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Original subtitles

- Ne traînez pas ici. - Je peux entrer ?

Je veux voir le commissaire.

- Laissez-nous travailler.

- Coupe ta caméra. - Je veux voir le commissaire.

- Ca suffit. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Mon frère a disparu.

Je veux le voir. Personne ne me donne de ses nouvelles.

Je m'appelle Samira. Il s'appelle Mourad Adjaoui.

Il a disparu depuis sept mois et j'ai aucune nouvelle.

- Vous avez porté plainte ?

- Oui. - Vous n'avez rien à faire ici.

Partez maintenant.

- On évacue, c'est bon. - S'il vous plaît. Lâche-moi !

Lâche-moi ! Je veux retrouver mon frère.

Lâchez-moi ! Une camionnette a embarqué mon frère.

Lâchez-moi !

Lâche-moi ! Je veux retrouver mon frère.

Emeute

...

- Lucas Brancourt, on sait ce qu'il pense ?

- Cinquième de l'Essonne.

Evry, c'est à côté de chez lui.

Avec les blessés de cette nuit, c'est pas sûr

qu'un référendum sur la mixité scolaire lui fasse très envie.

D'autant que sa circonscription est essentiellement pavillonnaire.

Il ne signera pas.

- Evry, on sait comment s'annonce la nuit prochaine ?

- L'émotion est vive dans le quartier.

On a une jeune femme hospitalisée avec risque de séquelles.

L'IGPN travaille.

Deux gardiens de la paix sont d'ores et déjà mis à pied.

- Qu'est-ce qu'on leur reproche ? - Cette jeune femme

est allée au commissariat d'Evry pour un suivi de plainte

à propos de son frère qui aurait disparu à Courcouronnes

au mois de novembre. Son insistance a exaspéré les policiers.

Ils ont essayé de la dégager.

Elle a résisté. Dans cette action, sa tête aurait percuté le mur.

Une heure plus tard, les premières voitures commençaient à brûler.

- Madame la Présidente ?

- Alors, Amélie a eu un échange téléphonique

avec Kalhenberg peu constructif.

Il a lui-même confirmé avoir signé l'appel au référendum

sur la proposition Balzan.

Thorigny est absolument furieux.

- On a le nom de cette famille ? Le disparu.

- Oui. Alors,

la jeune femme s'appelle Samira Adjaoui.

J'ai déjà passé quelques appels ce matin.

- Madame la Présidente.

- Samira Adjaoui, vous n'êtes pas au courant?

Il y a eu des émeutes à Evry cette nuit.

- Oui, je sais.

Samira est la sœur de Mourad Adjaoui. Elle le cherche.

La police n'a pas aimé son insistance.

- C'est elle qui est hospitalisée ?

- J'aurais préféré ne pas avoir à vous apprendre tout ça.

- Madame la Présidente,

une opération comme celle que nous avons menée,

une fois terminée avec succès, ne demande aucun suivi.

Moins on en parle, moins on s'y intéresse, mieux vont les choses.

- Concernant Evry, il faut apaiser les esprits.

Les émeutes doivent cesser le plus vite possible.

On aura un 1er rapport de l'IGPN d'ici demain.

Il faudra apporter des réponses concernant Mourad.

Il était fiché S

et surveillé par la DGSI comme personne radicalisée

jusqu'à ce qu'il disparaisse de nos radars en novembre.

- Très bien.

- Pas en notre nom.

J'en déduis que tu n'es pas la seule à signer cette tribune.

- Nous sommes dix, membres du bureau politique.

- Bien.

- Elle sera sur mon blog à midi.

Tu savais que j'étais en désaccord avec ta visite au collège.

Politiquement, la proposition Balzan est un concentré d'esprit colonial.

Comme s'il fallait dissoudre les jeunes des cités

dans la population dominante soi-disant éduquée.

Par ailleurs, mener campagne avec les socialistes

alors que notre mouvement est contre le PS est une faute majeure.

- Qu'est-ce que tu attends de moi maintenant?

- Mais rien.

Je tenais à te tenir informé avant sa publication.

Michel.

- Tu te rappelles de Jeanne Calment, l'ancienne doyenne de l'humanité ?

- Oui.

- En 1965, un notaire de 47 ans lui a racheté son appartement

en viager. Elle avait 90 ans. Ca semblait être une bonne affaire.

Tous les mois, le type lui versait une rente.

30 ans plus tard, il est mort avant Calment.

Son épouse a continué à rétribuer la vieille dame

jusqu'en 1997.

Ils auront réussi à payer 2 fois le prix de l'appartement.

Aurore, "Debout le peuple" n'est pas à vendre

ni en cash ni en viager. - Il ne s'agit pas du tout de ça.

