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Original subtitles

***

-M. de Blennac.

-Vous avez rendez-vous ? Votre nom ?

-Perrin, François Perrin.

-M. François Perrin pour M. de Blennac.

Attendez un petit instant, je vous prie.

***

M. de Blennac va vous recevoir, monsieur.

-Merci.

-Asseyez-vous.

Vous y tenez beaucoup, à cette barbe ?

-Pardon ?

Je vous conseille de vous raser. M. Rambal-Cochet

n'aime pas les barbes.

Allez, débarrassez-vous de ça rapidement et revenez me voir.

-On peut être bon journaliste et porter la barbe.

-Il faut que vous sachiez que M. Rambal-Cochet

s'occupe personnellement du journal.

Je suis rédacteur en chef, mais il supervise tout.

ça l'amuse. Il vient ici tous les jours.

Allez vous raser.

-C'est plutôt une bonne taule.

Tu verras, on est assez peinards.

J'y suis depuis le début.

ça doit faire 20 ans, maintenant.

Oui. Pas loin.

19 ans et 5 mois, exactement.

Où t’étais, avant ?

-Chômage. 17 mois.

17 mois et 6 jours, exactement.

-On appelle ça "les obligations".

Tu t'en feras un certain nombre, au début.

Tu trouves une légende vachement originale, dans le style :

"Déjeuner d'entreprise à l'usine Rambal-Cochet.

"Le président, M. Rambal-Cochet, a félicité ses collaborateurs."

C'est pas avec ça qu'on aura le prix du grand reportage.

-Le rédacteur en chef, il a l'air pas mal.

-C'est une potiche.

Le vrai patron, tu vas le voir après.

-Mesdames,

messieurs,

le président Rambal-Cochet sera un peu en retard,

et il nous demande de commencer sans lui.

A table.

-Pas dégueulasse.

T'as été con, de pas prendre de paté. Goûte-moi ça.

-Pas avec du saumon.

-Goûte. C'est formidable.

***

-Mesdames et messieurs, bonjour.

Asseyez-vous.

Continuez, je vous en prie.

***

-Tiens, refile-moi mon paté.

-C'est pas le mien, celui-là. C'est à Monsieur, là.

-Pardon, madame.

***

Le téléphone sonne.

* * *

-C'est le fils

d'un de ses employés.

Rambal-Cochet l'a engagé ici comme cycliste.

-Allô?

Non. Ici, c'est le poste 327. Vous faites erreur.

Je vous en prie.

-C'est plutôt gentil, ça.

Pas facile de trouver du boulot, pour un sourd-muet.

-Il est gentil, M. Rambal-Cochet.

-J'ai un problème de fric. Je voudrais une avance.

Tu crois que... -ça m’étonnerait.

Tant que tu n'es pas engagé, les avances...

-Je t'en prends une.

Pignier. -Perrin.

La banque m'appelle tous les jours. J'ai un gros découvert.

-C'est... C'est une grande banque ou une petite succursale ?

-Une petite succursale. Pourquoi ?

-Invite ton banquier à déjeuner. C'est ce que je fais.

Il faut rassurer ces gens-là.

Tu lui dis que tu attends des rentrées.

Tiens ! Tu l'amuses.

Tu lui racontes des anecdotes. Les banquiers aiment rigoler.

-Il lui répond :

"Docteur, si c’étaient vos jambes qui gonflaient,

"ça ne m’inquiéterait pas non plus."

-Je la connaissais.

-Ah ! Une autre, formidable aussi.

Formidable mais vraie. Vraie.

J’étais au Festival de Cannes.

Et je rencontre sur la Croisette une starlette.

-Excusez-moi. Il faut que je file.

-L'addition, s'il vous plaît.

Vous savez casser une noix avec le tranchant de la main ?

-Non.

-Opération dragon.

Oh ! Excusez-moi. Je...

ça ne tache pas. C'est...

C'est... C'est du...

-On pourrait peut-être se résumer, si vous voulez.

-Oui. Bien sûr.

-Vous aurez remboursé votre découvert à la fin du mois ?

-Absolument.

-Nous en sommes à 6 000 et quelques.

-Oui.

Merci.

-C'est un découvert important.

-Je vais signer mon engagement cette semaine.

Dans un mois, au plus tard, je suis à jour.

-Vous n'allez pas payer

par chèque? -Pardon ?

-Pas de chèque. J'ai dit à mon caissier

de ne plus accepter vos chèques.

-Mais puisqu'on s'est mis d'accord...

-Payez en liquide.

-Vous me l'avez refusé.

Je suis passé à la banque, hier, et on m'a foutu dehors.

-Bon.

Alors je vais payer.

-Mais c'est moi qui vous invite.

-M'inviter avec mon argent? Trop aimable.

-On partage ?

On siffle.

-C'est pas pour toi.

T’énerve pas.

-C'est sa fille ? -Sa femme.

-Je vous l'envoie tout de suite.

Perrin n'est pas là ? -Perrin ?

-Perrin ? -Oui?

-Venez avec moi.

Le président va vous recevoir.

Ben, dépêchez-vous. Il vous attend.

-Entrez.

-Allez-y.

-Asseyez-vous, je vous en prie.

M. de Blennac m'a dit qu'il était content de vous.

Ravi de vous connaître. -Merci, monsieur le président.

