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Original subtitles

Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Où vous avez mis les pieds ?

Vous n'êtes jamais allé voir de striptease ?

Mais ça vous a traversé l'esprit.

Vous n'avez pas osé.

Je vous raconte l'histoire de quelqu'un qui a osé.

Pas moi, je suis trop pudique pour raconter mon histoire.

Mademoiselle ?

Mademoiselle ?

Vous cherchez quelque chose ?

J'espère que ce n'est pas l'amour, vous ne le trouverez pas ici.

- Alors, monsieur, ça a été ? - Oui, ça a été.

Un petit salon pour compléter ?

La blonde, la brune... Regardez cette fille.

Elle est espagnole. Jolie, hein ?

Non, merci.

- Comme vous voulez, au revoir. - Au revoir.

- Bonjour. - Bonjour.

J'aimerais faire un essai. Vous cherchez du monde ?

Tu devrais descendre voir, d'abord.

C'est un théâtre érotique, pas un film.

Accueillir une danseuse, c'est un moment spécial.

On aime les filles qu'on a, mais une nouvelle avec son énergie,

sa jeunesse, sa naïveté, c'est chouette.

Soyez bienveillants avec elle.

Elle a peut-être jamais fait ça.

On la voit et on discute. Ça vous va ?

Ah là là !

Quelle entrée !

- On a loupé sa marche. - Bonjour.

Oui, un peu.

Ça va ?

- Comment tu t'appelles ? - Mia.

M-I-A, comme miaou.

- Tu vas faire un striptease. - Maintenant ?

Pourquoi pas ?

J'ai chaud, j'ai chaud.

Stop, Mia !

Approche. Éloigne-toi de ce monsieur.

Le striptease,

c'est pas la Fièvre du samedi soir pour choper des mecs.

Désolée, monsieur. Stripteaseuse, c'est un métier.

Je te propose une formation en 5 minutes, qui va te permettre

d'entrer dans le monde merveilleux du travail.

Chose extrêmement importante :

la lenteur.

Regarde.

Je captive mon auditoire.

Tu vois ces regards suspendus au moindre de mes gestes ?

Que va-t-elle faire ? Et hop...

elle ouvre un bouton. Et hop, un deuxième.

Tu les ensorcelles, tu les subjugues.

Tu joues avec les distances, tu les séduis tous.

Mais il y en a un qui est pour toi.

Tu l'excites grâce à ton corps sublime,

tel un serpent subtil.

Et à la fin de l'envoi...

tu touches.

Je suis subjuguée.

Et maintenant, qu'est-ce que je fais ?

Comme tout le monde, tu lèches le cul de la patronne.

Merci, bon spectacle.

C'est toujours à deux les numéros ?

Non, pas du tout, tu peux faire un essai toute seule si tu veux.

Je sais pas.

C'est payé combien ?

10 euros de l'heure.

C'est rien que du striptease.

Si t'as pas peur d'enlever ta culotte, ça va aller.

Il te faut un pseudo.

Aurore, comme la Belle au Bois Dormant.

Très bien.

Elody ?

Tu veux du maquillage ? Sers-toi, c'est là.

C'est gentil.

Ah, yes !

T'as kiffé la place du roi ?

T'étais à la place du roi.

Tu peux poser tes affaires ici.

Tout va vite autour de ton corps Le bruit des couleurs

Tout se mélange et ton cœur se soulève Quand tes yeux se ferment

Dans ce dédale sans aucun repaire T'es comme un têtard

Égaré au milieu d'une barrière de corail

Dans ses entrailles la ville nous avale et toi, tu dérailles toi,

Ô toi, tu dérailles

Tout va vite autour de ton corps Le bruit des couleurs

Tout se mélange et ton cœur se soulève

Quand tes yeux se ferment

Dans ce dédale sans aucun repaire T'es comme un têtard

Égaré au milieu d'une barrière de corail

Et dans ses entrailles la ville nous avale et toi, tu dérailles

Pris dans la spirale

T'as sorti les voiles

Prêt pour la bataille

Tu verras, c'est ta chance

Les gens viennent, tout recommence

Au milieu des bruits de la ville

Toi, t'arrivais toute timide

Perdue dans le décor

Le cœur à l'air Les yeux qui dévorent

Je me suis même pas présentée, Mia.

Ça t'a plu, j'ai vu.

Ça m'a plu, ouais.

C'est la première fois qu'Afflelou lâche un billet.

C'était bien pour un essai.

Pas élaboré comme vous.

- T'étais à l'aise. - Je suis comédienne.

D'accord.

Mais comédienne, "comédienne" ?

Je prépare le conservatoire.

Ici, c'est quand je peux.

J'ai un public, j'adore.

T'as vu mon jean ?

C'est sûrement la patronne.

On sait pas si c'est pour sentir ton odeur ou vérifier ta taille.

Quoi ? Mais c'est quoi, ça ?

Elle habiterait au-dessus.

T'es bizarre. Tu sors d'une histoire compliquée ?

Non, je sors de rien.

Je suis pas vierge, mais j'ai pas eu d'histoire.

Ça viendra.

J'attends pas l'amour, moi, j'y crois pas.

C'est ce qu'on dit quand on a peur.

À bientôt.

- Plusieurs fois ? - Tu te l'es tapée ?

- Mais c'est qui, cette fille ? - Elle aime le cul.

Non, quand je couche avec elle, c'est un vrai moment tendre.

- Elle me touche. - On veut pas savoir.

À Halloween, tu faisais moins ta mijaurée.

Non, mais elle s'est jetée sur moi.

- Elle m'a juste embrassée. - Arrête de te défendre.

Elle assume pas.

Elle vous a demandé de rien dire.

À combien de nos potes elle a demandé de rien dire après se les être tapés ?

Manon ?

T'as entendu ? Désolé.

Je te file 50 euros pour le loyer.

Ma grand-mère peut attendre.

Tiens.

Merci quand même.

T'as quoi, Manon, aujourd'hui ?

T'es archi bien maquillée.

- Merci. - T'as un date ?

- Pas du tout. - Tu veux pas me dire ?

- J'ai fait un effort. - Plus qu'un effort.

-Tu m'abandonnes, comme ça. - Bonjour.

-Tu feras quoi ? - Un boulot près de chez moi.

Je vous dérange pas ?

C'est dingue.

Merci. Vous étiez avec Aurore.

Bon spectacle. Merci.

- C'est ton anniversaire ? - Oui, c'est mon anniversaire.

