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Original subtitles

- OK, ça, c'est bon. Hum.

Voyons! Qu'est-ce que ça fait là, ça?

Bon, je vais mettre ça ou?

Non.

Bon.

On enlève ça.

Hé, tu joues avec mes nerfs, là!

(soupir)

Calique!

♪ ♪ ♪

- Attention, attention! Vaisseau à l'horizon! Fff!

Ffff! Ffff!

- Hé, hé, hé!

(♪ Juste pour voir le monde par La Chicane sur haut-parleurs ♪)

- Ah, on est rendus qu'on étire ça le plus qu'on peut.

- Wou-hou!

- C'est pas des farces, l'été passé,

on est restés au camping quasiment jusqu'en octobre.

Hein, Micheline? C'est octobre?

- Bien non, l'année passée, Gabou s'est fait opérer!

- Bien oui, pour ses otites! Raymond!

- OK, Gabou, là! Pourquoi tu vas pas jouer avec ton frère?

- Il joue aux jeux vidéo. - Ah! Attends.

Hé! Ca suffit, les jeux vidéo!

Il fait beau dehors, là!

Pourquoi vous allez pas jouer au parc avec Gabriel?

Ca va faire du bien à tout le monde, hein?

(petit rire)

- Gab? Viens ici une minute.

C'est quoi, la tache noire sur ton soulier?

- C'est moi qui l'ai faite.

C'est pour l'aider avec sa gauche puis sa droite.

La tache noire, bien, c'est sa droite.

- Ah wow, c'est brillant, ça!

- Bien oui, vraiment brillant!

Il a scrapé tous les beaux souliers

que j'avais achetés pour sa fête.

Hé, 55$! Peux-tu croire?

Pour des souliers gros comme une pomme!

- Ah bien, attends, là.

Gab, c'est quoi, ta droite?

(♪ Juste pour voir le monde en sourdine ♪)

- Là-bas? - Oh!

Bravo, mon garçon, c'est ça! Ha!

- Le dernier qui arrive, il pue! - Hé!

- Mme Rolland, vous soupez à quelle heure?

Juste s'assurer d'être de retour à temps.

- Regarde donc s'il est fin!

C'est pas mon Marc qui m'aurait dit ça! 6h00, mon beau garçon.

Puis arrête avec ton "Mme Rolland", OK?

- OK, Mme Rolland.

Micheline. Ha!

- C'est ça. Ha! Ha!

Mais comment qu'on fait pour élever des enfants de même?

Est-ce qu'il y a une recette?

♪ Chanter dans les bars ♪

♪ Ou on est restés accrochés ♪

- 1, 2, 3...

4, 5!

6, 7...

8, 9, 10!

- La forêt était pas assez grande?

- OK, on joue pour vrai?

- Ouais!

- ... 13, 14...

- Euh, OK.

- ... 15, 16, 17...

(soupir)

... 18, 19, 20!

Prêts pas prêts, j'y vais!

(craquement)

- Mmm...

Hé, on est bien, pas d'enfants!

- Micheline, si tu veux, la fin de semaine prochaine,

on pourrait garder Gabriel.

Hein, Madi?

- Bien oui, avec plaisir!

- On vient de finir de rénover la chambre d'amis.

- C'est toi qui as amené ça?

- Ha! J'ai trouvé ça dans la remise.

- Oh, mon Dieu! Belgazou...

- J'ai même amené le radiocassette.

- Ah!

(petit rire)

(Elle rit.)

(pépiements des oiseaux)

- Qu'est-ce tu fais?

- As-tu vu mon frère?

- Non. C'est pas ça le but, se cacher de lui?

- Gabou!

Gabou!

Gabou!

Toi, tu regardes par là.

Je vais aller voir là-bas.

OK? - OK, parfait.

Gabou!

- Gabou!

Gabou, t'es ou?

