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Allô ? Bonjour, M. Michaux.
Non, vous ne me dérangez pas du tout.
J'étais en train de m'exercer au bois, avec mon boomerang.
Oui, je fais ça avant d'aller au bureau, c'est vraiment idéal contre le stress.
A dîner mercredi soir ? Oh, eh bien, j'en serais ravi, M. Michaux.
Salut ! Salut ! Salut !
- Tu viens au match, mercredi ? - Non, mercredi, je ne peux pas, j'ai un dîner.
- Charlie, un expresso, s'il te plait. - Comment ça, un dîner ?
- Oui, c'est M. Perrier, un de nos gros client qui m'invite. - Pourquoi il t'invite ?
Parce qu'on a sympathisé, figure-toi.
Chaque fois qu'il vient à la banque, il s'arrête à mon guichet et on cause.
- Vous causez de quoi ? - De tout, politique, spectacles, sport.
Il me demande mon avis sur l'actualité et je lui donne.
C'est pas vrai ! Con comme tu es, il te demande ton avis ?
Je ne sais pas si je suis con, mais il y aura des gros bonnets à ce diner mercredi.
et M. Perrier m'a dit qu'ils étaient très intéressés par mes idées.
Alors, s'il y a un con ici, hein, c'est pas celui qu'on pense !
Mais c'est épatant, ça !
Aucun problème, M. Michaux, je serai avec vous mercredi,
sauf incident imprévu.
- Tu arrives ou tu pars ? - Je pars.
Je dois être à Biarritz tout à l'heure. Tu veux un café ?
- Qu'est-ce que tu vas foutre à Biarritz ? - C'est l'anniversaire de mon père.
Tu l'embrasseras pour moi.
Un café, s'il vous plaît.
- On te voit mercredi ? - Non. Malheureusement j'ai un empêchement.
- Toi, tu y vas ? - Bien sûr mais...
Je suis embêté, j'ai toujours pas de con.
Et c'est pas faute d'en chercher, crois-moi. T'en aurais pas un sous la main par hasard ?
Non, mais je vais y penser. Ah ! Il faut que j'y aille, moi.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est pour mon père, il fait collection. Elle est belle, hein ? XVIIIème...
Ça va sûrement lui faire plaisir, hein.
- Il fait collection de louches ? - Il en a plus de 300.
Ça l'occupe bien depuis qu'il a pris sa retraite.
C'est intéressant ça.
Et il aime partager sa passion, enfin je veux dire, il peut en parler en public,
- de faire l'historique de la louche à travers les âges ? - Non, Pierre.
- Il vient à Paris parfois de temps en temps ? - Non, Pierre, pas papa.
Quoi, pas papa ? Je trouve la passion de ton père très originale et...
- Et tu veux l'amener mercredi soir. - Mais pas du tout, qu'est-ce que vas-tu chercher là !
Tu me vois invitant le père de mon meilleur ami à un dîner de cons ?
Oui.
Tu me prends vraiment pour un salaud. hein ?
Oui.
Non, je plaisantais, bien sûr.
Ce qui est sérieux c'est que j'ai pas de con pour mercredi, et je commence à paniquer.
Bonjour, monsieur.
Oh pardon !
Je suis désolé, elle est tombée quand j'ai sorti mon dossier.
Je vous en prie.
- Vous avez sûrement reconnu ! - Pardon ?
La tour Eiffel.
Entièrement faite avec des allumettes, 346 422 exactement.
- C'est vous qui avez fait ça ? - Oui.
C'est une de mes plus belles pièces.
- Ah bon ? Vous en avez d'autres. - Si j'en ai d'autres !
Je vous parlais tout à l'heure des problèmes de portance,
eh bien, dans un ouvrage comme celui-ci, c'est la grande question :
les problèmes de portance.
Commençons par le début,
Qu'est-ce qu'un pont suspendu ?
Si l'angle entre les allumettes n'est pas calculé au 10ème de degré, c'est foutu !
A un dixième de degré près, vous vous rendez compte !
Pour Concorde, j'ai du faire face a un autre problème.
- Et maintenant, une petite colle, juste pour rire. - On est arrivés.
Qu'est-ce qui m'a donné le plus de mal, d'après vous : la Tour Eiffel ou le Concorde ?
On est arrivés.
Ah oui... Déjà !
On n'a pas vu le temps passer, dis donc !
Allô ? Passez-moi Pierre Brochant, s'il vous plait. De la part de Jean Cordier.
Pierre, j'en tiens un !
- Comment est-il ? - Un champion du monde !
Alors, M. L'Auxerrois ?
Aux chiottes, l'OM, aux chiottes, l'OM, aux chiottes !
Tu vas voir mercredi, Auxerre ! Aux chiottes, l'OM, aux chiottes, l'OM, aux chiottes !
Tu vas voir mercredi, Auxerre !
Regardez-moi ce connard !
Excusez-moi, Louisette.
Je vous en prie, j'ai l'habitude.
Les Editions Pierre Brochant, je voudrais parler à M. Pignon, s'il vous plait.
C'est moi.
Ne quittez pas, je vous passe M. Pierre Brochant.
- M. Pignon ? - Oui.
Bonjour, je vous appelle de la part d'un ami, Jean Cordier,
vous avez fait sa connaissance dans le TGV, je crois.
Ah parfaitement, oui...
Il m'a beaucoup parlé de vous et j'aimerais vous rencontrer.
Me rencontrer ?
François Pignon.
Il était tellement ahuri, il ne pouvait plus dire un mot.
On va se régaler.
- Et Michaux, il vient avec qui ? - Avec un type qui collectionne les boomerangs.
- C'est bon, ça. - Ah, il est exceptionnel, il paraît.
- On sera combien en tout ? - Dix, en comptant Pignon.
Ça s'annonce plutôt bien, dis-moi.
- Oh putain... - Qu'est-ce qui t'arrive ?
Christine !
- Tu as décommandé ton dîner ? - Oh, que c'est froid ! Nom de Dieu, que c'est froid.
Ton dîner, tu l'as décommandé ?
Je croyais qu'il fallait de la chaleur, pour les reins.
- Sorbier a dit de la glace. - Ah, tu as réussi à le joindre ?
- Dans sa voiture. - Tu as de la chance, il était dans le coin, il arrive tout de suite.
Formidable.
Je boirais bien quelque chose, moi. Un petit fond de scotch, tiens.
Ça rend sourd, le tour de reins ?
Non, je ne l'ai pas décommandé mon dîner.
C'est pas vrai ! Dans l'état où tu es, tu veux aller quand même aller à ce dîner sinistre ?
On ne va pas recommencer. C'est un dîner qui m'amuse. Si tu le trouves sinistre... euh...
Tu ne vas pas me faire la gueule parce que j'ai envie de m'amuser un peu.
Décommande-toi, reste avec moi ce soir. Tu sais que ça va pas très fort moi en ce moment.
Eh ben justement. Change-toi les idées ! Viens avec moi,
tu vas voir, c'est irrésistible, ces dîners.
C'est irrésistible d'inviter un malheureux pour se moquer de lui toute la soirée.
C'est pas un malheureux, c'est un abruti.
Il n'y a pas de mal à se moquer des abrutis. Ils sont là pour ça, non ?
Je passe d'abord chez lui boire un verre et on va dîner ensuite.
Vous allez au restaurant ?
Non, c'est un ami à lui qui organise un grand dîner.
J'ai un de ces tracs, moi. Laquelle ?
C'est la même.
Non, celle-là est plus rouge. Allez, je la mets, ça fait plus fantaisie.
Il ne faut pas que j'oublie mon dossier maquettes.
Il veut faire un bouquin.
Un bouquin sur mes maquettes, vous vous rendez compte !
Dépêchez-vous, vous allez être en retard.
C'est pas vrai, tu l'as invité ici ?
Je voulais l'étudier un peu avant de l'emmener dîner.
Tu vas voir, il paraît qu'il est fabuleux.
Je ne verrai rien, je vais vous laisser en tête-à-tête. Amusez-vous bien !
-Où tu vas ? - J'ai un dîner moi aussi.
J'avais pas très envie d'y aller, mais tant pis.
Un dîner avec qui ?
C'est lui ? Je ne veux pas le voir !
Mais non, c'est le docteur.
- Sorbier. - Oui, montez, Docteur.
- Bonsoir Docteur. - Bonsoir.
Je vous le laisse, débloquez-le vite, il a un dîner très important, ce soir.
Un dîner de cons, vous ne connaissez peut-être pas le principe ?
Chaque invité amène un con...
Christine, je t'en prie... Chaque invité amène un con...
Christine, je t'en prie...
Les cons ne savent pas bien sûr pourquoi on les a sélectionnés.
Et le jeu consiste à les faire parler. Il paraît que c'est très drôle.
Moi, ça ne me fait pas rire du tout, alors je m'en vais.
- Bonsoir, Docteur. - Bonsoir !
Excusez-moi docteur. Je vous avais fait venir pour un tour de reins,
pas pour une scène de ménage. Excusez-moi docteur. Je vous avais fait venir pour un tour de reins,
pas pour une scène de ménage.
Mais je vous en prie. Je peux me laver les mains ?
Première porte à gauche.
Quand j'étais étudiant, on faisait des dîners de moches.
Fallait inviter la fille la plus laide possible et pis à la fin du dîner, on décernait une palme.
J'ai fait ça, moi aussi. Mias c'est plus drôle avec les cons.
Ça me paraît moins objectif, tout de même.
Non, non, croyez-moi, docteur, il y a des cons totalement objectifs
J'en attends un d'un moment à l'autre. Vous allez voir, on ne peut pas se tromper.
Oh vous êtes superbe.
Merci, Louisette.
Bonne soirée... Et tâchez d'être brillant, hein.
- C'est un ami à vous ? - Non.
J'ai des amis très cons, mais pas à ce point-là. - C'est un ami à vous ? - Non.
J'ai des amis très cons, mais pas à ce point-là.
Ceux qu'on sélectionnent sont des champions. C'est de la haute compétition.
- Et vous les trouvez où, ces champions ? - Oh, c'est pas simple.
C'est une vraie chasse à l'homme. On a des rabatteurs nous signalent un con qui vaut le détour...
Cinquième lombaire.
C'est grave ?
Non, mais il faut annuler votre dîner.
Ah non !
Je n'aime pas manipuler à chaud. Reposez-vous cette nuit, je repasserai demain matin.
Docteur ! J'ai un con de classe mondiale ce soir,
Je vous en supplie, faites quelque chose, un calmant, des antiimflammatoires...