T'as quel âge ?

- J'ai 8 ans. - 8 ans ?

Et t'as fait une fête avec tes copines ?

Oui, on a pris le goûter.

Vous avez mangé des bonbons ?

Ben, t'en fais une tête.

Ça a été ?

- C'est qui, la blonde ? - Sati ?

Elle peut être dure, mais elle est pas méchante.

Je l'aime pas trop. Et elle t'aimera pas.

T'es dans son créneau.

Heureusement qu'y a Sati.

Elle est vachement utile.

Je fais ce que je veux.

Mia, t'as deux clients pour un salon.

Je prends mon habitué.

- Je te laisse l'autre. - Je sais pas.

C'est mignon, ça va être ton premier salon.

Mais n'hésite pas.

Connecte-toi à ton moi primitif.

Sors les griffes. Attention, on s'automutile.

Vergine, on y va.

Tu mènes la bite. Le beat, le rythme.

Tu me redis pour le salon.

C'est 30 euros en plus pour un quart d'heure.

Si tu as des relances, tu gardes 30 %, le reste c'est pour le club.

C'est comme des charges. C'est juste une danse privée.

Et s'il veut me toucher ?

S'il propose une relance, tu peux le toucher.

Il peut pas te toucher, mais il peut se toucher.

Et toi, tu te touches, mais pas de sexe.

- Ta bouche, elle vaut de l'or. - OK.

C'est tout bénef.

J'ai eu des relances de 200 pour caresser le bras.

- Non ? - Si.

Et tu vois lui ? Lui, il se branle derrière sa cravate.

Je te jure.

Fabien, bonjour, comment ça va ?

- C'est pour toi. - T'es un amour.

Je te rejoins. Il est amoureux de moi.

Ce que t'es belle.

On t'a jamais dit que t'es belle comme je le pense.

Qu'est-ce que tu fais ?

Ça va, ça va. T'es nouvelle, on t'a pas expliqué.

Laisse-toi faire.

Personne te dit que t'es belle parce que t'es moche !

Si tu fais rien, tu vas pas rester. Laisse-toi faire, putain !

On vient se détendre et on respecte pas les stripteaseuses ?

- Ça va, ça va. - Allez, allez, dehors !

- Espèce de connard ! - Tu reviens plus !

C'est arrivé à une fille.

Elle a voulu porter plainte, elle s'est fait virer.

C'est pas le moment.

Ça va, c'est pas un viol.

C'est que tu l'as bien excité.

T'as vraiment pas eu de chance.

Il faut pas que ça te bloque. C'est pas tous des gros porcs.

C'est un baptême.

Elle t'a autorisée à toucher son matos, Marlène ?

Non, alors tu lâches.

- Elle a du matos. - Elle avait le sens de la fête.

- J'avais tout plié. - Oh, j'adore le gold.

- J'en ai un autre. - Elle a de la lingerie.

- C'est un mastodonte, celui-là. - Collection printemps-été.

Celui-là, je vais le mettre en puissance maximale, et tu décolles.

Ça, c'est un cache-téton.

- Comment on fait ? - Faut des seins qui bougent.

- Ah ! - Non.

Avec n'importe quel sein, ça tourne si tu veux que ça tourne.

Elle est dingue, si la patronne le repère,

elle met ça en stock.

Elle est partie.

Elle en parlait.

Elle devait voir sa mère à Tcheliabinsk.

- Tu laisserais pas tes sapes. - C'est quoi ?

Un presse-citron ?

Ça dépend du citron.

Salut. Vous révisez pour les partiels ?

Oui, c'est ça.

Et c'est quoi, ce truc ?

- Je te montre ? - Ça va, Manon ?

On te voit plus à la fac.

On bosse, nous.

Nous aussi, on bosse.

Pour un spectacle.

Tu crois quoi ?

Mais ils sont tous comme ça ?

On n'a pas le même rapport à l'argent.

On fait pas de l'argent facile.

Tout le monde peut pas le faire.

Elle a pas besoin de bosser.

Quand on traîne les autres dans la boue, on a les pieds crottés.

J'ai plein d'idées, mais pas de partenaire.

T'as fait l'amour à une femme ?

Non.

Tu verras, c'est facile.

C'est là.

Les fins de tournage, c'est important.

On s'est rencontrées sur une figu'.

Quoi ? Sur quoi ?

Sur une figuration, dans les films.

Tu m'en passes un peu ?

Ils sont là.

J'adore cet acteur.

Tu le connais ?

On n'avait pas de scènes ensemble, mais je l'admire.

Il est beau.

Bon, on y va.

- J'ai pas envie de rentrer. - Oh, moi non plus.

On est pas loin du club.

Ça te dit ? Attention.

Bonsoir.

- Vous allez où comme ça ? - On vous accompagne.

Oh là là.

Tu vas pas nous raccompagner, tu t'es vu ?

Vas-y, arrête.

- Touches pas ! - On veut de la compagnie.

Je veux pas votre compagnie !

Vous sucez ?

- Te sucer, toi ? - Moi.

Non, mais si tu veux, je t'encule !

Ça vous va ?

Voilà, bonne soirée.

Coucou, les actionnaires, vous allez bien ?

Oui !

On s'est pas fait d'argent sur les petits gens ?

Si, hein ?

Oui !

- Prêts pour le show ? - Oui !

Vous êtes prêts pour les bavures ? Vous manifestez pour Fury ?

- Oui ! - J'entends pas, oui ?

Oui !

La plus grande actrice du club est parmi nous ce soir !

La meilleure minette de la ville !

Va-t-elle nous rejoindre sur scène ?

Tous les samedis soirs

Accoudée au bar

Je vois la vie en rose En buvant du Ricard

Je dépense mon salaire

Pour voir des fesses à l'air

J'enlève mon gilet jaune

Pour mater ma régulière

Laissez-moi dans ce club pour l'éternité

Laissez-moi dans ce club pour l'éternité

Messieurs et mesdames, est-ce que vous êtes prêts ?

Oui !

À accueillir ce soir notre débutante,

Aurore !

Veuillez l'applaudir, s'il vous plaît !

J'ai l'impression qu'Aurore cache quelque chose.

Qui veut savoir ce qu'Aurore nous cache ?

Ouais !

Aurore, on m'a dit que vous étiez à la manifestation.

Oui, je peux vous expliquer. J'y étais, mais on m'a forcée.

- On vous a forcée ? - Je supporte pas les manifestants.

- Qui vous a forcée ? - Lui.

