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Je me r�p�te sans cesse :
"La mort est une c�l�bration."
Dougy.
Bonjour, Tim.
- Tes cheveux ! - Ouais, ils sont vite tomb�s.
La chimio doit �tre terrible.
J'ai l�ch�. Les naus�es �taient insupportables.
Tu vas t'en tirer ?
Qui sait, fiston ?
Je m'en sors plut�t bien, sauf en pleine nuit.
O� est ta femme ?
Patty Lareine est partie le 1er novembre.
Il y a 28 jours, avec le chauffeur.
Pourquoi Patty Lareine a-t-elle besoin d'un chauffeur ?
C'est de moi qu'elle n'avait pas besoin.
Cesse de t'apitoyer sur toi-m�me.
Un gars qui �pouse une femme riche m�rite tout ce qui lui arrive.
C'est comme �a que tu me r�confortes ?
Tu n'as pas choisi la bonne fille, c'est tout.
Tu aurais d� �pouser l'autre.
L'Italienne, elle s'appelait comment ?
- Madeleine. - C'est elle que tu aurais d� �pouser.
Je croyais que tu aimais bien Patty Lareine.
J'aimais son cran. Mais ce genre de fille devrait porter un t-shirt qui dit :
"Attention, je vais me foutre de ta gueule."
- Merci. - Ne le prends pas personnellement.
Tu as toujours eu peur que je devienne p�d�.
Ta m�re �tait douce, elle t'a beaucoup g�t�.
J'�tais inquiet � ton sujet.
J'ai fait mes trois ans de taule comme un homme et on ne m'a pas eu.
Tant mieux. Je n'osais pas le demander.
Tu peux boire ?
Il y a six mois, on m'a dit que je mourrais si je n'arr�tais pas.
J'ai arr�t� de boire.
Aujourd'hui, les esprits encerclent mon lit et me disent de danser.
Je leur dis : "Les vrais durs ne dansent pas."
Ils me r�pondent : "Continue de danser."
Fiston, ma maladie me rappelle que tu es tout ce que j'ai.
Je ne veux pas mourir avant que tu saches combien tu comptes pour moi.
�a fait un an que je ne t'ai pas vu.
C'est de la distance, de l'espace. �a ne veut rien dire.
Je sais quand tu es d�prim�.
Vieux schnock, quand tu ne m'insultes pas, tu m'humilies.
Quelque chose cloche dans cette maison.
Non, rien du tout.
- Tu n'es pas pr�sentable. - Une bagarre, rien de grave.
- Tu l'as gagn�e ? - Toujours le m�me, hein ?
Quelque chose ne va pas. Je le sens.
On a eu un �t� de folie. Compl�tement fou et d�bile.
C'est mon copain.
Oh, merde ! Patty.
Sympa, cette f�te. Mettez-y une sourdine.
H�, vous autres, baissez le volume.
- Merci, madame. - Qui �tes-vous ?
Je suis nouveau par ici.
Chef de police int�rimaire, Alvin Luther Regency.
C'est tout un nom !
- J'esp�re que tu en es digne. - Oui, madame.
Entre.
- Je suis en service. - Fais comme si tu ne l'�tais plus.
J'en avais assez de donner des f�tes pour des gens que je n'aimais pas.
Mais il fallait que Patty Lareine en donne.
Je devenais vraiment m�chant.
Tu as fait le Vietnam ?
Non.
Pourquoi ai-je l'impression que tu l'as fait ?
Je suis un ancien d�tenu.
Tu essaies de r�veiller tous les fant�mes de Hell Town ?
C'est �a.
Faut pas laisser dormir ces fils de pute.
On croirait entendre une sorci�re.
Ch�ri, je suis une sorci�re.
Les belles blondes le sont.
Tu n'es pas une vraie blonde.
Au lyc�e, j'avais une chatte blonde comme les bl�s,
jusqu'� ce que je me la roussisse
avec l'�quipe de football.
Je crois que vous aimez beaucoup votre femme.
Pas plus de deux fois par semaine.
Madden, vous �tes grossier.
Buvez encore un peu de mon alcool.
Faut que j'y aille.
Mes propos �taient d�plac�s, pardon.
Ce n'est pas mon alcool, c'est celui de ma femme.
Vous avez de l'humour.
Je vous aime bien, votre maison aussi.
Apr�s cette f�te, durant septembre et octobre...
Je n'ai pas envie d'en parler.
Pour Halloween, on a organis� une s�ance.
- Une quoi ? - Une s�ance.
Tu parles qu'on va organiser une s�ance.
Pourquoi donc ?
Parce que ces deux putes mortes me parlent encore.
�a recommence. Que disent-elles ?
Qu'elles sont trop vieilles.
Elles sont mortes depuis cent ans. Elles n'aiment pas �a.
Je vais les ramener � la vie.
C'est la pleine lune.
Je sais.
Tu sais que la pleine lune te trouble.
Nous sommes rassembl�s
pour demander � deux femmes assassin�es � Hell Town il y a cent ans
de communiquer avec nous.
Si vous m'entendez, parlez-nous � travers nos mains
et par le bout de nos doigts.
O� vas-tu ?
Sur la lune, cr�tin.
- Tu as besoin de ton chauffeur, l�-bas ? - Oui, mon ch�ri.
J'ai besoin d'un grand chauffeur noir.
Tu reviendras. Tu reviens toujours.
Pas cette fois.
Cette s�ance a servi � m'avertir.
Toi et ta satan�e s�ance.
Ma s�ance ? C'�tait ton id�e.
Bolo.
J'ai �t� son chauffeur. Elle aime les chauffeurs.
Attention � ce que tu dis !
Elle voulait que je tue son mari.
Et qu'on vive de son argent.
- Wardley Meeks ? - C'est �a.
Mais tu ne l'as pas tu�.
Je n'ai pas pu faire dispara�tre cette merde.
Comment a-t-elle eu l'argent, alors ?
En divor�ant.
Le divorce rapporte plus que la drogue.
�a se tient.
Comme je d�testais l'arrogance de Patty Lareine !
Elle avait �t� ma plus grande d�pendance,
un m�lange d'amour et de haine.
Crois-tu aux co�ncidences ?
J'y crois.
Quelque chose de terrible se pr�pare.
Des choses bizarres se mettent en place.
- J'en conviens. - Tu conviens de quoi ?
Quelque chose de terrible est arriv�.
Allez, raconte-moi.
- Tu n'es pas pr�t pour �a. - Je le suis. Ne me cache rien.
Deux personnes ont �t� assassin�es la semaine pass�e.