-Nous signerons votre engagement en début de semaine.

Vous allez faire partie de la famille.

Je me suis efforcé

de faire en sorte que ce journal soit une grande famille.

C'est pour ça que je l'aime.

Sans doute pour ça

que le public l'aime aussi.

*-M. Eric sur la première, monsieur le président.

-Allô?

-Mon chéri, tu vas bien ? Tu as été sage ?

Bien. Dis-moi ce qui te ferait plaisir.

Oui. C'est ça.

Tu choisiras toi-même.

Je t'embrasse, mon chéri.

A tout à l'heure.

-Pardon. J'aurais peut-être du...

-Non, non. C'est très bien.

Je vous remercie, monsieur Perrin. -Merci.

Merci.

Au revoir.

-"Soit le prix de 12 machines-outils qui..."

-Où elle est, Nicole? -Hein?

-Nicole? -Elle est chez M. Moravietti.

-Hein? -Elle est chez M. Moravietti.

-Mais où il est, M. Mora... Moravietti ?

-Dans le couloir, à droite.

***

-Bonjour.

Je suis François Perrin, le mari de la jeune femme.

Un type nomme Moravietti est son chef de service

et l'emmerde depuis 2 ans.

Elle en rêve toutes les nuits.

2 ans de cauchemar.

Et moi, je n'ai rien pu faire.

Ravi de vous connaître, monsieur Moravietti.

-Ce n'est pas M. Moravietti.

C'est M. Robert, le sous-directeur.

M. Moravietti vient de partir.

-Qu'est-ce qui vous prend ? ça va pas ?

-"Monsieur Robert" ?

Je voulais pas que tu travailles, de toute façon.

-T'es sur que...

-Bientôt, je signe mon engagement.

M. Rambal-Cochet lui-même me l'a promis.

On peut lui faire confiance, non ?

-Bonjour, président. -Bonjour.

Blennac? *-Oui, monsieur?

-J'aimerais vous voir tout de suite.

On frappe à la porte.

Entrez.

-Oui?

Vous donnerez ses indemnités à M. Pignier.

-Pardon ?

-Vous paierez ses indemnités à M. Pignier.

-Bien, monsieur le président.

Pour quel motif, monsieur le président?

-Il a les mains moites.

-Qu'est-ce que ça veut dire, "les mains moites" ?

Et puis c'est faux.

J'ai les mains moites, moi ?

Hé ? Touche.

-Pas vraiment, non. -J'ai pas les mains moites.

ça se passera pas comme ça. J'ai le bras long.

Je vais alerter le syndicat.

Ailleurs, on aurait fait une grève. Mais vous...

A votre place, je serais pas fier.

-Il nous emmerde, avec son bras long et ses mains moites.

Si on était à sa place, il n'aurait rien fait.

-On pourrait l'aider.

-ça va pas bien, dans la presse, en ce moment.

Non. T'as intérêt à te faire tout petit, mon pote. Crois-moi.

-A gauche, vous avez le Japon, avec les engins téléguidés.

à droite, les productions anglaises et italiennes,

les armes et les modèles réduits.

Et ici, les jouets américains,

avec un authentique Indien d’Amérique.

C'est un vrai.

On l'a ramené d'une réserve dans le Dakota.

C'est un Sioux. Il n'y en a plus beaucoup.

Il est beau, hein?

-C'est pas eux qui se sont révoltés contre les Etats-Unis ?

-Si, si.

C'est bien.

Bravo.

-Yaoh, yaoh.

-"Yaoh."

Américains, mauvais... "Bad."

Indiens, "good"... bons.

I am with you.

-Yaoh.

-C'est... "I go for the..."

"I go for the visit. For the visit." Bon.

Le pauvre type. -Non. Il n'est pas malheureux, ici.

Et puis ça amuse les enfants.

On vous a fait venir un lundi pour que vous soyez seuls.

Le magasin est à vous.

-Va repérer de ton coté.

-OK. -A tout de suite.

***

Merde !

-ça.

-Le Zorro ?

-Non.

-Le cosmonaute ?

-Non. ça.

-Le monsieur?

-Oui.

-On peut pas te le donner.

-Pourquoi ?

-Eh bien, parce que...

c'est un monsieur. On ne...

On ne peut pas te donner un monsieur.

-Pourquoi ?

-Allez, viens. On va te choisir le plus beau jouet du magasin.

-Je veux ça.

-Oui. Mais ne t’énerve pas, mon chéri.

Tout va s'arranger. Ne t’énerve pas.

Ne t’énerve pas, surtout.

Je peux vous voir une seconde ?

Georges Pouzier.

Je dirige le magasin.

Vous travaillez dans le journal de Rambal-Cochet?

-Oui. -Oui.

Vous savez sans doute que ce magasin appartient

au président Rambal-Cochet.

-Et alors? -C'est...

le fils Rambal-Cochet.

Je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête, mais...

il veut vous ramener chez lui.

Alors vous allez l'accompagner.

Une fois là-bas, on lui fera la leçon,

et puis vous retournerez au journal.

-Mais il est malade, ou quoi ? -Non, non.

Ecoutez, nous risquons très gros.

M. Rambal m'a demandeé de faire plaisir à son fils.

C'est un enfant sensible. Ben, oui.

Il pourrait faire une crise de nerfs.

-Mais moi, je suis journaliste.

