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Mais de quoi tu parles ?
On est dans l'effondrement anthropologique.
C'est exactement ce que je dis !
Je pense réellement que l'Homme...
L'être humain.
L'Homme avec un grand H.
Oui, c'est une nuance importante.
L'être humain est un parasite.
On ne crie pas !
Écoute-moi...
Un parasite, un organisme qui détruit son environnement.
On a toujours été ça.
L'être humain modifie pour survivre.
On a résolu tous les problèmes extérieurs d'adaptation.
La menace vient de nous, de notre capacité de destruction.
On est au bout du projet.
L'humain détruit dans le but de créer,
- de construire autrement. - Il est fondamentalement bon.
L'humaniste !
Ses intentions sont bonnes.
Merci, Jean-Jacques Rousseau.
Je ne parle pas de morale, de bien ou de mal.
Ça ne veut rien dire, tout ça.
Le bien, le mal, tout ça est très flou, pour moi.
Ne pas te lever le samedi pour le cours de danse des filles,
parce que t'as trop bu la veille,
ça rentre dans la catégorie "mal".
Aucun rapport, je citais SOS Fantômes.
Et je me lève... des fois.
Mensonge éhonté.
Il y a quand même une morale, des valeurs universelles.
- Tuer. - Non, pas tuer!
Dans plein de pays, on légitime le meurtre.
La peine de mort aux États-Unis,
en Chine, en Égypte, en Inde...
En Inde!
Comment un peuple qui a inventé le végétarisme peut-il tuer ?
Ça n'a pas été inventé en Inde.
Ça remonte à l'Antiquité.
Pythagore était végétarien.
Xavier est en mode Jeopardy.
Je veux juste dire
que tous nos actes agressent l'environnement.
À commencer par respirer.
On est dans le déni de notre extinction.
On retarde juste notre mort, qui est imminente.
Fin de la conférence, merci.
Je suis qu'un parasite.
Je vous présente Joséphine.
- Bonsoir. - Xavier, Sophia...
Enchantée.
- Lui, tu le Connais. - Évidemment.
- Ça va ? - Bien.
Joséphine est la mère de Victor, on nage ensemble.
On fait trois largeurs et beaucoup de vin...
Ça va ? On parle des valeurs universelles.
Écoute, moi... ça va, ça va.
Joséphine divorce.
J'ai envie de me flinguer, avec toute la paperasse.
C'est compliqué.
Il me faut un avocat.
Je peux t'aider, j'ai une amie spécialisée
- en droit de la famille. - Ah oui ?
Ça m'aiderait beaucoup. Je suis larguée.
- Maman ! - Mon chéri ! Ça va ?
- T'es beau. - Il a été très sage.
Je conduis ?
Bordel, t'es maladroit !
J'ai pas fait exprès !
Personne fait exprès de renverser un verre.
Mais c'est hyper con.
T'es folle, c'est qu'un verre !
Les femmes sont folles.
Maman-qui-est-folle en a marre de vous entendre vous engueuler.
Pendant que vous jouez,
des enfants traversent la Méditerranée à la nage !
- À la nage ? - Pas à la nage...
Occupe-toi de tes filles, sérieux !
Je te rachèterai la même.
- C'est quoi, la marque ? - Laisse tomber!
Je vais aller fumer.
Elle me soûle, je vais fumer.
Je t'accompagne, mais j'ai plus le droit de fumer.
Bouh, Xavier...
Le tabac, c'est non.
Tu me laisseras ton numéro pour...
L'amour ?
Quoi ?
C'est la seule valeur universelle.
T'es en état de conduire ?
Faut pas que je roule trop vite.
J'ai l'impression que Françoise, son cerveau est...
surmené.
Comme broyé par la vie de famille.
Quel est le rapport ?
Philippe aussi, c'est ses enfants. Et il a toujours un cerveau.
Évidemment, il a le temps. Il s'occupe jamais de ses enfants.
Faire des enfants à notre époque,
quelle idée angoissante.
Ils font l'amour trois, quatre fois par semaine.
Mais ils s'engueulent tout le temps.
J'aime mieux pas m'engueuler.
Fais le plein, tu pourras partir direct au chalet demain.
Tu viens pas avec moi ?
Non, conférence à Ottawa.
T'avais dit la semaine prochaine.
- J'ai jamais dit ça. - Si.
Je suis désolé.
C'est pas grave.
Je vais lui dire quoi? J'y connais rien, aux travaux.
- Je le connais pas. - Tu écouteras.
Mais à deux, c'est plus...
- J'y connais rien non plus. - Parler à un étranger...
Les travaux, ça m'intéresse pas.
Ça y est, je suis angoissée.
Me dis pas que t'as pas remarqué.
Quoi ?
La beauté incandescente de la Française.
Bof, non.
Tu la trouves pas belle du tout ?
- Pas mal. - Pas mal ?
C'est une grande beauté. Tout à fait ton genre.
"J'ai une amie avocate spécialisée en droit de la famille."
Qui?
N'importe quoi !
Elle t'attire pas ?
C'est une question piège.
C'est pas une question piège.
Ça ne me dérange pas.
Tu coucherais pas avec elle ?
En situation de survie, s'il restait juste vous deux sur Terre.
S'il restait que nous deux,
je serais très étonné d'être le dernier,
vu que je sais pas changer une ampoule.
Pourquoi je serais le seul survivant ?
C'est super anxiogène.
J'ai pas les capacités d'être le dernier humain.
- Quelle mauvaise foi ! - Je verrais plutôt...
Je sais pas...
Le gros musclé de la télé, qui va dans des cités craignos !
Il ferait un bon survivant. C'est plus logique.
Tu crois que ce sont les gens qui ont étudié
la notion d'éducation chez Diderot qui vont survivre ? Non !
C'est ceux qui font du crossfit, qui ont des flingues.
Toi et moi, on est les premiers morts.
Tu coucherais avec elle.
Peut-être.
Oui, peut-être.
Très alcoolisé. T'es contente, là ?
- Bonne nuit! - Bonne nuit.
- Je t'aime. - Moi aussi, je t'aime.
Tellement désolée !
- Pardon du retard. - Mais non.
J'avais un boulot à côté et j'habite pas très loin.
C'est pas grave.
On va aller voir ça.
Vous avez fait bonne route ?
Regarde cette cochonnerie ! C'est pas bon, ça.
Moi, je referais tout. Tout le long de la plinthe.
Quand ça gèle, c'est pas bon. Après, ça coule.
Regarde, ça n'a pas été entretenu.
Ça a coulé, c'est tout moisi.
Faut tout retirer, c'est mou. Il y a de la plomberie à faire.
Rien n'a été fait depuis la construction. À vue de nez, 1940 ou 42...
La plupart des maisons du coin ont été bâties autour de 42.
Sous ce tapis, il doit y avoir un beau plancher en bois.
Faut refaire l'électricité, si vous voulez pas brûler vifs.
Brûler vifs ? Dans quel sens ?
- Belle cheminée ! - Brûler vifs ?
Faut la ramoner. L'inspecteur vous l'a pas dit?
C'est mon partenaire qui l'a vu.
- C'est qui ? - Xavier.
Non, Xavier, c'est mon amou... mon partenaire.