Lui ? On vous a forcée ?

Vous m'avez obligée à venir.

C'est mal, ça, c'est très mal.

Il vous a fait du mal, Aurore ?

Il m'a trainée au milieu de gens complètement dingues.

Les casseurs.

Les casseurs ?

Aurore, tu dissimules un objet dangereux ?

- Ce jeune homme... - Encore ? Mais c'est mal, monsieur !

Vous m'avez dit : "Prenez-ça."

Et vous l'avez mis là. Donc moi...

- Où ça, Aurore ? - Là.

- Vérifiez, vérifiez ! - Aurore, calmez-vous.

Calmez-vous.

On dit que vous faites du mal, je peux pas y croire.

- Je te fais pas mal. - La police est douce.

Aurore, la police t'aime.

Je vais devoir ouvrir ta chemise.

- J'ouvre ? - Oui !

- Encore ce bouton ? - Oui !

C'est pour la République.

Je vérifie ce qu'elle a dans son pantalon ?

Je sens quelque chose.

- Aurore ? - Oui, madame la commissaire ?

- Tu chantes la Marseillaise ? - C'est ma chanson préférée.

Allons enfants de la patrie

Le jour de gloire est arrivé

Contre nous de la tyrannie

L'étendard sanglant est levé

L'étendard sanglant est levé

J'ai pas fait semblant J'te jure

J'ai jamais dit non

J'ai juste Laissé le temps courir

Partir, venir, mourir

Courir

Partir, venir et mourir Écoute, chéri

J'ai pas le temps

Écoute, chéri Je t'ai dit non

Écoute, chéri J'ai pas le temps

Écoute, chéri

Je t'ai dit non

Hé, bonsoir. Bienvenue, allez-y.

Il veut des pinces à linge partout.

J'ai bien pris mon temps, au moins 30 minutes.

- T'as fait monter les prix ? - Trop, il veut plus de salon.

Avec tes seins, ça va marcher.

- Tu crois ? - C'est sûr. Fais voir.

- C'est des vrais ? - Oui, bien sûr.

Encore une main au cul.

C'est mieux qu'un doigt.

- Y a Queue de baleine ? - En forme.

Comment on les a matés !

Salut.

- Ça va ? - On sort ce soir ?

Je retrouve mon mec. Il a une surprise.

T'as un mec ?

- Je te l'ai pas dit ? - Non.

Oh là là, t'es magnifique.

Il va être content ton amoureux.

C'est le beau mec musclé ?

C'est celui-là.

Au 2e rang, tatoué ?

- Exact, bien repéré. - Il est sexy.

- Il est pas mal. - Hé ho, pas touche.

Aurore, toi qui as du goût, viens voir.

- Quoi ? - Tu aimes ?

Tu vas l'éblouir.

Le mascara de couleur fait ressortir mes yeux.

Il est content d'être là ?

Il est très motivé.

Il va te donner une bague ?

Sati, encore un salon.

Elle s'en met plein les poches.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Vous m'avez demandée ? - C'est le mec de Vergine ?

Putain...

Ma pauvre bichette.

On est là, t'inquiète pas.

Elle exagère, Sati, franchement.

T'es tellement belle.

Petit chat...

T'es tombée sur un imbécile.

Lève les yeux.

- J'ai mis de la couleur. - Je vois.

- J'ai perdu ma chatte. - Mon Dieu !

Par Ramsès, comment faire ?

Fuck you

Affaire à suivre.

- Et toi ? Vas-y, avoue. - Qu'est-ce que tu me veux ?

Parmi les clients, y en a un qui t'intéresse ?

Franchement ? Afflelou.

- Quoi ? - J'aime son regard.

On le voit pas derrière ses loupes. C'est épais comme ça.

Mais ouais.

Tu flashes sur Afflelou ? Mais laisse tomber.

Il est radin. Jamais il a pris un salon.

Qu'est-ce qui te plaît chez lui ?

Il est mystérieux.

Et toi, qu'est-ce qui t'a plu chez ton mec ?

Son côté loyal.

L'enterrement de vie de garçon m'intéresse.

Tout pour quitter ma coloc.

C'est top. Et toi, tu viens ?

Allez, les mecs sont 3. Si on est 3, ce sera plus simple.

Ils sont cool, mignons.

Ça va bien se passer.

OK, je regarde si je peux.

- Si t'y vas, j'y vais. - Yes.

Les filles,

quelqu'un parle bien anglais ?

Je comprends rien, dites-moi que c'est pas un pervers.

Éteins la caméra.

Il a peur que son patron l'espionne.

Ben, merci.

Hé, mais la meuf, tranquille.

C'est incroyable.

- J'adore, c'est beau. - Ça vient d'où ?

C'est trop cool.

On n'enlève même pas les strings.

J'ai négocié, j'ai dit minuit maxi-maxi.

Je peux vous ramener à minuit.

- Non merci, ça ira. - Entre indépendants, on s'aide.

- Vous devez le finir. - J'en veux.

- 500 balles la bouteille. - C'est pas vrai.

- Je vous jure. - Je goûte.

Il est léger, fin.

Il est vaporeux, éthéré. Il donne une ivresse joviale.

Douce.

Tu fais comme lui ?

Non, je suis associé avec celui qui tripote votre amie.

Arthur, c'est quand le mariage ?

Arthur, on te dérange pas ?

T'es dans le marketing ?

- Exactement. - Mia est comédienne.

- Non ? Actrice ? - Comédienne ?

- Actrice, "actrice" ? Connue ?

Pas connue, visiblement. On te connaît pas, sans offense.

Non, mais c'est pas grave.

Sois pas vexée.

- Je suis pas vexée. - J'ai rigolé.

J'ai de l'humour.

- T'as vu ce port de cou ? - Très harmonieux, oui.

- Plus qu'harmonieux, gracieux. - T'as un physique avantageux.

Y a pas que le physique, y a une voix,

y a une personnalité.

T'as été gâtée par dame Nature.

Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe.

Désolée, je suis maladroite.

En haut,

en-dessous du truc.

Savannah, Savannah, on va jusqu'où ?

Pas besoin de le sucer. Tu les branles, ça ira.

Hé, les gars ?

Ça vous dirait une danse ? C'est pour ça qu'on est là.

Si Mia participe,

je suis partant.

On revient dans 5 minutes, on s'occupe de tout.

Vous avez qu'à regarder et à profiter.

C'est pour les témoins,

une surprise.

À tout de suite.

Attends.

Hé !

