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Zulu
...
-C'est pas vrai...
-Alors ?
-Ca marche pas mieux.
-Non. Il fait 14 degrés.
-Vu les températures extérieures, t'en as pas besoin.
-C'est une climatisation réversible, qui réchauffe aussi.
-Oui... De toute façon, c'est pas recommandé.
-Epargne-moi ton laïus sur le réchauffement climatique
et les dépenses énergétiques. -Le problème,
c'est les virus : légionellose, maladie de Raynaud,
Covid-19... -Covid-19 ?
-Oui. -Ah...
-Tu peux venir me tenir l'escabeau ?
-T'as le vertige ? -Des problèmes d'oreille interne.
-Ah ! Oui...
Ca va ?
-Oui, ça va. -Bon...
Tu peux rien faire ? -Je suis policier,
pas réparateur de clims.
Notification. Excuse-moi. C'est quoi ?
Ah, non...
On a retrouvé un corps.
Je dois y aller. Pour ta clim, demande à Christian.
C'est ton mari, non ?
...
*"Gigi l'amoroso", Dalida.
*...
Il soupire.
-Merci, les gars.
-Capitaine. -Bonjour. Merci.
Il tousse.
-Ca va, capitaine ? -Qu'est-ce qu'on a ?
-Un corps trouvé par les pompiers, après un incendie dans le bâtiment.
Sans eux, il n'y aurait rien.
-Greg ?
Qui a appelé les secours ? -Un promeneur.
Il a rien vu.
Ca m'étonnerait qu'on ait des témoins ici.
-Coucou. -C'est quoi, ça ?
-J'ai pas fait le ménage.
-Ca donne quoi ?
-Une femme, la petite trentaine. Pas de signes de violences.
A part le coup porté derrière le crâne.
Certainement la cause de la mort.
-Elle a été déposée là
avec délicatesse. -Pas de traces de lutte,
sur le corps ou sur les vêtements.
Mais ce look ! -Pas de bijoux ?
-Pas de bijoux, pas de téléphone, pas de papiers.
Mais une boule à zéro.
-Une militaire ? -Ils sont pas obligés
de se raser le crâne.
Je sais.
Elle a subi
une chimiothérapie.
C'est horrible. -Stop.
C'est pas le cancer qui l'a tuée.
L'arrière du crâne a été enfoncé. Elle s'est pas défendue.
Soit elle a été surprise soit elle connaissait l'agresseur.
-Y a pas de sang ? -Non. Elle a pas été tuée ici.
-Regardez, là. -Où ?
-Il y a un cheveu. -Où ?
-Ici !
-Je l'ai vu.
-On a l'ADN du meurtrier.
-Je déteste être rabat-joie, et j'adore l'enthousiasme,
mais il faut jamais s'emballer, et toujours être mesuré.
Un cheveu synthétique.
Il a dû rester collé avec le sang séché.
Cheveu synthétique...
-Pas d'ADN.
-Et ça veut dire :
perruque.
-On en revient à notre malade.
-La pauvre...
-César !
Le moteur vrombit. Attendez.
-Quoi ?
-Elle porte un collant, sans doute une perruque...
Ca me fait penser aux hassidiques. -Pardon ?
-J'ai eu une histoire d'amour avec un hassidique.
-Un juif orthodoxe ?
-Et pourquoi pas ?
J'ai l'amour oecuménique.
-Oui, d'accord. -Et donc, ce garçon, Yaël,
il avait la peau douce...
Et une soeur, qui s'est mariée à 18 ans.
Cette soeur portait des collants...
-Ma cousine porte des collants avec des coccinelles.
Elle est pas juive. -Elle porte pas un sheitel.
C'est une perruque que portent les femmes mariées.
-La victime est juive orthodoxe.
-Ou pas.
Bon week-end.
-Elise... -Oui ?
-On est mercredi.
-Bon week-end.
-Bonjour, François.
L'homme se racle la gorge, puis tousse.
-Bonjour, capitaine.
-Bonjour, Arthur. -Ca va ?
-Oui. -Voici Augustin.
Je t'en avais parlé.
-Commissaire...
-Non. Je suis capitaine. -Mon filleul.
Il fait son stage de 3e avec toi.
-Ah oui, bien sûr. Ouais...
Non.
On a une affaire
qui vient de tomber, et j'ai attrapé froid
à cause de la clim. C'est...
-Très grave, sûrement.
-OK, mais c'est une brigade criminelle.
On touche à rien.
Et on reste discrets. -Compris ?
C'est simple.
Voilà.
Il est cool, tu verras. Merci beaucoup.
-Au revoir. -A plus.
-Faites comme si j'étais pas là.
-Greg ?
La vidéosurveillance, ça donne quoi ?
-Ils vont tout détruire. -OK.
-C'est prouvé que la vidéosurveillance
fait pas baisser la criminalité.
-Pas de disparition signalée,
ni de femme sous chimio, ni de militaire.
-On a la théorie d'Elise. -C'est qui ?
-Sa copine. -Non.
-Si. Et lui, c'est qui ?
-Le stagiaire.
La théorie ?
-Elle serait juive.
Il faut aller au consistoire.
Moi, je peux pas.
Je me sens pas bien.
Excusez-moi. -Bon, allez.
-C'est parti.
-Vous savez,
j'ai vu un homme qui parlait par un trou dans le cou.
Il parlait comme ça,
avec une voix... Voix grave.
-Ce stage va être long.
-Allez.
Ah ! OK.
Si ça te pose un problème, j'y vais tout seul.
-Pourquoi ça me poserait un problème ?
Ouah ! Samia Belkacem, arabe, donc antisémite ?
-Non, c'est pas ce que j'ai dit. C'est pas ça du tout.
-Je vais te dire un truc.
Toutes les religions servent à opprimer les femmes.
Donc, je me méfie de toutes.
Et en tant que flic, c'est pareil pour tous.
Y a pas de juifs, de cathos, d'athées...
Y a des victimes, des témoins ou des suspects.
C'est de l'autre côté.
-OK... Bonne ambiance...
...
-C'est Sarah.
Elle s'appelle Sarah Blum.
Elle fait du secrétariat au consistoire.
De la mise sous pli, etc.
-Vous l'avez pas vue depuis quand ?
-Au moins 2 jours. Elle était pas venue travailler.
-Elle disparaît,
et ça vous inquiète pas ?
-Comment vous dire ?
J'ai pensé à un coup de mou.
Son mari, Noah, est mort d'un cancer il y a 2 ans.
Depuis, Sarah est fragile.
-Vous savez quoi sur elle ? -Pas grand-chose.
C'est une femme sans histoires, membre de la communauté hassidique.
Les hassidiques sont une branche de la religion juive
qui porte une interprétation rigoriste des textes.
-Ca aurait pu lui attirer des ennuis ?
-Non. Elle avait sa vie.
Elle embêtait personne, et inversement.
-Ah... -(Psst !
(Greg !)
-Ah...
Qu'est-ce que... Vous n'avez pas du travail ?
-Je peux vous aider ?
-Tu peux fermer la porte, et venir, s'il te plaît ?
Peux-tu me filmer la gorge ?
-Quoi ? -Je dois avoir une angine.
Ca peut être grave.
Ah... -Au 15e siècle, oui,
mais ça a changé.
-Il y a quoi ? -Rien.
