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LA BAIE SANGLANTE
13 f�vrier
Tout est fini. � mort apaisante, viens me prendre.
- Je suis en retard. - Oh que non.
Je ne te laisserai pas t'�chapper, cette fois.
Ch�rie, je dois...
Reste un peu !
L'amour n'est pas l'amour sans les c�lins d'apr�s.
Qu'y a-t-il, ch�ri ?
Tu n'as pas entendu un bruit ?
Quoi ?
C'�tait un squonk.
Ah oui ?
Et qu'est-ce que c'est ?
Ce qu'est un squonk ?
Pour ta gouverne, le Squonkus Noctunorum
est une cr�ature noir�tre.
Frank, arr�te !
Sa peau est couverte de verrues.
Il a de longues griffes et de grandes dents.
Il est malin,
mais tr�s facile � trouver.
Il se fait immanquablement rep�rer,
car il ne cesse de geindre.
Et une fois captur�,
il se dissout dans ses larmes.
C'est toujours pareil.
Tu m'abandonnes le c�ur bris�,
et content de toi.
Le squonk a d'autres caract�ristiques :
il est boudeur,
m�fiant
et possessif.
Autant de traits fort f�cheux chez une secr�taire particuli�re.
Ou devrais-je dire chez une associ�e ?
Oui, dis-le.
Surtout pour l'intrigue qui nous occupe.
Dis-moi au moins o� tu vas.
� la Baie.
On devait attendre un peu. Pourquoi se pr�cipiter ?
Si une humble secr�taire a le droit de te le demander...
Voici la d�monstration de la m�fiance du squonk.
Le mari de la comtesse a d'abord �t� soup�onn�,
mais il a disparu.
La police penche donc pour le suicide.
� cause de la lettre.
Bien s�r.
Il ne me manque qu'une signature.
Je t'appellerai.
Attends !
Emm�ne-moi !
Ne fais pas de caprice.
Sois gentille.
Viens ce soir, si tu veux,
mais t�l�phone d'abord.
Au revoir, ch�rie.
Au revoir, squonk.
Fais voir.
Vous mourrez d'une attaque � courir apr�s cet insecte !
Qui vous dit que c'est toujours le m�me ?
C'est que c'est le seul qui vous �chappe.
Non, ce n'est pas le seul.
Mais c'est un dr�le de sp�cimen.
Il se souvient de l'automne dernier,
quand je lui ai mis une bague autour de l'antenne
avant de le rel�cher.
Pourquoi ?
Pour �tudier ses mouvements.
Au prix de quelle souffrance !
On doit vivre et laisser vivre.
Ce poulpe a �t� libre, lui aussi.
J'�tudie les col�opt�res par passion.
Sauf que ces pauvres bestioles finissent sous votre microscope.
Oui, ce poulpe est mort,
mais au moins, je vais le manger.
Je ne tue pas par plaisir, moi.
Comme si j'�tais un meurtrier !
Je ne dis pas �a, M. Fossati.
Mais quand on tue par plaisir, on devient un monstre.
L'homme n'est pas un insecte, mon cher Simon.
Il est civilis� depuis des si�cles, vous savez.
Je ne sais pas, je n'y �tais pas.
Vous avez chang�.
En quoi ?
Depuis le meurtre de la comtesse.
Le suicide, M. Fossati.
La police a conclu au suicide.
Bien s�r.
Pardon, ma langue a fourch�.
Soyez sans crainte, Votre Honneur.
L'h�ritier nous aura sign� l'acte de propri�t� ce soir.
Bien s�r, Votre Honneur.
Tout ira bien, notre offre �tait convaincante.
Et le chantier ?
D'ici trois semaines, on pourra d�molir.
Le temps d'obtenir les permis.
Je m'en charge. Mais n'est-ce pas pr�matur� ?
Non, ce suicide n'a affect� personne.
Tenez-moi au courant.
Je vous rappelle � 14 h.
Vous ne m'avez pas impliqu� ?
Absolument pas, n'ayez crainte.
