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- C'est uniquement dans cette optique que je vous repose ma question.
- Vous êtes fantastique.
- Je suis un patriote.
- Vous êtes fantastique.
- Je ne suis pas raciste.
- Par référendum.
- Par référendum.
- Par référendum.
*-Vous êtes fantastique.
*-Je suis un patriote.
- La nouvelle adresse de M. Rickwaert est à Dunkerque ?
- Tout à fait.
Vous avez pu jeter un œil au bilan de la société PR Conseil?
- L'essentiel du travail de conseil de M. Rickwaert
se fait auprès d'élus du Nord.
- Absolument.
Mon client veut s'installer à nouveau dans sa ville d'origine
pour sa fille. - Ma fille est ma priorité.
- Que proposez-vous ?
- Il a témoigné de sa volonté de coopérer avec la justice.
Son contrôle judiciaire a été
respecté depuis sa sortie de prison.
M. Rickwaert est prêt à se soumettre
à un signalement hebdomadaire auprès du commissariat.
- Tout à fait. - Doucement.
Je suis prête à considérer une alternative à l'incarcération.
Mais commençons par un placement
sous surveillance électronique. - Le bracelet?
- Philippe. - Afin de préserver votre dynamique
de réinsertion professionnelle,
je restreins cette assignation à résidence à des horaires 20h-7h.
On vous posera
le bracelet demain
au service pénitentiaire.
- C'est bien parti. - Oui ?
- Je l'ai invité.
Il mange beaucoup mais ça le rend heureux.
- Ca nous mettrait à combien ?
- Avec les sénateurs, on touchote les 50 signataires.
- Oh, putain. Pierre Naville.
Il pourrait signer, lui.
- Et si on allait touchoter ?
- Allez.
Pierre ? Tu vas bien ?
Je suis tombé sur ton article
pour un service public unifié de l'éducation nationale.
Extraordinaire. - Quel article ? De quoi tu parles ?
- Le courrier de la ligue de l'enseignement de mars 83.
Tu avais cosigné une belle tribune. - Une autre époque.
- Le combat continue, Pierre.
On relira la défaite de 84 comme une étape décisive
ayant permis de gagner 30 ans plus tard.
Prenons un rendez-vous pour en parler.
- Voyez avec Arnaud.
- Au revoir, Pierre.
- Le mec lui a posé trois fois la question :
"Allez-vous convoquer un référendum sur l'école ?"
- La pression monte. C'est bien. - Une seconde.
- Séverine Méliane, du Figaro.
Elle me harcèle pour passer une journée ici.
- C'est quoi, son angle ?
- Dans les entrailles des Enfants de la République
pour voir comment on fonctionne et le côté 100% en ligne.
Les 600000 signatures pour le référendum
au bout de trois semaines, ça impressionne.
- Ils feront leur papier sur la vidéo.
- Elle est super, la vidéo. - Oui, très lol.
Tout le monde me le dit. On gagne pas un référendum
en comptant des like sur YouTube. - Ah non.
- Top ! But du jour.
- Alors ça, c'est une super bonne nouvelle. Viens.
Le hashtag "Les Enfants de la République"
est dans les tendances Tweeter.
Alors, on applaudit.
- Tu reprends l'argumentaire de Cyril ?
- Écoute, je suis juste bon en troll.
- En troll? - Je troll de ouf.
Je vais sur les sites de droite et je raconte que de la merde.
Par exemple, je dis que De Gaulle était contre les écoles privées.
- C'est pas vrai. - On s'en fout
parce que les gars se vénèrent. Ils tweetent, retweetent,
ça clashe, ça like, et notre hashtag grimpe.
Troll. - Oui.
- Monsieur le premier ministre.
- Je viens de m'entretenir avec M. De Lécluse,
ancien inspecteur général de l'éducation nationale
et madame Champaigne, professeur des universités.
Leur lettre de mission portait
sur la dualité du système scolaire en France.
Leurs conclusions
vont permettre au gouvernement
d'affiner ses orientations en matière
de politique scolaire et d'affirmer sa volonté
de faire de la jeunesse de France, sa priorité.
Je vous remercie. - Les photographes.
- Madame Champaigne ?
Brouhaha
- Madame Champaigne ?
- Oui, Véro ? - Je suis avec Cyril. Il t'entend.
- Le rapport est terrible.
On a huit députés qui se sont rétractés.
- Quoi ? *-Le rapport s'oppose au privé.
- Ils démontent nos propositions au nom de l'école publique.
- Thorigny est un petit malin.
