All language subtitles for 1978.Le t_رmoin (fr)

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Original subtitles

-Excusez-moi, où il est, l'hôtel Maurisson ?

-Qu'est-ce que tu crois, toi ? Allez, fous le camp !

Oui ? -Où il est, l'hôtel Maurisson ?

-L'hôtel Maurisson ? C'est par là.

-Par là ? -Oui.

Non, c'est par là. Tout droit, tout droit. Viens.

-Je viens avec vous ? -Oui.

Oh, merde !

Musique enjouée

Allez, viens. lls sont pas pressés.

-Alors ? -Je suis de Rome.

-Viens. Allez. -Pousse ta charrette !

-Oh, venez ! Merde.

-Bonjour, mademoiselle. Les bagages, s'il vous plaît.

Bonjour.

Tu es espagnol ? On dit "bonjour”, en France.

Bonjour. -Bonjour !

-Bonjour. Bravo !

Je croyais que c'était lui.

-Je suis la tante de Robert. Cette pension est à moi.

Elle est très calme.

Je vais vous faire visiter.

Voilà la chambre. Ça vous plaît ?

-Formidable. Merci beaucoup, madame. Fantastique !

-Vous avez vu ? -Quoi ?

Houlà ! Champagne.

"Bienvenue en France. Robert."

Gentil.

-Robert organise un dîner, ce soir. C'est à côté, au 19.

-Je sais. -Un petit verre ?

-Quoi ? Non, après.

Musique douce

-L'entrée de service,

c'est par là.

-Vas-y, toi, à l'entrée de service.

Je suis le Pr Berti. Regarde comme je suis beau.

Robert !

Merci beaucoup. -Comment tu vas ?

Je vous présente le célèbre Pr Antonio Berti,

qui va restaurer les tableaux de la cathédrale.

-Ma femme Louise.

-Plaisir, madame.

-Quand commencez-vous votre travail ? -Tout de suite.

-Ma belle-famille. Ma belle-mère,

mes beaux-frères.

-Plaisir, madame.

-Sophie ! Sophie ! Viens là.

Et ça, c'est ma fille. -Ta fille ?

Pour moi ? Le Grand Livre de la rose.

Merci beaucoup, chérie.

-Tu as vu ces têtes de connards ?

Allons boire un verre.

-Robert ! Descends. Robert !

Oh, pauvre, pauvre, pauvre tableau !

Mais il faut restaurer.

Qu'est-ce que vous avez fait de ce tableau ?

-J'ai bien fait de faire venir le Pr Berti.

-On dirait qu'il souffre beaucoup lui-même.

-Il souffre de leurs maux.

-C'est tout disparu, mon ami.

Il faut trouver une jeune fille pour servir de modèle, pour l'ange.

-Ici, les anges, on en a autant que tu en voudras. Ecoute.

-Qu'est-ce que c'est ? -Tu entends ?

Monseigneur, excusez-nous.

-Éminence…

-Viens, Antonio. -Oui.

Chant religieux

-Mesdemoiselles, da capo. Toutes ensemble.

-L'ange.

-Quel ange ?

-L'ange, pour le tableau. -Ah !

Elle ?

-La blonde.

-Tu crois ? -Ah, oui.

-Vous voilà ! J'en ai marre d'attendre.

Il fait froid, ce soir.

-Mmm ! Quelle odeur ! Qu'est-ce que vous avez préparé ?

-Des boulettes succulentes. -Spaghettis ?

Ne bouge pas, hein ? Comme ça, là…

Bernard…

Donne-moi les couleurs.

Qu'est-ce que tu fais avec la bouche ?

C'est une journée incroyable.

-Tu auras d'autres surprises.

-Ah, la pêche ! C'est fantastique.

Je suis fou pour la pêche.

-Pose tes cannes là.

-Bon voyage ! -Pose-les là.

-Je vais les mettre ici.

-Allez, viens. Viens. -Où tu vas ?

-Viens, tu vas voir.

-Robert, où tu vas ?

-Je passe par-derrière, tout le monde me connaît au village.

-Quelle importance ?

Nous allons à la pêche, non ?

Robert, mais c'est une ferme, ici.

-Oui, c'est une ferme.

-Ah ! Des chèvres ! J'adore les chèvres.

-Ah, elles sont là, mes toutes belles.

Je vous présente mon ami Antonio Berti.

Marie-Thérèse X et Madeleine… disons Y.

-Très heureux.

-On a apporté les petites affaires dont j'ai parlé ?

Oui ? Alors, c'est très bien. Va te préparer. Là.

-Vous voulez nous humilier.

-Je vous paye, moi. Vous ne trouvez pas ça humiliant ?

Allez, vite, vite.

-Ce sont des putains ? -Non.

Elles profitent de l'absence de leurs maris pour faire

des heures supplémentaires,

afin de se payer un petit manteau de fourrure.

-Elles font l'amour gentiment ? -Oui.

Moi, je les trouve propres

et puis plaisantes.

-Alors, ça va, messieurs ?

-Bonjour.

-Mais d'où il sort, ce petit bouchon-là ?

-Je m'appelle Maguy.

La nièce du métayer. -Ah !

-J'ai apporté quelque chose à manger parce que j'ai pensé que vous…

-Et comment ça se fait que je ne t'ai jamais vue ?

-J'étudie à Paris.

-Ah ? Et qu'est-ce que tu as appris ?

-Beaucoup de choses.

Elle a étudié à Paris.

Robert !

-Maguy !

Petite coquine, Maguy.

Musique enjouée

-Robert, où tu vas ? Oh !

Il fait chaud. -À Reims depuis longtemps ?

-Moi ? -Oui.

-Trois mois.

-Vous venez souvent ici ?

-Quand mon mari travaille.

-Et… Qu'est-ce qu'il fait, ton mari ?

-Il est capitaine des pompiers.

-Putain…

Et vous ?

-Je peux pas le dire.

-Non, hein ?

Nous sommes venus à la pêche.

-Qu'est-ce qu'on fait ?

Je dois aller chercher les enfants à l'école.

-Je peux aller chercher Robert.

-Je dois aussi aller… -Si vous voulez.

Je vais. Je pars et retourne.

Robert !

Robert !

Oh, Robert ! -Ah, te voilà, toi.

-Elles se sont déshabillées, les dames.

-Mais viens ! Quand y en a pour un, y en a pour deux. Allez !

-Mon Dieu, le tracteur ! Mon oncle avec le tracteur.

Robert !

-Maguy !

Putain ! Salope, tu vas voir !

-Il va nous embrocher, dépêche !

-Il vient !

-Dégueulasses ! Attendez.

-La société Atlas a demandé un renouvellement de crédit.

-C'est la 4e fois. Pas question.

-Le baron Crevert vous a longuement attendu.

-Mon Dieu, le monde va s'arrêter de tourner. Hein ?

-Robert, vous voilà enfin. Le baron Crevert…

-M'a attendu, je sais !

-Il nous a apporté 200 millions.

-Et il est reparti les porter dans une autre banque.

-Vous aviez besoin d'argent ? -Non.

-Robert, notre famille a des devoirs envers la France.

-Nous représentons les intérêts supérieurs du pays.

-Je me fous des intérêts supérieurs du pays,

comme le pays se fout de moi !

-On ne vous voit plus à la banque.

-Je m'occupe aussi d'une chorale et d'une équipe de football.

Vous me l'avez demandé pour les élections.

-Et ce petit Italien que vous voyez ?

-Antonio est mon ami. -Il n'a aucune classe.

-Parce que vous en avez, peut-être ?

Mais regardez-vous,

espèces de minables que vous êtes !

Dégénérés, impuissants !

-Notre sœur a épousé un drôle de spécimen.

-Qui a le sens des affaires, lui !

-Vous n'avez pas craché sur notre argent.

-Non. Mais maintenant, je crache sur vous, sur vos dîners,

sur vos cocktails, sur vos vies de cons,

sur vos costumes que vous me forcez à porter !

Désormais, je vis à ma guise !

Je ne supporterai pas une réflexion !

-Quelle énergie ! Je ne vous reconnais pas.

-C'est son Italien qui lui a monté le coup.

Allô ? Oh !

Bonjour, M. le président.

Robert ? Il est là. Je vous le passe.

