelqu'un ne m'attende pas de l'autre c�t�.

Qui va l� ?

R�pondez ou je tire.

Moi aussi je tire.

Tiens, �a m'aurait �tonn�.

Elle te pla�t, cette musique?

Attends que les vaches cr�vent !

La mal�diction des pays agricoles.

A la ville, il suffit de fermer l'usine.

Mais quand une vache meurt...

Restez l� !

Arr�tez, ou je vous transforme en passoire.

Peppone est born�, mais ne tire pas dans le dos des pr�tres.

Meuglements

Qui va l� ? - La paix, c'est moi.

Va faire un tour � la laiterie.

Non, non, non !

Cette �table, tu veux en faire un cimeti�re?

Te fais pas remarquer.

Allez !

Allez !

Allez.

Je m'occupe de la rousse.

Occupe-toi du foin. On leur donnera � boire.

Non ! - Chut !

Non, non !

Meuglements

Musique tendue

Ils travaill�rent comme des b�ufs.

Quand ils eurent fini...

Musique intense

Il fallut attendre la nuit.

J'ai une faim ! J'avalerais un �v�que.

C'est dur � dig�rer.

A la tienne.

Elles gueulent plus ce matin?

Elles doivent �tre en train de crever.

Elles ont d� crever, toutes.

Toi, va au village. Rapporte-moi 50 litres de d�sinfectant.

Oui, patron.

Il y en a d'autres qui cr�veront avant que je c�de.

Mais la patience des cr�ve-la-faim eut raison de l'�go�sme.

La gr�ve prit fin. Les renforts de la ville arriv�rent trop tard.

Comment, c'est fin ? C'est pas possible !

C'est la lutte finale

Groupons-nous et demain

L'Internationale...

Il faisait chaud. Il ne leur restait qu'une chose � faire.

Brouhaha

Un cur� de course !

Tu vas voir ta belle?

Rires

Je me laisse pas provoquer. D'ailleurs, �a s'adressait � moi?

Ils vont voir.

Moqueries

Tu vas te prendre le pied dans ta robe !

Rires

Oh, peuch�re !

Brouhaha

Je reconnais qu'ils se sont mal conduits.

Tout de m�me, il en a �cras� 15 !

Le village ne peut pas supporter �a.

Il a fait le rouleau compresseur.

Je comprends.

C'est un danger pour le village, n'est-ce pas ?

Je vais le changer de paroisse.

Cela me para�t in�vitable.

Excusez-moi.

Eh bien tenez, je vais vous envoyer Don Pietro.

Don Pietro ? - Oui, ce jeune abb�.

Il ne fera pas de mal.

Cette demi-portion ? - Oh !

Si je lui donne une gifle, je l'envoie � un m�tre.

Donc Camillo ne bougerait pas d'un centim�tre !

Pourquoi lui donner une gifle ?

Ce semblant de pr�tre, c'est pour le couvent !

On dirait un porte-manteau !

Vous ne jugez pas la valeur d'un pr�tre

au m�tre et au poids ?

On n�est pas des sauvages,

mais l'�il veut aussi sa part.

En fait... - Tais-toi, tais-toi.

Ne nous enlevez pas Don Camillo.

Faites-lui juste comprendre

qu'il ne doit pas faire de politique ni aplatir personne.

Une bonne semonce, quoi.

Entendu, mes enfants.

Il l'a m�rit�.

Merci, Monseigneur.

Il ne te suffit plus de faire voler les bancs,

mais aussi les tables !

Un moment de faiblesse...

Je suis au courant.

Un homme de Dieu doit pr�cher l'amour, la douceur,

pas lancer des tables sur les gens !

Honte ! Et ne me fais pas croire que tu �tais seul.

C'�tait un guet-apens.

Un homme seul ne peut assommer 15 individus.

J'�tais seul, je vous jure.

La table est tomb�e sur eux, ils �taient entass�s,

une table comme �a.

Comme celle-l� ?

Sifflement impressionn�

Soul�ve-la.

Comment ? - Soul�ve-la.

J'oserais jamais.

Si tu as dit la v�rit�, prouve-le.

Allez, allez !

Lance-la !

Comment ?

Lance-la !

H� h�...

Mon pauvre Don Camillo, tu ne seras jamais �v�que.

Qu'arrive-t-il ?

Vous �tes bless�? Non.

Ce n'est rien.