- Je vous dois combien ? - 4,50.
- Gardez la monnaie. - Merci.
Arr�te, je ne vois rien !
C'est magnifique, ici !
Arr�tons-nous, c'est superbe !
Non, je veux voir la mer. Tu avais promis.
Allez, � la mer !
Encore !
Allez, on s'arr�te l�, �a a l'air bien.
Bonjour, � votre service !
Attention, tu vas tomber !
Toi-m�me !
Poule mouill�e !
- O� vas-tu ? - Me baigner !
Qu'est-ce que tu attends ?
Vas-y !
- Je vais te montrer quelque chose. - Encore ?
Viens !
- Regarde, Duke ! - Viens.
- C'est quoi ? - Un night-club.
Il y a un night-club avec une piste de danse !
Viens, Bobby.
Tu danseras, au moins !
Donne ta cassette, ma choucroute !
- Tiens, bouledogue. - Elle veut dire "hot-dog".
Mettez cela, mademoiselle, envoyez la musique !
Les hot-dogs, �a te conna�t, mais pas la musique.
La musique, c'est Sibelius, Mahler, Bach...
Et Beethoven ! Allez, monte tes fesses.
� toi !
Une piste de danse ! Viens danser, Bobby.
Et un tango pour madame Fandango !
- T'es b�te. Mon sac ! - Le sac de madame.
Un voile de terreur...
L'unique,
le tout, le n�ant...
L'air,
le feu, l'eau
et la terre sont au complet !
Paolo !
Ton monde tourne bien plus rond que le mien, Ferdinand.
Je d�teste ces escaliers.
Qu'est-ce que je disais !
Tes femelles sont des reines,
pas des cartomanciennes qui radotent.
Pourquoi m'obliges-tu � venir dans ton antre infect ?
R�ponds !
Tu pourrais me r�pondre !
Arr�te de crier, tu d�ranges mon ami Ferdinand.
Toi et ta d�testable bestiole !
Tu es incapable d'aimer quoi que ce soit.
Moi ?
J'aime beaucoup de choses, mais tu ne peux pas comprendre.
On ne comprend rien, Ferdinand.
Les nuages menacent,
les larmes se r�pandront sur la Baie.
Mis�re ! Tu entends �a, Ferdinand ?
L'Aleph appara�t dans le feu,
Ahriman est suspendu entre les eaux et les airs.
La faux de la mort va bient�t frapper !
Tes cartes sont des girouettes.
La semaine derni�re, Aleph l'emportait,
et la joie devait envahir la Baie.
Et la pauvre Federica a �t� �trangl�e !
Tu as encore moins de c�ur que tes col�opt�res.
Ne sens-tu pas le r�le et le souffle de la mort ?
Je sens surtout cet odieux Ventura
encore en pleine orgie !
Tu hais Ventura pour la m�me raison
que tu ha�ssais le mari de Federica :
parce qu'il sait jouir de la vie, et pas toi !
Attention, l'acide !
Je le hais parce qu'il veut transformer la Baie
en mer de ciment.
Je ne le laisserai pas faire, m�me si je dois...
Tu danses bien.
Merci, Bobby. Allez, viens.
- Tu me chatouilles ! - Laissons-les.
Non, calme-toi. Arr�te !
Allez, Hilda !
Je ne suis pas pr�te.
Laisse-moi tranquille !
Tu ne m'attraperas pas !
C'est ce qu'on va voir.
Tu m'attrapes ?
J'accours ! Pour vous servir...
Venez, il y a une piscine !
�a pue !
Un toboggan !
C'est glissant, tu vas tomber.
- Je vais plonger ! - Ne fais pas �a.
Attention !
Tu es cingl�e ?
L'eau est d�go�tante.
Tout est si beau, ici ! C'est le r�ve !
J'ai trouv� un bon coin.
Je vais nager dans la baie.
Tu risques le typhus ou la pneumonie !
Tu vas geler !
Pas dans la baie. Viens !
Attends, Robert !