-Wagner, arrêtez.
On vous attend à l'IML.
-Pardon.
C'est pour...
Sarah Blum, déjà ?
-Ca me réjouit pas, mais...
c'est un cas sensible.
-Le corps
doit vite être enterré.
-Ils nous ont demandé
de nous dépêcher.
-Les religieux
dictent les lois ?
-En Alsace, les rapports entre la religion
et l'Etat sont différents. -Donc,
le grand rabbin décide ? -Non.
Le grand-rabbin ne s'est pas opposé à l'autopsie.
La diplomatie nécessite
qu'on fasse avec les rites d'une communauté.
-Vous êtes des... -Belkacem !
Ecrivez donc à votre député,
ou organisez une manif,
en dehors du boulot.
-Beaumont est revenu de congé ?
-Non. Son collègue fait l'autopsie.
-Ah, Benoît.
Vous savez qui fait l'autopsie ?
-Oui.
-Qui ?
-Moi.
-Euh... Il y a pas un titulaire ? -Pas dispo.
On a eu un streptocoque diffusé par la clim
dans un EHPAD. -Non...
-Je peux vous aider ?
J'ai regardé des tutos.
-Laisse faire les professionnels.
-Ils arrivent quand ?
-Benoît, suite à vos messages, j'ai interrompu mon week-end.
Je suis une princesse.
-J'aurais dit : "une sorcière".
-C'est vrai ? Cool.
Je voulais être la sorcière, mais c'était déjà pris.
Il restait que la princesse, mais le prince est joli garçon.
Qui es-tu ?
-Le stagiaire. -De ?
-Dans la police.
-Drôle de choix.
On se dépêche ? Déjà que je loupe l'écartèlement...
-L'écartèlement ?
-Vous avez jamais participé
à une reconstitution historique ? On se dépêche ?
-Vous vous changez pas ? -J'ai qu'une demi-heure.
Après, on libère la princesse du donjon.
Et je suis la princesse.
Je vous supervise.
Allez, allez !
Benoît, allez-y.
César soupire.
Oui.
-Ah là là...
Elise, prenez le relais. Je vais me sentir mal.
-Je suis en congé. Je suis mignonne d'être venue.
Benoît fait ça bien. Téléphone.
Allô ? Oui, bien sûr.
J'arrive dans très peu de temps.
Oui. Pardon, c'était mon prince. Benoît, envoyez-moi votre rapport.
-Moi ?
-Oui. Faites-vous confiance.
Allez.
Ca va aller.
-On est mal.
-J'ignorais que les policiers étaient sensibles.
-Eh ben, y a pas de mal à être sensible.
C'est même essentiel.
Sinon, on est un mauvais flic.
-Parce que vous êtes sensible.
Une porte s'ouvre.
-Euh... Tu peux m'attendre dans le bureau de la légiste ?
Tu touches à rien. -Non. Elle est pas commode.
-Veuillez me suivre.
Musique sombre.
...
Oh...
On y va.
Monsieur.
...
-Bonjour.
Capitaine Wagner, police judiciaire.
Vous êtes une amie ?
-Ethel Mosbacher.
Je suis la femme de David, le frère de Sarah.
-Toutes mes condoléances.
-Mon mari est en déplacement professionnel.
Il a pas pu revenir,
alors je suis venue.
-Vous connaissiez bien Sarah ? -Oui.
C'était ma belle-soeur et mon amie.
-Depuis longtemps ? -Depuis l'école.
J'avais parié que j'épouserais son frère.
Ca a été long, mais j'y suis arrivé.
-Vous êtes restées proches ? -Oui.
Je l'ai soutenue, à la mort de son mari.
Pendant ma grossesse, elle a été comme une soeur.
Pardon.
-Pleurs de bébé.
...
-Chut... Chut...
Ca va, ça va.
Ca va.
-Je me suis dit qu'un masque vous rassurerait.
Elle tousse.
-On peut faire la réunion en visio, non ?
-Sarah Blum ?
Un crime antisémite ?
-Non. Ca colle pas
avec le meurtre.
Le corps a été traité avec respect.
-Elle est quand même morte. -Ca nous apprend
qu'elle connaissait l'agresseur.
-Quelqu'un de son entourage ? Un féminicide ? C'est fréquent.
C'est désespérément banal.
-Elle était veuve.
-Et l'entourage professionnel ?
Sarah travaillait au consistoire, avec le grand-rabbin.
-Elle avait aucune responsabilité.
Je vois pas le lien.
-Si elle avait vu une chose qu'elle aurait pas dû ?
Les institutions religieuses sont secrètes.
On pourrait mettre un coup de pied dans la fourmilière.
-Et emprisonner le rabbin ?
Vous savez, pour cueillir une fleur,
on n'utilise pas une tronçonneuse.
-De quoi ?
-Pour cueillir une fleur, on n'utilise pas une tronçonneuse.
-Trop bien ! Je pourrai l'utiliser ?
-C'est cadeau.
-Alors ?
Comment ça s'est passé ? -Tu vas pas être content.
-Quoi ? -Des filles ont des vues sur César.
-Oui...
-Sa chef, c'est pas un souci.
La lieutenante brune, pareil.
Mais celle qui parle cash et s'habille chelou...
-Elise ? -Je sais pas s'il est maso,
mais il est amoureux. -Non.
Ils sont amis.
-Je suis désolé pour toi. -De ?
Tu penses qu'il y a un truc entre nous ?
-J'ai 2 mères, moi.
Il est hétéro, César ?
-La question mérite d'être posée.
-C'est ton crush, non ?
-C'est... On va être en retard.
Je t'emmène chez tes mères.
Musique douce.
...
-Bonjour. -Bonjour.
-Vous êtes beau, aujourd'hui. -Merci.
-Qu'est-ce que vous faites ? -Bonjour. Capitaine Wagner,
SRPJ de Strasbourg. Qui êtes-vous ? -David Mosbacher.
-Vous êtes le frère de Sarah Blum ?
On doit fouiller son appartement. -C'est du solide.
Faut forcer la serrure.
-Non.
-Laissez-nous faire. -Et le respect des morts ?
Ne profanez pas son appartement. -Du calme.
-Vous savez,
j'ai des relations.
Vous m'intimidez pas. -On peut vous embarquer
pour obstruction à l'enquête. -Ca va.
-Vous savez pas qui je suis.
-Pardon.
Vous pouvez discuter avec moi,
deux minutes ? -Avec plaisir.
Désolé, je suis un peu à cran.
-C'est normal, c'est votre soeur.
-On n'était pas très proches, mais sa mort me bouleverse.
-Vous habitez le même immeuble et elle était amie avec votre soeur.
-Oui, mais je suis un homme,
les femmes sont compliquées à comprendre.
Sarah était imprévisible, encore plus depuis la mort de Noah.
-Ca fait 2 ans ?
-Ouais.
-Sarah aurait pu fréquenter
un autre homme ? -Rien n'interdit de refaire sa vie,
au contraire. Construire une famille est la raison de notre vie.
Sarah n'a pas parlé de remariage, mais elle fréquentait un homme.
-Vous en avez parlé ?
-Oui, sans rien dire de plus.
Un lien entre cet homme et Sama ? -Je sais pas.
On trouvera l'assassin.
-Merci.
...
-Les tableaux, ça reflète pas la joie de vivre !
