All language subtitles for Les.Yeux.Fermes.2023.S01E04.FRENCH.1080p.WEB.DD5.1.H264-TFA

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Original subtitles

- Simon? Tu peux entrer, viens.

Tu peux t'asseoir.

Tu peux enlever ça, je vais prendre ta pression.

Laisse ton bras détendu.

Simon est venu me voir.

Il se sentait pas bien, il avait mal à la tête.

J'ai parlé avec lui,

j'ai réalisé qu'il avait pas mangé de la journée.

Il m'a dit qu'il déjeunait jamais, qu'il avait pas faim.

- Mon frère?

Bien voyons, il avait pas de fond,

il dévorait la moitié d'un pain tous les matins.

- Je me suis demandé

si c'est parce que vous aviez pas d'argent

puis que le frigo était vide.

- Non, non, on n'a jamais manqué de rien.

- C'est important de manger! Hum?

Fait que je lui ai donné le reste de mon lunch.

Il l'a tout gobé dans le temps de le dire,

il faisait tellement pitié.

À force de le questionner,

il a fini par m'avouer qu'il faisait un régime.

- Il se privait?

- Il s'acceptait pas puis il voulait changer.

(soupir)

- Hé! T'es déjà l!

- Ouais! Euh...

Le prof de géo nous a laissés partir après le test.

- Ç'a bien été? - Ouais!

J'ai même pas besoin d'étudier.

- Super! T'as pas ton lunch?

- Non. Bien, j'ai déjà mangé.

- OK. Bien, il fait beau, on va aller dehors,

sur la piste d'athlétisme.

- Ah non, pas encore tes tounes de Jésus à la flûte de pan!

Tom "Petit".

- C'est pas "Petit". Tom Petty. Tu le connais pas?

Je pensais que t'aimais la musique, toi?

- Bien, je connais pas tout.

- Ah, merde...

Bien, ça manque à ta culture,

je vais te la prêter puis tu me donneras tes impressions.

- Mais... Ouais. Je vais aller checker ça.

- Salut! On attend le reste de la gang. C'est Simon.

Simon, je te présente Jonathan, il va se joindre au groupe.

- Salut!

(♪When the Time Comespar Tom Petty sur haut-parleurs ♪)

- Café?

- Euh... Non, merci.

Mais c'est bizarre, parce qu'à la maison,

il parlait jamais de son apparence physique.

- Qui a envie de partager ses complexes avec sa famille?

En général, on les découvre à l'adolescence

puis on garde ça pour soi.

- Oui, mais c'était peut-être pas un pétard,

mais il était pas laid non plus.

- C'est pas comme ça qu'il se voyait?

Tu sais, la piscine, les vestiaires,

ça peut ravager l'estime de soi.

- Hum.

(un homme parle sur les haut-parleurs, indistinct)

- Il est revenu me voir une couple de fois.

Il disait qu'il filait pas, qu'il avait mal au ventre,

mais honnêtement, je pense qu'il avait juste besoin

de parler à quelqu'un.

- De...?

- Bien, de tout, de... de l'école,

de ce qui se passait chez vous.

Plus ça allait, plus il était frustré.

Il se chicanait beaucoup avec ta mère, non?

- Ouais. Ils passaient leur temps à s'engueuler.

- Il voulait déménager chez ton père, mais elle voulait pas.

- À Calgary?

- Ouais! Il avait été jusqu'au terminus d'autobus

pour demander le prix d'un billet.

- Il est jamais allé là de sa vie.

Pourquoi t'as donné ton numéro personnel à Simon?

- Je comprends pas.

- C'est toi, ça, non?

- Ah, ça.

Ouais, j'étais tellement inquiète

que je lui avais donné mon numéro à la maison.

Je lui ai fait promettre

de m'appeler avant de faire une connerie.

- Il l'a pas fait.

- Non. Ça m'a longtemps hantée.

(ouverture de porte)

(fermeture de porte)

- Allô!

