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Original subtitles

Alors, on se rince l'oeil ?

Rhabille-toi !

Bonjour, Mlle Mortoni.

Vous �tes d�j� debout ?

J'aime le matin. Je travaille mieux.

C'est encore du beau temps, qui se pr�pare.

Je vous remercie, Mlle Mortoni.

Bonne journ�e, Roger.

- Arr�te de te montrer � poil ! - Je suis pas � poil.

Elle a une t�te d'andouille, la patronne.

Elle nous casse les pieds, la patronne.

Elle a le bonjour d'Alfred, la patronne.

Elle a le bonjour d'Arthur, le bonjour de Jules...

La patronne.

Elle a le bonjour de n'importe qui.

Tu es bien plus belle que la patronne.

- Vous ne voulez pas d'aide ? - Non !

- Pourquoi ? Je ne suis pas fier. - Je ne veux pas.

- Alors vous ne voulez pas d'aide ? - Je ne vois pas l'int�r�t.

J'adore �a.

Allez-y. Apr�s tout, vous �tes le fils de la patronne.

"Elle a le bonjour d'Alfred, la patronne !"

Pardon.

- Vous sentez bon, Julie. - L'eau de vaisselle ?

�a embaume.

M. Richard, vous allez rater l'heure de la messe.

- Vous dites ? - La messe, l'heure !

J'ai bien 5 minutes. Je vais terminer cette pile.

M. Richard,

Madame vous attend. Elle va pas �tre contente.

Oh, Julie...

- Tu es pr�t ? - Oui.

- Viens, nous sommes en retard. - Tu y vas, toi ?

Bien s�r, quelle question !

Je croyais que ton fianc�,

si on peut appeler �a un fianc�, devait venir. Tu ne l'attends pas ?

Je le verrai plus tard.

Dieu...

d'abord !

C'est un choix que j'approuve.

Laszlo est un gar�on tr�s bien.

� part qu'on a envie de le porter chez le teinturier.

Est-ce qu'il embrasse convenablement ?

Viens, il est tard.

Il te touche, il te...? Enfin, tu vois ce que je veux dire ?

�a te fait de l'effet, quand il te serre fort ?

C'est bien agr�able, le rapport des sexes.

Attention, les m�m�res !

Salut, la grosse.

Il y a quelqu'un ?

Y a-t-il quelqu'un ?

- Il y a quelqu'un ? - J'arrive !

O� est Madame ?

- Madame est � la messe. - Et Mademoiselle ?

� la messe, avec M. Richard.

- Et le mari de Madame ? - Il s'habille. Il va descendre.

Oh, Julie !

- Oh, Julie ! - Quoi ?

Portez-moi � bouffer, j'ai faim.

- � qui est ce tricot ? - � Madame.

Mais vous allez laisser filer les mailles !

Tiens, Laszlo. �a va ?

Bonjour, Henri.

- Vous �tes l� depuis longtemps ? - Je viens d'arriver.

Julie, allez ranger ma chambre. Apr�s, vous serez libre.

Oui, monsieur.

Mon pauvre Laszlo,

les choses en sont toujours au m�me point.

Je vais profiter de la messe pour retrouver L�da, en cachette.

C'est lamentable.

Je sais bien, mais que puis-je faire d'autre ?

Plaque ta femme.

Ne revenons plus l�-dessus.

Tu la trouves belle ?

- Tu la trouves intelligente ? - Moins idiote que tu ne crois.

Tu la trouves bonne ?

G�n�reuse ?

Docile ?

Aimante ? D�sint�ress�e ?

Tu la trouves marrante, si je comprends bien.

- Fais ta valise, je t'emm�ne. - C'est impossible.

- Vraiment, pourquoi ? - � cause de tout cela.

Si je quitte Th�r�se, j'abandonne � la fois cette maison,

mes enfants, une situation qui me rapporte.

- Mes vignes... - Oh, alors...

Si pour 3 barriques de pinard, tu pr�f�res rester, car tu restes,

vaut mieux rien dire.

Si �lisabeth m'�pouse, ce que j'esp�re,

on sera bien forc�s de te voir.

Quant � ta situation, t'en trouveras une autre.

�a te ferait pas de mal, de bouffer un peu de vache enrag�e.

- �a te ferait le caract�re. - Tu es dur.

Non, c'est toi qui es un cornichon.

Tu as une fa�on de parler � ton futur beau-p�re...

Tu le m�rites.

Et L�da, qu'est-ce qu'elle pense de tout �a ?

L�da, elle me laisse libre de choisir.

Elle ne m'en parle jamais.

C'est pas ta grognasse qui en ferait autant.

Laszlo,

j'ai peur de l'inconnu.

�a se devine.

J'ai 45 ans,

essaie de me comprendre.

Si, du jour au lendemain, je me retrouve sans rien...

Tu tiens tant � ce que tu as ? J'aurais plaqu� �a depuis longtemps.

M�me �lisabeth ?

M�me �lisabeth, si j'avais �t� son p�re.

Je suis fatigu�. Parlons d'autre chose.

- Alors, les affaires, �a va ? - Ah, fiche-moi la paix.

- Je suis en retard. - Bonjour � L�da.

Merci.

� tout � l'heure.

Julie !

Julie !

- Julie, o� est mon petit d�jeuner ? - Pas eu le temps.

C'est le moment de vous y mettre. Je veux des oeufs � la coque,

des biscottes, de la confiture, du fromage de ch�vre,

une aile de poulet, froid.

Vous avez rien mang�, hier !

Je me r�servais. Assez de paroles inutiles, je veux des actes.

- Je n'ai plus de poulet. - Je connais la maison.

Et pas d'�conomies, ne regardez pas � la quantit�.

- Oh, vous alors. - Je vous attends sous la pergola.

Ah, apportez-moi aussi un pichet de ros�.

- Bonjour, belle-maman. - �a va bien, l'app�tit.

J'adore manger, boire, fumer, et le reste.

J'ai tous les vices.

Vous �tes tr�s dr�le.

Tenez, asseyez-vous et bouffons ensemble.

Je voudrais vous dire une chose. Vous pourriez parler correctement.

