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Original subtitles

Alors, Monsieur le Procureur ?

C'est vraiment effrayant.

Mais c'est beau aussi.

Madame le juge, je voudrais votre avis.

Le maire ne cesse de m'inviter à dîner.

Je trouve toujours un prétexte, mais...

C'est une très petite ville.

C'est chose courante ici. Ne vous inquiétez pas.

BURNING DAYS

Venez, c'est par ici !

Allez !

1ÈRE PARTIE LE FESTIN

Les draps sont à la bonne taille ?

Oui, maman. Ne t'inquiète pas.

Je pourrais t'envoyer une autre parure sinon.

Ça coûte rien. J'en achèterai si nécessaire.

Ils seront de mauvaise qualité. Je t'en enverrai de la maison.

D'accord, maman.

Comment s'est passée ta journée ? Tu commences à t'habituer ?

Bof, petit à petit.

Serre les dents. Avec ton père, on a fait bien des villes.

Après, tu accumules tant d'amitiés, de souvenirs...

On frappe à la porte.

Je te rappelle. Allez, bye.

Qui donc à cette heure...

Bonsoir, M. le Procureur.

Bonsoir.

C'est de la part de Naciye. Elle t'en aurait parlé.

Qu'est-ce que c'est ?

De la mort aux rats.

Il y a beaucoup de rats par ici ?

Ce sont de vieilles maisons,

alors bien sûr.

Tu vas en mettre partout ?

Surtout dans les recoins.

Tu veux boire quelque chose ?

Un coca, par exemple ?

Hein ?

Je te sers un coca bien frais ?

D'accord.

Je vais mettre un piège à la cave.

C'est par là qu'ils entrent.

Oui, fais-les entrer.

Entrez.

Monsieur le Procureur.

Je vous en prie.

Sahin Öztürk, avocat.

Kemal Gülçay, dentiste.

Tenez, ceci est pour vous.

Notre célèbre dessert.

Un peu de douceur.

Merci pour cette attention.

Je vous en prie, asseyez-vous.

- Vous également. - Merci.

Excusez-moi,

depuis tout ce temps, je ne vous ai pas souhaité la bienvenue.

C'est le destin.

Mais vous voilà.

- Comment allez-vous ? - Bien, merci. Et vous-même ?

- Bien, Dieu merci. - Nous allons bien, merci.

Je vous souhaite, encore une fois, la bienvenue.

Merci.

M. le Procureur,

on vous a fait peur ?

Comment ça ?

Je veux dire...

De temps en temps, les sangliers pénètrent dans les jardins.

Et avouons-le,

une ou deux fois l'an, nous chassons le sanglier.

On nous a averti qu'une horde avait encore envahi les vignes.

On les a poursuivis mais la horde s'est divisée,

et a déboulé dans le village. Avec nous à sa suite.

Les gamins ont accouru au spectacle.

Je vois.

Mais il y a eu des coups de feu en pleine rue, monsieur.

Mais pas sur les sangliers.

Tire-t-on sur les bêtes en pleine rue ?

Les gars ont tiré en l'air pour faire peur aux sangliers.

Et aussi pour créer l'ambiance.

Je vois.

Je vois, mais, monsieur,

vous êtes avocat.

Oui.

Il est interdit de tirer en l'air en zone résidentielle.

Nous sommes bien placés pour le savoir, n'est-ce pas ?

Bien sûr, mon cher. Profession oblige.

On est les mieux placés pour le savoir.

Mais la chasse est une pratique ancestrale ici.

Les gens ont l'habitude. Y a pas de soucis.

Oui, mais si une balle avait touché quelqu'un sur un balcon ?

Non, non.

En plus, des enfants étaient présents. Vous l'avez dit vous-même.

On sait tirer. Sans se vanter, on ne rate pas notre cible.

Ne vous inquiétez pas, M. le Procureur.

Soyez-en sûr, on fait attention.

D'ailleurs, il n'est rien arrivé.

N'est-ce pas ?

Il n'y a pas de quoi dramatiser.

Comment ça ?

C'est moi qui dramatise ?

Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Mais vous l'avez dit ?

- Non... - J'ai mal entendu ?

Mais ce n'est qu'une façon de parler.

Comment ça ?

Je n'ai pas compris.

Non, en fait,

je ne voulais pas dire vous personnellement, mais en général.

Il dit ça en général.

Oui, exactement.

C'est une distraction inoffensive.

De la distraction.

Vous appelez ça de la distraction ?

Que les enfants soient témoins de ces atrocités ?

Mais M. le Procureur,

à vrai dire nous n'avons rien à y voir.

Certes, les gars ont voulu transporter la carcasse,

pour en débarrasser la ville.

Le Commissaire Ihlan.

La méthode utilisée n'est pas défendable...

- C'est mal. - Tout à fait.

Mais ici on a l'habitude de ces carcasses d'animaux,

des armes et de tout le bazar.

L'habitude en diminue-t-elle les risques ?

C'est pas ce qu'il veut dire...

Personne ne passe entre les balles ici, non ?

Bien sûr que non, M. le Procureur.

Bonjour, Commissaire.

Je vous avais ordonné une arrestation.

Oui, je comprends.

Oui, mais en les voyant ici en face de moi...

Demandez-le-moi avant d'en décider.

Bien.

D'accord.

Qu'y a-t-il, M. le Procureur ?

Il y a un problème ?

Il y a sujet à arrestation ?

L'enfant du pays, l'enfant de Yaniklar.

Le candidat aux municipales, Selim Öztürk.

Bonjour, M. le Procureur.

Bonjour.

Murat Körükçü.

Propriétaire du journal La Voix de Yaniklar.

J'ai vu votre voiture. Je voulais vous prévenir.

À quel sujet ?

C'est dangereux, ici.

Le fond est visqueux, du vrai sable mouvant.

