All language subtitles for Les.Yeux.Fermes.2023.S01E05.FRENCH.1080p.WEB.DD5.1.H264-TFA

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Original subtitles

(murmure des conversations)

- Comment t'as eu mon adresse?

- Par ta mère.

(pleurs d'un bébé plus loin)

- Attends ici.

(soupir)

♪ ♪

(ouverture et fermeture d'une porte)

- Madame?

- J'attends quelqu'un.

- Jonathan? - Oui.

- Vous êtes qui? Son ex-femme?

- Non, une cousine.

- Ha! Ça fait 2 ans que je vis ici,

je pense que c'est la première fois qu'il a de la visite.

Il est spécial pas mal, hein?

(conversations étouffées, pleurs d'un bébé plus loin)

- OK, c'est beau.

Assieds-toi.

- Oh, je suis correcte. Merci!

On s'était déjà rencontrés, mais j'avais juste 10 ans.

T'étais venu souper chez nous.

- On avait mangé du macaroni à la viande gratiné.

- Ah, bonne mémoire!

Ouais, c'était la spécialité de ma mère.

- C'était la première fois que je goûtais à ça.

J'ai... j'ai capoté!

J'ai pris la recette.

- Hum.

Elle t'avait beaucoup aimé, en tout cas.

Ça l'avait impressionnée,

que tu te sois précipité pour faire la vaisselle.

Ça nous avait fait mal paraître.

- J'avais couché chez vous.

Sur un matelas gonflable.

Dans le bureau.

- Ça se peut.

- Ma mère m'avait mis dehors.

- Pourquoi?

- Euh, parce qu'elle m'aimait pas.

- Tiens!

- C'est quoi, ça? - Bien là, tu vois bien!

De la crème solaire puis dustuffà mouche!

Des disques dans le bois?

Il y a même pas d'électricité!

- Bien, Berge va apporter son Discman.

Hé, maman! Je peux avoir des batteries?

- Encore? Voyons! Je t'en ai donné la semaine passée!

- Ouais, mais là, elles sont faibles.

- Ah! Hé, est-ce que c'est pour Carl, ça, encore?

Coudon, est-ce qu'il les mange, ses maudites batteries?

Qu'il demande à ses parents d'en acheter!

- J'utilise aussi son Discman.

- Bon! Ça, c'est pour les bibittes.

- Es-tu malade? Je mettrai pas ça.

- Viens pas te plaindre si tu te fais manger tout rond d'abord.

Hein?

(soupir de Simon)

- On dirait un chapeau de mariage!

Il y a un lac là-bas? - Qu'est-ce que t'en penses?

- Vas-tu te baigner même si tu sais pas nager?

- Hé, ta gueule, là!

- Tu devrais apporter tes flotteurs.

- Hé, va-t'en donc, esti de fatigante!

- Bien, va donc te noyer, d'abord!

-Le Seigneur des anneaux?

- Hum, hum.

As-tu lu les livres?

- J'ai juste vu les films.

C'est drôle,

parce que Simon, dans son journal de bord,

il dit que t'es pas mal intense avec Tolkien.

Ha!

Il mentionnait aussi ton beau-père.

Il trouvait ça poche.

- J'ai trouvé ça sur le bord du chemin hier.

Hum!

Les gens jettent des trésors!

- Je peux utiliser ta salle de bain?

Merci!

(Elle verrouille.)

-J'ai piqué une bouteille de Jack à mes parents.

- Cool! - On va faire le party à soir!

- Hé, Forget! Où tu t'en vas avec tes skis?

- Ouais, c'est vrai, il fait 30°C, pas -30C!

(rires)

- Je suis allergique aux piqûres d'abeilles.

- OK, tout le monde!

Hé, les gars!

Venez!

On va se faire une activité pour voir

jusqu'à quel point vous êtes capables de faire confiance,

puis que les autres peuvent vous faire confiance.

Fait que pour ça, on va se mettre en équipe de deux.

