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Aboiements
...
200.
Voilà pour toi. - Merci, mon frère.
Ecartez-vous.
Allez, bougez.
Bougez, j'ai dit.
Je t'en débarrasse ?
Dégage d'ici.
Alors, Dib...
Ton clébard est foutu ?
Tu penses quoi de mon monstre ? Il se débrouille bien.
C'est pas un chien, ça. T'as vu ses veines ? Il est dopé.
Vous êtes une vraie bande d'enfoirés.
C'était un pari à la loyale avant que vous ne vous pointiez.
Surveille ton langage.
Il gémit.
Vas-y, t'attends quoi ?
Dieu maudisse tes parents ! Enfoiré !
Il gémit.
Muet de merde !
Va te faire foutre, enculé !
Aboiements
Vous n'êtes pas des hommes.
...
Je suis là.
Je te laisserai pas.
Ca va aller.
Il frappe fort.
...
- C'est qui ? - Descends, vite.
- Qui t'amène ? - Pas le temps de t'expliquer.
Injecte-lui un truc pour qu'il se réveille.
Alors, il respire ?
On dirait qu'il respire plus.
Le pauvre a rendu l'âme.
Musique mélancolique
...
...
...
Allez.
Plus vite que ça.
Allez, on se dépêche.
Plus vite, mon frère.
Allez.
J'ai pas que ça à faire.
Salut, ça roule ?
- Salut, ça va ? - Tranquille ?
Bien ou quoi ?
Je prends le gagnant. - Ca marche.
Attention.
*Musique arabe rythmée
A toi de jouer.
Comment tu vas, Issam ? Comme d'habitude ?
La même chose. Un verre d'eau, s'il te plaît.
Tout de suite.
T'as pas le niveau pour jouer avec nous.
Tu diras plus ça quand j'aurai gagné.
Avant ça, tu vas devoir me battre.
- T'as perdu d'avance. - Salut.
- Regardez, voilà Mr Bean ! - Salut, Farid, ça va ?
- On fait aller. - C'est quoi, ce costard ?
Je suis allé déposer des CV.
J'étais dans un call center qui propose 4 000 dirhams par mois.
Ils ont dit que mon français passait pas.
- C'est ta gueule qui passait pas ! - Je me suis fait 5 000 dirhams
aujourd'hui en à peine 3 heures.
- Va traîner avec lui. - Tu bosses dans quoi ?
La gnole ?
Tu veux que je finisse en taule ?
Laisse tomber, tu te fatigues pour rien.
Pourquoi t'étais dans ce bar ? Je t'ai dit de plus y traîner.
J'y vais juste pour passer le temps, papa.
T'as fait du fric aujourd'hui ?
60 dirhams.
Reste dans le coin, j'ai un petit boulot.
Si Dieu le veut, ça nous sortira la tête de l'eau.
C'est bien payé.
D'accord.
J'en suis.
D'abord, on va ramener un peu de viande à ta grand-mère,
et après, on se mettra en route.
Bonjour.
Ca va, maman ? - Ca va.
Des abats du marché.
J'aurais préféré une bonne viande, mais ça ira.
Désolé.
C'est rien, je fais des merveilles avec les abats.
Je te fais confiance.
Tu vas bien ?
- Ca va, et toi ? - Oui, Dieu soit loué.
Ca fait longtemps que je t'ai pas vu.
Que deviens-tu ? - Rien de spécial.
Tu dois chercher un vrai travail.
J'essaie, mamie, mais c'est compliqué.
- Tu as déjeuné ? - Non.
Je te prépare quelque chose.
Allez, Issam, viens.
Dépêche-toi.
On a une bricole à faire. Prie pour nous.
Que Dieu vous protège.
Amen.
C'est pas vrai...
Patience, il va pas tarder. Regarde, il arrive.
C'est lui, je crois.
C'est sûrement lui, dans la voiture rouge.
Le rouge, ça porte la poisse.
Ah...
Elle marche bien ?
Plus au moins, elle fait le boulot.
Essaie-la si tu veux. Va faire un tour.
Il tape dans le pneu.
J'ai changé les plaques, tout est en ordre.
Elle va aller.
- C'est lui, ton fils ? - Ouais.
- T'en as pour longtemps ? - On finit et je te le ramène.
J'en prendrai soin.
- J'attends de tes nouvelles. - OK.
- Et soit un homme. - C'est bon !
Que Dieu te guide.
- On dirait que t'as peur. - Je sais pas
quoi penser de ce plan, c'est tout. - T'en fais pas, mon fils.
C'est la maison au fond. - Là ?
Oui.
T'es sûr qu'il y a personne ?
Voilà, c'est bien là.
Pas trop près ou on va nous griller.
Ecoute, on doit pouvoir se barrer rapidos.
C'est bien, gare-toi ici.
Descends.
(Sors, sors, sors.)
Vite.
Bouge pas !
A genou.
L'homme gémit.
Tais-toi.
Ta gueule, compris ?
Tais-toi ou je te plante.
...
Dépêche. - Il bouge trop.
Arrête de bouger ou je te bute, et ta gueule !
Arrête de trembler, concentre-toi.
C'est bon.
Va ouvrir la porte.
Allez, lève-toi.
Avance, connard.
Ouvre le coffre.
Aide-moi à le faire entrer. - Attention à sa tête.
L'homme gémit.
...
Aide-moi.
