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Original subtitles

Musique maussade

...

-Bonjour.

-Bonjour, Mademoiselle. C'est pour quoi ?

-Je dois le dire comme ça, dans le hall ?

-Il va bien falloir le dire à un moment, non ?

-C'est contre Quentin Le Bars.

-Un instant, s'il vous plaît.

-Vous savez ce que vous faites ?

Vous savez qu'il est ministre depuis quelques jours

et qu'il a été maire ici pendant 15 ans.

-Oui, je sais.

Je sais que ça va faire un scandale,

mais ça me dérange pas.

-C'est le scandale qui vous intéresse ?

-Non, non. C'est juste que...

je veux pas me laisser faire, pour une fois.

-"Pour une fois" ?

Ça arrive souvent ?

-Bah, je sais pas. Des fois...

je fais des trucs que je regrette.

-Dans quelles circonstances ?

-Par exemple, à la sortie du lycée, on m'avait proposé

de faire des photos de mode.

J'ai pas trop réfléchi, j'ai dit "oui".

Maintenant, je regrette un peu.

-Pourquoi ? Il s'est passé quoi ?

-C'est pas pour ça que je suis venue.

Je viens pour M. Le Bars.

-On vous écoute.

-Je commence par où ?

-Euh... du début.

-Bah, au début, j'ai grandi ici,

mais je suis partie à Paris pour reprendre des études.

Je me sentais pas bien, à Paris. C'était trop...

trop grand,

trop cher. Mon père m'aidait pour l'argent,

mais il est chauffeur, alors il gagne pas beaucoup.

Alors j'ai décidé de rentrer vivre avec lui.

C'est Max Corre. Vous le connaissez peut-être.

-En tout cas, après,

il a un peu tout perdu. Il s'est séparé de ma mère.

Il travaille à la mairie.

C'est le chauffeur du maire.

-Ça va ?

Tu veux un café ?

-S'il te plaît.

Ça fait peut-être 7 ans qu'il vit tout seul.

Il a jamais retrouvé personne.

-Bien dormi ?

-Oui.

Comment on peut être bien, seul ?

Mais ça a pas l'air de le déranger.

Quand je suis revenue, il était content.

C'est quelqu'un de physique. Ça se voit, comment il va.

Comment il rit, ça dit tout de lui.

Musique maussade

...

-Bonjour.

...

-Ça se rapproche.

-Dans 2 mois, à cette heure-ci, je serai sur la balance.

-Vous savez, les gens sont admiratifs.

Même si c'est un match amateur,

il faut du caractère pour s'y remettre,

Il y a une chose...

Enfin, si c'est possible. Je voudrais vous en parler.

s'installer ici

et a fait une demande d'hébergement à la mairie.

Mais vous savez comment c'est.

Ça prend du temps. Alors, je me suis dit

que peut-être, en passant par vous...

-Il y a pas de problème.

C'est pour ça qu'on m'a élu, c'est pour rendre service aux gens.

-Mais non.

Mais il faut le larguer !

Il sert à rien, lui.

Mais viens ici ! Je te jure qu'on est bien. Il y a la mer

et tout.

C'est vrai ! T'entends pas ?

Et j'aurai mon appart bientôt, je pense.

Mais non.

Musique mélancolique

...

Coups à la porte

-Entrez.

Ah. Laura. C'est ça ?

-C'est ça.

...

-Comment je peux t'aider ?

-C'est mon père qui a insisté pour que je vienne vous voir.

Sinon, j'aurais pas osé vous déranger.

-Non, mais tu as bien fait.

Ça me fait plaisir.

Tu cherches à te loger. C'est ça ?

-Ce qui m'a fait bizarre, au début, c'est que...

il m'a tout de suite tutoyée,

comme si on se connaissait bien,

alors qu'avant, je l'avais croisé 1 ou 2 fois,

mais c'est tout. C'était peut-être pour me mettre à l'aise,

parce que forcément, j'étais impressionnée.

Son bureau, il est...

Puis il a ce truc, aussi.

Les hommes de pouvoir, ils ont un regard un peu dur,

un peu brut. Je sais pas comment dire.

-Ils vous attirent ?

-Qui ?

-Les hommes de pouvoir.

