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Original subtitles

Frontières sans fin

Vous venez d'où ? - D'Afghanistan.

Vous habitez où ? - À Tchabahar.

Vous allez où ? - À Sarbandar.

Pour le travail ? - Oui.

Vous avez une carte de séjour pour l'Iran ?

Non. - Descendez.

Vous venez d'où ? - Je suis enseignant.

Où ? - À Babou Bazar.

Vous faites quel trajet ? - Toujours le même.

Vous avez un permis de séjour pour la zone ?

Et des papiers d'identité ?

T'as pas le droit de quitter la zone frontalière.

C'est le ministère de l'Éducation qui m'envoie. - Ces clowns ne savent rien.

T'as pas lu ton jugement ? - Comment j'aurais pu ?

Et je fais ce trajet depuis un an !

Je vais le signaler. Ça te servira de leçon.

Je n'ai pas choisi d'être là, vous savez ?

Tu vas souvent jusqu'à la frontière. Qu'est-ce qui me dit que t'essaies pas de fuir ?

Vers l'Afghanistan ? - Tu mérites même pas ça.

Quoi de neuf au village ?

Rien. Tout va bien. Pas d'eau, des coupures de courant...

Ils font passer des Afghans, pas vrai ?

Monsieur, que vont devenir mes élèves si vous m'empêchez de rentrer ?

Qui corrigera leurs devoirs ? C'est bientôt les examens.

Je m'en fiche. Tu verras ça avec ton ministère.

Ils auront qu'à envoyer un autre prof.

Tiens. Écris une lettre d'engagement.

Je dicte : "Je soussigné, Ahmad Vaezi...

Debout !Que les imbéciles,

reçoivent le fruit de leur honte.

Que les futés quant à eux,

soient sages et réussissent...

Merci, merci. C'est bien.

Asseyez-vous.

Plus un bruit. J'ai quelque chose à vous dire.

Homa, viens me voir.

Pas un mot.

Viens, Homa.

Homa va faire un vœu en silence,

avant de souffler les bougies.

Regarde-moi. Fais ton vœu.

Homa a sept ans aujourd'hui.

Tu as fait ton vœu ?

Allez, souffle.

Plus fort. Encore !

C'est bien !

On l'applaudit bien fort !

"Je peux être comme le miroir.

Je peux dire la vérité.

...dire la vérité.

Je peux

aimer...

...tous les habitants de ce monde."

Quand vous aurez fini, rentrez chez vous.

Bonjour, Sakhi.

Bonjour, mon frère. - Bonjour.

Bonjour. Vous êtes médecin ? - Non, pas du tout.

Depuis combien de temps êtes-vous là ? - Trois jours.

Je sens à peine son pouls.

Il n'y a pas de médecin ici ?

Non, on a déjà demandé. - Insistez. Il y en a sûrement un.

Peut-être parmi les nouveaux arrivants. - Oui, allez-y.

Quelqu'un ici est médecin ?

Mes sœurs, mes frères, cet homme va très mal, il va mourir !

Un infirmier ou un secouriste ?

Personne ? Vraiment ?

Couvrez-le, au moins.

Haseeba, attrape un morceau de tissu.

Je ne peux pas.

Accrochez le auvent mieux que ça ou le soleil l'achèvera.

Je crois qu'il a trouvé un médecin.

Bonjour.

Aide-le, docteur, je t'en supplie.

Il a des convulsions ? - Oui.

Son pouls est très faible.

Vous avez ses médicaments ? - Pas ici.

On n'a rien pour le soigner.

Je n'ai rien pour l'aider. - Aidez votre compatriote, il est mourant.

Ce qu'il lui faut, ce sont des médicaments.

Tu es médecin, oui ou non ?

Attendez ! Si vous partez, il mourra !

Lâchez-moi ! Ça fait trois jours que j'attends !

Attention à sa tête.

Par ici.

Soulevez.

Donne-leur de l'eau.

Balaj !

Balaj !

N'ayez pas peur. C'est le père de Balaj.

Tout va bien.

Ne restez pas dehors, entrez.

Bonjour Babou. - Que font-ils ici ?

Le vieil homme va mal. J'avais peur qu'il meure.

C'est pas un hôpital ! - Ils sont venus chercher refuge chez toi.

Eh bien que font-ils chez toi, alors ?

N'aie pas peur. Je les ferai repartir demain.

Apporte-leur à boire et à manger.

Merci, Babou.

Fais vite, je dois aller en ville. - Vous pouvez venir chez nous.

Je n'ai pas le temps. Dépêche-toi.

Vous allez en ville ? - Oui.

Bonjour.

Toujours en retard, Vaezi ! Comment ça se fait ?

Je viens de loin.

Tu sais que je dois le signaler quand tu n'es pas à l'heure.

Ces stylos n'écrivent jamais ! - Tiens.

N'oublie pas pourquoi t'es là. T'es pas chez mémé.

Sois à l'heure la prochaine fois !

Bonjour.

C'est qui ? - Vaezi.

Entre.

J'ai reçu un appel d'un numéro inconnu, mais il n'y a pas de réseau au village.

