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Les 7 milliards d'êtres humains ont tous un point commun :
aucun de nous ne sait où le mènera la vie
qui, elle, connaît souvent mieux que nous le meilleur chemin.
Un vendredi matin, sur un vol Duesseldorf-Paris,
un homme rencontre une.
L'homme prend cet avion pour conclure l'affaire de sa vie.
La femme va voir son amant, peut-être pour la dernière fois.
L'homme ne sait pas que cette affaire bouleversera sa vie.
Et elle, que sans fin, il ne peut y avoir de nouveau départ.
Tous deux ignorent aussi que leur rencontre est de cet ordre.
La nuit t'a porté conseil ?
Tu es fou.
C'est pour ça que tu appelles à cette heure-là ?
La nuit était censée te porter conseil. Alors ?
Pour moi, la nuit est loin d'être finie.
Alors ?
Tu veux un enfant de moi ?
Et si je dis oui?
Tu m'invites à dîner, si on a un enfant?
C'est déjà mieux. Quoi d'autre ?
Ma fidélité éternelle.
Excusez-moi.
Votre billet est pour demain. La classe éco est bondée.
Je dois prendre cet avion.
Dans ce cas, il reste une place en classe affaires.
D'accord.
À 10 heures, à propos du rachat par Agricolaire.
210 euros, s'il vous plaît.
Vous pourriez m'envoyer une facture ?
Écoutez, c'est vital. j'ai oublié ma carte de crédit.
- J'ai juste pu payer le taxi. - Désolée.
À condition que ça avance ici !
Il doit bien y avoir moyen de m'envoyer une facture.
Ce serait avec plaisir, mais j'ai des consignes.
Je ne bougerai pas d'ici.
Je vais payer, bon sang !
D'accord.
C'est tout ce que ça vous inspire ?
Je vous rembourserai. Vous avez une carte de visite ?
Évidemment.
En fait, je devrais vous remercier. Non ?
MERCI !
Qui t'envoie cet argent ?
Une femme à qui j'en ai prêté à l'aéroport.
Le vol était surbooké. Elle bloquait l'enregistrement.
Je vois.
Mon Dieu...
C'est du comté du Jura.
- Extra. Tu devrais goûter. - C'est ça, oui.
Parlons fromage.
Tu as grossi.
Oui, je sais.
j'ai une faim de loup en permanence.
On peut aussi parler charcuterie. Tu es calé sur le sujet.
Gloria, si j'avais une maîtresse,
m'enverrait-elle de l'argent ?
Parfois, je suis déroutée en entendant ce que je te dis
et comment je le dis.
Là où on en est...
j'ai envie d'en coller une à la femme qui parle.
j'essaie de retrouver le moment
où on a commencé à se parler comme ça.
Ce que j'ai ressenti alors.
Mais je ne le retrouve plus.
Un coma pareil, ça dure combien de temps ?
Personne n'en sait rien.
Et tu comptes faire quoi ?
Aucune idée. Je suis sous le choc.
Non, ce soir...
j'ai besoin d'être seule.
D'accord, ma puce.
Mais quand on est dans la merde,
ça sert à rien de broyer du noir.
- Un vieil adage tibétain ? - Non. C'est de mon cru.
Appelle, si tu as besoin de moi.
Ou passe me voir. Je fais le meilleur café de la ville.
Salut.
Patrizia, tu as un contrat !
Tu as touché une avance. Il te suffit d'écrire.
Et la meilleure façon d'écrire, c'est d'écrire.
- C'est de Wilhelm Busch ? - Zuckmayer, je crois.
Ce n'est pas le meilleur moment.
Marguerite Duras a dit : "Beaucoup de gens croient écrire."
Mais toi, tu sais vraiment écrire.
Un deuxième roman, c'est toujours angoissant.
Écris sur n'importe quel sujet. Ecris tous les jours.
Mais écris !
La vie est pleine de rebondissements...