Choisissez-vous quelqu'un.

- Envoie, envoie, passe-moi-le!

(rires)

- As-tu quelqu'un?

- T'es pas avec Berge?

- Bien, je sais déjà que lui, je peux pas le "truster".

- OK. Euh là, vous autres, vous êtes trois.

Mets-toi avec Berge.

- Je voulais te rencontrer, Jonathan,

parce que je me pose des questions

sur la mort de mon frère.

Paraît que ça t'a beaucoup affecté.

- Oui, je...

Je me souviens de rien.

(circulation, coups de klaxons)

- Vous étiez en secondaire 5.

Il s'est jeté en bas du pont.

- Pourquoi il a fait ça?

- C'était un peu ça que j'étais venue te demander.

- Ah. C'est...

Ça se peut pas.

Il se serait jamais suicidé.

Il était pas déprimé.

Il disait qu'il avait hâte de partir en appartement, qu'il...

qu'il s'achèterait un char.

Il avait des projets.

Ça se peut juste pas.

(tic-tac d'une horloge)

(ouverture d'une porte)

(petit rire d'Élise)

- Tiens.

- Ha! Merci!

- Ha, ha! Plaisir!

- Hé, Jonathan Forget, il était comment?

- Euh, il était...

discret, poli.

Pourquoi?

- Mais il avait...

Il avait toute sa tête?

- Oui, c'était un garçon brillant!

Il avait toujours le nez dans un livre.

- Hum.

Parce que je l'ai rencontré, puis il faisait tellement pitié!

Il habite dans un petit appartement,

c'est tout encombré!

On dirait un entrepôt.

C'est un ramasseur compulsif.

- Il ramasse quoi?

- Oh... des... des sacs, là.

Des sacs de sacs, des boîtes, des livres, des bibelots.

Apparemment,

il y a personne qui lui rend visite.

- OK, donc il a remplacé les humains par des objets.

Il y en a pour qui c'est moins compliqué comme ça.

- Mais c'était tellement spécial

parce qu'il avait des souvenirs vraiment précis

de l'époque du secondaire,

mais il se souvenait pas que Simon était décédé.

- Hein?

- Non.

Il était sonné, là!

- Non, mais ça, c'est impossible

parce qu'il avait fortement réagi à l'époque.

- Ouais, c'est ça, t'es pas le premier qui me dit ça.

- Ça avait pris des semaines avant qu'il revienne à l'école.

Puis je me souviens, j'avais essayé de lui reparler,

mais il ne voulait plus rien savoir.

J'avais trouvé ça étrange

parce que j'avais réussi

à créer un beau lien de confiance avec lui.

On était proches quand même.

-Hum. Assez pour qu'il veuille devenir prêtre.

-Il t'a parlé de ça?

- Non, c'est sa mère.

- Je pense qu'il avait pas beaucoup

de modèles autour de lui, il se cherchait.

Il a fini en informatique, je pense.

-Commis dans une épicerie. -Ah.

- Sa mère m'a parlé d'une maladie.

Elle m'a pas donné de détails.

Mais il prend beaucoup de médicaments!

Des antipsychotiques.

Puis ça, je sais que ça peut jouer sur la mémoire.

Je sais pas si c'est pour ça qu'il perd des bouts.

- Je sais qu'il a pas eu une enfance facile,

mais il avait une force de caractère.

- Son beau-père?

- Il était violent.

Il trempait dans toutes sortes d'histoires louches.

Il a même déjà fait de la prison.

(éclaboussures)

- Hé, t'es sûr que tu veux pas venir te baigner?

L'eau est bonne!

C'est quoi, ça?

- Hum, rien.

- Ton beau-père est sorti de prison?

- J'ai piqué une fouille en bicycle.

(éclaboussures, cris et rires)

- T'es pas vraiment allergique aux abeilles, hein?

- Hé, je devrais peut-être pas te demander ça, mais...

pour que Jonathan réagisse comme ça à la mort de Simon...

