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On va partir, tous les deux.
Où ça ?
Faire le tour du monde en bateau.
Depuis le temps qu'on en parle.
Et le bahut ?
Maman ne voudra jamais.
On lui dira rien.
On fera le mur, la nuit.
Demain soir ?
À demain soir.
Il faut dormir, maintenant.
Je t'aime fort, tu sais.
Je m'appelle Marc Lagnier.
J'habite 17, allée des Acacias, à Valmont.
Je viens de tuer mon fils.
C'est par là.
Bonsoir, madame. Lieutenant Taillac. Ma collègue, Stéphanie Morel.
Bonjour.
J'ai fait du café. Vous en voulez ?
Je vous laisse avec Stéphanie. Merci.
On va aller au commissariat pour prendre votre déposition.
Lieutenant Taillac. Vous m'expliquez ce qui s'est passé ?
Non, non. Non, Dana. L'audience est le 12. Pas le 13.
C'est comme ça, on ne choisit pas.
T'inquiète pas,
on se parlera avant. Il faut que je raccroche. Allez.
Jeanne, dossier Couteret.
Message à mon client : "Monsieur, J'ai toujours pas reçu vos pièces,
"et la prescription est dans 5 jours.
"Quand on va chez le dentiste, on prend ses dents.
"Je décline toute responsabilité." Il commence à m'emmerder, celui-là.
Lagnier veut pas vous voir.
Il dit qu'il vous verra au procès.
Attendez, attendez.
Une seconde.
Vous allez lui donner ça.
Merci.
Écoutez, je veux pas savoir ce qui s'est passé.
Ce n'est pas mon problème.
Rien dire, c'est pas une bonne idée. On est dans une petite ville.
On se connaît. Donc tout le monde veut savoir.
Plus vous vous taisez, plus ils veulent savoir.
Même votre avocat de famille, Decaux.
C'est pour ça qu'il a laissé tomber.
La vérité, je m'en tape.
Je suis juste là pour vous sortir d'ici.
Mais pour ça, il faut une histoire à raconter.
Un truc qui se tienne.
Je vous écoute.
Écoutez, vous êtes obligé d'avoir un avocat aux assises.
Moi ou un autre.
Lui, il fera ce que vous voulez, vous le verrez au procès. Peut-être.
Sauf que tout peut encore sortir au procès.
Aux assises, le président a tous les pouvoirs,
notamment celui de refaire l'instruction.
Si vous voulez qu'on sache jamais pourquoi vous avez tué votre fils,
c'est moi, votre meilleure chance.
Je vous laisse réfléchir.
Bonne journée.
Police.
- Ça va, gros con ? - Ça va, connard.
Pourquoi t'as accepté cette affaire ?
J'ai pas accepté. J'ai fait du forcing pour l'obtenir.
Pourquoi se casser le cul alors qu'on a des aveux ?
Surtout avec le juge Faidherbe.
C'est pas à un an de la retraite qu'il va se bouger.
Il nous a demandé aucun complément d'enquête.
Tu vas la monter sur quoi, ta défense,
si Lagnier ne veut rien dire ?
Sur une histoire fabriquée ?
Non, non.
C'est ce que je lui ai vendu pour qu'il me jette pas.
Alors quoi ?
Ben, je vais faire mon travail.
Je vais chercher à comprendre. Et quand je saurai, il parlera.
Hé, pas touche !
Tu crois faire mieux que nous ?
Justement, je ne suis pas flic.
Les gens me parleront plus facilement.
Toi, dès qu'ils voient ta gueule, c'est compliqué.
Fais le malin, fais le malin...
Tristan, sérieusement, je déconne pas.
Si tu franchis la ligne, personne t'aidera.
Réfléchis un peu.
T'inquiète pas, mon poulet. Je sais ce que je fais.
Merde.
- Bonjour. - Journaliste ?
Non, je suis avocat.
Tristan Delmas. Je reprends la défense de votre mari.
- Vous avez une cigarette ? - Oui, bien sûr.
Attendez.
J'avais oublié à quel point c'est mauvais.
Oui.
Je vois pas en quoi je peux vous aider.
J'ai déjà tout dit à la police. Je dormais.
C'est pas ça qui m'intéresse.
Ce qui m'intéresse, c'est avant.
Les jours, les semaines précédentes, y a-t-il eu,
je sais pas, des signes avant-coureurs ?
- Des disputes ? Des menaces ? - Non.
Un père tue pas son fils du jour au lendemain.
Je suis sûr que vous savez pourquoi il a fait ça.
- Non. - "Non" ?
Marc adorait son fils. Réciproquement.
"Son fils" ?
C'était le vôtre aussi, accessoirement.
Vous m'excusez ? Je suis pressée. On m'attend.
- Qu'est-ce que vous faites là ? - Je dois vraiment vous parler.
Vous voulez pas aller ailleurs, le temps que ça se tasse ?
"Le temps que ça se tasse."
C'est la phrase que j'entends le plus depuis 10 jours.
Ma femme de ménage me l'a dite aussi par SMS : "Le temps que ça se tasse."
Mais rien ne se tasse vraiment, dans cette ville. C'est ma maison.
Pardon. Merci.
Je comprends pas. Pourquoi vous m'avez suivie jusqu'ici ?
Vous pensiez trouver des réponses à vos questions ?
Peut-être, oui.
J'ai fait tout ce que j'ai pu.
Quand il était petit, ça allait.
Comme avec Pauline. Pauline, c'est ma fille.
Avec elle, il n'y a jamais eu rien à redire. Mais lui...
Depuis le lycée, il fichait plus rien.
C'est pour ça, je voulais le mettre en pension après Noël.
Je me disais que ça lui ferait du bien d'être encadré.
Mais il a pas voulu.
- Qui ça ? Votre fils ? - Non, Marc.
Il disait qu'il pouvait très bien s'en occuper tout seul.
J'aurais dû tenir bon. Oui, s'il avait été en pension...
Merci d'avoir fait le nécessaire pour qu'on nous rende le corps.
C'est gentil.
Si vous voulez voir sa chambre, elle est sous scellés.
D'accord. Ben, je...
Je reviendrai plus tard.
À bientôt.
Bon. Vous n'étiez pas drogué ni ivre... Rien.
Rien pour expliquer un coup de folie. Alors on dit quoi ?
On dit que vous l'avez tué parce que...
il foutait rien à l'école, séchait les cours, fumait du shit ?
Non. Tout ça, vous n'en aviez rien à foutre.
Votre femme l'aimait pas beaucoup, non ?
Elle parle de lui en disant "Alex"
ou "votre fils", comme si c'était pas le sien.
Elle n'a rien à voir dans tout ça. Elle dormait.
"Elle dormait."
Si je faisais de la psychologie à 2 balles, je dirais que...
vous aviez chacun votre gosse. Non ?
T'as raison. C'est de la psychologie à 2 balles.
Je crois pas, non.
- Madame Vasseur. - Tristan !
Vous n'avez pas changé, depuis la terminale.
- Avant, vous me disiez "tu". - Vous étiez mon élève, maître.
Vous avez toujours été proche de vos élèves.
Je me suis dit que...
vous pourriez me parler d'Alex et de son père.
Je connais bien Marc Lagnier. Du moins, je croyais le connaître.