(♪ Talk About it par Belgazou ♪)

- (ensemble): ♪♪ Talk about it ♪

♪ Il faut toujours s'écouter Mieux sans parler ♪

♪ Talk about it ♪

♪ Alright let's talk ♪

♪ Talk about it ♪

♪ Il faut toujours s'écouter Mieux sans parler ♪

♪ Talk about it ♪

♪ Alright let's talk! ♪

♪ Dis-moi ce que t'as dans la tête ♪

(♪ fredonnements ♪)

♪ Dis-moi à quoi tu t'apprêtes ♪

♪ Prends le temps qu'il faut pour me regarder ♪

♪ Arrête-toi pour voir ce que... ♪♪

- Bien voyons, là, Raymond!

On avait du fun!

- Gabou!

- Gabriel!

- Gabou!

- Gabriel!

- Il faut le trouver.

Il faut le trouver, là, il est sûrement caché quelque part.

C'est sûr qu'il est quelque part.

- Gabou...

- Gabriel!

- GABOU!

(pleurs)

Gabou!

(pleurs)

- On va le trouver.

Hé, on va le trouver!

- Ah! Je veux mon gars! Je veux mon gars...

(pleurs)

Il est ou? - On va le trouver!

- Il est ou?

- (Raymond): Gabriel!

- (en pleurant): Mon petit gars! Gabou...

Mon petit gars!

- Gabriel!

(pleurs de Micheline)

Gabriel!

(conversation indistincte)

- Vous avez pas entendu un bruit suspect?

Un cri peut-être?

- Non. Rien. On n'a rien entendu, là.

Il a juste...

disparu comme ça.

- Est-ce que tu sais s'il y a un membre

ou un ami de la famille

qui serait en conflit avec tes parents?

- Tu veux un café, hum?

- C'est juste mon gars que je veux.

- (Marc): Non, pourquoi? Je...

Je comprends pas.

- J'essaye juste d'élucider ce qui s'est passé avec ton frère.

T'as fait tout ce qui fallait, mon garçon.

Tout ce qui fallait.

(soupir)

(soupir de Marc)

- On va le retrouver, tu vas voir.

- Julien!

Julien, faut vraiment que tu viennes voir ça.

- On va ou?

- Envoie, grouille, c'est important.

Dépêche!

- Oui.

Hein? C'est quoi, ça?

- Tu sais pas c'est quoi?

- Non.

C'est quoi?

- C'est un crop circle.

C'est les traces que les ovnis laissent

quand ils atterrissent dans les champs.

Tu sais, comme on a vu dans le film, l'autre fois.

Tu te souviens? - Ouais, OK.

- Penses-tu à ce que je pense?

- Quoi?

- Regarde comme on est proches du camping.

- Tu penses qu'il se serait fait enlever par des extraterrestres?

- Bien oui, man!

Comment tu veux qu'il ait disparu comme ça?

- (Homme): En ufologie, on a souvent des cas d'enlèvements.

Des gens qui témoignent d'avoir perdu la notion du temps

pendant de longues heures.

Parfois même des jours.

Ils sont chez eux, ils sont troublés,

puis ils se demandent vraiment: mais j'étais ou, moi,

pendant tout ce temps-là?

S'il y avait un ou deux cas comme ça, ce serait pas grave,

mais les cas s'accumulent à vitesse grand V.

L'année passée, au Canada,

on a répertorié au-dessus de mille cas...

♪ ♪ ♪

Bon.

(reniflement)

Tiens...

(déchirement)

Ah non!

Ah...

Ah!

Oh...

Je suis désolée!

Ah... Je suis désolée!

(sanglot)

(On sonne.)

- Bonjour!

Solange?

- Oui.

C'est moi.

- Marc Gauthier.

On a... on a un rendez-vous.

Euh, à 13h00.

- Ah oui!

Marc.

(petit rire de Marc)

Entre!

- Merci!

(petit rire de Marc)

- Non, c'est parfait.

Euh, vous pourriez vous asseoir là.

Ca serait beau, avec la lumière.

(soupir)

- Julien?

- Mme Rolland?

- Ah, Julien...

- Mon Dieu!

(rire de Micheline)

- Hé que je suis contente de te voir!

Mon Dieu, t'es donc bien rendu un bel homme!

- Ha, ha! Merci, merci. Vous êtes gentille!

- Non, non, arrête, avec ton "vouvoyage"!

Qu'est-ce que tu fais de bon?

Tu n'es plus à Gatineau?

- Non, non, je suis de retour à Repentigny.