On n'a pas besoin de lui. Allez, viens !
Bobby, ne me laisse pas avec cet animal.
- Mais elle... - Laisse-la !
Hilda !
Allez, les gars !
L�che-nous. Va te baigner.
Il fait trop froid.
Viens avec nous. Elle, c'est une Viking !
Et si tu nous l�chais ?
Non ! Reste, Bobby.
Tu ne peux pas l'enfoncer ?
Je ne m'appelle pas Hercule.
C'est une propri�t� priv�e. On n'a pas le droit d'entrer.
On fait quoi ?
Quand on veut, on peut ! Attendez-moi.
Une porte ne m'arr�tera pas.
Je vous laisse.
Non, reste avec nous.
Je reviens !
Ce sera chouette, tu verras.
On sera ensemble.
Tu m�riterais des fl�ches dans le derri�re !
Tu as r�ussi !
Viens avec nous, Robert !
O� tu vas, comme �a ? Tu devais t'envoyer Miss Choucroute.
Denise, allons visiter les lieux, �a a l'air confortable.
On revient.
Ces nanas repartent demain, alors l�che-moi.
Je prends la Fran�aise et toi, la Viking.
- Mais elle nage... - Apporte-lui une serviette.
J'ai trouv�...
O� est Bobby ?
Quelle importance ?
- Laisse-moi ! - S�rement pas !
Arr�te, sois gentil...
Je serai doux comme un agneau.
Robert ? C'est toi ?
Arr�te ! R�ponds-moi !
Il y a un mort dans la baie !
L'arcane treize...
Vous croyez qu'il r�pondrait !
Albert, tu viens ou non ?
Tu vas r�veiller les gosses.
J'ai eu du mal � les endormir.
Tu n'avais qu'� �teindre.
Les enfants ont peur du noir, tu le sais.
Tu les g�tes trop.
J'aime mieux �a que les laisser.
On n'avait qu'� les mettre chez leur tante.
J'aime encore mieux les laisser ici.
Les enfants doivent �tre avec leurs parents.
Ne recommence pas.
Pense plut�t � ce qu'il faut demander aux Fossati.
Moi ?
Je croyais que j'�tais incapable de penser.
C'est vrai. Sinon, on ne serait pas l� !
Bonsoir !
M. Fossati ? Je suis la fille de Filippo Donati.
Je viens vous voir � propos de mon p�re.
Il a disparu depuis la mort de ma belle-m�re.
Pouvons-nous entrer ?
Certes, la soudaine disparition de M. Donati
jette un �clairage nouveau
sur la mort de notre ch�re Federica.
Un suicide, a dit la police. Laissez-moi rire !
Se suicider, elle !
Je la connaissais fort bien.
Elle se cramponnait � la vie.
Et � son argent, encore plus !
Vous voulez dire qu'elle ne s'est pas suicid�e.
Le fait est que...
Excusez ma franchise, madame.
Doucement, Ferdinand.
C'est bon le lait, hein ?
Mon petit copain...
Bois, Ferdinand !
Je disais donc que votre p�re n'�tait pas irr�prochable.
C'�tait, en un mot, un d�bauch�.
Les femmes, le jeu...
C'�tait un homme entreprenant.
Mais son id�e de faire de la Baie un lieu � la mode
�tait vou�e � l'�chec.
D'autant, madame,
que la Baie grouille d'insectes.
Vous devez donc vous y trouver parfaitement bien.
Mon mari pr�tend que les insectes ont une �me.
D'un autre c�t�,
si M. Donati a une �me,
alors les insectes en ont une aussi !
Ma femme voulait dire
que vous avez d� vous installer ici...
pour la nature.
Nature ou pas,
tous les maris tueraient leur femme
s'ils pouvaient ensuite profiter de leur fortune.
Je suis l� pour retrouver mon p�re,
pas pour assister � son proc�s.
J'ignore ce que vous cherchez...
Rien, ch�re madame.
J'esp�re que vous ne rouvrirez pas le night-club, la station-essence
et tout ce bazar si cher � votre p�re.