Ne t'en fais pas. Elle a parlé à sa mère.

J'ai passé la journée à la prison d'Evin avec le cadastre.

S'ils ne lui ajoutent pas de chefs d'accusation, elle obtiendra un congé pénitentiaire.

Tu lui passeras le bonjour ?- Bien sûr.

Je ne comprends pas. Elle va l'obtenir ce congé ou non ?

Ils n'ont pas le choix. Quand Niloofar sortira...

On y laissera la maison s'il le faut. Vous devrez partir.

Ne parlons pas de tout ça au téléphone.

Moi, ça me convient, mais Niloofar doit faire son choix.

Parlez-en directement avec elle.

Si c'est moi qui lui dis, elle se servira de vous comme excuse.

Tu as bien réfléchi ?

Ne t'en fais pas pour sa mère et moi.

Tu la connais. Vu les conditions, elle insistera encore plus.

J'essaierai, mais parle-lui, toi aussi. Dis-le-lui avec tes mots.

Vous devez prendre une décision ensemble. - J'ai un double appel.

Je ne te retiens pas plus longtemps.

On en reparlera.- OK.

Le traitement est à prendre toutes les 12 heures.

Bien. Je vous dois combien ? - 200 000 tomans.

Pardon ? - 200 000 tomans.

Vous pouvez me rendre la carte ?

Prenez celle-ci.

Les talibans sont aux portes de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.

Ils auraient pris le contrôle de Janikhel,

une ville située dans la province de Paktia, voisine du Logar.

Les talibans se trouveraient donc à une heure de Kaboul,

à en croire les rapports sur place...

Bonjour tout le monde !

Allez, tous en classe.

Les petits, en classe. Vite.

Plus vite que ça ! Allez vous installer.

Monsieur ! Vous êtes de retour. - Bonjour.

Où sont-ils ? - Babou les a installés chez Nakoo.

Vous avez trouvé les médicaments ? - Oui.

Comment va-t-il ? - Il tient le coup.

Merci. - Sois à l'heure pour le cours.

Je lui apporte et j'arrive. - Fais vite.

Abu Nasr Mohammad al-Farabi, né en 870 et mort en 950,

étudiait les typologies sociologiques.

Sa théorie conceptualise la notion de "cités ignorantes",

telles que la "cité de la puissance".

Faites bien attention à l'orthographe.

Il décrivait ces cités comme suit :

"Dans ces sociétés,

les habitants coopèrent entre eux pour dominer d'autres nations.

Ils développent une véritable obsession

pour la conquête d'autres tribus et nations.

Leur objectif est de dominer et de soumettre les autres."

Concentration !

"Ils refusent que les peuples assujettis puissent disposer de leur propre vie..."

La perfusion devrait l'apaiser.

Avant les talibans, c'était les nomades qui nous attaquaient sans répit.

Nous ne sommes pas des guerriers, nous ne savons pas faire la guerre.

Les Pachtounes haïssent les Hazaras et voudraient que tous les Afghans soient Pachtounes.

Je n'ai jamais compris la différence entre Hazaras et Pachtounes.

Nous n'en voyons pas, mais eux si.

Avant que les talibans prennent le pouvoir, on vivait à peu près normalement.

Aujourd'hui, plus rien ne retient les Pachtounes.

Talibans et Pachtounes sont de la même tribu, ils se serrent les coudes.

Ce n'est pas le cas de tous les Pachtounes.

Si mon père le pouvait, il vous dirait :

"On ne tuerait pas les Hazaras comme ça s'ils avaient de l'argent et du pouvoir."

Vous n'auriez pas dû emmener votre père dans ce long périple.

Je n'avais pas le choix. À qui aurais-je pu le confier ?

Les talibans l'auraient tué.

C'était un grand propriétaire terrien en Afghanistan.

Ceux que vous avez vus dans les montagnes travaillaient la terre pour nous.

Mais les talibans nous ont tout pris.

Viens voir, Sakhi !

Je ne peux pas les aider.

L'ancien devrait être à l'hôpital. Je ne peux plus rien faire pour lui.

Je vois que Balaj vous obéit.

Demandez-lui de me trouver une voiture.

Je sais conduire.

C'est dangereux, vous savez ?

Il y a des postes de contrôle partout.

Pourquoi avez-vous fui l'Afghanistan ?

La vie est devenue trop difficile, là-bas.

Parce qu'ici c'est plus simple ? - Ici, personne n'essaie de nous tuer.

Les talibans n'ont pas besoin de médecins ?

Vous fumez ?

De temps en temps, oui, ça m'arrive.

J'étais gynécologue.

Ne dites rien à mes compatriotes.

Les fanatiques ne font pas la différence.

Ça reste entre nous.

Les talibans n'y comprennent rien.

Ils disent : "Il touche des femmes !"

Ils ont menacé de me couper les mains.

Je ne suis même pas repassé chez moi. J'ai fui depuis l'hôpital.

Je vous déconseille de rester.

Ils ne vous laisseront pas pratiquer ici non plus.

Je ne resterai pas en Iran. Je veux aller en Allemagne.

