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Ainsi conforté dans son royaume, vainqueur des ennemis du pape, Charles mettait-il en
pratique le pacte de Kyrgyzstan.
Charles nous protège quoi que tu en penses, c'est notre unique mur, protecteur.
Les cloches de la victoire sonnent.
A Byzance, une intrigue se nomme.
Ma loyauté à Byzance et à sa merveilleuse impératrice.
Venons-en au fait, veux-tu ?
Sachez que je suis de votre côté, afin de préserver les liens fadorables qui unissent
Rome à Byzance.
Nous pensons que Charles veut bâtir un empire en Occident.
Ce barbare risque de réussir.
Nous voulons refrainer ses ambitions, mais peut-être qu'une... qu'une femme ?
Un piège diabolique fut monté.
On fit mervoiter une nouvelle couronne à Charles, celle de Saragosse où les chrétiens
l'appelaient Halaine.
Le roi dut battre en retraite avec son armée.
Les basques l'attendaient à Rocevaux pour se venger de Roland, le paladin qui avait
brûlé les remparts de Pamplune à l'insu de Charles.
C'est lui qui a mis le feu, hein ?
Oui.
Roland, prends ton corps, préviens-toi !
C'est le roi, il ne doit pas risquer sa vie !
Le sacrifice de Roland à l'arrière-garde de l'armée sauva le roi et le plongea dans
un chagrin insondable.
Je veux une réponse.
Dieu, je t'en supplie, réponds-moi !
Charles était en querelle avec Dieu qui lui avait ôté son ami le plus cher.
C'est alors qu'il fit la rencontre d'un moine d'Angleterre nommé Alcuin qui devint
son conseiller et lui prôna l'étude et la réflexion.
Un grand roi, bâtisseur d'écoles et de monastères était en train de naître.
Mais en Saxe, la révolte grondait.
On brûlait les églises et on tuait les moines.
En Bavière, le comte Asylon encourageait les rebelles.
Ganelon !
Il ne manquait plus que Ganelon.
Lui seul pouvait tenter en l'absence de Charles de mettre un usurpateur sur son trône.
Un prétendant au trône, un fils que Charles a désavoué à un bâtard.
Pensez à pépin le pouce.
Même s'il est affligé d'une bosse, il a l'âge de régner, mon cher.
Vidoukine !
Charles, infatigable, tout habité de Dieu, vainquit les Saxons et convertit leur chef,
Vidoukine, au christianisme.
Il lui fallait encore régler le sort de la Bavière.
Avant de se mettre en campagne, il épousait une nouvelle reine.
Elle avait nom, Ludgarde.
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
L'âge de la Bavière
Je suis duc bavarois
Je protégeais la Bavière chrétienne
Les saxons sont chrétiens à présent
Très bien
C'est une bonne chose, mais...
Roi Charles
Solennellement, je reconnais avoir commis des erreurs de jugement par le passé
Mais dans le but louable de sauver l'honneur et l'indépendance de la Bavière
l'indépendance de la pavière. Jamais avec la pensée de vous nuire. Jamais.
Je vous ai prêté serment d'allégeance en toute franchise du fond du cœur.
Autant jurer fidélité à un porc.
Je tuerai mes enfants s'ils devaient servir ce barbare.
Jolie phrase. Qui l'a prononcée?
Le duc, sire. Un moment après avoir juré allégeance.
Les murs ont des oreilles, tassilant.
Ne t'ai-je pas rendu le sceptre de bavière en confiance?
Je n'ai jamais fauté contre ma bavière et jamais fauté non plus contre la chrétienté.
Je suis la chrétienté et tu as fauté contre moi.
Ces témoignages nous révèlent que tu es un parjure.
Et moi, je soutiens que tu es aussi un coir.
Moi? Comment?
Il y a longtemps. Tu oublies vite. Moi, jamais.
Souviens-toi, je t'ai sollicité pour combattre le duc d'Aquitaine.
Mais tu n'es pas nu. Pourquoi?
Parce que votre frère, Carolement, me l'avait défendu.
Tu avais fait allégeance à la couronne franque.
Et non à mon jeune frère.
C'est juste, mais...
son royaume était voisin de la bavière, alors je...
Quand je suis parti pour l'Espagne, tu n'étais pas là non plus.
Mais Capitaine y était.
Contre ton gré.
Non?
Peut-être.
J'expliquerai les raisons qui m'ont poussé...
J'expliquerai les raisons qui m'ont poussé...
Tu sais très triste pour la bavière?
Oui! Pour l'honneur de ma bavière, Charles!
Je vois.
Alors, tu seras jugé par les comptes de bavière.
Avant de partir en bavière, mon époux m'a laissé le message suivant pour les archevêques.
En voyage officiel sur les voies royales, ils les autorisent à emporter...
40 pins, 3 amigots...
Et rien de plus!
Quelle est sa carte?
La carte du trône!
La reine!
Attrapez-les!
Je veux leur nom! Qui que ce soit, ils seront punis!
Allez!
Pourquoi te battais-tu avec ces hommes?
Ils m'ont insulté.
Quel est ton nom? Dis-moi.
Pépin.
C'est un nom noble.
Il y a des nobles dans ta famille?
Pourquoi me dis-tu qu'ils t'ont insulté?
Ils m'ont traité...
de bâtard.
Tu en es un?
Tu en es un?
Et tu défendais l'honneur de ta mère sans doute?
Et de mon père surtout.
Dis-moi, qui est ton père?
Roi Charles.
J'aurais tellement à dire sur le bien fondé de mon oeuvre.
Mon combat pour un seul et unique royaume de...
pour l'unité.
Mais t'as si long à ignorer le reste du monde
et ne s'est consacré qu'à sa bavière.
Et pourtant...
Un serment le liait à notre royaume.
Votre duc a parjuré son roi.
Oui ou non?
Coupable ou non coupable?
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable.
Que Dieu te pardonne tes fautes à si long.
Tu auras le coup tranché.
Tu as la grâce et la noblesse qui te convient.
Tourne-toi.
Laisse-moi te regarder.
Tu as un sourire charmant.
A vos yeux peut-être.
As-tu connu ta mère?
Oui.