Il veut nous prendre sur notre gauche.
On aura les députés ni par le cœur ni par la tête.
On les aura par le ventre en ciblant leurs électeurs.
Il faut faire exploser les compteurs de la pétition.
Si on passe le million, le PS et les Vidaliens résisteront pas.
- OK. T'as une idée ? - On cible les quartiers populaires,
où les gens savent ce que le mot "ghetto" veut dire.
Chaque équipe a du matos avec logo, casquette, T-shirt, badge, stickers.
On fait des vidéos. On les met sur la plate-forme.
Les volontaires s'inscrivent.
On a besoin de victoires d'étapes. Des évènements. Un concert.
*Ca se fait plus trop
*mais il y a rien de mieux pour souder un mouvement.
- Super mais on fait ça avec quel argent?
*-Le nôtre. Tu m'as écouté ?
*Les accessoires, on les vend pas cher, mais on financera les actions.
On fait un prêt en attendant les recettes.
C'est un investissement.
Allô ?
*Allô ?
- Je t'entends. On peut voir ça comme un investissement,
mais on peut aussi voir ça comme un énorme panneau
avec écrit dessus : "Attention ici, on magouille."
Attends, des dettes,
des remboursements hypothétiques en liquide.
Philippe, tu viens d'être condamné.
*T'es en liberté conditionnelle. On va avoir des contrôles.
*Ca, c'est si une banque veut bien nous prêter.
Je suis désolée mais ça marche pas,
pas depuis les billets de l'OHL. *-D'accord.
En fait, c'est moi, le problème.
J'ai foutu le feu en défonçant Chalon, mais le problème, c'est moi.
Très bon esprit, bravo. Ca sent la fraternité militante.
OK, laissez tomber. On va laisser passer la mauvaise vague.
- Demain, Cyril va faire le morbaque à l'Assemblée.
Né t'inquiète pas. On va les avoir, député par député.
*Je déjeune avec Vidal pour lui faire signer la pétition.
- Ca marche.
Putain.
- Comment était le 1er ministre ? - Comparable à une porte de prison.
- Il a dit quoi ? - Il est resté dix minutes.
- Quelle tête de pioche ! Trois semaines que ça dure.
- Il est nécessaire d'intensifier la calinothérapie.
- Que veut-il de plus ?
Il a voulu commanditer un rapport sur la proposition Balzan
non réalisable, je l'ai appuyé.
Il a exigé de choisir les rapporteurs. J'ai accepté.
- Rickwaert, ça passe pas.
- Je suis visée en 1er par Philippe. Il n'y aura pas de référendum,
cent parlementaires ni deux millions de pétitionnaires.
Pas besoin de me dédire pour ça. Thorigny veut m'infliger une défaite
en m'obligeant à revenir sur une promesse.
- Je ne suis pas si sûr. - Qu'est-ce qu'il veut, alors ?
- Excuse-moi l'expression mais récupérer sa paire de couilles.
La castration fait partie de la vie d'un premier ministre
mais tu es une femme. - Très bien observé.
- Les petites blessures d'orgueil conduisent à des catastrophes.
Relis Saint-Simon. - Je n'ai que ça à faire.
- Je te jure que te dirais les mêmes mots si tu étais un homme.
Séduis-le à nouveau, invite-le à déjeuner samedi.
- Tu n'emploierais pas les mêmes termes si j'étais un homme.
Thorigny ne se comporterait pas de cette façon si j'étais un homme.
Donc, je vais faire exactement ce que ferait un homme à ma place.
Rien. Qu'il ravale son orgueil de mâle Alpha.
- Philippe, c'est un affectif. C'est ce qui fait son charme.
Mais il ne sait pas tourner la page quand une chose est terminée.
Il est... Comment dit mon fils ? "Old school".
C'est un nostalgique, un mélancolique.
En poésie, en musique, ça donne des choses merveilleuses
mais en politique ! L'erreur commune de ceux
qui ont disparu de l'Histoire, c'est de ne pas avoir compris
qu'il y avait un changement d'époque.
Dorendeu à l'Élysée, c'est l'illusion d'une continuité.
En réalité, c'est quoi derrière la jolie vitrine ?
C'est le vieux monde qui s'écroule
avec ses vieilles pratiques, ses vieux partis,
ses vieux clivages. Alors, tu imagines,
l'union de la gauche, les programmes communs !
- Centristes avec la passion de l'indépendance que cela suppose,
socio-démocrates assumés qui ont
refusé le déni de la réalité,
militants d'une droite
souvent libérale, parfois gaulliste mais toujours républicaine
et démocrate,
participons ensemble au nouveau monde.