- Ah bon ?

En étant allé au collège sans concertation ni débat,

Vidal a semé un doute sur la nature de "Debout le peuple".

On ne peut pas proposer la démocratie partout

lorsqu'on se refuse à la pratiquer dans son propre mouvement.

- Quand nous avons un désaccord, tu le tranches.

- C'est si long d'attendre que je crève ?

C'est ça, ton problème ? Dis-le

plutôt que de scruter mes rides avec tes yeux de biche.

Ton regard me salit.

Tes mots me dégoûtent. Je n'ai que mépris pour toi,

ton blog et tes conspirations de cour d'école.

- Oui, d'accord. Oui, oui, très bien. Parfait.

C'est pas mal, Tony. - Merci.

- Pas mal du tout.

J'ai rendez-vous demain matin avec Amélie.

- On la tient, Cyril. On la lâchera plus. Ca dépend plus que de toi.

Heureusement. J'avais peur qu'elle convoque Kalhenberg.

- Oui. C'était pas rien de nous rejoindre.

- Kalhenberg est sympa. Je l'aime bien, mais c'est un fragile.

Tu aurais vu sa tête au collège quand il a appris que Vidal venait.

J'appelle un Uber. J'appelle un Uber.

Ca fait longtemps qu'il a perdu le contact avec ses couilles.

Il y a eu une alerte enlèvement. Je sais pas comment fait Véro.

- Bon, Amélie, comment elle va la jouer ? T'as une idée ?

- Elle va chercher à rendre ta mesure plus soft.

Baisser le niveau du quota, faire de l'expérimentation.

Si tu recules d'un pouce, Vidal nous plantera.

Ce qu'on veut, c'est Amélie et Vidal, pas l'un sans l'autre.

- Vidal est sous la pression de Dupraz.

T'as vu son blog ? "Pas entre notre nom."

Elle passe plus les porches. - On va aider Vidal à baiser Dupraz.

- Comment ? - Tu charges la barque.

Gratuité des cantines scolaires. C'est dans le programme de Vidal.

Victoire pour lui, défaite pour Dupraz.

- Oui, tactiquement, c'est parfait. - Cyril,

la mixité, c'est bien.

Mais peut-on apprendre quoi que ce soit à l'école

quand on a le ventre vide ?

- Oui.

- Référendum.

Un sondage va sortir dans l'Express cette semaine.

J'attends encore le détail mais on serait à 59-41.

- En faveur du oui?

Les gens veulent se sentir généreux. Repose-leur la question

quand il s'agira non plus de l'avenir des enfants

mais de l'avenir de leurs enfants.

- Ca ajoute de la pression pour qu'Amélie lance la procédure.

- Rickwaert lui a posé

un flingue sur la tête.

Même moi, je voterai pour lui.

- Ai-je droit à mon 1/4 d'heure de chieuse ?

- Fais-toi plaisir. - Tu te dis qu'Amélie sera

obligée d'appeler au oui.

Comme elle fait campagne dans le même camp que Vidal,

elle se recale à gauche

et te laisse l'espace central majoritaire.

- Merci, Rickwaert. - Et si elle appelait pas au oui?

Elle pourrait très bien s'abstenir. - J'y crois pas une seconde.

Elle aurait l'air de se caler sur moi.

Dès que Rickwaert obtient le référendum,

j'appelle à l'abstention, selon mes valeurs.

Défense des libertés, refus du sectarisme, sens du pragmatisme.

Avec Boudard et Mirmont, j'ai posé une boussole.

Mais elle, personne ne sait qui elle est vraiment.

C'est qui Dorendeu dans le fond ?

La belle vitrine du chic français à l'international.

Pour vendre des centrales, c'est appréciable,

mais pour le reste...

*-Le gouvernement joue avec le feu.

*La nuit prochaine risque d'être très difficile.

*Les jeunes ont le sentiment

*que pour masquer une bavure policière, on explique

*que le frère disparu de la victime était un individu radicalisé,

*un terroriste. Or, les témoignages convergent.

*Mourad Adjaoui n'affichait aucun signe de radicalisation

*ni dans ses propos ni dans son parcours ni dans son attitude.

*On instrumentalise l'Islam et le terrorisme en mélangeant tout.

- Cyril.

- Madame la Présidente. - Comment vas-tu ?

- Ca va très bien.

Sûr ?

- Oui.

Très bien. Je voulais vous remercier pour votre message.

- C'est la moindre des choses.

Merci. - Merci.

- Ton combat contre le clientélisme religieux,

ta détermination à poser la question du séparatisme culturel

sans le dissocier de la question sociale...