-Euh... du coup, moi,

je savais pas trop quoi en penser.

Il se passait rien, mais en même temps,

son comportement

avec moi... Peut-être qu'il voulait

vraiment m'aider,

mais je le sentais. Je sentais qu'il me...

il me fixait.

Il me déshabillait, dans sa tête, comme un scan.

-Vous étiez habillée comment ?

-C'est quoi, cette question ?

-Répondez.

C'est tout.

-Bien habillée. J'avais fait un effort, c'est mal ?

Mais tout est relatif. Peut-être que sur vous,

-Bref. En tout cas, à ce moment-là,

j'étais hyper mal à l'aise.

Et j'étais pas dupe.

Je voyais l'écart qu'il y avait entre nous.

pour moi et pour mon père,

mais pour lui, c'était juste un moment de détente

au milieu de plein d'autres trucs plus sérieux.

La politique, la ville...

Déjà, c'était bizarre qu'on soit dans la même pièce.

Moi, Laura, petite étudiante, avec le maire, ça faisait bizarre.

pour faire bien.

-Qu'est-ce que tu faisais, avant de revenir ici ?

-De psychologie.

Et ça t'a pas plu ?

-Si. Mais c'est...

la ville était trop...

trop grande. Et j'avais besoin de voir la mer.

-C'est sûr. Elle manque, la mer, quand on n'est pas là.

-Oui.

-Tu comptes trouver un travail par ici ?

Enfin, pas forcément. Je peux travailler n'importe où.

-C'est bien.

Pour ça aussi, on va pouvoir t'aider.

-Vous lui avez menti.

-Vous trouvez

que j'aurais dû lui dire que...

-Que quoi ?

-Bah...

-Vous pouvez encore reculer.

-Il vaut mieux tout nous dire.

-Bah, que je dise que j'ai pas eu mon bac,

que j'ai pas étudié

et que j'ai continué les photos ?

C'était mieux de pas le dire, non ?

une mauvaise image de moi.

-Ces photos étaient embarrassantes ?

-Non. C'était des photos de mode.

C'était pour des vêtements, du parfum,

de la lingerie. Rien d'interdit.

À ce moment-là, j'avais rien,

alors non, j'ai pas dit que j'ai été mannequin.

J'ai rien à me reprocher.

Ça me rend pas complice, ça. Si ?

-Complice de quoi ?

-Je vous dérange pas plus longtemps.

-Tu me déranges pas. Viens t'asseoir.

Il faudrait que j'aie tes coordonnées.

-Vous pouvez passer par mon père.

-Mais ce serait plus pratique de pouvoir te joindre,

ou pour laisser ton numéro à un propriétaire, un employeur.

Tu crois pas ?

-Si.

Ça a duré... je sais pas combien de temps.

Après, il est retourné à son bureau prendre son carnet.

Il m'a demandé d'écrire mon numéro dedans,

un peu comme s'il me disait :

"Je te traite pas comme les autres.

T'es quelqu'un de spécial pour moi."

Et moi,

même si je suis pas vraiment dupe, ça marche, vous savez.

Ça marche quand même.

-Et vous attendiez un logement.

-Oui.

-C'est mon numéro privé.

Tu m'appelles quand tu veux.

N'hésite pas.

Si tu as besoin,

tu m'appelles. D'accord ?

-Il me regardait droit dans les yeux.

D'accord. Merci.

Je me sentais bête. J'étais gênée.

Au revoir.

Musique maussade

...

-Au casino.

...

On devait pas refaire cette route ?

-Vous en aviez parlé, oui.

-Il faut que j'appelle Kovack à la voirie.

...

Salut, Franck.

Tu devineras jamais

qui sort de mon bureau.

Elle a changé, hein. Elle a grandi, je veux dire.

C'est lui qui me l'a envoyée

pour qu'on lui trouve un logement.

-"On" ?

Il acquiesce.

Les chambres, c'est pour le personnel du casino.

Elle cherche du travail.

-Non.

Et par ailleurs...

-"Par ailleurs"...

Pourquoi t'y reviens ?

Et donc ?

-On va essayer.

Apportez-nous les apéritifs.

...

-Ton adversaire est plus jeune, mais tu peux y arriver, Max.