Ne faites pas l'enfant, répondez au président.

C'est un gros client. Mais nos intérêts…

-Embrassez-moi le cul d'abord. -Vous plaisantez ?

M. le président, Robert est là.

Il arrive. Il est sur une autre ligne.

-Allô ?

Bonjour, M. le président. Non, vous ne me dérangez pas.

-Bonjour !

Cocorico, bonjour.

-Non, "bonjour”. Ça fait un mois que je t'apprends : bonjour.

-Espèce de con !

-Con toi-même. Il a vite appris ce mot.

-Madame vous a fait porter ces tableaux.

-Ah, oui.

-Ils ont de la valeur ?

-Non, ce sont des crottes. Ils valent rien.

-Vous le voyez si vite ? -Je suis un expert.

J'envoie Bernard.

-Professeur ? -Oui ?

-Vous me rendriez service ? -Dis-moi.

-Je pense avoir un tableau de valeur.

-Ancien ? -Hérité de mon grand-oncle.

-Envoyez-moi, et je le verrai. -Il est trop lourd.

Vous pourriez venir voir chez moi ?

-Tu ne vis pas à l'hôtel ?

Tu vis avec papa et maman ? -Je vis toute seule.

-Et quand je devrai venir ?

-Ce soir, par exemple. On pourrait dîner ensemble.

-C'est une invite ?

-Je préparerai un repas à l'italienne.

-Bien, et je porterai des gâteaux !

-Et l'adresse ?

Chant religieux

-Bernard, tu peux me trouver un bel bouquet de fleurs ?

-Pour mettre sur le tabernacle ? -Où je veux.

-Vous avez commis un gros péché ? -Non, pas encore.

Vieux cochon ! Très fraîches.

-Très fraîches, patron.

-Tu vois, Cathy,

quand tu seras grande, tu comprendras

que l'unique moyen d'échapper à la mort

est d'être éternel…

et de laisser une œuvre derrière soi.

Parce que l'œuvre d'art est destinée à Dieu,

et seul lui est éternel.

Cathy, tu m'écoutes ?

-Monsieur,

vous savez diviser un nombre entier par un nombre décimal ?

-Je peux te faire des dessins, comme je fais toujours,

mais les mathématiques me dépassent.

Pourquoi tu m'interroges sur les mathématiques ?

-J'aime mettre dans l'embarras des hommes adultes.

-Ah, c'est vrai ? Et pourquoi les hommes adultes ?

-Parce qu'ils sont parfumés

et qu'ils ont tant de choses à me faire découvrir.

-Mais qu'est-ce que tu veux découvrir, bambina ?

-Je ne suis plus une petite fille, je suis déjà une femme.

-Alors, je devrais te faire la cour.

-Vous pouvez pas.

Vous avez déjà pris rendez-vous avec une autre femme.

-Cathy, tu connais ma vie privée ?

-Peut-être. Vous êtes très parfumé, aujourd'hui.

-Mais je suis parfumé comme d'habitude.

Mais c'est terrible, tu sais.

-Je ne te dérange pas ?

-Non, je suis tellement content.

-Tu as l'air, oui. -Oui ?

-Je viens d'écouter la chorale, c'est une merveille.

-On va bientôt enregistrer le disque.

-Mais tu auras du succès. Tu as toujours du succès.

Tu es banquier, tu diriges une équipe de football,

tu auras du succès aussi avec le disque.

-Tu aimes faire le modèle, ma petite Cathy ?

-Ne dis pas "petite", elle se fâche.

-C'est vrai ? Pourquoi ?

-Cathy se croit déjà une femme.

Et les hommes lui plaisent parce qu'ils sont parfumés.

Robert, fais-toi sentir.

Cathy, sens M. Maurisson. Il est parfumé aussi.

-Je le connais bien, son parfum. C'est de l'eau de Cologne.

-Ah, si on pouvait savoir ce qui se passe

là, derrière…

-Terminé pour aujourd'hui. Cathy, va te rhabiller, c'est fini.

-Tiens.

Tu viens ?

Ah !

Tiens.

Je t'ai amené le billet pour le match, ce soir.

-Mais quel match ?

-La demi-finale avec mon équipe, ce soir. Je t'en ai parlé.

-Tu as raison. Excuse-moi, Robert.

Mais depuis ce matin, j'ai un mal de dents terrible.

Je prends 2 aspirines, et au lit.

-Non, 2 aspirines et tu me rejoins.

Je t'ai réservé une place à côté de moi.

-Robert, je te jure, j'ai un mal de dents terrible.

-J'apporte les violettes. Elles coûtent cher, c'est vrai.

Mais elles sont efficaces. -Ah, ça, les violettes

contre le mal de dents, c'est souverain.

-Et voilà, tu as gagné.

-Alors, tu me fais des cachotteries à ton âge ?

-Robert, je vais dire la vérité.

Je dois passer la soirée avec une belle femme, voilà.

-Celles que je te présente sont pas belles ?

-Si, mais elles sont des putes, il faut payer.

-Elle te coûte pas cher ? -Non.

C'est une femme sérieuse. Je vais l'épouser.

-Sentimental, va ! Dis-moi qui c'est.

-Non, me demande pas ça. C'est un mystère.

-Ah, tiens !

-Robert, ne me fais pas ça.

-À demain, on déjeune. -Je te dirai.

-C'est ça. -Tu verras.

Pauvre Robert… Je dois aller à ce rendez-vous.

-Voilà le professeur.

-Professeur, notre car est toujours en panne.

Sœur Marie a ramené les autres choristes. Si vous…

-Désolé, mais je suis déjà en retard.

Je peux pas. -CÇa prendra 10 minutes.

-Alors, vite, vite, vite ! Allez, allez, allez !

Vite, s'il vous plaît.

Le gâteau. Excusez.

-C'est pour moi ? -Non, c'est pour la Madone.

-C'est pas pour vous, Mlle Valentine.

Musique enjouée

Et voilà ! Bonsoir. À demain.

-Bonsoir. Merci encore.

-Bonsoir, poulette.

-Bonsoir.

-Mais, Nathalie…

Que fais-tu ici ?

-Vous me déposerez devant ma maison.

-Mais tu n'habites pas ici ? -Non, à 200 mètres.

-Ah ! Tu peux pas aller à pied ?

-Non, j'ai froid. Et il y a de la boue.

-Et voilà. Vous êtes arrivée, madame.

-Pour la petite esclave, vous allez prendre Cathy comme modèle ?

-OQui, peut-être. Pourquoi ?

-Mais elle a de tout petits seins. Des billes !

Ils sont encore plus petits que ceux du tableau.

Le mien ira mieux. Il est plus gros.

Papa dit que je suis déjà une vraie femelle.

-Bon Dieu.

-Ton père a raison, tu es une vraie femelle.

Mais va à la maison, parce que je suis en retard.

Va à la maison.

-Dites d'abord que je ferai le modèle.

-Bonsoir.

-Oh !

-Nathalie, tu fais lle modèle.

Descends ! Va à la maison, va.

-Merci, professeur.

-Descends de cette voiture.

Quelle gamine !

Et après, on dit que nous… Hein ?

Mais, Cathy ! Cathy !

Cathy !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Et merde !

-Bonsoir, monsieur.

Vous êtes en retard.

-Ah….

*Musique douce

-Hélène !

C'est moi, Antonio.

Hélène ! Ah !

Il y a de la musique.

La porte est ouverte, Hélène.

Permettez ?

C'est moi, Antonio Berti.

Je suis en retard, mais j'ai porté le gâteau, les fleurs…

Hélène !

Je suis en retard.

Hélène, vous êtes ici ?

Ah ! Excusez-moi.

Vous ne répondez pas, et j'ai appelé.

Excusez-moi. Faites sans presser.

Hélène !

Ça ne va pas ?

Hélène, s'il vous plaît !

Répondez à moi.

Qu'est-ce que vous avez fait ? Elle se drogue, alors.

Elle se drogue, celle-là. Pourquoi tu te drogues ?

Mais regarde-toi.

Regarde ta figure.

Si la police arrive, elle arrête nous deux. Hélène !

-Amore, embrasse-moi.

Oui, mon amour.

Elle m'a mordu très fort. Mais tu es folle !

-Embrasse-moi, minet.