Irriguons-le de la diversité de nos histoires
et de nos parcours.
Et puis, gardons nos convictions, chérissons-les.
Elles nous animent, nous honorent,
nous fondent en parti.
Mais faisons-les enfin
converger ensemble.
- Dorendeu peut continuer à dévaler son toboggan.
Où ira la droite qui ne veut pas d'un accord avec Chalon ?
Chez Thorigny, qui pourra alors imposer à sa guise
son agenda libéral.
Non ?
- Peut-être mais tout ça, ça reste très théorique.
Je suis très concrète. J'ai une question pour toi.
Pourquoi tu signes pas la pétition pour le référendum sur l'école ?
- Ca ne changera rien. - Sauf pour les enfants.
- Et si le référendum est perdu ? On se replie comme en 84
et on n'en entend plus parler pendant 20 ans.
Jouer l'avenir de l'école sur un référendum ? Non, merci.
Le meilleur moyen de faire de la mixité à l'école,
c'est de m'élire et d'appliquer mon programme.
- Laurent ? - Rickwaert et l'école,
ça va pas dans le sens de la recomposition.
- Rickwaert fait de l'acharnement thérapeutique. Ca échouera.
- Vous ne connaissez pas Rickwaert ? - Moi, si.
- Alors, dis-lui. - C'est un dingue. Aucune limite.
- Ca tombe bien.
Moi aussi.
- J'en connais un qui a voulu faire un concours de quéquette avec lui.
Il s'appelait Francis Laugier.
- Bon. Alors, quoi?
On ne fait rien à cause d'un animal de foire médiatique
lourdement condamné par la justice ?
Rickwaert joue sa carte.
Il a raison. Il est courageux.
Soyons-le, nous aussi. On n'a rien sans risque.
Prenons tous notre risque. - Surtout nous
à ton profit pour que tu sois le leader de notre bloc
et que tu sois notre candidat à la présidentielle. Non ?
- Qui, alors ? Amélie ?
Ils soupirent.
Bah, quoi? En situation, elle a prouvé aux Français
qu'elle est une véritable chef d'état, non ?
La cohérence de fond doit primer sur les individus, non ?
Or, au sein de cet espace central
allant de Laurent à François, quel est le point d'équilibre ?
Moi.
Bah oui. Écoutez,
je ne vous braque pas, je ne vous achète pas.
Je ne cherche pas à marchander vos soutiens, vos convictions.
Vous êtes libres mais moi, je marche vers un nouveau monde.
Et je sais que quel que soit le temps que ça prendra,
nous marcherons ensemble
contre les deux extrêmes qui menacent le pays.
Le téléphone sonne.
- Oui, Salomé ? *-Oui, papa, je suis là.
- T'es à quel niveau ? *-Je suis sur la plage.
*-Je te vois. - Je te vois pas.
- Si, si. Là-bas.
- Tu dis pas grand-chose.
- J'ai envie de te poser des questions
mais je ne sais pas ce que ce tu as envie de me raconter.
- Tu pourrais me parler de toi.
- Bof - Tes référendums ?
- Non, je ne vais pas te parler de politique.
Tu me connais si je commence à parler de politique...
Je ne t'écoute pas et j'en ai vraiment besoin.
- Bon.
- Toi, tu as l'air d'aller bien ?
Remarque avant, je disais ça et en fait...
- Pas du tout.
Mais ça va mieux.
Je prends encore quelques pilules mais beaucoup moins.
Je revois même mon salaud de père.
- Les syndicats enseignants n'ont pas trouvé d'angle
pour contrer le rapport Champaigne.
- Les signatures pour le référendum plafonnent
mais votre 1er ministre répète qu'il est l'initiateur du rapport
et qu'il a bataillé pour l'obtenir. - Il ira pas plus loin
que ces enfantillages.
Je ne suis plus sous la pression du référendum,
pas plus que je n'ai eu à me dédire de ma promesse de campagne.
Il n'a plus de prise sur moi. - C'est pas faux.
- Merci. - Ca va ?
T'as pu te renseigner pour le week-end du 15 ?
- Oui, je te confirme. On peut partir le vendredi.
- On pourra se faire la fondation le matin.
La maison d'hôte est tout près. Mon frère habite dans le coin.
- J'ai vu Vidal. - Vidal ?
- Tu veux me présenter à ta famille, tu me fais confiance.
Ce qui est important pour moi, je le partage.
- Très bien.
Et il veut vous soutenir sur le référendum ?