Ca fait 6 mois à peu près.

- Ah?

- En fait, ma conjointe est médecin,

puis elle a été transférée à Marie-Victorin.

Donc, je l'ai suivie.

Et moi, j'enseigne juste à côté.

Au collège St-Aubin.

- T'es enseignant? - Oui!

- Oh, tu dois être tellement bon avec les jeunes!

Ils doivent t'aimer, c'est sûr!

- Bien, moi, j'aime beaucoup ça, en tout cas.

Puis j'ai vraiment des belles classes cette année.

- Hé, pourquoi... pourquoi tu viens pas à la maison?

- A la maison? - Bien oui!

Marc va être là dans pas long.

Il serait tellement content de te voir!

- Hum...

- Oh, j'hals ça quand il fait ça!

Ca donne quoi d'avoir un cellulaire

s'il est toujours fermé?

(Elle soupire.)

- Hé, j'en reviens pas, tout est pareil!

(Elle rit.)

Hé, j'en reviens pas!

Euh, comment il va, Raymond?

- Ah. Euh, on...

On est séparés. Ha!

- Ah! Ah... Désolé.

- Non, non, ça va, ça va. Veux-tu quelque chose à boire?

J'ai du ginger ale, du jus de raisin...

Oh! Un petit verre de vin, peut-être?

- Non, non, c'est... De l'eau, c'est parfait.

- Ah, de l'eau. OK. - Merci!

Puis Marc...

Marc, il habite ou maintenant?

- Ici.

- Ah ouais?

- Bien, avec le métier qu'il fait,

c'est pas évident, tu sais.

Il est quand même bien ici, là, je lui charge pas de loyer!

Je lui fais son épicerie, je lui fais à manger.

Je lui donne même une petite allocation.

Qu'est-ce que tu veux de plus, hein?

- Puis il fait quoi comme métier?

(sonnerie)

- Ah bon, bon, bon. Ca doit être lui, ça. Hum.

Allô?

Oui. Ah oui, oui, oui!

Ha! Oui, vous êtes au bon numéro.

- Hé, je vais aller dans sa chambre.

- (murmurant): Oui, oui, vas-y, vas-y.

Oui, vous avez entendu parler de nous comment?

Ah oui? Dans quel journal?

Ah, très bien!

Oui, bien ça dépend de votre cas, là.

Vous, est-ce que c'est un enlèvement?

- OK. Je vous écoute.

- La première fois que c'est arrivé...

j'avais 8 ans.

Puis la dernière fois, bien, ça s'est passé ici,

il y a environ 2 ans, dans la maison.

- OK. Vous pouvez commencer par la première fois, là,

si ça vous dérange pas.

- OK.

Mes parents avaient loué une roulotte pour l'été.

C'était un été assez pluvieux.

Il y avait presque personne au camping.

- Au camping?

Ca s'est passé dans un camping?

- Oui.

- Lequel?

- C'était à Old Orchard. Pourquoi? C'est important?

- Euh, non.

Non, non, non.

Pardon, vous pouvez continuer.

- Il devait être 9h00 le matin.

Mes parents étaient en train de s'engueuler

comme à chaque matin.

C'était leur rituel.

Celui qui criait le plus fort finissait par manger une claque.

(cris au loin)

Bref, j'ai décidé d'aller faire un pique-nique

avec mes seuls amis du camping,

les écureuils.

J'étais en train de servir le thé.

C'est là que j'ai été envahie...

(déglutition)

... par une froideur indescriptible.

- Une froideur?

- Oui.

Tu sais, imagine,

un temps doux, tu sens la brise du matin,

puis subitement, derrière toi...

tu sens...

une lourdeur.

Comme si t'étais dans une cave sombre...

et humide.

Voyez-vous de quoi je parle?

- Ouais.

Ouais, un peu, oui.

- Puis cette sensation intense de froideur...

était derrière moi.

Je pouvais pas me retourner.

Je voulais, mais...

j'étais comme paralysée.

- Hum...

(raclement de gorge)

Voulez-vous...

voulez-vous qu'on prenne une pause?

On peut... - Non.

Je veux continuer.

C'est important.

(halètement)

- (Julien): Qu'est-ce que vous faites?