-Minette… Et tu recommences.

-Minet, embrasse-moi.

-Elle m'a mordu. -Maman !

-Maman !

-Papa…

Tu sais qu'est-ce que je fais ? Je m'en vais.

Tiens, dors bien. -Maman !

-Minette,

dors bien.

Musique enjouée

Robert !

Robert, c'est moi, Antonio !

Oh !

Robert ! Mais qu'est-ce qu'il fait ici ?

Oh !

Robert ! Robert !

Tu te caches, hein ?

Tu m'avais dit que tu allais au football.

Tu as peur de moi, hein ?

Le football….

Bonsoir, madame. -Bonsoir, monsieur.

-Je peux boire quelque chose ? -Oui, monsieur. Vous désirez ?

-Que peut boire un homme qui a eu une grande désillusion d'amour ?

-Au sujet de la sélection…

-C'est pas moi qui fais la sélection. Bonjour.

À tout à l'heure.

C'est l'entraîneur qui décide, et les joueurs lui font confiance.

Moi aussi, je lui fais confiance.

-On nous attend à la tribune, Robert.

-Cathy n'est pas rentrée ?

-Non. Ça lui est jamais arrivé.

Quand je rentre le soir, elle est toujours là.

-Votre fille était habillée comment ?

-Comme d'habitude. Un manteau beige

et un petit bonnet fait avec de la laine de couleur.

Vous allez la retrouver ? C'est pas…

-Bien sûr. Je voudrais une photo récente.

-Oui. Mais on a que des petites photos d'amateur, vous savez.

Hein ? Je vais voir ça.

-Excusez-nous.

Bonjour, professeur.

-Qu'est-ce que c'est ? -Le petit déjeuner.

-Ah. Merci. -Je vous en prie.

-Vous n'êtes pas venu voir mon tableau,

alors je vous l'apporte.

Va-t'en, toi.

-Elle est encore dans les nuages. Ça, c'est le tableau de ton oncle ?

Mais c'est une imitation de tableau ancien.

-Qu'est-ce que je peux en faire ?

-Le jeter. -Très amusant.

Vous me faites de la peine. Pourquoi vous n'êtes pas venu hier ?

-Mais comment, je suis pas venu ?

J'ai porté le gâteau, les fleurs, mais j'ai foutu tout en l'air.

Et toi, pour me remercier, tu m'as mordu la lèvre…

qui me fait encore mal.

-Et je dois jeter cette peinture ? -Le tableau est faux.

-J'espérais en tirer 500 F. -À tort.

-Comment je vais faire ? Je t'en prie, aide-moi.

-Eh bien, je te donne les 500 F.

-C'est vrai ? Tu l'achètes ? -Le tableau, non.

-Que puis-je te donner ? -Ce que tu veux.

-Amour, embrasse-moi.

-Amour, amour, amour…

Mais….

Oh !

Nathalie, qu'est-ce que tu fais ?

Qu'est-ce que tu fais ?

-Cathy ne vient pas, alors je prends sa place.

-Mais pourquoi tu as mis le costume de Cathy ?

Quand tu t'es mis quelque chose dans la tête, tu changes pas.

Pourquoi tu veux faire le modèle ?

-Depuis que vous avez choisi Cathy,

tout le monde dit que c'est la plus belle.

-Mais pourquoi ? Tu es jalouse ?

-Oui, monsieur.

-Il ne s'agit pas de beauté.

Je comprendrais si je fais des visages,

mais je fais seulement des détails.

-C'est pas vrai.

Vous avez fait son sein, l'épaule et son œil gauche.

-Parce que Cathy, elle ressemble au tableau.

-Et moi, non ?

-Encore ?

Si Cathy ne vient pas, tu feras le modèle.

Tu es contente ? -Merci, monsieur.

-Pourquoi Cathy ne vient pas ?

-Je sais pas. Personne ne sait.

-Comment, personne ?

-Elle n'est pas rentrée chez elle, hier.

-Où elle est allée ?

-Elle a dû se trouver un nouvel amant.

-Quel amant ?

-Vous connaissez mal votre chère petite Cathy.

Elle m'a dit, un jour :

"Si je le veux, ce vieux cochon, je le ferai tourner en bourrique.”

-Et qui est le vieux cochon ?

-Je sais pas, moi. Peut-être vous, monsieur.

-Ne dis pas de bêtises. Tu es folle, aujourd'hui.

Ne dis pas comme ça. Essaye d'être plus gentille avec tes amis.

-Cathy n'est pas une amie.

-Ah !

Madonna, écoutez ces gamines.

Comment ils font à chanter comme des anges…

quand ce sont des diables ?

Chant religieux

- u u

-l! faut draguer le canal sur 500 m.

La fillette est introuvable. Aucun témoin.

-Vas-y, plonge.

-Robert, tu sais que j'ai un nouveau modèle ? Nathalie.

-Ah.

-Cathy aurait fait une escapade avec un homme.

-Qu'est-ce que tu racontes ?

-Ce sont des fantaisies de petite fille.

Ce soir, je vais voir ses parents pour savoir.

-Non, ce soir, tu viens à la maison. C'est très important.

Ces petites attendent l'audition. -Je dois mettre un smoking ?

-Un smoking, toi ? -Sophistiqué.

-Louise aime bien quand tu es élégant.

Comme d'habitude. -Qu'est-ce qu'on mange ?

Laisse-moi faire. -Robert… Et hier soir ?

-Ah, hier ? Une partie extraordinaire.

Tu as vu le résultat ? On a gagné.

-Formidable. Je le lis dans le journal.

Mais je ne parle pas de ton match,

mais d'une histoire d'amour.

-Ah, mais c'est vrai, ça.

Mais dis-moi, comment c'était ?

-Pour moi, bien.

Tu sais, la jeunesse, aujourd'hui, un peu curieuse.

-Mais dis-moi, maintenant que c'est fini. Qui c'était ?

-La femme de chambre de ta tante.

-Hélène ?

Ah, bravo ! Belle…

-Toi, Robert… où tu étais ?

-Ouù j'étais ? J'étais au stade en train de soutenir l'équipe.

-Après, tu as soutenu l'équipe. Mais avant le match, où tu étais ?

Hein ?

-Excuse-moi, je comprends rien de ce que tu me racontes.

-Hier soir, je suis passé

devant ta maison près du canal,

et qui j'ai vu ?

-Qui tu as vu ? -Hm.

-Je sais pas, moi.

-Toi. Devant la maison.

-Qu'est-ce que je faisais là ?

-Je ne sais pas. -Ah !

-Oh ! Je t'ai vu, je t'appelais.

-Si tu m'avais appelé, je t'aurais répondu.

-C'est ça que je me suis demandé.

Je l'appelle, et il me répond pas, c'est bizarre.

-Depuis le temps qu'on se connaît, j'ai pas de secret pour toi.

-Si tu me dis que c'est pas toi, je te crois.

Mais si c'était pas toi, qui c'était ?

Peut-être que c'est un voleur.

Musique enjouée

Alors, je suis descendu…

j'ai regardé, je suis allé là.

Viens. Hé, Robert, viens.

-Antonio, quel besoin de venir ici ?

-Viens, que je te montre.

-J'ai du travail, moi.

-Quand je suis arrivé à la grille, j'ai appelé : "Robert ! Robert !"

Mais tu avais disparu. -Dans quelle direction ?

-"Quelle direction ?" Tu as disparu.

-C'est une ombre que tu as vue. Allez, viens.

-Non, Robert, quelle ombre ? Pour moi, c'est toi.

-C'était moi parce que c'était devant ma maison.

La porte est ouverte.

-Quand je l'ai appelé, il a fui et a laissé la grille ouverte.

-Peut-être qu'il est encore là et qu'il nous attend.

Peut-être avec un pistolet.

-Qui sait ?

-On devrait appeler la police.

-Pour quoi lui dire ? Que tu as vu un fantôme ?

-Il y a des fantômes, ici ?

-Beaucoup de gens sont morts, ici, Antonio.

Allez, entre.

Entre ! Mais qu'est-ce que tu as ?

Tu as peur ?

-Non, mais je ne connais pas. C'est mieux que tu passes devant.

-Tu vois ce que je te disais tout à l'heure.