Elle était belle à ravir.
Et mon père l'a aimée.
Que lui est-il arrivé?
Que lui est-il arrivé?
Que lui est-il arrivé?
Que lui est-il arrivé?
Que lui est-il arrivé?
Il l'a envoyé dans un couvent quelque part.
Et moi j'ai été placé dans les cuisines.
Là où il pouvait m'avoir sous la main.
Il disait que j'étais une menace pour lui.
Le roi n'est jamais venu vers moi.
Jamais il ne m'a parlé.
Pépin, ne le juge pas si méchamment.
Il s'est mal comporté mais c'est un grand monarque.
Avec ses défauts et ses qualités.
Il est certain que personne ne mérite d'être privé de tendresse et de dignité.
Est-ce que mon père vous aime?
Je sais que votre mariage était plutôt un arrangement.
D'autres étaient plus riches que moi.
De famille puissante.
Quant à moi je l'aimais très fort.
De tout mon coeur.
Je ne l'ai pas épousé pour être reine.
Et Charles était tellement occupé à son oeuvre qu'il a dû prendre femme pour éduquer ses enfants.
Il me respecte et je crois que c'est mieux que rien.
C'est parfait.
Tu es emprunt de grâce et de noblesse.
Nul doute que ton père sera fier de toi à son retour.
Éloigne-toi de ce trône.
Et que diable fais-tu déguisé en prince?
Tu n'as aucun droit d'être ici.
Êtes-vous l'auteur de cette bouffonnerie?
C'est exact.
Je suis le roi.
Êtes-vous l'auteur de cette bouffonnerie?
C'est exact.
Bouffonnerie est un terme malvenu pour parler d'un prince héritier de Charles.
Vous en parlez à votre aise.
Comment osez-vous contrarier les décisions de mon fils?
Charles m'a confié la charge du palais et de tous ceux qui y résident.
J'ai donc tous les droits.
Dans certains cas vous devriez me consulter.
Pour quel motif le ferais-je?
Ne suis-je pas reine des francs?
Tous les avis auxquels je me plie sont ceux de mon mari.
En son absence, c'est moi qui décide, ma mère, à tort ou à raison.
Pépin, voudrais-tu nous laisser maintenant?
Monte dans ta chambre.
Cette chose ne doit pas sortir des cuisines.
Sur l'ordre de Charles, c'est compris?
C'est absurde. Charles doit se méfier de ses ennemis.
Son propre fils en est-il un?
S'en est-un! Un patard est un ennemi mortel.
Est-ce que vous êtes assez folle pour ignorer ça?
Vous en voulez oublier une chose.
On n'élève pas le ton devant la reine des francs.
Et je ne suis pas folle, sachez-le.
Oh non.
Folle, non.
Inconsciente.
Vous êtes trop bien intentionnée.
Vous croyez en la bonté universelle.
Mais laissez-moi vous dire, chère belle-fille.
Dans votre intérêt et dans celui du royaume,
qu'un roi ne peut pas toujours agir en accord avec la morale.
Ni une reine tâchée de vous en souvenir.
Depuis que Charles est parti,
ce palais est devenu un nid de vipères.
Vols, rumeurs, complots et comérages.
Et laissez-moi vous dire une chose.
Les bonnes intentions sans jugement ni expérience ne sont que faiblesse.
Vous cherchez décidément les ennuis.
Et croyez-moi, vous allez les trouver.
Pauvre Charles.
Il n'a jamais su choisir ses femmes.
Tu lui as laissé la vie souveraine.
Oui. Le duc était déjà mort de frayeur.
Un monastère lui suffira.
Et un couvent pour elle.
Ses lieux de prière sont sanitaires. On y est plus près de Dieu.
Tout cela est très risqué. Pourquoi ne pas l'éliminer une fois pour toutes ?
Parce que je ne veux plus que mon oeuvre s'écrive avec du sang.
Qui te le reprocherait ?
Un moine qui s'appelle Alcuin Dior, du pays lointain des Angles.
La reine aussi pense que l'autorité est plus grande quand elle n'est pas empreinte de cruauté.
Cela dit, tu as peut-être raison.
La clémence n'engendre que des ennuis.
Chez les Saxons, on règne avec une épée.
Que comptes-tu faire de la bavière ?
C'est une partie intégrante de mon royaume, comme ta Saxe natale.
L'Allemagne, l'Austrasie, le comté de Thuringe, l'ensemble de la Germanie.
Je compte rester ici au moins un an.
Ici ? Mais pourquoi ? Tu es le grand vainqueur.
Tu n'as plus d'attaques à craindre. Il n'y en a aucune.
Tu te trompes. J'ai une guerre à mener contre la nature.
On doit creuser une voie d'eau, un grand canal.
Tu n'arrêteras donc jamais.
Pour l'instant, il est préférable que tu apprennes à te tenir.
Moi, je préférerais passer à l'action.
Je me suis battu avec trois garçons pour défendre son honneur.
Je veux me battre à cheval, pas apprendre à lire.
Un prince doit savoir ces choses-là, Pépin.
Ganelon.
Tel père, tel fils.
J'ai l'honneur de te saluer, Prince Pépin.
Tu pourrais être aussi valeureux que ton père
si tu savais te servir d'une épée.
Tu aimerais apprendre ?
Alors.
Maître d'armes.
Je me nomme Ganelon.
N'ayez crainte, Madame.
L'empoisonneur.
On le dit.
Croyez-vous les rumeurs ?
Et que venez-vous faire ici ?
Rien, pour le moment.
La reine-mère est consignée dans sa chambre,
les filles de Charles aussi,
et les portes sont fermées à double tour.
C'est moi qui ai les clés.
Vous êtes là ?
Et Pépin sera bientôt roi.
Vous êtes en danger.
Vous avez de nombreux ennemis.
Nous venons d'étrouner Charles sans effusion de sang,
pour l'instant.
Joli coup, non ?
Mais qui vous a poussé à prendre un si grand risque,
sans aucun espoir de réussite ?
Je n'ai pas pris de risque.
Je ne suis que l'instrument...
d'un autre.
Je dois avouer que votre compassion pour Pépin
m'a rendu la tâche plus facile.