Maman est pas là? - À la banque.

Je peux en avoir, moi aussi?

- Bien, t'as juste à aller au dépanneur.

Qu'est-ce que tu fais?

- Je prépare mon oral.

- Sur quoi?

- Mon métier plus tard.

- C'est quoi, tu vas devenir un clown?

- Épais. Je vais être infirmière, comme maman.

Toi, tu vas être quoi?

- Hum... Camionneur, pour voyager.

- Où ça?

- Euh... Aux États-Unis. En Californie.

- Vas-tu passer par Calgary?

- Euh... Je vais checker ça.

- S'il te plaît, emmène-moi, je m'ennuie de papa.

- Peut-être.

Regarde, c'est beau, je vais faire un détour juste pour toi.

(petit rire)

- Mais t'as même pas ton permis.

- Bien, je vais pogner 16 ans

puis je vais commencer mon cours de conduite.

- T'auras jamais assez d'argent.

- Inquiète-toi pas, j'ai mon plan.

- L'idée du sujet amené,

c'est de susciter l'intérêt du lecteur.

Et le lecteur, dans ce cas-ci, c'est...?

(soupir)

C'est moi! Shany?

Donc, il y a plusieurs façons, évidemment, d'amener le sujet.

Ça peut être par une question,

une citation, une anecdote, une statistique...

Donne-moi ton téléphone, s'il te plaît.

- C'est beau, je n'y touche plus.

- Non, tu le récupéreras après le cours.

Ça va?

D'accord!

(coups à la porte)

On va vérifier si vous avez bien compris.

Vous allez choisir un sujet, n'importe quel,

puis écrire une phrase qui l'amène de façon accrocheuse.

OK? Je reviens.

Qu'est-ce qu'il y a?

- Euh... Je veux juste mettre des choses au clair.

J'aime ma femme. Ma famille.

On a fait une grave erreur

puis faudrait pas que ça se reproduise.

(vibration de cellulaire)

- C'est pas mon genre de briser des mariages.

- Je voulais juste que tu te fasses pas d'idées.

(vibration de cellulaire)

- C'est tout?

- Ouais.

- OK. - Bye.

(soupir)

- OK!

Elles vont un peu mieux, tes mains?

- Ouais, ouais.

L'ergo m'a donné des nouveaux exercices, ça m'aide.

- Bon. C'est bien.

- Hum.

- Hé, tu sais, quand papa a déménagé à Calgary...

- Hum, hum?

- Est-ce qu'il avait été question

qu'on aille le voir?

- Toi, non, mais j'avais proposé à Simon

qu'il aille là-bas pour apprendre l'anglais.

- Ah ouais?

Je pensais que c'était toi qui voulais pas qu'il y aille.

- Hum, hum. Il voulait rien savoir.

Il voulait travailler, ramasser son argent.

- Arrête de bouger.

Il voulait prendre son cours de conduite.

Il était pas qu'on qu'on lui paye, hein!

- Bien oui, mais papa aurait pu l'aider

à se trouver une job l-bas.

- Je sais bien. Mais Simon était "bucké".

Le pire, là, c'est qu'il a démissionné un mois

après avoir commencé à l'hôpital, fait que, tu sais...

- Ayoye! - Quoi?

- Bien, tu m'as brûlée!

- Oh, mon Dieu, excuse.

- Fais attention, là.

- Me semble que j'ai déjà entendu Simon dire

qu'il voulait prendre le bus pour aller dans l'ouest.

- J'imagine que c'était parce qu'il était en maudit après moi.

Mais ç'a pas duré.

- Ça veut dire que papa a jamais revu Simon?

- Bien oui, il est revenu avant que l'école recommence.

Tu te souviens pas de ça?

(ouverture de porte)

(fermeture de porte)

- Maman!

- Hé! Allô, ma pitoune!

(bec)

(télévision en sourdine)

- Salut, Lorraine! - Allô!