Y a rien à voler, ici.

Quelques babioles, quelques vieilleries…

le vieux Pulcinella, Antonio.

-Quand tu étais petit ? -Et si.

-C'est une terrasse ? -Non, un jardin d'hiver.

-Ah, joli !

-Petit violon.

Des souvenirs d'enfance.

Ça n'intéresse personne, les souvenirs d'enfance.

Je venais souvent ici, tu sais…

passer quelques heures avec ma mère.

Même après mon mariage.

Parce que j'ai pas fait un mariage d'amour, Antonio.

J'ai voulu être riche, j'ai épousé Louise…

et je suis riche.

Remarque, je lui ai jamais menti.

Et j'ai rien à lui reprocher. Elle m'a toujours compris.

-Tu as épousé une femme riche, noble,

qui te comprend et te pardonne. Que veux-tu de plus ?

-Bon. Tu vois, y a rien d'autre.

Pas très tentant, pour un cambrioleur.

-Non.

Et ici ?

Viens un peu voir.

C'est ici que tu amènes tes conquêtes, hein ?

C'est ici que, le soir, tu viens le cœur léger.

C'est sur ce plumard que tu les culbutes, hein ?

-Qu'est-ce que tu dis ?

Qu'est-ce que tu dis ? -Qu'est-ce que tu fais ?

Robert, oh !

Je plaisantais.

-Oui… Enfin, excuse-moi. Moi aussi, je plaisantais.

-Merde, alors…

Tu plaisantais ?

Tu aurais pu m'étrangler.

Mais qu'est-ce que j'ai dit ? Oh ! Je te connais très bien, Robert.

Qu'est-ce que tu viendrais faire ici ? Les cabrioles ?

-C'est sur ce lit que ma mère est morte.

-Excuse-moi. Je ne savais pas.

-J'aimais beaucoup ma mère.

On s'entendait bien, tous les deux.

On se comprenatt.

Comme on se comprend tous les deux aussi.

Tu es le seul ami qui m'ait jamais rien demandé.

-Je n'ai jamais eu besoin de toi, c'est pour ça.

Aïe !

-Tu vas voir, si je t'attrape !

-En tout cas, ici, il se passe rien.

-Et ce bonhomme que tu as vu hier ?

-Sûrement un pauvre type.

Il avait un besoin urgent, il a préféré faire ici.

-Il est venu chier dans mon jardin ?

Eh ben, bravo.

-Que se passe-t-il ? -On cherche Cathy.

-Elle s'est noyée ? -Ils draguent le canal.

-Ce sera long, inspecteur. -Y a pas de courant ?

-La nuit, on n'écluse pas. Ça évite la dérive des corps.

Mais ça fait un sacré morceau à explorer.

Musique enjouée

-Allez, allez.

-Encore quelques chaises là-bas, s'il vous plaît.

Là, par ici, là, là et là-bas aussi.

Il chantonne.

-Hop là !

Musique enjouée

-Bonsoir, Monseigneur. Merci.

Il chantonne.

-Professeur, il y a du nouveau. -Quoi ?

-Cathy…

-Ils l'ont trouvée ? -Elle est morte.

-Laissez-le passer. -C'est le père.

-Foutez-lui la paix. -Que se passe-t-il ?

-S'il vous plaît !

-Pauvre homme ! C'est le père de la gosse. Le voilà.

-Inspecteur ! Commissaire !

-Oui, plus tard. -On veut des détails.

Mais écoutez,

elle s'est noyée ?

-C'est là qu'elle s'est noyée ? -Oui.

Mais l'eau a traîné le corps plus loin.

-C'est un accident ?

-On sait pas. Peut-être. La police cherche.

-Commissaire… -Ça va, foutez-lui la paix.

C'est le père de la gosse.

Chant de chorale

-Psst ! Robert !

-Jolies petites filles.

-Psst ! Robert !

-Alors ? -Je me méfie des ensembles de gosses.

En général, ça sent le patronage.

Mais là, bravo, mon cher. C'est excellent.

-Robert ! -Chut !

Un peu de tenue. -Il est arrivé une catastrophe.

Cathy, elle est morte. -Oh, la pauvre petite…

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu tenais tant que ça à me montrer ton smoking ?

Et tes belles chaussures ?

-Non, laisse tomber les chaussures.

Robert, il est arrivé un malheur.

-Quoi donc ? -Cathy est morte.

-Comment, elle est morte ? C'est un accident ?

-On sait pas. Les policiers font l'enquête.

-Où ça ?

-Elle s'est noyée dans le canal. On l'a repêchée près de chez toi.

-Près de ma maison ? -Près de la maison du canal.

Tu te rappelles que je t'ai dit au restaurant…

-On va parler de ce contrat ? Je vous dérange ?

-Pas du tout. Asseyez-vous là.

Pardon, je vous avais abandonné.

-Au restaurant, tu te rappelles…

-Oui. Excusez-moi, une petite chose à…

Va, va.

Vous avez un exemplaire du contrat ?

-On peut le signer dès maintenant.

-La mort de cette enfant est très regrettable,

mais je ne peux pas déranger mon mari en ce moment.

-C'est que, madame,

la petite Cathy Massis a été assassinée.

-Assassinée ? Et qui l'a assassinée ?

-C'est la question à laquelle je cherche une réponse.

Vous êtes ? -Antonio Berti.

Je suis peintre à la cathédrale. Cathy était mon modèle.

-Cet homme-là mérite la guillotine, commissaire.

-Il faut d'abord le trouver.

Et nous n'avons contre lui aucun témoignage valable.

-Vous n'avez pas de témoin ? -Qu'y a-t-il ?

-Commissaire Guérin, de la brigade criminelle.

La petite Cathy Massis a été étranglée

avant d'être jetée à l'eau.

J'aimerais voir l'intérieur de votre maison près du canal.

-Pourquoi cela ?

-On a retrouvé une des chaussures de la petite

le long du mur du jardin.

-À la maison ? C'est pas possible.

-Antonio, laisse parler le commissaire.

-La chaussure était dans une flaque de boue.

À l'intérieur, il est possible que nous trouvions…

d'autres indices.

-Bien. Louise, voulez-vous tenir compagnie à M. Lombrozus ?

Je vous accompagne. -Je viens.

-Oui, venez avec nous, M. Berti. -Mais c'est inutile.

-M. Maurisson, c'est moi qui mène l'enquête.

M. Berti semble intéressé par cette affaire.

-Bon. Permettez qu'on mette nos pardessus ?

En échange, je vous donnerai une place dans ma belle voiture.

-Robert, si le commissaire me demande quelque chose,

je dois dire quoi ?

-Sur quoi ?

-Sur ce que je t'ai dit. -Qu'est-ce que tu m'as dit ?

-Que je t'ai vu devant la maison. -Ce n'était pas moi.

-Oui, mais je t'ai vu.

-Tu sais ce que peut provoquer ce genre de confidence ?

-Quoi donc ?

-I m'accusera du crime et m'enverra à la guillotine.

-Oui, ta femme m'a dit ça.

-La guillotine, tu connais ? -Non.

-C'est une grande lame, bien aiguisée, qui coupe la tête

et l'envoie dans un panier.

-ll vaut mieux être sûr de soi avant d'accuser quelqu'un.

Parce qu'une tête coupée, on ne peut pas la recoller.

-Robert, on m'a dit qu'en Russie, on a recollé la tête d'un chat.

-Va te faire foutre, avec tes Russes.

-Je ne viens pas, comme ça, je ne dis rien.

-Tu dois venir, si. Il nous attend. Allez, va.

-M. Berti,

la petite Cathy venait poser chez vous tous les jours ?

-Oui, M. le commissaire, tous les jours.

-Elle posait nue ?

-Non, nue ? J'ai pas besoin nue.

Seulement un peu l'épaule et le sein, pas le cul.

-Ah, le sein. Tiens, tiens.

-Il s'agissait d'un tableau religieux.

Ne vous laissez pas aller à votre penchant pour le sordide.

-Mais je passe mon temps dans le sordide, M. Maurisson.

Mais là, il s'agit du crime d'un détraqué.

Ça peut être n'importe qui.

-Surtout un maniaque sexuel, non ?

-C'est bien ce que je dis. N'importe qui !