Tu as payé le prix fort pour tes convictions.

Mais l'histoire ne peut pas s'arrêter là.

Je ne veux pas qu'elle s'arrête là.

Tu mérites mieux.

J'envisage un remaniement avant les Européennes.

Je voudrais que tu deviennes ministre

de l'Education Nationale,

mais pas pour faire des quotas.

Je pourrais

être moins définitive, laisser les choses ouvertes,

te dire ce que tu as envie d'entendre et trancher plus tard,

mais je n'agis pas ainsi.

Tu t'en rendras compte si tu travailles avec moi,

je dis les choses.

L'ambiguïté est une facilité du pouvoir et je m'y refuse.

Je peux te poser une question ?

- Je vous en prie, oui.

- Le référendum,

c'est une idée à toi ?

Ca ressemble tellement à Philippe. Je l'ai aimé.

Un esprit brillant, une formule choc par idée,

une idée par heure,

toutes reliées entre elles par des tactiques diverses

faisant parties d'une stratégie,

elle-même sujette à des ajustements de timing et de direction

en fonction des mouvements des forces politiques.

On s'y perd, non ?

- C'est vrai, oui.

- Le problème, c'est que lui-même finit par s'y perdre.

Tu crois que ce qui intéresse Philippe,

c'est ta proposition, ta réforme, tes 77 articles ?

Pour lui, c'est un outil pour faire un numéro de claquettes,

me contraindre à rompre mon alliance avec Thorigny.

- Vous dites : "Faire un numéro de claquettes."

Moi, je dis : "Conquérir l'opinion, mener une bataille culturelle."

Il s'agit de mettre en scène des idées.

- Comme la dénonciation de madame Champaigne et son comité ?

Cyri l.

Il ne doit pas y avoir de référendum.

Le non l'emporterait largement.

Les événements d'Evry ne vont pas aider.

A chaque voiture brûlée par un gosse, le oui perd un point.

- Je suis pas arc-bouté sur la voie référendaire

mais il y a beaucoup de choses qui doivent changer.

Tant qu'il y aura des écoles ghettos...

- Madame la Présidente ?

Un attentat a été commis à l'école de police

de Roubaix. C'est un carnage.

*-Les faits se sont déroulés il y a quelques minutes,

*peu avant 14 heures,

*à l'heure où les policiers reprennent leurs cours.

*Il y avait énormément de monde à l'extérieur.

*Un homme est arrivé en scooter,

*s'est arrêté et a ouvert le feu.

*Au moins trois rafales de tirs à l'aide d'un pistolet Uzi.

*Les investigations sont en cours.

*La police et la police scientifique sont présentes.

- T'as vu l'attentat ? *-Je suis devant.

T'as pu voir Amélie ? *-On n'a pas pu finir

mais on s'est dit l'essentiel. *-Faut qu'on débriefe.

*Avec le bracelet, je peux pas faire l'aller-retour.

*Tu peux monter sur Dunkerque ?

- OK, j'arrive.

*A-t-il agi seul ou avec un complice ?

*La question demeure.

- Que dit Amélie des cantines ?

- On n'en a pas parlé. - Putain, Cyril.

- Elle veut pas de référendum. - Elle voulait quoi, alors ?

- Moi.

- Comment ça, toi ? Te faire entrer au gouvernement?

- L'Education Nationale.

Un remaniement avant les Européennes.

- Le cynisme à l'état pur. Je lui pique Kalhenberg.

Elle essaie de faire la même chose avec toi.

Pour elle, les gens sont des pions. Elle jette, prend...

- Tu me demandes pas si j'ai accepté ?

- Cyril, ministre de l'Education Nationale à 30 piges,

bien sûr que tu sais plus, surtout après ce que t'as vécu.

- Gagner un référendum sur la mixité, c'est déjà compliqué

mais avec des émeutes et un attentat...

- Ne te cache pas derrière ça. Tu sais comment ça se passe.

Des cris, des pleurs, des fleurs.

Dans 2 semaines, on passe à autre chose.

On s'installe dans le déni. Gardons notre cap.

Je t'ai raconté la fois où Laugier m'a convaincu de le rejoindre ?

- Oui, je crois. - J'étais de l'aile gauche,

pas lui. Je l'avais prévenu pour pas qu'il se fasse d'illusions.

Nos désaccords étaient profonds.

Il m'a gagné sur ses 1res phrases.

Le combat pour le socialisme est une chose très simple.

C'est un combat pour l'unité des socialistes. Jaurès,

Blum, Mitterrand n'ont pas fait autre chose.

Je gagnerai car je vais pas faire autre chose.