(raclement de gorge)

Puis? Vous êtes allés où?

- Au buffet chinois.

- J'ai pris 3 bols de soupe wonton.

(rire)

- Tu vas avoir mangé pour la semaine, toi!

- On est allé chercher un gâteau au fromage,

mais il n'en restait plus aux bleuets.

- On a pris aux fraises.

- Je suis sûre que ça va être bon pareil.

- Je vais aller le couper.

- Je viens avec toi!

- Ah, bien, hé! Merci, hein, pour le souper.

- Plaisir.

- Le grand air des prairies t'as fait du bien.

- Ouais. J'aime ça, travailler dehors.

- Tu t'ennuies pas trop?

- Juste assez.

Toi, travailles-tu demain, toi?

- Non, pourquoi?

- Toi, Simon, travailles-tu demain?

- Il a lâché sa job.

- Comment, t'as lâché ta job? Depuis quand?

- Hé, on peut changer de sujet, là?

- On s'en reparlera.

- Bon, bien là, si personne travaille, d'abord,

on s'en va tous les quatre à la Ronde.

- Oui! - Pour vrai?

- Hé, oui, ça serait le fun!

- On avait tellement eu de fun ce soir-là,

on avait joué au Monopoly, t'en souviens-tu?

J'avais fait la banque.

- Comme d'habitude.

Bon, t'essuies pas la vaisselle?

- Bien non, elle va sécher.

- Passe-moi ça.

- OK, non, c'est beau, assieds-toi.

Je pense que c'est la seule fois

où on a joué à un jeu de société tous les quatre.

- Ça se peut, je sais pas.

Ça commence à être bien, bien flou, tout ça.

(vibration de cellulaire)

- Allô? J'avais hâte d'avoir de tes nouvelles.

T'as rencontré Nathalie?

- Ouais. Elle m'a dit à peu près la même chose que toi,

que... que Simon avait des problèmes d'estime de soi

puis qu'il était à couteaux tirés avec mes parents.

- Ça t'a réconfortée?

- Euh...

Je m'attendais à autre chose, je pense.

- Comme quoi?

- Je sais pas.

Comme un événement précis ou une explication en particulier.

Je sais pas.

- J'imagine qu'il y a pas de réponse simple

à un geste comme celui-l.

C'est dommage que ton frère ait pas eu la chance

de te côtoyer plus longtemps.

T'as une belle âme, Élise.

(brouhaha)

- Shany?

- Tu m'as fait peur.

- Excuse-moi.

Je voulais te dire que t'es importante.

T'as un bel avenir devant toi.

- OK.

- Je sais, des fois, on sait pas par où commencer.

- De quoi tu parles?

- Si t'en as besoin, eux vont pouvoir t'aider.

-Fuck you,crisse de folle.

(rires)

- Hé, hé, hé!

S'il vous plaît! On lui laisse une chance.

OK! Merci, Thomas.

On va repérer l'erreur, maintenant.

Léa?

- "Je n'aime pas".

- C'est ça que j'ai écrit!

- T'as écrit: "Je m'aime pas".

(rires)

- Tu sais pas lire. - Toi, tu sais pas écrire.

- OK! Merci pour ça,

mais on va trouver la vraie erreur, maintenant.

(soupir)

Fuck!

Regarde ça.

Mylène! - Oui!

- Ça, là, trouves-tu que ç'a l'air d'un "N"?

- Peut-être.

- C'est Nathalie.

- Pas sûre de te suivre.

- La fille, c'est Nathalie, c'est...

c'est l'infirmière de l'école.

- Il serait allé manger de la crème à glace

puis au parc avec elle?

- Pourquoi pas?

- Bien, parce qu'il avait 16 ans

puis qu'elle était en position d'autorité?

(soupir)

Parce que sa job, c'était de distribuer des brosses à dents

puis des pamphlets sur la chlamydia.

- Oui, mais ça empêche pas qu'il aurait pu avoir un kick dessus.