- Le référendum, il a pris du plomb dans l'aile. Non, non.
Il me veut, moi. - Il te propose quoi?
- La tête de liste aux européennes dans les Hauts-de-France.
Pour Vidal, c'est censé n'être qu'un sas.
Le but, la cible, c'est Lille.
- Que tu deviennes maire de Lille ?
- Hum. Au début, j'ai fait la même tête que toi.
Et puis, il m'a parlé
des Indignatos, comment ils ont pris Barcelone,
ce qu'ils ont fait de cette victoire.
- Lille.
Vidal a raison d'y croire, surtout avec toi.
- J'ai dit non, je te rassure.
- Ca m'a l'air d'être un petit non. - Tu me connais.
Jamais je quitterai mon parti pour un poste.
Seulement, il en est où, mon parti?
On a un 1er secrétaire fantastique, formidable, je le pense,
mais entre Thorigny et Vidal,
la maison est plus vieille que jamais.
A part visiter la fondation et se présenter nos familles,
ce qui est super,
c'est quoi notre avenir, Daniel?
- Oui ? je t'entends.
-4 en moins, c'est beaucoup. Tes militants ont le moral?
- Ils ont moins envie de rire aux blagues de Toph.
*-Toujours à troller
comme un dératé.
*-Il s'est acharné sur le Facebook de Champaigne.
- Monsieur Carthaud ? Monsieur Carthaud ?
- M. Carthaud, pouvez-vous nous expliquer le tweet
que vous avez fait ce matin ? - J'ai demandé combien
ont leurs enfants scolarisés dans le privé ?
Vous ne confieriez pas un rapport sur le nucléaire à Areva,
un rapport sur les pesticides
aux responsables de Monsanto. - Monsieur ?
- Continue sur Monsanto, Pascal. C'est bien, ça a cartonné.
Tu continues. OK ?
- Le principe de rapport, c'est l'impartialité.
Sauf que là, certains rapporteurs sont loin de l'impartialité.
Madame Champaigne,
la rapporteuse adjointe est membre du comité de la PEL.
C'est l'organe directeur de l'enseignement privé.
L'évêque de Paris nomme les membres du comité.
Il a nommé madame Champaigne.
Quand madame Champaigne signe ce rapport,
elle est au service du 1er ministre ou de l'évêque ?
- Il faut rien changer.
C'est pas parce que c'est un 20h que tu dois changer.
Tu te mets pas la pression.
*-Vous ne croyez pas à ses propositions ?
*-Il y aura toujours des inégalités
*entre établissements, classes, élèves.
*A cette boutade du directeur
*de l'école alsacienne à Paris, il avait plaisante
*en comparant des réunions de parents d'élèves
*à un conseil des ministres. Ca, c'est typique de sa caste.
*Il ne se rendait pas compte de la violence
*de ses propos.
*-Est-ce que ça sera pas contreproductif
*cette mise en cause de Champaigne ?
Ca ne va pas nuire à votre cause ?
- Je n'ai rien contre madame Champaigne.
L'état doit-il financer cette fabrique des inégalités
ou doit-il financer le respect des mixités ?
*Je vous pose la question et je la pose à madame Champaigne.
- Il se débrouille pas si mal.
- Appelle Philippe pour le lui dire. Ca lui fera plaisir.
*-Ce n'est pas à moi de la contacter.
- Au début, il voulait que je le fasse.
- Pourquoi t'as refusé ?
- Je lui ai dit qu'avec mes rendez-vous à l'Assemblée,
ce serait pas jouable.
C'est du populisme à deux balles, son truc.
C'est en menaçant les gens qu'on fait de la mixité ?
Sérieusement? - Quels gens ?
Quels gens ?
On s'en prend à des mecs qui ont signé une arnaque de rapport.
- C'est pareil. On personnifie, on accuse, on culpabilise
et on braque la moitié de la population.
T'as tapé Champaigne sur Google ?
- Non.
- C'est un lynchage. Je te promets, ça fout la nausée.
Même dans 200 ans,
ses petits-enfants verront les horreurs.
- Je l'ai appelée, bien sûr. La pauvre.
Elle imaginait fournir une expertise sur le rapport et elle se retrouve
avec des camions de BFM devant sa porte. Elle est simple.
Son nom est traîné dans la boue, ses enfants vivent un enfer.
- La politique est une bataille. Evêques, congrégations, diocèse
dans un débat sur l'école républicaine, c'est contrariant.
- C'est ridicule.
Champaigne a fait partie de ce comité il y a cinq ans
pour une année.