-C'est pas son mari ? -Noah Blum ? Non, pas du tout.
C'est lui.
-C'est une photo volée ?
-Je sais pas.
Elle a été consultée plusieurs fois récemment.
-Il faut trouver ce gars.
-Bonjour !
Une question pour vous.
-Je t'écoute.
-C'est un problème d'être gay
dans la police ?
-Non. J'espère pas. Pourquoi ?
-Pour mon rapport de stage. Je vous questionne parce que...
-Parce que ?
Tu crois que je suis gay ?
-Quand vous parlez de ça, vous parlez plus bas.
-Je vais pas prendre un mégaphone pour en parler.
-Vous êtes bi ou queer ?
-Quoi ? Greg, s'il vous plaît.
Vous travaillez aujourd'hui ?
Vous prenez Augustin. -Je peux pas rester avec vous ?
Vous êtes "weirdo" !
-Quoi ?
-"Strange", bizarre !
-Patron !
-Il faut parler de l'identité sexuelle.
-Tais-toi de temps en temps.
-Ca va mieux, Mia ? -Je n'ai plus de nouvelles.
-Et au niveau du...
-Je le remets, mais ça m'empêche de respirer.
J'étouffe là-dessous.
-Merci.
-Dans ces papiers,
il y a des rendez-vous normaux, genre médecin...
Mais surtout esthéticienne, manucure,
et plein de produits de beauté,
de multiples crèmes et sérums.
-Elle prenait soin d'elle. -Pour se cacher sous une perruque ?
-Pour quelqu'un.
-Lui, par exemple. Il est inconnu au bataillon,
on le recherche.
-Et son téléphone portable ? -Hein ?
-Son téléphone. -Elle en avait pas.
-Un autre truc interdit aux femmes. -Pas chez les orthodoxes.
-On lui en prêtait peut-être un
ou elle n'en voulait pas.
-Vous sentez
ce courant d'air ?
-Non.
-Joubert, vérifiez
le filtre
à bactéries
de la clim. -A bactéries ?
-Oui. -Je suis pas réparateur de clim.
Je m'en occupe.
-"Sota, la tentation d'ailleurs". -"Sota", "adultère" en hébreu.
Sarah a souligné des passages sur le déshonneur des femmes.
-Elle s'identifie à l'héroïne. -On en revient à cet homme.
-Vous attendez quoi pour le trouver ? Allez !
-Coucou ! Le rapport d'autopsie
tout chaud !
C'est quoi ?
-La perquise de chez Sarah. -Elle projetait
d'ouvrir un institut de beauté ?
-Excusez-moi, vous aviez pas un week-end "princesse" ?
-Si, mais en accord avec le prince, mon lit est bien plus confortable,
quoique dans la salle de torture, c'était... Waouh !
-J'ai pas besoin de tout savoir.
Vous pouvez me faire un résumé ? -Selon les lividités cadavériques,
le corps a été déplacé post mortem.
-D'accord. L'arme ?
-Regardez la blessure. -Non.
-Jolie photo... -J'y étais, j'ai vu.
-Le crâne est brisé
en laissant une sorte de croix.
Je penche pour un marteau avec une pointe... Pan pan !
-Ca vient d'où ?
-Pour vous montrer. -C'est un marteau de carreleur.
-Ou de géologue.
Ou un instrument de chirurgie orthopédique.
-C'est large.
-Donc, j'avais raison, Sarah était bien orthodoxe.
Yaël, mon ex, il peut vous briefer
sur cette communauté. -Ca doit être pénible
de renouer avec un ex.
-Non. Pas pour vous.
Bonne journée !
Prière en hébreu.
...
-Excusez-moi... Que font ces hommes autour de la tombe ?
-Ils forment le minyan.
-Le minyan ?
-Pour dire le kaddish, la prière pour les morts,
il faut au moins 10 hommes qui forment cette assemblée, le minyan.
-Merci. J'ai compris.
...
-De la famille ?
-On peut dire ça. Et vous ?
...
-Excusez-moi.
-Il est où ?
-Un truc de ouf ! Il parlait avec la mère
de Sarah et... -Demandons-lui.
-Pas maintenant.
-Ils cachent quelque chose ?
-Attends. Un peu de respect.
-Vous me rappelez. On se tient au courant.
-Tu n'es pas à la mairie aujourd'hui ?
-On a coupé le chauffage pour économiser.
-Christian a réparé la clim ?
-Non. Il m'a épousée, il peut pas tout faire bien.
Tu es là pour parler de la communauté juive de Strasbourg.
-Tu connais le grand rabbin ?
-Oui. Un homme bien, soucieux de sa communauté, ouvert au dialogue.
Tu lui reproches quelque chose ?
-Sarah travaillait pour lui, on vérifie
toutes les pistes.
-On voit que tu le connais pas.
-Ah bon ?
Je peux rentrer ? Ouh ouh !
Des gens discutent.
Y a quelqu'un ?
C'est le capitaine Wagner.
...
Y a quelqu'un ?
Des gens discutent et rient.
Vous êtes le grand rabbin.
-Vous êtes le fils de Marie-Ange.
-Je vous ai pas reconnu. Enfin, je pensais pas que...
-Je prône la simplicité. -Papa, on t'a connu
moins modeste !
-Judith, ma fille.
Téléphone.
-Excusez-moi. -Il faudra l'éteindre.
-Vendredi, à la nuit tombée,
c'est shabbat.
-Bien sûr, l'électricité. Vous êtes
en famille,
je vous laisse, je repasserai.
-Parfait.
-Shabbat shalom !
Vous êtes sûr ?
-Nous avons un invité, il est de la police.
Entrez,
César,
asseyez-vous là. Voici Ariel, mon fils, et sa femme, Norah.
Déborah,
mon épouse !
Voici
mon petit frère. -Je vais vous laisser en famille.
-Non. Asseyez-vous !
J'espère que vous aimez
le saumon farci.
-Voici un peu d'aubergine.
Servez-vous.
-Vous faites pas très...
-Fille de rabbin ? Vous m'imaginiez en noir ?
Les femmes orthodoxes
sont prisonnières d'une idéologie.
-Elle exagère.
Le hassidisme est dynamique
dans le judaïsme. Le grand rabbin doit les entendre et les respecter.
-Il ne veut pas s'aliéner les juifs
ultraconservateurs.
-La fille veut tuer le père,
capitaine !
-Vous êtes marié,
César ?
-Non. Je suis pas marié.
-Y a pas
de femmes célibataires ?
C'est moi qui ai présenté à ta cousine Hannah son mari.
Vous n'êtes pas
juif, César ?
-Non. -C'est un problème chez nous,
mais ça peut s'arranger. -C'est pas compliqué, il suffit
de 7 ans de Talmud ! -Tu oublies
la circoncision. -Une petite formalité,
c'est rien.
C'est réglé.
-LEKHAIM !
-Mes parents
aiment bien vous faire marcher.
-Je ne connaissais Sarah que par son travail au consistoire.
Je l'appréciais, elle était très émouvante.
-Vous n'avez rien décelé d'étrange chez elle récemment ?
-Il lui est arrivé de s'absenter durant des semaines
sans donner de nouvelles.
La semaine dernière, une question la tourmentait.
-Vous pouvez m'en parler ?
-Il n'y a pas de secret de la confession dans la religion juive.