- Puis Magnolia?

- Bien, c'est... c'est un mot sur uncasede guitare.

Ça veut peut-être rien dire.

(soupir)

J'arrive pas à l'abandonner, je suis pas capable.

- Laisser aller puis abandonner, c'est 2 choses.

- Hum, hum.

Ouais.

(reniflement)

- As-tu eu de l'éduc aujourd'hui?

- Euh... Non, moi, c'est demain à la première période.

- On a eu un remplaçant, il était fucking sexe.

- Ouais, Léa m'en a parlé.

- Pendant qu'on jouait au badminton,

je pense qu'il me checkait.

- C'est parce qu'il te trouvait poche.

- Bien non, épaisse!

(brouhaha)

(vibration de cellulaire)

(vibration de cellulaire)

- C'est quoi, cette histoire-là?

- Mettons qu'elle a fait l'objet de rumeurs... persistantes.

Il y en a qui se seraient fait becquer bobo.

- Qui ça? Mon frère?

-Je veux pas être méchant, là,

mais je pense pas que ton frère était son genre.

Elle a couché avec Courchesne.

- C'est qui, lui?

-Alain.

Tu l'as rencontré au conventum.

(brouhaha)

- Nathalie?

- Je pensais qu'on avait fait le tour?

- Est-ce que ça se peut que Simon ait été amoureux de toi?

- C'est une blague? - Non.

Il te faisait confiance, t'étais fine avec,

peut-être qu'il a confondu les signaux?

- Je sais pas, peut-être qu'il s'est fait des histoires.

- J'ai vu ta photo dans l'album de finissants.

Les garçons devaient fantasmer sur toi.

- J'ai besoin d'un ou d'une volontaire pour tenir mon pénis.

(rires)

- Elle est petite, la graine!

- Alain?

Viens m'aider.

(rires)

Voilà.

- Donc, première étape,

bien, on sort le condom de l'enveloppe, hein!

Et très important, on déchire jamais ça avec les dents. Hein?

- Je travaille avec les ados, je sais ce que c'est.

Des fois, les hormones troublent leur jugement.

(raclement de gorge)

- Ça m'est arrivé une fois de le prendre dans mes bras,

mais il y avait rien de sexuel là-dedans.

Il pleurait puis j'ai voulu le consoler.

Hé...

Chut...

Pourquoi il pleurait?

- Ouf... Ça, je m'en souviens pas.

Il devenait vraiment émotif quand il parlait de ton père.

C'est venu me chercher, je lui ai fait un câlin,

mais moi, c'était clair que c'était juste ça.

À la limite, j'étais plus

comme une figure maternelle pour lui ou...

- Puis pour Alain Courchesne?

- Qui t'a parlé de lui?

-Est-ce qu'elle t'a déjà fait des avances?

Je m'excuse de te demander ça, hein,

c'est juste qu'elle aurait pu faire la même chose à Simon.

- Dans ma tête d'ado en rut, j'aurais sûrement aimé ça,

mais il s'est rien passé.

À part une démonstration avec un pénis en plastique

dans un cours de FPS.

- OK, mais c'est parce que t'aurais dit que...

- Ha! J'ai dit des niaiseries

pour impressionner mes chums, là,

mais c'était de la bullshit.

(soupir)

(coups à la porte)

- Oh! Simon. Rentre!

Ce sera pas long, je me suis renversé du café dessus.

(petit rire)

(gazouillis d'oiseaux)

(fermeture de porte)

-T'as pas changé.

T'es toujours aussi belle.

- La soeur de Simon Dénommé est sur mon dos.

Ça fait 2 fois qu'elle me relance, pire que la police.

- Qu'est-ce qu'elle veut?

- Savoir pourquoi il est mort.

- Oui. Moi aussi, elle me talonne.

- Elle t'a parlé de moi?

- Hum, hum.

- Puis qu'est-ce que t'as dit?

- Bien, la vérité.

Que t'avais été une personne importante pour lui.