Vous comptez passer par la Turquie ?

Je ne sais pas. Sûrement, oui.

Excusez-moi. Je ne veux pas fumer devant mon élève.

Bonsoir, j'ai apporté des habits pour l'ancien.

Merci beaucoup.

Haseeba !

Va t'en occuper.

Sakhi, jette ça au feu.

Non, pas dans ce feu. Non !

Va les brûler par là-bas.

Balaj, tu m'as trouvé une voiture ? - Demain, inch Allah.

Sakhi, la bouteille d'essence ?

Allez, finissez d'écrire !

Abdulrahman, qu'est-ce qui coince ?

Quelle question ?

Terminé.

Levez les feuilles. Farzad, tu ramasses.

Shahdad.

C'était quoi, ça ?

Regarde-moi !

Viens ici. Avec ton sac.

Merci, Farzad. Assieds-toi.

Pose ton sac sur la table.

Qu'est-ce qu'il y a dedans ?

Tu l'as mis où ?

Je vous ai interdit d'apporter ça à l'école.

Shahdad !

On a appris plein d'autres jeux !

Ces insectes sont dangereux ! Leur morsure est douloureuse, voire mortelle !

Shahdad, si je te revois avec un scorpion,

tu seras banni de la classe. C'est compris ?

Oui.

Plus fort ! - Oui.

Vous m'avez tous bien compris ? - Oui !

Retourne à ta place.

Sa chanson dit "La sagesse est une bonne chose,

mais elle ne suffit pas

à rendre un homme noble."

"Il ne faut jamais s'en mêler

lorsque d'autres se marient

ou sont en deuil,

car celui qui s'en mêle doit rester jusqu'au bout."

Je reviens.

C'était très beau, merci beaucoup.

C'était un plaisir.

Je suis heureux de vous accueillir parmi nous.

Ces braves gens d'Afghanistan sont nos amis, nos invités.

Que Dieu punisse les oppresseurs.

Nous sommes en fuite et vous nous avez offert un refuge.

Au nom de mes compatriotes, je vous remercie. Dieu vous bénisse.

Vous êtes le bienvenu : mon invité,

mon frère, mon ami.

Nous prions le même Dieu. Qu'il guérisse votre père.

Je vous prie de m'excuser.

Attends un peu.

Viens par ici.

Oui ?

Qui était avec toi ?

Personne. - Attends. N'aie pas peur.

Tu es allée à l'école ?

Pendant combien de temps ?

Jusqu'en première.

Qu'essayais-tu de faire l'autre soir ?

Quel soir ?

Ça te rafraîchira la mémoire si j'en parle à ta famille ?

Je lavais son visage, c'est tout.

Attends. C'est quoi ce mensonge ? Tu me prends pour un imbécile ?

Ne dites rien, je vous en supplie !

Je suis un enseignant, pas une balance.

Mais as-tu pensé à la détresse de ta famille et à ton pauvre père ?

Que comptais-tu faire ?

Se disputer en famille ou détester son père, ça arrive,

mais tu vas trop loin !

Ce n'est pas mon père.

Si c'est ton grand-père, c'est pareil !

C'est mon mari.

Le meilleur moyen de bien comprendre quelque chose,

c'est d'écouter attentivement.

Qui veut dire la leçon 11 : "Ô, douce nuit" ?

Ne soyez pas timides devant vos camarades de classe.

Qui veut lire ? - Moi ?

Je n'ai rien entendu. Viens devant.

Il faut que vous arrêtiez d'avoir peur de participer en classe.

D'accord ? - Oui.

Je n'ai rien entendu !

D'accord ? - Oui !

Ils ont refusé le congé pénitentiaire.

Ils disent qu'elle a critiqué le régime islamique.

J'ai dit que c'était une enseignante parmi tant d'autres

à s'être battue pour ses droits. - Je vois.

Tant que Niloofar n'est pas sortie, méfie-toi.

OK.- Au revoir.

Rentrez, les enfants. Rentrez vite.

Tout le monde en classe ! Plus vite que ça !

Balaj !

De quoi j'ai l'air ? - Ça vous va bien.

Vous auriez dû vous y mettre plus tôt.

Je n'avais jamais vu le mur d'en haut.

Avant qu'ils ne le construisent, il y avait des fossés partout.

On pouvait aller et venir.

Maintenant, ils sont obligés de faire le tour par les montagnes.

Et beaucoup y laissent la vie.

Il y a un mur à la frontière turque aussi.

Tu connais des gens qui pourraient faire passer quelqu'un ?

Vous essayez d'aider quelqu'un à fuir ?

Non, pas moi. Quelqu'un m'a demandé. Je t'en dirai plus.

Mon père allait mieux la nuit dernière, il a même parlé un peu.

Un peu de pain ? - Merci, c'est gentil.

Vous en apportez à vos compatriotes ? - Oui. Balaj dit qu'il faut y aller la nuit.

Balaj n'en fait qu'à sa tête. Il était censé me fournir une voiture.

L'ancien doit aller à l'hôpital. - Qu'attendez-vous de Balaj ?

Parlez-en à Babou.

Personne ne m'écoute, ici.