Le rabbin n'est pas là pour absoudre les péchés,
juste pour guider.
-Que cherchait Sarah ?
-A comprendre le dessein de Dieu.
Elle était veuve, sans enfant, malheureuse,
mais très croyante.
Elle se demandait où était sa place.
Je pense qu'elle voulait refonder une famille.
-Elle a rencontré quelqu'un. Vous savez qui c'est ?
-Non. Je joue pas les entremetteurs.
-Sauf pour ta fille ! -Oh ! C'est ta mère
qui a commencé !
Il faut demander
à ses parents.
-On a trouvé cette photo chez elle. -Après !
-Oui, je... Ca attendra.
-Vous n'êtes vraiment pas juif ?
Pas même une petite
ascendance ?
-Non. -Quel gâchis !
-Aaaah... Regardez bien au fond.
Regardez au fond...
On dirait que j'ai la gorge griffée.
J'ai vu un reportage
sur les cancers de la gorge
hier soir.
-Vous ne savez pas écouter votre corps.
-Et que dit mon corps ?
-Votre gosier est déshydraté, pas du tout irrité.
Votre corps prendrait bien
un petit apéro. -Il faut hydrater
la glotte.
Un blanc
et des herbes bouillies ?
-Un streptocoque !
-Ca va ?
Super ! César, Yaël.
Je t'en prie.
-Merci.
-Je vous laisse entre hommes. Moi,
je vais babiller !
-Donc, vous êtes Yaël,
l'ex d'Elise...
-Exactement.
-C'est bien.
Enfin, non.
Vous connaissez les Mosbacher.
-Oui. C'est un tout petit monde.
J'ai connu Sarah uniquement gamine.
David et moi, on était dans la même yashiva.
-La même yashiva ? -On y étudie les textes religieux.
-Que savez-vous sur David ?
-C'est un orthodoxe
pas très orthodoxe ! Il enjolive les choses à sa façon.
Il raconte qu'il a combattu lors de son service militaire en Israël,
mais en vrai, il l'a fait dans les bureaux d'un arsenal !
-C'est marrant de se vanter ainsi
pour quelqu'un de religieux.
-Pour lui, la religion fait plus partie d'un calcul que d'un besoin.
-Un laissez-passer pour ses affaires.
-Pas doué dans son business. Il a essayé d'emprunter de l'argent
dans la communauté, on s'entraide, mais là, il était pressant.
-Grosses sommes ?
-Assez, oui,
mais il a dû trouver mieux.
-OK. Vous connaissez
cet homme ?
-Oui. Il a travaillé
quelque temps au consistoire.
-OK.
Merci.
-C'est Ari Rozen,
il a effectué une mission ici.
-C'était quand ?
-Il est parti il y a un an, quand ma fille Judith est arrivée.
-Quelle mission ?
-Vous savez pas ?
-Je devrais ? -Il est de la police.
-Vous vous fichez de moi !
Vous vous foutez de ma gueule !
Je dois faire une demande
en 3 exemplaires ?! Je dois faire quoi ?
Ca va, Joubert ?
-Oui, oui.
-Non !
Vous auriez dû me prévenir !
-J'ai rien.
-Vous me faites chier, putain !
-La commissaire, elle pourrit qui au téléphone ?
-C'est le boss de Rozen. Tu veux un scoop ?
Rozen, c'est un flic. Il bosse pour le Renseignement intérieur,
mais personne ne l'a prévenue. Je plains le gars au téléphone !
Et maintenant, on attend Ari Rozen.
-J'ai infiltré cette communauté sur les ordres de Paris.
-Le but de l'infiltration ?
-Pour contrer des projets d'attaques
de la communauté juive. -Et vous ne prévenez pas la PJ ?
Quand j'ai une mission, je suis les ordres.
-Vous connaissez Sarah Blum ?
-Oui, on s'est vus au consistoire. -Vous pouvez développer ?
-C'était quelqu'un de plutôt isolé.
-Isolée de sa communauté ?
-Chez les orthodoxes,
les hommes et les femmes mariés gardent leurs distances.
Je faisais pas partie de sa communauté.
On a un peu parlé.
-Donc une relation amicale ? -Oui.
Deux collègues. Où vous voulez en venir ?
-Cette photo de vous était chez elle.
Pourquoi ?
-Aucune idée.
-Ca vous étonne pas qu'elle ait votre photo ?
-Ben, si, si. Je sais pas, je... Je sais pas quoi vous dire.
-Au cimetière, vous nous avez fuis.
Pourquoi ?
-Je savais même pas que vous me cherchiez.
-Qu'avez-vous dit à Mina Mosbacher ?
-On était aux obsèques de sa fille.
Je lui ai présenté mes condoléances.
Imaginez ce que vous voulez. Je peux y aller ?
-Oui.
-OK.
Musique intrigante.
...
-Vous avez l'adresse des Mosbacher ?
-Oui, capitaine.
On y est. Prenez la prochaine à gauche.
-Bonjour. -Bonjour.
...
-Bonjour.
Propos en hébreu.
...
-Ce n'est pas le moment,
mais j'ai quelques questions à propos de Sarah.
-Faites votre travail.
-Votre fils David n'est pas là ?
Les 7 membres les plus proches doivent être là, non ?
-Il est reparti à Londres pour son travail.
-Mon fils travaille beaucoup pour sa famille.
-Pourquoi Sarah a quitté Strasbourg un moment,
récemment ?
-Depuis la mort de son mari,
Sarah n'allait pas bien.
Beaucoup de gens l'ont aidée,
mais c'est de Dieu dont elle avait besoin.
Alors, elle est allée en Israël,
dans un kibboutz.
-C'est une communauté où on partage tout et où on travaille la terre.
-Hm. Un kibboutz, quoi.
Et ça a marché, Dieu et elle ?
-Elle a fait
la paix avec lui.
-D'après nos informations, Sarah a fréquenté un homme.
Elle vous en a parlé ? -Ma fille n'était pas une dépravée.
Elle craignait le Très-Haut et si elle a été rappelée à lui,
elle a été pardonnée. -Pardonnée de quoi exactement ?
Musique mystérieuse.
...
-Merci. -Au revoir.
-(Qu'est-ce que t'es belle.)
Elle rit.
-Qu'est-ce que vous dites, monsieur ?
-T'es de plus en plus belle. -Ah.
Que me vaut l'honneur de ce guet-apens ?
-C'est pas un guet-apens, c'est un coup de tête.
Une envie soudaine
et irrépressible.
C'était bien, tous les deux, non ?
Elle rit. -C'était pas bien.
C'était pas bien, c'était exceptionnel.
C'était si exceptionnel
que tu m'as quittée. -Je sais.
A l'époque, mes valeurs, mon éducation, mes parents...
J'étais pas prêt à combattre tout ça.
-Parce que maintenant, t'es prêt ? -Oh que oui.
-Et Dieu, il est OK ? Il dit quoi ?
-Il a pu me faire changer.
Pourquoi s'opposer à ses désirs ?
Musique douce.
...
-Je... J'ai plein de choses à faire, là.
Je te rappelle quand j'ai fini.
OK ?
Salut. -OK, salut.
...
-Tiens, le voilà.
-Patron, vous voulez du...
-Vous avez croqué dedans, là ?
-Bah, oui. -Non, mais j'en veux pas, merci.
Philo, je pourrais
avoir une tisane ? -Oui.