- Ha! Bien oui.

- Mais t'as pas à t'en faire.

Non?

- Non.

- Oui?

(raclement de gorge)

- J'ai confisqué le téléphone de Shany Mélançon

puis j'ai vu des textos qu'elle a reçus.

Elle se faisait traiter deslut

puis la personne lui demandait

si elle avait réfléchi à son offre de 200$.

- OK. Qui lui a envoyé ça?

- Je sais pas, il y avait juste un numéro,

mais il faut absolument prévenir ses parents.

- Ils ont pas vraiment apprécié ta dernière intervention.

- Puis si elle est prise dans un réseau de prostitution,

nous, on fait quoi?

On reste les bras croisés puis on attend qu'il soit trop tard?

Si t'es pas à l'aise de le faire, je peux les appeler, moi.

- Non, non, je... je m'en occupe. Merci de m'avoir avisé.

- OK.

- Vas-tu être au 5 à 7?

- Euh, je sais pas, sûrement.

- Je veux pas que ça soitweird.

- Ça sera pasweird.

Je ferme? - Hum, hum!

(fermeture de porte)

- Nathalie, j'ai pas été correct avec toi.

- Tu m'as abandonnée. - Je sais.

- Tu t'es servi de moi.

- Je suis pas meilleur que les autres.

J'ai... j'ai des désirs, moi aussi.

- Comment tu fais pour dormir le soir?

Je t'aimais, Philippe. J'étais sincère.

- On peut pas refaire le passé.

Je t'ai fait souffrir, mais...

Pardonne-moi.

J'en ai besoin. S'il te plaît.

- Bien, slaque, Drolet est pas ici.

- C'est quoi, le rapport?

- Bien, il est gossant avec ses entraînements.

- J'aimerais ça, faire l'équipe de basket

au cégep l'année prochaine.

- Tu me niaises?

- Je vais commencer à jouer les midis en attendant.

- T'es pas assez grand. T'es pas assez bon.

- Hé, va chier!

- Hé, es-tu au courant pour le père de Jonathan?

- Quoi?

- Il est en prison. - Comment ça?

- Pfft... Je sais pas trop. Il est dans les motards, je pense.

- Pour vrai? - Ça doit être un psychopathe.

Quelque chose du genre.

- Hé, sais-tu au moins qu'est-ce que ça veut dire, psychopathe?

- Jonathan a pas l'air normal, lui non plus.

Il doit y avoir des morts dans leur cave.

Hé!

- Quoi?

- Hé, Johnny, il... il a l'air débile, non?

- Pas plus qu'un autre!

- Crisse que t'es poche.

- C'est ça.

(gazouillis d'oiseaux)

(bip)

(soupir)

- Ah...

(soupir)

"14 avril 94.

Bon, ç'a l'air qu'il faut que j'écrive un journal de bord."

(petit rire)

"C'est Drolet qui nous force.

"C'est quoi, le rapport du journal de bord?

Je suis pas un crisse de matelot."

(petit rire)

"5 mai: l'infirmière avait pas d'affaire

"à parler la directrice.

"Elle fait chier.

À cause d'elle, Drolet va penser que je suis unloser."

(soupir)

"À part de ça,

"les autres gars du groupe ont tous l'air des épais.

"Je connais pas grand monde à part Bolduc.

"Une chance que j'ai réussi à convaincre Berge de...

"Une chance que j'ai réussi à convaincre Berge de venir.

Mais au moins, je serai pas tout seul."

(♪ guitare )

"Le curé est un peu trop dedans.

J'ai mal partout."

Hum...

Simon!

Téléphone.

- C'est qui? - Berge.

- Dis-lui que je suis pas ici.

- T'as entendu? Il est pas ici.

- Osti de conne!

-"20 mai: Berge est vraiment cave.

"Il peut pas s'empêcher de dire des conneries.

Je regrette de l'avoir fait rentrer dans le groupe."

