All language subtitles for Les.Yeux.Fermes.2023.S01E02.FRENCH.1080p.WEB.DD5.1.H264-TFA

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Original subtitles

- "Vers 8h15, un cycliste a découvert

"le corps inanimé de la victime sur les berges de la rivière.

"L'homme s'est ensuite rendu dans un dépanneur

"situé à environ 500 mètres,

"afin de communiquer avec les services d'urgence."

(murmure de la rivière)

Le pathologiste a constaté la présence de liquide

"dans les cavités de la cage thoracique,

la trachée et les bronches."

(gazouillis d'oiseaux)

"La victime présentait une lacération à la tête

"concordant avec une chute

"depuis une plateforme assez élevée,

"telle qu'un pont.

"Le décès remonterait à environ 48 heures.

"Les informations recueillies

portent à croire qu'il s'agit d'un geste volontaire."

(sonnette)

Ah! - Ah!

- Je t'avertis: c'est vintage comme maison.

- Ah, en jargon, on appelle ça avoir du potentiel.

(petit rire)

- Mais mes parents ont acheté ici quand mon frère était bébé.

Mon père a tout retapé,

mais après ça, c'est resté figé dans le temps.

- Bien, écoute, des unifamiliales,

il y en a pas beaucoup.

C'est certain que ça va se vendre vite.

- Ouais, mais même la chambre de mon frère

est restée telle quelle.

Ma mère l'a jamais défaite.

- OK...

- Ouais, c'est ça, fait que je sais pas

si tu veux l'écrire dans la description,

mais ici, il y a des fantômes.

Ils prennent beaucoup de place.

- Non, peut-être pas, non.

- Je te fais faire le tour?

- Oui. Avant que j'oublie...

Et voilà.

- Ah! Merci.

- Il y a pas de troubles.

- Je vais en prendre soin.

Hé, tu parlais de Bolduc, l'autre jour.

C'était quel genre de gars, hein?

- Ah... Il savait pas boire.

(petit rire)

- À jeun, il était comment? C'était untough?

Un grande gueule?

- Non. Non, c'était plus unrejectascendant nerd.

- Donc, si mon frère se faisait écoeurer, c'était pas par lui.

- Non. Non.

- OK...

Apparemment que Bolduc,

c'était le souffre-douleur de Berge.

- Ça me dit de quoi, ce nom-là.

- Bien oui, c'était l'ami de mon frère!

- Ah! C'était pas celui

qui avait caché nos bicycles une fois, là?

- Oui! Ouais, il était con,

mais je pense pas qu'il intimidait Simon.

Anyway,son nom, c'est Carl Bergeron,

il y a pas de "M" là-dedans.

- Il y en a pas dans Stéphane Bolduc non plus.

- Non, mais dans l'album de finissants,

j'ai trouvé un Michaël, une couple de Martin,

de la Mélanie en masse, un Mercier, un Mathieu,

une Maggie puis 2 Massicotte.

- Coudon, toi, es-tu rendue détective privée

dans tes temps libres?

- Non, mais tout à coup que la réponse est dans le cahier?

- Élise, je t'aime, mon amie, là,

mais je pense vraiment pas que ce soit une bonne idée.

- Ma mère a enfermé cette histoire-là double tour,

puis moi, j'ai pas l'intention de faire pareil.

- On peut avoir congé de légumes pour une fois?

- Moi, je fais rien que suivre les ordres de votre mère.

Elle dit qu'il fallait que vous en mangiez tous les jours.

- Bien, on n'est pas obligés de lui dire.

- C'est du gros n'importe quoi.

- Vous vous plaindrez à elle.

- C'est quand est-ce qu'elle revient?

(soupir)

- Vendredi.

(soupir)

- Ça fait chier, là,

ses maudites réunions syndicales à Québec.

- Ouais, mais ça, là,

ç'a l'air qu'on n'a pas un mot à dire l-dessus.

- Je vais lui parler, moi.

- C'est ça.

- Hum...

- L'agent d'immeuble va nous revenir

avec une évaluation aujourd'hui.

Il pense que tu vas avoir un bon prix.

Tu sais que tu peux encore changer d'idée, hein?

Hé, je l'ai jamais vue, cette photo-là!

- Comme mon nom sur le monument.

- Oui, ça faisait plus d'un an

que j'étais pas allée au cimetière,

mais je hais ça, aller là.