On ne dit pas "bouffer" mais "manger",

surtout si on veut �pouser la fille de la personne � qui on s'adresse.

Bon, alors mangeons.

Et vous l'app�tit, �a va ?

Comme ci comme �a.

Vous buvez d�s le matin ?

- Oui, pourquoi ? - Non, pour rien.

- �a va comme vous voulez ? - Merci, oui.

- Un petit coup de ros� ? - Laszlo, quelle question !

- C'est oui ! - Mais non, voyons !

Jamais de vin entre les repas.

Ah bon ? Alors j'ai rien dit.

F�licitations pour vos oeufs !

C'est de la volaille �lev�e au grain. Quelle diff�rence avec Paris !

Quel bonheur !

Ce soleil !

Cet air !

Ce parfum !

Ces collines, ces arbres, ces oiseaux !

Ces oeufs � la coque !

Cette charmante jeune fille... Oh, Th�r�se, je crois en Dieu.

Joli couple.

- Charmant spectacle. - Qu'avez-vous vu ?

- Vous le savez bien. - Taisez-vous.

- Je vois pas ce qu'il y a de mal. - Taisez-vous !

Vous feriez mieux de renoncer, Th�r�se.

Et alors ?

J'ai pas � me plaindre.

Pourquoi cet air triomphant quand vous revenez de voir cette fille ?

Elle est ma joie.

C'est pas une raison pour m'infliger ce spectacle.

Parlons d'autre chose, veux-tu ?

Elle te rend si heureux que �a ?

- Parlons d'autre chose. - R�ponds-moi !

Tu cherches une querelle en public ?

- Moi, vous savez... - Je ne vais pas me g�ner.

Devant les enfants, tu te g�neras.

Je retourne chez L�da.

Je m'excuse.

Je te laisse leur expliquer. Tu trouveras bien quelque chose.

Ils n'ont pas besoin de savoir que je suis avec cette cr�ature.

Bonjour, papa.

- �a va, Richard ? - �a va.

Bonjour, papa.

Excusez-moi, je termine mon petit d�jeuner.

Que se passe-t-il ? On entendrait une mouche voler.

On l'entendrait, si vous faisiez moins de bruit.

Je fais du bruit, moi ?

Pas tellement de bruit que �a.

L�, en effet, je fais du bruit !

Et je vais vous montrer ce que �a donne lorsque je bois.

- Laszlo, tu es r�pugnant. - C'est �a, faire du bruit.

Ma pauvre, je te plains.

Si on ne peut plus rien dire, je me tais.

Henri, ne te mets pas en retard.

N'exag�rons rien, j'ai 2 minutes.

O� vas-tu ?

- � la messe. - Papa va � la messe.

Je ne voudrais pas te priver d'une promenade.

- Pourquoi cette com�die ? - Quelle com�die, Laszlo ?

Tu sais tr�s bien ce que je veux dire. Tout le monde sait !

- Laszlo, �a suffit ! - Pas devant les enfants.

- Vous ne pourriez pas �tre clairs ? - Assez !

- On ne vous demande pas votre avis. - Vous connaissez mes sentiments.

Allez, fais ta valise, Henri.

Mais qu'est-ce que tu esp�res de lui ?

Tu ne le comprends pas.

Vraiment, je ne le comprends pas ?

Et �a, c'est pas de la malveillance ?

Est-ce qu'un homme qui t'aime, ou sain d'esprit, ferait �a ?

Tu le trouves pr�sentable ?

Quelle impression te fait-il quand tu te prom�nes avec lui � Aix,

avec ses pull-overs pleins de graisse ?

Sa fa�on de parler � ta m�re, elle te pla�t ?

Il ne m'aime pas, c'est son droit.

Mais ce qu'il a dit pendant qu'il se goinfrait, tu lui pardonnes ?

Je ne comprends plus.

Tu ne vois pas qu'il pousse ton p�re dans les bras de cette cr�ature ?

Et tu tol�res tout �a !

Qu'est-ce que tu attends de lui ? Le mariage ? Ma pauvre fille.

C'est bien autre chose. Et le jour o� il l'aura eu, passez, muscade.

- On ne le verra plus ! - Qui te dit qu'il ne l'a pas eu ?

Entrez !

- Qui est l� ? - C'est moi.

- J'arrive. - Oh, t'es fou !

Je croyais que tu savais que j'�tais du sexe masculin.

Oh, dis donc !

Oh, mais c'est ravissant, ce petit ensemble.

�a te va tr�s bien, tu sais.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Je t'aime plus.

Voyez-moi �a.

C'est tr�s s�rieux.

Si tu m'expliquais ce qui se passe ?

C'est fini, c'est tout. Et ne me tutoyez plus.

Si je comprends bien, on s'embrasse et puis on se dit "vous".

Je ne plaisante pas, Laszlo.

C'est votre m�re qui t'envoie dire ces idioties ?

- Je ne veux plus vous voir ! - C'est un coup de la maman.

C'est inutile, de vous demander de parler des gens avec respect.

- Je n'aime pas ce ton avec ma... - "� l'�gard de ma m�re" !

Allez, maintenant, explique-moi ce qui se passe.

C'est � cause de ce que j'ai dit, ou failli dire, au d�jeuner ?

Tu t'es montr�...

Parce que j'ai exprim� ce que tout le monde pense ?

Non, � cause de L�da.

Vous l'avez fait venir et jet�e dans les bras de mon p�re.

- Il nous est devenu un �tranger. - Enti�rement faux.

Je suis venu ici � la suite de L�da lorsqu'elle a d�cid� de s'installer.

Nous nous sommes rencontr�s et je t'ai connue.

C'est pas ma faute si ton p�re est tomb� amoureux d'elle.

Mais j'ajoute que je l'explique et que je le comprends.

- Avoue que tu as couch� avec elle. - Non.

- Tu mens ! - Je ne mens jamais.

- Et mon p�re, tu l'approuves ? - Oui, absolument.

Je ne veux plus jamais vous voir. J'esp�re que demain, vous partirez !

�coute...

Bonjour, monsieur.

