All language subtitles for Le.Beau.Monde.2014.FRENCH.DVDRip.x264.AC3-ALADiN

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Original subtitles

-Je sais plus quoi en faire, de tes fleurs, moi.

-T'en penses quoi ?

-Je trouve ça bien, oui.

Oui.

-Bonjour.

-Bonjour. -Ça va ?

Je prendrai un café et une tarte aux fraises.

-Très bien. -Merci.

Il est vraimentjoli, votre pull. -Merci.

Vous travaillez dans la mode ? -Ça se voit tant que ça ?

-Non, non. C'est ma patronne qui me l'a dit.

Vas—y. Je me débrouille.

-Non, je vaist'at‘tendre.

-Ah, c‘est vous.

On est en train de prendre le the. Entrez.

-Ce sera pas long.

-"Je m‘appelle Alice. Je Viens de...

"Il ne sauraity avoir d‘autre issue a ma vie."

C'est un peu beaucoup, non ?

Faut pas faire de chantage, mais leur donner envie.

Une lettre de motivation. -Non.

-Non, mais Harold est un homme très sensible.

Ne vous en faites pas.

Qu'est—ce que tu en penses ?

"Il ne sauraity avoir d‘autre issue a ma vie."

C'est un peu beaucoup, non ? -Pourquoi vouloir faire cette école ?

-Moi, j‘adore le pull d'Alice.

Il me fait penser a la collection printemps—été.

Jean—Louis a travaillé à partir des toiles de Rothko.

Ce serait bien d'en parler, non ?

-Oui. C'est bien, ça.

Tu as choisi comment, tes couleurs ?

-En fait, je prends des vieux pulls etje détri... Je les détricote.

Etje teins la laine.

Comme ça fait pas le même effet a chaque fois, ça donne...

Enfin, ça donne cet effet.

-II faut le dire, c‘est super. Il faut peut—être des références.

-C'est dans le dossier.

-Je vais vous chercher des livres.

-Et c‘est quelle école ?

-L'école Duperré. Mais ça comprend tous les métiers dela mode,

du stylisme a la broderie. -Tu vas parler

de la tapisserie de Bayeux ?

-C'est une très bonne idée.

-C'est une merveille

Chaque fois qu'Agnès m'invite, je vais la revoir.

-Comme Alice estjolie, maquillée.

-Ça va...

-Je comprends pas, Kévin,

pourquoi tu vas pas a Paris. -J'ai pas envie d'y vivre.

-Franchement, pour ce que tu fais ici, ça changerait quoi ?

-C'est pollué, y a trop de monde.

-Je le sens pas.

-N'y va pas. Tu t‘en fous, de cette femme. T‘aurais réussi sans elle.

-Non, c‘est pas vrai.

-Va lui donner, et au pire, elle l'aime pas.

-Tu trouves ça bien, toi ?

-Si elle aimait ton pull,

y a pas de raison.

-C'est une écharpe, c‘est pas pareil.

-Ben, si.

Elle sonne.

-Bonjour.

-Bonjour. Je viens voir Mme Bart.

-Entrez. -Je ne veux pas déranger.

-Maman !

Maman !

-Elle est pas la.

Bonjour.

-Bonjour. -Catherine.

-Vous lui donnerez ça de ma part ?

-De la part de...? -Alice, dela pâtisserie.

-Vous voulez lui laisser un mot?

-Dites—lui juste quej'ai réussi mon concours.

Ou ne lui dites rien, c‘est pas grave.

-Elle a votre numéro ?

-Non. -Notez-le la, si vous voulez.

-Ça va ?

Ah, bonjour.

Ben quoi, c‘est pour moi?

Qu'est—ce que c‘est ? Oh !

Merci beaucoup.

-La lettre m‘a aidée. Je suis rentrée dans mon école.

-Ah, vraiment? Je suis ravie pour vous.

J'ai trop chaud pour la porter, mais merci beaucoup.

Ce sont vos amis, dans la voiture ?

-Oui. Ils m'attendent.

-C'est bien. Paris, l'année prochaine, ça va vous changer.

-Ben, oui.

-Vous avez un logement? -Pas encore.

-J'auraisjamais du amener cette écharpe, c‘était horrible.

Excusez-moi. -Oui, Alice.

Vous avez terminé ? -Oui.

-Faut sortir de Modes & Travaux, Alice. Le sujet, c‘est l‘aérien.

Alors un oiseau, oui. Pourquoi pas ?

Mais donnez—lui une forme singulière, au moins.

Travaillez votre laine en pensant a la transparence,

a l‘impalpable.

Il peut pas décoller, la, votre oiseau.

Je sais pas, essayez de lui couper les ailes, pour voir.

-Tu veux faire quoi, après ?

-Je sais pas. -Tu pourrais tenter la broderie.

-C'est très précis, non ?

Je suis pas du tout précisé.

-C'est très précis, ce que tu fais.

-Non, c‘est nul. T'as vu ce qu'elle a dit.

Si je lui coupe les ailes, il reste quoi, de l'oiseau ?

-Tu connais Brancusi ? -Je connais rien, moi.

-C'est un sculpteur. Il a fait des oiseaux sans ailes.

Il a fait une bite, aussi : Princesse X.

C'est beau, comme nom, non ?

-Oui.

-Tu veux prendre un verre ? -Non, merci.

-Salut, Alice. -Salut, Rodolphe.

-Je cherche le livret de famille. -Tu le ramènes.

-Oui, bien sûr.

-Tu veux dîner avec nous ? -Non, je peux pas.

Je vais retrouver Antoine, a côté.

Il a proposé à Alice de venir ici.

-Oui. C'est le fils dela dame à l'écharpe.

-Quelle écharpe ?

-Non, mais rien. Arlette pense que je connais bien Antoine.

-Tu veux venir avec nous ? -Non.

-Mais, Alice, tu sorsjamais.

J'ai pas besoin qu'on me tienne la main.

-C'est pour offrir une petite place aux artistes

qui refusent de se vendre aux assassins. Kafka l‘a dit.

Finalement, tu as pu venir. -Oui.

-Bonjour. -Salut.

-Dire "Je suis contre tout" et le vomir partout,

ça sert a rien. Faut une pensée forte, pas dela paresse.

Bref... -Tu bois quelque chose ?

-Un demi. Rodolphe ?

-Non, ça va. Merci.

On était ensemble au lycée. On se voit moins.

-Oui, tu me l'as dit.

-Ah oui, c‘est vrai. Je me répète, des fois.

Arlette n‘est pas trop bavarde ?

-Non. J'aime bien l'écouter, ça me dérange pas.

-Tiens. -Merci.

-Merci. -C'est pour moi.

-Non, non, c‘est pour moi.

-Merci, Alice.

Et alors, comment ça se passe, chez sa grand-mère ?

-C'est bien.

Et puis, c‘est grand.

