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Au crime parfait !
Ils sont riches, nos copains !
67 dollars
et une vieille machine � �crire !
Je t'ai dit de laisser �a.
Mais tu avais trop peur !
La prochaine fois, �a ira mieux.
S'il y a une prochaine fois.
Tu �tais cens� accepter des ordres.
Tu voulais que je t'en donne.
C'est vrai !
Alors, respecte notre accord.
Et alors ?
- Tu n'as pas vu cet homme ? - Si, je l'ai vu.
Calme-toi, Artie.
Revenez !
Prends le volant !
J'ai � vous parler !
Vous voulez tuer quelqu'un ?
Il est so�l ! Partons !
Vous allez voir !
Attends !
Vous vous croyez malins ?
Quoi ?
Par l�.
Je vais vous montrer !
Il le cherche, vas-y !
C'est un ordre, Judd !
Acc�l�re !
Ecrase-le !
On a failli le tuer.
Un ivrogne ! Qui l'aurait su ?
Cela aurait �t� un meurtre.
Tu sais pourquoi j'ai essay� ?
Parce que j'en avais sacr�ment envie !
LE GENIE DU MAL
On est arriv�s, Artie.
Je pensais aux copains.
Ils vont s'accuser mutuellement.
On ne saura pas que c'est nous.
Artie, �coute...
Et l'ivrogne ?
Laisse tomber.
Je recommencerai un de ces soirs,
quand je serai seul.
Tu imagines ces andouilles ?
Il y aura une prochaine fois, hein ?
Tu crois ?
Je ferai tout ce que tu voudras.
Tout ?
Je veux accomplir un acte dangereux,
qui fera jaser tout le monde.
Les flics tourneront en rond, et nous, on rira !
Oui, mais ensemble.
Quelque chose de parfait !
Le v�ritable test de l'esprit sup�rieur !
Il n'y a que le danger qui m'amuse.
Tu paniquerais encore.
Je t'assure que non.
Ce doit �tre une exp�rience
d�nu�e d'�motion.
Pour prouver qu'on en est capables.
On en est capables.
Ensemble ?
D'accord, petit g�nie.
Rentre chez toi et dors.
Je t'appelle ?
Judd ?
D'o� tu viens ?
P�re s'inqui�tait pour la voiture. Et pour toi.
Pour moi ?
C'est touchant.
Cela ne l'a pas emp�ch� de dormir.
O� tu �tais, gros malin ?
Encore � faire l'idiot avec Artie !
Je le sais !
Pourquoi demander ?
Je veux te parler !
On n'a rien en commun, Max.
L�che-moi. Je n'ai pas � te r�pondre.
Ni � moi ni � personne ?
A part Artie
et les oiseaux,
rien ne t'int�resse ?
L'ornithologie te d�pla�t ?
Je suis ravi que tu r�ussisses !
Cela m'�nerve de voir quelqu'un d'aussi brillant
s'abrutir avec Artie Strauss !
Je vois.
Sache, mon cher fr�re,
qu'Artie est un des plus brillants...
Je sais !
Artie Strauss et son brillant esprit !
Vous avez s�rement
plus de mati�re grise que moi.
Mais pour une fois, j'aimerais que
vous vous en serviez
au lieu de glousser et de comploter dans ta chambre.
Allez voir du base-ball, draguez les filles !
A votre �ge...
Je suis s�r que tu as eu des exp�riences fascinantes,
mais une autre fois.
Je n'attends aucune consid�ration,
mais Artie est un gentleman.
Je comprends !
Tu veux que je te dise autre chose sur lui ?
Il est r�voltant...
Ta gueule ! J'en ai marre de tes insinuations.
Tu vas r�veiller tout le monde ! Calme-toi.
Je sais quels ennuis tu peux t'attirer.
Je m'inqui�te pour toi, Judd !
Ecoute-moi !
Depuis toujours, la loi du talion
est l'instinct qui gouverne l'homme.
Pr McKinnon,
Nietzsche a raison.
Les codes tribaux ne concernent pas les meneurs.
Non, M. Steiner,
les th�ories
de votre ami Nietzsche ne concernent personne.
Hammurabi, Mo�se,
Solon, Justinien sont tous connus
pour avoir rendu la justice.
Je me demandais
s'ils se sentaient tenus d'ob�ir aux lois.
Tous les hommes doivent ob�ir � la loi.
Si Nietzsche avait �t� juriste, et non pas philosophe,
il l'aurait su !
Pensez-vous que Mo�se se sentait
au-dessus des lois de son peuple ?
Je ne sais pas.
Il devait mener une foule bigarr�e dans le d�sert.
Citez-moi un exemple
o� l'un de ces hommes a trahi la loi
ou les droits de l'individu.
Nietzsche peut-il expliquer cela ?
Je crois que oui.
Si vous l'avez lu,
vous connaissez le surhomme
d�tach� des �motions humaines :
col�re, cupidit�, volont� de puissance...
Tout cela me d�passe !
Mais pas vous, ni Nietzsche !
M�me si je suis d�mod�,
je m'accroche � cette th�orie :
des esprits sup�rieurs d�velopperaient des lois.
Ou des "sur-lois" !
Une voix �trang�re parmi nous !
Ne vous ayant pas entendu plus t�t,
je suppose que vous n'�tiez pas l� au d�but.
C'est une hypoth�se, pas une preuve !
Bravo, M. Brooks, vous m'�tonnez.
Pour une fois, je suivrai Nietzsche
en me pla�ant au-dessus des lois pour vous noter.
Ce sera tout.
Il ne me laisse pas en placer une.
Comment tu fais ?
Il n'a pas l'esprit tr�s vif.
C'est un des meilleurs de la facult� !
Oui, s�rement.
A propos de Nietzsche,
tu crois vraiment aux esprits sup�rieurs ?
Il se trouve que oui.
La balle m'a fr�l� l'oreille !
Arr�te, Artie !
Tu ne me crois pas ?
Et �a, alors ?
Un trou de mite !
Il a pass� du whisky en contrebande, pour le plaisir.
- Pour le plaisir ! - Tu n'y crois pas ?
Alors, on va tous y aller ce soir. D'accord ?
Vous connaissez le "Four Deuces" ?
D�p�che-toi.
Je dois r�gler �a !
Demande � Benny, le patron.
C'est 26 Rush Street.
Viens, Mike.
Am�ne Pete.
Viens avec Ruth.
Je travaille ce soir.
Jusqu'� quelle heure ?
Non, attends.
On se retrouve ici. Judd am�nera Ruth.
Tu connais Ruthie Evans,
n'est-ce pas, Judd ?
Je ne pense pas.
Voil� qui est fait.
D'accord ?
Mlle Evans pr�f�re attendre Sid ?
Non, �a m'est �gal.
On se retrouve � 21 h.
Ce sera la f�te !
On f�te quoi ?
Une histoire entre nous, hein, Judd ?
On doit y aller.
Qu'est-ce que tu fais ?
On va faire un casse... Ce sera du g�teau !
Quel orateur il fait !
Je sais.
Ce sont tous des fils de riches.
Je n'ai pas leurs moyens.
Laisse Artie payer.
Tu sais bien que quand je sors,
j'aime payer ma part !
Je me priverai de manger.
Ta m�re te nourrira !
Brooks !
Je trouve que c'est int�ressant.
C'est vrai, pour la souris ?
Sinon, je ne l'aurais pas �crit.
On pourrait peut-�tre ajouter une photo.
J'emm�ne un photographe au labo !
Du calme.
J'ai autre chose � te confier.