- Qui les a tu�es ? - Je l'ignore.
As-tu vu les corps ?
Ils sont dans la cave.
Des parties des corps.
Ce n'est pas moi.
Je ne crois pas que ce soit moi.
Mais j'ai l'esprit troubl�, ces temps-ci. J'ai des trous de m�moire.
J'ai des hallucinations.
Dis-moi tout.
Les cinq derniers jours ont �t� atroces.
Il y a cinq jours, j'ai chang� le nombre �crit sur le miroir.
Comme je le fais tous les matins.
Ce matin-l�, �a faisait 24 jours que Patty Lareine �tait partie.
As-tu d�j� v�cu avec le d�mon
qui se manifeste lorsque ta femme te quitte ?
J'avais un pressentiment certain.
Quelque chose de terrible allait se passer.
Je ne me doutais pas que les cinq jours suivants seraient si horribles.
Mademoiselle, un scotch avec beaucoup de gla�ons.
Des gla�ons, ma belle.
On va boire, pour l'instant. La m�me chose.
Ch�ri, quand un homme et une femme s�duisants voyagent,
la crainte du d�senchantement est toujours pr�sente.
Jessica, je ne m'ennuie pas du tout.
- Moi, je m'ennuie. - Pense � ce qui nous am�ne ici.
Papa est f�ch� contre sexy-maman ?
Maman est imprudente ?
J'ai dit que je voulais aller � cet endroit situ� sur la carte,
� Provincetown, tout au bout du petit doigt du Massachusetts.
Maintenant, il suffit d'attendre en se regardant dans le blanc des yeux.
Sans rien faire, c'est �a ?
Il vaut mieux ne pas se fier aux cartes.
Voyez-vous �a.
Joignez-vous � nous.
Vous m'avez peut-�tre d�j� vue.
J'ai tourn� dans quelques films.
Tu ne vas pas encore chanter tes propres louanges.
J'en suis fi�re. J'ai fait quelques films remarquables.
Jessica, pourquoi dois-tu toujours d�baller ton sac ?
Lonnie, si on ne peut pas se l�cher ici, o� le peut-on ?
Allez-y, l�chez-vous.
J'ai fait des films pour adultes.
De la porno.
Maintenant, je suis dans l'immobilier, � Santa Barbara.
Tr�s bel endroit. Des maisons magnifiques.
Ici, il n'y a que des cabanes.
Certaines sont int�ressantes. On les a d�m�nag�es de Hell Town.
Hell Town ? Parlez-nous de Hell Town.
�a n'existe plus.
On s'en seraient dout�.
Il y a 150 ans, l�-bas,
de l'autre c�t� du port, � 2 km.
Des putes, des chasseurs de baleines, des pirates.
Des pirates ? En Nouvelle-Angleterre ?
Les nuits sans lune, ils allumaient un feu sur la plage.
Les capitaines croyaient voir le phare et leurs navires s'�chouaient.
Les pirates les pillaient.
Des orgies de pillages.
Et ils ont transf�r� tout ce cirque ici ?
Dans certaines maisons, on entend encore les cris des marins massacr�s.
Il est mignon, hein, Lonnie ?
Mignon.
Racontez-nous une blague.
- Qu'est-ce qui ravit les chirurgiens ? - Quoi ?
�tre pay� pour d�couper des gens. C'est �a, le bonheur.
On dirait un gars de l'Actors Studio dans le r�le d'un assassin.
- Ne dites pas cela. - Pourquoi ?
Parce que je pourrais vous tuer.
Vous pourriez me faire �a ?
Je ne sais pas.
- Je me sens fou, ce soir. - Fou dans quel sens ?
Je pourrais baiser ta femme devant toi.
Seulement si la dame le veut bien.
Elle voudra bien.
Viens ici, Jessica.
Regarde �a.
Me laisseriez-vous parler ?
Au nom de la d�cence, me laisseriez-vous parler ?
Les pleurs de cet homme m'ont r�veill�.
J'avais oubli� comment avait fini la nuit et comment j'�tais rentr�.
Je ne me souvenais plus de rien.
J'avais un nouveau tatouage sur le bras,
mais aucun souvenir du tatoueur.
Je devais me remette les id�es en place.
- M. Madden ? - Lui-m�me.
Le chef de police int�rimaire Regency pour vous.
All� Tim, tout va bien ?
Oui.
Tu es s�r que �a va ?
J'ai la gueule de bois.
Pourrais-tu nettoyer ta Jeep ?
J'ai terriblement saign� du nez, hier soir.
Tes voisins ont cru que tu avais tranch� le bras de quelqu'un.
Prends un �chantillon. V�rifie mon groupe sanguin.
Passe au commissariat, s'il te pla�t.
Hier soir j'ai vu une blonde devant mes phares.
Tu es s�r que Patty Lareine n'est pas en ville ?
Aucune nouvelle.
Une si belle femme !
Je suis d�sol� que tu l'aies perdue.
Tu aurais pu me dire cela au t�l�phone.
Tu as encore ton plant de mari dans le bois de Truro ?
- Qu'est-ce �a peut bien te faire ? - Rien.
Tu me connais, j'aime la mari.
J'aime ta mari locale. Divine. Elle me donne des ailes.
Tu devrais faire de la t�l�.
Je serais en phase avec pas mal de gens.
Sois en phase avec moi. Pourquoi suis-je ici ?
Ta cachette de Truro.
Je ne cache rien � Truro.
Tr�ve de plaisanteries. Je parle de ta cachette de mari.
Pourquoi parlons-nous de cela ?
Je ne peux pas tout te dire.
Tu veux m'intimider ?
�coute, j'ai �t� dans la police d'�tat.
Ils sont corrects. Pas de ton genre, mais corrects.
Ils n'aiment pas vraiment la mari.
Non, pas du tout.
D�place ta cachette.
� qui est cette t�te ?
- � qui est cette t�te ? - � qui est cette t�te ?
Merwyn Finney du Widow's Walk.
Excusez-moi de vous d�ranger, mais j'ai vu
que vous vous entendiez bien avec le couple du bar, l'autre soir.
On a pris un verre ensemble.
Je vous en parle parce que leur voiture est encore dans notre parking.
- Bizarre. - J'esp�rais...
que vous sauriez o� ils sont.
- Je suppose que vous l'ignorez. - Je l'ignore.
La carte de cr�dit est au nom de Leonard Pangborn.
Vous rappelez-vous du nom de la femme ?
D�sol�, �a ne me revient pas.
- Je peux vous appeler si �a me revient ? - Bien s�r.
D�sol� de vous avoir d�rang�.