C'est-à-dire ?
C'est un type bien, très impliqué.
Il était bien plus présent avec son fils que sa fille.
Ah bon ?
Il avait un lien fusionnel avec Alex. Ça n'a aucun sens.
Alex avait une petite amie ?
Je suis prof, Tristan. Je ne tiens pas le courrier du coeur.
Il plaisait aux filles, ça, c'est sûr.
Après sa mort, ils ont mis en place une cellule psychologique ?
Oui, bien sûr.
Je peux te faire la liste des jeunes qui ont demandé à voir le psy.
- Ça prendra du temps. - Pas de souci. Ce serait génial.
Je trouve très courageux que tu prennes la défense de Lagnier.
J'espère que t'y laisseras pas des plumes.
Moi aussi.
Putain, c'est le bâtard qui défend le père d'Alex.
C'est moi, le bâtard. Enchanté.
Maître Delmas.
Oui... C'est moi, le bâtard.
- C'est vous, l'avocat ? - Oui.
- Bonjour. Venez avec moi. - Bonjour.
C'est pas possible. Marc a pas pu tuer Alex.
Il a avoué, quand même.
- Les flics font dire n'importe quoi. - Mais pas les avocats.
Peut-être, oui.
Mais j'y crois pas.
Tenez, la preuve :
j'ai demandé un parloir à Marc. Il a refusé.
Il savait qu'avec moi, il pourrait pas mentir.
Son fils était tout pour lui. Marc s'en est toujours occupé.
Et pas Valérie ?
Il y a eu des complications après l'accouchement.
- Quel genre de complications ? - Je sais pas.
Mais elle est restée des mois à l'hosto.
Marc était comment, comme patron ?
C'est resté un type simple.
Il fréquentait les amis de sa femme, mais c'étaient pas des potes.
Avec moi, pas besoin de faire semblant.
Ça a dû vous surprendre, quand il a épousé la fille du patron.
Venant de Marc, non. Il était fou amoureux.
- Elle aussi ? - Elle ?
Elle l'a même pas regardé.
Un jour, il l'a dépannée car elle avait crevé.
Et un mois après, ils se mariaient.
Le vieux Dantin espérait mieux pour sa fille,
mais elle était enceinte.
- Alors il en a pris son parti. - Attendez.
- Elle était enceinte aussi vite ? - Faut croire.
Pauline n'est pas la fille de Marc ?
Vous voulez que j'aide votre pote ?
Marc m'a jamais parlé de Pauline.
Mais même si j'étais nul à l'école, je savais compter.
Monsieur le juge ! Me Delmas, l'avocat de Marc Lagnier.
J'ai une audience.
Avez-vous comparé les ADN de Marc et de son fils ?
De quoi parlez-vous ?
De test de paternité. Si Alex n'était pas le fils de Marc,
ça changerait la donne, non ?
Je vois pas en quoi.
Écoutez... Il adorait ce gamin.
Et là, tout d'un coup,
il apprend que c'est pas son fils, au bout de 17 ans.
Ça peut faire péter les plombs.
- Vis-à-vis de la mère, peut-être. - Justement.
Bon. On les fera.
Mais faites attention où vous mettez les pieds.
Bien sûr.
Il refuse de s'expliquer.
Il dit juste qu'il assume ses responsabilités,
et qu'il veut être jugé le plus vite possible.
Je peux pas me contenter de ça, moi.
Nous sommes toujours en direct sur EBFM, 94.8.
Je suis avec Tristan Delmas, l'avocat de Marc Lagnier...
Tristan est l'avocat de papa ?
Et la présomption d'innocence ?
- Tu le connais ? - Comme ça, oui.
On était ensemble en terminale.
Vous y étiez, vous ? Parce que moi, non.
94.8, voici les titres.
Dans l'affaire Kathy Balard, la police aurait une piste
concernant la mort de cette jeune saisonnière.
Un junkie squattant dans la vieille fabrique de Villers-l'Étang...
- Comment ils savent, ces connards ? - Ils ont pas le même budget.
Espérons que notre suspect n'écoutait pas la radio.
- Ça va ? - Bonjour.
- Ça se passe où ? - Par là.
- Tiens, il pleut. - C'est quoi, ce monde ?
Viens, maman.
Ça va aller.
Bonjour, Pauline.
- Assieds-toi. - Non.
J'ai été étonné de ton appel. Je te croyais avec ta famille.
Pourquoi tu défends mon père ?
- Parce que c'est mon travail. - Oui.
Mais je sais que tu as voulu l'affaire. Pourquoi ?
Je ne comprends pas. Pour te faire un nom sur notre dos ?
T'es la seule à penser que cette affaire est un tremplin.
Je te connais. T'es un opportuniste, tu ne penses qu'à toi.
Sauf que là, il s'agit de mon père.
Il mérite quelqu'un qui se batte vraiment pour lui.
Merci pour les encouragements.
Fait chier !
Pauline !
Je le défends car c'est un défi. C'est une affaire compliquée.
- Et aussi médiatique. - Oui. Et alors ?
Raison de plus pour pas se planter.
- Il t'a dit ce qui s'était passé ? - Non, il m'a rien dit.
Son pote d'enfance est persuadé que c'est pas lui.
- Y avait ma mère. Elle l'a vu. - Non.
Ta mère a été réveillée par un coup de feu. C'est pas pareil.
Ça change quoi ?
Rien ne dit que c'est la vérité ou que ton père la couvre pas.
Il n'y avait qu'eux deux.
- Tu insinues quoi ? - Rien du tout.
Mon travail est de fonder des hypothèses.
Je défends ton père, pas ta mère.
Donc c'est ça ? Tu vas l'accuser pour dédouaner mon père ?
Tu peux pas. C'est son fils à elle aussi.
Pourquoi elle s'est pas portée partie civile ?
Quoi ?
Pauline !
Tu l'adorais.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
À moi, tu dois m'expliquer, papa.
Je le répéterai à personne, mais j'ai besoin de savoir.
De comprendre.
Je suis désolé.
Tu es désolé ?
Tu dis que t'assumes, mais c'est pas vrai.
Sinon tu t'expliquerais.
Tu assumes rien. Tu es lâche.
Qu'est-ce que tu caches ? Et qu'est-ce que maman cache ?
Personne sait ce qui s'est passé à part vous deux.
Elle cache rien.
Elle s'en veut juste de n'avoir rien vu venir.
Vu venir quoi ?
La dernière fois que je suis venue, à Noël, tout allait bien.
Mais parle-moi !
Qu'est-ce qui a pu se passer en un an pour que...
Tu te rends compte du mal que tu as fait ?
Du mal que tu continues de faire en te taisant.
Si tu nous aimais...
Parce que je t'aime. Je suis désolé.
Mais t'es malade.
Et Tristan qui fait tout pour te sortir de là.
J'espère qu'il va te lâcher et que tu vas prendre un max.
Oui, Pauline. C'est moi.
T'es en colère, je comprends.
Je me suis comporté comme un connard.
Si tu peux me rappeler, j'ai vraiment besoin de te parler.
Merci.
Qu'est-ce qu'il veut, lui ?
Oui, Marc ?
On se voit cet après-midi. Ça peut pas attendre ?