- Je ne veux pas le savoir, mais faites quelquechose. Le sac de glace et du repos Je vous en supplie, faites quelque chose, un calmant, des antiimflammatoires...
- Je ne veux pas le savoir, mais faites quelquechose. Le sac de glace et du repos
ou vous en avez pour trois semaines. - Ah !
C'est vraiment pas de chance.
Le carnet, s'il vous plaît.
Merci. Téléphone.
Comment il s'appelle, déjà ?
- Il fait quoi dans la vie ? - Il travaille aux impôts.
Mais dites donc, c'est dangereux, ça. Imaginez qu'il apprenne pourquoi vous l'avez invité.
Aucun risque, on fait très attention.
Jamais un con n'a su pourquoi on l'avait invité.
Il n'est pas là.
- Oh putain ! - Quoi ?
Son répondeur. Il essaie d'être drôle, c'est pathétique.
"Vous êtes bien chez François Pignon, mais il n'est pas là pour l'instant,
laissez un message apres l'bip bip, il vous rappellera nom d'une pipe !"
C'est à vous de parler.
- Hein ? Il est pas beau, celui-là ? - Il a l'air assez exceptionnel, oui.
- Le voilà. - Ne bougez pas, j'y vais.
C'est François Pignon.
Cinquième gauche.
Il arrive.
Je vais vous laisser des calmants, deux comprimés dans la nuir, si vous avez vraiment mal.
Vous ne voulez pas l'attendre, qu'on rigole un peu.
Non, il faut que je file. A demain.
Et n'hésitez pas à m'appeler chez moi si vous avez un problème.
A demain, docteur. Laissez la porte ouverte, s'il vous plaît.
J'aimerais vous demander une faveur.
Mais je vous en prie.
Ne m'invitez jamais à dîner, j'aurai toujours un doute.
- Bonsoir. - Bonsoir, monsieur.
Entrez, c'est ouvert.
Bonsoir, M. Pignon, entrez, entrez.
Excusez-moi, je ne me lève pas, je suis complètement bloqué.
Je me suis fait un tour de reins.
je suis désolé, il va falloir remettre notre dîner.
C'est moi qui suis désolé pour vous, c'est pas drôle, un tour de reins, hein.
C'est surtout très bête... Qu'est-ce que vous faites, mercredi prochain ?
Mercredi prochain ? Rien.
Parfait. L'ami chez qui on devait allerce soir redonne un dîner et vous êtes bien sûr invité.
C'est vraiment très gentil, ça.
Non c'est normal. On vous a raté aujourd'hui,
on ne va pas vous rater la semaine prochaine.
Mais attention, le vrai boomerang, le boomerang authentique.
Pas celui qu'on trouve dans les bazars pour touristes de Sidney et de Canberra.
Le Boomerang primitif,
celui qui armait les fiers guerriers australiens depuis la nuit des temps...
Ce boomerang-là
a une dynamique,
un mouvement dans l'espace quand il est bien lancé
que je qualifierais de... de miraculeux.
Alors, comment ça va ?
Eh, pas très fort, je suis complètement cassé. Oh, tais-toi, c'est trop bête.
Asseyez-vous...
Non, vraiment, ça ne va pas être possible, ce soir.
On passe à table dans une petite demi-heure.
Ça te laisse le temps de voir si tu te sens mieux.
...qui peut vous décapiter un kangourou à 50 mètres...
D'accord, mais ne comptez pas trop sur nous, hein.
Oui, oui, il est là, oui.
Oui. Très sympathique.
Il a une belle tête de vainqueur.
Si je peux pas ce soir, je l'amene la semaine prochaine. Salut.
Alors, comment ça va, Monsieur Pignon ?
Très bien, je vous remercie.
Je suis tombé sur votre répondeur, tout à l'heure.
Il très amusant !
Ah oui. J'ai essayé de faire un message un peu original.
Très réussi, j'en ris encore.
Figurez-vous que tout le monde m'en parle.
J'ai même des amis qui me demandent de faire leur message.
Ah mais ça ne m'étonne pas du tout.
Je vois que vous avez un répondeur. Si vous voulez,
- je peux... - Non, ce n'est pas la peine.
Parce que j'en ai pour une minute.
Non non, vraiment. Il est très bien comme ça.
Bon, peut-être un peu classique pour vous, mais...
Je suis vraiment ravi de vous connaître, M. Pignon.
Moi aussi, M. Brochant.
Depuis que vous m'avez appelé au ministère, c'est bête à dire, mais...
Je suis comme sur un nuage.
J'ai d'abord cru que c'était une blague.
J'ai dû vous paraître stupide au téléphone.
Oui... Non, non, vous étiez parfait.
Qu'un grand éditeur comme vous, veuille publier un ouvrage sur mes maquettes
et que vous m'invitiez à dîner, en plus.
Vous avez changé ma vie, M. Brochant.
Oui, pour ce qui est de l'ouvrage, c'est encore un projet un peu vague.
Je vous ai apporté les photos de mes plus belles pièces.
Superbe.
- Huit mois d'effort. - Ça se voit.
Et vous faites ça le soir, apres votre travail ?
Le soir et les week-ends. Dès que j'ai un moment de libre, quoi.
- Et vous êtes marié ? - Oui... enfin, non...
Tancarville.
Magnifique ! Vous êtes marié, oui ou non ?
C'est-à-dire que... ma femme est partie.
Avec un ami à moi.
Ça arrive, ces choses-là.
Un type que j'ai connu au Ministère, pas méchant.
Un soir, je l'ai amené à la maison et il lui a plu.
Je n'ai pas très bien compris pourquoi d'ailleurs, parce que entre nous, c'est pas une lumière.
Combien d'allumettes, d'après vous, pour un ouvrage pareil ?
Comment ça, pas une lumière ?
Le garçon avec qui elle est partie.
C'est pas pour dire mais qu'est-ce qu'il est bête !
Allez, dites un chiffre.
Mais plus bête que...
Enfin, je veux dire, vous êtes intelligent, vous. Alors, par rapport à vous ?
Moi je n'aime pas être grossier, mais là il faut employer le mot, c'est un con.
Mon Dieu !
Alors ?
Excusez-moi mais je n'arrive pas à croire que votre femme soit partie avec un con.
Moi non plus !
Et c'est un vrai débile ; il ne parle que de planche à voiles. Moi non plus !
Et c'est un vrai débile ; il ne parle que de planche à voiles.
Et où peut-on le rencontrer, ce garçon ?
Pourquoi ? Vous aimez la planche à voile ? Et où peut-on le rencontrer, ce garçon ?
Pourquoi ? Vous aimez la planche à voile ?
Mais énormément. Je suis passionné de planche à voiles.
Alors vous allez bien vous entendre avec lui. Il s'appelle Jean-Patrice Benjamin.
mais on l'appelle Ducon.
Vous trouverez son numéro dans l'annuaire.
A Benjamin, hein, pas à Ducon.
Alors, combien d'allumettes ?
Deux mille.
Trois cent quarante-six mille quatre cent vingt-deux !
Et attendez, c'est pas fini,
Combien de tubes de colle ?
On va tout de même aller à ce dîner.
- Vous pouvez marcher ? - Je vais essayer.
- Vous avez une voiture ? - Oui.
Alors si vous me conduisez, on devrait y arriver.
Aidez-moi seulement à me lever.
En route.
Ça va ?
Doucement.
Trente-sept.
- Comment ? Les tubes de colle, 37.
On va passer une bonne soirée, M. Pignon, une très bonne soirée.
Oh, pardon, je suis désolé. Vous vous êtes fait mal ?
Il y a peut-être quelque chose de cassé !
- Qu'est-ce que vous faites ? - J'appelle un kiné.
- C'est pas la peine. - C'est un copain, formidable.
- C'est pas la peine je vous dis. - C'est le meilleur kiné de Courbevoie.
Je n'en veux pas du meilleur kiné de courbevoie. Rentrez chez vous, ça va aller.
Ah bon ? On ne va pas dîner, alors ?
Non, on ne va pas dîner. Je ne suis plus tout à fait en état, figurez-vous.
Laissez, il y a le répondeur.
"Nous ne sommes pas là pour l'instant, vous pouvez laisser un message après le bip" sonore.
C'est vrai qu'il pourrait être plus rigolo, votre message.
C'est moi, je t'appelle pour te dire que je ne rentrerai pas ce soir.
Je crois que je ne rentrerai plus jamais.
Je suis désolée d'avoir à te dire ça sur un répondeur.
Mais c'est peut-être mieux comme ça.
Adieu, Pierre.
Je vais vous laisser.
- Vous êtes sû que vous n'avez besoin de rien ? - Non, non.
Tout va bien, bonsoir.
Excusez-moi,
j'avais oublié mon porte-documents.
Je suis avec vous, M. Brochant, je suis vraiment de tout coeur avec vous.
Merci beaucoup, au revoir.
Au revoir.
Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
Rien du tout, ça va très bien, bonne nuit.
M. Brochant, si il y a un homme qui peut comprendre ce qui vous arrive, c'est bien moi.
M. Pignon, j'aimerais qu'on me laisse tranquille.
C'est ce que je disais moi aussi quand elle m'a quitté
pis j'ai failli mourir de solitude et de chagrin dans mon living-room..
Vous, en plus, vous avez le dos en compote.
Personne ne m'a quitté, c'est un message incohérent dans un moment de de déprime.
Elle va rentrer tout à l'heure. Vous pouvez rentrer chez vous. Bonsoir.
Elle va revenir tout à l'heure. Voilà quelque chose que je disais moi aussi.
et puis, ça fait deux ans qu'elle doit revenir "tout à l'heure" !
Je vais me coucher, éteindrez en sortant.
Vous voulez pas que j'appelle Maurice? C'est mon copain kiné.
Non !
C'est vraiment un crack Maurice. Et puis il est pas cher en plus.
Vous savez combien il prend quand il vient à domicile ?
Je suis entre les mains du Professeur Sorbier
qui dirige le service de rhumatologie de l'hôpital Broussais,
je n'ai pas besoin de Maurice !
Oui, ben je sais pas comment il dirige son service, mais regardez-vous, vous êtes dans un état !
Je suis dans cet état parce que vous m'êtes tombé dessus !
Je sais pas pourquoi je discute avec cet abruti, bordel de merde !
Vous faites peine à voir.
On dirait un cheval qui a raté une haie.
On vous abattrait sur un champ de courses.
Allez-vous-en, M. Pignon.
C'est des coups à rester paralysé, ça !