- Tu te demandes s'ils étaient peut-être plus que des amis?

- Tu y as déjà pensé?

- Pas à l'époque, non.

Mais tu m'as dit

qu'il avait eu des expériences plus ou moins réussies

avec des filles.

Puis... il y a Berge aussi.

- Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans, lui?

- Ils étaient inséparables,

puis du jour au lendemain, c'était fini.

- Ouais, tu parles de la chicane au camping?

- Oui. Mais je dis pas qu'ils étaient amoureux, là.

Tu sais ce que c'est, l'adolescence.

On explore, on veut pas être dans une case.

- Ouais, peut-être qu'il était mélangé.

- Peut-être, oui.

-As-tu vu Jonathan? Comment il va?

- Il s'arrange bien!

Euh, il aime son travail.

- Ha! Ça me fait plaisir que tu me dises ça.

Est-ce qu'il t'a parlé de moi?

- Oh, bien...

Bien, je suis pas restée longtemps.

- Oui, OK. C'est correct. Ha!

Bien, merci!

-Diane?

- Hum?

-C'est pas de mes affaires,

mais ma mère a jamais pu dire au revoir à Simon,

puis ça lui aura pris toute sa vie pour s'en remettre.

- Bien t'as raison, c'est pas de tes affaires.

- Bonne journée!

(cris et rires des jeunes)

(brouhaha des conversations)

Élise!

Euh, juste te dire, je suis allé trop loin, je le sais, OK?

Ç'a sorti tout croche.

Ce que je voulais dire, c'est que je m'inquiète pour toi.

- À partir de maintenant, on va s'en tenir au travail, OK?

- Élise! T'es...

T'es plus qu'une collègue.

Même si ç'a pas marché, nous deux, t'es...

- Une amie?

Si ça continue comme ça, je ne serai même plus ta collègue.

(rires, conversations entremêlées)

(coups)

- Les lettres à signer.

- Je te fais ça ce matin. - Parfait!

Je m'en vais au bureau de poste.

- Super!

(ouverture et fermeture d'une porte)

(Il écrit.)

- ♪ Elle est monté dans la petite chambrette ♪

♪ Zing, zing La musique jouait ♪

- ♪ Elle est montée dans la petite chambrette ♪

♪ Zing, zing La musique jouait ♪

- ♪ Je l'ai couchée sur la petite couchette ♪

♪ Zing, zing La musique jouait ♪

- ♪ Je l'ai couchée sur la petite couchette ♪

♪ Zing, zing La musique jouait ♪

- ♪ Zing, zing La musique jouait ♪

- ♪ Zing, zing la musique jouait ♪

- Oh, les gars, les gars, les gars!

Il y a une mouffette qui est rentrée dans la bâtisse!

Envoie, faut sortir, faut sortir!

- Elle est donc bien grosse!

- Dénommé, vite, elle va t'arroser! Vite!

Envoie, sors!

(rires)

C'est ça que tu cherches?

- Osti de trou de cul!

(rires)

(murmure des conversations)

♪ ♪

- Veux-tu de la soupe?

- Avec plaisir!

Oh! Excellente soupe! Très bien épicée à mon goût!

Tu sais que ma mère s'appelle Jeanne aussi?

- Comme moi! - Oui.

Puis je vais te dire un secret. Merci!

Ta soupe, là, elle est vraiment meilleure que la sienne.

M'as-tu dit que tu revoyais Carl Bergeron?

- Oui, de temps en temps.

- Comment il va, lui?

- Ouais, pas fort, fort.

Il s'est séparé voilà une couple de mois,

puis ça se passe pas bien avec son ex.

- Ah. Est-ce qu'il a des enfants, lui?

- Ouais. Deux.

Mais ils se chicanent pour la garde.

- C'est triste, ça.

Pourquoi ils se sont séparés?

- Moi, j'ai tout le temps pensé

qu'ils étaient mal assortis, ces deux-là.

Berge, là...

Merci!