Merci, en tout cas. -Ben, de rien. C'est normal.

-Salut.

Ça va?

C'est drôle. C'est la que je viens pour voir la mer.

-J'aime beaucoup Arromanches.

C'est trés Jacques Tati, comme ambiance.

A part les souvenirs de guerre, mais ici, personne n‘est mort.

-J'aime bien les fleurs au bord des champs. C'est le bordel.

On dirait que c‘était comme ça avant qu'on y soit.

-Qui "on" ?

-Les humains.

-Ah, les humains. Nos amis les humains.

Elle rit.

Quoi ?

-Rien. C'est comme tu le dis.

Rodolphe m‘a dit que t'étais à HEC. C'est bien ?

-Ah oui, HEC, c‘est bien.

Maisj‘y suis pas très heureux.

-Pourquoi ?

-Je fais dela photo depuis longtemps etj'aimerais en faire vraiment.

Et tu vas en faire quoi, de tes fleurs ?

-Je vais essayer de les interpréter.

On nous demande toujours ça :

dire ce qu'on aime et traduire ce qu'on ressent.

-Et ça te plaît? -Oui.

Maisj'ai l'impression que...

C‘est comme si une porte s‘était ouverte sur un monde immense.

C‘est bête, tu vas faire un détour. -Tout va bien.

C‘est vraiment pas loin.

-C'est… C'est la.

-Je rentre a Paris demain, en voiture. On peut rentrer ensemble.

-Non.

-C'était bien ?

-Oui.

Mais c‘est con, t‘aurais du venir.

-Et… C‘est qui, le mec qui t'a ramenée ?

-C'est Antoine, le fils dela dame à l'écharpe.

On s‘est croisés par hasard.

Je faisais du stop.

Tu sais, les bus, faut attendre

-L'autre nuit, j‘ai vu une émission sur une artiste.

Elle tricote avec des moineaux morts.

Ça m‘a fait penser a toi.

Un jour, en se promenant, elle a marché sur un moineau mort,

et sous ses sandales, elle a senti que c‘était froid.

Donc elle lui a tricoté un gilet.

-Annet‘te Messager. Elle est très connue.

-C'était sympa. Tu l'as vue ?

-Non. La dame chez qui je vis, elle regarde des DVD.

-C'est rare, chez les vieux.

-Elle est toujours gentille ? -Oui, je l'aime bien.

Elle est comme toi : gourmande.

Sauf qu'elle est toute mince. -Elle a dela chance.

-Moi, c‘est pareil, je brûle tout.

-Sheila Hicks.

On nous en a parlé, a l'école. Merci.

T'aimes bien ?

-Je connais pas vraiment,

maisje pensais que ça t'intéresserait.

C‘est beau, ça.

-Pourquoi c‘est beau ?

-Ça fait penser à l‘art primitif.

Je trouve qu'on sent les blessures.

Ça fait penser a plein de choses.

-Oui. Mais si tu penses pas, est-ce que tu trouves ça beau ?

Ca pourrait être un travail mal fait ou...

une femme qui tisse mai.

Pourquoi est-ce que c‘est de l‘art ?

-La différence, c‘est la démarche.

La, il y a un point de vue.

Déjà, le titre : Cicatrices.

Tout de suite, ça évoque le choix de représenter quelque chose.

-Mais moi, c‘est la mode qui m'intéresse.

Mais c‘est différent, tu vois, c'est... C‘est utile.

Enfin, l‘art aussi, ça sert, mais...

C‘est intéressant, mais ça sert pas directement.

-Ça ouvre la pensée. Au contraire, c‘est essentiel.

-La mode aussi peut être de l'art.

-Non. Enfin, je trouve pas.

Une robe, aussi belle soit—elle, reste une parure.

Une robe, c‘est un vêtement.

C‘est politique quand Coco Chanel fait sauter le corset,

ou le costard de Saint Laurent pour les femmes.

Alors oui, y a des gens hyper talentueux...

Le grand manège du luxe et des apparences, j'aime pas tellement.

-Oui, mais c‘est pas ça, pour moi, la mode.

-Non, mais la, je faisais un peu le coq pour t'impressionner.

-Je vais y aller. J'ai du travail.

Merci pour les livres.

Ah, Fernando...

C‘est dingue.

-Je l'aime bien. Il crie le plus fort, sur le marché.

-C'est mon beau—père. -Ah oui ?

-II a l‘air sympa, comme ça. -II est sympa.

-C'est pas difficile, d‘avoir l‘air sympa.

Tu lui as dit quoi ? -On a parlé de ce qu'il faisait.

Je lui ai dit quej'aimais bien les marchés,

que c‘était un boulot intéressant.

Tiens, donne—moi ton...

Tiens. -Merci.

Ben, bonne soirée, alors.

-Je vais plus pouvoir me passer de toi, Alice.

-Bonne soirée.

”Chéri..."

"Je pense...

"Je pense doncje suce."

-C'est toi, Georges ?

-Non, Arlette C‘est Alice.

Bonne nuit, Arlette

C‘est mon travail sur l‘aérien. Je l'ai appelé "Plumes".

J'aime travailler la laine. C‘est une matière lourde.

J'ai cherché à lui donner de la légèreté.

J'aimerais beaucoup continuer ce travail des matières.

Cette année, je me suis aussi intéressée à des artistes.…

A des artistes qui ont détourné

l‘art dela broderie pour penser leur identité dans la société

et dire leur perception et leur souffrance.

Dire, en fait, a travers différents motifs, leurs sensations.

J'ignore les miennes, mais c‘est dans ce travail que j'aimerais chercher.

-Bien. Merci. -Merci.

-Alors ?

-Je sais pas. On verra.

-Moi, je suis sûr que c‘était bien.

T'as les joues roses, t'es contenté.

Je me suis arrangé pour venir avec toi à Bayeux.

-Tu l'as dit a ta mère, que tu me connaissais ?

-Non, pas encore.

Tu sais, j'aime pas tellement lui raconter ma vie.

-C'est bizarre, hein, d‘être ici.

-Pourquoi ?

-Ben, c‘est grâce a ta mère que je suis dans mon école.

-lci, tu vas apprendre qu'on réussit toujours grâce à soi—même.

Même si c‘est faux, c‘est la loi des grands bourgeois.

Une règle tacite ou les gens s'appuient les uns sur les autres.

Mais ça ne doit pas se savoir.

Ainsi se tient la démocratie dans l'illusion du mérite.

Catherine, ma sœur. Alice. -Bonjour.

-On s‘est déjà vues.

Maman fait la gueule. Je crois que papa a une nouvelle histoire.

-Catherine, c‘est la détective de la famille.

Mais leurs histoires de fesses,

ça m'intéresse pas.

-C'est une pouf de la banque qui veut une retraite dorée.

Elle tiendra pas,

mais elle s‘accroche, apparemment.

-Ça laisse des traces. Essayez le papierjournal.

