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Sirène de police.
...
-Je suis complètement à la bourre.
...
Klaxon. Allez !
Sirène. Police, oh !
...
Ah ouais, quand même.
-Ah, César !
Ca va ? Tout va bien ? -Non.
-Tout le monde t'a attendu à la mairie. C'est à cause
de Christian ? -Quoi ?
-C'est quoi, cette barbe de 3 jours ?
Une crise d'adolescence ?
-Non, pas du tout... -Bon, écoute.
C'est mon mariage, fais un effort.
Même si ça te plaît pas. -Mais si. Ton mariage me plaît.
Et j'ai rien contre Christian. -Tant mieux.
Ca m'aurait ennuyé que tu annonces que tu étais contre ce mariage.
-J'ai travaillé tard sur mon discours hier soir,
j'ai pris des somnifères, trop dormi,
voilà... -Bon, ça va.
Du coup, j'attends ton discours
avec impatience. -Moi aussi.
Tu as raté une belle cérémonie.
Comme tu l'as ratée,
on pourrait peut-être refaire la scène du baiser.
-Mmm.
Hm, hm, hm, hm...
Générique.
...
-Dès que j'ai su que le château était libre,
j'ai sauté sur l'occasion. Digne de ta mère !
-Magnifique. -César,
mon grand, en tout cas, je ne t'obligerai jamais
à m'appeler "beau-papa". -Oh, dommage !
-Je vais te présenter à ta soeur.
-A ma soeur ? -Secret de famille.
Je t'en avais jamais parlé ? -De quoi ?
-Ca va ? -Très en forme, ta mère.
Je te présente ma fille,
Victoire. -Victoire Hass, donc.
Enchantée. -Enchanté. César Wagner.
-Victoire aussi a des raisons de m'en vouloir
avec ce mariage.
Je vous laisse.
-Vous êtes un peu stressée, aussi ?
-Oui, j'avoue.
Mais pas pour les mêmes raisons.
En fait, c'est moi qui l'organise, ce mariage.
La Fête des sens, c'est ma société.
-Ah, oui, d'accord !
Moi, je me stresse pour mon discours.
Vous, c'est bien plus...
-Et vous ? Vous faites quoi ? -Je suis dans la police.
Ca sert beaucoup moins pour un mariage.
-Tout va bien ? -Oui.
Très bien.
-Aida Cherki, enchantée. -César Wagner, enchanté.
-Le fils de la mariée ! -Oui.
-César est dans la police. -Vous...
Vous êtes ensemble ? -NON !
-Non, non. Pas du tout.
Aida est mon associée. -D'accord.
-Elle est avocate aussi. -Quel domaine ?
-Le droit des affaires.
Christian m'a mis le grappin dessus !
Ma 1re passion était moins rentable :
le droit pénal. -Je connais bien.
-Tu vas voir Elio ? Il part bientôt.
-A plus tard. -A tout à l'heure.
-A tout à l'heure.
-Mon Zaza !
Ah, ah, ah ! -Jean-Eudes ?
-Comment ça va ? -Ca va.
-Toujours aussi détendu ! -Je fais ce que je peux.
C'est marrant, t'as pas changé. -Toi non plus.
A part cette petite barbe de beau gosse !
-Tu devais pas être au bout du monde ?
-Si, j'étais au Nunavut. -Quoi ?
-T'as jamais fait le "Kikik talu kandida" ?
-Le "kiki..." quoi ? -C'est formidable !
Sauf quand un ours blanc mange tes chiens de traineau
par moins 56. -Moins 56 ?
-Il fait meilleur ici.
Téléphone. Excuse-moi.
Attends, bouge pas.
Si, Angelo. Aspetta.
J'ai hâte d'entendre ton discours.
Tu cherches les toilettes ? -Oui.
-Là-bas. -Merci.
-A tout à l'heure.
Il urine.
-LA PORTE !
Il ferme la porte. Mince.
Oh, c'est pas vrai...
Ambiance joyeuse.
...
-Oh, le petit César !
-Zaza ! Zaza !
-Ah ! -Bonjour.
Vous allez bien ? -Très beau garçon.
Pourtant, c'était pas gagné ! -Ah non.
Ah ! L'histoire
du meeting !
-Sa mère le prend dans ses bras et César lui fait pipi dessus.
Rires. -C'est tout. C'est fini.
-En pleine réunion électorale !
-Et son appareil dentaire ! -Ah oui !
Rires. -Je reviens. A tout de suite.
-Sans parler de l'acné ! -Oh là là !
Rires.
-C'était un joli garçon...
...
-Je te présente mon fils, Elio.
-Ah, Elio... D'accord.
C'est mon neveu, donc, par alliance.
-C'est un peu ça.
-Bonjour, Elio.
-Voilà, c'est un petit bonjour.
Elio,
tu vas à la maison avec Tatiana ?
Je te vois demain matin, d'accord ?
On dit au revoir à tonton César ? Au revoir.
-Tonton César, c'est rigolo. Il est un peu enrhumé ?
-Oui, c'est rien, c'est rien.
Elio gazouille.
On se voit demain matin.
-Trop mignon.
On se tutoie, maintenant qu'on est de la même famille ?
-Oui.
Bien sûr.
Bip. *-Victoire, viens vite.
*Dans la chambre froide.
-Quoi ?
*-C'est grave, viens vite. -Pardon.
-YES, WE CAN !
-Victoire ?
-Non, non, c'est bon, t'inquiète. Je reviens.
-Non, non, mais... Si y a quelque chose...
-Venez, c'est juste là.
-Oh, c'est pas vrai.
Pas aujourd'hui...
-Il est mort ? -Je crois.
-Je vais... aller vérifier.
Il est mort.
Faut bloquer la zone.
-Et après ? Il va se passer quoi ?
César soupire. -Je sais pas, faut que je...
Faut que je réfléchisse.
-Tu vas prévenir mon...
nos parents ? -Non.
Plus tard ma mère sera au courant, mieux ce sera.
Je fais de l'hypertension.
-Ah.
-Oh !
-Il se passe quoi ? -Ca va aller ?
-Ca va. -C'est sûr ?
Ca va ? -Ca va.
-J'ai pas trouvé de papiers sur lui. Vous le connaissez ?
Vous l'avez déjà vu ?
-Non. En tout cas, il fait pas partie du personnel.
-Ce congélateur sert souvent ? -Non.
Mais on manquait de petits fours.
Alors, je suis allé dans la réserve d'urgence.
Et je l'ai trouvé là.
-En fait, c'est une chambre froide plan B. Ca sert qu'en cas
de galère. -Donc, sans ce problème
de petits fours, il aurait pu se passer longtemps
avant qu'on le découvre ?
-Jusqu'à l'inventaire. Demain midi.
-Je fais sûrement une erreur, c'est pas la procédure,
vous pouvez garder ça
pour vous ?
-Oui. -Je compte sur vous ?
-Oui. -Fermez cette porte.
Sonnerie de portable.
...
-Oui, César ? *-Oui, Elise. Vous êtes où ?
-Je chasse en forêt,
y a que des vieux sangliers. Insulte.
-D'accord... J'ai besoin de vous.
-Enfin, vous vous en rendez compte !
-Non... J'ai besoin de vous pour un avis médical.
Enfin... médico-légal.
-Vous êtes où ? *-Au château de Lostoffen,
au mariage de ma mère, qui va peut-être foirer.
*-Génial. -Que le mariage foire ?
-Non, mais j'adore les mariages. J'arrive, d'accord ?
Brouhaha.
-Eric, c'est moi. Vous pouvez venir d'urgence
au château de Lostoffen ? Pour une suspicion d'homicide.
Oui. Venez avec la nouvelle, le lieutenant Belkacem, c'est ça.
Par contre,
c'est un mariage très chic,
donc, venez habillés.
Non, bien habillés.
A tout de suite.
...
Bonjour.
...
-J'essaie, mais je sais pas, je vous promets rien.
Démarrage !
Acclamations, applaudissements.
...
-Arthur ?
Que fais-tu là ? -C'est moi qui l'ai invité.
Je pouvais pas faire moins
que d'inviter ton ami. -Je dois te dire
quelque chose... -Ah, je vois Son Excellence
l'ambassadeur
de Belgique et le préfet. Excusez-moi.
-Attends, maman. J'ai un truc
à te dire.
-Je l'adore. Géniale, ta mère.
Je vais peut-être rencontrer le prince charmant ici.
La musique,
par contre, c'est pas possible. -Ah ?
-Magnifique, la barbe de 3 jours...
Un côté Antonio Banderas. -Je parle pas espagnol.
-Mon médecin préféré ! Tu vas bien ?
-Super. -Merci pour le piston, César.
Ca fait plaisir. T'es chic, hein !
-Tu t'es fait inviter ? -Tu délires ? Je bosse.
C'est pas avec ses tisanes que je vais me payer
une baraque.
Bon, et sinon ?