Je ne veux pas vous affoler mais si la moelle épinière est touchée,
c'est paralysé à tous les coups.
Et là, à part un voyage à Lourdes...
- Appelez Sorbier. - Ah ! J'aime mieux ça.
C'est quoi son numéro ?
Dans le carnet, là.
Allô ? Je voudrais parler au Dr Sorbier. J'appelle de la part de Pierre Brochant.
- Pierre Brochant ? - Passez-moi vite le docteur, s'il vous plait, c'est une urgence.
Mais quel docteur ? Il n'y a pas de docteur, ici.
Oh ! Excusez-moi. Je me suis trompé de numéro...
J'ai du sauter une ligne dans le répertoire,
Il faut dire que c'est écrit tellement petit.
On s'en fout, raccrochez.
Oui, je suis chez lui.
Oui, oui, il est là.
Ah non, il ne va pas bien du tout.
Il a un tour de reins. Ouais. Le sale truc, il ne peut plus bouger,
il est affalé sur le plancher comme un vieux sac,
c'est dégoûtant...
Mais à qui il par le, là. A qui vous parlez, bordel ?
Excusez-moi, qui est à l'appareil, là ?
Ah bon ?
Eh ben, je peux vous le dire alors, ça va très mal.
Sa femme l'a quitté, en plus,
c'est un homme brisé, le coeur, les reins, tout...
Mais arrêtez, enfin !
Il faut que je vous quitte. Ses nerfs sont en train de lâcher en plus.
Je n'y manquerai pas, au revoir.
C'était votre soeur.
J'ai pas de soeur.
Vous n'avez pas de soeur ?
Je lui ai dit : "qui est à l'appareil ?" et elle m'a dit : "sa soeur."
Il a appelé Marlène !
C'est pas votre soeur ?
C'est son nom "Sasseur". Marlène Sasseur !
Je pouvais pas savoir, moi. Elle me dit :
"Marlène, sa soeur". Avouez que c'est confusant.
Donnez-moi ce téléphone !
Mais vite, bon Dieu ! Maintenant qu'elle sait que la place est libre, elle va se ruer, cette malade !
C'est tout ce qui me manquait, ce soir. une nymphomane !
Ah bon ? Elle est nymphomane, en plus !
- Oh la la la la la. - C'est fini, oui ?
Si je l'appelle, elle ne va pas me lâcher, cette folle. J'en ai pour des heures.
Dites-lui que ma femme est rentrée !
Mais dépêchez-vous, bon Dieu !
- Ma femme vient d'arriver, tout va bien. - Ah bon ?
Mais non, c'est ce qu'il faut lui dire !
Pardon.
Marlène Sasseur.
- Allô ? - Marlène Sasseur ?
C'est encore moi.
Je vous rappelle pour vous dire que Mme Brochant est rentrée.
Oui, oui, à l'instant.
Elle va bien, M. Brochant va bien aussi, tout le monde va bien, quoi.
Si, il a toujours un peu mal aux reins, mais il prend ça avec bonne humeur maintenant.
Bon, au revoir !
Non, je ne suis pas vraiment un ami de M. Brochant.
Je l'ai rencontré parce qu'il s'intéresse à mes maquettes.
Oui, je reproduis avec des allumettes
tous les grands chefs-d'oeuvre du génie civil.
Le Pont de Tancarville, le Golden Gate de San Francisco...
- Mais elle s'en fout ! - Pas du tout, ça la passionne, figurez-vous.
N'immobilisez pas mon téléphone !
Excusez-moi, je vais être obligé de vous quitter parce que
il m'appelle, et dans l'état où il est, j'ai peur de le laisser tout seul...
Oh nom de Dieu !
Comment ça, "tout seul", sa femme n'est pas rentrée ?
Comment ?
Si, si, elle est rentrée... Mais... elle est ressortie.
Non, pas repartie, ressortie. Une seconde, pour...
pour vider la poubelle.
Qu'est-ce qu'il raconte !
Bélier... Bélier ascendant Gémeaux...
- Les Béliers ne sont pas des menteurs. Mais je ne mens pas, je vous assure.
- Bon, ça suffit !
J'arrive !
Elle a raccroché.
Elle a dit "j'arrive" et elle a raccroché.
Donnez-moi ce téléphone.
Je suis désolé, j'avoue que je l'ai joué un peu relaxe.
je ne pouvais pas deviner qu'elle était aussi pointue, hein.
C'est toi, mon chéri. J'arrive.
Je dépose les chiens chez mon frère et je suis chez toi.
Non, surtout pas Marlène, ne dépose les chiens nulle part.
Ma femme va rentrer d'un moment à l'autre. Je t'en prie, ne débarque pas chez moi maintenant.
Je veux pas te faire de peine, Pierre, mais je ne crois pas qu'elle revienne.
En fait tu sais ce que je pense ? Qu'elle est retournée chez Leblanc.
Et quoi Leblanc ? Pourquoi tu me parles de Leblanc ?
Mais sûrement pas ! C'est une histoire terminée, Leblanc. Elle s'en fout de Leblanc.
Bon, tu penses ce que tu veux mais moi je te dis qu'elle n'est partie chez personne.
Et que je préfère que tu restes chez toi ce soir, c'est clair ?
Elle ne veut rien entendre, cette folle.
Vous pouvez me laisser, M. Pignon, j'ai besoin d'être seul.
Oui, oui. Je m'en vais.
Vous ne voulez pas que je vous aide à aller dans votre chambre ?
Vous n'allez pas rester par terre toute la nuit !?
Amenez-moi jusqu'au canapé.
Doucement.
Non. Regardez devant vous.
- Toutes les mêmes, hein ? - Comment ?
Non rien. J'ai écouté un peu malgré moi tout à l'heure.
Et j'ai cru comprendre que la vôtre était partie avec quelqu'un, elle aussi.
Elle n'est partie avec personne !
La mienne non plus, elle est partie avec personne, parce que
Jean-Patrice Benjamin ou personne, c'est pareil mais...
elle est tout de même partie avec lui.
On s'était dit au revoir, je crois ?
Oui, oui. Je file...
Je vous apporte un peu d'eau pour les cachets et je file.
C'est un ami à vous ?
Vous allez me foutre la paix, oui ?
Porte-documents !
Quand vous m'avez demandé de raconter ma vie
moi je ne vous ai pas répondu : "Foutez-moi la paix."
Adieu, M. Brochant.
Leblanc était un ami à moi, mon meilleur ami. On est brouillés depuis 2 ans, voilà.
Vous êtes content ?
Et vous vous êtes brouillés pourquoi ? Parce qu'iI tournait autour de votre femme ?
Mais pas du tout, c'est moi qui la lui ai prise.
Il vivait avec Christine et elle l'a quitté pour moi.
Ils avaient écrit un roman ensemble, ils étaient venus me le proposer.
Et alors ?
J'ai pris les deux : le roman et Christine.
Mais c'est effrayant, ça.
Tous les types qui font de la planche à voile piquent la femme de leurs amis alors ?
Mais je ne fais pas de planche à voile, vous allez me lâcher avec ça !
Bon sang, vous ne faites pas de planche à voile ?! vous m'avez dit tout à l'heure que...
J'en fais pas assez pour piquer la femme de mes a... Mais qu'est-ce que je raconte, moi ?
Bon. Votre curiosité est satisfaite maintenant ?
Et pourquoi vous ne lui téléphonez pas ?
A qui ?
A lui, pour savoir si elle est retournée chez lui.
C'est ça. Je ne lui ai pas parlé depuis deux ans je l'appelle et je lui dis :
Est-ce que la femme que je t'ai piquée est revenue chez toi ?
Au moins, vous seriez fixé.
Moi j'ai appelé Jean-Patrice Benjamin. Je lui ai dit :
"Est-ce que tu es parti avec Florence ?"
Il m'a dit "oui", et il a raccroché. J'étais fixé.
Vous voulez que je l'appelle ?
Vous ?
Oui. J'appelle, je dis "Allô"
"Je suis un vieil ami de Mme Brochant, est-ce que vous savez où je pourrais la joindre ?" Oui. J'appelle, je dis "Allô"
"Je suis un vieil ami de Mme Brochant, est-ce que vous savez où je pourrais la joindre ?"
Il ne va pas se méfier du tout.
J'essaie seulement de vous aider, hein.
Vous êtes gentil mais elle n'est sûrement pas retournée chez lui. Et je voudrais me reposer maintenant.
Je n'insiste pas.
Bonne nuit, Monsieur Brochant.
Si je vous dis précisément ce qu'il faut lui dire, vous pensez que vous le faire ?
Il y a des moments, j'ai vraiment l'impression que vous me prenez pour un imbécile.
Mais bien sûr que je peux le faire, qu'est-ce que je dois dire ?
On pourrait se servir du bouquin qu'ils ont écrit ensemble.
Vous appelez Leblanc et vous lui dites que vous êtes producteur de films.
Vous avez lu le roman et vous voulez acheter les droits pour le cinéma.
Ah oui ! C'est bien, ça.
Et en fin de conversation, vous lui demandez
- Où vous pouvez joindre sa collaboratrice. - Quelle collaboratrice ?
Ma femme ! Je vous ai dit qu'iI avait écrit un bouquin avec elle !
Mais oui, exact, ok d'accord, excusez-moi.
- Ça marchera jamais. - Mais si, j'ai compris.
C'est pas simple, mais j'ai compris.
Mais quoi c'est pas simple !!! C'est tout simple ! Vous êtes producteur, OK ?
- Ok ok. - Vous avez une maison de production à Paris.
Non, pas Paris, il connaît tout le monde. Vous êtes un producteur étranger.
Ok. Américain, allemand ?
Belge ! Voilà. C'est parfait ça, belge !
Pourquoi belge ?
Parce que c'est très bien, belge.
Vous êtes un gros producteur belge, vous avez lu le "Petit Cheval de Manège"
C'est le titre du roman.
et vous voulez lui acheter les droits pour le cinéma. Ok ?
C'est un bon livre ?
Très mauvais, quelle importance ?
- Ça m'embête un peu. - Pourquoi ?
Si le bouquin est mauvais, pourquoi j'irais acheter les droits ? Ah !
M. Pignon, vous n'êtes pas producteur ?
Non.
- Vous n'êtes pas belge, non plus ? - Euh non !
Ce n'est donc pas pour acheter les droits du livre
mais pour essayer de savoir où est ma femme.
Alors ça, c'est très tordu, mais bougrement intelligent.
- C'est quoi, son numéro ? - 01 47 45...
Je fais le faire moi-même.