Don Camillo m'a fait mettre en col�re,

j'ai perdu patience.

Don Camillo emporta son pardon,

et la promesse que l'�v�que inaugurerait la cit� jardin.

En attendant, la maison du peuple s'�levait tout doucettement.

M. le cur� cherche quelque chose?

Non, je passais.

�a se monte pas vite, cette maison du peuple.

C'est un immeuble, pas un dirigeable.

Dans 3 semaines, j'inaugure.

Quoi ?

La cit� jardin.

La cuisine n�est pas creus�e !

Tu espionnes?

Non, je constate.

Mon terrain de foot est pr�t. Je l'inaugure !

Vous inaugurez par morceaux?

T'en as un de morceau, toi?

Vous f�chez pas, M. le maire.

Je ferai pas de c�r�monie.

Faisons marcher votre �quipe Dynamo contre mon �quipe La gaillarde.

Vous voulez inaugurer par une d�route?

D'accord ? - D'accord.

Faites entra�ner vos enfants de Marie.

On vous verra � la procession?

Je n'ai jamais manqu� la b�n�diction.

Je viendrai avec la section du parti.

et le drapeau.

Pas votre drapeau ?

Pourquoi ? Sa couleur vous fait mal aux yeux?

C'est un drapeau politique. Pas la procession.

Pas de drapeau, ou personne !

Vous faites de la dictature !

Voil� ce que j'en fais, des dictateurs !

Attention, tu d�molis ta maison au lieu de la construire.

Puisqu'il ne pouvait venir avec son drapeau,

Peppone boycotta la procession.

Il pr�vint que ceux qui tenaient � leur peau

feraient mieux de ne pas y aller.

Ils vont envoyer des bombes ! Avertissons la gendarmerie !

A moi, ils ne m'ont rien dit.

Vacarme

Oh, mon dieu.

Il est pr�f�rable de rentrer � la maison.

Brouhaha

Au revoir, M. l'archipr�tre.

Rentrez chez vous.

C'est pas une journ�e pour les enfants.

Alors, on y va?

Le fleuve doit �tre magnifique. J'aimerais le voir.

Allons-y, Seigneur.

Ils auraient pu la faire plus l�g�re, cette croix.

A qui le dis-tu. Moi qui ai d� la tra�ner...

Et je n'avais pas ta carrure.

Musique solennelle

Allez, ouste !

Laisse-le. Peppone ne pourra pas dire qu'il n'y avait pas un chien.

La musique s'intensifie

Attention, J�sus, tenez-vous bien, je fonce.

Musique solennelle

Je m'efface pas devant vous.

Mais devant lui.

Alors, enl�ve ton chapeau.

Musique solennelle

Eh bien les gars, allons-y.

J�sus, si les rares maisons honn�tes pouvaient flotter,

je vous dirais, faites gonfler le fleuve,

qu'il submerge le village.

Les gens vivent dans des maisons de brique,

il serait injuste de les punir

pour les fautes de ce Peppone.

Je vous prie de sauver le pays des eaux,

amen.

AMEN !

Musique solennelle

Il �tait n�cessaire que J�sus veill�t � la sagesse du fleuve.

Car parfois, il causait de grands ravages.

Ici dans un creux, se trouvait une chapelle.

En un instant, le fleuve la recouvrit,

avec le grand-p�re de Mme Cristina.

Et � chaque anniversaire...

Musique intense

Une fois institutrice, tu quitteras ta famille.

Et le pays ?

J'irai avec toi et on se mariera.

Et pourquoi pas quand j'aurai des cheveux blancs ?

C'est comme �a que tu m'aimes?

Ne pleure pas.

On se voit en cachette. Ta brute de p�re pourrait te fendre la t�te.

Ton grand-p�re peut te mettre au couvent !

J'y foutrais le feu !

�a arrangerait les choses.

Oh, Mme Cristina.

On est si malheureux.

Et surtout bien b�tes.

Choisir ce br�leur de couvent !

Et toi, il manque pas de p�troleuses dans ta troupe de bandits.

On n�a pas choisi, Mme Cristina. On s'aime.

C'est vrai que d'�tre idiots n'emp�che pas d'�tre malheureux.

Aidez-nous, Mme Cristina.

Musique stridente

Ecoutez la cloche ! - Quelle cloche ?

La cloche de la chapelle noy�e !

Elle annonce le malheur, Mariolino.

Tu crois � ces b�tises?