- La famille Champaigne vit au Raincy,
au cœur de la Seine-Saint-Denis,
collège de secteur à Gagarine à Aulnay-sous-Bois
là où on ne trouve pas un enfant du Raincy.
L'Obs va sortir un grand papier
sur la ségrégation dans le 93 et ça ne s'arrêtera pas là.
C'est peut-être injuste mais cette dame devient le symbole
de la ghettoïsation scolaire.
- Tu veux m'emmener où ? - Le camp pro-référendum a
le vent en poupe. Si on stoppe la polémique,
on stoppe leur dynamique. - Alors, on cède ?
- Non, on noie le poisson.
On annoncé des états généraux sur l'éducation
pour faire oublier le rapport.
- On enterre le rapport mais ça n'éteindra rien du tout.
Au contraire, si tu enterres le rapport, je démissionne.
- Que racontes-tu ? - Rickwaert ne fera pas 4,5 millions
de signatures, ni réunir 185 parlementaires.
- Non mais 2 millions de citoyens et 100 parlementaires,
les conditions de mon programme, oui.
- On a fait une loi là-dessus ? Non. Il n'y aura pas de référendum.
- Atten ds.
Démissionner au bout de trois mois de mandat?
- C'est la durée qui compte.
Seuls m'importent les principes.
Samedi, il y a un colloque à la Sorbonne
pour les 60 ans du Conseil constitutionnel.
Je dois clôturer le débat.
C'est à toi d'y aller.
Ce sera l'occasion de baliser les choses
concernant nos ambitions constitutionnelles,
de dire que tu n'as pas l'intention de changer les règles du jeu
concernant le référendum.
- Samedi, j'ai d'autres projets, malheureusement. Désolée.
*-Il y a cette boutade du directeur de l'école alsacienne à Paris.
*Il avait plaisanté en comparant des réunions de parents d'élèves
*à un conseil des ministres. Mais ça, c'est typique de sa caste.
'Je peux il
- Bien sûr. Ce truc se lance automatiquement.
Mon petit-fils le sait par cœur.
Il me l'a chanté.
J'en peux plus. - Michel ? Faut les taper.
Ils déroulent. - Les taper ?
Ils dénoncent une caste, défendent le public. Ce sont nos mots-clefs.
- On a d'autres angles pour les affaiblir.
Que disent-ils ?
Que les enfants des quartiers sont des indigènes ?
Il y a un fond colonialiste. - Ce ne sont pas des racistes.
- Non, je dis "colonialiste".
- Oui. Je ne suis pas pour insulter l'avenir.
Kalhenberg ne leur lâchera pas de députés,
Dorendeu ne les laissera pas faire. Ils se feront cocufier par le PS.
- Ils nous rejoindront après, c'est ça ?
Comme Véronique Bosso.
- Tu lui as dit ça ?
- J'aurais dû la laisser me marcher dessus ?
- Écoute, les menaces de la démission,
ça marche jusqu'au moment où il faut le faire.
Je sais de quoi je parle. Tu fais le bonhomme pendant un après-midi
et puis, le soir, le président te convoque et accepte ta démission.
Tu sors de son bureau
et tu réalises que tu as fait une connerie.
Le lendemain matin, tu vas acheter ton pain comme un con
et tu n'as plus rien à foutre de la journée.
J'avais regardé un "Candy" avec ma fille.
Je me suis retenu pour ne pas chialer.
- Je lui ai fait peur.
Elle va rester accrochée au rapport.
- C'est une teigne. Elle cède jamais aux menaces.
Elle te laissera partir. - Non.
Avec les législatives, arrête, s'il te plaît.
- Ce n'est pas de sa faute. C'est toi qui démissionne.
Elle se refait une image de gauche. Tu pars sur le soutien au privé.
Elle est haute dans l'opinion.
Vous êtes hauts.
Ca va se jouer sur l'interprétation de ta démission.
Acte de courage au nom des valeurs
ou défection pour ambition politicienne.
- Tu en penses quoi ? - Que ça pue la merde.
- Tu es trop impulsif.
- Les gens vont penser que tu pars
par peur d'affronter les manifs contre le CTU.
- Ou que tu pètes les plombs au 1er conflit.
- C'est mal parti, cette affaire. - J'ai compris le principe.
- Prends-la de vitesse. Il faut partir de la pire hypothèse
si elle décide d'accepter ta démission. Laurent a raison.
Tout va se jouer sur l'interprétation.
Qui sera tenu pour responsable ? Elle ou toi ? C'est tout l'enjeu.
