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J'ai perdu la foi...
J'ai perdu la foi.
Il sort du taxi.
Il se dirige vers la maison.
Il frappe à la porte.
La porte s'ouvre...
Il donne son manteau à la gouvernante. Remarque la mère triste.
Ouin, ouin.
Elle dit : "Aidez ma fille."
"Aidez ma fille."
Des bruits effrayants. Des bruits effrayants.
Ave Maria...
Gratia plena, Dominus tecum. Benedícta tu...
Benedíctus fructus ventris tui, Iesus. Sancta María...
Des bruits effrayants. Je vous salue, Marie, pleine de grâce.
Le Seigneur est avec vous.
D'accord.
Ils viennent à ma rencontre.
Des coups effrayants. Il s'arrête.
Il marche dans le couloir.
D'accord.
Il marche dans le couloir...
Merde, ce n'est pas ça.
Mauvais couloir. Deuxième étage.
Il ouvre la porte de la chambre.
Et...
"Je te chasse, Molech. Va-t'en, Satan !"
Putain, t'es bon, mec.
Puis...
elle vomit, elle hurle.
Et je meurs.
Fin.
Du gâteau.
Je vous en supplie... aidez ma fille.
Je...
suis...
Molech !
Va-t'en, Satan.
Seigneur, prends pitié de nous.
Va-t'en, Satan.
Jésus, prends pitié.
Seigneur, prends pitié.
Va-t'en, Satan.
Va-t'en, Satan.
Seigneur, prends pitié.
Jésus, prends pitié.
Va-t'en, Satan.
Jésus, prends pitié.
Seigneur, prends pitié. Va-t'en, Satan !
Va-t'en, Satan.
- Salut, Tony. - Lee !
Enfin.
Tu en as mis du temps.
- Les embouteillages. - Ah bon ?
- Oui. - Où ça ?
Dans la rue.
Tony, je suis rentrée, d'accord ?
Salut. Je suis là. Je suis en vie, donc...
Oui.
Tu es rentrée.
- Salut. - Salut.
Regarde-toi.
Cette coupe.
C'est dur, hein ?
Bon. Je vais...
Attends.
Il faut qu'on parle.
Sainte Agatha a modifié sa décision.
C'est juste une exclusion temporaire.
Si tu savais ce que j'ai dû faire pour ça...
- Tony, je viens d'arriver. - Je ne m'appelle pas Tony.
Mais papa.
Ils t'ont renvoyée pour donner l'exemple.
- Tant que tes notes sont bonnes... - Ça me va.
- Juste une seconde ? - C'est parfait.
Si tes notes restent bonnes, ils te reprendront au prochain semestre.
Pardonne-moi, Seigneur, car j'ai péché.
Cela fait...
40 ans que je ne me suis plus confessé.
J'ai d'abord été alcoolique,
puis toxicomane.
Et j'ai gâché ma vie.
J'ai gâché la vie de ma famille.
Ma femme est tombée malade.
Gravement malade.
C'était mon excuse.
Je n'avais pas à me remettre en question.
"Ma femme a le cancer, allez tous vous faire foutre."
Sa maladie m'a donné une excuse pour me couper de tout.
On m'a proposé un truc.
Un boulot.
Il s'agit de remplacer un acteur à qui il est aussi arrivé malheur.
Mais ça me fera peut-être du bien.
Ça me donnera un but.
Ça me rendra plus fort.
Ma fille sera peut-être fière de moi.
Le projet Georgetown.
- C'est quoi ? - Un nom de code.
Un nom de code pour quoi ?
Tu vas jouer dans un remake de...
C'est...
- Tu jouerais le prêtre ? - Oui.
C'est trop drôle.
- Quoi ? - Toi, en prêtre, c'est...
C'est intéressant. Je n'en reviens pas.
Quoi ? Peu importe.
Ce n'est pas grave si ça ne marche pas.
Pour moi, si.
Tu as du mal avec ton texte ?
Non.
Pourquoi est-ce que ta mémoire flanche ?
J'oublie tout.
Mes nouveaux médicaments, peut-être. La fluoxétine.
Parfois, avec les médicaments, il faut trouver la bonne dose.
Ce n'est rien.
"Ma foi, telle une lumière dans la nuit, est difficile à trouver."
- C'est nul. - Écris quelque chose, toi.
Je l'ai fait.
Oui. J'ai écrit une pièce.
Je te l'ai envoyée il y a un an.