Et c'est qu'un match de gala. On est là pour s'amuser.

"Le retour de Max Corre". On fait pas les choses à moitié.

Après, ça, c'est ton domaine. À toi de jouer.

-T'inquiète pas pour moi.

...

Tiens.

-Merci.

-Les repas : 1 tiers féculents, 2 tiers légumes.

-Même les week-ends ?

-Ça va !

Je fais ce que je peux.

Mais pour brûler les graisses, il y a pas mieux.

-Attends. Vas-y. Donne.

-Ça, tu vas voir. Tu vas me le payer.

Je fais 6 repas par jour.

-Ah ouais ?

-Le plus important : le petit déjeuner après le footing,

et un repas 2 heures avant l'entraînement.

Et pour le reste, je fais des petites collations.

Protéines, glucides complexes...

Ça peut faire la différence.

-T'es trop fort.

-Oui. Je sais.

J'ai un combat.

Comment ça s'est passé avec M. Le Bars ?

Il m'a rien dit.

-Oui. Ça va. Normal.

Il va voir ce qu'il peut faire.

-C'est ce qu'il faut.

Allez, laisse. Je finirai.

Musique maussade

...

Le patron du casino m'avait convoquée pour l'appart.

Avant, mon père y passait toutes ses soirées.

Moi, je rêvais d'y aller.

...

-Ton père, c'est moi qui l'ai repéré

et qui l'ai lancé.

Ses 1res années jusqu'au titre, j'étais là.

Chaque jour. Aux entraînements, aux combats.

On se quittait pas.

Mais il a décroché, et puis...

Tu sais, tu m'as été vivement recommandée.

Tu cherches donc un travail ?

-Parce que nous,

la règle :

on loge que les filles qui travaillent ici.

Bah, les employées.

Maintenant,

pour toi, je peux faire une exception.

-Pourquoi ?

-Parce que tu serais pas obligée de travailler.

-Si, si. J'ai besoin d'argent.

-Je comprends.

Je pourrais te mettre au bar plutôt qu'en salle.

En attendant que Quentin te trouve un vrai logement.

Son prénom, c'est Quentin.

Voilà Hélène. Elle s'occupe du personnel.

C'est ma soeur.

Hélène,

c'est Laura,

la nouvelle barmaid.

-Ah bon ?

-C'est Laura Corre, la fille de Max.

-Tu plaisantes ?

-Oh...

Tu vois, derrière le bar, c'est plus décontracté.

T'as pas besoin de l'uniforme. Sauf si t'as envie.

C'est toi qui vois.

-Celui-là ?

-Oui. C'est ça.

Un gilet et un noeud papillon.

-Non, merci.

-D'accord.

Je te montre le studio ?

Allez, on y va.

...

-C'est génial.

Merci.

-C'est pas moi qu'il faut remercier.

C'est le maire.

-C'est trop beau.

-Il passera voir si t'es bien installée.

-Qui ?

-Le Bars.

-Comment ça ?

Il passera où ?

-Bah, il...

-Là, t'as les vins blancs, là, les rosés,

là, t'as les softs, là, t'as le shaker.

Excuse-moi.

Là, t'as la glace pilée, les vodkas.

Là, les bières, les alcools forts, whisky, rhum, etc.,

les champagnes, les sirops, les rhums arrangés.

Et là, t'as les pailles. T'as déjà fait ça ?

-Oui.

-Mathilde, tu veux bien lui montrer la salle ?

-Là, c'est là où on encaisse les clients.

Là, on a les tables numérotées de 1 à 10.

Musique mystérieuse

...

Ouverture de porte

-Je peux entrer ?

-Oui.

-Tu vois, j'ai tenu ma promesse.

Tu es bien, ici.

-Oui, ça va.

...

Musique inquiétante

...

J'avais son sexe dans la main.

C'était comme si c'était plus ma main.

Depuis qu'il l'avait prise dans la sienne,

c'était plus la mienne.

C'était pas vraiment moi, quoi. Je l'ai laissé faire.

-Vous ne pourriez pas dire quoi ?

-Qu'il m'a pas forcée.

-Alors, vous dites qu'il vous a forcée ?

-Non. Mais...

Enfin, sa queue était raide, déjà.