C'est le genre de gars qui aime avoir du fun.

Il veut jouer au golf, voyager.

Elle, tout ce qu'elle fait, c'est travailler.

- C'est surprenant qu'ils soient restés ensemble si longtemps.

- Ah oui? Pourquoi?

- En tout cas, t'es plus enshapeque ton frère.

(rire)

Il s'entraînait, lui?

- Bien non! Simon?

- Non, c'est ça.

- Il était pas très sportif.

- Hum. - Sauf vers la fin.

- Est-ce que c'était pour impressionner les filles?

- Simon...

il avait pas bien, bien de succès dans ce domaine non plus.

- Hum.

Ah!

Je suis tombée là-dessus en faisant le ménage.

- C'est quoi? - Regarde.

- Non! - Ha, ha!

- L'osti de camping!

J'haîssais ça, ce groupe-là!

Un ramassis demisfits, de gars à problèmes,

avec qui j'avais vraiment aucune affinité.

- Comme Bolduc? - Oh non!

Il était tellement gêné au début, il était pas parlable!

Tiens.

- Comment tu t'es ramassé dans ce groupe-là?

- Simon. Il voulait pas être tout seul.

Fait qu'il m'a tordu le bras.

- Hum.

- Ah oui...

Il y avait le gars de la pastorale.

- Philippe?

- Hé, sérieux, j'étais pas capable!

Il essayait tout le temps de nous jouer dans la tête

avec sa psychologie à 5 cents!

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- Un esprit sain dans un corps sain!

Ce genre d'affaires là.

C'était devenu l'idole de Simon, il faisait tout comme lui!

Il s'entraînait comme lui,

il écoutait la même musique que lui.

À un moment donné, je n'étais plus capable, j'ai sacré ça là.

Simon avait changé.

Il décidait de tout, puis...

c'était bientough d'avoir du fun avec.

- C'est pour ça que vous vous êtes chicanés?

(soupir)

- J'avais apporté de l'alcool au camping.

Puis à un moment donné, je...

il s'est planté solide.

Bang! La face à terre.

Il a fait du pouce, puis il a sacré son camp en ville.

-Ç'a dû barder pas mal

pour qu'il décide de s'en aller comme ça en pleine nuit.

- Je sais pas.

On était saouls.

Il était orgueilleux, Simon!

Il s'est passé quelque chose.

Je sais pas quoi.

Mais après le camping,

ce n'était plus pantoute le même gars.

- Tu dis qu'il l'avait pas avec les filles,

mais tu le sais qu'il avait eu un flirt avec Maggie,

la femme de Bolduc?

- Ça veut pas dire grand-chose,

elle avait passé la moitié de la polyvalente!

- Hé! - Non.

Il m'avait déjà parlé de l'infirmière de l'école,

mais ça aussi, c'était de labullshit.

- Pourquoi? - Bien là!

Elle était bien trop hot pour sa ligue. Méchant pétard!

- Bien là, qu'est-ce qu'il t'avait raconté?

Qu'il avait couché avec?

- Ha! Bien non!

Il m'a dit qu'elle lui avait donné son numéro de téléphone,

des niaiseries de même.

- Je l'ai trouvé dans ses affaires.

- Quoi, ça? - Son numéro.

- Oh, bien câlisse! Simon?

Ça veut dire qu'il était plus déniaisé que je pensais.

- Puis les gars, hein?

Est-ce qu'il aimait les gars?

- Simon? Bien non!

Quoique...

il était dur à "gager", surtout vers la fin.

Bon!

As-tu faim?

- Ouais.

- Je t'invite. - Ha, ha! OK.

-Allô, c'est moi. C'est Simon.

Il faudrait vraiment que tu m'aides.

Oui, je suis à la cabine téléphonique aux 4 stops.

Ouf!

Merci!

(profondes respirations)

- Est-ce qu'on va se baigner chez matante Françoise?

Elle a dit qu'on pouvait y aller n'importe quand.