Si on laisse Vidal et Amélie se haïr,

s'ils se radicalisent, l'un à gauche, l'autre au centre,

les gens vont perdre ce qu'ils ont pour que leurs vies s'améliorent.

La gauche au pouvoir.

Parce que Vidal, seul, il arrivera jamais à 51%.

Et Amélie qui gouverne avec Thorigny,

est-ce que c'est encore la gauche ? Faut les braquer.

Faut être unitaire à leur place. J'ai rien d'autre à te dire.

Prends-le comme un fardeau si tu veux.

Je le prends comme un honneur.

T'as toute la vie pour être ministre, Cyril.

- Notre piste est celle de la filière Grechnitsa,

du nom d'un village Macédonien

qui servait de plaque tournante à un trafic jusqu'à l'été dernier.

La plupart des fusils sur le territoire

sont passés par cette filière,

dont le responsable en France est propriétaire d'un taxiphone...

- Excusez-moi.

Le terroriste est en direct sur Facebook.

- Basculez.

*Arabe

*Au nom de Dieu, le plus grand, miséricordieux...

*Au nom du prophète Mohammed...

*Arabe

*Aujourd'hui.

*j'ai vengé les assassinats commis le 22 novembre,

*par le gouvernement français, des soldats de Dieu.

*Abou Awad,

*Abou Al-Faransi et Abou Adam

*avaient choisi d'aller au djihad

*en menant une action au service de Allah.

*Allah le tout-puissant nous impose

*de venger leurs assassinats en tuant.

*C'était leur devoir. C'est le nôtre et c'est le vôtre.

*Je vous engage, mes frères,

*à suivre leur voix divine par tous les moyens,

*qui et où que vous soyez.

Sonnette

*Télévision

*..-

- Qu'est-ce que t'as ?

- Le 22 novembre, tu te souviens ?

- C'est le jour où Salomé m'a dit

qu'elle voulait plus s'appeler Rickwaert.

- Le même 22 novembre, avant de se barrer voir Thorigny,

Amélie a passé la nuit en salle de crise avec Lambray.

Bon, en même temps, je me dis,

si les services avaient perdu le contact avec les mecs

de Courcouronnes, c'était une situation de crise.

La peur d'un attentat.

Amélie veut rester auprès de Lambray.

Ca veut pas dire qu'elle les a éliminés.

- Ce qu'elle m'a dit avant de rentrer chez Thorigny, si.

- Elle t'a dit quoi ?

- Je lui ai dit qu'elle faisait n'importe quoi.

Elle m'a lâché : "Je suis la présidente.

"Je prends les risques.

"C'est moi qui serai jugée."

- Waouh.

Philippe, qu'est-ce qu'on va faire ?

Philippe ?

- La secte barbare

qui se nomme Etat islamique

a revendiqué des crimes abjects.

Elle a dit le faire en représailles de trois assassinats

qu'aurait commandités ou effectués la France

sur le territoire national.

Disent-ils vrai ou s'agit-il là

d'une revendication opportuniste

*dans le but de pousser un peu plus le pays dans les affres

*des affrontements entre communautés.

*C'est à la présidente de la République d'y répondre.

J'espère de toutes mes forces

qu'elle apportera les preuves irréfutables que tout est faux.

Sinon, comment vivre

avec le doute ? Comment vivre sans savoir

*de quel côté nous sommes ?

Du côté de la barbarie ou de la civilisation ?

Car tuer pour éviter des morts n'évite pas

les morts. Et l'attentat de Roubaix en fait la démonstration

la plus cruelle. Avons-nous tué préventivement,

Madame la Présidente ? Avons-nous tué

préventivement, mesdames et messieurs,

directeurs des services ?

Gendarmes, dites ce que vous savez même si vos chefs

*s'y refusent.

*Que ceux, qui comme vous, font vivre en eux

*cette part intime de la République

fassent la démonstration

que notre état de droit est inviolable.

Ce serait la plus puissante

des réponses politiques à cet attentat abject

*et le plus beau des hommages

que l'on puisse rendre à nos disparus.

Je vous remercie. - BRAVO.

MONSIEUR VIDAL ?

- Excusez-moi une seconde. Oui.

*T'as écouté ? - Quoi ?

*-Vidal.

- Non, j'étais coincé avec un administré. Je vais écouter.

- Il a traité Amélie de criminelle. Il a tout cramé.

Il nous a baisés dans les profondeurs.

- Merde. Il faut que je te rappelle dans trois minutes.

J'étais en ligne, en fait.

- En tout cas,

ce qu'a dit Vidal, il fallait que quelqu'un le dise.

- Pardon ?

- Et si elle les avait vraiment tués ?

- Qu'est-ce que ça changerait?