Si... vous parvenez � h�riter de la Baie.
Tu te souviens de cet enfer, Ferdinand ?
Pas du tout.
Ferdinand ne s'en souvient pas ?
Les h�ritages sont parfois compliqu�s.
Peut-�tre Federica a-t-elle tout l�gu�
� son fils ill�gitime.
Son fils ill�gitime ?
Votre belle-m�re a eu son heure de gloire.
Ignoriez-vous que Simon �tait le fruit de ses incartades ?
Mais qui est ce Simon ?
C'est un type qui vit ici, dans une cabane.
Mi-gardien, mi-p�cheur mais tout � fait voleur !
C'est un brave gars.
Mais ces derniers temps, il lui est venu d'�tranges id�es.
Federica l'a cach� jusqu'� ses 16 ans,
puis install� dans cette bicoque.
Elle l'a tenu comme un fauve en cage, sous son nez.
Un rappel constant de la faiblesse de sa chair !
- Peut-�tre sait-il pour mon p�re. - J'en doute.
Il l'a toujours �vit�.
Il �tait contre le remariage de sa m�re.
On peut toujours aller l'interroger.
Frank Ventura pourrait vous aider.
Il est architecte.
Il poss�de la maison d'� c�t�.
Il conna�t bien votre p�re.
La cabane est sur la baie ?
Vous mettrez trop de temps, en voiture.
Prenez ce sentier.
Vous en aurez pour deux minutes.
Il fait noir.
J'ai laiss� la lampe dans la voiture.
J'imagine Simon avec ces deux-l�...
Qu'as-tu � la main ?
Je me suis coup� avec mon canif.
Apr�s la disparition du p�re,
le fils ill�gitime...
�a ne s'arrange pas.
R�fl�chis au lieu de geindre, et tu trouveras une solution.
Rendons-nous � l'�vidence, il n'y a pas de solution.
Et voil�, tu renonces d�j�.
Qu'y a-t-il ?
Il n'y a qu'un obstacle � cet h�ritage.
Non, rien.
Bien, Simon.
On arrangera �a demain.
- Cet endroit n'est pas rassurant. - Arr�te !
Va voir qui c'est.
C'est vous, Simon ?
On nous a dit que vous habitiez ici.
Non, tout va bien. Demain, on f�tera �a.
Non, il est trop tard.
Sois gentille.
Il y a une l�g�re complication.
Rien de grave.
J'ai la situation en main.
Ne recommence pas !
Il a tout sign�
et pos� moins de probl�mes que pr�vu.
Tu as pris ses billets d'avion ?
Bonne nuit, ma squonk.
Vous ne vous rappelez pas la derni�re fois o� vous l'avez vu ?
Vous devez bien le croiser de temps en temps.
Mon p�re poss�de pratiquement toute la Baie.
C'�tait � la comtesse.
C'�tait son mari.
Vous n'�tes pas du genre causant.
Vous ne savez rien ?
Albert, c'est mon p�re !
Vous ne savez toujours rien ?
C'est horrible !
Ne regarde pas ! Et vous, Simon, parlez !
Je l'ai trouv� dans la mer.
Je me sens mal.
Emmenez-la chez Ventura.
Sa maison est sur la colline.
Assieds-toi.
Calme-toi.
Repose-toi un peu.
M. Ventura ?
Il y a quelqu'un ?
On dirait qu'il n'y a personne. Qu'est-ce qu'on fait ?
Va vite chercher la voiture.
J'ai entendu votre femme crier.
On a trouv� le corps de Filippo Donati.
De son p�re... O� est-il ?
Dans le bateau de Simon.
- Avez-vous vu ma femme ? - Oui, vers la baie.
Toujours � fouiner !
Albert, c'est toi ?
Tu as vu ce qu'ils ont fait � Ventura ?
C'est moi.
Tu plaisantes ?
Que pouvais-je faire d'autre ?
Ne perdons pas de temps. Je t'expliquerai.