Plus vite que ça, bordel.
Il est trop lourd.
Dépêche-toi.
Qu'est-ce qu'il y a de si compliqué ?
Démarre.
Grouille-toi, putain.
Je savais que c'était une caisse de merde.
Moteur qui pétarade.
L'homme gémit dans le coffre.
Fais gaffe.
Ferme-la et vérifie que personne nous suit.
On va pas assez vite, dépêche !
Comment tu veux qu'on avance avec ce gros tas ?
C'est un éléphant.
La voiture galère.
Ca va.
Tu t'es bien débrouillé.
Pourquoi tu m'as emmené pour un mec pareil ?
Le con qui m'a envoyé m'a pas prévenu.
J'étais pas au courant.
Tu vas la fermer, toi !
On a réussi. Qu'est-ce que tu me veux,
bon sang ?
- Pourquoi tu l'as frappé ? - On aurait jamais
réussi à l'emmener. T'as vu sa taille ?
On va où, là ?
Le déposer chez le gars qui nous a envoyés.
Oh...
Moteur qui pétarade. - Fais gaffe.
...
Hassan soupire.
Quoi ?
Ah...
Salut, ça va ?
- Alors ? - Tout va bien.
C'était un gros morceau.
Ca a pas été très facile, mais on s'est débrouillés.
Sors-le, je vais le mettre dans une cage jusqu'à demain matin.
Tire-le par les bras.
Soulève-le. Tire-le.
- Vas-y, toi. - Laisse-moi faire.
- Prends l'autre côté. - Tire.
- Le laisse pas tomber. - Détache-lui les mains.
C'est bon ?
Voilà. Fais-le glisser doucement.
Tu crois qu'il dort ?
Ils gémissent d'effort.
...
Attention.
Enlève la cagoule.
Son visage est froid.
Laisse-moi voir.
- C'est pas normal. - Bouge-toi.
Debout. - Mets-lui de l'eau sur la tronche.
Il ouvre un bidon.
Eau qui coule.
Réveille-toi, mon gars. On dirait qu'il respire pas.
C'est pas possible, merde.
C'est pas possible.
Tu veux nous foutre dans la merde, Hassan ?
Non, mais t'as tué le gars, bordel !
Tu vas tous nous faire coffrer
avec tes conneries !
C'est quoi, ce travail de débutant ?
Je comprends pas ce qui s'est passé, patron.
Tu lui as foutu un sac sur la tête, tu l'as étouffé !
On fait quoi de lui ?
Hein ?
Je vais le découper en petits morceaux et tout balancer.
T'es con !
S'ils le retrouvent, ils remonteront jusqu'à nous.
Pourquoi t'as amené ton fils ?
J'avais personne d'autre pour m'aider, patron.
Putain... J'ai la tête qui tourne.
Respiration saccadée
Tu vas l'amener à M'jid.
Tu m'entends ? - On va pas se taper la route
jusqu'à chez M'jid !
M'jid est fiable.
Enterre-le chez lui et débarrasse-moi de cette merde !
Tu m'as compris, Hassan ?
Euh...
Tu donneras ça à M'jid.
Enlève-moi cette merde !
Hassan ?
Termine ça avant l'aube, sinon, on est foutus.
T'as vraiment merdé, mon vieux.
Tu devrais avoir honte de toi.
Il tire le frein à main.
Il soupire.
- Fais vite, s'il te plaît. - Voilà.
Tiens, garde le reste.
On va où, là ?
On va se débarrasser de lui.
On peut pas rester avec ça.
Tu l'as entendu... - Tu veux en faire quoi ?
On l'emmène chez M'jid, comme il a demandé.
T'as disjoncté, papa.
Sortir de la ville avec ça dans le coffre ? Avec les barrages ?
C'est trop risqué. On va se faire avoir.
C'est quoi, la solution ? On fait quoi ?
On arrivera jamais là-bas sans se faire prendre, on doit se rendre.
Il soupire.
Arrête de dire des conneries.
T'es devenu fou ?
Si on se rend, on finira en taule. Et ta grand-mère ?
On sera pas là pour l'enterrer.
T'inquiète, papa,
je vais me rendre à la police tout seul.
Je dirai que c'était moi, que personne m'a aidé.
- Ils vont avaler ça ? - Oui.
Ils te frapperont et tu cracheras le morceau.
Tu vas faire comme je te dis.
Tu vas rentrer à la maison, et on n'était pas ensemble.
Si on t'interroge, on s'est pas vus de la soirée.
Je me suis gouré, t'es un gamin.
Un homme se serait pas comporté ainsi.
La portière s'ouvre.
La portière claque.
Musique mélancolique
...
Stop !
- Il est vénère, le gars. - Arrête-toi.
Arrête-toi !
Oh !
Arrête.
- Salut, M'jid. - Bonsoir.
Comment tu vas ?
On se connaît ?
- Tu me reconnais pas ? - Non.
Hassan, je bosse avec Dib. Tu me remets ?
Ah... Hassan ?
- Ouais. - Ca va bien, toi ?
- Oui. - Comment je peux t'aider ?
On a besoin d'un service. Y a que toi qui peut nous aider.
Quel genre ?
Mmh... Viens m'expliquer. On va à l'intérieur.
Je regrette, je marche plus dans ces combines.
T'as eu un problème pour celui que Dib a enterré chez toi ?
Tout s'est bien passé, non ? Là, ça sera pareil.