Le parc, c'est pas par là.

- Oui, mais c'est bien trop plate, le parc.

Il y a pas assez de cachettes.

- On va jouer à la cachette?

- Ouais. Mais pas n'importe laquelle, hein, Gabou?

- Cachette de l'espace! - OK!

Fait que c'est vraiment différent

de la cachette ordinaire, là.

- Full pas pareil!

(petits rires)

- Puis ça marche comment?

- Gabou va compter jusqu'à 30.

- (Gabriel): Jusqu'à 20! - Jusqu'à 20.

Puis après ça, il va essayer de nous trouver

avec son vaisseau intergalactique.

- (Micheline): Mais vous êtes pas tout seul!

Non, non, non, il y en a plus que vous pensez!

Non, non, on peut pas se souvenir de tout, là.

Regardez, on va commencer par faire une entrevue,

puis après, quand vous vous sentirez prêt,

bien là, on peut essayer l'hypnose.

Ah non, ça fait des miracles, ça!

Oui. Oui.

Hé, écoutez, monsieur, bon, est- ce que je peux vous rappeler?

Très bien. Je vous rappelle, là.

OK. Bye-bye!

Ouf!

Hé, je suis désolée!

Il y a tellement jamais personne pour les écouter, hein?

Un coup qu'ils sont partis, ils ne sont plus "arrêtables".

- Marc, il fait quoi comme métier?

- Ah.

Tiens.

Mais il est pas juste ufologue.

Non, il a commencé à filmer les personnes

qui passent en entrevue,

puis il va faire un documentaire

sur les enlèvements d'extraterrestres.

- Euh, Micheline, faut vraiment que j'y aille.

- Ah non, non, non! Pourquoi tu restes pas à souper?

J'ai fait une sauce à spagate avec des boulettes!

Marc serait tellement content de te voir!

- C'est l'anniversaire de notre rencontre, ma blonde puis moi.

Fait que... - Ah oui, ta blonde?

Ah, bien oui! Avez-vous des enfants?

- Euh non, non.

On travaille là-dessus, là.

- Ah, wow!

Tu vas tellement être un bon père!

- Hum.

- Ecoute...

Je sais pas pourquoi vous avez arrêté de vous parler,

tous les deux, là,

mais ce que je peux te dire,

c'est que ç'a fait bien de la peine à Marc.

(grésillement)

- C'est quoi, cette machine-là?

- Ca détecte le taux de radium.

- Le radium?

- Souvent, les appareils des ovnis dégagent du radium.

Ca peut s'étendre jusqu'à 200 mètres.

(grésillement)

- Mais ça fait 2 ans de ça.

- Oui, mais ça peut durer jusqu'à 10 ans.

- Hé...

Marc, c'est ça?

Ecoute, je veux pas discréditer ton travail, là,

mais ma femme, elle va pas très bien.

Il y a 3 semaines,

elle a été diagnostiquée avec une démence sévère.

Puis moi, je pense que tout ce qu'elle vous a raconté, là,

c'est pas mal plus le reflet de ses hallucinations.

- Oui.

C'était pas mal ça, le but de notre rencontre aujourd'hui.

Elle sait qu'elle n'aura plus toute sa tête bientôt,

puis je pense qu'elle sentait le besoin de...

de se confier, là, avant de perdre la mémoire.

Croyez-vous aux extraterrestres, vous?

- Hum.

- C'est souvent ça, le problème, hein.

J'ai rencontré près d'une trentaine de cas d'enlèvements,

puis c'est toujours pareil.

Même les proches des victimes d'enlèvement

finissent par discréditer leur expérience, puis...

Ouais.

Je trouve ça dommage pour votre femme.

(grésillement de l'appareil)

(soupir)

♪ ♪ ♪

(grésillement)

(sonnerie d'alarme)

(sonnerie d'alarme)

- Ah! Hum!

(ruissellement d'eau)

- Allô, mon amour!

- Hum! - Ca va?

Qu'est-ce que tu t'es fait?

- Ah! Je me suis coupé.

- Laisse-moi voir.

- C'est correct. - Montre, Ju.

- Arrête, Marie, c'est correct.

- Mais voyons, qu'est-ce que t'as?