Vous avez déjà vu 2 femmes faire l'amour ?

Non ? Ça vous plairait ?

Ça va être beaucoup mieux.

Y a des conditions. On ne touche plus.

Toi, tu vas t'asseoir juste ici.

- Juste ici. - Et vous, juste ici.

Vous allez voir ce que font les filles quand vous êtes pas là. Comme ça.

Besoin d'aide ?

Elle se débrouille très bien toute seule.

Ne t'arrête pas.

Oh, elle fait ça bien.

Les filles, c'était cool.

Comme j'avais dit.

Je te paye un coup.

Je me sens dégueulasse.

C'était comme au club.

Sauf que c'était des mecs d'école de commerce.

J'ai passé 2 fois le conservatoire.

À 26 ans, c'est ma dernière chance.

Je connais que des ratés qui payent pour jouer devant leurs amis.

Tu prépares ton concours.

L'argent de ce soir va te permettre de refuser tes figu' hyper fatigantes

et mal payées.

Y a longtemps, j'avais jamais fait de strip, rien,

il m'est arrivé un truc.

Un mec avec qui j'avais eu une vague histoire,

directeur de théâtre,

m'appelle pour dîner avec un ami metteur en scène.

J'invite une copine, disant que ce serait sympa.

Ça s'est pas bien passé.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - On a bu du vin.

Je me suis retrouvée sur les genoux du metteur en scène

à lui rouler des grosses pelles.

Et ta copine ?

Elle était pas arrivée.

Elle est toujours en retard.

Et l'autre, là, le directeur de théâtre,

il avait disparu.

Je crois qu'il avait dit au revoir.

Bref...

Avec l'autre, on s'embrasse.

J'avais pas envie, je dis "non".

Plusieurs fois je dis "non", peut-être en rigolant,

mais clairement "non".

Et...

Il a mis une capote parce que...

Je me souviens avoir pensé...

"Il va vraiment le faire, merde."

Je savais plus quoi faire.

Je me suis dit que ça passerait plus vite si je laissais faire.

Voilà.

Ma copine est arrivée, il s'est réfugié dans la salle de bains,

le pantalon à la main.

Après, on en a rigolé.

Elle venait sauver ses potes

et prendre les mecs par la bite pour les jeter.

C'est un viol.

En fait, le directeur, là, il t'a offert à son pote.

C'est Benjamin.

Il a l'air complètement cuit. Je te présente.

- On est ouvreuses au théâtre. - OK.

Ça va, mon amour ?

Ça va et toi ?

- Aurore, la nouvelle ouvreuse. - Salut.

- Salut. - Et la pièce ?

Bof, les acteurs étaient pas en forme.

Puis bon, Brecht, je suis pas trop fan.

Moi, le théâtre, si t'es pas dans la pièce...

À toute.

À toute.

Salut.

J'avoue que j'accusais à tort un discours innocent.

Ma honte ne peut plus...

Ah, cruel ! tu m'as trop entendue.

Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.

Eh bien, connais donc Phèdre et toute sa fureur : J'aime.

Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, innocente à mes yeux.

- J'ai les mains grasses. - C'est pas grave.

C'est hyper bien.

- T'es prête. - Oui.

Salut, les pétasses.

Elo ! Ça va ?

- Et toi ? - T'es belle.

Toi aussi, en pleine forme.

T'es restée ?

- Ça se passe bien ? - Parfait.

Tu manges pas tes frites ? Je les veux.

- Ça va ? - Ma belle.

- Ça va ? - Et toi ?

- T'étais où ? - En Patagonie.

- Avec qui ? - Avec... Corto Maltese.

Ça va, les clients ?

Comme d'hab.

- Des nouvelles de Marlène ? - Non.

Je vois des clients à l'extérieur.

- Un d'eux voulait Marlène. - Elle bossait à l'extérieur ?

Ça arrivait.

Elle a dit qu'elle partait au Qatar

jouer deux fois, pour le roi et la reine.

Ils confisquent les passeports. Elle doit être enfermée

dans le désert.

Ou elle a épousé un prince.

Tu vois tout en noir.

Les filles, Afflelou demande un salon.

- Quoi ? - Il a gagné au loto ?

- Aurore, c'est toi qu'il veut. - Eh ben dis donc, mademoiselle.

Je voudrais te proposer quelque chose.

Continue de danser, s'il te plaît.

Je vais te donner mon numéro.

Je voudrais qu'on fasse l'amour.

06... 07...

06-07.

85.

Il est magnifique ce vin. Ça fait des goûts nouveaux.

C'est les bords du Rhône. Plein sud, terrain calcaire.

Ça donne ce côté charpenté.

Je te ferai visiter ma cave.

Un client me rémunère en grands crus.

Au fait...

Merci.

J'adore ta voix. Elle est tellement douce.

Merci.

Moi, c'est toi tout entière que j'aime.

Dès que tu es apparue sur scène,

je t'ai aimée.

Et je t'ai reconnue. Toi et moi, on est pareils.

On sait ce qu'est la solitude.

Je me trompe ?

Non, t'as raison.

Ça nous rapproche.

Ben...

On s'embrasse ?

J'arrive pas à joindre Mia.

Client interminable, mais riche. Il en finit pas de relancer.

- Si tu veux, on ferme. - Aïe, aïe, aïe.

Je sais que c'est un client, pas un rencard.

Tu parles comme une pute. On est pas putes, on est danseuses.

C'est tordu que l'argent t'excite.

Mais c'est comme ça. Je suis honnête avec mon désir.

Tu racontes ?

Je sais pas si je fantasmais de coucher contre de l'argent,

mais c'était hyper simple, hyper naturel.

Il s'était rien passé, j'étais déjà trempée.

J'étais plus à l'aise qu'avec beaucoup d'autres mecs.

- Et... il a enlevé ses lunettes ? - Même pas.

- Il fait quoi ? - C'est pas clair.

Il a pas dit exactement. En tout cas, il a beaucoup parlé.

C'était peut-être l'excitation, mais il m'a proposé de l'épouser.

J'ai trouvé ça touchant.

T'as joui ?

Presque.

T'es fière, en plus.

C'est bon, j'y vais.

- Vous avez les clés ? - Oui, j'attends quelqu'un.

Bonjour.

Ah, salut. J'ai ramené des croissants.

Merci.

Je te montre ?

Oui.

- Au début, je suis caissière. - D'accord.

Je fais un blabla sur les petits producteurs, le local

et les promos.

Là, t'arrives.