On a trouv� un gosse noy�
dans un foss� � Hegewish Park.
Passe d'abord voir Tom Daly.
Il est sur un kidnapping, �a peut �tre li�.
10 000 de ran�on ?
2 000 en billets de 20,
8 000 en billets de 50.
Tout est tap� � la machine ?
Bien s�r, M. Kessler, je n'en parlerai � personne.
Tom Daly, du "Globe".
Merci beaucoup.
Le kidnapping ?
Il a peur qu'on fasse fuir le coupable.
C'est un millionnaire.
Il y a peut-�tre un rapport avec le noy� ?
Cela m'�tonnerait.
Mais avec tout ce fric...
Ne perds pas de temps.
Voici la description du m�me...
On me l'a amen� ce matin, soi-disant noy� !
Quand ils verront le rapport !
Pourquoi ?
Il ne s'est pas noy� !
Les flics ont voulu nous refiler le b�b�.
Regardez �a.
Les lunettes du gosse.
Vous voyez ces bosses sous les cheveux ?
Il a �t� tabass�.
Vous voyez ?
Du sang s�ch�.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Les lunettes.
A mon avis,
il a �t� frapp� � la t�te
2 ou 3 fois.
C'est la cause du d�c�s.
Le corbillard...
J'arrive.
Je peux t�l�phoner ?
Laissez une pi�ce sur la table.
1 - 0 - 9 - 7
- "Chicago Globe". - Tom Daly.
C'est Sid.
Je suis � la morgue.
La description concorde.
Le gosse ne s'est pas noy�. Il a �t� frapp� � la t�te.
Ne bouge pas et n'en parle � personne.
J'essaie de joindre la famille
pour que le gosse soit identifi�.
Paulie portait-il des lunettes ?
Des lunettes ? Non.
Vous �tes M. Kessler ?
Oui, l'oncle du petit.
C'est bien votre neveu ?
C'est bien lui.
Peut-on vous poser d'autres questions ?
Et pour les lunettes ?
Elles devaient �tre pr�s du corps.
Mais ce ne sont pas celles du gosse.
O� sont-elles ?
Sous le drap. Personne ne les verra.
Ce serait celles du coupable ?
Si personne ne les remarque,
on a un scoop, et toi, une prime !
Et le corps ?
Vous pouvez le voir.
Selon le syst�me de Platon,
les enfants doivent �tre �lev�s par l'Etat.
Ce serait triste et impersonnel, non ?
Les enfants �prouvent des sentiments.
Bien s�r, mais pour qui ?
Ils n'ont pas choisi leurs parents.
Je n'ai pas choisi les miens !
C'est un accident biologique.
Tu le penses vraiment ?
J'ai tr�s peu en commun avec mon p�re,
ou avec ma m�re.
Elle est morte quand j'avais 8 ans.
Je suis d�sol�e.
Sid est la vedette de la ville !
Salut, Sally. Sam, assieds-toi.
A l'entendre, �a n'a l'air de rien.
Vous �tes au courant du kidnapping ?
- J'ai lu �a. - Silence !
Vous savez qu'un reporter du "Globe"
a d�couvert que c'�tait un meurtre ?
De qui s'agit-il, d'apr�s vous ?
Le h�ros ne veut pas en parler !
Donnez-moi �a !
Sidney, d'abord. Voil� pour toi, Sam.
Allez, tout le monde...
A Sid !
Assieds-toi !
C'�tait un coup de chance.
Tu parles !
S'il n'avait pas identifi� le corps,
les Kessler auraient pay� la ran�on !
Qu'en dites-vous ?
On t'a donn� une prime ?
Oui, mais pas pour �a.
Il y a mieux ?
Ecoutez, il n'a pas tout dit !
Allez, raconte !
Ce sera dans le journal.
Un autre coup de chance, pour les lunettes.
Quelles lunettes ?
La police croyait que c'�tait celles du gosse.
Je les ai essay�es sur le cadavre.
Il le fallait.
Ce ne sont pas les siennes. Je n'ai rien dit.
Ce sont celles du meurtrier ?
C'est possible.
Ce n'est pas tr�s logique. N'importe qui a pu les perdre.
Pas n'importe qui !
Le meurtrier !
Tu saignes.
Qu'est-ce que tu as ?
Je ne sais pas.
Qu'est-ce qu'ils mettent
dans leurs bouteilles ?
Je vais me rincer.
Je vais prendre l'air.
Il faut qu'il soigne sa main.
Il n'a pas port� d'autre toast.
Il a d� se faire mal.
Pour un type que fr�lent les balles, ce n'est rien.
D�j� ?
On a cours t�t demain.
Bonne nuit.
L'ambiance est retomb�e comme un soufflet !
Oui, l'addition ! 23 dollars.
Ne partez pas sans payer !
C'est Artie qui r�gale.
Lequel ? Le cingl� ?
Adieu ma prime !
Je vous rapporte la monnaie.
Je ne les trouve pas.
Je n'ai pas pu les laisser l�-bas !
Bien s�r que non.
Je les avais quand je r�visais.
Dans cette veste.
Tu la portais hier.
Il l'a jet�e par terre
quand il a eu l'id�e de cacher le corps.
Il les a laiss�es comme une carte de visite.
Je ne les ai pas fait tomber.
Tu as ramass� ma veste et elles ont gliss�.
Inexcusable !
Il est d'accord avec nous.
Tout est de notre faute !
Il a eu une id�e de g�nie :
jeter le corps dans le foss�.
"On ne le retrouvera jamais", disait-il.
Arr�te !
On ne te cause pas !
Le premier passant l'a tir� du foss� !
Pourquoi choisir cet endroit ?
Parce qu'il avait peur et que c'�tait facile ?
Tu as raison. Tu sais ce que je pense ?
Il n'a jamais voulu aller jusqu'au bout.
Tu sais que c'est faux !
Le test de l'esprit sup�rieur...
L'esprit sup�rieur !
Qu'est-ce que tu en penses ?
Toi et moi, on met au point le crime parfait
et cet esprit sup�rieur
essaie de voir comment...
J'ai entendu des voix et...
- Que fais-tu ? - Je cherche quelque chose.
A 2 h du matin ?
Qu'est-ce que tu cherches ?
Pardon de t'avoir d�rang�.
Judd cherche mon tire-bouchon.
Il allait me raccompagner.
Mais tu habites � deux pas !
Le quartier grouille de kidnappeurs et de d�g�n�r�s.
Tu ne voudrais pas qu'il m'arrive malheur ?
N'est-ce pas ?
C'est pour te prot�ger ?
Mon nounours ?
Il me suit partout, il est indispensable !
Mignon, non ?
Les filles en sont folles.
Tu viens, Judd ?
Reviens dans 5 minutes.
Sinon ?
Comment j'ai pu �tre aussi b�te ?
Tu l'as dit.
J'irai r�clamer les lunettes demain.
Je dirai que j'ai lu les journaux.
Et que tu vas souvent au parc...
Avec mes �l�ves !
J'ignore quand je les ai perdues.
Tu ficherais tout en l'air !
Sergent,
j'�tudie souvent les oiseaux du parc
et il se peut que...
Etudier les oiseaux ?
Vous �tes un original ?
Je suis ornithologue, sergent.
J'emm�ne mes �l�ves en excursion.
Je vois...
Et vous avez perdu vos lunettes.
C'est possible.
Ce ne serait pas
mercredi apr�s-midi, vers 18 h ?
Je me souviens
qu'� 18 h, avec un ami,
nous avons rencontr� deux filles.