C‘est un vieux truc, mais ça marche peut—être mieux.

Ça va?

Vous avez tout ? Sinon, demandez à Pascale.

-Merci, hein. Aussi pour les fleurs et tout.

-Les roses sont sublimes, cette année.

Et l‘école ? Vous êtes contente ?

-Oui. Je rentre en classe de broderie.

-C'est ce que vous vouliez, non ? -Oui. On ne sera que 5.

-Tu peux tutoyer Alice.

-Vous vous étes connus comment ?

-L'an dernier, quand Alice est venue.

-Oui. Mais après ?

-Ben, après, ça te regarde pas. On s‘est revus, c‘est tout.

-Antoine m‘a trouvé un logement a Paris, chez Arlette

-Ça ne me regarde pas, de toute façon.

Tiens, c‘est ton pére. Ca lui fera plaisir de t'entendre.

-Allo ? Très bien. Et toi ?

Ben, je prends mon temps.

Je suis pas nerveux.

-Personne ne comprend pourquoi il a quitté HEC.

-Le grand drame d'Antoine, c‘est d‘avoir le choix.

-Maman savait que je venais.

Oui, avec ma copine.

Alice. Mais si tu veux la rencontrer, viens nous voir.

-Votre père n'aime pas ce climat.

On part a Valbonne. Harold doit nous rejoindre. Vous allez venir ?

-Tu sais bien que je pars en Sicile.

Et vous, vous faites quoi ?

-Je sais pas encore. Alice travaille au mois d‘août.

-Ah oui? Où ça ?

-C'est pour avoir un peu d‘argent. Dans une pâtisserie.

-Décidément.

-Oui, justement, c‘est a cause de l‘expérience.

-Tu pourrais nous rejoindre en Sicile.

C‘est photogénique.

-Je veux plus me lancer au hasard.

J'ai envie d‘avoir un vrai projet.

-Comme quoi ?

-J'ai envie de porter un regard qui raconte les choses sans les dire.

-Précis, comme concept. T'as bien fait de tout lâcher.

-C'est facile, de se moquer. -Ah bon ?

-Bien sûr. Ça me gonfle. Dès qu'on pense, tu fais de l‘ironie.

-Je t'écoute. -Ta sœur a raison.

C‘est aventurier, de tout abandonner sans savoir ce qu'on veut.

Il faut du talent. -Oui, mais du travail surtout.

On est revenu au temps de Louis XIV.

Alors oui, c‘est pas évident, mais ça m'intéresse.

-Sauf qu'on finance les artistes, et ça a toujours été le cas.

-Quand tu seras plus avancé,

tu pourras solliciter une résidence quelque part.

Jean Massoni, le compagnon de Pierre,

il s'occupe de Tokyo. Tu pourrais le rencontrer, non ?

-C'est ma mére.

-Je me gare la ?

-On vient d'arriver. J'allais t'appeler.

-Antoine, enchanté. -Pareil.

-Je suis ravi de vous rencontrer.

Je rentre avec Catherine etje te rejoins avec la voiture.

Atout a l'heure.

-Si, si, bien vu.

-Non, prends pas ça en photo. C‘est moche. Arrête.

-Ses 1ers travaux. Ma fille est douée.

-J'adore. -J'ai pas si mauvais goût.

-Faut lesjeter, c‘est la honte.

-Jamais, Alice. Jamaisje lesjette.

Fernando.

Alice est la. Viens.

Avec son amoureux.

-Content de te voir.

Fernando, beau-père d'Alice.

-Antoine. Bonjour. -On se connaît, non ?

-Oui, je vous avais photographié.

-T'aimes le reggae, maintenant? -Non, pas trop.

-C'est l'Africain qui lui a filé.

Ce con s‘est mis a côté de moi. Faut voir la saloperie qu'il vend.

-C'est la même que la tienne. -Mais moi, j‘ai une autorisation.

Et alors toi, bravo, ma fille. T'as réussi, encore.

Elle vendra pas des bonnets sur le marché.

-Je vous sers un whisky ou une bière ?

-Non, non. On va y aller, la.

-J'ai prévenu qu'on serait pas la pour le dîner.

-L'été, on est très barbecue. Vous aimez ?

-Oui.

Claquement de porte.

-C'est moi, Christiane. Je te rapporte la friteuse.

-Ta mère est rentrée ? -Non. A mon avis, c‘est que ça va.

Ben, t'es la, toi ?

Bonjour.

Manon. -Bonjour.

-Si je m'attendais...

-On part à Brighton, demain ?

-Ben, c‘est bien, ici, avec toi.

-C'est hyper marrant, Brighton.

Si ça te plaît pas, on ira se balader.

Tu viens vivre avec moi, a la rentrée ?

-Je sais pas. Non.

-"Georges, c‘est toi ?"

Ce serait plus pratiqué, non ?

-C'est bien, avec Arlette On s‘entraide.

-L'appartement est grand. On pourrait le partager.

-T'es sérieux ?

-Je t'aime.

-Rouge géranium ?

C‘est un rouge orangé. C‘est beau.

Les mains, c‘est important, si tu veux avoir l‘air chic,

si tu veux faire bien devant ta belle—mére.

C‘est beau, leur maison ?

-Tout est beau.

Ils ont l‘air de trouver ça normal.

Moi, j‘aimeraisjuste m‘asseoir dans un coin, regarder et écouter.

-II est canon, Antoine.

-Et Kévin, ça va ?

-Je sais pas.

Il était pas bien, ces derniers temps.

On se voit pas mal, en fait.

-Et il m'en veut?

-On sait pas ce qu'il ressent. Il dit rien.

Mais il picole pas mal.

-Ah bon ?

-En fait, Alice...

On a une histoire ensemble.

Mais c‘est pas très Sérieux. C‘est de temps en temps.

On n‘a rien vu venir et c‘était déjà arrivé.

Je crois qu'on aime bien coucher ensemble, en fait.

Et toi ?

T'as l‘air amoureuse.

T'as les mains bouillantes, c‘est le signe.

*—Un tel caractère l'opposait a celui d'Odet‘te,

bonne, naïve, éprise d'idéal, si incapable de ne pas dire la vérité

que, l‘ayant un jour prié, pour dîner seul avec elle,

d'écrire aux Verdurins qu'elle était souffrante, le lendemain...

Sonnette.

-T'as pas tes clés ?

-Au fond de mon sac, etj'espérais que tu sois la.

Elle rit.

Mais t'écoutes ça toute la journée ?

-J'ai pas le temps de lire.

-Quoi ?

Vas-y.

-Rien.

-Qu'est—ce qu'il y a ? Dis.

-Rien.

-Des fois, je me demande ce que tu penses.

Peut—être que tu penses pas.

-Est—ce qu'on pense, quand on regarde ?

Parce que moi, j'aime bien regarder, en fait.

-Regardez la nature.