Pour moi, Simon, il est pas là.

- Bonjour.

- Je vais mettre ça là, OK?

- Hum, hum.

Ah, tiens.

Ça, c'est quand il était parti au camping.

Une couple de semaines avant qu'il meure.

- Hum! - Assieds-toi.

Enlève ça, là.

- C'est Berge, ça? - Ouais.

- Lui, c'est qui, hein?

- Euh... Je pense que c'est le petit Forget.

Sa mère, Diane, elle travaillait au nettoyeur.

- Hum!

- Ah, ça, c'est beau, hein? - Ouais!

- Prends-la, celle-là.

- Il avait beaucoup d'amis?

- Il invitait jamais personne à la maison.

À part Carl, là.

- Mais il faisait du sport?

Il avait des activités parascolaires, quelque chose?

- Il avait sa guitare. Ha!

Ah, il a joué dans une équipe de basket aussi,

mais ç'a pas duré longtemps.

- Pourquoi? - Il est mort.

- Me semble que c'était pas son genre, de jouer aux scouts.

- C'était organisé par l'école.

(soupir)

(petit rire)

- Allô! Salut, tout le monde! Assoyez-vous.

Bienvenue, bienvenue!

(brouhaha)

Vous pouvez vous asseoir.

- C'est qui?

- Bonjour, tout le monde! Bienvenue en pastorale.

Je ne suis pas soeur Guylaine, comme vous pouvez voir.

Je m'appelle Philippe.

Malheureusement, soeur Guylaine a eu un accident de vélo.

Elle s'est cassé la clavicule.

- Osti! La bonne soeur enbike! -Oh,my God!

- Hé, j'aurais aimé voir ça!

(rires)

- C'est bon, c'est bon.

Donc, c'est moi qui la remplace jusqu'à nouvel ordre,

en espérant que le Seigneur recolle ses morceaux rapidement.

Aujourd'hui, on va avoir une célébration de la parole.

On va lire un texte de Matthieu.

- On aurait dû skipper. - Hé, Caouette, tu l'as écrit?

- Sûrement pas, il est tellement pourri en français.

(rires)

- C'est bon, c'est bon, juste avant de commencer,

vous pouvez venir vous chercher un petit pain de vie.

(brouhaha)

Excuse-moi! Chandail rouge!

Où tu vas?

- Je m'en vais chercher mon étui à crayons dans ma case.

- C'est pas grave, t'en as pas besoin.

- C'est que j'aime prendre des notes,

puis je trouve que Jésus avait des super belles citations.

- OK. Mais fais ça vite.

Donc, qui veut me lire son petit pain de vie?

Cette phrase tirée de l'Évangile que vous avez lue,

qu'est-ce que ça vous fait en vous?

Comment ça résonne en vous?

J'aimerais ça que vous réfléchissiez à ça.

- Puis, j'ai manqué lekumbaya? - Crisse, t'étais où?

- ... toutes sortes de choses, hein!

(alarme d'incendie)

OK, on va sortir. Laissez vos choses ici.

On se retrouve à l'extérieur, vous savez à quel endroit.

Lentement, s'il vous plaît.

(brouhaha)

- Oh!

- Veux-tu jouer?

- OK.

Oups! Ha!

Hé, euh...

C'est bizarre, hein, qu'un feu de poubelle ait commencé

pendant que t'étais lousse dans le corridor.

- Bien, c'est une coîncidence.

(bip de l'interphone)

-Tous les élèves et les membres du personnel

peuvent réintégrer l'école.

Je répète: tous les élves et les membres du personnel

peuvent maintenant réintégrer l'école.

(soupir)

(petit gémissement)

(petit gémissement)

(stridulations d'insectes)

(soupir)

(soupir)

- Hé, mon grand.

Je le sais, que tu dors pas.

- (murmurant): Salut!

- Allô.

Comment ç'a été, ta journée?

- Correcte. - Hum.

Puis à l'école?

- Bien, c'était plate.

(petit rire)

Élise, elle a pas trop chialé

pour prendre son bain puis se coucher, là?

- Je lui ai dit qu'elle pouvait regarder le film jusqu'à la fin

à condition qu'elle niaise pas trop pour faire ses affaires.

(petits rires)

- Puis ton père? Il est retourné sur le chantier après souper?

Couche-toi, il est tard.