Belle des Champs et ses légumes

qui a une livraison spéciale.

- Tu vois ? - Oui, oui.

- Quelle musique ? - Il faut qu'on réfléchisse.

Quand t'arrives, je suis déjà toute nue.

Alors, je fais mon truc.

T'arrives par là.

- Je me mets là ? - Voilà.

Bon bah, j'y vais, c'est à moi.

Mon mari n'a pas pu faire la livraison.

J'ai des fruits de saison. J'ai des fraises, j'ai des pommes,

j'ai une petite poire.

J'ai des...

pamplemousses.

Ah, salut...

on répète.

Tu nous aides pour la mise en scène ?

Merci, mais je dois me changer.

- OK. - D'accord. Salut.

Salut.

- Tu crois qu'elle nous a vues ? - Ben, on répète.

Non ?

- Salut. - Elle est là, Manon ?

Bien sûr.

- Je te débarrasse ? - Non, merci.

- T'es sûre ? - Ouais, sûre.

- Coucou. - Salut.

J'avais un rendez-vous par là.

Super, on a qu'à boire un coup.

On va dans ma chambre ?

Merci.

Je peux pas rester.

Je suis désolée, je suis... pas une très bonne affaire.

T'es une belle affaire.

T'as pas peur de m'aimer ? C'est impossible.

Ça me donne confiance. Je me sens vivant pour la 1re fois.

- Tu vois ce que je veux dire ? - Oui, je vois.

Ah...

Une petite danse ?

Et sinon pour la caution ?

Très bien.

Non, ce sera pas possible.

Merci, au revoir.

Comment tu te loges sans parents friqués ?

Moi, je suis à Bobigny, Candy est à Stains.

Je suis en colocation avec une personne âgée.

- C'est bien ? - Ça sent un peu le pipi.

Ce serait plus facile d'acheter.

J'ai pas les moyens.

C'est pas si compliqué.

Je te fais des fiches de paie

qui calment bien les agences.

Ah ! J'ai été titularisée.

- C'est génial. - Bravo.

- Ça va te changer d'ici. - T'as un boulot ?

Je suis comptable. Ici, c'est trop précaire.

- Je pensais pas. - Hé !

Tu bosses ?

Les filles, j'ai eu le 1er tour du conservatoire.

Bravo, ma chérie !

- T'es la meilleure ! - Incroyable !

- J'ai un truc à fêter. - Quoi ?

- J'ai un nouveau copain. - Ah ?

- Il est dans la police. - Mais il enquête et tout ?

Il allait mettre, devinez quoi...

une contravention.

Eh oui !

Je sortais du club.

J'étais encore pomponnée, maquillée.

Il a enlevé la prune, demandé mon numéro, je l'ai laissé.

La loi, ça devrait être pour tous.

- T'en veux ? - Merci non, trop tôt pour moi.

- Santé. - À toi, bravo.

T'es une reine.

Pour 2 h, ce qu'on gagne.

- Non ? - Ouais.

J'ai mis mes prestations.

On peut faire un profil commun.

- Je sais pas. - Regarde.

Tu vois, c'est un profil en solo.

Ça peut vraiment marcher. On va driver un public

de mecs qui sont pas en manque sexuel,

qui veulent juste pimenter leur quotidien.

Je te laisse regarder.

Tu regardes et tu mets dans mon sac après.

On rigole, mais bon...

- Tu veux finir comme Marlène ? - Le drame...

À deux, ça limite les risques.

Quand j'ai commencé à coucher, je trouvais ça extraordinaire

que ce soit un truc gratuit.

Je me suis mise en frais,

épilée, j'ai acheté des capotes, invité un gars au cinéma, pour rien.

T'es jalouse.

Je vais le faire avec Elody, pas avec toi.

C'est pas comme ici. C'est risqué, c'est statistique.

Les statistiques mentent.

Si on sondait les avocates ou les boulangères,

on verrait qu'elles se font agresser.

Pardon d'avoir peur pour toi.

- Tu me donneras l'adresse ? - Je te promets.

J'ai fini, on part ensemble ?

J'ai un rendez-vous.

Avec qui ?

Tu veux tout savoir !

C'est toi qui es jalouse, en fait.

Le client donne l'argent, je m'arrange pour recompter.

OK.

Si on le sent pas, on fait ça. Et on se tire vite fait.

OK.

- Ça va ? - Ouais.

- Ça va aller. - J'imagine sa tête.

Ah, ça...

Go.

7e étage.

Oh là là.

Chut.

T'as réussi. Mais cet homme est génial, oh là là.

Oh dis donc.

Mes beautés !

Ça sera toi par laquelle je vais commencer.

Tu veux pas rester dormir ?

Je peux pas.

Benjamin rentre ce soir.

J'ai une formule magique.

Je me sens apaisée.

Plus rien ne me manque.

T'es amoureuse de moi.

Peut-être.

Quoi ?

Je m'emballe ?

Ce qui me trouble,

c'est comment tu me regardes.

Ça faisait des années.

J'adore ton vrai prénom.

Manon.

Dis-moi un secret.

Toi d'abord.

Tu m'as jamais dit sur quoi c'est ta thèse.

J'aime pas trop en parler

parce que j'ai arrêté.

Tu vas reprendre.

Je crois pas. Tu sais comment ça se passe.

Tu délimites un sujet, t'es prête à y passer des années.

Tu proposes à un directeur de thèse de t'accompagner.

Le mien, c'était un prof que j'avais eu en cours.

Je l'avais en master.

C'était un mec hyper intéressant, qui publie régulièrement,

vraiment le...

directeur idéal.

Et tellement idéal que...

j'ai eu une histoire.

Mais je le voyais peut-être 1 ou 2 fois par mois.

Il m'invitait au restaurant, j'adorais ça.

C'est con, mais ces repas,

je les attendais comme ses conseils.

Lui, sans m'en parler, ni rien...

il a quitté sa femme, ses gosses, pour vivre avec moi.

La vile tentatrice.

C'est pas drôle.

J'ai dit que j'avais rien demandé,

que j'avais aucune envie de m'engager.

Et là, il est devenu cinglé.

Il m'a accusée de lui avoir gâché sa vie.

Après pour bosser, laisse tomber.

Tu peux pas retrouver un autre directeur ?

Tu peux pas changer, non.

Voilà mon secret.

À toi.

J'ai un enfant.

Ah bon ?

Elle a 7 ans.

Elle est géniale.

Son père s'en occupe, mais au début, j'étais seule.