Mais imagine que tu poses un acte politique très fort, très vite
avant qu'elle n'enterre le rapport
et qu'elle accepte ta dém, là, tout change.
- On dira qu'elle m'a démissionné en réaction de mon acte politique
et là, c'est elle qui aura pris la responsabilité du chaos.
- Quel acte politique ? Il faut du bienveillant. Qu'elle passe
pour une petite politicarde sectaire, aigrie.
- Nous.
Nous trois, ensemble. Une initiative commune face aux extrémismes.
La voix de la raison et la sagesse de l'union des modérés
face à la gauche qui est en guerre et à la droite qui mange.
- On accélère notre timing ? On peut pas monter un meeting en 3 jours.
Ca va se savoir.
- On pourrait commencer par une initiative commune... Tribune.
- Je lui ai déjà fait le coup
sur le 49-3. Elle s'en fout. - Une tribune, c'est vieux monde.
Que faites-vous samedi ?
*-C'est un rendez-vous traditionnel pour le 1er ministre.
*Le chef du gouvernement, avec ses fidèles,
*a fait la traversée de la Souleuvre au cœur de sa circonscription.
*Un hommage aux martyrs de la résistance.
*La surprise est venue ce matin
*de la présence du président socialiste de l'Assemblée,
*Laurent Mirmont, arrivé quelques minutes après François Boudard,
*l'ancien ministre de Jean-Marc Auzanet.
*Les 3 hommes se sont affichés dans une ambiance
*joviale et complice. - l'enculé !
Vibreur
...
*Radio
- Oui, Toph. *-Putain.
Les cornes de gazelle, c'est une tuerie.
- Super. Écoute, j'y suis dans 25 minutes max.
Cyril fait la gueule ?
- Je sais pas parce qu'il est de dos.
- Il m'a pas appelé. *-Il devait t'appeler ?
*Tu veux que je lui dise un truc ?
- Attends, je te laisse, Toph. *-Deux invités,
*le républicain François Boudard
*et le socialiste Laurent Mirmont.
*On attend leur point presse. Ils pourraient annoncer la création
*d'uné confédération des réformateurs,
*un espace d'échange entre démocrates des deux rives.
*L'appel à la constitution de 3e force...
*-Le défi avec la mondialisation de l'Europe,
*notre ambition énergétique exige notre plus grande unité.
*Je le dis avec force à tous les sympathisants
*de la gauche jacobine qui s'emploient
*à réveiller la guerre scolaire
*avec des méthodes inquisitrices :
*assez d'invectives,
*assez de mise à l'index. Et je le dis
*avec plus de force à tous ceux qui à droite
*sont tentés par, disons, une choquétisation
*de leur orientation,
*arrêtez, arrêtez là. N'allez pas plus loin.
*Françaises, Français,
*voilà notre message. Finissons-en
*avec les divisions partisanes artificielles.
- J'en ai assez entendu.
Le colloque à la Sorbonne, c'est aujourd'hui ?
- Oui.
La plénière aura lieu à 18 heures.
- Prévenez les organisateurs que nous nous y invitons.
Je ferai mon discours
sur la réforme des institutions.
Fin du cumul des mandats, suppression du 49-3,
introduction d'une dose de proportionnelle.
- On n'a pas de discours écrit.
- On y travaillera en voiture. - Et le référendum ?
- On en reste à 4600000 électeurs et 285 parlementaires.
- Le message de Thorigny est limpide. On entre en cohabitation.
- Ca m'a pas échappé. - Dénonce-le.
- Mais dénoncer qui?
Mon premier ministre avec qui on a signé un accord de gouvernement?
- Tant que le PS était le pivot de l'alliance
et Thorigny, l'appoint, tu en étais le point d'équilibre,
le seul leader du bloc central mais maintenant...
- Maintenant que Boudard a rejoint Thorigny,
le centre de gravité se déplace vers la droite
et installe Thorigny au centre du jeu.
La bataille va être longue.
Les présidentielles sont encore loin.
C'est là qu'il faudra être prêt.
Pour l'instant, il faut rester de glace
et ne pas le valoriser en le victimisant.
Enfiler des pataugas un samedi,
c'est à la portée de n'importe qui.
Créer un nouveau mouvement politique avec Boudard et Mirmont,
bon courage, M. le 1er ministre.
*-On a pu entendre de la part de Stéphane Thorigny
*un discours rassembleur.
- Avant, il y avait un code d'honneur.
On se foutait sur la gueule mais on respectait les règles.
On passe pas d'un camp à l'autre comme ça. Mirmont, c'est...