Teu-teu-teu ! Le mot magique
avant de se servir ?
-Bitte schon. -Et après ?
-Danke schon.
-J'aime mieux ça. -Faut peut-être
que t'ailles bosser, là.
-Je vais y aller, ils sont relous.
Acclamations. -C'est qui,
le beau gosse, là-bas ?
-C'est mon cousin Jean-Eudes.
-Ton cousin ?
Il raconte qu'il a vécu en Inde dans une léproserie !
-Il est pas un peu mytho ? Il parlait de son dîner avec Obama.
-Tout ce qu'il dit est vrai.
Tu sais ce que c'est, un cousin parfait ? C'est le mien.
-Tu me le présentes ?
-Non.
Je suis désolé. Maman !
-Lui aussi, il est relou.
-Va bosser, toi.
-Ca va... Allez, à la tienne.
-Ciao.
Les gens savent plus travailler...
-Maman ?
-Oui ? -Je peux te parler ?
-Bah oui.
-J'hésitais, mais je te le dis.
Il s'est passé quelque chose de grave.
Dans une chambre froide.
-Y a un problème
avec le dîner. -Non, avec un homme.
Qu'on a retrouvé mort.
-Dans la chambre froide ? -Oui.
-C'est horrible. -Hum.
-Et ça implique
quoi ? -Rien pour l'instant,
J'ai appelé Elise, mais bon...
-La légiste ? -Oui.
-Attends, César, tu vas pas interrompre mon mariage ?
Je te rappelle que le Tout-Strasbourg est là.
Il y a cinq ambassadeurs.
-On avait dit quatre. -Non.
Cinq. Même si le Norvégien est ambassadeur honoraire, j'avoue.
-Bon, il est où, Mondénian ? -Le substitut ?
Tu l'as invité ?
-Oui.
Allô, Christophe ? C'est Marie-Ange.
Ca va ?
-Ca pourrait n'être qu'un banal accident.
-Oui.
-On le saura quand le Dr Beaumont
l'aura examiné. -Vous l'avez déjà sollicitée ?
Un peu rapide.
-Vous n'aimeriez pas être accusé
d'avoir fait traîner pour cause de mariage
de personnalités. -Bien sûr.
Personne ne souhaite faire traîner cette histoire.
Mais ton équipe pourrait enquêter tranquillement
et surtout discrètement. -Avec le nombre
de personnalités ici, dont 3 ambassadeurs...
-Non. En fait, 5.
Avec l'ambassadeur honoraire
de Norvège, ça fait 5.
-Ah...
-J'ai demandé à mes hommes de venir en habit de mariage.
Ca vous va ? -Très bien.
Ils se mêleront aux invités.
Le mariage doit se dérouler normalement.
Je compte sur vous.
-Merci, Christophe.
-Je vous en prie.
Je suis impatient d'entendre votre discours.
-Quand ma mère m'a dit qu'elle voulait épouser Christian,
j'ai pensé à la 1re fois où je l'ai mis en garde à vue.
-César, c'est toi ?
Chasse d'eau.
-Oui, c'est moi, je suis...
en train de répéter mes discours. -"Tes" discours ?
-J'en ai fait 5, en fonction de l'ambiance de la soirée.
Mais j'avais pas du tout pensé que...
-Que quoi ?
-Je peux te dire un secret ? -Oui.
Voilà. Je crois que j'ai un gros problème à la vessie.
-Ah ?
Gonorrhée ?
-Non, je peux pas avoir de maladie sexuellement transmissible,
puisque depuis...
Enfin, je peux pas avoir de maladie sexuellement transmissible.
Je crois que c'est le stress. -Ah, d'accord. Tu t'es fait
un cocktail perso pour gérer ça ? -Ouais.
Musique onirique.
...
-Waouh !
-C'est à la légiste que j'ai demandé
de venir ou à la star ? -Je suis toujours votre star.
-Et alors, qui est votre... Bonsoir, monsieur.
-Bonsoir. -Votre cavalier ?
-Ah... Loïc ?
Cédric ? Yannick ?
-Mathieu. -Mathieu.
On vient de se rencontrer sur le parking.
Si j'arrive à un mariage en célibataire,
c'est l'émeute, je ne peux plus
respirer. D'ailleurs, on se retrouve plus tard ?
-Hum !
-Je devrais lui montrer l'entrée du château.
-Vas-y. -Mathieu ?
-L'entrée est juste là.
-On attend que maman se marie pour se rebeller ?
-Ah, les poils ! Non, j'ai pas eu le temps de raser.
On y va ? -Oui.
Vous pouvez entrer.
-Non... -Ici, y a pas de problème d'odeur.
-J'ai froid. -Hier, j'en ai autopsié
un qui s'est affaissé
comme un soufflé au munster,
non, un flan à la mimolette !
-Ca suffit. -Vous aimez pas la mimolette ?
-Non, et ni le munster
ni les cadavres ! Il soupire.
C'est un accident ? -Ca vous arrangerait.
-Oui.
Elle soupire. -J'y crois pas, regardez.
La porte s'ouvre
de l'intérieur.
-Sauf si quelque chose la bloque
de l'extérieur.
-Non. Venez voir ses mains.
-Je peux pas. -Elles sont en parfait état.
-Et alors ? -Les gens piégés
accidentellement dans de tels endroits
font des choses extrêmes pour en sortir : gratter
les portes à s'en arracher les ongles,
s'automutiler... Et là, rien.
-Un suicide ? -Un électeur
de Marie-Ange Wagner, très déçu,
viendrait se suicider ici pour pourrir
son mariage ? -Très drôle.
-Qu'est-ce que vous êtes sexy quand vous riez !
-Arrêtez. -Non.
Ca colle pas. -Un homicide ?
C'est pas vrai...
-Après, c'est difficile d'être catégorique
avec les... surgelés.
Mais j'ai cru déceler à l'arrière du crâne un hématome.
-Hum.
-Pour moi, il a été frappé.
Pour confirmer, il faut absolument décongeler le...
M. Freeze.
Il soupire. -Pour vous, il est mort ici ?
-Quand le coeur cesse de battre, le sang stagne où il était.
C'est dû à la gravité. -Je sais :
la lividité cadavérique. -C'est vrai que
vous avez fait médecine ".com".
Ici, les lividités correspondent à sa position.
Je pense qu'il a été tué dans le frigo.
-C'est bien, c'est des bonnes nouvelles.
-Ca mérite une petite "coupette".
Allons nous en chercher une.
-Come on, my friend !
-Je l'ai "ouaté" ! -Ce qui complique tout, c'est que
ça doit être un membre du personnel qui l'a tué.
-Y a des chances. Pourquoi ça complique ?
-La Fête des sens, qui organise le mariage,
la patronne, c'est Victoire, la fille de Christian Hass.
-Oh ! -Hum.
-Merci.
Ah oui. Effectivement, c'est un peu délicat
d'aller chercher des poux à votre petite soeur et à beau-papa.
-Et il a invité tout Strasbourg.
J'ai pas hâte d'annoncer un meurtre à ma mère.
-Vous comptez interrompre ce mariage ?
-J'ai pas le choix. -Je vous interdis de le faire
tant que j'ai pas dansé. C'est clair ?
Sirène. La police.
-Je leur avais dit d'être discrets.
-Ah ! Bah, là, ils ont pas dû comprendre le mot.
Discret, c'est pas...
Mais c'est pas mal !
C'est qui, la jeune femme ?
-Le lieutenant Belkacem,
je devais la rencontrer lundi...
-C'est le patron, ça ? -Ouais. César Wagner.
-Et elle, elle est de la maison ?
-C'est Beaumont, la légiste.
Elle est un peu originale, mais elle est cool.
-Magnifiques !
Vous devriez vous habiller comme ça tous les jours !
Non ? Version officielle : vous êtes invités
à ce mariage, donc, vous vous faites des petits bisous,
de temps en temps. -De quoi ?
-Pour faire vrai couple.
Voilà, je vous laisse,
je vais aller vérifier si y a pas des petits...
amuse-bouche !
-Bon... Bravo pour la voiture.
Et la tenue, c'est pas
un peu trop... ? -C'est habillé, non ?
-On dirait "Deux Flics à Miami".
Vous, vous êtes plus dans le thème.
C'est bien. -Merci.
-Enfin, presque. -Alors, la robe, je veux bien,
mais pas les talons de 15 cm ! Pourquoi les femmes devraient
toujours se taper des entorses ? -Oui, d'accord, c'est pas faux.
Il faut sécuriser la scène de crime.
-Je m'en charge... -Non, on a dit discrètement.
Discrètement, OK ?
C'est parti.
Lieutenant Belkacem ? -Hum ?
-Bienvenue dans l'équipe. -Merci, Vous pouvez
m'appeler Samia, ou Sam.
-Capitaine ?
Bravo pour la voiture de patrouille.
-Ah mais ça, c'est le lieutenant Rollot qui...