Sa beauté est pure, mais souvent abîmée.

J'aimerais que vous parveniez a le montrer.

-C'est pas toujours éclatant, mais je veux pas broder une fleur pourrie.

-Oui, mais votre rosé, la, elle raconte rien.

-Elle raconte une rose qui veut une apparence parfaite.

-Je vois une belle peinture à l‘aiguille,

avec une rose sophistiquée,

une technique sophistiquée, mais qui ne dit rien.

Qu'est—ce que vous avez essayé de faire ?

-Un visage.

-Un visage ?

-La pluie et la rosée, ça dit quelque chose ?

-Ben, disons que c‘est une rose qui a eu des malheurs.

La rose, c‘est cliché. Il faut la détourner.

Pour lesjardins secrets, vous devriez trouver une fleur singulière,

une fleur qui vous corresponde.

Sonnette.

-Ah, c‘est vous ? -Bonjour. Je te dérange pas ?

Je vais déjeunerjuste a côté.

-Pas du tout, Agnès. Mais Antoine n‘est pas la.

-Je me suis dit que pour ton travail, ça pourrait te servir.

Et ça, c‘est pour Antoine. Ce sont des livres.

Regarde.

-Oh mais... Merci, mais c‘est trop beau.

Maisje travaille plus la laine.

-Oh, garde—lès pourtoi. De toute façon, je les donne.

Et ton école, ça se passe bien ?

-Je travaille beaucoup, mais ça va.

En ce moment, je cherche un stage. -Pour quand ?

-Mars.

-Je vais me renseigner. Avant les défilés, on a besoin de monde.

Et Antoine, son travail, ça avance aussi ?

-Je crois. Mais il part souvent faire des photos tout seul.

-Mais il te montre, un peu ? -Oui.

-On passait nos après-midi dans les musées.

Il a toujours eu un regard sensible.

Toi, ça te plaît, ce qu'il fait?

-Oui. Il fait des portraits, des paysages,

des trucs qui le touchent.

-On n'aurait pas du lui laisser son héritage.

Il le dépensé, mais est-ce qu'il en fera quelque chose un jour ?

-Elles sont belles, ses photos. Vraiment.

-ll pense queje suis contre ses choix.

C‘est absurde.

On a besoin de confiance, pour avancer.

Tu crois pas ?

-Tenez.

-T'es bien, la-dessus.

Cliquetis dela serrure.

-Bonjour.

Alice a accepté de me montrer. Je voulais savoir ce que tu fais.

Mais c‘est bien. C‘est très bien.

J'espère que tu ne vas pas dans des endroits trop dangereux.

Ça fait une semaine que j‘essaie de te joindre, doncje suis passée.

On va déjeunerjuste a côté, avec Marie—Colette

Montre—lui ton travail.

Pour sa revue, elle cherche des regards neufs.

Elle aimerait faire dela mode autrement,

avec des filles plus rondes, une idée du quotidien...

-Une idée du quotidien ?

Je comprends même pas. C‘est un concept?

-Je te demande pas d'en faire ta vie. Diane Arbus

a commencé comme ça.

Aujourd'hui, tout le monde en rêve.

Rencontre—la, au moins. Tu verras.

Alice, qu'est-ce que tu en penses ?

-Maisje m'en fous. Vous me faites chier.

-Bon…

Au revoir.

-Au revoir.

-Au revoir, Antoine.

-Je voulais la rassurer.

-Elle t‘apporte des livres, elle pense a toi.

Elle veut que tu réussisses.

-Elle est dans les apparences. Elle subit ce que pensent les autres.

Quand est-ce que tu vas comprendre ça ?

Tu veux quoi ? Être acceptée dans le beau monde ?

Il faut contester toute cette connerie.

-Mais contester quoi, a la fin ? Je comprends pas.

Tu me fais chier. Ma mère s‘est fait licencier pour rien.

Avec ses copines, elles se battent depuis des années pour rien.

Je connais rien, Antoine.

-Mais elles ont raison, de se battre

Tu serais contenté,

si je faisais ça ?

-Pas forcément. Mais c‘est peut—être intéressant pour toi.

-Mais le truc qu'elle me propose, c‘est pas Vogue.

C‘est même pas payé. C‘est une connerie pour se faire remarquer.

Enfin, je devrais peut—être essayer,

commej'ai un regard...

pas mauvais, je finirai peut—être par percer.

Je me ferai des meufs qui font leur shopping

a New York, entre un lunch et 2 vernissages.

-Ta mère voudrait que tu sois

avec quelqu'un d‘autre ? -Non, j‘ai pas dit ça.

Comprends que j‘ai besoin qu'elle me laisse,

avec ses copines et ses envies a elle.

-Elle m‘a proposé de me trouver un stage.

-Ben, de quoi t'as peur ? Elle t'aime bien, t‘inquiète pas.

-Tu m'en veux, moi, si j‘utilise son aide ?

-T'as vu, tout a l‘heure ?

1re fois qu'il parle dela mort de Florence.

Ça m‘a fait bizarre.

J‘arrive toujours pas a le croire.

Elle me manque afireusement.

Ils étaient si beaux ensemble. C‘était un couple partait.

Dans mon souvenir, elle le regardait...

-Elle était un peu dans son ombre.

Alice, elle est comme elle.

La manière dont elle regarde Antoine...

Je me demande si je pourrais aimer comme ça.

-Mais Florence était brillante.

Elle ajamais eu besoin d'Harold pour exister.

Elle a choisi de l'accompagner, c‘est différent.

Alice, elle est béate. On dirait qu'elle existe

qu'à travers ton frère.

-Moi, je l'aime bien.

Je trouve qu'elle a quelque chose d'intense.

Et puis faut voir d'où elle vient. Ça doit pas être évident.

Si tu voyais sa mère.

-Dieu merci, on n‘y a pas eu droit. -J'aime pas que tu dises ça.

-Non, je veux bien voir sa famille,

mais déjà, Alice, je sais pas quoi lui dire.

Elle me regarde comme si c‘était la 1re fois qu'elle me voyait.

Je fais de mon mieux pour l'aider.

Je suis sûre qu'elle fera une excellente petite main.

-II a besoin d‘une fille douce, Antoine.

Maya, elle le rendait dingue.

-Antoine ? Vous êtes la ?

-Ça va.

-Bon, tant mieux.

Tu es rentrée seule ? -Oui.

Antoine fait des photos. Je vais le rejoindre.

-Je t'accompagne ? -Non, merci. Je vais prendre un vélo.

-Alice, regarde ta mère.

Bougez plus.

Super.

Christiane, vous pouvez me regarder ?

-Un travail de diplôme, c‘est une base, pour la vie.

Ce sera le début de l'identité

de votre travail.

Prenez votre temps, réfléchissez,

interrogez vos souvenirs pour construire votre univers plastique.

-En quoi c‘est ton expérience, de travailler sur lesjardins ?