Mae et Edna.
Betty et Edna !
Non, on avait dit Mae et Edna !
On les a vues pr�s de l'aquarium.
Qu'est-ce que �a fait ?
Personne n'y croira.
Tous ces d�tails feront penser � un alibi.
On n'a pas le choix.
Si on m'interroge,
tu devras me soutenir.
D'accord.
Je le ferai.
Pendant une semaine.
Pas une minute de plus.
Apr�s, j'aurai mon alibi.
Ne t'inqui�te pas,
ce sont des lunettes ordinaires.
Et si on parvient � les identifier ?
Et alors ?
Ce ne sont pas mes lunettes.
Pourquoi surveillez-vous les environs de l'�cole ?
On repart � z�ro.
Quelqu'un a pu remarquer quelque chose.
- Artie ! - Que se passe-t-il ?
Le petit �tait � l'�cole mercredi.
On a d� l'enlever � la sortie.
Personne n'a rien remarqu�.
Sauf une vieille dame
qui a vu une grosse voiture noire.
Quand ?
A la sortie des classes.
A quelle heure ?
Pour Paulie Kessler,
c'est vers 16 h 10.
Les plus grands sortent � 17 h.
Vous �tes bien au courant !
J'ai pass� 6 ans ici.
C'est exact. Artie Strauss est un camarade d'universit�.
J'aimerais vous parler.
Bien s�r.
Venez par ici.
Restez o� vous �tes. D'accord ?
Quand avez-vous quitt� cette �cole ?
Il y a 4 ans.
Je suis entr� � l'Universit� du Michigan � 14 ans.
Cela n'a pas d� beaucoup changer en 4 ans.
Les enfants sont tr�s surveill�s ?
Il y a des gens bizarres par ici ?
Les professeurs ne l'admettraient pas.
Et la police est tr�s efficace.
Il y a des professeurs farfelus ?
La plupart le sont, lieutenant.
Qui, par exemple ?
M. Henderson.
Il nous traitait d'enfants g�t�s.
Il est toujours l� ?
Bien s�r. Il est..
Vous ne le croyez pas coupable ?
Non. Lequel est-ce ?
Celui qui est en sweat-shirt.
Il lance la balle.
Henderson ? Quelqu'un d'autre ?
Le vieux Wiggen,
celui qui a les cheveux gris.
Il n'est pas tout � fait normal.
Il donne des coups de serviette aux enfants.
Mais �a ne veut rien dire.
Wigham ?
Wiggen, avec un "N".
C'est l� que j'ai vu cette fauvette.
Je suis le premier en 60 ans.
Bien s�r, cela ne vaut pas le football.
Je trouve que si ! C'est passionnant.
J'adorerais aller au parc.
C'est vrai ?
Si tu veux venir jeudi apr�s-midi...
L'enqu�te est une affaire strictement officielle.
Demande au lieutenant Johnson.
Bonne id�e ! Je vais voir si je le trouve.
Je suis occup� !
Je vais y aller.
Tu ne le rattraperas jamais !
Ce n'est pas �a !
J'ai du travail.
Tu as le temps.
Reste.
Reste, si tu veux !
Je dois partir.
N'oublie pas, pour jeudi.
J'ai �t� retenu au journal.
Tu aurais pu �tre poli avec lui.
Artie l'envoie balader et toi, tu l'ignores.
Pardon. Pourquoi Judd a parl� de jeudi ?
Il m'emm�ne � Hegewish Park.
Pour un ornithologue,
c'est l'endroit id�al.
Tu t'amuseras bien
� observer Judd et les autres dr�les d'oiseaux.
Arr�te !
Judd n'est pas si bizarre que �a.
Il est comme les autres.
Tu as raison, mais...
Mais quoi ?
Tu sais, les oiseaux, un Q.I. �lev�,
un dipl�me � 19 ans...
Il est loin d'�tre champion de boxe !
Parce qu'il ne parle pas de sexe,
on le consid�re comme un anormal.
C'est peut-�tre un Casanova,
mais je ne m'inqui�terai pas
pour toi quand tu iras au parc.
Arr�tons l�. Que les gens restent sur le trottoir.
Bonjour, Artie.
Tout le monde s'en m�le.
On dirait.
Que se passe-t-il ?
Quelqu'un aurait jet�
un paquet dans l'�gout mercredi.
Alors, on creuse.
C'est idiot, non ?
Si je tenais celui qui a appel� pour dire �a !
Vous connaissez
quelqu'un qui a l'accent allemand ici ?
Pardon ?
L'accent allemand !
Les Wainwright ont un chauffeur allemand,
un vrai Prussien !
Rupert !
Je vais parler � ce Rupert.
- Johnson ! - Quoi ?
Du nouveau ?
On trouve rien de nouveau dans un �gout !
Cette affaire s'enlise.
O� je peux t�l�phoner par ici ?
Venez chez moi, M. Daly.
Je parlais
de ma th�orie au lieutenant.
Vous menez cette affaire !
Je lui donnais des id�es.
Le coupable peut �tre une femme.
Je me souviens de la gouvernante de Paulie,
elle �tait bizarre.
Un instant.
Des vieilles qui jouent aux cartes.
Elles doivent ignorer votre pr�sence.
Le t�l�phone est par l�.
Vous voulez � boire ?
Viens, Sid.
Regarde !
C'est d'avant la Prohibition.
Que voulez-vous boire ?
Peu importe, si c'est si c'est si vieux.
Passez-moi Ryan.
Un scotch ? Il a 12 ans d'�ge.
Parfait.
Que penses-tu de cette gouvernante ?
Elle va en baver comme les profs.
Ne crois pas que j'ai dit �a
pour leur faire des ennuis.
Tu penses que l'�cole va les reprendre ?
Je n'avais pas pens� � �a.
J'ai eu tort, hein ?
Pas s'ils sont coupables.
Quand m�me...
Du nouveau, M. Daly ?
Pas grand-chose.
La police recherche tous ceux
qui avaient de la boue sur leurs souliers mercredi.
On a identifi� la machine � �crire
utilis�e pour r�clamer la ran�on.
La Corona ?
Non, une Underwood.
Avec une touche tordue.
Tu m'as fait une de ces peurs !
Pardon, maman.
Je ne voulais pas te d�ranger.
Ce sont des journalistes.
Voici M. Daly.
Et M. Sid Brooks.
Ils connaissent ma th�orie sur Margaret.
Margaret ?
Tu as tellement de th�ories.
Il n'arr�te pas de parler de cette affaire.
C'est affreux pour les pauvres Kessler !
Donne-moi du sherry.
Mme Bainbridge est tellement nerveuse !
Nous le sommes tous.
Avec la police qui creuse dans la rue
et tous ces badauds, quel raffut !
Ils vont bient�t fouiller la maison.
Ils suivent toutes les pistes.
Bien s�r, c'est normal.
Vivement que ce d�mon soit captur� !
On a tous des enfants...
Pourquoi les Kessler ont-ils �t� vis�s ?
Je l'ignore. Paulie �tait adorable.
Quand on cherche un enfant � enlever,
Paulie est la proie id�ale.
C'est affreux de dire �a !
Tu disais qu'il m�ritait une fess�e.
Je l'ai dit de tous les enfants.
Y compris toi.
Inutile de le r�p�ter.
Que vont penser ces messieurs ?
Je pense que nous vous d�rangeons.
Pr�t, Sid ?
C'�tait un plaisir.
Un instant !
Restez pour d�ner.
Non, merci.
Je dois voir la gouvernante.
Je vous accompagne.