C'est tellement bizarre.
- Gray s'�lance. C'est le moment-cl�... - Crevez, connards !
- Tu vas perdre ton pari. - Faudrait pas que �a m'arrive.
Ch�ri, mes parents n'enverront pas d'autre ch�que.
Beth, s'il te pla�t,
va chier.
Vise dans le mille, cr�tin !
Vas-y !
Pourquoi vous ne crevez pas ?
- Pourquoi t'es ici ? - Je veux te parler de la s�ance.
Laisse tomber la s�ance.
Parlons du march�.
Quel march� ?
Je ne suis pas con. Je sais que tu es au courant.
- Je suis venu te parler de la s�ance. - Ne m'en parle pas.
Cette nuit-l� �tait horrible. Troublante.
- Qu'as-tu vu � cette s�ance ? - La m�me chose que ta femme.
- Comment le sais-tu ? - Elle a cri� en m�me temps que moi.
Qu'est-ce que tu as vu ?
Patty Lareine, morte.
D�capit�e.
Beaux tatouages.
Je les ai faits � Boston.
Quelqu'un les fait, dans le coin ?
Boston.
Personne par ici ?
Je les fais gratuitement pour les amis.
As-tu fait celui-ci ?
Oui.
Pourquoi ai-je oubli� ?
Tu �tais trop saoul !
Je n'avais jamais vu un gars si �clat�.
Tu as dit : "Madeleine, je t'ai fait du tort.
"Je ferai graver ton nom sur mon front."
J'aurais d� le faire. Tu aurais vraiment eu l'air stupide.
Je te l'ai tatou� sur le bras.
Tu �tais ivre mort.
Pas besoin de le chercher, il est ici.
Regency veut te voir au Widow's Walk.
La marque des deux minutes approche,
et l'entra�neur de l'�quipe de Virginie a l'air furieux.
L'�quipe des Mountaineers semble avoir d�croch�.
Tu crois que Pangborn est p�d� ?
Il doit se laver les mains apr�s le sexe
mais je ne pense pas qu'il soit p�d�. Pourquoi ?
Est-ce que Lonnie avait l'air malade ? D�sesp�r� ?
Pourquoi toutes ces voitures de police ?
On nous a t�l�phon� du Widow's Walk il y a une heure.
Pour qu'on enl�ve du parking la voiture de Pangborn.
J'ai regard�. Pangborn �tait dedans.
- Mort. - Mort ?
Il s'est mis dans le coffre et a appuy� sur la d�tente.
Je ne te trouve pas tr�s perspicace.
Tu as mal jug� Pangborn. Il �tait p�d�.
Tu en es s�r ?
Tout droit sorti de la poche du d�funt.
"Cette fois-ci, ce n'est ni un charmant aviateur,
"ni un fervent catholique en mal de galipettes.
"Non, je suis avec une femme, Wardley, et c'est le paradis,
"un paradis charnel, chaud et humide.
"Elle me dit que je suis son meilleur amant.
"Tu as d�j� connu cela, Wardley.
"J'esp�re que cela nous rapprochera, m�me si tu as �t� vache
"de nous envoyer, elle et moi, faire ce sale boulot. Baisers."
Je suis un gars de la campagne, Tim.
J'aimerais tuer tous les p�d�s.
J'aime la police, elle confie l'uniforme aux meilleurs.
Peut-�tre.
- Qui est Wardley ? - Ce nom ne me dit rien.
J'ai d�j� entendu ce nom-l�.
- Dans la bouche de ta femme, non ? - Demande-le-lui.
- Ma femme t'envoie son bon souvenir. - Je la connais ?
- Madeleine Falco ? - Oui, la belle Italienne.
Oui, elle venait parfois prendre un verre au bar o� je travaillais.
Elle venait d'arriver d'Italie. Je me souviens.
- Un mannequin. Une beaut�. - Merci.
Nous avons deux petits gar�ons.
Vraiment ? Je l'ignorais.
- Nous voici. - Bien. Salue Madeleine pour moi.
Bourbon, sec.
Croyez-le ou non,
vous �tes la femme la plus belle que j'aie jamais vue.
Vous ne me laissez pas le choix. Je dois vous croire.
C'est mon jour de cong� demain. On d�ne ensemble ?
Pourquoi �tes-vous barman ?
Mon p�re l'est. Que faites-vous ?
Je suis vendeuse, pour l'instant.
�coutez-vous beaucoup votre p�re ?
On va d�ner, pas se fiancer.
J'�tais la proie de mes souvenirs.
Leur force est similaire � un champ magn�tique.
J'ai revu New York, il y a huit ans,
quand j'habitais avec Madeleine dans un logement miteux.
J'ignorais si j'�tais amoureux ou pi�g� par l'amour.
C'�tait le stade o� on se marie
ou bien on se quitte.
J'ai lu ce que tu as �crit.
Tu n'es pas cens�e faire cela.
"Apr�s deux ans d'amour,
"le cul de Madeleine compte peut-�tre plus pour moi que son esprit."
Comment peux-tu dire cela ?
Je ne suis pas assez bon �crivain pour d�crire ce que je ressens.
- Tu crois perdre ton temps avec moi. - Je t'aime.
- Perdre ton temps. - Je t'aime.
- L'amour est une face de la m�daille. - Quelle est l'autre ?
La vari�t�.
Ton esprit compte plus pour moi que ton cul.
Dis-moi ce que tu as � me dire, ch�ri.
J'ai vu quelque chose dans le magazine Screw.
Dans les petites annonces.
Jeune couple chr�tien cherche week-end de libert� avec autre couple."
�a m'a intrigu�.
Bien entendu, tu as r�pondu � l'annonce ?
Les voil�.
Il doit avoir une bite �norme.
- Pourquoi ? - Je ne vois pas d'autre explication.
Huit heures de route jusqu'en Caroline du Nord.
On va voir de quoi il s'agit et on revient. On doit changer d'air.
- Ta femme semble appr�cier Big Stoop. - C'est cool.
- Tu te sens comme un p�d� ? - Non, plut�t maso.
Tu es adorable.
Pourquoi suis-je si adorable ?
Parce que tu es m�chant,
que tu as l'esprit mal tourn�,
et que tu me donnes du plaisir.
Embrasse-moi.
Vous autres Yankees, avez la langue comme un sexe.
J'ai fait un r�ve.
Mes fr�res, c'�tait une vision de la fin des temps.
J'ai vu deux femmes qui moulaient du ma�s.
La Bible dit que deux femmes moudront du ma�s.
Mes fr�res, c'est le diable qui veut vous entendre dire :
"Manquer � ses devoirs une seule nuit ne fera de mal � personne."