-J'ai parlé à la police de l'air. David était bien à Londres, hier.
-Donc il était pas en fuite. Faut qu'on se renseigne sur lui.
On va devoir éplucher ses appels.
-Bien sûr, chef. Aspiration.
-Et le consistoire, alors ? -Hm ?
-Le consistoire.
-Ah oui, pardon. Le grand-rabbin a joué le jeu.
Il m'a ouvert le bureau de Sarah
et m'a donné ce que je voulais. -Et ça a donné quoi ?
-J'ai son disque dur et vous aviez raison, capitaine.
Elle préparait un départ.
Elle a fait plein de recherches de vols.
-La tisane Copacabana de la "casa". -Merci.
-Quand tu parles de départ,
ça veut dire quoi ? -C'est un aller simple.
Et si possible, très loin.
Pleurs.
-C'est compliqué de lui donner le biberon.
-C'est la digestion.
J'ai eu le même souci. Essaie un autre lait.
Il est kasher ? -Oui, bien sûr.
-Bonjour. Bonjour, Ethel. -Capitaine.
Vous profitez du parc ? -Non, je suis venue vous voir.
Vous préférez qu'on marche un peu ?
-Oui.
-Que pouvez-vous me dire sur Sarah et Ari Rozen ?
-Vous savez, Sarah parlait très peu de sa vie privée.
-Ecoutez, Ethel,
il s'agit pas de la réputation de Sarah,
mais de trouver son assassin.
Ne me cachez rien, s'il vous plaît.
-Quand Ari Rozen est arrivé au consistoire,
Sarah était très vulnérable.
Elle se sentait seule.
Ce type en a profité et elle s'est entichée de lui.
-C'était réciproque ? Ils ont eu une relation ensemble ?
-S'ils ont été ensemble, ça a pas duré.
Ca pouvait pas durer. Il n'est pas des nôtres.
-Orthodoxes ? -Oui.
C'était une erreur et Sarah le savait.
-Elle aurait pu fuir avec lui ?
-Fuir ? Qui veut fuir, capitaine ?
Il soupire.
-Sarah et Ari Rozen.
-Quoi ? Sûrement pas.
Ma soeur était très pieuse et ils n'étaient pas mariés.
-Mais elle voulait partir.
-Ca devait être un nouvel épisode dépressif.
-Comme pour son départ en Israël ? -Oui.
Elle était pas bien et on a rien vu.
-Que se serait-il passé si Sarah avait voulu fuir avec un homme ?
-Sarah était majeure, donc libre.
On est pas des fanatiques.
Nos femmes sont dans la communauté par choix.
-Très bien.
Merci. Merci, Ethel.
Musique mystérieuse.
...
-C'est vrai,
le hassidisme, tu peux en sortir.
Enfin, tu sors, mais tu rentres plus.
C'est pas un moulin. Donc bannie, oui, mais tuée, non.
-Elise, vous avez vraiment imaginé devenir juive orthodoxe ?
Elle rit.
-J'étais si amoureuse que ça m'a traversé l'esprit.
-Sincèrement. -J'y ai pensé pendant une minute.
J'aime trop mes cheveux pour porter une perruque.
Et faire l'amour qu'une semaine sur 2 ?
Non, merci, mais c'est vrai
que Yaël, c'était...
C'était fort. J'étais folle de lui.
Quand il me touchait... Je ressens encore...
-Je préfère pas savoir.
-Vous voulez un chocolat ?
Je les garde au frais pour qu'ils soient bien croquants.
-Ils étaient avec un mort. -Il a pas craché dedans.
-Non, merci. -Hm.
-Admettons que Sarah soit vraiment libre de partir.
Les vêtements, les crèmes de beauté...
-Il y a un homme là-dessous.
Sarah Blum envisageait de se remarier,
donc d'après moi,
l'homme en question, le fiancé,
est issu de la même communauté qu'elle.
-Pourquoi ? -Parce que coucher
avec un juif orthodoxe, c'est négociable,
comme avec Yaël, par exemple, mais se marier avec,
c'est plus compliqué.
Avant, je draguais que là-bas, car je voulais pas
me marier.
Sarah, vu son éducation,
si elle se remarie, c'est avec un juif orthodoxe.
-OK.
Musique intrigante.
...
5.
Il soupire.
Gargarisme.
...
Quoi ? -Oh, rien, rien.
-Pardon. -Oh, Wagner.
Arrêtez vos simagrées !
J'ai aucun symptôme.
Et j'ai une mission pour vous.
-Je vous écoute.
-Ramenez-moi Rozen et menotté s'il le faut.
-Ah, de l'action.
Enfin.
-Oh, ça va. -Il est là, celui-là.
Salut. -J'ai loupé un truc ?
-Plutôt, oui.
Ari Rozen nous a roulés dans la farine.
Sa mission de protection,
c'est faux. Il enquêtait sur David Mosbacher.
-Ma hiérarchie m'avait demandé de cacher ma véritable mission.
-Quelle est votre vraie mission ?
-Dans le Grand-Est, on a trouvé pas mal d'armes israéliennes.
Elles provenaient d'un stock
de l'armée israélienne.
-Et Mosbacher ? -J'y viens.
Il a fait son service militaire en Israël. Où ça ?
-Dans une armurerie. -Qui stocke les armes à détruire.
-Il y aurait un lien
entre ce trafic d'armes et la mort de Sarah ?
-Non, en fait, on s'est plantés.
Le type a pas la carrure d'un trafiquant d'armes.
Ca vient de chez Sarah, ça ?
Je vous ai un peu menti, mais je suis aussi flic.
Je veux pas m'en mêler, mais si je peux vous aider...
-Oui, Greg espère trouver
avec qui elle voulait partir.
-Partir ? C'est votre théorie ? -Oui.
-OK. Et vous avez trouvé ça dans ses papiers ?
Sur son portable ?
-Elle avait pas de portable, juste un fixe.
-Sachez que Sarah, c'était quelqu'un
de réfléchi, pas du genre à partir sur un coup de tête.
-Cne Rozen,
ne quittez pas Strasbourg. -Ca risque pas, je suis en congé.
Il se racle la gorge.
Musique intrigante.
...
-J'ai fouillé sur la famille Mosbacher.
Rien ne confirme la présence de Sarah en Israël.
Aucune trace. Rien.
-Elle est peut-être partie de Suisse.
-Oui, je vais vérifier. J'ai trouvé un truc intéressant.
L'oncle de Sarah et David est mort, l'an dernier.
Il avait pas d'enfant, mais il était riche.
Les enfants de son frère héritent de tout,
à condition d'avoir fondé une famille.
Enfants, mariage, la totale.
-Donc Sarah étant morte, David hérite de tout.
-J'ai une copie du testament,
mais je parle pas hébreu. -Merci.
Musique calme.
...
-Je l'ai bien connu, Shlomo Mosbacher.
Il a dû bien conditionner son héritage.
Ca explique une discussion que j'ai eue avec David.
-Avec David ? Il vous a parlé de cet héritage ?
-Pas directement. Asseyez-vous. -Merci.
-Il y a un an, il m'a interrogé sur les conditions d'annulation
d'un mariage. -Annulation ? Pas divorce ?
Ils sont mariés depuis quand ? -Depuis 4 ans déjà.
David était inquiet : Ethel lui avait pas donné d'enfant.