- Deux pastis. - Deux pastis.

Vlado, qu'est-ce que tu fous ici ?

Ah non, parlons fran�ais.

On nous �coute. Plus poli.

- Je me balade. - T'es dans la mouise, hein ?

- Si tu savais, mon vieux. - Assieds-toi, je t'offre un verre.

- Gar�on ! Deux autres pastis. - Deux pastis.

- Attendez, avec des croissants. - Avec des croissants.

T'as bouff� ?

Regarde.

On am�ne la suite, oui ou non !

- Alors, la suite, �a vient ? - La suite !

Gar�on ! Deux pastis doubles, et trois triples.

�coute bien ce que je vais te dire.

Pour la mangeaille, faut plus t'en faire. Je t'am�ne chez des amis.

On sera mal re�us, mais je pr�sume que tu t'en fous.

Tu sais, �a me g�ne un peu.

Mais non !

Tiens.

- Tu es fou ! - Tiens, je te dis.

- Je n'en veux pas. - Allez.

- Il n'y a pas de raison. - Allez, fais pas le fier.

De la musique !

Allez !

Allez, hop !

De la musique !

Tu sais, �a m'ennuie d'aller chez ces gens-l�.

Mais non ! Ce sont les parents de ma fianc�e.

Enfin, si on veut.

� quoi tu penses ?

� papa.

Moi aussi, je pense � papa,

� maman...

� Laszlo, � toi...

� L�da Mortoni, � Julie...

et � moi.

Je suis triste pour Laszlo.

Moi, je suis surtout triste pour maman.

Je ne joue pas les rabat-joie, nous sommes au XXe si�cle.

Je ne m'offusque pas de la nudit�.

Moi m�me, quand je suis � la plage... Mais de l� � se mettre aux fen�tres

en petite culotte et soutien-gorge, je ne le supporterai pas.

- Bien. - Le jardinier s'est plaint.

Oui, madame.

Vous dormez sans chemise de nuit ?

Il fait trop chaud.

- D'ailleurs, j'en ai plus. - J'exige que vous en portiez une.

Vous prendrez une des miennes dans le placard.

- Mais madame, je dors seule. - Pr�cis�ment.

C'est une bonne habitude � prendre.

� propos,

ce jeune homme qui porte le lait tous les matins...?

C'est toi ?

- Oui, je ne te d�rangerai pas. - Parfait.

- Vous m'avez comprise ? - Oui, madame.

Vous servirez � l'heure.

Eh bien, �a va mieux ?

- �a va. - Tu es consol� ?

- �a ne te regarde pas. - Je suis ta femme, Henri !

"Je suis ta femme, Henri !"

J'en ai assez, de ton th��tre.

Pourtant, nous dormons ensemble.

�a me rend malade.

Tu veux ta libert� ?

Ma libert� ?

C'est mon voeu le plus cher.

Tu es s�rieuse, au moins ?

Elle est s�rieuse, ta proposition ?

Qui est-ce encore, celui-l� ?

Un ami de Laszlo, je suppose.

- C'est toi qui l'as invit� ? - Mais non.

Il est inconcevable qu'il am�ne des gens sans demander la permission.

Bient�t, il fera venir ses amis de Paris ! L'invasion commence.

Quand il y en a pour 5, il y en a pour 6.

Quoi ? Tu veux dire que cet individu va d�jeuner ici ?

- Pourquoi pas ? - Je vais lui parler !

- Pas par la fen�tre, c'est vulgaire. - Je descends.

Reste ici. Ce gar�on d�jeunera chez nous s'il le d�sire.

Tu m'as parl� tout � l'heure de reprendre ma libert�.

Que dois-je comprendre ? Qu'est-ce que tu voulais dire ?

Bien entendu, je ne parlais pas de divorcer. C'est exclu.

- Pas autant que �a. - C'est exclu !

Rien ne m'emp�che de ficher le camp et de divorcer.

Voyons, tu sais bien que c'est impossible.

- Pourquoi ? - Mais enfin, Henri !

Si tu me quittais pour cette fille,

je ne vous laisserais pas une minute de repos.

Je vous suivrais partout.

Je ferais du scandale partout, je te traiterais de tous les noms.

Ce que les gens penseraient de moi me serait �gal.

Vous ne pourriez descendre dans aucun h�tel.

Plus de cin�ma, de th��tre, de restaurant, enfin que sais-je...

Il vous serait impossible d'�tre nulle part.

Votre vie deviendrait rapidement intenable.

Voyons Henri, c'est pas s�rieux.

Bon.

Alors que proposes-tu ?

Un march�.

Lequel ?

Tu continues � vivre ici et tu la vois autant que tu veux,

� condition que �a ne fasse pas de scandale.

Je vous laisse vous embrasser dans les bois, comme les pignoufs.

Tu m'offres des avantages dont je profite d�j�.

- Je ne vois rien de nouveau. - Attends.

De mon c�t�, je vous laisse une paix royale.

Nous ne parlerons plus jamais

ni de tes infid�lit�s, ni de ton indiff�rence � mon �gard,

ni en g�n�ral de ta vie. En dehors d'ici, tu n'existes plus.

C'est d�j� mieux.

Et �a t'apporte quoi ?

�a, c'est mon affaire.

Mettons que je n'ai pas envie d'abandonner cette maison,

une situation pour laquelle j'ai lutt�,

ma tranquillit� mat�rielle, ces vignes...

Qu'est-ce qu'on fait pas pour du pinard, hein ?

Tes raisons ne m'int�ressent pas.

- En �change, je fais quoi ? - Tu m'aides.

- � quoi ? - � faire le bonheur de ta fille.

Les grands mots !

Mais qu'est-ce que tu couves ?

Ce sont peut-�tre des grands mots, mais �a les vaut.

- �lisabeth est heureuse... - Abr�geons. Que veux-tu ?

Elle doit quitter Laszlo. Je refuse ce mariage.

- Va te faire voir. - Quoi ?

- Je t'ai dit : "Va te faire voir." - Tu la laisses se compromettre ?

- J'aime Laszlo. - �a, je m'en doute. Il t'est utile.