Le gars, c'est...
C'est J. L. quelque chose...
- Boivin ! - Boillard ?
Il est pas cher, mais il est à chier.
- Oh, bordel ! - Quoi ?
Il y a de la charpentière, ici.
De la fourmi, dans les fenêtres.
Faut pas rigoler avec le toit,
si vous voulez pas qu'il vous tombe dessus.
Vous avez acheté combien ?
770 000.
- Le prenez pas mal. - Pardon.
Je rigolais.
Enfin, c'est vrai qu'il faut refaire.
C'est juste beaucoup...
C'est beaucoup en même temps.
Excusez-moi.
Venez dehors, un peu.
On va aller respirer.
Pardon.
Je suis ridicule !
Des fois, on est fatigué.
Je vais faire un prix. Il n'y a pas de problème,
que des solutions. On va s'arranger.
Je croyais que ce serait plus simple.
Tout ça, là.
Crie donc.
Crie ! Ça va te remettre la tête en place.
Quand je pète un câble, je crie.
Ça fait du bien, vas-y.
T'es rouillée du dedans, mais c'est mieux que rien.
On va boire une bière ?
Faut que tu rencontres les gens d'ici.
Je t'attends dans le pick-up.
J'étais pas bon à l'école, j'ai vite arrêté.
J'ai fini dans la construction.
Je détestais avoir un patron, j'ai monté mon affaire
et là, ça fait...
sept, huit ans que je suis ici.
T'es de Montréal ? T'es française ?
C'est ton accent.
Je viens de Québec, c'est peut-être ça.
Ça fait 20 ans que je suis à Montréal.
C'est beau, Québec. C'est romantique.
J'ai fait un week-end là-bas avec une ex.
On a fait un tour de calèche, un resto de fondue chic
et un plan à 3 avec la serveuse.
Une autre époque...
Le décor est romantique.
- Excusez-moi ! - Quoi ?
Vous pourriez monter le son ?
C'était mon slow préféré, gamine. Il était très long.
Une fois, je l'ai dansé avec Guillaume Bourbonnais.
Très viril, pour un garçon de 12 ans.
Il fumait.
Mon premier grand amour.
Je parle pas bien anglais.
Il dit qu'il va changer ce qui a tué leur amour,
avec une métaphore typiquement "power ballad".
Genre ?
C'est : "Ton orgueil...
a élevé un mur si haut que je peux pas le franchir."
"Ton orgueil a élevé un mur..." C'est beau.
Il est prêt à mettre les chichis de côté
pour parler à son amoureuse.
Les gens ne se parlent plus.
On mange, on s'achète des trucs, une maison, un chalet...
C'est bien un chalet.
Je comprends.
Mais le vrai amour... Moi, je suis trop romantique.
J'ai envie d'être avec la femme que j'aime tout le temps.
Tout partager avec elle,
construire une maison, faire l'amour tout le temps,
aller en forêt avec nos gosses, vieillir ensemble avec nos rides.
Juste être bien.
Ça devrait être simple, l'amour.
T'as pas une fiancée avec qui tu t'achètes des trucs ?
Il en a plusieurs, oui !
C'est un sacré loustic, le Sylvain.
Arrête un peu !
Nous, on l'aime, dans le coin.
Ma fiancée, c'est la chasse et la pêche.
La nature.
C'est pas ce soir que je vais rencontrer mes voisins.
À part Michel, y a pas grand monde.
Te pisse pas dessus, y a une madone.
On va passer pour des ploucs.
Je sais que je suis pas Guillaume Bourbonnais,
mais accepteriez-vous de fumer une cigarette avec moi ?
Avec plaisir.
Merci.
Ça va aller ?
Toute seule dans les bois.
J'ai super peur, mais...
faut que je m'habitue.
Je peux rester dans mon pick-up pour te protéger.
Bon...
Viens !
Ça va?
Je suis lourde. Je suis très lourde.
Tu trouves pas ?
J'ai des os lourds.
Quand j'étais petite, quand j'étais enfant,
ma mère disait qu'on me trouvait très mignonne.
Mais quand on me soulevait, j'étais très lourde.
- Tu trouves pas ? - T'es parfaite, tu me fais bander.
Voyons...
C'est moi qui te fais mouiller ?
Sûrement !
Fait chier.
Ton cul, montre-moi ton cul.
As-tu. ..
Je peux pas ! On peut pas !
Attends, je reviens !
T'étais où ? Je m’inquiétais !
Il pleuvait trop, j'ai dormi au chalet.
J'avais pas de réseau. C'est un problème, ça.
Je t'ai même appelée au chalet.
Ah bon ? Je devais dormir.
Le chalet, c'est une cata. Ça va nous coûter une blinde !
Tu me raconteras, je dois y aller. Bye !
Bye, madame. Bisou !
Bye, monsieur! Salut !
Oh, merde !
Bonjour, la belle surprise. Entrez !
Mon Dieu, on vous...
On te réveille ?
Non, vous ne me réveillez pas.
Pierre voulait passer au garage mettre les pneus d'hiver.
- Bonjour, Pierre. - C'est un peu tôt,
mais fin novembre, il y a trop de monde.
Ça a été plus rapide que prévu.
Au lieu de retourner chez nous,
on a attendu un peu dans l'auto.
Et puis on s'est dit
qu'on allait sonner, au cas où.
Mais on vous réveille.
- Non, je faisais du sport. - J'ai fait des lasagnes.
C'est pas très original, mais je ne suis pas douée.
Merci, c'est gentil.
Mon fils n'est pas là ?
Non, il est à Ottawa.
Je ne savais pas.
- Installez-vous, j'arrive. - A tout de suite.
Je vais me changer.
- C'est pas la peine, Sylvie. - Ça me fait plaisir.
J'allais le faire, j'ai manqué de temps.
Laissez, je vais le faire !
Hier...
il a oublié mon prénom.
Il est en train de disparaître.
Mon Dieu,
je veux pas exister sans lui.
Mon Dieu,
je sais rien !
Je sais même pas ce que j'aime.
C'est ça.
Pardon.
Ça colle, les lasagnes !
Bien sûr, on met du fromage,
parce que c'est des lasagnes.
On en met beaucoup parce qu'on aime ça.
Et ça déborde, c'est...
T'es comme ma fille.
- Sylvain Tanguay. - Oui, bonjour!
Bonsoir, Sylvain. C'est Sophia.
Avec qui t'as... Sophia.
Sophia de Montréal.
C'est pour te dire que...
c'était vraiment super.
C'était vraiment... c'était super !
Je sais pas pourquoi je laisse un message pour te dire ça.
J'espère qu'on va se revoir.
Qu'on va se revoir pour les travaux.
Parce que je suis en couple.
Ça n'ira pas plus loin.
Même si je pense pas que tu t'intéresses à moi.
Je voudrais pas que tu penses que je pense que tu...
- Une petite sucrerie ? - Merci !
Ça me fait plaisir.
Pardon, c'était pas pour vous, Sylvain.
Vous pourrez commencer les travaux dès lundi.
Les travaux urgents, comme convenu, avant l'hiver.
Et... ben voilà.
Merci, au plaisir!