Je vous ai renversée !
- C'est pas grave. - Tout va bien ?
Je m'appelle Mika.
Bonjour, Mika.
- Je vous emmène chez le médecin ? - Non, tout va bien.
Dommage.
j'aurais adoré vous changer les idées.
Prof ou publicitaire ?
Biologiste moléculaire ?
Gardien de parking ?
Coursier ?
Garde forestier ?
Bon, tu es artiste. Sculpteur.
Tu fais griller des saucisses... C'est ma dernière !
Architecte.
Pas pour de vrai ?
Si, vrai de vrai.
Tu n'as rien d'un architecte.
Je suis danois. Né à Copenhague.
Études à Toronto au Canada.
Tu construis quel genre de maisons ?
Pas des maisons, des villes ! Des "cities", tu vois ?
Je vais transformer Duesseldorf en Cincinnati !
Je le trouve craquant, mais c'est pas une raison.
T'en connais une autre, toi ?
Jean-Jacques sera plus avancé si vous êtes deux à aller mal ?
Et s'il sort du coma, je lui dis quoi?
C'est quasi sans espoir, tu l'as dit.
Sa femme doit être pendue à ses tuyaux.
Elle a été claire, t'as même plus le droit de l'approcher.
Tu dois attendre le bon vouloir de madame.
À toi de voir si tu veux agrémenter cette attente !
Si on remet ça, je suis mort.
On n'a même pas commencé.
Je vais te tuer.
Dis pardon au nez de Mika.
- Pardon, nez de Mika. - Encore. Mieux.
Pardon, nez de Mika.
Pas mal.
Mais trop tard.
Bonjour, vous êtes bien chez Patrizia Munz.
Laissez-moi un message.
C'était qui ?
Personne.
Il est interdit de fumer.
Allez-y, appelez la police.
Si mon patron arrive, je n'ai rien vu...
Si, un jour, on avait un enfant...
Nathalie, ce serait un beau prénom.
j'ai connu une Nathalie.
On pourrait l'appeler Nathalie.
Le nom d'une de tes ex, jamais de la vie !
Ce serait plutôt un garçon.
De toute façon, je préfère les garçons.
Vous êtes bien chez Patrizia Munz. Laissez-moi un message.
Excusez-moi.
Bonjour.
Je ne vous avais pas reconnue.
Les gens comme nous n'existent que dans les aéroports ?
Tout va bien ?
Oui...
Non.
Excusez-moi.
Vous prenez un café ?
Oui.
Bref, ce type est un escroc.
Pas juste lui, toute son équipe.
Et c'est moi qui ai embarque' ma banque là-dedans.
En fait, c'est...
le pire des scénarios.
Que peut-il arriver ?
Tout
Tout est possible.
Merci.
C'est la première fois que je me fais avoir.
Mais ce type était terriblement sympa.
Là-bas, je me suis senti chez moi.
Et dire qu'il m'a embobiné du début à la fin...
Tout a commencé le jour où je vous ai prêté de l'argent à l'aéroport.
Salut.
Pour toi !
- Des victuailles ! - Cadeau de M. Albert d'Oreville.
Un "message pour toi". Il est très sympathique.
Ce type est incroyable.
"Si vous l'y autorisez,
un saucisson peut vous transporter dans des univers mystérieux !"
Cet homme est un vrai original.
Il te regarde avec ses yeux incroyables
et dit des choses comme :
"Votre argent et mes saucissons chevaucheront ensemble
sous le soleil !"
Et la suite, alors ?
Gloria, j'organise une reprise.
Ce genre d'opération prend du temps.
j'ai été beaucoup absent,
mais ça va bientôt changer.
Je parlais de la reprise, Frank.
Je vais présenter mon plan de financement à ma direction.
Si elle le valide,
on prêtera de l'argent aux Suisses pour la reprise.
On gagnera sur deux tableaux : le financement et la plus-value
des actions achetées en parallèle.