Doucement. On reste calme.

On met des chaussures pour sortir ! Les grands, allez sur le terrain de foot.

Daniel et Amjad, mettez-vous chacun d'un côté et faites vos équipes.

On joue avec respect, sans violence.

C'est parti.

...caractéristique de ses actions.

Le fait d'avoir un objectif et d'agir avec détermination,

telles sont les aptitudes d'un... - ...être réfléchi.

...d'un être réfléchi.

Ghader, viens par ici.

Lis à voix haute jusqu'à ce que je revienne.

Niloofar !

Ahmad !

Bonjour.- Bonjour !

Ils t'ont laissée sortir !

À l'instant. - J'ai reconnu ton numéro.

Tu m'entends bien ?

Comment ça va ?

Comment vas-tu ?- Bien, et toi ?

Tu as des jours de congés ?- Une semaine.

Je crois. Ce n'est pas clair. Tu vas bien ? - Oui, oui, ça va.

Écoute, mon avocat...

J'étais très inquiet.- Allô ?

Mon avocat doit essayer de...

Tu m'entends ? - Je vais aller en ville pour avoir du réseau.

Tu m'entends ? - Tu m'entends ?

Je vais bien. - Je te rappelle quand je suis en ville.

Je t'entends très mal. - À très vite.

D'accord, à plus tard.

On est bien, sur la côte. Le ciel est superbe.

Les gens sont heureux, il y a des surfeurs.

Pourquoi tu ne réponds pas ?

Tu changes de sujet. Tu t'es décidée ?

Mes parents ne peuvent pas perdre la maison à leur âge.

Tu as parlé à ton père ?- Je ne suis pas une enfant !

Parle avec moi. Laisse mon père en dehors de tout ça.

Écoute, j'ai parlé à tes parents, moi.

Je ne veux pas qu'on en parle au téléphone.

Si tu as peur d'être sur écoute, ne m'appelle pas.

Pardon, c'était une erreur.

Je passe deux ans ici et toi, en prison. Il n'y a rien à dire, c'est vrai.

Ahmad, arrête !

Fais ce qui te semble correct. Prends la bonne décision.

Tu m'as entendue ? - Oui, je t'écoute.

Niloofar, c'est à toi de décider.

Nos situations ne sont pas les mêmes, Ahmad. Je ne peux pas décider.

Je refuse d'en parler dans ces conditions.

Pourquoi tu ne comprends pas ma situation ?

C'était l'horreur pour avoir ce congé. Je dois rester à Téhéran. - On tourne en rond.

Je dois justifier le moindre de mes gestes.

Tu comprends ?

Papa, arrête. Je suis au téléphone.

Allô, Ahmad ? - Bonjour.

Je te rappelle plus tard.

Tout va bien se passer.

Tant que tu es là, je ne m'inquiète pas.

Merci, Ahmad.

Vous avez fini d'écrire ? - Oui.

"Pour échapper au danger,

le berger grimpa dans un arbre."

C'est bon ? - Oui.

"Mais la marée..."

Dites que vous n'avez pas d'enseignant.

Courez ! Les gardes-frontières arrivent.

Docteur, docteur !

Bonjour, Babou. Comment ça va ? - Bien. Qu'est-ce qui vous amène ?

Rien. Nous venons juste aux nouvelles.

Vous avez des nouveaux habitants ? - Non, seules nos familles vivent ici.

Soldats, fouillez le coin. - Ce n'est pas la peine.

Ils vont simplement jeter un œil. - Il n'y a que nos familles.

Ils ne vont pas déranger vos femmes. - Ça ne se fait pas.

Qu'est-ce que tu cherches ?

Riens, je vais sortir. - Tu t'es mis à l'eau pour rien ?

Qu'est-ce que c'est ?

Rien. C'est pour ma nièce.

C'est à la fille, n'est-ce pas ?

Balaj !

Regarde-moi !

Tu te rends compte de ce que tu fais ?

Elle l'a perdu en venant chercher de l'eau. Je l'ai récupéré pour elle.

Tu ne sais rien de cette fille.

Écoute-moi.

Je sais tout.

Je sais même que l'ancien est son mari.

Alors c'est très simple : elle est mariée, bas les pattes !

Ce n'est pas son mari. Ils l'ont achetée.

Vous pourriez... tolérer une chose pareille ?

C'est un mariage forcé ! - On se fiche de ce que je tolèrerais.

Ne t'approche ni d'elle ni de sa famille. Arrête de déconner.

Qu'ils l'aient achetée ou non, garde tes distances !

L'honneur familial, c'est tout pour les Afghans et les Baloutches.

Si Babou l'apprend, c'est moi qui prends. Je les ai amenés ici !

Il n'y a rien entre nous. - Où est la voiture, alors ?

Tu essaies de gagner du temps ?

Balaj !

Si tu continues, c'est moi qui en informerai Babou.

Ne mêle pas Babou à tout ça !

Abruti !

Si on vous surprend, c'est une guerre qui éclatera.

Je me battrai jusqu'à la mort s'il le faut. Je ne la laisserai pas partir.