-Vous n'allez pas un petit peu trop loin ?

-Écoutez, il faudrait peu de choses

pour rendre une obsession dangereuse.

Il suffit d'une voisine qui passe le cul nu…

-Ou un voisin.

-Ou un voisin, oui.

Ou une petite qui pose à poil, ou presque à poil, hein ?

Elle ne veut pas, elle résiste, et c'est le viol et le meurtre.

-En plus, on l'a violée ?

-Oui.

-Alors, écoutez, je vais dire une chose.

Je l'ai vue, Cathy, hier soir.

-Où ça, tu l'as vue ?

-Laissez-moi poser mes questions moi-même.

-Je vous en prie, vous êtes payé pour ça.

-Je l'avais dit à…

-Dites-le à Moi. -Je le dis à vous.

Musique douce

Voilà, M. le commissaire. C'était 20 h, 20 h 30, à peu près.

J'accompagnais Mille Valentine et tous les petits

parce que le Pullman était en panne.

J'ai fait ce chemin parce que j'avais rendez-vous par là.

Et c'est ici que j'ai vu Cathy, qui marchait le long du canal.

-Par là ? -Oui, par là.

-À l'opposé de son domicile ?

-Oui. Et c'est ça que je me suis demandé.

-Attention. Tu es sûr que c'était Cathy ?

-Je la connais très bien. C'est mon modèle.

-Mais à cette distance, on peut se tromper.

-Laissez-moi poser mes questions.

M. Maurisson…

Pour éviter de surcharger d'éventuelles empreintes…

Oh, pardon.

-Moi ? -Moi de même.

M. Maurisson, à part vous, qui possède la clé de cette porte ?

-La femme de ménage en a une. La 3e, j'ignore où elle est.

-Ah.

Et là-haut, qu'est-ce qu'il y a ? -Rien.

-La salle de jeu de Robert

et une grande chambre avec un grand lit.

-Vous connaissez bien la maison. -Nous sommes venus cet après-midi.

-Bon.

Toi, tu fouilles le rez-de-chaussée, moi, je monte à l'étage.

Venez avec moi.

-Robert, je viens ? -Reste là.

-Permettez ? Je m'assois parce que…

Ces choses de la police, elles me donnent…

Les gants, je suis pas habitué.

-Savez-vous ce que sont ces taches, M. Maurisson ?

-Aucune idée, M. le commissaire.

-Ce sont des taches de sperme.

-J'espère que vous réfléchissez

avant d'émettre de telles suppositions,

parce que ce lit est le lit sur lequel ma mère est morte.

-Oh, mais je comprends votre émotion.

Mais dans les circonstances actuelles,

c'est une hypothèse qu'il faut que je vérifie.

-Oui, oui, bien sûr.

-Ces taches étaient-elles là cet après-midi ?

-Je n'ai pas fait attention.

Mais vous pouvez interroger la femme de ménage.

-Elle vient régulièrement ? -Oui.

Son mari aussi, d'ailleurs, pour différentes bricoles.

-Comment s'appelle-t-il ? -Je ne sais pas.

-Mais non, la chapelle Sixtine, elle est à Rome.

Vous connaissez le pape ? C'est là que je fais mes fresques.

-Il y a des taches de sperme sur le lit, là-haut.

-Ce serait dans cette maison que la petite Cathy a été…

-Assassinée, oui. Et violée, oui.

Vraisemblablement, oui.

-Remets-toi. -Alors…

Celui que j'ai vu devant la maison, hier soir, c'était…

-Hier soir ? Que voulez-vous dire ?

-Qu'est-ce que je voulais dire ?

-Dites-moi ce que vous savez à propos d'hier soir.

-Si tu sais quelque chose, dis-le au policier.

-Oui.

Alors…

M. le commissaire,

hier soir, je suis passé dans cette petite route.

Et devant la maison, j'ai vu quelqu'un,

un homme, une ombre.

Dans mes phares, je l'ai vu.

Et il s'est caché,

il a disparu.

-Pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt ?

-Il n'était pas encore

au courant de votre géniale hypothèse.

-Ah non ?

Monsieur aperçoit

un inconnu qui se dissimule

à l'endroit où il a vu pour la dernière fois

la petite Cathy, et il ne pouvait pas deviner ?

-Je peux.… -Comment était ce type ?

-""Comment il était ?"

Je l'ai vu seulement un moment dans mes phares, et c'est…

Hein ? Quoi ? -Vous êtes peintre ?

-Oui. -Vous savez observer.

Faites-moi une petite silhouette. -Oui, M. le commissaire.

-Il est grand ? Petit ? Mince ?

-Il est grand. Grand. Oui.

Euh…. Non, non, il est petit.

Oui.

Enfin, peut-être qu'il était grand,

mais je dis petit

parce qu'il s'est accroupi.

-Et sa tête ?

A -La tête…

Sa tête, son visage,

je l'ai vu seulement un petit peu. Il avait un chapeau.

-AN.

Chapeau melon ? Haut de forme ? Blanc ? Gris ?

-Blanc, informe, noir… Un chapeau.

Non, une casquette.

Une casquette, si.

Oui, je me rappelle, une casquette. Comme ça, presque ça.

Regardez,

M. le commissaire.

-Bon. Il va falloir que je me débrouille avec ça.

Marquais, tu relèves le nom et l'adresse

de la femme de ménage de M. Maurisson.

M. Maurisson, je suis désolé,

mais je vais devoir poser les scellés sur votre porte.

-Vous êtes sûr que c'est le lieu du crime ?

-J'ai de fortes présomptions.

Si vous voulez être gentil, donnez-moi votre clé.

-Mais… bien volontiers.

Vous pouvez finir le champagne, ça calmera vos humeurs.

Tu viens, Antonio ?

Antonio ! -Hein ?

M. le commissaire, je vais.

M. le commissaire, les gants,

parce que je pars avec Robert.

M. le commissaire, peut-être que cet homme,

il avait un blouson.

Je voulais dire parce que… -Tu viens ?

-Si, je viens.

-Pourquoi est-il aussi agressif avec toi, mon biquet ?

-Parce qu'il n'aime pas les pédés…

et que moi, je n'aime pas les riches.

-C'est votre maison ?

-Oui, monsieur.

Viens, Antonio. Au revoir.

-Robert…

cette situation, elle m'a mis nerveux.

Et la police, elle me fait peur. ÀA toi, non ?

-Moi, c'est pas la police qui me fait peur, c'est toi.

-Moi ? Pourquoi ?

-Il y a des moments oùÙ tu me regardais comme un fou.

J'ai même cru que tu allais dire m'avoir vu.

-Oui, à un moment. Mais je me suis repris.

-Heureusement ! Au début, tu disais n'importe quoi.

Tu as dit qu'il était grand, puis petit.

Ensuite, tu as dit qu'il s'accroupissait.

-Qu'est-ce que je dois dire ? Qu'il est grand, gros, comme toi ?

Et le commissaire te demanderait où tu étais.

Hier soir, où tu étais à 20 h 30 ?

Oui, Robert, où tu étais ?

-Je te l'ai dit, j'étais avec les deux filles.

-Oui, tu m'as dit, mais…

-Bon. Ils sont partis sur une fausse piste.

Ils vont pas le retrouver. -Par ma faute.

-Remarque, il a peut-être laissé des empreintes.

-Peut-être qu'il y a un autre qui l'a tuée.

-Peut-être aussi, oui.

-Écoute, Nathalie.

Mais tu me disais un jour que Cathy, elle avait…

un amant, un bien cochon. Tu m'as dit ça.

Et tu l'as vu, ce vieux cochon ?

-Bien sûr. -Et comment il est ?

Il est jeune ? Il est vieux ?

-Ni jeune ni vieux.

-Ni jeune ni vieux…

Et comment il est ? Il est petit ? Il est grand ?

-Il est petit.

-Il est petit.

-Non, il est grand.

-Comment, grand ?

-Grand.

-Grand…

Grand comme M. Maurisson ?

-Non, plus grand.

-Écoute, Nathalie.

Tu joues avec moi, tu dis des bêtises.

J'ai l'impression que tu dis des inventions.

-Non, je le connais bien.

-Alors, dis-moi qui c'est.

-Non, je te dirai pas. Tu le sauras quand je le dirai à la police.