Je t'aime.

(baiser)

(sanglots)

- Je suis contente de te voir!

- Moi aussi! - Ah!

- Merci! Ah!

Ça fait drôle d'être ici, hein!

- Ouais. Tiens, assieds-toi.

(petit rire)

Alors, dis-moi... dis-moi, qu'est-ce qui t'amène?

- Hum... J'ai une question.

- Hum, hum?

- Philippe Drolet, quel genre de réputation il avait?

- Ah! Tout le monde l'aimait. - Ouais?

- Il était drôle! Charmant.

- Mais c'est étrange, parce que j'ai aucun souvenir de lui,

puis pourtant, j'ai fait tout mon secondaire ici.

- Ah ouais, mais il est pas resté longtemps.

- OK.

- Quelques mois, si ma mémoire est bonne.

- Pourquoi, hein?

- Ah, ça, je m'en souviens pas, je pourrais pas te dire.

- Hum... Je me pose des questions concernant mon frère.

- Ah?

- Puis je me disais...

Un prêtre qui va en camping seul avec des jeunes garçons,

c'est pas un peu...

(rire)

- Philippe? Hum...

Philippe, c'était un homme à femmes.

- Non!

- Ouais, il en a passé une couple le temps qu'il était ici.

Oui, quelques-unes!

- Mme Dénommé? - Oui!

- Venez avec moi.

- Vous avez toute une collection de disques!

- On se tutoie.

- Merci.

Je savais pas que les curés avaient le droit

d'écouter les Stones puis U2. Ha!

- Rien l'interdit!

J'ai même vu plusieurs spectacles.

- Han, han?

- Je pense qu'un de mes préférés,

c'est Sir Paul en 89, à Toronto.

- Oh, mon Dieu, en 89, j'avais... j'avais 6 ans!

(rire)

- Ça me rajeunit pas!

Ça, c'est comme de voir mes anciens élèves au conventum.

Ça donne un coup! - Hum!

- En même temps, ça me rappelle

que c'est vraiment une période de ma vie que j'ai aimée.

C'est beau, de voir ce qu'ils sont devenus.

- Ah, bien...

C'est ça? Ça, c'était votre groupe d'entraide?

- Oui! Ha! Je les avais emmenés une fin de semaine en camping.

C'est Jonathan. Stéphane.

- Bolduc? - Ouais, c'est ça.

- Pourquoi mon frère s'est retrouvé dans ce groupe-là?

- Il était sur une mauvaise pente.

Il aimait pas beaucoup l'école.

La direction m'a demandé d'essayer

de travailler avec lui.

C'était un bon garçon.

Il prenait pas toujours les bonnes décisions, mais...

- Ouais.

J'ai des raisons de croire

qu'il se faisait intimider avant sa mort.

En fait, j'ai trouvé son journal de bord.

- Ah... - J'ai fait des photocopies.

- C'est moi qui leur demandais d'écrire ça.

- Il parle souvent de...

d'un gars, là, qui avait l'air de lui faire du chantage,

comme s'il craignait que quelque chose arrive.

- Il y a pas de nom? - Non.

Juste la lettre "M".

Pourquoi il se faisait écoeurer, hein?

Je pense qu'il prenait de la drogue,

ça se peut qu'il devait de l'argent à cause de ça?

- Bien là, peut-être du pot, mais pas plus que ça.

- Ah, en même temps, il a déjoué tout le monde.

Même les gens les plus proches. - Ouais.

- C'est vrai que c'était tous des cas de problèmes,

dans le groupe?

- Ah, plus ou moins.

- Est-ce que ça se pourrait que son... bourreau

ait fait partie de la gang?

- Est-ce que je peux revoir les photos?

- Ouais!

- C'est sûr qu'il y avait des bums.

Mais...

Non, non, c'était pas personne de méchant.

Puis aucun nom qui commence par "M".

- Hum...

- Claude?

- Lorraine?

- Euh... Excuse-moi, est-ce que... est-ce que Denis est ici?

- Il est parti à 4h30.

Il a dit qu'il avait trop mal au dos, qu'il devait se reposer.

Qu'est-ce qui se passe?

- Il est pas à la maison. Je le cherche.

- Bien, il doit sûrement y avoir une explication.

- Non, regarde, je suis pas conne, là.

Je suis capable de faire un plus un.

