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[ Discours à l'intérieur ]
- ...qui ne se satisfait plus de toute cette chair
à volonté et sans saveur...
qui a d'autres appétits,
d'autres désirs que se laisser...
Dany nous revient reposé,
plus en forme que jamais, toujours
avec ce style... unique,
je dirais provocateur, qui continue
de mettre la littérature en état de choc.
Dans ce nouveau roman, encore une fois, Dany étudie les nouveaux rapports
entre les démunis et les plus nantis de la planète.
Cette planète ou le rêve américain
est devenu un slogan de restauration de deuxième ordre...
"All you can eat !" Ha ! Ha ! Ha !
Trêve de présentation.
Avec ce nouveau roman, Dany Laferrière nous offre une fois de plus
un savoureux cadeau de Noel.
Alors, sans plus tarder, un très grand écrivain... - Bonjour.
- Et surtout, surtout,
un grand ami. Mesdames et messieurs, Dany Laferrière.
- Allô. T'étais ou ? - Ha, ha !
- Comme Christian a déjà tout dit,
je ne veux pas gâcher votre party avec un discours.
Alors, bonne lecture, Joyeuses Fêtes,
et bon appétit ! Et merci d'être venus !
- Réjeanne Comtois. - Enchantée !
- Dire que la semaine prochaine, c'est moi qui vais remercier mes invités
au lancement de mon 1er roman. Tout ça, grâce à toi. - Tu me donnes trop de crédit.
- T'es le seul agent littéraire en ville qui a accepté de prendre mon roman.
- En tant qu'ami, j'avais pas trop le choix.
- Ho ! Ho ! Merci beaucoup, c'est gentil !
Pour le réveillon, j'ai pensé faire de l'oie aux marrons. Qu'est-ce que t'en penses ?
- Mmm ! Si t'avais de la moustache, je t'épouserais !
- Hum ! Si j'avais de la moustache, je la raserais. - Ha, ha, ha !
- Viens-tu toujours avec Bao Wong... - Oui !
- ...ton nouveau dieu grec vietnamien. Oui ! Toi, Bao,
Mireille, son chum, Sylvie, son ex,
moi toute seule, ça fait 7.
- Huit, avec Xavier, le frère de la belle-soeur de Bao.
Un beau grand brun...
- J'ai assez de stock pour le temps des Fêtes : j'ai un livre, puis un lancement.
- Mais pas de chum. Un journaliste. Ton genre.
En tout cas, presque ton genre.
- J'ai passé la moitié de ma vie à aimer des gars qui étaient presque mon genre.
Ils m'ont laissé un passé pis un livre. On est quittes.
- Tu jugeras par toi-même. Justement, il est supposé venir faire un tour ce soir.
- Champagne ! C'est sûr qu'à mon lancement, ça va être beaucoup plus modeste,
il va y avoir beaucoup moins de critiques. De toute façon, personne me connaît.
Ha, ha, ha ! Anyway, ils sont juste bons
à descendre les drinks au lancement, puis les livres après.
- Au moins, ils sont décoratifs. Vous autres, les auteurs, vous êtes pas montrables.
Dans les partys, vous avez votre place réservée en dessous de la table.
- Ha, ha, ha !
- Les critiques.
- Des parasites qui font leur réputation en détruisant celle des autres.
Ah, fuck ! Pas lui !
- La Gestapo du bon goût et son petit chef, Félix Legendre.
- Viens-t'en, on change de paysage.
- Je le prends pas que la Laferrière soit parti avec Luc Côté.
Il est aussi "overrated" que lui. - Ha, ha, ha !
- Il y a plus moyen de faire une vraie critique sans passer pour un cynique.
- Ah ! C'est de la pensée positive totalitaire.
- Non, non, non ! C'est de l'optimisme intégriste.
- Oh !
- Tu l'as pas invité à mon lancement, lui, j'espère !
- Je lui ai même pas envoyé ton livre.
- Good ! Avec les gros noms qui sortent ces temps-ci, il y a pas de danger qu'il tombe dessus.
Lui, il m'a descendue une fois. Pas 2.
"Entonnoir IV, une pièce en 4 actes, qui en a 3 et demi de trop."
- Ha, ha ! C'est vrai que c'était pas vraiment bon, hein ! Je veux dire, la critique.
- Hum. Un derby de démolition. Après que le maître à penser se soit prononcé,
les autres critiques m'ont achevée comme une horde de pit-bulls sur l'ecstasy.
- A écouter les créateurs, on est des tueurs en série, des pique-assiettes de la culture.
De toute façon, je ne veux plus parler de ça, c'est complètement "out" comme sujet.
- Ah, les artistes ! Des jaloux !
Dans le fond, ils voudraient tous être critiques ! Ha, ha, ha !
- Les 3/4 devraient arrêter de créer,
puis s'ouvrir un bed & breakfast.
- Excuse-moi, c'est pas moi qui ai écrit ça ?
A propos de qui, à part de ça ?
- De toute façon, s'il fallait que tu te souviennes de tous ceux que tu descends...
- Ha ! Ha ! Ha !
- A cause de lui, ma pièce de théâtre a pas "toffé" 3 jours,
j'ai perdu mon chum, ma subvention pour mon livre, puis j'ai gagné 20 livres.
Christian ! Mon cher éditeur !
- Hé, la belle Céline ! Ha, ha !
Mmm ! Toujours aussi ravissante, hein ?
Alors, euh... Ca va, toi ?
T'es... pas trop déçue ?
- Déçue de... Déçue de quoi ?
- Avec les gros noms qui sortent leur livre dans le temps des Fêtes,
ton roman se serait noyé dans la masse. La maison a décidé de--
- De reporter.
- Non, de l'annuler. Je sais, c'est...
c'est décevant, mais...
Ecoute, tu n'auras plus besoin de stresser avec ton discours.
Hein ? Ha, ha, ha !
Inquiète-toi pas, ton roman va être dans toutes les bonnes librairies
dans quelques jours. Euh...
Ah oui ! Oui... J'ai oublié ça. Je cherchais ton numéro de téléphone, aujourd'hui,
parce que j'ai une petite pige pour toi. Tu devrais contacter Louise
au magazine Le Compagnon de Route : un petit reportage sur Nez rouge.
Exactement dans tes cordes, ça. Hein ?
Ha, ha, ha ! - Christian ?
- Ah ! Eh my ! Excuse-moi. Il faut...
Je dois...
Ha ! On s'appelle, hein ? Ha, ha, ha !
- Je l'ai appris juste avant de venir ici.
Je voulais pas gâcher ta soirée.
- Un reportage sur Nez rouge ! C'est supposé me consoler, ça ?
J'ai même pas de char !
Annulé !
[ Soupir d'impatience ]
- C'est pas des critiques qu'on nous demande, c'est des suggestions de cadeaux de Noel.
- Hé ? Une auteure...
- Beau petit cul, en tout cas.
- Pfft ! Les filles !
- "Beau petit cul, en tout cas !"
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
Bon !
Shit ! - Bonne soirée. [ Coup de sirène ]
- Shit ! Shit ! Shit !
Fuck ! Fuck ! Fuck !
Gomme, gomme, gomme, gomme !
[ Râlements étouffés ]
[ Soupirs ]
- Bonsoir, ça va bien ?
[ Il tousse. ]
[ Toc ! Toc ! ]
- Bonsoir, monsieur.
- [Mal articulé] : Bonsoir.
Bonsoir.
[ Il tousse. ]
- Avez-vous consommé des boissons alcoolisées, ce soir ?
[ Il tousse. ]
- Moi ? Non.
Oui, mais... juste un peu.
J'ai vaporisé... de l'antigel...
dans la bouche. Et
le sapin... c'est bizarre,
je vous le concède.
C'est pas du tout ce que vous pensez.
- De l'antigel, hein ? [ Toux ]
Eric ? Apporte la balloune ! - C'est beau, j'arrive. - Bien oui.
- Si vous voulez bien vous tasser sur le côté, S.V.P., monsieur.
- Voyons, Mme l'agent, je n'ai pris que quelques verres de vin--
- Sur le côté, S.V.P., monsieur.
- Certainement, absolument, excellemment. De ce pas, je file.
[ Toux ]
- Paul ! C'est Félix.
Qu'est-ce que tu fais ? On comparaît dans 10 min, mon vieux !
Pardon ? Quoi ?
Com... Comment ça, tu peux pas venir ?
Non, pas de... Non ! Non, je ne veux pas personne d'autre.
Je m'en fous qu'il soit brillant ! Tu peux être sûr
qu'on va s'en reparler ! Bien, c'est ça !
- Félix Legendre ! Je suis le remplaçant de Me Poupart, de la firme Poupart,
Bonin, Veillette et associés. Léon. Hein !
Premier client !
- Paul m'a dit que vous veniez tout juste de passer votre barreau.
- Oui, oui ! Mais fais-toi-s'en pas avec ça ! J'ai de l'expérience, moi,
dans le règlement de conflits ! J'étais gérant de magasin de jouets, avant.
- Ah bien, on est corrects !
- Si tu savais le nombre de chicanes puis d'infanticides
que j'ai évités à certains parents ! Ha, hi, hi !
- C'est parce que moi-- - Hein ! - J'ai été arrêté par la police !
Pas par Spider-man. - Ah, bien non !
- Je peux pas croire que je paie le tarif d'avocat le plus cher en ville
pour être défendu par un ancien gérant de magasin de jouets.
- C'est pas grave ! Tu me paieras en argent Monopoly. Hi ! Hi ! Hi !
Non, mais sérieusement, je vais te coûter juste moitié prix. Ecoute, je suis stagiaire !
- Hé hé ! M. Léon ? - Oui. - Prenez pas ça personnel--
- Bien non, jamais de la vie ! Qu'est-ce que tu penses là, toi ?
- Mais je vais rentrer là-dedans tout seul et je vais demander une remise de comparution.
- Bien oui, mais là, écoute bien. C'est le juge Godbout.
Tu sais qu'il en est à sa 7e année aux A.A. C'est le temps des Fêtes,
c'est une période bien "touchy", ça, pour un ex-alcoolique.
Tu peux toujours demander une remise de comparution,
mais laisse-moi te dire une affaire, il te manquera pas, lui, la prochaine fois.
Fait que, laisse-moi ça entre les mains.
Ca va très bien se passer ! Hi ! Ha ha !
- Et c'est pour ça, Votre Audience,
qu'il faut absolument tenir compte du taux d'alcool
contenu dans les petits sapins verts qui vont sur les miroirs d'auto--
- M. Legendre ! - ...ainsi que sur le dégelant à serrures.
- Monsieur... Legendre !
Si j'ai besoin de votre opinion, j'aviserai.
- Je vais être ici.
- Je vois aussi que vous avez déjà été arrêté pour avoir
insulté les comédiens en pleine représentation ?
- Votre Honneur, si je peux me permettre, pour l'incident des comédiens, j'étais sobre !