Mais as-tu remarqu� son allure, la fa�on dont il me traite ?

- La ferme ! - C'est un voyou, ton Laszlo.

Un impr�sentable !

De quoi vit-il ? Il n'a jamais voulu nous le dire.

Inutile de discuter.

Je te r�ponds non.

Je ne ferai rien pour les s�parer.

Th�r�se, tais-toi !

�coute-moi bien, Henri.

Ou tu le fais, ou tu dis adieu � ta rouquine.

Je te jure, sur la t�te des enfants, je ne plaisante pas.

Ou Laszlo s'en va d�s ce soir, ou tu ne reverras plus ta rouquine.

Qui es-tu, pour parler ainsi ?

- Esp�ce d'immonde vermine. - Je t'interdis !

Avec ta t�te, comment oses-tu prononcer le nom de L�da,

faire allusion � elle ?

- Je suis ta femme, Henri. - Rien.

Rien, tu ne m'es rien. Tu es quelque chose que je vomis.

Je te trouve ignoble, mal b�tie, b�te,

inculte, hypocrite, l�che,

vieille ! Oh, vieille !

Tu r�unis tout ce qui me fait horreur.

- Je te hais. - Je suis ta femme, Henri.

Ta gueule ! Mais regarde-toi donc !

Tu te trouves belle ? Tu t'es vue ?

Comme �a, tu sauras ce que je pense de ma femme !

Regarde-toi ! Tu te trouves d�sirable ?

Examine-toi en toute conscience ! D�taille-toi !

Comment te trouves-tu ?

Cette merveilleuse L�da...

Ce matin,

je suis all� la chercher pour que nous nous promenions.

O� vas-tu ?

Je pars. Je vais faire des courses � Aix.

Tu m'emm�nes ?

- Non. - Pourquoi ?

Tu es f�ch�e ?

- Un peu. - Pourquoi, mon amour ador� ?

Dis-moi pour quelle raison je t'aime comme un fou ?

Chaque minute pass�e loin de toi m'est insupportable.

- Tu me crois ? - Oui.

Je ne suis pas tellement f�ch�e, d'ailleurs.

Seulement un peu triste.

"Triste" ?

Je le suis aussi.

Nous ferons les courses plus tard.

Allons nous promener, tu veux ?

- Henri... - Oui ?

Tu m'aimes ?

Henri, crois-tu que beaucoup de gens connaissent notre...

Comment appelle-t-on �a ?

Il y a des mots que je d�teste.

Beaucoup de gens savent que nous nous aimons ?

Pas tellement.

- Qui ? - Je ne sais pas...

Th�r�se, Laszlo.

C'est tout, � ma connaissance.

Et tes enfants ?

Je ne crois pas.

Et s'ils savaient un jour, que ferais-tu ?

Rien.

- S'ils t'emp�chaient de me voir ? - Ils n'y ont aucun droit.

Tu es incroyablement belle, mon amour.

Je voudrais toujours avoir devant nous un miroir,

pour te d�tailler,

te montrer ta bouche,

tes dents, ton nez, tes cheveux...

Je te verrais sans cesse, je t'admirerais.

Tu comprendrais ce que je ressens.

Tu me plaindrais.

Henri, je ne t'ai jamais demand�...

ce que tu comptais faire de moi.

Je ne peux m'emp�cher d'�tre triste en pensant � tout ce qui doit finir.

Pourquoi "finir" ?

Ne m'oblige pas � r�pondre par des lieux communs,

te parler de ta femme, de tes enfants,

de ta maison.

Ces choses-l� ne vous l�chent pas si facilement.

Et puis cette maison si pr�s, c'est terrible, pour moi.

Je ne supporte plus de la voir tous les jours.

J'ai beau regarder ailleurs, n'importe o�,

je ne peux m'emp�cher de ramener les yeux sur elle.

Elle empoisonne tous mes moments de bonheur.

Tu me demandais si j'�tais f�ch�e ?

Ce n'�tait pas cela du tout.

Je regardais ta maison en pensant � ce qu'il y avait dedans.

Je te voyais marcher dans les pi�ces,

refermer les portes,

dire au revoir � ta femme,

te coucher dans votre lit.

Tais-toi.

Et puis, il est in�vitable que nous soyons d�couverts.

- Tant pis. - Oui, mais il y a des vexations.

Les sourires, les conversations qui cesseront � notre arriv�e...

On ne r�siste pas � ces choses.

Nous partirons.

Peut-�tre. Je verrai.

Je ne peux pas m'emp�cher d'�tre heureux.

Nous ne sommes pas dans une situation sans pr�c�dent.

Combien d'autres avant nous s'en sont sortis ? Tout s'arrangera.

Tu n'es pas heureuse, en ce moment ?

Si.

Ne pensons plus � rien.

Henri !

Et alors ?

J'ai pas � me plaindre.

Pourquoi cet air triomphant quand vous revenez de voir cette fille ?

Elle est ma joie.

Allez, fais ta valise, Henri.

L�da !

Viens !

- Qu'est-ce qui se passe ? - Viens, je t'expliquerai.

- Mais qu'est-ce qu'il y a ? - Je ne peux plus les supporter !

Ne sois pas si nerveux. Raconte-moi tout �a.

- Prends ton temps. - �coute-moi.

Je sais...

Je n'ai pas pr�cis�ment une volont� de fer.

Mais j'en tiens compte.

Allons � Aix.

- Pourquoi ? - Nous allons nous montrer.

�a me compromettra.

Je suis d�cid� � quitter Th�r�se.

Si tout le monde nous voit, �a provoquera un scandale,

et je devrai rompre. Je ne pourrai plus reculer.

On va s'embrasser devant Mme Leboeuf. D�s qu'elle sort, on y va.

- Elle est l� ? - La voil�.

Elle arrive.

Mme Leboeuf !

Qu'est-ce que je dois inventer pour te dire que je t'aime ?

Regarde qui est l�.

Ce pauvre Laszlo, �a n'a pas l'air d'aller.

On est compl�tement bourr�s.

Tu n'es pas beau � voir.

Pas beau, moi ? � propos, je vous pr�sente mon ami Vlado.