Ça fait des mois que je ne le reconnais plus, là!

Il est tellement rendu prime, il est bête avec moi.

Puis c'est pire depuis que je suis dans le syndicat.

- C'est vrai qu'il est pas bien, bien dans son assiette.

- Il voudrait que je reste à la maison

à les torcher, lui puis les enfants.

Il faudrait que je voie personne.

- Il doit trouver çatough,

de voir que tes affaires roulent tempête

pendant que lui, il est obligé de ralentir

parce que son corps, il ne suit plus.

- Ha! Bien oui, c'est ça.

Ses osti de problèmes de dos.

- Il "fake" pas, il a mal.

- Il arrête pas de me mentir en pleine face.

C'est rendu qu'il me dit qu'il fait del'overtime

3, 4 soirs par semaine depuis des mois.

C'est vrai, ça?

(soupir)

C'est sûr qu'il me trompe.

(léger sanglot)

Ça fait belle lurette

qu'il ne se passe plus rien entre nous autres!

Je trouve çatough.

(frémissement)

- Il a bien des défauts, mon frère, là, mais il t'aime.

- C'est pas comme ça qu'on traite les gens qu'on aime.

- Ouais, Lorraine, viens ici. Viens ici.

(reniflement)

(soupir)

Tu sais quoi?

- Quoi?

- T'as raison.

C'est pas de même qu'on traite les gens qu'on aime.

(cri d'Élise)

- Élise?

- J'ai... j'ai fait un mauvais rêve.

- Sur quoi? Des monstres?

- Non, c'était E.T.

- Bien, c'est un extraterrestre, c'est pas épeurant.

- Non, mais j'avais pogné sa maladie

puis j'étais en train de mourir.

- Ouais, mais t'es pas en train de mourir, là.

(frémissement)

- Je veux que tu prennes ma température.

(soupir)

- Ouais, t'es bien correcte.

- Non, t'es pas infirmière, je veux voir maman!

- Elle est pas encore revenue. - Elle est où?

- L'hôpital l'a sûrement appelée.

- Puis papa, il est où?

- Il doit être sur le bord de revenir.

- Une chance que t'es là.

Veux-tu me raconter une histoire?

- Pousse pas taluck.

(clappement)

Bonne nuit!

(brouhaha)

- Oups!

- Bonjour! S'il vous plaît!

Prenez vos places, s'il vous plaît.

Est-ce que quelqu'un a vu Shany aujourd'hui?

- Elle était pas dans le cours d'anglais.

- OK. Aujourd'hui...

(petit rire)

- Relaxe, Lo! Personne va le savoir.

(soupir)

- C'était la dernière fois.

- Si c'est ça que tu veux, c'est correct.

Mais dis-toi que Denis est probablement

en train de faire la même chose en ce moment.

- OK, je le sais, là, que mon mariage est sûrement fini.

(soupir)

Mais je me sens trop coupable.

- Non. Non, non, non, arrête, là!

S'il y a quelqu'un qui doit se sentir coupable ici,

c'est moi, c'est pas toi.

(soupir)

Je t'aime, Lorraine.

- Non, dis-moi pas ça. Non, je peux pas faire ça. Dis pas ça.

- Je suis pas capable de m'arrêter.

(soupir)

(respirations haletantes)

(petit gémissement)

- Je vous avoue que je suis surprise d'être ici.

Habituellement, Shany est bonne en français.

- Hum... Mais c'est pas

pour ses résultats que je voulais vous parler.

Je suis un peu préoccupée par son état.

Avez-vous remarqué quelque chose de particulier

avec votre fille dernièrement?

- On aurait dû?

- Perte de motivation, tristesse, irritabilité?

- Si vous savez quelque chose, dites-nous-le

au lieu de nous faire jouer aux devinettes.

- Ah... C'est parce que c'est délicat. J'ai pas de preuves.

Juste une intuition.

J'ai surpris votre fille

en train de pleurer aux toilettes pendant mon cours.

- Pourquoi? - Je sais pas.

Est-ce que ça se pourrait qu'elle se fasse intimider?

Ou qu'elle soit dans une relation toxique?

- C'est tout? - Pardon?

- Vous nous faites venir parce que Shany a pleuré?

- Bien, aussi, elle était pas à ses cours ce matin.

- Elle avait rendez-vous chez le dentiste.

- Ah! OK.