Chez Platon, l'amour est intrinsèquement lié
à la notion de désir.
Et le désir, chez lui, égale manque.
Donc forcément, l'amour platonicien
n'a pas d'autre forme que celle de la frustration.
On désire ce que l'on ne possède pas.
Il faut donc éviter de consommer l'amour.
Ou, si on souhaite qu'il perdure,
faire en sorte que l'autre ne nous appartienne jamais réellement.
Donc, par l'interdit.
L'adultère, par exemple.
Quand on vit avec quelqu'un,
qu'on a des enfants, une routine,
on s'autorise à montrer le pire de soi-même.
Dans une forme d'anti-séduction de l'autre.
- Je prends des yaourts ? - Si tu veux.
Quand la peur de perdre l'autre disparaît,
l'amour, selon Platon, s'éteint.
On se console en disant : "C'est plus comme avant,
mais ça s'est transformé en autre chose."
J'arrête pas de penser à toi.
Va falloir qu'on se revoie, je crois bien.
- C'est bien, ton livre ? - C'est fascinant.
C'est sur l'ère Trump. Je suis découragé.
- C'est laid, ça ? - Oui.
Honnête.
- Je t'ai acheté un cadeau. -Ah bon ?
Sur la table de l'entrée.
Merci !
Je me suis dit que ça t'exciterait.
- Bonne journée ! - Bonne journée.
Calmos !
Salut.
Votre conjoint est là ?
Faudrait signer le contrat.
Il est parti pour la journée, il revient très tard.
Plus tard.
C'est dommage.
Ça fait trois nuits que je dors pas.
Tu sais à quel point je dors bien, dans la vie ?
Moi aussi, je pense qu'à ça.
Je suis dégueu, je pue !
Ton odeur...
Ton sexe me fait bander rien qu'à le sentir.
Un instant !
Excuse-moi.
Entre.
C'est vaste, ici. Belles boiseries d'origine.
Je peux t'offrir quelque chose ? Un café ?
Je peux pas.
C'est totalement irrationnel.
Ici, en plus ! Ça n'a aucun sens.
Ça n'a aucun sens.
En même temps, c'est normal de coucher avec un autre
après dix ans de couple.
Je connais pas de couple fidèle.
Sauf mon amie Catherine.
Mais elle, elle exprime rien de charnel.
J'aimerais être comme elle.
Ça a l'air agréable, d'être détaché de son corps.
On peut penser à des choses moins triviales.
Toi, t'es pas détachée de ton corps.
Pourquoi tu te bats contre ce que t'es ?
Excuse-moi,
j'ai un truc très urgent à faire.
Doucement...
Oui, comme ça.
Un peu plus à droite... Plus à droite.
-Là? ‘Oui!
Oui, comme ça !
Oui, comme ça !
Ta langue, c'est bon !
Mets ton doigt.
J'ai jamais vu la mer, moi.
- T'as jamais vu la mer ? - Non.
On ira ensemble.
Bon...
je vais rentrer.
J'aime bien ça, pour le goûter.
Je suis fou de toi.
Ça ne m'est jamais arrive’.
J'ai l'impression que...
que t'es la femme de ma vie.
J'ai la gorge sèche...
- T'as pas de l'eau ? - Tu m'as entendu ?
Moi aussi.
Je veux pas être loin de toi.
Jamais.
J'ai pas envie de rentrer.
"Nous choisirons le seul endroit encore secret
où nous pourrons dans l'eau profonde
d'un fleuve à découvrir encore
nous aimer comme si l'amour, c'était la mort."
C'est tellement beau.
C'est qui ? On dirait du Rimbaud.
Michel Sardou.
C'est nul de te réciter la poésie des autres ?
Je suis pas doué avec les mots.
Non, absolument pas.
Je côtoie plein de gens qui ont du vocabulaire,
ça les rend pas plus habiles.
Tu es parfait.
Tu me donnes envie de vivre.
Eh, beauté !
Tu vas être ma femme, c'est pas négociable.
Si tu veux une image claire,
ça forme une toile très poreuse
dans une espèce de... c'est pas de la glu,
mais ça ressemble à...
de la gelée, mettons.
Si quelqu'un vient près de l'objet,
il peut rentrer ses doigts dans les trous
et déchirer la matière.
L'œuvre va être détruite par l'intervention humaine.
J'ai appelé ça "Écostrangulation".
Vous devez voir ça.
Oli a fait un travail hallucinant.
On dirait le genre de truc que pourrait faire...
Magritte ?
- Renoir ? - Mais non !
Klimt ? Cézanne ?
Voyons.
Damien Hirst !
Maman ! Tu rigoles ?
On l'a vu à la Tate.
Je le hais, cet artiste !
Mais le côté interactif!
Absolument pas, voyons !
Je pense comme Olivier, c'est très tape-à-l'œil.
C'est très controversé,
son utilisation des animaux.
C'est un viol de la nature.
Des papillons sur une œuvre, je suis pas fan.
Il fait de l'art de merde pour ceux qu'aiment pas l'art.
Si on peut qualifier ça d'art.
Putain de ringard ! Damien Hirst, maman !
C'est le nom qu'on sort pour avoir l'air
de connaître l'art contemporain.
Sa mère finance ses expos, à lui aussi ?
Votre mère est une idiote.
M'insulte pas.
C'est si dur de vieillir.
On a mal partout, on ramollit du cerveau.
À 40 ans, nous les femmes, on doit rester bien propres.
C'est l'enfer, les odeurs qu'on dégage.
Tu fais pleurer maman.
Je dis juste que Hirst, c'est de la merde.
T'es la meilleure belle-mère au monde.
J'ai dit que Hirst, c'était merdique.
Et ça l'a vexée.
Heureusement que je t'ai, toi.
Excusez-moi.
Désolée.
Et vous, Son...
C'est Sun, maman.
Vous, Sun, qu'est-ce que...
vous faites...
Je parle mal anglais.
The musique...
C'est quoi, le mot ?
Oui, je fais du violon dans un groupe de noise.
Mais ce sont plus des performances que des concerts.
Et aussi de l'art vidéo.
Je suis aussi artiste vidéaste, mannequin et comédienne.
Je comprends rien.
Elle dit qu'elle est serveuse.
C'est anxiogène, ta manière erratique
de ranger ton lave-vaisselle.
Voilà.
T'as rencontré quelqu'un ?
Non, voyons. Pourquoi tu dis ça ?
Tu parles pas, tu m'appelles plus
et t'es de bonne humeur.
Des preuves accablantes.
Je suis ta mère, je te connais.
Il est tellement beau, maman. J'ai jamais vu ça.
C'est notre problème. On aime les beaux hommes.
Il a des origines espagnoles.
Lointaines, mais quand même, ça se sent.
Tiens donc...
Et Xavier ?
Quoi, Xavier ? Rien.
C'est une aventure, on va pas se séparer.
Il paraît que les Espagnols sont cruels.
C'est quand même le peuple de l'inquisition.
Merde...
Tu me manques...
Toi aussi.
Je peux pas trop parler.
Parle pas. Je veux juste t'entendre respirer.
J'ai peur.
Crains pas, peureuse, je suis là.
Je t'aime assez pour rester longtemps.