Par contre, leur jeu à eux l'était un petit peu moins.
Ha ! Ha ! Ha !
Jeu sobre...
jeu sobre...
- Ca va. J'ai compris.
Savez-vous, jeune homme, qu'en plus de vous retirer votre permis,
je pourrais vous envoyer en prison
pour vos jokes plates.
- Non, euh...
Je ne savais pas ça, Votre Honneur.
- Il sait pas, lui, comment ils traitent les critiques, en prison.
- [Cri nasillard] : Votre Honneur !
Votre Honneur,
compte tenu du travail de mon client,
qui doit se déplacer constamment et partout
pour suivre des événements culturels, je pense
qu'une sentence sévère
aux travaux communautaires à Nez rouge serait beaucoup plus efficace
pour la réhabilitation de mon client, ici présent, Votre Honneur !
- Tsst !
[Voix basse] : Viens ici !
- Hein ? [ Marteau de juge ]
- [Voix basse] : Moi, pour le temps des Fêtes, j'avais prévu aller retrouver
mes parents en Martinique ! [ Marteau de juge ] J'hais Noel !
- Maître ! - J'hais ça !
Le magasinage, le monde qui courent partout, les décorations
de Noel, les films de Noel, la musique de Noel--
- Maître !
- Sentence assortie,
il va sans dire Votre Honneur, à l'obligation d'installer
un détecteur d'alcool sur le démarreur
de la somptueuse voiture de mon client.
A ses frais, évidemment.
- Bon. D'accord. Trois ans.
- Hein ?
- Trois ans d'antidémarreur et de Nez rouge.
[ Coup de marteau ] Suivant !
- Pas pire, hein ? Es-tu content ? Hein ?
Ha, ha, ha !
- Trois ans à souffler dans un antidémarreur !
- Bien, ça, dis-toi que c'est moins pire que de passer le reste de ta vie
à souffler dans un tube pour faire avancer ta chaise roulante.
Sapristi ! Il va falloir que j'y aille, moi. On se revoit mardi prochain à Nez rouge,
au guichet du Stade olympique, O.K. ? Tu sais que je suis bénévole, là.
On pourrait faire équipe ensemble, hein ? C'est le fun, hein ?
Hi ! Hi ! Hi !
Premièrement, faut toujours que tu portes ton dossard. Là, toi, tu peux pas chauffer,
parce que... t'as fait sauter la balloune ! - Chut ! Chut ! Chut !
- T'étais chaud ou t'étais pas chaud ? - J'étais ivre !
- Bon. Ivre, ivre, tant que tu veux. Mais toi, tu vas être accompagnateur,
pis moi je vais être raccompagnateur. Ca, ça veut dire que moi,
faut que je t'amène, toi pis ton chauffeur, au client.
Là, vous autres, vous le ramenez chez eux, dans son char à lui,
pendant que moi je vous suis. Là, quand vous avez fini,
je vous repogne dans mon pick-up jusqu'au prochain call.
Hein ! T'as compris, là ? - Oui, Léon.
Ils m'ont tout expliqué ça, tantôt, quand je me suis inscrit.
- Non, mais tu sais des fois, juste au cas. Et donc quand vous avez un client,
il y a une fiche, ici. Il faut inscrire son adresse. Ca, c'est... Hé !
C'est très important ! Très im-por-tant ! Donc, l'adresse. - O.K.
- Bon. Tu mets la feuille du côté gauche. A ta gauche.
- Oui. - Comme ça. - Oui.
- Et puis ici, il y a une petite enveloppe. Ca, c'est pour les dons en argent à Nez rouge.
Hein ! Les dons en argent. On peut te faire confiance, Félix ?
Hein ? Hi ! Hi ! Hi !
Tu mets la petite enveloppe ici, à gauche.
C'est tout, je crois bien. Hein ! - Non. Mais non. T'as oublié : le vomi, je le range ou, lui ?
- Dans le petit sac à surprises, ici.
Si t'es assez vite ? Hi ! Hi ! Hi !
Bon, bien, c'est à peu près tout. Tout ce qui nous manque, c'est un chauffeur.
Eh, qu'on va avoir du fun !
Du gros fun ! Hi ! Ha ! Ha ! Ha !
- Oui. Attachez-moi, quelqu'un !
- Salut... Viens-tu souvent ici ?
- Non.
- Moi, je suis un pilier dans la place. Tout le monde me connaît.
S'il y a un problème, ask Stéphane.
- O.K. - Chauffes-tu, toi ?
- Oui. - Good ! Good ! - Bonjour !
- Moi, ils m'ont suspendu mon permis. Ha !
Une niaiserie ! Un U-turn dans le tunnel Hyppolyte-Lafontaine !
[ Rire débile ]
- Celui qui m'a arrêté, il était un petit peu zélé, là.
As-tu une équipe ?
- Euh... Oh !
- Non, non. Ca va.
Céline ? Céline Bourgeois ?
Céline Bourgeois du magazine... Le Compagnon de Route ?
- Oui. - Enchanté ! Léon. - Bonjour.
- Euh... Justement, Louise, ta rédactrice en chef, me disait
que tu fais un article sur Nez rouge. - Oui.
- Ca tombe bien ! Finalement, on cherche un chauffeur.
Ca te tente-tu de faire équipe avec nous autres ?
- Mais, certainement. - Ca pourrait être le fun, hein ? - Bien oui... oui !
- Ouais, mais les équipes à Nez rouge, c'est des "threesome".
- C'est correct, c'est correct mon Stéphane. On a déjà notre 3e coéquipier. On l'a déjà. Hein !
- Bonne soirée. - Merci.
- Félix !
- Ah non ! Pas lui !
- Euh... Céline, Félix.
Félix, Céline. C'est notre chauffeur !
- Enchanté !
- Ah, excuse... - Ah !
- C'est le fun, hein ? Céline écrit un article sur Nez rouge pour Le Compagnon de Route.
Ha, ha ! Oui ! Pis, tous les 2, c'est la 1re fois
que vous venez ici. Hein !
Lui, il s'est fait pogner-- - Hum ! Hum !
- ...dans... dans... Bon. Dans un magasin de jouets,
ou je faisais du... du recrutement.
Ha ! Bon, bien, je pense que... je vais aller chercher nos équipements.
- Bonne idée.
- Ca sera pas long. Ha ! Ca sera pas...
- Félix Legendre, c'est le.. le célèbre critique culturel, c'est ça ?
- Tu l'écoutes ? - Je t'entends ! Ha, ha !
Forcément, tu passes avant la météo ! Ha, ha, ha !
- C'est pour ça que la météo a d'excellentes cotes d'écoute.
- Hum...
- Bien, euh... Le Compagnon de Route,
c'est les Editions du Soleil, ça.
- Hum, hum. - Ca me surprend qu'on se soit pas vus
au lancement l'autre soir.
- J'étais là. T'as même dit que j'avais un beau cul.
- Ah, je...
Je te replace pas ! Ha ! Ha ! Ha !
Ah...
T'es journaliste ?
- Oui, à la pige, pour des magazines féminins.
- On en reçoit toujours à la station. C'est quoi, ton nom ? Je t'ai peut-être déjà lue.
- Je suis sûre...
C'est Céline Bourgeois.
- Céline... Céline Bourgeois. Céline Bourgeois, Céline Bourgeois...
Non. [ Elle s'étouffe. ]
- Ecoute, je suis désolé.
- Ca va bien, nos affaires !
Hon ! Hon !
On a déjà un...
un appel. Euh...
Je pense à ça, là.
Une journaliste, un avocat,
un critique, ha ! Belle équipe de bénévoles !
A nous 3, on doit avoir assez de mauvais karma à brûler pour...
les 3 prochaines années. Hein ? Ha !
Bon, bien, je pense qu'on va y aller, hein ?
Viens-t'en ! On y va-tu ?
Chez nous, tout le monde fait du
bénévolat. Même les animaux font de la zoothérapie. Ha !
- Au prix que chargent les avocats, c'est une bonne façon de se racheter.
- On a tous une bonne raison de vouloir se racheter. Qu'est-ce que t'en penses ? Hein ?
Bon, je vais aller stationner. Je vais vous attendre de l'autre côté.
Quand vous aurez récupéré le char de la cliente,
vous repasserez devant moi pour que je vous suive. O.K. ?
[ Musique de danse ] - Il me semble, quelque chose de moins voyant !
On a l'air d'être partis pour la chasse au chevreuil !
- L'idée, c'est de se faire remarquer par du monde trop saoul
pour se reconnaître dans le miroir, pas faire des critiques de mode !
- O.K. D'après la fiche,
on cherche une jeune fille avec une doudoune jaune
et 3 boucles d'oreille.
- Ca nous aide pas bien bien.
- O.K., on va se séparer. Prends par ici,
je vais prendre par l'autre côté.
Excusez, excusez-moi.
- Ah ! - Excuse !
- Excuse-moi ! - Excuse-moi ! - Excuse-moi.
- Connaîtrais-tu ça, Nathalie Lachance, par hasard ?
- [Ivre] : Euh... Nathalie Lachance,
par hasard... Hé !
C'est moi, ça ! Ha !
C'est-tu moi qui vous ai appelés ?
- Je pense que oui. T'étais pas supposée porter une doudoune jaune, toi ?
- Euh... Bien, fuck ! Je l'ai mise à l'envers !
C'est pour ça que je trouvais pas mes gants.
Hé ! On va-tu ailleurs ?
C'est plate, ici !
Wo ! Ca full tourne ! On dirait que...
On dirait que je vais être malade, genre !
- Tu peux-tu te retenir une couple de minutes, genre ?
- Bien, l'estomac, c'est pas une vessie, tu sais, comme...
- Tu l'as trouvée ? - Oui, tiens.
Il faudrait que tu l'amènes dehors, elle va être malade, genre.
- C'est parce que le vomi, moi, je suis pas capable !
- O.K., moi, juste les jokes de vomi, ça me donne mal au coeur.
- T'es cute, toi. - Merci !
- Bien, là, c'est parce que vous m'aidez pas fort.
- O.K. Wo !
O.K. ! Sur nos jambes ! O.K. !
- Aaah ! Ca fait du bien genre !
Bien, c'est ta soirée de chance,
c'est presque tout allé à terre.
T'en as juste reçu des petits mottons.
Avec du sel,
ça va tout absorber. Hé !
- Le sel, c'est pour le vin rouge !
- Ah !
Je pense que vais aller me refaire une...
- Fais donc ça !
- Je vais te nettoyer ça.
- J'ai souvent critiqué
des shows de mauvais goût dans ma vie, mais c'est la 1re fois
que je fais partie de la distribution, par exemple.
- Je suis désolée ! Je suis vraiment désolée !
Je pensais que c'était de l'eau !
- C'est pas grave !
- C'est 10$ pour la sangria !
- Je suis vraiment, vraiment désolée, Félix.
- C'est pas grave, ça peut arriver à tout le monde.
- A soir, j'ai fêté la fin de mes examens.