C'est inutile, Artie.
Merci quand m�me.
On d�ne dans 1 h, ton p�re aime que tu sois l�.
A demain.
Ne bois plus avant le d�ner.
Ne boude pas.
Appelle Judd, il voulait te parler.
Apr�s manger.
Mes amies veulent te rencontrer
pour que tu leur parles de cette affaire.
Tu es un bon gar�on !
1 - 0 - 9 - 9.
D'o� sort cette machine � �crire ?
Je l'ai depuis un moment.
Pourquoi ?
Pas mal du tout, Judd.
J'essayais de t'appeler, idiot !
Moi ?
Je n'ai pas d'Underwood avec une touche tordue.
Tu dois t'en d�barrasser !
Elle a �t� identifi�e.
Et s'ils fouillent le quartier ?
Je m'en d�barrasserai.
Il le faut.
Je trouverai un endroit.
Et tu oublieras d'autres lunettes.
Je connais tes cachettes, je pr�f�re m'en charger.
Demain apr�s-midi...
on pourrait aller...
- au parc � bestiaux. - Pas demain !
Tu me l�ches pour une fille ?
Je ne t'ai pas vu depuis 3 jours.
Je regardais la police tourner en rond.
Qui est cette fille ?
Ruth ?
Vous allez voir les oiseaux ?
A Hegewish ?
Elle dit que �a l'int�resse.
Bonne id�e.
Vous serez seuls, sans t�moin.
Tu seras tranquille.
Les filles n'en parlent pas. Elle pourra crier !
Ce n'est pas ce que tu as pr�vu ?
Mais non.
Tu n'es pas amoureux, dis ?
Bien s�r que non !
Je n'y avais pas pens�.
C'est l'occasion ou jamais.
Ecoute,
on devait exp�rimenter chaque possibilit� humaine.
Sans �motion...
Mais ensemble !
J'ai agi seul, fais-en autant.
Ne dis pas que tu n'oses pas.
C'est parfait !
En plus, Ruth ne se doute de rien.
Qu'y a-t-il ?
Tu veux que je te l'ordonne ?
Sur la branche du haut.
Je ne vois pas.
Si, �a a boug� !
C'est beau !
Je suis contente d'�tre l�.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu as l'air triste.
C'est un terme sentimental.
La tristesse n'existe pas.
Il n'y a que la r�alit�.
Tu ne le penses pas.
L�, par exemple,
on a trouv� le cadavre.
C'est triste ?
Affreusement triste.
Et que tu sois l� ?
Seule avec moi...
Toi, moi, et le fant�me de Paulie...
- Ce n'est pas dr�le. - Pourquoi ?
Une vie de plus ou de moins...
La guerre a fait 9 millions de morts.
Qu'importe un petit gar�on ?
Tu n'es pas si cruel.
Le meurtre n'est rien.
C'est une exp�rience.
Le meurtre et le viol...
Il y a de la beaut� dans le mal.
Ah bon ?
Tu veux me faire peur ?
Si tu faisais un geste...
Tu ne fuis pas ?
C'est ce que tu veux ?
Tu dois m'agresser ?
Je ne dois rien faire du tout.
Si je t'agresse, c'est un choix.
Tu as peur de moi ?
J'ai peur pour toi, Judd.
Mon Dieu !
Comme j'ai honte !
- Qu'est-ce ? - Un tra�tre.
Tu n'as jamais vu �a ?
Que fait-il ?
Regarde.
Ils vont � l'abattoir,
mais lui bifurque avant.
Et il sait ce qu'il fait.
Et la machine � �crire ?
Elle est l� o� on enterre les entrailles.
Personne n'y va.
Comment �a s'est pass� ?
Bien.
Tu es bien suffisant.
Pourquoi tu ne transpires pas,
comme pour Paulie,
et pour tes lunettes ?
J'avais perdu la raison.
J'ai compris qu'elles n'avaient rien de particulier.
Il y en a plein...
4 200,
pour �tre exact.
J'ai demand� au lieutenant.
Quoi ?
Pourquoi pas ?
Autant le savoir, j'ai donc demand� � Johnson.
Imb�cile !
Tu transpires � nouveau.
On sait pourquoi.
On ne peut retrouver 4 200 paires.
L'affaire sera bient�t oubli�e.
Viens voir le massacre.
J'ai fouill� ma chambre.
Je les avais pourtant hier soir.
Vous avez vu mes lunettes ?
Sur mon bureau, peut-�tre ?
Non, elles n'y �taient pas.
Je ne les ai pas perdues.
Peut-�tre ailleurs dans la maison ?
Je ne les porte que pour �tudier.
Le patron a �t� clair.
On a des ordres.
De M. Horn ? Je l'admire. Je suis �tudiant en droit.
Il veut voir ceux qui ont perdu leurs lunettes.
Je vois...
Vous voulez que je vous suive ?
A l'h�tel Pennington. M. Horn a pris une suite.
Pour prot�ger ses interlocuteurs.
Vous connaissez les journalistes...
Bien entendu.
C'est tr�s aimable.
On y va ?
Ne dites rien dont vous n'�tes pas s�r.
Pouvez-vous les avoir fait tomber ?
C'est possible.
S'il s'agissait des miennes.
Je les range dans la poche de ma veste,
celle-ci,
quand je vais � Hegewish.
Vous y �tiez la veille du crime ?
En effet.
Vous avez d� le v�rifier.
Mes dix �l�ves sont tr�s respectables.
Vous prenez cela trop au s�rieux.
Vous �tes un ornithologue �minent.
Vos lunettes ont tr�s bien pu tomber.
Je n'ai rien.
Elles ne sont pas tomb�es.
Je suis d�sol�,
vous semblez jouer pour le jury !
J'oubliais que vous �tudiez le droit !
C'�tait tir� par les cheveux.
Pourriez-vous nous montrer
comment ces lunettes sont tomb�es ?
Allez-y.
Le terrain est tr�s diff�rent l�-bas.
J'ai pu
tr�bucher sur une racine.
Comme �a...
Elles ne sont pas tomb�es.
Puis-je voir votre veste ?
Certainement.
Vous avez pu l'enlever,
� cause de la chaleur
ou pour faire quelque chose,
puis la reprendre.
Je ne l'aurais pas ramass�e comme �a.
Pourquoi ?
Je suis tr�s soigneux pour mes v�tements.
Sauf si vous �tiez press�.
Sauf s'il faisait nuit.
Mais ce sont pas vraiment mes lunettes, non ?
Il doit y en avoir plein de semblables � Chicago.
Environ 4 000, Judd.
Mais ce sont vos lunettes.
M�me si elles ressemblent � d'autres !
Cette charni�re est fabriqu�e � Rochester.
Un seul magasin en vend ici.
Ils en ont vendu 3 paires.
Une � un cadre en voyage.
Une � une vieille dame
de River Forest.
Et la 3e � vous !
Int�ressant, non ?
Pourriez-vous nous parler de mercredi ?
Vous avez pr�cis�ment d�crit vos activit�s.
10 fois !
Nous sommes minutieux.
Nous aimerions une confirmation.
Vous �tiez en voiture
au bord du lac
avec Mae et Edna... C'est dur � v�rifier.
Sauf si vous les retrouvez.
Mae et Edna comment ?
Elles ne vous l'ont pas dit.
Vous comprenez ?
C'est g�nant d'impliquer un ami
et votre famille n'appr�cierait pas,
mais mettez-vous � ma place.
J'ai besoin de v�rifier.
Ecoutez, Judd,
vous avez ma parole.