Bien, je pense quand même qu'il faut pas prendre ça à la légère,

parfois ça peut camoufler quelque chose de plus grave.

- Merci! On s'en occupe.

- Je vous souhaite une bonne journée.

Élise!

- Sébastien.

- Les parents de Shany Mélançon

ont pas tellement aimé votre discussion.

- Moi, je voulais juste les aider.

- Je comprends. Je sais que ça part d'une bonne intention.

- Mais il y a tellement de parents qui ont aucune idée

de ce qui se passe dans la tête de leurs enfants.

- De la même façon qu'on sait pas toujours à qui on a affaire,

C'est pour ça que la prochaine fois

que t'as des doutes au sujet d'un élève,

ça serait mieux que tu passes pas moi

ou que tu parles à la psy.

- Ou que je fasse comme si de rien n'était.

(soupir)

- Tu veilles sur tes élèves,

moi, je veille sur mon personnel.

- Hum, hum! Bonne fin de journée!

(ouverture de porte au loin)

- T'étais où? - Qu'est-ce que tu fais là?

- Hé, réponds-moi! Tu reviens d'où, là?

- Je reviens... Euh... J'étais au gym.

- Non, niaise-moi pas.

- Non, non, c'est vrai.

- Qu'est-ce que tu faisais là?

- Euh... Je m'entraîne!

- Depuis quand?

- Depuis plusieurs mois.

- Osti... Arrête de me mentir!

T'es supposé avoir mal au dos!

- Bien, justement, le chiro m'a dit que ça me ferait du bien.

Qu'est-ce qui se passe, là?

- Je te crois pas.

- Comment, tu me crois pas? Qu'est-ce que tu veux? Regarde!

Tiens, regarde, ça, c'est mon sac d'entraînement.

Qu'est-ce que tu veux voir?

Qu'est-ce que tu veux voir dedans?

Veux-tu que je te le vide? Tiens, regarde!

Mon t-shirt mouillé. Veux-tu voir ma carte de membre?

Tiens, regarde, ma carte de membre!

Tiens! Qu'est-ce que tu veux, là?

(sirène au loin)

- Puis pourquoi tu m'as rien dit?

(soupir)

- Parce que je...

Parce que moi aussi, j'ai le droit de penser à moi.

- En faisant du ménage dans ses affaires,

j'ai trouvé des cahiers.

- Son espèce de journal?

- Tu l'as lu?

- Bien, à un moment donné, il y en a un qui traînait.

J'ai posé des questions.

Mais il m'a dit qu'il écrivait juste des niaiseries, tu sais.

Il y avait rien de vrai là-dedans.

- Ça, c'est le réflexe normal

d'un adolescent qui veut préserver son intimité.

- Fallait qu'il lise ça devant le groupe.

Ça, c'est comme quand ils nous envoyaient à la confesse

quand j'étais jeune.

Toi, penses-tu vraiment que je racontais

qu'est-ce que je faisais de pas correct?

- Donne-moi ça.

- Bien non, j'inventais des beaux petits péchés sur mesure

pour faire plaisir au curé, c'est la même affaire.

- N'empêche pas qu'il peut y avoir de quoi de vrai là-dedans.

Tiens. - Merci.

Après sa mort,

j'ai disséqué chaque phrase pendant des heures.

Il était pas bien dans sa peau.

Comme bien des gens de cet âge-là.

- Tu peux ne pas être bien dans ta peau

sans te crisser en bas d'un pont.

- On arrête, là? Hein?

Ça sert à rien de ressasser le passé, ça le ramènera pas.

- C'est pour ça que t'as gardé

sa chambre dans le formol pendant 27 ans?

C'est un petit peu ça que t'as fait

avec le reste de nos vies, hein, finalement!

- Tu sais, Élise, tu devrais apprendre

à te mêler de tes affaires des fois.

Je le sais, que tu veux bien faire, là,

mais tu brasses bien de la marde aussi.

- Passe-moi l'huile à chaîne.

(aboiement au loin)

- Pourquoi t'es triste?

- Je suis pas triste, je suis concentré.

- Est-ce que c'est parce que maman ne t'aime plus?

(grincement de la roue)

- Pourquoi tu dis ça?

Élise.

Pourquoi tu dis ça?

- C'est pas juste du linge mouillé

qui pue dans une sécheuse.