Je les ai tous coulés ! Ah !
Une chance que mes parents sont dans le sud...
Mes parents, ils sont dans le sud.
La pognes-tu ?
- Rue Lamoureux. C'est bien ici, ça.
- L'adresse ?
- Ah, merde !
Merde, merde !
J'ai oublié de prendre le numéro de sa porte.
[ Elle maugrée. ] Attends, attends !
Elle a dit : "Une petite maison blanche avec de la brique."
Ouais. Laquelle ? Elles sont toutes pareilles.
Je vais essayer de la réveiller.
[ Elle ronfle. ]
- Nathalie. Nathalie !
[ Elle marmonne. ]
Elle est dans le coma. C'est notre soirée ! On a perdu Léon, en plus !
- Bien là, il connaît le nom de la rue, il va sûrement retontir un moment donné.
[ Il soupire. ]
- Bon. On va la sortir, ça va sûrement la réveiller.
[ Il gémit en forçant. ]
Tu penses-tu que tu pourrais m'aider ? Parce que
c'est pesant, quand c'est imbibé, ces petites bêtes-là.
- Je voudrais bien, mais j'ai une tendinite.
- Ah bon ! O.K.
[ Cri d'effort ]
O.K. O.K.
O.K. Un petit peu d'aide, un petit peu sur nos jambes ! O.K. Ah !
Nathalie. Allô, Nathalie ! Es-tu là-a-a-a ?
- Bonjour, vous êtes bien chez Nathalie. Pfft !
Mais je ne suis pas là, en ce moment.
Mais laissez-moi un message, car mes parents sont dans le sud.
- Le sac ! C'est sûr
qu'il y a quelque chose dans le sac.
Ah-ha !
Télécommande de garage !
On va faire toutes les maisons, en commençant par celle du centre,
et celle qui s'ouvre, c'est la sienne.
Fallait y penser. Hé, hé !
Euh, je sais pas ce qui s'est passé.
Désolé, c'est pas nous.
Bonsoir.
- Bon. Si les parents de Nathalie sont partis dans le sud,
ils ont pas eu le temps d'installer leurs lumières de Noel, hein ?
Ca fait que... Nathalie...
habite ici. Fallait y penser.
- T'as raison, c'est ici.
- Allô ?
- Hé ho ! Il y a quelqu'un ?
- Allô !
[ Grognement ] Non, non, pas un chien ! Moi, j'hais ça, les chiens.
[ Le chien pousse de petits gémissements. ]
[ Le chien halète. ] - Il est cute !
- T'es un beau toutou ! [ Grognement ]
Comment tu t'appelles ? Ah !!!
[ Le chien grogne sauvagement. ] - Ahhh ! - Qu'est-ce que tu fais là ?
Oh ! [ Râlements agressifs ]
- Bien là, fais-lui pas mal ! - Ah ! [ Cris et grognements ]
- Oh ! - Tiens ! Fais quelque chose !
- Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ? [ Cri aigu ]
Ah !
[ Hurlement ] - Lâche-moi !
[ Cri de douleur ]
[ Gémissement ]
- Ca va-tu, Félix ?
- Bien oui. Ca va super bien. Tout est sous contrôle.
[ Sirène ] - Système d'alarme ! Nathalie !
Nathalie !
- Ah non ! - Ah non ! Ah non !
- Ca va ? Hi !
- Allô !
- Allô ! Hi ! Hi ! La cliente, elle est ou, elle là ?
- On le sait pas. - On le sait pas.
- Ah non ? - Non.
- Shit ! C'est la 3e fois que l'alarme part cette semaine.
- Ha, ha, ha !
- Là, je suis passée par le garage, pis je comprends pas, il était comme ouvert.
Wow ! T'es bien cute, toi !
- Moi, ça me fait rien, mais il faudrait peut-être arrêter le système d'alarme.
C'est parce que c'est énervant, hein ? - Ha !
C'est quoi le code, déjà ? - Hi, hi !
- Hé ! Toi-là, tu vas me lire
les 4 premiers chiffres sur le permis.
- Ha, ha, ha !
Ah ! C'est le 2... le 3... - Hum-hum.
- Le 0 et le 1. [ Elle râle. ]
[ L'alarme arrête. ] - Hé ! Ca fait du bien, hein ?
[ Grognement ]
- Mais c'est qui ça, c'est mon bébé !
- Belle petite bête ! Ca ressemble à ma descente de bain.
- Aie, aie, aie !
- Ouais ! C'est pas beau, ça.
Moi, ça me fait rien, mais si j'étais toi, j'irais me faire piquer contre...
la rage. Ha, ha, ha !
- Ha ! Ha ! Ha ! Il y a bien des artistes frustrés qui me l'ont déjà dit, celle-là !
- Ca doit, oui ! Ha, ha, ha !
- J'imagine qu'il y a bien des artistes qui aimeraient ça être à ma place, en ce moment, hein ?
- Bon, bien, il va survivre. - Excuse. - Bon. Après-demain,
tout le monde même heure même poste ?
- Tu peux compter sur moi. - Moi aussi. - Tiguidou. Hein ?
- Bon. Bien moi, je vais aller m'appeler un taxi.
- Bien voyons donc, un taxi ! Es-tu folle, toi là ? Félix va aller te reconduire, hein ?
Bien non, il est tard, c'est loin, il fait frette, c'est plein de fous sur la rue.
Ha ! Ha, ha ! Ha, ha ! Bien non ! Moi, c'était...
c'était... Je... je... je vais y aller, moi !
Justement, c'est sur mon chemin.
Exactement, c'est sur mon chemin !
- C'est pas un détour ? - Bien non, voyons,
un détour ! Ha, ha, ha ! - O.K.
- Mais c'est un détour qui me ferait plaisir si--
- C'est correct, j'embarque avec Léon. C'est beau !
Merci.
- Salut ! - Salut !
- Euh, tu me fermerais-tu la boîte, toi là, Félix ?
- Celle-là ? - Oui. Bien, oui, celle-là. Celle-là, oui.
- Ha, ha ! - Tu sais le genre qui a besoin d'une caisse de Préparation H
pour désenfler son ego. - Ha, ha, ha !
- Le cynique revenu de tout, sauf de lui-même.
- Ah ! Félix Legendre, dégoulinant de sangria ! - Ha, ha, ha !
- J'en connais qui auraient payé cher le billet pour voir ça, moi !
- Les vengeances, c'est comme les amours : les meilleures, c'est celles
qu'on n'attend plus. - Bien là, tu le crashes pas dans ton article, j'espère ?
- Bien là, je suis pas suicidaire. Je le mentionne même pas.
- S'il fallait qu'il fasse le lien entre ton livre, sa critique de ta pièce de théâtre
pis ses mésaventures, il pourrait être tenté de se venger lui aussi.
- Je te l'ai dit, il a même pas reconnu mon nom ! Anyway, s'il tombe sur mon livre,
il va le descendre pareil. Vaut mieux le faire payer tout de suite !
- Ha ! - Ha, ha ! - C'est good !
- Je sais que le pardon est à la mode,
mais personnellement, je pense que la vengeance va faire un come-back.
- Ah oui ! Je vois déjà la thérapie : "Retrouvez votre psychopathe intérieur."
Oublie-le.
- L'oublier ? Je sais que la critique fait partie de la game,
mais se faire dire que ton oeuvre est pourrie, pis qu'en plus tu devrais
te suicider en tant qu'artiste, c'est presque aussi destroy que de se faire dumper
par un gars en se faisant dire que non seulement t'es pas son genre,
mais qu'en plus, l'amour, bien, tu devrais oublier ça parce que,
franchement, tu fais trop dur.
O.K., je ne recommencerai plus.
- Tiens.
- Bien là ! Il aurait pu se forcer ! Prends ça.
Franchement !
- Mademoiselle ! Auriez-vous quelque
chose de léger pour offrir à une célibataire ?
- C'est la faute à Cupidon, la saga d'une jeune femme
qui enchaîne les amours catastrophe et les toasts
au Cheez Whiz léger. C'est excellent !
Les critiques sont unanimes !
- 29,95$ !
Mais il y a même pas 200 pages ! Ouf !
- Qu'elle prenne le bottin ! Il y a des pages, là-dedans, pis c'est gratis !
- Ha, ha ! S'il y a quelque chose qui monte pour tout le monde dans le temps des Fêtes,
c'est bien la tension nerveuse pis le compte de crédit.
- ...notre ami Félix Legendre qui a lu pour nous le livre Boule de neige.
C'est ça ? - Euh, je dirais plutôt "Boule-shit de neige", Jérôme.
C'est en fait un ramassis de clichés. Bon.
Une famille se retrouve à la maison de campagne en hiver,
est perturbée par une avalanche, chaque personnage, chaque membre de la famille en profite
pour exorciser des fantômes de l'enfance
du genre "Papa était jamais là." - "Grand-papa est un alcooligue..."
- Oui, et "Ma soeur s'appelle en fait Roger".
- Bref, rien de nouveau sous le soleil. - Malheureusement, les ficelles
de l'histoire sont grosses comme des amarres de bateau. Remarque, Jérôme,
ça faisait quand même changement des amours nécrophiliaques,
qui était le nouveau thème chéri de l'auteur...
Je veux bien croire que la fille est plus facile à cruiser, mais quand même... Ha, ha !
- Ha, ha, ha ! Plus facile de cruiser la fille !
- Parfait, merci. A la semaine prochaine.
- Il est aussi vache que d'habitude.
C'est dur de l'imaginer en train de faire du bénévolat.
- C'est vrai, ça. Qu'est-ce qu'il peut bien faire à Nez rouge, lui ?
[ Rires ]
- Coudonc, toi ! T'as donc l'air magané !
As-tu reviré une brosse avec un pitbull ? Ha, ha, ha !
- Non ! Un petit crisse de bâtard !
- Un bâtard ? Dis-le !
T'as rencontré une femme, c'est ça ? Ha, ha, ha !
- Peut-être.
- Ha, ha, ha !
[ Dring ! ] - Excuse-moi.
Oui, allô ! - Félix, c'est Céline. - Céline ?
- Je te dérange pas trop ? - Non. Non, non. Tu me déranges pas du tout.
- Ecoute, je cherchais un angle pour mon article
et je me disais que ça pourrait être intéressant d'avoir ton point de vue de critique
sur le bénévolat. Peut-être qu'on pourrait se rencontrer
un petit peu d'avance, demain au stade, si t'as le temps.
- Demain ?
Mais... est-ce que t'avais quelque chose de prévu ce soir ?
- Ce soir ? Euh...
Appelle ça des préjugés si tu veux,
c'est juste que je t'imaginais pas, toi, faire du bénévolat. Ha !
- Est-ce que c'est une façon polie de me dire
que les critiques ont une pompe à vinaigre à la place du coeur.
- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !
C'est bien dit ! Non, j'aurais cru que toi, Félix Legendre,
tu prendrais plus de distances face à ce genre de bonne action.