Je nous vois vieux, se reposer en campagne.
On dit "à la campagne".
"En campagne", c'est pour l'armée ou la campagne électorale.
J'ai besoin de toi pour me coucher moins bête.
À force, je pourrai même t'écrire des poèmes originals.
Originaux !
J'ai très envie de toi.
Moi aussi, ma grande beauté.
Mon intelligente.
Envoie-moi tes seins.
Oui, c'est par ici, le séminaire sur Aristote.
Pourquoi t'es méprisant ?
Quoi ? Tu ne les connais pas !
Ils sont peut-être nobles, élégants, gentils.
Ça m'exaspère, ta manière de rire des gens.
C'est juste une blague.
On s'entend pas !
Nobles, LOL.
Avec des qualités morales plus vastes
et un plus grand cœur que des gens bien nés
qui ont eu la chance d'avoir papa et maman...
Pardon, c'est pas contre vous.
- Pour leur payer deux licences... - Une et demi.
le temps de trouver leur voie.
Ces gens issus d'un milieu intellectuel modeste,
qui ont sûrement bon cœur...
"D'un milieu modeste" ? Et c'est moi qui juge ?
Tu les trouves pas beaufs ?
Tu serais amie avec eux ?
Que se passe-t-il ?
Ils ont vu des jeunes dans la rue,
d'un milieu modeste.
à leur putain... Pardon, Sylvie.
À leur apparence qui diffère de ton micro-monde.
Tu fais une corrélation entre venir d'un milieu modeste
et avoir un grand cœur ?
Ces gens-là parlent de "races" et votent extrême droite.
Quelle extrême droite ?
Admets que tu n'es pas respectueux.
Va falloir être solidaires, si on veut sauver la planète.
J'ai jamais entendu d'argument aussi abscons
- pour avoir le dernier mot. - Je le pense.
- Sauver la planète ? - C'est vert !
- C'est vert ! - C'est bon !
Réveille, tabarnak ! Ostie de chevreuil, calisse !
- C'est des fous ! - Je t'en prie.
Désolé.
Des noix, c'est ça qui fait le goût.
De la crème, des tomates...
- C'est Sylvain. - Qui ?
C'est le...
Bonjour !
C'est Xavier.
On va porter ça à l'intérieur.
Viens, papa.
Bonjour.
- Bonjour. - Salut.
- C'est lui, les travaux. - Je fais vos travaux.
Détruis pas notre beau projet.
Je vais y aller, il commence à faire froid.
- Salut, Stéphane. - Sylvain.
Si je vivais à la campagne, je voudrais être lui.
Je disais ça parce que j'adore les enfants.
Les petits bébés.
J'aime ça, je sais pas... les cajoler.
J'ai fait une liste de prénoms.
Sans pression ! Juste pour m'occuper.
Vous avez des vies actives.
C'est pas comme nous. On faisait des enfants plus jeunes.
On en parle.
Pour quand ?
Ah bon, on en parle ?
Pas récemment, mais on a déjà abordé le sujet.
Pas avant que j'aie un vrai poste à Montréal.
Ça risque pas d'arriver avant ma ménopause.
Avec cette attitude...
Quoi ? Je suis juste réaliste.
J'ai pris du pain et de la terrine pour demain matin.
Vous aimez ça ?
Pierre, lui, il adore ça. Hein, Pierre ?
De la terrine ?
T'es tout sale !
Regarde-moi.
Il ne mange plus que ça.
Ça et des tranches de fromage.
Il pourrait en manger trois, quatre d'affilée.
Avant, il aurait pas touché à ça.
Je pensais pas que le goût, ça disparaissait aussi.
Moi aussi, j'aime ça. Mais je me trouve déjà enveloppée.
Excusez-moi.
J'ai mal à la tête, je vais me coucher.
Oui, mon petit... mon chat...
Ma belle chouette !
Elle peut congeler ses ovocytes.
T'en fais pas, mon beau garçon.
Dépêchez-vous quand même.
Mais t'en fais pas. Papa et moi,
on vous aidera financièrement...
Pour les prénoms, j'ai pensé à...
Si c'est un garçon,
à Francis, Simon...
Ou Philippe.
Comme ton grand-papa.
Ce serait un bel hommage.
Toc toc: !
Je peux entrer ?
C'est ta chambre aussi.
- Tout va bien ? - J'ai mal à la tête.
- Ça chatouille ! - Pardon.
Non, ça va.
- Ça va? - Ça va.
Ça va...
Je sais pas...
- Tu veux que je te laisse ? - Nous... Hein ?
Te laisser tranquille.
Quoi, nous ?
Nous.
Nous, quoi ?
Nous, je sais plus...
Je comprends pas.
Je pense que j'ai rencontré quelqu'un.
Tu dis rien ?
Tu penses que t'as rencontré quelqu'un ?
J'ai rencontré quelqu'un.
Une personne.
Pourquoi tu me dis ça ?
Parce que tu dois le savoir.
J'ai pas envie de savoir. Ça ne me concerne pas.
Moi aussi, je rencontre du monde.
Mais moi, j'ai rencontré quelqu'un.
Sérieusement.
Arrête de dire ça, ça me stresse.
C'est vrai.
Je m'en fous de la vérité.
T'as couché avec lui ?
T'as couché avec lui ?
Pourquoi tu veux savoir ça ?
T'as couché avec lui ?
Oui.
Je fais pas assez de choses sexuelles ?
- Je sais pas te toucher ? - Je vais partir.
Hein ?
Je vais louer un appart,
m'occuper de vendre le chalet, tu t'en rendras pas compte.
- T'es pas bien, avec moi ? - Si, je suis bien.
Je suis pas mal, en tout cas.
On s'aime.
On s'aime, non ?
Je pense qu'on est devenus des amis.
Qui ça ? Lui et toi ?
- Non, toi et moi. - C'est qui ?
Je comprends rien, c'est qui ?
- T'es mon meilleur ami. -Arrête, non !
On n'est pas amis, t'es ma femme !
Mon amour...
Tu peux pas nous...
Je veux pas que tu nous quittes.
S'il te plaît.
Xavier ?
J'ai pas fait...
J'ai pas fait les impôts.
C'est pas grave.
Je m'excuse.
On va se coucher.
Je peux dormir avec toi ?
Oui, évidemment.
Il y a quelqu'un ?
Merde !
Tu veux toujours que je sois ta femme ?
Ton corps a changé. Ton visage,
ta peau, tes cheveux, tout...
On fait l'amour tout le temps.
Je dois perdre 500 calories par jour.
C'est une vie... J'adore ça !
Je cuisine. Et lui, il répare des trucs.
On marche en forêt. C'est comme si...
il me ramenait à l'essentiel.
Quelle chance ! J'aimerais être amoureuse.
De quoi tu parles ? T'aimes Philippe.
- Oui, je l'aime. - Tu l'aimes.
Vous faites l'amour tout le temps.
Après 12 ans, c'est un amour,
mais c'est pas l'amour. C'est de l'amour...
J'aimerais avoir ton courage.
Tu peux toujours le quitter.
Schopenhauer considère le vouloir-vivre comme le moteur de l'amour.
C'est par la reconnaissance de l'autre
comme puissance reproductrice
que se déploie en nous le sentiment amoureux.