- Rien.

- Non, t'as pas rien, là. Je la connais, cette face-là.

- Ah... - Qu'est-ce que t'as?

(profonde respiration)

- Drôle de journée, je te dirais.

- (Marc): Gabou!

Gabou, t'es ou?

- Gabou!

- Fait qu'ils ont jamais retrouvé son frère?

Il est juste disparu de même?

- Crois-tu à ça, les extraterrestres?

- C'est quoi, le rapport?

- Trois jours après sa disparition,

on a trouvé un crop circle,

genre à quelques mètres d'ou on jouait à la cachette.

- Un crop circle?

- C'est le genre de grand cercle laissé par les ovnis

quand ils atterrissent dans un champ.

- Oui, oui, je sais c'est quoi.

- C'est étrange, quand même, non?

(petit rire)

- Hum, hum.

Mais sais-tu ce que je trouve le plus étrange?

- Hum?

- C'est que tu m'as jamais parlé de ça avant.

- Bien, je...

C'est un ami d'enfance, Marie.

Je connais pas toutes tes amies,

surtout celles que t'as eu au primaire.

(claquement de porte)

- Fait que, c'est...

C'est sur 2 cassettes.

Le début de l'entrevue est vraiment bon, là.

- Viens donc icitte, là.

Voyons, ça sent donc bien fort!

Tu sens la poupoune!

- Ouais, mais je... Bien, peut-être.

Je sais pas, je pense que c'est peut-être la madame

qui s'est crémée pas mal pour l'occasion, là.

- Pourquoi tu réponds pas à ton cell?

Parce que je le ferme quand je fais des entrevues, maman,

je te l'ai dit.

T'es pas obligée de me laisser 200 messages, hein.

Tu sais, tu peux juste m'en laisser un,

puis je vais te rappeler quand je peux.

- Pourquoi c'était long de même?

(soupir)

- Parce que c'est un cas de petit-gris.

Puis je me suis aussi un peu perdu

dans ma recherche de radium,

fait que j'ai...

j'ai rien trouvé.

- Oui, mais ça veut rien dire, ça.

Ils peuvent se téléporter facilement, les petits-gris.

Tu le sais. - Ouais, je sais.

Bonne nuit!

- Je t'ai laissé 200 messages aujourd'hui

parce que j'avais une super bonne nouvelle à t'annoncer.

- Bien, c'est quoi, la nouvelle, maman?

Maman?

C'est quoi, la nouvelle?

- La première fois que c'est arrivé...

j'avais 8 ans.

Mes parents avaient loué une roulotte pour l'été.

Il y avait presque personne au camping.

- Au camping? Ca s'est passé dans un camping?

- Oui.

(pianotage)

- Ca s'est passé dans un camping?

- Oui.

- ... passé dans un camping?

- Oui.

- ... camping?

- Oui.

C'est là que j'ai été envahie par une froideur indescriptible.

- Une froideur? - Oui.

Tu sais, imagine,

un temps doux, tu sens la brise du matin,

puis subitement, derrière toi...

tu sens une lourdeur.

Je pouvais pas me retourner.

Je voulais,

mais... j'étais comme paralysée.

(sanglot de la femme)

- Voulez-vous qu'on prenne une pause?

On peut... - Non.

Je veux continuer.

C'est important.

(tapements)

(tapements se poursuivant)

(coups étouffés)

(jappement plus loin)

(coups)

(coups se poursuivant)

(gémissement)

(murmure des conversations)

- Madame, l'avez-vous en blanc, celui-là?

Je pensais à ça, là.

Moi, si le frère de ma meilleure amie d'enfance

disparaissait pendant qu'on jouait à la cachette, là,

pas mal sûre que je t'en aurais parlé, de cette amie-là.

Hum?

(soupir)

(ouverture d'une porte)

- Hum! Bon matin!

- Bon matin!

- Veux-tu un café?

- Non, merci.

- Fait que...

c'était quoi la...

la super nouvelle?

Maman?

- Pourquoi t'as arrêté de voir Julien?

- Hein? De quoi tu parles?

- Réponds.

- Mais j'ai pas... Je...

J'ai pas arrêté de le voir,

c'est lui qui a arrêté de me parler.