Il est compl�tement dans la panade,

alors j'aimerais que tu l'invites � d�jeuner.

Voil� qui est bien expliqu�.

Avec plaisir.

Mes hommages, madame.

- Bonjour, monsieur. - Monsieur.

Mais vous �tes ensemble, tous les deux, en public ?

Qu'y a-t-il d'extraordinaire ?

Oh non, te fous pas de moi.

Je vais �tre franc.

L�da et moi, nous nous montrons.

Pourquoi ?

Pour faire comprendre qu'il y a des changements dans notre maison.

Mais c'est formidable ! Allez, on s'embrasse !

- Non ! - Si, on s'embrasse !

Il faut arroser �a.

On va aller boire chez toi !

C'est une bonne id�e.

C'est extraordinaire, ce que vous venez de faire l�.

- Ta fille veut plus de moi. - Quoi ?

On arrangera �a.

Souriez, madame. Le bonheur est � votre porte.

Pr�parez vos verres !

C'est joli, hein ? C'est le fait de notre L�da.

- C'est vous, qui faites �a ? - Il faut bien vivre.

Allez, tiens.

- Bois un coup. - Oh non, je suis d�j� ivre.

Bois, je te dis !

Vous savez, je suis content !

Et moi aussi.

Alors tu pars demain ?

Oui. Je vais employer mon apr�s-midi � faire ma valise,

au sens litt�ral du terme.

Comme je suis un peu malveillant de nature,

j'ai h�te de savoir la t�te de certaines de nos connaissances.

Complotons, mes enfants.

Comment vous allez annoncer �a � la famille ?

Le plus simplement du monde. Je dirai : "Au revoir, Th�r�se.

"Garde les vignes, garde la maison, partageons le compte en banque,

"et je m'en vais."

�a va �tre dr�le.

� la bonne v�tre, Th�r�se.

�a ne va pas du tout, mon pauvre Laszlo.

Idiot ! Tu me fais peur !

Tu es belle.

Je pense que c'est clair.

Tu ne crois pas si bien dire.

Ton petit roman est fini. Je vais lui dire deux mots, � cette fille.

- Pourquoi pas ? - Elle d�campera d'ici !

En effet, nous partirons ensemble.

Ma pauvre Th�r�se.

Tu ne peux plus rien.

Ton r�gne est fini.

Tu ne me fais plus que piti�.

Ma pauvre vieille...

Allons, � table.

- Tu ne t'es pas promen� ? - Non, j'�coutais de la musique.

Merci.

Attends-moi.

Attendez-moi.

Je veux pas vous faire du mal. Je vous jure.

Je comprends pas pourquoi.

"Les �l�ves du Conservatoire de musique ont re�u leurs prix.

"'Vous devez �tre le levain culturel de la population',

"leur a dit en substance l'adjoint aux beaux-arts."

Fiche-moi la paix ! Je vais �tre en retard.

Et puis tu es pas fou, non ?

Rends-moi un service, ch�rie.

Quoi ?

- Va chez la Mortoni pour moi. - Tu as qu'� y aller.

J'ai pas la cl�.

- Je peux te la pr�ter. - Non, non, non.

Je pr�f�re que tu y ailles. Tu fais son m�nage.

J'ai aucune raison d'y aller. Vas-y, sois chic.

- Et tu serviras mon d�jeuner ? - T'en as pour 2 minutes.

Quel casse-pieds ! Qu'as-tu oubli� ?

Deux bouteilles vides, sur la table de la cuisine.

Bon, j'y vais.

J'y vais.

�coute, laisse-moi y aller.

"Pourchass�es � Marseille,

"expuls�es de Perpignan,

"les belles de nuit de la c�te m�diterra...

"m�diterran�enne,

"ne viendront pas sur le trottoir parisien.

"L� aussi, elles sont ind�sirables.

"Depuis quinze jours, de nombreux contacts avaient �t� pris

"entre la C�te d'Azur et la capitale."

J'ai 2 petites mignonnes qui voudraient regagner Paris.

L'article 6 de l'ordonnance du 23 d�cembre est draconien.

Alors la graille, �a vient, oui ?

On me dit que vous mourez de faim ?

Vous savez, madame, j'ai l'habitude.

C'est pas une raison !

� la bouffe ! On cr�ve !

Vous �tes ivre, Laszlo.

Exact.

Richard,

on ne lit pas � table !

- Que dis-tu ? - On ne lit pas � table !

Nous ne sommes pas servis.

C'est vrai. Je vais voir ce qui se passe.

En attendant, mettons-nous � table.

Ouais, c'est �a.

�a va faire venir le r�ti.

Quoi ?

Mlle Mortoni est morte. Je viens de la voir.

Vous avez vu Mlle Mortoni, et elle est morte ?

Madame, c'est affreux !

Elle est �tendue par terre, raide. Les meubles sont boulevers�s.

Elle a d� se d�fendre contre son assassin.

Qui vous dit qu'elle a �t� assassin�e ?

Mais je vous dis que tout est sens dessus dessous.

C'est horrible. Elle �tait si bonne...

Vous �tes s�re qu'elle est morte ?

N'y va pas, Henri !

Henri, je t'interdis d'y aller !

Robert !

Faites-moi reculer les personnes, l�-bas.

- Deux sucres ? - Oui.

- Tu veux du lait ? - Non, pas aujourd'hui.

Tu te sens bien ?

Oui.

Oui, si on peut dire. Maintenant, le scandale a �clat�.

Qu'est-ce que �a peut faire ?

Je pense avant tout � toi et � ta soeur, mes ch�ris.

Vous devrez supporter avec courage la faute de votre p�re.

Pensez qu'il est votre p�re. Vous n'avez pas � le juger.

Bien s�r, maman.

Je ne sais plus o� j'en suis. Tout est � recommencer.

Tu es une P�n�lope.

Sale individu ! Il m'a fait filer mes mailles.

Je n'abandonnerai jamais ton p�re.

Nous devons surmonter cette �preuve tous ensemble.

- Si on nous tourne le dos... - Voil� le commissaire.

Pense � ce que tu vas dire.