Se reproduire, c'est laisser une trace de vie.
L'amour serait donc l'expérience de l'immortel.
Salut, ma belle beauté !
En amour, Schopenhauer affirme que tout est physique.
Ce que l'on pense être des sentiments nobles du cœur
est en fait l'expression de l'instinct sexuel.
C'est simplement le corps qui parle.
L'amour, l'amour, l'amour...
De quessé ?
Tu es beau.
Tu me rends beau.
- Guillaume Apollinaire, là ? - Oui ?
Je l'ai vu dans ta bibliothèque, j'ai un peu lu.
- C'est bon. - Ben oui.
"Ô mon unique amour, ma grande folie"
Quelque chose du genre.
Crains pas, peureuse, ils te mordront pas.
Que je t'aime, toi.
Rosé, madame ?
Une fois n'est pas coutume.
Tu vas voir, c'est quelque chose.
Tu l'aimes ?
Regarde-le, il arrête pas.
Mon fils, il a le cœur à la bonne place.
- Ça se voit que tu l'aimes pas. - Sylvain ?
Non, le vin !
C'est moi ou ça sent la merde ?
Comment tu parles à ta mère ?
C'est ta fosse septique.
J'ai pas d'argent pour la réparer.
Je porte tout et toi, tu fais que gueuler.
Calme tes hormones.
T'entends ça ?
Je l'ai mal élevé, que veux-tu.
Ce que tu dis, c'est misogyne.
C'est son nouveau mot, "misogyne".
C'est un mot qui existe depuis longtemps.
Qu'ils sont beaux, mes cocos !
On a un nouveau membre dans la famille.
- Calme-toi ! - Parfait !
Moi, c'est Kevin.
- Salut, Kevin... - Karine.
Je t'avais pas vue !
On se serait retenus.
Enchantée !
Ma femme.
Putain, je me fais enfler.
Quand il a fait la nouba, il vient pas.
Il pionce au boulot parce qu'il est bourré.
Il peut pas bosser tellement il est bourré.
Pas comme les Latinos...
Ça se plaint pas, c'est à l'heure...
On ne crie pas !
Non, il est pas gentil !
C'est lui qu'est pas gentil !
C'est toujours Jayden !
Jayden, pourquoi tu fais pleurer ta sœur ?
C'est toujours de sa faute ! Et c'est moi qui me fais engueuler!
Ça suffit !
Laisse ta sœur. Et Carolane, arrête,
sinon je te laisse dans la forêt.
On dit pas ça aux enfants.
Voilà comment on obtient la paix.
Qu'est-ce que je disais ?
Désolée, je déteste quand il fait ça.
Ouais, Mike!
Je l'ai foutu à la porte.
Je peux accepter plein de choses,
mais les paresseux, les pas autonomes,
pas capables de se gérer... C'est pas la garderie.
- C'est toi qui l'as fait ? - Oui, c'est des cœurs.
Oui !
Regarde la petite choupette.
Elle a une nouvelle préférée.
C'est mignon, Caro.
Et donc toi, t'es professeur à l'université ?
Oui, c'est-à-dire que...
j'attends un poste.
En attendant, j'enseigne à l'université du troisième âge.
J'aime vraiment ça, c'est ma passion.
Une femme qu'a une passion, c'est ça de moins à gérer.
Sophia, c'est pas une femme que tu gères.
Tu m'as compris.
Oui, mais non.
Sylvain est l'intellectuel de la famille.
Normal qu'il soit avec une universitaire.
- Moi, je suis le crétin. - Mais non !
C'est pas ce que je dis !
Mais ton frère, il est curieux.
Il lit plein de livres. Tu m'envoies des articles.
C'est pas intéressant.
Si, c'est intéressant !
- Quel genre ? - Super intéressant.
Des ovnis qu'on aurait vus,
la vie après la mort...
Les pyramides !
Les pyramides.
Ça, c'est intéressant.
Moi, j'y crois à tout ça.
Y a un fantôme dans mon salon d'esthétique.
Écoute !
Il me croit pas, mais l'an dernier,
j'ai fermé le salon moi-même.
Je me revois très bien le fermer.
Et le lendemain matin, quand je suis arrivée,
les vernis étaient mélangés.
Son salon, il est très propre.
Moi, je range tout nickel.
Il y avait le jaune là, le vert, le bleu,
le rouge... tout éparpillés !
J'en ai eu des frissons. Ça m'a fait très peur !
Les fantômes ont que ça à faire de mélanger tes vernis...
Maman, ta fondue est mortelle.
C'est super bon.
J'ai mis du vin, dedans.
Il me semblait aussi...
T'arrête de me parler comme à une idiote ?
Tu vas chialer, là ?
Je chiale pas.
On n'a pas de manières.
Ma mère pleure à chaque dîner de famille.
J'ai l'habitude.
Excuse-moi, Sylvain, mais dis ça à ton frère.
C'est bon, on a compris. Kevin !
Pardon, je suis émotionnelle.
Tu as un salon d'esthétique ?
Et un beau ! Ça roule en moutarde.
Oui, c'est ma passion à moi.
Que les femmes se sentent belles.
C'est la plus belle. Et elle est pas idiote.
Là, t'es gentil.
La famille, c'est précieux.
Et la santé, aussi.
Santé, tout le monde !
Merci de m'accueillir.
- Bienvenue dans la famille. - Merci.
Bienvenue.
Bon, on va se torcher ! Mon petit frère est amoureux.
Montre-moi tes ongles. Les mâles vont faire la vaisselle.
On est des hommes modernes.
- Laisse-moi voir ça. - C'est un peu gênant.
Voyons donc... ouais.
Faut rafraîchir ça.
Je ne suis pas très assidue, sur les manucures.
J'aurais aimé aller à l'université.
Guylaine t'a bien aimée !
Vous venez souvent, ici ?
Surtout pour les concerts.
Caro aussi t'a bien aimée.
Mais on sort moins qu'avant.
On est moins fêtards. Surtout moi.
Kevin, lui, il adore faire la fête.
Ça doit être son côté masculin.
Et son côté féminin ?
Attends un peu. C'est une bonne question.
Il adore prendre un doigt dans le cul.
Devine qui c'est !
C'est qui 7
Donne-moi un indice !
Vanessa !
T'es toute belle !
Ça va, tu t'amuses ?
Pas autant que toi, visiblement.
Ça va?
C'est une vedette locale ?
Qui?
De quessé ? Non.
C'est une blague.
Elle doit faire du striptease, pour danser comme ça.
C'est ma cousine, elle est opticienne.
Mais à la campagne,
le concept de cousine est plus vague, non ?
C'est ta cousine, c'est pas ta cousine...
C'est ta cousine ou pas ?
Je comprends rien.
Mets-nous cinq shots de Jäger, qu'on se réveille !
C'est ta vraie couleur de cheveux ?
C'est ma vraie couleur, mais je les teins.
Pourquoi, si c'est ta couleur ?
Parce que j'ai des cheveux blancs.
Ce serait bien, un petit balayage.
Vanessa.
Enchantée.
Sophia, excuse.
Je suis l'amoureuse de... la copine...
la femme de Sylvain.