- On s'en branle de Mirmont. La question, c'est Amélie.
- Je viens de lui parler. Elle dit qu'il faut pas lever le petit doigt.
- Tu vas pas lever le petit doigt? - Elle est présidente.
Si elle s'enfonce, on s'enfonce avec elle.
- Elle est responsable. En faisant alliance avec Thorigny,
elle lui a fait la courte échelle. Ca s'arrêtera plus.
Il construit son espace contre nous, comme Vidal.
- Si Amélie s'impose, elle définira les paramètres des trois blocs.
Elle veut pas d'un espace libéral. Elle parle de progressisme.
- Toi, tu sais ce que c'est, le progressisme ?
- Un centre gauche. Ca reste la gauche,
le centre gauche.
- On joue tout sur l'issue d'une baston entre 2 personnalités.
- C'est la 5e république. - Soit Amélie gagne contre Thorigny
et on a un bloc centre gauche,
soit elle perd et on a un bloc centre droit.
Mais le PS, il est où là-dedans ?
- Si je faisais un communiqué ?
- Pour dire quoi? - Pour exclure Mirmont.
- Arrête avec Mirmont. - Il chie sur le parti.
Ca fait trop longtemps qu'il y a plus de discipline ici.
- Le PS est en train de crever.
Oublie les courants, les statuts, les sanctions. Fais de la politique.
T'es le patron du parti. Tu peux empêcher cette merde.
Soutiens les Enfants de la République.
- Philippe, c'est impossible.
- Il nous manque 30 députés pour avoir 100 parlementaires.
Avec toi, on les a en dix minutes.
Les deux millions de signatures tomberont.
Amélie fait l'article 11 pour lancer le référendum.
- Non, il en faudra 285 et 4600000.
- Elle reviendra jamais sur une parole de campagne.
- Dans deux heures, elle sera à la Sorbonne
pour les 60 ans de la 5e et elle va annoncer
qu'elle ne touche pas à la procédure référendaire.
C'est fini, Philippe.
- Il faut agir maintenant. Tu viens au collège avec moi.
Depuis le début de la grève, le samedi, il y a une fête sur place
dans le genre kermesse de gauche. Des gosses, des parents, des profs,
des assoc', des sourires, des tapes dans le dos.
Tu replonges le parti dans la société
et là t'annonces que t'es avec nous.
Viva de la foule et reculade d'Amélie.
- Je sais pas. - Mais si, tu sais.
Tu veux finir à 5% comme un Grec ?
On ramène Amélie à la casa en lui tirant l'oreille.
De gré ou de force
mais il faut pas qu'elle capitule à la Sorbonne.
Une fois qu'on a obtenu le référendum,
Vidal est niqué de chez niqué
et sera obligé d'appeler à voter oui.
On retourne sur nos pattes.
Il y a une gauche, le camp du oui et une droite, celui du non
Les 3 blocs sont enterrés avant d'exister.
Tu n'es pas Calandréou. Tout va bien.
Au paradis, t'auras une place entre Blum et Mitterrand.
On y va ? - On y va.
Et si on n'y arrive pas, si elle recule pas ?
- Si elle recule pas, elle devient une femme de droite
et tu restes un homme de gauche.
T'assumes le conflit entre le parti et l'Élysée. Tu protèges
la maison. Jamais tu seras Calandréou.
- Déclencher une guerre, c'est facile,
mais après, jusqu'où on ira ?
- On dit que pour être président, faut penser à ça depuis petit.
Moi je crois que c'est l'Histoire qui décide.
Faut être la bonne personne au bon moment.
Préviens la presse.
- J'y arrive pas. - Regarde.
Comment ça, t'y arrives pas ? Regarde. Tu prends ça.
Viens avec moi et tu prends, tu prends,
tu prends la queue. Super.
Portable
Allô ? Qu'est-ce que tu fous ?
*-Je suis avec ton mec. - Quoi ?
- Il est de gauche. Toi aussi, moi aussi. La vie est belle.
On quitte Solfé. On te rejoint au collège.
A tout à l'heure.
- Kalhenberg rejoint le truc de Rickwaert.
L'AFP vient de l'annoncer.
- C'est bon, vous l'avez ? - Oui.
Ah, voilà. Non, je vous confirme. Aucune référence
dans la version de l'article 61 entre la révision
de 74 et celle de 2008.
Téléphone portable
Madame la Présidente ?
- T'es vraiment un Ashkénaze. - Comment ça ?
- Souris, merde.
On est en train de niquer toute la terre en même temps.