- C'est sûr que j'aurais plein de bonnes raisons de garder mes distances par rapport à ça.
A commencer par le fait que la business de la charité
est la principale cause de mauvais shows animés par des has-been.
- Et que le bénévolat encourage le désengagement de l'Etat.
- Il faudrait quand même pas confondre le bénévolat et le soulagement de conscience.
- Donc, toi, Nez rouge, c'est un engagement lucide.
- Lucide et discret.
D'ailleurs,
j'espère que ça te dérange pas, mais
je préférerais que tu parles pas de moi dans ton article.
- Ah !...
- C'est juste que je voudrais pas qu'un moment donné ça dégénère,
puis qu'on me harcèle pour faire le téléthon
de la paralysie des cheveux... Ha, ha !
[ Rire ironique ]
Tu m'excuses, une minute. Salle de bain.
- Salle de bain.
[ Rires à une autre table ]
Il doit pas se priver de homard souvent, lui.
[ Une femme glousse. ]
- Excuse-moi.
- Il y a pas de problème.
- Un petit peu de vin ?
- Non, merci. - Tu conduis ? - J'ai pas de voiture.
- C'est vrai, j'oubliais.
Moi, je suis en taxi.
- Ca évite de pratiquer la modération, hein ?
- De toute façon, s'il y a bien une chose dont on abuse ces temps-ci,
c'est du mot modération. C'a pas meilleur goût, ç'a pas de goût pantoute.
Des artistes qui se modèrent, d'ailleurs, ça donne pas des oeuvres qui marquent l'histoire.
- Pis des gars qui se modèrent au lit, ça fait pas des grands amants non plus, hein ?
Ha, ha, ha !
- Ha, ha, ha !
Est-ce que tu veux autre chose ? - Non.
- Un dessert ? - Non.
- Un café ?... Un digestif ? - Non, non, non.
- Je demande l'addition ? - Oui.
- Garçon !
Je comprends pas, là.
- [En zézayant] : Je présume que monsieur a oublié son portefeuille à la maison.
- Euh... Ecoutez, je sais que je viens pas souvent ici,
mais vous me connaissez peut-être, je suis un... je suis à la télévision.
Félix Legendre, critique.
- Culinaire ?
- Non, non, non. Culturel.
- Ah...
- Je peux simplement vous laisser mes coordonnées.
- Non, ça ne sera pas nécessaire, je vais aller chercher le patron. Il avisera.
- Je... j'invitais.
On s'était entendus.
Merci. Gardez la monnaie.
- Merci, Mademoiselle.
Monsieur.
- Merci.
C'est vraiment chic de ta part.
- Ca me fait plaisir.
- Tu me sauves la peau.
- Oh ! Si peu !
- Est-ce que je peux t'inviter chez moi ?
Un nightcap ou un café ?
- Pourquoi pas ?
- Hé ! Tsst ! [En zézayant] : Bonsoir !
Il est pas là !
- Ah qu'elle est belle, ta boule de verre !
C'est une antiquité, ça, hein ?
- Ouais, effectivement. C'était à ma grand-maman.
- Ta grand-mère.
Je peux-tu la prendre ? - Oui. T'as l'air de connaître ça.
- Je les collectionne. J'en ai pas des si belles que ça, par exemple.
Pis, ton portefeuille ?
- Ah... Il est nulle part.
J'ai dû me le faire voler.
Ah ! Il va falloir que je renouvelle mon permis,
puis il faudrait que j'annule mes cartes de crédit.
- [Voix basse] : C'est vrai, j'ai pas pensé à ça, moi.
- Hein ?
- C'est plate, hein ?
- Ecoute, mets-toi à l'aise. Je vais aller me débarrasser de ça tout de suite,
puis je vais faire le café en même temps.
- Hum ! C'est un genre !
A condition d'aimer le silicone.
- Céline ! Avec quoi tu le prends, ton café ?
- Euh, rien ! Euh, avec juste du noir.
Je suis niaiseuse !
Félix, elle est ou ta salle de bain ?
- Juste à côté de ma chambre !
- Elle est ou ta chambre ?
- Ha ! Ouais...
A côté de la salle de bain.
Les factures de mes derniers achats.
- Hum ! Il a du goût, au moins !
- Euh... Oui !
J'ai ça quelque part. Pouvez-vous m'attendre juste un instant ?
Félix Legendre.
L-E-G-E-N-D-R-E.
C'est ça.
Le nom de fille de ma mère ?
Papineau.
Le nom de fille de mon poisson rouge avec ça ?
C'est une blague, j'ai pas de poisson.
Pardon ? La date d'expiration de quoi ?
Non, mais... je l'ai perdue, la carte de crédit ! Vous rappelez-vous,
c'est pour ça que je vous ai appelé !
Ah ! Elle est ici.
Je l'ai ici, là ! La fact... Oui, j'attends.
Epais !
Euh, le dernier achat a été au montant de 229$.
C'était pour un antidémarreur.
Parfait. Merci.
C'est fait !
Il me restera juste à m'occuper de ma carte d'assurance maladie,
pis de mon permis de conduire. Mais je ferai ça demain.
- Pauvre toi !
[ Musique d'ambiance ]
- En tout cas, je sais pas si je t'ai aidée pour ton article,
mais ça faisait longtemps que j'avais pas passé une belle soirée comme ça.
- C'est bon, ta musique.
- Hum.
- Tes lumières aussi, c'est intéressant.
- Merci.
Mon portefeuille !
- Ah ! Pauvre toi ! Tu viens juste d'annuler tes cartes !
En fait, tu pourrais sûrement rappeler, ça fait juste 10 min !
De toute façon, faut vraiment que j'y aille. Il est tard,
puis il faut que je remette la 1re draft de mon article, demain, donc...
- Bien... bien voyons donc !
T'as même pas pris ton café.
- Non, faut vraiment vraiment que j'y aille.
- Excuse-moi.
- M'appellerais-tu un taxi, S.T.P. ?
- Oui.
- Merci.
Tu vas souffrir, mon gars !
[ Klaxon ] Ah !
Allô ! - Es-tu correcte ?
- Oui, j'ai... j'ai glissé. Je suis tombée. Ha, ha...
- Belle voiture, hein ?
[ Rire faux ] - Comme la tienne !
- Attends-moi, je vais aller me stationner. - O.K.
Maudit, que je suis niaiseuse !
- Ah ! Ah ! Vous voilà !
Je vous dis qu'il y a du party de Noel à soir, les téléphones dérougissent pas !
On a déjà un call.
- Party de bureau à Pointe-aux-Trembles, le client s'en va à... Pointe-Claire.
- J'en reviens pas comment le monde habitent loin de leur travail.
- Hé ! Salut ! - Excuse-moi, c'est parce qu'on parle !
- Non, non, c'est parce que c'est pas à toi--
- Bonne soirée ! Les gens s'en vont rester en banlieue en se disant qu'ils vont pouvoir
élever leurs enfants tranquillement sur des belles petites pelouses pleines
d'insecticides, mais à 12 ans, quand même, les enfants
se ramassent dans des gangs criminalisés.
- C'est drôle, il me semble que j'ai déjà lu ça dans un vieil éditorial du Voir,
ce que tu dis là. - Ca me surprend pas, ça.
Tu sauras que le Voir, ça leur arrive souvent de téter des opinions dans mes critiques.
- Les opinions, ça s'emprunte tellement facilement. Un moment donné,
on ne sait plus c'est qui le 1er qui a dit que le dernier show était pourri.
- Bien, c'est moi ! Evidemment.
[ Cris de douleur ]
- Ah !
Ca va ? - T'es-tu correct ?
- Bien oui ! Ha, ha, ha ! On est ou, là ?
- Bien, Nez rouge ! Nez rouge !
- Ouais, mais je vous ai pas appelés, moi ! - Garde-le au frais !
- Ca va-tu mieux ?
- Mais là, avec la fenêtre bloquée, ça rafraîchit les esprits, mettons.
- [Ivre] : C'est pour mieux checker le trafic en arrière. Ha, ha, ha !
- Si tu continues à dire des niaiseries avec ton haleine de troupeau,
tu vas finir par réchauffer le char.
- [Bouche empâtée] : Hé ! J'en ai une bonne pour vous autres.
Comment t'appelles ça, une blonde intelli... gente ?
- Je sais pas. - C'est...
Ha ! C'est quoi donc ? - Un golden retriever.
- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! C'est ça !
Ha ! Ha ! Ha ! Hé ! T'es comme mon ex, toi.
T'as de la mémoire.
Eh, les femmes ! Hein ?
Ca se rappelle d'une affaire que t'as faite il y a 3 ans,
pis ça te remet ça sur le nez pendant 10, tu sais !
Prends mon ex, par exemple !
Elle m'a sacré là pour un petit trou de 5 000 dans le compte de banque.
Tu sais, Carole, mon assistante, c'est-tu de ma faute si elle est "flat",
hein ? Fait que je lui ai payé
des nouveaux totons ! - Ha, ha !
- Elle était dans le besoin !
Là, ma femme, elle peut bien parler, elle ! Hein ? Je l'ai pognée, elle pis son thérapeute,
en train de frencher comme 2 grenouilles qui essayent de pogner la même mouche !
Mais elle, ha, ha, c'était pas pareil !
C'était pour son estime personnelle. Ostie !
Je te le dis, moi. L'enfer a été inventé
par une femme qui voulait se venger.
[ Dring ! ] - Excusez-moi.
Oui, allô. Oui, Léon.
O.K. Bon, on se rejoint là-bas. Salut.
C'était Léon. Il a fallu qu'il dépanne une autre équipe,
il va venir nous rejoindre chez le client.
Attendez, je vais vous aider, là.
- [Il se lamente] : Non, non, non, non ! Non !
Voyons donc !
C'était swell !
Vous conduisez infiniment !
Merci très bien, Mademoiselle.
- Vos clés. - Mes clés. - On va monter avec vous.
- Non, non, non ! Je suis parfaitement...
je suis en parfaitement état... de ça.
C'est juste une "fromalité".
Là, j'ai des gros prob... Oh ! Ca y est ! O.K. O.K.
[ Gémissement ]
[ Soupirs ]
Vous allez voir !
Je vais juste lui en donner un petit peu plus.
Le gros est fait !
- Il faudrait aller l'aider, là !
- Bien oui, pis manquer le show !
- Eh tab...
Ah non, ça va pas. Eh ta...
Ils ont escalié des installiers roulants... ici !
Ah, sac... Ca descend, ahhh !
Ca descend... Non !
Non ! Non !
- Pas facile.
- Est-ce qu'on pourrait avoir 5 minutes
de respect !
[ Fou rire ] S.V.P. !
[ Elle éclate de rire. ]
Ah-ha ! - Ha ! Ha ! Ha !
- Regardez bien
un professionnel..
dans toute sa grâce,
gravir les échelons.
Câlice !
[ Fou rire ]
Il y a pas de...
Non !