-C'est une forme de répudiation assez choquante.
-Il faut bien comprendre le poids de l'histoire.
Le peuple juif a subi des siècles de persécution
et les communautés ont vécu en vase clos.
-D'où l'importance de la famille. -C'est une question de survie.
-Mais pour David, c'est une question d'héritage.
-J'ignore si ses motivations sont religieuses ou pas,
mais de toute façon, l'arrivée de son fils a réglé la question.
Musique de tension.
...
-Police ! Mains en l'air.
...
Vas-y.
Patron, vous aviez raison pour l'appart de Sarah.
Oui, Ari Rozen, pour récupérer un téléphone planqué.
*Bip.
-C'est bon ? -C'est bon, oui.
-Bon.
Vous avez fouillé l'appart de Sarah pour nous aider ?
-Je voulais être sûr que vous aviez pas raté un truc.
-Comme son téléphone portable ? Vous l'avez trouvé par hasard ?
Bon, écoutez, capitaine, il faut nous dire la vérité, là. Ca suffit.
-OK.
Quand j'étais au consistoire,
j'ai eu une liaison avec Sarah Blum.
-C'était pour approcher son frère ou quelque chose de plus sérieux ?
-Les Mosbacher étaient ma cible.
J'ai sympathisé avec elle pour m'en rapprocher.
-Vous avez plus que sympathisé.
-J'en étais pas fier, mais ça fait partie du boulot.
Et un soir, on s'est embrassés.
Et j'ai réalisé que je l'aimais.
-Et le téléphone ? -C'était pour garder
notre liaison discrète.
-Vous n'assumiez pas ou c'était elle ?
-Je travaillais, elle avait des soucis
avec sa famille, elle était écrasée par le poids de la religion.
-Après votre mission,
vous vous êtes revus ? -Non.
Je lui ai proposé de partir avec moi, mais elle a refusé.
Elle voulait pas quitter son monde.
Je devais pas la rappeler.
J'en ai beaucoup souffert, mais j'ai respecté son choix.
-Vous êtes revenu quand
à Strasbourg ? -Mardi.
-Juste avant sa mort ?
Pourquoi ? -Elle me l'a demandé.
Vérifiez dans ses messages reçus.
Elle avait besoin d'aide, je suis venu tout de suite.
-Pourquoi nous cacher que vous l'aviez revue ?
-Parce que c'était notre moment.
On s'est revus devant la gare, quelques minutes.
Je lui ai dit que je l'aimais.
Elle m'a souri.
C'est comme si on s'était jamais quittés.
Elle m'a dit que tout allait s'arranger,
qu'elle avait besoin d'un jour ou 2
pour partir avec moi.
Et je l'ai jamais revue.
-Vous étiez où, le soir
de sa mort ? -A mon hôtel, à l'attendre.
Vous rigolez ? Pourquoi je l'aurais tuée ?
Regardez les SMS dans son téléphone.
Vous trouverez le tueur.
Il soupire.
-J'ai un peu de mal à acheter cette histoire d'amour.
Ari Rozen, flic ambitieux, belle prestance,
et Sarah qui a l'air d'un petit oiseau tombé du nid.
-Le coeur a ses raisons.
-Pardon, excusez-moi.
Le téléphone de Sarah confirme ce que nous a dit Rozen.
-Pourquoi vous êtes excité ? -A cause de ça.
2h avant sa mort, son dernier coup de fil.
-Vous savez qui c'est ? -Non. C'est un prépayé.
Mais un peu plus tard,
ce téléphone a borné là où on a trouvé son corps.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Musique douce.
...
-Ben alors ?
Ca va si mal que ça ?
-Les hommes sont tellement...
navrants !
-Il ne faut pas généraliser.
On réserve parfois de bonnes surprises.
C'est pour ça qu'on nous aime.
Oh là là ! Viens.
-Pas tous les hommes.
Heureusement, il y a les homosexuels.
Grâce à eux, je garde un peu d'espoir
et de respect pour la gent masculine.
C'est pareil chez les homos ?
Eux aussi
sont menteurs et hypocrites ?
-Tu veux vraiment savoir ?
-Non !
-Ben si !
-Merci. -Merci.
Rire moqueur.
-C'est quoi ? C'est abominable.
-Ananas, schnaps,
alcool de chou, fenouil et crème fraîche.
Recette de ma grand-mère croate. -Ta crème ne serait pas passée ?
-Non.
-La crème...
J'aurais dû y penser.
Désolée,
je file.
-Maintenant ?
-Je te rappelle. -OK, à plus tard.
-Benoît !
-Oui. -Rassurez-moi !
Vous avez prélevé
tous les organes ? -Oui.
Oui, oui !
-Vous êtes sûr ?
-Sûr à 95 %.
Peut-être 90.
80 ?
40...
-Vous souvenez-vous de l'utérus
de la victime ? -Comme ça, pas très bien.
-Avez-vous palpé ses seins ?
-Je vous jure... -Non, ne jurez pas.
Les avez-vous palpés ?
-Jamais je n'en profiterais pour tripoter les victimes.
-Benoît !
Je sais que vous n'êtes pas psychopathe.
Mais je vous ai souvent dit
de toujours palper la poitrine de la victime,
même hors procédure,
pour détecter une grossesse par exemple.
-Elle était enceinte ?
-OK ! Allez au laboratoire
et demandez à la toxicologie un échantillon de sang.
-Maintenant ?
-Non, à Noël ! Evidemment ! Avant qu'ils jettent
les échantillons.
Sirène de tramway.
Sarah Bloom était enceinte.
-Quoi ?
C'est Benoît qui vous l'a dit ?
-Non.
Mon petit Benoît ira loin, mais pas tout de suite.
Il n'est pas sorti du protocole et n'a pas examiné l'utérus.
-Comment prouver ça, alors ?
-Par dosage de beta-hcg dans les échantillons de sang,
ça marche bien post mortem.
On aura les résultats demain.
-D'où vous est venue l'idée ? -Avec cette crème.
Je l'ai vue l'autre fois sans faire le lien.
Elle traite les vergetures
de grossesse. -Ma mère avait la même
pour mon frère. Je me suis brossé
les dents avec.
-Mais elle ne sert qu'à ça ? -Aussi en cas de régime,
quand on a perdu beaucoup de poids. Ce qui n'était pas le cas ici.
Elle l'a utilisée pour sa grossesse.
-Si elle était enceinte, ça fait une sacrée concurrente à son frère
pour l'héritage.
-Il aurait tué sa soeur pour l'empêcher de se marier
et rester le seul héritier ?
Ce n'est plus Strasbourg,
c'est Dallas ! -C'est quoi Dallas ?
-J'ai 150 ans d'un coup.
Bonne journée.
-Tu ne connais pas Dallas ?
C'est ici ?
Buzz d'ouverture de porte.
Bonjour ! -Bonjour.
-Vous partez encore ?
-24 h pour le boulot.
Désolé, je suis pressé.
Revenez demain.
-On peut aussi vous interroger
en garde à vue. -OK.
Vous voulez savoir quoi ?
-Votre soeur vous a appelé
la veille de sa mort ? -Oui.
-Elle voulait quoi ?
-Je ne sais plus.
Me voir, mais je devais partir, comme aujourd'hui.
-Ce n'était pas pour vous dire de renoncer à l'héritage ?