- Madame. - Asseyez-vous, je vous prie.

Merci.

- Une tasse de th� ? - Je n'en prends jamais,

ch�re madame.

Je suis navr� de ce que cette visite peut avoir d'officiel,

mais vous devez comprendre qu'un crime ne peut pas �tre l'objet

d'une r�union amicale o� l'on mange des petits fours.

Cette affaire n'a rien de r�jouissant, pour vous.

Il m'est impossible d'�touffer quoi que ce soit,

malgr� l'estime que je porte � votre mari.

R�pondez-moi franchement.

Voulez-vous que votre fils se retire ?

Non. Il est au courant de tout. J'aime autant qu'il vous entende.

Parfait.

Votre mari, �tait-il...

intimement li� � Mlle Mortoni ?

Oui.

Je ne vous demande pas ce que vous pensez d'elle,

je le devine.

Savez-vous comment elle s'est install�e ici ?

Vous savez que beaucoup d'artistes ach�tent des maisons par ici.

Je crois que cette femme revenait du Japon,

o� son p�re devait �tre diplomate. C'est tout ce que je sais.

Quelle r�putation avait-elle dans le pays ?

�pargnez-moi d'en dire plus.

Vous �tiez sa voisine.

Vous avez pu observer ses faits et gestes.

Avait-elle beaucoup d'amis ?

Je n'en connais que deux : mon mari,

et un certain Laszlo Kovacs, qu'elle avait rencontr� au Japon.

Dieu sait ce qu'ils y ont fait.

- Parlez-moi de lui. - Oh, ce sera vite fait.

Il vient souvent s�journer ici, une folie de mon mari.

Il courtise ma fille.

Bref, il s'installe chez moi comme chez lui.

Je l'interrogerai.

Il est venu dans notre pays � la suite de Mlle Mortoni ?

Oui. C'est elle, qui l'a fait conna�tre � Henri.

Vous ne l'aimez pas, je constate.

Je ne sais pas mentir, commissaire. C'est un dr�le d'individu.

Je vous interrogerai plus tard sur votre mari.

Vous croyez qu'il va y avoir du scandale ?

C'est in�vitable. Mais vous n'avez rien � vous reprocher.

Du moins, je l'esp�re, ma ch�re.

Voyons, c'est ridicule !

Ma pauvre amie, je fais mon m�tier.

� propos,

o� �tiez-vous, ce matin ?

� la messe.

Vous �tes revenue de bonne heure.

Vous savez que le crime

a eu lieu beaucoup plus tard,

peu avant qu'on d�couvre le corps ?

Vraiment ?

Cela vous classe dans la liste des suspects.

De plus, vous avez un motif de tuer.

Je vais vous mettre sur la sellette !

Vous ha�ssiez Mlle Mortoni...

n'est-ce pas ?

Pas vraiment, non.

Avez-vous une question � poser ?

Roger Tarta, l'ami de la petite bonne, que savez-vous de lui ?

Comprends-moi bien,

je ne veux en rien nuire � Laszlo.

Il me d�pla�t, mais s'il n'est pas coupable, il ne faut pas qu'il paie.

Coupable ou non...

Ne dis pas des choses pareilles.

Mais maman, je ne dis rien.

Pas un mot.

Ils sont ridicules, d'accuser le pauvre Roger.

Ils te soup�onnent aussi.

Ne dis pas d'imb�cilit�, le commissaire plaisantait.

Il sait que je n'ai pas pu commettre une chose aussi horrible.

Tu le penses, toi ?

Mais non, maman. Je dis que le commissaire a des doutes.

C'est son r�le.

C'est d�j� trop.

En ce moment, tu accuses ta m�re !

Voyons, maman.

Que disais-tu de Roger Tarta ?

Je disais que je le voyais mal en coupable.

- Alors, c'est Laszlo. - Ou un r�deur, tout aussi bien.

Pour ta soeur...

Quoi ?

Rien.

Tu n'as besoin de rien, papa ?

Non.

Papa ?

Oui ?

Est-ce que je peux faire quelque chose ?

Je ne sais pas comment te le dire, mais je suis triste.

Ma ch�rie...

Je n'ai plus rien, plus d'avenir, plus personne.

Je suis fini.

- Et moi ? - Toi ?

Toi, tu me quitteras un jour.

Je hais ta m�re.

Je ne devrais pas dire �a...

Mais je la hais. Je voulais la quitter.

Maintenant, j'ai m�me plus la force d'ouvrir la porte et de partir.

Peut-�tre que plus tard...

Plus tard ? Tu crois ?

Non, je ne crois pas que je pourrai oublier.

Jamais. Je ne veux pas oublier. �a ne m'int�resse pas.

Non, je ne veux pas de tes raisons, de tes encouragements...

Je veux seulement...

Je veux seulement que tu m'aimes beaucoup.

Mais je t'aime, papa.

J'aurais jamais pens� qu'on puisse �tre aussi malheureux.

Si je pouvais tenir l'ignoble individu qui a fait �a.

Le d�chirer en morceau, le pi�tiner, lui �craser lentement les yeux !

Il a assassin� la beaut�.

L'immonde vermine.

Un z�ro.

Un insecte immonde.

Il a os� porter les mains sur ma L�da.

Je n'arr�te pas de penser que ta m�re...

- Oh, papa ! - Tais-toi.

L�da est morte.

Alors, vous �tes contente ? Vous jubilez ?

Vous feriez mieux de partir. Vous n'avez plus rien � faire ici.

Il faut que je reste pour l'enqu�te.

Vous filerez en prison ou chez l'imb�cile qui vous acceptera.

Faites vos bagages. C'est un conseil, pour votre s�curit�.

- On me soup�onne ? - Je n'ai rien � vous dire.

M�me si vous �tiez la meilleure des femmes, on vous d�testerait.

Allez, ouste ! Filez !

Crapules ! Filez ou je vous d�nonce.

Avec plaisir, mais j'ai quelque chose � dire � un de nos amis.

Vlado, tu es s�r ?

Madame, c'est terrible ! Ils ont arr�t� Roger Tarta.

Ils ne le garderont pas.