-Et moi, directeur de magasin. Je tiens à le rester.

-Alors ?

-Tout de suite, mon chéri.

Il va faire une crise de nerfs.

-On ne licencie pas des gens pour ça.

-Vous croyez ? -Oui. Il lui faut une bonne fessée.

-Et on se retrouve sur la liste noire.

-Vous accepteriez une chose pareille?

-C'est pas moi qu'il veut. C'est vous.

-Il veut pas de l'Indien?

Bon.

C'est ridicule, mais enfin... -Bravo. Merci.

Vous nous sauvez, mon vieux. Venez.

Annonçons-lui la nouvelle.

C'est arrangé, mon chéri.

Le monsieur va venir avec toi.

-Faites-moi un paquet.

-Comment?

-Je veux qu'on me fasse un paquet.

-Tu plaisantes, mon chéri ? On...

On ne va pas mettre ce monsieur dans...

-Pourquoi ?

-Ben, parce que ça ne se fait pas.

-Si.

Je vais faire mon reportage.

-Une seconde, s'il vous plaît.

Je vous en prie, écoutez-moi.

Il faut jouer le jeu.

Faites pas le con. -Enfin, quoi ? Vous rigolez.

Je vais pas me mettre dans une caisse. ça va pas ?

-Elle sera confortable, avec de la paille, des trous pour respirer.

Vous serez comme dans un fauteuil. -Mais c'est pas sérieux.

C'est pas vrai.

Il veut peut-être un ruban autour, aussi ?

-Vous préférez le chômage ?

Venez. Ne soyez pas stupide.

Dites-vous que c'est un jeu.

Ce n'est pas dramatique.

***

-Le cadeau de M. Eric est là.

-Finissez votre viande, monsieur Eric.

Monsieur Eric !

***

Vous allez finir

de déjeuner, monsieur Eric.

-Elle est clouée. Viens m'aider.

-On ne quitte pas la table au milieu du repas.

Vous m'entendez ?

Retournez immédiatement à table.

-Hé ho ! ça va pas, non ?

-Que se passe-t-il ?

-Elle refuse que j'ouvre mon cadeau.

-Pourquoi ?

Tu n'as pas été sage ?

-Excusez-moi, mais j'aimerais bien sortir de là.

-Qu'est-ce que c'est que ça ?

-Mon cadeau.

-Demandez une paire de tenailles à l'office.

Eh bien, dépêchez-vous !

Qui est-ce ?

-François Perrin, monsieur le président,

un de vos journalistes stagiaires.

-Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Rien. C'est mon cadeau.

***

-Je faisais un reportage au magasin,

et votre fils a tenu absolument à me ramener ici.

-Va finir ton repas.

Qu'est-ce que vous attendez, vous ?

Votre nom ?

-Perrin. François Perrin.

-Ah oui.

Parfaitement.

Je suis content de voir que mon fils a le sens de l'humour.

Il a été sage. J'ai voulu le récompenser.

Il nous a fait une bonne blague.

On va lui dire qu'on a bien ri de sa petite farce,

et vous rentrerez chez vous.

Je demanderai au rédacteur en chef de vous donner une prime

pour ce désagrément.

-Je vous en prie, monsieur le président.

C'est un enfant.

Il aime rire. Moi, j'aime les enfants.

Pardon, pardon.

Belle statue. Magnifique !

-Je disais à ce monsieur que j’étais content

que mon fils ait le sens de l'humour.

Maintenant que nous avons bien ri,

il va rentrer chez lui.

Voilà, mon chéri.

Tu vas lui dire au revoir et le remercier.

-Non.

Il est à moi. Je le garde.

-Ah.

Venez avec moi.

Vous resterez ici quelques jours. ça ne pose pas de problèmes ?

Nous considérerons que vous êtes en reportage.

Je veillerai à ce que vous soyez bien installé.

Ma secrétaire réglera le détail.

-Mais c'est absurde.

-Vous voulez partir?

Je vous envoie ma secrétaire.

-Je suis la secrétaire

de M. Rambal-Cochet.

Alors voyons. Il vous faut un pyjama,

des affaires de toilette... Vous vous rasez avec un rasoir

électrique ?

-Blennac? *-Oui?

-Je vous appelle de chez M. Rambal-Cochet.

*-Je suis au courant. -Bon. Alors écoutez-moi bien.

Dites à M. Rambal-Cochet que la plaisanterie a assez duré.

Ma place n'est pas

dans la nurserie de son fils.

Je suis un journaliste professionnel.

Je n'ai pas l'habitude qu'on me traite comme un pantin.

-Tout va s'arranger. Détendez-vous.

Je suis là dans cinq minutes.

Promettez-moi de ne pas bouger avant mon arrivée.

-D'accord. Dépêchez-vous.

\ -Oui. A tout de suite. Tout va bien se passer.

-Tu viens ?

-Où ça ? -Visiter la maison.

Mets ton casque.

T'es prêt ?

Ma chambre.

-Ce n'est pas la 1ère fois...

-Le bureau de mon père.

N'aie pas peur !

***

-C’était votre déjeuner.

-Vous êtes fautif.

Fais un constat.

-Hein?

-Il faut un constat.

-Mais je sais pas, moi ! -Si. C'est facile.

Tu lui demandes ses papiers, tu l'engueules. Allez !