C'est toi qui as mis ces idées débiles dans la tête de ma fille ?
Alors c'est ça. Tu veux la rendre encore plus malheureuse ?
Non. Pauline est malheureuse car son père a tué son frère.
Je fais mon travail.
J'ai pas eu le choix. J'ai un client qui lâche rien.
J'irai pas faire de la figuration aux assises.
Si vous voulez me virer, virez-moi.
De toute façon, les clients se bousculent.
T'as fini ton numéro ?
Ouvre tes oreilles, c'est la dernière fois que je te le dis.
Je suis le seul responsable.
Fous la paix à ma femme et à ma fille. C'est clair ?
C'est clair ?
Vous l'aimiez pas, votre fils.
- J'aurais donné ma vie pour lui. - Ah oui ?
Pourtant, il n'avait pas de maladie incurable. Hein ?
Alors c'est quoi ?
Il était pédé ?
C'est ça, il était pédé. Il voulait changer de sexe ?
Se convertir à l'islam ? Putain, donnez-moi quelque chose.
On tue pas un fils qu'on aime !
C'est Tristan. Le dossier Dubois passe au TJ demain,
alors qu'il est informatisé à la semaine prochaine.
Un coursier m'a donné ça. Ça vient du palais.
Merci.
- Ça va, ton fils ? - Enfoiré.
Bonne journée à toi aussi.
Alors, qu'est-ce qu'il y a... Maman.
Je t'ai entendu à la radio. J'étais avec Simone.
Ça m'a fait honte. Pourquoi tu le défends ?
Parce que je suis un connard.
- Ton père comprend pas. - Il n'a rien à comprendre.
C'est bon.
Dégueulasse.
J'arrive.
Deux minutes.
- T'es pas patiente. - Et t'es pas rapide.
Désolé, c'est le bordel, mais je travaille ici, en ce moment,
en attendant d'avoir un bureau.
Tu reçois tes clientes dans ta chambre ?
- Oui, ça arrive. - Ah oui ?
Non, je rigole.
Merci.
- Café ? - Oui.
Ce sont les entrepôts de mon grand-père.
- Quoi ? - À la télé.
- Qu'est-ce qu'ils foutent ? - C'est pour le TGV.
- Mais non. - Ben, si.
Après 2 ans de procédure, voici le début des travaux du TGV.
Si mon père voit ça, il va être fou.
- Ils sont pourris, ces hangars. - Non, ils sont pas pourris.
C'est important pour lui, c'est comme un symbole.
À Noël, ils se sont engueulés, car ma mère voulait les vendre.
Pardon, mais c'est un symbole de quoi ?
Un symbole...
Il dit qu'il faut se souvenir d'où on vient pour savoir où on va.
C'est pas faux.
Je suis désolé.
Tu y es pour rien.
Si. Le tracé du TGV était sur des champs, avant.
Et c'est moi qui ai défendu...
le collectif d'agriculteurs.
Et j'ai gagné.
T'en rates pas une. T'es fier de toi ?
- Non. Je suis désolé. - Si, t'es fier de toi.
Tu veux bien jeter un oeil ?
C'est la liste des lycéens qui ont vu la psy.
Tu en connais certains ?
Moi, après le bac, je suis partie à Paris faire archi.
Alex avait quoi... 9 ans. Ses copains, j'ai pas suivi.
Et ça ? Aucune idée ?
C'est tellement lui. Sauf qu'il a l'air...
Il a l'air désespéré.
C'est pour ça qu'il a dit ça.
- Tu parles de qui ? - De mon père.
Il m'a dit que ma mère n'avait rien vu venir, qu'elle s'en voulait.
- À propos d'Alex ? - Oui.
Enfin, je sais pas, il n'était pas clair.
- Ça a toujours été comme ça ? - Quoi ?
On dirait que vous parlez jamais.
- Si, on se parle. - Non.
Ta mère, il faut lui arracher des mots.
Tu ne vas pas recommencer.
Avec toi, au lycée, elle était déléguée des parents.
- Un peu trop, oui. - Mais pas avec ton frère.
À Noël, elle voulait même l'envoyer en pension.
- Tu savais pas ? - Non.
Mais ça veut pas dire qu'elle l'aimait pas.
Un garçon, c'est différent.
Quand il est né, elle était pas là. Ma grand-mère était malade.
C'est pas ta mère, qui a été hospitalisée ?
Non. C'était ma grand-mère.
- Non, je crois pas. - Qui t'a dit ça ? Qui ?
- Peu importe. - Dis-moi.
Peu importe, je te dis.
- Tu veux un autre café ? - Non.
J'ai un service à te demander.
Je pourrais voir les saisies de la perquise Lagnier ?
Juste la chambre d'Alex.
Ses affaires, son ordi, les photos...
Il y en a une partie chez le proc. On a rendu le reste.
Tu trouveras que dalle.
Sa chambre est toujours sous scellés ?
Jusqu'à ce qu'un de nos gars passe les enlever, oui.
Au fait, je t'ai entendu, à la radio.
Oui.
T'es bon, hein. Enfoiré, va.
Mais semer le doute suffira pas à sauver Lagnier. Faudra plus.
J'y travaille, mon petit poulet.
Attends, excuse-moi.
Oui.
Non, vous ne me dérangez pas.
J'ai un peintre... qui doit venir effacer tout ça.
Entrez.
Pourquoi ils ont écrit ça au pluriel, sur le portail ?
Si vous voulez récupérer des affaires d'Alex, c'est en haut.
D'accord.
Les coups de fil anonymes, les tags... Et quoi ? Une agression ?
Maman,
tu peux pas rester ici. Fais une valise et viens à la maison.
- Je préfère rester chez moi. - S'il te plaît.
Ça va aller, ma chérie. Désolée, tu t'es déplacée pour rien.
C'est pas pour ça que je suis venue. C'est pour te parler d'Alex.
Pourquoi t'as menti, quand il est né ?
T'as dit que tu t'occupais de mamie mais t'étais à l'hôpital.
- C'est pas le moment. - Pourquoi c'est pas le moment ?
Parce qu'il y a Tristan ? J'ai vu sa voiture.
Ça peut l'intéresser, lui aussi. Pas vrai, Tristan ?
Arrête ça !
Mais pourquoi vous gardez tout pour vous, dans cette famille ?
- Ça te suffit pas, tout ça ? - Ce n'est pas le moment.
C'est jamais le moment !
C'est pas grave.
Ça va ?
Pardon.
Tout va bien.
Laissez, je vais le faire. Je m'en occupe. Ça va.
Tenez, c'est une liste des lycéens.
Je crois que vous en connaissez certains ?
Un seul. Fred Collot.
C'était le meilleur ami d'Alex, au lycée.
Il allait souvent chez lui, à Villers-l'Étang.
Ça pourrait être Fred qui a dessiné ça ?
Je sais pas.
Le monstre, là, vous croyez...
C'est censé représenter quelqu'un ?
Vous avez entendu mon échange avec Pauline.
Alors vous en tirez des conclusions.
Un père qui s'occupe de son enfant, c'est admirable.
Une mère défaillante, ça fait tache.
Pourquoi "défaillante" ?
Après la naissance d'Alex, j'ai fait une psychose puerpérale.
J'avais des envies de suicide, des crises de démence.