(♪ guitare )

- Osti que ça va être bon. Une grosse pout.

- Je vais te prendre un hotdog,

une petite frite puis une liqueur, s'il te plaît.

- Osti de mangeur de batte.

T'as pas le goût d'un pogo, tant qu'à faire?

(rire)

- Numéros 27-28.

- Excusez? À la place, je vais prendre 2 cheese.

- Hou!

(petit rire)

Il va pas manger, lui, je te dis!

(brouhaha)

(paroles indistinctes)

(rot)

- Hé,come on,là!

- Crisse de gros porc.

- Osti qu'il a pas de classe.

(toux)

- Checke, checke ça!

(haut-le-coeur de Jonathan)

(rire)

- Bien bon pour lui!

Hé, ça tombe sur le coeur, la dèche, hein?

(rires)

- Quand j'ai vu Berge, il m'a dit que Simon puis lui,

ils ne se parlaient plus tant vers la fin.

- Ouais. Je peux pas vraiment te dire

ce qui s'est passé exactement, là,

mais je sais qu'il y a un soir que ç'a dérapé solide.

- OK?

- On était en camping avec Philippe.

Bien... Berge puis Simon se sont battus.

- Hein? Pourquoi?

- Ça, j'ai aucune idée.

Tout ce que je sais, c'est que le lendemain matin,

Simon était parti, puis Berge, bien,

il avait la face pas mal amochée.

- Oui, mais Berge, c'est ton ami, là,

il a jamais reparlé de ça?

- Tout ce qu'il m'a dit,

c'est qu'il était vraiment pas fier de cette période-là.

- Mais sais-tu pourquoi?

- J'ai aucune idée.

(soupir)

- OK. Je vais le contacter, je pense. Je te remercie, hein!

Bonne soirée.

(brouhaha)

Hé! As-tu parlé aux parents de Shany Mélançon?

- Non, non, j'ai pas eu le temps.

- Ah... Niaise pas avec ça, Seb.

- Je t'ai dit que je m'en occuperais,

je vais m'en occuper.

- Ah! Merci!

Hum!

T'as pas passé inaperçu pour ta première journée.

- Ouais, casser une raquette en faisant le service...

- Ha! De quoi tu parles?

- Bien... De quoituparles?

- Ah, moi, j'ai surpris 2 de mes élèves en train de dire

que le nouveau remplaçant d'éduc, il est full sexe.

(rires)

Attention, quand même! Il y en a qui sont trèswilling.

(petit rire)

- Moi, c'est les femmes qui m'intéressent.

- Donc, j'aurais des chances.

Hum...

(♪What I Ampar Edie Brickell and New Bohemians ♪)

Ah! Ah, ça, c'est drôle!

Ah! Cette chanson!

La connais-tu? - Hum, hum.

- J'ai tellement dansé là-dessus, l.

(♪What I Amse poursuivant ♪)

(♪What I Amse poursuivant ♪)

(♪ What I Amse poursuivant ♪)

(♪What I Ams'arrête. ♪)

(petit gémissement)

(gémissement)

(respiration haletante)

(soupir)

(sonnerie de cellulaire)

- Oui?

- C'est qui, le beau gars qui a dormi chez vous hier?

(coups à la porte)

- Un collègue.

- Ah... Il avait pas l'air de ton groupe d'âge.

- Bon, bon, bon. Attends-moi une seconde.

(rire)

- C'est quoi, ce sourire-là?

- Il est allé me chercher des croissants.

- Attends... Attends, il est encore chez vous?

- Non!

Il les a laissés à ma porte

puis il est parti avant que je réponde.

C'est vraiment mon genre d'homme. Ha!

- Pourquoi tu te laisses pas aimer un petit peu?

T'as le droit de vouloir qu'on prenne soin de toi.

- Bon! Bon, bon, bon.

Les enfants puis toi, vous êtes là pour ça, OK?

Bonne journée!

Euh... Excusez-moi, est-ce que Diane est là?