Une future institutrice ! Tu es bien arri�r�e.

Arri�r� toi-m�me.

Dites-lui, Mme Cristina, � ce malheureux.

Elle a sonn� quand le vieux Tolli s'est noy� une nuit en 86.

Elle a sonn� quand la fille Duponte s'est jet�e dans l'eau en 94.

Et la derni�re fois, en 1912...

Ecoutez !

Musique stridente

C'est le tonnerre. Tu vois pas les nuages?

Tu crois?

Tu es idiot. Mais pour cette fois, tu as raison.

C'est la nouvelle mode politique, de montrer ses cuisses?

C'est ma tenue de football.

Le match ! Ils doivent m'attendre !

Ce soir, je te retrouve.

Au revoir, Mme Cristina.

Il est pas mauvais.

Je vais voir son p�re, et ton grand-p�re.

S'ils r�sistent, je leur peignerai le cr�ne � coups de r�gle !

Cris d'encouragements

D'o� viens-tu ?

On s'expliquera apr�s le match.

Garde-�-vous !

Je n'ai rien � vous dire que ceci:

Vous jouez contre l'�quipe de la r�action.

Vous devez vaincre !

Ou je vous casse la figure !

Compris ?

Garde-�-vous. Mes enfants, �coutez-moi bien.

S'il y a parmi vous un brigand qui veut pas jouer,

jusqu'� la derni�re goutte de son sang,

je lui pulv�rise l'arri�re-train � coups de pieds.

Cris d'encouragement

Ecoutez.

Je suis neutre politiquement.

Je n'ai jamais fait de politique depuis ma naissance.

Vous pouvez compter sur mon impartialit�.

Rappelez-vous qu'ici,

c'est du sport !

�a n'est pas les �lections !

Allons-y !

Coup de sifflet

Brouhaha

Acclamations

Brouhaha

Acclamations

D'o� viens-tu ?

De la ferme. - De la ferme ?

Oui.

Coup de sifflet

Cris des spectateurs

Cris des spectateurs Coups de sifflets

Cris des spectateurs

But !

Cris des spectateurs

A la mi-temps, il n'y avait aucun mort sur le terrain,

ni autour.

L'�quipe de Don Camillo ayant marqu� 2 buts, menait 2 � 1.

Si tu marques pas dans les 5 premi�res minutes,

je t'arrache les tripes et je t'�trangle avec !

Cris des spectateurs

Vas-y, Mariolino !

Acclamations

A quelques minutes de la fin, les 2 �quipes restaient � �galit�.

H� !

H� !

Cris des spectateurs

Coup de sifflet

Cris du public

Coup de sifflet

Cris des spectateurs

Pourquoi m'avez-vous abandonn� ?

Il y avait 22 jambes d'un c�t�, 22 de l'autre.

Je ne m'occupe pas des jambes, Don Camillo.

L'arbitre avait accord� � nos adversaires

un coup franc qui nous �tait d�.

Vous l'avez laiss� faire !

Cris venant de dehors

Ils veulent me tuer ! Sauvez-moi !

Arri�re, ou je vous assomme.

conte sur vous, fauves d�cha�n�s.

Que Dieu vous pardonne votre bestialit�.

Faites-moi le signe de la croix.

Et vite !

Entre vous et cet homme il y a maintenant la croix.

Quiconque viole cette barri�re est sacril�ge.

Allez-vous-en !

Vade retro.

Et maintenant, � nous deux.

Combien t'a donn� ce bandit de Peppone

pour faire gagner son �quipe ?

2500 lires.

Oh... Dehors.

Inf�me, vip�re lubrique, tra�tre !

J�sus, j'ai eu raison de me mettre en col�re.

C'est un vendu. - Qui a offert

� Binella 2000 lires pour le m�me service?

On peut rien vous cacher.

Tu as donc m�rit� cette d�faite.

D'accord, mais tout de m�me.

Une �quipe qui aurait pu jouer dans les rencontres internationales.

Cette chose arrache le c�ur, et crie vengeance !

Camillo...

Vous ne pouvez pas comprendre.

Le sport c'est sp�cial, on en est ou pas.

Suis-je bien clair ?

Tout � fait clair. A quand la revanche ?

La revanche ? 6 � z�ro !

Ils verront pas passer le ballon.

But !

Le vieux Filotti envoya chercher Don Camillo pour une chose urgente.