Ça complique tout un enfant quand t'es jeune.

Quand j'ai commencé les cours, j'avais un baby-sitter.

Elle l'adorait, et moi, je le trouvais beau gosse.

Il était étudiant en physique.

Benjamin.

Il m'a permis d'y croire.

Tout est devenu plus simple. Il m'a aidée avec le père.

On s'aimait, on s'est organisés.

- La semaine où tu bosses pas... - Je suis avec elle.

Une semaine sur deux, je veux la voir à fond.

Elle s'appelle comment ?

Ève.

Tu la vois, avec le ciré jaune ?

- Avec les nattes ? - Oui.

Cache-toi.

Elle nous a pas vues.

Depuis le strip, j'ai des visions. Je te raconte ?

- C'est menaçant. - Ça te renvoie à un truc compliqué ?

Aux absences que t'as beaucoup, quand même ?

Oui, peut-être, oui. Enfin non, ça fait un peu peur.

Avec les enfants.

Même si je suis pas là,

j'essaye d'appeler presque tous les soirs.

Elle a envoyé un appel au secours, un warning.

Montre que tu l'as entendue. Il s'agit pas de tout révolutionner.

Ça peut être tout petit.

Pose-lui la question.

"Je pense à toi", "Tu m'as manqué, la semaine a été longue".

- Ça serait bien ça. - C'est super.

Les femmes adorent ça.

Elle te plaît la bagnole louée ?

Oh, écoute... Pas mal.

Je peux te faire jouir simplement comme ça.

On essaie ?

Comme ça ?

Lalalala

Lalalala

Bienvenue chez Super Q.

Je suis Aurore, votre hôtesse de caisse.

Je suis là pour vous assurer une expérience optimale en magasin.

Je sais pourquoi vous êtes là.

Vous aimez manger des melons...

en hiver.

Oh ! C'est pas bien.

Vous voulez absolument manger

des poires en avril.

C'est terrible, oh là là.

Mmm.

Chez Super Q,

c'est possible grâce aux OGM,

Organismes Génitalement

Mouvementés.

Vous accepteriez de la tenir ?

Je suis rapide. À tout à l'heure.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Dépêche.

- Y a Benjamin. - Putain.

- C'est ton frère ? - Son mec.

- Qu'est-ce qu'il fout là ? - Je sais pas.

J'y vais.

- Je le prends en salon. - Ça va pas !

Tiens.

Je me calme.

C'est pas un salon de massage ici.

On est là pour regarder.

Alors, monsieur,

un petit salon ?

- T'es là ? - C'est ça, ton boulot ?

Je fais la caisse.

C'est pas aussi chic que le théâtre.

Tu fais quoi ? Tu viens voir le spectacle ?

Non.

Je t'ai suivie.

Depuis un moment, je te trouve un peu...

changée, enfin bizarre.

Je sais pas ce qui m'a pris.

Je croyais que tu me trompais.

Monsieur, Mia ne fait que la caisse et un peu de ménage.

Pablo, c'est mon copain.

Eh, c'est ta copine ?

T'en as de la chance. Elle a des fesses...

magnifiques.

Je vais chercher mes affaires. Tu m'attends dehors ? Tu m'attends.

Surtout touchez à rien, c'est très précieux.

C'est du parfum ?

Enlevez votre jupe.

Très bien.

Par laquelle je commence ?

Laisse-la !

Le mec a pas donné son numéro. Il était pas net.

Tu dis rien sur ta vie sentimentale.

Comment ça ?

Je vois que tu es dans la lune, ailleurs.

T'acceptes n'importe quoi.

J'ai quelqu'un de marié.

Ah...

- Il faut pas en souffrir. - Pas du tout.

C'est juste que...

J'ai pas de nouvelles, j'appelle et ça décroche pas.

Arrête, c'est pour lui que c'est compliqué.

Toi, t'es libre. T'as rien à te reprocher.

T'as quelqu'un ?

Non, ça fait longtemps que j'ai pas fait l'amour gratuitement.

Coucou.

Non, y a la petite.

- Ça va ? - Oui.

Et Benjamin ? Tu vas pouvoir continuer ?

Il me surprendra toujours.

Il l'a pas mal pris, il a demandé un numéro privé.

- Maman, j'ai soif.

- Quoi ? - J'ai soif.

- Mince, j'ai plus d'eau. - J'en ai.

Merci.

C'est Manon, ma copine.

Eh ben voilà, c'est Ève.

- Dis bonjour. - Bonjour.

- Je suis très contente.

Tu parles japonais ?

Ouais, c'est moi. Tu veux que je dise des trucs ?

Oui.

- Alors... - Bonjour.

Konichiwa, Eve.

Comment on dit nez ?

- Le nez ? - Oui.

- Hana. - Et bouche ?

Kuchi.

Et oreille ?

C'est trop mignon. On dit mimi.

Bonjour.

Allez-y.

Quand ma mère nous emmenait là où elle était femme de ménage.

Elle travaillait, nous restions dans la cuisine.

Nous entendions sa patronne lui demander telle ou telle tâche,

lui adresser compliments et reproches.

Un jour, lui disant :

"On ne peut pas vous faire confiance."

Et ma mère arrivant en larmes

dans la cuisine.

Nous étions effarés de son état.

Le dégoût que j'éprouve encore,

ah, ce ton de voix,

pour ce monde où l'on humilie

et la haine que j'ai conservée pour les rapports de pouvoir

et les relations hiérarchiques.

Pourquoi moi, qui ai tant écrit sur la domination,

n'ai-je jamais écrit sur la domination sociale ?

Pourquoi moi qui ai tant éprouvé la honte sociale,

la honte d'où je venais,

quand à Paris, j'ai connu des gens si différents,

à qui souvent je mentais sur ces origines de classe,

ou devant lesquels je me sentais gênée d'avouer ces origines.

Pourquoi n'ai-je jamais abordé ça

dans un livre ou dans un article ?

Bravo, bravo, bravo.

Si j'ai le concours, je t'emmène en voyage pour fêter ça.

- Tu partirais avec moi ? - Oui.

Tu portes bonheur.

- Attends, t'es sûre ? - Ça me fait plaisir.

Bravo.

Merci. Oh, j'ai faim.

- Y a plein de trucs. - Bonjour.

- Je t'en prie. - Bienvenue à la maison.

Mais du coup, si t'es prise, t'arrêtes le strip, non ?

Arrête avec ça.

Pour ta carrière, ça peut être problématique.