- Oui, juste au bout là-bas. - Merci.

Diane? Bonjour, je m'appelle Élise.

Je suis la fille de Lorraine Bédard.

- OK?

- Votre fils, Jonathan, était un ami de mon frère Simon.

- Simon Bédard, non, ça me dit rien.

- Simon Dénommé. Il s'est enlevé la vie il y a 27 ans.

- Celui qui s'était jeté en bas du pont.

- Ouais.

- Salut!

- Dégage.

- Relaxe, là. Je m'en vais chez nous.

T'as pas de cours?

- Ça me tentait pas. - Moi non plus.

De l'algèbre, là, je suis pas capable.

Puis la folle à Dandenault non plus.

Qu'est-ce que tu lis?

- Tolkien. Le Seigneur des Anneaux.

- Berge a vraiment été con l'autre jour.

- Je pense que les burgers étaient passés date, là.

C'est pour ça que j'ai été malade.

- Berge a mangé la même chose puis il était bien correct.

C'est vrai pour ton père?

Il est en prison?

- C'est pas mon père. C'est le chum à ma mère.

- Ah.

- Mon père, je le connais pas.

- OK. Puis pourquoi il est en dedans?

- Il vendait de la dope.

- Il a tué quelqu'un?

- C'est quoi, ton problème?

- Je sais pas, c'est juste que...

Bien, j'ai entendu ça.

- C'est Berge qui a inventé ça?

- Bien... Bien non.

- C'est un cave, mon beau-père.

Bien content qu'on soit débarrassé de lui pour un bout.

-Jonathan a mal réagi au suicide de Simon.

Du jour au lendemain, il s'est refermé comme une huître.

Il faisait des cauchemars.

- Je savais pas qu'ils étaient si proches.

- Pour être bien honnête avec toi,

j'avais jamais même vu ton frère

avant d'aller au salon funéraire.

(inspiration)

- Comment Jonathan s'est retrouvé dans le groupe?

- Il était renfermé.

Je pensais que ça l'aiderait à sortir de sa coquille,

mais c'est pas ça qui est arrivé.

Le curé a déteint dessus.

- L'abbé Philippe? - Hum!

Du jour au lendemain,

Jonathan s'est mis à prier puis à aller la messe.

À un moment donné, il parlait même de devenir prtre.

Une chance, ça lui a passé.

- Ah ouais? C'est étonnant pour un jeune.

Surtout à cette époque-l, non?

- Le prêtre avait de l'influence sur les gars.

Pas juste de la bonne, tant qu'à moi.

- Qu'est-ce que vous voulez dire?

- J'ai jamais aimé la religion.

Je suis allée à l'école chez les soeurs,

des maudites frustrées qui se défoulaient sur les enfants.

(soupir)

Anyway.

Quand Simon est mort, Jonathan a quitté le groupe.

Ça lui rappelait des mauvais souvenirs.

Bien, c'est ce que j'ai déduit, vu qu'il parlait pas.

- Qu'est-ce qu'il devient aujourd'hui, Jonathan?

- La dernière fois que je l'ai vu, c'était l'an passé.

Il est malade.

- Hum...

- J'ai fait ce que j'ai pu pour l'aider,

mais il a fallu que je prenne mes distances.

Sinon, j'étais sur le bord d'y laisser ma peau.

- Je suis vraiment désolée... - C'est correct.

Je l'aime, mais je l'ai fait, mon deuil.

Aux dernières nouvelles, il avait une job.

Puis...

il habitait dans son petit appart à Montréal.

- Est-ce que vous pourriez me donner son adresse?

- À ta place, je laisserais le passé tranquille.

(sonnette)

- Seb? Il est arrivé quelque chose à Shany?

- Non. Pourquoi?

- Bien, parce qu'on est samedi soir.

- Non, on a des choses à régler, mais ç'a rien à voir avec elle.

- T'as pas appelé ses parents, hein?