J'ai besoin de votre assistance spirituelle.

Qu'est-ce que c'est ?

Elle a fait quoi ?

Rien de mal.

Tais-toi !

R�ponds seulement � ce que je te demande.

Depuis quand ?

Je sais pas. Quand il a fait le trou dans le mur,

il �tait � la hauteur de notre figure.

Nous avions 4 ou 5 ans.

Un trou ?

Je lui ferai payer, � ce voyou !

Calmez-vous. Qui appelez-vous "voyou" ?

Mariolino ! - Cet Ant�christ ?

Qui a d�moli la moiti� de mes joueurs ?

Si ton p�re savait que tu fr�quentes ce bandit rouge !

Rouge ou noir, je l'�pouserai !

C'est pas des mani�res.

Elle n'a plus l'�ge. Et Mariolino n'est peut-�tre pas si mauvais.

Le porte-drapeau de cette bande d'enrag�s !

La faute � qui s'ils sont si nombreux ?

A la mis�re, et votre �go�sme, � tous !

Mme Cristina l'avait bien dit, vous �tes bolchevik !

Toi, dans ta chambre ! Tu en sortiras pour aller en pension !

Allez, allez !

Apr�s deux semaines sans nouvelles de Gina,

Mariolino alla demander l'aide de Mme Cristina.

Mais la veille, Mme Cristina �tait tomb�e devant chez elle,

sous le poids de ses 85 ans.

�a va mieux? - Non, h�las.

Elle a appel� M. l'archipr�tre.

Elle m'envoie chercher le maire. - Peppone ?

Que lui veut-elle ?

Vous aimeriez que je vous confesse des horreurs...

Mais non, rien.

Je veux mourir avec une �me bien propre,

mais il faut que je vous dise.

En 1842, votre chien jaune

est entr� dans mon jardin et m'a cass� un pot de g�raniums.

Je vous pardonne.

Moi aussi, de m'avoir appel� "bolchevik".

Il n'y a que l'intention qui compte.

Et je voulais pas vous blesser.

Si propre que soit votre �me, il faut quand m�me vous confesser.

Je suis s�re d'aller au Paradis.

Aucun mortel n'est assur� d'aller au Paradis.

Aucun mortel, sauf Mme Cristina.

Cette nuit, le Christ est venu dire � Mme Cristina

qu'elle irait au Paradis. Alors elle est s�re d'y aller.

A moins que vous n'en sachiez plus que J�sus ?

Ah, te voil�, toi.

Je te pardonne pour les grenouilles et les autres salet�s.

Au fond, tu n'es pas m�chant.

Je prierai Dieu pour qu'il te pardonne tes crimes.

J'ai pas commis de crimes.

Tu envoye le roi et ses petits-enfants sur une �le d�serte

o� ils sont morts de faim.

Dites-lui, vous, que c'est pas vrai.

C'est des mensonges, pas d'�le d�serte.

Je vous assure, mensonges, mensonges.

Nous n'�tions pas les seuls.

Il y a eu plus de voix contre lui que pour lui.

Alors, on l'a renvoy�. C'est �a, la d�mocratie.

Quelle d�mocratie ?

Un roi ne se renvoie pas.

Ecoute...

Ecoute.

Tu es le maire, alors �coute mon testament.

La maison n'est pas � moi, les meubles non plus.

Le peu de v�tements que j'ai, donne-les � qui en manque.

Garde mes livres pour toi, car tu en as grand besoin.

Il faut que tu fasses de nombreuses r�dactions.

Que tu �tudies les verbes.

Oui, madame.

Je veux un enterrement sans musique.

Parce que c'est une chose s�rieuse.

Et sans voitures. Comme dans les temps civilis�s.

Sur la caisse, je veux un drapeau.

Oui, madame.

Mon drapeau. Celui qui est accroch�

l�... l�-bas.

Contre le mur.

Mon drapeau, avec l'�cusson du roi.

Oui, madame.

Dieu te b�nisse, mon enfant.

M�me si tu es un bolchevik.

Il me semble que j'avais encore des choses � faire.

Eh oui... Ces petits...

Je n'ai plus le temps.

Dieu seul...

Vous savez maintenant ses derni�res volont�s.

Etant en r�publique et en d�mocratie,

je demande au parti de la majorit�

de donner leur avis.

Quant aux r�actionnaires, qu'ils se taisent.