J'y ai planté un figuier et il me donne de beaux fruits.
L'eau a coulé sous les ponts, et depuis, j'ai changé.
Je fais plus ce genre de chose.
Ecoute.
Si tu nous donnes un coup de main...
on te paiera vraiment très bien.
T'as ma parole d'honneur.
L'argent m'intéresse plus.
Je veux la paix.
Je touche de l'argent grâce à l'antenne-relais.
Ca me suffit amplement.
J'ai fait de la route pour venir jusqu'ici...
On a vraiment besoin de toi et tu fais quoi ?
Tu nous laisses dans la merde.
Désolé, je peux pas.
T'arrêteras quand tes conneries ?
Maintenant, en plus, t'entraînes ton fils avec toi.
Je suis venu pour que tu m'aides, pas pour que tu m'enfonces.
Personne peut t'aider ?
Trouve un endroit et enterre-le, mais sans moi.
Les paysans du coin ont vendu leurs terres pour aller en ville.
Trouvez un endroit dans les champs et enterrez votre cadavre.
Tenez, prenez quelques figues pour passer la nuit.
Voilà une pelle.
Le chemin là-bas mène à des terres isolées.
Mets les figues derrière, sans ouvrir le coffre.
Hassan démarre.
Regarde si tu vois un fossé ou un dénivelé.
On creuse, on l'enterre...
et on oublie toute cette merde.
Comment on va creuser ? T'as vu la terre ?
Avec une pelle, on fera rien, il nous faut une pioche.
Qu'est-ce qu'il fout là, lui ?
Y manquait plus que ça...
Klaxon
T'es pas bien de klaxonner ? Tu veux qu'on se fasse capter ?
Je sais pas si c'est un âne ou un djinn.
Les esprits peuvent prendre l'apparence d'un animal.
Hassan souffle.
...
Allez.
Allez.
Tire-toi.
Un puits !
Descends.
Dépêche.
Tu te remues ? Tu m'aides ? - A faire quoi ?
A me débarrasser du corps.
Si tu le jettes dans le puits, ça va puer et attirer l'attention.
Elle craint, ton idée. Je veux pas me faire prendre.
Le puits est profond, y a pas de risque, il va couler.
- Ecoute-moi. - Va ouvrir le puits
et ferme-la, emmerdeur !
Super...
Ton puits est rempli de pierres.
Il ne nous reste qu'à creuser.
La terre est trop dure.
Il soupire.
Je prends la pelle.
Allez, on y va.
On peut essayer ici.
Creuse, toi.
- Tu vas faire quoi ? - Rien.
Hassan creuse.
Issam, arrête.
Arrête.
Y a un gosse en dessous du rocher.
Tu le vois ?
- Où ? - En dessous du rocher.
Regarde.
- Je vois rien. - T'es aveugle ou quoi ? Là !
La fatigue te joue des tours. Un gosse, ici, en pleine nuit...
T'as eu une hallucination. - Il était là, je te dis.
Grognements - Merde, un chien.
Hassan souffle.
Aboiements
...
Hé !
C'est les paysans. On retourne dans la voiture.
Vas-y !
Cris indistincts au loin
...
- On se casse. - Ils nous suivent ?
Tu les vois ? - Je les vois plus, mais accélère.
Aboiements au loin
Accélère.
Accélère, putain !
Fais demi-tour, ils sont là !
Evite-le, accélère !
Dégage !
- Arrêtez-vous ! - Il fait quoi ?
T'es dingue ou quoi ? Bouge !
Papa, accélère !
- Attrapez-les ! - Roule, putain !
Faut les semer !
J'en reviens pas.
Ils se sont jetés sur nous comme des bêtes enragées.
Ils sortent d'où, ces types ?
Ils nous ont attaqués.
Attention, y a un ravin !
Coup de frein
Arrête la voiture.
- La route est là-bas. - On passe, faut les distancer.
Plus vite ! Démarre !
Faut se casser d'ici au plus vite. C'est des tarés.
S'ils nous rattrapent, on est foutus.
Regarde
s'ils nous suivent encore.
Non, je vois personne.
Prends ce chemin, à gauche. Il mène à la route principale.
Y a personne, là.
Non, je vois que dalle.
Me dis pas qu'elle va caler.
Sérieux ?
Quelle caisse de merde !
Le moteur patine.
Tu trouves pas
que ça sent le brûlé ?
Il s'ouvre comment, ce capot ? Je sais pas accéder au moteur.
Je crois que j'ai trouvé.
Il faut soulever un truc.
Oh non... Fait chier !
Je savais qu'on aurait que des emmerdes.
Elle porte la poisse.
Qu'est-ce qu'on va faire ? - La pousser.
C'est une station-service.
- Va voir s'il y a quelqu'un. - D'accord.
Musique inquiétante
...
- Bonsoir, monsieur. - Qu'est-ce que tu veux ?
Vous auriez un bidon d'eau ?
- Un bidon d'eau ? - On est en panne.
Le moteur a surchauffé.
Sors de chez moi. Qui t'a dit d'entrer ?
- On veut juste de l'eau. - Que fais-tu là ?
On est tombé en panne.
Filez-moi de la flotte et on s'en va.
De l'eau.
Tiens.
Merci. On s'en va dans une minute.
J'ai ce qu'il faut.
Elle fonctionne pas, cette station-service.