Les gens vont se baigner un peu plus loin.

Je vous remercie.

Je vous en prie.

Yaniklar vous plaît ?

Oui, mais,

il y a beaucoup à faire.

Oui, bien sûr.

Il y a beaucoup d'inimitié.

Surtout avec les procès entre les habitants et la mairie.

Espérons qu'ils vont se conclure rapidement.

Je l'espère aussi,

mais,

votre prédécesseur a demandé sa mutation prématurément.

Vraiment ?

Personnellement, j'ai trouvé son départ...

intriguant.

Il a disparu

sans rien dire à personne.

Le procès sur l'eau est resté en rade.

Non, monsieur.

Il n'est pas en rade.

Ne vous inquiétez pas.

Il a dit à sa proprio qu'on l'empoisonnait.

Dernièrement, il était bien malade.

D'une blancheur cadavérique.

Permettez.

Bien sûr.

Je ne voulais que vous mettre au courant.

Personne n'a dû vous le dire.

Je vous remercie.

Ne revenez plus ici.

C'est dangereux.

La prochaine fois, utilisez l'autre lac.

La maison de Naciye est la meilleure.

Ces bâtisses sont sous-estimées.

Les gens se ruent vers les appartements.

Vous avez bien fait.

Les vieux bâtiments restent frais.

Les nouveaux attirent la chaleur.

Oui, comme le tribunal.

Cet endroit me vient de mon père.

Je l'ai donné à mon fils.

Il y fait aussi assez frais.

Oui, c'est vrai.

L'air y est bon, mais l'eau est un problème.

Malheureusement, M. le Maire.

Le problème dure depuis 40 ans.

Mais Dieu merci, on en voit le bout.

Je veux dire, vous êtes là maintenant.

Depuis toujours, notre eau vient du sous-sol.

Ce n'est pas nouveau.

Mais les besoins ont augmenté,

on a voulu moderniser l'installation.

C'est alors que, manque de chance,

le gouffre a englouti une étable, les animaux ont péri,

et votre prédécesseur a ouvert un procès.

Ça arriverait quand on puise l'eau sous terre,

et cela poserait un danger dans les zones résidentielles.

Les gouffres existent depuis mon enfance.

Mais Monsieur le Maire,

ces gouffres sont vraiment dangereux.

Oui, et bien sûr qu'une enquête doit être menée.

On en sait quelque chose des gouffres.

La mairie a mandaté de nombreuses recherches.

C'est un phénomène naturel indépendant de l'eau souterraine.

Comme le conclut le rapport que vous avez lu.

Oui, je l'ai lu.

Le juge n'a pas suspendu le projet

et nous le poursuivons.

Mais,

malheureusement, beaucoup se réjouiraient de sa suspension.

Ça alimente les querelles politiques.

Bref,

j'en parle car le sujet s'est présenté.

J'espère que vous ne vous méprenez pas.

Nous respecterons toute décision du tribunal.

Bien sûr.

Bref, bienvenue.

Je n'avais pas encore eu l'occasion de vous accueillir.

Merci.

Allez, santé.

Sahin ne m'a pas dit hier qu'il était votre fils.

D'où ma surprise de le voir ici.

Tu as rendu visite au procureur ?

Oui.

Avec Kemal.

Bravo, fiston !

D'habitude, tu n'y penses pas sans que je le dise.

Vous permettez ?

Allô.

Où ça ? Quand ?

On a du courant ici.

Et les techniciens, que disent-ils ?

Où est votre père ?

Ne m'en parlez pas.

Il a dû sortir d'urgence.

Une panne est survenue à la centrale électrique.

Il s'excuse.

Je vous en prie.

C'est tout mon père. Il travaille à toute heure.

Ça tombe mal.

Voici.

- Goûtez-moi ce raki. - Vous avez servi du raki ?

Mais ça va faire trop.

Mais vous avez promis.

Vous devez vraiment goûter.

Allez, santé.

Allez, allez.

Notre jardin est très plaisant.

Venez quand vous le souhaitez.

Je vous remercie.

Et aussi si vous souhaitez vous laver...

Excusez-moi ?

Vous êtes allé vous laver au lac.

Mon Dieu.

Comme les nouvelles vont vite ici.

Oui.

Ce n'est pas la peine de descendre au lac.

Regardez,

on a installé une citerne sur le toit, ça a changé ma vie.

J'ai de l'eau 24h/24.

Venez donc quand vous avez besoin de vous laver.

Je vous remercie.

Vraiment.

Maintenant, peut-être ?

Non.

- Je vous donne une serviette ? - Non, merci.

Un peu de fraîcheur.

Non !

Merci.

Je dis ça

car vous n'êtes pas habitué aux coupures d'eau.

Oh, regardez ! Bonjour.

J'ai pas pu venir plus tôt.

Et moi, je distrayais le procureur.

Assieds-toi ici, p'tit père.

- Bonjour, M. le Procureur. - Bonjour.

Qu'est-ce que c'est ?

Un petit programme en votre honneur.

Pourquoi vous donner tant de peine ?

Ce n'est rien.

Merci, mais je ne vais pas tarder.

- Non ! - Et demain ?

Pas question qu'on vous laisse.

Laissez-nous vous accueillir décemment.

Pourquoi vous donner tant de peine ?

C'est notre routine, on est ici trois jours par semaine.

Ceux qui souffrent de la chaleur viennent se rafraîchir ici.

Vraiment.

Si je le pouvais, je dormirais ici.

Mais quand la tour de contrôle m'ordonne de rentrer...

Je parle de ma femme, pigé ?

Elle appelle et il file.

Allez, trinquons.

Allez. Bienvenue une nouvelle fois.

Mon cher...

il est très fort.

C'est notre production locale.

Fort mais très bon.

On va vous faire passer vos habitudes de citadin.

Oui, on va un peu vous endurcir ici.