Vos familles n'en sauront rien si vous dites qui est cet ami.
Tout sera r�gl� avant le d�ner.
D'accord.
Il ne m'adressera plus la parole,
mais c'est Artie Strauss.
Il est � l'universit�.
Vous le connaissez ?
Il m'a aid� sur cette affaire.
Tr�s int�ressant.
Amenez-le ici, cela pourrait nous aider.
Par ici.
Ouvrez vite !
Faites une d�claration !
Quand je serai pr�t. Pas de journalistes ici !
C'est mieux.
Que puis-je pour vous, M. Strauss ?
Appelez-moi Artie.
Une cigarette ne serait pas de refus.
Je suis parti si vite...
Prenez-en une.
Voici M. Horn, le procureur.
Je suis ravi, je voulais vous voir.
J'ignore pourquoi je suis l�.
Peut-on faire vite ?
Je pense que oui, M. Strauss.
Artie, je vous en prie.
J'ai ouvert la porte � vos hommes
pour ne pas inqui�ter maman.
Et je suis venu.
Ce sera rapide.
Parfait.
On d�ne � 20 h 30, papa tient � ma pr�sence.
Nous avons des invit�s.
Nous recevons le juge Conway ou Conroy.
Ce doit �tre Conway.
Ce sera encore plus rapide.
Asseyez-vous, Artie.
Je pr�f�re rester debout.
Je suis du genre nerveux.
Mais je vous en prie...
J'irai droit aux faits. Nous souhaiterions
une description de vos faits et gestes
du mercredi 17.
Mercredi dernier...
Cela fait plus d'une semaine.
Nous sommes jeudi.
C'est dur de s'en souvenir.
Judd a dit pareil.
Ah bon ?
Mais il avait quelques souvenirs.
Il a dit que j'�tais avec lui ?
L� n'est pas la question.
Que vous rappelez-vous ?
Que je suis b�te !
On s'est vus ce jour-l�.
Quand �a ?
On a deux cours communs le mercredi.
Que s'est-il pass� apr�s l'�cole ?
Mercredi...
C'est le jour o� mon vieux,
enfin mon p�re...
C'est le jour du kidnapping.
C'est cela ?
Je vais faire un effort.
Mercredi !
Avez-vous vu Judd un soir de la semaine derni�re ?
Le lundi, on est all�s � une f�te.
Le vendredi, on a pris un verre.
Non, jeudi.
Mais mercredi...
je ne pense pas.
Si !
Je m'en souviens.
Je suis all� au cin�ma,
seul.
C'est tout ce dont vous vous souvenez ?
Vous avez vu un film seul ?
Pas de filles ?
J'aimerais vous aider davantage.
Le commissaire a appel�.
Le juge Conway lui a parl�,
au sujet des familles.
Et alors ?
Rien, c'est tout.
Maintenant, je sais.
Johnson !
Quoi d'autre ?
Mae et Edna ?
Les deux filles... On continue � chercher.
Il a parl� d'elles ?
On a interrog� deux secr�taires.
C'est faux, M. Horn.
Il avait promis de ne pas en parler.
Pourquoi ?
Parce que...
c'�tait mercredi soir.
On a ramass� deux prostitu�es.
Il sait ce que ma famille en penserait.
Qu'a-t-il dit d'autre ?
Vous avez menti ?
Il s'agit de meurtre !
Pensez aux cons�quences !
Je pense surtout � mon p�re.
Il me tuera s'il apprend la v�rit�.
Il n'a pas � l'apprendre.
Racontez-nous.
Le mouchard n'en a pas assez dit ?
C'est � vous de nous parler.
D'accord.
Ecoutez,
ce n'�tait pas grand-chose.
On se baladait dans la voiture de Judd,
on a vu ces filles, soi-disant Mae et Edna.
Deux boudins.
J'�tais avec Edna et Judd avec...
Les suivre ? En patins � roulettes ?
Ils ont pris l'ascenseur.
Il para�t que Horn les emm�ne d�ner.
Sid va faire tous les restaurants du coin.
Je pense qu'il n'y a pas grand-chose de nouveau.
Je vous tiens au courant.
Cela vous convient ?
Robert va commander, ce sera d�licieux.
Combien de langues parlez-vous ?
14 dont l'anglais, l'allemand, l'italien, le fran�ais,
le sanskrit, le russe, le latin,
le grec classique et moderne, l'ombrien...
J'esp�re m'am�liorer cet �t� en Europe.
Je pars la semaine prochaine.
L'Europe, les meilleurs restaurants...
La vie est dure pour vous !
Votre voiture a deux places ?
Je pensais que vous le saviez.
Comme �a, la fille doit s'asseoir sur vos genoux !
Pas mal !
J'�tais inquiet, surtout pour Artie.
Je suis d�sol�.
Je pensais que Judd tiendrait parole.
Je vais me laver les mains.
Moi aussi.
Accompagnons-les.
M. Horn,
vous semblez encore h�siter.
Ne soyez pas b�te.
Je les crois innocents.
Je ne sais pas.
Leurs versions concordent, mais...
Ce sont des mauviettes
qui craignent leur p�re.
Et ils sont trop intelligents.
S'ils avaient toujours dit pareil, cela aurait �t� louche.
Combien de temps pouvez-vous les garder ?
J'aimerais �tre aussi s�r que vous.
Mais ces lunettes m'empoisonnent !
Vous vous affolez pour rien.
Il n'y a aucune accusation.
C'est important !
J'enqu�te sur l'enl�vement.
Si ces gar�ons m'aident, je peux les garder.
Ils ont raison.
On ne peut pas les garder.
Les familles vont intervenir...
D'accord, je les rel�che !
J'ignore pourquoi je les ai gard�s...
Peu importe !
Qui est-ce ?
Le chauffeur des Steiner.
Albert.
M. Steiner m'envoie.
J'apporte quelques affaires pour M. Judd.
Au cas o� vous le garderiez.
M. Judd n'en aura pas besoin.
Vous le reconduirez.
Je savais qu'ils �taient innocents.
Ils n'auraient pu aller au parc qu'� pied.
La voiture �tait au garage.
La Stutz Bearcat ?
Mercredi ?
Le mercredi apr�s-midi, je suis en cong�.
J'ai r�par� les freins.
C'�tait bien mercredi ?
J'en suis s�r.
Bien entendu.
Merci, Albert. J'aurais aim� savoir cela plus t�t.
Ils se baladaient en voiture avec des filles.
On a failli les croire !
Ils ont menti. Je veux la v�rit� !
Par lequel on commence ?
C'est la voiture de Judd.
Mais Artie est malin, c'est l'ami de Johnson.
Je vais an�antir son insolence.
Tenez compagnie � Judd.
Comment vous sentez-vous ?
J'ai sommeil.
Il est encore t�t.
C'est fini, Steiner.
Votre ami a tout avou�.
Allons, M. Horn,
on n'est pas dans un roman policier !
Pour qui me prenez-vous ?
Encore faut-il avoir des aveux � faire !
C'�tait idiot de ma part.
Vous oubliez qu'en dehors du fait qu'il est mon ami,
Artie est trop intelligent pour...
Se laisser pi�ger par des idiots ?
Je suppose que oui.
Artie �tait l'ami d'un jeune homme.
Il l'a aid� � taper une demande de ran�on
sur une machine � �crire vol�e
et a lou� une voiture dans une agence le 16 mai.
Cela r�veille votre m�moire ?
Vous me croyez b�te ?
Qu'a-t-il dit sur la voiture ?