- Ah, il faut aller acheter des souliers d'école aujourd'hui.

- Mais ça me tente pas!

- Hum, hum, hum!

Attention avec ton verre de lait, là. Hum?

- On crève!

- Bon! Regarde ce qu'on va faire.

On va aller au centre d'achats, OK?

Comme ça, on va être au frais. - À une condition.

- Ah oui? Quoi, ça?

- Qu'on prenne des photos dans le Photomaton!

- Ha! Des photos comme ça, là?

- (ensemble): Beuh!

- Hé, ton lait, ton lait! Mets-le là, l.

(sonnerie)

Oh! Hum-hum!

Allô!

Euh, a... attends une minute, là.

Comment ça, disparu?

Il s'est perdu dans le bois, là?

Non, je...

Non, je comprends pas!

Quand, ça?

(coups à la porte)

- Salut!

- T'as pas d'affaire ici.

- Mais t'es donc bien beau! Ha!

Je t'ai fait des carrés aux dattes. Hum?

Comme quand t'étais petit.

Je pense à toi tous les jours, hein.

Hé, t'as pris du poids.

Ça te fait bien!

Les belles joues!

Bon, c'est quoi, tout ça, là?

- Mes affaires.

Touche pas!

- As-tu des nouvelles de Nadia?

- Pas souvent.

- Vois-tu les enfants?

- Non.

- Tu devrais demander des visites.

C'est pas parce que tu n'es plus avec leur mère

qu'il faut que tu les abandonnes.

Ils ont besoin d'un père, ils ont besoin de toi!

Je le sais que ça t'a affecté de pas connaître le tien, mais...

- Regarde, faut que tu t'en ailles.

- OK, c'est beau, c'est beau.

C'est beau, on va parler d'autres choses.

- Non, c'est parce que c'est mon émission qui...

- Hé!

On pourrait aller manger au restaurant!

Qu'est-ce que t'en penses? - Va-t'en!

S'il te plaît.

- OK.

- Ah...

- C'est moi ou c'est moins bon qu'avant?

- Bien, on n'avait juste pas de culture gastronomique.

Ha!

- Hé, je sais pas pour toi, mais chez nous,

c'était tout le temps le même menu!

Lundi, bâtonnets de poisson; mardi, macaroni chinois;

mercredi, pâté chinois...

- Tu vois, nous, c'était le vendredi.

(Elle rit.)

- Ça va? T'es correct?

(jappement plus loin)

- Oh oui, c'est...

Parce que c'est la fête de ma fille Catou.

Elle a 13 ans, puis...

sa mère fait tout pour m'empêcher de la voir.

- Ouf! OK.

- À chaque fois qu'on est supposés de se rencontrer,

mon ex s'arrange pour que ça foire.

Après ça, elle me reproche de pas m'en occuper!

Ah!

Elle m'a "dumpé" là pour un autre.

- Ouch!

- Excuse-moi.

- Bien correct.

- Puis toi?

- Moi? Ha!

Hum...

Pas de chum, pas d'enfants, pas de troubles.

(petit rire)

Ouais, je trouve qu'il y a assez d'humains "fuckés" sur la terre.

J'essaie de pas empirer les statistiques.

- Bien, on pense toujours qu'on va faire mieux que les autres.

C'estweird!

- C'est la première fois depuis ta séparation?

- Non.

Oui, euh, bien regarde.

Je veux dire de...

de baiser avec la petite soeur de mon meilleur chum.

- Hum. J'avoue.

Est-ce que ça se pourrait que Simon...

bien, que pour lui, t'aies été plus qu'un ami?

- Ha! Non.

Bien non!

Les gars, ça m'intéresse pas pantoute.

- Non, je comprends. Mais lui, il aurait pu se faire des idées.

- Ha! Ouais!

S'il m'avait dit ça, là...

je l'aurais reviré de bord bien assez vite.

- C'est ça qui s'est passé au camping?

Il y a quelqu'un qui m'a laissé un message anonyme au conventum.