-C'est bien lui qui a pris votre main

et qui l'a menée jusqu'à lui ?

-Oui.

-Mademoiselle, il faut nous aider un peu, là.

-Que si vous vous retrouvez assise sur un lit avec un mec comme ça,

vous le faites et c'est tout.

-Et vous l'avez fait.

-Donc...

il vous a rien demandé explicitement.

-Bah, non. Lui, il demande rien.

Lui, ça lui tombe dessus.

-Comment ça ?

-C'est pas sa faute

s'il s'est retrouvé dans une chambre

avec une salope qui pense qu'à sucer des bites.

Un homme, ça a pas le choix.

qu'il se le raconte, non ?

C'est ce qu'ils se disent,

qu'on les excite.

Voilà. C'est plus fort qu'eux.

-Bon. Et après ?

-Après 10 minutes,

il s'est levé et il s'est rhabillé.

-Bah, rien.

Ça vous arrive pas à vous de plus exister ?

Même pendant quelques jours ?

-Vous auriez pas pu porter plainte ?

-Vous croyez que j'aurais pu ?

-Qu'est-ce que vous avez fait ?

-Je suis allée sur la plage.

J'avais la tête qui me brûlait.

J'avais du sel dans les yeux.

Je pleurais pas, mais ça me brûlait.

J'ai attendu que ça passe.

Musique maussade

...

J'avais honte.

...

-Mademoiselle ?

-Après, il faisait nuit et je suis rentrée chez moi.

Ça puait la sueur, alors, j'ai ouvert le velux.

Je me suis lavée.

Je me sentais sale.

Il me restait des cachetons du temps où je faisais les photos.

Ça a presque marché,

les médicaments, le sommeil...

Le lendemain, je me suis réveillée

et ça allait.

Je me suis même dit :

"Voilà. C'est fait. C'est fini.

On est quitte."

J'y ai cru, à ce moment-là.

mais la 2e marche a été plus haute que la première.

-C'est-à-dire ?

-La 2e fois, c'est plus difficile.

-Il est revenu ?

-Le lendemain, à la même heure.

On est venu me chercher au bar.

-Qui ça, "on" ?

-Bah oui.

-Vous auriez pas pu dire non ?

-Je savais plus que je pouvais.

C'était trop tard, en fait.

Moi, juste, on me prévient.

Vous pouvez pas comprendre,

parce que votre métier, c'est d'analyser,

c'est d'enregistrer.

Moi, je pouvais pas.

Musique maussade

...

À l'intérieur, je respirais plus.

Je suffoquais.

Vous savez pourquoi la 2e est plus difficile ?

Parce qu'au fond,

au fond, on sait très bien

que dans cette fois-là, il y aura les suivantes.

C'était moi. Ça changerait plus.

J'étais la fille qu'on appelle.

Musique maussade

...

-La fille qu'on appelle...

-On dit pas comme ça ?

"Call-girl".

Musique maussade

...

-Laura...

Il t'attend.

...

-Mathilde, il y a du taf en salle.

Musique maussade

...

...

-Laura...

...

Fracas

Laisse. Je m'en occupe.

Propos indistincts

Musique maussade

...

-Laura...

...

Musique maussade

...

Salut.

-Salut.

-Ça fait un bail.

-Je sais plus.

Mais je pensais pas qu'un jour, on se reverrait comme ça.

-Moi non plus, même si j'y ai pensé.

Pas toi ?

-Si.

Va falloir qu'on arrive à se parler.

-OK.

-"OK" ?

-Bah oui, quoi.

-Max, tu comprends pas ?

presque tous les jours ?

-Cette voiture est dégueulasse.

-On se voit ce soir ?

...

Je pensais pas que ça ferait cet effet.

-De quoi ? De se revoir ?

-Je croyais que j'étais guérie.

-C'est pas une maladie, quand même.

-Non. C'est pire.

Te fais pas d'idées.

J'ai pas voulu te parler pour ça.

-D'accord.

-Je comprends pas comment...

-Tu sais que Laura bosse au casino.

-Elle fait ce qu'elle veut.

-Tu fais chier, Max.

Tant que personne ne sait, ça va. C'est ça ?

-Savoir quoi ?

Explique-moi. Savoir quoi ?

-Je suis désolée.