- On va mettre de l'eau. - T'as trouvé ça où ?
J'ai demandé au gars.
Fais diversion.
Grouille ! - OK.
- Bonsoir, mon frère. - Ca va ?
- Oui, je te rassure. - Que foutez-vous ici ?
Rien. On faisait un peu de route et on est tombé en panne.
Vous savez comment c'est.
Je vais essayer de redémarrer.
Vas-y.
Alors ?
Le moteur patine.
...
...
...
- Il me fait flipper, ce mec. - Il a l'air possédé.
...
Il faut être cinglé pour vivre seul dans une station abandonnée.
...
Essaie encore.
...
...
Il est passé où ?
Il était assis sur la chaise.
Il s'est volatilisé.
Vas-y, réessaie. Il a dû rentrer.
...
*Appel à la prière en arabe
...
Qu'est-ce qu'il fout là-haut ?
...
Démarre, démarre, démarre, démarre, démarre.
Le moteur démarre.
Voilà, c'est bon. - Allez, bouge. On se tire.
...
Ca craint ici.
...
Je sais ce qu'on va faire.
On va aller chez Larbi. Il va nous sortir d'affaire.
Chez Larbi, dans la médina ? C'est trop risqué.
Arrête de critiquer.
C'est quoi, ta solution ? Tu me casses la tête.
Tu m'as dit que ce serait une bricole,
Si j'avais su que c'était foireux, je serais pas venu.
Ce qui est fait est fait. Ca sert à rien de pleurnicher.
Il faut régler les problèmes.
Merde. Un barrage. Fais demi-tour.
Calme-toi. Stresse pas.
Putain !
- Bonsoir, monsieur. - Bonsoir, monsieur l'agent.
Vos papiers, s'il vous plaît.
Vous êtes du coin ?
Non, monsieur l'agent.
Vous venez d'où ?
J'étais chez un cousin à la campagne.
L'un de ses fils est malade. On leur a rendu visite.
- Et vous allez où ? - Pardon ?
Vous allez où ?
On retourne en ville.
En ville ?
...
C'est quoi,
à l'arrière ? - Hein ?
- C'est quoi, à l'arrière ? - Rien.
- J'ai l'air d'un idiot ? - Pas du tout.
Donnez-moi vos figues. La nuit, ça creuse.
Les figues ?
Bien sûr.
Tenez, monsieur l'agent.
- Vos papiers. - Merci. Passez une bonne nuit.
Bonne route.
Le moteur patine.
...
Il démarre.
Nom de Dieu...
C'est pas une bonne idée d'aller chez Larbi.
Change de disque.
Il faut régler ça. Un point c'est tout.
Salut, mon frère. Ca va ?
- Salut. Entrez. - Merci.
Brouhaha
...
Salut, les amis. Vous avez vu Larbi ?
- Larbi qui ? - Le pêcheur.
Larbi le marin ? Il est là-bas.
- A l'intérieur ? - Au fond.
OK. Merci.
...
Larbi ?
Salut, Larbi. Tu me reconnais pas ?
- Je te connais pas. - C'est Hassan.
- C'est qui, Hassan ? - T'es sérieux ?
- Ouais. - Viens.
- J'irai nulle part avec toi. - J'ai un boulot pour toi.
- De quoi tu parles ? - J'ai un truc à te proposer.
T'as assez bu. Pose ça. - Je veux finir ça.
- Pas le temps. - Laisse-moi finir et je viens.
Viens. Je t'achèterai une autre bouteille.
- Laisse-moi finir celle-là. - T'en boiras une autre.
Tu pars sans payer ?
Larbi, où tu vas ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Il faut payer.
- Combien ? - 300 dirhams.
Quoi ? Combien je te dois ?
- Voilà tes 300 dirhams. - Et le pourboire ?
C'est ça, j'ai oublié.
Demain, je te rembourse.
Je prends ma barque, je pêche et je te rembourse.
Ca marche. J'ai compris. Tu me rembourses.
Je pêche les poissons et je te rembourse les 300 dirhams.
Fatiha. T'as pas un truc ?
- Il a quoi ? - Il a simplement trop bu.
Il me faut un truc pour le réveiller,
pour lui donner un coup de fouet.
Je me sens très bien.
Il tombe en arrière. Tiens sa tête.
- Tiens là, toi. - Arrête de faire chier.
Tiens. Fais-lui avaler ça. Ca lui remettra les idées en place.
Je veux pas ça !
C'est un mélange d'herbes. C'est presque comme de l'alcool.
Bois, vas-y. Bois, bois, bois.
Voilà.
Je me souviens de toi. Je te connais.
Propos indistincts
On a partagé plein de choses. Bois.
Il faut que tu boives. - Sincèrement, t'es un bon gars.
Moi aussi, je t'aime bien. Mais tu dois boire.
Une gorgée. Vas-y, bois.
Voilà. J'ai la tête qui tourne à cause de toi.
Désolé. Je voulais pas t'embêter.
Fatiha, tu as de la bissara ?
Ca fait 20 ans que je navigue en mer.
J'y ai passé quasi tous les jours.
Elle est super chaude.
J'arrive.
Ca va lui faire du bien.
Le Maroc m'a tout appris.
Tiens. Bois doucement. C'est chaud.
C'est lui qui m'a tout appris.
Bois. Vas-y.
C'est bien.
Ca va te remettre d'aplomb.
- Je me sens en pleine forme. - Ca fait du bien.