Il serait arrivé des choses que personne a vues,

puis ça me fait capoter!

J'essaie juste de comprendre ce qui s'est passé.

- Ouais, mais...

c'était une erreur, ça.

- Quoi, ça?

- Laisse faire.

(soupir)

- Ah, merde! J'ai oublié ma sacoche! Je reviens, ma pinotte!

OK?

(jappements plus loin)

(jappement)

Oh, mon Dieu! Simon!

Oh, mon Dieu! Ah!

T'étais où?

- Au camping. - Non, non, niaise-moi pas!

Philippe m'a appelé pour me dire que tu t'étais sauvé!

T'es revenu comment, là?

- Sur le pouce.

- Es-tu fou? - Bien non, je suis correct.

- Non, t'es pas correct pantoute! Checke-toi la face!

- Je me suis pogné un piquet quand j'ai monté la tente.

- OK, montre-moi ça, là. Ah!

Pourquoi t'es parti?

- J'haîs ça, coucher dans le bois.

- T'aurais dû y penser avant!

Elles sont où, là, tes affaires?

- Hé, j'ai mal à la tête, là, sacre-moi patience!

- Tu restes dehors. Tu joues dehors!

Simon!

Simon, on n'a pas fini!

Quand il est revenu, il sentait l'alcool.

Puis il avait des beaux pansements, aussi.

Ça, ça m'a surprise.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- Je me suis demandé s'il était pas allé à l'hôpital,

mais en même temps, il avait pas ses cartes, il avait rien.

Il avait tout laissé ses affaires au camping.

(murmure des conversations)

- Qu'est-ce que tu fais là?

- T'as juré que t'avais pas vu mon frère en dehors de l'école!

- Parce que c'est vrai. - Ah oui?

Puis la fois du camping?

Où il est allé te rejoindre en pleine nuit!

Hein? - C'est n'importe quoi.

- Sais-tu comment ça s'appelle, ça?

Détournement de mineur. - Sors d'ici!

- Tout va bien? - Oui!

- Non! - Madame?

Avez-vous un proche hospitalisé ici?

- Euh non, mais... - Veuillez quitter les lieux.

- Non, j'ai vraiment besoin de lui parler! Nathalie!

Nathalie!

OK!

- Salut!

- Simon, quand il a fugué, il est allé chez l'infirmière.

Tu le savais?

- Il était dans un sale état quand elle l'a trouvé.

- Trouvé où?

- Dans une cabine téléphonique sur le bord de la route.

C'est là qu'il a débarqué. Il était en détresse.

- À cause de sa chicane avec Berge?

- Je me suis toujours demandé

s'il était pas arrivé quelque chose

entre le camping puis la cabine téléphonique.

- Comme quoi?

- Quand il s'est fait embarquer sur le pouce,

on sait pas sur qui il est tombé.

En plein milieu de la nuit, nulle part de même.

- Merci!

(soupir)

- Attache-toi.

C'est quoi, ça?

T'es-tu battu?

- Non.

- Un accident?

- Oui. Un accident.

- T'es pas jasant, toi.

- Hé, qu'est-ce que tu fais?

- Passe-moi mes cigarettes.

- Mais comment il s'est ramassé chez Nathalie?

- Il lui a téléphoné.

- OK, donc il est vraiment allé chez elle?

- Oui, elle l'a soigné. Il a dormi là.

- Elle l'a fait boire?

Ma mère a dit qu'il sentait l'alcool le lendemain.

- Bien non, Nathalie aurait jamais fait ça!

S'il a bu, c'est au camping.

Je sais qu'il y a des gars

qui avaient apporté de la boisson en cachette.

- Mais si elle était juste une bonne samaritaine,

comment ça se fait qu'elle l'a pas ramené chez nous?

Pourquoi Simon en a jamais parlé à ma mère?

- Parce que Nathalie lui a fait promettre

de rien dire à personne.

Elle avait déjà eu des problèmes

avec un jeune qui l'avait faussement accusée.