C'est ahurissant.
Vous croyez avoir réussi.
Charles va vous dépecer.
Charles va vous dépecer.
Comme un animal.
Je vois que vous me croyez fou.
Mais vous faites erreur.
J'ai toute ma raison.
Croyez-moi.
Garde.
Prends note.
À ma chère épouse.
La pluie ne cesse de tomber.
Les grands travaux que j'ai mis en oeuvre
progressent avec lenteur...
Plus nous creusons et remuons des montagnes de terre,
plus l'eau du ciel les transforme en boue
et tout est à refaire.
Charles, la paroi de droite s'est encore effondrée.
L'eau s'infiltre et la boue fait basculer les échafaudages.
Nous ne sommes pas plus avancés.
Nous ne sommes pas plus avancés qu'il y a dix jours.
Nous allons affronter les rigueurs de l'hiver.
Je n'ai vraiment plus rien d'autre à dire.
Sauf votre respect, mon roi.
Il faut croire que c'est inconcevable.
Inconcevable ?
Quoi ?
Qu'est-ce que vous faites ?
Regarde la carte.
Reliez le Rhin au Danube.
Il suffirait d'un canal d'une longueur de 2000 pas.
Regarde.
Un canal de 2000 pas de long
permettrait de traverser mon royaume en bateau.
Imagine les échanges commerciaux.
Un continent sous mon contrôle.
Je n'arrête pas.
Au premier coup d'œil, on imagine la chose possible.
Mais sur la carte, la pluie ne tombe pas.
Nous devons creuser.
Nous devons continuer.
La Terre n'aura pas raison de noire.
C'est uniquement pour m'assurer que vous ne serez pas maltraités.
Verrouille la porte et donne-moi la clé.
Ah !
Enfin vous voilà.
Ah !
Ah !
Alkin.
Quelle joie de te revoir.
Je partagerai ta joie
si tu me laissais respirer.
Tes cheveux.
Ainsi je bête.
J'ai pris de l'âge moi aussi.
Il n'y a pas de garde à l'entrée ?
Comment as-tu fait ?
Dieu.
Ils se sont encore endormis.
Attends un peu, ils vont m'entendre.
Il n'en est que pour un moment.
Laisse-les dormir.
L'heure est trop grave.
Pourquoi ?
Il faut que tu partes.
Pour sauver le royaume.
Il y a un autre roi assis sur ton trône Charles.
Comment peux-tu le savoir ?
J'arrive de ton palais.
Qui ?
Un.
Un.
Un.
Un.
Voilà le prince Pépin.
Je suis fatigué pour être assis sur mon trône.
C'est de l'autre pépin qu'il s'agit.
L'enfant de ta première femme.
Tu as vu le bossu sur le trône ?
Aussi clair que je te vois.
Attends !
Dis-moi, qu'est-ce que tu allais faire dans mon palais ?
Je répondais à un appel quand j'ai vu les rebelles aux portes de ton château.
Trahi par mes amis francs.
Qui t'a fait venir ?
Est-ce que c'est ma femme ?
Non, elle est leur prisonnière.
L'ont-ils maltraité ?
Je ne le crois pas.
Ils l'ont enfermé avec tes filles.
Ma mère, c'est elle qui a dû t'appeler.
Ils l'ont aussi emprisonné.
Qui alors ?
Je veux savoir qui.
Un de tes anciens compagnons.
Ganelon.
Ganon.
Je le croyais mort et enterré.
Torturé par les Basques.
Il est bien vivant.
C'est Ganelon seul qui s'est emparé du château.
Pour couronner de pépins et l'asseoir sur ton trône.
Je n'y comprends rien, Alkuin.
Tu dis que Ganon est bien l'instigateur de cette trahison et que c'est lui aussi qui t'envoie me prévenir.
Ça n'a pas de sens. Pourquoi ?
Quand Judas a livré Jésus de Nazareth,
qu'a-t-il fait ensuite ?
Afin de se repentir,
il s'est donné la mort.
Il pourrait mieux y aller.
Je vois les nobles s'incliner devant moi.
Pourtant, ils m'ignoraient totalement avant.
Ils m'ignoraient et ils se mettaient à genoux.
Tu en es heureux ?
Très heureux.
Pourquoi ne le ferais-tu pas ?
Tu devrais m'appeler mon roi.
Je ne le fais pas...
parce que j'étais connu enfant.
Tu as sauté sur mes genoux alors...
Tu étais petit.
Je ne suis plus haut comme ça.
J'ai maintenant la grandeur d'un roi sur ce trône.
Tu entends ?
Je vais te faire croire.
Je ne mettrai genoux à terre que devant le seul roi que je reconnaisse.
Ton père.
Tu l'as pourtant trahi.
Je n'ai jamais trahi ton père.
Vraiment ?
Alors tout ceci est une illusion ?
Cette couronne, ce trône, moi ?
Refuses-tu d'admettre...
que tu détestes mon père ?
Tu le détestes.
Non.
Oh si.
Et je sais pourquoi.
On dit que les cuisines ont des oreilles.
A une lointaine époque, tu as fait un beau présent à mon père, n'est-ce pas ?
A vous.
Tu as commis des massacres.
Au combat ?
Bien sûr.
Non.
Dans un palais.
Lors d'un repas.
C'est ce qui se dit dans les cuisines.
Que tu as empoisonné son petit frère...
afin de lui prendre son royaume pour Charles.
Et que Charles ne t'a rien donné en échange.
Ses amis sont tous devenus de nobles seigneurs.
Pas toi, Ganon.
C'est une injustice.
Pour un roi.
C'est impardonnable.
Non.
Non, les rois n'ont rien à se faire pardonner.
Comme les dieux.
Je ne pourrai jamais détester ton père.
Vraiment ?
Alors, tu te révoltes parce que tu aimes mon père ?
C'est Ganon qui a la clé.
Nous ne risquons rien ici.
L'une d'entre nous pourrait s'échapper si nous attachions les draps bout à bout pendant que les autres...
Juste là.
Non.
Nous devons les ignorer.
Je suis l'épouse et vous êtes les filles du plus grand roi qui soit sur terre.