- Ce que ça changerait? Que l'Etat liquide préventivement des types ?

Ah bah, rien. Rien du tout, non. - Pas des types. Des terroristes.

- Il y a des tribunaux, des prisons. - Pas suffisamment.

- Pourquoi ? T'as des éléments ?

- On ignore à quoi elle a été confrontée.

Oui, c'est moche mais il y a pire que le moche.

90 morts à la kalach dans une salle de concert.

- Ne me mets dans la position de défendre ces salopards.

J'ai autant la haine que toi.

- Il y a toujours eu des opérations homicides

et ça n'a jamais suffi à provoquer une guerre civile.

Vidal délire. Tout est bon pour faire son show.

Véro, ça va ?

- Quand ça s'est passé, j'étais en poste à l'Élysée. J'étais là.

Alors, c'est peut-être ridicule

mais je m'en veux. Voilà.

- Pardon d'avoir été maladroit. - T'as pas été maladroit.

- Pardon d'avoir été con.

- T'as le droit d'être con, et dans des périodes comme ça,

t'es loin d'être le seul.

Je vais rentrer de mon côté. - Non, non, non.

Je peux pas te laisser rentrer seule. Impossible.

Tu veux que je sois d'accord avec toi sur tout ?

Je suis d'accord avec toi sur tout.

Tu viens ?

Le réveil sonne.

...

- Écoute-moi, c'est important. J'insiste.

Je dois absolument voir Amélie en urgence

avant que le terroriste soit dézingué.

- Pourquoi ? *-Parce que je sais des choses.

Sa survie dépend de mes propos.

- Bon, écoute, je fais le maximum.

- Samira Adjaoui est tirée d'affaire.

- Bon. - Par contre, l'attentat a offert

une publicité à la question du frère disparu.

Avec la création d'un hashtag "Où est Mourad ?", les émeutes...

- Et ? - Les réseaux sociaux s'agitent

pour savoir ce que sont devenus les 2 autres.

Quelqu'un a posté une photo de mauvaise qualité

d'un type embarqué dans une camionnette.

- Il y a un témoin ? - Oui. J'ai pas pu l'identifier.

Je n'ai pas accès au dossier judiciaire.

Même si sur la photo, on pouvait lire

le numéro de la plaque de la camionnette,

on découvrirait seulement

qu'elle a été volée la veille et brûlée le lendemain.

Les services de police concluraient

à un saucissonnage mené par des caïds,

d'autant que Niza a aussi un passé de délinquant.

La situation est sous contrôle.

La seule preuve de votre implication, c'est moi

et je vous protègerai, peu importe le prix à payer.

Je me suis servi d'une manière déloyale de l'autorité

que vous m'aviez confiée et sans vous en dire un mot,

j'ai fait exécuter trois citoyens Français.

J'en assumerai seul les conséquences.

Vous pourrez me condamner publiquement

avec toute la violence nécessaire.

Ce qui ne changera rien

à l'admiration que je vous porte au fond de moi.

A peine Oudinah parti, le réceptionniste

s'est enfermé dans un local pour prévenir la police.

A 00h56, les forces de l'ordre intervenaient et découvraient

une kalachnikov, six grenades

ainsi que le drapeau de Daech utilisé pour la vidéo d'hier.

- Tous les effectifs quadrillent Roubaix.

Grâce à l'analyse du téléphone, nous connaissons tout

de ses déplacements. Les interpellations sont en cours.

Oudinah ne peut pas s'en sortir. C'est une question d'heure.

- Je veux tout mettre en oeuvre pour l'arrêter vivant.

L'arrestation d'Oudinah sera la meilleure réponse

aux allégations délirantes

sur la fin de l'état de droit dans ce pays.

Je m'adresserai aux Français dès la fin de l'opération. Merci.

- Elle t'attend et elle a pas une minute à perdre.

- J'ai pas beaucoup de temps.

- Alors comme ça, tu fais flinguer des mecs ?

- D'après qui? Un tueur de flics ?

Un vieux gauchiste mégalo en perdition ?

- Si c'est ta réponse, je donne pas cher de ta peau.

C'est de la politique, pas du droit.

On parle de sentiment, de perception, d'opinion.

L'opinion, comme moi,

pense que t'as fait ce que t'avais à faire.

Heureusement que je suis là.

Je pense que tu peux t'en sortir par le haut.

- T'aimerais tellement que je réponde :

"S'il te plaît, Philippe, aide-moi.

"Explique-moi, sauve-moi. J'ai eu tort pour Thorigny.

"Je n'ai plus que toi."

- C'est pas faux. T'as plus que moi.

- Bon, allez.