On l'emmène chasser ?

Ce serait bien.

Je n'y connais rien.

Il n'y a rien à savoir. Tu tires sur ce que tu vois.

Mon père a de très bonnes armes.

Vous aurez un bon fusil.

Mais,

on ne chassera pas dans la rue ?

Ah, M. le Procureur !

Dieu nous en garde.

Non, M. le Procureur.

Chasserez-vous avec nous ce week-end ?

On irait tous ensemble.

Vous chassez quoi ?

La perdrix. C'est délicieux.

- Je ne suis pas sûr. - N'hésitez pas. Ce sera vraiment bien.

On verra.

Il y a quelqu'un là-bas ?

Bonsoir ?

Bonsoir.

Qu'y a-t-il, Murat ? Tu te dissimules dans l'ombre.

Tu nous enregistres ou quoi ?

Non, je vous ai entendus et je suis venu.

Bonsoir, M. le Procureur.

Bonsoir.

Ma maison est juste en amont.

J'ai entendu une voix inhabituelle, mais c'était vous.

Le maire est absent ?

Oui.

Ce ne serait pas convenable qu'il s'attable avec le procureur.

Avec les élections qui approchent, et les audiences aussi.

Vous représentez les deux parties du procès, n'est-ce pas ?

Oui, Murat.

Y a-t-il autre chose ?

Non.

Bon appétit.

Bonne soirée, M. le Procureur.

Bonne soirée.

Ferme la porte derrière toi, s'il te plaît, Murat.

Qui est-ce ?

Le journaliste de l'opposition.

Le fils adoptif de Rahmi, l'ancien maire.

Comme les élections approchent, il cherche notre perte.

Il semble être partout où je vais.

Soyez prudent, ne le laissez pas trop s'approcher de vous.

Pourquoi ?

Il n'est pas très fréquentable.

Sous quel aspect ?

Disons d'un aspect moral.

Comment ça ?

Il a une réputation.

Il était la coqueluche des lieux de perdition.

Vous n'avez pas pris de salade.

Voici, M. le Procureur.

Tire donc !

Tire, putain !

Montre celui de Beldibi.

C'est légendaire. On en a abattu 13.

13 !

Regarde.

Monte le son.

Regarde comment il s'effondre.

Regarde ! Ah, putain !

Ça arrive maintenant, regarde.

Et voilà !

Bravo Tuncay, tu nous as encore épatés.

- Ça suffit, Kemal. - Une seule dose.

C'est une seule dose, ça ? Vous allez me saouler.

- Mais, non. - C'est le plan, non ?

Habituez-vous, on va passer beaucoup de bon temps ensemble.

La vie nocturne est très animée ici.

Ne méprise pas cette petite ville, les fêtes sont top.

Tu verras ça par toi-même. Allez, bienvenue.

Si on s'arrête, on tombe.

Sahin, tu entends ? Une nouvelle équipe arrive.

Oui, mais j'espère que ce ne sera pas comme la dernière fois.

C'était pathétique.

Eux viennent d'Ankara, hein, Tuncay ?

- Oui. - C'est bien.

Excusez-moi, Procureur,

c'est ainsi que nous nous divertissons.

Une troupe de la ville vient ici nous divertir.

On t'invitera aussi un jour, hein ?

Quelle sorte de troupe ? Du théâtre ?

Du théâtre !

Non, de la danse folklorique.

- Du théâtre, pourquoi pas ? - N'est-ce pas ?

Il y a de l'amour, de la luxure. Des rencontres sporadiques.

Du sang, de la sueur, des larmes.

Les acteurs ne maîtrisent pas le turc, mais on n'en a cure.

Nema problema. Allez.

La diction n'est pas aussi importante que le langage corporel.

Qu'est-ce que tu peux être drôle !

M. le Procureur,

la troupe dont on parle il s'agit de dames, t'as pigé ?

Oui, je ne suis pas idiot.

Tu n'es pas fâché ? Allez.

Pourquoi je me fâcherais ?

Non, mais pourquoi ?

Bien sûr, mon cher.

- Mais ce n'est pas gentil. - Non.

Est-ce que cela sied au procureur de l'État ?

Pas du tout.

Je suis ici en tant que représentant de l'État.

On a mangé.

On a bu. On s'est amusés. D'accord.

Voici où je trace la limite.

M. le Procureur, excusez-nous.

Nous,

nous sommes des gens directs.

Ne vous méprenez pas. On sait aussi présenter nos excuses.

Excusez-moi, Procureur.

- Des excuses... - Je suis sincère.

Inutile de s'excuser.

Mais,

pour un procureur,

est-ce bien convenable...

- Les gens pourraient parler ? - Mais, non.

Ce serait bien ?

C'est indigne de vous.

Je ne comprends pas pourquoi tu dramatises.

Et moi, je ne comprends pas ce que tu ne comprends pas, Sahin.

Je vous l'ai déjà dit,

ce serait bien aux yeux des gens ?

Quelle importance ! Est-ce interdit ?

On est des hommes, après tout.

Ma réputation est primordiale. Qu'en adviendrait-il ?

On a déjà eu cette conversation avec d'autres procureurs.

Je n'ai jamais eu de telles réactions.

Ça ne vous plaît pas ?

Ça me plaît beaucoup.

Chez moi, c'est comme ça.

- Bravo. - Je suis ainsi.

Oui, je vois.

Vois un peu...

- On a encore été rabroués. - Mais, non.

Que dis-tu, Sahin ?

Je dis qu'on a été rabroués à notre propre table.

Mais non.

- Il fait une fixation. - Mais non.

"Les autres procureurs trouvent cela normal,

et vous, non."

Qu'insinue-t-il ?

- Rien. - Qu'est-ce que vous insinuez ?

Je n'insinue rien du tout.

Peut-être mon sens moral ne me le permet pas.