Il mettra un terme à cette insurrection ridicule.
Mais peut-être qu'il a trop du mal...
Je ne crois pas qu'elle s'y risquerait.
Restez dignes et gardez votre calme.
Ainsi que je vous le disais avant que Gisela n'interrompe,
quand Enginard sera de retour, je lui ferai lire une page du livre de Tacite.
Mais qui est Tacite ?
Un écrivain qui propose de nouvelles façons de gouverner.
Oh, c'est trop difficile.
Le latin ?
Oui, et ses conseils sur l'art de gouverner les peuples.
Et ce n'est pas ce livre qui nous dira comment nous en sortir.
Ni notre père, d'ailleurs.
Tu oses jeter le blâme sur le roi ?
C'est inconvenant.
Votre père serait ici si des choses importantes ne l'avaient pas éloigné.
Oui, comme creuser son canal.
Ne vous en prenez pas à votre père pour ce qui se passe, mais à moi.
Tout ce qui arrive n'est pas sa faute.
C'est la mienne.
J'ai vu un pauvre malheureux qui m'a fait mal au cœur, je l'avoue.
J'ai eu pitié de lui pendant que d'autres en faisaient une victime.
Votre père n'aurait jamais cédé à ce genre de pitié.
Ne vous inquiétez pas, la porte est solide.
Maintenant, faisons un peu de latin.
Je lis et vous écoutez.
J'adore les trônes.
Ils sont rassurants.
D'ici, j'ai l'impression que jamais on n'a...
ni touché ma bosse.
Tout le monde s'incline devant moi et me respecte.
Au fur et à mesure, je sens la puissance et le pouvoir entrer en moi.
Non, non, non, Charles.
C'est ton sang.
Rien de tout ça n'est ta faute, Pépin.
La vie aussi s'est jouée de toi.
Mon fils.
On t'a donné une chambre.
Tu peux aller te reposer et oublier tout ce qui est arrivé.
C'est ainsi qu'un père est puni de ses péchés.
Je n'ai pas d'enfant, mais je compatis vraiment à ta douleur.
Une douleur atroce.
Vraiment.
Ainsi, ils t'ont laissé en vie.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je suis désolée d'avoir fait ça.
Mais je ne savais pas.
Non, tu n'as rien fait de mal.
C'est moi le responsable, moi seul.
Je suis fautif de l'avoir abandonné.
Je croyais qu'en le cachant, j'oublierais l'humiliation de sa naissance.
Mais j'avais peur.
Vas-tu lui afflicher une punition ?
Dieu lui a donné une posse, n'est-ce pas suffisant ?
Que vas-tu faire de ce pauvre diable ?
Ce que je fais d'habitude, l'envoyer dans un monastère, prie Dieu.
Je dois t'avouer que depuis notre mariage...
Non, ne me donne aucune explication.
C'est précis le faux.
Nous nous sommes mariés trop vite après la mort de Gervais.
Ce n'était pas pour les bonnes raisons.
Je voulais une mère pour mes enfants.
Et aussi parce que je t'admirais.
Je te respectais.
On ne peut pas dire que nous ayons fait un vrai mariage.
Leur respect n'est pas suffisant.
C'est par amour que je t'ai épousée.
Je t'aime encore.
Quand j'étais loin,
que je luttais contre le vent, la pluie,
et la terre dans laquelle je creusais ce damné canal,
je ne pensais qu'à toi, tout le temps.
La nuit, ce matin, je pensais à toi.
Ce n'étaient pas des pensées respectueuses.
J'avais tellement faim de ton corps.
Tellement...
Toi.
Oui.
Je t'aime.
Je voulais être propre
avant de mourir.
Il y a un long je te retrouve comme tu étais quand je t'ai connu.
C'est vrai qu'à l'époque, nous étions jeunes.
Deux fous qui croyaient tout connaître.
Nous étions orgueilleux.
Te souviens-tu quand tu m'as dit que j'allais t'embrasser?
Oui.
C'est vrai qu'à l'époque, nous étions jeunes.
Deux fous qui croyaient tout connaître.
Nous étions orgueilleux.
Te souviens-tu quand tu m'as dit que j'allais t'embrasser?
Oui.
Te souviens-tu quand tu m'as défié à l'épée?
Mon corps s'en souvient.
Est-ce toi, Ganon, qui m'as vendu au Basque à Rencevaux?
Non, c'est faux.
Alors, dis-moi où tu étais.
J'ai bien été fait prisonnier par les Basques.
Leur chef a dit que si j'acceptais d'identifier les hommes qui avaient brûlé Pamplune,
certains des hommes mourraient.
Si je me taisais, tous les francs mourraient.
J'ai identifié Roland.
Alors?
Alors il m'a relâché.
En ajoutant que ma liberté serait pire à vivre que la mort.
Tu aurais dû venir te confier à moi.
Tu n'en aurais pas cru un mot, en ce temps-là.
Pourquoi as-tu mis un garçon de cuisine infirme sur mon trône?
Pour te garder ta place.
Je suis sûr que personne ne te la prendrait parce que d'autres voulaient ton trône.
Comme au bon vieux temps, tu viens?
Tu gagneras peut-être cette fois.
Prêt?
On plonge.
On va dans un endroit qui n'a pas de forêt.
Tu as raison.
Tu vas voir.
Je te conseille de ne pas me faire perdre.
Tu vas voir.
Je te conseille de ne pas me faire perdre.
Je vais te montrer ce qu'il y a de plus important dans cette vie.
Tu vas voir.
Tu vas voir.
Tu vas voir.
Tu vas voir.
Tu as encore perdu.
Tu es né vainqueur et moi vaincu.
Et pour mon frère, c'est bien toi?
Tu l'admets, Ganon?
J'ai fait ce que ma conscience me dictait.
Pour le royaume des francs.
Maintenant, je dois laver mes fautes.
Gardes!
Gardes, emmenez-moi. Je veux qu'on m'exécute.
Immédiatement.
Non!
Non, je veux que tu vives, Ganon.
Mais que tu vives très loin de moi.
Je veux que tu vives loin de moi.
Que tu vives loin de moi.
Le canon est parti.
Le dernier de mes amis d'enfance.