Je le savais. Tiens, allume-toi une cigarette.
Donne-moi une bonne cigarette.
Combien on en a pêché, des sardes, des dorades, des rascasses ?
- Allez, viens. - Il s'arrête jamais ?
J'ai vendu des tonnes et des tonnes de poisson.
Des tonnes. Je vous mens pas. Des tonnes.
Et tout partait. Il restait plus rien.
Tu comptes faire quoi ? Il est à la masse.
- Ferme-la. - Ils se l'arrachaient.
J'ai une marchandise sur les bras.
Aide-moi à m'en débarrasser.
Y a que toi qui peux me sortir d'affaire.
T'as bien fait
de venir me voir. Tu me files combien ?
Je fais ce que tu veux.
T'en fais pas. Je t'ai déjà fait bosser sans te payer ?
T'en fais pas. - Je gagne ma vie comme ça.
Je fais ça pour nourrir mes enfants,
qu'ils fassent des études, des doctorats.
Comme ça, ils prendront soin de moi, un jour.
Je pourrais me reposer auprès de ma vieille femme.
- Je comprends. - Et profiter de la vie.
Nos enfants prendront soin de nous.
Ils seront aux petits soins. - Repose-toi un peu.
Il faut que tu sois en forme pour faire le boulot.
- Dis-moi quand on arrive. - D'accord.
On fait comme ça.
...
Elle est où, la barque ?
- Juste là. - La mienne, c'est celle-là.
Tu vois celle avec la bande rouge ? - Oui.
C'est la mienne. Charge la marchandise.
- Y a pas de marchandise. - Que fait-on là ?
Ecoute-moi. Tu vas me sortir du pétrin.
- Tu veux quoi ? - Je te montre.
Hassan ! C'est une âme, ça. C'est un enfant de Dieu.
Tu veux que j'aille en enfer ?
Il va nous faire repérer.
- Tu me veux du mal. - Parle moins fort.
Pourquoi tu veux me mêler à ça ?
Ecoute-moi bien. T'y es pour rien.
Non.
Mais il doit disparaître.
Alors on va le jeter à la mer.
A cette heure-ci, personne ne nous verra.
Ca restera entre toi, mon fils, moi et Dieu.
Je suis pas un criminel.
Fais-le pour mon fils.
Regarde-le. Il est encore si jeune.
Tu veux que sa vie soit gâchée à cause de ça ?
Il risque perpète si on se fait prendre.
- Mais... - Tu veux du fric ?
Je vais t'en donner plein.
Mais aide-moi à me débarrasser de lui.
Il lui est arrivé quoi ?
Je l'ai pas tué. OK ? Je le jure.
- Comment il est mort ? - Il s'est étouffé.
- Tout seul ? - C'est la vérité.
On l'a pas tué. On est pas des meurtriers.
Vous l'avez lavé ?
Parle moins fort.
- Vous l'avez lavé ? - Bon Dieu...
Je suis musulman.
Tu vas me payer, hein ? - Je t'ai déjà menti ?
- T'as le fric ? - Je te le promets.
- J'accepte de t'aider. - Y a zéro embrouille.
Je le jure devant Dieu. Je t'en supplie, aide-nous.
Doucement, doucement. Vous allez abîmer le corps.
Faites attention.
Sortez-le. Je vous attends à la barque.
Dépêchez-vous.
Il faut plus de poids pour qu'il coule.
Allez chercher quelque chose. Prends ça.
Regarde dans la barque s'il y a des trucs lourds.
Viens voir. Par ici.
J'ai trouvé.
Prends tout. Dépêche.
Allez. Allez !
...
Eh, Larbi.
Je monte avec toi ?
Non, pas la peine. Je sais ce que je fais.
Je navigue sur cette barque depuis toujours.
- Tu peux le jeter seul ? - 10 minutes.
Je le balance et je reviens.
- T'y arriveras pas. - Je suis pêcheur.
- Il pèse une tonne. - Non. Il va couler.
- Laisse-moi venir. - N'insiste pas. C'est moi, le chef.
Je sais ce que je fais. - C'était pour t'aider.
Ca va, Hassan. Laisse-moi faire.
...
Il fait quoi ? Il devrait être revenu.
Ca devait prendre 10 minutes.
Viens, Issam.
C'est pas sa barque, là ? J'entends pas le moteur.
T'as raison, c'est sa barque. Mais je vois personne.
Y a que le cadavre.
Larbi ? Larbi ?
- Les poids sont plus là. - Larbi !
Larbi !
Larbi !
Larbi !
Ca sert à rien de l'appeler. Viens m'aider.
Larbi !
Larbi ! Larbi ! - T'as perdu la tête ?
Tu crois qu'il va te répondre ? Il est tombé.
Pourquoi tu gueules "Larbi" ?
C'est pas lui ?
On voit que dalle. Aide-moi à tirer.
C'est ta faute si on est dans la merde !
Viens pousser de ce côté ! On n'a pas le temps.
Larbi !
Arrête de gueuler ! Il va jamais revenir.
Je veux pas le laisser. Il a dû tomber.
Il a coulé, ton pote. Il a dû tomber avec les poids.
Il s'est noyé. Tu croyais qu'il allait nager.
C'était un vieillard.
Et toi, tu lui laisses faire le sale boulot.
Comme avec moi, tu l'as entraîné dans ta merde.