Ils seraient trop heureux qu'on joue la Marche Royale

par-dessus le march�.

Nous ne pouvons offenser la m�moire

de ceux qui se sont fait tuer pour nous donner la R�publique.

Je m'oppose � ce que l'enterrement

ait lieu avec le drapeau royal.

Le temps du sentimentalisme,

c'est fini. Si elle voulait le drapeau royal,

elle avait qu'� mourir plus t�t.

Nous d�sapprouvons la l�g�ret� avec laquelle

on traite la m�moire de la morte.

Mais si nous recouvrons son cercueil avec ce drapeau,

nous l'exposons � des incidents qui saliraient sa m�moire.

Nous sommes oppos�s

au drapeau de la Monarchie.

Qu'en pense M. le cur� ?

Le cur� attend de conna�tre l'opinion de M. le maire.

En qualit� de maire, j'approuve votre d�cision.

Mais comme dans ce village, les communistes commandent,

en qualit� de chef communiste, je me fiche de vos conseils.

Mme Cristina aura le drapeau qu'elle a voulu.

Je la respecte plus elle morte que vous vivants.

Si quelqu'un a une objection, il passe par la fen�tre.

M. le cur� ?

Je c�de � la violence.

Cloches

Ce sont des choses qui arrivent dans ce pays o� le soleil tape,

o� l'on raisonne � coups de pieds

mais o� on respecte les morts.

Musique l�g�re

On frappe � la porte.

Entrez.

Gina ?

Que veux-tu si tard ?

Me marier. - Il faut �tre deux.

Nous sommes deux.

Emissaire du Kominform !

Il est empoisonn� par la politique !

Non, viens !

Qu'as-tu fait, l� ?

Les gens de sa famille lui ont saut� dessus.

Brutes de bolcheviks !

Et les tiens ? Ils l'ont battue !

Hypocrites Judas !

Criminels sanguinaires !

Je voudrais t'arracher les yeux !

Moi t'assommer de gifles !

Arr�tez ou je vous corrige !

Le cur� veut me battre, lui aussi, mes parents aussi.

Tout le monde !

Qu'ai-je fait au bon Dieu ?

Que voulez-vous ?

Se marier de suite !

Il faut la permission des parents.

On se marie pas comme �a !

Nos parents vont nous tuer !

Je vais r�fl�chir jusqu'� demain.

Non, tout de suite.

�a peut attendre, il meurt personne.

C'est � voir. Justement.

Pourquoi vous marier � 10 h du soir ?

Il est press� cet amour !

Si on se marie, on peut quitter le pays.

Je peux pas ! Tu es mineure, il faut demander � tes parents.

Ils l'assommeront plut�t.

Je dois voir les r�glements.

Il y a peut-�tre moyen, mais il faut attendre demain.

Que j'aille � la mairie.

Pour cette nuit...

toi tu dors sur le camion.

La petite peut aller dormir chez ma m�re.

Pas si je suis pas mari�e !

On se mariera de toute fa�on !

Vous entendrez les cloches de la noce.

Ils sont maboules.

Toi tu es maboule. Les hommes sont tous pareils.

Tu n'as rien vu? - Quoi ?

Ils vont faire une b�tise.

C'est peut-�tre d�j� fait.

Ils sont capables de se jeter � l'eau.

"Vous entendrez sonner les cloches de la noce".

Quelles cloches ?

Bon Dieu ! La chapelle noy�e ? L'�tang ?

Bon Dieu d'enfants d'idiots !

Si je les attrape !

Musique sombre

Ils entendront les cloches. - Qu'ils soient maudits.

Tais-toi. Quand on va mourir on maudit personne.

Musique sombre

Elle va se tuer, j'en suis s�re !

Je l'ai su en lisant sa lettre.

"Si on peut pas se marier..." Ma pauvre Gina !

Il faut les trouver, il le faut !

Faites quelque chose !

Gina et Mariolino sont � l'�tang !

Il faut du monde avec des lanternes !

J�sus, Marie, prot�gez-la.

S'il leur arrive malheur, Dieu ne pardonnera pas !

Vous auriez pu les marier ! - Et toi ?

Ecoute, on va avancer jusqu'aux grands fonds.

On s'embrassera.

Et on se laissera couler. Oui.

J'ai peur, Mariolino, j'ai peur.

L'eau est froide.

Qu'est-ce que c'est ?

Je veux pas mourir, Mariolino.