Monsieur le professeur ? - Oui ?

C'est pour vous.

Merci. Ce n'était pas la peine.

Où est Balaj ? - Aucune idée.

Entre donc. - Non, merci.

Grâce au passage des gardes-frontières,

Babou va faire venir une voiture demain.

Ces gens sont si bons. Nous leurs sommes tous redevables.

Que Dieu les bénisse pour leur hospitalité.

Et quelle bonne lignée !

Les Iraniens accordent trop d'importance à l'ascendance.

Vous demandez toujours qui a vécu où et combien de temps.

Vous en êtes très fiers.

De quoi les Afghans sont-ils fiers ?

Nous sommes fiers d'être des combattants. Ce qui compte, c'est quelle tribu l'emporte.

Qu'est-ce que c'est, docteur ?

Le remède à tous les maux.

À nous rendre aveugle ?

Mieux vaut fermer la porte.

Santé. - Santé.

Tu vois...

Si on prend ton cas et le mien...

On vient de pays différents,

mais on parle tous les deux farsi.

Ces gens-là sont mes compatriotes, mais parlent le baloutche et non le farsi.

Bienvenue au Moyen-Orient.

En Amérique, c'est pareil.

L'Amérique : alliée de mon gouvernement, ennemie du tien.

Quoi qu'on fasse, on finira tous pareil.

Pas vrai ?

Bonjour, Monsieur. - Bonjour.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Je vous prie d'excuser mon retard.

J'insiste toujours pour que vous soyez à l'heure,

voilà pourquoi je tiens à expliquer mon retard.

La nuit a été courte, j'avais beaucoup de travail

avec les examens des primaires.

Quoiqu'il en soit, la ponctualité et le respect des règles s'appliquent à tous.

On est d'accord ? - Oui.

Au programme aujourd'hui ? - Économie.

Quel chapitre ?

Ah, voilà ! Chapitre 5.

Donc, l'économie...

Où est Balaj ? - Il est absent.

Je vais le chercher ? - Ce n'est pas la peine.

Massi ?

Y a quelqu'un ?

Bonjour. - Bonjour.

Où est Balaj ? - Je ne l'ai pas vu depuis hier soir.

Hier soir ? - Il y a un problème ?

Il n'était pas en cours. Je m'inquiète un peu.

Que Dieu vous bénisse.

T'es encore là ?

Je ne comprends pas ce qui se passe.

Balaj devait arriver avec la voiture.

Où sont les autres ?

Ils cherchent la fille dans les montagnes.

Ils cherchent Haseeba ?

J'en sais rien...

Il n'est pas rentré chez lui hier soir. Il n'est pas avec toi ?

Écoute, Mustafa...

Mustafa,

préviens-moi quand tu as de ses nouvelles.

D'accord ?

Au revoir.

Où as-tu emmené la fille ? - Babou, laisse-le !

T'en mêle pas, toi ! - T'en mêle pas !

T'as ruiné ma réputation, mon honneur !

Tu veux être un homme ? T'as même pas d'honneur !

Ces gens sont venus chercher refuge chez moi.

Tu l'as emmenée où ? Parle !

Dégage ! - Babou, s'il te plaît !

Tu as détruit ma réputation !

Tu l'as emmenée où ? Parle !

Tu l'as emmenée où ? Dis-le-moi !

Rentre là-dedans !

Tenez, le sac de Balaj.

Rentrez à la maison. Je vais ramener la fille !

Prenez ça avant que Babou ne le voie.

Ne vous approchez pas !

Rentrez à la maison !

Tu avais fait ton sac ?

Elle n'a personne, la pauvre. - Et toi, t'es qui pour elle ?

Je te parle ! Vous comptiez aller où ?

Ils la maltraitent. - Tu crois l'aider comme ça ?

Pire qu'une esclave. - Imbécile !

Tu préfères qu'elle meure dans le désert ?

Ils vont la tuer. - Dis-moi où elle est.

On trouvera peut-être une solution.

Je connais ces gens. J'en ai côtoyé d'autres à la frontière.

S'ils la trouvent, ils la tueront.

J'ai pas dit à Babou que tu comptais partir aussi.

Tu sais ce qui t'attend s'il l'apprend.

Je lui ai promis de la faire passer.

Pourquoi tu ferais ça ?

Tu ne te le pardonneras pas s'il lui arrive quelque chose.

Dis-moi où elle est. Ne t'inquiète pas.

Tu veux l'aider, non ?

Alors, parle maintenant.

Quand ils l'auront trouvée, ce sera trop tard.

Et...

Si on appelait les gardes-frontières ? - On sera tous en danger.

Dis-moi où elle est ou ferme-la !

Ils seront mis dans des camps séparés. Ils ne pourront plus la tuer.

Tu crois vraiment avoir l'idée du siècle !

Il ne sait pas où elle est.

Balaj fume des cigarettes.

Pas étonnant qu'il déraille avec un professeur qui fume.

S'ils ne retrouvent pas la jeune Afghane, ils tueront Balaj.

Bonjour, Massi.

Qu'est-ce qu'il va devenir ?

Il est amoureux, c'est tout.