"Je conduisais. Judd �tait � l'arri�re avec Paulie.
"Paulie a commenc� � se d�battre.
"Judd lui a dit de rester tranquille
"et l'a violemment frapp�."
Quel �tre ch�tif !
Quel enfant !
Quel �tre inf�rieur !
O� est-il ?
S'il a dit �a,
il a menti.
C'est moi qui conduisais.
Et M. Strauss a tu� Paulie.
Il ment ! Il ment !
Il n'y a qu'un seul homme.
Le meilleur avocat du pays. Il est � Chicago.
Un ath�e ? Pas question.
Il se moque de la religion.
C'est le meilleur avocat.
Un charlatan qui corrompt le jury !
Mais un gagnant.
Il est contre la peine de mort.
J'ignore s'il acceptera l'affaire.
S'il s'agit d'argent...
Cela entre en compte.
Depuis 30 ans, �a ne compte pas pour lui.
Laisse-moi l'appeler et le convaincre.
Judd est mon fils.
C'est � moi de lui parler.
Les renseignements.
Le num�ro de Jonathan Wilk.
W - I - L - K
"J'ai aid� Judd � tout nettoyer.
"Puis nous avons roul� un moment.
"Nous sommes revenus sur Ellis Avenue.
"J'ai jet� le ciseau
"sur le bord de la route.
"Ensuite, Judd m'a raccompagn�.
"C'est ce dont je me souviens.
"Sign� : Arthur A. Strauss"
Rien � ajouter ?
Sauf que j'ai tu� Paulie.
M. Strauss s'est parfaitement bien exprim�.
S'il ne m'avait pas m�l� � son alibi,
il n'y aurait pas eu d'aveux !
Pour ce qui est de tuer Paulie, j'�tais � l'arri�re...
� l'avant...
Allons !
Ce n'est pas fini.
Je vous ai bien trait�s ?
Ni violence ni intimidation ?
C'est tout.
Vous avez 5 minutes.
Jonathan !
Harold...
Il fallait que vous arriviez t�t ou tard.
Je serais venu avant
si je n'�tais pas pass� � la prison.
En principe, j'y trouve mes clients.
Je suis l� pour �viter la publicit�.
F�licitations !
Ils n'avaient pas d'avocat.
Maintenant, ils en ont un. Je les emm�ne en prison.
J'allais le faire.
Qu'ils sortent par derri�re.
Vous les avez eus pendant 12 h,
laissez-moi 12 secondes.
Artie ?
Judd ?
Vos parents m'ont choisi
pour vous d�fendre.
Je vous admire beaucoup.
Vous pouvez le prouver
en ne disant absolument rien
� personne
jusqu'� nouvel ordre.
Voil�, Harold.
C'est un peu tard pour les faire taire.
On fait ce qu'on peut.
Je suppose que c'est une victoire mineure
s'ils ne sont pas d�j� pendus.
Cela ne saurait tarder !
Heureusement, ce n'est pas � vous d'en d�cider.
Avant d'arr�ter votre plaidoirie,
sachez que les m�decins les ont examin�s.
Ils ont d�clar�s ces deux gar�ons normaux.
Leurs conclusions seraient plus int�ressantes
si les m�decins s'examinaient.
C'est vrai, Sid ?
Oui.
Je n'arrive pas � y croire.
Tu peux le croire pourtant.
Leurs aveux les m�neront droit � la potence.
Mon Dieu !
Ecoute,
ce sont des assassins.
Pense � la famille Kessler.
Je sais ce qu'ils doivent �prouver.
Mais j'ai quand m�me piti� de Judd
et d'Artie.
Quoi ? Ils ont perp�tr� un meurtre de sang-froid
comme une exp�rience de chimie.
Judd n'est pas comme �a.
Je le sais.
Comment ?
Crois-moi.
Je refuse de te croire sur parole.
Explique-moi.
Il s'est pass� quelque chose ?
Il a tent� de m'agresser.
Sale petit d�g�n�r� !
Je t'en prie...
Ce n'est pas ce que tu penses.
Il n'a pas pu aller jusqu'au bout.
Comme un enfant
malade et terroris�.
Je ne te comprends pas.
Il essaie de te violer
et tu le d�fends.
Je sais que c'est dur � comprendre,
mais tu ne l'as pas vu comme je l'ai vu.
Sinon, tu aurais de la compassion
ou de la sympathie pour lui.
Tu regrettes qu'il ne soit pas all� jusqu'au bout ?
J'esp�re qu'on le pendra.
Qu'il se balance jusqu'� ce que la corde pourrisse !
Un instant...
Merci, �a ira.
Correction :
Il va plaider non coupable.
Le proc�s a lieu dans un mois.
Wilk voulait plus de temps.
Il arrive, je vous rappelle.
Ils vont subir un examen psychiatrique ?
Avec les meilleurs.
Pourquoi ?
Pour �claircir les faits.
On les conna�t.
Les psychiatres les ont d�clar�s normaux.
En effet.
Ils ont �t� d�clar�s parfaitement normaux.
A l'issue d'un examen rigoureux et complet, c'est �a ?
10 minutes dans une chambre d'h�tel.
Nous avons affaire � des esprits brillants.
Il n'y a pas de temps � perdre.
Veuillez m'excuser.
La d�fense reposera sur la folie ?
Il serait idiot de divulguer notre tactique � l'accusation.
La d�fense reposera sur les r�sultats de l'examen.
Nous collaborerons volontiers avec l'�quipe de M. Horn.
Non ?
C'est regrettable, Harold.
La criminologie y aurait beaucoup gagn�.
Si vous voyez les choses ainsi...
Au revoir.
Pourquoi refuser de collaborer ?
Ces deux esprits malfaisants
ne m�ritent pas de vivre.
Selon vous, ils ne distinguent pas le bien du mal ?
C'est la d�finition l�gale de la folie,
aucun psychiatre ne la changera.
Il arrive !
Bonjour, monsieur.
On met des gardes � cause du Ku Klux Klan.
Je n'aimerais mieux pas.
Et s'ils reviennent ?
Je ne crains pas les gens
qui cachent leurs r�actions sous un drap.
Des commentaires sur cette croix de feu ?
Il fait trop chaud pour faire du feu.
L'impartialit� du jury vous pr�occupe ?
Oui, depuis plus de 40 ans.
L'opinion publique ne rend-elle pas
ce cas d�sesp�r� ?
Selon les journaux, oui.
Mais je laisse la d�cision finale au juge,
pas aux �diteurs.
Vous acceptez souvent des affaires sans �tre pay�.
Est-il vrai que celle-ci vous rapportera un million ?
Il est de notori�t� publique
que l'Ordre des avocats d�cidera des honoraires.
S'ils �taient moindres, auriez-vous accept� ?
J'ai essay� d'y r�fl�chir,
mais j'ai pens� que refuser aux riches les droits
accord�s aux pauvres reviendrait � avoir la mentalit�
de ceux qui ont allum� ce feu.
Bonne journ�e !
L'intelligence de Judd d�passe notre �chelle de mesure.
Mais leur maturit� �motionnelle est celle d'un enfant de 7 ans.
Vous manquez de conclusions.
Nous en avons discut�.
Judd est parano�aque et Artie schizophr�ne.
Mais pas assez pour �tre d�clar�s fous ?
Nous trouvons ce terme impr�cis.
Pas le tribunal.
Nous pr�f�rons tirer nos propres conclusions
en termes l�gaux.
Et je dois ajouter
que nous sommes en d�saccord.
Voil� qui va beaucoup nous aider !