Un moment donné, faut refuser,
tout simplement.
Monter, toujours monter.
C'est ça.
Yeah !
Winner !
- Votre clé ?
- Avec plaisir.
Wo ! Sylvie ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Non ! Toi ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Bien, je... Je rentre chez nous.
- Chez moi ! Toi, t'habites maintenant chez ta soeur ! A St-Sauveur !
- Moi, je retourne pas dans l'auto avec la fenêtre baissée à moins 20, c'est pas vrai !
- Hé, hé, ha ! Elle est bonne, celle-là ! Je me suis fait reconduire
chez mon ex-femme !
C'est elle qui a eu la maison dans le divorce.
La maison, le char, la pension, pis mon chien.
Ce qui n'est pas rien ! Hein ?
Sylvie, donne-leur un petit tip, là.
Oup !
Ca ne ferme plus ! O.K.
Dis-lui que c'est moi qui l'ai payée, cette maison-là, calvaire !
- Monsieur, ici, me souligne
que vous avez obtenu lors du divorce, la maison, à juste titre,
d'ailleurs. Mais on se demandait... il doit
quand même lui en rester un petit bout, hein ?
- Oui. Une paire de bottes, dans l'entrée.
[ Il marmonne. ]
- Pardon ?
- [Il hurle] : J'ai dit : c'est correct, je vais coucher dans l'entrée !
- Il fait dire qu'il va coucher dans l'entrée. S.V.P., Madame,
c'est parce que son auto est moins en état que lui. Ha ! - Ha, ha, ha !
- Ecoutez, vous avez la maison, la pension, le char...
- Le chien. - Le chien, ce qui est pas rien, hein ?
Je pense qu'on a tous un petit quelque chose à se faire pardonner, hein ?
C'est le temps des Fêtes, là. Envoie donc ! Hein ? Hein ?
- Juste pour ce soir.
- Il couchera sur le divan !
- Ah !
Ca va me rappeler des bons souvenirs, ça !
[ Clochettes ]
- Joyeux Noel !
Ha ! C'est bien joué, ça. Ha, ha !
- Toi aussi. La bullshit sur le pardon, là.
Je croyais entendre Oprah !
- Ha, ha !
- Donc, si je comprends bien, tu fais toujours équipe avec lui.
- Hum.
- As-tu le kick dessus ? - Pfft ! Es-tu fou !
L'auteur qui tombe pour le critique qui lui a dit d'arrêter d'écrire des livres
pis d'ouvrir un bed & breakfast. Yahrr !
Lui, par exemple, il a les hormones au ras les dents
à chaque fois que j'arrive, pis l'ego à terre à chaque fois que je repars.
- Ha, ha, ha ! - Ha, ha !
- Céline, t'es pas encore dans ton histoire de vengeance, j'espère ?
- Ecoute, j'ai d'autres choses à faire que de me venger d'un critique à la con
qui pense que parce qu'il est cute, il peut faire tomber toutes les filles.
Je pouvais pas changer d'équipe, pis j'avais pas le choix, ça aurait eu l'air trop louche.
- Comme ça, tu le trouves cute ?
- Je... Euh... Il se trouve cute !
- Ah, parfait. Parce que j'ai invité Xavier, finalement, pour le réveillon.
- C'est lui qui est supposé être presque mon genre ?
- Hum-hum. Je sais pas ce qui est le mieux, hein ?
Aimer quelqu'un qui est pas son genre,
ou hair quelqu'un qui est son genre ? Ha, ha, ha !
- Toi, tu vas me faire du café, parce que...
L'opéra. Allô, la classe !
On est loin de la clientèle de la Place des Arts, hein ?
- Tu serais surprise !
De toute façon, si tu veux mon avis, l'opéra, c'est un art qui se meurt.
[ Toc ! Toc ! Toc ! ]
Bonsoir.
- Ah ! Bonsoir.
[ Musique disco ] - Nez rouge. - Nez rouge.
- Oui. - C'est nous autres.
- Un appel. Pour 3 hommes d'affaires.
Il a de la jasette, le monsieur !
- Je peux pas croire qu'il y a encore des hommes
qui passent leurs soirées dans les clubs de danseuses.
- Les filles sont quand même plus belles qu'à l'opéra.
- Tu vas me dire que ça, c'est un art vivant.
- Bonsoir.
- T'es qui, toi ?
- Félix Legendre. - T'es-tu un des danseurs qu'on a commandés ?
- Non, non. Moi, je suis-- - Chut, chut...
Chut, chut, chut ! - Euh... Ah...
- Tu danseras pas avec ce costume-là, j'espère ?
- Non, non. Vous vous méprenez, madame. Moi, je suis avec Nez rouge. Ha !
- C'est de valeur quand même. - Bien oui.
- Pas tant que ça. - Bien là ! - C'est une joke.
[ Gémissement ] - Oooh !
Si jamais tu te cherches une job, viens me voir ici,
pis... demande Gloria. - Gloria ?
- Gloria.
- O.K.
[ Rires au loin ] - Salut, Mme Gloria.
- Salut, les boys !
- Hé ! Nez rouge !
Ostie que j'aime votre costume !
[ Les 3 éclatent de rire. ] - Merci. - Merci.
- Hé ! Ca serait le fun que la compétition s'habille de même, hein !
On les manquerait pas !
- Ha ! Ha ! Ha !
- Ha ! Ou est-ce qu'il est notre char, astheure ?
- Euh... il est là ! - Là, je pense. - Bien non, voyons !
Il est là !
Voyons, tu reconnais même pas ton char, ostie !
- Euh, j'aurais besoin des clés, S.V.P.
- Attends, chérie ! On va te le partir !
- Mon prénom, c'est pas Chérie.
- Oui. Ce soir, c'est Chérie. Hein, ma pitoune ? Oh !
- Ha ! Ha ! Ha !
- Euh, Léon. Je pense qu'ils sont en train de voler le char.
- Bien voyons donc ! Il a peut-être juste oublié ses clés. [ Rires ]
- Léon, tu le sais, je ne peux pas
être impliqué dans un acte criminel. On s'en va.
- Oui, mais pauvre toi ! Même si on s'en va, ils vont peut-être le voler pareil,
le char, pis en plus, ils vont le conduire saouls. S'ils ont un accident,
bien, ça se peut qu'on soit poursuivis pour négligence criminelle.
[ Rire délirant ] - Bien, on devrait peut-être appeler la police.
- Ca te tente-tu d'embarquer dans un programme de protection de témoin, toi, là ? Hi !
[ L'auto démarre. ] Inquiétez-vous pas, je vais vous suivre de proche. Hein ?
- Nez rouge !!!
C'est parti ! [ Cris et rires ]
- Ils sont de bonne humeur. Hein ?
[ Rires délirants ]
Je vous suis. Bonne chance. Bonne chance. [ Coups de klaxon ]
- [Les 3] : ♪ ...Roi des poupounes ♪
♪ Que j'aime ta parure ♪
♪ Quand par l'hiver, tous les agrès ♪
♪ Ont débandé, pas à peu près ♪
♪ Mon beau sapin, roi des poupounes ♪
♪ Tu gardes ta gloire dure ♪
[ Rires délirants ]
- Pis, la petite, nos chansons,
penses-tu qu'on devrait les envoyer à Luc Plamondon ? Ha ! Ha ! Ha !
- Oui, c'est une bonne idée. Je suis sûr que ça marcherait.
Je vous tout de suite le titre du CD :
"Mom chante No Hells".
- T'as-tu un petit problème ?
- Non. Oui.
- En fait, il est en thérapie, fait que son problème,
il est en train de le régler. Ca va super bien.
- Ouais. C'est exactement ça. Thérapie. Pis si jamais la thérapie marche pas,
ils parlent peut-être même d'une lobotomie, là. Ha ! Ha ! Ha !
- [Rire faux] : Ha, ha, ha !
- Si tu veux, on t'arrange ça tout de suite.
[ Rires ] - Ha, ha, ha !
- Ha, ha, ha !
[ Dring ! Dring ! ]
- Oui, allô. Léon !
T'es ou, là ?
Bien non, mais il y a personne derrière nous, là.
Tu suis quelle auto, Léon ?
Non, non ! On est dans un Oldsmobile
Regency. Cherche pas une Pontiac Parisienne,
ça fait 20 ans qu'ils n'en font plus !
O.K. O.K., on va se rejoindre au stationnement du bar.
[ Soupir ]
Hé lui, là ! Il est aussi bon chauffeur qu'avocat !
- O.K., tu t'arrêtes ici !
- Non, non, c'est parce qu'il y a pas de maisons, ici, là.
- Non, non ! Les monsieurs ont dit qu'on s'arrêtait ici, O.K. ?
- Je m'excuse, mais ce n'est pas l'adresse que vous nous avez donnée,
et c'est pas grave. - Ha ! Ha ! Ha !
- O.K., let's go !
- Hein ? - Dehors !
[ Rires délirants ]
[ Elle gémit. ]
- [Voix basse] : O.K., on respire lentement.
- [Voix basse] : On va mourir. Je sais qu'on va mourir. C'est comme dans les Sopranos, ça !
- Bien non, bien non ! Tu te mélanges ! C'est dans Goodfellas !
- Tu m'aides pas bien bien !
- O.K. Mon cellulaire ! Mon cellulaire ! Je vais appeler Léon.
- Oh oui. [ Bip bip bip ] - Fuck !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Fuck ! Fuck ! Fuck ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
[ Bip bip bip ] - Ma batterie est à terre ! - Ohhh ! Mon Dieu, on va mourir !
On va mourir ! [ Soupirs de panique ]
- Wo ! Essaie de cogner moins fort !
- O.K. Félix, faut absolument que je te dise quelque chose, O.K. ?
- Chut ! Je pense qu'ils la rentrent.
- Ils s'en viennent nous achever. Ah !
- Les amoureux !
- Oui ! - On a laissé la lumière allumée !
Faites pas les fous, là ! [ Rires délirants ]
- Voilà notre lift ! [ Rires délirants ]
- Allô ! - Allô !
- [Les 2] : Allô !
[ Soupir ]
- Je pense qu'ils sont partis.
- Oh. - Sont partis. - Mais on fait quoi, là ?
[ Impacts ]
Une petite shot de plus ?
- Aie ! - Une petite shot encore, une petite shot !
- Aie ! - Encore !
[ Gémissement ] O.K., il y a rien à faire, hein ? - Aie !
- O.K. - Il doit bien y avoir des outils, ici.
- Sûrement. - O.K., bouge pas. Je vais essayer de passer--
- Par-dessus. [ Soupirs ]
- Bonsoir. - Continue. Par là-bas.
- Oui. Oui. - Oui.
[ Elle gémit. ]
- J'ai quelque chose de dur, là.
- Pis ?
Ah ! C'est un gun ! C'est un gun ! C'est un gun ! Oh !
- O.K., je vais essayer de l'ouvrir avec la crosse.
- Ca va pas tirer un coup de feu, ça ?