T'es sa cousine ?
T'as dit ça comme si t'avais besoin de le dire.
Tout le monde sait que t'es sa copine.
Même si c'est pas évident, comme ça...
Sylvain, il est super intelligent
et tout ça,
mais il a toujours des histoires de merde.
0k, les filles sont canons,
elles sont super sexy, blablabla...
Elles tapent des crises.
Et lui, il est déçu.
Au moins, pour une fois, il est pas avec un sex-symbol.
- Je suis sa petite-cousine. - Comment ?
Sa petite-cousine.
On n'est pas du même sang.
J'ai jamais voulu d'enfant.
Je pense qu'avec toi, j'aimerais en avoir.
Ok.
Ça veut dire oui ?
Je t'aime.
J'ai couché avec mon coach de sport.
Quoi ?
Je suis sa meilleure fellation à vie.
Ah ben ça !
Vous faites l'amour tout le temps, avec Philippe.
Ça n'a rien à voir. Des expériences différentes.
Avec lui...
Il me regarde, il m'admire.
- Il a des jouets sexuels. - Comme quoi ?
On se crache dans la bouche, deux vrais petits lamas.
- Il s'en doute pas ? - Il m'insulte.
- Phil ? - Non, coach Akim.
- Intéressant. - Ça dit quoi, sur moi?
C'est peut-être ma culpabilité ou qu'il me sent loin,
mais Phil est super gentil. On est très proches.
Eh ben !
Du coup, tu as renoncé à coucher avec ton psy ?
Je veux pas coucher avec lui.
Je veux qu'il ait envie de moi. C'est très différent.
Ça me semble très sain.
Akim, c'est comme ton copain.
C'est un manuel.
On aime les mecs qui lisent jambes croisées,
mais au lit, ils sont moins doués.
La vie est cruelle. Moi, j'ai besoin des deux.
Je renais.
T'es Lady Chatterley.
- Tu rotes pas le Chinois ? - Sylvain est intelligent.
- Mais oui ! - Très intelligent, même.
Mais son intelligence est plus de la terre.
J'aimerais le rencontrer.
Sylvain, il est très... concret.
On dirait que ça te gêne ?
Pas du tout.
Je suis trop vieille pour ça ?
Allô, ma belle beauté ?
Viens à la porte.
Livraison spéciale !
C'est quoi ?
C'est une bibliothèque.
Merci, c'est tellement gentil !
Pas de quoi.
Viens, on va en campagne.
À campagne.
Tu me prends de court.
J'ai rien chez toi, on dort ici.
Je commence tôt demain, je travaille.
Je t'emmènerai.
Non, mais...
Pourquoi on reste pas ? Ce serait plus simple.
- Ça me stresse, de dormir ici. - Viens.
Excuse-moi...
C'est à qui. Ça ?
À Xavier, je pense.
C'est à lui ou pas ? Il est venu ici?
J'ai dû le déménager par erreur.
S'il est venu ici, sois honnête et dis-le-moi.
Oh, la musique de sauvages !
- Pourquoi tu mens ? - Je mens pas.
On dirait que si.
- Il est pas venu! - Pourquoi tu ris ?
- Je ris pas. - Pourquoi tu ris ?
Je ris, mais...
C'est toi qui me stresses !
Qu'est-ce qui se passe ?
Même si je l'avais vu, c'est quoi le problème ?
Tu peux pas faire ce que tu veux.
Tu peux pas arriver ici sans prévenir, changer les plans,
et tenir des propos racistes, comme ton idole, le beauf de droite.
De quessé, raciste ? Quel beauf?
"De quessé", ça se dit pas.
Je dis ce que je veux. Quel beauf?
Michel Sardou.
- J'ai des goûts de merde ? - Non.
Comment ça, "de droite" ? Quels propos racistes ?
Il est politiquement à droite.
Il a des valeurs de droite.
- Donne-moi un exemple. - Il est xénophobe.
Il a peur des étrangers.
Je comprends rien quand tu parles.
Parle normal !
Tu changes de sujet ! Il est venu !
Non ! Et dans mon monde, je parle très normalement.
Ça veut dire quoi, "dans ton monde" ?
Rien.
Ton putain de ton calme de méprisante !
Quel ton ?
Ton téléphone !
Donne ton téléphone.
T'achètes une laisse ?
Pour te faire une surprise.
Pour lui ? T'as quelqu'un d'autre ?
Non, c'est pour toi !
Pour qu'on essaye.
Tu vas aller réfléchir...
T'es pas ma mère !
Putain !
Le complexe d'Œdipe ?
T'inquiète, je suis pas ta mère !
Je crois pas aux ovnis et je suis pas alcoolique.
T'es folle.
Pardon !
Je pensais pas ce que j'ai dit.
C'est ridicule, attends !
Pardonne-moi.
Pardonne-moi.
Il me parle d'une veste de Xavier,
super agressif.
Moi, je suis hyper calme.
Je lui dis juste de pas dire "de quessé".
De quoi ?
"De quessé" au lieu de "de quoi".
En effet, ce n'est pas très beau.
Mais les gens parlent très mal.
Toi, tu dis souvent "genre".
On s'en fout, maman !
Moi, je m'en fous s'il fait des erreurs de langage.
Je veux juste l'aider, je veux juste...
Je veux juste l'encourager à dire le mot précis
pour que sa pensée soit plus vaste.
Et puis là, c'est comme...
C'est parti.
Très bizarre, très fou.
Moi, j'étais hyper calme.
Et puis, malgré moi, y a eu un genre de "switch".
"Switch", il n'y a pas un mot français, pour ça ?
Changement ?
Renversement psychologique.
Oui, c'est plus juste.
Avoir un langage développé, c'est avoir une pensée précise.
C'est ce que je dis ! Tu m'écoutes pas ?
Là, il m'a dit que je le méprisais
parce que je haussais pas le ton.
Que c'était pire que si je hurlais,
que j'étais la pire des folles de toutes ses ex.
Quelque chose comme ça.
Et plus rien depuis des jours. C'est une torture.
C'est mieux d'être avec un homme qui nous aime plus qu'on l'aime.
Xavier m'a prêté un livre sur l'apartheid, Rage ébène.
Tu l'as lu ? C'est prenant !
Sylvain Tanguay.
Contrairement à Platon,
Spinoza fait une distinction entre désir et amour.
On peut désirer quelque chose sans lui attribuer de valeur,
comme par exemple,
vouloir coucher avec une personne sans s'intéresser à elle.
On peut même parfois mépriser l'objet de son désir.
On peut aussi aimer sans désirer.
La valeur qu'on attribue aux gens
détermine l'amour, et non l'envie de...
permettez-moi l'expression, de baiser.
- Pardon. - Ça arrive.
Vous avez une grosse fringale ?
- C'était sympa. - Oui, salut !
Mais surtout, le désir est puissance.
Il est à l'origine de notre capacité d'agir.
Il est vie.
Il voit une veste de Xavier...
Son cerveau a comme décompensé.
Moi, je suis restée calme.
Je lui ai dit de ne pas dire "de quessé".
- De quoi ? - Pour dire "de quoi".
Mais je m'en fous qu'il fasse des erreurs de langage.