- Au moins, je l'ai fait, le lavage!

- Ça, c'est le symbole de toute ton incapacité

à aller au bout de ce que tu commences.

- Tu chiales tout le temps!

- T'auras beau recrisser la brassée dans la laveuse,

ça réglera pas tes problèmes.

- C'est ça, c'est toujours de ma faute!

- Élise!

- Je repasserai, peut-être?

- Ouais, je pense que ça serait mieux.

(cris d'enfants au loin)

(vibration de cellulaire)

- Philippe?

- Oui. Je voulais te dire que pour moi aussi,

la mort de Simon m'est restée en travers la gorge.

Si jamais je peux faire quelque chose pour t'aider,

je vais le faire.

(soupir)

- Merci.

- Il y a peut-être une façon d'en avoir le coeur net.

- Laquelle?

-Bon, certaines personnes vont m'en vouloir, mais...

je pense que t'as le droit de savoir.

(pépiements d'oiseaux)

- Salut!

J'imagine que t'en as entendu parler.

Les jumeaux sont à l'hôpital depuis 5 semaines.

On pensait pas les réchapper au début, mais là, ça va.

- Ouais, c'est bien plate, cette histoire-là.

- Euh... Écoute, le client de la rue Rivard

vient de se réveiller 6 mois trop tard.

Il voudrait que tu reprennes le chantier en charge.

Moi, faut que je m'occupe de ma famille,

puisanyway, j'ai pas la tête à la job.

- T'es pas gêné, toi, tabarnac!

- On a une business à faire vivre.

Nos employés ont besoin de travailler.

- Tu ruines ma famille

puis tu viens ici me demander de t'aider?

Crisse, pour qui tu te prends?

- Regarde, je sais, j'ai manqué de jugement.

C'est pas comme si tu l'aimais encore, de toute façon.

À un moment donné, il va falloir que t'en reviennes.

Doris, elle en est revenue. - OK, va-t'en.

Je ne veux plus jamais te revoir la face de ma vie.

- Denis... Je m'excuse.

- Décâlisse!

- C'est un cave, là.

On fait toutes des conneries.

- OK, là, toi, l, t'es un peu jeune

pour jouer dans la cour des grands.

- Hé, arrange-toi donc tout seul, d'abord!

- Après la mort de Simon, je me suis rendu compte

que ce qui était le plus dur pour ses camarades...

tout le monde, en fait,

c'était de pas lui avoir dit adieu.

Trop de choses sont restées en suspens.

- Donne-moi ça.

- Merci.

J'ai organisé des ateliers à l'école

pour leur permettre d'écrire sur papier

ce qu'ils avaient pas eu la chance de lui dire.

C'est ça qu'on a mis dans la boîte de métal.

- Bien, qu'est-ce que t'espérais?

- Que quelqu'un ait eu des remords puis qu'il l'ait écrit.

Mais je comprends pas,

parce que c'était vraiment là, devant la roche.

- Ouais, bien, peut-être que la personne l'a déterré

parce qu'elle avait peur qu'on découvre son secret.

Parce que visiblement, il y a rien.

(soupir)

(gazouillis d'oiseaux)

- Mais je me souviens pas que Simon m'ait parlé de toi.

T'as l'air de l'aimer beaucoup.

- Bien, je pense que pour lui,

j'étais la petite soeur gossante.

Il se gênait pas pour montrer

que c'était lui qui était arrivé en premier

puis qu'il tenait à ses privilèges.

(rires)

Mais il pouvait être super protecteur aussi.

Un moment donné, je m'étais fait voler ma boîte à lunch

à l'arrêt d'autobus.

Puis il avait pogné le gars par le collet

puis je l'avais récupérée assez vite merci.

(petits rires)

- Puis vers la fin?

- Non, ça... ça n'allait plus trop.

- Qu'est-ce que tu fais?

- Je fais pousser des fruits puis des légumes.

- Sais-tu ça prend combien de temps

avant qu'un pommier donne des pommes?

- J'ai entendu maman au téléphone dire

qu'avec la séparation,

elle n'aura plus les moyens de garder la maison.

- C'est quoi, le rapport?

- Bien, si je fais pousser de la bouffe,

on va pouvoir mettre de l'argent sur la maison.

- OK, tu penses qu'on va survivre

en mangeant des concombres puis des pommes?

- Bien, je vais faire pousser autre chose aussi.