- Ca devrait pas. - O.K., j'aime pas ça, j'aime pas ça, j'aime pas ça !
- O.K, attends un peu. [ Cognement ] - J'aime pas ça ! J'aime pas ça !
[ Coup au dehors ] - C'est-tu eux autres qui reviennent ?
- Je le sais pas.
- Ah ! - Les mains en l'air !
- Félix, mets tes mains dans les airs, S.T.P. - Oui.
- Jette ton arme au sol !
- Euh... là ? - C'est ça.
- Comme ça ?
Et voilà ! - Envoyez, sortez les amoureux.
C'est pas un nid d'amour, ça. - O.K.
- [Céline] : Ayoye ! Enlève ta patte ! Aie !
- Vas-y ! - Oui. Aie !
- Envoyez ! - Oui. Oui, oui.
- Aie ! - Besoin d'aide, le grand ?
- Ca s'en vient ! Mais avec les mains dans les airs,
c'est pas évident ! O.K. !
- Tiens, tiens. Comme on se retrouve !
- Allô ! Ha, ha !
Euh, c'est pas ce que vous pensez, hein ! - Tu la connais ?
- Euh... c'est pas ce que tu penses !
- Hé ! Hé ! C'est Léon !
Aie ! C'est mon avocat !
Aie ! Aie ! C'est mon avocaaat !
- C'est vrai. C'est vrai, c'est son avocat, je...
- Hi ! Hi ! Hi ! Bien voyons !
[ Radio de police ]
- C'est bien long !
- Evidemment, avec ton arrestation pour conduite en état d'ébriété
pis ta sentence, ça doit pas accélérer les choses, hein ?
- Bon, O.K. Maintenant, tu sais toute la vérité sur moi. Pis ?
- Tu m'as menti !
- Qu'est-ce que tu voulais que je te raconte !
- En tout cas, tu repasseras pour les grands discours sur le bénévolat !
"Lucide et discret." Je comprends pourquoi tu voulais qu'il soit discret !
- Pis toi ? Qu'est-ce que tu fais de plus, pour l'humanité ? Hé !
T'es à Nez rouge pour écrire un article payé !
T'es pas plus généreuse que moi !
- Ne nous compare pas ! - Ne ne ne nous compare pas !
Bien, t'as bien raison, parce que si on commence ce petit jeu-là,
tu risques de t'en sortir pas mal maganée, ma fille ! - Na, na, na....
- Hé ! Oh-ho !
C'est arrangé ! - Un instant !
- On va quand même être obligés de passer au poste pour remplir quelques petites formalités.
Le propriétaire de la Oldsmobile, monsieur, ici,
est un policier undercover.
Nos clients lui ont joué un petit tour pour lui dire qu'ils étaient au courant...
Pouvez-vous les détacher, là ? Hi ! Hi ! Hi !
- Là, on est-tu obligés de témoigner contre eux autres ?
- Non, non. On a d'autres choses, pour eux autres.
Pourriez-vous garder ça mort, S.V.P. ?
- A la prochaine !
- C'est pas ce que je pense ?
Je vais t'attendre dans le pick-up.
- Moi aussi. - Ah ! Eh bien !
- T'aurais pu m'appeler, moi ! Me semble !
Espérons que ça fasse pas descendre nos cotes d'écoute, hein ?
- Jérôme, c'est quand même pas pour critiques
avec facultés affaiblies que j'ai été arrêté, là !
- Non, mais chose certaine, c'est que c'est pas bon pour notre émission, ça.
- Hé ! Laisse faire, O.K. !
[ Dring ! Dring ! ]
- Oui, allô. - Félix ?
- Céline. - T'as-tu lu les journaux ? - Oui, oui, j'ai vu.
- C'est-tu la police qui les a appelés ?
- Non, je les ai appelés moi-même hier.
- Mais pourquoi ? - De toute façon,
c'était plein de journalistes au poste de police.
Je préférais sortir le potin moi-même, avant qu'un trou-de-cul
de Nécro Police tombe là-dessus.
Euh, Céline, pour hier,
t'avais raison d'être déçue.
- Oublie ça, pour hier.
- Non, non. J'ai pas été honnête avec toi.
Pour me racheter, est-ce que je peux t'inviter au cinéma ?
L'humour était pas trop gros, l'histoire pas trop...
- T'as aimé ça ?
- Ca m'a arraché quelques rires.
- Arraché ? Coudonc, ça te prend-tu une crow bar pour te faire rire, toi ?
Vous autres les critiques, pis les chroniqueurs d'humeurs,
vous êtes tous atteints de la mauvaise humeur chronique.
Dis-le : "J'ai aimé ça." - O.K., j'ai pas détesté ça.
[ Elle soupire. ] Bon. J'ai plutôt aimé ça.
- Bien, tu me surprends !
Une comédie romantique, l'amour rédempteur qui sauve de tout.
C'est le genre de film à la sauce Hollywood
que t'as l'habitude de descendre, ça, non ?
- Je suis pas si prévisible que ça.
Je pense pas qu'un film est pourri parce qu'il finit bien
ou... que c'est complexe parce que c'est fucké,
ou que c'est génial parce que l'histoire est racontée
du point de vue d'une coquerelle.
- Ha, ha ! Les critiques tombent pourtant souvent dans ces clichés-là, non ?
- Il y a beaucoup de mauvais critiques.
Juste un petit peu moins que de mauvais artistes !
- Pis là, on s'en va ou ?
- Tu le sais pas ? Je pensais que j'étais... prévisible.
C'est notre taxi.
Ca aurait pas été très élégant de souffler
dans un antidémarreur devant une aussi jolie femme.
Madame.
[ Elle rit. ]
Pis, est-ce que tu me trouves toujours aussi prévisible ?
- Hum, hum.
Ha, ha, ha !
- O.K. Qui suis-je ?
- Je t'imagine avec des parents baby-boomers,
dans une école privée avec des notes parfaites,
juste assez de problèmes de discipline pour faire délinquant chic, n'est-ce pas ?
Ha ! Ha ! Ha !
Le bonheur insupportable, quoi ! Ha, ha, ha !
T'as fait des études en littérature, mais t'es devenu critique
parce que c'était plus facile que de finir le roman
qui traîne dans le fond de ton tiroir.
- Erreur.
C'est parce qu'ils nous servent le champagne en 1er dans les lancements ! Ha !
- Ha ! Ha ! Ha !
Côté coeur, je dirais que t'attends encore la femme
qui ressemble à Juliette Binoche, pis qui hairait
les mêmes affaires que toi.
- Elle peut en hair d'autres, hein ! C'est pas grave.
- En attendant, tu retournes tes blondes au magasin
pour défaut de fabrication.
- J'ai été fidèle à la même femme pendant 6 ans.
C'est elle, l'année dernière, qui m'a retourné au magasin,
pour le nouveau modèle de l'année.
- Ce qui t'a fait conclure que si l'amour
finit par finir, l'amour existe pas ?
- C'est pas parce que quelque chose existe pas qu'il faut cesser d'y croire.
Intransigeante, mais pas rancunière.
Sainement égocentrique. Hum...
Très, très, très... très distraite.
- Ha ! Ha ! Ha !
- Ca, c'est correct. Ca fait partie de ton charme.
Brillante.
Belle.
Ton art préféré, c'est... le cinéma.
- La littérature. - Ah !
- C'est le seul art qu'on peut consommer complètement nu dans un lit.
Ha ! Ha ! Ha ! - On est faits pour s'entendre, au lit, en tout cas.
J'imagine tes ex plutôt straight.
- Quelques-uns. Mais la plupart étaient artistes
du genre maudit.
- Et t'as tous fini par les laisser parce que t'étais tannée d'analyser
tes relations avec tes copines au téléphone
plutôt que de les vivre en personne avec tes chums.
Et depuis ce temps-là, t'essaies de te convaincre
que t'es donc bien toute seule.
Qu'est-ce que t'attends d'un homme ?
- Qu'il me convainque que je serais mieux avec lui.
Merci, pour la soirée.
- Merci.
- Merci.
- Bonne nuit.
- Avec le métier que tu fais,
il t'arrive jamais de penser aux talents que t'as pu détruire ?
- Le vrai talent, c'est comme l'amour.
Tu le sais quand tu l'as rencontré,
pis il est pas tuable.
- Ca peut pas continuer comme ça. Il faut que je lui dise.
L'écoeurant !
[ Sanglots ]
"Cher M. Legendre,
nous retournons des exemplaires
invendus de votre roman, "Le paradoxe de Lara",
tel qu'entendu, à 50% du prix de gros,
plutôt que de les envoyer au pilon."
Frédéric Labru, Félix Legendre.
Bru, gendre.
Le même gars !
Frédéric Labru.
"Le paradoxe de Lara."
"Frédéric Labru, un 1er roman sans tonus, "Le paradoxe de Lara."
Une entrée ratée dans le monde littéraire."
Frédéric Labru, un exercice de style qui tourne à vide" par Luc Côté.
"La plume ne manque pas de souplesse,
mais l'histoire s'écrase comme une tomate pourrie."
Frédéric Labru, alias Félix Legendre, pour reprendre tes paroles,
mon cher, un autre auteur qui devrait s'ouvrir
un bed & breakfast à la place d'écrire.
Attends, chéri, on va t'aider.
- Je le sais, c'est surprenant, les gens s'attendent pas à ça. Moi, j'ai vraiment
beaucoup aimé. Un petit film en famille. Un petit film léger.
Mais malgré tout, justement, le film réussit
à éviter cette mayonnaise sentimentale.
- Donc, un bon petit film, mais quand même truffé de clichés.
C'est ça ? - Bah, Jérôme.
Pour ce qui est des clichés, à la vie comme à l'écran, quand un gars rencontre une fille,
ou ils finissent ensemble, ou ils finissent pas ensemble.
Et ça, tout le monde aurait pu leur dire dès le début.
Sauf qu'on n'aurait pas eu le plaisir de les voir se raconter des histoires.
- Me semble ! - Merci. A la semaine prochaine. - Joyeux Noel M. Legendre !
- [Répondeur] : Bonjour, vous avez bien rejoint Céline Bourgeois...
Bonjour, vous avez bien rejoint Céline Bourgeois...
[ Il s'étouffe. ]
- Oui, allô.
- Oui, allô, Céline ? Comment tu vas ?
- Pas très bien, j'ai pas très bien dormi hier soir, disons.
- Ah ! Moi non plus. Ma soeur a débarqué ici au beau milieu de la nuit.
Son chum vient de la laisser.
- T'as une soeur ?
- Oui, j'ai une soeur. Je sais pas, t'as peut-être remarqué dans ma bibliothèque,
j'ai une photo avec elle sur un voilier, une belle grande blonde.
- [Voix basse] : Silicone.
- De toute façon, c'est pas pour ça que je t'appelle, je me demandais...
Qu'est-ce que tu fais ce soir ?
- Euh... à soir, il faut que je finisse mon article, Félix.