Je voulais l'encourager à trouver le mot précis,
pour que sa pensée soit plus vaste.
Et là, c'est parti, pour rien. Très bizarre, très fou.
Un malade mental.
Il y a eu comme un... renversement psychologique.
Je voulais rester calme, pour pas qu'on se dispute.
Mais ça l'a encore plus énervé.
J'ai envie de caca !
T'es sûre ?
- Oui. - ses origines espagnoles.
Je vais faire caca avec Gisèle.
Je suis tombé dans un vortex abyssal.
Deux semaines en boucle de vidéos de fabrication de miel.
J'ai même pensé à avoir des ruches sur notre toit.
Pardon ? Toi, des ruches ?
J'y crois pas du tout.
Toi qui as peur d'un mini moustique ?
Le moustique est belliqueux.
C'est le plus grand meurtrier sur Terre.
L'abeille est pacifique. C'est pas le même mode opératoire.
T'es super apiculteur urbain de ta personne.
Oui, c'est vrai.
Et aussi, je voulais te dire...
Savais-tu que tous les dictateurs,
ou plutôt les autocrates,
ont un dénominateur commun ?
Ça m'intéresse ! Lequel ?
C'est le père violent.
Ah, mais oui !
Ça donne des points à Freud.
La question cornélienne.
Oui, excellente question.
Allez !
Non, mais tu dois en choisir un.
Dictateur préféré... Ramzan Kadyrov.
Absolument. Mais si je peux me permettre,
on a aussi un petit faible pour Gurdanguly Berdim...
- Le mec du Turkménistan ? - Oui !
C'est un ancien dentiste,
totalement obsédé par l'hygiène.
J'adore tout ce que j'entends.
Tu sais comment me parler.
- T'as froid ? - Un peu, oui.
Merci, ça fait du bien.
— Ça va ? - Oui.
Merci.
Elle est compliquée...
- On devrait pas faire ça. - S'il te plaît...
J'en ai besoin.
C'est bon !
C'était pour toi.
Je pensais pas que tu reviendrais.
Je peux pas vivre sans toi, tu me manques trop.
Toi aussi, tu m'as manqué.
Je m'excuse.
T'es beau !
C'est pour toi.
Prends-la. Prends-moi.
- Tu m'excites. - Toi aussi, tu m'excites.
Je pensais que tu viendrais pas.
Je m'excuse tellement.
Pardonne-moi.
Je vais te baiser, c'est ce que t'aimes chez moi.
- Tu veux que je te baise ? - Oui.
- Tu vas l'avoir. - C'est ce que je veux.
Je suis à toi.
Je suis à toi.
Je suis à toi, c'est ça que tu veux entendre ?
- Dis-le encore. - Je suis à toi.
Plus fort.
C'est bon !
Tu pourrais ouvrir un restaurant.
Quoi ?
Tu manges pas tes fruits ?
Les fruits, c'est pour les femmes.
Franchement !
C'est une blague de beauf.
Bordel, ce que t'es belle !
Tu m'as manqué.
- Putain, tu m'as manqué. - Toi aussi.
Regarde dans mon sac, j'ai un cadeau pour toi.
- Un cadeau ? - Dans l'entrée.
Allez, allez.
Bon anniversaire en avance.
Merci, mon amour.
Essaye-le, que je te l'enlève.
Tu penses que je veux juste coucher avec toi ?
Pourquoi t'as dit ça, alors ?
J'ai jamais dit ça.
T'as dit ça hier soir.
J'étais bourré.
T'es belle !
T'es tellement belle !
Comme une fille du porno.
C'est indécent, mais ça me flatte.
Au fond, t'aimes ça, être sexy.
Viens t'assire, t'es loin.
- T'asseoir. - Assire, asseoir...
Tant qu'on est bien ensemble.
L'amour véritable, chez Vladimir Jankélévitch,
est sans raison.
On aime parce qu'on aime.
Il n'y a pas d'autre source à l'amour que l'amour.
Ça nous frappe comme une maladie.
Au contraire, selon bell hooks,
l'amour est un acte et non un sentiment.
On ne subit pas, on décide d'aimer.
- T'es pas mal belle. - Merci.
Te maquille pas trop.
T'as pas besoin de ça.
T'as acheté du vin ?
Oui, chef.
Personne n'aime ça, les vins lourds.
On vieillit...
J'ai des amis sommeliers qui risquent d'être là,
on va faire un effort.
C'est juste qu'ils ont pas les mêmes critères.
J'y connais rien, au vin.
Dis-moi si j'ai pris de la merde.
Celui-là. Je t'aime comme t'es.
Ça va?
Ça va?
Salut.
Salut.
- Ça va? - Ça va.
Oh ! Très bon choix !
Vous allez chez Louis ?
Je savais pas que c'était ce soir.
Il m'a pas invitée, c'est normal.
C'est plus ton ami que le mien.
On va chez...
- Chez moi ? - Non !
Françoise !
J'oublie les noms, même les proches.
Pour mon anniversaire.
Je voulais t'appeler hier pour te le souhaiter.
Je n'ai pas vu Philippe et Françoise
depuis ce fameux dîner, là...
Je sais plus trop quand.
Salue-les de ma part.
Pardon, je bâille...
J'ai un point dans le dos, ça me soulage.
Bon anniversaire !
Oui, joyeux anniversaire.
Vous aussi ! Euh, je veux dire...
- Allez, au revoir. - Salut.
Salut.
- Il nous manque quoi ? - Du vin.
Ça va?
Tu veux des bulles ?
- Ta chemise ! - Quoi, j'ai une tâche ?
Bon anniversaire !
Je veux aller dans les bras de Sophia.
Elle aime tout le monde, sauf moi.
- Sylvain. - Enchantée,
Françoise.
Philippe est là ?
Il répare le truc-là, dans les toilettes...
La chasse ? Le ballon ?
Oui, tout ça.
- Je vais le faire. - Tu vas pas...
Philippe a des qualités, mais il n'est pas manuel.
- Ça a été, la route ? - Très bien.
Merci pour le vin.
C'est un naturel, il paraît.
C'est Stéphane.
- Sylvain. - C'est pourtant simple.
Simple comme bonjour.
Salut, man.
- "Man" ? - Françoise !
Laisse-moi voir, mon pote.
- J'ai croisé Xavier. - Quand ?
Avec ton amie... la Française.
- C'est pas mon amie. - Ensemble.
J'étais pas au courant.
T'as répondu trop vite.
J'étais au courant sans l'être.
Elle est si belle, si élégante. T'as pas remarqué ?
Elle n'a pas ton esprit.
Elle a une odeur raffinée, genre jasmin.
Elle fait un métier hybride, designer graphique.
C'est pas de l'art.
- Il est très beau. - Tu trouves ?
Sa chemise est très laide.
Je m'en fous,
il est tellement sexy, il est vraiment très...
Qui est plus sexy que moi ?
Personne, bien sûr.
- Tu me rassures ! - Je sais !
Bon anniversaire, chérie.
Il n'y a rien à fêter. 41 ans...
À qui le dis-tu !
Je suis un homo de 42 ans, un peu dodu,
plus personne ne me regarde.
Je suis un hologramme mort.