Il se soûlait tranquille.
Le gars était défoncé, et tu l'envoies en pleine mer.
C'est ta faute. Et il y a les témoins du bar.
On va se faire choper à cause de toi.
Tu voulais pas qu'on se rende, et on a 2 morts sur la conscience.
Je t'ai suivi, et t'as fait de moi un meurtrier.
Tu t'es jamais dit :
"C'est pas une bonne idée d'impliquer mon fils."
Quel père fait ça ? Tu devrais avoir honte.
...
Lève-toi, papa. Viens.
Allez, viens.
On doit y aller. Lève-toi.
Laisse-moi tranquille.
- Arrête de pleurnicher. - Laisse-moi.
Viens avec moi. Faut qu'on remette le corps
dans la voiture.
Musique sombre
...
Où est-ce qu'on est ?
Pose pas de questions.
Attends-moi ici.
Tu vas pas à la police ?
Tu bouges pas de là. Je reviens.
Mon frère.
- C'est qui ? - C'est Issam.
Quel Issam ?
Issam de la médina. Je viens voir Lghoul.
Musique hip-hop
...
Il rappe.
...
Acclamations
*- Merci. Merci.
Je vous kiffe. Salut, les gars.
...
Issam, ça va ? Tout va bien ?
Lghoul, je peux te parler seul à seul ? C'est important.
Oui, pas de problème. On passe par là.
Suis-moi. Tu racontes quoi ?
Tu sais comment c'est.
Ton père, ça va ? Il est sorti de taule ?
- Il est sorti, oui. - C'est bon, ça.
Hassan.
Hassan !
Laisse-moi te raconter
ce que ton vieil ami a vécu au fond de la mer.
Les poissons, ils se planquent. Toutes les espèces.
Ils sont fous, les poissons. Tu piges ?
Tu vois Cousteau ? Je te jure, mon mentor.
Elle lui a écrit une lettre.
Il lui a répondu et il a dit :
"Les sardines, écoute-les, elles parlent."
Mais Cousteau, il est plus là. Il est mort.
Tu sais combien de poissons je ramène ?
30 tonnes, rien qu'au port de Casa.
Moi, je connais toutes les espèces de poissons.
Hassan, tu vas me payer, hein ?
Je t'ai aidé. Je l'ai fait pour toi.
Allez, donne-moi le fric.
C'est pour les études de mes enfants.
Je veux qu'ils fassent un doctorat.
Qu'est-ce qu'il veut, lui ? Tu veux quoi ?
Juste un dirham.
J'ai pas de fric. Allez, dégage.
S'il vous plaît. Personne veut m'aider.
Je t'ai déjà dit de dégager !
- J'ai faim, monsieur. - Putain...
Eh, petit.
Tiens.
C'est tout ce que j'ai. Prie pour moi.
Dieu vous bénisse, vous et votre famille.
Tu me promets que tu prieras pour moi ?
C'est promis, oui.
Que Dieu soit avec toi.
Il est gros, ton cadavre ?
Il est gros. Et lourd aussi.
Ca s'est passé quand ?
Y a pas très longtemps.
C'est arrivé comment ?
J'ai déjà tout expliqué à Lghoul.
On peut lui faire confiance ?
On voulait pas le tuer. C'est un accident.
- T'étais avec ton père ? - Oui. Pourquoi ?
Et t'as les moyens de payer ?
- Si j'ai les moyens ? - C'est pas gratuit.
- Je sais. - Alors ?
Dis-moi ce que tu veux, et si on peut te payer, on le fera.
OK.
Aide-le, allez. Y a pas d'embrouille.
Il a l'air d'être un bon petit gars.
Je le connais depuis qu'il est gosse.
Je te crois, mais le business, c'est le business.
T'as pas l'air méchant.
Mais je dois quand même consulter mes gars.
Fais-lui un prix d'ami. C'est la famille.
Donne-moi un moment. J'arrive.
- Ca marche. On t'attend là. - J'arrive.
Aboiements
S'il te demande pas d'argent, il voudra un service.
Fais-le.
...
T'es sûr de ton coup ?
Il va pas me balancer aux flics ? - T'inquiète.
T'es mon frère. Eux aussi, c'est mes frères.
Ils sont tous recherchés, ces gars-là.
...
Issam.
Ecoute-moi bien.
Je pense pas que tu puisses payer,
mais je vais te donner un contact qui pourra vous aider.
Il veut pas d'argent. Tu comprends ?
C'est un gars de confiance. T'en fais pas.
Tu veux quoi en retour ?
Tu vas un peu bosser pour moi. J'ai 2-3 affaires en cours.
Et j'ai besoin de gars sérieux. - Compte sur moi.
On est d'accord ?
Je suis avec toi si tu me débarrasses du corps.
- C'est comme si c'était fait. - Merci.
C'est normal.
Je vais te dire où trouver le gars. - Je t'écoute.
- T'as l'air tendu. Détends-toi. - J'ai pas l'habitude.
- Mais si tu parles... - Je suis foutu.
T'inquiète pas. T'es avec nous, maintenant.
Viens, papa. On s'arrache.
- Attends. - On y va.
Où ça ? On va où ?
J'ai une solution. Un gars peut nous aider.
- C'est qui ? - T'inquiète. C'est carré.
Attends.
On doit laver le corps.
C'est pour ça que tout foire. - Tu te fous de moi ?