Pis regarde, de toute façon, j'ai un appel sur l'autre ligne.
On va se voir demain à Nez rouge, O.K. ? - O.K.
- Bonne soirée. Bye.
Ah ! Sa soeur ! - Bye.
- Sa soeur ! Mais ç'a pas de soeur, un critique !
Maudit que je suis niaiseuse !
Maudit que je suis niaiseuse ! - Mais arrête de te martyriser !
Félix saura jamais que c'est toi qui as envoyé son livre à Luc Côté.
- Mais moi, je le sais. Je pourrai plus jamais le regarder en pleine face !
Je retourne plus jamais chez Nez rouge, moi !
Maudit que je suis niaiseuse !
- Ca rend souvent niaiseux, l'amour.
- Je suis pas en amour. Ah, Julien !
Je suis tellement niaiseuse !
- Je t'aime niaiseuse, moi. - Ha, ha, ha ! - Ha, ha !
- Bon, laisse-moi voir ça.
- [Haut-parleur] : Equipe 83 demandée au guichet ! Equipe 83 !
- "La relecture du "Paradoxe de Lara", de Félix Legendre,
alias Frédéric Labru, confirme la 1re impression,
nul et sans intérêt,
hormis le fait qu'il a été écrit par un critique réputé..."-
c'est bien, ça, quand même - "réputé pour son intransigeance et qui s'est...
ouais, lâchement caché sous un pseudonyme."
[ Soupir ]
- Un critique lâche, pis un auteur raté.
Je me sens comme de la vieille vaisselle en carton après un réveillon.
- Ouais.
Mais ça, t'es pas le 1er auteur à publier
sous un pseudonyme pis à écrire un livre poche.
Je veux dire, à avoir des mauvaises critiques. Hi !
Tu t'étais pas critiqué toi-même ?
- Bien non ! J'aurais été le seul à aimer ça.
- Ha ! Anyway ! Les maudits critiques, tu les connais, hein ?
C'est jamais aussi bon qu'ils disent, pis jamais aussi pourri.
- Luc Côté est plein de merde.
Mais pour une fois, il a pas tort.
- Ah ! Céline viendra pas, je pense bien.
Je pense à ça.
Je vais te le donner tout de suite, vu que je suis pas sûr d'être là avant Noel.
Bien, à cause de mon réveillon.
- Merci. C'est quoi ? Une nouvelle vie ?
- Une petite cachottière, hein ?
Ha, ha ! C'est son 1er roman !
Elle a écrit une pièce de théâtre, aussi...
Abattoir V, je pense.
- Entonnoir IV. - C'est ça !
Ca va ?
On dirait quasiment que tu viens de voir un squelette.
- Excuse-moi, Léon.
Va falloir que je rentre.
Pas elle !
Ha !
Ma belle, si ton livre est aussi bon que ta pièce...
ta critique va être killer !
- Il paraît qu'on va avoir une tempête ce soir.
- J'espère que ça fuckera pas le réveillon, ça.
Ca te tenterait-tu de vérifier la météo ?
- [Télé] : Bon, toujours le 24 décembre,
à quelques heures de l'arrivée du Père Noel. Félix Legendre,
qu'est-ce que tu nous as réservé pour nous mettre sous la dent.
- Ca s'intitule "C'est la faute à Cupidon" de Céline Bourgeois.
[ Il baisse le volume. ] C'est un petit bijou.
C'est l'histoire d'une auteure qui enchaîne les jobs plates
et les chums bidon, jusqu'au jour ou elle se retrouve seule face à elle-même
et qu'elle se rend compte qu'elle n'a plus rien ni personne à blâmer.
Bien, Jérôme, alors qu'on croyait
que tout avait été dit sur le sujet, Céline Bourgeois le fait mieux.
Avec humour et style.
Je dois vous avouer quelque chose, mesdames et messieurs.
Il y a quelque temps déjà, j'avais complètement détruit
la 1re pièce de Céline Bourgeois, Entonnoir IV.
Je me souviens même pas si c'était vraiment pourri
ou simplement malhabile, comme plusieurs premières oeuvres,
mais ce que je me souviens, c'est qu'à l'époque,
je lui avais conseillé de troquer la plume pour le plumeau.
Je suis très content pour vous qu'elle m'ait pas écouté.
Je suis pas le 1er critique à prononcer des sentences assassines
parce que ça punche bien un texte.
Mais ça fait du bien à l'occasion de se faire rappeler
qu'on fait ce métier-là pour partager, pas pour paraître.
- Julien ! J'avais pensé remettre la robe
que je me suis fait faire, celle que j'ai mise...
- Excellent temps des Fêtes ! Amusez-vous bien, mais surtout,
bonne lecture. Joyeux Noel !
- Oui. - Céline, relaxe.
- Je le savais ! Que je le savais, que ça allait
revirer de bord ! Je le savais ! Pourquoi je t'ai pas écouté, plutôt que de m'en aller dans
une espèce de projet de vengeance infantile ?
- Céline, Félix Legendre vient de te faire une critique exceptionnelle--
- C'est sûr qu'il m'a plantée !
Hein ?
Tu me niaises-tu ? - Non !
- Tu veux dire qu'il a pas fait la connexion entre moi et sa critique d'Entonnoir IV ?
- Il s'est littéralement excusé de la mauvaise critique qu'il t'avait faite.
- Ah mon Dieu !
- Oui ! Elle m'a lâché ! Juste avant le party !
Maudit beau cadeau de Noel !
- Join the club !
- Comment ça ? Toi aussi, ça ne marche plus avec le...
la nouvelle, là...
- Je suis même pas sûr que ça ait jamais commencé.
[ Sifflement ] - Hé ! Hé, hé, hé !
- Léon !
- Je vous dérange pas ? Je viens prendre un petit café. Un café !
- Jérôme, Léon. C'est mon avocat, pis c'est mon partner à Nez rouge.
- Enchanté ! - Joyeux Noel.
- Vous autres, vous avez l'air d'être en train de liquider quelque chose !
- La vie, Léon. - Ah !
- Sais-tu c'est quoi le problème avec la vie ? - Non. Non, non.
- C'est qu'il y a jamais de musique de fond
pour t'avertir des mauvais coups qui s'en viennent. - Hi ! Hi ! Hi !
- Oui. Fait que t'es aussi bien de prendre un coup pour pas les sentir.
Anyway, moi, depuis que j'ai arrêté de boire, enfin...
que je bois presque plus,
à cause de mon ex-blonde, ah !
j'ai l'impression que j'hallucine en permanence.
- C'est la réalité ! Ca fait cet effet-là, les 1ers temps, tu sais...
- Ouais. La réalité et l'amour, ça fait pas très bon ménage.
- T'as bien raison ! Ca prend de l'imagination en maudit pour aimer
quelqu'un comme il est, pis le voir comme il voudrait être.
Le riche, lui, il veut croire qu'il va être aimé toute sa vie,
même s'il perd tout.
La pauvresse, elle voudrait que tu voies la princesse en dessous de ses guenilles.
Pis la vieille, elle, que ses rides te cachent pas trop la jeune fille
qui danse dans son coeur.
C'est pas la réalité qui tue l'amour.
Non, c'est le manque d'imagination.
- Faut bien avoir des cheveux blancs pour dire
des affaires de même sans avoir l'air "born again".
- Hi ! Penses-tu que je le sais pas ? J'en profite en maudit ! Ha !
- Je l'aime, lui.
- Moi aussi.
- Ha ! Hé, me ferais-tu un petit cadeau de Noel, toi, là ?
Viendrais-tu avec moi à Nez rouge à soir ? Juste avant mon réveillon. Hein ?
- Il est déjà tard. - Oui... Non, non.
On a le temps pour une petite vite, hein ?
- Hum ! Hum ! Les gars. Je peux-tu y aller avec vous autres ?
- Viens, mon grand, viens !! On va t'inscrire ! Ha, ha, ha !
- Hé ! Joyeux Noel, grosse bébelle ! Ha, ha !
- Joyeux Noel. - Céline, ta blonde, elle est pas là ?
- Non. - Pour l'instant, j'ai un prospect féminin.
Mais si jamais je change d'idée, vous êtes les 1ers sur ma liste.
- Merci.
- Oh ! Excuse ! Mon prospect est arrivé.
- Léon ! - Hé, Céline !
Viens nous rejoindre, ma belle Céline !
- J'ai décidé de passer la veille de Noel avec mes coéquipiers préférés.
- C'est vraiment dommage, parce que--
- Attaboy ! Hé ! Allez donc tous les 2
au snack bar prendre un bon café en m'attendant, hein ?
En attendant, je vais aller chercher nos équipements. Hein !
Continue donc, toi là ! Hein ! Ha, ha, ha !
- Félix, euh... merci beaucoup beaucoup pour la critique.
- Ca fait plaisir.
- Et voilà !
- Félix, je voulais te dire, euh..
à propos de ton roman, euh... ton roman,
pis toutes les tuiles qui te sont tombées sur la tête dernièrement...
Je vais aller chercher du lait. Prendrais-tu du lait ?
Je disais, à propos de ton roman, euh...
tu sais, c'est sorti dans le journal dernièrement, pis-- - Céline.
T'as pas aimé ça, c'est pas grave. T'es pas la seule !
Je veux pas que ça interfère dans notre amitié, par exemple.
- J'aimerais beaucoup pouvoir te dire--
- On a un call ! A Ville d'Anjou !
- Good !
Envoye !
Je sais pas c'est qui l'ordure qui a envoyé mon livre à Côté,
mais ça m'a appris une chose, c'est que le sabotage, c'est plus efficace
que la critique. - Bien justement, à propos de ça, Félix--
- Ha ! Trois ans d'âge mental ! C'est pas comme toi.
Je t'avais fait une critique dégueulasse, mais t'as rien dit
parce que tu voulais pas jeter un froid entre nous.
Moi, j'aurais jamais eu cette élégance-là.
Si je trouve c'est qui le ver de terre
qui s'est acharné sur moi, je veux pas me venger...
- Ca vaut pas la peine, Félix, voyons donc !
- T'as raison, Léon. Ces affaires-là, ça se règle en duel.
Les yeux dans les yeux, pis bang !
- Bien là !
- Non, mieux que ça. Le mépris.
C'est plus digne.
- Oh wow !
Hé ! Ca, ça fait vrai Noel, hein ?
- Faut aimer ça. Bien, dans un film de Disney, peut-être.
- Je vais vous attendre ici, moi.
Dans le camion. Hein ! - O.K.
Allô. Est-ce que tes parents sont là ? - Entrez.
C'est moi qui vous ai appelés.
Mon père ne veut plus aller chez ma tante parce qu'il est trop saoul,
à cause que ma mère est partie au paradis l'année passée.
Faut nous reconduire.
Sinon, là, on va manquer le Père Noel.
- On peut pas forcer ton papa à venir avec nous autres.
- Papa, regarde, c'est Nez rouge. Ils vont nous emmener chez ma tante.