Elle avait peur pour sa job.

Même si elle avait rien à se reprocher.

- Je te faisais confiance, Philippe!

- T'as raison, j'aurais dû t'en parler avant.

- Fait que depuis le début,

quand tu dis que tu veux m'aider,

dans le fond, c'est pas vrai.

- Moi, je suis avec toi, il y a rien qui a changé!

C'est juste que peut-être que tu sais déjà

tout ce que tu devrais savoir.

- C'est-à-dire?

- Bien, l'adolescence est jamais une période facile.

On cherche des repères, puis Simon, il a perdu les siens.

Avec le divorce de tes parents,

ses déboires à l'école, sa peine d'amour.

- T'as rien vu! Nathalie a rien vu!

Vous l'avez regardé se noyer!

- C'est pas vrai, ça.

Ce qui a l'air évident aujourd'hui,

c'était loin de l'être à l'époque.

Si Simon a pas laissé de lettre ou d'indice,

c'est parce qu'il a fait ça sur le coup de l'émotion,

comme d'habitude.

C'est la faute à personne.

Même si tout le monde se sent coupable.

Bravo!

T'es parti vite, t'as oublié ton sac.

- Ah, merci!

- Ça va?

- Viens-tu d'ici?

- Euh, bien j'ai grandi à Montréal, dans Côte-des-Neiges.

- Pourquoi t'es venu rester dans un trou?

- Parce que je trouve ça beau!

Puis avec la rivière,

c'est comme la campagne, pas loin de la ville.

- Oui, mais le monde est mongol.

- Quel monde?

Tu parles de Berge, là?

- Bien non, pas juste lui.

La minute que je vais pouvoir, là, je vais sacrer mon camp.

- Tu vas aller où?

- Bien, à Montréal ou aux States.

- C'est vrai que des fois, aller ailleurs,

ça nous permet d'apprécier d'où on vient.

- Moi, je vais surtout me rendre compte

que je vivais dans une place de marde

où le monde se mêle pas de ses affaires.

- Tu sais que peu importe où tu vas dans le monde,

tes problèmes vont toujours te suivre.

(vibration de cellulaire)

- Ah.

- C'est son frère.

Apparemment, il abusait d'elle.

- Oh non!

C'est elle qui l'a dénoncé?

- Même pas.

Leur mère a trouvé des photos puis des vidéos sur son ordi.

- Ah! C'est dégueulasse!

- T'as bien fait de t'en faire pour elle.

T'as de l'instinct, Élise.

Puis moi, j'ai rien vu.

(sonnette)

- Bonjour! - Bonjour!

- Hésitez pas si vous avez des questions.

- Oui, bien, j'en ai une.

C'est toi, l'amie d'Élise Dénommé?

- Oui. Pourquoi?

- Je suis un ami de la famille. Philippe.

- Le prêtre. Hum. - Hum.

- L'enquête est toujours en cours?

- Ha!

Élise fait jamais les choses à moitié.

- Oui, ça la met dans le trouble parfois aussi.

Elle fait confiance à personne.

Elle a toujours besoin de vérifier par elle-même.

- Tu veux dire... par rapport à Simon?

- Non. Elle a toujours été comme ça, mais...

l'histoire de son frère, c'est rendu une obsession.

- Peut-être que son enttement cache quelque chose.

- Qu'est-ce que vous voulez dire?

- On est bien quand t'es pas là, il y a pas de chicanes!

Pourquoi tu gâches toujours tout?

Je t'haîs!

Tout le monde t'haîs!

(soupir)

- Hé! - Allô!

- Est-ce qu'on se fait une terrasse

quand les enfants sont couchés?

- Ah non, pas ce soir. Mais on se reprend, OK?

- T'as de la visite?

- Non, non, j'ai des dissertations à corriger.

- Hé, est-ce que ça se peut que tu me fuies?

- Non, pas du tout!

Je suis juste super occupée.

- Avec l'affaire de Simon.