- Sympa pour Harry. - Salut, Harry.
- Qui d'autre est là ? - Ton frère, avec une fille.
J'ai oublié son nom.
Salut !
- Bon anniversaire. - Merci.
Bonjour.
Sophia, la grande sœur d'Olivier. Et toi ?
Camélia.
Cool, merci d'être là.
Il est où ?
- Où est-il ? - Arrête !
J'ai réparé les toilettes, c'était une broutille.
Salut ! Olivier, frère de.
Oh ! Sylvain.
- Camélia. - Comment ?
Comme La Dame aux camélias.
- La dame aux quoi ? - Un roman.
Je connais pas.
Un shot entre mecs pour faire connaissance,
entre futurs beaux-frères ?
- Avec plaisir. - Suis-moi.
- Bon anniversaire. - Merci.
Et ça, c'est...
- ton année de naissance ? - Non.
C'est pas de la glu, ça ressemble à du Jell-O.
Quand quelqu'un vient près de l'objet,
il peut rentrer ses doigts dans les trous
des parois et décoller la matière.
À la fin de l'expo, l'œuvre est détruite
par l'intervention humaine.
C'est plus un regard sur notre rapport à la nature,
au réchauffement climatique.
Ça m'obsède, en ce moment.
C'est passionnant, mais ça fait peur.
Mon psy dit que l'écoanxiété
m'incite à des actes de mise en échec,
comme pour participer à un suicide collectif.
Comme quand t'as claqué 150 balles en ligne hier soir ?
J'adore ce genre de musique.
Ça me fait sentir libre !
- Je parle pas anglais. - Trois quarts de ton,
c'est très mathématique, comme musique.
Il y a des intervalles d'un neuvième...
L'orchestration est dingue !
Trois quarts de ton !
C'est qui 7
- Quoi ? - La musique.
Fayza Ahmed, une chanteuse arabe.
Mon garagiste, Jojo, est arabe. Algérien.
Il a le cœur sur la main.
Y a un truc avec les Arabes que je comprends pas.
Je m'entends bien avec eux, ils sont sympas.
Toujours souriants, de bonne humeur.
Les gens les aiment pas,
ils les trouvent agressifs. Mais ce son-là, c'est joyeux.
Ils sont pas tous pourris, faut pas généraliser.
Y a du bon et du mauvais, comme partout.
C'est sûr que quand tu tues des innocents...
Les attentats au nom de la religion...
Je suis pas pour la peine de mort, mais des fois...
Donc, t'es pour.
Mais non, il dit de ne pas stigmatiser.
Mais quand tu dis "des fois" ?
Je sais pas trop...
La condamnation à mort te semble parfois envisageable ?
J'imagine que oui, non ?
Pas vous ?
Je sais vraiment pas. Jamais ?
Si quelqu'un tue ton enfant?
Tu comprends quoi, là ?
Il veut coucher avec toi.
Ok, super.
Quoi ? On est un couple ouvert.
Elle couche avec un autre ?
- iel. - Si c'était moi,
je défoncerais les mecs qui tournent autour d'elle.
iel...
Intrigues et marivaudages...
Mais si c'est votre trip.
J'ai pas nécessairement envie de "défoncer des mecs".
Spectacle !
Mais dans dix ans, on n'aura plus envie de baiser.
Autant le faire maintenant.
- Pourquoi ? - La guerre avec la Chine.
Troisième Guerre mondiale.
Le sexe, c'est très banal.
Et tu veux de mon corps !
Ok, ça suffit.
-Au lit ! - J'ai pas fini, arrête !
Désolée.
Il s'avère que la plupart des dictateurs,
en tout cas, les autocrates...
- Je peux vous déranger ? - Évidemment.
- Ça va ? - Oui.
Ton vrai cadeau.
J'ai des gants mouillés...
- C'est quoi ? - Un voyage.
—Où? - Voyager, c'est la vie.
J'aimerais voyager plus. Avec les enfants, c'est trop cher.
Obligés de partir en vacances avec les gens normaux.
- C'est l'enfer. - Je hais les gens normaux.
On est devenus des connards de gens normaux.
Je voudrais tout plaquer et partir à New York.
- Sympa pour moi. - Tu m'as compris.
Moi aussi, je veux tout plaquer.
Sylvain offre un voyage à Sophia.
OÙ ça?
C'est ce qu'on demande, t'écoutes pas.
J'écoute plus que toi.
Quoi ? Toi, tu écoutes ?
T'es contente ?
Oui, très. C'est super généreux.
T'es en plein délire.
Je t'ai mouillé !
Va à la gym, ça te détendra.
C'est où, le voyage ?
J'ai envie de prendre de la MD. Qui est partant?
Microdose, relax !
En République dominicaine.
Jamais j'irais là-bas.
- Où ça ? - En République dominicaine.
Mon Dieu, j'y suis allé à 14 ans,
avec ma famille. C'est un endroit affreux.
Hein ?
- Quoi ? - La République dominicaine.
- Ah ouais ! - C'est le cadeau de Sylvain.
Séjour tout compris ou vous partez à l'aventure ?
On peut changer de destination...
Je voulais voir la mer avec toi.
C'est échangeable, je pense.
Y pas de descente avec ça.
J'ai jamais pris l'avion, j'espère ne pas mourir.
Statistiquement, c'est plus sûr...
Avant de peut-être m'écraser, j'ai une chose à faire...
Le grand jeu !
Putain !
J'aimerais y aller avec ma future femme.
Saleté de pantalon serré.
Sophia...
veux-tu être ma femme ?
Merde, attendez-moi !
Réponds pas, Sophia !
Olivier, arrête !
Arrête de filmer !
C'est important, tes fiançailles.
Le monde s'effondre et nous, on filme la moindre banalité.
On n'est pas obligé de tout filmer.
Ni de savoir ce que tout le monde commande au restaurant.
L'angoisse.
Ça vous angoisse pas ?
Un peu.
Elle a fait un cauchemar ?
Peut-être.
La vie n'avait pas moins de sens sans tout ça.
Elle n'en avait pas plus.
Hier, j'ai vu une vidéo d'une fille aux toilettes.
Et direct après,
une d'une fille qui pleurait, mais genre...
salement.
C'était mortel.
Gisèle a vomi. Bouge-toi, Phil !
- Crie pas. - C'est pas mon ton crié,
c'est mon ton ferme. Le seul que tu comprends.
Ça et la musique atonale. Je te le redemande poliment :
va gérer ça.
En tout cas...
J'ai raté quoi ?
T'es en état de conduire ?
Ça peut juste être une bague comme ça.
- On peut ne pas se marier. - Mais si.
On va se marier.
On va se marier, c'est tout.
C'est juste que c'était surprenant.
J'ai jamais voulu me marier, j'en ai jamais rêvé.
Mais si c'est ce que tu veux, moi aussi.
On peut faire un petit truc.
On n'a besoin de personne.
Tout ce que je sais, c'est qu'on s'aime.
Oui, on s'aime.
T'as le cœur à la bonne place.
J'ai le cœur au même endroit que tout le monde.
Je vais m'arrêter, j'ai plus d'essence.
Adaptation : Céleste Karlin
Sous-titrage TITRAFILM
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