Il a bien raison.

Pouvez-vous expliquer exactement ce que vous insinuez par là ?

- Mais, non, je n'insinue rien. - Mais si !

- Je n'insinue rien. - Mais si.

- Mais non. - Mais si.

- Je vous dis que non. - Mais si, monsieur.

- Je n'insinue rien ! - Mais si.

Voilà Pekmez.

Oh, Pekmez ! Que fais-tu ici ?

- Tu l'as appelée ? - Non, elle est venue de son propre chef.

Juste au bon moment.

Et vous, jouez donc !

Allez donc.

Allez !

Ça va, Procureur ?

C'est bien. Soulage-toi.

Doucement. Doucement.

Soulage-toi.

C'est terminé ?

Qu'est-ce qu'il nous arrive, Procureur ?

On a bu trop vite ?

Un coup du raki probablement.

Tu veux t'allonger ?

Allez, viens. Laisse-moi t'aider.

Il y a une marche.

C'est bon.

Ça va, Procureur ?

Hein ?

Ça va, ça va.

2ÈME PARTIE L'ENQUÊTE

Merde !

Bonjour, M. le Procureur.

Bonjour, Commissaire.

Danger Interdiction d'entrer

- C'est arrivé quand ? - Il y a une demi-heure.

J'ai entendu un bruit, c'était ça ?

Certainement. On l'a bien entendu en ville.

Ils étaient chez eux ?

Oui, et ils ont eu très peur.

Bien. Prenons leur déposition.

- Vous avez pris des photos ? - Bien sûr.

Furkan !

Fiston, va chercher Mehmet Kocaman.

Nous avons une autre affaire.

Il a été signalé tôt ce matin. Peut-on aller directement à l'hôpital ?

Bien sûr. C'est à quel sujet ?

Un viol.

Une jeune gitane qui vit ici. Un peu simplette.

Ils l'appellent Pekmez.

- Pekmez ? - Oui.

Les salopards l'ont salement amochée.

Commissaire.

Commissaire Ilhan.

Tu avais promis !

T'as dit que ça arriverait plus.

C'était une promesse en l'air ?

C'est pas dommage pour cette fille ? Et pour nous ?

- Êtes-vous des êtres humains ? - Yavuz, Yavuz !

- Êtes-vous croyants ? - Yavuz !

Que Dieu vous punisse.

Que la paix vous échappe.

Fils de pute !

- Jure pas devant le procureur. - Toi et ton procureur...

Je vous emmerde tous !

On est des êtres humains.

Qui paiera pour ça ?

- J'emmerde votre justice. - Yavuz, arrête, tais-toi !

Je ne me tairai pas ! Et ton uniforme, je le...

Faites-le taire !

Vous n'êtes pas des hommes !

Je vous emmerde !

Espèce d'enfoirés, je vous emmerde !

Fils de pute !

Bande de salopards !

Bande de salauds !

M. le Procureur,

ces gitans sont ici depuis mon enfance.

Ils sont venus il y a des années.

Vous avez dû voir leurs tentes en périphérie.

Certains s'en sont sortis et ont acheté une maison.

D'autres toujours pas.

Ils gagnent leur vie

en animant des mariages ou des fêtes.

Bien, fais-le entrer.

Yavuz !

Désolé, M. le Procureur.

Je ne savais pas que c'était toi.

Quand j'ai vu ce qu'ils ont fait à ma fille,

j'ai perdu la raison.

Raconte-moi un peu.

Qui a bien pu faire ça ?

Comment pourrait-on le savoir ?

On est de pauvres bougres.

On ne cause de mal à personne.

Mais nous nous taisons et ils nous malmènent.

Pekmez a un enfant de son premier viol, il a trois ans.

Et si elle en avait un autre ?

Ça fait combien de fois ?

Trois.

Trois, à ma connaissance.

Il peut y en avoir d'autres.

Fatma.

Bonjour, Pekmez.

Comment vas-tu ?

Pekmez.

Que s'est-il passé hier soir ?

Hier soir,

que s'est-il passé ?

Qui t'a battue ?

On m'a battue.

Oui, qui ?

Ma grande sœur.

Ta grande sœur ?

J'ai cassé le bocal.

Quoi ?

Elle aurait cassé le bocal et sa sœur l'aurait battue.

Je ne parle pas de ça, Pekmez.

Hier soir,

ils t'ont fait des choses.

Tu t'en souviens ?

Docteur, Commissaire,

permettez.

Il y a du monde. Elle n'est peut-être pas à l'aise.

Bien sûr, M. le Procureur.

Je vous en prie.

Docteur,

a-t-on pu faire un prélèvement de sperme ?

Oui, M. le Procureur.

Bien. Envoyez-le au laboratoire médico-légal.

Oui, ça partira aujourd'hui.

Je vous remercie.

- Commissaire. - Oui, M. le Procureur.

Procédez à une arrestation.

L'avocat Sahin Öztürk.

Pardon ?

Pour le viol de Huriye Bozak, connue sous le nom de Pekmez.

Comment ça, M. le Procureur ?

Il faut que je répète ?

Non, mais enfin,

allons-nous arrêter cet avocat ?

Oui, tout à fait.

D'après la déclaration de Huriye Bozak.

Monsieur le Procureur,

c'est Pekmez elle-même qui vous l'a dit ?

Mais ses propos ne sont pas dignes de confiance.

Vraiment ?

Alors qui serait digne de confiance ?

- Moi ? - Je vous en prie.

Je vous donne l'ordre de l'arrêter.

À vos ordres.

M. le Procureur, bien le bonsoir.

Bonsoir, Docteur, madame. Je vous en prie.

On ne voudrait pas vous déranger.

Asseyons-nous. Merci, Emre.

Assieds-toi. Je voudrais parler au procureur.

Bien sûr, bonsoir.

Bonsoir.