Le rapport est fini.
Ce doit �tre int�ressant !
C'est le moment le plus palpitant de ma vie !
La criminologie en sera boulevers�e ?
Je ne dirais pas cela.
Dites-lui la v�rit�.
Tout cela se r�sume � une corde.
Ce rapport peut �tre utile.
20 contre 1 qu'on sera pendus !
J'ai une autre proposition � faire.
Le garde qui nous escorte chaque jour
a 5 enfants et risque d'�tre renvoy�.
Je lui ai parl�.
Pour 5 000 dollars, il pourrait tourner la t�te.
On sort, une voiture nous attend dehors.
Et vous filez au Canada ?
On ira au proc�s demain.
Une seule chose m'inqui�te
et la presse l'a mont�e en �pingle.
C'est le fait
qu'� part l'un pour l'autre,
vous n'avez aucun ami intime.
Parce que personne n'est assez intelligent
ni assez m�r !
Et alors ?
Le procureur peut vouloir d�velopper cet aspect
avec des t�moins hostiles.
J'aimerais avoir quelqu'un qui parlerait en votre faveur.
Ce n'est pas un probl�me.
J'ai un petit carnet noir
qui contient les adresses de 40 ou 50 filles
avec qui je suis sorti.
Demandez-leur ce qu'elles pensent de moi !
Je n'ai pas de petit carnet noir.
Pas de filles ?
Il y en a une avec qui je suis sorti...
J'ignore ce qu'elle dirait.
Son nom ?
Ruth Evans.
Mais ne l'appelez pas.
Pas sans votre permission.
C'est fini.
J'ai une question.
Est-ce que maman
sera l� ?
Et papa ?
Qu'est-ce que je dis ?
Le mardi, elle joue au bridge
et mon vieux est � son club.
Ils auraient tort de se d�placer !
Il n'y a pas d'autre justice.
Il n'y a pas d'autre verdict.
Il n'y a pas d'autre peine,
car jamais dans l'histoire de cette ville,
un crime si ignoble,
si froid,
si brutal,
si inexcusable,
si pr�m�dit�, n'a �t� commis !
Messieurs les jur�s,
mon cabinet,
repr�sentant les citoyens outrag�s de ce comt�,
tient � pr�senter
la preuve de cette affaire,
de mani�re
� ce que les coupables
de ce crime
soient condamn�s
et pendus
le plus vite possible !
Silence !
Si cela continue, je fais �vacuer la salle.
La d�fense peut s'adresser au jury.
Votre Honneur,
la d�fense renonce
� s'adresser au jury.
Si la Cour le permet,
je souhaite
plaider coupable.
Quoi ?
Nous plaidons coupable.
Avec circonstances att�nuantes.
On a eu du mal � constituer le jury !
Si "circonstances att�nuantes" signifie folie,
le jury reviendra.
Que le procureur approche.
La Cour accepte que vous plaidiez coupable.
Mais auparavant, puis-je vous parler ?
L'audience est suspendue.
A moins que vous ne soyez fou,
j'exige une explication !
M. Strauss a le droit de poser des questions.
J'ai pris un gros risque.
Si je persuade quelqu'un
de l'instabilit� des gar�ons,
ce sera le juge.
Vous �tes cens� manipuler les jur�s !
Aujourd'hui, dans ce tribunal,
en observant le jury,
j'ai vu que c'�tait d�sesp�r�.
M. Wilk ?
Je ne comprends rien � tout cela.
Mais cela aidera-t-il Artie ?
Je crois, Mme Strauss.
Je l'esp�re.
Voyez-vous,
dans cet Etat, quand on plaide coupable, il n'y a pas de jury.
Je ne m'adresserai qu'au juge,
j'esp�re qu'il sera plus tol�rant que le jury.
Si cela devient une affaire de folie,
un jury devra en d�cider.
Il l'a renvoy�.
Il faudra rappeler un jury.
Les psychiatres ne peuvent attester que de la folie ?
Et du d�s�quilibre �motionnel.
Soit ils sont fous, soit ils ne le sont pas !
Un �tre normal ne peut commettre un acte de folie.
Je comprendrais que vous changiez d'avocat.
Maintenant ?
Entre maintenant et demain 9 h ?
Nous nous en sommes remis � vous.
Je crois que c'est une erreur.
J'esp�re que vous avez tort.
Sinc�rement.
Objection, Votre Honneur !
Je l'ai dit 10 fois !
Si vous admettez la folie, ce proc�s est un simulacre.
Vous �tes le seul � en parler.
La d�fense ne demande qu'� pr�senter
le rapport sur la condition mentale de ces gar�ons.
Comme circonstance att�nuante !
C'est pareil !
Pour cela, il faut un jury.
M. Horn, qui est quasiment omniscient,
et sans avoir entendu le Dr Allwin,
est parvenu � une conclusion qui n'est pas fond�e.
La d�fense parodie la proc�dure. Objection !
Objection rejet�e !
Venez � la barre, Dr Allwin.
Levez la main droite.
Jusqu'o� va cette tendance
� la schizophr�nie chez Artie Strauss ?
On ne peut pas �tre exact.
On conna�t l'habitude de mentir.
Depuis l'enfance, ce gar�on a lui-m�me du mal
� distinguer le vrai du faux.
Il faut un jury !
- Pourquoi ? - Si Artie confond
le vrai et le faux,
il confond le bien et le mal.
Donc, il est fou, non ?
Je ne pense pas.
Vous �tes sous serment.
Est-il fou ou non ?
Je ne peux pas r�pondre.
La folie est un terme l�gal, et pas m�dical.
Le t�moin est � vous, M. Horn.
Balivernes !
C'est du verbiage psychiatrique.
Appelez �a comme vous voulez.
Mais personne n'aimait Judd Steiner.
Il y avait une raison � cela.
La parano�a implique l'impression d'avoir raison
et d'�tre pers�cut� � cause de cela.
Vraiment ?
Ecoutez-moi.
Voici 10 jours que j'affronte des m�decins
et j'ai la m�me impression !
Je sais que j'ai raison
et j'ai le sentiment que la d�fense me pers�cute !
Je devrais �tre intern� ?
Votre Honneur,
si l'enjeu est la sant� mentale de M. Horn, je suis d'accord :
seul un jury peut en d�cider !
Au moment du rendez-vous,
vous �tiez sentimentalement li�e � un autre ?
Mais vous aviez des sentiments pour Judd ?
Je le trouvais seul et tr�s malheureux.
Judd a-t-il montr� que vous lui plaisiez
en tant que femme ?
Il m'a embrass�e.
C'est tout ?
Rien de plus ?
Si, mais il s'est interrompu.
Parlez plus fort.
Il s'est interrompu.
Aviez-vous d�cid� de ne plus le revoir ?
Pas du tout.
Vous l'auriez revu ?
Peu apr�s, Judd �tait arr�t�.
Vos sentiments pour lui ont chang� ?
Bien s�r.
J'ai compris que
le malheur que j'avais pressenti chez lui
l'a pouss� � commettre un acte de folie !
Sachant cela,
le reverriez-vous ?
J'ai eu piti� de lui,
et j'ai toujours piti� de lui.
Ce sera tout.
"C'est le crime le plus diabolique
"et le plus inexcusable qu'on ait jamais vu."
C'est ce qu'a d�clar� M. Horn.
Cela fait bien longtemps que j'exerce ce m�tier,
45 ou 46 ans.
Mais je n'ai jamais vu
le procureur ne pas prononcer cette phrase.
Certes, il n'y a aucune excuse
au meurtre de Paulie Kessler.