- Si tu veux savoir, non, ça me plairait pas du tout.

T'es une reine. Je dis pas ça parce que t'es présidente.

Mais c'est comme ça. T'as ça en toi.

C'est ce que j'aime chez toi.

Dominer, ça te va tellement bien.

Sois honnête. C'est pas si désagréable que ça d'être aimé ?

Mais qui t'aime comme je t'aime ?

On a des désaccords. On les connaît.

Je suis de gauche, t'es de droite.

Je suis pour l'alliance avec Vidal, toi avec Thorigny.

Je crois au clivage gauche-droite, t'es pour les 3 blocs.

- La synthèse est impossible. - Pas la 3e voie.

- La 3e voie ?

- Voilà. Je t'ai vue, ça t'intéresse.

- Pour le plaisir intellectuel, oui.

- Je te raconte, alors ?

Tu dissous l'Assemblée et tu gagnes les élections,

sans Vidal ni Thorigny. Seule. - Je dissous ? Quand ?

- Là, tout de suite.

Je t'ai écrit un discours pour ça. Bon, c'est une ébauche.

- Qui va me faire gagner seule les législatives ?

- Oui. Enfin, pour être honnête, ça dépend.

Je peux te poser une question ? Est-ce que tu te sens coupable ?

- Non. - Putain, j'en étais sûr.

Oh, la cadore ! Donc, tu peux gagner.

Faut que t'assumes. - Que j'assume ?

- T'as fait flinguer ces fils de pute et si c'était à refaire,

tu recommencerais. - Écoute...

- Cette situation ne s'est jamais produite,

pas plus à propos de Mourad Adjaoui que les 2 autres terroristes.

Mais croyez-moi, si un jour, elle devait survenir,

oui, je choisirais la sécurité des Français

car c'est ma première des missions.

Tu te souviens de Mitterrand après le Rainbow Warrior ?

- Il a viré son ministre de la Défense.

- Le mec est dans une merde noire.

On l'attaque sur les essais nucléaires

et il se pointe dans le Pacifique, là où se font les essais.

Il assume. Il dit: "Allez vous faire foutre.

"Vous êtes pas à ma place, vous pouvez pas.

"Je suis un chef de guerre

"et je l'ai choisi. Le monopole de la violence légitime, c'est moi.

"Vous supporteriez pas

"le quart de la moitié de la solitude que ça implique."

- Sais-tu ce que je risque ?

- Un bon 80% d'opinion favorable.

Pour le reste, rien du tout. T'es la "Commander in chief",

la grande défendresse de la nation, celle dont la main ne tremble pas,

prête à tout pour protéger ses enfants.

On ne traîne pas la louve romaine devant les tribunaux.

La droite est démonétisée.

Même Chalon est dans la merde. Ils font campagne sur quoi?

Si t'as cette image de dame de fer. Guantanamo ?

L'interdiction aux musulmans d'entrer sur le territoire ?

Ils n'ont plus rien, et Thorigny, c'est pire. Il est ton toutou.

Tu le vois faire comme Vidal en moins bien ?

- J'ouvre un espace énorme à Vidal. - Et tu le refermes aussitôt.

Quand tu dissous, tu vires Thorigny de Matignon.

Tu laisses mourir le contrat de travail unique

et tu montres que t'as compris le principal problème du pays.

Mieux : tu le règles.

- C'est quoi, le principal problème ?

- La cohésion nationale, l'adhésion à la République.

Qu'est-ce qui est marquant dans les émeutes ?

Quand on apprend qu'Adjaoui était fiché S,

elles se calment pas.

- C'est pas si simple. - Si, c'est simple.

La République a perdu pied dans plein de quartiers.

Elle n'est ni aimée ni respectée parce qu'elle n'y est plus.

Ca fait longtemps. - Tu dis qu'on est coupables,

qu'on devrait comprendre ceux qui rejoignent Daech ?

- Personne t'accusera de ça. T'es la louve romaine.

En revanche, oui,

face aux islamistes qui ont une idéologie,

on doit opposer la force.

La puissance d'un modèle. La République.

Pour y croire, il faut que ça aille au-delà des mots.

- Laisse-moi finir. L'école ? - Oui. Evidemment, l'école.

Mixité à la Cyril, plus besoin de référendum. Tu le fais.

Gratuité des cantines,

retour des services publics dans les quartiers.

Vidal est autant dans la merde que la droite.

Tu l'assèches, tu préemptes ta droite,

tu bouches l'espace à gauche.

- Je ne suis pas d'accord. Tu parles de cohésion ?

Très bien, mais c'est d'avoir un emploi pour chacun.

Donc, la réforme du contrat du travail.