Ils nous cherchent. Il faut pas qu'ils nous trouvent.

Musique dramatique

Musique enlev�e

Brouhaha

Silence !

Ecoutez-moi ! On mariera ces enfants.

Celui qui refuse, je lui fends le cr�ne !

Vous n'�tes pas � l'Eglise, vous commandez pas !

On va r�gler �a ici.

Vous voulez vous battre? Que ce soit la derni�re fois !

Pr�parez la robe nuptiale.

Monseigneur les mariera.

�a t'emb�te, hein?

Bolchevik ! Allez, en route !

Il est temps d'aller dormir.

Musique enlev�e

Quel bienheureux hasard.

J'ai deux mots � vous dire.

Il se cache.

Qui �a ? - Votre ami, M. Milzo.

S'il peint des corbeaux sur mon mur, je deviens chasseur.

Ce n'est pas mon ami.

Je sais, M. le maire.

Vous voyez des ennemis partout.

Entrez. Vous allez me donner un coup de main.

Vous pr�parez d�j� No�l?

No�l arrive plus vite qu'on le pense.

J'�tais venu vous dire que vous manquiez pas de culot.

Aide-moi, tu as les pinceaux devant toi.

Vous me prenez pour qui ?

Inaugurer la cit� jardin le jour du mariage !

Monseigneur b�nira les deux enfants.

La r�conciliation des familles sera solennelle.

C'est vous qui aurez l'air d'avoir tout fait.

Toute l'eau � votre moulin !

Tu n'as qu'� inaugurer ta maison.

Elle ne sera pas finie ! Vous n'�tes pas un gentleman.

Attention, la Sainte Vierge n'a pas de moustache.

Il se porte bien, le petit.

�a, c'est le petit Peppone.

Voil� la femme � Peppone.

Voil� Peppone.

Et voil� Don Camillo.

Alors, cette inauguration, vous la retardez de 15 jours?

Vous pourrez fignoler les pr�paratifs.

D'accord, entre b�tes,

on se comprend toujours.

Enfin, le grand jour arriva.

Brouhaha

Monseigneur est si exact, d'habitude.

J'esp�re qu'il va bien. Et le maire, vous l'avez vu?

Il a disparu ! Je me demande ce qui se passe.

Il se passait que Peppone essayait de gagner la derni�re manche.

Musique joyeuse

Laisse, qu'on puisse vite la reboulonner.

Il devra faire le tour par le pont.

Il lui faut 30 mn. Nous 3, pour remonter la roue

et aller inaugurer la maison du peuple.

Attention, le voil� !

Attention, allez, vite !

Vite, vite, � vos places.

Allez, vite, allez.

La plus digne indiff�rence.

Qu'est-ce que c'est, un accident ?

Je ne crois pas, Monseigneur.

Klaxon

Mais c'est monsieur le maire !

Une malheureuse panne en venant de Castigliano.

Ne puis-je pas vous aider ?

Je ne crois pas.

Merci, mon petit, merci.

Voyons, voyons.

Merci, M. le maire.

A mon �ge, les jambes vous trahissent.

Bonjour, mes enfants, bonjour.

Oh, je crois que je ne peux rien pour vous.

Tant pis, tant pis. Je vais continuer � pied.

Je ne risque pas de tomber.

Vous �tes si solide.

Bonjour, mes enfants, bonjour.

Le voil� !

Le voil�?

A pied ! - A pied ?

Avec qui il est, bon Dieu ?

Garde-�-vous !

Qu'est-il arriv�, Monseigneur ?

J'ai seulement voulu faire une promenade.

M. le maire et ses amis m'ont accompagn�.

Ils sont si gentils.

Chorale des enfants

Acceptez Monseigneur cet humble bouquet de fleurs et l'amour

de notre c�ur.

Qu'il est beau, et gentil ! Comment s'appelle-t-il ?

C'est mon fils Marco, Monseigneur.

Aussi mignon que son p�re.

J'allais le dire.

Merci, M. le maire.

Si nous visitions ?

Pardon, il faut que je vous quitte.

Quel dommage ! - Pourquoi ?

J'inaugure la maison du peuple dans 5 mn.

Comme c'est int�ressant !

Vous ne me l'aviez pas dit?

Voulez-vous la visiter ?

Ce serait un honneur.

Avec plaisir.

Et la cit� jardin ? - Elle ne s'envolera pas.