- Faites quelque chose. - Que voulez-vous que je fasse ?

- Il est absolument incapable... - Julie, c'est pas grave.

Il n'ira pas en prison, je vous le promets.

- Il n'est pas coupable. - Qu'en savez-vous ?

- Je le sais. - Vous �tes bien renseign�.

En effet.

Oui, j'en suis absolument s�r.

Attends-moi l�.

�lisabeth !

�lisabeth !

- Je ne veux plus te voir. - C'est s�rieux.

- Va-t'en ! - �coute-moi, c'est s�rieux.

- Je vais te faire du mal. - Qu'est-ce que tu vas faire ?

Je peux pas faire autrement. Tu vas me d�tester.

- Je te comprends pas. - Je te demande de me pardonner.

Je t'aime.

Richard !

C'est beau, hein ?

Tr�s beau.

- De Berlioz, c'est mon pr�f�r�. - Moi aussi.

Que pensez-vous de L�da, Richard ?

Comment la trouviez-vous ?

- Vous voulez dire physiquement ? - Oui.

Belle.

Splendide !

Si elle avait �t� plus jeune ou vous plus �g�,

vous seriez tomb� amoureux d'elle ?

Non.

- Tiens, pourquoi ? - Je ne tombe pas amoureux comme �a.

D'ailleurs, je ne tombe jamais amoureux.

- Jamais. - Bizarre.

Peut-on savoir pour quelle raison ?

Il n'y a pas de raison.

Je ne tombe jamais amoureux, un point c'est tout.

T�chez de l'expliquer vous-m�me.

Je ne vois pas en quoi �a vous int�resse.

- �a m'int�resse. - �a vous int�resse ?

- Vous n'aimez pas vous expliquer ? - Ni oui ni non.

Pourquoi vous vous pr�occuperiez de choses qui ne me font rien ?

Si vos raisons vous laissent indiff�rent,

qu'est-ce que �a doit �tre pour quelqu'un d'autre !

Votre p�re, par exemple.

Vous me fatiguez.

�coutez...

Vous ne pouvez absolument pas comprendre pourquoi il aimait L�da ?

J'ai dit que je la trouvais tr�s belle.

Belle � croquer.

- Vous aimez la musique ? - Oui.

�coutez le passage qui va suivre.

- C'est extraordinaire, non ? - En effet.

O� en �tes-vous, avec le commissaire ?

Il veut savoir, le pauvre.

Je le trouve idiot, de vous soup�onner.

Pourquoi ?

Parce que vous n'�tes pas coupable.

Nous sommes seuls � en �tre s�rs.

Que voulez-vous dire ?

Je vous r�pondrai plus tard.

Que pensez-vous de cette liaison avec L�da ?

- Quelle liaison ? - Ne faites pas l'imb�cile, Richard.

Ne me prenez pas en tra�tre. Je suis sur mes gardes.

Foutez le camp.

Plus personne ne veut de vous, ni �lisabeth ni ma m�re !

Par repr�sailles, vous m'accablez.

C'est bien �a ?

- Pourquoi est-ce que tu l'as tu�e ? - Je vous interdis de me tutoyer !

Qu'est-ce qui t'est pass� par la t�te, dis ? Explique-moi !

Salaud, va !

Pourquoi tu l'as tu�e ?

Elle �tait belle et g�n�reuse. Et tu l'as supprim�e !

- Esp�ce de malade ! - J'ai rien fait !

T'�tais amoureux d'elle, dis !

- Filez ! - Tu vas me donner tes raisons !

- Encore une fois, filez ! - Non.

�a fait faire de dr�les de choses, l'amour.

- Je la d�testais ! - Vous �tes le fils de votre m�re.

- Ne parlez pas de ma m�re ! - Au contraire, Richard.

Esp�ce de salaud, va !

Tiens !

Tiens !

- J'ai rien fait. - Mais si, c'est toi.

Pourquoi tu as fait �a ?

Pourquoi est-ce que tu l'as tu�e ?

Pourquoi ?

- Je l'ai pas tu�e. - Richard !

Richard !

Richard !

Richard !

Si vous me le dites,

�a restera entre nous. Je n'avertirai pas la police.

Je vous le jure. Votre famille sera seule au courant.

- Vous avez ma parole. - Richard !

Richard, il t'a fait mal ? �lisabeth, va chercher la police.

- Non ! - Va chercher la police !

Quoi, qu'est-ce que tu dis ?

Je veux pas la police.

Pas la police.

�coutez-moi.

Sale brute.

Il faut que vous m'�coutiez.

Je ferme les yeux. Je ne veux pas vous voir.

J'ai tu� L�da.

J'�tais dans ma chambre.

J'�coutais la s�r�nade en si b�mol de Mozart,

le disque que j'ai achet� hier.

J'ai entendu dans la pi�ce � c�t� que vous vous disputiez,

toi et papa.

Je suis ta femme, Henri ! Je suis ta femme !

Elle est s�rieuse, ta proposition ?

C'est toi qui l'as invit� ?

Il est inconcevable qu'il am�ne des gens sans demander la permission.

Bient�t, il fera venir ses amis de Paris ! L'invasion commence.

Quand il y en a pour cinq, il y en a pour six.

- Tu veux dire qu'il va d�jeuner ? - Pourquoi pas ?

- Je vais lui parler ! - Pas par la fen�tre, c'est vulgaire.

Reste ici.

Ce gar�on d�jeunera chez nous s'il le d�sire.

Tu m'as parl� tout � l'heure de reprendre ma libert�.

Que dois-je comprendre ? Qu'est-ce que tu voulais dire ?

Bien entendu, je ne parlais pas de divorcer. C'est exclu.

- Qui est l� ? - C'est moi.

Entre.

- �a va ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Rien, je voulais savoir si �a allait.

Tu vois.

- Qu'est-ce que tu as ? - Rien.

Entre ou sors, mais ne reste pas comme �a.

Bon, bon.

� tout � l'heure.

Tiens, Richard ?

Que faites-vous l� ?

Bonjour, mademoiselle.

J'�tais venu vous dire bonjour.