- Comment allez-vous ? - Bien, merci. Et vous ?

Nous allons bien également.

Vous avez secoué la ville.

Les nouvelles vont vite.

Naturellement, vous déciderez après l'interrogatoire,

mais procèderez-vous à l'inculpation ?

Oui, Madame le Juge,

c'est probable.

Bien sûr, cela dépend de la déposition.

Mais vous savez que cette Pekmez n'a pas toute sa tête.

Que vaut sa déposition ?

Je pense qu'un bébé,

ou même une bête, reconnaîtrait son tortionnaire.

Mais si vous pensez qu'elle en est incapable,

il faudra le rapport d'une commission le prouvant.

Vous avez raison mais tout cela prend du temps.

Une simple interpellation ne serait-elle pas préférable ?

De plus, Mme le Juge,

il y a un témoin oculaire.

Vraiment, qui ça ?

Je le dirai plus tard.

A-t-il assisté à la scène ?

Pas exactement.

Il a vu le suspect se comporter de façon déplacée envers Pekmez.

Mais pas le viol en lui-même.

Écoutez, madame.

C'est déjà arrivé trois fois à Pekmez.

En fait, au moins trois fois.

Et il est clair, que si nous n'agissons pas,

cela se répètera.

Selim Öztürk - Un homme d'honneur Parti de l'Ordre et de la Prospérité

Attention ! Attention !

La municipalité a fait venir un tanker d'eau.

Nos habitants peuvent se rendre devant la mairie

et obtenir de l'eau.

À l'attention des habitants de Yaniklar.

- Bonjour, M. le Procureur. - Bonjour.

Bonjour. Je vous offre un thé.

Désolé, je vais au tribunal.

Vous y serez, et je viens de l'infuser.

Merci, je vous remercie.

- La prochaine fois, alors. - D'accord.

Monsieur le Procureur !

Que Dieu te bénisse.

Arrête, Yavuz, arrête !

Tu es un saint.

Que Dieu illumine ton chemin. J'espère que nous n'aurons pas...

C'est bon, Yavuz.

Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais-le savoir,

je ferai tout ce que je pourrai.

Je n'ai besoin de rien, merci.

Merci.

Ça n'a jamais accroché, nous deux, n'est-ce pas, M. le Procureur ?

Répondez uniquement aux questions.

La dernière fois que vous avez vu la victime ?

Vous le savez très bien.

Répondez à la question.

Pekmez est venue dans notre jardin.

Nous avons dansé ensemble.

Pekmez aime danser.

Cela lui arrive de temps en temps. Et tous ensemble,

nous nous amusons innocemment.

Quand on était fatigués, elle est partie.

J'ai des témoins.

Et vous en faites partie.

Greffier, prenez note.

Le suspect,

cette nuit-là...

J'admire votre courage, M. le Procureur...

Que signifie cela ?

Nous étions ensemble toute la nuit.

Ouvrir une enquête, sans penser aux répercussions

que cela aura sur vous

relève d'un grand courage.

Que voulez-vous dire ?

Je veux dire,

si un délit a été commis,

vous étiez présent aussi.

Vous savez très bien

que je suis parti à un moment donné.

Et d'ailleurs, avant cela,

je dormais.

Mais vous vous êtes réveillé.

Vous êtes venu à nos côtés.

Et là, ce que nous avons fait, nous l'avons fait tous ensemble.

Et qu'avons-nous fait ?

Vous ne vous en souvenez pas ?

Bonsoir, M. le Procureur.

Oui ?

Pourrais-je vous parler ?

J'ai des documents que j'aimerais partager avec vous.

De quoi s'agit-il ?

De preuves de dissimulation de rapports géologiques dans le procès de l'eau.

La mairie a étouffé ces rapports au commencement du projet.

Ils associaient les gouffres

à une exploitation excessive des eaux souterraines.

La mairie les a tus au profit de rapports à son avantage

qu'elle a présentés au procès.

Et les rapports du bureau du procureur ?

Le procureur est parti précipitamment au milieu de la procédure.

Et il y a les rapports de la Chambre des géologues.

On les a imprimés.

Et imprimerez-vous ceux-ci ?

Je ne pense pas que le moment soit opportun.

Pourquoi ?

Car on est à une semaine des élections.

Et alors ?

Selim accuse l'opposition d'entraver le projet de l'eau.

Si je mine ouvertement le projet,

il utilisera cela à son avantage.

La population a bien souffert du manque d'eau cet été.

Vous voulez m'utiliser en somme ?

Comment ça ?

Que je fasse ce que vous ne pouvez faire pour des raisons politiques.

Quel rapport avec la politique ?

Nous parlons de la vie de personnes.

Les gouffres touchent les vignes.

Et s'ils touchent la ville ?

Vous pensez aux habitants ?

Bien sûr, à quoi d'autre ?

Comment alimenter la ville alors ?

En utilisant la rivière de Gögûm mais le projet coûte cher.

Et va à l'encontre de leur démagogie électorale.

L'ère de Selim touche à sa fin.

Les gens en ont marre, de Selim, de Sahin

et de leurs agissements criminels.

Il obtient ses votes en promettant de l'eau.

Je voulais vous demander.

Oui, je vous en prie.

Quelle est la distance

de chez vous à Sahin ?

À son jardin ?

Vraiment proche.

Entendriez-vous des bruits en émanant ?

Bien sûr.

D'ailleurs, je suis venu l'autre soir au son de vos voix.

Bien,

cette nuit-là,

avez-vous entendu autre chose ?

Dans le prolongement de la nuit.

En fait, je suis rentré,

j'ai fermé les fenêtres et je me suis couché.

J'ai bien entendu des bribes de musique,

vaguement...

Je vois.

Des cris, une dispute, par exemple ?

- Vous n'avez rien entendu ? - Non.

J'ai dû dormir profondément.