La cohésion, c'est apaiser les tensions du pays,

pas les exacerber en relançant une guerre scolaire.

Et cette cohésion est urgente.

Ce que tu proposes, c'est dix ans d'expérimentation,

couacs et crises collectives, dans l'espoir d'avoir des résultats

dans vingt ans ?

Il nous faut des résultats rapides en terme d'emploi.

Merci, Philippe.

- Amélie, attends.

Amélie, excuse-moi, on n'a pas fini.

- Bon, écoute, Philippe. Sois réaliste. Cesse de m'aimer.

- Vous me recevez ?

Vous me recevez ? On a perdu le signal.

*Coups de feu

*Arabe *-Je veux voir tes mains.

*Tes mains !

*Tes mains ! Tes mains ! Sors de là ! Sors ! Sors !

*Tu bouges pas.

*Tes mains !

*-Au sol ! Au sol ! Voilà ! Au sol.

*Au sol, voilà.

*-Individu neutralisé et vivant.

- Bravo à tous.

Félicitations. - Je peux avoir

un moment avec la présidente, s'il vous plaît?

Merci, messieurs.

Bravo.

Beau boulot.

Tu n'as pas peur qu'Oudinah donne des éléments

aux policiers ou aux juges ? - Des éléments ?

- Les 3 de Courcouronnes sont en Syrie ?

- Comme je te l'ai dit.

- Bien sûr. Tu veux que je te donne

la morale de toute cette histoire ? - Avec plaisir.

- Nous n'avons pas été assez unis.

Cette fragilité a permis à certains d'imaginer pouvoir te gauchiser

et t'arracher à moi sur cette histoire de référendum.

Tu ne crois pas ?

- Si, c'est très juste. - Bon, alors, avançons.

Créons une force commune, allons au bout de notre logique

et assumons notre cohérence.

- Une force commune ? - Oui, une fédération de partis,

un club, un mouvement, peu importe.

- Non.

- Non ?

Tu as tort. J'aurais pu être moins coopératif.

- Dans quel sens ?

Tu penses que Vidal a raison de défendre l'état de droit

et d'appeler à la dénonciation ? Vas-y. Réponds à son appel.

Nos soldats sont formés au silence mais toi, tu peux t'exprimer.

Avec ta démission, c'est la 2e fois que tu me menaces

de quelque chose que tu ne peux pas faire.

- Je te menace pas. - Une force commune ?

Tu me crois assez affaiblie pour accepter ?

Alors que tu n'as qu'un but.

Me marginaliser et prendre la tête de l'espace que j'ai créé.

Mais tu es encore plus affaibli que moi, Stéphane.

Qu'est-ce que tu vas faire ? Donner raison à Vidal

et valider son nouveau clivage pour ou contre la présidente tueuse ?

Tu es mieux dans mon ombre que dans la scène, crois-moi.

Tu es mon premier ministre. C'est très bien comme ça.

Ne t'inquiète pas, je ne compte pas en changer. On en reste là. Merci.

- Silence sur le plateau. Moteur.

Cinq.

Quatre, trois,

deux.

- Mes chers compatriotes,

ils s'appelaient Julien, Mickaël, Typhanie,

Zora, Bastien et Coffee.

Ils étaient le visage de la France.

Leur courage était notre sécurité.

Leur jeunesse était notre avenir.

En plein accord avec leurs familles, j'ai décidé que jeudi,

des funérailles nationales seraient organisées

aux Invalides, à Paris.

Nous connaissons parfaitement l'ennemi.

Sa seule véritable force est notre faiblesse.

La tentation de la division.

Pourtant, chaque fois, le piège se referme

plus durement encore. Le poison de la haine de soi,

l'obsession malsaine à voir partout

complots sordides, et assassinats d'Etat.

Bien sûr, j'ai entendu les accusations à mon encontre.

Ces mots, comme soufflés de la bouche des tueurs

suggérant que ces crimes ne sont pas des crimes mais des conséquences

car c'est la France qui serait coupable.

A ces accusateurs perdus dans les petits calculs politiques,

je n'ai rien à dire.

Ce sont des lâches,

des capitulateurs, des soumis.

Mais à ceux d'entre vous qui simplement s'interrogent,

je veux répondre ceci.

Mon devoir est la sécurité des Français.

C'est pourquoi, je vous le dis.

Si la question de déborder du cadre de l'état de droit

ne s'est jamais posé,

pas plus à propos de Mourad Adjaoui que d'aucun autre,

croyez-moi,

si cette question devait un jour survenir, alors oui,

je choisirais la sécurité des Français.

Ce soir.

Je demanderai au Premier ministre

de me remettre la démission de son gouvernement.