J'ai eu des difficultés sur les trajets récemment.

Mes élèves passent leurs examens dans les semaines qui arrivent.

Je vais faire une nouvelle demande.- Enseigner me manque.

Il faut à tout prix que je trouve le moyen de reprendre.

Tu ne penses vraiment qu'à ça...

Pourquoi tu dis ça comme ça ?

Comment veux-tu que je le dise ?

J'ai peur de relancer l'éternelle discussion.

Tu me manques.

Je devrais avoir peur ?

Pourquoi ce silence ?

Bon, au revoir, alors.

Au revoir.

Qui est là ?

Mieux vaut rester dans le noir. Ils croiront que tout le monde dort.

Tu ne manges rien ?

Lequel de vous deux a eu l'idée ?

De partir ?

Quelle connerie ! Vous comptiez aller où ?

Je ne savais plus quoi faire.

Je suis si mal avec eux.

Pourquoi avoir mêlé Balaj à tout ça ?

Balaj est venu à cause de moi.

Que va-t-il lui arriver ?

Son père l'a enfermé pour qu'ils ne le tuent pas.

Comment tu t'es retrouvée mariée à cet homme ?

Mon père a tout perdu.

Ils voulaient offrir ma grande sœur à l'ancien.

Elle s'est enfuie et j'étais la suivante.

Si j'avais eu la force, j'aurais tué mon père.

Tu as une personne de confiance en Iran ?

Non.

Mais ma sœur a fui vers la Turquie.

C'est loin, la Turquie, tu sais ?

Tu vas te faire arrêter et renvoyer en Afghanistan.

Que veux-tu ? - Je peux te parler à l'écart ?

Babou, tu connais ma situation.

Je ne sais pas toujours ce qui se fait ou non, ici.

Que s'est-il passé ?

Promets-moi que, dans ta sagesse, tu empêcheras toute horreur d'être commise.

C'est Dieu qui choisit. Dis-moi, je t'écoute.

Babou, tu sais que les élèves viennent parfois chercher refuge à l'école.

Cette petite Afghane est trop jeune pour être en fuite.

Elle regrette ce qu'elle a fait.

Elle est maltraitée.

Comment sais-tu qu'elle le regrette ?

Elle est venue chercher refuge à l'école hier soir.

Elle a passé la nuit avec toi ? Tu me dis ça maintenant ?

J'ai fait erreur. Je suis désolé. - Un enseignant ! Tu n'as pas honte ?

Je ne savais pas quoi faire d'autre.

Et où as-tu passé la nuit ? Je t'écoute ?

Où as-tu dormi ? - Dans la salle de classe.

Elle a dormi dans ma chambre.

Babou...

Au nom de tes convictions, aide-la comme si c'était ta fille.

Si c'était ma fille, je l'aurais tuée !

Oui ?

Qui est là ?

Vous avez verrouillé la porte ?

Pourquoi vous avez verrouillé la porte ?

Elle est ici. Attrape-la.

Qu'est-ce que tu fais ?

Babou ! Qu'est-ce que tu fais ?

Je te parle, Babou !

Je te faisais confiance !

Qu'est-ce que vous faites ?

Qu'est-ce que vous lui faites ?

Lâchez-la !

Vous l'emmenez où ?

Ne la frappez pas. Lâchez-la !

On est tous frères, laissez-la !

Lâche-la ! Ne lui faites pas de mal.

Ouvrez la porte !

Pourquoi vous m'avez enfermé ? C'est n'importe quoi !

Je t'avais supplié de l'aider. Ce n'est qu'une enfant !

Une enfant ? C'est une femme qui a ruiné l'honneur de son mari.

Mon fils a fait une erreur ! - Ils l'ont achetée !

Chacun ses coutumes. Tu ne sais rien !

Tu m'as dit qu'ils cherchaient refuge !

Si je ne t'avais pas enfermé, ils t'auraient tué aussi.

Balaj a fait une bêtise. - Arrête !

Balaj est ton élève. Tu lui as tout appris !

Qu'est-ce que vous voulez ? Ouste ! Partez !

Il n'y a pas école aujourd'hui !

C'est normal de déshonorer une famille qui trouve refuge chez vous ?

Ne dites pas ça.

Beaucoup de mes élèves ont son âge. Ce ne sont que des enfants

et elles font des erreurs. Vous qui êtes adulte, pardonnez-la.

Vous croyez que cette sale indigne est une enfant ?

Elle a ruiné notre réputation !

À son âge, j'avais déjà deux enfants ! - Son père travaillait pour nous.

Elle a coûté deux vaches et dix hommes à mon père.

Mon père n'a-t-il pas été assez généreux avec toi ?

Si seulement j'avais le droit,

je la dépècerais sur le champ.

Mais c'est mon père qui décide de son sort

et je fais toujours ce qu'il me dit.

Tu ne viens pas prier ? - Si, si. J'arrive.

Vous m'entendez ?

Reste assis.

Que se passe-t-il ?

On va enfin partir.

Le chauffeur est passé demander combien on serait.

Des nouvelles de Balaj ? - Toujours pas.

Pardon ?