Alors !

-Voici mon permis de conduire et ma carte grise, monsieur l'agent.

Et je suis passé à l'orange. Je n'ai pas grillé le feu.

Bruit de moteur.

* * *

-Très bien.

Fais-lui l'alcootest.

Souffle.

Souffle.

-Je peux ramasser les plats, maintenant?

-Oui, oui. Vas-y. Tu viens ?

Ben, qu'est-ce que tu fais ?

-Je n'ai pas fini, moi.

Vos plaques sont dégueulasses, monsieur.

-On joue à autre chose.

Ces pneus sont lisses.

Descendez de voiture. -On joue à autre chose.

-Descendez de voiture !

De quel droit me tutoyez-vous ?

-Hein?

-J'ai un témoin.

-Oui, oui. Vous avez tutoyé cet agent, monsieur.

-Accompagnez-moi au poste.

-Je suis Eric Rambal-Cochet.

-Au poste ! C'est quoi, ça ?

-Un débarras, monsieur.

-Allez, hop ! -Hé ! Non, non !

Il est fou ! Dites-lui. T'es dingue ! Hé !

-Au poste ! -Mais il est fou ! Ouvre !

Ouvre ! Ouvre !

Au secours !

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Rien. On joue, monsieur le président.

-Ouvre !

-Poussez-vous.

-T'es fou ! -Qu'est-ce qui ce passe ?

-Rien. On joue.

Tu viens ?

On va bien se marrer, Julien.

-Attention !

-Et voilà !

Comment tu t'appelles? -François.

-Non.

Tu t'appelles Julien.

Tu seras mon copain Julien.

-Je vais rester ici

combien de temps ?

J'ai une femme qui m'attend.

Et puis j'ai un métier.

J'ai une vie, quoi.

Qu'est-ce que je fais ici ?

-Tu sais jouer ?

-Réponds-moi.

-Chaque fois que je marque un but, tu restes un an de plus.

Vas-y.

Engage.

-Et si je gagne?

-Tu t'en vas.

-J'y jouais bien, quand j’étais jeune.

-Engage.

Un an.

-J’étais pas prêt.

-Deux ans.

On frappe à la porte.

***

* * *

* * *

Alors, tu joues ?

Vous êtes combien ?

-Pardon ?

-Il y a combien d’employés?

-Quatorze, monsieur.

-Et vous allez venir les uns après les autres ?

On pourrait organiser

une séance collective, non ?

Laissez ça comme ça. Je finirai moi-même.

Allez, allez.

-Deux-zéro.

-Deux-un.

Deux-deux.

Trois-deux.

Tu abandonnes?

-C'est vrai que tu joues bien.

-Mais j'ai gagné, dis-moi.

Je peux m'en aller, alors?

-Sois pas bête, Julien. Tu seras très bien, ici.

Papa va te donner plein d'argent.

Où tu vas ?

-Je m'en vais.

-Reste ici ou j'appelle mon père. Et tu n'as pas intérêt.

-T'es un sale gosse de riche pourri.

Ce qu'il te faut, c'est une fessée.

-Ce n'est pas toi qui me la donneras.

-Tu crois ça ?

-Essaye.

-Tu t'amuses bien, chéri ? -Très bien.

On va peut-être faire du ping-pong, maintenant.

-Non.

Il est l'heure d'aller au manège.

Va vite te changer, hein. Je t'attends en bas.

-On fait la paix ?

-Qu'est-ce que t'attends de moi, au juste ?

-On va y aller ensemble. -Quoi ?

-On va aller ensemble au manège.

-Je ne vais pas faire de cheval.

Il n'est pas question que je fasse du cheval.

C'est quoi ?

-Ton costume.

Le téléphone sonne.

-Allô?

-J'ai été retenu au journal. Je suis désolé...

-Il veut me mettre sur un cheval.

*-Comment?

-Il veut m'emmener au manège déguisé en Gugusse.

Il faut arrêter ces conneries !

-Tenez bon. Ce n'est pas le moment de craquer.

Je viendrai vous annoncer une surprise formidable.

Courage. ça vaut la peine, croyez-moi.

-J'ai prévenu votre fils que je ne savais pas monter.

-Il sait pas descendre non plus.

-Bon. Eh bien, vous irez sans moi.

-Eh ben, t'en fais, une tête.

ça va pas ?

-J'ai chaud, mais ça va passer.

J'ai perdu ma manchette !

-Arrête !

***

-T'es content, maintenant?

-Fais-le partir !

-Hue.

Allez.

Allez, hue.

Allez, hue.

Allez, hue. Ho !

Mais t'es pas fou, non !

Ho!

Ho!

Holà!

Oh, mon chap...

-Et voilà.

Tu l'as cassé.

-Je suis viré, les gars.

-Pourquoi ?

-Je sais pas. Je suis viré.

Peut-être parce que j’étais au magasin avec Perrin et que...

Je sais pas.

Alors les mecs, je suis viré.

-Alors, on a fait une petite chute ?

J'ai dit à votre femme que vous étiez en reportage

et qu'elle ne vous attende pas ce soir.

Et je lui ai annoncé la bonne surprise.

Votre lettre d'engagement.

Le président l'a signée plus tôt que prévu

pour vous rassurer sur votre avenir.

Il a tenu aussi à vous dédommager.

Regardez le chiffre.