Le volume du crédit devrait avoisiner les 700 millions.
On table sur un rendement de 7 à 10 %.
On sera à l'abri des soucis.
Absolument.
Un triple profit :
financement, investissement et plus-value des actions Albert.
Et Agricolaire rejoindra peut-être les rangs de nos clients,
avec ses 18 milliards de chiffre d'affaires annuel,
rien qu'en Europe.
Nous ferons vérifier les chiffres d'Albert.
Si leur compta est béton,
vous avez le feu vert.
Autre chose, Frank.
Vous avez mené ça avec brio.
Regardez comme je vais haut !
- Super. - Génial.
Gloria...
Oui?
Ce serait chouette qu'on retourne à la mer.
Mes parents peuvent garder Lisa pour le week-end.
Enfin, si tu en as envie.
Oui, ce serait bien.
- Oui, allons à la mer. - Très bien.
C'est décidé.
La société Charcuterie Albert, basée à Oreville,
est sous le coup d'une procédure judiciaire.
Une perquisition a été ordonnée dans les bureaux et au domicile
des membres de la direction,
soupçonnés d'avoir falsifié les bilans de la société
et abusé les investisseurs.
A la veille du rachat du géant de la charcuterie
par Agricolaire Genève.
Une fusion orchestrée par la RIB."
- C'est pas possible ! - Si, pourtant.
Appelez ma femme.
Non, ne l'appelez pas.
Mais annulez mon rendez-vous chez le dentiste.
Un putain de fiasco !
Le mot est faible... L'action est en chute libre.
À elles seules, nos actions cumulent 18 millions de pertes.
Comment est-ce possible ?
Le cabinet d'audit n'a rien décelé.
Vous non plus. Or vous y étiez pour vous faire une idée.
Une idée à laquelle vous avez tous adhéré.
Frank...
En tout état de cause, cette opération est la vôtre.
Vous partez pour Paris. Sauvez ce qui peut encore l'être.
À la moindre information, je veux être prévenu de suite.
Gloria !
C'est un coup à un milliard qui tourne au fiasco. Quoi ?
Je sais, j'avais promis...
Écoute-moi, bordel de merde !
Mon boulot est en jeu. Et toute ma carrière.
Ce genre de couac, ça s'ébruite. Je serai grillé pour toujours.
Essaie de comprendre !
j'étais abasourdi.
L'éventualité d'un coup de bluff ne m'avait même pas effleuré.
Ça plaide en votre faveur.
Allez expliquer ça à mes patrons.
Pour eux, le coupable est tout trouve'.
Une tête doit tomber.
Et vous ?
Comment allez-vous ?
Toujours bien quand je peux aller à Paris.
Tu m'as menti depuis le début !
"Le plus délicieux parfum du monde !"
"Votre argent et mes saucissons chevaucheront au soleil."
"Votre femme a en moi un nouvel ami !"
C'est ça, ta vision de l'amitié ?
Je t'ai cru, bordel de merde !
Je vous mets sur haut-parleur.
- Frank ? - Oui.
Bonjour.
C'est encore pire que nous ne l'imaginions.
Depuis environ 3 ans,
les bilans d'Albert ont été systématiquement falsifiés.
Ils comportent des transactions et des bénéfices fictifs.
Le passif effectif de la société se monte à près de 400...
400 millions d'euros.
Je comprends...
Dans ces circonstances, vous comprendrez vous aussi
que la fusion est exclue.
Notre banque a déjà perdu,
à ce stade, 30 à 40 millions d'euros.
Sans compter l'incalculable préjudice en termes de réputation.
- Vous vouliez intervenir, Frank ? - Non...
Je vous écoute.
Vous comprendrez que nous n'avons pas le choix.
Étant donné vos qualifications et succès antérieurs,
vous trouverez sans difficultés un nouveau poste.
Autre chose...
C'est-à-dire ?
Peut-être...
que c'est déplacé, mais...