- C'est quoi, leshowque t'as donné hier au 5 à 7?

- Pas le temps de t'occuper d'une élève dans le trouble,

mais me faire une crise de jalousie,

ça, pas de problème.

- Mélange pas tout, OK?

- Moi, j'ai le droit d'avoir du fun avec qui je veux.

- Tu penses que je comprends pas ton petit jeu?

Prendre le premier du bord, là,

juste pour voir si je vais réagir?

- Tout tourne pas autour de toi.

- T'aurais pu te garder une petite gêne.

- C'est drôle venant de toi, tu t'es pas gardé une petite gêne

quand tu t'es garroché sur moi dans le bureau.

- Hum...

J'ai perdu le contrôle.

- Pourquoi tu me le dis pas, que tu m'aimes encore?

- Ah, Élise...

Je pense que c'est toi qui as de la misère à décrocher.

(petit rire)

- Pourquoi personne me dit la vérité?

Il y a personne! Il y a personne qui me dit la vérité!

- De quoi tu parles?

Je sais pas ce qui se passe avec toi depuis quelque temps,

mais je te dis ça comme ami:

tu vas pas bien, Élise.

Va consulter.

- Crisse ton camp. - Élise....

- Va-t'en!

VA-T'EN!

(sanglots)

- Ça fait longtemps que je t'ai pas vu les cheveux de même.

(petit rire)

- Je pense que quand tu m'as connu, je me peignais de même.

- Ha! Je pense, oui.

- Te souviens-tu la première fois que je suis allé chez vous?

Ton père m'a reçu avec une brique puis un fanal.

- Bien non, t'exagères.

Ç'a pas pris de temps avant qu'il t'adopte.

Fallait juste que tu prouves que tu connaissais le baseball.

(petit rire)

- Bien, c'est pas pour ça qu'il m'aimait.

- Ah non?

- Il était content parce que je fumais!

- Bien non!

- Bien voyons, pourquoi tu penses

qu'il sortait tout le temps dehors avec moi?

- Bien, je... je sais pas! Pour jaser?

- Il me quêtait des tops!

- Non! Bien, voyons donc, pas mon père!

(rires)

Comment ça se fait que tu m'as jamais dit ça?

(rires)

- T'es belle, Lo.

- Vite, maman, dépêche-toi, là! On s'en va à la Ronde! Viens!

Papa va bientôt arriver!

- Ouais. Oh, oh, oh, attends, minute!

- Faut se dépêcher!

- Oui, oui, attends, attends! Élise.

Il viendra pas avec nous autres, papa.

- Bien... Il a dit qu'on irait toute la famille.

- Ouais, mais son boss lui a demandé de revenir plus tôt.

Il s'en retourne à Calgary aujourd'hui.

- Mais il avait promis.

Je le sais, ma pitoune.

Je sais.

Regarde, viens te coller.

Viens, Élise, viens, on va se coller.

(gazouillis d'oiseaux)

(sonnette électrique)

(sirène au loin)

- Jonathan?

Je cherche Jonathan Forget.

On m'a dit qu'il habitait ici,

mais ça date un peu, comme information.

- Ouais, c'est moi.

- Ah... Je suis Élise, la soeur de Simon Dénommé.

Vous êtes allés au secondaire ensemble.

- Ouais. Pour vrai?

Ça fait tellement longtemps que je l'ai vu.

Il est rendu où?

- T'es pas au courant?

(déverrouillage électrique)

Oh!

Pour que Jonathan réagisse comme ça à la mort de Simon...

- Tu te demandes s'ils étaient plus que des amis?

- Qu'est-ce que tu fais là?

- T'as dit que tu l'avais pas vu hors de l'école.

- Parce que c'est vrai.

- On était saoul. Il s'est passé quelque chose.

Je sais pas quoi.

- Je te faisais confiance, Philippe.

Depuis le début, quand tu dis

que tu veux m'aider, c'est pas vrai?

Sous-titrage: MELS

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