- Excusez-la, hein.
Elle a juste voulu bien faire.
Vous pouvez y aller. Excusez-nous de vous avoir dérangés pour rien.
- On peut peut-être vous faire un café.
- Le plus dur,
c'est les événements.
Le 1er anniversaire de la petite sans elle.
Les 1res vacances d'été.
Le 1er Noel, aussi.
Ha ! J'ai beau avoir décoré mur à mur pour la petite,
j'ai juste pas réussi à remplir le vide qu'elle a laissé en partant.
[ Ding ! Dong ! ]
On dirait que chaque maudite chanson...
est hantée par son souvenir.
[ Sanglot ]
Peut-être que le prochain Noel, ça va être...
ça va être moins dur.
Hein ?
- Peut-être.
- Oui. [ Ding ! Dong ! ]
- Il y a personne qui répond ? - Je suis prête.
- Ah oui ? Pis tes bottes ? - Oups !
- Bien coudonc, qu'est-ce que vous faites ? Etes-vous en train de réveillonner sans moi ?
- Je t'expliquerai. - Il y a rien qu'une affaire, par exemple,
c'est que là, le Père Noel, c'était moi qui étais supposé le faire cette année,
mais je suis bien trop saoul. En plus, en ramassant le costume,
je me suis trompé. J'ai pogné celui de la fée des étoiles.
- Justement ! J'ai mon costume de Père Noel dans le pick-up.
- C'est bon, ça.
- On y va, là ? - Oui, oui.
- On y va ? Certain qu'on y va ! Elle a de l'allure, elle ! Venez-vous-en !
- Je pensais jamais porter du velours rouge un jour !
- Hi !
- Je vais avoir l'air d'un Père Noel sorti d'un film d'horreur pour adolescents.
- Inquiète-toi pas ! Tu vas avoir l'air du vrai.
Tu sais qu'il y a 3 étapes très importantes dans la vie d'un homme.
- Ah oui ? - Ouais. Celle qui croit au Père Noel,
celle qui trouve ça niaiseux, le Père Noel,
pis celle ou est-ce qu'il est le Père Noel. Hi ! Hi ! Hi !
- Je suis prête. - Wow ! Notre assistante !
- Quoi ? Il y a-tu quelque chose qui marche pas ?
- Oui. - C'est trop décolleté ?
- Non. Non.
[ Cris d'enfants ] - Euh... Il y a votre public qui s'impatiente un petit peu.
- Oui, oui, oui ! On y va ! On y va !
Envoie, toi ! Envoie ! Envoie, toi ! Les cheveux ! Les cheveux !
Envoie ! Envoie ! - [Les enfants] : Père Noel ! Père Noel !
- Hé ? Hé ? Wo-ho ! Hé ? - Oui. - Une chance que t'es pas
pompier, on passerait tous au feu. - Mais là, je vois rien.
- Mais c'est pas grave, tu verras tantôt. - Pas ce bord-là !
- Non, non, mais tourne-toi, voyons ! - Je suis dans la salade
de macaronis ! - C'est correct. Ecoute, c'est pas une camisole de force !
- Justine !
- Ho ! Ho ! Ho ! Justine, viens me voir.
Moi, Justine, si j'avais du beau papier comme ça,
je jouerais avec tout le temps.
- Voyons donc, Père Noel. Le cadeau, c'est pas le papier.
Il est dans le papier !
- Ha ! Ha ! Ha ! T'as bien raison. Est-ce qu'on le déballe ?
Aide-moi, on va le déballer.
Ho ! - C'est une Barbie !
- Wow ! - Merci !
- Est-ce que je peux avoir un bisou ? Mmm !
Merci. Joyeux Noel !
- Regarde, maman, ma Barbie...
- Tristan ! - Tristan. Viens me voir, Tristan.
- Merci, Père Noel. - Joyeux Noel, Tristan.
- Wow ! Une guitare électrique. Merci, Père Noel !
- Des heures de plaisir pour tes parents, demain matin.
Ho ! Ho ! Ho ! - Père Noel ! Mon frère m'a dit que t'as
un milliard d'enfants à visiter en une nuit. Comment tu fais ?
- Premièrement, mon traîneau est très très spécial.
Il peut aller jusqu'à 1000 km/s.
Mais mon vrai secret, mon truc à moi,
c'est que je peux arrêter le temps.
- [Les enfants] : Wow !
- Hi ! Hi ! Hi !
- Regarde, maman, l'horloge est arrêtée.
[ Rires des enfants ]
- Wo ! Faudrait penser à y aller, hein ?
Je vais aller chauffer le pick-up un petit peu, hein ! Ha !
- [Voix basse] : Faut qu'on aille se changer.
- Juste une minute.
- Pour moi ? - Hum-hum. - De qui ?
- Du Père Noel.
- "Elle t'attendait depuis longtemps."
Ha ! Ha !
Merci.
- Merci.
- Euh, je vais être dans le pick-up. Hein !
Dans le pick-up.
- Je... je vais... la remettre... dans la boîte. Ha !
- Veux-tu-- - Oui, oui, je l'emporte.
[ Il freine. ] - Bon, bien... Ha ! Nous voilà. Ha !
- Bien, merci. - Bien... c'est rien.
- Joyeux Noel ! - Bien oui. Bien oui. Joyeux Noel toi aussi, ma belle Céline !
- Merci. - Ha ! - Merci.
- Ca fait plaisir.
- Joyeux Noel.
- Oui. Joyeux Noel.
- Bien...
[ Léon siffle. ]
Ha, ha !
Faudrait que... faudrait que je sorte.
- Oui.
- Ha, ha ! Bye !
Bye.
- Salut. [ Rire nerveux ]
A bientôt. - A la prochaine.
Bien oui, à bientôt. - C'est ça.
- Tu penses pas qu'elle était pas belle, notre Céline,
à soir en Fée des Etoiles.
[ Léon soupire. ]
Pis elle est-tu fine un peu ! Pis intelligente !
Hi ! Hi ! Hi ! C'est drôle !
Ha ! Ha ! Ha !
Moi, si j'avais 20 ans de moins, 100 livres en moins,
pis je sais pas, si j'étais pas marié, si j'étais un autre finalement, tu sais...
Tu sais que le gars qui est le moindrement vite, il pourrait...
T'as pas oublié de lui dire quelque chose, à soir ?
- O.K. ! O.K. ! - Hi !
- O.K., arrête ! Arrête ici ! - Oui ! Oui ! - Arrête ici !
- Mais je peux pas tout de suite. Mais oui, oui, oui !
- Merci, Léon.
Joyeux Noel !
- Joyeux Noel, mon petit Félix !
- J'ai oublié de te dire quelque chose.
- Bien, moi aussi.
Mais vas-y en 1er, toi.
Non, moi. Euh, en fait, ce que je veux te dire,
c'est que... ce que j'ai oublié de te dire,
c'est que toutes les tuiles qui te sont tombées sur la tête,
dernièrement, c'est de ma faute. Les escaliers roulants, la fuite sur ton roman,
la sangria, pis la scratch aussi sur ton auto.
- La scratch sur mon auto ?
- Non. Non, ça, c'était une autre auto. Mais en fait, la raison
pour laquelle j'ai fait ça, c'est parce que je voulais
me venger de la critique que t'as fait sur ma pièce de théâtre, pis--
- Je le sais. - ...aussi parce que je voulais pas admettre que j'étais
en train de tomber en amour avec toi, pis... bien,
euh... je m'excuse... je m'excuse, c'est tout.
- Hé !
Moi aussi.
- Tu le savais ?
Tu veux dire qu'à soir, quand j'essayais de m'excuser, t'as--
- Moi aussi.
- Toi aussi quoi ?
- Hi !
- Ca va-tu te prendre une crow bar pour que tu me le dises ?
- Je capote sur toi.
[ Soupir ]
- Ca tombe bien, moi aussi. Ha, ha !
- Bien, je pense que... je peux y aller, là. Hein !
[ Coups de klaxon ]
Ha ! Ha ! Ha ! Let's go, les boys ! C'est l'heure !
Ha ! Ha ! Ha !
Hi ! Hi ! Hi ! Ha ! Ha ! Ha !
- C'est pas ce que vous croyez, hein... Ha ! Ha ! Ha !
Il y a le sapin, aussi. Ca fait bizarre.
Ha ! Ha ! Ha ! Ostie que c'est toffe ! O.K., je reprends ça.
[ Il tousse. ] Fait bizarre. Ha ! Ha ! Ha !
Le sapin, aussi, ça fait bizarre.
Mais c'est pas ce que vous croyez ! Ha ! Ha ! Ha !
Mais, aussi me...
Ah ! Ha ! Ha ! Ha !
- Quand c'est sorti dans le journal...
Ha ! Ha ! C'est...
c'est de ma faute ! Excusez !
C'est parce que j'attends...
Ha ! Ha ! Ha ! Je ne savais plus quoi dire ! Je m'excuse !
- J'ai critiqué bien des shows de mauvais goût,
dans ma vie, mais c'est la 1re fois... Ha ! Ha ! Ha !
- C'est pas si pire. Ha ! Ha ! Ha !
C'est pas grave. [ Claquement ]
Ha ! Ha ! Ha !
- Excusez, j'ai regardé la caméra !
- Ha ! Ha ! Ha !
- "C'est la faute à Cupidon",
la saga d'une jeune femme qui a...
qui a... Ah !
- Ha ! Ha ! Aide-moi !
- Merci, toi. Faut que j'y aille.
- Non, je le vois pas.
- Oups ! Je vais reprendre du champagne, S.V.P.
Ha, ha !
- O.K. J'en ai une bonne pour vous autres.
O.K. Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !
Moi, mon ex, elle peut bien parler, elle !
Hein ! Ha ! Ha ! Ha !
Fait que, je lui ai payé des nouveaux totons.
Ha ! Ha ! Ha ! Excuse ! O.K., go !
Tout le monde peut être dans l'erreur. Ha ! Ha ! Ha !
Excusez-moi de me tromper...
Ha ! Ha ! Ha ! Epais !
Ha ! Ha ! Ha !
- Ha ! Ha ! Ha ! - Excuse...
- Est-ce que tu peux appeler un café, S.T.P. ?
- Oui. Take out ou pour ici,
tu prendrais ça, toi ? [ Rires ]
- Ha ! Ha ! Ha !
Qu'est-ce qu'il y a ? Ha ! Ha ! Ha !
Ha ! Ha ! Ha !
Câlice ! Ha ! Ha ! Ha !
[ L'équipe rit. ]
Désolé !
- Ca, ça veut dire que moi je t'amène,
toi pis ton chauffeur, au client.
Là, vous le ramenez chez vous...
- Tu veux-tu qu'on retourne là-bas--
- Oui ! - Ou tu me ramènes chez nous ?
Mais à 12 ans, les enfants finissent
dans des gangs criminisés... crimin...
♪ J'aurais bien donc dû fermer ma grande gueule ♪
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