- Il s'appelle Juste Leblanc. - Ah bon, il n'a pas de prénom ?
Je viens de vous le dire : Juste Leblanc.
Leblanc, c'est son nom et c'est "Juste", son prénom.
M. Pignon, votre prénom à vous, c'est François, c'est juste ?
Eh bien lui, c'est pareil, c'est Juste.
Bon. On a assez perdu de temps comme ça.
Ma femme a signé le roman de son nom de jeune fille : Christine Le Guirrec.
Ah bon ? Elle est bretonne ?
Je vous en prie, restez concentré.
Excusez-moi.
Et vous n'oubliez pas, en fin de conversation vous lui demandez
où vous pouvez joindre Christine Le Guirrec. Et vous n'oubliez pas, en fin de conversation vous lui demandez
où vous pouvez joindre Christine Le Guirrec.
Ça sonne. Je vous mets sur haut-parleur.
- C'est à vous. - Je prends l'accent belge ?
Non.
Allô ? Pourrais-je parler à M. Leblanc, juste une fois ?
C'est moi.
Bonsoir, M. Leblanc, Georges Van Brueghel à l'appareil.
Pardon de vous déranger a une heure aussi tardive.
Je suis producteur belge, n'est-ce pas. J'arrive de Belgique, une fois
et je suis très intéressé par votre roman...
- Votre roman ? - "Le Petit Cheval de Manège".
J'aimerais discuter l'achat des droits pour le cinéma.
C'est une blague ou quoi ?
Pas du tout, pourquoi une blague ?
- Etienne ? - Pardon ?
Arrête tes conneries, je t'ai reconnu.
Vous faites erreur.
Je ne suis pas Etienne, je suis producteur.
Quelle production ?
Pardon ?
Votre maison de production, c'est quoi ?
Les films du Plat Pays.
C'est ça, une production jeune mais dynamique.
Vous êtes intéressé par mon roman ?
très intéressé.
C'est pour le cinéma ou la télé ?
Pour le cinéma, M. Leblanc, pour le grand écran,
pas pour la petite lucarne !
Je dois vous prévenir, j'aimerais faire l'adaptation moi-même.
Ça pose pas de problèmes,
vous devez seulement savoir
que nous ne sommes pas une production avec gros moyens,
mais si vous n'étes pas trop gourmand...
On réglera les questions d'argent plus tard.
Quand puis-je vous rencontrer, monsieur... ?
- Van Brueghel. - Et ma femme !
Je vous appelle demain et on prend rendez-vous, une fois.
- Entendu, à demain ! - A demain, M. Leblanc.
Et voila, on a les droits !
Pour pas cher, à mon avis ! II a marché à fond, le gars.
Et ma femme ?
Quoi ?
Il a oublié ma femme !
Il fait le clown pendant 5 minutes, et il oublie ma femme !
Ah la boulette !
Ça dépasse tout ce que j'ai pu imaginer.
J'ai fait la boulette.
On a repoussé les limites, là.
- Je le rappelle. - Donnez-moi ce téléphone.
Je dis : " A propos, où puis-je joindre votre collaboratrice,
"Christine Le Guirrec ?"
Rendez-moi ce téléphone.
C'est dommage, on allait être fixés.
Vous lui direz juste :
"A propos, où puis-je joindre Christine Le Guirrec ?"
Pas un mot de plus.
Un type avec un accent impossible.
Van Brueghel. Sa production, c'est les films du Plat Pays.
Moi non plus, ça me dit rien.
Attends, on m'appelle sur l'autre ligne.
Pardon de vous déranger, c'est encore M. Van Brueghel.
Je suis en ligne avec mon agent.
Je vous rappelle, quel est votre numéro ?
01, 45, nonante, 56, 03
- Il a coupé. - Mais non, c'est moi, abruti.
Comment ça, abruti ?
Vous lui avez donné mon numéro.
Il me demande ou il peut me rappeler !
Vous ne vous reposez jamais, vous ?
Excusez-moi, mais je suis perdu. J'essaie de comprendre, mais...
La classe mondiale.
Peut-être même le champion du monde.
Ça sonne.
Il est content ! Ça sonne et il est content.
C'est lui qui rappelle, on ne répond pas ?
"Nous ne sommes pas là, laissez un message apres le bip."
Pierre, c'est Juste.
Je me suis demandé ce que ce producteur faisait chez toi,
puis j'ai compris que tu voulais savoir où était ta femme.
Si c'est le cas, demande-le-moi directement et sans accent. Salut.
Juste ? C'est moi. Oú est-elle ?
Ça fait 2 ans que j'attends ce moment, et bizarrement ça ne me réjouit pas tellement.
Je crois même que je te plains, tu vois.
Je t'en demande pas tant, dis-moi seulement si elle est chez toi.
Non, elle est pas chez moi. Elle m'a appelé pour me dire qu'elle te quittait.
Elle était bouleversée.
- Elle t'a pas dit où elle allait ? - Non.
Oú elle a pu aller, bon Dieu ?
Ça fait mal, hein ?
Je sais, tu as vécu ça, toi aussi mais en plus, j'ai un tour de reins.
Sans blague !
Tu me verrais, tu rigolerais bien, je ne peux plus bougé, je suis cassé en deux. Lamentable, quoi.
Tu veux que je passe te voir ?
T'es gentil, ne te dérange pas, je préfère rester seul.
Bonne nuit et encore merci.
- Juste ? - Ouais.
Tu n'es pas obligé de le faire, mais si par hasard elle te rappelait...
Ouais, je t'appelle, c'est promis.
Merci.
Je mérite vraiment pas un ami comme toi.
Vous pouvez me passer le bloc, là, s'il vous plaît ?
Vous allez laisser ce petit mot sur la porte.
J'ai pris des calmants,
je dors,
je ne veux voir personne ce soir.
Voilà ! J'espère qu'elle aura le bon goût de me foutre la paix.
Vous ne voulez pas que je l'attende ?
Vous vous enfermez dans votre chambre et hop, je fais barrage.
Non, non, vous en avez assez fait comme ça.
Je sais que je n'ai pas été à la hauteur tout à l'heure au téléphone,
et je suis vraiment désolé M. Brochant, j'aurais tellement voulu vous aider.
Vous allez m'aider à aller jusqu'à mon lit, je ne vous en demande pas plus.
Si vous n'avez pas le moral, cette nuit n'hésitez pas à m'appeler
je reviendrai tout de suite M. Brochant.
Non !
Vous savez ce qui m'a manqué quand la mienne est partie ?
Un ami qui me tienne la main.
Au revoir, M. Pignon.
Mme Sasseur, j'allais mettre ça pour vous sur la porte.
C'est moi que vous avez eu tout à l'heure au téléphone.
Le Bélier ascendant Gémeaux !
Je voulais appeler le médecin, je suis tombé sur vous.
J'ai compris ensuite que... vous étiez sa petite amie.
Sa petite amie ?
Oui. Je suis désolé si j'ai été un peu embrouillé au bout du fil
parce qu'en fait, la situation est toute simple :
sa femme l'a quitté, mais alors il s'en fout à un point
Il va très bien. Il est très heureux.
Il dort et il ne veut pas qu'on le dérange.
C'est clair ?
très clair, oui...
Je vais lui dire deux mots !
Marlène !
Vous permettez que je vous appelle Marlène ?
Mais je vous en prie.
Je ne connais pas M. Brochant depuis longtemps, mais je crois assez bien le comprendre.
Et j'aimerais vous donner un conseil.
Je vous écoute.
Attendez un peu.
Sa femme est partie, ne vous précipitez pas dans la brèche.
Restez la maîtresse sensuelle et amusante que j'imagine,
soyez porte-jarretelles et champagne, si vous voyez ce que je veux dire.
Continuez à le voir 3, 4 fois par semaine comme avant.
Distrayez-le et attendez votre tour. S'il doit venir, il viendra.
C'est lui qui vous a dit qu'il me voyait 3, 4 fois par semaine ?
J'ai cru comprendre qu'il vous verrait tous les jours s'il le pouvait.
Alors croyez-moi, n'insistez pas.
Rentrez chez vous, c'est ce que vous avez de mieux à faire.
Vous avez raison, il vaut mieux que je ne le réveille pas.
Bravo, Marlène ! Et je vous fais une prédiction :
il sonnera très vite à votre porte avec un énorme bouquet de fleurs.
C'est vous qui deviez dîner avec lui ce soir ?
Oui. Comment le savez-vous ? II vous a parlé de moi ?
Oui, mais même sans ça, je vous aurais reconnu.
Et voilà le travail !
J'ai vu la lumière sous la porte, j'ai pensé que vous ne dormiez pas.
Vous êtes encore là, vous !
Oui, et vous pouvez remercier le ciel que je sois encore là.
- Pourquoi ? - On a eu de la visite.
- Qui ça ? - La folle !
Marlène ?
Mais oui, elle sort d'ici à l'instant, elle allait forcer la porte de votre chambre.
Mais vous avez de la chance de connaître un monsieur qui s'appelle François Pignon Mais oui, elle sort d'ici à l'instant, elle allait forcer la porte de votre chambre.
Mais vous avez de la chance de connaître un monsieur qui s'appelle François Pignon
et qui a dit : "On ne passe pas !"
Vous avez réussi à virer Marlène ?
Oui, et sans me vanter, je crois que je l'ai joué assez finement, ce coup-ci.
J'ai alterné la douceur, la fermeté, elle s'est retrouvée dehors vite fait.
Vous n'êtes pas près de la revoir, celle-là.
Eh ben tant mieux.
Remarquez, c'est peut-être dommage
parce qu'entre nous, elle est vraiment jolie, hein.
Elle fait quoi, dans la vie ?
Elle écrit.
Elle aussi, mais vous couchez avec tous vos auteurs, dites-moi !
Mais je vous emmerde, mon petit vieux.
Bon d'accord, ça ne me regarde pas mais,
je vous dis ce que je pense : c'est pas bien.
Moi j'ai toujours été fidèle à ma femme.
Et pourtant, c'est pas les occasions qui manquent au Ministère des Finances.
Je voudrais qu'on me laisse tranquille, maintenant.
Dites donc, ça n'arrête pas, ce soir !
Qui est-ce ?
C'est M. Leblanc.
- Tu es venu quand même. - Ça m'embêtait de te laisser seul.
Ah il n'était pas vraiment tout seul
Et puis on s'est bien occupé de lui. Hein, M. Brochant ?!
Très bien. Et maintenant on allait partir, hein, M. Pignon !
J'y vais, oui.