Je t'avais prévenu. Tu perdras tes amis, ta famille et tout le reste.
C'est cher payé, mais le jeu en vaut la chandelle.
Cependant, il y a peut-être un moyen de ne plus sacrifier ceux qui t'entourent.
Quel est ce moyen ?
Dieu du ciel, dis-le-moi.
Tu dois bâtir un empire.
Sache que pour cimenter tout un empire, il te faut des lois,
la religion chrétienne et des écoles qui seront le fondement de l'unité.
L'instruction est la pierre angulaire de ton oeuvre.
Il y a des siècles, l'Occident est un empire très respecté.
Les romains ?
Oui. Ils avaient bien compris la nécessité d'un réseau d'informations.
Pour ça, ils avaient bâti un immense réseau de routes
et toute une armée de messagers pour véhiculer l'information,
transmettre les ordres et faire du commerce.
Avec succès ?
Pendant des siècles, des informations sérieuses leur venaient de partout.
Les romains étaient alors à même de déjouer complots et rébellions.
Les messagers de Dieu ont besoin de voies de communication pour répandre la foi.
Mais ce serait aussi coûteux que de creuser un canal.
Peut-être, mais on peut mieux contrôler un royaume.
Hmm.
Prince Charles.
Père, j'apporte plus de mille branches comme celle-ci
en gage de soumission de la dernière tribu saxonne,
celle qui demeurait invaincue à ce jour et qui réclame le baptême.
Voici l'évêque de Salfou.
Il s'y rendra sous ta protection et procédera à la cérémonie avec Biloukine,
duc de Salfou.
Louis, roi d'Aquitaine.
C'est le drapeau de la forteresse de Huesca.
C'était la dernière forteresse moure entre Barcelone et l'océan Atlantique.
L'Espagne est à toi.
Pépin, roi d'Italie.
Les barbares qui nous ont attaqués de l'Orient
ont été repoussés à l'Orient.
Du moins, ceux qui ont survécu,
sans les trésors qu'ils avaient volés.
J'ai ramené quinze attelages jusqu'à ton palais.
Ils sont chargés d'or, d'argent et de bièreries.
Ce n'est pas possible.
Il y a plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes, plus d'armes.
J'ai ramené quinze attelages jusqu'à ton palais.
Ils sont chargés d'or, d'argent et de bièreries.
Ce trésor provenait de pillages d'églises.
Que mes trois fils soient bénis et qu'ils prospèrent.
J'ordonne à tous mes sujets,
du plus puissant au plus humble de mes vassaux,
d'aller pieds nus jusqu'à la chapelle
pour une action de foi en remerciement.
J'ordonne à tous les bienportants
de s'abstenir de viande et de vin pendant trois journées.
Quant aux invalides,
je les dispense de jeûne
à condition qu'ils quêtent pour nos institutions.
Gloire au Père éternel !
Gloire au Père éternel !
Le pape doit être informé de ces victoires.
Il le sera.
Regina,
je veux que tu ailles à Rome
dire à Adrien que nous sommes victorieux.
Merci.
Votre sainteté, je suis porteur de nouvelles excellentes.
Les Saxons sont désormais baptisés.
Charles vous informe qu'à compter de ce jour,
son royaume est le royaume du Christ.
Le roi Défranc a été un grand serviteur du Seigneur.
Je lui parle de notre gratitude, de notre admiration
pour la réussite de cette action mémoire.
Il lui également,
il s'apprête à venir à Rome.
Je souhaite le serrer dans mes bras
comme un véritable fils au nom du Christ.
Le pape avait l'intention de l'inviter.
Tu le savais, Compulus ?
Personne ne le savait.
Il nous l'a caché.
Et si Charles vient à Rome,
il amènera sans doute son armée de brutes,
une horde de barbares
lâchée dans les rues de notre cité.
Léon, toi qui es le roi défranchi,
tu as un plan.
Je suis le roi défranchi.
Je suis le roi défranchi.
Léon, toi qui n'es pas noble,
je veux dire, toi qui restes en contact étroit
avec le peuple,
peux-tu me dire quelle sera sa réaction
en voyant ces rustres ?
J'ai bien peur que les gens les reçoivent très mal,
si jamais ils doivent les nourrir.
Sachant que son armée va excéder le peuple,
il faudrait donc une seconde armée
cantonnée hors de la ville pour les rassurer.
Le peuple approuverait, non ?
Une armée qui ne serait même pas en Italie,
mais suffisamment proche pour intervenir.
La flotte byzantine pourrait mouiller au large
et ça ne coûterait rien.
Ils ont leur vivre.
J'ai peut-être une idée.
Mon fils,
officiellement, je veux juste le remercier.
Mais en vérité,
c'est de son aide
que j'ai besoin.
J'ai besoin d'aide.
D'accord.
J'ai besoin d'aide.
J'ai besoin d'aide.
J'ai besoin d'aide.
Est-ce qu'il t'a dit pourquoi je dois aller à Rome d'urgence ?
J'ai eu l'impression
que sa sainteté
n'était pas en parfaite santé.
Il ne peut pas mourir.
Mais il va mourir.
Je le suivrai bientôt.
Quoi ? C'est absurde.
Si près d'emporter une grande victoire,
tout l'empire d'Irène de Byzance
est en péril.
L'impératrice veut régner en homme et c'est le chaos.
Personne ne sait plus à quel sein se bouer.
Je dois vous dire qu'à Rome
circule une rumeur sérieuse, mon roi,
dans laquelle Irène de Byzance enverrait sa flotte
pour vous contrer au cas où vous viendriez avec votre armée.
Une rumeur ?
Persistante, vous pouvez me croire.
On en parle en haut lieu.
Rends-toi à Rome et montre-leur
que ta force est bien sur terre.
Oui. Bonne idée.
Et moi aussi je dois partir à présent.
Quoi ?
Tu vas venir à Rome avec moi ?
Non. Un roi plus puissant que toi me réclame.
Je dois me rendre à tour pour mourir.
Non. C'est hors de question.
Tu sais, la mort fait partie de la vie.
On cesse de vivre
pour renaître dans un univers spirituel.