-Le choc que j‘ai eu à Versailles.

Et la sensation de faire partie de cette culture, peut—étre.

C‘est sublime. D‘ailleurs, on les appelle les parterres de broderie.

-En fait, j'en ai marre de raconter ma vie.

-Parler de soi, c‘est pas raconter sa vie.

A quoi tu penses le plus ? -A Antoine.

-Ce n‘est pas "je pense comme Antoine",

mais "je pense à Antoine".

-Alors ?

T'en penses quoi ?

-Ben, c‘est vide. C‘est dur, de se rendre compte.

-Quand les photos de ton amoureux seront partout,

ce sera beau, chez moi.

-T'es con, Rodolphe.

Le lieu est pourtoi, mon pote.

Pour que sa mère soit rassurée.

-Elle veut qu'on dîné avec eux, dimanche.

-Elle a pris Alice en stage pour me surveiller.

-C'est pas vrai.

-Ça va, c‘est une blague.

-Salut. -Ça va, Maya ?

-Super. -Ça fait plaisir, de te voir.

-Ça va ?

-Salut, Paul.

-Bienvenue. -Merci.

-Bonsoir.

Je suis Maya.

-Alice. -Enchantée.

Voici Paul. Voici Antoine.

-Antoine.

Il parle anglais.

-C'est super, ça. -On a bien bossé. Je suis content.

On boit un coup ?

Ils parlent anglais.

-"Est—ce que tu veux être une artiste ?"

-Non.

-Ciao.

T'as l‘air de t'ennuyer, quand il y a du monde.

-Maisje m'ennuie pas, je regarde.

-Tu parles pas avec les autres. -Si, je parle.

Elle est mannequin, Maya ?

-Oui. Elle a fait des photos pour payer ses études.

-Elle a fait quoi, comme études ?

-Elle était à Sciences po avec Rodolphe.

Oui. Il y a des gens qui ont tout, en apparence.

-C'est pas seulement des apparences.

-On a racheté plein de meubles.

Ben, le canapé, déja.

-Ma mère a retrouvé du boulot à Saint-Nazaire. Elle a rien laissé.

On a tout racheté. Elle a embarqué la télé, la chaîne,

et même le micro-ondes.

-Et ton père, il est ou ? -Je sais pas.

Et vous, vous avez quoi, comme télé ?

-Une Sony. Mais bon, c‘est ma mère qui a tout acheté.

-Oui, mais on la regarde pas. Je préfère les livres enregistrés.

-"Les livres enregistrés" ? -C'est pratique, pour travailler.

-Et c‘est qui, qui lit?

-Ben, des grands acteurs, souvent.

C‘est beau, hein.

-Et puistout le monde peut en profiter. Hein, Alice ?

Rires.

-C'est délire, vos soirées. Mes clientes adorent Marc Levy.

C‘est vrai qu'il est pas mal.

Faudrait que tu viennes. Je suis pro de l‘épilation complété.

-Mais ça se fait souvent ?

-Grave. C‘est a cause du porno.

Les bourgeoises veulent toutes. Mais c‘est chelou a faire.

-Fais gaffe. Il y a souvent les Bleus au niveau du rond-point.

-Ciao. -Ciao.

-Tu veux conduire ?

-J'ai pas mon permis. -Pardon.

T'as pas ton permis. Mais bien sûr.

J'aime bien ce HLM. Il est beau.

-Oui, il est super beau.

Vas-y, arrété-toi. Arrête—toi .

Lâche-moi. -Mais quoi ?

-On n‘a rien a faire ensemble.

-Putain, mais Alice... Arrête d'étre conne.

-Ah bon ? Mais c‘est ce qui te plaît, non ?

C‘est ça, que tu cherches: une conne a éduquer. Putain...

-C'est quoi, ton problème ?

-Tu nous regardes comme des choses, avec tes airs...

-Pas du tout.

-Pourquoi tu te fous de moi?

C‘est comique, que j‘essaie d‘apprendre ?

C‘est dégueulasse, de trouver bien tout ce que tu détestes,

M. Je-suis—libre avec—mon-ami-Rodolphe.

Il a touché un héritage ?

-Qu'est—ce que t'as ? -Je te déteste. T'es un con.

Toi et tes photos de merde a la con, je vous déteste.

T'aimes être avec une pauvre meuf pour te sentir plus fort ?

Hein ?

T'en as rien a foutre, des apparences ?

Prends—moi pour une conne !

-Putain…

-Vous avez dormi dans le jardin ?

-Oui.

On a eu la délicatesse de pas vous réveiller.

-ll fallait prévenir. N‘importe qui s‘inquiéterait.

-Tu vois, je t'avais dit.

-Oui. Tu m'as dit beaucoup de choses, hier.

-II est bien, le format de Marie—Colette

Ça s‘est bien vendu ?

-Créer un magazine, c‘est risqué. Mais ça a bien démarré.

-Ta mère m‘a dit que tu n‘avais pas voulu y participer.

-ll veut pas se compromettre

-Sois pas trop sentimental.

Les grandes idées, c‘est sur la durée

qu‘elles s'expriment.

-Je n‘ose plus rien lui dire, de toute façon.

-Quel travail incroyable... Tiens, Alice,

regardé. Elle fait un peu comme toi.

-Alice m‘avait tricoté une jolie écharpe pour me remercier

de nos conseils, dans les bleu—vert.

Et moi, pas de cadeau ?

-Tu n‘avais presque rien dit.

-J'ai parlé de la tapisserie. Ca lui a servi.

Et on peut voir ton travail quelque part ?

-Oui, bientôt. Je prépare une expo avec un copain.

-C'est formidable, ça.

Pourquoi ne pas l‘avoir dit? -Je te le dis la.

-Ben… C‘est bien, alors.

-Je vais voir la tapisserie.

-Tu devrais y aller.

Harold est un fin connaisseur dela broderie de Mathilde.

Ce serait bien.

-Mais ça t'embéte pas ?

-Non, pas du tout. Moi, je vais aller voir Kévin et Manon,

si ça t'embéte pas.

-Ben non, pas du tout.

Je fais mon sujet de diplôme sur l‘attente des femmes.

Mathilde qui attendait Guillaume,

la ruse de Pénélope pour rester fidèle...

Et puis toutes celles qu'on connait pas.

-Ah, l‘attente des femmes.

Finalement, on sait si peu de choses des femmes, dans l‘histoire.

Que faisaient—elles vraiment?

Comment tu comptes matérialiser ton idée ?

-Je travaille autour du pavot

sur la destruction dela beauté,

en montrant que le beau cachait de la peine.

C‘est une fleur très belle qui...

Qui s'abîme très vite.

-Des pavots ? Quelle drôle d‘idée.

-Vous auriez fait quoi, comme parfum, pour Mathilde ?

-Connaît—on seulement son visage ?

-Elle devait être belle.