On rentre à la maison le nettoyer et il s'en ira en paix.
- On a perdu assez de temps. - Si tu veux
qu'on se tire de ce merdier, c'est la seule solution.
Si tu fais ce que je te dis, je te demanderai plus rien.
Tu dis toujours ça.
Je te promets que c'est vrai. C'est vraiment la dernière.
- Plus de combines de merde ? - Non.
Alors on y va.
Ferme la porte. Vite.
Vas-y.
...
C'est Dieu qui l'a voulu, maman.
On n'a jamais voulu faire ça.
C'est ça, ton travail ?
Il faut le laver.
Doucement. Voilà. Tiens son bras.
Fais doucement.
Allah, pardonne à notre frère et accorde-lui Ta miséricorde.
Purifie son âme.
Dieu est grand.
C'est bien, là ? - Oui. C'est bien.
Verses-en aussi
sur sa tête.
- Les oreilles aussi ? - Aussi, oui.
- 2 fois, les oreilles ? - Non, 3 fois.
- Comme ça ? - Oui, comme ça.
Paix à son âme. Que son repos dans sa tombe
soit paisible.
Le pauvre. Faites doucement.
Il faut bien l'envelopper. C'est important.
Tourne-le et fais un noeud.
Fais un noeud aux chevilles.
C'est toi, l'homme. C'est toi qui dois passer l'encens.
Repose en paix.
Que Dieu te pardonne et accueille ton âme.
Que Dieu te pardonne. Que Dieu te bénisse.
Que Dieu nous pardonne.
On n'a jamais voulu prendre ta vie.
Ton heure est venue à cause de nous.
Que Dieu t'accorde la paix.
Allez, monte. On doit se grouiller. Oh !
Tu m'as pas expliqué où on va. Ca va pas comme ça, Issam.
Tu m'as embarqué dans tes histoires et j'ai rien demandé.
A ton tour de suivre.
Tu veux pas venir ? Eh ben, fous le camp. C'est bon.
Issam !
...
Je t'ai dit de descendre ?
Je t'ai dit de descendre ?
Non ? Maintenant, descends.
Entre.
Tu veux boire quelque chose ? Gin, tequila, vodka ?
Whisky ?
- Non, merci. Je bois pas. - T'as une tête à aimer la bière.
Tu veux une bière ?
Elle est à toi, cette baraque ?
Tu veux acheter ?
- Non. - T'es sûr ?
J'ai pas assez de fric.
C'est ici que ça se passe ?
Ici, c'est juste ma garçonnière.
Mais près de la maison, il y a un grand jardin.
Les gars dans ton genre,
c'est ici que je les reçois.
On m'a dit que tu voulais enterrer un corps.
Ouais.
Il rit.
...
Putain de merde ! T'es pas comme les autres.
Je te jure.
Y a tout ce qu'il faut dans l'abri de jardin.
A une seule condition.
Quand t'auras terminé, viens prendre une douche.
Tu pues vraiment le chien crevé.
C'est insupportable.
T'as trimé, cette nuit, on dirait.
La nuit a été longue.
Est-ce que je peux commencer ?
Fais comme chez toi.
Règle ton histoire.
Vibreur
Allô ?
Ah.
Il est là, oui.
Il est devant moi.
Mmh.
La porte est ouverte. Vous pouvez entrer.
Ouais, c'est bon.
Salut.
- C'est qui ? - Tes potes.
Quels potes ?
Ceux qui t'ont envoyé ici.
Vous voulez quoi ? Me touche pas !
Ta gueule ! Ou je vais te niquer ta mère !
Viens ici ! Fils de pute !
Montre-nous ce que t'as dans ton coffre
ou je vais niquer ta mère.
- Pourquoi ? - Ferme-la !
Ouvre ce putain de coffre ! - J'ouvre rien du tout !
Va te faire foutre ! - Quoi ?
J'ai encore rien fait avec lui.
On t'en enverra un autre.
On va voir ce que tu caches.
- Je cache rien. - Amène-toi !
- Ouvre le coffre. - Y a rien dans le coffre.
Montre-nous.
Ouvre le coffre ou je t'explose ta gueule !
Allez, grouille.
C'est quoi ?
Putain...
Mais non...
Il l'a buté.
Pourquoi t'as fait ça ? - C'est pas ce que tu crois.
Jellouta ?
Viens ici, fils de pute ! Tu vas voir !
On va te niquer ta mère !
- Assieds-toi. - Assis ou je te cogne.
- Assis ! - Fais pas le con !
Une porte claque.
Assis. Couché. Couché !
Pas bouger.
Pas bouger !
...
Je vous jure
qu'on voulait pas le tuer.
On devait jute l'emmener, pas le buter.
Tu te fous de moi ?
T'as descendu un mec pour un clebs ?
Quel clebs ? Je suis au courant de rien.
On devait jute l'emmener.
On n'est que des larbins. On sait rien.
On fait juste ce qu'on nous dit de faire.
Sonnerie
...
Allô.
T'es qui, toi ?
Hein ? Il a quoi, mon fils ?
C'est fermé.
Que veux-tu ? - Je dois entrer.
C'est un cimetière. Un peu de respect.
Laisse-moi entrer. Je dois parler à Dib.
Fallait me le dire.
T'as passé la nuit dehors et t'as pas été fichu de l'enterrer ?
Dis-moi ce que je dois faire.
Je dois laisser tomber mon fils ?