C'est ta foi
qui te fait dire ça.
As-tu déjà été au bord de la mer ?
Oui.
As-tu remarqué l'effet du flux et du reflux
qui fait respirer l'océan ?
Bien sûr.
Le côté massif et redoutable
de cette force.
Eh bien, ce n'est qu'un jouet d'enfant
comparé à la force qu'est la foi.
Et je sens qu'elle m'appelle.
J'ai vécu bien plus que j'aurais dû.
J'ai rendez-vous avec Dieu
à Saint-Martha de Tours.
Ne sois pas désemparé.
Désemparé ?
Je ne le suis pas.
Je me soumets à ma passion
pour l'église de Rome.
D'instruire tous les peuples de ton futur empire
qu'on qui ne l'oublie pas
au nom du christianisme.
Un empire...
L'empire...
Et Génard va t'accompagner
à Rome.
Avec ce livre.
Le livre des sacrements
de Grégoire le Grand.
Extrêmement rare.
Mais tu en auras besoin.
Besoin ? Pourquoi ?
J'ignore pourquoi.
Mais prends-le.
Je t'en prie.
Je me souviens du premier jour où je t'ai vue.
Traverser la grande salle
aux côtés de ton père en souriant.
Et ton père a dit
«Rome, c'est là que je veux aller.
»
Et j'étais là.
Je me souviens du premier jour
où je t'ai vue
traverser la grande salle
aux côtés de ton père en souriant.
Et ton père a dit
«Rome, c'est là que je veux aller.
Et ton père a dit
«Roi Charles,
j'amène cette fille à la cour.
Il faut que je lui trouve un mari.
Et tu lui as dit
«Inutile de chercher plus loin.
Tu l'as trouvée.
Jamais je n'étais plus heureuse
que ce jour-là.
Je vais mourir de froid
toutes les nuits de Rome.
C'est ici qu'on meurt de froid.
C'est chaud à Rome.
Sans compter
qu'il y a de très jolies femmes.
Oui, des milliers
qui viendront me supplier
jusqu'au pied de mon lit.
Tout aussi belles
et aussi nues les unes que les autres.
Et moi,
je dormirai profondément en ronflant.
Je ne suis plus le jeune fou
qui courait les femmes.
Je suis un vieux fou maintenant.
Appelle le roi.
D'où viens-tu, moine ?
De Rome.
Charger un message important
pour le roi Charles.
Ces moines viennent du sud.
L'un d'eux est à moitié mort.
Le plus jeune,
le plus jeune,
l'un d'eux est à moitié mort.
Le plus grand dit qu'il a un très important message
de Rome à vous transmettre.
Ils viennent de Rome ?
Si Adrien avait quelque chose à me dire,
il m'aurait détaché un messager.
Tu es sûr qu'ils sont moines ?
Ils en ont l'air.
Quel est ton nom ?
Allez, parle.
Et tu dis être envoyé par le pape ?
Exactement.
Le pape Adrien nous a quittés.
Comment ?
Je l'ignore. C'était une mort subite.
Peut-être bien une mort naturelle.
Peut-être bien.
C'était un homme que j'aimais comme mon père.
C'était un grand pape.
Encore un.
Et le nouveau pape ?
C'était Léon III.
Et c'est lui qui t'envoie ?
Non, roi Charles.
J'essaie tout simplement de lui sauver la vie.
C'est lui le pape ?
Mais c'est...
C'est Léon ?
Oui.
Et Ginard ?
C'est Léon le petit moine.
L'assassin de Léon III.
Transportez-le à l'intérieur.
Mets-le dans un lit.
Ils l'ont fait pas.
Ils l'ont mis dans cet état. Pourquoi ?
Qui ?
Je l'ignore, roi Charles.
C'était lors de la procession
à la mémoire de saint Marc, l'évangéliste.
Les assassins ont surgi de l'église de San Stefano
et se sont rués sur lui.
Ils l'ont fait tomber de son cheval.
Vous étiez là, vous auriez pu le défendre.
Nous avons essayé, mais ils étaient nombreux
et nous n'étions pas armés.
Ils l'ont frappé à bout de bâtons, de couteaux,
de chaînes, comme des bêtes sauvages.
Ça n'a duré qu'un court moment
et ils se sont sauvés.
Je crois qu'ils voulaient lui crever les yeux
et lui couper la langue.
J'ai cru qu'ils y étaient parvenus et qu'il était mort.
Quand j'ai entendu un murmure,
j'avais du mal à comprendre.
Conduis-moi à Charles, sur le champ.
Et ensuite, il a perdu connaissance.
C'est un miracle qu'il soit encore vivant.
Léon, est-ce que tu me vois ?
Oh, Charles !
Oui, je te vois.
Ta voix retrouve de la force.
Il le faut.
Il le faut.
J'ai besoin de me faire entendre.
Tu y arriveras.
Dis-moi,
est-ce que tu me vois ?
Oui, je te vois.
Dis-moi,
de quoi est mort Adrien ?
Selon les médecins,
il est mort naturellement.
Ah, oui.
C'est pour ça que le pape voulait me voir d'urgence.
Je n'ai pas réagi assez vite,
mais ceux qui l'ont tué vont le payer, crois-moi.
Pourquoi t'ont-ils choisi
pour le remplacer ?
Je suis pauvre.
Mes origines assuraient.
Je n'avais aucune famille,
pas d'alliés.
J'ai tellement remercié.
Je n'avais plus qu'à les écouter et leur obéir.
Je les ai laissés croire ça,
et ils m'ont élu
au premier tour.
Ensuite,
j'ai voulu exécuter la volonté d'Adrien.
La flotte byzantine se dirige vers nous
pour attaquer Rome.
J'ai envoyé un messager
à l'impératrice Sirène
pour qu'elle fasse revenir ses bateaux.
Le messager
a été tué en route.
Comme ils ont tué Adrien.
Ils ont essayé de me tuer,
moi aussi.
Non.
Ils ont seulement essayé de te mutiler, Léon.
Si j'avais perdu la vue et la parole,
ils auraient élu un autre pape.
Mais tu étais déjà pape.
Est-ce qu'on change un pape ?
On peut le changer s'il est mutilé.