Je pouvais être dangereuse pour moi, pour lui.
On m'a internée, je me suis remise tout à fait,
et tout est rentré dans l'ordre.
- "Tout est rentré dans l'ordre." - Tout est rentré dans l'ordre.
- Salut. - Salut.
- Ça va ? - Ça va. Et vous ?
Oui. Merci.
Avec plaisir.
- Tu veux une cigarette ? - Non, je ne fume pas.
T'as raison.
Bon.
Il venait souvent bosser chez toi ?
Oui. Mais ça faisait un mois qu'il était pas venu quand...
Enfin, vous voyez.
- Vous vous étiez engueulés ? - Non.
Mais il s'en foutait, des études.
Sans ses parents, il aurait tout plaqué.
Son père était toujours sur son dos. Quand Alex venait chez moi,
il appelait toujours pour savoir s'il était là. C'était relou.
Du coup, Alex était obligé de mitonner pour sortir.
"Mitonner" ? C'est-à-dire ? Comment ça, mitonner ?
Ben, le jour où il a été tué,
j'ai vu son père passer devant chez moi en bagnole.
Or Alex était pas censé venir. Mais j'en sais rien.
Peut-être qu'il est passé par hasard. Je sais pas.
Oui, si ça se trouve...
Si Alex avait menti, ça aurait été pour quoi, à ton avis ?
Une copine ?
Non, non. Sinon il aurait été plus heureux.
- Selon toi, il n'était pas heureux ? - Je ne sais pas, moi.
Pourquoi tu dis ça, alors ?
- C'est toi qui as dessiné ça ? - Non, c'est Alex.
Il était doué.
Il dessinait souvent des trucs comme ça.
J'ai rien trouvé chez lui.
Parce qu'il finissait toujours par les déchirer.
Mais celui-là, j'ai réussi à le sauver.
C'est toi qui l'as accroché sur la grille.
Ça représente quoi, le monstre ?
D'après Alex, c'est la mort.
Allô ?
Oui, c'est Pauline.
Ça te dit qu'on dîne ensemble, ce soir ?
Euh, non. Ça me fait un peu chier.
Bien sûr, que ça me dit.
- Tiens. - Merci.
J'aurais dû me douter qu'elle avait menti pour sauver la face.
Comme si faire une dépression, c'était une tare.
Et puis elle était pas heureuse quand elle attendait Alex.
Comme si elle ne voulait pas d'autre enfant.
Comme si elle voulait pas d'autre enfant
ou pas d'autre enfant avec Marc ?
Tu sais que c'est pas mon père biologique ?
- Ton vrai père, tu sais qui c'est ? - Non.
Ma mère se tuerait plutôt que de me le dire.
Je m'en fous. Mon père, c'est Marc.
Peut-être que t'as raison.
Qu'elle aimait pas Alex de la même façon car il était de lui.
Eh, t'avais pas une maison comme ça,
quand on était en terminale. - Non.
Pas mal du tout, même.
Tu sais, je suis pénaliste.
Si t'as fait une connerie, braqué une supérette, tu peux me le dire.
J'ai hérité de mon grand-père.
On a tout pété, avec Alex.
- Ah oui ? - Oui.
Il avait un double.
Quand je suis partie en Inde, il pouvait venir se reposer.
C'est lui qui voulait tout repeindre en noir. Et il a pas fini.
Putain, j'ai trop bu.
Je vais te laisser tranquille.
- On se parle demain ? - Oui.
Oui.
Je suis désolé, j'ai fait au mieux.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pauline, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je me sens trop mal, Pauline.
Ça fait des semaines que j'y pense, je sais plus quoi faire.
Ça me bousille de l'intérieur.
Il faut que ça s'arrête.
J'ai peur tout le temps.
J'en peux plus.
Je veux pas vivre comme ça.
Il faut que j'en finisse.
Si j'étais pas partie, il se serait pas suicidé.
Non, tu peux pas dire ça.
Si. Il dit qu'il veut se tuer.
C'est pas possible. Pourquoi ton père aurait dit ça ?
- Il est pas con. Il risque perpète. - Je sais pas.
- Je vais lui montrer. - Non. Tu peux pas.
On te laissera pas rentrer avec une tablette.
- Mais toi, oui. - Ensuite, t'es pas objective.
Je m'occupe de ton père.
Je viens avec toi.
T'as passé le barreau ?
Tu peux pas rentrer dans un parloir avocat. Ça existe pas, ça.
Mon frère m'a laissé un message. Je lui dois ça.
Je le dois à mon père, aussi.
C'est ça ou je te donne pas la vidéo.
OK, je vais me démerder.
Tire !
Allez, les mecs.
Doucement.
J'en peux plus.
Je ne peux pas vivre comme ça.
Il faut que j'en finisse.
Marc.
- Vous saviez qu'il allait mal. - Ça changerait quoi ?
Mais ça change tout ! Alex voulait se tuer.
T'as pas réussi à l'en empêcher. C'est la vérité. C'est un accident.
La vérité, c'est...
S'il voulait mourir,
c'est que j'ai pas été un bon père.
Non, c'est pas vrai, ça.
Et même si c'était vrai, ça fait pas de toi un meurtrier.
Hein ?
Pauline a raison. Si vous avez essayé de l'empêcher de se tuer...
- Il n'y a pas de "si". - Pauline, s'il te plaît.
Si vous avez essayé de l'empêcher mais que vous avez pas réussi,
pourquoi n'avoir rien dit aux flics ? - Pour protéger ma femme.
Sérieusement ?
C'est mieux qu'elle croie que vous avez tué votre fils ?
Je te demande pas de comprendre.
Je veux pas que t'ailles en prison pour un meurtre que t'as pas commis.
- Ma chérie... - Non.
Je veux pas te perdre toi aussi.
N'abandonne pas.
Écoute, j'ai avoué que j'avais tué Alex.
Plus personne ne me croira.
Moi, je te crois. Tristan te croit.
Mais dis-lui, toi.
Il va falloir être très convaincant. Et bétonner votre histoire.
Je peux rien faire sans vous.
Il n'y aura pas d'autre aller-retour. La question, c'est :
êtes-vous prêt à revenir sur vos aveux ?
Oui.
Ne te fais pas trop d'illusions, quand même.
Sa version va être difficile à vendre sans preuve concrète.
- Tu vas réussir à le sortir de là ? - Je vais faire le maximum.
Merci beaucoup.
Mais laisse-moi faire les choses à ma façon.
- Ne parle à personne de cette vidéo. - Ma mère ?
Non. À personne.
Faut que j'en finisse.
Cette vidéo doit être versée au dossier comme pièce à conviction.
Vous pensez renverser la vapeur avec ce témoignage ?
Tout indique que Lagnier l'a tué.
La balistique, les tests poudre.
Ces analyses ont été faites après les aveux.
Il n'y avait pas lieu de chercher ailleurs.
Vous doutez de la rigueur et de l'objectivité de la police ?
Écoutez,
je veux qu'on revoie les analyses à la lumière de cette vidéo.
Mon client a peut-être voulu désarmer son fils.
Si c'était le cas, pourquoi ne pas le dire ?
Il a mille raisons de se taire.
Il s'en veut, il a rien vu venir, rien pu empêcher.