Regardez.

\ A mon avis, c'est une belle marque d'estime.

Voilà. Je vous laisse tout ça.

Il faut que je file.

Au revoir et bravo.

Votre femme était folle de joie.

-Blennac !

Vous trouvez normal qu'on achète un journaliste

comme un jouet?

-Il y a à peu près 2 000 demandeurs d'emploi dans la presse.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Eh bien, ouvre.

Je te demande pardon, pour le cheval.

Je l'ai acheté moi-même. Il est beau, hein?

-Oui.

-Votre bain est prêt.

-On va se baigner ensemble.

-Vous êtes trop grand

pour vous baigner avec quelqu'un.

Allez, venez.

-Il va se baigner avec moi.

-ça recommence.

-Je vais chercher votre père.

-On va faire bataille navale. -Vous entendez ?

Je vais chercher votre père.

-Fous-moi la paix.

-Pourquoi restez-vous ici ?

Il y a aussi du chômage,

chez les gouvernantes ?

Où est-elle, cette baignoire ?

-Vous n'allez pas...

-Viens. C'est par là.

-Monsieur Eric ! Soyez raisonnable !

On ne se baigne pas avec un grand,

surtout un étranger. Monsieur Eric !

-Quel coté tu préfères ?

-C’était une blague. Je vais pas le faire.

-Ah bon.

-Va dans ta chambre.

C’était pour rire.

-Je ne plaisantais pas, moi.

-Alors là, Julien, bravo.

-Monsieur Eric...

-J'ai été très heureux de te connaître.

-Bonjour.

-Madame.

-Tout se passe bien ?

-Euh... Oui. -Vous vous plaisez, chez nous ?

-Vous savez, je n'ai pas vraiment le choix.

Pardon.

-Allez vous sécher.

Une grippe n'arrangerait rien.

Tenez.

***

-Attends !

Vas-y.

On frappe à la porte.

-Monsieur est servi.

-Où est le monstre ? -Pardon ?

-Le petit monstre est couché ?

-Je ne sais pas.

-Vous y tenez beaucoup, à cette barbe ?

Monsieur Rambal-Cochet

a horreur des barbes.

Bravo, mon petit vieux. Votre femme était folle de joie.

***

Notre journal est une grande famille.

C'est sans doute pour cela

que le public l'aime aussi.

Et merde.

***

-T'as eu peur, hein ?

T’étais marrant, quand tu jouais tout seul.

T'as pas de chance avec tes repas, dis donc !

T'es fâché ?

-Non. Je suis très content.

-Si, t'es fâché.

Tiens. C'est bon, ça.

Mange ça, au moins. C'est très bon.

Vas-y.

-Il faut aller au lit.

Votre père veut vous embrasser.

-Tu viendras me dire bonsoir?

Je t'attends, hein.

***

-Bonsoir.

-Madame.

-Vous cherchez quelque chose ?

-Les toilettes.

-Je vais vous montrer.

-Dites à votre mari que je ne tiendrai pas le coup.

Je veux rentrer chez moi.

-Vous serez chez vous dans peu de temps.

Voilà. C'est par là.

-Merci. Vous êtes gentille.

Vous êtes la seule personne humaine dans cette maison.

-C'est le monsieur que le petit a acheté cet après-midi.

-Je vous prie de m'excuser un instant.

-Monsieur, s'il vous plaît.

-Mon costume !

-Il est à la lingerie, monsieur.

Il n'est pas sec.

-Allez me le chercher !

-Qu'est-ce que tu fais ?

-On n'a pas le droit de mépriser les gens.

Moi, je m'en vais. Tu rendras ça à ton père.

Je me fous de ce qui peut m'arriver.

-Tu vas rester.

Je t'ai acheté au magasin. Tu m'appartiens.

On ne te rendra pas ton costume.

***

La porte s'ouvre.

-Qui est là ?

Ben...

T'es pas en reportage ?

Tu t'es blessé ?

C'est quoi, ce pyjama ?

-Il m'est arrivé une drôle d'histoire.

-Blennac?

Je veux vous voir immédiatement.

J'ai dit immédiatement.

-On s'en sortira, mon chéri.

T'as bien fait, de toute façon.

Je suis sûre qu'on va s'en sortir.

-Je ne dois pas être très populaire, chez les Rambal-Cochet.

On sonne à la porte.

-Qu'est-ce que c'est?

-Qui est là ? -Blennac.

Je peux entrer une seconde ?

-On n'a plus rien à se dire.

-Je suis navré de vous déranger,

mais c'est le président qui m'envoie.

Il aimerait que vous reveniez.

Il vous attend.

-Dites-lui qu'il est fou, de pourrir son fils.

Bonne nuit.

-C'est un pauvre gosse.

-"Un pauvre gosse" ? -C'est un enfant

d'un premier mariage.

Il n'habite avec son père qu'un mois par an.

ça explique la faiblesse du président Rambal-Cochet.

Il retourne

chez sa mère dans une semaine.

Faites un petit effort.

C'est pas long, une semaine.

Je savais que c’était une démarche inutile.

J'avais pris un somnifère, je voulais dormir, et puis...

il me réveille en sursaut.

Allez. Bonne nuit, Perrin,

et bon courage.

-Blennac !

Venez.

On va bavarder encore un peu, tous les deux.