Bon, bref.
-Je compte sur vous pour ne rien... bousculer.
-Rien bousculer ? Mais on fait quoi, là ?
Un mariage, des politiques, un crime !
Là, franchement, ça pue !
On devrait tout arrêter et boucler le château.
-M. le substitut, lieutenant Belkacem.
-Enchantée.
-Lieutenant Belkacem, je peux prévenir les chaînes info
mais vous gérez la levée d'immunité diplomatique
pour interroger les ambassadeurs. -Le lieutenant n'a pas tort,
il faut qu'on puisse enquêter.
-De quand date la mort ?
-D'après la rigidité du corps,
enfin, son niveau de congélation,
le Dr Beaumont penche pour le milieu de la matinée.
-Ce qui exclut tous les invités
et restreint les suspects au personnel et aux organisateurs.
Concentrez-vous sur eux. -Y compris les mariés.
-Ca va aller. -Oui...
-Bah si, y compris les mariés. -Oui...
-Tu l'envoies, là ! Oh !
Brouhaha.
-Vous voyez quelqu'un qui voudrait gâcher la fête ?
-Des concurrents qui voudraient que
votre société échoue ? -On gère
des mariages, c'est pas la mafia.
-Pas d'ennemis, de chantage, de pressions ?
-Vous dites ça à cause des problèmes qu'a eus la société ?
-Quels problèmes ?
-Rien, c'est une vieille histoire.
-M. Magritte vous demande. -Oui. Excusez-moi.
-Dites-moi si je me trompe,
mais vous êtes en famille, avec elle ?
-Je serai objectif, je ne la connais
que depuis ce matin.
-Je me demandais juste si...
vous ne la trouviez pas plutôt nerveuse.
-Perturbée, oui, qui ne le serait pas ?
-Vous ne voulez pas que je la surveille, quand même ?
-Si. Avec Greg, vous fouillez sur elle, sur sa société
et sur cette vieille histoire. -Au fait, patron ?
Vous allez faire un discours ?
-Mais oui.
Bien sûr.
Excusez-moi. Pardon.
S'il vous plaît !
Oh... Il urine.
Etre fils d'une mère...
Oh, mon Dieu. c'est partager sa mère...
Soupir.
Etre fils d'une mère,
c'est partager sa mère...
Non, ça va pas du tout.
Qu'est-ce qui rime ?
Mère, mère, mère...
Sévère ? Austère ? Prrr !
Coléoptère ? Camembert ?
Camembert...
-Ah, César.
Je viens d'apprendre, c'est très ennuyeux, ça.
Si les médias s'en mêlent, c'est une catastrophe.
-Excusez-moi, Christian, quelqu'un vient d'être tué
et vous craignez pour vos affaires ?
-Oh non, c'est pas du tout le sujet.
Viens.
Je te trouve assez dur avec moi.
-Ecoutez, Christian, c'est purement professionnel.
C'est votre fille qui organise le mariage...
-Ca faisait un bail que je n'étais
pas venu ici.
-Excusez-moi, je comprends pas, c'est...
C'est votre château ?
-Oui. Enfin, ça appartient à une de mes sociétés.
On y organise des chasses d'affaires,
c'est l'usage dans les BTP. Et on le loue
pour des séminaires ou des mariages.
-Vous m'avez fait venir ici pour me dire quelque chose ?
-Je préfère te le dire, que tu l'apprennes par moi.
Victoire a eu des problèmes avec la justice.
-De quel ordre ?
-Des problèmes sérieux.
Des problèmes de drogue.
Elle a eu une adolescence un peu compliquée,
elle aimait bien transgresser les règles.
Faut croire que ça devait être dur d'être ma fille.
-Et...
C'était quand ?
-Il y a une dizaine d'années.
Elle a failli être condamnée pour possession de drogue.
Maître Cherki s'occupait de sa défense.
-Aida Cherki, son associée ?
-A l'époque, c'était son avocate. Je l'ai dénichée.
Son profil m'a plu, le fait qu'elle vienne
d'un milieu difficile, elle lâche jamais rien.
D'ailleurs, elle a sorti Victoire de tout ça.
-Et c'est terminé ?
-Ah oui, oui.
Ca, j'en suis certain.
Absolument.
-Tout ça pour me ramener dans une chambre.
-Hein ? -T'inquiète,
j'ai ce qu'il faut.
-Non, non ! C'était pas du tout pour le...
-Ah, ah, ah !
-Ah, c'est drôle, ça. -Bah, un peu.
-C'est marrant. -Oui.
On fait connaissance.
La fille que je remplace, c'est un congé maternité ?
-(Léa ?)
-C'est ta meuf ?
-Non, elle est pas enceinte.
Elle est à Lyon pour un stage de profilage.
-C'est ta meuf.
-Oui... OK, y a un truc entre elle et moi.
Je sais pas où on en est... J'ai pas envie
d'en parler. -Te fais pas trop d'illusions,
avec ce stage, elle peut être mutée à Interpol
ou à Paris, au 36.
C'est parti. Vu comme on a pris les empreintes,
je suis pas sûre du résultat.
Ca matche ! Il est dans le fichier.
Alors, le cadavre du frigo... -Cédric Fuchs.
Il a pris 5 ans pour agression à main armée,
tentative d'homicide,
et est sorti de prison depuis... -Une semaine.
C'est dangereux, la liberté.
Ah !
Il a aussi travaillé dans la sécurité
et il était contractuel à la mairie de Strasbourg.
Tu penses à ce que je pense ?
-De ?
-Bah, la mairie de Strasbourg !
-Ah ! Ouais.
-Ah mais non, calme-toi, t'es pas du tout mon style.
-Toi non plus, hein.
-(C'est ça.)
-C'est n'importe quoi, tu sais combien il y a d'agents
à la ville de Strasbourg ? -Je sais,
j'aimerais juste que tu fasses attention.
-Merci de te soucier de ma sécurité,
mais lâche ton enquête 5 minutes. -Pourquoi ?
-C'est l'heure des photos. -Des photos ?
-Enfin ! Vous étiez où ? Applaudissements.
-La mariée est là !
... -Bravo !
... -On peut faire les photos !
...
-Victoire, viens.
S'il te plaît. -Viens à côté de ton frère.
-Les lunettes !
-Venez. -Avec plaisir.
-Bonjour. -Bonjour.
Vous me rappellerez le prénom de l'ambassadeur belge ?
-Raoul. -Raoul, c'est ça.
Sait-on jamais.
-Vous êtes beaux, tous les deux.
-Merci beaucoup. -C'est pas du tout...
-Bah si !
-J'en profite, une des patronnes vient de tomber dans les pommes.
*Dance music.
*...
-Elles vont être chouettes, ces photos.
-Pff ! -Ah si.
L'incarnation de la joie de vivre.
-Si on n'avait pas trouvé un cadavre, je serais plus joyeux.
-J'en suis pas si sûre.
César, je vous connais. Il y a autre chose ?
-C'est mon discours. Je sais pas quoi écrire,
je suis perdu. -Je peux le faire.
Je l'écris, si vous voulez. -Quoi ?
-J'étais
un génie en rédaction. -Ah ?
-Un génie !
-Je veux bien, merci. -Merci beaucoup.
-Pardon, ça vient des frigos ?
-Oui, monsieur, j'imagine. -D'accord, merci.
-Mais...
César ! -Non, non, non.
-Ah, mon Zaza !
Tu ne m'as jamais présenté cette délicieuse créature.
-Délicieuse ? Vous ne m'avez même pas goûtée.
-Jean-Eudes Boisseau de la Ferté. -Elise Beaumont.
-Je confirme, vous êtes délicieuse.
Et même avec un petit goût de revenez-y.
Rires.
-Pardon, vous êtes vraiment de la même famille que Zaza ?
-Sûr à 100 % ! Hein, mon Zaza ? -Oui.
-J'ai choisi le rôle
du mauvais garçon ! On va danser ?
-Avec plaisir.
Accordez-moi quelques secondes.
-Votre chevalier vous attend, le coeur battant
au rythme de la salsa !
-Il est rigolo. -Vous l'avez loué ?
-Hein ? -Le cousin.
Vous l'avez loué pour moi ?
Comme on loue des magiciens pour les anniversaires ?
-Non.
-Merci.
Vous me l'avez loué, je le sais.
-Vous êtes sérieuse ? -Merci !
-Vamos a bailar ! -Avec plaisir,
encore une fois.
-Mmm !
Mmm !
Le traiteur, c'est un génie !
Mmm !
-On bosse souvent le week-end quand on n'est pas de service ?
J'ai bientôt une compète, je dois répéter...
-Compète de quoi ?
-De karaoké.
-Non, je juge pas, mais les loisirs,
dans notre métier, c'est pas facile.
-C'est pas vraiment un loisir.
Je suis vice-championne d'Europe. -Hum !
Sonnerie gag. C'est mon pote de la prison.
Allô, Ben ?