- OK. Comme quoi, mettons? Du jambon puis du lait?

- T'es épais, OK?

Qu'est-ce qui va se passer si on n'a plus de maison?

- Bien, si t'avais fermé ta gueule,

tout ça, ça serait jamais arrivé.

Tout ça, c'est de ta faute.

- Et une signature juste ici, dans le bas de la page.

- As-tu besoin d'aide avec le... - Non.

- Je vais t'appeler pour coordonner la séance de photos.

- Hum, hum!

- C'est ma maison.

S'il y a quoi que ce soit, tu m'appelles, moi.

- Parfait. C'est noté.

- C'est toi qui vas aller faire faire le double des clés

à la quincaillerie?

- On commencerait les visites la semaine prochaine, c'est ça?

- Oui. Après, ça peut aller très vite.

(raclement de gorge)

Il me reste quelques mesures à prendre pour finir l'affiche.

Je vais aller faire ça.

- OK. Merci, Hugo.

- Merci, Hugo. - Il y a pas de quoi.

- Il est bel homme, lui! Hum?

- Qu'est-ce que tu veux faire avec la guitare de Simon?

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça?

- Bien, je pensais l'offrir

au département de musique de l'école.

- Bien ouais. C'est bon. Fais ce que tu veux.

- Parfait.

Elle est attachante, hein?

(rire)

- Je la comprends.

Quitter une maison,

ça force les gens à faire le ménage dans ses souvenirs.

- Ouais, mais elle est toujours comme ça.

- Toi, qu'est-ce que ça te fait?

- Ça me fait rien.

Ça fait longtemps que ce n'est plus chez nous.

- Simon? Élise?

- Papa!

- Allô!

(raclement de gorge)

- Denis, on peut se parler?

- J'ai pas le temps, là.

- Bien, amuse-toi, ma pitoune, hein!

On se revoit dimanche.

- J'irai pas.

- Bien, voyons donc, pourquoi?

- Je vais rester avec toi.

(reniflement)

(sanglots étouffés)

- Simon!

- Bye, mon grand.

- Bye!

- Laisse ça sur le comptoir, je vais m'en occuper.

- Non, non, je vais défaire la commande.

- C'est beau, je suis correcte.

- Maman?

Penses-tu me pardonner un jour?

J'avais 9 ans.

Je comprenais pas ce qui se passait.

- Quand ton père m'a laissée, là,

toutes nos vies ont commencé à se détricoter.

Puis c'est pour ça que Simon nous a glissé entre les doigts.

(sanglots)

- C'est pas de ma faute si papa est parti

puis si Simon s'est suicidé.

(reniflement)

- Si on s'était pas séparés,

il serait probablement encore en vie.

- Peut-être pas aussi.

- Qu'est-ce que t'en sais, toi?

(gazouillis d'oiseaux)

- Hé! - Hé.

Il y a une pancarte devant la maison.

J'ai l'impression que c'est le début de la fin.

(clappement)

- Mon grand-père disait: "Chialer, ça garde en santé."

Ta mère, elle va tous nous enterrer.

- Ouais.

- Hé... C'est une bonne chose.

S'il y a du monde pour s'en occuper,

ça va te donner unbreak.

Elle est rushante.

- Oui.

Mais c'est la seule famille que j'ai.

- Il est pas trop tard pour t'en fabriquer unefrom scratch!

T'appelles ton agent d'immeuble,

tu lui demandes de te faire un petit bébé!

- Ouais, puis on se chicane pour une brassée de lavage?

- Oui, mais tu deviens la personne

la plus importante aux yeux de quelqu'un pendant 10,-12 ans.

- Non, mais moi, les enfants, je suis pas contre,

c'est juste... je préfère quand c'est ceux des autres.

- Je suis allé voir un film hier.

Sais-tu qui qui était assis à côté de moi?

Sarah-Jeanne Vigneault!

- OK.

- Pendant le film, elle m'a pris la main, là,

puis elle l'a mise entre ses cuisses, de même, là!

Ah, elle est tellementhot.Ha!

Yo,tu m'écoutes, Simon?

- Bien oui!

- Bon, bien, réponds!

Elle m'a invité à aller chez eux aussi jeudi soir.

Ses parents sont pas là. Tu sais ce que ça veut dire.

- Tant mieux pour toi.