C'est s�r.
Mes fr�res, donnez votre c�ur � J�sus.
Ne faites qu'un avec lui.
Patty Erlene, viens au piano.
Num�ro 256.
Vous serez � New York d'ici minuit, en comptant tous les arr�ts.
Si tu pouvais �tre n'importe quoi,
que serais-tu ?
Un �crivain.
Un �crivain ?
Je veux me d�barrasser de Big Stoop et �tre h�tesse de l'air.
Trouver un homme riche et l'�pouser.
Quand nous nous reverrons, je divorcerai,
t'�pouserai et ferai de toi un �crivain.
Tu vas me donner tout cela en �change d'une seule nuit ?
Tu m'as marqu�e � vie.
Comment as-tu pu �tre si horrible ? Elle se moquait de moi.
Elle n'arr�tait pas de rire. Elle �tait heureuse.
- Oui, et toi, tu as souffert toute la nuit. - Tu m'as entendue.
Tant mieux si tu m'as entendue.
- Comment as-tu pu t'amuser avec lui ? - Parce que je suis folle !
- Ce pays est fou. Je suis folle ! - Arr�te !
As-tu parl� au m�decin ?
Oui.
Au diable, les b�b�s.
Je suis d�sol�.
Tu as de la coke ?
Est-ce raisonnable d'en prendre ?
Pourquoi ai-je le sentiment que tu vas tout bousiller ?
Je ne me ferai jamais prendre.
Pourquoi t'es ici ?
Vente de drogues.
La coke, c'est grave en Floride.
J'aurais d� rester � New York.
C'est mon premier verre depuis plus de trois ans.
Tu veux une pi�ce pour le jukebox ?
Salut, trou-du-cul.
Patty Erlene.
Je m'appelle Patty Lareine maintenant.
Tu as �pous� ton type riche ?
Bien s�r.
Quand je vais te dire qui c'est, tu vas faire dans ton froc.
Toi et Wardley �tiez ensemble � l'�cole.
Wardley Meeks III ? Quelle co�ncidence.
On a suivi ta triste carri�re.
- Wardley t'a obtenu ce boulot. - Un boulot fantastique.
Je vais te trouver mieux.
Deux ou trois fois par semaine,
mon mari, Wardley, me battait
si je ne me droguais pas avec lui.
Et il vous insultait, aussi ?
Il disait que j'�tais une provinciale.
Il y aura plein de provinciaux dans le jury.
Essaie d'avoir l'air un peu plus vuln�rable.
Mon mari disait que j'�tais une provinciale facile.
Pas tant de larmes. Ton chagrin est int�rieur.
Wardley a dit que j'�tais...
une souillon
facile,
une petite provinciale.
Parfait.
Dites au jury pourquoi Wardley Meeks �tait si amical avec vous, ici � Tampa.
J'�tais son idole � Exeter.
- Vous y jouiez au football ? - J'avais une bourse d'athl�tisme.
Quand vous �tiez le chauffeur de Patty Lareine,
Wardley Meeks se confiait � vous ?
Souvent.
Avant de peaufiner ce t�moignage,
allons droit aux faits.
Wardley vous a-t-il demand� d'accompagner Patty Lareine � un motel
afin qu'un d�tective priv� puisse vous prendre en flagrant d�lit ?
Ce n'est pas tout � fait �a.
Vous ne pouvez pas dire �a devant le juge ! Pr�parez-vous.
Pour eux, vous �tes un ex-d�tenu, un bon � rien.
�tes-vous pr�t � passer un mauvais quart d'heure pour Patty Lareine ?
Je l'aime.
Bien. Dieu vous b�nisse.
Tu as �t� un vrai salaud devant le juge.
Mais je ne suis pas rancunier.
Quelle nature g�n�reuse.
Je ne suis pas convaincu que tout sera toujours rose
pour toi et Patty Lareine.
- C'est une femme difficile, je crois. - Tu ne crois pas si bien dire !
�a deviendra pire quand mon argent s'�puisera.
La somme qu'on lui a accord�e est un peu trop g�n�reuse � mon go�t,
mais n'est pas assez pour elle.
Je me fous pas mal de l'argent.
Je te crois.
Patty Lareine, toutefois, est pr�te � tout par cupidit�.
Je compatis � ses futurs malheurs, et aux tiens.
- Tu es vraiment formidable, Wardley. - Merci, Tim.
Comprends-moi bien.
Je veux que Patty Lareine me revienne.
Pourquoi ?
C'est une cr�ature mondaine, crois-moi.
Elle a �volu� � une vitesse foudroyante sous ma tutelle.
Patty Lareine et moi, � nouveau r�unis,
on donnerait les f�tes les plus folles, les plus courues, les plus l�gendaires
de l'histoire de notre grand pays.
J'avais dormi ici toute la nuit,
mes souvenirs surgissant un par un.
Je savais alors ce que je voulais.
C'�tait parler � Madeleine.
Ton mari m'a transmis ton bon souvenir.
- C'est Tim. - Non, ch�ri.
Je me sens parfois un peu seule, mais je n'envoie pas de bon souvenir.
Seule... M�me si tu dois t'occuper de tes deux fils ?
- Quoi ? - Ton mari.
Il m'a montr� une photo de deux jeunes gar�ons.
Je ne peux avoir d'enfant, tu le sais. Ce sont ses neveux.
- Pourquoi mentirait-il ? - C'est un menteur.
Rien d'extraordinaire. La plupart des policiers le sont.
Tu ne l'aimes pas.
C'est un salaud, �go�ste et cruel.
- Je vois. - Mais je l'aime.
Barnstable 30 km
Tu n'aurais pas d� me raccrocher au nez.
Je veux parler.
Je suis encore amoureux.
Tu es vraiment un sale type.
Pourri jusqu'� l'os.
Tu n'aurais pas d� venir ici.
C'�tait vraiment �trange, Dougy, d'�tre dans sa maison.
Du temps o� nous vivions ensemble,
on pouvait lire dans les pens�es de l'autre
comme si on les puisait � la m�me source.
Elle vivait d�sormais avec Regency.
Regency, dont la machette n'�tait plus au mur.
Comment as-tu pu �pouser Regency ?
Comment as-tu pu ?
Tu me fais piti�, Tim.
Es-tu aussi malheureux avec Patty Lareine ?
Si j'ai bien compris, elle t'entretient.
Nous avons une entente. Ce que rapporte ma plume lui revient.
�cris-tu beaucoup ?
Tout compte fait, tu n'es peut-�tre qu'un barman.