Je fais pas du porno non plus.

Certes, certes,

mais si tu réfléchis,

pour les Oscars, c'est pas le meilleur truc de la terre.

Non ?

- On n'a plus de pinard. - Oh, non.

Si, j'ai une bouteille. Je sais pas ce que c'est.

- Un ami me l'a offerte. - Elle est bien.

Elle est très bien. Je vais ouvrir ça.

- À part le strip, tu fais quoi ? - Et toi ?

Je fais de la physique théorique. J'étudie les saveurs.

Génial ! J'adore manger.

La cuisine moléculaire, c'est ça ?

Pas vraiment.

La saveur en physique, c'est ce qui permet de distinguer

les particules, les quarks, les plus petits trucs qui existent.

Il y a 6 types différents : up, down, strange, beauty.

C'est tellement poétique.

- J'aimerais en faire un numéro. - Up, down.

Exactement.

- Et le truc avec le charme ? - Le quark charmant.

- Le quark charmant ? - Tout à fait.

C'est les particules étranges, celles de beauté arrivent après.

- Du coup, tu fais quoi ? - Elle fait de la géo.

Ouais, enfin là, j'arrête ma thèse.

L'enseignement, franchement, ça me dit pas trop.

Ça se comprend. Mais t'as un but dans la vie ?

Laisse-la.

C'est quoi cette manie de projet de vie ?

On a pas de vodka ?

Si, si, si, dans le...

dans le congélateur, je crois.

Attends, j'arrive.

Mais je crois que...

que Benjamin a un truc en tête.

- Ah bon ? - Ouais.

Ça te dirait qu'on te fasse un petit numéro ?

- Ça se refuse pas. - Non.

- On dirait mon père. - Il est pas sympa ?

On est tellement excitées de ce week-end avec toi.

Je suis désolé, j'avais vraiment envie, mais j'ai trop peur.

On arrête.

- Quoi ? - Je veux plus.

C'est dommage.

On a refusé un contrat pour être avec toi.

- C'est vrai. - On est déçues.

Je paye ce qui était prévu, pas de problème.

- Merci, t'es un amour. - Merci.

On avait dit 2 000 ?

Oui.

Chacune ?

Merci.

- Tu t'en vas ? - Oui.

- À une prochaine. - À bientôt.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Vous avez du feu ? - Oui.

Merci.

On se connaît ?

Tu veux un selfie ? On est en train de répéter.

Non, non, mais je vous ai déjà croisé

à une fin de tournage, avec une amie et...

qui adore votre travail.

T'es là ?

Arrête de la voir.

J'ai payé, tu vas m'écouter.

Je m'occupe d'elle matin, midi et soir.

Je l'aime correctement. Ça fait 5 ans que je prends soin d'elle,

nuit et jour.

Tu lui as demandé ?

Pas pour la fête.

Je m'occupe de sa fille.

Tu l'as jamais vue, toi. Je la vois tout le temps.

- Je la connais. - Ta gueule !

Tu fermes ta gueule !

T'arrête de la voir !

- Camelia m'a dit pour Marlène. - Alors ?

Elle est à Macao.

Elle fait mère porteuse pour des pédés super riches.

C'est trop bien,

elle porte la vie.

- Des bougies ! - Mets pas le feu à tes cheveux.

- Oh, ça va ? - Oh, merci, c'est gentil.

- Qu'est-ce que c'est ? - De la part de Mia et moi.

- Ouah ! - Un porte-bonheur égyptien.

Oh, c'est trop mignon. Merci, merci.

- Ça va bien t'aller. - Dis merci à Mia pour moi.

C'est sa semaine off ? Elle va pas venir ?

Tu vas pas faire la gueule ?

J'ai des problèmes d'appart.

- OK. - J'aurais bien voulu qu'elle soit là.

Ah oui,

tu viens que pour la voir.

T'es lourde. Chacun fait ce qu'il veut.

C'est clair. Donne un bonbon.

Bouffe pas tous mes bonbons.

Ça doit être chaud de la voir avec son copain, non ?

Ferme ta gueule ! Espèce de connasse !

Il est grand.

Oui.

J'ai eu des rêves trop grands.

Y a de la place pour un enfant.

- J'ai rien demandé. - Moi non plus.

Je te demande pas de quitter Benjamin.

Mais je pensais...

Si t'as besoin de prendre du recul.

Voilà, ici, y a de la place pour toi, pour ta vie.

Qu'est-ce que je suis conne !

Mais pas du tout.

Pas du tout.

Moi aussi, j'y pense. J'y pense sérieusement.

Je voudrais qu'on soit ensemble.

Faut que t'arrêtes de faire la pute.

Quoi, il faut ? Mais c'est quoi, le problème ?

Attends, j'ai eu un an de loyer en 2 mois.

Je peux pas arrêter. J'ai pas envie d'arrêter.

Alors, je peux pas quitter Benjamin.

Arrête de faire ta coincée.

Si, je suis coincée, en fait.

- Ça va te marquer à vie. - Je suis une fille perdue ?

Ça va polluer tes relations.

Vendre son corps, c'est le dernier degré

de soumission, ça me rend dingue.

On va plus se voir.

Pourquoi ? Tu reprends ta thèse ?

Non, mais j'ai rencontré quelqu'un.

Je commence à y croire.

Qu'est-ce qu'il a de plus ?

C'est une fille.

Non, non, j'ai rendez-vous avec elle.

Je l'ai eu !

- Tu te rends compte ? Je l'ai eu. - Bravo.

Ça vous plait les glaces ? Tu sais que j'adore

le multifruit, toutes les saveurs.

Tout l'été, tu vas nous rafraîchir.

- T'as une glace favorite ? - J'ai aimé pamplemousse.

OK, et toi, Mia ?

Framboise.

Mia, tu veux le 06 de ma voyante ? Ça aide.

- Au point où j'en suis. - Dis pas ça.

T'es la plus grande actrice du club,

à chaque fois je me dis que c'est excellent.

C'est trop mignon.

Ça va aller.

Salut. On bosse pas ?

Les plus belles filles et pas de client.

Je suis là, moi.

Aurore, une petite glace à sucer avec nous ?

Non, ça va.

Je vais me changer.

Pourquoi tu me réponds plus ?

Écoute...

C'était lui qui était là pour te consoler... pas moi.

Pleure pas.

Si on se sépare, on peut plus être amies.

Tu sais pas ce que c'est d'aimer 2 personnes.

Une, c'est déjà trop.