Pascalis a tout organisé.
Ils ont des alliés.
Tous les notables de Rome écoutent Pascalis
et la faction pro-byzantine.
S'ils doivent faire un choix
entre les francs et Byzance,
tu penses bien qu'ils préfèreront Byzance.
Moi,
c'est toi que je soutiens.
Il faut que tu sauves Rome, Charles.
Tu es le garant du christianisme.
Je suis faible.
Tellement faible.
Ne crains rien.
Tu vas reprendre des forces.
Ensuite, nous irons châtier tes ennemis à Rome.
Ainsi que cette noble assemblée
doit le savoir,
sa sainteté,
le pape Léon III,
a été victime d'un horrible attentat.
La rumeur veut qu'il souffre de blessures graves.
J'ai ouï dire
qu'il ne peut plus parler
et qu'il aurait aussi perdu la vue.
Pourra-t-il alors assumer
ses fonctions de pape ?
Voilà ce qui nous préoccupe.
Où est sa sainteté ?
Nous l'ignorons, à vrai dire.
Je veux dire
qu'il est soigné
par les frères de son ordre.
Sans doute dans un monastère.
Mais où ?
Ses frères restent muets.
Ses assaillants ont été pris.
Nous savons qui ils sont.
Nous les avons bien sûr interrogés.
Et comment ont-ils justifié cette horrible agression ?
Je me contenterai de vous dire
que ces agresseurs
ont commis cet acte
parce qu'ils avaient des soupçons
sinon des preuves accablantes
de sa sainteté, et je m'en tiens là.
De quelle moeur s'agit-il ?
De quoi a-t-on l'audace d'accuser sa sainteté ?
Où est-ce qu'utile que vous nous épargnez ?
Ce dont on l'accuse est vraiment
inqualifiable.
De blasphème, de corruption,
de vente de charges
et privilèges ecclésiastiques,
de moeurs légères à l'égard d'adolescents.
Les témoignages concordent en tout point
et les accusateurs sont d'accord pour le dénoncer.
Nous entendrons volontiers ces témoignages
en présence de sa sainteté elle-même.
Charles ! Charles ! Charles !
Le Pape Léon !
Le Pape Léon !
In nomine Patris et Filii
et Spiritus Sanctus.
Sanctus !
Sanctus !
Faisons vite, ne perdons pas une minute.
Nous devons réunir des preuves accablantes.
Tout de suite !
Toute hésitation sera fatable.
Nous prouverons à Byzance comme aux Francs
que nous avons eu le courage d'accuser le Pape
et nous le destituerons après jugement.
Mais ces témoins dont vous parlez,
où sont-ils ?
Aucun.
Campulus va nous les trouver ces témoins et il va les payer.
Et il leur dira quoi dire.
C'est simple.
Qui est-il ?
Comment jugerons-nous le Saint-Père si jamais il reste introuvable ?
Et que ferons-nous si Charles intervient ?
Comment le pourrait-il ?
Vous dites n'importe quoi.
Le temps qu'il comprenne ce qui se passe, ce sera fini.
L'affaire sera réglée.
Nous aurons un nouveau Pape qui ne s'opposera pas
à une alliance avec Byzance.
J'aurais tant voulu partir avec toi.
Te voir remporter est la plus glorieuse des victoires.
Car tu l'emporteras, j'en suis sûr.
Il le faut, Charles.
Si un roi défend,
sauve Rome.
C'est la défaite de l'Empire de Byzance.
Et l'histoire est écrite.
Et comment vais-je l'emporter ?
Pour me dire de faire ceci ou cela ?
Ta femme sait quoi faire,
je ne suis pas inquiète.
Vraiment pas.
Merde.
Je pense que c'est mon heure, Charles.
Je n'arrive plus à mettre l'ouvrage sur le métier.
C'est horrible de se sentir faible.
Épuisé.
Agonisant.
Je meurs, Charles, c'est tout.
Je ne regrette qu'une chose.
Je t'ai traité trop durement.
C'était une façon de régner aussi.
Dieu sait que je voulais te rendre heureux.
Et j'ai mal choisi tes femmes.
Mais je ne t'ai pas toujours écouté.
Oui.
Mais j'aurais dû être plus tendre.
Sers-moi.
Sers-moi.
Laisse-moi te redire
que tu n'obéiras à personne,
personne qu'au pape.
Et que tu n'écoutes que ta propre femme.
Ainsi le christianisme et le royaume seront bien défendus.
Laisse-moi maintenant.
Adieu.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Traduction par Jean Laflute
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
Est-ce qu'on peut décemment croire que Léon soit fautif ?
Ainsi que je le disais,
qu'il soit fautif ou non n'est pas ce qui les intéresse.
C'est uniquement une question de politique.
Non.
C'est uniquement une question de foi.
Saint-Père, je suis ici pour te servir.
Tu as mon soutien et ma foi.
Je n'ai pas d'ordre à donner.
Je suis prisonnier ici.
Est-ce que tu peux me faire sortir ?
Avec la moitié de mes hommes, je pourrais occuper la cité.
La cité des hommes.
Pas la cité de Dieu.
La cité de Dieu ne peut se conclure
qu'avec la moitié de ses hommes.
C'est ce que j'ai fait.
C'est ce que j'ai fait.
C'est ce que j'ai fait.
C'est ce que j'ai fait.
La cité de Dieu ne peut se conquérir
par la force des armes.
Mes ennemis veulent me juger devant les hommes.
Et je refuse de me soumettre
à une parodie de justice.
Mais je sais que la flotte byzantine
va bientôt imposer...
Jamais ils n'oseront conquérir Rome.
Pas avec mon armée ici.
Tu portes la croix.
Je porte le glaive.
Tu es le défenseur de la croix.
Mais il est hors de question de mettre la ville
à feu et à sang.
Je ne veux pas que tu me fasses
cet odieux procès.
Un miracle serait-il possible ?
Où en es-tu ?
Tu dois nous trouver quelque chose.
Dans le livre d'Alcuin, tu n'as rien trouvé ?
Depuis Saint-Pierre,
on n'a jugé que deux papes.
Tous les deux au 7ème siècle.