-Mathilde…

Je ne l'imagine pas trèsjolie, mais très intelligente.

Une femme de tête qui a l'idée absolument géniale

de commander une tapisserie qu'elle signerait.

Une reine de marketing.

Et contrairement a ce que tu crois,

je parie qu‘aucun de ces petits bonshommes n‘a été réalisé par elle.

On parle de moines, de sen/antes.

Dans l'imaginaire collectif, penser a une reine bienveillante

qui attend le retour de son homme en conquête,

ça endort les esprits.

Il lui aurait fallu 1 000 ans, pour faire un tel ouvrage.

-"L'arrét rendu s‘inscrit dans la droite ligne

"de la jurisprudence dela Cour de cassation.

"Le 28 mai 2008, celle-ci avait en effet..."

-Laisse ouvert. Il fait bon.

-"...considéré que les licenciements opérés en 2001

"par l‘ex-fleuron de l'électroménager étaient infondés,

"car certaines modalités techniques n‘avaient pas été respectées."

-Vous allez toucher combien ?

-On n‘y est pas encore, mais ça devrait tourner

entre 5 000 et 9 000 euros. -10 ans de bagarre

pour ça... -T'es la pour faire la gueule ?

-Je viens te voir et vous êtes encore en train de parler de ça.

-Une bataille,

ça se gagne pas en 1 jour.

Alors... "...étaient infondés..."

Télévision.

"car certaines modalités..."

-lls ont pas la télé, au château ?

-Non. Ils ont autre chose a faire.

-Alors pourquoi tu viens ?

Et tu me préviendrais pas, au cas ou tu repartirais sans passer me voir.

Faut pas te forcer, Alice. Je te demande rien.

Si tout est moche, viens pas! -Vous êtes chiantes.

-Elle est méchante. On peut pas parler

cary a la télé ou vous parlez de vos trucs.

Vous en avez pas marre ?

Vous avez pas envie de vous promener ?

Moi, mon pére, ça l‘a détruit. Il avait des rêves, lui.

-Laisse-moi tranquille. Va continuer tes rêves.

Mais c‘est pas en nous crachant dessus qu‘ils vont se réaliser.

Bruit de pas.

-Allez… Va la voir.

Soyez pas bêtes.

Allez...

-Je m‘excuse.

-Tu te rends pas compte, des fois, de ce que tu balances.

-J'espère vraiment que vous allez le toucher, l‘argent.

Ça fait longtemps que vous attendez, quand même. C‘est vrai.

-Allez, on oublie, hein.

-Ce que j‘ai dit sur mon pére...

-Tu le pensais.

Mais faut pas dire tout ce qu'on pense.

T'es tellement sensible, comme lui.

Alors un rien l'agressait, et lui piquait, comme tu fais.

Je suis fière de toi, Alice.

-Ça va ?

T'as été déçue par la tapisserie ? -Non.

-C'est parce que j‘étais avec Kévin et Manon ?

-Non, pas du tout.

-Je peux aller sur le balcon ? -Oui.

-J'ai envie de travailler en diptyque,

de photographier les gens, ce qui les entoure

ou ce qu‘ils voient de chez eux. Je sais pas.

-Antoine est là. Tu viens lui dire bonjour ?

-ll va pas me photographier ?

Parce qu'avec la tête que j‘ai...

-C'est un cadeau. -Non, une commande.

-Non, c‘est un cadeau. J‘y tiens.

-Merci beaucoup, Alice.

Je suistrèstouché.

Et Antoine va bien ?

-Oui. Il bouge beaucoup. La, il est...

La, il est dans les Alpes.

-Je suis en train de réfléchir au parfum de Mathilde.

-Ah oui ? -Oui. Viens.

Lilas blanc.

C‘est une fleur pour toi.

Nature et douce.

-Je suis pas si douce.

-En apparence, oui.

Et c‘est avec les apparences, qu'on se protège.

-Voilà. C‘est très bien, ça.

-Tu veux les coupler ? -Oui, exactement.

-T'es rentré quand ? -Ce matin.

-Tu l'as prise ou ? -Chez lui. Il m‘a invité.

On a beaucoup parlé. J'ai rencontré sa femme, ses petits-enfants...

Très gentil, ce monsieur.

-Tu vois ? -Tu l'as rencontré comment?

-Dans un café. Je traîne beaucoup.

Un paysage m‘amène à des gens,

ou alors l'inverse.

-J'aime bien, celle—lè.

C‘est ce que je ressens, quand je pense a toi.

-Et ces deux—là.

-De toute façon, c‘est bien. Maisje pense...

-Je vais faire des courses ? -Non, je file.

-Tu veux pas grignoter un truc ? -Non, il faut que j‘y aille.

Euh... On en reparle, OK ? -Yes.

-Salut.

-Salut.

-II avait l‘air content, Rodolphe.

-Je sais pas... D'un coup, j‘ai l'impression que c‘est fumeux.

-Mais non, ça va bien se passer.

T'as beaucoup de photos.

-Oui. Les touristes aussi.

-Mais les tiennes, elles sont bien.

Tu m'as manqué.

Harold a adoré son écharpe.

Il nous invite à dîner le mois prochain.

-On verra si je suis la.

-Paul m'attend Tu viens dîner avec nous ?

-Non, je vais finir.

-Passe manger. Tu finiras chez toi.

-Non. Je suis bien, la.

*—Chaque baiser appelle un autre baiser.

Dans ces premiers temps ou l'on aime,

les baisers naissent si naturellement.

Ils foisonnent, si pressés les uns contre les autres.

On aurait autant de peine a compter nos baisers

que les fleurs d'un champ en mai.

Alors elle faisait mine de s'arrêter, disant :

"Comment veux-tu que je joue comme cela, si tu me tiens ?

"Sache ce que tu veux.

"Dois-je jouer la phrase ou faire des petites caresses ?"

-Fauty aller, Alice.

-Alice, faut y aller. -Pardon.

-C'est idiot, je vais à l'Opéra.

J'aurais volontiers pris la place d'Antoine.

Je vais être en retard.

-Si j'avais su, je serais venue avant.

-Non. Je suis passée à l‘improviste.

Je me permets parfois de déranger Harold.

-Tu ne me dérangesjamais.

-Au revoir. -Au revoir.

-Tu embrasseras Antoine. Je n'arrive jamais a le joindre.

Bonne soirée.

-Merci.

Je travaille en l'attendant, comme la Mathilde quej'imagine.

-Je l'aime pas beaucoup, cette Mathilde.

C‘est atroce, les gens qui attendent

Ils vous font une telle placé, qu'on ne peutjamais les combler.

-Mais ça donne de la force, aussi.

J'ai envie de me dépasser, pour lui.

Je veux qu'il soit fier de moi,

je veux lui montrer queje le mérite.

Des fois, je rentre plus tard,

en espérant qu'il m'attende a son tour,

mais il rentre toujours après moi.