C'est tr�s gentil de votre part.

- Asseyez-vous. - Merci.

J'�tais en train d'admirer.

Vous aimez ?

Beaucoup.

Non seulement vous �tes belle,

mais vous avez un talent remarquable.

- Vous voulez boire un verre ? - Volontiers.

Vous avez la beaut� et l'esprit.

Que vous manque-t-il ?

Une chose.

Quoi ?

Je ne peux pas vous le dire.

- Vous �tes ici depuis longtemps ? - Quelques minutes.

Comment se fait-il que je ne vous aie pas entendu ?

Vous �tiez dans votre salle de bains.

J'ai frapp� plusieurs fois.

�a n'a pas d'importance, d'ailleurs.

Vous avez une vue merveilleuse, d'ici.

Exactement la m�me que de chez vous.

Je ne l'avais pas remarqu�e, de chez moi.

Eh bien, Richard, pourquoi �tes-vous venu ?

Pour vous dire bonjour.

- C'est tout ? - Oui.

Je voulais vous voir.

- Pour me dire quoi ? - Rien.

Je voulais simplement vous voir.

C'est une �trange id�e.

Heureusement, je ne vous crois pas.

Vous avez tort.

J'avais envie de vous voir,

de vous entendre,

d'examiner le cadre o� vous vivez,

de me rendre compte de ce que vous �tes.

Et quelle est votre conclusion ?

Je viens de vous le dire.

M�me si vous �tiez la pire des femmes...

Non, c'est pas �a.

Je n'arrive pas � exprimer ma pens�e.

Et surtout, je suis furieux de vous r�pondre.

Dites.

Quand on pense du mal de vous,

on ne peut qu'avoir tort.

C'est une id�e qui me d�sesp�re, mademoiselle.

- Pour quelle raison ? - Parce que vous �tes mon ennemie.

Absolument pas, Richard.

Si, et vous le savez bien.

Mais quand on vous voit,

on comprend simplement que le fait d'�tre contre vous est une erreur.

C'est une erreur dans laquelle nous sommes tous plong�s.

Ma m�re m'aime, je l'aime,

mais � vous voir, je r�alise qu'elle n'est pas tr�s belle,

mais encore pas tr�s bonne, pas tr�s g�n�reuse,

pas tr�s brillante.

Vous pourriez mettre un disque ?

Oui.

Choisissez vous-m�me.

�coutez.

Cette musique vous fait comprendre que d'autres musiques sont laides.

Oui, et alors ?

Celui qui n'aime pas cette musique se trompe, L�da.

Ce que je voudrais savoir, c'est ce que vous voulez dire par l�.

Ne parlez pas, je vous en prie.

Il y a un passage que j'aimerais que vous entendiez.

- Je suis navr�e, Richard, mais je... - �a vous pla�t ?

- Je pr�f�rerais que vous l'arr�tiez. - Attendez.

Il y a quelque chose que j'aimerais que vous sachiez.

- Comme j'aime cette musique... - Taisez-vous.

Vous ne m'avez pas compris, L�da.

Je veux dire que je vous d�teste.

Allez-vous-en !

Vous avez fait de ma m�re et de moi deux insectes sordides !

Je n'ose plus me regarder dans le miroir.

Quand je suis oblig� de le faire, je m'examine,

je scrute les moindres d�tails de mon visage.

Je me trouve hideux !

Je pense � vous,

� ma m�re.

Quand je m'observe, c'est pas moi, que je vois,

c'est ma m�re !

Je me sens devenir tout petit, minuscule.

Un insecte !

Je me transforme.

Je deviens affreux !

Mon regard est impitoyable comme le soleil.

Tout est ignoble, dans ce visage.

Il n'y a rien qui puisse le sauver !

C'est le visage d'un mort-vivant.

Il ne peut exprimer que l'horreur,

la n�gation,

la laideur !

L�da, vous allez mourir.

Je suis venu pour vous tuer.

Non, non !

Non !

L�da !

L�da...

Comme �a, tu sauras ce que je pense de ma femme !

Regarde-toi ! Tu te trouves d�sirable ?

Examine-toi en toute conscience ! D�taille-toi !

Comment te trouves-tu ?

Il d�raille. Ce sont les coups de cet �nergum�ne, qui l'ont d�rang�.

Je ne veux pas qu'il vienne.

Il n'a pas � savoir.

C'est un vieil ami, il dira rien.

- Je suis d�sol�. - Il faut avertir la police.

- Non ! - Tu es folle ou quoi ?

Ton fr�re divague, et tu n'as rien de mieux � faire que de le d�noncer ?

- Il dit la v�rit� et tu le sais. - Mais tais-toi !

Roger Tarta va �tre mis en prison. Il n'y a pas de raison.

Je vais chercher la police.

Laszlo, emp�chez-la ! Vous m'avez promis.

- C'est vrai ? - Oui.

Peu importe la raison, j'ai promis.

J'esp�re que tu te sens li�e comme moi.

Merci, Laszlo.

- On ne peut pas enterrer �a. - Pourquoi ?

Tu ne peux pas vivre comme une b�te traqu�e.

Tu dois prendre la situation en main.

- Personne d'autre. - Non, personne ne peut me forcer.

Tu dois aller trouver la police et r�p�ter tout ce que tu nous as dit.

- Non. - �coute-moi, Richard.

Ta peine ne sera pas bien grande.

Ton crime n'est pas celui d'un homme sain.

Et pour trouver le repos, tu dois te rendre � la police.

Taisez-vous, esp�ce de voyou !

Vous n'avez rien de plus press� que d'envoyer mon fils en prison ?

Faut y aller, Richard.

- Tu le penses vraiment ? - Oui.

- Alors j'y vais. - Non.

- O� sont les policiers ? - Dans la maison de L�da.

J'y vais quand m�me.

Papa, tu me pardonnes ?

Je voudrais bien, mais je ne peux pas.

Si tu y vas, Richard, tu n'es plus mon fils !

Et L�da ? Que peut-on faire pour elle ?

Qui faut-il avertir ?

Personne. Elle n'avait ni parents ni amis.

Sous-titrage : Eclair Group

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