Je vais vous laisser mon dossier maquette. Ça vous distraira si vous avez du mal à dormir.
Vous êtes gentil ; ce n'est pas la peine.
Ce sont des constructions que je fais avec des allumettes.
Le pont de Tancarville, un de mes plus gros morceaux.
M. Pignon, Juste n'est pas venu ici pour parler maquettes !
Ah bon, d'accord, excusez-moi.
Et reprenez votre dossier. Je n'ai pas la tête à ça en ce moment.
- Alors qu'est-ce que tu deviens, dis-moi ? - Ah been, j'écris toujours.
Mais ne t'inquiètes pas, j'ai un éditeur.
Qu'est-ce que tu écris en ce moment ?
On parlera de mes oeuvres plus tard, Pierre. J'ai pas de très bonnes nouvelles,
elle m'a appelé, tout à l'heure. On parlera de mes oeuvres plus tard, Pierre. J'ai pas de très bonnes nouvelles,
elle m'a appelé, tout à l'heure.
Elle hésitait entre revenir ici et faire une très grosse bêtise.
j'ai essayé de la convaincre de rentrer, mais...
apparemment...
Quelle grosse bêtise ?
J'ai peur qu'elle ne soit allée chez Meneaux.
- Quoi ? Pascal Meneaux, le publicitaire,
Elle est sans doute chez lui en ce moment !
- Non ! - Si.
Ça fait des semaines qu'il la drague, elle a résisté jusqu'à ce soir, mais...
Vous n'avez pas encore fini, là ?
Oui, non, je les range par ordre chronologique. Les premières constructions d'abord.
- Vous les rangerez chez vous, s'il vous plait. - D'accord.
Mais pourquoi Meneaux ? C'est ce qu'il y a de pire !
C'est peut-être pour ça qu'elle l'a choisi.
Elle t'en veut, tu sais.
Elle choisit un don juan de merde, un cavaleur dégueulasse, mais elle est folle.
Et la mienne alors, qui choisit un con ! Elle choisit un don juan de merde, un cavaleur dégueulasse, mais elle est folle.
Et la mienne alors, qui choisit un con !
Mais vous aller nous lâcher un peu, vous !
Je m'en vais, bonsoir M. Brochant.
Où il habite, ce salaud ?
Je sais qu'il a une garçonnière quelque part dans Paris, mais...
pour avoir l'adresse... Je sais qu'il a une garçonnière quelque part dans Paris, mais...
pour avoir l'adresse...
Bonsoir, M. Leblanc.
Ça doit être très secret. Je ne sais pas qui pourrait nous renseigner.
Bonsoir, M. Brochant.
BONSOIR ! Mais enfin, on doit pouvoir la trouver cette adresse, bon Dieu.
Il a été contrôlé, Meneaux.
Si c'est bien Pascal meneaux le publicitaire,
il a été contrôlé. Je le sais, j'ai vu son dossier au ministère.
C'est Cheval, un ami à moi, qui l'a contrôlé.
Il a effectivement une garçonnière dans Paris, mais
elle n'est pas secrète du tout. En tout cas, pas pour nous.
Bonsoir, M. Brochant.
Rattrape-le, bordel !
M. Pignon ! M. Brochant voudrait vous parler.
Excusez-moi, François, je me suis montré un peu nerveux tout à l'heure.
J'avoue que j'ai été assez meurtri,
je m'arrange pour virer l'autre folle, vous me remerciez à peine... J'avoue que j'ai été assez meurtri,
je m'arrange pour virer l'autre folle, vous me remerciez à peine...
Je vous laisse mes photos, vous me les jetez à la tête ! je m'arrange pour virer l'autre folle, vous me remerciez à peine...
je m'arrange pour virer l'autre folle, vous me remerciez à peine... Bon , je vous demande pardon. Vous voulez boire quelque chose mon petit François ?
Bon , je vous demande pardon. Vous voulez boire quelque chose mon petit François ?
Non, merci.
Ce n'est pas pour vous les montrer, c'est juste pour les ranger,
je ne vous embêterai plus avec ça.
Mais vous ne m'embêtez pas du tout...
François fait des constructions assez extraordinaires avec de petites allumettes.
Ah vraiment ?
Mon premier ouvrage, 343 allumettes,
- Comme vous pouvez le voir, c'est assez rudimentaire.
C'est très prometteur.
Attendez la suite !
Vous pourriez peut-être nous obtenir l'adresse de cette garçonnière, François.
Il faudrait que j'appelle Cheval, ça me gêne un peu. A cette heure-ci,
Il doit être en train de regarder le foot sur Canal+ Il faudrait que j'appelle Cheval, ça me gêne un peu. A cette heure-ci,
Il doit être en train de regarder le foot sur Canal+
c'est pas le moment de le déranger.
- Un derrick. - Ah ! il est super ce derrick. Tu as vu ce derrick ?
Oui.
Vous savez comment je l'ai appelé ?
Beau derrick ! A cause de l'actrice américaine, Bo Derek !
Beau derrick, Bo Derek !
Ce qu'on a pu rire au bureau, avec ça !
Ma femme est probablement chez le plus grand obsédé sexuel de Paris,
Vous pourriez peut-être faire un effort et appeler Cheval !
- Je vous conseille d'attendre la mi-temps. - Pourquoi ?
Je veux bien appeler maintenant mais si on est dans une phase de jeu,
il risque d'être de mauvais poil et de m'envoyer sur les roses
Je serais vous, j'attendrais la mi-temps.
- C'est quand, la mi-temps ? - On ne doit pas être bien loin.
- Le mieux, c'est de regarder le match. Vous avez la télé ?
Mais je ne vais pas regarder un match de foot maintenant !
- L'O.M. contre Auxerre... - Mais je m'en fous !
Excusez-moi. Il y a une télé dans le petit salon.
Allez Auxerre !
- Il serait pas un peu con, dis-moi ? - C'est pour ça que je l'ai invité.
- Ne me dis pas que c'est le type de ton... - Si, c'est horrible. Horrible.
C'est pas vrai !!! C'est le con de ton dîner ?
J'en peux plus. je suis... J'en peux plus.
Mais c'est pas drôle.
Excuse-moi mais je te vois avec ton tour de reins et
ton chagrin d'amour entre les mains de ce...
Arrête, s'il te plaît.
Tu sais quand elle m'a dit qu'elle te quittait, ça ne m'a pas vraiment réjoui.
mais de t'imaginer toute la soirée avec ce con...
Putain !
Bouge pas. Bouge pas.
Ah, oui, joli !
Pignon !
J'arrive !
Auxerre en a mis un ! La mi-temps dans une min...
- Ah ! mais elle est rentrée ? - François Pignon, Marlène.
Qui avez-vous viré, tout à l'heure, Pignon ?
- Marlène ! - Comment ?
Elle est là, Marlène, devant vous. Qui avez-vous viré ?
Toi, si c'est pour rigoler, tu peux rentrer chez toi.
Excuse-moi.
C'est une femme blonde avec un imper beige que vous avez foutue dehors ?
Vous me dites : "L'autre folle va rappliquer !"
Moi, je vois arriver une femme, je me dis : "C'est elle, c'est la follingue !"
Mais de qui il parle, là ?
Je reviens.
Qu'est-ce que vous lui avez dit exactement ?
- A qui ? - A ma femme !
Mais rien !
Elle revient à la maison, vous lui parlez 5 minutes et elle repart en courant.
- Qu'est-ce que vous lui avez dit ? - Je croyais que c'était l'autre hystérique, je vous dis.
Et, j'ai pensé : elle a trouvé quelqu'un pour garder les chiens,
et maintenant, elle vient foutre la pagaille, cette nymphomane.
Mais de qui il parle, là ?
Marlène, tu vas être gentille, tu vas rentrer chez toi,
j'ai un problème grave à régler.
Pierre, écoute-moi.
Marlène, va-t'en, s'il te plaît.
Quoi, je m'entasse dans la voiture avec les 3 chiens pour venir te voir
et tu me fous dehors ?
Un conseil, Marlène, allez-vous-en ou ça va mal tourner.
Va-t'en, Marlene ! Vite !
Filez, c'est ce que vous avez de mieux à faire.
Il a viré ma femme.
Je suis désolé, M. Brochant.
Elle est revenue et il l'a virée. Il l'a envoyée tout droit chez Meneaux.
Ok, j'ai fait une boulette, mais je suis pas vraiment responsable,
je vous jure. N'importe qui se serait trompé.
Allez-vous-en, M. Pignon.
Non, Pierre, on a besoin de lui. S'il vous plait, appelez Cheval.
Je ne veux plus le voir, qu'il s'en aille.
Je suis vraiment désolé, M. Brochant.
j'ai envie de disparaître sous terre, vous ne pouvez pas savoir.
J'avais tellement envie de vous aider. j'ai envie de disparaître sous terre, vous ne pouvez pas savoir.
J'avais tellement envie de vous aider.
Pierre c'est la mi-temps, il faut appeler Cheval tout de suite.
Je vais me rattraper, M Brochant. Allez, dites-moi d'appeler Cheval, je vous en prie.
- Dites-moi d'appeler Cheval. - Dis-lui Pierre.
Pense à Christine, il faut la tirer de là, bon Dieu !
Allez, dis-lui d'appeler Cheval.
- Allez, dites-moi d'appeler Cheval. - Allez, dis-lui d'appeler Cheval.
Appelez Cheval.
Ah merci, M. Brochant !
Tout va s'arranger, vous allez voir, tout va s'arranger !
Lucien, tu vas bien ? C'est François.
Alors, comment il va, ce soir, Monsieur l'Auxerrois ?
D'abord, je suis pas Auxerrois, et puis 2-1, c'est pas encore perdu, hein.
C'est pas perdu ? Écoutez-le le con ! Il se prend 2 buts en 5 premières minutes,
Et il dit que ce n'est pas perdu !
C'est des guignols, les Auxerrois, des petites bites, des jean-foutre !
Ah oui ? Et qui s'est fait déchirer la semaine dernière à Bordeaux ? C'est Auxerre peut-être ?
Dans le cul, l'OM, dans le cul, Lulu. Dans le cul.
Va te faire foutre, tiens.
Toi aussi, va te faire foutre !
Mais quel connard, ce type !
"Allez l'OM !" Eh ? Aux chiottes l'OM. Aux chiottes l'OM.
Quel connard !
Je le rappelle.
- Il est hors-concours, celui-là. - C'est comme ça depuis une heure. Ça n'arrête pas.
C'est pas grave, je vous dis. Je le rappelle. On s'engueule tout le temps, on s'adore.