Emp�che-le d'appeler la police.
Emp�che-le de tout g�cher !
Mais je... Comment...
Remue-toi ! Allez !
Police...
3-3-1.
C'est bien la police ?
- Et faites le plein. - Bien.
- Vous avez le t�l�phone ? - � gauche en entrant.
- Je v�rifie l'huile ? - Oui, merci.
Donne !
- C'est fait ! - Arr�te de crier. Tu es fou ?
Je l'ai tu�.
Ils n'avaient qu'� se m�ler de leurs affaires.
Maintenant, il n'y a plus aucun t�moin.
Tu veux dire... la femme aussi ?
Arr�te d'�tre aussi coinc�.
Il faut agir � l'instinct, dans certains cas.
Comment peux-tu dire que je suis coinc� ?
Je viens de tuer un homme.
Partons d'ici.
�a va mal tourner, crois-moi.
Si tu es assez l�che pour me laisser tout faire,
vas-y.
Mais je n'ai pas l'intention de renoncer � la Baie
alors qu'on est si pr�s du but.
Comment faire ?
Tu ne comprends toujours pas ?
Simon...
Il suffit de l'�liminer.
C'�tait une fille.
Et alors ?
Et si elle nous avait vus ? Que faire ?
Pareil qu'aux autres.
Ch�ri ?
Que s'est-il pass� ?
Va chercher Simon !
Mais tu es bless�.
Va chercher Simon !
Vite ! D�p�che-toi !
Ventura est bless�, il perd du sang !
Vous fermez la porte ?
Vous �tes revenue, hein ?
Comment �a ?
Avec Ventura, vous avez convaincu Donati de tuer ma m�re.
Votre m�re ?
De quoi parlez-vous ? J'ignore qui est votre m�re.
Ne jouez pas les innocentes,
sale tra�n�e !
�coutez, Simon...
Vous l'avez fait assassiner par Donati.
Vous vouliez l'�pouser, salope !
Vous rouleriez m�me Ventura !
- Vous vous trompez... - La ferme !
Tra�n�e !
Vous vouliez prendre la place de ma m�re !
Je vais vous tuer, comme Donati !
Je n'ai rien � voir avec �a.
J'y ai �t� contrainte,
je ne voulais pas !
Croyez-moi ! Sinon, il m'aurait tu�e.
Qui ?
Ventura ! C'est lui, je le jure !
C'est vrai. C'est Ventura qui a eu l'id�e.
Je n'ai vu votre m�re qu'une fois, et elle m'a plu.
Ventura voulait acheter la Baie, mais elle refusait.
Je vous l'ai d�j� dit, M. Ventura :
je ne souhaite pas vendre la Baie.
Vous vous m�prenez sur nos intentions.
Un domaine aussi int�ressant doit �tre mis en valeur.
Nous en ferions un paradis.
De brique, de b�ton arm� et d'�gouts ?
Je ne vois pas la n�cessit�,
sociale ou autre,
d'accro�tre la beaut� naturelle de la Baie.
Je ne suis pas cupide.
Je suis n�e ici, et vous ne me ferez pas vendre
ni n'usurperez ma Baie.
Je suis chez moi.
Pourquoi refusez-vous de la valoriser ?
Accro�tre sa valeur serait-il immoral ?
Nous n'avons pas les m�mes valeurs, monsieur.
Je peux comprendre vos motivations,
mais la Baie a d�j� subi une malheureuse tentative
de valorisation, comme vous dites.
Mais votre mari...
C'est un homme vulgaire sans aucun principe ! Assez !
Une offre sup�rieure vous convaincrait-elle ?
Absolument pas.
Un gentleman n'insisterait pas de la sorte.
C'est l'heure de ma sieste.
- Au revoir, mademoiselle. - Madame la comtesse.
Tu renonces trop vite.
�coute.
"8 janvier.
"Filippo n'est plus rien pour moi.
"J'�tais oppos�e � son projet immobilier.
"J'�tais folle d'y voir un rapport avec nous.