Ca va, mon pote ?
Ouais, pareil !
Dis, au sujet de notre affaire,
t'as des infos sur lui ?
OK.
Ah ouais, quand même.
Et ses voisins de cellule ?
Attends, comment tu dis ? Olivier Angeli.
Ben, merci beaucoup. A charge de revanche.
Si t'as d'autres infos, t'hésites pas, tu me rappelles.
Allez, ciao, merci, mon pote.
Donc,
Fuchs, c'était pas un tendre. Il s'embrouillait
avec tout le monde. -Le mec qui partageait sa cellule
s'appelait Angeli ?
-Oui.
-En fouillant sur Victoire Hass,
je suis tombée sur un Olivier Angeli
qui bossait à la Fête des sens.
Là.
Angeli. -Montre.
Eh ouais.
-Ici, vous ne serez pas dérangés.
C'est l'ancien pavillon de chasse du château.
Il s'en est passé de belles.
Il s'en est passé de belles, si vous voyez ce que je veux dire.
Mais maintenant, M. Hass est marié,
il va faire des travaux.
Si vous avez besoin de quoi que ce soit...
-Merci, Jeffrey.
-Geoffrey.
-Ca va le faire.
-Oui, ça va le faire.
-Attendez.
Pourquoi vous l'emmenez comme ça ?
-Du calme, monsieur. Votre fille est majeure,
elle a pas besoin de vous.
-Papa, tout va bien, je t'assure.
-Aida, je compte sur toi. -T'inquiète pas.
-César ? Tu peux m'expliquer ? Pourquoi vous l'interrogez ?
-Un meurtre a été commis. On a besoin d'elle
pour éclaircir 2-3 choses. -En la traitant en criminelle ?
-Allez, faites-nous confiance.
César entre et ferme la porte.
-Merci.
-Cédric Fuchs, ça vous dit quelque chose ?
-Non. C'est le nom du mort ?
-Et Olivier Angeli ?
-Olivier ? Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans ?
-Quels sont vos liens
avec lui ?
-C'est l'ancien responsable technique
de la Fête des sens.
-C'était votre associé ? -Non.
Juste un employé.
Il nous a aidées au moment où on s'est senties dépassées.
-Comment vous le décririez ?
-Efficace.
Il était généreux,
attentif aux autres.
-Je l'ai connu parce que j'étais son avocate.
On savait qu'il avait une ardoise, mais chacun a droit
à une seconde chance. -Mais avec lui, ça a pas marché.
-Si. Quand même, ça a marché pendant trois ans.
Et après, on sait pas
ce qui lui a pris, il a dérapé.
-Dérapé... Il a failli couler la boîte, quand même.
Il a braqué un de nos mariages.
-Et depuis ?
-Je l'ai défendu à son procès, et depuis plus de nouvelles.
-Pourquoi ces questions sur Olivier ?
-Il était dans la même prison que la victime.
-C'est-à-dire qu'il est sorti ?
-Hm. Il y a quelques jours.
Vous le saviez pas ?
-Ah non.
-Non.
Mais il peut pas être impliqué dans cette histoire.
-Il va falloir mettre ça à plat. D'abord, il faut le trouver.
Vous sauriez où il peut être ?
Il a de la famille ?
-Oui.
-T'es sûr que c'est là ? -D'après sa soeur, ouais.
Allez, on se dépêche !
-Police, ouvrez !
-OK. Bon. On y va.
D'accord.
Une seconde.
Un ! Deux !
Haa !
Oh putain !
Ah !
-Ca va ?
-C'est bon, ça va.
-Myriam, garage. Boris, jardin.
Merde.
J'ai trouvé Angeli !
-Ah ! Hou...
Le blanc, le rose pâle, je vous conseille pas.
Restez où vous êtes.
Est-ce que vous pouvez, Greg, me dégrafer mon...
-Ouais.
-Le laissez pas traîner au sol, tenez-le,
c'est fragile. -OK.
-Dommage que César soit pas là.
Est-ce que vous pouvez me...
prendre le... ? -La serviette ?
-Oui, s'il vous plaît. -Ah, bavoir !
-Voilà.
Bon, on dirait qu'il est pas mort tout seul.
à moins de s'être donné des coups de couteau un peu partout.
Remarque, j'ai passé une nuit avec un fan de country,
j'étais à deux doigts de me... !
Vous voyez, les coups,
ici.
Là, faut être souple.
-On a trouvé ça aussi.
-Ciseau à bois, pas vraiment aiguisé.
Celui qui a tué avec ça devait être bien énervé,
déterminé et habitué
aux armes de fortune. -Comme on en fait en prison.
-Bon, l'arme du crime,
des empreintes partout,
on est bon !
On peut retourner danser !
Il se racle la gorge.
-L'équipe a trouvé ça. Une petite fortune.
Le tueur a rien pris.
-Il avait peut-être prévu de repasser faire le ménage,
mais en a été empêché.
-Attends, donc, Fuchs tue son ancien codétenu,
laisse un paquet de thune ici
et retourne au château pour se faire tuer lui aussi ?
Joyeux brouhaha.
-Wagner ?
César ?
-(Philo, tu peux pas rester là.) -T'es mignon, mais je bosse.
-Oui, bah... -Vous en avez pour longtemps ?
On doit mettre des trucs au frais. -Après ce qui s'y est passé ?
-César, je tiens un bar,
des cadavres, j'en ai vu d'autres.
Un coup de Javel et c'est bon !
-Wagner ? -(Reste pas là.)
-Vous avez fini ?
-Bonjour. -Bonjour.
On n'est plus à ça près.
Maintenant, il va falloir évacuer le corps.
Vous avez trouvé où l'entreposer ? -Oui.
Dans l'autre aile, dans une chapelle.
Mais niveau discrétion... -Je vous fais confiance.
Mais que personne ne l'apprenne
parmi les convives. Ca vaut pour vous aussi.
-Vous pouvez me faire confiance. -Oui.
-Tenez-moi
au courant pour l'identification de l'autre victime.
-Oui. -Bien.
-(Une autre victime ?)
C'est qui, ce mec ?
Ce guignol ? -Le substitut.
-Le substitut... Bon, tiens ! Hop !
C'est les sorbets, ça doit rester au frais.
Allez, au boulot, Wagner !
-Philo...
Sonnerie.
-Salut.
Dans la cave ?
Pourquoi tu veux que je rejoigne dans la cave ?
Le cadavre ?
(Le cadavre ?)
Maintenant ?
-Ca marchera jamais. -Mais si, ça marchera.
-Couvrez-le.
-Ah oui, pardon.
T'es toujours dans les bons plans. -Moi, si je peux aider...
Je fais l'embaumement, aussi. -Quoi ?
-(Attendez.)
(C'est bon.)
-Ah, mon Zaza, t'es là.
Ca va ? -Oui.
-Quelle tête ! On dirait que t'as vu un mort.
Ca va ? -Ouais.
-Enchanté, Jean-Eudes. Le cousin de Zaza.
-"Zaza" !
Elle rit.
-C'est quoi, ça ?
-De quoi ?
Je sais pas.
-Oh, tu me caches un truc !
-Non.
-Qui c'est qui est mort ?
-Bon, Zaza,
on y va, hein ?
Tout le monde nous attend. -Oui.
-Qu'est-ce... On la met où ?
-De ?
-L'armure.
-Oui ! Pour le sketch.
-Oui... -Vous faites un sketch ?
-OUI.
-Je peux participer ? -NON.
-Il serait super ! -Oui, merci.
-Il serait super, mais non, pas du tout.
On a répété des mois.
Zaza, faut y aller. Par la cave ?
-Oui, c'est... -Désolé.
-Voilà.
-Ca va aller, ça va aller...
-C'est du poids, ça ! Super lourd.
-Je suis désolé, j'aurais vraiment aimé que tu participes au sketch.
Efforts. -Fait chier, c'est super dur !
-Qu'est-ce qu'il a bouffé ?!
-Ca y est ! -Aïe !
-Non mais, c'est une blague ? -Arthur, prends-le sur le dos.
-Hop ! -Allez !
T'as bien vérifié qua la porte est ouverte ?
*Muzac. -Aïe ! Oh !
-Ca va, Arthur ? -Ca va ?
-Ouais, ouais. -T'es sûr ?
*... Je sais pas comment vous remercier.
*... -Tournée générale au Strass !
-Je m'étais pas autant amusé depuis la Pride à Berlin !
J'ai conduit un char.
-T'as ton permis ? -Non, justement !
C'était le fun. Entre autres. Encore envie de pisser ?
-J'ai quoi ? -T'as quel âge ?
-La cinquantaine ? -Non.
-Les années filent. La prostate... -La prostate, Zaza !
*... -Cette musique, j'en peux plus !
*... Je vais m'occuper du DJ.
*... C'est insupportable.
*...
Il joue à un jeu vidéo.
*... Une envie particulière ?