Je lui proposerai de former une nouvelle équipe gouvernementale

toute entière consacrée

à cette impérieuse consolidation républicaine pour dire à l'ennemi :

"La France est unie."

Mon appel ne s'adresse pas aux partis,

même si bien entendu, je les respecte.

Mon appel s'adresse aux consciences

de tous ces hommes et ces femmes

de conviction, d'honneur et de devoir

qui, issus de la gauche, de la droite ou du centre,

placent la défense de la République au-dessus de toute autre chose.

Ce gouvernement d'union nationale, je souhaite

qu'il ait le soutien du peuple de France.

- Mme la Présidente.

Car en République, c'est le peuple qui décide

et c'est pourquoi, je vais prononcer

la dissolution de l'Assemblée Nationale.

Partout, sur tout le territoire,

vous pourrez choisir des candidats et des candidates

soutenant cette démarche

d'union nationale et de consolidation républicaine.

Ils seront les voix

et les visages de notre volonté partagée d'être un peuple uni.

Uni, donc, invincible.

Je vous remercie.

Vive la République.

Vive la France.

- Salut, Philippe.

C'est très beau.

La Los Angeles du Nord, tu me disais,

je vais finir par y croire.

Tu sais, Philippe, pour Véro...

- Véro, elle te rejoint pour les idées.

Elle fait n'importe quoi mais je respecte les idées.

L'autre con, Balzan, c'est autre chose.

Un bourge carriériste, ce que je vomis.

Bref, t'as voulu me voir.

- J'ai besoin de toi.

- Tu te fous de ma gueule ?

- Il n'y a plus d'espace politique entre Amélie et moi.

Tu dois convenir que les 3 blocs existent. C'est devenu une réalité.

C'est plus de la théorie. On est dans un nouveau monde.

- Pas le nouveau monde. Tes trucs de télé-évangéliste, tu remballes.

- Philippe, je te respecte beaucoup.

- Moi, non. T'es qu'un stal'.

Tu théorises sur les nouveaux clivages,

mais tu te comportes comme un gros stalinien de la pire espèce.

3e période de l'internationale communiste dans les années 30.

Prêt à dénoncer les socio-traîtres que les Nazis.

- Tu veux qu'on parle de 1932 ? - Et pourquoi pas ?

- Et ça va nous mener où ? Autant se mettre au Talmud.

Tu sais,

il y a un moment où les controverses théoriques et historiques

ne servent qu'à une chose :

l'évitement de ses responsabilités immédiates, là,

dans le présent, ici et maintenant.

On n'est pas seulement dans un nouveau monde,

on est dans une ère nouvelle.

Je refais pas le PC.

Je construis une alternative au PS,

une alternative familière et attirante.

La gauche renaît

en fédérant le peuple directement.

C'est-à-dire qu'on ne se sert plus

des vieux appareils, des étiquettes décaties.

Alors, c'est un travail immense, toute cette affaire.

Et il n'y a que toi qui peut m'aider pour structurer tout ça.

J'ai besoin de toi, Philippe.

Non, mais c'est fini. Elle est partie avec la droite.

C'est terminé, définitivement. Il n'y plus rien à espérer.

Alors, il faut que tu réussisses à l'admettre

et à en tirer toutes les conséquences.

Tu peux au moins y réfléchir, non ?

A ton rythme, évidemment.

Essaie d'y réfléchir vraiment.

- Je vous dérange, mademoiselle ?

- J'ai presque fini.

- Le film commence dans 3/4 d'heure.

- T'as fait quoi aujourd'hui?

- Levé 6h30, céréales bio, oranges pressées,

un petit jog' à la fraîche. - C'est bien, ça.

Et après ? - Après, j'ai écrit quelques heures.

Je suis assez content. J'ai sept lignes, 63 mots.

- L'autre jour, t'avais presque un chapitre.

- Celui sur mémé Rickwaert et la grève de 47 ?

J'ai relu. Je suis pas Zola, non plus.

- Tu sais que maman veut voter pour Vidal à la présidentielle ?

- Au moins, chez Vidal, il y a une aventure, quelque chose.

- Mais ?

- Quand j'avais ton âge, on pensait

que la révolution était à l'ordre du jour.

On se battait pour ça.

Mais je me suis dit qu'il faudrait prévoir un endroit,

de préférence au soleil, où la révolution n'aurait pas pris

au cas où ça tournerait mal.

Tu sais, la saga des Rickwaert, c'est 800 pages.

60 chapitres, minimum.

Si ça se trouve, je peux battre les frères Karamazov.

- Il n'y a qu'un seul chapitre qui compte vraiment.

Sous-titrage : HIVENTY

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