- Pourquoi?

- Mais je sais pas, maman. Pourquoi tu me parles de ça, là?

- Vous vous êtes pas chicanés?

- Non!

Fuck, maman, c'est quoi, l'affaire?

Qu'est-ce qu'il y a, là?

- Julien est de retour à Repent.

Il enseigne au collège St-Aubin.

- Quoi? - Je te dis!

Je l'ai croisé à l'épicerie hier.

Il est même venu icitte, il t'attendait.

Mais tu répondais pas à ton cell, fait qu'il est parti.

Tiens.

Ca, c'est quelqu'un

qui a capté un objet volant non identifié avec son cell,

puis ça, c'est un autre cas d'enlèvement.

C'est bizarre...

♪ ♪ ♪

(soupir)

- Mais c'est vraiment Louis-Joseph Papineau

qui a changé la donne.

Lui, là, il s'est battu bec et ongles

pour les Canadiens français.

Il comprenait pas pourquoi

il y avait juste des Anglais

qui occupaient les postes importants au Canada.

Lui, il voulait que les Canadiens français

aient une voix aussi.

Mais toutes ses demandes

ont été refusées par l'Angleterre.

Et c'est après ça

qu'a commencé la révolte des Canadiens français.

Les patriotes.

Et c'est avec les patriotes

que débute la grande quête des Canadiens français pour...

obtenir leur indépendance.

- Donc, le début de notre société distincte?

- Ouais. Ouais, on pourrait dire ça.

- Vous êtes souverainiste?

(coups à la porte)

- Shit!

(quelques rires)

OK, hum...

OK, je vous propose de lire la préface du livre.

Je vous reviens dans 2 minutes.

- Yo!

- Salut!

(petit rire de Marc)

Hum...

- Fait que t'es back à Repent?

- Ouais, ça fait genre 6 mois, à peu près.

- Oh, shit, OK!

Ouais.

Ca te tentait pas de m'appeler?

- Oh...

Bien, je sais pas, là. Il...

- Non, mais... Ha! Non, mais c'est pas grave!

C'est pas grave! Je suis vraiment content de te voir!

- Hé, moi aussi!

- Fait que t'es rendu prof?

- Ouais!

C'est fou, hein?

- Ouais, vraiment! C'est nice!

- Oh, merci!

- Hum... Puis toi, t'es... t'es rendu...

- Ufologue.

- Cool. Cool... Très cool.

- Oui, vraiment.

Fait qu'on va, comme, prendre une bière?

Genre, à soir? Ou...

- Ah oui. Certain!

Euh, écoute, c'est juste qu'il faut vraiment

que je retourne à ma classe.

- Oui, oui, bien oui!

Non, non, bien oui, full! A quelle heure tu finis?

- A... à 4h00.

- A 4h00, je vais être là.

- Cool! - Parfait.

- Très bien. - A plus tard!

(soupir)

- Qu'est-ce qu'on a?

- On dirait de l'épilepsie. On l'a ramassé, il tremblait.

La femme chez qui on l'a ramassé l'avait jamais vu.

- Pas de bracelet médical?

- Non.

- 1, 2, 3!

2 mg d'Ativan!

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(bips d'une machine)

- Je suis désolée, madame,

je peux pas vous dire dans quelle chambre il est.

Seulement la famille immédiate est autorisée.

- C'est moi qui l'ai trouvé dans ma cour.

On l'a trouvé chez moi, je veux dire.

Je voulais juste savoir comment il va et je vais m'en aller.

- Vous avez trouvé le jeune homme épileptique?

- Oui, c'est moi. Est-ce qu'il va bien? Il va s'en sortir?

- Oui, il va bien, son état est stable.

- Ah... tant mieux! Ca me rassure.

- Vous avez trouvé ses... ses vêtements, par hasard?

Ou son porte-feuille, peut-être?

- Non, rien.

Bien, ç'a été tellement long

avant que les ambulanciers arrivent!

J'ai regardé partout, derrière la cour, mais rien.

- Vous avez rien, rien trouvé?

♪ ♪ ♪

(sirènes de véhicules d'urgence)

- Absolument rien.

- OK.