-Man,ça va être mon jour de chance!

Pas de danger que ça t'arrive.

- Hé, qu'est-ce que t'en sais, hein?

- Hé, les gars! C'est pas une période libre, là.

Vous devez pratiquer votre sonate.

- Bien, c'est une sonate de marde!

- Joue-la pareil.

- Tiens, ta sonate!

- Élise, ton frère, il se faisait pas intimider.

Il était en amour.

- Sérieusement! T'es encore là-dedans?

- Mais c'est parce qu'il y a des choses qu'on n'a pas vues.

- Élise... Qu'est-ce que t'essayes de prouver?

- OK. "On a été au parc manger un cornet.

Je filais pas, j'étais sur les nerfs."

Tu vas pas manger un cornet

avec un gars qui menace de te péter la gueule.

"J'ai dit à ma mère que j'avais pogné une retenue,

mais c'est pas vrai, fallait que j'aille voir M au parc."

C'est Philippe qui a raison.

M, c'est une fille.

- Ça peut être pris dans un sens comme dans l'autre.

- Non, non, non.

Simon, il était amoureux de M,

puis le 18 septembre, il s'est passé quelque chose au parc,

ils se sont chicanés, parce qu'après ça, il n'y a plus rien!

Il n'y a plus rien dans le cahier!

Puis 3 jours plus tard, il s'est jeté en bas du pont.

- Élise, va donc aux toilettes avant qu'on aille à l'épicerie.

(bips de composition)

(soupir)

- Oui, Denis?

Euh... C'est toi qui as pris l'argent dans mon tiroir?

Oui. Non, non, je sais, mais l'autre fois,

t'es venu chercher du stock dans la chambre.

Hé, il y avait 200$, il me reste 20$!

Bien oui, c'est ça! Parfait!

(bip)

(♪ guitare )

(raclement de gorge)

Ça, c'est sale?

- Euh... Non.

- C'est quoi, ça?

- Je sais pas.

- T'as piqué l'argent de l'épicerie?

- Pantoute.

- Hé! Il y a 200$ qui ont disparu de mon bureau à matin,

puis là, moi, je trouve 200$ dans ta chambre,

puis toi, tu sais pas d'où ça vient?

- Je te le jure, c'est pas moi qui l'ai pris.

- Je travaille comme une maudite folle

pour que vous manquiez de rien, puis tu me voles mon argent?

Pourquoi, là? Pour t'acheter des crisse de CD?

Des... des cigarettes?

- Es-tu malade? Je fume pas!

- Hé, arrête de me mentir.

- OK, j'ai peut-être déjà fumé une cigarette une fois,

mais j'ai jamais touché à toncash.

- Donne-moi ça. - Pourquoi?

- DONNE!

- Hé, t'as pas le droit, c'est à moi!

- T'es privé de sorties pour 2 semaines!

- J'ai rien fait, je t'ai dit!

- Toi, tu rentres dans ta chambre!

(soupir)

- Lorraine, je pense que je suis sur le point

de trouver l'explication qui manque,

mais pour ça, j'ai besoin que tu m'aides.

Est-ce que Simon avait une blonde juste avant de mourir?

Maman... S'il te plaît, réponds.

- Ça m'étonnerait.

- OK, mais il a... il a déjà ramené une fille à la maison?

- Non.

- Mais ça veut pas dire qu'il en avait pas.

- De toute façon, c'était pas du genre à se confier.

- Mais il me semble que tu t'en serais rendu compte,

quelqu'un d'amoureux, ça se voit, non?

- Non. Contrairement aux autres,

ça avait pas l'air de l'intéresser.

Regarde, je me suis posé toutes les mêmes questions que toi.

- OK. Puis?

- Bien, j'arrive toujours à la même conclusion:

ça changera rien.

- "Magnolia".

"M" comme magnolia.

Fuck...

Sous-titrage: MELS

- Ça fait 2 jours que j'essaie de lui parler,

c'est clair qu'elle m'évite.

- T'as pas peur de perturber leur vie

ou celle de leur famille?

- Oh, parce que la vie de ma famille a pas été perturbée?

- J'ai été témoin de quelque chose,

mais je sais pas s'il faut que j'en parle.

- Tu dis que ta mère vit dans le passé,

que les morts prennent toute la place...

- J'essaie juste de comprendre.

- Tu cherches un coupable.

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