Ils l'arrêteront,

le condamneront à mort,

et ça sera bien fait.

-Je l'ai vu tellement vite, je peux pas être sûr.

Oui, il a la même taille, mais…

Non, c'est pas lui. Non, non.

-Vous êtes sûr de vous, tout à coup. Allez, reprenez votre place.

-Envoyez le suivant.

-Moignard !

C'est à vous.

Selon vous, M. Maurisson, en tant que mari de la femme de ménage,

il aurait pu avoir les clés ?

-J'en sais foutre rien, mon vieux.

-Alors ?

-Il a le même blouson et la même casquette, mais non.

-Vous avez la trouille de vous mouiller.

Ça vous fait rien, le meurtre d'une gamine ?

-Je sais que l'assassin risque la peine de mort.

-Vous en êtes partisan ? -Non.

Mais je ne peux pas inculper quelqu'un

que je suis pas certain.

-Il faudra bien que je m'en contente. Eteignez vos phares !

Mettez-vous là. -Oui.

-Par là. Pas toi.

Lya 17 ans, à Mourmelon,

un jeune soldat qui faisait son service militaire

a violé une gamine de 12 ans.

Ce soldat, c'était toi. Hein ?

-J'ai payé pour ça.

-Oui, mais tu récidives. Et cette fois, tu l'étrangles.

-Là, c'est pas moi.

-Nous verrons ça dans notre bureau. -C'est pas moi !

Croyez-moi !

-Le petit fonctionnaire vous remercie de votre aide.

Musique enjouée

-Antonio, j'arrive.

Mado ?

Mado !

Mad….

Ah !

Bonsoir, M. le préfet.

-Bonsoir. -Cochon…

Ah, Mado.

-Si mon mari me voyait dans cette tenue…

-Mado, mardi soir, de 19 h jusqu'à 21 h…

Robert est venu chez vous ?

-Mardi…

Non.

Pour l'anniversaire de mon mari, on est allés au restaurant.

-Et Marie-Thérèse ?

-Elle est en voyage depuis 8 jours.

-Sacré Robert.

Il m'a dit qu'il a passé la soirée de mardi avec vous deux.

Merci.

-Au revoir, Antonio.

Le préfet m'attend. Il me donne 1000 F.

À la prochaine.

-Au revoir, madame. -Au revoir.

-Louise, ça y est, ils ont arrêté l'assassin.

-Qui est-ce ? -Moignard.

C'est notre ancien jardinier. Il avait gardé une clé de la maison.

Il avait déjà violé une fillette quand il était soldat.

-C'est vilain de toucher aux fillettes.

-C'est pas joli, joli. -On lui coupera la tête.

Dis-moi, cette affaire te tient à cœur, décidément.

Tu ne parles que de ça.

-Peut-être parce que notre fille a le même âge que la petite Cathy.

C'est grâce au témoignage d'Antonio qu'on a pu l'arrêter.

Curieux, ça, non ?

-C'est un homme providentiel, ce monsieur.

Il restaure les vieux tableaux, console les dépressifs

et fait arrêter les satyres. -Moi, le dépressif ?

-Il semble tenir une grande place dans ta vie.

-Oui. C'est vrai, je l'aime bien.

Il est gai, il est simple, il m'aime bien aussi.

C'est ma petite famille, à moi.

-Et moi ? Qu'est-ce que je deviens dans cette histoire ?

-Antonio !

Tu n'es pas prêt ? On va à la chasse, ce matin.

Il nous faut une heure.

-Je suis pas un chasseur. J'ai rien à mettre pour la chasse.

-Je t'habillerai là-bas.

-Robert, je ne viens pas. -Tu es encore fâché avec moi ?

-Fâché ? Je suis énervé, révolté, j'ai pas dormi de la nuit.

Regarde ! -Oui, j'ai vu.

Tu aurais dû dormir tranquille.

-Ah, tranquille ? Parce que tu dors tranquille ?

-Parfaitement tranquille. L'assassin est trouvé.

En plus, c'est grâce à ton témoignage.

-Robert, je ne viens pas à la chasse !

-Si, tu viens. -Non !

-Oh, quel courage ! C'est vous, le témoin ?

-Tu vois, on te reconnaît. -Le témoin.

-Le témoin ? -Si, si, le témoin.

IIs sont tout contents. -Viens.

-Mlle Hélène Mathieu ? -Oui.

-Police.

Musique enjouée

-Ne pense plus à rien et amuse-toi.

-J'envoie un homme à la guillotine, et tu me dis "amuse-toi" ?

Ton chapeau, ton pardessus… Je le reconnais, ton pardessus.

Oui, l'autre soir, tu l'avais. Je l'ai vu, ton pardessus.

-Évidemment, mon pardessus.

En hiver, un pardessus, c'est normal.

Je ne suis pas le seul à en avoir un.

Si tu continues, tu vas m'envoyer à l'échafaud.

-Arrête-toi.

-Antonio ! Enfin, où est-ce que tu vas ?

Mais…

Si je te jure sur la Madone que je n'étais pas dans la maison…

-Je ne sais pas si tu étais dans la maison.

Mais je suis vraiment sûr que tu es devant.

Tu n'étais pas chez les putes, je l'ai demandé.

-Parce que tu as fait ta petite enquête ?

-Si. Je veux savoir si tu as dit la vérité.

-Mais si je ne peux dire pas même à toi

où j'étais ce soir-là !

-Et le jardinier arrêté par ma faute ?

Tu veux le faire condamner !

-Je peux pas me dénoncer pour un crime que j'ai pas commis !

-Robert, je suis profondément croyant.

Je ne peux pas mentir. Je dis tout qu'est-ce que j'ai vu.

-Ce que tu crois avoir vu !

Ce que tu crois avoir vu, imbécile !

-Je vous avais dit que c'était pas moi !

J'avais la clé, mais j'étais pas le seul !

Les flics, ça réfléchit pas, ça regarde les fichiers !

Espèce d'enculé ! Pourriture ! Ordure ménagère !

Vieux tapin ! Je vais te bourrer la gueule !

-Alors ?

-Il a un alibi en béton : le soir du crime,

il a semé la merde dans un café du bord du canal.

Il était complètement bourré. Il ne se rappelle plus trop.

On a réuni des témoins.

-Et vous l'avez relâché ? -À contrecœur.

-Et pourquoi ?

-Il m'a craché à la figure et m'a traité d'enculé.

-Le crachat était UN peu de trop.

-Non, celui qui aurait eu le plus de facilité

pour commettre ce meurtre, c'est M. Maurisson.

Il connaissait la petite et il avait la clé de la maison.

-Maurisson, c'est le personnage le plus important de la ville.

Ôtez vos sabots avant de foncer. -J'y penserai.

Ily a aussi l'Italien,

un type transplanté, loin de chez lui, sans femme.

Ça, c'est un cas classique.

Il est pas franc, ce Berti. Il est toujours collé avec Maurisson.

Et la 3e clé, c'est peut-être lui qui l'a.

-Commencez par lui. Il a un alibi ?

-Oh, les alibis… Il a passé la soirée avec la bonne de l'hôtel.

-Vous avez contrôlé ? -Elle est là, cher monsieur.

Je vais l'interroger.

-Bien.

-Hélène Mathieu.

Née le 16 mars 1957 à Lyon.

Célibataire.

A avorté trois fois…

dont deux fois clandestinement.

-Des fausses couches. -La drogue.

-Je ne me pique plus. Je travaille, maintenant.

-Tu travailles pour te piquer.

Et tu couches avec les clients ?

-Non. J'ai un appartement avec mon fiancé.

C'est lui qui paye.

-Comme c'est mignon, tout ça.

Et le soir où la petite Cathy a été assassinée…

tu étais avec ton fiancé ?

-Non, il était de service.

-Personne n'est venu ce soir-là chez toi ?

Pas même M. Berti ?

-M. Berti n'est jamais venu chez moi.

-Même pas pour expertiser un tableau ?

-C'est moi qui l'ai porté à l'hôtel.

Demandez à Simone. -Eh ben, je convoquerai Simone.

Au revoir, mademoiselle.

-Monsieur, si ça fait du tort à M. Berti,

je peux dire

le contraire.

-Quelle belle âme de femme ! Allez, tire-toi.