-César, viens ici, j'ai à te parler.
*... Tu m'expliques ton attitude ?
*... -Je suis pas sûr de comprendre.
-Christian, sa fille... La manière dont tu les traites.
Tu veux saboter mon mariage ?
-J'essaie de résoudre deux meurtres.
-Deux ?
-On a trouvé un autre cadavre. Pas ici, je te rassure,
mais en lien avec le premier et...
et avec Victoire.
Ambiance joyeuse.
...
-Quoi ? Tué lui aussi ?
-Ca a l'air de vous toucher.
Vous le connaissiez ? -Oui... Plus ou moins.
-Mon chéri,
je crois que César va avoir besoin que tu lui en dises un peu plus.
Tu l'as connu comment ?
-J'ai connu Olivier Angeli quand il travaillait pour Victoire.
C'était pas un mauvais type.
Débrouillard, intelligent.
Mais apparemment une grosse erreur de casting.
Ou une vie placée sous le signe de la poisse.
...
Si tu veux bien, j'aimerais annoncer
la nouvelle à ma fille.
Elle est tellement à fleur de peau.
-Bien sûr.
...
-Bonsoir.
Petit cake aux olives ?
-Mais... -Sinon, j'ai des frites.
-Oh !
Mais...
-C'est David Copperfield qui m'a montré ça.
-D'accord.
OK.
Donc, chef d'entreprise à succès,
coach, aventurier...
et magicien !
-Oh, vous savez, on fait ce qu'on peut !
-Terrine de foie gras. -Je sais pas...
-Zaza, j'allais pas te laisser tomber.
Regarde : endives, quinoa, sans gluten, tofu grillé,
wakamé, citron yuzu. C'est que des graines, du soja, des algues.
-T'as pensé à moi.
-Non, c'est juste que personne en veut.
Sonnerie. -Excuse-moi.
-C'est con, ça a l'air bon.
-Oui, lieutenant, du nouveau ?
*-Carrément, patron.
Dans les fadettes du téléphone d'Angeli,
on a trouvé 2 appels intéressants.
Un à l'avocate, Cherki, et un avec Christian Hass.
-Vous êtes sûrs ?
C'est pas ce qu'ils disaient tout à l'heure.
-Avec Hass, l'appel a été court, mais plusieurs minutes
*avec Cherki.
-D'accord. Merci.
-A votre service. Bisou.
Pas bis... Il a raccroché.
-J'arrive.
Aida ?
-Oui ? Je peux vous parler 2 minutes ?
-Oui.
Bien sûr.
-On a retrouvé Olivier Angeli.
Il est mort.
Ca va ?
-J'ai besoin d'un verre d'eau.
-Excusez-moi.
-Pardon. -Merci.
-Merci.
Vous voulez dire assassiné lui aussi ?
-Oui.
-Alors les deux morts sont liées ?
-C'est un peu tôt pour le dire.
Mais j'aimerais connaître les grandes lignes de l'affaire...
Les grandes lignes de l'affaire qui l'a conduit en prison.
-C'était pendant le mariage d'une personnalité médiatique.
Un bijoutier avait prêté un collier
d'une grande valeur, et dès son arrivée,
il a été violemment agressé
par un homme masqué, et le collier
a disparu.
-Comment Angeli a été associé à ce vol ?
-Un coup de chance.
Si on peut dire.
Il y avait une opération de police tout près,
tout a été très vite bouclé.
C'était impossible de s'enfuir, ils ont tout fait fouiller.
-D'accord.
Angeli avait le collier ? -Caché dans son sac.
-J'imagine que son casier l'a pas aidé.
-Je l'ai défendu au mieux, mais il a pris
2 ans ferme.
-Et vous n'avez plus eu de nouvelles ?
-Je suis désolée.
Je vous ai menti tout à l'heure. Victoire
aimait beaucoup Olivier. Je lui ai pas dit
qu'il m'avait appelée.
-Que voulait-il ? -De l'aide,
du travail. Et j'ai refusé. Vous trouvez ça cruel ?
Il a eu sa chance, il l'a gâchée, je peux plus rien pour lui.
-OK.
Merci.
Qu'est-ce qui se passe ici ? -Monsieur vient de tomber.
Je vous ai un peu heurté, certes,
mais sans mauvaise intention. Et vous avez une entorse.
-Mais j'ai une soirée à animer !
-Ne bougez pas, je suis médecin, et je vous le dis,
vous pouvez plus mixer ce soir.
La malléole est touchée.
-J'ai même pas mal.
-C'est encore pire. Plus de sensibilité.
Aux urgences, fissa !
Allez, les gars, on y va ! -(Arthur ?)
Tu crois que je vois pas ton manège ?
Et ton serment ? -Sache que
je suis en train de sauver le mariage de ta mère.
-Un, deux...
-Tu veux devenir DJ ? -Je suis DJ.
Mykonos, Berlin, Ibiza,
avant de faire médecine, j'en ai fait bouger des popotins.
Haut les coeurs !
Ah...
Et c'est
par... ti !
*Electro à fort volume. Hi ! C'est bon, ça !
*... Hou !
*... -Oh là là !
*... -You hou !
You hou ! *...
*...
-Monsieur, circulez, on a une opération de maintenance.
Evacuation d'eau. Circulez !
-"Opération de maintenance" ?
-Il n'y a pas de bureau plus confortable ?
-C'est central et plus pratique pour...
Enfin, pour...
-Bon.
A son procès, Angeli a nié tout du long
avoir agressé le bijoutier ou volé le collier.
On frappe. -C'est occupé.
-Il savait qu'il allait prendre cher.
Ils nient tous, non ? -Pour son précédent procès,
il avait une autre ligne, il disait : "J'ai joué,
"j'ai perdu, j'assume."
-Son avocate lui aura demandé de changer de stratégie.
On insiste. -C'EST OCCUPE.
-J'ai parlé avec sa soeur, Angeli pensait avoir été piégé.
Il aurait dit : "Quelqu'un va devoir raquer
"pour que je la ferme." -Une extorsion ?
-Un dédommagement ?
Ca fait un sérieux mobile.
-Et Fuchs dans tout ça ?
-Il venait du grand banditisme.
Angeli lui aura demandé de l'aider. -Laissez-moi passer.
On frappe. -C'EST OCCUPE !
-C'est moi !
-Bah alors ?
-Attendez... -Deux minutes.
-NON !
-Beaumont a reçu un rapport de la Scientifique.
-Déjà ? -Oui.
Angeli est mort quelques heures avant Fuchs. Les empreintes
de Fuchs sont partout chez lui. -Donc il a bien tué Angeli.
-Il a mal choisi
son associé. Trouvez à qui Angeli
soutirait de l'argent. -Excusez-moi...
-Bon, Wagner, on vous laisse.
Il urine.
...
Il remonte sa braguette.
-Ho, pardon. Merci.
Non mais... Encore ?
Vous avez une vessie de moineau ou quoi ?
-Je sais pas ce qui m'arrive.
J'arrête pas de boire, donc je... tout le temps et...
Ce serait le symptôme de quoi ? -Hyperglycémie.
Le corps essaie d'évacuer l'excès de sucre,
en général, ça vient
d'un diabète. -Mais oui... C'est horrible.
-Pas cool. Ou alors...
-Oui ? -Les petits-fours trop salés.
Les traiteurs font ça maintenant. -Quoi ?
-Ils les salent trop pour qu'on boive,
donc on boit et on va
faire pipi. -J'en ai pas mangé.
-Dites, il va falloir me raconter des anecdotes
-Des anecdotes sur quoi ? -Pour votre discours.
Je sais pas, des trucs un petit peu gênants,
un secret de famille croquignolet,
un truc punk, sale... -Non.
-C'est pas grave.
Je vais demander à votre cousin.
Je suis sûre qu'il me racontera des choses...
-Ouais.
-Un petit peu olé-olé !
Il soupire. -Un diabète...
Non, non, non... C'est pas bon, ça.
-C'est la voiture de Fuchs.
C'est Sam qui l'a trouvée. -Hum.
-Y a du sang sur le volant. -Je parie
qu'il matche avec celui d'Angeli. -Angeli est
sûrement mort à cause de l'argent trouvé chez lui,
mais pourquoi Fuchs est venu ici ensuite ?
Il voulait quoi ?
-Qu'est-ce qui liait Fuchs à Angeli ?
Faudrait voir à la prison.
-A cette heure-là... -J'ai un pote
qui est surveillant là-bas. Je vais l'appeler.
-A cette heure-là ? -Ouais, c'est un pote.
-Alors, jusque-là, on n'a eu que des félicitations,
par contre, c'est pas fini.
Ce soir, on leur met la fête des sens. On donne
tout ce qu'on a ! -OUI, CHEF !
-On y va.
-Tu m'as fait peur.
Euh, vous... ? On se tutoie plus ?
-J'aimerais bien qu'on se vouvoie le temps de la procédure.