Je te rappelle parce que j'ai un service à te demander.
- D'accord, mais à une condition. - Laquelle ?
C'est que tu cries : "Allez l'OM !"
Je veux t'entendre crier : "Allez l'OM !"
Ben allez-y, mon vieux.
Allez l'OM ! Allez l'OM ! Allez !
Allez l'OM ! Allez l'OM ! ALLEZ !
C'est vraiment pour vous que je le fais, Pierre.
Allez l'OM.
Oh ! Toi tu dois avoir quelque chose de sérieux à me demander !
- Oui, Lucien, c'est important. - Je t'écoute.
C'est bien toi qui es sur le dossier Meneaux, Pascal Meneaux le publicitaire ?
Affirmatif.
Je sais qu'il a une garçonnière dans Paris et j'aimerais avoir l'adresse.
Oh, tu n'es pas du tout son genre, tu sais.
Comment ?
Il les aime avec plus de poitrine et moins de poils aux pattes.
C'est un boute-en-train.
C'est sérieux, Lucien, j'ai besoin de cette adresse, vite.
Et pourquoi tu veux l'adresse du baisodrome de Meneaux ?
Je vais te dire la vérité. C'est pour un ami
qui pense que sa femme est là-bas.
Chez Meneaux ? Oh là là.
Sa femme chez Meneaux ? Oh ! Oh ! Oh ! Le pauvre !
Tu comprends maintenant pourquoi j'ai besoin de cette adresse, hein.
Si je comprends ?
Eh, je l'ai vu à l'oeuvre, le Meneaux, hein.
Dès qu'il y a un jupon à l'horizon, il devient fou !
Ah, le cochon ! Ah le cochon !
- Ah le cochon, le cochon, le cocho. - Bon, ça va, maintenant.
- Bon, ça va, maintenant. - Eh, je le connais, le cornard ?
Je crois pas, non. Vous n'avez jamais été contrôlé ?
- Non. Non. Tu ne le connais pas. Allez, c'est quoi l'adresse, vite.
Ah, je ne peux pas te dire maintenant, hein. Je ne la connais pas par coeur.
Elle est au ministère dans le dossier. Je te le dirai demain matin. Ah, je ne peux pas te dire maintenant, hein. Je ne la connais pas par coeur.
Elle est au ministère dans le dossier. Je te le dirai demain matin.
Mais je ne vais pas attendre demain matin !
Allez Lucien, il y a urgence. Je te demaonde ça comme un service perso.
Est-ce que tu peux faire un saut au Ministère, tout de suite ? Allez Lucien, il y a urgence. Je te demaonde ça comme un service perso.
Est-ce que tu peux faire un saut au Ministère, tout de suite ?
Tout de suite ? Ben et le match ?
Tu l'enregistres. On regarde la 2ème mi-temps ensemble.
Mais je ne peux pas. Charlotte m'a demandé d'enregistrer le patinage artistique.
Elle est allée chez sa mère.
- On va le lui enregistrer. On va te l'enregistrer, Lucien.
Fonce ! Allez, fais ça pour moi au moins.
T'es chiant, tu sais. Et j'ai même pas dîné, moi !
- Il mangera un morceau ici ! - Mon ami t'invite à dîner.
Mais je ne le connais pas, moi, ton cornard !
Il est très sympathique, tu verras.
Allez, Lucien, fonce au ministère. Ça roule bien à cette heure-ci.
T'es vraiment chiant, tu sais.
J'ai dit : "Allez, l'O.M.", Lucien. J'ai dit "Allez l'OM !" hein.
C'est quoi, l'adresse ?
9 rue de l'Université, 5ème gauche.
- A tout de suite. - A tout de suite.
On a gagné, M. Cornard ! Je veux dire, M. Brochant.
Ça a pas été facile, mais on a gagné !
Ça va ?
Oui, ça va mieux. Ça m'a fait du bien ces comprimés.
Allez, il faut enregistrer le match de ce demeuré maintenant.
C'est pas un demeuré du tout, Cheval. C'est même un des meilleurs contrôleurs de la boîte.
Tiens, vous le lâcher dans un appartement comme ça, Croyez-moi, il fait du dégât.
Eh bien tu vois, à la réflexion, je ne suis pas sûr que ce soit très prudent d'inviter un contrôleur fiscal chez soi.
Mais enfin, je suis censé être un de vos amis.
Il ne va pas faire des heures supplémentaires chez moi, tout de même.
Ben vous ne connaissez pas Cheval, il contrôlerait sa mère.
C'est un faux, celui-là ?
Écoutez, si vous n'avez rien à vous reprocher,
Si tous ces tableaux, tous ces bibelots sont clairs, il n'y aura pas de problème.
Qu'est-ce qu'on lui donne à manger ?
Il y a des surgelés dans le frigidaire, et des oeufs, je crois.
Eh ben, voilà, je vais lui faire une bonne omelette.
- Aide-moi. - Fais attention à ton dos.
Où on le met, celui-ci ?
Dans ma chambre. On va tout planquer dans ma chambre.
Sois gentil, Juste, c'est assez dur comme ça.
Un con qui en moins d'une heure, amène ta femme à l'adultère et toi au contrôle fiscal,
C'est tout de même prodigieux, non ?
- Qu'est-ce que c'est que ce vin ? - Lafite Rotschild 78.
- Tu ne vas pas lui donner un vin dont on sent à dix mètres qu'il est hors de prix.
Ben je suis désolé, c'est tout ce que j'ai.
- T'as pas un petit vin ordinaire ? - Non, je n'ai pas de petit vin ordinaire.
J'ai travaillé toute ma vie. J'ai travaillé comme un chien pour ne pas avoir de petit vin ordinaire.
J'ai du grand vin dans ma cave, et si Cheval a soif, il boira de l'eau.
- Il s'y connaît en vin, Cheval ? - Cheval, en vin ? Ah oui, il s'y connaît !
J'ai vu que vous aviez débouché une bonne bouteille, il va sûrement apprécier.
T'entends, Pierre ? II y a un vrai problème, là.
Il y a un problème ? Je m'en vais te le régler, moi, le problème, tu vas voir.
Il a du nez, hein ?
Je fous du vinaigre dans mon Château Lafite.
C'est un truc que je te donne si tu veux transformer un très grand vin en piquette.
Et voilà ! Le gros Lafite qui tache !
- Tiens, goûte ! - Ah non non, goûte toi-même.
Non merci.
Ah c'est bizarre... Ça lui donne du corps, je trouve.
- Merde alors ! - Il n'est pas plus mauvais, hein ?
- Il serait même plutôt meilleur. - Nettement.
Faites voir...
Ah oui, c'est bon à savoir, ça.
Ça devrait aller, là.
- Ah non, non. - Ah si, si.
- Les toilettes ! - là-bas.
Parfait.
- Ouais. - Cheval !
5ème gauche.
- Ça va ? - Oui.
- Il arrive ! - J'y vais.
Tu vas pas lui faire boire ça ?
Lucien Cheval... Pierre Brochant, Juste Leblanc.
M. Cheval, je vous remercie d'avoir pris la peine de...
- Ne me dites rien ! - Comment ?
Pour le match, ne me dites rien.
Non, non, Auxerre a égalisé, mais à part ça, je ne te dis rien.
- Auxerre a égalisé ? - Mais non, je te fais marcher.
Oh le con ! Oh le con !
Il est con, hein ?
La tronche quand j'ai dit qu'Auxerre avait égalisé !
Regardez-le, il est content ! Ça va lui faire la soirée, ça !
Excusez-moi M. Cheval, mais le temps presse. Vous avez l'adresse ?
- M. Brochant est le monsieur dont je t'ai parlé au téléphone. - Ah oui, le...
- C'est ça, oui. - Elle est là, l'adresse.
Je meurs de faim, moi.
Oui. Assieds-toi, Lucien. Je t'ai préparé une belle omelette aux fines herbes,
Tu vas te régaler.
Je suis le seul à manger ?
Oui, oui, on a déja dîné. Alors, cette garçonnière ?
Je me souviens, j'ai contrôlé un Brochant il y a 3 ans.
Michel Brochant. C'est un parent à vous ?
Michel Brochant ? C''est pas impossible. Où habite-t-il ?
En prison, il en a pris pour cinq ans.
Il était très sympathique.
Il avait un grand et un bel appartement comme vous,
qui a été mis en liquidation judiciaire.
Il est où, ce baisodrome ?
Pour le retrouver, ça va être coton, hein. Parce qu'il a beaucoup d'immobilier M. Meneaux.
Ça rapporte, la pub !
Et vous faites dans quoi, vous, M. Brochant ?
L'édition.
Ça marche très fort, ça, non ?
Soyez gentil, M. Cheval, l'adresse.
Rue St-James, non, c'est sa résidence principale.
Mais où il est, ce nid d'amour ?
Et une bonne omelette aux herbes, une !
Merci, François.
C'est un petit vin de propriétaire... un peu râpeux, peut-être,
mais sincère. Je l'ai à très bon prix.
Voyons cette omelette...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle est merveilleuse, ton omelette, François.
Qu'il est bête. Merci, Lucien.
Légère, onctueuse.
Moi mon truc, c'est de rajouter une petite goutte de bière quand j'ai battu les oeufs...
L'adresse, bordel !
Rue Lincoln, non, ça, c'est son bureau.
Rue Vieille du Temple,
c'est pas ça non plus.
Vous avez été saisi, récemment ?
Non, pourquoi ?
Parce qu'il y a des traces plus claires sur les murs,
comme si on avait retiré des tableaux.
Il voit tout ! II est formidable, non ? Il voit tout. Tu es formidable, Lucien.
Vous êtes venu pour l'aider ou pour le contrôler M. Cheval ?
Mais non, il est venu l'aider ! Hein, Lucien ?
Dépêche-toi de trouver cette garçonnière tu vois bien que ce pauvre M. Brochant
est sur des charbons ardents.
Pauvre M. Brochant... Pauvre M. Brochant...
Bon, d'accord, le Pascal Meneaux, c'est un drôle de numéro.
Comme on dit dans mon village : "Le coq est lâché, gardez vos poules."
Ah ben voilà : boulevard M. Barres. Je savais bien que c'était dans le bois.
37 bis, bd M. Barres,
- A Neuilly. - Bravo, Lucien.
- J'y vais.
Mais non, attends. Il faut d'abord être sûr que ta femme est chez lui.
Tu vas pas débarquer chez ce type en plaeine nuit sans savoir si ta femme est là-bas !