Elle était enceinte.
-Enceinte ?
Ma soeur ?
D'où tenez-vous ça ?
-On a de bonnes chances de croire qu'elle l'était.
-Même si c'était vrai, vous vous plantez complet.
Mon oncle était très conservateur, il n'aurait rien laissé
à une femme, même mariée.
Je serais bien resté
avec vous,
mais j'ai un avion.
-Vous croyez qu'il dit vrai ? -Je ne sais pas.
Je me demande ce qu'en pense sa femme.
-Ca vous irait bien,
une voiture comme ça.
On ne peut pas
avoir plusieurs médecins traitants. -Si.
-C'est illégal. -Non, c'est légal.
-Bonjour. -Bonjour.
-Police.
-Où est Ethel Mosbacher ?
-Elle est juste là.
-Merci. -Je vous en prie.
-Bonjour. -Bonjour, Ethel.
-Je classais les factures.
Que puis-je faire pour vous ?
-Vous allez bien ?
-Oui, merci.
-Sur quoi m'avez-vous menti ?
-Pardon ?
-Vous êtes bien les meilleures amies du monde avec Sarah ?
-Oui. Pourquoi ?
-Qui cacherait sa grossesse
à sa meilleure amie ?
-Quelle grossesse ?
-Celle de Sarah.
-Je n'y comprends rien.
-Ecoutez !
Soit vous le saviez et vous l'avez caché.
Soit vous ne saviez pas
et vous avez inventé une amitié.
-Je ne comprends pas.
Pourquoi faites-vous ça ?
Sarah, c'était ma famille. C'est quoi, cette grossesse ?
Pourquoi vous salissez tout ?
Elle halète de plus en plus fort.
Je me sens mal.
-Ca va ? Asseyez-vous.
Appelez les secours. -Prends-la !
S'il vous plaît !
-Quoi ? -Appelez les secours !
-Appelez mon mari.
-Ca va, chef ?
-Oui, ça va.
-C'est trois pulvérisations maximum.
-Ca ne marche plus.
Oh, pardon ! -Ce n'est pas grave.
-Désolé.
-Oui !
Non mais...
Il est face de moi, je vous le passe.
C'est votre mère. Bonne chance !
-Allô ?
*-Il faut qu'on parle.
-Quand ma mère commence comme ça, je prends cher.
*-Allô !
-Oui, je t'écoute.
-J'ai reçu un appel du grand rabbin qui m'a parlé
de harcèlement policier contre un couple orthodoxe.
-On mène une enquête, enfin !
*-Réfléchis à ce que tu fais
et aux conséquences de tes actes.
*-Tu veux me mettre à dos toute la communauté juive de la ville ?
Après, ce sera des protestants, des musulmans...
*-Rien à voir
avec la religion.
J'ai du travail. Au revoir.
-Je vais faire pareil avec ma mère.
-On a la traduction
du testament. Pas un sou pour Sarah.
-Plus de mobile pour le frère. Quelle piste !
-Je suis sûr qu'il y a un lien avec la grossesse.
-A qui profiterait le crime ?
-Il faut trouver le père.
-On a eu du mal à vous retrouver.
-Je m'entraîne. Je suis en congé, pas en retraite.
-Je peux essayer ?
-Oui.
-Vos retrouvailles avec Sarah
ont duré 5 mn devant la gare ?
J'ai du mal à y croire
avec ce qu'elle venait vous dire. -C'est-à-dire ?
-Elle était certainement enceinte de plusieurs semaines.
-De vous, n'est-ce pas ?
-Je ne vous suis pas. -Imaginons...
Elle vous annonce qu'elle porte votre enfant et elle insiste
pour le mariage et une petite vie tranquille avec les orthodoxes.
Votre carrière est finie. Vous l'avez frappée.
-Elle ne pouvait pas être enceinte de moi, je l'ai pas revue
depuis une éternité. -On a trouvé chez elle une crème
anti-vergetures. Elle s'en servait pour quoi à votre avis ?
-Avec le téléphone que vous lui avez donné,
elle a appelé un téléphone prépayé. C'était le vôtre.
Il ne fallait pas le prendre avec vous
en allant déposer son corps. -Elle a appelé quelqu'un
qui l'a tuée et vous pensez que c'est moi.
Vous avez des preuves ?
-Bien sûr. -C'est grotesque.
-Votre arme de service !
L'IGPN va vous signifier votre suspension durant toute l'enquête.
-Vous êtes ridicules.
-Il nous faut une preuve en béton.
Wagner, vous me trouvez un lien
entre ce téléphone et Ari Rozen.
-Oui. -Merci.
-C'est pas vrai. -Vous devriez aller chez un ORL.
-Non. Il pourrait me trouver quelque chose de grave.
-J'ai eu une angine,
puis on m'a enlevé les amygdales. Nickel !
Mais pour ma voisine,
ce fut horrible, du sang giclait de sa gorge...
-T'as pas un rapport de stage à rédiger ?
Merci.
Il m'angoisse.
Arthur, c'est moi. Tu peux passer ?
-Alors...
Pourquoi tu rases ? -Contre les bactéries, c'est mieux.
-Dommage...
-Allez, c'est parti. -C'est trop mignon, je te jure.
C'est une comédie romantique.
-Il est chelou, le patron. Il est pas mal.
Ouais.
-Parotidite ourlienne !
-Les oreillons ? Ca m'étonnerait. C'est ça, la parotidite ourlienne.
A mon avis, tu les as eus enfant.
Fais voir.
-Je vais vérifier. -Regarde.
Tu emmènes tes carnets de santé ? -Comme tout le monde.
Ah oui... Je les ai eus à 6 ans. Je me souviens, ça fait mal.
-Parotidite simple, sûrement à cause de la clim.
Prends ça pendant 8 jours.
Adulte, avoir les oreillons, c'est pas terrible, ça peut rendre
carrément stérile.
-Stérile ? -Ouais.
Quoi ? Tu fais un AVC ?
-Non, non.
Elise, vous avez les résultats d'analyses ?
On se retrouve dans 30mn au bureau.
On ne les entend pas.
-Bonjour ! Commission rogatoire.
...
Merci.
-Ca a servi à tuer Sarah Blum ?
-Une arme comme celle-ci. -C'est bien, mais ça ne suffit pas.
Alors, elle était enceinte ?
-Pas au moment
de sa mort. -Un fort taux de prolactine.
-Elle allaitait son bébé. -Donc, c'était récent ?
-Pendant sa longue absence. -Où il est, ce bébé ?
On sonne.
-Bonjour, madame. On vient perquisitionner votre appartement.
-On va vous interroger, votre mari et vous.
-Evitez les faux malaises, ça marchera pas !
-Vous 2, par ici. Joubert, le salon avec moi.
-Vous faites la salle de bains.
-Mon mari n'est pas là.
-Vous pouvez l'appeler ?
-Monsieur, s'il vous plaît, pas les livres, ils sont sacrés !
-Appelez
votre mari.
-Sors ! Sors de là !
Avance !
Bouge pas.
Tes mains.
-Il répond pas.
-Commissaire...
-J'ai mon bébé qui dort. -Des nouvelles de l'IGPN ?
Quoi ? Ils ont perdu Rozen ?
D'accord. Merci.
...
Joubert, gérez la perquise. Greg, Samia, retrouvons Rozen.