Pour protéger sa famille.
De là à préférer passer pour un assassin...
Oui. Je sais que c'est difficile à imaginer.
Mais qui sait comment on réagirait dans une situation pareille ?
Très bien. Vous aurez ces nouvelles analyses.
Je ne devrais pas dire ça, mais...
j'espère qu'elles vous donneront raison.
Moi aussi.
- T'es tellement pessimiste. - Non. Réaliste, c'est différent.
Je regarde les faits, c'est tout.
Les faits, c'est cette vidéo.
C'est son mal de vivre, ses notes qui chutent,
le témoignage de son pote Fred, le dessin que tu m'as montré.
Regarde cette photo.
Le dernier voyage avec mon père. Regarde comme il a l'air malheureux.
- C'est pas rien, ça, non ? - C'est pas rien.
Hé !
T'as des scrupules, toi ?
Je te rappelle que ton père, c'est mon client.
Il y a un truc dans le Code pénal qui l'interdit ?
Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
Tu me quittes tout de suite ou tu attends une semaine ?
On attend une petite semaine.
Pourquoi tu m'as quittée, quand on était au lycée ?
Parce que tu me plaisais.
Parce que tu me plaisais vraiment.
C'est ça ?
Ben oui. C'est ça.
C'est con, mais c'est vrai.
Tu veux savoir pourquoi ?
À l'époque, je faisais des petits boulots pour payer mes études.
Le soir, je sortais pas, je bossais. C'est pour ça qu'on se voyait pas.
Pourquoi tu me l'as pas dit ?
Parce que je suis con.
Parce que je suis orgueilleux, parce que je suis lâche.
C'est dommage.
Oui, bonjour. Gaëtan Legrand ?
Oui. Me Tristan Delmas, à l'appareil.
J'ai quelques questions à vous poser.
D'accord. Merci beaucoup. Merci, Olivier.
Allô ? Non, j'entends pas.
Allô ? Putain...
Oui.
Ibrahim Sidi, s'il vous plaît.
T'as dit qu'elle s'appelait comment ?
Margaux Costes. D'accord.
Tu le connaissais un peu, Alex. Sinon t'aurais pas vu la psy.
Je le connaissais vite fait. Ça fout les boules, sa mort.
Tu sais s'il avait des petites amies ?
Ben oui, des fois.
Des fois, ça veut dire quoi ? Ça veut dire beaucoup ?
La dernière, c'était qui ?
C'était Charlotte, mais ça n'a pas duré.
Charlotte... Charlotte Nemours, c'est ça ?
Oui, Charlotte Nemours.
Tu sais pourquoi ça n'a pas duré ?
J'en sais rien. Demandez-lui à elle.
D'accord.
Margaux Costes. Elle est con.
Allô.
- Charlotte Nemours ? - Oui.
Tristan Delmas. Je suis avocat.
Je t'appelle à propos d'Alex Lagnier.
Tous les volets sont fermés depuis 3 jours.
Qu'est-ce que vous foutez là ?
On croyait que t'étais partie.
Non. C'est juste pour plus voir vos gueules.
Si vous pouviez aller bavasser ailleurs, ça m'arrangerait.
Excusez-moi. Pardon.
- Voilà. On les a bien niqués. - Franchement, merci.
Il n'y avait que toi qui pouvais me sortir de là. T'es le meilleur.
Tu as une mise à l'épreuve. La prochaine fois, c'est la taule.
- Je me ferai plus choper. - Non. Tu te tiens à carreau.
- Fini. - Tu te tiens à carreau !
D'accord ! Oh... Maître.
- Fais attention à toi. - Oui.
Bonjour, maître.
- Toi, t'as du nouveau. - Pas vraiment.
Arrête. C'est en rapport avec le client ou sa fille ?
- Je vois pas ce que tu veux dire. - Ta caisse était devant chez elle.
Arrête.
Je suis content car ma cliente a été relaxée. C'est tout.
Dis-moi, je vous ai vus, l'autre jour, à Villers-l'Étang.
Le junkie vous a dit où était le corps ?
Juste qui il avait vu ce jour-là, qu'elle lui a filé 2 balles
et qu'elle avait rencard avec un mec vers les marais.
- Et vous trouvez le corps. - Oui.
Le junkie va être déféré devant le juge.
Tu faisais quoi, à Villers-l'Étang ? Elle n'habite pas par là, la petite.
Je suis allé voir un pote de son frère.
Et...?
Et tu sais très bien que je peux rien te dire.
- Donc t'as que dalle. - Voilà.
Les résultats des nouvelles analyses sont pas concluants.
- Donc c'est pas perdu. - Mais c'est pas gagné.
- T'y crois plus. - Mais non, c'est pas ça.
Mais il nous faut des éléments concrets. On a rien.
Comme quoi ?
Comme des témoins fiables, par exemple,
qui pourraient attester que ton frère allait mal, je sais pas, un psy,
quelqu'un à qui il se serait confié. - Je sais pas.
Sa marraine.
Il allait souvent voir sa marraine, à une époque.
- C'est qui, sa marraine ? - Hélène.
Hélène Decaux.
Bonjour, maître.
- J'ai un cabinet, vous le savez ? - Oui, je sais.
Mais j'aimerais voir votre épouse.
Alex passait beaucoup de temps avec sa marraine.
Gamin, oui. Il ne venait plus.
Peut-être qu'elle pourrait m'aider à le cerner.
Elle ne le voyait plus.
Il l'a à peine remerciée du dernier cadeau de Noël.
Écoutez, ce drame nous a tous suffisamment affectés.
À commencer par elle. Je veux pas que vous rouvriez la plaie.
Pourquoi tu n'as pas dit qu'Alex était venu en avril ?
Ça ne le regarde pas. Et ça n'a rien à voir avec cette histoire.
- J'en suis pas si sûre. - Hélène, tu m'emmerdes.
- Bisous, ma poule. Ciao. - Salut.
Charlotte !
Charlotte Nemours ?
- Vous êtes flic ? - Non, avocat.
J'ai rien à vous dire.
- C'est important. 5 minutes. - J'ai rien à dire.
- C'est important. Écoute-moi. - Pourquoi vous êtes lourd ?
C'est mon travail, je suis avocat.
- Il s'est passé quoi, avec Alex ? - Rien. C'était un bouffon.
- Ça vous va ? - Non, ça me va pas.
Un bouffon ?
Ça t'a remuée, sa mort. Sinon t'aurais pas vu la psy.
C'était quoi, le problème ?
C'est à cause de son père.
Un jour, on était dans la chambre. On s'embrassait.
Mais on faisait rien de mal.
Son vieux a débarqué et son regard m'a mis les boules.
Ça veut dire quoi ?
Je sais pas. Il m'a lancé un regard space.
- Il t'a parlé ? - Il m'a dit de partir.
Et Alex s'est écrasé comme une merde.
Alex t'a expliqué, pour son père ?
Il m'a plus jamais reparlé.
Je peux y aller, maintenant ?
Oui. Tiens.
Merci.
Fais gaffe sur la route.
Café calva à 8 h du mat parce que tu fais plus la une ?
Un café, s'il te plaît, Joe.
- Il n'y a rien qui avance. - Avec Pauline ou avec son père ?