Il y a un an, j'étais en cure de...
De désintoxication ?
Tu peux le dire.
Désintoxication. C'est...
un fait.
Je suis vraiment désolé.
Tu veux que je t'aide ?
- Non, ça va. - Tony.
Tu veux que je t'aide ?
J'ai dit : "Non."
Bon, donne-moi la page. Je suis qui ?
D'accord. Lynn Carlisle. Page 67.
- Soixante-sept. - Oui.
Soixante-sept.
"Pour l'amour de Dieu. À quoi bon, mon Père ?"
"Son comportement trahit
une forme de dépression nerveuse."
"Je comprends votre inquiétude pour votre fille, Mme Carlisle.
- Mais je ne peux pas vous aider." - "Alors qui ?"
"Vous n'avez pas idée de ce que vous demandez.
Mme Carlisle, je ne suis pas l'homme qu'il vous faut.
Je ne peux pas affronter ce monstre."
La suivante.
Quoi ?
Comment ça, la suivante ?
Il n'y a que deux scènes.
- Le discours ? - Le discours, oui.
Celui sur les ténèbres ?
Oui.
Quand vous voulez.
- Prête ? - Allez-y.
"Ces ténèbres.
J'ai déjà vu ces ténèbres.
J'ai erré dans ces ténèbres.
C'est une noirceur qui s'infiltre comme un voleur
et vous prend tout.
Elle sait, elle..."
Merde. Et puis merde.
Ce n'est pas grave.
On fait une pause. Pose le scénario.
On va juste parler.
Putain !
On va juste...
parler un peu.
Ça veut dire que j'ai foiré.
Pourquoi ?
Je suis un peu rouillé.
Ça fait un moment que je ne tourne plus.
J'ai eu des problèmes.
Un passage à vide.
Continue.
- Quoi ? - Un passage à vide.
Tu ne regardes pas les infos ?
Continue.
Quels problèmes ?
J'ai passé deux ans au fond d'une bouteille.
Et j'ai mis deux autres années pour en sortir.
Tu as vécu un enfer.
Tu as souffert.
Ta femme...
Elle est décédée il y a deux ans ?
Oui. Elle est décédée.
Je n'ose même pas imaginer. Tu as un enfant, non ?
- Une fille. Lee. Elle a 16 ans. - Parle-moi d'elle.
Comment va-t-elle ?
Elle... Vous vous entendez bien ?
Oui...
- Oui. - Au fait !
Tu as été enfant de chœur, non ?
Oui.
Pendant cinq ans, à St Aloysius.
Cinq ans, sans un seul week-end.
C'était comment ?
On le faisait tous. C'était...
J'ai lu cet article sur ce que les prêtres
vous faisaient.
Tu es toujours croyant ?
- Non. - D'accord.
Une question.
J'ai des choix à faire.
Tu peux peut-être m'aider. Qu'en penses-tu ?
Ce rôle te plaît ?
Je ne serais pas là sinon.
Tout ce que je veux, c'est faire du bon boulot.
Je crois que je peux...
Désolé de vous avoir fait perdre votre temps.
Attends, Anthony.
Tu... Tu te souviens de la messe ?
Les paroles ?
- La messe ? - Oui.
Putain. J'étais gamin, à l'époque.
Essaie.
Tu es béni, Seigneur, Dieu de l'univers.
De ta bonté,
nous avons reçu le pain que nous te présentons,
fruit de la terre et du travail des hommes,
il deviendra pour nous le pain de la vie.
Lee.
Tu m'apportes un seau à glaçons ?
- Salut. - Ça alors !
- C'est fou. - Il y a une paye
qu'on ne s'est pas vus !
- Je suis le DP du film. - Non.
- Si. - Joe ? Oui.
Jen est notre DP.
- Joe... - C'est génial.
- Ton audition était super. - Merci.
- De rien. - Tony.
- Pete. - Salut !
- Ça va ? - Oui.
Je te présente le père Conor.
- Bonjour. - Le père Conor
sera notre consultant pour tout ce qui est
ésotérique et/ou catholique, si on peut dire.
- Mes yeux sont plus haut. - Désolé.
Je vais en porter un. Je...
Vous êtes condamné à porter l'habit.
On s'y fait. Vous avez l'air...
- Crevé, oui. - Merci de nous aider.
- Enchanté. - De même.
Je vais circuler un peu.
- Bien sûr. - Merci.