Le premier procès n'a pas abouti.
Prima Sedes
a nominé Judicatur.
Le 5ème siècle.
Le 6ème siècle.
Et Judicatur.
Le Saint-Siège ne peut être jugé par personne.
Et le second ?
Je ne l'ai pas retrouvé.
Je le cherche encore.
Tout ce papier.
Tous ces principes sur du papier.
Ce qui est injuste doit être jugé par l'épée.
...
Bienvenue à Rome!
Jean-Charles.
Noël dans notre cité sera fêté à la fois par les Francs
et par les Byzantes.
Pascalisse, je ne suis ici pour fêter Noël,
mais pour honorer le serment que j'ai fait à l'Église
protéger le Saint-Père.
Je vous préviens que vous allez protéger
un pape dont l'immoralité est notoire.
Non.
Je suis venu protéger un pape que des intriguants corrompus veulent désavouer pour instaurer une plus grande corruption dans la cité de Dieu.
Je voudrais bien qu'il peste.
Mais de nombreux témoins pensent le contraire.
Le pape doit affronter ses juges.
Je suis persuadé que nos invités byzantins seront de cet avis.
La paix doit être sans tâche.
Ou le pape sera condamné, ou le pape sera absurde.
Sait-on jamais l'important est qu'il soit jugé, n'est-ce pas?
C'est mal me connaître.
J'ai toute une armée aux alentours de la cité.
Une armée qui m'obéit aveuglément.
Une armée qui ne sert à rien.
Envahissez toute la cité, roi Charles.
Mais sachez que personne ne peut changer ce qui doit être.
C'est ainsi.
Oui.
Nul ne changera ce qui doit être.
Non, jamais.
Je n'irai pas devant leur tribunal.
Ils n'ont aucune preuve contre moi.
Bien sûr, mais j'insiste.
Demande que le pape soit jugé.
Je n'irai pas devant leur tribunal.
Ils n'ont aucune preuve contre moi.
Bien sûr.
Mais j'insiste. Demande que le procès ait lieu.
Je leur annoncerai que tu souhaites ardemment être lavé de tout soupçon
et que j'entends bien présider le tribunal.
Mais ils croiront les faux témoignages.
Charles, tu n'ignores pas que ces gens sont capables de tout.
Ce qu'ils ignorent, c'est que moi aussi je suis parfois capable de tout.
Et Génard essaie de découvrir un précédent dans un livre.
Un livre que le moine Alquin m'a donné avant que je parte pour Rome.
Mais autre chose me préoccupe.
La flotte de Byzance.
On me dit que Pascalis aurait demandé à Irène d'intervenir.
Dis-moi, très-saint-père, aurais-tu un manuscrit de ce cher Pascalis ?
Tu l'as trouvé ?
Pour Cassio car Sacramentum, le serment d'innocence,
Dieu est son seul juge.
D'autres papes l'ont déjà utilisé.
C'est à côté ça !
Tu es un érudit, Génard.
Un honnête homme, hein ?
Vraiment honnête.
Mais ferais-tu une exception, juste une fois dans ta vie, pour que la paix règne ?
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
C'est pas possible !
Il fait comme celui à l'intère, Dieu préfère.
Que Dieu blesse,
Que Dieu blesse,
Que Dieu blesse,
C'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire
du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire
du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du
peuple, c'est la victoire du peuple, c'est la victoire du peuple.
Moi, je suis le roi de la terre, je suis le roi de la terre.
Moi, Léon, par la volonté de Dieu au plus haut des cieux, en qualité de pontife de
la sainteté, que nul n'a jamais jugé ni contraint, je m'absous en votre présence et devant le
Seigneur, qui voit et sait toute chose de moi.
Je jure de n'avoir commis aucun des crimes dont je suis accusé, ni incité quiconque
à proférer ses médisances.
J'en témoigne devant Dieu et devant les hommes, et m'en remets à l'infini sagesse de l'Éternel,
qui nous observe dans les circonstances et qui nous jugera.
On a monté contre la personne une parodie de justice, contre la volonté du Tout-Puissant.
Seul le plus grand roi de la chrétienté m'a reconnu innocent et m'a soutenu.
Je jure sur ma foi et je prête serment.
Amen.
Amen.
Longue vie au pape Léon !
Longue vie au pape Léon !
Silence !
Nous avons un autre procès à faire.
Celui des accusateurs, des traîtres odieux qui se jouent des dons.
Faisons-leur payer sans attendre le prix de leur corruption.
Qu'on les arrête et qu'on les juge !
Le peuple danse dans les rues, il exprime sa joie.
Il attend impatiemment l'exécution de Pascalis et de ses complices.
Saint-Père, nous sommes forts à présent, montrons-nous généreux, en mémoire de la naissance du Christ.
J'avoue qu'une chose m'intrigue dans cette affaire.
Pourquoi Pascalis a-t-il envoyé un message au commandant de la flotte pour lui dire de repartir ?
Un vrai mystère.
Ça n'était pas dans son intérêt. Et comment savais-tu qu'il l'avait envoyé ?
J'étais présent quand mon ami Éginard a bien voulu écrire la lettre.
C'était vraiment ressemblant. Me pardonneras-tu ?
Est-ce toujours la façon dont tu procèdes pour savoir la vérité ?
C'en est une. Y avait-il un autre moyen de défendre la cité de Dieu sans verser le sang ?
Je ne le crois pas.
Tu as raison. Notre sainte mère l'Église était redevable de l'avoir sauvée de ses persécuteurs.
Je fais le ménage dans la maison de Dieu, comme le disait ma mère.
Non, beaucoup mieux. Tu as assuré notre avenir.
Les générations futures doivent savoir pourquoi elle a été écrite. Dans la foi et dans l'espoir.
Les livres nous racontent que l'Empire romain était païen.
Désormais les livres parleront du Saint-Empire romain.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Acte de Kyrgyz, la cité des hommes, la cité de Dieu.
Tous les chrétiens d'Occident, unis dans un nouvel Empire.
L'Empire romain, l'Empire d'Occident.
L'Empire d'Occident, l'Empire d'Occident.
L'Empire d'Occident.
L'Empire d'Occident.
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