Et le mariage ? - Ils ont la vie devant eux !

C'est un bel �difice, bien utile.

Dommage qu'il ne nous ait pas montr� son d�p�t d'armes.

Il doit �tre moins fourni que le v�tre.

Il en a d'autres enfouies quelque part.

Il est dangereux. Vous avez voulu le garder,

gardez-le.

Par ici, monseigneur.

Brouhaha

Vous en avez, du monde.

Brouhaha

Je suis content de vous voir si nombreux.

Je suis heureux d'avoir visit� cette belle maison

avec ce qu'elle contient d'utile et d'agr�able pour vous.

Vous avez bien de la chance.

Il faut que je me sauve. Je vais visiter le beau jardin

qui la compl�te si naturellement.

Au revoir, mes enfants, au revoir.

BRAVO !

Acclamations

Au revoir, Monseigneur. - Au revoir, M. le maire.

Le village connut ce jour-l� la joie d'oublier ses querelles.

Il n'y avait plus ni rouges ni noirs mais des gens en f�te.

Musique joyeuse

Papa Filotti, �a va?

�a va, �a va.

H� l� !

Et alors ?

Pendant que Monseigneur faisait une petite sieste au presbyt�re,

Don Camillo...

Musique de f�te foraine

Brouhaha

Regardez �a.

Mais regardez �a !

Qu'est-ce que c'est ?

Don Camillo recommence.

Don Camillo ?

Musique de f�te foraine

H�las, Monseigneur n'avait-il pas dit

"si l'un te frappe la joue gauche, tends la joue droite"?

Mon pauvre Don Camillo, il est indispensable

que vous alliez vous reposer dans une cure de montagne.

Le grand air vous fera du bien.

Tu vas manquer ton train, Camillo.

Vous croyez?

C'est un omnibus, il t'attendra un peu mais n'exag�re pas.

Encore une minute.

Mon pauvre ami, qu'esp�res-tu encore ?

Ils ne viendront pas.

J'esp�rais qu'il y en aurait quelques-uns.

Peppone a fait r�p�ter ses menaces partout.

Oui, que si quelqu'un venait me dire adieu, il lui casserait les os.

Mais je me disais, il y en aura peut-�tre un.

Rien qu'un seul.

Les hommes ne sont que des hommes. Pierre aussi m'a trahi.

Que je suis b�te.

Je m'en vais.

Je regrette de ne pouvoir vous emporter.

Tu sais bien que je serai avec toi quand m�me.

Ils doivent m'attendre � la gare,

ou alors sur la place, l�.

Musique triste

Sifflement du train

Sifflement du train

Cris joyeux

Chant

Bon voyage, M. le cur�.

Acceptez ce petit hommage.

Tous nos v�ux !

Tous nos v�ux, et bon voyage !

Des pigeons de la Bruciatta.

Je les ai pris au pi�ge.

Au revoir, M. le cur�.

Merci, mes enfants.

Peppone avait menac�

de nous crever un �il. Alors, on est venus jusqu'ici.

Revenez bient�t !

Merci, merci, mes enfants.

J'ai dit � mon mari que j'allais voir maman.

AU REVOIR, M. LE CURE !

BON VOYAGE !

AU REVOIR !

Chant

L'internationale

Avant que vous quittiez

le territoire communal de notre juridiction,

nous vous offrons les salutations de la population.

Et exprimons le v�u de vous voir revenir bient�t

en souhaitant que vous vous reposiez

afin de revenir en forme.

Musique entra�nante

Je pouvais pas perdre la face devant ces r�actionnaires,

piliers de votre �glise.

Vous vous �tes mal conduits.

Et vous en avez assomm� 12 !

J'aurais pas d� t'�pargner.

Nous r�glerons tout � votre retour.

Ce petit Don Pietro, je m'en charge.

Il ne fera pas long feu.

Tenez.

C'est mon fils Marco

qui l'a dessin�.

Il a tous les talents, ce petit.

Oui.

Dommage qu'il ait un p�re pareil.

Enfin.

Que Dieu le lui garde.

Qu'il vous garde aussi. Et qu'il vous rende aimable.

Si c'est possible.

Il faudrait un miracle.

Fanfare

Voil� le village, en haut de l'Italie,

dans la plaine du P�.

Chacun y bataille � sa fa�on pour �difier un monde meilleur.

Et il s'y passe des choses qui ne se passent nulle part ailleurs.

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