J'ai peur. - Pourquoi ? Tu pars aujourd'hui.

Babou va se calmer et Balaj retrouvera sa vie d'avant.

Il finira bien par oublier la fille.

J'ai peur du fils de l'ancien. Il a dit au chauffeur qu'on était trois.

Et ? - Lui, sa femme, la fille et moi, ça fait quatre.

Il a dit trois. Il n'a pas compté la fille.

Je crois qu'ils vont la tuer.

Pourquoi ? Ils ont dit que l'ancien décidait de son sort, non ?

Il est mort, le problème est réglé. - Le fils n'en démord pas.

Elle a déshonoré la famille.

Ils vont la tuer.

Peut-être qu'ils s'en prennent déjà à elle.

Va les empêcher de lui faire du mal !

Vite !

Je ne sais pas...

D'accord. S'ils la menacent, je les retiendrai jusqu'à ce que tu arrives.

Vas-y. Je me tiens prêt.

Une dernière chose :

quoi qu'il arrive aujourd'hui,

promets-moi de m'aider à partir d'ici.

Bien sûr.

Allô ? Vous êtes garde-frontière ?

Je veux signaler la présence de migrants illégaux.

Oui.

Au village Babou Bazar.

Moi ?

Allô ?

Je vous entends très mal.

Tout le monde en classe !

Vous attendez quoi ? Allez !

Vite !

Les filles !

Allez en classe, les filles ! Vite !

Allez !

Bonjour.

Que se passe-t-il ?

Quel est le problème, capitaine ?

Que se passe-t-il ? Je vous parle !

Où allez-vous ? - Va chercher Haseeba, vite.

Je vous ai posé une question ! Capitaine !

Dites à Haseeba de venir en classe.

Faites bien ce que je vous dis.

Haseeba !

Dites-moi ce qui se passe !

Qu'est-ce que tu fais ? Rejoins la classe !

Viens, c'est l'heure d'aller en classe.

Où vas-tu ? - Viens en classe avec nous. Viens.

Allez, les filles.

Stop ! Ne bougez plus !

Arrête-toi !

Stop ! Arrête-toi !

Que se passe-t-il ? Expliquez-moi.

Debout !

Que se passe-t-il ? - Relève-toi. Doucement.

Garde les mains dans le dos !

Avance doucement.

Venez, dépêchez-vous.

Entrez, faites vite !

Vite, vite ! Venez !

Celles qui ont déjà choisi leurs vêtements : mettez-vous de ce côté.

Je peux me laver les mains aussi, mon frère ? - Monsieur Ahmad !

Balaj est en train de se disputer !

Laissez-le. - Lâche-moi !

Je refuse de porter autre chose ! - Pourquoi ?

Ils ont quoi contre mes habits baloutches ? - Rien,

mais ils trahissent tes origines !

Change-toi, ou on nous reconnaîtra. - Je me changerai pas.

Balaj, tu sais pourquoi on est ici, non ?

Tu veux nous causer des ennuis ?

Allez !

Vite, prends ça.

Toi, debout.

Allez, on se dépêche.

Allez vous mettre derrière les cartons.

Cachez-vous bien !

Il y a assez de place pour tout le monde.

Plus vite !

Allez, allez !

Plus vite que ça !

Dépêchez-vous !

Poussez-vous vers le fond.

Avancez, avancez.

Iman, mon ami. C'est moi, Ahmad Vaezi.

Iman ! - Ahmad, comment vas-tu ?

Montez. - Entrez. Soyez les bienvenus.

Désolé de débarquer comme ça. - T'inquiète pas.

Dix fois dix, c'est l'équivalent de ? Dix puissance deux.

Si vous voulez un exemple, vous avez une explication ici.

Je reviens dans deux minutes.

Je l'ai appelée.

Elle va venir.

Ça va aller. - Tu as parlé de moi ?

Pas clairement, mais je pense qu'elle a compris mes sous-entendus.

Je t'avais demandé de ne rien lui dire ! - Je ne pouvais pas le lui cacher.

Tu as dit mon nom ? - Bien sûr que non.

Je n'ai rien dit de spécifique, ne t'en fais pas.

Reste calme.

Mes élèves seront bientôt partis.

Je suis à toi juste après. Deux minutes.

Je suis désolé de te mêler à tout ça. Je ne savais pas où aller.

Si on me prive de douche quotidienne, je balance tout.

Tu peux écrire à Niloofar pour savoir quand elle arrive ?

Ne t'inquiète pas, elle viendra. C'est sûr.

Tu as prévu quoi pour cette nuit ?

Tu vas aller où ? - Je dois en parler avec Niloofar.

C'est pour ça que je t'ai demandé de lui écrire.

Vous avez pu parler tout ce temps ?

Deux fois, avec le téléphone de son père. Pourquoi ?

Je suis sûr qu'elle viendra. - Pourquoi elle ne viendrait pas ?

Tout le monde t'en veut !

Pourquoi ça ? - À cause de la situation de Niloofar.

La moitié de ses chefs d'accusation proviennent de tes aveux.

C'est Niloofar.

Comment vas-tu ?