Vidal, Amélie, Mirmont, Thorigny. C'est un strike de légende.
Putain, Daniel.
Kiffe.
Lekhayim!
- Lekhayim! Lekhayim!
Téléphone portable
Amélie.
...
- Range le téléphone.
...
Daniel, range le téléphone.
- Voilà.
Brouhaha
...
- De rien.
Ils vont pas tarder.
Oh. Cyril ?
- Oui, j'ai compris. Philippe arrive avec Kalhenberg
et on va avoir les signatures. - Tu réalises ce qu'il se passe ?
On est dans ta circons',
là où tout a commencé grâce à toi.
Les voilà.
Oh, putain.
C'est Vidal.
T'arrêtes de chouiner et tu profites.
T'as fait de ces gosses
le socle de l'union de la gauche.
A tous ceux qui ont pas compris ça,
tu leur craches dessus. Allez, viens.
Je te présente.
Téléphone portable
- Oui, Véro.
*-Vidal vient d'arriver. - OK, on arrive.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? - T'inquiète pas.
- Véronique, je suis content de te voir.
Tu es contente de me voir ?
- Je suis très contente, Michel.
Très et fière de te présenter Fanny Cholet.
- Bienvenue. - Et Cyril Balzan.
- Est-ce que le héros du jour me fera l'honneur
d'une visite guidée ? - Avec plaisir. Venez avec moi.
Téléphone portable
- Vidal vient d'arriver au collège.
- Ca va, Daniel. Calme-toi.
- Tu sais ce que Vidal va faire de ton référendum ?
Le baiser de l'ours.
Téléphone portable
Rends-moi ça.
Rends-moi ça. - Hop.
Rien n'est écrit, Daniel.
Rien. C'est l'histoire de la gauche.
- Vidal, c'est un djihadiste de la politique.
On a le bloc bourgeois et Vidal. Je vais me faire écrabouiller.
- Je vais te raconter un truc.
Il y a 50000 ans, des humains se sont retrouvés en Australie
face à un des prédateurs les plus balèzes.
Trois tonnes de muscles
et une mâchoire comme ça. Le diprotodon.
- C'est bon, ça suffit.
- Les humains ont pensé comme toi.
On va se faire écrabouiller.
Au final, ils ont tout gagné et les diprotodons ont disparu.
Tu sais pourquoi? - Je veux rentrer sur Paris.
- L'histoire de Sapiens se passe là.
Les humains ont fait des feux, ont sécurisé leur territoire.
Bref, ils ont réfléchi.
J'appelle un Uber. File-moi ça. - Vidal aime
la chasse au diprotodon.
Il voit la grosse bête et il cogite jusqu'à trouver comment la niquer.
Mais là, il a pas eu le temps de cogiter.
Il a juste compris que s'il attendait
pour nous rejoindre, il serait baisé.
Donc, il est là, faible, prenable, siphonable.
Aujourd'hui, le diprotodon, c'est lui.
C'est à nous de gérer les feux de forêt
pour le caler dans son enclos.
Notre force, elle est là, Daniel.
- OK, j'y vais.
- Sois bon, Daniel.
- Quoi, tu viens pas ? - Non, je dois être
à Dunkerque dans 2h30.
Cava?
- Passe-moi Daniel.
- Il est occupé. C'est très sympa ici.
Il y a tout le monde. Toi, ton colloque ?
- Tu te rends compte de votre responsabilité ?
*-Un moment, j'ai douté.
*Je me suis dit: "Et si je vivais dans le passé ?
"S'ils avaient tous raison avec leur nouveau monde ?"
Vu ce qu'il se passe ici, il y a des choses qui changent pas,
comme la gauche et la droite. C'est comme ça.
Mais ça m'a fait du bien de faire le point sur ces choses.
*C'est important.
*"Introspection", ils disent, les psys. Tu devrais t'y mettre.
*Des questions de principe,
d'identité, être de gauche ou de droite.
T'as pas beaucoup de temps pour réfléchir.
*Le choix est assez simple.
*Ca devrait t'aider.
Soit t'enterres le référendum et tu marches avec la droite...
Ca va pas être facile
parce que Thorigny a pris de l'avance.
Soit t'actives l'article 11,
*tu fais le référendum et tu reviens chez toi,
*à gauche d'où t'aurais jamais dû partir.
Gros bisous.
- Poussez-vous, s'il vous plaît.
- On s'arrête pas.
On continue.
- Madame la Présidente ?
- Madame la Présidente ?
Sous-titrage : HIVENTY
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