- Merci. - C'est formidable.
- C'est sûr. - J'ai fait une bourde.
- Vous voulez un verre ? - Ça va.
- Et vous ? - Avec plaisir.
- Que voulez-vous ? - Juste... de l'alcool.
À mon équipe et à mes invités. À Georgetown.
À Georgetown.
C'est un secret. Je ne voulais pas être acteur.
J'ai trouvé le DVD en solde.
Double Shift to Dirty Double.
Tu jouais ton jumeau, tu plongeais et tu te battais...
En haut de l'immeuble.
Ça, oui, ça...
J'étais défoncé quand j'ai fait ça.
Tu n'es pas un amateur.
C'est un drame psychologique déguisé
en film d'horreur.
Ce type n'est pas un acteur de films d'horreur.
Merci.
Tu ne fais pas... Merci.
On ne fait pas de film d'horreur avec lui.
Ce type...
C'était un pur Américain dopé à la testostérone.
Je connaissais l'acteur qui est mort.
- Merde. Je suis désolée. - Ce n'est rien.
- Merci. - Vous étiez proches ?
Pas vraiment.
Excusez-moi.
Pas du tout !
Je dois y aller.
Merde.
Je viens d'arriver. Je ne voulais pas te déranger.
- Tu peux fermer la porte ? - D'accord.
Tu en veux ?
Merci.
Merci.
C'est toi qui l'as écrit ?
Oui.
Mais c'est nul.
Si tu le dis.
Attends.
Je sais qui tu es.
Je dis ça comme ça.
Tu chantes bien.
Je regarde Vampire Sorority.
J'adore mes fans.
D'accord.
Tu étais super.
Tu seras sur le plateau ?
Oui. Tony m'a prise comme assistante parce que je me suis fait virer du lycée.
Pourquoi ?
Je suis trop cool.
À plus.
PREMIER JOUR DE TOURNAGE
Pas mal, hein ?
- Anthony. Bonjour. - Bonjour.
Bienvenue. On va aller aux costumes.
- Monica, première AR. - Je me souviens.
Je vérifiais. Bien, Lee.
- Bienvenue. On y va ? - Merci.
Oui.
Anthony pour les costumes.
Pourquoi la sauge ?
Tu sais quel genre de film c'est ?
Il se passe souvent des trucs sur le tournage de films sur le diable.
Comme La Malédiction, L'Exorciste, Poltergeist.
On n'est jamais trop prudent.
L'acteur que ton père remplace...
Oui. Je sais.
Il était dépressif.
Ça n'a rien à voir.
Si tu le dis.
Lee, regarde.
Salut, beauté.
- Regarde. - Salut.
Si tu veux faire flipper tes copains,
mets ça dans ton lit.
Voyons ce que ça donne.
Voyons voir.
Regardez-la tourner la tête.
Oui.
Elle est possédée. Sa tête pivote à 360 degrés.
Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est normal ? - Non.
- À 360 degrés ? - Vas-y.
Et le clou de la visite : la chambre froide.
Pourquoi tu t'es fait renvoyer ?
Je me suis rebellée.
J'ai renversé de la peinture rouge sur la Mercedes du proviseur
qui avait viré ma conseillère d'orientation pour avoir épousé sa copine.
Ce n'est pas de la rébellion, c'est du vandalisme.
D'accord. Peu importe.
C'est bizarre.
Je te l'avais dit.
Pas trop froissé.
Merci.
Ça fait quoi ?
C'est curieux.
Je ne pensais pas un jour me voir en prêtre.
- Vous êtes parfait. - Merci.
Comment ça vous est venu ?
- Ma vocation de prêtre ? - Oui.
- Vous avez eu des héros ? - Oui.
Sandy Koufax, Joe Namath, Burt Reynolds.
Vous aussi ?
Mes héros étaient des prêtres.
- Je vous laisse vous préparer. - Merci.
Mme Carlisle, je suis le Père Arlington.
Coupez !
- Coupez. - C'est bon.
Magnifique.
- On continue. - C'est bon.
On continue. Allez !
Il faut tout démonter pour la scène suivante.
Super. C'est génial.
Putain.
Merde.
Tony ?
Allez, viens...
Tony. Regarde.
- Tout va bien. - Merde.
Tout va bien.
Tu m'as fait peur.
J'étais...
Tu es somnambule.
- Tu m'as fait peur. - Je suis désolée.
Je suis un peu tendu.