Allez, tu peux te tirer. Salope !

Air aux cors de chasse

-Voilà. Là, on n'est pas trop loin.

Duren, à votre poste avec Georges.

Et Henri, je vous rejoins.

Alors, Antonio…

Tu vas pas faire la tête dans ton beau costume ?

Tu vas pas nous gâcher cette journée de chasse !

-J'ai pas voulu venir. C'est toi qui m'as porté à la chasse.

Qu'est-ce que je dois faire ?

-Tu dois me croire et rester tranquille.

T'as compris ?

Je veux être sûr que tu oublieras toute cette affaire.

-Oublier ? Comment je peux oublier ?

Ne parle pas… Qui ne parle ?

Seulement les morts ne parlent pas.

Robert ! Où il est, M. Maurisson ?

-Je l'ai pas vu. Je sais pas où il est.

-Qu'est-ce que vous dites ? Il était ici.

Robert ! Robert !

-Hé ! Oh!

Avec la chevrotine, ça va pas ?

-Non, je suis pas un chasseur. Je regarde seulement.

Tiens, j'ai pas besoin de ce fusil.

Je ne voulais pas venir à la chasse. Je suis venu comme ça,

pour faire une promenade. Une belle promenade.

Tu m'as voulu tuer, imbécile !

Tu m'as voulu tuer.

Ah, c'est le sanglier que tu as visé. J'étais à côté.

-Je l'ai eu ! Regardez-moi ça.

Ah, c'est moi ! C'est moi qui l'ai eu !

C'est moi.

-Bravo.

Ils sont incroyables, ces chasseurs.

Oh !

Je suis pas un sanglier, oh !

Non ! Non !

Ne me tuez pas ! Ne tirez pas !

C'est moi ! C'est moi !

Au secours ! Au secours !

Au secours !

Au secours !

Des sables mouvants !

Les pieds s'enfoncent. Ah !

Aidez-moi ! Je peux pas nager !

Je vais mourir !

-On appelle au secours. Allons voir. -CÇa vient de par là.

-Robert ! Robert, aide-moi !

Aide-moi, Robert !

Non ! Non !

-J'ai rien vu de mon côté.

-Alors, avertis les autres, Fernand !

-Tu as voulu me tuer

parce que je suis le témoin, Robert ?

Tu as tué la petite Cathy…. C'est vrai ?

-Je ne voulais pas.

-Mais un petit comme ça avec ce petit âge…

-Ah, l'âge…

Pour des filles comme elle, ça veut rien dire.

Elle savait déjà beaucoup de choses. Beaucoup, crois-moi.

-Alors, tu as profité de cette expérience…

-Parce qu'un soir,

dans ma voiture, elle a pris l'initiative.

Alors, au début, j'ai voulu jouer les cyniques, mais…

je me rendais pas compte que, peu à peu, elle m'envoûtait.

Si tu l'avais vue dans ces moments-là, Antonio…

Elle avait un drôle de petit sourire.

C'est plus une gamine.

C'était une femme, une vraie femme…

Et ce soir-là,

je lui avais donné rendez-vous à la maison.

Elle est arrivée,

nous sommes montés dans la chambre, elle a grimpé sur le lit…

et elle s'est mise à jouer à la femme.

Elle a croisé les jambes, elle a allumé une cigarette.

Et moi, j'ai eu envie…

de la posséder comme une femme.

Alors, je me suis approché d'elle.

Je l'ai prise dans mes bras.

Je me suis… allongé sur elle.

Alors, elle s'est débattue.

Elle a crié…

-Tu as bien fait de parler, de tout me dire.

Robert, tu n'as pas voulu la tuer.

Tu as perdu la boule. Ça peut arriver à n'importe qui.

Un jour, figure-toi, dans mon pays, j'attendais l'autobus.

Tout d'un coup, mon regard se fixe sur le cul d'une religieuse.

Et tellement je la fixais que je ne pouvais plus m'arrêter.

Si, c'est vrai.

Et l'autre soir avec Nathalie, tu sais, l'amie de Cathy...

Elle s'est mis dans la tête de faire le modèle.

Alors, elle s'est ouvert son corsage,

comme ça,

et alors, devant ses petits seins…

Tu sais, je me suis senti comme la révolution en moi.

Par miracle, je la fais descendre avant de la toucher…

Sois tranquille.

Je voulais te dénoncer, tout dire au commissaire, mais…

Mais je ne peux plus.

Je ne peux plus, Robert.

Mon ami.

Chant religieux

-Le grand type en noir, tu vois ?

C'est lui, Maurisson.

-Le crime a eu lieu chez lui.

-C'est peut-être un de ses copains.

-En tout cas, il s'est fendu de la plus belle couronne.

-Seigneur,

nous te recommandons notre sœur.

Ton amour l'a accompagnée tout au long de sa vie…

-M. Maurisson !

-Oui ?

-Le soir du crime, entre 19 h 30 et 20 h 30,

n'étiez-vous pas avec M. Berti ?

-Absolument pas, M. le commissaire.

Il vous le dira si vous vous donnez la peine de lui demander.

Il était avec une femme, je crois.

-Tandis que mon mari était avec moi.

Il y avait également mon père, le général et mon frère.

-Mais je ne vous l'ai pas demandé.

Je vous remercie.

Vous avez raison, je vais bavarder un peu avec M. Berti.

-Tu as deviné ?

-Ce n'était pas bien malin.

Ce que tu éprouvais pour cette putain était visible.

Ta façon de la regarder.

Ta nervosité.

Ce n'était plus tes coucheries avec tes call-girls de luxe.

Tu avais franchi une étape.

Bien que tu sois devenu plus dépravé, ça n'avait aucune importance.

-Non, je ne tranchais pas tellement sur le reste de la famille.

-Je ne te pensais pas capable de meurtre.

-Moi non plus.

-Au jour de ton baptême, tu l'as accueillie.

Maintenant qu'elle nous a quittés…

-Pourquoi t'as dit que c'était moi, sale Rital ?

-C'est pas moi !

J'ai dit que c'est pas toi.

-C'est une réaction humaine. Vous n'avez rien à vous reprocher.

-C'est vous qui m'avez mis dans cette situation.

J'ai dit que c'est pas lui que j'ai vu devant la maison.

-Qui, mais vous ne m'avez pas dit qui vous aviez vu.

-Non, j'ai pas dit. -Pourquoi ?

-"Pourquoi ?" Parce que je sais pas.

-Vous ne savez pas ou vous ne voulez pas le dire ?

-Qu'est-ce que je dois dire, M. le commissaire ?

-Par exemple, OÙ étiez-vous le soir du crime ?

-Hein ? "Où ?"

Comment ça ? Mais…

Vous le savez. Je l'avais déjà dit.

-Eh bien, redites-le-moi.

-Le soir…

J'étais avec la femme de chambre de l'hôtel, Mlle Hélène.

-Vous êtes sûr ?

-Comment, sûr ? Certain.

-Et vous êtes certain de ne rien avoir d'autre à me dire ?

-J'ai tout dit, M. le commissaire.

-Non, M. Berti, vous n'avez pas tout dit.

Vos travaux à la cathédrale sont-ils terminés bientôt ?

-Non, je dois encore finir des drapés, des corps dénudés…

2 semaines presque. -Alors, nous nous reverrons.

Et cette fois-là, vous me direz tout ce que vous savez.

-Mais qu'est-ce que je dois dire ? -Tout.

-Tout ? -Tout.

-Tout ? OK.

Il croit que c'est moi.

-Convoque-moi Valentine et Nathalie après déjeuner.

Monsieur, je partage votre émotion.

Le salopard qui a fait ça, je vous jure qu'on l'aura.

-Vous savez qui c'est ?

-Non, malheureusement, il faut des preuves.

Peut-être, à cet égard, pourrez-vous nous aider.

Cathy vous a-t-elle parlé des gens qu'elle voyait ?

-Vous savez, en dehors de la chorale…

et de cet Italien pour qui elle posait…

-Antonio Berti.

Elle vous en a parlé ?

-Pas précisément, mais…

Elle le disait gentil avec elle. Il l'aidait à faire ses devoirs.

Non…

-Vous dites avoir surpris M. Berti dans sa voiture

avec la petite, et dans une position équivoque.