-Même quand on est
tous les deux ?
-Je sais plus...
OK.
T'es...
T'es au courant pour Olivier Angeli ?
Brouhaha en cuisine.
-Mon père m'a dit.
-J'ai besoin que tu réfléchisses bien avant de me répondre.
Tu penses qu'il y a un lien
entre la mort d'Angeli
et ta société ? -Ca fait 2 ans
qu'Olivier n'a plus rien à voir
avec elle. -Tu ne l'as pas revu
depuis sa sortie de prison ? -J'étais même pas au courant.
De quoi il est mort ?
-Il a été poignardé.
Sûrement par le type retrouvé dans le frigo.
-Ca suffit !
-On discute... -Tu ne réponds plus
sans la présence d'un avocat. -Sympa, les repas de famille.
-Qu'est-ce... ? -César, ça va ?
-Ca va...
-J'appelle les secours ?
-Oui...
Non.
Mon docteur, Arthur... Weiss.
-Arthur Weiss.
-Ca t'arrive souvent ?
-Ca va, César ?
Tout le monde vient
faire son malaise ici,
c'est un hôpital de campagne ?
L'hécatombe !
-Je suis pas bien.
-Un verre d'eau ?
-Oui...
...
César soupire. -Ouais.
Bon, tout va bien.
-T'es sûr ? -Oui.
T'as mangé un truc ? -Non, tout est mauvais
pour la santé.
Je suis malade, Arthur. Oui.
-C'est grave ?
-Te fous pas de moi. Oui, c'est grave.
Arthur... Je suis diabétique.
-Ah ouais ? -Oui.
-Tu dramatises un peu, parce que même si tu l'étais,
la médecine a évolué. Avec un patch, tu peux déterminer
ta glycémie, t'as des pompes à insuline
automatiques. -Ca sert à rien.
-César, tu fais pas d'excès, tu pourrais gérer ça facilement.
T'as fait un test de glycémie ? -Non.
Ca sert à rien non plus. J'ai tout le temps soif,
je vais souvent aux toilettes, c'est un des symptômes.
-Les médocs que tu prends depuis ce matin,
c'est quoi, exactement ?
-Ca a rien à voir, ça.
C'est parce que je fais de l'hypertension.
-De l'hypertension ? Tu peux me montrer, s'te plaît ?
César soupire.
C'est quoi, ça ?
Oh !
-Quoi ? Arthur rit.
Tu te fous de moi ?
-Mais bien sûr !
Arrête de prendre n'importe quoi sans ordonnance.
Là, tu t'en sors bien, mais si tu pisses si souvent,
c'est pas la glycémie. -C'est quoi ?
-Une polyuro-polydipsie.
-Quoi ?
-Repose-toi et arrête l'automédication.
Ca, c'est des diurétiques : pour aller pisser.
-T'es sûr ? -Mais oui !
*Musique au loin.
*... Il ronfle.
On entre.
*... ...
-Qu'est-ce qu'il y a
encore ?
Alors, vous en êtes où ?
-Je réfléchissais. -Les invités commencent
à s'interroger. Si un journaliste l'apprend, je devrai
interrompre la fête. -Avant mon discours,
ça m'arrangeait. -S'il vous plaît.
-Pardon.
On bloque toujours sur cette histoire d'argent.
On ne sait pas à qui ils ont extorqué les 30 000 E, ni pourquoi.
-Il y aurait un lien avec la Fête des sens ?
Ni Victoire Hass ni Aida Cherki n'ont été tuer Angeli.
-Non, on est sûrs que c'est Fuchs.
-Mais pour Fuchs, aucune des deux n'a d'alibi.
On pourrait leur mettre la pression.
-Il y avait 50 personnes au château.
Certains ont le même profil
qu'Angeli. Ca peut être l'un d'eux.
-Victoire Hass
aussi a un casier lié au trafic de drogue.
Sa société pourrait servir à fournir des stupéfiants.
-Elle a commis des erreurs, mais je ne la vois pas replonger.
-Mon pote de la prison... -Chut.
-Discret.
-Mon pote de la prison m'a expliqué
qu'Angeli était un détenu modèle.
Il partageait ses colis.
Jusqu'à ce que Fuchs arrive dans sa cellule.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
Il serait tombé sous la coupe
de Fuchs ? -Oui.
Il y a plus intéressant : la liste des colis reçus.
Un seul expéditeur.
-Et ?
-Christian Hass.
-Putain...
Joyeux brouhaha.
...
-César, tu sais que c'est
mon mariage ? -Oui, je suis au courant.
J'aimerais éclaircir
une sombre histoire de colis envoyés à Angeli.
-Je vous préviens,
un interrogatoire doit être fait dans les règles.
-C'est pas une garde à vue.
-Aida prend très à coeur ma défense.
Je n'en suis pas à réclamer la présence d'un avocat.
-Vous conseilliez l'inverse à votre fille.
-Victoire, elle, est vulnérable.
...
-Vous m'expliquez ?
-Pour les colis ? -Oui.
-Je te dois des excuses, j'aurais dû
être plus transparent. Oui, j'ai envoyé un colis,
quelques colis à Olivier en prison.
-C'est quoi ? Votre fibre humaniste ?
-Capitaine.
-Laisse, Aida.
On se connaît assez bien pour ne pas se formaliser.
J'ai fait ça pour Victoire.
Enfin...
plus particulièrement pour mon petit-fils, Elio.
Angeli est son père.
-Angeli était le père d'Elio ? -Oui.
Ils ont eu une brève relation avec ma fille qui a pris fin
avec la prison. Elle a su plus tard qu'elle était enceinte,
seule avec son fils...
Ca peut sembler surprenant, j'ai aidé le père de mon petit-fils.
César soupire.
-A quand remonte votre dernier échange avec Angeli ?
-Je sais pas, il y a des semaines.
Il m'a appelé, j'étais en réunion.
Je lui ai dit de rappeler, il l'a jamais fait.
-J'espère que vous n'avez pas d'autres surprises.
-Non.
Les gens tapent dans leurs mains. -UN DISCOURS ! UN DISCOURS !
On frappe.
-Entrez, mon frère.
Elle glousse.
-Qu'est-ce que ça donne ? -La décongélation a fait
apparaître des choses. -Oui, quoi ?
-Heureusement qu'il avait la peau qui marquait,
j'ai pu trouver cette petite trace de piqûre au creux du bras.
-Où ça ? -Là.
-Ah oui.
C'est quoi ? Un vaccin ? Une prise de sang ?
-J'ai prélevé des échantillons, le labo nous le dira.
-On pourra les avoir cette nuit ? -Si votre cousin génial peut
les analyser par imposition des mains, oui,
sinon il faudra attendre. Merci.
-J'ai trouvé un truc en fouillant sur la Fête des sens,
et ça concerne votre beau-père.
-Oh, c'est pas vrai...
Joyeux brouhaha.
...
-Monsieur Hass ?
-Oui ? -Pourquoi avoir
caché que vous aviez des parts importantes dans la société ?
-C'est sans rapport avec votre enquête.
-Ca peut constituer un mobile.
Si Fuchs et Angeli ont exercé un chantage sur la société,
qui est un peu la vôtre,
vous aviez aussi intérêt à ce qu'ils...
-Disparaissent.
-Moi ? Allons, César...
On nage en plein délire, là.
Je peux facilement m'expliquer, vous savez.
-Je vous écoute.
-Cette sordide affaire, le braquage d'Angeli en plein mariage,
a failli couler
la boîte de ma fille, alors j'ai investi,
pour éviter qu'elle ferme.
-Vous utilisez peut-être souvent des sociétés offshore,
mais pour financer une si petite société...
-Comme celle de votre fille.
-Précisément.
Nos relations n'ont pas toujours été simples.
Elle me reprochait assez d'interférer dans sa vie.
Elle était en difficulté, que pouvais-je faire ?
Je me suis arrangé avec Aida pour le cacher à Victoire.
Vous pensez sérieusement que j'ai pu commettre un meurtre
le jour de mon mariage ?!
Il vous faut un alibi ?
-Pourquoi pas.
-Ah ! Alors, allons-y.
On n'est plus à ça près.
Hier, en soirée, j'ai été kidnappé
par des amis, ils m'ont concocté
un enterrement de vie de garçon,
en Suisse. -Vous êtes rentré quand ?
-Dans la matinée, par avion privé.
Alors, oui, on peut me reprocher
mon bilan carbone, mais pour le reste...
Ce sera tout ?
-Pour le moment. Tenez-vous à notre disposition
si on a des questions.
(Qu'est-ce qu'il nous raconte ?)
Il siffle.
-Eh ben...
Vous lui avez fait quoi, au marié ?
-Il m'a soûlée, ce mec.
Pardon, votre beau-père.
Il a réponse à tout. C'est hyper énervant.
-Ca clignote pas mal autour de lui.
-Il a peut-être tué Fuchs,
pour protéger sa fille de quelque chose.