Si c'est avec lui, ça va te plaire.
Le juge demande un complément d'enquête.
- De quoi tu parles ? - De ta putain de vidéo.
T'as réussi à semer le doute raisonnable, comme on dit.
Et le juge flippe à l'idée de se planter.
On doit creuser plus.
Tu peux te vanter d'avoir foutu la merde.
- J'ai fait mon boulot, c'est tout. - Ah oui ?
En défendant la thèse du pseudo suicide que le père n'a pu éviter ?
C'est n'importe quoi.
Je te trouve bien sûr de toi.
Pourquoi Alex se serait suicidé chez ses parents,
alors qu'il pouvait le faire peinard chez sa frangine ?
- T'y as pensé ? - Ben non, je suis con.
T'as perdu une partie de ton cerveau en prenant l'affaire.
L'autre partie en tombant amoureux de Pauline.
Tu deviens lourd.
- Je dois récupérer l'iPad d'Alex. - Je te le dépose ce soir.
- Tiens. Voilà la bête. - OK.
On va voir ce qu'elle a dans le ventre.
- C'est quoi, ça ? - Un programme de récupération.
Tu vois, ces 2 fichiers ?
On a écrasé leur contenu.
Ça, ce sont 2 fichiers écrasés ?
- On peut les récupérer, non ? - Non.
Même les keufs peuvent pas. Ou alors Les Experts : Miami.
- Attends, on peut bien... - Non, désolée.
- On peut rien faire ? - Non.
Hé !
T'as vraiment besoin de ces fichiers ?
À ton avis ?
Je te demande, parce que je suis en mise à l'épreuve.
Mon avocat m'a dit de pas déconner, de rester droite...
- C'est bon, t'as fini ? - OK.
Oui, j'ai un logiciel capable de récupérer ça.
D'ailleurs, ce logiciel vaut une blinde.
- Allez. - N'en fais pas trop non plus.
C'est parti.
- C'est toi, ça ? - Oui.
- Tu vois ? - C'est pas mal.
Téléchargement terminé.
Tu déconnes pas, hein ?
Le monstre.
Il a étouffé la fille.
Avec de la terre.
Plein de terre.
C'était comme un mauvais rêve...
car le lendemain, il n'y avait rien dans les journaux.
Le cauchemar.
Ça fait des semaines que je l'ai pas eu et il est revenu.
Le même.
La terre, le monstre...
Il étouffe la fille.
Sauf que cette fois, c'est pas la même fille.
Ni le même endroit.
C'est à Givry que ça se passe.
Et la fille, je la connais. Elle s'appelle Joséphine.
Je l'ai rencontrée à la soirée.
Elle existe.
Il la traîne, derrière la croix,
sur le chemin Noir.
Il creuse un trou.
Il la met...
Oh, putain...
Ça va ?
Pourquoi tu t'intéresses à ce bled ?
Tu connais ?
Oui. Enfin, mon père a une cabane de chasse dans le coin.
- Quel rapport avec l'affaire ? - Aucun rapport.
J'ai un client qui habite là-bas.
- Je vais m'habiller. - Ça marche.
Je suis complètement taré.
C'est en rasant les entrepôts Dantin
que les ouvriers ont découvert un corps sous les gravats.
On ignore l'identité de la victime, qui serait une femme.
- Kathy Balard, maintenant elle. - Ce serait le même tueur ?
Même profil de fille, même mode opératoire,
la terre dans la gorge... Oui.
C'est le même enfoiré.
Une chance que vous l'ayez chopé.
Le junkie ?
Non, il a pas pu tuer la fille de la casse.
Sa mort remonte à 8 mois. À cette époque, il était en taule.
Et la fille, tu la connais ?
Une gamine de 16 ans qui a fugué en avril dernier : Joséphine.
Tu gardes ça pour toi.
Pour une fois qu'on a un peu d'avance.
Désolé, je suis en speed. Faut que j'y aille.
Je t'appelle ce soir.
- Ciao, Joe ! - Salut.
Qu'est-ce qui se passe ?
Mauvaises nouvelles ?
Oui.
Oui, j'ai une mauvaise nouvelle.
On a retrouvé le corps de Joséphine dans les décombres.
Les décombres des entrepôts.
C'est pas pour ça que vous vouliez pas vendre le terrain ?
Dites-moi qu'il n'y avait pas de lien avec vous.
Ou avec Lola, retrouvée dans le lac de Saint-Jeannet.
Ou avec Kathy Balard, repêchée dans l'étang de Villers.
Dites-moi que c'est un mauvais film !
Putain, c'est pas vrai.
J'ai pas pu me tromper à ce point-là.
Qu'est-ce que tu croyais ?
Je t'ai toujours dit que j'avais tué mon fils.
Il avait compris que c'était moi et il allait tout dire.
Je pouvais pas le laisser faire.
Alors vous lui avez mis une balle, comme ça, de sang-froid ?
Oui. Sur le moment, ça m'a paru être la seule solution.
Vous auriez pu vous dénoncer ou vous buter aussi.
Oh, ben non. J'ai paniqué.
J'ai paniqué. Et de toute façon, après,
dire la vérité n'aurait servi à rien.
Juste faire souffrir encore plus Pauline et Valérie.
Mentir à votre fille, ça vous dérange pas.
Je t'ai rien demandé. Et surtout pas d'impliquer ma fille là-dedans.
C'est toi qui voulais savoir, toi qui voulais comprendre.
Ça a dû vous faire bander,
quand je me suis démené comme un con
pour prouver le suicide.
Ça faisait bien tes affaires, monsieur l'avocat ambitieux.
Cette vidéo, c'est toi qui l'as portée au juge, pas moi.
Je me trompe ?
Vous l'avez regardée, cette vidéo ?
Ça m'a fait mal pour vous.
C'était juste une façon de vous sortir de ce merdier.
Oui. Et je la vois toujours.
Et c'est cette ligne de défense que tu vas plaider,
monsieur l'avocat.
Monsieur l'avocat, il vous emmerde.
Allez vous faire foutre.
Je ne veux pas entendre vos arguments.
Je vous avais prévenu.
Vous vouliez l'affaire, vous la gardez.
D'autant que la date du procès a été fixée.
Vous serez là, que vous le vouliez ou non.
Vous avez un mois pour vous préparer.
Je vous rappelle votre serment.
Quoi qu'il vous ait dit pour sa défense,
c'est ça et uniquement ça que vous devez plaider.
Ou il peut vous faire radier du barreau. Je ne m'y opposerai pas.
Alors faites votre travail jusqu'au bout et faites-le bien.
Sinon, je ne vous louperai pas. Vous pouvez y aller.
C'est rangé n'importe comment.
Joséphine, Lola, Kathy,
on sait maintenant de source sûre qu'il n'y a qu'un seul tueur.
Un tueur en liberté plongeant dans l'angoisse tous les parents.
On voit ici les parents arriver sur le lieu du drame.
Tristan ! Je sais que t'es là, j'ai vu ta voiture. Ouvre !
Oh hé ! Putain, c'est bon...
- Qu'y a-t-il ? - Mais rien, putain.
Tu veux un café ?
Non, je suis pas venue là pour un café.
T'es malade ou quoi ? Pourquoi tu réponds pas à mes appels ?