Musique intrigante

...

Cri de rage

...

...

-Hélène...

Euh... avec mon père, c'était sérieux ?

Tu peux me le dire.

Je suis sûre que ça l'était.

Musique rythmée

...

-Allez, vas-y, Max. OK ? Il est pour toi.

...

Tintement de cloche

...

-ALLEZ !

...

-Laura...

...

Cris d'encouragement

...

-C'est Vermüllen, le 1er adjoint, qui va reprendre la mairie.

-Rassure-moi. Il sait rien ?

-Bien sûr que non.

T'as pu fouiller un peu ?

Il acquiesce.

Et alors ?

-C'est pas un ange,

Je veux rien savoir, hein.

-Il fera pas de vagues.

Musique rythmée

...

-3, 4, 5,

6, 7, 8...

Boxe !

-Mets-toi à côté de notre ministre.

-Comment ça ?

-Il t'a pas dit ?

-C'est pas encore officiel, mais oui,

je vais être nommé ministre. Assieds-toi.

Musique inquiétante

...

Tu viendras me voir ?

...

-Non !

Allez !

...

-Allez !

...

-1, 2, 3, 4,

5, 6, 7, 8... Boxe !

...

-Papa, réveille-toi !

Papa, réponds-moi ! Dis quelque chose !

...

Aidez-le !

...

Papa !

...

Il est resté peut-être une semaine dans le coma.

J'y allais tous les jours.

-Je lui lisais le journal,

même des articles méchants sur sa défaite.

Je pensais que ça le réveillerait, parce qu'il a de l'orgueil.

Je t'ai acheté ton journal.

Je te le lis un peu ?

Alors...

"Nouveau gouvernement.

L'opposition mécontente.

Suite au mini remaniement gouvernemental,

l'opposition reproche au Premier ministre

le jeu de la chaise musicale

sans aucun rapport avec la préoccupation du pays.

L'annonce du nouveau gouvernement a fait réagir la sphère politique."

Je lui ai même lu des trucs sur Le Bars,

l'enfant du pays, ce héros, toutes ces conneries.

Mais quand je l'ai vu avec le président,

ça m'a fait bizarre.

En fait, j'arrivais pas à...

J'arrivais pas à coller les deux images.

Il y avait le maire, qui avait tout fait

pour que je devienne sa chose,

et puis il y avait ce type à l'Élysée dans son costard.

Je l'imaginais à poil.

Ça me dégoûtait même plus.

C'était devenu comme...

comme une habitude, une corvée de tous les jours,

une espèce de...

de tristesse qui dure.

Lui faisait le mariole

avec le président, et moi, j'étais dans une chambre d'hôpital

et j'écoutais

les machines respiratoires.

C'est deux mondes trop séparés.

Et moi, j'étais...

j'étais au milieu.

J'étais déchirée, en fait.

Le 1er truc auquel j'ai pensé,

c'est la main de Le Bars qui serre la mienne,

qui a aussi serré celle du président.

Du coup, j'étais à une main du président.

Et j'ai fait un truc incompréhensible.

J'ai pris mon téléphone,

j'ai pas réfléchi,

j'ai écrit : "Bravo pour votre nomination. Laura."

-Vous l'avez donc félicité.

-Oui. J'avais pas le droit ?

-C'est pas la question,

mais ça va pas jouer en votre faveur.

Vous comprenez ?

On peut se dire

que vous saviez ce que vous faisiez,

que vous en avez redemandé.

-J'aurais dû mentir ?

Parce que je comprends pas, en fait.

C'est plus grave si c'est moi qui mens que quand c'est lui ?

Parce que lui, il ment même sans parler.

-Vous vous faites pas du bien, à le prendre comme ça.

-Je viens pas pour me faire du bien.

-"Merci. À bientôt, j'espère."

-Ça ne le compromet pas beaucoup.

-Moi, ça me compromet, c'est ça ?

-Bon. Je finis, hein.

Mon père s'est réveillé.

Le 1er truc qu'il a dit, c'est...

-La voiture est propre.

Elle est propre, maintenant.

Il faut le dire au maire.

Elle est propre.

Je l'ai fait cette nuit.

-OK.

Bips réguliers des machines

...