-Tu vois, il est revenu.

Tu peux aller te coucher, maintenant.

***

Musique mexicaine.

* * *

-Ne restez pas ici. -Je voudrais parler à M. Perrin.

-Qui ça ? -Perrin. François Perrin.

-Il n'y a pas de M. Perrin. -Si.

On a amené un monsieur, hier, dans une caisse.

-Ah oui.

Un instant, je vous prie.

* * *

-ça va ?

-Mon pauvre vieux. -C'est gentil de venir me voir.

-J'ai été viré à cause de toi.

-Sans blague?

-Mais j'ai réagi. Ils seront là d'un moment à l'autre.

-Qui ça ? -Les mecs du syndicat.

Elle va en prendre un coup, la garden-party à Rambal-Cochet.

* * *

Va vite te changer et viens avec nous.

T'as plus rien à foutre ici. Allez, viens.

Tu crois qu'il va te reprendre dans son canard ? Tu rêves.

Quand le gosse en aura marre, ils te jetteront.

Allez, va vite te changer.

-Les mains en l'air.

Fais ta prière.

-Donne-moi ma chance, Jim.

-Bon. D'accord.

-Perrin...

-Que le plus rapide gagne.

A tout de suite.

\ -A tout de suite, Julien.

-Perrin, bon Dieu !

-Une seconde.

* * *

Pardon.

* * *

-N'en faites pas trop, monsieur Perrin.

-Oui.

C'est pour amuser votre fils, monsieur.

C'est bien pour ça que vous m'avez fait revenir, non ?

Je peux repartir, si vous voulez.

* * *

Merci, madame.

* * *

-Arrête tes conneries ! Perrin !

Arrête tes conneries, merde !

* * *

-Tu serais pas mort. ça serait une ruse, d'accord ?

Coup de feu.

-Oh, nom de Dieu...

Voilà les copains, Perrin.

* * *

-On pourrait rentrer un instant.

Le temps que la police arrive et... -Dansez.

-Pardon ? -Dansez.

* * *

-Allez. Viens avec nous.

-Tu viens, Julien?

-Les Indiens ! Foutons le camp ! Youhou !

*-Défendons nos libertés !

Non aux licenciements !

-DEFENDONS NOS LIBERTES !

NON AUX LICENCIEMENTS!

DEFENDONS

NOS LIBERTES !

NON AUX LICENCIEMENTS!

-Ce sont les Indiens !

*-Eric !

Les Indiens ! Alerte !

Trompette.

-NON AUX LICENCIEMENTS!

* * *

*-Mettez les chariots en rond ! Evacuez les caravanes !

Allez !

Cris.

-DEFENDONS NOS LIBERTES !

-Non aux licenciements !

* * *

*-Abritez-vous, nom de Dieu !

Les Rouges attaquent ! Venez derrière les chariots !

-La cavalerie !

-Elle arrive toujours à l'heure.

-Ne restez pas là. Dégagez.

Allez. Dégagez.

Dégagez. Circulez.

* * *

Coups de feu.

* * *

* * *

-Allez jouer ailleurs.

-Eh ben, dis donc.

-Attends-moi une seconde.

Vous savez quel effet ça fait d’être en pyjama devant des gens

qu'on ne connaît pas ?

Je vais vous montrer.

***

Et si on faisait un journal ? -Hein?

-Faisons du journalisme.

C'est facile. On va commencer par un déraillement.

Un train déraille quelque part.

Alors moi, je suis le rédacteur en chef, hein.

Et je t'appelle dans mon bureau.

Vas-y. Entre.

Salut, Coco.

Tout le monde s'appelle Coco, dans le journalisme.

Bon.

Il y a eu un accident aux Etats-Unis. Tu te mets sur le coup.

-Pas aux Etats-Unis.

-Hein?

-Il faut que ça se passe en France.

-Pourquoi ?

-Pour intéresser les lecteurs, il faut des morts français.

Tu n'y connais rien. C'est moi, le rédacteur en chef. Allez.

Bon. Je t’écoute, Coco.

-Bien.

Il faut un titre.

Je propose :

"Grave catastrophe ferroviaire Près de Lyon. 80 victimes."

ça te convient ?

-J'aime pas "catastrophe ferroviaire".

-Pourquoi ? -J'aime pas.

-C'est ce qu'on dit.

-"Le rapide Paris-Lyon déraille. 80 morts."

Voilà un titre.

-Je suis journaliste, et j'ai le sens du titre.

-Si tu avais le sens du titre,

tu serais rédacteur en chef, Coco.

-Arrête de m'appeler Coco.

-Te fâche pas, Julien.

-Tu joues plus?

-Regarde ça. Je parie que je te bats.

-ça pourrait être drôle, de faire un journal.

On pourrait inventer un personnage et raconter sa vie.

On l'appellerait "le Président", par exemple.

ça serait un homme très riche, très puissant,

qui pourrait tout s'offrir avec son argent.

On raconterait une aventure du Président tous les matins,

dans notre journal.

Tu trouves pas ça marrant?

Il aurait

une famille, bien sûr.

Je vois une femme beaucoup plus jeune que lui.

Tiens.

Et un petit garçon,

qui la déteste,

parce qu'elle a pris la place de sa mère.

Et le petit garçon,

qui aurait compris que son père avait acheté cette jeune femme,

ferait un peu le même geste que lui,

pour le punir.