- Peut-�tre. - Tu as choisi Patty Lareine.
J'esp�re que tu es heureux parce que moi, je le suis.
M. Regency et moi baisons cinq fois par nuit.
C'est pourquoi je l'appelle M. Cinq.
Sant� !
Pars maintenant.
Quand tu auras lu cela, ne reviens pas en courant.
- Promis ? - Promis.
Attends d'�tre rentr�. Ouvre-la. Puis r�fl�chis.
N'appelle pas. Ne me demande pas comment je sais.
�a fait six promesses.
M. Six.
Tiens parole.
Mon mari a une liaison avec ta femme.
On ne devrait pas parler de cela
� moins que tu ne sois dispos� � les tuer.
Oh, non ! Oh, mon dieu !
- Ton heure approche. - Stoodie, tu es saoul.
Faut que j'y aille, beaut�.
- Stoodie a perdu l'esprit. - On est tous fous.
Tu ne crois pas que toi et moi, on est encore plus dingues que les autres ?
- Pourquoi ? - On n'a jamais bais� ensemble.
C'est Spider. Rencontre-moi � ta cachette.
- Pourquoi ? - Pas de questions. Vas-y.
Quelqu'un cherche � te pi�ger.
Pourquoi ? Pour quel crime ?
Meurtre. Au premier degr�.
Monte.
On a t�l�phon� � Santa Barbara.
C'est une photo de la blonde qui �tait avec Lonnie.
Je dirais que c'est Jessica.
On n'a pas besoin de ta confirmation.
La serveuse du Widow's Walk l'a d�j� confirm�.
Tu as bien travaill�.
Que s'est-il pass� entre toi et cette femme ?
Je ne m'en souviens pas.
Si Pangborn s'est suicid�,
quelqu'un a conduit la voiture par la suite.
Il y a des ondulations dans le sang coagul� au fond du coffre.
Revenons � la soir�e pass�e avec Jessica et Lonnie.
L'as-tu bais�e ?
C'est possible.
Tu ne peux m�me pas te rappeler d'avoir bais�.
Je crois les avoir quitt�s
apr�s avoir bais� Jessica devant Lonnie Pangborn.
�a m'inqui�te.
Prie pour qu'on ne retrouve pas Jessica morte,
parce que, si c'est le cas,
ton petit saignement de nez dans ta Jeep
va se transformer en "Massacre � la tron�onneuse".
Tu as beaucoup r�fl�chi.
- Allons prendre un verre. - Quoi ?
O� est ma femme ?
O� est ma femme ?
Prends �a. Tu vas en avoir besoin.
Il y a sept nuits, Patty Lareine �tait en Californie.
- En Californie ? - � Santa Barbara.
Avec ce Wardley.
Comment trouves-tu le bourbon ?
Tu as perdu l'usage de la parole ?
Dans ton bureau ?
Pour mettre le suspect � l'aise.
Magnifique.
Il y a sept nuits, Patty Lareine et Wardley
ont soup� avec Jessica Pond et Lonnie Pangborn au club de Lonnie.
Tu veux savoir de quoi ils ont parl� ? D'une vente de coca�ne.
Un investissement de deux millions en rapportant dix.
Wardley �tait l� pour allonger le fric.
Le plan ? Lonnie et Jessica se rendent � Provincetown
avec les deux millions et jouent aux touristes
jusqu'� ce que le fournisseur de coca�ne les contacte.
Qui est le fournisseur ?
Pourquoi crois-tu que je te raconte �a ?
Pourquoi ?
Mon informateur me dit que le fournisseur, c'est toi.
Qui est ton informateur ? Patty Lareine ?
Quand aurais-je pu lui parler ?
Mon informateur me dit
que toi et Patty Lareine couchez ensemble.
Tu n'as aucune preuve.
Les preuves, c'est tout ce qui compte.
Je vais te raconter l'histoire d'un cas �trange.
Il y avait un jeune homme
qui ramassait une fille de temps en temps
et l'emmenait dans un vieux motel pour touristes,
o� il prenait des instantan�s de la fille nue. Clic !
Ensuite il la tuait, puis... Clic !
Il prenait un instantan� du cadavre, apr�s quoi il...
collait les deux photos dans un album.
Sa m�re - il vivait avec sa m�re -
est devenue curieuse, elle a cass� le verrou, a ouvert l'album,
a regard� et s'est �vanouie.
Une fois revenue � elle, elle a appel� la police
et il a �t� arr�t�. Pourquoi ?
� cause des preuves.
Pourquoi me racontes-tu cette histoire ?
Parce qu'elle m'excite.
Je suis policier, et cette histoire m'excite.
Elle t'excite aussi ?
Tu ne l'as pas assez bien racont�e.
Un bon procureur aimerait t'avoir � la barre des t�moins.
Je veux m'en aller.
Je ne voulais pas te bouleverser.
Pas du tout.
J'ignorais ce que Regency essayait de me dire ou de me cacher.
J'ignorais ce que Spider et Wardley faisaient dans la Rolls blanche.
Je ne savais rien.
Mais, pour ne pas devenir fou,
je devais savoir � qui �tait la t�te enterr�e dans ma cachette.
Piti�, mec. J'ai besoin de soins m�dicaux.
Tu as poignard� mon chien.
Je suis d�sol�. Je n'ai rien contre ton chien.
Je t'ai emmen� dans cette chambre
car c'est ici que j'ai d�coup� les photos de Patty.
Je me revois encore en train de le faire.
�a me fait peur. Je suis peut-�tre la proie de d�mons.
C'est ce que disent la plupart des tueurs.
M�me si c'est vrai, ils ne font qu'attirer le mauvais sort.
- Je parie que tu n'as rien fait. - Bois un coup.
Oublie l'alcool.
Quelqu'un essaie de te mettre un meurtre sur le dos.
Comment ces femmes ont-elles �t� tu�es ? Tu as examin� le cou ?
C'est ma femme, bon Dieu !
Je n'ai pas regard�.
D'accord. Prend soin de toi, fiston.
Va faire ta toilette.
Je m'occupe de la cave.
- Celle qui n'est pas ta femme... - Jessica.
Machette. Un seul gros coup.
Elle �tait d�j� morte.
Une balle explosive dans la bouche.
Et Patty ?
Sans doute une balle dans le c�ur.
On lui a coup� la t�te avec un couteau.
- Il n'y avait pas de marques sur la t�te. - Cesse de r�p�ter ce mot.
- "T�te" ? - Oui, �a me fait quelque chose.
- Il n'y a pas d'autre mot. - Appelle-les par leur nom.