*-Personne n'arrive à le suivre ! Il a le feu sacré !

*Sirènes

*-Quentin Le Bars,

ministre de la Marine, recevait une délégation pour parler

des affaires intérieures en termes de renseignements

et de coordination...

-Tu vas le revoir ?

-Ça m'a fait bizarre parce que...

je savais plus quoi en penser.

Je savais qu'il avait compris

et il me laissait le choix.

Et forcément, je sais plus ce qu'on attend de moi

et je me fais avoir.

Je me raconte des trucs. Je me dis que...

que finalement, c'est pas si grave que...

qu'on s'est rendu service, au final.

Un logement contre une demi-heure de temps en temps.

Et même si...

si c'était mon corps

et mon intégrité qui étaient en jeu,

c'était pas si cher payé, au final.

On n'allait pas en faire tout un plat.

...

Je vais y aller, papa.

Je reviendrai demain.

-Il y aura des séquelles.

C'est le cerveau surtout qui a été touché.

-Mais il pourra conduire ?

-Ça paraît peu probable.

Je suis désolée.

-J'ai pensé qu'il y avait peut-être moyen de s'arranger,

alors, j'ai décidé de lui donner rendez-vous à Paris.

Il a dit oui.

Alors, j'ai pris le train et j'y suis allée.

au nom de Laura Corre.

(-Laura Corre...)

-Il y a mon mari qui doit me rejoindre.

-Hop. La 28. 2e étage.

-Merci.

Quentin,

j'ai une question pour mon père.

-Ah oui, au fait, comment il va ?

-Je voulais savoir si vous pouviez l'aider,

voir avec la mairie s'il y a pas une place pour lui.

-Je peux pas me permettre, maintenant que je suis à mon poste.

Tu comprends ?

Non. Je peux pas.

-Peut-être un appel...

-Ça me retomberait dessus.

Non.

Je peux pas.

Excuse-moi, hein,

mais j'ai un emploi du temps de ministre.

...

-Au revoir. Merci.

-Mademoiselle, il faudrait régler la chambre.

-Il a pas payé ?

-Non, il n'a pas payé.

200 euros, s'il vous plaît.

(Voilà.)

OK. C'est bon.

Musique maussade

...

J'ai eu le goût de son sperme dans la bouche durant le retour.

J'ai bu 4 cafés pour essayer de le faire passer, en vain.

J'ai vomi dans les chiottes du train.

Je suis allée sur la plage. Je me suis endormie.

Il faisait froid.

Je me suis réveillée et voilà.

...

-Voilà.

-Je vous accompagne ?

-Ouais.

Il sera condamné ?

-On peut pas savoir.

Ça dépendra du juge. Mais il y aura une enquête.

Je serais vous, je prendrais un avocat.

-Ah bon ?

Musique maussade

...

-M. le procureur...

...

Mais fallait bien l'enregistrer.

-Je fais quoi, avec ça ?

Je le classe ?

Bien sûr que non. Je peux pas.

Évidemment, je peux pas.

Merde. On avait besoin de ça ?

Et comment je le qualifie ? "Viol" ? "Agression sexuelle" ?

"Abus sexuel" ?

"Trafic d'influence" ?

Merci !

Corine, il faut absolument joindre le ministre.

Tout cela doit rester confidentiel.

Musique intrigante

...

Vibreur

-Oui ? Oui ?

Ah d'accord...

Ah oui, d'accord. Bon.

Oui. Bon.

Merci de m'avoir prévenu.

Non. Je n'oublierai pas.

Merci.

Merde !

Bon Dieu de... Mais je suis con !

Mais je suis con !

La salope !

C'est pas possible. Pas maintenant.

Franck...

Franck, rappelle-moi sur l'autre numéro.

C'est très urgent. Merci.

...

-J'aurais dû commencer plus tôt.

Dans un jardin,

avec toi à mon bras.

J'aurais dû le faire plus tôt.

-Ça te plaît de marcher comme ça avec moi ?

-Attends.

-Tu sais quoi de ce qui s'est passé ?

-Hein ?

-Tu crois qu'on pourra en parler ?

-Bien sûr.

Bien sûr.

Toutes ces années perdues

à conduire une voiture...

Musique maussade

...