- Tu comprends ? - Tu as une grosse journée demain.
- Oui. - Oui.
DEUXIÈME JOUR DE TOURNAGE
Reprenez vos positions !
C'est parti. On y va.
À vos places.
Prêts...
Prêts...
Et... action !
"Il voit tout.
Il voit le monstre en moi."
"Quel monstre ?
Savez-vous à quel point vous êtes aimé par vos pairs, votre paroisse, par moi ?"
"Il te connaît aussi.
Il voit tes péchés et les miens et soupire avec la voix de mon père.
Je l'ai laissé mourir."
- Coupez. - Coupez.
Putain, allez.
Je suis vraiment désolé.
Je ne sais pas.
Que se passe-t-il ? Je ne comprends pas
- ce qui ne va pas. - Oui, bien sûr.
Qu'est-ce que tu veux exactement ? Dis-le-moi.
Je veux que tu révèles le sens profond de la phrase.
Le cœur de la phrase.
Je veux la vérité.
D'accord ? Cesse d'éviter la vérité.
On se comprend ?
- Je ne... - C'est là.
- D'accord ? - D'accord.
Replonge-toi dans ton passé.
On recommence.
- On y va. - Allez, on tourne.
On reprend.
- Ça tourne. Clap A. - Ne te défile pas.
- On la refait. - Action !
- "Il te connaît et voit tes... - Coupez.
- Il soupire... - Coupez.
Coupez.
Tony. Une seconde.
Dix minutes de pause, s'il vous plaît.
Tout le monde. Allez. Maintenant.
Faites une pause.
Je me suis battu pour t'imposer, tu le sais, hein ?
Personne ne te faisait confiance
après ce qu'on a dit sur toi.
Tu m'as regardé dans les yeux et tu m'as dit que tu y arriverais.
Et je t'ai cru.
Maintenant, on est tous là à glander
parce que tu as peur de te lancer.
Peur de plonger. Tu me suis ?
Peur d'assumer le fait que tu es ce type.
Tu es rongé par la culpabilité.
Tu es une ordure qui a abandonné sa fille
et sa femme agonisante qui se chiait dessus
pendant que toi, tu te torchais, tu te défonçais,
et que tu courais les filles et va savoir quoi d'autre.
Tony, tu es damné.
Tu m'entends ?
Tu m'entends ?
- Oui. - Oui.
Tu es lui. Allons-y.
Putain !
Bordel de merde !
Monica !
- C'est quoi, ce bordel ? - Yo !
Tu refuses qu'ils les fixent !
Arrête tes conneries. Ce truc a failli me tuer.
Règle-moi ça.
La ferme !
Va te faire foutre ! Trouvez-moi un électricien.
IL TE CONNAÎT TU ES DAMNÉ
- Salut. - Salut.
Désolé, j'étais venu chercher ton linge sale et...
J'aurais préféré t'épargner ça.
Quoi ?
Saint Michel. Saint...
- Gabriel. - Gabriel.
- Saint Raphaël. - Oui.
Tous... Nom de Dieu !
Tous les anges et archanges...
- Ça a l'air si... - Archaïque ?
Patriarcal ? Dépassé ?
Non, juste débile.
C'est pour ça que c'est si dur à apprendre.
Quand j'oubliais mes répliques dans les pièces de l'école,
tu disais que c'était
parce que je ne les comprenais pas.
Il faut comprendre.
Cette réplique, de quoi parle-t-elle ?
C'est un exorcisme.
Il doit croire à fond à ces mots,
- pas vrai ? - Oui.
Exactement. C'est ça.
Saint Michel. Saint Gabriel. Saint Raphaël.
Ça va ?
- Oui. - Tu es sûr ?
Oui.
- Tu es sûr ? - Oui. Va te coucher.
D'accord.
Attends.
Repose-toi bien.
"Tous les saints patriarches et prophètes, priez pour nous.
Saint Barthélémy. Saint Thomas. Saint Guillaume.
Intercédez pour nous.
Saint Barthélémy."
Tony ?
Tony ?
Tony ?
Tu prends bien tes médicaments ?
Appelle ton médecin demain matin.
ONZIÈME JOUR DE TOURNAGE
"Ne dites pas ça. Vous seul pouvez m'aider."
"Je comprends votre inquiétude pour votre fille,
mais je ne peux pas vous aider."
"Alors qui ?"
"Je comprends votre inquiétude."
- Bon sang. - "Mais je ne peux pas vous aider."