- Non, parce que j'ai des examens qui s'en viennent.

- Le prêtre est venu me voir.

- Philippe?

- Il s'inquiète pour toi.

Puis moi aussi.

- Ah. Puis c'est moi qui me mêle des affaires des autres?

- Élise!

Élise!

- Ah!

Pff!

(coups de klaxon étouffés)

- Il est où, mon gâteau forêt-noire?

- De quoi tu parles? - Niaise-moi pas, tabarnac.

Je l'avais mis de côté, puis il n'est plus là.

- Je lui ai pas touché.

- La dernière fois que du stock a disparu,

c'était dans ton casier, arrête de mentir!

- N'importe qui peut fouiller dans le frigidaire.

- Tss! Je vais parler à Michel, tu vas perdre ta job.

- Fais ça puis tu vas le regretter,

mon osti de chien sale!

- Jonathan?

Allô!

Veux-tu unlift?

- OK.

- Une question pour toi.

Te rappelles-tu

quand Simon s'est chicané avec Berge au camping?

- Oui.

- Calme-toi!

- Ta gueule!

- Tabarnac, reviens-en!

- Hé, t'es cave en esti, hein!

- C'était unejoke!

- T'es pas mal le seul à avoir trouvé ça drôle.

- Pas vraiment, non. Tout le monde a ri.

- Hé, j'aurais jamais dû te faire entrer dans le groupe.

- Ouais, c'est vrai, ça.

Parce que c'est plate en crisse,

être pogné avec une gang de mongols!

-Berge, il...

il écoeurait tout le monde.

J'ai jamais compris ce que Simon lui trouvait.

- Avoue que t'es en crisse

parce que j'étais en équipe avec Forget!

- Pas surprenant. T'es rien qu'un esti de fif comme lui!

(efforts)

- Hé, t'es malade, esti!

- Comment ça se fait que tu te rappelles de détails comme ça,

mais que t'aies effacé la mort de Simon de ta tête?

- Pff! Je sais pas.

Il y a des bouts qui sont clairs,

d'autres qui commencent à me revenir.

Mais le suicide, je...

- Penses-tu que Berge avait raison?

- Raison?

- Bien, que mon frère était homosexuel.

- Non.

- Tiens.

Qu'est-ce qu'il y a? Je te fais mal?

Simon?

Qu'est-ce qu'il y a?

- Je suis juste tanné.

(soupir)

- Tanné de quoi?

- Il y a quelque chose qui marche pas avec moi.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- Bien, je l'ai pas avec les filles.

Je sais pas quoi faire.

- Mais c'est normal au début.

Il faut que t'écoutes ton coeur, puis...

que tu sois à l'écoute du corps de l'autre.

Puis?

- Je sais pas.

- Veux-tu un verre d'eau?

- Oui.

- Je t'ai apporté quelque chose.

(conversation étouffée indistincte)

Une partie de sa collection.

- Il a bien essayé de me convertir.

- Jamais trop tard pour bien faire.

- J'ai trouvé ça aussi en faisant le ménage.

- Ah!

C'était au camping.

(vibration de cellulaire)

(clappement)

- Excuse-moi.

Faut que je le prenne.

Est-ce que je peux...

Merci!

Oui, allô?

Oui.

Euh oui, je comprends, mais c'est juste...

(sirène au loin)

(soupir)

Excuse-moi, c'était la job.

Jonathan?

(choc, fracas de verre)

Jonathan?

(fracas)

Jonathan!

(fracas)

Jonat... Ah!

(halètement)

Jo... Ah!

(halètement)

Sous-titrage: MELS

J'ai une surprise pour toi. C'est l'abbé Philippe.

Ça fait des semaines que tu me vois suivre des fausses pistes.

C'est quoi, ton problème? - J'avais honte!

- De ton fils?

- Elle obsède sur le passé.

- C'est pour ça que je voulais te parler.

J'ai un mauvais pressentiment, Lorraine.

- Fais-le pas, Simon!

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