-Franck, on peut plus attendre, faut y aller.

...

...

*Tonalités

...

*-Journal L'Écho du Sud.

-Fabien Lenoir, service politique, s'il vous plaît.

*-Je vous le passe.

Musique maussade

...

-Salut.

-Salut, Fabien.

-Ça a un rapport avec ton pote Le Bars ?

-Tu verras bien.

T'as sorti ça ?

Comment t'as appris ?

-C'est quoi ?

-Non.

Tu l'ouvriras dans ton bureau, au journal. Pas ici.

-OK.

Merci.

Musique maussade

...

-Papa, tu dors ?

Musique intrigante

...

Putain...

...

(Oh, non.)

...

Il est où ? Il est parti ?

-Votre père ? Non. Je l'ai vu dans sa chambre.

...

-M. le ministre...

-Que répondez-vous à Laura Corre ?

-Vous acceptez de la rencontrer ?

Musique intrigante

...

-Pardon. Je cherche mon père. Max Corre.

-Non. Je l'ai pas vu.

-Vous avez pas vu mon père ?

...

Qu'est-ce que t'as foutu ?

-Je suis incapable d'abus, de trafic d'influence,

de ces infamies

dont cette jeune femme, sans doute un peu fragile,

veut m'accuser.

-Pourquoi le fait-elle ?

-Eh bien, elle a dû en rêver.

Mais on ne joue pas avec l'honneur d'un homme,

d'autant plus que ça sert d'autres intérêts.

Certains fouillent dans de vieilles histoires

de salles de jeux. C'est lamentable.

Je le répète,

je n'ai rien à voir avec le casino.

-Vos affaires avec Franck Bellec, ce n'est pas très net.

-J'ai été amené

*à souvent croiser Franck Bellec,

quand j'ai fréquenté en tant qu'élu

tous les hommes d'affaires de la région.

Je ne suis en rien responsable

de leurs manquements à la loi ou à la morale.

Tout ce qui viendrait m'attaquer de ce côté-là

*-Maintenant, Messieurs, Mesdames, voilà pour la boue.

Je vous retrouve tout à l'heure

sur le port de plaisance pour un moment plus chaleureux,

une conversation plus tranquille. Voilà. Je vous remercie.

À plus tard.

-Salut, Frankie.

-Max ? Mais qu'est-ce que...

-Non. Ça va. T'affole pas. Tout va bien.

Je veux juste...

mes gants. Je peux les reprendre ?

-Bien sûr. Ils sont à toi.

-Oui. C'est vrai.

C'est mes gants.

Ils sont à moi.

Donc, j'ai pas besoin de te dire merci.

-Non, Max.

T'as pas besoin.

-Bien.

Musique mélancolique

...

-Laura, c'est Hélène.

*J'ai vu ton père. Je crois qu'il va faire une connerie.

Musique intrigante

...

-On va voir sur le port.

-Je le savais.

C'est ma faute. Le match, c'est ma faute.

-Arrête ça tout de suite. C'est des conneries.

Toi, t'y es pour rien. La faute est du côté

de ceux qui manipulent,

qui abusent des gamines

qui ont même pas le temps de comprendre.

Toi, t'y es pour rien. Tu m'entends ? Pour rien.

Je trouve même que tu t'es sacrément bien battue.

*-Comment ne pas éprouver de la fierté

et une profonde reconnaissance

à l'égard d'un homme qui nous montre le chemin

et prend le temps de revenir sur ses terres ?

M. Quentin Le Bars.

-Pourquoi c'est fermé ?

-C'est bloqué.

*-Je suis chez moi

et c'est un honneur de constater que la ville continue de grandir

dans le concert des agglomérations qui font l'âme de nos terroirs.

Et à ce titre,

la rénovation tant attendue

de notre pittoresque petit port de plaisance permettra

à la nouvelle équipe municipale

d'ouvrir un peu plus

nos infrastructures à un tourisme

de classe internationale,

grande source de revenus

pour la commune.

C'est par l'attention portée à une clientèle

toujours plus exigeante que nous saurons nous démarquer.

Max...

Ne bougez pas. Ça va aller.

Musique intrigante

Lève-toi.

Enculé !

Musique enlevée

...

Sous-titrage : Boulevard des Productions

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