- Je dois m'en aller.

- Merci!

Si n'importe qui vient voir

ou demande de l'information sur le patient,

je veux que tu me tiennes informée, d'accord?

- Oui, Dre Laurent.

- Merci!

(bips réguliers)

(sonnerie de cloche)

- Hé! - Salut!

- Je suis content de te voir, man.

- Oui, je suis content de te voir aussi.

Euh, je suis en vélo, par contre.

- Oh, "par contre"?

Ha!

Ouais, ça parle propre!

- Ha! Bien...

(rire de Marc)

- C'est pas grave, on va mettre ça dans boîte.

- Parfait.

Bien non. On va pas là, là?

- Bien oui, bien oui!

Il y a pas grand-chose à Repent, anyway, là.

On va aller, là, la musique est super le fun.

- Euh, bien, j'ai vu qu'il y avait un nouveau bar à vin

sur la rue Brien.

On pourrait aller là. - Un bar à vin?

Tss! Ha! Ha! Ayoye!

T'es vraiment rendu un monsieur, hein, monsieur le professeur!

Envoie, viens-t'en!

- OK...

- Envoie!

Ah! All right!

Merci!

Ha! - Ah ouais, hein?

- Ouais! Ha, ha!

- OK.

- Je remercie la vie

de t'avoir ramené à Repent!

- Ah, bien... moi aussi!

- Cheers! - Cheers!

(♪ dance sur les haut-parleurs ♪)

- Ah...

- Tu viens souvent ici?

- Ouais, ouais.

Je sais pas, des fois, c'est un peu rushant chez nous,

fait que...

j'aime ça venir ici, je...

Genre, je décroche.

- Qu'est-ce qui est rushant chez toi?

Marc, qu'est-ce qui est rushant chez toi?

(claquement de la porte)

- Demain, je vais t'acheter des beaux draps neufs,

mon beau garçon.

Bonne nuit!

- Est-ce que c'est ton frère, ça?

- Ouais!

C'est ça, exactement. C'est mon frère, ouais.

- C'est lui qui s'est fait enlever par des extraterrestres?

- Hum...

(petit rire)

Non, non. Ca, c'est... Non.

Ca... Ca, c'est un autre, ça.

- OK, je me demandais, là.

- Ouais.

Ha!

(♪ dance ♪)

Pourquoi tu m'as "ghosté"?

Tu sais, je...

Tu sais, je te considérais vraiment comme...

comme mon frère.

Fait que...

ç'a comme faite en sorte

que j'en ai perdu deux la même année, tu sais?

Fait que...

mettons que je me suis senti tout seul en tabarnac.

(rires et conversations entremêlées)

(raclement de gorge)

Euh, 2 minutes, OK?

Donne-moi juste 2 minutes. Je reviens, je reviens.

- OK.

- J'ai vu ton char à matin.

C'est quoi, t'as commencé fucking tôt?

- Non, ça, c'est mon boss.

♪ ♪ ♪

- Pourquoi tu m'as "ghosté"?

- (Micheline): Je sais pas pourquoi

vous avez arrêté de vous parler, tous les deux, là,

mais ç'a fait bien de la peine à Marc.

(ouverture d'une porte)

(soupir)

- C'a pas bien été?

- Hum.

Je pense que j'ai trop bu.

Hé,

tu devineras jamais on est allés ou

pour nos retrouvailles!

♪ ♪ ♪

- Peux-tu juste me prendre dans tes bras, s'il te plaît?

- Bien oui.

(soupir)

- Marc!

Marc!

Marc!

Qu'est-ce que tu fais?

- Je cherche mon frère. Qu'est-ce que tu penses?

- OK, mais là, il commence à faire tard, là.

On va chercher demain.

- Tu comprends pas.

Faut que je le retrouve là, là.

On a perdu mon frère, puis c'est de ma faute.

- Dis pas ça, c'est pas de... - C'est de ma faute!

OK?

- Ca va? - Ouais. Lâche-moi pas.

Lâche-moi pas.

Sous-titrage: MELS

♪ ♪ ♪

- C'était qui, eux autres?

- Des policiers.

- Je t'ai demandé de m'avertir

si n'importe qui venait voir le patient!

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