Jusqu'à ce que je vous entende.

Moi ?

Rappelez-vous.

De quoi ?

Vous pleuriez dehors à chaudes larmes.

Je pleurais à chaudes larmes ?

Vous ne vous rappelez pas ?

Pas très nettement.

Cela doit être le raki que j'ai bu.

Je me souviens de bribes,

mais pas de tout.

Je me suis réveillé la nuit et quelqu'un pleurait à ma fenêtre.

J'ai été voir. C'était vous.

Je vous ai demandé si vous alliez bien.

Vous m'avez dit que non.

Mon Dieu !

Bien,

que s'est-il passé ensuite ?

Je vous ai fait monter chez moi.

Chez vous ?

Oui.

Je vous ai amené dans la salle de bain.

Dans la salle de bain ?

Oui.

J'ai ôté votre chemise.

Votre pantalon.

Je vous ai aspergé d'eau.

C'est ainsi que vous êtes revenu à vous.

Vraiment ?

Ainsi, vous ne vous souvenez de rien ?

Pas exactement. Mais à un moment

j'ai dû perdre conscience.

Ils ont dû droguer votre boisson.

Droguer ?

Cela vous est déjà arrivé après avoir bu du raki ?

Non, mais le raki était très fort.

À votre place, j'aurais fait une analyse de sang.

- Ce n'est pas possible. - N'en soyez pas si sûr.

C'est courant par ici.

Eux aussi ont dû se droguer.

Bonne soirée, M. le Procureur.

La prochaine audience sera cruciale pour...

Bonne soirée.

Bonne soirée.

Murat, enlève le bas.

3ÈME PARTIE DE NOUVELLES ARRESTATIONS

M. le Procureur ?

M. le Procureur.

Tu es réveillé ?

Regarde,

tu t'es réveillé au bon moment.

Allez, viens. Déments les rumeurs qui courent à ton sujet.

Allez. Allez, viens.

Entrez.

On a amené Pekmez.

Assieds-toi ici, ma fille.

Viens, assieds-toi.

Que fais-tu ? Où vas-tu ?

N'aie pas peur, le procureur va seulement te parler.

N'aie pas peur. Je suis là, à la porte, d'accord ?

Viens, mon poussin.

Viens.

Pekmez, on va discuter un peu, d'accord ?

Tu as peur ?

Tu as peur de moi ?

N'aie pas peur.

Je ne t'ai rien fait.

N'est-ce pas ?

Alors, n'aie pas peur de moi.

Commissaire.

Oui, M. le Procureur.

Procédez à une autre arrestation, Kemal Gürçay.

Kemal, le dentiste ?

Et placez la famille de Pekmez sous protection policière.

Bien sûr, M. le Procureur.

Arrestation du fils du maire L'avocat Sahin Öztürk accusé de viol

La Voix de Yaniklar

Commissaire.

Depuis deux jours, je reçois des messages anonymes.

Identifiez ces numéros au plus vite.

C'est à votre goût ?

La soupe est délicieuse. Ça me rappelle les repas de ma mère.

Ce n'est pas nous qui cuisinons.

Une dame vient cuisiner pendant la journée.

Nous, on réchauffe.

Moi, je ne cuisine pas bien.

C'est dur d'être célibataire.

Si j'étais célibataire, je ne cuisinerais pas.

Vous pensez à vous marier ?

Pas pour l'instant.

J'apporte les friands.

Personne ne vous a mis le grappin dessus à la fac ?

- Non. - Vraiment ?

Vraiment.

Il paraît qu'ici, vous avez créé un certain émoi parmi les jeunes filles.

Il y a des jeunes filles ici ? Je n'en ai vu aucune.

Elles vous voient.

Peut-être trouverez-vous votre promise ici.

Ma promise ?

Ici ?

Changez d'attitude si vous voulez servir en province.

Sinon vous aurez la vie dure.

Quelle attitude ?

Votre cou est guéri.

Pardon ?

La rougeur que vous aviez au cou est passée.

Oui, effectivement.

M. le Procureur.

Bonsoir.

J'ai vu votre voiture.

Je fais une inspection.

À cette heure-ci ?

Votre maison est de quel côté ?

Juste en amont.

C'est vraiment proche.

Et vous n'avez rien entendu ce soir-là ?

Comme je vous l'ai dit,

lors des fêtes de Sahin, je dors les fenêtres fermées.

Y a-t-il des voisins aux alentours ?

Il ne reste plus grand monde.

Ces maisons sont désertées au profit de quartiers plus au Nord.

Entrez, laissez-moi vous offrir à boire.

C'est une belle maison.

Oui.

Mais je ne vais probablement pas y rester.

Pourquoi ?

Cette maison me vient de Rahmi.

L'homme qui m'a élevé.

Et qui est également notre ancien maire.

Comme en avez-vous hérité ?

Il n'avait pas d'enfant, il m'a adopté.

À sa mort, il m'a laissé sa maison.

Mais je suis en procès avec ses frères.

Pourquoi vous a-t-il adopté ?

Ma famille était pauvre.

J'étais très bon en classe.

Mais ma famille n'avait pas les moyens de me faire étudier.

C'est pourquoi Rahmi m'a recueilli.

Je vois.

Et le journal ?

C'est aussi l'héritage de Rahmi.

Il voulait que je continue après sa mort.

Qui était votre vrai père ?

Je ne l'ai pas connu. Il est mort, j'avais trois ans.

Cela a dû être dur pour votre mère.

On a connu des moments difficiles.

Comment gagniez-vous votre vie ?

En faisant toutes sortes de boulots.

Je peux regarder de votre balcon ?

Bien sûr.

On ne voit pas le jardin.

Mais on entend ce qui s'y passe.

Vous pensez qu'ils ont violé Pekmez ?

Oui.

Comment pouvez-vous en être si sûr ?