Un soldat de l'armée napoléonienne
fuyait devant l'ennemi.
Il arrive à un ravin
et saute dans le vide.
Au dernier moment, il se raccroche à un rocher.
Au-dessus l'ennemi, en dessous la mort.
À ce moment-là, il aperçoit juste au-dessus de sa tête
des fraises qui poussent.
Il tend la main
et en cueille une.
Un hum-out ?
Une.
Deux.
Trois.
Quatre. Cinq.
Six.
Douze.
Treize.
Dix-huit. Dix-neuf. Vingt.
Vingt-cinq.
Trente-deux.
Trente-huit.
Quarante-trois. Quarante-quatre.
Quarante-cinq. Quarante-six.
Deux cent dix-sept.
' Rien... A l'aéroport, s'il vous plaît.
Alors, on est pauvres, maintenant ?
Mais non, voyons ! On a encore la maison.
Papa va retrouver du travail.
Et il va toucher une indemnité.
Ils doivent lui verser de l'argent.
Disons que... ça n'est pas tout à fait sûr.
Mon contrat comporte une clause.
Mon indemnité sert à compenser les pertes que j'ai générées.
Les gens savent que tu cherches du travail ?
Oui, bien sûr.
Énormément de gens ont suivi cette histoire.
Je ne peux pas. Et je ne le ferai pas.
Rien ne t'y oblige.
Madame te refile le bébé.
Plus court. Très court !
Il lui suffirait
de leur dire d'appuyer sur le bouton,
sans être forcée de m'en parler.
Ce serait dur.
Elle serait comme liée à lui pour toujours.
Mais non, au lieu de ça, elle me donne une moitié de lui.
Évidemment. Pour pas être seule à appuyer sur le bouton.
- Mika, il en pense quoi? - Il n'est au courant de rien.
J'ai raté l'occasion de lui en parler.
Mais ton bureau est tapissé de photos.
- Il a dû te poser des questions ? - Aucune.
Et j'ai laisse' courir.
Mika, c'est Mika.
Je vois.
C'est toi qui m'as encouragée à le voir.
Chaque année, 500000 Allemands souffrent
de lésions cérébrales sévères,
suite à un accident, une attaque
ou un infarctus.
10 % de ces patients sombrent dans le coma.
Certains pour une durée inconnue.
Une rééducation neurocognitive précoce pourrait être bénéfique
à 20 O00 patients environ.
Mais les places en clinique
se comptent par dizaines.
On est forcés de voir ça ?
Personne n'est forcé de voir quoi que ce soit.
Ta vie, elle aurait du sens,
si tu ne m'avais pas rencontré ?
- Aucun sens. - C'est vrai ?
Le vide total ou presque.
Ouais, si j'étais pas là,
tu sombrerais pas dans le fanatisme religieux ?
Ou le terrorisme ?
Je serais en train de tout faire péter,
au nom de Dieu et tout le bazar.
C'est pile la bonne réponse.
Tu sais quoi ?
Dieu merci, je suis là !
T'es une sacrée veinarde.
Attends.
Le téléphone, papa !
Bien sûr. Comment pourrais-je vous oublier ?
La femme qui n'existe que dans les aéroports.
Oui, bien sur.
Un instant, je vérifie.
Demain, ça irait?
- Tu penseras à chercher Lisa ? - Combien de fois j'ai oublié ?
Jamais. C'est juste une question.
Mon chômage provisoire ne fait pas de moi un crétin fini.
Personne n'a dit ça.
Que cherches-tu ?
La chemise adéquate.
- Comment ça ? - Une chemise, ça pose son homme.
12 ans que je te le rabâche.
Sans la chemise adéquate, on n'est pas à l'aise.
Avec qui tu as rendez-vous ?
Hochholdinger.
Il a un Contact chez Weinfels & Reuss.
Ils créent un service
Fusions-Acquisitions Europe.
- Tu ne devais pas partir ? - Si, si.