Il ne vous ouvrira pas d'abord ; il est très méfiant le Meneaux
- J'enfoncerai la porte. - C'est pas si facile que ça d'enfoncer une porte.
Et puis d'abors, tu y arrives, tu casses la porte, Christine n'est pas là, qu'est-ce que tu fais ?
Et si on lui téléphonait ?
Et pour lui demander quoi ? Si ma femme est dans son lit ?
Il va sûrement me répondre : "Mais bien sûr, elle est là, bien au chaud sous la couette !"
Ah ! Ah ! "Sous la couette !" "Elle est sous la couette !"
C'est fini, oui ?
Il y avait un bibelot, là, il y avait un bibelot.
Ça se voit à la poussière autour.
Je vous l'avais dit, c'est un formidable professionnel.
Bravo, Lucien !
Tu vas me faire rougir, François.
Sois pas modeste, Lucien, tu en as coincé d'autres, des fraudeurs.
Qu'ils s'en aillent maintenant, on a l'adresse, qu'ils s'en aillent tous les deux !
Soyez gentils, arrêtez un peu.
Je crois que j'ai une idée, Pierre.
- Tu m'entends ? Je crois que j'ai une idée. - Vas-y !
Il faut lui faire peur, à Meneaux.
Il faut lui faire peur pour l'obliger à se démasquer.
Comment ça ?
On l'appelle. On lui dit que tu es au courant, que tu sais que ta femme est chez lui
et que tu arrives pour tout casser.
On peut même lui dire que tu n'es pas tout seul
que tu viens avec trois copains qui sont très costauds.
Ah, c'est pas mal, ça.
Ou ta femme est chez lui, il la vire parce qu'il est pris de panique
ou alors elle n'est pas là et on s'en rend compte tout de suite.
Ah oui, c'est très bien, ça.
Très bonne tactique !
Ça veut dire quoi "on l'appelle". Qui l'appelle ?
Ça ne peut pas être moi, il me connait. Il reconnaîtra ma voix.
Même chose pour moi, il me connaît Meneaux.
Ça ne peut pas être moi non plus.
Je passe mes journées avec lui en ce moment.
Je sens qu'on va avoir besoin de moi.
- Ah non ! - C'est le seul qui puisse le faire, Pierre.
Ah non. Je suis prêt. Allons-y, je me sens très en forme.
On va bien lui expliquer, il n'y aura pas de problème.
Tu vas voir s'il n'y aura pas de problème.
Oh moi, je veux bien vous aider, mais si vous voulez pas, tant pis. Je ne vais pas me battre.
Attendez ! On l'appelle de la part de qui ?
Il faut l'appeler de la part d'un ami à lui.
Quelqu'un susceptible d'avoir le numéro de cette garçonnière.
Sinon, ça paraitra louche.
Vous pouvez l'appeler de la part de J-P Roussin, son associé,
ils passent leur vie ensemble.
Eh ben voilà, on appelle de la part de Roussin.
- Pourquoi il appelle pas lui-même ? - Hein ?
Pourquoi Roussin fait-il appeler par quelqu'un d'autre ?
Meneaux va trouver ça bizarre.
Il ne peut pas appeler Rousseau. Il est dans l'avion.
Il partait pour Los Angeles ce soir. C'est Meneaux qui me l'a dit.
Mais ça tombe très bien ça !
On appelle de la part de Roussin, qui n'a pas pu joindre Meneaux avant de prendre l'avion.
Eh ben voilà. Impeccable !
Vous avez bien compris la stratégie ?
- Oh oui ! Elle est très claire. - Allez ! Allons-y !
Hop Hop Hop Hop ! Il faut le faire répéter.
- Mais non ! - Si ! Je sais ce que je dis.
Il faut le faire répéter beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup !
Asseyez-vous, M. Pignon et répétez après moi :
Allô ! Je vous appelle de la part de Jean-Paul Roussin,
il a tenté de vous joindre avant de prendre l'avion,
il avait un message urgent pour vous.
- D'accord. - Non ! Répétez !
Je suis Pascal Meneaux au téléphone, et répétez ce que je viens de vous dire.
Mais non, ça va, j'ai compris.
S'il vous plaît, M. Pignon, répétez précisément.
- Allô ! - Allô, je vous appelle de la part de Jean-Paul Roussin...
Très bien.
il a tenté de vous joindre avant de prendre l'avion, Il avait un message urgent pour vous.
- Oh, c'est parfait, c'est parfait ça, non ? - Attendons la suite. il a tenté de vous joindre avant de prendre l'avion, Il avait un message urgent pour vous.
- Oh, c'est parfait, c'est parfait ça, non ? - Attendons la suite.
Et vous ajoutez : "Brochant est au courant."
- D'accord. - Répétez !
Ça va, il a compris, il n'est pas con tout de même !
"Brochant est au courant."
Meneaux répond : "Quoi ?", vous dites : "Pierre Brochant est au courant pour sa femme
et il arrive chez vous."
Et si Meneaux demande "Qui est à l'appareil ?", vous répondez :
Vous ne me connaissez pas, je suis un ami de Roussin.
"ll m'a chargé de vous dire que Brochant arrivait et qu'il n'était pas seul." Vous ne me connaissez pas, je suis un ami de Roussin.
"ll m'a chargé de vous dire que Brochant arrivait et qu'il n'était pas seul."
Il a trois de ses copains avec lui, et ils sont très costauds.
Eh, il est doué, hein ?
- Oh ! c'est juste un travail de perroquet. - Ça peut pas être mieux.
Je pourrais peut-être improviser un peu ?
Non !
Criez pas comme ça, vous m'avez fait peur.
Répétez ce que je vous ai dit au rasoir, d'accord ?
Bon, allez, on a assez perdu de temps comme ça.
C'est quoi son numéro ?
01 47 47 39 63.
C'est parti !
J'ai peur.
- La stratégie est excellente. - C'est pas la stratégie qui m'inquiète, c'est le stratège.
- Ça sonne ! - Mettez le haut-parleur.
Espérons qu'ils n'ont pas encore consommé.
- Pourquoi il répond pas ? - Il a peut-être mieux à faire.
- Pascal Meneaux ? - Oui.
Il a la voix fatiguée, c'est pas bon signe.
Pas bon signe.
Pardon de vous déranger,
Je vous appelle de la part de J-P Roussin.
Oui ?
Il a tenté de vous joindre avant de prendre l'avion, Il avait un message urgent pour vous.
Je vous écoute.
- Brochant est au courant. - Quoi ?
Pierre Brochant, il est au courant pour sa femme, il arrive chez vous pour tout casser.
Bravo, François.
Qui est à l'appareil ?
Vous ne me connaissez pas, je suis un ami de Jean-Paul Roussin.
Il m'a dit de vous dire que Brochant arrivait et qu'il n'était pas seul. Vous ne me connaissez pas, je suis un ami de Jean-Paul Roussin.
Il m'a dit de vous dire que Brochant arrivait et qu'il n'était pas seul.
Il a trois copains de ses copains avec lui et ils sont très costauds.
Mias il est malade, ce type, je suis pas avec sa femme !
Vous n'êtes pas avec Mme Brochant ?
Mais non, elle s'est décommandée.
C'est pas ce que Roussin m'a dit,
Lui, il m'a bien dit : "ll est avec Mme Brochant".
Mais pas du tout,
je suis avec la femme de mon contrôleur fiscal.
Comment ?
Un connard qui me persécute depuis des mois.
Je suis en train de sauter sa femme, je ne suis pas du tout avec Mme Brochant.
Est-ce que je peux utiliser votre téléphone, s'il vous plaît ?
Mais je vous en prie.
Elle faisait des courses du côté des Champs-Elysées, cet après-midi.
Et je lui ai dit : "Charlotte, ça t'ennuie de porter ce formulaire au bureau de M. Meneaux ?"
Et voilà le résultat.
Bonsoir, M. Meneaux.
Voulez-vous être assez aimable pour me passer Mme Cheval, je vous prie ?
Vous m'avez parfaitement reconnu, M. Meneaux. Je vous vois demain matin à 9 heures, comme d'habitude.
Et on reprend tout depuis le début.
Et maintenant, passez-moi ma femme, je vous prie.
Charlotte ? Non, ne m'explique rien.
Je veux que tu quittes cet endroit immédiatement, tu m'entends ?
A la seconde. Comment ?
Ben bien sûr que tu te rhabilles, évidemment que tu te rhabilles !
Euh Charlotte, je ne suis pas seul.
Je ne peux pas te parler maintenant, on causera à la maison.
Charlotte, je t'avais enregistré le patinage artistique.
Qu'est-ce que c'est que ce vin ?
Il est un peu râpeux, hein ?
- Je vais vomir. - Viens, viens Lucien.
- Où sont les toilettes ? - Première porte à gauche.
J'avais dit à gauche, Pignon.
Elle est intéressante, cette chambre.
Oui, je m'en sers un peu comme d'une remise, j'y entasse de vieilles choses sans valeur.
Je m'en fous, François, c'est affreux, je m'en fous.
- De quoi Lucien ? Ça sent la fraude fiscale à plein nez, et je m'en fous !
Oh là, il faut que tu te reprennes, toi.
Rentre vite chez toi, prends une bonne douche. Il faut que tu te reprennes.
- Tu veux que je te donne l'enregistrement du match ? - Non merci François.
Je n'ai pas vraiment la tête au foot ce soir.
- Au revoir, M. Leblanc. - Au revoir, M. Cheval.
Au revoir, M. Brochant.
Au revoir M. Cheval et merci de vous être dérangé.
Mais je vous en prie, on va se revoir très vite.
Parce que je vais tout de même vous contrôler. Ce n'est pas très net, tout ça.
Il récupère vite, hein ?
Mais où est-ce qu'elle peut être ?
Je vais rentrer, moi, elle risque d'appeler chez moi. Si c'est le cas je te rappelle.
Merci.
- Au revoir, M. Pignon. - Au revoir.
Tout le monde s'en va ?
Oui, vous allez pouvoir rentrer aussi, M. Pignon.
Oui, c'est moi.
Oui, je suis le mari de Christine Brochant. Pourquoi ? Il lui est arrivé quelque chose ?
Non ?
Quel hôpital ? J'arrive !
C'est la police, elle a eu un accident de voiture. Elle est à Bichat.
- C'est grave ? - Non, d'après les flics, juste un traumatisme
mais elle va passer la nuit en observation. - C'est grave ? - Non, d'après les flics, juste un traumatisme
mais elle va passer la nuit en observation.