Tu es aussi sensible que ta m�re, paix � son �me.
- Qui se sert d'une machette, � ton avis ? - Regency.
Il n'est pas inspecteur.
C'est s�rement un agent des stups. Il veut te faire porter le chapeau.
Faisons dispara�tre les t�tes. Tu as une ancre ?
Je vais l'utiliser pour les deux.
Bont� divine !
Tu me vois comme un homme fruste.
Moi je te vois comme une cible facile.
Je t'accompagne. C'est une inhumation.
Non, j'y vais seul.
Je ne suis qu'un vieux p�cheur.
Service a�rien Provincetown - Boston
Jessica Pond. Arriv�e il y a dix jours.
Vol deux jours plus tard : Santa Barbara avec escale � San Francisco.
Elle �tait accompagn�e ?
Non, mais l'inspecteur Regency l'a conduite � l'a�roport.
"Prenez bien soin de cette dame", a-t-il dit.
Ch�ri, je suis terrifi�e.
Il porte son uniforme des b�rets verts.
Il garde sa machette dans la voiture.
Il a d�coup� ma photo, celle du salon.
Va-t'en de chez toi aussi vite que possible.
Pour aller o� ?
Viens ici, viens chez moi.
Je vais essayer.
Je viens d'envoyer deux t�tes par le fond.
- Ah oui ? - Oui, il le fallait.
Tu n'en avais pas le courage.
D'accord.
Tu me trouves d�raisonnable, pas vrai ?
C'est que je t'aime.
Je m'en vais. �a devient trop dangereux pour moi.
Qu'est-ce que tu vas faire ?
Si Regency vient ici, retiens-le jusqu'� mon retour.
Je vais fureter au commissariat.
Chef de la police 101
Promenons-nous sur la plage.
- Je me suis bless� au pied. - En donnant des coups � Stoodie.
Ce n'est pas grave. Nous ne reverrons plus Stoodie.
Stoodie est mort et Spider aussi.
Comment le sais-tu ?
Je les ai tu�s.
Est-ce vrai que les P�lerins ont d�barqu� ici avant d'aller � Plymouth ?
On a construit ce magnifique motel juste � cet endroit.
Seul un pays aussi fou que le n�tre pouvait conna�tre une telle r�ussite.
- Je peux te demander quelque chose ? - Bien s�r.
- O� sont-ils enterr�s ? - Exactement o� nous allons.
- � Hell Town. - Je trouvais �a appropri�.
Patty Lareine parlait toujours de cet endroit.
- Pourquoi as-tu fait �a ? - Par exub�rance.
Spider et Stoodie reposent en paix pr�s des tombes de Patty et de Jessica.
S'ils en ont un jour envie, ils pourront se lever et valser ensemble.
C'est du bon travail.
Dis-moi, Tim.
As-tu tu� Patty ?
Ton envie de savoir est si puissante.
Elle l'est.
Au fait, o� sont les t�tes ?
Au fond de la mer.
Si je devais te tuer, et je ne te dis pas si je vais le faire ou non,
� vrai dire, je ne le sais pas moi-m�me,
mais si j'appuie sur la d�tente,
crois-tu que tu arriveras au royaume des t�n�bres mieux arm�
parce que tes questions auront trouv� leurs r�ponses ?
- Oui. - Bien. Moi aussi.
N'essaie pas de m'aveugler avec du sable.
- Tu tires bien. - Cela ne m'est pas venu naturellement.
Rien de beau ne m'est jamais venu naturellement.
Tu trouves cela injuste ?
- Peut-�tre. - Assez pour demander l'aide du diable.
Elle t'a d�j� l�ch� l'anus ?
N'y songe m�me pas.
Ne joue pas avec mes nerfs. Mon p�re me frappait sans avertissement.
Peux-tu entendre la v�rit� ?
On ment toujours aux gens riches. Essaie de me dire la v�rit�.
C'est arriv�. � Tampa.
� quelle occasion ?
Quand elle essayait de me convaincre de te tuer.
C'est horrible.
Pourquoi ne pas m'avoir tu� ?
C'est fou ! J'en �tais incapable.
Je te revoyais en pleurs le jour o� on a �t� chass�s d'Exeter.
Quel tir magnifique !
- Tu t'es cru mort ? - L'espace d'un instant.
Est-ce un instant remarquable ?
C'est le genre d'instant
durant lequel on arrive � voir ce que les autres ont fait
quand on n'�tait pas l�.
Quelque chose comme �a.
Je vois des choses si �tranges quand j'appuie sur la d�tente.
Je revois Lonnie et Jessica,
tels qu'ils �taient vendredi soir.
Ils se querellent.
Comme ils se querellent, apr�s la terrible nuit que tu as pass�e avec eux.
As-tu tenu compte de mes sentiments un seul instant ? Tu es une pute.
Pas plus une pute que tu n'es une tapette.
Tu l'as laiss� me faire l'amour.
Tu n'as m�me pas eu le cran de te servir de ton arme.
Tu crois que c'est si simple ?
Vas-y. Tu appuies sur la d�tente.
J'en suis capable, cr�tin.
Mais tu ne le feras pas.
Je ne le ferai pas.
Je vais dispara�tre.
On peut aller loin avec deux millions.
Donne-moi les cl�s de la voiture.
Jamais de la vie, princesse.
Je suis tout � fait capable de tirer.
- Donne-moi les cl�s. - Va te faire foutre.
Quelque chose de terrible est arriv�.
Lonnie est mort.
Mon dieu. Quelle perte !
Comment est-il mort ?
Il s'est tir� une balle, devant moi.
- O� es-tu ? - Je ne sais pas.
Un endroit appel� Race Point.
- O� se trouve Race Point ? - Je ne sais pas !
O� est-ce ?
Je suis dans un parking.
Viens vite. Je suis si seule.
Va la chercher tout de suite.
Je dois me ressaisir.
Si tu ne te presses pas, elle pourrait s'enfuir avec l'argent.
- Viens avec moi. - Non. Je la tuerais.
- Comment va-t-on � Race Point ? - � la sortie du motel, tourne � droite.
C'est quelques kilom�tres plus loin.
Je ne suis pas fait pour ces imbroglios.
Vas-y, premi�re � droite.
Tout ce dont je me souvenais, c'�tait de tourner � droite apr�s le motel.
J'avais le sentiment que je ne trouverais jamais Race Point.
C'�tait un pi�ge. Je sais maintenant qui elle a appel� apr�s mon d�part.
- O� est Wardley ? - Monte. Je te conduis � lui.
Et Lonnie ? Il est dans le coffre.