Et aucune raison.
Il ne s'agit ni de m�pris ni de haine,
ni d'argent...
L'argent est l'infortune de cette affaire.
Si ces jeunes sont condamn�s, ce sera parce que
leurs parents sont riches.
Je me bats pour les pauvres comme pour les riches.
Si j'�tais venu
avec deux accus�s
ordinaires et obscurs ayant agi comme eux...
Ce crime n'est pas ordinaire.
Sans cette bizarrerie, cette notori�t�
et cette publicit�,
si j'avais accept� la prison � perp�tuit�,
le procureur aurait-il protest� ?
Aucun mineur plaidant coupable n'a jamais �t� condamn� � mort.
Aucun � Chicago !
Mais dans le cas de ces gar�ons immatures
� l'esprit perturb�,
on veut absolument leur peau.
La prison � vie ne suffit pas ?
Faut-il r�galer le public d'une pendaison ?
Depuis 3 semaines, on est assoiff�s de leur sang.
Je ne vois qu'une haine horrible.
Sommes-nous fous ?
Si on les pend,
cela signifiera qu'un tribunal
a d� se plier � l'opinion publique.
Dans un cruel discours dont il a le secret,
le procureur
a affirm� que nous plaidons coupable
parce que nous avons peur.
C'est vrai.
J'ai peur de soumettre cette affaire � un jury
o� la responsabilit�
est divis�e par 12.
Non, Votre Honneur,
s'ils doivent �tre pendus,
� vous de le faire.
Ce doit �tre un acte
r�fl�chi et pr�m�dit�.
Le procureur a ri quand j'ai parl�
de l'imagination des enfants. Mais que sait-on de l'enfance ?
Lequel d'entre nous est enti�rement innocent ?
Combien d'hommes, d'avocats, de parlementaires,
de juges et de procureurs
n'ont jamais commis de d�lit dans leur jeunesse ?
Si cela n'a pas eu de suite, c'est par chance.
Mais il s'agit de l'acte de folie
de deux enfants qu'il faudrait interner.
Y a-t-il une personne qui estime la vie humaine
et qui a un peu de c�ur
qui ne comprend pas cela ?
On parle de meurtre de sang-froid
parce qu'il �tait pr�m�dit�.
Mais il y a ici des gens
qui ont pr�m�dit� depuis des mois
de tuer ces gar�ons.
Vous parlez de pr�m�ditation !
Votre Honneur, je suis hant�
par cette haine et cette col�re.
J'ai lutt� contre
jusqu'� en perdre la raison.
Qu'est-ce que cette histoire de ch�timent ?
Depuis toujours, les lois ont �t� modifi�es
et les hommes sont horrifi�s par les crimes pass�s.
Il est prouv� que les peines sont moins barbares
et les crimes moins fr�quents.
Vous savez que la cruaut� n'engendre que la cruaut�.
Chaque chef religieux montr� en exemple
nous a appris qu'on ne tue pas le mal
en tuant des hommes.
S'il y a un moyen d'an�antir la haine,
ce n'est pas par la cruaut�.
C'est par la charit� et l'amour,
par la compr�hension.
Nous vivons dans une communaut� chr�tienne,
soi-disant.
Peut-on douter qu'ils auraient eu la vie sauve
entre les mains du fondateur de notre religion ?
Je suis d�sol� pour Paulie Kessler
et je le dis sinc�rement.
Artie et Judd l'ont enlev�,
frapp� � la t�te et tu�. Ils ont fait cela.
Ils lui ont vers�
de l'acide dessus et l'ont jet� dans un foss�.
Si la mort de ces gar�ons lui rendait la vie,
je serais d'accord.
Et leurs parents aussi.
Personne ne souhaite leur remise en libert�.
Je demande la prison � perp�tuit�.
En demander plus serait agir comme une hy�ne.
C'est l'affaire des animaux sauvages.
Pas des hommes.
La Cour devrait les traiter comme ils ont trait� Paulie.
Si nous ne sommes pas meilleurs,
plus humains, plus intelligents
que l'acte commis par ces gar�ons,
je regrette de vivre encore.
Je sais que chaque m�re
pourrait �tre celle de Paulie
qui est parti � l'�cole
et n'est jamais revenu.
Mais je sais aussi
que chaque m�re pourrait �tre celle d'Artie Strauss
ou de Judd Steiner.
D'une certaine fa�on, les parents
sont plus responsables que leurs enfants.
En fait, on peut critiquer tous les parents.
Ils auraient peut-�tre mieux agi s'ils avaient �t� moins riches.
Je ne sais pas.
Le procureur a d�crit
le corps jet� dans le foss�.
Mais je pense � ces deux gar�ons
de 18 et 19 ans,
enferm�s dans une cellule,
comptant les heures
et les minutes
jusqu'� l'aube de leur ex�cution.
Les pieds li�s, une cagoule sur la t�te,
voici le bourreau qui actionne la trappe.
Je les vois tomber.
Je les vois,
la corde les retient
par le cou...
Bien s�r, ce serait fait au nom de la justice.
La justice !
Qui sait ce que c'est ?
Est-ce que je le sais ?
Votre Honneur le sait-il ?
Peut-il me dire ce que je m�rite ?
Peut-il dire ce qu'il m�rite ?
Pensez-vous pouvoir gu�rir le monde de la haine
en les pendant ?
Selon M. Horn, s'ils sont pendus,
il n'y aura plus de meurtre.
Mais depuis toujours, il y a des massacres dans le monde.
On continue � tuer, encore et encore.
Pourquoi ne pas r�fl�chir au lieu de r�clamer la mort ?
Tuez-les !
Parce que tout le monde parle de cette affaire
et que les parents sont riches.
Tuez-les !
Cela emp�chera-t-il d'autres jeunes de tuer ?
Le monde a mis du temps pour en arriver l�.
Si vous faites pendre ces gar�ons,
vous revenez en arri�re.
Je plaide pour le futur.
Pas seulement pour ces gar�ons, mais pour tous les jeunes.
Je ne plaide pas pour ces deux vies,
mais pour la vie.
Pour une �poque o� l'amour vaincra la haine,
o� l'on saura qu'il faut �pargner chaque vie
et que la mis�ricorde est le meilleur attribut humain.
Je plaide pour le futur.
Dans ce tribunal,
je plaide pour l'amour.
L'audience est suspendue jusqu'� demain matin.
Ruth ?
J'ignore si tu me croiras.
Tu n'as aucune raison de le faire.
Mais apr�s cette plaidoirie,
je suis content que tu aies t�moign�.
C'�tait tr�s courageux.
Je voulais que tu le saches.
Pour le meurtre,
la peine sera la prison � perp�tuit�.
Pour l'enl�vement,
la peine sera de 99 ans de r�clusion,
avec confusion des peines.
La s�ance est lev�e.
On transpir� 3 mois pour entendre �a !
J'aurais pr�f�r� qu'on nous pende.
C'est votre seule r�action ?
Aucun remords !
Je ne m'attendais pas � ce que vous remerciez Dieu...
Venant de vous, c'est �trange.
Une vie d'interrogation ne signifie pas
forc�ment que j'ai tir� des conclusions.
Moi si !
Et Dieu n'y est pour rien !
Vous en �tes s�r ?
Un jour, vous vous demanderez peut-�tre
si ce n'est pas Dieu qui a fait tomber ces lunettes.
Si ce n'est pas Dieu,
qui est-ce ?
Adaptation Odile MANFORTI
Sous-titrage NICE FELLOW
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