-Le studio de mon fils est libre.

Si t'as besoin d'un endroit a toi,

je peux te le prêter, le temps de tes études.

-C'est gentil, maisje disais pas ça pour ça.

-Alice, je viens du même monde que toi.

Je sais que c‘est difficile d'accepter

qu'on nous accorde de l‘importance,

mais si tu acceptes, tu seras forte.

-Agnès vous l‘a demandé ?

-Elle m‘a rien demandé.

-Elle aimerait qu'il me quitte pourtrouver mieux.

-Tu te trompes. Elle m‘a beaucoup complimenté

sur mon écharpe. -Donc elle a porté la Sienne.

Elle l‘a plus trouvée si pourrie.

Ça dure longtemps, de se sentir nul?

-A ton âge, je parlais a peine.

J‘avais des grandes phrases prêtes dans ma tête,

et quand j'osais prendre la parole,

la phrase, elle était devenue rabougrie.

Maisj'ai accepté d‘avoir l‘air d'un con,

et peu a peu, je me suis senti intelligent,

doncje suis redevenu con.

Et après, un jour,

on oublie de se regarder.

-C'est quoi, cette tête, Alice ? -Je sais pas.

Je suis contente d‘être avec toi.

-Moi aussi.

Je sais, j‘ai pas été beaucoup la, mais fallait que j‘avance.

Et puis, après l‘exposition, ça ira.

Et t'as ton diplômé, toi aussi. -Oui.

-Tu sens bon.

-Harold m‘a fait un parfum.

-Harold t‘a fait un parfum ?

-Oui. C‘était lié a la reine Mathilde, pas vraiment a moi.

-Ça te va bien. Et tu le vois souvent?

-Non. On a dîné ensemble. Il voulait me donner le parfum.

Y avait ta mère, aussi. Enfin, elle allait à l'Opéra.

Je te l'ai pas dit, comme t'étais pas la...

Mais c‘était bien.

Il m‘a fait goûter des recettes avec des légumes, des épices.

C‘était délicieux.

-T'es une fille de luxe, toi. -Pas Spécialement.

-C'est pas un reproche.

Je me rends plus compte de ce que ça peut avoir de fascinant.

-Ça me fascine pas.

-Maisje dis des conneries, je suis fatigué.

-Harold a proposé de me prêter un studio.

-II est amoureux de toi ?

-Pas du tout. Au contraire, il trouve qu'il faut pas trop attendre

Je sais que c‘est lourd pour toi, queje soistoujours la.

Je m'en fous, d‘Harold.

-Je suis paumé. J'ai pas la tête a tout ça.

Fais ce qui est le mieux pour toi. Je sais pas quoi te dire.

Allô ?

Oui, c‘est moi.

Non, pas de probléme. Bien sûr.

Atout de suite.

J'ai rendez-vous pour le journal, en Chine.

-Tu voulais pas le faire.

-Je peux bien rencontrer le mec, non ?

Pourquoi tu restes pas ici ?

Au moinsjusqu'à... ton diplômé.

-Non, ça va. T'inquiète pas.

Et puis c‘est dans une semaine, de toute façon.

-Je m‘inquiète, au contraire.

Et tu vas chez Harold, c‘est ça ?

-Tiens.

-Merci.

Fallait pas. T'es folle.

Alice !

T'es folle.

-L'at‘tente des femmes dans l'histoire dela broderie.

Je l'ai traitée comme un état, une sorte de sommeil des sens,

etj'ai cherché un motif pour l‘incarner.

J'ai choisi la fleur de pavot

etj'ai décliné ses états et son évolution.

Je me suis aussi intéressée à ses contradictions,

de sa grande beauté a sa laideur.

J'ai travaillé la technique dela peinture à l'aiguille

pour illustrer le moelleux de sajeunesse.

Cette fleur—là, je l'ai faite en fil de coton.

Lorsqu'elle fane s'écoule le latex,

qui servira a faire dela morphine,

une protection contre le chagrin d‘avoir décliné si vite.

Elle incarne alors la fuite,

le sommeil et l‘absence de soi.

-Ça s‘est passé comment? -Bien.

Bien, bien.

Je suis allée au bout.

-Ça va, Alice ? -Oui.

J'espérais qu'il soit la.

C‘est bête.

-Alice !

Ça va ? -Oui.

Non.

-Qu'est—ce qu'il y a ? -Je me sens pas bien.

-C'était son idée, puis il a accompagné ses portraits

d'un paysage intime, réel ou métaphorique.

-C'est une démarche éthologique ? -Oui.

-Et ça, c‘est la maman d'Alice.

-Ah, incroyable...

Tu la connais, toi ? -Non.

-ll voulait pas me montrer.

En même temps, c‘est pas mal, je découvre tout.

-Tiens, Alice, je te présente Maya. Maya, Alice.

-Bonjour, Alice. -Bonjour.

-On s‘était déjà vues ici, non ? -Oui.

-Et tu fais du tricot, c‘est ça ? -Je suis dans une école de broderie.

-Maya ? -Oh, Agnès...

-Coucou.

Oh, je suis contente de te voir. Alors que deviens-tu ?

-Ça va. Je vis a Londres, maintenant.

Je voyage beaucoup, avec les photos. -C'est formidable.

Et la vie ? -Ça va.

C‘est un peu chaotique, mais bon, ça va plutôt bien.

-Oh, excuse-moi, je t'avais pas vue.

Je suis si heureuse.

Mais t'avais raison, il fallait lui faire confiance.

J'adore la photo de ta maman.

Je te reconnais en elle, c‘est incroyable.

En même temps, vous êtes si différentes.

-Ah, vous voulez dire qu'elle est grosse ?

Mon père a fait des conneries,

alors elle a pris des médicaments pourtenir.

Ça l‘a rendue trop gourmande.

Dieu merci, elle est pas la, ce soir.

Elle voudrait pas sa photo, elle aime pas se voir.

Mais Antoine, ça lui est pas venu a l‘esprit.

Ils sont exposés et tu les invites pas.

-Allez, viens. Ça suffit. -Lache-moi.

-Qu'est—ce qu'il y a ?

-Tu veux ma photo ?

-J'ai des tirages, j'allais leur donner.

-Oui… Tu m'as bien prise pour une conne!

-Qu'est—ce que je lui ai fait ? -C'est pas toi.

-Je lui ai rien dit... -Mais c‘est pas toi, je te dis!

-Et pourquoi t'as pas invité sa mère ?

C‘est quand même pas ma faute, si tu te comportes mai.

On frappe a la porte.

-Salut. -Salut.

-Martin. -Kévin.

-Alice, il y a quelqu'un pour toi.

Bon. Je vais sortir. -Oui.

Merci. -Oui.

-C'est une cage, ici.

Je suis venu en métro de Saint—Lazare.

Le monde qu'il y avait, putain.