Vous aurez peut-être du mal à conduire. Je peux vous emmener, si vous voulez.
C'est pas la peine, merci.
Pierre, c'est moi...
Pierre, je sais que tu es là.
C'est pas bien, ce que tu fais, c'est pas bien du tout...
Tu m'as menti pendant deux ans en me disant que tu allais quitter ta femme
et regarde comment tu me traites maintenant.
Pierre, je t'en prie, réponds-moi, ne me laisse pas comme ça,
Je te dis, ça ne va pas du tout.
Je t'en prie, Pierre, décroche, si tu ne décroches pas, je suis capable de faire une bêtise.
Marlène, sa femme a eu un accident, il part pour l'hôpital.
Un accident ?
- Oui, ça n'a pas l'air très grave mais... - C'est bien fait pour lui.
Oh non, il ne faut pas dire ça, Marlène.
Si, bien fait pour lui, c'est un sale type.
et voilà le résultat : sa femme est à l'hôpital, et moi je vais me foutre par la fenêtre.
Non. D'abord, il ne faut pas vous foutre par la fenêtre
Et puis, il faut essayer de le comprendre, il traverse un moment difficile
C'est un salaud !
Oh merde, mon verre ! Oh là là, la moquette...
Pourquoi je suis tombée amoureuse d'un salaud pareil ?
Excusez-moi, il faut que je vous laisse.
Non, non, non, non, ne me laissez pas !
Je vous en prie, ne raccrochez pas ! Restez un peu avec moi.
Ça me fait du bien de parler.
- Raccrochez maintenant. - Elle voulait se jeter par la fenêtre.
Chantage ! Raccrochez, je vous dis.
Où j'ai foutu mes clés, moi ?
Marlène, vous allez me promettre de ne pas faire de bêtise, hein ?
S'il vous plait, promettez-moi d'être raisonnable.
Vous êtes gentil, vous, et lui, c'est un salaud.
Quel salaud, mais quel salaud !
Non, ne dites pas ça.
Si, tout est moche en lui,
tout ! Même sa façon de s'amuser, tiens.
Oh, il faut que j'y aille, moi.
S'il ne s'était pas fait un tour de reins ce soir,
Il serait en train de se moquer d'un pauvre type.
en ce moment. C'est pas moche ça ?
Comment ça, il serait en train de se moquer d'un type ?
Raccrochez, bordel !
Il ne vous en a pas parlé ?
Toutes les semaines, ses amis et lui, font ce qu'ils appellent "un dîner de cons."
Ils invitent le type le plus con possible pour se payer sa tête toute la soirée.
En route !
Allez, en route. Allez, votre porte-documents.
Dépêchez-vous, mon vieux, je suis pressé.
Monsieur Brochant ?
Le dîner de ce soir, c'était quoi exactement ?
Mais je vous l'ai dit, un dîner d'amis à qui j'ai parlé de vos travaux.
- Bon, allons-y, maintenant ! - Et, il y avait d'autres invités ?
Oui, bien sûr ! On ne pourrait pas parler de tout ça dans l'ascenseur ?
C'était quel genre d'invités ?
Ça veut dire quoi, cet interrogatoire ?
Rien. Je vous demande seulement comment vous choisissez vos invités.
Où voulez-vous en venir, M. Pignon ?
Est-ce que vous m'avez invité à un dîner de cons M. Brochant ?
Ah c'est toi, ma chérie ? J'arrive. Je partais pour l'hôpital à l'instant.
Comment ça va, dis-moi ?
Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
Mais c'est grotesque, je t'aime, je ne vais pas te laisser toute seule à l'hôpital.
Écoute Christine, j'ai compris beaucoup de choses ce soir.
J'ai besoin de toi.
Arrête ! Je me fous de cette fille.
Mais c'est pas du tout ma maîtresse, c'est l'autre abruti
qui a inventé ça.
Écoute, je suis là dans dix minutes
On en parlera de tout ça de vive voix. d'accord ?
D'accord ? Christine !
L'autre abruti va s'en aller, mais avant, il voudrait une réponse :
est-ce que vous m'avez invité a un dîner de cons, M. Brochant ?
Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'en une soirée,
vous avez vengé tous les cons qui ont participé à tous les dîners de cons
à travers les âges et dans le monde entier. Voilà.
Bonne nuit, M. Pignon.
Elle avait raison, vous êtes un homme méchant M. brochant.
Oui, je suis méchant,
c'est aussi ce que dit Christine. Oui, je suis méchant,
c'est aussi ce que dit Christine.
Vous voyez, tout le monde est d'accord. Je suis méchant.
Tiens, voilà un truc que vous pourriez mettre sur mon répondeur :
"ll est méchant, M. Brochant." "ll est méchant, M. Brochant."
Vous ne devriez pas mélanger l'alcool et les médicaments.
Mais pourquoi pas ? C'est une belle morale pour cette histoire :
le méchant Brochant, abandonné de tous
se saoule tout seul dans son grand appartement vide,
et le gentil Pignon rentre chez lui avec ses maquettes en pensant :
"C'est bien fait pour ce salaud."
"ll est méchant, M. Brochant, il est mignon, M. Pignon !"
Mais qu'est-ce que vous faites, encore ?
Allô, je voudrais le numéro de l'hôpital Bichat, s'il vous plaît.
Ça y est, il recommence !
Merci beaucoup.
Ils ne vont pas vous la passer, qu'est-ce que vous croyez.
C'est un hôpital, pas une clinique.
Hôpital Bichat ?
Oui, bonsoir mademoiselle, je voudrais parler à Mme Christine Brochant,
Elle a été admise ce soir à la suite d'un accident de voiture.
Désolé, les malades ne reçoivent plus de communications à partir de 18 heures, monsieur.
Rappelez demain matin à 9 heures. Désolé, les malades ne reçoivent plus de communications à partir de 18 heures, monsieur.
Rappelez demain matin à 9 heures.
Et voilà !
Non, soyez gentille, mademoiselle, passez-moi Mme Christine Brochant,
c'est le professeur Sorbier à l'appareil.
Oh, pardon monsieur. Ne quittez pas, un petit instant, je vous prie.
Oui, je suis un peu pressé, mon petit, dépêchez-vous, s'il vous plait.
- Je vous passe Mme Brochant, M. Sorbier. - Merci, mon petit.
Mais arrêtez cette comédie, elle vient de me raccrocher au nez.
Le professeur Sorbier, Mme Brochant.
Mme Brochant ?
Oui, bonsoir, Docteur.
Non, ce n'est pas le professeur Sorbier qui vous parle, Mme Brochant.
Qui est à l'appareil ?
C'est le con de votre mari.
Comment ?
Nous nous sommes entrevus tout à l'heure, je m'appelle François Pignon.
Je suis le con que votre mari devait emmener dîner ce soir.
Je vous écoute.
Je viens d'apprendre pourquoi votre mari m'avait invité,
je suis dans l'état que vous imaginez.
Je sais que vous avez eu un accident de voiture, mais je suis aussi choqué que vous.
Allô ?
Oui, je suis là.
Mais je ne vous appelle pas pour me plaindre,
Je vous appelle parce que je le plains, lui.
Je ne sais pas si c'est l'homme le plus méchant que j'aie rencontré
mais je suis sûr que c'est le plus malheureux.
J'étais là quand vous lui avez dit de ne pas venir à l'hôpital, et
je l'ai vu si perdu, si misérable que...
que j'ai essayé d'oublier que j'étais un con et que j'ai décidé de vous appeler.
Mme Brochant ?
Ma femme m'a quitté il y a 2 ans, et
ce jour-là, tout s'est écroulé autour de moi.
J'ai survécu en faisant mes petites maquettes,
mais au fond de moi-même, c'est toujours un champ de ruines, et
et je ne souhaite ça à aucun homme, pas même à votre mari.
Je suppose qu'il est à côté de vous.
Comment ?
Il est est à côté de vous . Il est en train de vous souffler ce beau scénario si émouvant.
Pas du tout Mme Brochant.
Je vous donne ma parole d'honneur
que c'est moi qui ai pris l'initiative de vous appeler,
qu'il ne m'a rien soufflé du tout.
Est-ce qu'il est près de vous, là ?
Non, madame, je vous appelle d'une cabine téléphonique.
Il ne m'aime pas M. Pignon. Et je pense qu'il n'aime personne.
Mme Brochant,
pendant 2 heures, j'ai vu votre mari essayer désespérément
de retrouver votre trace.
Il a même été jusqu'à téléphoner à Pascal Meneaux dans sa garçonnière,
en le dérangeant dans les bras d'une femme qui n'était pas vous.
Il a téléphoné à Meneaux ?
Mais oui. Vous...
Vous n'imaginez pas tout ce qu'il a fait ce soir par amour pour vous.
Il s'est réconcilié avec son meilleur ami,
Il s'est débarrassé de sa maîtresse,
il a même affronté un contrôleur fiscal.
Il a fait le ménage dans sa vie d'une manière incroyable et
Il est maintenant tout seul dans son grand appartement,
à mélanger l'alcool et les médicaments et
Je suis très inquiet pour lui,
parce que je sais qu'on peut mourir d'amour, Mme Brochant.
Je vais réfléchir. En tout cas, merci d'avoir téléphoné, M. Pignon.
Mais de rien.
Au revoir, Mme Brochant.
Elle va rappeler.
On va toujours dîner mercredi prochain, mais cette fois, c'est vous qui m'invitez.
- Je suis sûr de décrocher la palme. - Je suis épuisé, moi.
C'est horriblement fatigant d'être intelligent.
Je ne sais pas, il faudra que j'essaie.
En tout cas, vous allez me promettre un chose. M. Brochant.
Tout ce que vous voulez.
Vous allez me promettre de vous vous y reprendrez à deux fois
avant de traiter quelqu'un de con.
Je vous le promets, François. Je vous le jure.
Oui, bonsoir, Mme Brochant, ne quittez pas, je vous le passe.
Mais qu'est-ce que vous faites là, vous ?
Je croyais que vous appeliez d'une cabine téléphonique.
- Euh.../N- Mais quel con !
Non, je ne suis plus dans une cabine téléphonique,
- Je suis effectivement de nouveau chez votre mari mais - Mais quel con !
Je vais vous expliquer.
- Allô ! Allô ! Je la rappelle. - Mais quel con !
Je la rappelle !
- Oh mais quel con ! - Je vous dis que je la rappelle.
Tout va s'arranger ! - Oh le con, le con !
- Tout va s'arranger. - Oh le con !
- Je la rappelle. - Oh le con !
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