On nous a vus ensemble au Widow's Walk.
Quelqu'un d'autre y �tait ?
On a rencontr� un certain Tim Madden.
C'est int�ressant.
Ramenons la voiture de Lonnie au Widow's Walk. Prends le volant.
Tu vas prendre soin de moi ?
Pense aux deux nuits fantastiques que nous avons pass�es ensemble.
Police-secours
Du calme !
Allons, allons, calme-toi.
On va d'abord se d�barrasser d'elle.
- Passe derri�re ! - Je n'ob�is pas � une rien du tout.
Monte. Patty Lareine, monte tout de suite !
Tout de suite !
Il ne veut pas de toi, ch�rie. Il s'est servi de toi.
- Il se servait de toi. - Aboie toujours.
La ferme, toutes les deux !
Voil� l'argent. O� est la coke ?
Voil� l'argent. O� est la coke ?
Deux millions et des poussi�res.
- O� est la coke ? - Ta gueule !
- Tu l'auras demain. - Je ne te crois pas.
Je pr�f�re tous nous d�noncer que de te donner cet argent.
- Aucune chance que �a arrive. - L�che-moi.
Tu l'as fait, tu l'as fait, tu l'as fait !
Tu t'es amus� avec elle et tu t'es amus� avec moi.
�a ne se fait pas, Alvin.
�a ne se fait pas.
Je t'aime, j'irai en enfer avec toi.
Tu vas y aller. Tu vas...
Le lit dans ma maison a appartenu � deux putes
assassin�es � Hell Town il y a un si�cle.
Ils ont fait venir le lit par la mer.
Invite ces putes en toi et en moi.
Tais-toi !
Gagnez de l'argent en dormant. Achetez-vous des putes.
Gagnez de l'argent en dormant !
Achetez-vous des...
Ta gueule !
Tu n'es qu'une porte tenant � un seul gond.
Moi !
Alvin Luther Regency,
o� est Jessica, maintenant ?
Ferme ta... !
J'ai franchi un pont, ce soir.
Le franchiras-tu avec moi ?
Tu vas voir.
Corrige-moi !
Frappe-moi sur ces putes, ch�ri.
On va cirer le plancher avec des putes.
Qu'est-ce que tu veux ?
Il a os� larguer le corps chez toi ?
- Quelle arrogance ! - Comme �a on le tient, le salaud.
Je veux savoir o� il cache la t�te de cette femme. C'est grave.
C'est comme durant la s�ance.
Comment peux-tu faire confiance � ce type...
Ce sont des informateurs, des outils.
Ils chient dans leur froc si je le leur ordonne.
Nous allons monter au sommet, Patty. Toi et moi, au sommet !
- Ces deux millions vont en devenir 10. - Wardley en a dix.
Une patate, l'homme la mange, mille patates, il les vend,
mais avec un milliard...
- Il accapare le march�. - Quel march� ?
Un jour...
Je vais me pr�senter � la pr�sidence.
Je veux travailler avec toi. Les grosses affaires m'int�ressent.
Qu'apportes-tu aux grosses affaires ?
Le num�ro un local des stups.
Il peut trouver la dope.
O� est mon argent ? Qui a mon argent ?
C'est l'agent des stups qui l'a. On peut le forcer � nous livrer la dope.
Vous pensez que je vais vous croire ?
On contr�le le type.
Il est tomb� entre nos mains.
Comme je vois les choses,
tu vas avoir d'immenses stocks de dope.
Comment contr�lez-vous cet agent ?
Donne-lui un indice, Stoo.
Tiens-toi bien, Rhett Butler.
Oh, mon Dieu !
J'aurai une montagne de dope.
Je serai comme un prince de la Renaissance.
Le duc du Sud.
Lonnie est mort, et Jessica d�membr�e.
Patty Lareine est partie se d�foncer,
et moi, je vais me lancer dans les affaires
avec deux ordures comme vous !
Je sais que c'est fou, mais je ne me suis jamais senti aussi vivant.
Oui !
Avant que je ne quitte la cabane, Patty Lareine a t�l�phon�.
Il fallait qu'on parle, m'a-t-elle dit.
Cet appel a �t� d�terminant.
Je ne veux pas savoir ce que tu as fait, ni rien d'autre.
Je me fous de ce que tu fais.
Je t'aime.
Je suis cens� t'aimer. Tu es ma destin�e.
Wardley, calme-toi. Du calme, d'accord ?
Je t'�coute.
Tu es le premier � le savoir.
Je suis tr�s amoureuse d'un homme.
Il y aura toujours quelqu'un d'autre.
C'est mon karma.
�pouse-moi de nouveau.
Tu peux garder ton autre type tant que �a durera.
Il y a deux jours, j'ai franchi un pont avec mon amant.
Tu veux que je sorte de ta vie ?
Non, mon choux. Pas compl�tement.
Pas compl�tement ?
Je veux garder ton amiti�. Je le veux vraiment.
Tu as mon amiti�, je te le jure.
Ch�ri, j'ai besoin d'une pension.
Mes deux millions ont disparu, et tu me parles de pension.
Enl�ve ton cul de mon oreiller.
Je veux la dope.
Ne sois pas idiot. Que ferais-tu de toute cette coca�ne ?
- Je la vendrai, comme j'ai dit. - Toi, un dealer ?
- Tu te ferais bouffer tout rond. - Je savais que tu dirais �a.
- Pourquoi veux-tu vendre de la coke ? - Je trouve �a excitant.
Pour te raviver les couilles. Tes couilles de fils � papa.
Ch�ri, tu as tellement de chemin � faire, tu sais.
N'as-tu donc pas de jugement ?
Physiquement, je suis peut-�tre poltron, mais, mentalement, je suis fort.
- Mon ami et moi voulons plus d'argent. - Non. Vous en avez assez.
Tu m'as toujours dit que j'avais beaucoup grandi � ton contact.
C'est vrai, j'ai grandi.
J'ai fait la chronique mondaine � Tampa.
Maintenant, je veux aller � Palm Beach.
Tu restes une provinciale.
C'est toi qui n'as aucun jugement.
J'ai subi des parasites et des drogu�s � Provincetown
� cause de toi.
Car tu n'as pas cherch� � me garder quand Tim est arriv�.
�a m'a bless�e.
Je veux la place � laquelle j'ai droit.
Je vais d�m�nager � Palm Beach et y faire jouer mon argent.
Je donnerai des f�tes m�morables.
Je serai vite membre du club de tennis,
c'est aussi s�r que la merde pue !
Pardonne-moi l'expression.
Enfant de chienne !