T'as toujours fait des trucs.

J'étaisjaloux, des fois, de pas trouver ce qui me plairait.

Les moteurs de bagnoles, ça le faisait un peu...

Ça pue, les voitures.

J'aime bien travailler la terre.

Si on m‘avait dit ça, je me serais marré.

Paysan, c‘est un truc de merde. Enfin, bon...

Le mec pour qui je bosse, il est bien.

C‘est Manon qui voulait que je vienne.

Elle m‘a dit qu'elle saurait que t‘engueuler, tu la connais.

Mais bon, elle trouvait que c‘était con.

Mais elle m‘a quand même dit de le faire de sa part.

Tu te souviens, de ta lettre pour ton concours ?

Tu nous avais pris la tête, et que si t‘y arrivais pas,

y aurait pas d‘autre issue a ta vie... Un truc comme ça.

Tu te souviens ?

Ça m‘a fait mal, Alice.

Je me suis senti tout seul, mais...

Ça m‘a fait du bien de réaliser que t'avais un truc a toi,

un truc avec toi.

Il y a un endroit a l‘intérieur de toi que personne pourra te prendre.

Un truc qui t'appartient...

Même si c‘était de tricoter des écharpes a vendre sur le marché

ou faire des robes pour une princesse...

C‘était pas important pour qui ou avec qui.

L'important, c‘est que t'avais un truc a faire.

-Pourquoi t'es venu, Kévin ?

Qui t‘a dit quej‘étais ici ?

-On t‘a laissé 200 messages, Alice. On s‘inquiétait.

J'ai appelé Antoine : pas de réponse.

Et ton école m‘a donné le numéro de Martin.

-J'ai tout gâché.

-Mais non, dis pas ça. C‘est pas vrai.

Ca passe.

-Bonjour. -Bonjour. Un petit café ?

-Oui, avec plaisir. Merci.

-Tenez. -Merci beaucoup.

-Alice !

C‘est bien, que tu aies pu passer. -Bonjour.

-J'ai fini, je crois.

-Tu es content?

Ça fait penser a un jardin dans le matin.

-C'est vert, effectivement. J'ai cherché...

une certaine fraîcheur.

Maistrès vite, l‘odeur devient plus chaude.

Du moins, je voudrais vraiment qu'on ait cette dualité. Tu le sens ?

-C'est beau.

Je suis parti d'un souvenir etje crois avoir réussi

a ne rendre perceptible que la matière.

Il est délivré de l'affect,

des images et des essences dont il est fait.

Je suis heureux que tu le comprennes.

-Et si, au lieu de broder la fleur dominante,

je travaillais sur un dégradé de couleurs ?

Des tons chauds et froids, comme une onde.

Ce serait bien de signifier ton travail autrement.

Ce serait bien de changer, non ?

-Non. C‘était très bien, l'idée de broder la fleur dominante.

C‘est ça, qui a plu.

-En voyant mon flacon, je l'ai trouvé un peu idiot, d'un coup.

-II est plustrès en forme,

mais c‘est le tout premier. Garde—lé.

-Des lilas pour un parfum au lilas, c‘est con.

-C'est un parfum simple. Il n‘a besoin de rien d'autre.

Et ce qui est fait est fait.

-Des fois, c‘est dommage de pas changer ce qui a été fait.

On devrait avoir ce droit :

changer ce qui a été mal fait.

-Et tu pars, un petit peu ?

-Non. Mais a partir du 15, je serai en Normandie.

-On y sera peut—être au même moment. Agnès m‘a proposé de venir.

Antoine est la-bas, en ce moment.

Tu as peu de chances de le croiser, quand tu y seras.

-Bonjour. -Bonjour.

-Alice…

-J'arrive. 2 secondes.

Tu lui dis qu'un mois, c‘est trop.

Dis—lui 15 jours. S'il veut, 3 semaines.

-D'accord. -D'accord ? Merci.

Ça fait longtemps. -3 ans, depuis l'expo d'Antoine.

-Ah oui.

-J'aime bien.

-Merci.

C‘est une artiste qui s‘inspire des filets de péché.

Qu'est—ce que tu deviens ?

-Ça va. Je travaille beaucoup. -Oui ?

Et la vie ?

-Je travaille beaucoup.

Et Arlette, ça va ? -Oui, très bien.

Elle accueille toujours des étudiants.

-Tu l‘embrasseras de ma part. -Bien sûr.

-Et t'aurais le nouveau numéro d‘Antoine ?

-Oui.

0049...

172 36.

-Hello.

-C'était étrange, que t‘appelles, je pensais a toi.

Je crois que la dernière fois que je suis venu ici, c‘était avec toi.

-C'était il y a très longtemps, alors.

-Tu viens souvent?

-Oui, régulièrement.

-Bonjour.

-Bonjour. Euh... un café.

Non, un verre de vin blanc, s'il vous plaît. Merci.

Tu vis a Berlin, alors ? -Oui.

Je suis rentré de Chine il y a quelques mois.

Ma copine voulait connaitre l‘Europe, et comme on a créé

un collectif, beaucoup sont a Berlin.

Voilà pourquoi...

-Ton amie est photographe ? -Non. Elle est traductrice.

Et toi, Alice ? Tu vas bien ?

-Oui, maisje travaille beaucoup.

-C'est beau, ce que tu portes.

-Merci.

J'ai découvert les papiersjaponais.

Ceux qui entourent le riz et les gâteaux dans les restaurants.

Je m'en suis inspirée, du coup.

-Quand je pense a toi, je te revois souvent ici.

Avec ta fleur, tu te souviens ?

-Je me souviens de tout.

-Quand j‘étais en Chine, j‘ai compris que tu me manquais.

Je voulais t'appeler, mais chaque fois, quelque chose me retenait.

Et puisj'ai appris que tu bossais avec Harold et que ça allait.

Du coup, je suis resté la-bas.

-J'espérais pas vraiment, maisje me disais:

"Si je fais quelque chose de bien, il reviendra."

Ça m‘a donné du courage pour travailler.

Puisj'ai su que t'avais quelqu‘un.

Alorsj'ai arrété d'espérer.

J'ai pas réussi vraiment.

Je rêve de toi tout le temps.

-Je t‘ai fait de la peine.

-J'avais pas fini de t'aimer, Antoine.

J'ai eu tellement peur, au début.

Quand j‘ai osé, c‘est un torrent d‘amour qui est sorti de moi.

Comment ça s'arrête du jour au lendemain ?

C‘est idiot...

-Non, pas du tout.

Ce "torrent d‘amour", comme tu dis,

il m‘a entraîné ailleurs, avec la force qui me manquait.

Et moi qui croyais que tu m'en voulais.

-Souvent, dans mes rêves, tu passes devant moi sans me regarder.

Alors tu vois, je t'en veux pas et tu me regardes.

Sous—titrage : Eclair Group

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