- Tristan ! - Oh hé ! J'ai mal dormi.
Je dois me concentrer sur le procès, et avec toi, j'y arrive pas.
Arrête tes conneries. C'est pas ça !
J'avais un parloir avec mon père hier et il n'a pas voulu me voir.
Pauline, ton père est mon client. D'accord ?
Ce qu'il me dit est confidentiel. Tu le sais très bien.
Tu te fous de moi ? Ne te planque pas derrière ton serment.
On baise ensemble, mais je ferai pas d'exception.
Quoi ?
Vas-y, va te faire foutre.
- Pauline ! - Ta gueule !
Pauvre con, va.
Toi aussi, ta gueule !
Mon Dieu, les brocolis, c'est dégueulasse.
Les choux... Ah, connasse !
- Il y a un problème ? - C'est toi qui as un problème.
Je te connais, t'es une connasse ! Une connasse !
Ça se voit sur ta gueule !
- Valérie ! - Lâche-moi ! T'es qui, toi ?
Pour qui tu te prends ?
Tu peux même pas voir toutes les poufs que ton mec se tape.
Et toi, là, Paul ! Paul !
Pendant combien de temps tu vas croire
que ton fils est hétéro ?
Jusqu'à ce qu'il en crève ? Il va en crever !
Calme-toi.
Vous pouvez prendre vos grands airs.
Lâchez-moi. Je sais de quoi je parle !
Moi non plus, je voulais pas voir. Moi non plus...
Et ça vous emmerde ! Ça vous emmerde !
Ça fait exploser votre petit monde de merde !
Lâchez-moi !
Mon Dieu, Alex, qu'est-ce qui se passe ? Que t'est-il arrivé ?
J'ai vu un truc horrible. J'ai eu peur...
Paul ! Paul !
Qu'as-tu vu de si horrible ?
Je sais pas...
C'était quoi, cette chose qui t'a fait si peur ?
Que faisais-tu dehors, en T-shirt, en pleine nuit, par ce froid ?
J'étais...
J'étais au cabanon avec papa.
Et...
Tu n'es pas venu à pied depuis là-bas ?
Non. On est rentrés à la maison.
Et j'étais claqué. Alors je suis allé me coucher.
Et...
J'ai dû faire un cauchemar.
Enfin, ça m'est déjà arrivé.
Ça pourrait être du somnambulisme.
Je me suis réveillé dans le jardin.
J'avais claqué la porte et j'avais pas les clés.
Et ton père, il était pas là ?
Il est parti rechercher son portable au cabanon.
- J'appelle ta mère. - Ça sert à rien.
Maman est à Paris pour le week-end.
Je suis juste venu vous demander le double des clés.
Et mon mari l'a ramené chez lui.
Il dit que ça n'a rien à voir,
mais moi, ça me travaille.
Vous en aviez parlé aux parents d'Alex ?
Oui. À Valérie, quand elle est revenue de Paris. Ça l'a énervée.
Alex n'avait pas le droit de sortir.
Elle n'était pas contente que Marc l'ait emmené au cabanon.
C'est l'état d'Alex qui me préoccupait.
Et pas elle, visiblement.
Je lui ai conseillé d'emmener Alex consulter.
Je lui ai même indiqué un très bon psy pour ados.
- Et elle l'a fait ? - Je ne sais pas.
Après ça, elle a mis de la distance avec moi.
Vous saviez qu'elle avait été internée,
après la naissance d'Alex ?
Non.
Mon Dieu, la pauvre.
Peut-être qu'elle ne voulait pas voir qu'Alex allait mal.
Je m'en veux. J'aurais dû insister...
essayer de parler avec Alex de nouveau.
C'est sûrement un rêve. Le lendemain, il n'y avait rien dans les journaux.
"26 février"...
"26 février"...
"26 février", putain.
Lola faisait un stage de ski à Saint-Jeannet.
La dernière fois qu'on l'a vue, c'est le 25 février à 20 h 30.
Or, quelques heures plus tôt,
vous vous êtes cassé la jambe sur une piste : nuit à l'hosto.
En aucun cas vous n'auriez pu l'enlever.
Et encore moins la tuer.
La vérité, Marc, c'est que...
celui qui a tué Lola, Joséphine, Kathy,
c'est votre fils.
C'est ça, la vérité.
Il n'avait pas cessé de regarder cette fille, au resto.
Il l'a même abordée en allant chercher des cafés.
Sur le moment, j'ai pris ça pour ce que ça semblait être.
Cette fille lui plaisait.
Puis j'ai appris qu'elle avait disparu
la nuit où j'étais à l'hosto.
On avait retrouvé son corps dans le lac.
Pourquoi vous avez pensé que c'était Alex ?
Parce qu'un jour...
Il avait 6 ans, je l'ai amené à la chasse.
J'avais tiré un lièvre. Alex a foncé le chercher.
Quand je l'ai rejoint, le lièvre était juste blessé.
Mon petit garçon l'achevait en lui bourrant de la terre dans la gorge.
C'est le regard de mon gamin.
C'est comme s'il ne ressentait rien.
Il ne ressentait rien.
Lola... Vous en avez parlé avec lui ?
Non.
Je me suis voilé la face, je me suis dit que je me trompais.
Mais il était mal avant que je l'emmène à la montagne.
Et après ça, il allait mieux ?
Pendant quelque temps, oui.
Mais à la rentrée, ça a recommencé.
Une semaine avant Noël, Valérie passait le week-end à Paris.
J'ai amené Alex au cabanon.
Givry, la fête...
À un moment donné, je l'ai perdu de vue.
Quand je l'ai retrouvé, il draguait cette fille.
On est allés se coucher, on est rentrés au cabanon.
Je dormais à moitié quand je l'ai entendu sortir.
Et quand je l'ai enfin repéré, c'était trop tard.
Il finissait d'enterrer cette pauvre fille.
Au pied de la croix de pierre.
Alex a fait une vidéo où il parle de son cauchemar. Comme si...
Comme si c'était un autre que lui.
D'une certaine façon, c'était pas lui. Il était en transe.
Je lui parlais, il ne m'entendait pas.
On est rentrés, je lui ai dit que j'allais rechercher mon portable.
Je l'ai mis au lit, j'ai attendu qu'il dorme.
Et vous êtes reparti dans la forêt.
Vous avez caché le corps dans les entrepôts ?
En espérant qu'il referait jamais surface.
J'étais terrifié à l'idée qu'on puisse remonter à mon fils.
Et terrifié aussi à l'idée qu'il recommence.
Il aurait pu voir un psy.
Si. Je l'ai fait.
On est allés en Suisse, en Belgique, sous un faux nom.
Certains ont parlé de sociopathie, d'autres de schizophrénie.
Ils lui ont prescrit des médocs.
Ça n'a pas suffi, c'est ça ?
C'est pour ça que vous avez viré Charlotte.
J'aurais tout fait pour l'éloigner de lui.
Oui. Jusqu'à la suivante.
J'étais au téléphone quand je l'ai entendu partir en scooter.
J'ai essayé de le joindre mais il avait coupé son portable.
Et vous l'avez suivi jusqu'à Villers-l'Étang.
- C'est pour ça que Fred vous a vu. - Je suis arrivé trop tard.