Tu vas me trouver dix millions de dollars.
Livre la coke, Patty ch�rie.
J'ai de mauvaises nouvelles pour toi.
Il n'y a pas de coke. C'�tait un truc pour t'arracher ces premiers millions.
Maintenant, on en veut dix autres. En liquide.
Je n'en crois rien.
Jessica et Lonnie sont morts.
Si tu ne nous donnes pas plus d'argent, tu vas de nouveau faire les manchettes.
Simplifie-toi la vie. Donne-nous les dix millions.
Il t'en restera toujours 90.
Qu'est-ce que j'obtiens en �change de cet exc�s de charit� ?
La paix, mon chou.
Tim va devoir �coper. Meurtre au premier degr�, deux fois.
Wardley, sois raisonnable.
C'est une solution �l�gante.
De l'argent comptant.
Excuse-moi un instant.
Je ne me sens pas bien.
Je me sens malade.
Veux-tu que je tienne ta grosse t�te pendant que tu vomis ?
Est-ce que tu m'aimes ?
Plus que rien au monde.
J'ai demand� � Spider d'enterrer Patty,
puis, je suis all� voir la tombe.
La tombe de Patty m'a paru un peu trop petite.
J'ai compris que Spider avait d�capit� Patty.
Il voulait te mettre le meurtre sur le dos,
extorquer deux millions � Regency, puis s'en prendre � moi.
On croit que mon argent est l� pour �tre d�valis�,
comme s'il n'�tait pas une partie de moi, un organe pr�cieux.
C'est tr�s gratifiant d'abattre quelqu'un.
J'aimerais t'abattre.
Tu le m�rites, pour avoir bousill� ta vie et la mienne.
Mais je ne suis pas s�r de pouvoir me mettre en col�re � ce point.
Je d�prime trop. Devrais-je me livrer � la police ?
- Je ne peux pas te donner de conseils. - �a, c'est bien vrai.
Conflit d'int�r�ts, dirais-tu ?
�coute-moi bien,
durant le proc�s de mon divorce, j'ai terriblement souffert.
Je ne pourrais jamais �tre de nouveau la ris�e du public.
Estime-toi chanceux.
Apr�s, me couvriras-tu de sable ?
Tu esp�rais que je me suicide.
Pas tout � fait.
Pas tout � fait ?
Et si je te disais :
"Madden, suce-moi ou je te tue."
Sucerais-tu l'objet de ma fiert� et de mon plaisir ?
Tu ne t'int�resses plus � �a.
Viens pr�s de moi.
Mets ton bras autour de mes �paules.
Tu m'aimes bien un tout petit peu ?
Je t'aime bien, Wardley.
Je l'esp�re.
Comment crois-tu que je me sente ?
Comme un tas de cendres.
Tu as raison. Tu me comprends.
Je me sens comme un tas de cendres.
Dougy, dis-moi,
les ennuis finissent-ils jamais quand on le souhaite ?
C'est ce que je pensais.
La voiture de patrouille de Regency.
Viens.
Ton p�re est un chic type.
- Sant� ! - Sant� !
- On boit � ta retraite ? - Je suis en train de me saouler.
Tu l'es d�j�.
Je br�le l'alcool plus vite qu'il ne me br�le.
Tu as beaucoup � br�ler.
On na�t avec des couilles. Faut s'en servir.
Il y a peu de jours o� je ne baise pas deux femmes.
En fait, je dors mal sans cette seconde baise.
Les deux c�t�s de ma nature doivent s'exprimer.
Quels sont tes deux c�t�s ?
Le policier...
et le maniaque.
� qui avons-nous l'honneur en ce moment ?
Tu n'as jamais rencontr� le maniaque.
Quand tu rapporteras ta voiture, lave le coffre.
Il est tout tach� de sang.
Crois-le ou non, �a m'a d�gris�.
Je vais �tre un gentleman.
Quitte la ville, que je n'aie pas � te coffrer.
Pas de menaces. Discutons.
Vous voulez que je discute ? Je vais vous dire...
Je n'ai pas une haute opinion de votre fils.
Votre fils a fait subir des orgies � Madeleine,
il l'a bless�e dans une voiture et lui a d�truit l'ut�rus.
C'est de cette femme-l� que j'ai h�rit�.
Disons-le tout net : je d�teste votre fils.
Je te d�teste.
C'est pour �a que tu as mis du sang dans ma Jeep.
Je voulais que tu cr�ves dans ta propre merde.
Je voulais te rendre fou.
Patty ne faisait que raconter comment Tim avait g�ch� sa vie.
Et j'ai compris. Il fallait lui r�gler son compte.
Renoncer � mon �thique de policier, et lui r�gler son compte. Le lui r�gler !
- Ce n'�tait pas une mince affaire. - C'�tait g�nial.
D�couper Jessica � la machette.
Je voulais chasser son visage de ma vie.
Je voulais �tre parfaitement fid�le � Patty.
Tu comprends ?
� pr�sent, on y est presque.
O� est Patty ?
Wardley l'a tu�e.
Je ne te crois pas.
Elle est morte. Morte !
Je t'ai d�j� fait jouir 16 fois en une nuit.
Pas une seule n'�tait agr�able.
C'est parce que tu n'as pas d'ut�rus.
Madden, tu convoites ma femme.
Tu vas tomber. Meurtre au premier degr� !
- Il faut le faire, Tim. - C'est un malade.
Mais ce n'est pas une victime.
Je vais le faire.
- J'en suis capable. - Non, je me charge de lui.
Je le comprends.
Patty, c'�tait quelque chose.
Je pensais que tu l'�tais aussi,
mais tu es juste insignifiante.
J'aurais pu lui dire.
Ne dis jamais � un Italien qu'il est insignifiant.
Tu sais, je commence � aimer cela plus que je ne le croyais.
Tu t'es tromp� de m�tier, toutes ces ann�es.
C'est s�rement le rem�de contre le cancer.
C'est peut-�tre pourquoi gu�rir le cancer co�te si cher.
D'apr�s moi, c'est la schizophr�nie qui gu�rit le cancer.
Et le cancer gu�rit s�rement la schizophr�nie.
Les gens ne savent pas � quel point le monde est dur.
Pourquoi sommes-nous ici ?
- � qui appartient cette maison ? - � toi et � moi.
- Combien a-t-elle co�t� ? - Deux millions et des poussi�res.
J'ai trouv� une mallette remplie d'argent.
- O� ? - Dans le placard, avec ses uniformes.
Quand je pense qu'il t'a trait�e d'insignifiante...
Fais-moi franchir le seuil dans tes bras.
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