-Non. Y a quelque chose
de trop crapuleux pour y mêler Christian Hass.
-Sauf votre respect, là, vous êtes pas très objectif.
Joyeux brouhaha au loin. *...
... *...
-Il en est où, ton sketch ?
-Je t'ai menti, j'ai pas de sketch.
Je peux pas t'en dire plus, c'est à cause du boulot.
-Pas de souci, cousin.
Si t'en parles pas, c'est que t'as une bonne raison.
Hein ?
... *...
Ca va, toi ?
Oh !
-Je vais peut-être bousiller le mariage de ma mère.
-C'est pas ce que cherchent à faire tous les enfants ?
Et puis, entre nous, Zaza,
on a fait bien plus grave.
-Eh ben alors ? Ca a l'air
bien joyeux.
-Qu'est-ce que vous faites là ?
-Je regardais les étoiles.
Et vous ?
-Rien.
...
-Pardon, pardon...
Non ! Ca, c'est pour moi.
Désolé. Merci. C'est bon.
Ca roule ?
...
-Ca fait du bien, un peu de calme.
-Je...
Je venais chercher du champagne.
J'ai pas le temps... -Je vais t'aider.
-Non, ça va. J'ai l'habitude.
-Je parlais pas de ça.
On est tout seuls. Y a pas de mère, pas de père,
pas d'associée, pas d'avocate.
Y a pas de flic, non plus.
-Je comprends pas.
-Demain matin, je vais recevoir les résultats du labo.
Je pense que je vais trouver ton ADN et celui d'Aida
sur le corps de Fuchs.
Qu'est-ce qui s'est passé, Victoire ?
Dis-moi,
s'il te plaît.
-Ce matin, quand je suis arrivée
pour superviser la mise en place,
j'ai vu Aida
qui s'engueulait avec un type.
-Avec Fuchs, c'est ça ?
-Oui.
Et lui était en train de la secouer
et pointait une arme sur elle,
alors j'ai paniqué,
j'ai eu peur, je...
J'ai pris le 1er truc que j'ai trouvé
et puis je l'ai frappé.
Je l'ai frappé à la tête.
-D'accord.
Vous étiez dans la chambre froide ?
-(Non.)
Non, on n'était pas loin, on était dans les douves.
Et quand Aida a vu que...
qu'il était mort,
elle a proposé qu'on le cache dedans.
-C'est un homicide involontaire.
Sans elle, ce type m'aurait tuée.
-Qui parle, là ? L'avocate ? L'associée ?
La victime ?
La complice ?
-Vous y trouverez les empreintes du mort.
Ca devrait
prouver la légitime défense.
-Pourquoi avoir déplacé le corps ?
-On allait appeler la police après le mariage.
-Je sais que j'ai tué un homme.
Je suis prête à en payer le prix.
Aujourd'hui, c'est le mariage de mon père.
Je l'ai déjà tellement déçu que...
-Vous avez donné 30 000 E à Angeli,
pourquoi ? -C'est vrai ?
-Il m'a appelée,
j'ai eu pitié de lui.
Enfin, je sais pas...
c'était comme une sorte de solde de tout compte.
J'allais quand même pas le laisser à la rue !
C'était mieux pour tout le monde.
Pour ton fils.
-Et pourquoi Fuchs s'en est pris à vous ?
-Olivier lui a dit que je lui avais donné de l'argent
Fuchs a cru que je pourrais lui en donner aussi.
Son arrestation,
ça peut attendre la fin du mariage ?
-Théoriquement, non.
-Et sous la surveillance de votre équipe ?
Brouhaha.
-César, qu'est-ce que vous faites ?
On vous attend pour le discours. -J'ai appris une mauvaise nouvelle.
-Oubliez-la et concentrez-vous sur votre discours.
Vous l'avez bien préparé ? -J'ai rien préparé.
C'est la catastrophe. -Pas du tout. Je suis là.
Et comme je m'en doutais, j'en ai écrit un.
C'est très drôle, y a beaucoup d'émotion.
La fin, j'ai un petit doute. Je l'ai testé
sur l'ambassadeur belge, il a beaucoup ri.
Applaudissements.
-Quand on parle du loup, on en voit... le pyjama !
Il est l'élégance faite homme.
Tous les criminels de Strasbourg tremblent
à l'évocation de son nom..
Un tonnerre d'applaudissements pour César Wagner !
Acclamations.
Allez, Zaza !
...
-Comme vous le savez peut-être,
je suis le fils de la mariée.
J'en suis très heureux.
Je voulais
pas du tout venir ce soir. -OH...
-Non, enfin, j'appréhendais
pour le discours...
(Je suis complètement stressé.)
(Quand j'aurai fini le discours,)
(j'arrêterai d'aller aux toilettes.)
Rire général.
...
Ce mariage, ce pari fait par deux personnes
qui ont choisi de vivre un bout de chemin ensemble
m'a amené à me questionner : Qu'est-ce que l'amour ?
L'amour,
c'est... aimer l'autre plus que l'on s'aime soi-même.
c'est accepter l'autre
en tout,
avec ses qualités, ses défauts,
ses maladies... Rires.
C'est se sentir vivant
quand l'autre est à ses côtés.
-Il est vraiment amoureux de vous.
-Comme tout le monde. -Je dois vous l'avouer,
avant que Christian devienne mon beau-père,
ça a été un peu compliqué...
-Il m'a même mis en garde à vue !
-Bravo !
-Célibataire, le patron ?
-Hein ? Pourquoi ? -J'en ferais bien
mon quatre-heures. -Sérieux ?
-Mais derrière cette façade d'homme d'affaires,
j'ai découvert un père.
Un homme
qui a subi des épreuves,
et qui en subira d'autres.
Mais j'ai envie de lui dire
qu'il n'y a rien qui ne s'arrange pas.
Christian, je vous confie
ma mère.
Prenez-en soin.
Mais pas trop.
Rires.
Maman,
je te souhaite beaucoup de bonheur avec Christian.
-(Merci.)
-Et j'ai envie de te dire...
que je t'aime.
-(Moi aussi, je t'aime.)
-Ah ouais !
Acclamations.
-Place à la fête ! Vivent les mariés !
...
-Merci, c'est gentil. Merci beaucoup.
Brouhaha.
...
-Hyperglycémie.
-Une des patronnes vient de tomber dans les pommes.
C'est souvent dû à un diabète.
-Il y a des appareils qui déterminent la glycémie
avec un patch.
Des pompes à insuline automatiques.
-(Evidemment.)
*Salsa.
*... -Elise !
Elise !
*...
-Hé !
-Caliente !
*...
-Elise !
*...
-T'as appris où à danser ?
-Dans une émission de téléréalité. "Baila o muere".
-Elise ! *...
-La danse ou la mort.
-"Danse ou meurs", impératif. C'est pas grave.
-Je comprends que tu te sois investi.
-Bah ouais.
*...
-Allez. -Aïe !
César ! Vous me tirez l'oreille !
-J'ai trouvé que ça. -Mais ça se fait pas !
-Vous danserez plus tard...
-Non. Je suis à deux doigts de conclure.
-Avec Jean-Eudes ? -Oui.
-Il a fait voeu de chasteté dans un monastère tibétain !
-C'est quoi, le problème dans cette famille avec le sexe ?
*Electro. -Ouais !!!
*... On fait du bruit !!!
*... Elise rit.
*... -Elise, restez avec moi.
-Oui ? -Ca fonctionne pas.
-Le crime à l'insuline ? -Oui.
-On est d'accord, le sucre, c'est le carburant du cerveau.
Donc, s'il y a une surdose d'insuline,
ça fait baisser la glycémie à zéro, et là ?
Et là ? -Perte de connaissance, coma,
décès. Entre légistes, on appelle ça le crime parfait.
C'est presque indétectable.
-Donc c'est possible.
-Il faut quand même savoir l'injecter en intraveineuse.
Mais c'est jouable. -Ca colle
avec la marque sur le bras de Fuchs.
-Comment vous comptez prouver ça ?
-Il me manque un indice qui prouverait que...
-Qui prouverait que ?
-Qui prouverait que...
-Je peux retourner danser
sinon, hein ?
-Attendez. J'ai besoin de vous. -Pourquoi ?
-Vous passez un coup de fil ?! -Chut.
*Musique au loin.
*...
-Bonsoir.
-C'est une belle fête.
Vous allez mieux ?
On m'a dit que vous aviez fait un malaise en cuisine.
Hyperglycémie ?
-Ha... Pardon ?
-Vous avez votre insuline sur vous ?
-Euh, oui.
Ca va, merci. Je gère.
Comment vous avez remarqué ?
-Vous portez un patch.
En plus, je suis médecin.
Accessoirement légiste.
-C'est votre capteur de glycémie ?
-Oui. Et alors ?
Quand je suis en hyper...
J'ai pas pris assez d'insuline.