- "Alors qui ?" - C'est quoi, son problème ?
C'est parti !
Il a une sale tête.
- "Je comprends votre inquiétude." - Je peux mettre plus de fond de teint.
- Avec quoi ? Une spatule ? - "Alors qui ?"
Coupez le son. Je n'en peux plus de ces conneries.
J'ai besoin d'un verre.
Ce type est un ivrogne.
Désolée.
Ce n'est pas facile d'être l'enfant d'une star.
Non.
Le côté star, c'est gérable. Le côté toxico,
c'est plus dur.
Tu as souffert.
On ne peut pas toujours sauver les gens, mais on peut leur pardonner.
C'est ce qu'on m'a dit.
Quoi ? Vous êtes psy aussi ?
C'est horrible de dire ça !
Oui, je suis psy.
Diplômé de Columbia en psychologie clinique.
Ma mission est d'apaiser la paranoïa des gens, pas de l'attiser.
Vous ne croyez pas à leurs histoires ?
- Pas à 99 %. - Oui, exactement.
Et toi ?
Tu y crois ?
Je ne sais plus quoi croire.
Comment était ta mère ?
Elle était comme une sœur.
Bordélique, mais marrante.
Tout me paraît bizarre
depuis qu'elle n'est plus de ce monde.
J'aurais préféré qu'il meure à sa place.
Je suis horrible ?
Non.
Tu veux entrer ?
D'accord.
- D'accord ? - D'accord.
- D'accord. - Oui.
Putain !
Tony, qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu fais là ?
Pourquoi es-tu dans le noir ?
- Je ne sais pas. - Regarde ta main.
Tu saignes. Ça fait longtemps que tu es comme ça ?
Tu es couvert de sang et tu sens l'alcool.
Qu'est-ce que tu as ?
Tu as encore des absences ?
Super.
C'est quoi ? De la coke ?
- Non. - Ou pire ?
Je n'ai rien pris. Je ne prends rien.
- C'est autre chose. Je... - Si tu prenais tes médicaments,
tu ne serais pas dans cet état.
Non. C'est...
- Je ne peux pas. - Je vois tout le mal que j'ai fait !
Tout.
Je ne dors plus.
Je ne peux pas.
C'est là que je la vois.
Merde. Si tu veux te droguer et tout foutre en l'air,
vas-y, mais sans moi.
À moins que tu ne te ressaisisses et que tu reprennes tes médocs,
je m'en vais.
Où vas-tu aller ?
Tu n'as plus de lycée.
Tu n'as pas de mère.
Tu n'as que moi.
Va cuver, connard.
C'est comme ça qu'on parle à son père ?
Va-t'en.
Va-t'en. Va-t'en, putain ! Va-t'en, Tony !
Je ne m'appelle pas Tony.
QUINZIÈME JOUR DE TOURNAGE
C'est pour toi.
Ça a l'air sérieux.
Ça va.
Je vais t'aider.
Fais-moi voir.
Tu dois voir un médecin.
Ça va aller, ma grande.
C'est juste...
C'est juste que...
Ça m'épuise.
Je ne sais même pas ce qui s'est passé
l'autre soir.
Ce n'est pas à toi de t'occuper de moi.
Alors, ma puce, facilite-moi les choses. Retourne au lycée.
D'accord ?
Je suis ton père. Tu dois faire ce que je te dis.
J'ai besoin de te savoir en sécurité.
D'accord ?
Désolé d'être dans cet état.
Ça va aller.
Il a arrêté son traitement.
Il est imprévisible.
On dirait un somnambule même quand il est réveillé.
Je comprends.
Je me demande...
Je me demande si ce que tu décris indique que certaines choses
ne sont pas réglées et que le film les fait remonter à la surface.
Vous parlez d'un traumatisme ?
Peut-être.
Ma mère m'a souvent dit
qu'il lui était arrivé des trucs horribles quand il était petit.
Mais Tony ne m'en a jamais parlé. Donc, je...
Que dois-je faire ?
Tu es sa fille, pas sa psy.
Je vais lui parler.
Si tu veux l'aider, prie.
Il priait l'autre soir, dans l'entrée.
Ou bien...
il marmonnait.
Il ne prie jamais.
Que disait-il ?
Pourquoi parle-t-il en latin ?
Vous comprenez ce qu'il dit ?
Ce n'est pas clair,
mais, en gros, il dit : "Faites place au démon Molech,
préparez son arrivée, sacrifiez vos enfants."