Procureur ?

T'es réveillé ?

Allez, viens.

Viens vite.

Viens.

J'ai des souvenirs de cette nuit-là.

De cette maison ?

Du jardin.

Alors vous pouvez témoigner.

Ne pas être intervenu fait de moi un complice.

Vous étiez drogué.

Et si sous l'emprise de la drogue,

moi aussi...

M. le Procureur,

vous avez passé la nuit ici.

Je vous ai pris,

amené à l'intérieur,

vous êtes resté avec moi toute la nuit.

Vous m'avez mis sous l'eau tout habillé ?

Je vous ai déshabillé, je vous l'ai dit.

Ça n'a pas été difficile ?

Un peu.

L'eau n'était pas coupée ?

Non.

Pas après minuit.

Le premier numéro appartient à Hüsnü Yildirim.

Qui est-ce ?

Un grossiste.

Il a un magasin au centre, vous avez dû le voir.

C'est lequel d'entre eux ?

Celui-là.

Ça, c'est qui ?

Refik Gür.

Le fils du directeur de la poste.

Convoquez-les au commissariat.

Mais, M. le Procureur,

à la vue de ces photos...

Je veux dire...

- Pas de jugement hâtif... - Laissez tomber.

Convoquons-les directement ici.

Bonjour.

Bonjour, Mme le Juge.

Entrez, je vous prie.

Vous avez vu les journaux ?

Non.

Le Nouveau Yaniklar

Le bureau du procureur va demander l'arrêt du projet de l'eau.

Vous demandez un rapport d'expert ?

Avez-vous mentionné cela à quiconque ?

Bien sûr que non.

Qui dirige ce journal ?

Le beau-frère du maire.

Je vais réfuter cette info.

Quelle en est la source, d'après vous ?

Il n'y a pas de source, Mme le Juge.

Ils me mettent la pression avant l'audience.

Ils veulent faire oublier les allégations contre Sahin.

Jetez un œil à la deuxième page.

Que s'est-il passé cette nuit-là ?

Vous avez parlé d'un témoin oculaire.

Ce ne serait pas vous, par hasard ?

Madame le Juge,

comment auraient-ils osé devant moi ?

Je suis parti tôt cette nuit-là.

Vers quelle heure ?

Ne vous inquiétez pas. J'ai un témoin.

Qui ça ?

C'est un interrogatoire ?

J'ai rapporté du poison.

Tu en avais mis dans la boîte à pain ?

Pourquoi ?

Pour qu'ils mangent le poison avant d'attaquer le pain.

Ce Murat...

Quel Murat ?

Le journaliste.

Oui ?

Il est de l'opposition.

Comment ça ?

Eux ne veulent pas que Selim apporte de solution.

Parce qu'alors ils n'auront plus aucune chance aux élections.

D'où tu sors ça ?

C'est moi qui te le dis.

Yaniklar allait très mal avant que Selim ne soit élu maire.

Vraiment ?

Qui le dit ?

Ben, tout le monde.

Murat veut prendre sa revanche.

Quelle revanche ?

Il déteste Yaniklar.

Pourquoi donc ?

Pourquoi une telle haine ?

Ils ne veulent pas que Yaniklar se développe.

Vraiment ?

En plus, il est immoral.

Et il a trompé beaucoup de monde.

Comment ça ?

Il a séduit des hommes et des femmes et les a trompés.

Il a séduit l'ex-femme de Selim.

Qui te l'a dit ?

Tout le monde le sait ici.

Il l'a séduite pour voler des dossiers de la mairie.

Après ça, Selim a divorcé.

- Comment tu as su que j'étais là ? - Tout le monde parle de vous.

Vous avez pris l'habitude de faire parler de vous.

Grâce à vous.

Grâce à moi ?

Comment ça ?

Comment expliquer l'article sur ce rapport d'expert

dont je veux faire la demande ?

Comment pourrais-je le savoir ?

La fuite ne vient pas de toi ?

Pourquoi ferais-je cela avant les élections ?

Selim va en faire son cheval de bataille.

Mais le problème, c'est ce que tu fais.

Et qu'est-ce que je fais ?

Tu convoques tous les notables un par un.

Félicitations. Rien de mieux pour se faire des ennemis.

Qu'y a-t-il ?

J'ai dérangé vos vieux amis ?

Je me demandais seulement pourquoi ressortir les histoires anciennes.

Ils ont tenté de me mettre la pression avec ces photos.

Tu figures aussi sur certaines.

Vous pensez qu'elles circulent pour la première fois ?

Ces photos sont délictuelles.

En tant que juriste, je ne peux pas l'ignorer.

Vous êtes juriste, vraiment ?

Il me semble davantage

que vous êtes jaloux.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Ce n'est peut-être qu'une impression.

Je te le demande,

qu'est-ce que tu insinues par jalousie ?

Tu donnes à Selim et sa clique l'occasion rêvée de jouer les martyrs.

Tu fais une fixation.

Selim prétend que les arrestations pleuvront s'il n'est pas élu.

Quel rapport ?

Comment ça ? Tu ne percutes pas ?

Parle-moi correctement !

Tu es au courant de ce que les gens disent ?

Et que disent-ils ?

Ils pensent que tu subis mon influence.

Est-ce faux ?

N'essaies-tu pas de m'influencer ?

Comment ?

Pourquoi tu cherches à me convaincre que j'ai passé la nuit chez toi ?

Parce que c'est la vérité.

Et pour me blanchir, je vais m'accrocher à cette histoire ?

Tu manipules les gens ainsi.

Ah oui ?

Et comment ?

En attirant les puissants à tes côtés.

C'est ainsi que tu gagnes l'immunité ?

C'est ce que tu as fait toute ta vie ?

C'est ainsi que tu as profité de Rahmi ?

Elle est en panne ?

Je suis désolé.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Le tanker s'est renversé. La route est bloquée.