-Équivoque ? -Oui, très équivoque.

-"Je signe et je persiste." -Signez.

-Vous savez qui c'est, maintenant ?

-Rentrez chez vous, M. Massis. On vous tiendra au courant.

-Ils vous ont dit qui c'était ?

-Ils m'ont interrogée uniquement sur Antonio Berti.

-Ils le soupçonnent ?

-Qu'est-ce qu'il t'a fait, ce M. Berti, dans sa voiture ?

Il t'a touchée ?

-Il m'a...…

-Il a essayé de te déshabiller ? -Oui.

Tous des cochons, les vieux.

-Tu te rends compte, Henri ?

-OQui. Oui, mon biquet.

Musique enjouée

-Antonio, tu es là ? Je te cherche partout, bon Dieu !

Tu m'évites ? J'ai des choses importantes à te dire.

-Je suis ici. Après ce qui s'est passé…

-Je sais. -Tu as vu ?

Le jardinier m'a attrapé. Il voulait m'étrangler.

Et le commissaire, l'inspecteur : "Allez-vous me dire ?"

"Qu'est-ce que je dois dire ?" “"Tout.”

-Et qu'est-ce que tu lui as dit ? -Rien. Je suis resté muet.

Robert, je pense que celui-là, ïl me soupçonne moi.

-Guérin ?

-Bien sûr qu'il te soupçonne. Il a besoin d'un coupable.

-Son comportement, quand il m'a interrogé…

Il m'a fixé avec des yeux de fou.

-Non, ce sont des yeux de pédé.

-Ah ! Il est pédé ?

Je savais pas. -Qu'est-ce que ça peut te faire ?

Tu as un alibi, toi. -Quel alibi ?

-Hélène… Ta fiancée, comme tu disais !

T'as bien été à son appartement ? -Et qui le sait ? Seul moi le sais.

Elle se rappelle rien. Je suis resté 5 minutes.

-Tu disais y avoir passé la nuit ?

-Parce que je suis un con.

Je voulais que tu saches que je l'avais baisée.

Robert…

Tu penses quoi ?

Hein ?

-Eh ben, mon pauvre Antonio… T'es bien dans la merde, toi.

Si, mon vieux.

-Moi ? -Ouais.

-Et toi, non ?

-Non. Moi, je me suis arrangé avec Louise. J'ai un alibi.

Ma femme, mes beaux-frères, le général.

Ils témoigneront tous que j'étais avec eux avant le match.

C'est un bon alibi, ça.

-Et l'alibi de moi ?

-C'est pour ça que je suis là. J'en ai parlé avec Louise.

Il faut pas que le pédé te traque, te retrouve et t'interroge.

Tu dois partir.

Nous nous sommes mis d'accord. Voilà de l'argent pour le voyage.

-Quel voyage ?

-Vous vous rappelez le lacet qui a étranglé la petite ?

Le labo de Paris en a trouvé la provenance.

Fabrication italienne.

-Les journalistes sont là. Que faut-il leur dire ?

-Dis-leur d'attendre, il y a du nouveau.

AIl ? Je voudrais un mandat d'amener.

Nous tenons l'assassin de la petite.

-On complique pas la situation ? -C'est l'unique solution.

D'ailleurs, c'est Louise qui m'a donné cette idée.

-Ta femme est au courant ? -Elle avait tout deviné.

-Et le général ? -Elle va lui expliquer.

-Ah ! Belle famille.

-Non, mais cette famille a peur que tu parles.

-Je ne parlerai jamais, tu sais.

-Et si on te torture, si on…

-Là, bien sûr, je parlerai. -Îls ont donc raison.

Guérin est peut-être pédé, mais pas con.

Il sait que l'assassin, c'est ou toi ou moi.

-Soyons clairs. L'assassin, c'est toi !

Chorale -Chut ! Chut !

Tu veux que tout le monde soit au courant ?

Tu veux qu'on me coupe la tête ? -Non, ne dis pas ça.

Si je fais ce que dit ta famille, si je pars en ltalie, et après ?

-Je te rejoindrai là-bas. Je me livrerai à la police

et on me mettra en prison.

Mais au moins, on me coupera pas la tête.

Je leur expliquerai que ce crime,

c'est pas un monstre qui l'a commis, mais c'est un homme,

un homme ordinaire et dont la vie est finie.

-Robert…

Et mon auto ? Mon automobile ?

-T'occupe. Fais ta valise.

-Mais si ta tante me demande quelque chose ?

-Elle est au courant.

-Elle aussi ?

-Commissaire, on peut avoir des nouvelles ?

-Patience. Je vais chercher le mandat d'amener.

-On pourrait savoir ? -Vous saurez tout.

-Émile, t'es un copain. T'as une fillette, toi aussi.

Ils vont l'arrêter, l'assassin ? -Mais oui.

-Qui c'est ? -Moi, je peux rien dire.

-C'est l'Italien ? C'est lui, n'est-ce pas ?

Ils ont interrogé tout le monde sur lui. Alors, ils vont l'arrêter ?

-Je peux rien dire. Il faut attendre.

Musique douce

-Antonio…

Antonio…

-Café ! -Monsieur ?

-Un café.

-Un café, M. Berti ? Je vous l'offre.

-M. le commissaire, vous partez ?

-Je vous arrête. -Vous m'arrêtez pourquoi ?

-Pour le meurtre de la petite Cathy Massis.

-Je n'ai rien à voir avec ça.

-C'est à vous, ça ? -Si. Pourquoi ?

-C'est la courroie avec laquelle on a étranglé la petite.

-J'ai rien fait. Je suis innocent.

Mais qu'est-ce que vous faites ?

-Nous avons toutes les preuves, tous les témoignages.

-Je suis innocent.

Réfléchis. L'unique témoin, c'est M. Maurisson.

Il faut aller le voir, monsieur.

Allez le voir, M. Maurisson.

-Vous voulez le voir ? Vous allez le voir, venez.

-Oui, oui.

Où nous allons ? -Vous allez le voir, M. Maurisson.

-Il était avec ma voiture. Il me l'a cassée ?

-Tu voulais voir ton ami Maurisson ? Le voilà.

-Robert, dis au commissaire que c'est toi, l'assassin.

Mais… il est mort.

-Il a été tué à ta place par le père de la petite.

-Je vais dire toute la vérité. C'est lui qui a tué Cathy.

Il me l'a confessé, commissaire. Il était en malheur.

Nous avons peur de la guillotine.

Vous comprenez ? Nous avons décidé de nous échapper

dans un pays sans peine de mort.

Moi en train, et lui, dans ma belle automobile.

Et là, il m'a promis de se confesser tout.

Je le jure, c'est la vérité.

Mme Maurisson.

Mme Maurisson…

C'est Robert qui a tué la petite Cathy.

Tout le monde le sait, sauf lui. Il me voulait porter en prison.

Mme Maurisson, dites à M. le commissaire.

Je le jure ! Dites la vérité !

Mme Maurisson !

Musique douce

-Votre ultime demande de grâce a été rejetée.

C'est pour aujourd'hui.

-Son Excellence l'évêque

me charge de te porter sa paternelle bénédiction.

Il est gentil de penser à moi.

-Il est encore temps de te confesser, mon fils.

-Quoi, confesser ? J'ai rien à confesser.

-Remets-toi dans les mains du Seigneur.

Il est plus fort que toi.

-Hein ? Si. Je confesse.

Je confesse mea culpa.

-Je t'absous de tes péchés. Au nom du Père…

-Tu te sens mieux, mon fils ?

-Non, pire.

-Tu veux un café ? -Non, je suis trop nerveux.

M. le président de la République française.

M. le président, personne ne se souvient de moi,

ni de mon histoire, de mon procès, ni les témoins qui m'ont accusé,

ni les juges qui m'ont condamné, ily a 3 ans déjà.

M. le président, vous avez le droit de grâce,

mais je ne comprends pas pourquoi

vous graciez l'un et pas l'autre.

Vous savez,

M. le président, j'ai dit un jour à M. Maurisson

qu'en Russie, ils avaient recollé la tête d'un chat

et qu'il vivait très bien.

Mais depuis, il est mort, le chat.

Avec ton mon respect. Antonio Berti.

Musique triste

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