Rozen aurait pu se disculper dès le début.
Quand on le convoquait, on lui apprenait des choses.
-Coupable ou pas ? -Pas de la mort de Sarah.
Il enquêtait.
-Patron ! Rozen a fait intervenir
une collègue pour obtenir la liste des appels du téléphone de Sarah
et son propre rapport de mission sur le consistoire.
Regardez là.
-David Mosbacher a un 2e téléphone portable.
-Le prépayé qui a borné près de l'endroit où on a déposé le corps.
L'assassin, c'est David. -Bravo, Greg !
-David aurait été emmené sous la menace d'une arme.
-Rozen ! -Il faut
le localiser.
-Je retourne chez David et Ethel.
-Martial !
-Avance !
Avance !
Lève-toi.
Lève-toi !
Tu reconnais,
hein ?
Avance !
Avance, je te dis !
Espèce d'ordure !
Relève-toi.
Relève-toi !
En hébreu.
-Ta gueule, ordure !
Prière en hébreu. -Ferme ta gueule !
-Ca va, il digère bien ?
Je vous ai entendue
au parc. -Il va mieux.
-C'est à cause du passage du lait maternel au lait en poudre.
Sarah morte, elle ne peut plus l'allaiter.
-J'ignore de quoi vous parlez. -C'est l'histoire d'une femme
qui découvre qu'elle est stérile quand son mari a besoin d'enfants,
une sombre histoire d'héritage. Il pense même annuler le mariage.
Sa meilleure amie tombe enceinte.
Y a pas de père, il est parti.
Cette amie est très religieuse, elle risque le déshonneur
dans sa communauté et elle trouve une solution.
Disparaître...
Le temps de cacher sa grossesse, d'accoucher en secret.
Sarah n'est jamais allée en Israël,
elle était à Mulhouse.
C'est là qu'est né Ilan. -Non.
Non. Ilan est mon fils.
C'est mon fils. -Sarah a dû accoucher
avec vos papiers, mais un test ADN prouvera que c'est son enfant.
Elle a voulu récupérer son fils, c'est pour ça qu'elle est morte,
tuée par son propre frère pour récupérer tout l'héritage.
-Patron,
venez une minute. -Quoi ?
(Qu'y a-t-il ?)
-(Le téléphone de Rozen émet de là où on a trouvé Sarah Blum.)
-Ethel, venez avec nous.
Sirènes.
-Eparpillez-vous !
-Ari !
-Reculez !! Reculez !
-Baissez vos armes.
-Reculez ou je tire ! -Calmez-vous, Ari.
-Reculez...
-Baissez vos armes. Baissez-les. -Il a tué Sarah pour de l'argent.
J'ai plus rien à perdre. -Baissez vos armes.
-Je n'avais qu'elle... -C'est faux.
-J'avais qu'elle !
-Non, Ari. Y a pas que ça.
Y a pas que ça.
-S'il vous plaît, il a rien fait.
Il a rien fait.
C'est moi qui l'ai tuée.
-Ari,
c'est votre fils.
C'est votre fils.
Le bébé babille.
...
-Je peux pas...
...
-A quel moment Sarah a changé d'avis ?
-Il y a quelques jours.
Elan avait fini de téter.
Elle l'a gardé dans ses bras, longtemps...
Très longtemps.
Elle avait l'air...
Différente.
-C'est la faute de ce Rozen qui lui a mis ces idées dans la tête.
-Que s'est-il passé à la boutique le soir de sa mort ?
-Elle est arrivée sans prévenir, j'étais seule dans l'atelier
avec Ilan dans son cosy.
Elle a dit qu'Ilan était son fils,
qu'elle voulait l'élever.
-On avait tellement attendu Ilan.
Mais Sarah,
elle a voulu tout ruiner.
-Elle a essayé de prendre Ilan...
J'ai essayé de l'en empêcher
et il y avait ce marteau...
-Quand je suis arrivé,
Sarah nettoyait
le sang de Sarah...
Moi, j'étais pétrifié.
Je me disais qu'elle était pas morte,
qu'elle dormait...
-On a enveloppé son corps dans du tissu.
-Je l'ai emmenée.
Qu'elle disparaisse pour la paix
de tout le monde...
-On était tellement heureux...
Tellement heureux !
-J'ai commis un énorme péché
et Dieu m'a tout repris, ma vie...
-Mon fils...
-Non.
C'est le fils de Sarah et d'Ari Rozen.
...
-Ca va ?
-Ouais. Tiens... -Son rapport de stage ?
-C'est ça. Je te laisse lire. -"Cher capitaine Wagner,
"votre équipe, c'est le bazar, mais ça a l'air
"de marcher quand même. Merci de m'avoir répondu même débordé
"et surtout, merci de ce que vous êtes.
"Vous faites respecter l'ordre..." -Sans flingue. C'est fort.
Juste en écoutant les gens, même si on les aime pas trop.
C'est ce que je retiens de mon stage avec vous,
écouter les gens. Ne le répétez pas à mes mères,
elles disent que j'écoute rien. PS : j'aimerais découper des morts,
votre copine pourrait
me prendre en stage ?
-Il est extraordinaire.
-Comme moi ! C'est génétique ?
-Tu n'es pas son père. -Euh...
Père, non, il a 2 mères.
Mais techniquement,
il faut bien un donneur.
-Non ?
-Ben si.
Si, c'est vrai.
-Papa Weiss !
Ca fait quoi d'être papa ?
-Ouh là... La route est encore longue.
Sans parler de la paperasse. -Je peux vous aider.
-Vous faites du baby-sitting ?
-Je crois que c'est pas pour moi.
Ilan babille.
Vous allez faire comment ?
-Ben...
Je vais me mettre en dispo le temps de régler la situation
et puis après, on verra.
Hein ?
(Salut, toi. A bientôt.)
Je te retrouve très vite.
Merci beaucoup !
Merci pour tout. -De rien.
-Merci infiniment. -De rien.
Bon courage !
-Non, non. -Tu ne réponds plus à mes appels.
J'ai fait quoi ? -Il ne faut plus se voir.
-Pourquoi ?
-Ta femme enceinte est très belle. Y en a à qui ça va super bien,
elle est magnifique.
Sois heureux, d'accord ?
Allez !
Allez, circule.
Fond musical mélancolique.
...
-Bonsoir, mademoiselle.
Vous êtes charmante.
-On vous offre un verre ? -Avec plaisir. Merci, messieurs.
-C'est facile comme ça ? -Oui ! Si vous voulez me faire
un petit bisou, je serais ravie.
J'aimerais un petit bisou.
-Moi, je suis un peu malade...
-Je trouve ça marrant !
-Qu'est-ce que... Arrêtez, c'est long, là.
-C'est doux. -T'as jamais embrassé une femme ?
-Je suis gay. -Même pas par curiosité ?
-Un végan se taperait une côte de boeuf par curiosité ?
Ou toi, une maladie
par curiosité ?
-Pourquoi cet exemple ? -Tu lui parles
de maladies, t'es fou !
J'aimerais vivre avec vous le 1er baiser.
Vous n'avez jamais embrassé de femme ?
Dans cette lumière magnifique !
-Ne courez pas.
Attendez, j'ai des problèmes cardiaques, je peux pas courir.
C'est pas possible... Attendez-moi.
On ne les entend pas.
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