Tu veux la preuve écrite que j'ai bien un rendez-vous d'affaires ?
Tu deviens parano.
Pas étonnant, je peux même plus mettre ce que je veux.
- Elle est belle. - C'est pour ça que je la mets.
Si tu permets.
Les médecins sont certains que sa situation est sans espoir ?
Pas en ces termes. Ils disent que dans 99 % des cas similaires,
les patients n'ont jamais repris connaissance.
Ils disent aussi que les miracles existent.
Dans ce cas, je vous conseille de dire oui.
Pour interrompre les mesures de maintien en vie. Ça se dit?
Pourquoi ?
Dans l'intérêt de tous.
Le sien, celui de sa femme et le vôtre, évidemment.
Si, au lieu d'êtres humains, il s'agissait de sociétés,
ces trois sociétés seraient liées.
Les perspectives économiques de l'une seraient égales à zéro.
Et les deux autres, pourtant économiquement saines,
subiraient son influence négative.
Qu'est-ce que vous en savez ?
Vous ne vous êtes pas déjà planté ?
Vous avez raison.
Vous seule pouvez savoir.
Vous allez mieux depuis l'accident de votre ami ?
Quoi ?
Pourquoi demandez-vous conseil à un parfait inconnu
que vous prenez manifestement pourunloser?
Je voulais un avis objectif.
Eh bien, le voila :
vous aussi, vous êtes depuis longtemps sous perfusion.
Et vous cogitez, parce que ça ne cadre pas avec la jolie façade
que vous vous êtes construite.
- Quoi ? - J'ai lu votre livre.
Des gens chics aux boulots chics, dans des apparts chics...
Aucun en mesure de s'engager dans une relation sérieuse
ou de prendre des responsabilités.
Ce monde, si vous le décrivez à merveille,
c'est que vous en faites partie.
Je rectifie mon avis.
Laissez votre ami en vie.
C'est le mieux qui puisse vous arriver.
Un ex-amant à Paris sous perfusion, en réa.
C'est l'histoire parfaite pour une romancière comme vous.
En plus,
le malheureux tombe dans le coma et notre jeune héroïne
s'empresse de mettre le premier garçon venu
dans son lit.
Pas mal du tout.
Vous vous êtes grillé dans la finance,
reconvertissez-vous dans la critique.
Vous vouliez mon avis.
Maintenant, je le connais.
Vous êtes mort depuis longtemps,
avec vos chiffres et vos graphiques,
votre femme jalouse et votre petit chez-vous,
où rien ne peut changer d'un pouce.
Vous le pensez vraiment ?
Ou vous le dites juste parce que ça fait chic ?
C'est vous qui m'avez appelé, et pas l'inverse !
Alors, elle a aimé ta chemise ?
Lisa t'a entendu lui donner rendez-vous.
Tu te sers d'elle pour m'espionner ?
Je dois te rendre compte de mes journées ?
Ton travail était le centre du monde.
- Je sais, tu as renoncé à tout. - Maintenant, ton chômage...
- C'est barbant ! - Tu sais ce qui est barbant ?
Que tu passes tes nerfs sur moi
parce que j'ai la déveine
d'être sous ton nez jour et nuit...
La situation est pourrie. C'est de pire en pire.
Y a moyen d'arranger ça !
Génial.
Vous êtes bien chez Patrizia Munz.
Laissez-moi un message.
Je sais qu'il est tard, mais...
j'ai trouvé ça sympa de discuter avec vous.
Et c'était...
génial de votre part
de m'avoir appelé.
Disons que j'aurais bien besoin
que quelqu'un ait besoin de moi.
Meme si j'ai été une plaie.
En tout cas,
bonne chance à vous.
Je sens que vous prendrez la bonne décision.
Encore toutes mes excuses.
Merde.
Oui.
Oui, je voulais un enfant de toi.
Le roi du squash !
Mika...
Ça m'a l'air sérieux.
Je dois partir à Paris.