Il venait de jeter cette fille dans le marais.
- J'ai peur, papa. - Calme-toi.
J'ai tout le temps peur, j'en peux plus.
Calme-toi.
J'ai refait ce cauchemar.
Le monstre, la terre, il étouffe...
ces pauvres filles.
J'en peux plus, papa. Il faut que ça s'arrête.
Je deviens dingue.
Je n'en peux plus, de tout ça.
Il faut que ça s'arrête.
Je vais trouver une solution. Je te le promets.
Tu m'as fait peur.
Qu'est-ce que tu fais tout seul ? Tu es malade ?
Les traces de boue dans le couloir, c'est Alex ?
Non, c'est moi. Je nettoierai.
C'était bien, ta soirée ?
Le dîner, super. Mais alors le film, un vrai navet.
Je comprends pas comment il a pu être encensé par la critique.
Nul.
Bon. Je vais me coucher. Je suis fatiguée. Tu viens ?
J'arrive.
On va partir tous les deux.
Où ça ?
Faire le tour du monde en bateau. Depuis le temps qu'on en parle...
Et le bahut ? Maman ne voudra jamais.
On ne lui dira rien. On fera le mur la nuit.
- Demain soir ? - À demain soir.
Il faut dormir, là.
Je t'aime fort, tu sais.
"Fort." C'est ce que tu disais quand j'étais petit.
Je t'aime fort.
Fort.
Votre fils était malade.
Tout ce que vous avez fait, c'est par amour pour lui.
C'est ça qu'on va plaider.
Quand les jurés vous entendront raconter ça
comme vous venez de me le raconter,
je suis certain qu'il y en a beaucoup qui comprendront.
Non, je ne peux pas faire ça.
Pourquoi ?
Valérie est déjà détruite. Mais Pauline, t'as pensé à elle ?
Ce petit frère qu'elle adorait : un monstre.
Tu peux me garantir qu'elle supportera ça ?
Qu'elle aura une vie après ça ? Non, tu ne peux pas.
Et je prendrai pas ce risque.
J'ai déjà fait assez de mal autour de moi.
Alors Alex s'est suicidé, j'ai pas pu l'en empêcher. Reste là-dessus.
D'accord.
Et si je me plante ?
Si j'arrive pas à convaincre les jurés, vous êtes bon pour 30 ans.
30 années de taule, Marc.
- Vous êtes prêt à prendre ce risque. - Oui.
Et les familles des victimes ?
On s'en tape ?
On ne fait jamais le deuil d'un enfant.
Non, Marc. Je ne vais pas vous laisser faire ça.
Tu n'as pas le choix.
- Pardon ? - Tu n'as pas le choix.
Tu as prêté serment, maître Delmas.
Tout ce qui s'est dit ici n'a jamais existé.
C'est clair ?
Merde.
Non, ne l'appelle pas.
C'est un pote. J'arrive.
Putain, mec...
Qu'est-ce qui t'a pris ?
- Je suis un con. - Je confirme.
Tu roules avec 0,5 g dans le sang.
Tu te prends la tête avec le mec qui avait la priorité,
et tu fais chier les collègues.
Putain, je suis dans la merde.
Ça va, il n'y a pas mort d'homme.
Si, si. Je suis dans la merde.
Si c'est pas Pauline qui t'a mis dans cet état, alors c'est son père.
C'est pour ça que tu as essayé de me joindre, cette nuit.
Tu sais la vérité, c'est ça ?
Qu'est-ce qu'on n'a pas vu ? Hein ? Qu'est-ce qu'on n'a pas vu ?
- Pourquoi j'ai arrêté le droit ? - Parce qu'il y a 6 ans d'études ?
À cause de ce putain de serment de client et avocat.
C'est de la merde.
J'ai jamais pu saquer les avocats, de toute façon.
T'as beau être mon pote, là, je te déteste.
Merci, mon pote.
Tu as raison. Les serments, parfois, c'est de la merde.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Monsieur le président,
madame, monsieur, la cour,
madame le premier juré,
mesdames et messieurs les jurés,
ce que je vais vous demander aujourd'hui, c'est difficile.
Ce que je vais vous demander,
c'est de réfléchir à la signification du mot "tuer".
Qu'est-ce que "tuer" signifie pour vous ?
Ôter la vie ?
Faire disparaître ?
Sacrifier ?
Je voudrais rappeler l'étymologie du mot "tuer".
"Tutare", en latin :
"éteindre un feu,
"étouffer."
Tuer,
c'est donc aussi parfois une forme de courage.
Madame la présidente, mon client, Marc Lagnier,
aime sa famille.
Comme vous M. le 1er juré.
Comme vous tous, mesdames et messieurs les jurés.
Le travail d'un père qui aime son fils,
c'est de lui donner les clés pour se construire.
C'est de le protéger.
Et quand cet enfant grandit,
qu'il se met à faire ses propres choix,
il vous échappe.
Un jour, cet enfant, c'est un adolescent.
Et il peut devenir un étranger,
qui ne vous parle plus de ses peines, qui s'isole,
qui prend de la drogue, qui sèche les cours,
qui s'enferme dans sa chambre.
Et malgré tout cela,
cet enfant, vous continuez à l'aimer,
parce que cet enfant, c'est votre sang,
votre famille, c'est une partie de vous.
Ce que je vous demande d'imaginer, mesdames et messieurs, c'est...
de vous mettre à la place de mon client, Marc Lagnier,
quand il a découvert que son fils était malade.
Atteint d'une maladie qui vous ronge l'âme.
Atteint d'un maladie qui vous étouffe.
Atteint d'une maladie qui vous fait voir le monde sombre et noir.
Atteint d'une maladie qui vous empêche de vivre.
Qu'est-ce que vous auriez fait ?
Qu'est-ce que vous auriez fait à sa place ?
Marc Lagnier a tué son fils.
Non. Je demande...
Il est revenu sur ses aveux, maître. Où voulez-vous en venir ?
Ce que j'essaie de faire comprendre,
c'est jusqu'où un père peut aller par amour.
Silence, s'il vous plaît.
Mon client Marc Lagnier
est un père de famille qui aimait son fils.
Un peu de silence, mesdames messieurs.
Mon client, Marc Lagnier,
dont le nom a été plus que sali ces dernières semaines,
mon client a tout fait, tout,
pour protéger son fils, mais il a échoué.
Et c'est pour ça qu'il a choisi de mentir.
C'est pour ça qu'il a choisi de s'accuser.
Et aujourd'hui, mon client...
est convaincu qu'il l'a tué, ce fils.
Mon client se sent profondément responsable de ce suicide,
parce qu'il n'a pas su l'empêcher.
C'est ça, la vérité.
Alors,
madame la présidente,
mesdames messieurs les jurés,
l'amour d'un père pour son fils...
est-il condamnable ?
Je ne crois pas.
Mlle Lagnier, vous devez être soulagée par ce verdict.
Oui.
Pardon.
Tristan.
Merci beaucoup, vraiment. Tu as été génial.
Je raccompagne mon père et je te rejoins après. D'accord ?
Je t'aime.
Bravo. Ton truc du suicide, super.
Mais t'inquiète pas, je trouverai ce qui s'est passé.
J'espère, oui.
Sous-titrage : ECLAIR
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