Molech est le démon du film qu'il tourne.
À mon avis, ce rôle l'affecte trop.
Il habite trop son rôle.
Je vais lui parler.
Si j'avais eu 5 cents pour chaque rigolo
qui vient à la paroisse me dire qu'il sait
parler latin et faire léviter un lit, je serais sur une plage.
Je sais de quoi je parle. Croyez-moi. D'accord ?
MOLECH, LE DÉMON. PLANCHE XVI
Toi...
DIX-HUITIÈME JOUR DE TOURNAGE
C'est bon. On y va.
Ça tourne.
Silence. Action !
- "Seigneur." - "Va te faire foutre !"
"Jésus, prends pitié.
Le Saint-Esprit..."
"Va te faire foutre !"
- "... prends pitié de nous." - Bon sang.
- Coupez... - Coupez !
On reprend. C'est parti.
- Encore une fois. - Ça va ?
- Pas trop. - Ça tourne.
Non ? Qu'y a-t-il ?
Allez. Prêts.
- Jouez. - C'est malin.
Ça va.
- Ça va ? - Ça va.
On y va.
Tu vas y arriver.
Caméra.
Action !
"Seigneur, prends pitié.
- Jés..." - On reprend.
- On reprend. - Allez.
On la refait. Ça tourne.
Action !
"Va te faire foutre ! Enculé.
Va te faire foutre. Tu ne peux rien faire."
- Coupez. - Coupez. On coupe.
- Nom de Dieu ! - Ça va aller.
Dis la phrase.
- Dis-la. - J'essaie.
Prouve-moi que ce salaud de prêtre t'a appris quelque chose
quand tu avais 12 ans.
On reprend !
- C'est bon. - On y va.
- On y va. - Ça tourne.
- On recommence. - Caméra A.
Ça tourne.
Action !
Au secours.
Tony ?
Pas exactement.
Il faut le remplacer. On n'a pas le choix.
Ils veulent le meilleur film possible.
- Comment va-t-il ? - Comment va...
- Il est... - Oui.
Il va mal.
Il ne peut pas tourner.
Que veux-tu que je dise ?
Dis : "D'accord."
Joe, tu es doué.
Mon vieux.
Tu peux relever le défi.
Tu sauveras le film, bordel.
D'accord.
Très bien.
Très bien.
"Jésus, prends pitié...
Notre Père qui es aux cieux...
Dieu le Père...
Aux cieux, Dieu le Père...
Dieu le Père.
Seigneur, prends pitié de nous.
Jésus, prends pitié..."
"Seigneur, prends pitié de nous.
Jésus, prends pitié."
Oui.
"Charlie, il n'y a pas de monstre en toi.
Il te connaît aussi.
Je l'ai laissé mourir.
Oui. Oui, c'est vrai..."
"Tout a disparu, même nos sens."
"Pour traverser cette dernière épreuve, libérés de notre humanité..."
Bonjour.
Tiens.
Ouvre la bouche.
Encore un.
Qu'y a-t-il ?
Ils ont arrêté le tournage.
- Quoi ? - C'est Joe.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Ils l'ont retrouvé...
- déchiqueté. - Quoi ?
Joe est mort.
Ça va aller.
- Je ne veux pas te laisser. - Ça ira.
Tony ?
Tony ?
Appelle les secours !
Tony ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Ça va ?
Elle ne te broutera jamais la chatte comme moi.
Embrasse-la.
Embrasse-la, sale gouine !
- Viens ! - Allez !
Allez !
Attends.
Attends !
Tony !
Arrête ! Tony, non ! Arrête ! Tony !
Non !
Le corps est le réceptacle de l'âme
et, en tant que tel, il est capable de miracles.
Mais consumé par les ténèbres,
il est capable du pire.
Oui, du pire.
Peut-on le sauver, mon Père ?
Oui.
Je le sais.
Lee ?
Je sais où il est.
Je le sens.
Il est toujours là.
Notre Père qui es aux cieux,
que Ton nom soit sanctifié,
que Ton règne vienne,
que Ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien.
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.
Amen.
Vous avez peur.
Moi aussi.
Vous êtes les enfants de Dieu.
Créés à Son image.
Comme vous êtes.
Ayez foi en Dieu.
Il protégera Ses enfants.
D'accord ?
PLATEAU DE LA CHAMBRE FROIDE
Blake ?