Je t'avais dit de pas le mêler à ça.
On a galéré pendant des heures,
puis Issam s'est tiré et ils lui sont tombé dessus.
Fais ce qu'il faut, Dib. Je t'ai jamais laissé tomber.
Je peux pas l'abandonner.
Je ferai tout ce que tu veux.
Mais je t'en prie, fais quelque chose.
Quelqu'un aiguise des lames.
...
J'en ai trouvé 3, en tout.
C'est bien.
On a cherché Dib partout, mais il est introuvable.
Les autres continuent de le chercher.
Je veux tous les descendre cette nuit.
Issam, c'est un frère. On peut pas le laisser.
On en peut plus de ces gars. Tu peux compter sur nous, Hassan.
Tu sais comment t'y prendre ? Ils sont nombreux.
Prends des gilets au terrain de foot,
histoire qu'on se reconnaisse.
On a tout ce qu'il faut.
Tu peux compter sur moi. J'ai une équipe de gars en béton.
Si tu le dis. Il nous faut des bagnoles pour tout le monde.
Y a un petit souci.
Le clébard de Jellouta est grave féroce.
S'il chope un de nos gars, c'est mort.
C'est un monstre. Il fait flipper tout le monde.
Tu proposes quoi ?
Il nous faut du sang de chienne en chaleur.
Je vois. Et où tu vas la trouver, ta chienne en chaleur ?
Y a pas d'autre choix. C'est l'unique solution.
Je m'occupe de la chienne.
Je sais où en trouver une.
Allez, on bouge. Montez. On part en guerre.
Tiens, voilà pour toi.
N'oubliez pas d'enfiler les gilets.
Monte.
- Qu'on vous confonde pas. - Monte dans le camion.
Plus vite que ça.
- Les gars, on s'active. - Vous les défoncez tous.
Musique sombre
...
Cris et aboiements
...
- Qu'est-ce qu'on fait de lui ? - Laissez-le mariner un peu.
Aboiements
...
Enlève-moi ce clébard de la voiture.
...
Et monte avec ton fils.
...
- On va pas arriver tard ? - On va faire ça bien.
On a l'habitude d'assurer nos missions.
Pauvre muet. Que Dieu sauve son âme.
Il avait de la famille ? - Jellouta était sa seule famille.
Il a grandi dans la rue.
Jellouta l'a recueilli
quand il était gamin et il l'a pris sous son aile.
C'est la prochaine à gauche.
Prends-le par les épaules.
Approche le chariot.
Allez, les gars. C'est par là.
...
C'est bon. Arrête-toi.
Dans le four.
Dépêchez-vous. J'ai pas que ça à faire.
Les gars,
le type est beaucoup trop gros.
Il entrera jamais dans le four.
Comment ça ?
Quoi ?
Tu m'as fait venir ici pour me dire ça ?
J'ai la solution. - C'est quoi ?
Attendez-moi.
...
Voilà, messieurs.
Il va pourrir avec cette chaleur. On va puer le cadavre.
Dépêchez-vous.
On va puer le cadavre ?
Je pue le cadavre depuis des heures.
Je l'ai lavé pour l'enterrer, la tête vers la Mecque.
C'est pas pour le découper en morceaux.
Tu peux fermer ta putain de gueule ?
J'essaie de te respecter devant ton fils !
Je te l'ai ramené. Ferme-la !
...
T'es devenu complètement fou ?
Tu fais quoi, là ?
Sois un homme.
Reste digne.
L'un de nous deux doit rester digne.
Jalil, c'est quoi, cette bande ?
Ils savent même pas pourquoi ils sont là. Dégagez.
Je veux pas de problèmes.
- On a combien de temps ? - Comment ça ?
- Pour finir le boulot. Combien ? - 1 h 30 maximum.
Où est le fou ? T'es où ?
A la médina ? Tu veux bosser ?
Ecoute, je te paie 2 000 balles.
Propos indistincts
...
...
Ecarte-toi de ce truc. C'est plein de maladies.
Salut, Dib. Ca va ?
- Salut. - Je dois faire quoi ?
Découper ce corps et le mettre dans le four.
Pas de problème.
Mais faut allonger un peu plus. - T'es con ou quoi ?
- C'est pas mes conditions. - Je te paie 2 000.
- C'est pas assez. - T'es sérieux ? T'es venu.
T'as vu sa taille ?
2 000, ça le fait pas. - Allez bosse.
- Combien tu paies ? - Me soûle pas.
- Pour 7 000, je te le fais. - Bosse, je te dis !
- Tu m'as pris pour un menuisier ? - Allez, découpe-le.
C'est pas un poulet. Pour 7 000, je te le fais.
T'as raison.
Je te donne 3 000. - 3 000 ? Tu vois quand tu veux.
Allez, commence.
Tu les as sur toi ? Réponds-moi.
- Ouais. - Tu bluffes pas ?
- Non. - Tu jures sur le Coran ?
- Ouais. - Alors je commence.
Vas-y.
- Allez, grouille-toi. - Toi, fais pas chier.
Coups de hachoir
...
...
...
On découpe.
Prépare-moi le pognon. J'ai presque fini.
J'ai bien bossé, pas vrai ?
Je suis condamné sur Terre
et condamné au ciel.
*Appel à la prière en arabe
...
...
Musique sombre
...
...
Musique sombre
...
Sous-titrage TITRAFILM
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