Il faut que j'aille en chercher. Si vous voulez pas que
je fasse un malaise au poste, quand j'accompagnerai Victoire.
-C'est fâcheux
d'oublier son insuline
quand on sait que la journée sera longue
et pleine d'émotions.
*...
-Vous pouvez me laisser sortir, s'il vous plaît ?
-J'ai des questions à vous poser histoire d'être clair.
Vous faites vos injections avec un stylo ? Une pompe
à insuline ?
-En quoi ça vous regarde ?
-Ca dépendra du taux d'insuline trouvé dans le corps de Fuchs.
-Je vous préviens.
Le bâtonnier de Strasbourg saura ce que
vous me faites subir.
-Inutile, je viens de l'avoir au téléphone.
-Dr Beaumont, vous pouvez
me redire ce qu'il en est
du coup porté sur le crâne de Fuchs ?
-Bel hématome, sans doute une perte de connaissance,
mais en aucun cas la cause de la mort.
*...
-Et alors ? Ca veut dire que Victoire n'a pas tué
Fuchs.
*...
Ca pose donc 2 questions.
Pourquoi vous avez dit à Victoire
qu'il était mort ?
Et la deuxième :
de quoi est mort Fuchs ?
-J'ai été agressée par un type
qui voulait m'escroquer et vous m'incriminez ?
Victoire et moi, on s'est défendues !
-Me Cherki, j'ai demandé
votre placement en garde à vue.
Léger brouhaha.
...
Elle soupire.
-Bon...
...
-Votre insuline.
-Merci.
-Permettez ? Merci.
Pièce à conviction.
Vous pouvez prendre celui-là.
Elle soupire.
...
Ca va mieux ?
-C'est pas comme ça que ça se passe.
Ca prend plus de temps.
Vous voulez vraiment parler de mon diabète ?
-Vous avez un frère ?
-J'ai 6 frères et 2 soeurs.
-Et l'un d'eux est en prison :
Willy, c'est ça ?
-Hum.
Quelle révélation !
Oui, là d'où je viens, beaucoup finissent comme mon frère.
J'ai décidé de me battre et de les défendre,
alors je suis devenue
avocate. -Il purge 5 ans à Colmar,
dans la même prison que Fuchs et Angeli.
C'est dingue, ça.
-Vous savez ce que c'est ?
-Le registre des employés de la Fête des sens.
-Hum.
-Et on y trouve votre frère, Willy. Une seule fois.
Le jour du braquage d'un collier de valeur
pendant un de vos mariages.
-Si vous le dites.
-C'est votre frère qui a braqué le bijoutier.
Vous lui avez évité la prison
en faisant accuser Olivier Angeli, votre employé.
Votre frère a récidivé et a fini par tomber
pour autre chose. -D'après les gardiens de Colmar,
il est pas discret. Il se vante de toutes les fois
où il a échappé à la police.
-Un de ses codétenus l'a su. Angeli a compris que vous l'aviez
piégé, il vous l'a fait savoir à sa sortie.
-30 000 E, c'est pas cher payé pour 2 ans de prison.
Il est pas trop gourmand.
-Pas comme Fuchs.
Pour lui, c'était pas assez.
Il vous a demandé bien plus.
-C'est ce que vous comptez dire à un juge ?
Bon courage.
-Y aura aussi les relevés d'ADN,
les échantillons de votre insuline
à comparer avec celle que vous avez injectée à Fuchs.
Et puis, je suis presque sûr que votre frère vous balancera
contre la promesse d'une cellule individuelle.
-Vous sous-estimez les liens du sang.
C'est dégueulasse, ce que vous faites.
-Non, ce qui est dégueulasse, c'est d'avoir
fait croire à votre meilleure amie
qu'elle était coupable d'avoir tué quelqu'un.
Ce qui est dégueulasse, c'est d'avoir mis
un père innocent en prison et de l'avoir
privé de son fils.
Ce qui est dégueulasse, c'est d'être responsable
de la mort d'Angeli.
Parce que Elio, aujourd'hui, il est orphelin.
Ca, c'est dégueulasse.
...
-Aida, s'il te plaît.
Je t'ai fait confiance,
Victoire aussi t'a fait confiance,
tu as toujours beaucoup compté pour elle,
tu le sais.
Elle va avoir besoin de toi.
Alors, je t'en supplie, dis la vérité.
Juste la vérité.
-M. le substitut, j'ai une déclaration
à faire.
Victoire Hass a frappé Fuchs
pour me défendre.
Je lui ai ensuite fait croire qu'il était mort,
et je l'ai manipulée
pour qu'elle m'aide à cacher son corps
dans la chambre froide. Elle n'a rien à voir
avec sa mort.
-Merci.
-C'est moi qui te remercie.
*Electro au loin.
*...
-Je vous laisse finir.
Un coq chante.
...
Chants d'oiseaux.
Votre fille arrive.
Le lieutenant Rollot est en train de finir la paperasse.
...
Ca va ?
-Hum.
J'oublierai jamais ce que tu as fait pour nous.
Merci.
Vraiment.
...
Je vais la vendre, cette baraque.
Elle porte la poisse. -Ouais.
...
On la laisse 2 minutes.
-Papa.
Ils ont emmené Aida ? -Oui.
Elle t'a sacrifiée comme...
comme elle a sacrifié Olivier.
Bon, t'inquiète pas.
On va surmonter tout ça, d'accord ?
-Merci.
-Le procureur a validé la légitime défense.
Il retient que la dissimulation du corps.
Essaie de pas culpabiliser.
-J'ai perdu beaucoup de trucs, cette nuit.
La culpabilité, je vais devoir vivre avec.
...
César soupire.
-César ?
Léger brouhaha.
...
On n'a pas toujours été en phase, toi et moi,
hein ? -Hum.
-Parfois même, loin s'en faut.
Mais...
Je suis fière de toi.
De l'homme que tu es devenu.
-Merci, maman.
Il se racle la gorge.
J'ai découvert un...
un autre Christian, aujourd'hui.
Je crois que celui-là, je l'aime bien.
Je vous l'ai déjà dit mais...
je vous souhaite beaucoup de bonheur.
-(Merci.)
Je vais faire de mon mieux.
Oups !
Ils rient.
...
-Dis-moi.
-Hum ?
-Quand vous regardiez les étoiles, avec César,
vous avez parlé de quelque chose
de grave que vous auriez fait ou vécu, enfin...
C'est quoi ? -C'est juste que
quand on était ados, on a fait les 400 coups.
-Les 400 coups avec César ?
-Oui.
-Pardon, j'ai du mal à l'imaginer, là !
Vous avez fait du poney sans bombe ?
Qu'est-ce que vous avez fait de foufou ?
-On a fait mieux, plus foufou.
Le truc grave, c'est que...
un soir, on a visité un chantier, un échafaudage s'est effondré,
des tas de barres métalliques sont tombées,
je suis resté tétanisé.
Et si César était pas intervenu,
je serais mort
écrasé. César, cet idiot, m'a jeté au sol
et s'est retrouvé avec une jambe coincée
sous les barres en métal.
Mauvaise fracture, deux mois d'hôpital.
-Deux mois d'hôpital pour une fracture ?
-Ben, c'est César !
Il aime bien l'hôpital.
Il était bien, sa mère venait tous les jours,
elle amenait des tas de dossiers,
appelait tout Strasbourg, des fois, elle s'endormait,
c'était pas mal. -Je vois.
-Non, vous voyez rien du tout.
J'y suis resté 2 mois parce que mon idiot de cousin
sautait sur le lit : je me suis refissuré...
Si, je me suis refissuré l'os.
Dis-lui ou j'aurai droit
à une séance de psychanalyse.
-César, pensez-y, à la psychanalyse, un jour.
-C'est pas votre pote Arthur qui roule des pelles
à l'ambassadeur belge ? Rires.
Ca, c'est de la diplomatie. J'adore les belges.
-Bon, je vais vous laisser,
je veux pas rater mon avion pour Tahiti.
C'est la période des grosses vagues,
je peux pas louper ça. Mademoiselle.
C'était un plaisir. -Partagé.
-A bientôt. -A bientôt.
-Mon Zaza.
On se revoit pas dans 10 ans ?
-Ca m'a fait plaisir de te voir. -N'oublie pas,
t'es mon héros pour la vie. Salut.
-Ah...
Je suis un peu déçue.
C'était pas mal, votre discours improvisé,
mais le mien avait un peu plus de gueule.
-Vous êtes comme tous les génies : une grande incomprise.
-Absolument.
-Je l'ai gardé.
Je vous promets que je m'en resservirai.
-Pour votre mariage ? Vous pouvez le jeter.
-Peut-être pas.
-Allez, on va danser !
On n'a pas dansé ensemble. -Je sais pas danser.
-Mais si ! Je ne pars pas sans avoir dansé avec vous.
-Elle a raison. -Danse avec nous !
Si on faisait une ronde ? On en fait jamais.
C'est génial...
...
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