Quel âge avez-vous ?

Moi, 16 ans.

Et toi ? - 18 ans.

18 ans. Tu es allé à l'école ?

Jusqu'en seconde.

Et toi, Haseeba ?

Jusqu'en première.

Ahmad, mon cher, tu veux bien venir ?

J'arrive.

Comment comptez-vous aller en Turquie ? - Je connais quelqu'un.

Quelqu'un de confiance ? - Je lui ai toujours envoyé mes clients.

Il est Turc. C'est un homme bien.

Il m'a dit d'attendre ici deux jours. Il viendra nous chercher.

On ne peut pas rester. Ce n'est pas raisonnable.

Vous ne pouvez pas partir n'importe quand non plus.

Venez, on y va.

Laisse-moi m'en occuper. - Non, c'est bon.

Laisse-moi faire.

Ça va vite se réchauffer.

La salle d'eau est en bas. Prenez la lampe pour y aller.

Je suis à côté, si besoin.

Niloofar.

Regarde-moi.

Qu'est-ce que tu vas faire ?

Qu'est-ce que tu attends de moi ?

Je ne peux plus faire marche arrière.

Peut-être qu'on ne se reverra plus jamais. - Ahmad,

la maison pour laquelle mes parents ont travaillé si dur me sert de caution !

J'en ai déjà parlé avec ton père. Tu veux qu'on l'appelle ?

Il veut à tout prix que tu te sauves, même s'il doit y laisser sa maison.

Je ne peux pas partir, Ahmad. Je ne peux pas.

Je ne peux pas m'enfuir alors que mes collègues sont enfermés.

Niloofar, on n'appelle pas ça "s'enfuir".

On appelle ça "se sauver la vie".

Que veux-tu faire là-bas ? Tu crois que tu pourrais enseigner ?

C'est vraiment le cadet de mes soucis.

D'accord.

Je comprends.

Tu as pu enseigner pendant un an, librement.

Niloofar, tu dis que je suis libre, mais j'étouffe.

De quelle liberté parles-tu ?

Tu n'as pas idée de ce que j'ai traversé cette année.

Pourquoi tu dis ça ?

Laisse tomber.

Sois honnête et dis-moi ce qui se passe.

Je ne veux pas en parler. - Moi, si !

Au pire, tu me quittes, mais au moins dis-le-moi !

On nous a arrêtés pour le même délit au même endroit.

Pourquoi on est traités différemment ?

On m'a envoyée en prison et toi, en exil.

On dit que je t'ai trahie.

Je n'ai jamais pu croire cette version.

Mais quand on me demande pourquoi tu as le droit d'enseigner et moi non,

je ne sais pas quoi répondre.

Il faut que tu saches quelque chose :

je n'ai jamais été militant et je ne le serai jamais.

À ceux qui te le demandent, réponds que tout ce que j'ai dit ou fait...

Tout ce que j'ai pu signer ou avouer après notre arrestation,

dis-leur que je l'ai fait par amour pour toi.

C'est tout.

Où sont les jeunes ?

Pourquoi tu penses que je regrette ?

Tu n'as rien dit de tout le trajet.

J'étais fatigué.

Mais je te parle, maintenant.

Si tu regrettes, fais demi-tour.

Je ne t'en voudrai pas.

Tu as tenu parole jusqu'ici.

Ta famille ne va pas te manquer ? - Je suis Baloutche.

Je t'ai donné ma parole, je la tiendrai.

Tu as de beaux yeux.

Qu'est-ce qui te plaît chez moi ?

C'est pas bien d'écouter aux portes.

Tu me fais penser à ma grand-mère.

C'était une femme forte.

Et tu as quelques cheveux gris, comme elle.

Tiens.

C'est la deuxième fois !

Il était où ?

Dans la voiture.

Qu'est-ce que t'as mis dedans ? Une prière ?

Un noyau d'abricot.

On avait un abricotier là où je vivais.

J'y tenais tellement !

Qu'y a-t-il ? - Elle s'est mise à pleurer d'un seul coup.

Que se passe-t-il ?

Attends, Haseeba !

Je te parle, ma chérie.

Je suis là, parle-moi.

Calme-toi. Respire.

Ne te retiens pas, pleure. Ça te fera du bien.

N'aie pas peur. Ils ne peuvent plus te faire de mal.

Ne bouge pas.

Relève-toi.

Relève-toi.

Voilà.

Tiens, prends ça.

Frappe de toutes tes forces !

Attends.

Regarde.

Vas-y !

Par ici.

Avancez plus vite.

Vous l'avez étouffé cette nuit-là ?

Qu'est-ce que tu crois ? Bien sûr que non !

Attention au barbelé de l'autre côté. Faites vite, sinon ils tirent.

Vite ! Courez, courez !

Niloofar.

Où est Niloofar ?

Baisse la tête !

Niloofar.

Venez ! - Continuez, ne m'attendez pas !

Ne vous arrêtez pas !

Venez avec nous ! - Qu'est-ce que tu veux ? Pars !

Partez !

Sous-titrage : SUBS Hamburg Sarah Lafon, Resa Asarschahab

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