Un jour, il achèterait un homme dans un magasin.

-Mon pote Julien, on va le faire, ton journal.

Et voilà.

-Vas-y.

Il connaissait pas les proprios? -Non.

-Oh ! Et il est entre comme ça,

au flan ? -Oui, oui.

-Madame, monsieur, bonjour. Je suis Pierre Rambal-Cochet.

Je vous prie de m'excuser pour cette intrusion.

J'ai une question à vous poser.

-Monsieur...

-Non, continuez. Je vous en prie.

Combien vaut cette maison ?

-Non, elle n'est pas à vendre. -Je sais.

Je vous demande combien vous l’évaluez.

-Je ne sais pas. Je l'ai payée 60 millions il y a 5 ans,

elle devrait en valoir maintenant 80,90.

-Je vous en donne 200.

-C'est une plaisanterie ?

-Non.

-Deux millions, évidemment, c'est un bon prix.

C'est même un très bon prix.

-Trois.

-Comment?

-Trois millions si vous partez tout de suite.

-Je ne comprends pas.

-Vous faites vos valises et vous partez.

-C'est pas possible.

-Vous avez une minute pour réfléchir.

***

-On peut s'arranger pour vous laisser la maison en fin de journée.

-Tout de suite.

C'est à prendre ou à laisser, et il vous reste 30 secondes.

-Bon.

Bon. Eh bien, on va se préparer.

Viens. Venez, les enfants.

Venez.

-Une lettre de votre fils, monsieur le président.

-Mon fils ?

Merci, mademoiselle.

***

Où est Eric?

-Il est sorti. -Où ça ?

-Il est avec François.

-Prévenez-moi dès qu'ils rentrent.

-Je t'ai eu, là.

T'en as partout.

-C'est marrant, hein.

-T'as voulu m'avoir, hein.

Je l'ai perdue.

-Salut, Pignier.

-C'est quoi, ça ?

-T’inquiète pas, Pignier. C'est pour une enquête.

Une grande enquête dans un nouveau journal.

On a un très bon titre.

ça s'appellera "Les jouets du président Rambal-Cochet".

C'est un journal libre.

C'est formidable, non ?

Voici le rédacteur en chef : Eric Rambal-Cochet.

M. Pignier.

-"Rambal-Cochet" ?

-Bonjour. -Bonjour.

-Merci, Pignier. Et à bientôt.

-C'est vrai qu'il a les mains moites.

-Il m'a dit : "Allez vous raser." J'ai répondu :

"On peut être un bon ingénieur et porter la barbe."

Et il m'a vide, aussi sec, à la porte.

-Vous avez trouve un job ?

-Ah non. Rien du tout, non.

-Tu viendras avec moi chez ma mère, à la fin du mois ?

On a une maison au-dessus de Cannes, avec une piscine.

On pourrait se baigner.

-Allez ! Allez, allez !

Allez, hop !

-Je peux vous parler?

-Non. Pas maintenant.

-Je me mets dans les buts. Allez !

Allez, vas-y.

Tire!

Allez, hop !

-Tu dois venir avec moi.

-T’inquiète pas pour moi.

-S'il t’embête, tu me téléphones à Cannes. Je reviendrai.

N'oublie pas, François.

-Tu m'appelles plus Julien?

Allez, au boulot ! Allez !

Hop ! Hop !

Hop ! Hop !

Hop ! Hop !

Allez, hop ! C'est bon.

Hop là !

Attention.

Attention...

But!

Excusez-moi. -J'ai à vous parler.

Tu veux nous laisser un instant, s'il te plaît?

Tu entends ?

-Va m'attendre dans ma chambre.

-Vous êtes un bon journaliste, monsieur Perrin.

-J'ai un bon rédacteur en chef, monsieur le président.

-Où voulez-vous en venir, exactement ?

-Nulle part, monsieur le président.

-Alors pourquoi cette provocation ridicule ?

-Je peux vous expliquer.

Quand j’étais salarié,

je n'avais qu'un droit : celui de me taire et d'avoir peur.

Maintenant, je ne suis plus rien du tout.

Je suis un jouet.

Alors je peux parler.

-Qui vous a mis dans la tête

que je ne vous reprendrais pas au journal ?

J'ai besoin d'un chef des informations,

et vous ferez parfaitement l'affaire.

Je suis un homme plus simple que vous ne pensez, monsieur Perrin.

Bonjour, mon petit Paul. La santé est bonne ?

-Ce n'est pas Paul, moi. C'est Lucien.

-C'est moi, Paul, monsieur. -Oui. Bien sûr.

Alors, comment va la fille? Son angine, ça s'arrange ?

-C'est un garçon, moi, monsieur. C'est Lucien qui a une fille.

-Elle va mieux? -Elle va mieux.

Mais c’étaient les oreillons.

-Ils ne sont pas alignés, ces arbustes.

Je veux un chef des informations, mais il faut être raisonnable.

Un conseil : jouez à autre chose. C'est plus prudent.

-Alors ?

-Il a été très gentil.

Il m'a dit que j’étais un bon journaliste.

Un très bon journaliste.

-C'est assez gros, comme caractères ?

-Il m'a proposé un marché, en fait.

Si on arrête ça,

je deviens chef des informations.

Et voilà, mon petit camarade.