Il faut prendre la route en contrebas.

Merci, bon courage.

Qui a lancé ça ?

J'ai demandé qui l'a lancé.

4ÈME PARTIE LES ÉLECTIONS

Vous l'avez dit à maintes reprises,

un fort taux de participation...

Selim est maire !

Bonjour, Emre.

Bonjour, je vous en prie.

J'ai levé la garde à vue de Sahin et de Kemal suite à leur demande en appel.

Je viens de le voir.

Vous ne demandez pas pourquoi ?

C'est à votre discrétion.

Le résultat des analyses est arrivé.

Cela ne correspond à aucun d'entre eux.

Comment ça ?

Ce sont les faits.

- Pour refaire les analyses... - Elles ont été faites à Ankara.

J'aurais dû faire faire des prélèvements aux musiciens.

Et à vous-même ?

Excusez-moi ?

Si on prend des prélèvements de tous ceux présents...

Moi,

cette nuit-là,

je suis parti tôt.

- Qui plus est... - Vous avez un témoin.

Oui.

C'est ce journaliste ?

Intimité troublante entre procureur et journaliste

Gardez vos distances avec cet homme.

Cela pourrait vous coûter votre carrière.

Et vous n'avez plus besoin de lui.

Comment ça ?

Vous n'avez plus besoin de témoin.

Sahin et Kemal ont été blanchis.

Il est clair que l'incident n'a pas eu lieu là-bas.

Et vous n'avez plus besoin de témoin.

Et pourquoi aurais-je besoin de témoin ?

Écoutez, Emre.

Une nouvelle ère commence.

Oubliez les anciennes inimitiés.

Tournez la page, d'accord ?

Qu'en dites-vous ?

- Bienvenue. - Bonjour.

C'est cette maison.

J'ai vu cinq trous, mais il doit y en avoir plus.

Ils ont tiré 10-15 fois.

Les habitants disent que les sangliers se seraient sauvés par ici.

Les chasseurs à leurs trousses...

Vous étiez chez vous ?

Oui, je me suis jeté à terre. J'ai attendu que les bruits cessent.

Collectez les douilles vides.

Mettez tous les chasseurs en détention.

- Mais M. le procureur... - Pour tentative de meurtre.

Balancez. Balancez tout !

- T'as entendu ce qui s'est passé ? - Quoi donc ?

Ils ont pillé le journal.

Ils ont tout saccagé. Ils ont mis le feu.

Quoi ?

- Commissaire, que se passe-t-il ? - La situation est incontrôlable.

N'avez-vous pas arrêté les chasseurs ?

Cela n'a pas été possible.

Comment ça, Commissaire ?

Ils ne se laissent pas approcher.

Comment ça ?

Il y a foule. Cela entraînerait des affrontements.

Et les gendarmes ?

Ils ont été alertés,

mais ne parviennent pas à s'approcher non plus.

Et le renfort ?

Le préfet en a demandé. Il est en route.

Ne touche pas à notre eau. Ne joue pas avec notre patience !

Ne touche pas à Yaniklar. Ne joue pas avec notre patience !

Qui est là ?

Qui est là ?

Emre.

Viens ici.

- Procureur ? - Commissaire.

Vite. Ils encerclent la maison.

Votre maison ?

Oui. Ils sont en train de se rassembler.

- Tu entends, Commissaire ? - Oui.

Ne perdez pas de temps.

Bien, vous êtes chez vous, n'est-ce pas ?

Oui, tu n'entends donc pas ce que je te dis ?

Bien, ne bougez pas. On arrive.

Salaud de procureur !

Pourquoi t'en prendre à Yaniklar !

Pourquoi t'en prendre à notre eau !

Vous serez châtiés tous les deux !

Ton mec est à tes côtés ? Que faites-vous donc en pleine nuit ?

Honte à vous ! Honte à vous !

Espèce de sales pervers !

Ne joue pas avec Yaniklar, ni avec notre patience !

Mme le Juge

Mme le Juge, ils ont encerclé ma maison.

Je sais, Emre.

Ils peuvent entrer à tout instant.

Emre, Ilhan arrive, patiente un peu.

Qu'il fasse vite !

Emre...

Oui.

Ilhan t'emmènera en lieu sûr.

Où ça ?

Emre, Ilhan va te mettre en détention.

En détention.

Comment ça ?

Pekmez vient de faire une nouvelle déposition.

Et alors ?

Il y a des changements.

Elle t'a identifié comme unique assaillant.

Quoi ?

D'où sortent ces foutaises ?

C'est malheureusement le cas.

Mais c'est faux ! Écoutez !

Ilhan est en route, surtout ne montre aucune résistance.

Ce n'est pas possible.

Emre, le poste est l'endroit le plus sûr pour toi ce soir.

Yaniklar sera votre tombe !

Tu as entendu ? Emre ?

Tu sortiras quand les choses se seront calmées.

C'est Yaniklar,

il n'y a pas de sortie !

Quelle est l'urgence ? Un petit tour au lac ?

On a interrompu votre fête ?

Murat ! Pourquoi ne pas nous dire que vous allez au lac !

Yaniklar aura de l'eau. Vous ne pourrez pas l'en empêcher !

Allez, attrapez-les !

Vite ! Prends ta voiture !

Ils viennent à nos trousses.

- Où vas-tu donc ? - Procureur !

- Murat ! - Procureur !

- Viens faire un reportage, Murat ! - Procureur, on arrive !

Te sauve pas, procureur. Tu peux pas nous échapper !

Où allez-vous, mes colombes ?

On n'échappe pas à la justice, Procureur !

Arrêtez !

Sahin ?

Je suis là, papa. Kemal ?

Je suis là. Enver ?

Je suis là.

Il manque Salih !

Qui est tombé ?

- Görkem, tu es là ? - Oui.

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