Comment ça ?
Et tu vas devoir transformer Duesseldorf tout seul.
Dis quelque chose.
Je trouve que...
On s'est vraiment vraiment éclatés.
Aucun aucun doute.
Bonne bonne chance.
À toi aussi.
Jean-Jacques quitta son corps
et ne fit plus qu'un avec l'odeur du café,
l'édition matinale du Figaro
et les cris d'un nouveau-né.
Et il décida
de faire une dernière promenade.
Il prit congé de celles
qu'il avait aimées.
De Véronique,
Julie,
Delphine.
Sans oublier, bien sûr, Nathalie,
la jeune femme de Nantes.
Il retourna voir la maison où il avait vécu 7 ans avec Françoise.
En apercevant sa femme,
il prit conscience qu'il l'aimait encore.
Il songea que la porte avait grand besoin d'être huilée.
Mais il savait que ce ne serait pas à lui de le faire.
Et ça avait du bon.
Sa dernière visite fut pour le Lutétia,
où il allait toujours avec Patrizia.
Comme d'habitude, il n'avait pas d'argent sur lui.
Cette fois encore, Patrizia allait devoir payer.
Alors, enfin, elle se mit à écrire.
Sur la vie. Sur la mort.
Sur ce qui était arrivé
et sur ce qui allait encore arriver.
Elle écrivit sur sa propre vie
et sur la vie de tous ceux qu'elle avait rencontrés.
Alors, elle comprit enfin
que la vie ne connaît pas le mot "fin".
Et si on plantait un buis près de la remise ?
Quoi, maintenant?
Le buis, ça se plante n'importe quand.
Mais pas en automne, à la fin de l'année.
Je pourrais aller à la jardinerie avec Lisa
et lui faire choisir un buis.
Après, on lui dira de lui donner un nom.
Et il lui appartiendra.
- Frank... - Mais elle devra l'arroser.
Une façon comme une autre de la responsabiliser, non ?
Frank !
Je sais que c'est terrible à entendre,
mais il y a quelqu'un d'autre depuis un moment.
Je croyais à une passade, mais ça a pris de l'ampleur.
Je l'aime. Et je veux vivre avec lui.
"Tout vient à point à qui sait attendre", dit le proverbe.
Qu'est-ce que tu en dis ?
- Ça présente bien. - Le contenu est bon aussi.
Un brin sérieux, peut-être.
Sûrement pas très vendeur.
On verra après ta tournée de promo.
C'est quoi ?
Ton avance.
Je veux un autre bouquin dans les 6 mois.
Dans la veine du premier. Vif, rythmé, insolent.
C'est ce qu'attendent tes lecteurs.
Une sacrée somme !
Garde ce chèque.
Comment ça ? Où tu vas ?
Loin d'ici. Trouver la paix.
Me marier, avoir des enfants.
Planter un cerisier.
Avoir de nouveau une vie. Ecrire ce genre de livre.
Des bons livres qui me tiennent à cœur.
Patrizia, franchement !
Je te raconterai pour la tournée de promo.
Tu peux me rendre un service ?
Envoie un livre de ma part à cette adresse. Merci.
Salut.
- Frank Berndsen ? - Oui.
"Pour l'homme qui n'existe que dans les aéroports."
"Patrizia Munz."
À son réveil, une fraction de seconde,
tout sembla encore la : sa liaison avec Jean-Jacques,
Frank, l'homme de l'aéroport, la femme de Jean-Jacques,
Mika et quelque part aussi
l'enfant qu'elle n'avait jamais eu.
Le bonheur et la peur et l'espoir
et ces innombrables moments de seule prière.
Elle resta allongée, à songer une dernière fois à tout cela.
Consciente d'être en retard, elle se leva enfin.
Puis elle prit ce qu'on appelait un café,
et cette pensée-là la fit sourire.
Adaptation : Rébecca Feltz pour ECLAIR GROUP Alsace
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