"L'idylle est d�j� finie."
Cette demi-mondaine sur le retour !
Pourquoi ne lui a-t-il pas r�gl� son compte ?
Int�ressant :
tout a fini entre eux le 13 f�vrier.
Elle �crit :
"Il a un c�ur de pierre. Tout est fini !
"� mort apaisante, viens me prendre."
Pauvre femme.
Elle est tr�s romantique.
Qui l'e�t cru ?
Relis-moi �a !
"Tout est fini. � mort apaisante, viens me prendre."
Tu n'avais pas l'air int�ress�.
Le 13 f�vrier...
J'ai une id�e.
Donati te trouvait � son go�t, non ?
Tu exag�res.
Il m'a juste vue une ou deux fois � son club, avec toi.
Montre-toi gentille avec lui, �a pourrait �tre utile.
�a ne te sera pas trop difficile.
Puis-je savoir la r�gle du jeu ?
Tu viens de la lire.
Elle est l�.
La comtesse nous a tout expliqu�.
Je n'ai pas tout compris.
Cette noble dame songe au suicide.
Oui.
On est bient�t le 13 f�vrier, on va mettre son agenda � jour.
Le 13 f�vrier, Donati tuera sa comtesse.
On trouvera ces mots d�sesp�r�s pr�s du corps.
Donati h�ritera de la Baie
et il me la vendra.
Et tu veux que je l'en convainque ?
Tu as deux semaines.
Pour toi, ce sera un jeu d'enfant.
C'est la v�rit� !
Ventura voulait acheter, mais Federica refusait de vendre.
Il a voulu que je s�duise Donati.
Il m'y a forc�e.
Je ne savais pas qu'ils la tueraient.
Esp�ce de sale menteuse !
Vous saviez tr�s bien ce qu'ils allaient faire !
Vous l'avez tu�e autant qu'eux !
Et vous voudriez maintenant que je vous aide ?
Vous voudriez m'entra�ner dans votre sale combine !
Vous l'avez tu�e.
Et maintenant, je vais vous tuer !
Personne ne vous entendra.
Vous avez menti.
� une seule condition.
Vous savez que je vous aime. Ne me faites pas �a.
Je ne veux pas �tre votre ma�tresse.
Mais si vous vous d�barrassez de Federica...
Ce n'est pas si simple.
On en a d�j� parl�. Et si �a rate ?
�a ne ratera pas.
Tu aurais d� m'appeler.
L'un d'eux a vu le corps de Donati, �a devenait risqu�.
�a complique tout.
Mets-les tous dans une pi�ce.
Cette nuit, tu les jetteras � la mer.
Il faudra que tu disparaisses quelque temps,
qu'on t'oublie.
Comment ? Je n'ai pas de fric.
Je vais t'aider.
Si tu attestes que tu me c�des la propri�t� dont tu h�rites,
je pourrai obtenir un pr�t.
Mais pour faciliter les choses,
il me faut une copie de son testament.
Bien, tr�s bien.
Tiens, signe.
Demain, tu auras ton argent,
tes billets d'avion et ton passeport.
Merci.
Allons-y, Albert.
Il reste deux choses � faire.
Allons-y.
Il nous faut ce papier.
Je vais voir dans la chambre.
�a y est !
Albert, attention !
Tu es l� ? R�ponds !
Tu es l� ?
R�ponds-moi.
Oui, ma ch�rie ?
Je ne t'en aurais pas cru capable.
Je pouvais au moins faire �a pour ma famille.
Il faut qu'on file, maintenant.
Quand on reviendra,
la Baie enti�re sera � nous.
Laisse la police nettoyer d'abord.
Tu as chang�.
Pour le meilleur ou le pire ?
C'est bien d'avoir trouv� papa.
On ne pourra pas l'accuser de meurtre.
Tout est bien qui finit bien.
Oui !
Maman ! Papa !
Ils font bien semblant d'�tre morts, hein ?
Viens, on va sur la baie !
Sous-titrage TITRA FILM Paris
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