-On arrête.

Je veux pas qu'il t’embête.

Tu peux retourner chez toi, François.

-"Les jouets du président.

"6 000 salariés, 6 000 jouets."

Dommage. C’était un bon papier.

Il y a une photocopieuse, ici ? -Quoi ?

-Un truc pour photocopier.

-Foucault !

Je ne veux plus voir traîner un exemplaire de ce torchon.

-Bonjour, Blennac. Bonjour, Foucault.

-Monsieur? -Oui?

-On a distribue ce matin un imprimé,

une cinquantaine d'exemplaires.

C'est ce type-là, François Perrin, monsieur, et puis...

enfin, votre fils.

Tout le personnel l'a eu en main.

-Qu'est-ce qui se passe, ici ?

On ne travaille pas?

Je veux voir les articles qui partent au marbre.

-Tout de suite.

On frappe à la porte.

-Entrez.

Voilà, monsieur le président.

Le bal de la princesse Grace.

Il y avait tout le gotha, alors c'est parfait.

Un entretien avec Claude François sortira pour son passage à l'Olympia.

Un nouveau club de naturisme, monsieur le président.

Il vient de s'ouvrir près de Paris. ça pourrait amuser nos lecteurs.

-Laissez-moi.

Je vais regarder ça moi-même. -Bien, monsieur.

-Blennac?

-Oui?

-Vous trouvez drôle cet étalage de viande ?

-Le naturisme est de plus en plus à la mode.

C'est un club assez original,

meuble en Knoll, une clientèle sélecte : des cadres supérieurs.

-Déshabillez-vous.

-Pardon ?

-Déshabillez-vous.

Vous allez faire un tour tout nu pour juger de l'effet comique.

-Monsieur le président...

-Je vous dis de vous déshabiller.

***

Que faites-vous, Blennac?

-Je me déshabille, monsieur le président.

-Si je ne vous avais pas arrêté, vous faisiez le tour

de la salle de rédaction, tout nu.

-C'est vous qui me l'avez demandé, monsieur le président.

-J'ai une question à vous poser.

Qui de nous deux est le monstre ?

Moi qui vous demande d’ôter votre pantalon ou vous qui acceptez ?

-Je ne sais pas, monsieur le président.

-Tout le problème est là, je crois.

Vous pouvez partir, monsieur Perrin.

Nous n'avons plus besoin de vous.

Je me suis expliqué avec mon fils.

Nous nous sommes très bien compris.

Il sait quel genre d'homme vous êtes :

haineux contre tout ce que nous représentons, lui et moi.

Il sait que vous avez voulu pourrir

le milieu dans lequel il vous a introduit.

Il ne veut plus vous voir, monsieur Perrin.

Vous êtes libre.

-J'ai seulement voulu donner une chance à votre fils.

Ce qui peut lui arriver de pire, c'est de vous ressembler.

Mais on peut l’éviter.

-Je vais m'occuper de vous, monsieur Perrin.

-C'est un cadeau pour lui. Il comprendra.

Je peux lui dire au revoir?

-Ce n'est pas utile.

ça s'appelle un jetstream.

Tu as l'impression d’être dans la mer.

Tu peux te laisser porter.

Tu verras. C'est formidable.

Ta mère m'a dit qu'ils ont presque fini l'installation.

Pour te sortir de la piscine, ça sera dur, maintenant.

Tu m'appelles dès que tu arrives à la villa.

Comme on a avancé ton départ, tu me dois 8 jours.

J'ai bien envie d'aller aux Etats-Unis.

Au parc d'attractions de Walt Disney.

C'est pas une mauvaise idée, ça.

Bonjour, Moreau. -Bonjour.

ça va bien, Eric ?

-Eric !

Perrin ? Ici Rambal-Cochet.

Eric s'est sauvé.

Il va sûrement revenir chez vous.

J'arrive.

-Tu peux payer le taxi ? J'ai pas d'argent.

-Ton père arrive.

-T’inquiète pas.

On va rester ensemble et continuer le journal.

-Non. On ne joue plus, maintenant.

Tu entends ? Tu rentres avec ton père.

-Je veux rester avec toi. -C'est pas possible.

T'as une famille.

T'as un père, une mère. Ils t'aiment.

-T'as mis ton gilet à l'envers.

-Eric...

Il faut me foutre la paix, maintenant.

-Non. Non. Je veux rester avec toi.

-Je ne suis rien, moi.

J'ai pas de travail, pas de pognon.

Je ne peux pas te garder. Je suis pauvre.

Tiens ! Le voilà.

Eric!

T'es fou ? -Je veux pas aller avec lui.

-Il faut le raisonner.

-ça fait une demi-heure que je l'engueule,

que je lui dis que j'en ai marre des Rambal-Cochet.

Moi, il faut que je bouffe.

Alors allez jouer ailleurs. Allez, du vent.

Tire-toi.

-Merci, monsieur Perrin.

Téléphonez-moi demain.

Je verrai ce que je peux faire pour vous.

Tout ce que j'ai fait dans ma vie, c'est pour toi, mon amour.

Tu es ma seule bonne raison de continuer.

Tu comprends ?

C'est un pauvre type.

Il ne peut rien t'apporter.

Ce n'est rien.

Pense à tout ce que tu perdrais, avec lui.

***

Sous-titrage : Eclair Group

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