Blake ?
Réveille-toi.
Réveille-toi.
Blake ?
"Sois miséricordieux.
Épargne-nous, Seigneur.
Sois miséricordieux.
Écoute-nous."
"Délivre-nous, Seigneur."
Combien de fois ai-je entendu ça ?
Tu ne crois même pas en celui que tu pries.
Si, je crois...
Il ne t'entend pas.
- Je crois. - Il est parti.
- Toute cette douleur. - Je crois.
- Tous ces tourments... - Je crois.
- le laissent froid. - Alors, partez !
Bientôt.
Laissez-le !
J'ai besoin de lui...
N'aie pas peur.
- Vous le tuez. - Lee.
- Il est mort depuis des années. - Non ! Vous mentez !
Tu m'émeus tellement.
Tant d'amour pour un homme qui ne voulait pas de toi.
- Il a supplié ta mère... - Notre Père.
- d'avorter. - Qui es aux cieux,
- que ton nom soit sanctifié. - Tu as failli
n'être qu'un tas de chair dans une poubelle.
- La ferme ! - Il n'en vaut pas la peine.
- Tu le sais. - Taisez-vous !
- Il ne vaut rien ! - Taisez-vous !
Ce n'est pas une traînée qui le sauvera.
Qu'est-ce que vous voulez ?
Je veux que papa voie la lumière te quitter.
Vous n'êtes pas mon père.
Tony, je sais que tu es là.
Tony, je sais que tu es là !
Quand ça arrivera...
sauvez-vous.
Laisse-le partir. Prends-moi.
Je prends sur moi tous ses péchés.
Je ne te résisterai pas.
Je suis là.
Je suis là !
Je suis là.
Papa. Je suis désolée.
Ce n'était pas ta faute. Ce n'est pas ta faute.
Papa. Papa.
Je te pardonne.
Papa.
Papa !
Tiens-le.
Seigneur, prends pitié.
Cher Anthony.
Déjà en position.
Jésus, prends pitié.
Ton Dieu ne veut pas de toi !
Dieu le Père aux cieux,
Dieu le Fils, Rédempteur du monde, Dieu le Saint-Esprit.
Prends pitié de nous.
Sainte Mère de Dieu, Sainte Vierge des Vierges,
Sainte Marie, prie pour nous.
- Saint Michel, prie pour nous. - Prie pour nous.
Saint Jean-Baptiste.
Saint Joseph.
- Prie pour nous. - Saint Jean.
- Prie pour nous. - Saint Ambrose.
- Prie pour nous. - Saint Pierre.
- Prie pour nous. - Saint Paul.
- Sainte Thérèse. - Prie pour nous.
- Saint Matthieu. Saint Marc. - Prie pour nous.
- Saint Luc. - Prie pour nous.
- Saint Augustin. - Prie pour nous.
- Tous les saints du Saint-Esprit. - Priez pour nous.
- Tous les saints disciples du Seigneur. - Priez pour nous.
- Tous les anges et archanges. - Priez pour nous.
- Tous les anges. - Priez pour nous.
- Tous les anges et archanges. - Priez pour nous.
- Tous les archanges. - Priez pour nous.
- Tous les anges. - Priez pour nous.
- Tous les anges et archanges. - Priez pour nous.
- Tous les anges. - Priez pour nous.
- Tous les archanges. - Priez pour nous.
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez pour nous !
Intercédez !
Silence !
Personne ne peut te sauver, toi, l'immoral !
Ni elle. Ni Dieu !
Tu es et tu as toujours été profondément...
Va-t'en, Satan !
Je t'aime.
Ne l'oublie pas.
Pardonnez-moi, Seigneur, car j'ai péché.
Je ne me suis pas confessé depuis hier.
Ma fille et moi sommes...
On n'a pas été aussi proches depuis longtemps.
Mais je ne sais toujours pas ce que c'est.
Le pardon.
Ça ne change rien à ce qu'on m'a fait.
Ça ne change rien à ce que j'ai fait. Ça ne justifie pas le mal que j'ai fait.
Où est le réconfort dans tout ça ?
SCÉNARIO, TROISIÈME VERSION
Je prie pour que cette seconde chance soit un nouveau début.
Pour nous deux.
Je sais que je ne dois rien brusquer,
rien exiger.
Je sais que je dois être patient.
Mais, en attendant...
je suis en état de grâce.
Oui.
C'est ça. Je me sens en état de grâce.
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