Dis pas ça.

J'aimerais que tu trouves quelqu'un de mieux, de vraiment bien pour toi.

T'as rien compris.

Je m'en fous de quelqu'un.

C'était avec toi mon projet,

pas être avec quelqu'un.

Pardon. Je sais pas choisir. Je sais pas ce que je veux.

Viens, viens, viens.

Même si c'est la dernière fois.

En piste, les filles.

Regarde qui est là.

Tu sais,

il n'y a rien de pire que d'être une femme libre,

une femme libre sans rien à faire.

Je suis immorale malgré moi.

Je suis immorale, Platonov, c'est pour ça que je t'aime.

Parce que je suis immorale,

je finirai mal.

Les femmes comme moi finissent mal.

J'aurais dû être professeure, directeur de je ne sais quoi.

On m'aurait mise diplomate.

J'aurais retourné le monde.

Une femme libre

et qui n'a rien à faire,

qui ne sert à rien donc.

- C'est bon ? - Oui.

- C'était quoi ce bordel ? - C'était Platonov de Tchekhov.

Le mec n'est pas venu ici pour entendre des "tonterias".

Il t'attend en salon.

C'est pas facile de voir celle qu'on aime comme ça.

Je suis arrivé parce que je connaissais une danseuse, mariée.

Pendant 10 ans j'ai attendu,

mais finalement, c'est lui qu'elle a choisi.

L'autre avec ses insultes racistes, il fait trop flipper.

- J'ai pas le choix. - On a toujours le choix.

La petite bourge, tu me parles pas.

- J'ai pas papa et maman derrière. - Tu te calmes.

Moi non plus, et je prends pas les pervers !

Forcément, tu fais la pute.

J'ai tout dit, tu vas te faire virer.

C'était comment le salon ? Bravo meuf ! Tu l'as ensorcelé.

Il est connu. Il a fait des pubs.

Il va t'arranger des plans.

Je suis trop contente pour toi !

Tu le mérites tellement.

Je savais que tu reviendrais. On a trop le sens des affaires.

J'ai cru que ça se terminerait jamais.

On pourrait monter les prix,

faire des heures sup' majorées. Pas pour les habitués.

T'as pas peur qu'on trouve plus de clients ?

On va choper ceux qui ont plus de thunes.

- C'est pas possible plus de thunes. - Si, si.

Regarde qui est là.

Aurore ? Ça alors ! Qu'est-ce que tu fais là ?

J'aime bien l'inviter. On adore l'ambiance.

Vous étiez au club.

- Oui. - Je me souviens de vos numéros,

avec des billets.

Bonne mémoire.

Le club, d'ailleurs,

depuis que t'y es plus, c'est plus pareil.

J'y vais plus du tout.

C'est fou de te croiser.

Je peux parler devant Elody ?

Elle peut tout entendre.

J'aimerais te faire un cadeau, un beau.

J'ai pensé à quelque chose.

Ça te dirait d'aller au Japon ?

Tu veux m'emmener ?

Oui... Enfin non. Je veux que t'y ailles toute seule,

pour avoir du temps, te reposer.

Oh, la chance.

Ce serait extraordinaire.

Dingue !

C'est inespéré.

- C'est vrai ? - Oui, oui.

Et après,

on se reverra.

Tu me raconteras.

- Bonjour. - Bonjour, un petit salon ?

Non, merci.

Je viens pour une jeune fille

que j'ai vu la dernière fois,

qui récitait du Tchekhov.

Je suis comédien, je prépare mon 1er long.

Mon 1er film. Je cherche une actrice.

C'est pas un club de rencontre, vous savez ?

Qu'est-ce que vous croyez ?

D'accord. Vous pouvez lui remettre ?

Ça dépend.

Vous voulez un ticket ?

Salut.

Tu pouvais pas m'appeler. On se prend un petit salon ?

Non, c'est pas pour faire l'amour avec vous.

C'est professionnel.

Tiens, lis-le, et si ça te plaît, rappelle-moi.

On fera un essai.

Ce rôle est pour toi.

J'ai mis mon numéro.

Merci à ta copine

de m'avoir invité à votre spectacle.

Salut.

Oui, Aurore, c'est moi...

Rappelle-moi. Rappelle-moi quand t'as ce message.

J'ai un truc à te dire.

À mon seul désir

À mon seul désir

À mon seul désir

À mon seul désir

Reste avec moi Ne t'en va pas

Même si c'est un peu maladroit

Ce n'est pas juste une aventure

Aussi brève qu'un claquement de doigts

Je le sens jusqu'au fond de mes tripes

Tu comptes bien trop, bien trop pour moi

Si je m'en vais, c'est à regret

Ton souvenir gravé en moi

Je t'aimerai toujours

Je t'aimerai toujours

Je t'aimerai toujours

Je t'aimerai toujours

Aurore n'est jamais rentrée. Elle a réussi sa disparition.

Pas de conte de fées, pas de mari, pas de signe de retour.

Certaines l'ont crue morte, des clients l'ont réclamée

et remplacée par des nouvelles.

Aurait-t-elle fait une mauvaise rencontre ?

Je n'ai pas de morale pour cette histoire.

Sortez, les filles, vos limites vous appartiennent.

Ce n'est pas pour ça qu'on vous retrouvera au fond d'une malle.

- Mia ! - Mia, tu nous as manqué.

Mia, ma belle.

Tu te prépares.

- Tu nous rejoins en bas ? - Oui.

Pourquoi t'es restée là-bas ?

Je voulais un pays où t'existais pas.

T'as rencontré quelqu'un ?

Quelqu'un, oui.

Enfin... quelques-uns.

Je t'ai eue comme 1er amour.

J'y ai pris goût, j'ai eu envie de recommencer.

Ma bonne fée.

Pour jouer vrai, je pense à toi.

Quand j'ai pas l'inspiration, je pense aux moments ensemble.

Ça revient toujours.

Pour finir ce show spécial,

à la veille de ta retraite bien méritée...

Nous t'avons réservé une surprise.

Oui, j'ai collecté les histoires de chaque fille

et j'aime les raconter...

à ma manière.

Mais il y en a une dont tu ne connais pas la fin,

la tienne.

Vous m'aviez crue quand j'ai dit

qu'on ne trouvait pas d'amour ici ?

L'amour, on le cherche, le perd et le retrouve.

Le grand, le petit,

la tendresse, tout ça, pousse

comme une mauvaise herbe, dans les recoins les plus inattendus.

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